Littérature italienne·Romance

La petite herboristerie de Montmartre


La petite herboristerie de Montmartre de Donatella Rizzati

412 pages, éditions Charleston, à 22,50€


Résumé : Paris, novembre 2004.

Viola Consalvi passe pour la première fois la porte d’une herboristerie tout près de la rue Lepic, à Montmartre. Pour cette passionnée de naturopathie, la découverte de ce lieu hors du temps est un véritable coup de foudre. Au contact de cet endroit magique et de sa propriétaire, Gisèle, la jeune étudiante est confortée dans son choix d’étudier la médecine alternative, choix que n’a hélas pas accepté sa famille. Son diplôme en poche, Viola retourne à Rome et rencontre l’amour en la personne de Michel. S’ensuivent six ans de bonheur, qui volent en éclat quand Michel décède brutalement d’un arrêt cardiaque. Bouleversée, anéantie, Viola se sent basculer. Au plus fort de la tourmente, une idée lui traverse soudain l’esprit : et si elle retournait à Paris, là où tout a commencé ?


Extraits :  « Ma petite, une vie entière ne suffit pas pour tout apprendre. Mais ceux qui arrêtent de chercher se condamnent à mourir.« 

« Manger, ce n’est pas juste un besoin humain. C’est beaucoup plus, ça appartient au monde des émotions, la cuisine reflète une précision, une envie de bien faire. Dans certains cas, c’est même une déclaration d’amour qui se passe de mots. »


Mon avis : La petite herboristerie de Montmartre, c’est une bouffée d’air frais que j’ai lu dans climat étouffant d’été. Une histoire paisible et relaxante, qui m’a apporté plaisir et détente.

Après le décès subit de son mari, Viola, une jeune trentenaire italienne, perd goût à la vie. Pour changer d’air et se ressourcer, elle décide de retourner à Paris, ville où elle a réalisée ses études de naturopathe, et où elle a rencontré Gisèle, gérante d’une boutique d’herboristerie, devenue une très grande amie. Elle replonge avec extase dans ce lieu magique de la boutique de l’herboristerie, et réapprend peu à peu, à vivre, à prendre soin d’elle, à aimer.

C’est une histoire poétique qui met en avant une jeune femme, abattue par le deuil, qui va aller de l’avant pour tenter de se reconstruire. Mais rassurez-vous, point d’atermoiements dans ce roman, seulement des touches d’espoir et une légèreté qui donne du baume au coeur. De belles leçons de vie vous y attendent.

Pour les plus téméraires, des petites recettes à base d’herbes sont disséminées ici et là dans le roman. Ainsi, au fil de votre lecture, vous pourrez découvrir différents remèdes, notamment pour rétablir l’équilibre du cinquième chakra, pour préparer un bain relaxant parfumé au miel et au citron, ou encore pour apprendre à confectionner des huiles essentiels au lavande. Des recettes qui vous feront vous sentir mieux, en accord avec vous-même et avec la vie.  En tout cas, j’en ai repéré quelques-unes, que je vais sans doute tester prochainement…
Donatella Rizzati met en avant un concept de médecine traditionnelle, qui vise à améliorer l’organisme par des moyens naturels et biologiques. J’ai apprécié découvrir ce monde à part que je ne connaissais pas. J’ai beaucoup aimé découvrir la boutique atypique de Gisèle, une herboristerie traditionnelle, comme il n’en existe que trop peu dans le monde. C’est un lieu convivial, où il y fait bon vivre. En tout cas, j’aurais adoré trouver ce genre de boutique dans les villes où je me rends, flâner entre les rayonnages, respirer les nombreux parfums et embruns qui se dégageaient des fioles…

Une histoire légère et paisible, à lire idéalement l’été. Vous n’y retrouverez pas de prise de tête, seulement de bons moments de lecture, qui vous apporteront une paix intérieure et un calme relatif. Une romance vite lue… mais vite oubliée aussi.  

Ma note : 6/10

 

Littérature française·Romance

L’amour à pleines dents !


