Afin que naisse le jour


Afin que naisse le jour de  Anne Leclaire

351 pages, éditions France Loisirs


Résumé : Dans une Amérique rurale, l’histoire poignante et inoubliable d’une amitié inattendue entre deux femmes que tout oppose.
À vingt ans, Opal a déjà commis quelques erreurs de parcours mais elle ne regrette rien. Ni d’avoir mis au monde son petit Zack, ni de s’être enfuie avec lui loin de Billy, le père de l’enfant, et de Melva, sa propre mère, qui tous deux lui menaient la vie dure. Opal croit aux signes et en sa bonne étoile. Elle part donc à l’aventure et décide, sur un simple coup de tête, de s’installer dans une bourgade perdue. L’arrivée soudaine de cette jeune femme fantasque et désinvolte ne manque pas d’intriguer, voire de déranger. Surtout Rose, sa voisine, une femme réservée, inconsolable depuis la perte de son seul enfant. Rose s’est fermée au monde et son amertume laisse Ned, son époux, parfois désemparé. Mais la présence tonique d’Opal lui redonne peu à peu goût à la vie tandis que naît entre elles un lien à la mesure des épreuves qu’elles devront affronter…


Extraits « Personne ne dit jamais qu’avoir un enfant, c’est comme avoir son coeur qui se balade en dehors de son corps, et qui se cogne partout. »
« Déchiffrer les signes, c’est comme écouter de la musique. Ils sont toujours là, il suffit de se régler sur la bonne fréquence.« 

Mon avis : Je me décidé à sortir ce roman de ma Pile À Lire, où il demeurait terré depuis bien longtemps maintenant.

Afin que naisse le jour, c’est l’histoire d’Opal, une jeune maman célibataire, qui part à l’aventure et s’installe dans un petit village nommé Normal. L’arrivée de la jeune femme et sa situation personnelle et professionnelle dérange la tranquillité du village, et les ragots vont bon train sur son dos. Comme les autres habitants, Rose, sa voisine d’en face, est curieuse de découvrir qui est cette jeune femme qui fait tant parler d’elle. Alors que rien ne prédestinait les deux femmes à s’entendre, Rose, femme introvertie et surtout inconsolable suite à la perte de son enfant unique, et Opal, maman audacieuse et aventurière, vont pourtant lier amitié.

J’ai beaucoup aimé la force de caractère d’Opal, cette jeune femme délaissée par ses parents, sans accroches affective, qui prouve qu’une femme peut être autonome et indépendante. Elle se bat pour apporter le meilleur à son fils, et l’amour qui transparaît de leur relation est attendrissant. Le personnage de Rose m’a également fait de la peine. Depuis la mort de son fils adolescent, Rose a perdue goût à la vie. Elle a complètement changée, elle ne sort plus, ne sourit plus, ne travaille plus… sa vie a perdue tout intérêt, et c’en est assez triste à voir.

Opal et Rose vont lier amitié et se soutenir dans les moments difficiles vécus par l’une et l’autre. Le lien qui les unit est pudique, mais sincère. Malgré leurs différences, elles arrivent à se comprendre, et souvent sans un mot : c’est là la vraie magie de l’amitié.

L’histoire est simple, si vous cherchez du spectaculaire, de l’inattendu ou de l’original, passez votre chemin, ce livre n’est pas pour vous. Mais souvent, la simplicité a aussi ses bons côtés : j’ai passé un très bon moment de lecture, qui m’a permis de me détendre.


Un roman léger et agréable à lire sur une amitié étonnante et attendrissante entre deux femmes que tout oppose. 

Ma note : 6,5/10

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Indian Psycho

 


Indian Psycho de Arun Krishnan

333 pages, éditions Pocket


Résumé : Arjun Clarkson est le rêve américain incarné : cet orphelin indien issu d’une basse caste, complexé et peu sûr de lui, a immigré à New York où il connaît une brillante carrière dans la publicité. Jusqu’au jour où, dans un accès de folie, il poignarde une ancienne collègue…
Pour brouiller les pistes, Arjun décide de faire croire à l’existence d’un tueur en série chassant ses proies sur le plus populaire des réseaux sociaux : MyFace. Certes, cela implique de commettre d’autres assassinats, mais n’est-ce pas l’occasion rêvée de se venger de tous ceux qui se sont moqués de lui ?
Au fil des meurtres, la rumeur de ce « tueur de MyFace » s’amplifie et sème la panique sur la toile, car Arjun est un excellent publicitaire. Sa distraction, en revanche, risque de compromettre sa carrière de serial killer…

Thriller drôle et palpitant, Indian Psycho est aussi une satire féroce des réseaux sociaux. Un regard mordant sur la société new-yorkaise d’aujourd’hui et ses travers, à liker et à partager sans modération !


