Littérature américaine

La Ballade de Willow


La Ballade de Willow de Jamie Ford

452 pages, éditions Charleston, à 8,90€


Résumé : 1934. Depuis qu’il a été abandonné quand il avait 7 ans, William Eng est pensionnaire de la très stricte institution du Sacré-Coeur, à Seattle. Cinq années ont passé, personne n’est venu le chercher. Aucune nouvelle de Liu Song, sa mère.
Un jour pourtant, alors qu’il est au cinéma avec les autres garçons de l’orphelinat, il reconnaît le visage de sa mère dans une bande-annonce. Troublé par cette apparition qu’il n’osait plus espérer, William décide de s’enfuir pour retrouver celle qui se nomme désormais Willow Frost…
Conteur hors pair, Jamie Ford tisse avec un immense talent une intrigue riche, tendre et bouleversante, au temps de la Grande Dépression.


Extraits « En se projetant dans l’avenir, on peut être ce que l’on veut. »

« – Je te crois, moi, William.
– Comment peux-tu ?
– Grâce aux yeux du coeur. J’écoute mes sentiments parce que mes sentiments ne mentent pas. »


Mon avisAnnées 1930. William a été abandonné par sa mère alors qu’il n’avait que 7 ans. Placé dans un orphelinat, ce petit garçon chinois va grandir entouré d’enfants, dans l’attente potentielle du retour de sa mère. Alors que l’espoir de la revoir s’amenuise de jour en jour, il reconnaît le visage de sa mère dans une bande-annonce. Son sang ne fait qu’un tour : il doit la retrouver. William va braver tous les interdits mis en place par les soeurs de l’orphelinat pour revoir celle qu’il appelle son ah-ma.

Énormément de lecteurs ont été conquis par l’univers crée par l’auteur. Pour ma part, je n’ai malheureusement pas été entièrement transporté dans le Chinatown Américain des années 1930. Racisme, prohibition, diaspora… sont autant d’éléments qui sont abordés et mis concrètement en scène dans l’histoire.

La Ballade de Willow est ponctuée de scènes au présent et de plongées dans le passé de Willow, la ah-man de William. L’histoire n’est pas décousue pour autant, elle se lit avec aisance et fluidité. Le tout est dynamique, avec des rebondissements surprises et actions qui s’enchaînent. L’histoire se veut mélodramatique, on sent que l’auteur a envie que nous versions quelques larmes en lisant son livre : malheureusement, je n’ai pas été touché plus que ça, ni par les personnages, ni par le récit en lui-même.

De plus, il y a de nombreuses fautes de frappe dans ce livre, de bêtes erreurs d’orthographe et de syntaxe qui ont freiné ma lecture. Tout le monde fait des fautes d’orthographe, c’est humaine, mais quand on en retrouve presque à chaque chapitre, ça commence à devenir pénible.


J’ai passé un moment de lecture divertissant, mais le récit ne m’a pas plus touché que ça. Je ne doute pas que d’autres lecteurs puissent apprécier à sa juste valeur cette histoire. 

Ma note : 5,5/10

 

Littérature américaine·Littérature jeunesse

Qui ment ?


Qui ment ? de Karen M. McManus

459 pages, éditions Nathan, à 17,95€


Résumé : Dans un lycée américain, cinq adolescents sont collés : Bronwyn (l’élève parfaite), Addy (la fille populaire), Nate (le délinquant), Cooper (la star du baseball) et Simon (le gossip boy du lycée). Mais Simon ne ressortira jamais vivant de cette heure de colle…
Et les enquêteurs en sont vite sûrs, sa mort n’est pas accidentelle. Dès lors qu’un article écrit par Simon contenant des révélations sur chacun d’eux est découvert, Bronwyn, Addy, Nate et Cooper deviennent les principaux suspects du meurtre.
Ce qui est sûr, c’est qu’ils ont tous quelque chose à cacher…


Extrait  « Une sextape. Une grossesse. Deux tricheries aux exams. Et ce ne sont que les alertes de la semaine. Quiconque ne connaîtrait le lycée de Bayview que par l’appli à scandale de Simon Kelleher pourrait se demander comment ses élèves trouvent le temps d’aller en cours. »


Mon avis : Un jour de semaine comme les autres dans un lycée américains, cinq adolescents sont collés pour une bêtise qu’ils ont commis. Il s’agit de Bronwyn, l’élève modèle, Addy, la fille super populaire, Nate, le délinquant, Cooper, la star du baseball et Simon, le commère du lycée. Ils sont cinq, mais seulement quatre ressortiront vivants de l’heure de colle. Simon meurt suite à une crise d’allergie. Les policiers en sont sûrs : l’un des quatre élèves est le coupable. En creusant la piste des quatre adolescents, les inspecteurs vont se rendre compte que chacun avait un alibi valable pour en vouloir à Simon. Mais qui ment ?