L’amour à pleines dents ! de Cali Keys

315 pages, éditions Diva romance, à 14,90€


Résumé : À vingt-quatre ans, Mélissa Müller, compositrice-interprète, quitte la Suisse (et donc la fondue au fromage et le chocolat), direction le Québec (et donc la poutine et le smoked-meat) ! Mais ce qu’elle n’avait pas prévu (mais pas du tout du tout), c’était que son chéri la plaquerait en pleine balade romantique sur le Mont-Royal. Seulement Mélissa ne peut pas retourner en Suisse. Pas tout de suite, du moins. Car ce qu’elle n’a dit à personne, c’est qu’elle s’est inscrite au concours Best Singer, et qu’elle compte bien le gagner. Diane a perdu Charles, son mari, il y a quelques années. Pour ne pas sombrer dans la dépression, elle s’investit dans son magasin de cupcakes, Sweet Cuppins, et engage Mélissa sur-le-champ. Ensemble, elles vont apprendre à reprendre goût à la vie, à aller au bout de leurs aspirations. Et qui sait, peut-être vont-elles aussi retrouver l’amour ?


Extraits :  « Si Steve avait écouté une seule de mes chansons, il aurait compris que j’ai du talent et que je suis prête à travailler comme une forcenée pour réaliser mon rêve. Mais il préfère me regarder comme si j’étais un Teletubbie choupinet tout juste bon à émettre des sons monosyllabiques.« 

« Comment fait-il pour ne pas balancer son ordinateur et ses patrons par la fenêtre ? Moi, je péterais les plombs à rester assise douze heures par jour en costard et cravate si serrée qu’elle m’empêche de déglutir ! Je finirai par taper une crise, traiter mes collègues de tous les noms et les poursuivre dans les couloirs de l’entreprise en les menaçant avec une lampe de bureau !« 


Mon avisLa couverture donne le ton du récit. Il y aura de l’amour, de l’amour et encore de l’amour. Avec un peu d’humour aussi, des voyages et pleins de gourmandises. Les meilleurs ingrédients sont réunis pour passer un bon moment de lecture et de détente.

Mélissa, compositrice-interprète et vendeuse dans une boulangerie suisse, décide de tout plaquer pour suivre son compagnon Steve, muté au Québec. Une nouvelle vie s’offre à elle, avec une toute nouvelle chance de pouvoir s’épanouir dans le domaine qui lui plaît le plus : la musique. Sélectionnée pour participer au concours de chant Best Singer, Mélissa vit un rêve éveillé. Jusqu’au jour où Steve la quitte brutalement, protestant de leur non compatibilité commune. En parallèle, nous suivons Diane, une femme mûre, qui a perdu son mari Charles, avec qui elle était mariée depuis de nombreuses années. Elle n’arrive pas à se remettre de sa disparition, et travaille d’arrache pied dans sa boutique de cupcakes pour passer le temps. C’est d’ailleurs dans sa boutique qu’elle va faire la rencontre de Mélissa, venue lui déposer un CV puis recrutée dans la foulée. Les deux femmes vont devenir très vite complices, et vont s’aider mutuellement à reprendre goût à la vie.

Les deux protagonistes sont terriblement attachantes. La bonne humeur constante de Mélissa, sa détermination à arriver à ses fins, sa sympathie avec autrui, font d’elle un personnage au mental d’acier et à la jovialité qui n’est plus à prouver. Quant à Diane, bien que plus effacée que Mélissa, elle reste quand même un personnage fort, sorte de pilier qui soutient implicitement le récit. C’est une femme au grand coeur, qui fait passer les intérêts des autres avant les siens, douce et attentionnée, elle donne une très bonne image des valeurs québécoises.

Il n’y a pas à dire, L’amour à pleines dents ! est une lecture estivale. C’est le genre de lecture fraîche et légère, qui ne te prend pas la tête et te fait passer un agréable moment. J’ai adoré l’humour de l’auteure. Un humour un peu décalé, que certain(e)s peuvent ne pas apprécié, mais que j’ai trouvé, moi, totalement désopilant. Il y avait également beaucoup d’amour dans ce récit. Mélissa va s’enticher de Matthew, qui n’est autre qu’un membre du jury du concours Best Singer, auquel elle participe. Pas facile donc de mélanger travail et plaisir. Quant à Diane, elle va être poussée par Mélissa à retrouver un autre homme que son défunt Charles. Pour se faire, Mélissa va encore sa comparse sur un site de rencontres pour seniors. Un bon moyen de rencontrer des hommes tout en faisant une activité conjointe… mais difficile d’oublier l’amour de sa vie, l’homme que l’on considérait comme l’homme parfait. Vous l’aurez compris, l’amour est au rendez-vous, mais n’est pas facile d’accès. Mais ne dit-on pas que les plus belles histoires d’amour sont celles qui sont le plus difficiles à atteindre ? Patience et rigueur sont donc de mise pour Diane et Mélissa, déterminées à faire entrer de nouveau un homme dans leurs vies.