Extraits « Parfois, on pense que le monde est fait d’une certaine façon. Puis il vous montre qu’il est capable d’être entièrement différent. »
« C’est peut-être ainsi que les gens qui sont en couple depuis très longtemps ne s’entre-tuent pas. Ils s’éloignent durant ces moments critiques qui mettent fortement à l’épreuve leur volonté.« 

Mon avis : Déroutant : voici le premier mot qui me vient à l’esprit pour qualifier cette histoire. À New York, Arjun, un indien immigré aux États-Unis depuis plus d’un an, a obtenu un poste haut placé dans la publicité. Un bon boulot, un bon salaire… il avait de quoi être heureux, pourtant, pris d’un accès de folie, il poignarde une de ses anciennes collègue, qui succombe à ses blessures. Pour brouiller les pistes et éviter d’être démasqué, Arjun décide de faire croire à tous que ce meurtre a été perpétré par un tueur en série. Pour se faire, il va utiliser le réseau social MyFace pour débusquer ses prochaines victimes.

Indian Psycho détourne les codes des thrillers traditionnels. L’histoire est racontée du point de vue du tueur, Arjun, à la première personne du singulier. On connaît donc avec exactitude l’ensemble de ses pensées, de ses raisonnements et de ses actions. Même en possédant l’accès à ses pensées, elles nous apparaissent souvent sombres et énigmatiques : pourquoi décide-t-il tout à coup de tuer ? Ne ressent-il aucune émotions ? Arjun est un personnage bien mystérieux, qui va donner du fil à retordre à la fois à nous, lecteurs, mais aussi aux policiers qui enquêtent sur cette affaire.

Ce qui fait que ce livre est une histoire intéressante et originale, c’est le ton que donne l’auteur au récit. Il y incorpore un certain humour pince-sans-rire, qui déstabilise au début, mais qui s’avère si bien maîtrisé qu’il ajoute une dose de gaieté si particulière dans cet univers glaçant.

Clairement, Arun Krishnan fait une satire des réseaux sociaux. « Le tueur de MyFace » comme est surnommé Arjun, cherche et trouve ses victimes sur le réseau social « MyFace ». Sur celui-ci, les utilisateurs peuvent rendre public, à la vue de tous, les données personnelles qu’ils souhaitent : adresse d’habitation, loisirs, métier… la vie privée n’est plus privée, puisque chacun peut accéder à toutes ces données sans connaître la personne concernée. Il faut un cas de figure comme celui que nous présente l’auteur – à savoir un tueur qui repère ses victimes via les informations données par ce réseau – pour que les gens prennent conscience du danger que représente la non-protection de la vie privée. On assiste alors à une suppression impressionnante de comptes MyFace et à la destitution progressive de ce réseau social d’envergure mondial.

Autre thématique principal abordée dans Indian Psycho : le racisme. Après une enfance et une grande partie de sa vie d’adulte passée en Inde, Arjun, notre protagoniste, débarque à New York.  Une ville de tous les possibles, qui mélangent les races et populations. Mais Arjun, a du mal à se défaire de ses traditions culturelles, et il se place d’emblée comme un paria de la  population. Placés dans la peau d’un immigré, nous ne pouvons que faire face aux regards, critiques et sous-entendus qui peuplent leur quotidien, et parfois, les inégalités sont tellement fortes qu’elles en deviennent ignobles.


Un thriller original et efficace, au style vif et déroutant, écrit avec maîtrise et finesse. J’ai beaucoup aimé la modernité de cette histoire et l’ambiance particulière qui s’en détache.