Qui ment ?, c’est une histoire dynamique qui nous entraîne au coeur d’une enquête des plus haletantes. Les quatre adolescents suspectés d’avoir tué Simon ont tous des alibis qui pèsent contre eux. En effet, Simon tenait un blog, qu’il alimentait avec des ragots sur les jeunes du lycée, et justement, des secrets sur ces quatre jeunes allaient prochainement être publiés sur le Blog de Simon. Un élément de plus qui rajoute du piquant à l’histoire.

J’ai trouvé l’histoire rondement menée, avec des personnages à la fois mystérieux, mais ouverts et suffisamment attachants pour que je puisse les apprécier. Malheureusement pour moi, l’auteure avait laissé un certain nombre d’indices, qui m’ont fait deviner la fin de l’histoire avant qu’elle n’arrive réellement. Ça ne m’a pas empêché d’apprécier le dénouement de cette enquête, que j’ai trouvé assez originale.


4 adolescents suspects, 1 mort : saurez-vous deviner qui ment ? Plongez au coeur d’une enquête des plus intrigantes…

Ma note : 7/10

 

Littérature américaine·Littérature jeunesse

La courte histoire de la fille d’à côté


La courte histoire de la fille d’à côté de Jared Reck

305 pages, éditions Gallimard jeunesse


Résumé : Si on était dans un film, Matt dirait à Tabby qu’il est fou d’elle. Alors, elle se jeterait dans ses bras -sous une pluie battante, évidemment. Mais on n’est pas dans un film : Matt et Taby sont voisins, il est son meilleurs amis, et elle est amoureuse de Liam. Cynique, romantique, sur le terrain de basket, pendant les cours, Matt repense à leurs moments partagés et serait prêt à tout pour la garder. Mais un événement tragique vient tout bouleverser…


Extraits « Mais les désirs et la réalité ne s’accordent pas obligatoirement. Et à force de passer mon temps à soupirer et à rêver dans mon coin, je suis devenu un mec odieux. »

« – Vous savez, c’est ce que je préfère écrire au monde, poursuit le prof, parce que les souvenirs, c’est très important. Je crois que ce sont eux qui nous définissent en tant que personne… Ces moments qui, pour une raison ou une autre, qu’ils soient grands ou insignifiants, restent gravés dans notre mémoire et inspirent les histoires que nous racontons. »


Mon avis : Matt est Tabby vivent l’un en face de l’autre et sont meilleurs amis depuis l’enfance. Depuis tout petit, Matt est secrètement amoureux de Tabby, sans jamais l’avoir confié à la principale intéressée. Tabby ne sait rien des sentiments de Matt et tombe amoureuse de Liam, un sportif plus âgé. Un brin jaloux, envieux et nostalgique des moments passés avec Tabby, Matt se prend à rêver à maintes reprises qu’il avoue à sa tendre ses sentiments. Mais un terrible événement va les séparer à jamais.

La courte histoire de la fille d’à côté, c’est une romance jeunesse tout en douceur et en légèreté. On y découvre un trio amoureux assez classique, avec deux garçons amoureux d’une même fille. En soi, l’histoire en elle-même n’est pas très originale, mais j’ai trouvé que la façon dont l’auteur l’amenait était bien fait. Même si c’était du déjà vu, je me suis quand même laissé entraîner dans la narration.

J’ai trouvé les personnages touchants, particulièrement Matt, qui m’a ému dans sa façon de se comporter. C’est un ami fidèle et loyal, toujours là pour Tabby, même quand celle-ci lui fait inconsciemment du mal. Jared Reck exploite avec maturité la thématique de l’amour et notamment de la barrière entre l’amour et l’amitié. Comment passer du statut d’ami à celui de copain ?