Un grand bravo à Cali Keys pour son prix de la meilleure romance 2017 : un prix bien mérité, qui récompense des histoires d’amour bien ficelées et attendrissantes, ainsi qu’une écriture plaisante et rafraîchissante. Un combo gagnant, qui a parfaitement fonctionné avec moi.


L’amour à pleines dents ! est une romance qui met du baume au coeur. Vous y retrouverez une formidable histoire d’amitié entre deux femmes brisées par la vie ; des histoires d’amour un tantinet compliquées mais attendrissantes ; des cupcackes bien sucrés pour les plus gourmands, ainsi qu’un soupçon d’humour pour alléger le tout. N’attendez pas que l’été se termine pour déguster ce met d’excellence.

 

Ma note : 8,5/10

 

Littérature française·Romance

Another story of Bad Boys, épisode 1


Another story of Bad Boys, épisode 1 de Mathilde Aloha

597 pages, éditions Hachette romans, à 18€


Résumé : Liliana Wilson ne pensait pas qu’en intégrant la célèbre université de Los Angeles pour étudier le journalisme, sa vie allait autant changer.L’absence de sa meilleure amie Rosie, plongée dans un coma dont elle ne se réveillera peut-être jamais, la faisait bien trop souffrir. Accablée par le chagrin et une forte culpabilité, elle avait décidé de prendre des distances avec son passé. Mais c’était sans compter sur le retour du dangereux Jace ? Elle voyait son avenir déjà tout tracé : obtenir d’ici quelques années son diplôme, puis parcourir le monde. Mais sa rencontre avec ses nouveaux colocataires, Evan et Cameron, vient bouleverser ses plans. Si le premier est le frère protecteur qu’elle n’a jamais eu, le second, non seulement méfiant et froid, se montre particulièrement infect à son égard.Lorsqu’elle découvre que ces deux-là, pourtant amis, rentrent régulièrement couverts de bleus et de blessures, elle s’interroge : jalousies masculines ? Sombre histoire de bad boys ? Que faire alors que la jeune femme se sent irrémédiablement attirée par l’un des deux, elle qui s’était pourtant jurée de faire passer son coeur bien après ses études ? Entre l’amour interdit qu’elle ressent et son passé qui la rattrape, Liliana en aura-t-elle jamais fini avec les drames de la vie ?


Extraits :  « Sois heureuse, Lili. La vie est trop courte. Prends chaque petit bonheur qui se présente à toi.« 

« Je ne conçois pas d’aimer quelqu’un lorsque cet amour est à sens unique, et je sais pertinemment au fond de moi que c’est ça dont j’ai peur : tomber éperdument amoureuse de Cameron et que lui ne m’aime pas. »


Mon avis : Certains mystères du monde littéraire me fascineront toujours. En premier lieu, celui-ci : pourquoi des auteurs français, ressentent-ils le besoin de titrer leur livre, également écrit en français, en anglais ? Pour quelqu’un qui défend la langue française comme moi, cela m’horripile. Mais soit, passons et revenir au récit.

Liliana Wilson est une jeune étudiante qui va intégrer les bancs de la célèbre université UCLA, pour tenter de devenir journaliste. Loin de sa famille, elle va donc vivre dans le campus universitaire, en colocation avec d’autres étudiants. Mais lors de la remise des clés, surprise : le service administratif s’est trompé dans le traitement du dossier de Liliana, et lui a attribué un appartement en colocation avec deux garçons, Evan et Cameron, meilleurs amis de longue date. A l’arrivée de Liliana, Evan s’est montré jovial et enjoué, tandis que Cameron s’est montré froid et hautain avec la jeune fille. Faisant fi du comportement de ce dernier, Liliana continue de vivre sa nouvelle vie d’étudiante, tout en se faisant de nombreux amis. Mais de lourds secrets de sa vie passée vont rapidement refaire surface et bousculer sa quiétude quotidienne.