Ma note : 7,5/10

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Juste un signe


Juste un signe de Liz Plum

474 pages, éditions Hachette romans, à 18€


Résumé : À la suite d’un événement traumatisant, Raine a perdu l’usage de sa voix. Trois ans plus tard, elle est toujours murée dans son silence et communique grâce à ses mains. Entourée par son frère et ses meilleurs amis, Raine s’est habituée à ce mode de vie. Elle en a fait son refuge.Jusqu’à ce qu’un nouvel élève débarque au lycée et vienne fissurer, à coup de sourire, les remparts qu’elle avait soigneusement érigés autour d’elle. Lui est une célébrité locale  : tout juste sorti d’une prison pour mineurs, West Love intrigue autant qu’il inquiète. Il est beau, audacieux et, pour une raison qui échappe complètement à Raine, déterminé à se rapprocher d’elle  ! Il la taquine en permanence, la drague ouvertement et va jusqu’à lui demander de lui enseigner la langue des signes  !Ce que Raine ne sait pas, c’est que West est prêt à tout pour la sortir de son silence.


Extraits  « Toute histoire a une fin. Mais toute fin est un nouveau commencement. »

« – […] Je peux t’affirmer que tu lui plais, Raine, je ne sors pas ça de nulle part.
– OK, alors comment tu le sais ?
En me regardant droit dans les yeux, elle me répond :
– Parce qu’il ne te regarde pas comme il regarde les autres filles.
Sous le choc, je la dévisage pendant un instant, les sourcils froncés.
– Et je sais qu’il te plaît, parce que tu le regardes de la même manière. »


Mon avis : Suite à un événement traumatisant, Raine est devenue muette. Impossible pour elle de prononcer ne serait-ce qu’un son. Cela n’en fait pas d’elle une fille à part, puisque depuis plus de six ans, elle communique donc avec ses amis par langue des signes. Un beau jour, la petite bande d’amis de Raine rencontre West, un jeune garçon fraîchement sorti de prison, pour une obscure raison. Ils vont se lier d’amitié avec lui, et l’inclure dans leur bande d’amis. Mais West semble particulièrement intéressé par Raine, allant jusqu’à lui demander des cours de langue des signes pour apprendre à mieux la connaître. Le frère de Raine, Toby, suspicieux au départ, va peu à peu laisser tomber ses craintes au profit du bonheur de sa soeur.

 

J’avoue que l’histoire me tentait pas mal. Je savais pertinemment qu’une histoire comme celle-ci n’allait pas être l’histoire du siècle, mais je m’attendais néanmoins à passer un agréable moment. Malheureusement, je ressors totalement déçue de cette lecture.

J’ai trouvé que l’histoire contenait beaucoup trop d’incohérences et de scène  trop « surréalistes », qui ont gênées ma lecture. Je pense notamment au moment où Raine, notre protagoniste muette depuis des années, se remet à parler normalement, comme si rien ne s’était passé, comme si rien n’était arrivé, comme si parler était pour elle la chose la plus simple au monde. Je n’y ai pas cru. Quand West apprendre à signer en une semaine. Certainement impossible. Autres scènes qui manquaient de cohérences : lorsque Raine communiquait par langue des signes en voiture avec la personne qui conduisait, ou encore lorsqu’elle parlait en langue des signes à une personne concentrée sur son téléphone et que celle-ci relève pourtant la tête pour lui répondre. Peu probable. Un dernier pour la route ? Les incohérences de l’écriture – serait-ce la faute au traducteur ou à l’auteure elle-même ? – lorsque Raine signe avec ses mains, elle ne parle pas, donc les nombres phrases finissant par « dit Raine », « s’exclama Raine », n’ont aucun sens.

Autant d’exemples qui font que j’ai trouvé cette lecture assez médiocre, d’un point de vue rédactionnel et fictionnel. Je n’ai pas cru à cette histoire, je ne me suis pas attaché aux personnages, je ressentais même parfois un peu d’aversion envers eux, tellement leurs réactions me paraissent clichés et surfaites. Je me permets d’écrire cette critique négative en ayant lu l’intégralité de ce roman – la fin est quand même plus réaliste que les trois quart de l’histoire, mais ça n’en reste pas moins une histoire mal écrite à mon sens.


Cette histoire aurait pu être agréable à lire, mais les trop nombreuses incohérences du récit ont gêné ma lecture. Peu réaliste et trop surfaite, je n’ai pas aimé cette histoire. 