J’ai ressenti beaucoup d’émotions en lisant ce récit, mais malheureusement, mon émotion n’était pas pleine et entière à chaque fois. En effet, j’ai trouvé que certains passages s’étiraient un peu en longueur, notamment au niveau de la description des matchs et entraînements de baskets de Matt et Liam… j’ai trouvé que ça n’avait, à mon sens, pas trop d’intérêt ni de valeur ajouté quant à la trame principale.

Ce que je retire de cette lecture ? Qu’il faut toujours dire aux gens qu’on les aime, car un jour, il sera trop tard, et ce jour-là, nous le regretterons. Je n’en dis pas plus, et vous laisse découvrir par vous-même cette histoire, à la fois douce et tragique.

Un livre qui pourrait être aisément adapté au cinéma… il ferait sans doute pleurer bon nombre de personnes !


La courte histoire de la fille d’à côté est une histoire à la fois légère et tragique. Un livre rempli d’amour et d’émotions, qui ne vous laissera pas indifférent ! 

Ma note : 7/10

 

Littérature américaine·Roman

Bon retour à la maison


Bon retour à la maison de Debbie Macomber

333 pages, éditions Charleston, à 19,90€


Résumé : En grandissant, Cassie Carter et ses soeurs, Karen et Nichole, étaient extrêmement proches. Jusqu’à ce qu’un événement les sépare… Après l’université, Cassie a fui sa maison pour épouser un homme mauvais, jetant aux orties ses études et brisant le coeur de ses parents.
À maintenant 31 ans, Cassie est de retour à Washington avec sa fille, espérant laisser son passé derrière elle. Après avoir mis fin à un mariage compliqué, elle tente de reconstruire le puzzle de sa vie. Malgré ses tentatives, elle n’a jamais réussi à faire la paix avec ses soeurs. Karen, la plus âgée, est une femme occupée, entre sa carrière et l’éducation de ses deux enfants. Et Nichole, la plus jeune, est une mère au foyer dont le mari passe tous les caprices.
Mais un jour, Cassie reçoit une lettre de Karen, qui laisse espérer une réconciliation. Et alors que Cassie se permet de croire à l’avenir, en s’excusant auprès de ses soeurs et en trouvant l’amour, elle réalise le pouvoir de la compassion, et la possibilité d’un nouveau départ…
Un merveilleux roman sur la persévérance et la confiance, un voyage excitant à travers les challenges et les joies de la vie.


Extraits  « Qui n’a pas subi de violences conjugales ne peut pas comprendre qu’une victime hésite à témoigner, à mener l’agresseur derrière les barreaux. Il faut être passé par là pour mesurer tout le courage, toute la volonté, toute la ténacité nécessaires pour se tenir face au jury et admettre ce qu’on a enduré. »

« Vous êtes une des femmes les plus fortes que je connaisse. Vous avez échappé à un mariage violent. Vous avez eu le courage de poursuivre votre mari en justice et de l’affronter au tribunal. Ensuite, vous êtes repartie de zéro afin de bâtir une nouvelle vie pour votre fille et vous. À mes yeux, il faut du courage pour faire ça ; il faut être une femme forte. »


Mon avis : C’est toujours un plaisir de lire une romance signée par Debbie Macomber. Je sais que l’histoire sera légère, agréable à lire et toujours remplie de positivité et d’amour,

Bon retour à la maison est une histoire émouvante, qui raconte le dur combat de Cassie pour vaincre les violences conjugales et se reconstruire. A 18 ans, alors qu’elle apprend qu’elle est enceinte, Cassie désobéit et s’enfuit de chez ses parents avec l’homme qui deviendra son mari. Durant de longues années, Cassie ne reverra plus ni ses parents ni ses soeurs. Jusqu’au jour où, libéré de l’homme avec qui elle pensait faire sa vie, la jeune femme entrevoit une possibilité de réconciliation avec ses deux soeurs qu’elle aimait tant.

J’ai particulièrement apprécié le personnage de Cassie. C’est une femme forte, courageuse et déterminée, qui a la capacité très rare à faire passer les autres avant elle. Cassie a vécue des épreuves terribles dans sa vie, qui la marqueront à jamais. Malgré cela, la jeune femme a su garder la tête hors de l’eau pour remonter la pente et reprendre goût à la vie. Une reconstruction qui s’est avérée difficile, mais vitale. C’est surtout grâce à sa fille qu’elle a réussie à s’en sortir, puisqu’elle constitue un moteur pour Cassie, la poussant à se dépasser sans cesse et à s’en sortir. Leur complicité est touchante à voir, surtout la manière dont sa fille tente par tous les moyens d’aider sa mère à atteindre le bonheur.