Je suis quand même déçue du grand nombre de clichés qui se trouvent dans ce roman. Je pointe du doigt en particulier le personnage de Cameron, grand brun ténébreux, qui renvoie une vision de lui froide et solitaire ; mais qui va commencer à s’ouvrir et à ressentir des émotions au contact de la belle Liliana. Comme dans bon nombre de romances, il y a donc un effet de répulsion entre ces deux-là, avant qu’ils ne ressentent un désir d’attraction. Classique. Vu et déjà vu. Je passe également sur tous les clichés qui accompagnent l’histoire, notamment sur la vie menée par ces étudiants californien, à savoir une vie d’étudiants qui vivent sur un immense campus, vont faire du surf, sortent en boîte entre amis tous les week-ends… C’est un peu caricaturé et pas très représentatif de la réalité.

Heureusement, l’auteure incorpore à son récit quelques touches de mystères délectables. Il y a tout d’abord le mystère qui plane autour du personnage de Jace, ancien bourreau de Liliana, qui a causé la quasi-mort de Rosie, son ancienne meilleure amie. Mais aussi bon nombre de mystères qui entourent la bande de garçons, qui reviennent souvent à l’appartement couvert de sang et d’ecchymoses. Le point négatif de tout cela, c’est que ces histoires n’avancent pas. Après plus de 600 pages lues, les informations distillées sont toujours aussi floues. Je conçois que Mathilde Aloha ait voulue garder du suspense pour son deuxième tome, mais il fallait aussi contenter le lecteur et lui donner un peu plus de matière pour lui donner envie d’en savoir davantage. Cela ne va pas m’empêcher de lire le second volume ; en espérant que ces intrigues soient plus exploitées.


Another story of Bad Boys est un roman idéal pour les jeunes midinettes en vacances, qui souhaitent passer un agréable moment et rêver d’une future vie d’étudiante idyllique. Pour les autres, vous allez y voir une lecture sympathique, mais trop caricaturée, et qui tourne un peu en rond, sans jamais avoir de finalité. Par curiosité, je lirai le tome 2, en espérant que l’auteure (âgée de 17 ans à la publication de ce livre) ait mûrie dans son style d’écriture. 

Ma note : 5/10

Chick-lit·Romance

Les gentilles filles vont au paradis, les autres là où elles veulent


Les gentilles filles vont au paradis, les autres là où elles veulent de Elie Grimes

439 pages, éditions Préludes, à 16,90€


Résumé : Zoey est la sœur de Dalton et la meilleure amie d’Adrian, à qui sa tante Vic voudrait bien la voir mariée. À trente ans à peine, elle a monté sa propre entreprise de traiteur avec son assistante, devenue amie, Sally, qui aime bien Dalton. Elle n’écoute jamais les conseils de Fran, sa mère, ou de Nana, sa grand-mère adorée, car elle préfère se confier le soir à son chat, Sushi. Sinon, la vie de Zoey n’est pas compliquée. Encore moins quand elle rencontre Matthew Ziegler, le critique gastronomique le plus influent de New York, un type parfaitement imbuvable qui semble bien décidé à mettre sa cuisine à l’épreuve, jusque dans les moindres détails…
Voici une comédie cent pour cent new-yorkaise, sexy et efficace ! Ce chassé-croisé amoureux contemporain porté par des dialogues vifs et percutants, rythmé par mille et un rebondissements, révèle une héroïne au caractère volcanique.


Extrait :  « Rend coup pour coup mais ne sois jamais déloyale. Jamais. Ce sont les lâches qui ont besoin d’avoir recours à ce genre de méthodes. Les lâches et les gens sans intelligence.« 


Mon avis : Il paraît que les titres à rallonge, c’est la mode : ça attire le regard et demande plus de temps de réflexion. C’est vrai. En tout cas, c’est le titre énigmatique qui m’a donné envie de lire ce livre.