Ma note : 1,5/10

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La surprise de Noël


La surprise de Noël de Debbie Macomber

253 pages, éditions Diva romance, à 15,90€


Résumé : Noël… la neige, les illuminations, les chocolats chauds au coin du feu… Une invitation à l’amour ? Pas pour Merry. En ce moment, c’est même le cadet de ses soucis. Entre une famille très (trop ?) présente, les préparations de cette fête qu’elle adore et un patron exigeant (autoritaire ?), elle n’a pas le temps de chercher l’âme soeur. Alors, quand sa mère et son frère lui créent un profil sur un site de rencontre, c’en est trop : elle entre dans une colère folle ! Sauf que, malgré elle, Merry se laisse très vite prendre au jeu. Surtout quand elle fait la connaissance d’un charmant inconnu, un homme qui partage ses goûts et centres d’intérêt, bref : l’homme idéal… Jusqu’au moment où elle accepte de le rencontrer. Car son âme soeur virtuelle est la dernière personne à laquelle elle s’attendait !


Extrait  « – Noël, reprit-elle, la main sur la poitrine, c’est un état d’âme. C’est être ouvert et sincère, c’est faire preuve de générosité et de gentillesse envers les moins fortunés que soi, c’est couvrir d’amour ceux qu’on chérit. »


Mon avis : Noël est maintenant passé, j’écris cette chronique en plein mois de janvier, mais je me replonge, le temps d’un instant, dans l’ambiance si féerique qui précède Noël.

Le frère et la mère de Merry l’inscrivent, en guise de cadeau d’anniversaire, sur un site de rencontres. D’abord suspicieuse et énervée, Merry y prend goût et commence à discuter avec un charmant inconnu. Tous les deux ont préféré ne pas afficher une photo de leur visage, pour pouvoir d’abord découvrir la personnalité de l’autre avant son physique. Pour Merry, plus aucun doute : cet inconnu est l’homme idéal. Mais quand elle découvre qui il est en réalité, elle tombe de haut. De très haut.

Comme chaque année, Debbie Macomber écrit une romance de Noël, et comme chaque année, j’attends avec impatience de découvrir la jolie histoire qu’elle nous a concoctée. Pour 2018, l’auteure nous a préparé une jolie romance, qui m’a fait rêver durant plusieurs soirées.

C’est une romance 2.0 que nous décrit l’auteure. À l’heure où l’amour se met au digital, Debbie Macomber met en scène une rencontre via une application de rencontres. Parfois, les rencontres via le web s’avèrent décevantes, mais d’autres fois, nous pouvons faire d’agréables et surprenantes rencontres. Pour Merry, sa rencontre est si surprenante, qu’elle remet en cause l’intégralité de ses sentiments envers cette personne… qu’elle ne connaît que trop bien.

La narration est assez simple, pas très recherchée même, mais je dois dire qu’elle a le mérite de nous embarquer dans son univers féerique, le temps de quelques soirées. La magie de Noël est bien présente, et nous rend encore plus impatient d’arriver aux fêtes de fin d’année.


Une romance de Noël assez simple, mais agréable à découvrir. Conseil de lecture : n’ouvrez ce livre que peu de temps avant les fêtes de fin d’années, accompagné d’un bon chocolat chaud, emmitouflé dans un plaid chaud, si possible au coin du feu. 

Ma note : 7/10

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Pourquoi pas nous ?


Pourquoi pas nous ? de Becky Albertalli et Adam Silvera

374 pages, éditions Hachette romans, à 16,90€


Résumé : Arthur est à New York pour l’été, en attendant de savoir s’il va être reçu à Yale. Lorsqu’il croise le chemin de Ben dans un bureau de poste, c’est le coup de foudre. Il y voit un signe du destin. De son côté, Ben doute que le destin soit de son côté : il vient de rompre avec son petit ami, Hudson, et n’est pas vraiment prêt pour une nouvelle relation. Pourtant, ni l’un ni l’autre ne parviennent à oublier cette première rencontre. Au fil des rendez-vous, les deux garçons se rapprochent, jusqu’à ce qu’Arthur découvre que Ben, toujours ami avec Hudson, préfère se confier à son ex-petit copain. Arthur est dévasté. Il est persuadé que son amour est à sens unique. Il leur faudra le soutien de leurs amis pour dépasser les malentendus afin de mieux se retrouver.