C’est un roman émouvant, qui met en scène des personnages touchants, qui nous livrent leur histoire familiale. Projeté dans leur intimité, nous ressentons avec force les émotions qu’ils traversent. J’aurais quand même souhaité percevoir plus d’intensité dans le récit, notamment dans des moments clés comme leurs retrouvailles, qui ont été, à mon sens, un peu minimisés.

Ce récit met en avant des valeurs qui sont, à mes yeux, très importantes, comme la solidarité ou l’entraide. Cassie, en tant qu’ancienne femme battue, donne de son temps à une association pour aider les femmes qui sont actuellement dans cette situation. Autre exemple probant : Cassie a rejoint une association dont le concept est innovant et amène à réfléchir : donner de son temps pour aider d’autres personnes à construire leur maison, puis construire soi-même sa maison avec l’aide d’autres personnes. Même si ce concept de donner de son temps pour bâtir sa maison est un peu surréaliste dans notre époque moderne, j’ai pris cela comme une allégorie : il faut travailler dur pour mériter toute chose et aider les autres pour espérer qu’on nous aide aussi.

Une histoire familiale agréable à suivre, qui montre que les liens du sang sont plus forts que tout et ne peuvent jamais se rompre. Cette famille en est l’exemple même : après des années d’absences, les retrouvailles sont fortes et émouvantes.


Une belle et douce romance, qui redonne espoir en la vie et en l’avenir.

Ma note : 6,5/10

Classique·Littérature américaine·Roman

Les raisins de la colère


Les raisins de la colère de John Steinbeck

639 pages, éditions Folio


Résumé : Années 1930, Oklahoma. Tom Joad est libéré de prison suite à un homicide involontaire. Il retourne à la ferme familiale mais une mauvaise surprise l’attend : la ferme a été saisie par une banque et sa famille, totalement ruinée, est sur le départ. Elle s’apprête à partir en Californie, avec l’espoir de trouver un emploi et de vivre dignement.
La famille Joad, partagée entre la peine de devoir quitter « la terre de ses pères » et l’espoir d’une vie meilleure, entame donc un long périple sur la route 66, à travers les grandes plaines de l’ouest, en direction d’une Californie mythifiée. Mais le voyage ne se fait pas sans difficulté. La dislocation de la famille commence.
La famille Joad arrive finalement en Californie et réalise rapidement que, non seulement il n’ y a pas assez de travail pour tous les immigrants et qu’elle devra vivre dans des conditions de vie effroyables, mais également que les « Okies » sont craints et haïs par les autochtones qui ne voient en eux que des marginaux et des agitateurs potentiels.
Malgré les difficultés, la famille Joad ne perd pas espoir et, malgré la faim, la pauvreté et l’injustice, mobilise toute son énergie pour essayer de s’en sortir…


Extraits  « La seule chose qu’il faut voir, c’est que chaque fois qu’il y a un pas de fait en avant, il se peut que ça recule un brin, mais jamais d’autant. »

« Des fois, un homme triste peut se débarrasser de sa tristesse rien qu’en parlant. »


Mon avis : Ce livre a patienté plusieurs années dans ma PAL, avant d’être brusquement sorti un beau jour d’avril. La cause ? Le club de lectures de Babelio, que je remercie vivement qu’avoir élu élu ce livre comme lecture du mois d’avril.

L’histoire se passe dans les années 1930, aux États-Unis, en pleine crise économique. Après plusieurs années passées derrière les barreaux, Tom rentre chez lui. Mais il découvre sa maison vide et détruite. La ferme familiale des Joad a été saisie par une banque et la famille a été expulsée et contrainte de rejoindre la Californie, où du travail les attendent, espèrent-ils. La traversée de l’Ouest débute, avec à bord Tom, ses parents, son grand frère, ses deux petits frères et soeurs, son oncle John, ses grands-parents, et le pasteur Casy. La famille va rencontrer de nombreux obstacles sur leur route, et pas des moindres.