Zoey est une jeune femme épanouie dans sa vie professionnelle, puisqu’elle a ouvert il y a peu sa propre entreprise de traiteur, avec son assistante et amie Sally. Une passion de la cuisine qu’elle tient de sa grand-mère Nana, qui a vendue énormément de livres de recettes dans le monde entier. Tout semble paisible dans la vie de Zoey, jusqu’à ce qu’elle rencontre Matthew Ziegler, critique gastronomique reconnu, qui compte bien noter la cuisine de Zoey. Comme si ce stresse ne suffisait pas, il fallait que ce Matthew provoque des émotions ambigus à Zoey.

Les gentilles filles ne gâchent pas la nourriture, ne prennent pas de taxi avec des inconnus, ne sortent pas le soir, restent pudiques en toutes circonstances… c’est du moins l’idée que se fait Elie Grimes des gentilles filles. Alors notre protagoniste, est-elle une gentille fille ? Bien qu’elle en ait tout l’air, je vous laisse le soin de le découvrir par vous-même. En tout cas, c’est une fille attachante et pleine de ressources. Elle se veut indépendante des autres, mais reste très attachée à sa famille. Elle est entreprenante, courageuse et dotée d’un fort caractère qui ne laisse pas indifférent.

Zoey va se retrouver dans des situations improbables, qui ont tout l’attrait pour faire rire le lecteur. Sans conteste, ses maladresses et étourderies ont au moins le mérite de nous distraire.

De l’humour à revendre, certes, mais beaucoup d’amour aussi. De l’amour familial, notamment entre Zoey et sa grand-mère Nana, Zoey et son frère Dalton, ou nouvellement Zoey et sa mère Fran, qui pourtant, a toujours été mondaine et froide. De l’amour amical, entre Zoey et son amie et assistante Sally, ou Zoey et son meilleur ami d’enfance Adrian. Mais aussi de l’amour passion, avec un début de relation énigmatique avec Matthew, critique gastronomique. C’est bien connu, les gentilles filles ont un grand coeur.

Une histoire dynamique, qui reprend tous les grands codes de la chick-lit : histoires d’amour, humour, légèreté… Néanmoins, j’aurais souhaité peut-être un peu plus d’originalité dans le récit, un petit quelque chose en plus qui m’aurait permis de me souvenir plus précisément de ce livre. Car, pour être honnête : même si j’ai passé un bon moment de lecture, l’histoire risque de disparaître totalement de mon esprit dans les semaines à venir.


Voici la recette de ce chick-lit savoureux : une cuillerée d’histoires légères, agrémentées d’un zeste d’amour. Pour pimenter ce récit, une dose d’humour, puis faites mijoter à feu doux. Enfourner quelques heures au four, mais attention, ne le laissez pas cuire trop longtemps, car c’est bien connu : les gentilles filles savent cuisiner. Vous obtenez ainsi une comédie romantique délicieuse.

Ma note : 6,5/10

 

Chick-lit·Romance

Sextoys et bulles de savon


Sextoys et bulles de savon de Mily Black

216 pages, éditions Diva romance, à 14,90€


Résumé : Fanny a tout plaqué pour ouvrir cette boutique. Tout, c’est sa vie, son job d’ingénieur dans une entreprise de cosmétique, et le salaire qui va avec. Pourquoi ? Pour vendre des produits de beauté bio et… des sextoys. Drôle d’idée, lui dira-t-on, surtout dans un petit village qui compte en tout et pour tout trois commerces. Mais l’idée va plus loin que ça. Fanny veut aider les femmes à se sentir mieux dans leur peau, par tous les moyens, pour elle-même surmonter les traumatismes de son adolescence. Alors quand elle fait la rencontre de Jenny, une jeune femme qui montre des signes de maltraitance, elle ne peut rester insensible.