Extraits  « Je m’en tape que Ben prenne des cours de rattrapage. Je m’en tape; qu’il ait ou non un boulot prestigieux ou qu’il pose sa candidature à Yale. Ce qui m’importe, c’est le courage avec lequel il a fait face à cette ordure dans le métro, et le frisson qui s’empare de moi quand je reçois ses textos. Ce qui m’importe, c’est le soin qu’il a mis à me rendre mon premier baiser parfait. »

« Peut-être que la vie, ça consiste à accueillir des gens dans votre existence pendant un temps, prendre ce qu’ils vous donnent et s’en servir dans l’amitié suivante ou la relation suivante.  »


Mon avis : Arthur et Ben vivent à New York. Arthur travaille dans l’entreprise de sa mère durant l’été, en attendant son admission pour l’université Yale. Quant à Ben, il vient de subir une déception amoureuse, avec son premier petit copain. Leurs chemins vont se croiser à un bureau de Poste, où Ben attendait pour expédier un carton rempli de souvenirs et d’affaires personnels à son ex. Le coup de foudre est immédiat pour Arthur. Ils vont échanger quelques mots, avant de se séparer, sans se laisser leurs coordonnées. Mais Ben, tout comme Arthur, n’arrivent pas à oublier leur rencontre et vont tout mettre en oeuvre pour se retrouver. Leurs chemins vont se recroiser à nouveau, pour se poursuivre ensemble. Mais l’univers n’est jamais très tendre avec les sentiments amoureux…

J’ai beaucoup aimé cette romance homosexuelle. Elle entre parfaitement dans les codes des romances classiques, mais se met à l’ordre du jour, en mettant en scène deux protagonistes masculins, qui vont tomber amoureux l’un de l’autre. Comme toute romance, ils vont se chercher, se tourner autour, et se mettre ensemble, dans une immensité de douceurs, de joies et de bonheurs.

J’ai été assez attristée par une scène du livre, qui malheureusement, doit être le lot quotidien de nombreux couples homosexuels. Ben et Arthur sont dans un train, ils sont blottis l’un contre l’autre, à deux doigts de s’endormir, lorsqu’un père de famille passe, avec un enfant en bas âge dans les bras, et leur reproche leur comportement soit-disant indécent en public. Il leur reproche leur manque de retenue, qui pourrait choquer son jeune enfant. Ils ne faisaient pourtant rien qui aurait pu attenter à la pudeur ou autre. Je trouve cela un peu révoltant, puisque je pense que cette même personne n’aurait jamais osée faire une telle réflexion à un couple hétérosexuel, alors même que l’attitude des deux couples aurait été la même. Cette scène, bien qu’abject, n’est rien en comparaison des nombreuses menaces, insultes et coups que reçoivent très souvent les personnes homosexuelles qui affichent publiquement leur préférence. Cela prouve bien que les mentalités doivent encore évoluer. Et je reste persuadée qu’éduquer les enfants dès leur plus jeune âge peut aider à cette évolution. C’est pourquoi je recommande la lecture de cette histoire par l’ensemble des jeunes adolescents.

Hormis cet aspect de l’histoire, j’ai eu quelques fois un peu de mal à discerner l’ensemble des personnages. Les auteurs alternant les points de vue à chaque chapitre, passant de celui de Ben à celui d’Arthur, et je pense que leurs vies étaient tellement identiques, qu’à un moment donné, les deux personnages se sont mêlés dans mon esprit et n’ont plus fait qu’un. Je n’arrivais plus très bien à discerner lequel racontait et lequel faisait quoi.

Cela n’enlève absolument rien au fait que j’ai apprécié découvrir cette histoire. Très secrètement, j’espère même que Becky Albertalli et Adam Silvera sortent une suite, pour pouvoir découvrir l’évolution de cette jolie histoire d’amour.


Une romance homosexuelle young adult agréable à lire, avec des personnages attachants. 

Ma note : 7/10

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Flocons d’amour


Flocons d’amour de John Green, Maureen Johnson et Lauren Myracle

345 pages, éditions Le Livre de Poche jeunesse, à 6,90€


Résumé : 24 décembre. Nuit des miracles ? Ou des catastrophes ? Une terrible tempête, un train bloqué dans la neige. Gracetown : tous les voyageurs descendent ! Gracetown… Bourgade perdue au milieux de nulle part qui vous ferait presque oublier le repas de Noël. Pourtant Jed, Jubilé, et les autres vont partager le réveillon le plus insolite de leur vie. Dans un café bondé de pom-pom girls ou au détour d’une route enneigée, les rencontres inattendues se multiplient. Les couples se font, se défont et se refondent Louvoyant entre les flocons, les flèches de Cupidon qui pleuvent sur la ville ne laisseront personne de glace. John Grenn, Maureen Johnson, Lauren Myracle : les plumes de trois grands auteurs s’allient pour vous faire rire et rêver d’amour, créant un univers où les anges de Noël ne chôment pas !