Plongés dans les années 1930, nous suivons la famille Joad dans leur traversée de l’Ouest, à la rencontre d’une terre accueillante.  Malheureusement, ils vont rapidement côtoyer la faim, la soif, le froid, la pauvreté et surtout l’injustice. La famille, et en particulier Tom, son frère, son père et son oncle, cherchent désespérément un travail, pour récolter quelques sous pour nourrir les leurs. Mais, face à l’arrivée de centaines de milliers de familles affamés, les fermiers de l’Ouest ont mis en place une stratégie cruelle : faire baisser au maximum les salaires. Le travail manquant et les familles étant affamés, ils sont rapidement exploités, dans l’obligation d’accepter de travailler pour quelques miettes de pain. Les lecteurs qui, comme moi, ont une imagination débordante, ne peuvent s’empêcher de faire un parallèle avec notre monde moderne, où l’exploitation et l’injustice sociale n’est encore que trop présente.

Toutes ces difficultés ne semblent pas désolidariser la famille Joad, qui reste unie envers et contre tout et tous. J’ai particulièrement apprécié le personnage de Mâme Joad, la mère de famille, qui montre une force de caractère invraisemblable, une générosité et un courage sans précédent. Tout l’amour qu’elle reverse aux siens et aux autres m’a impressionné. C’est un modèle de femme forte sur qui l’on peut prendre aisément exemple !

Il y a aussi cette solidarité qui se met en place entre les gens défavorisés. Ceux qui n’ont plus rien sont ceux qui donnent le plus. C’est invraisemblable, mais tellement beau et touchant à voir ! A croire que le trop plein d’humanité des uns à déshumanisé les autres.


Ce roman social, classique de la littérature américaine, saura séduire tous ses lecteurs. Une histoire divertissante et instructive qui ne peut laisser personne indifférent. 

Ma note : 8,5/10

 

Littérature américaine·Littérature jeunesse

The Hate U Give


The Hate U Give de Angie Thomas

492 pages, éditions Nathan, à 17,95€


Résumé : Starr a 16 ans, elle est noire et vit dans un quartier difficile, rythmé par les guerres de gangs, la drogue et les descentes de police.
Tous les jours, elle rejoint son lycée blanc situé dans une banlieue chic; tous les jours , elle fait le grand écart entre ses deux vies, ses deux mondes.
Mais tout vole en éclats le soir où son ai d’enfance Khalil est tué. Sous ses yeux, de trois balles dans le dos. Par un policier trop nerveux. Starr est la seule témoin. Et tandis que son quartier s’embrase, tandis que la police cherche à enterrer l’affaire, tandis que les gangs font pression sur elle pour qu’elle se taise, Starr va apprendre à surmonter son deuil et sa colère; et à redresser la tête.


Extraits  « Même quand on a tout fait comme il faut, il arrive parfois que les choses tournent mal. Mais il faut persister, c’est ça la clé. »

« Une fois qu’on a vu toutes les blessures de quelqu’un, c’est comme si on l’avait vu nu – et ce n’est plus jamais pareil. »


Mon avis : Les éditions Nathan, ainsi qu’une majorité des blogueurs littéraires parlaient de ce roman comme un livre coup de poing, fort et intense, qui dénonce la réalité de la ségrégation en Amérique. Vous vous doutez bien qu’avec des retours aussi positifs que ceux-là, je n’allais pas passer à côté de ce récit !

Starr est une jeune fille noire de 16 ans, qui vit dans un quartier difficile, mais qui se rend dans un lycée blanc chic, à l’autre bout de la ville. Là-bas, loin des guerres de clans, de la drogue et de la violence de son quartier noir, Starr tente de se figurer une vie d’adolescente normale. Mais son quotidien est chamboulé lorsque Khalil, son ami d’enfance, est assassiné sous ses yeux par un policier blanc. Choquée et très en colère par l’injustice que représente cette mort, Starr va tenter de rendre justice à son ami en combattant le racisme et la ségrégation.

Ce roman nous dépeint une actualité malheureusement encore trop présente dans certaines pays du monde : le racisme. Dans certaines villes des États-Unis (et d’ailleurs), des quartiers se distinguent les uns des autres : les quartiers des noirs, souvent drogués, violents, voleurs, dans lequel se côtoient de nombreux gangs qui se battent et s’entretuent, et les autres, les blancs, chic et respectueux, qui exècrent cette population noire et portent des jugements pré-fabriqués sur eux. Le policier qui a abattu Khalil s’est fié à sa vision stéréotypée des personnes noires, et a injustement pensé que Khalil, parce que noir, était aussi violent, armé, drogué, méchant. C’est justement ces stéréotypes que Starr combat dans ce livre.