Face aux détracteurs offusqués par ses produits, la jeune femme va devoir faire preuve de persévérance et d’humour. Deux qualités qui lui seront également utiles pour résister au charme d’Édouard, le policier du village qui lui donne du fil à retordre. Elle, qui a pourtant pour règle de ne s’attacher à personne…


Extraits :  « Le sexe a beau être présent partout dans notre société, il reste néanmoins un sujet délicat.« 

« Prendre soin de sa peau ne suffit pas à se sentir mieux. Les femmes ont besoin de s’épanouir, que ce soit dans le domaine professionnel, comme dans celui de l’intime. Les livres les plus récents sur le sujet démontrent l’importance d’une sexualité active et créative. Je ne fais que fournir les bases pour apprendre à apprivoiser son corps. »


 

Mon avisC’est avec le sourire aux lèvres que j’ai débuté ce nouveau roman, signé Mily Black. L’année dernière, cette même auteure m’avait fait passer un bon moment dans Petits dérapages et autres imprévus, une romance légère, qui avait égayée mes journées, tout en me faisant voyager. C’est avec enthousiasme que je réitère donc ma découverte de cette auteure française.

Fanny a eut l’étonnante idée d’ouvrir une nouvelle boutique assez spéciale. Alors que dans l’avant-salle elle vend des produits de beauté bio, dans l’arrière-salle, vous pourrez y découvrir des sextoys. Son idée ? Prendre soin de sa peau et de son corps pour s’épanouir et se sentir mieux. Mais voilà, son idée ne plaît pas à tout le monde, puisque la mère du maire est réfractaire à cette implantation et n’hésite pas à lui envoyer Edouard, un policier, pour lui faire cesser son activité. Hélas, contre toute attente, Fanny va doucement tomber sous le charme de ce policier, à qui elle va faire de nombreuses avances.

Vous l’aurez compris, dans cette romance, l’humour est maître. Fanny est une protagoniste excentrique, qui n’y va pas de main morte pour faire la promotion de son nouveau commerce. Vous la verrez dans des tenues affriolantes, dans des mises en scènes amusantes… Vous n’êtes pas au bout de vos surprises ! Ce personnage extravagant est contrebalancé par le conformisme de Madame Lobarde, offusquée et scandalisée par l’idée saugrenue de Fanny. Elle tentera par tous les moyens de lui mettre des bâtons dans les roues. Un jeu du chat et de la souris hilarant !

Mais derrière cette légèreté apparente, se cachent quand même des sujets plus profonds. En effet, l’auteure tend à rendre les femmes maîtresses de leurs propres corps. Elle veut qu’elles s’assument et s’amusent en même temps, et non qu’elles dramatisent à tout va ou se cachent derrière ce que la société impose comme la norme.

De plus, la deuxième grande partie du roman met en avant un sujet des plus sérieux, puisque d’actualité dans notre société : la violence faite aux femmes. Jenny, jeune femme introvertie et réservée, subit les coups de son compagnon, sans jamais se rebeller. Devenue dépendante financièrement de son conjoint, qui l’isole et la coupe du monde entier, Jenny n’a plus d’accroche pour s’en sortir. C’est ce qu’à découvert Fanny, qui va tenter de l’aider du mieux qu’elle le peut. Un bon sujet, bien traité, qui peut permettre d’accompagner certaines femmes vers la libération et l’émancipation conjugale. De quoi redonner espoir à certaines femmes : la prise de parole est primordiale pour se révolter, s’en sortir, et changer de vie.

J’en profite pour vous montrer une courte vidéo qui dure 35 secondes, pour sensibiliser à la violence conjugale et aider les femmes à extérioriser leurs problèmes.


Une romance légère et drôle, qui a quand même l’avantage de faire réfléchir sur certains sujets sérieux : la maltraitance conjugale, ou encore la réconciliation féminine avec son corps. Ne boudez pas votre plaisir et poussez la porte de cette boutique originale… bons moments assurés !

Ma note : 7,5/10
Roman érotique·Romance

Intouchable


Intouchable de Jena Rose et Lanabellia

410 pages, éditions BMR, à 18€


Résumé : Ne pas s’encombrer de principes, agir à l’instinct selon ses envies, ne pas hésiter à se servir de son physique pour arriver à ses fins : telles sont les règles de vie de Oz. Mais depuis quelques temps, aucune fille ne semble éveiller le moindre désir chez ce beau ténébreux. Contre toute attente, la seule qu’il remarque, c’est Evana, sa colocataire et meilleure amie. Celle dont il prend soin depuis qu’une expérience traumatisante a bouleversé sa vie. Celle qui est pour lui intouchable et qu’il n’avait jamais vraiment considérée comme une femme. Jusqu’à aujourd’hui. Oz en est persuadé : il l’a toujours protégée… mais aujourd’hui, la menace c’est lui.