Extraits  « Prendre la fuite est pathétique, être rattrapé est encore pire. »

« Tu viens de lui raconter que tu étais tombée dans un ruisseau gelé et que tu étais coincée dans une ville inconnue, et il a raccroché ? Moi, je ne serais pas resté les bras croisés. J’aurais rappliqué ici, neige ou pas. Ça te paraît peut-être débile, mais c’est comme ça que j’aurais réagi. Et tu veux que je te dise ? S’il n’est pas en train de te plaques, c’est toi qui devrais prendre les devants et quitter ce gros nul. »


Mon avisLa nuit de Noël est celle que tout le monde attend avec impatience chaque fin d’année. Elle est synonyme de repas de famille, de cadeaux, de magie et de féerie. Mais voilà : les anges de Noël sont parfois très occupés et ne peuvent pas satisfaire tout le monde. À Gracetown, le 24 décembre, un train se retrouve bloqué dans la neige. Tous les passagers sont obligés de patienter ou de descendre en attendant de la main-d’oeuvre pour déblayer le passage. Jubilé décide de sortir du train et de se réfugier dans une Waffle House à proximité. C’est de là que va partir notre formidable conte de Noël.

Dans ma jeune carrière de lectrice, j’ai déjà eu l’opportunité de découvrir bon nombre de recueil de nouvelles. Certains recueils proposaient des nouvelles avec des univers et thématiques différents, d’autres essayaient de garder une thématique centrale, mais racontée différemment en fonction des auteurs. Dans Flocons d’amour, le concept de nouvelle est novateur (en tout cas, je n’ai jamais rien lu de tel), puisque John Green, Lauren Myracle et Maureen Johnson ont écrit trois nouvelles qui se déroulent dans une même temporalité, dans un même espace spatio-temporel, avec des personnages identiques. L’originalité tient du fait que chacun se place dans la peau d’un des personnages, et raconte les mésaventures de ce dernier. J’ai trouvé cette idée géniale, puisque nous sommes bien loin des nouvelles un peu banales sans queue ni tête, que l’on oublie rapidement après lecture. Ici, nous avons un réel fil conducteur, avec les trois nouvelles reliées simultanément entre elles. Et je pense que c’est réellement là que ce trouve le point fort de ce livre.

J’ai beaucoup aimé la façon dont les trois auteurs ont abordé cette thématique de Noël. Nous sommes bien loin des clichés populaires et des histoires un peu banales sur les romances de Noël ou les histoires de cadeaux et papa Noël. Ici, les trois auteurs nous font pénétrer dans leur univers, où la magie de Noël est bien présente, mais en touches plus subtiles.

La première nouvelle, nommée « Le jubilé express » est écrit par Maureen Johnson et raconte les mésaventures d’une jeune demoiselle, nommée Jubilé, partie rejoindre ses grands-parents pour Noël, qui se retrouve bloquée dans un train en pleine voie, à cause d’une quantité de neige non négligeable. Elle se décide à quitter son siège et à traverser la route pour rejoindre la Waffle House, où elle va faire la rencontre de personnages hauts en couleurs.

La seconde nommée Un miracle de Noël à pompons a été écrite par le célèbre John Green, et raconte les aventures de trois copains, qui décident de pimenter leur soirée de Noël en rejoignant la Waffle House, où les attendent, leur a-t-on dit, plusieurs dizaine de pom-pom girls déchaînées. Mais les obstacles pour arriver à destination sont nombreux.

La troisième et dernière nouvelle est celle de Lauren Myracle, intitulée Le Saint Patron des Cochons. Addie, une jeune fille, est attristée par sa récente dispute, voire séparation avec son petit ami. Heureusement, ses deux amies sont là pour la réconforter. Comme des anges le soir de Noël, elles vont essayer de consoler leur amie et de lui redonner le sourire.

Trois courtes histoires différentes, où les personnages se croisent et s’entrecroisent. J’ai pris plaisir à découvrir chacune de ses nouvelles et à suivre l’évolution des différents personnages.


Laissez-vous embarquer dans l’univers féerique de trois auteurs contemporains, qui décrivent avec originalité leur définition de l’esprit de Noël. 