Starr est une jeune femme très courageuse, qui n’a pas peur de parler et de s’exposer pour défendre ses droits et rendre justice à son ami défunt. De nombreux obstacles viendront se mettre en travers de son chemin, mais Starr est une battante et de ne détournera pas les yeux de ses objectifs. Starr, c’est un peu comme Martin Luther King, Malcolm X ou encore Rosa Park : des personnes courageuses qui ont sacrifiés leur vie aux autres, en prenant à coeur de défendre leurs droits, ceux des personnes noirs aux États-Unis… Des héros du XXème siècle, dont les noms figurent encore dans toutes les mémoires. Je ne doute pas un seul instant que des personnes comme ces gens-là, ou des livres comme The Hate U Give, contribuent à faire changer les mentalités.

Néanmoins, malgré tout le respect que j’éprouve pour cette auteure et sa poignante histoire, je n’ai pas été aussi conquise que je l’aurais espéré. En effet, j’ai ressenti des moments de flottements entre certains passages, qui manquaient selon moi de dynamisme et d’énergie. Plus d’actions n’aurait pas été de refus ! Bien évidemment, cela n’enlève en rien le fait que j’ai apprécié découvrir de quelle manière l’auteure a réussie à s’approprier cette thématique et comment elle l’a développée.


Je le reconnais : The Hate U Give est un roman coup de poing, qui ne peut laisser personne indifférent. Néanmoins, l’histoire manquait de dynamisme à mon goût et certains passages m’ont ennuyés.

Ma note : 6/10

 

Littérature américaine·Littérature jeunesse

Stony Bay Beach


Stony Bay Beach de Huntley Fitzpatrick

538 pages, éditions Nathan, à 17,95€


Résumé : Samantha a 17 ans. Sa mère est une figure politique locale. Leur maison est immense, immaculée, tout le contraire de celle des Garrett, les voisins que sa mère déteste. Ces derniers ont huit enfants et vivent dans un bouillonnant désordre organisé. Un jour d’été, alors que Sam les observe de son balcon, un garçon l’y rejoint : c’est Jase, le troisième enfant des Garrett. Commence alors pour Sam et Jase l’été des premières fois, mais aussi des secrets, qui ne peuvent rester bien longtemps gardés…


Extraits  « C’est une question d’instinct. Notre instinct nous indique à qui on peut faire confiance, comme les animaux. On ne l’écoute pas toujours aussi bien qu’eux, mais il n’en demeure pas moins là. »

« Il est tellement friqué qu’il s’achète un nouveau bateau dès que l’ancien est mouillé.« 


Mon avis : Samantha et Jase sont voisins. Samantha vit dans une maison chic aux côtés de sa mère, une sénatrice réputée de leur État. Jase, quant à lui, est l’un des sept enfants qui vivent dans la maison d’à côté.

Ce livre raconte une histoire d’amour entre adolescents : les premiers sentiments, le premier bisous, la première fois… Nous suivons ce jeune couple que tout oppose dans leur quotidien mouvementé. Bien que l’histoire ne soit pas très originale, j’ai apprécié suivre l’évolution de la relation qu’entretenait ces deux jeunes.

Sam et Jase, bien que venant de milieux différents, et élevés de manière totalement différente, se ressemblent dans leur courage, obstination, leur soif de réussir, mais surtout dans l’amour qu’ils vouent à leurs familles respectives. Ce sont deux protagonistes très attachants, dont je me souviens encore plusieurs semaines après.

Un récit doux et tendre, qui met en scène un amour pur et vrai. Pour dynamiser le récit et ajouter un peu d’actions à cette jolie histoire d’amour, les deux protagonistes vont devoir jongler entre vérité et mensonges. Tout le monde sait que les secrets ne peuvent pas rester secrets bien longtemps, et quand la vérité éclate, souvent, elle fait des dégâts.

Quant au dénouement de ce récit, il laissait clairement annoncer une suite prochaine aux aventures de Jase et Samantha. Je serais donc curieuse de suivre le périple de ce jeune couple dans un second tome.


Un premier tome sympathique, dans lequel nous faisons la rencontre d’un jeune couple que tout oppose. Un roman doux et tendre, qui a su me séduire.

Ma note : 7,5/10