Extraits :  « Tu vois ? Pas la peine de te retourner le cerveau à chaque déception ! A défaut d’avoir un mec, t’as au moins un super coloc !« 

« La lueur qui brille dans ses yeux abat toutes mes défenses. Mon coeur martèle en cadence. Mes poumons oublient leur fonction vitale primaire : respirer ! Ses lèvres courent le long de ma mâchoire, jusqu’aux miennes. Leurs caresses, leurs courbures indécentes s’ajustent si proprement à chacun de ses baisers que j’ai l’impression de recevoir un choc dans la poitrine. Il m’embrasse, nos langues se trouvent, s’enroulent tandis que ses doigts se faufilent dans mes cheveux humides. Comme s’il cherchait à ce que jamais je ne me détache de son emprise.« 


Mon avis : Avant toute chose, je tenais à remercier les éditions BMR, qui m’ont fait la surprise de m’envoyer cette nouvelle publication en avant-première. Un geste sympathique, que je salue. Néanmoins, après lecture du résumé de cet ouvrage, je me suis rendue compte qu’il ne m’attirait pas totalement. Je l’ai quand même lu, par respect pour cette maison d’éditions qui me l’a gentiment envoyé, mais mon ressenti n’est pas très positif…

L’histoire se structure autour des deux protagonistes, Oz et Evana, qui alternent la parole narrative d’un chapitre à un autre. Oz et Evana sont meilleurs amis et aussi colocataires. Tandis que Oz est plutôt fêtard et dragueur, Evana est casanière et un peu réservée. Deux personnalités opposées qui vont pourtant être attirées. Mais l’histoire serait bien trop simple si un troisième personnage n’entrait pas en scène. Dean, l’un des meilleurs amis de Oz, tombe amoureux de Evana et se met en couple avec elle. Qui Evana va-t-elle réellement choisir ? Va-t-elle préférer privilégier l’amour de Oz, au détriment de leur belle amitié ?

Comme vous vous en doutez, je n’ai pas tellement apprécié ma lecture. Je ne vais donc pas passer par quatre chemins pour vous exposer ce qui m’a gêné. Il y a tout d’abord le fait que les auteures entrent directement dans le vif du sujet. A peine quelques pages seulement après le début du récit, que voilà Oz et Evana attirés irrémédiablement l’un par l’autre. Aucune tension, aucun suspense, rien. Tout est trop brusque et précipité.

Le fait d’incorporer un trio amoureux à l’histoire, c’est du classique, du vu, revu et rerevu. Si encore il y avait un minimum de suspense autour de l’identité du garçon que préfère Evana, je dirais que l’agencement du trio amoureux est réussi. Mais ici, aucun suspense, la préférence de la jeune fille est visible à des kilomètres.

Il y a ensuite le fait qu’il ne se passe strictement rien dans ce livre. L’histoire est plate, et rien ne nous pousse à ré-ouvrir le livre pour poursuivre notre lecture. Il faut attendre la quasi fin du livre pour que s’immisce un zeste d’action dans l’histoire, avec le frère d’Evana, prédateur sexuel un peu glauque, qui m’a énormément gêné. Cette relation incestueuse est totalement hors de propos comparée à la totalité du récit et ne sert qu’à ajouter un tout petit peu d’action à « l’intrigue » initiale.

Le seul bon point que je pourrais accorder à ce livre, c’est le fait qu’il soit classé « livre érotique », sans pour autant détenir des propos vulgaires ou des scènes trop crues. Toutes les scènes d’amour ou de sexe sont emplis d’une sensualité et d’une retenue qui m’a plût. Il y a une certaine délicatesse qui émane des personnages qui est très appréciable.


En bref : c’est une romance érotique un peu banale, pas très absorbante, qui comporte bon nombre d’éléments qui ont gênés l’avancée de ma lecture. Les fanatiques de romances érotiques peuvent toujours se replier sur les romans de Christina Lee que j’ai trouvé beaucoup mieux formés, avec des personnages très attachants. 