Ma note : 7,5/10

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Ensemble à minuit


Ensemble à minuit de Jennifer Castle

361 pages, éditions Casterman, à 16€


Résumé : Entre Noël et le jour de l’An. Une jeune fille est renversée sous les yeux de Kendall et Max. Choqués, ils se réfugient dans un café, se sentant coupables de n’être pas intervenus. Là, la serveuse leur lance un défi : elle leur demande de faire sept bonnes actions désintéressées d’ici le 31 à minuit au lieu de se plaindre. C’est ainsi qu’ils se retrouvent chaque jour à parcourir la ville de New York où ils tentent d’aider sept inconnu-e-s…parfois adorables, d’autres fois à peine aimables. Mais ils tiennent bon et apprennent eux aussi à se connaître.


Extraits  « Il faut prendre la vie par la main, même si on ne sait jamais dans quelle direction elle va nous entraîner. On ne garde pas toujours le contrôle. Mais est-ce qu’on a une autre option ? Tout lâcher ? »

« C’est une découverte que j’ai faite en Europe, où j’ai visité des tonnes de musées : quand on est sincèrement touché par une oeuvre d’art, peu importe qu’un million de personnes l’aient déjà admirée avant. À l’instant où elle prend une signification particulière à vos yeux, elle vous appartient. »


Mon avisPour bien débuter le mois de décembre, et pour m’imprégner en amont de la féerie de Noël, je me suis lancé dans la lecture de Ensemble à minuit.

L’histoire se déroule dans un temps très réduit : entre Noël et le jour de l’An. Un jour qu’ils se promènent tranquillement dans la ville de New York, Kendall et Max sont les témoins d’un accident très grave. Ils se sentent immédiatement coupables de ne pas être intervenus, et pour racheter leur conscience, vont se prêter au jeu imposé par une serveuse : réaliser plusieurs bonnes actions désintéressées en quelques jours seulement.

Kendall et Max vont donc sillonner les rues de New York pour rendre des services désintéressés à des personnes qui en ont besoin. Ainsi, ils vont pouvoir divertir une petite fille trop impatiente et soulager son papa, donner de l’attention à une personne sans abri, en s’arrêtant et en lui prêtant une oreille attentive, et cinq autres actions dans le même style. Ce défi qui, de prime abord, peut nous apparaître simple à réaliser, est en fait plus compliqué à mettre en pratique. En effet, on se rend compte que les gens sont si peu habituées à recevoir de l’attention ou une aide désintéressées, qu’elles prennent immédiatement peur. Un comportement tristement normal de nos jours… Cet aspect de l’histoire m’a beaucoup fait réfléchir, tant et si bien que j’aie moi aussi effectuer des actions désintéressées dans les jours qui ont suivis ma lecture – j’ai, entre autre, aidé une personne à pousser un fauteuil roulant pour monter sur un trottoir, j’ai proposé mon aide à des personnes qui déménageaient des cartons dans la rue, j’ai acheté de la nourriture pour la Banque Alimentaire… De petites actions qui, mises bout à bout, font du bien, autant à la personne qui les reçoit qu’à celle qui les donne. Je vous encourage aussi vivement à essayer d’en réaliser au moins une. La satisfaction qu’on en tire est réellement belle.

Malheureusement, outre le beau message délivré par cette histoire, j’ai eu beaucoup de mal à entrer dans le récit et à m’attacher aux différents personnages. Ces derniers m’ont parus un peu hors du temps, pas assez accrochés à la réalité. De plus, j’ai trouvé que leurs caractères manquaient de singularité, l’auteure aurait dû les rendre moins banals, et affirmer certains traits de leur personnalité que l’on ne retrouve nul part ailleurs… Ce que je veux dire par là, c’est que Kendall et Max ne marquent pas les esprits, et ont déjà presque disparus du mien, seulement quelques jours après la fin de ma lecture.

Je n’ai pas non plus trouvé ce que j’étais venue chercher de prime abord dans cette histoire, c’est-à-dire la magie de Noël. Je ne l’ai pas ressenti, rien ne me l’a rappelé, même le Nouvel An n’était pas aussi festif que ce à quoi je m’attendais.


Bien que j’aie été déçue par de nombreux aspects de cette lecture, j’ai trouvé que la thématique centrale, tout comme les personnages, avaient du potentiels. J’ai apprécié le beau message de bienfaisance et d’entraide solidaire que l’auteure délivre. 

Ma note : 4/10

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