Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan


Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan de Roland Perez
216 pages, éditions Les Escales, à 19€


Résumé : A cinq ans, Roland ne marche toujours pas. Il vit dans un HLM du XIIIe arrondissement de Paris avec sa famille juive séfarade d’origine marocaine. Un appartement plein de vie d’où Roland ne peut sortir, si ce n’est dans les bras de sa mère. La religion et la culture juives tiennent dans sa vie une place primordiale. Très croyante et surprotectrice, elle le garde à l’écart du monde extérieur.
L’appartement est devenu son territoire, d’où il observe avec fascination les va-et-vient de ses frères et sœurs et de leurs amis. Mais c’est en regardant la télévision qu’il découvre le monde. Il se passionne pour les émissions de variétés et pour Sylvie Vartan, « étoile parmi les étoiles ».
Un jour, alors qu’il a six ans, un miracle se produit : il réussit enfin à marcher.
Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan est un roman tendre et loufoque, aux personnage drôles et attachants. Une histoire vraie, lumineuse et pleine d’espoir.


Extraits« La vie peut être belle, emplie de magie, mais elle est aussi fragile. »

« – Non, maman. C’est sérieux. Ils veulent te remettre une médaille.
– Mais pourquoi une médaille ? Qu’est-ce que j’ai fait ?
Comment aurait-elle compris l’importance de cette lettre ? Tout ce qu’elle avait fait, les heures passées à s’occuper de nous, de moi, tous les sacrifices, la foi inébranlable dont elle avait fait preuve et qui m’avait valu ma guérison… Tout cela était normal pour elle. Elle n’avait fait que ce qu’une mère est censée faire, prendre soin de ses enfants. Alors une médaille ! Ça n’était pas sérieux. »


Mon avis : J’ai eu beaucoup de mal à y croire, mais pourtant, cette histoire est belle et bien une autobiographie – sans doute un peu romancée quand même… Roland Perez se livre avec pudeur, nous racontant avec émotions son histoire personnelle.

Petit garçon, Roland Perez se rend vite compte qu’il est différent des autres. En effet, il a un pied atrophié, qui l’empêche de marcher et le classe automatiquement comme un enfant handicapé. Sa mère, Esther, refuse de voir la réalité en face et parcourt les rues de Paris à la recherche d’un médecin compétent, qui saura guérir son petit Roland. En attendant, la vie à l’appartement est chamboulée, puisqu’il faut tout adapter. Il trône au milieu du salon, admirant avec envie ses frères et soeurs dans leurs quotidiens respectifs, tandis qu’il est cantonné au canapé et à la télévision. C’est à partir de cette immobilité forcée que naît sa passion pour Sylvie Vartan.

Cette chanteuse bulgare iconique des années 1960 – que ma génération ne connaît que de nom -, a enregistré dans sa carrière plus de 1500 chansons dans soixante-cinq albums différents, pour un total de ventes avoisinant les quarante millions. Autant dire que c’est une star de l’époque, que tous les médias s’arrachent. Roland est totalement fasciné par cette femme, par sa personnalité, sa prestance et sa voix.

Sylvie Vartan en 2009

Les souvenirs d’enfance de Roland Perez sont entrecoupés par des récits de sa vie d’adulte. On comprend alors avec émotions que Roland n’est plus cet enfant handicapé qui squattait devant le canapé. Mais par quel miracle a-t-il bien pu se rétablir ? C’est maintenant un beau jeune homme accompli, qui a réussi à gravir les échelons de la société, s’insérer parmi les stars du showbiz, tantôt comme journaliste/chroniqueur, tantôt comme grand avocat spécialisé. Mais toujours, en toile de fond, deux femmes, qui vont rythmer sa vie :  Esther, sa mère, et Sylvie Vartan. Chacune, à leur manière, seront toujours présentes à ses côtés, faisant de Roland un homme épanoui et sincèrement heureux.

Sylvie Vartan et Roland Perez

Je retiendrais particulièrement le portrait d’Esther : elle est l’image même de la mère totalement dévouée à ses enfants. Contre vents et marées, elle dépense corps et âme à les défendre, malgré tous les obstacles qui peuvent se dresser sur son chemin. C’est une mère exemplaire, au coeur d’or, solaire, qui cherche souvent à en faire trop ou à trop bien faire, un peu tête en l’air aussi, mais réellement attachante. Rien n’est trop beau pour combler ceux qu’elle aime : c’est admirable. La mère est d’ailleurs à l’image même de la fratrie entière : bienveillants, aimants, toujours pleins de vie et de bonne humeur. Une famille unie, qui m’a apporté beaucoup de bonheur.


Racontée avec douceur, alternant entre rires et larmes, l’histoire de Roland Perez est réellement touchante. De petit garçon handicapé à homme pleinement épanoui, les étapes ont été nombreuses, mais le jeu en valait l’attente. J’ai pris beaucoup de plaisir à lire cette autobiographie.

Ma note : 7/10

Pour lire plus d’avis

 

ISBN : 978-2-36569-673-9

2 réflexions sur “Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan

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