Ma note : 4,5/10
Conte·Romance

L’histoire de la Bête


L’histoire de la Bête de Serena Valentino

189 pages, éditions Hachette romans, à 13,90€


Résumé : C’est une histoire vieille comme le monde : celle d’un prince cruel transformé en Bête.
Et celle d’une belle jeune fille qui surgit dans sa vie. Le monstre est métamorphosé par la compassion de la jeune fille et l’amour qu’il ressent pour elle.
Puis ils se marient et ont beaucoup d’enfants.

Mais comme pour chaque histoire, il y a plusieurs versions. Qu’importe ce que l’on a pu dire ou écrire, une seule question demeure : qu’est-ce qui a changé le prince en la Bête que l’on connaît ?

Voici l’une de ces histoires. Une histoire de bêtes, et, bien sûr, de belles.


Extraits :  « Pendant que l’on enseignait aux garçons des langues anciennes et l’Histoire, les petites filles, elles, devaient se contenter d’apprendre à être jolies et de marcher droit ! Peu surprenant que les hommes ne prissent pas au sérieux les femmes, lesquelles ne connaissaient du monde que ce que leur père ou leurs frères consentaient à leur apprendre et, si elles étaint chanceuses, leur époux daignait parfaire cette éducation. Cela lui avait toujours semblé injuste.« 

« – La Bête, si bête, a fait une bêtise !
– La Belle, si belle, s’est fait la belle !« 

Mon avis : Tout le monde connaît l’histoire de Belle, qui se sacrifie pour sauver son père, retenu prisonnier aux mains de la Bête. Ils vont vivre ensemble dans le château de la Bête, et vont se découvrir, pour finir par s’apprécier. Belle comprend alors que ce monstre surnommé Bête, est en fait un prince, victime d’un sortilège. Mais point d’informations supplémentaires sur ce sortilège ou la vie passée de la Bête. Pour notre plus grande joie, Serena Valentino s’est attelée à combler cette frustration quant au manque d’informations, en imaginant ce qu’avait pu être la vie princière de la Bête, sa personnalité et les causes qui l’ont amené à se transformer en monstre.

On (re)découvre la Bête, sous son apparence humaine. Et autant dire qu’il n’a strictement rien à voir avec la Bête que nous connaissons. En effet, ce prince altier, orgueilleux et vil, est au plus haut point détestable. Il se montre désagréable et cruel avec les autres (que ce soit avec ses invités, avec les femmes, ou même avec ses domestiques). Pour affirmer sa puissance, il écrase sans vergogne les personnes qui se dressent sur son chemin, et rabaisse ouvertement celles indignent de son rang. Alors qu’il devait s’engager avec une jolie femme, il découvre sa condition sociale inférieure à la sienne et la répudie. Malheureusement pour lui, cette femme est en fait dotée de pouvoirs magiques, dont elle va user pour se venger. Accompagnée de ses trois soeurs sorcières, elles vont transformer le prince en Bête, avec comme seule solution de repli : qu’il ressente un amour véritable pour une femme. Une affaire qui n’est pas gagnée d’avance, mais qui réjouie les sorcières, bien décidée à voir le prince rester monstre pour l’éternité.

L’auteure arrive à conserver l’esprit du monde de Disney, avec cet univers féerique, empli de magie et mystère, tout en y ajoutant sa petite analyse personnelle de l’histoire. Un mélange réussi, puisqu’il nous transporte aisément dans ce monde merveilleux, tout en comblant une partie restée vide de l’histoire de la Belle et la Bête. Même si je trouve que certains aspects de l’histoire auraient pu être travaillés et développés davantage, l’histoire est  originale, et prolongera l’engouement des fans inconditionnels des Disney.

Pour votre gouverne, sachez que les éditions Hachette romans publient régulièrement ce genre de petit récit, sorte d’histoire complémentaire d’un grand Disney. Vous pouvez donc retrouver l’histoire de la méchante Ursula, dans la Petite Sirène, ou encore l’histoire de la reine Grimhilde dans Blanche-Neige. De quoi rendre encore plus effrayants et antipathiques ces méchants personnages…

Ma note : 6,5/10