Douze chiens pour Noël


Douze chiens pour Noël de Lizzie Shane
321 pages, éditions l’Archipel, à 22€


Résumé : Pour venir en aide à ses grands-parents, propriétaires d’un refuge pour chiens, Ally quitte New York sans une hésitation. À Pine Hollow, la jeune femme espère bien retrouver un peu de la magie de Noël. Mais elle ne tarde pas à déchanter : la ville a décidé de suspendre ses subventions au refuge. Celui-ci n’a d’autre choix que de fermer. Pour Ally, le coupable a un nom : Ben, conseiller municipal que le hasard ne cesse de mettre sur sa route. Ally et ses grands-parents ont moins d’un mois pour trouver une famille à leurs douze pensionnaires à quatre pattes. Et si en se révélant un allié inattendu dans cette mission presque impossible, Ben échangeait son statut d’ennemi juré pour celui d’homme idéal ?


Extraits : « – Eh, c’est ça l’amour, commenta Deenie, assise par terre avec Jojo sur ses genoux. Le chemin vers le coeur de l’homme passe par son estomac. »

« Les chiens rendent les gens heureux. C’est difficile de ne pas vouloir en faire partie. »


Mon avis : J’ai commencé Douze chiens pour Noël quelques jours seulement avant le Réveillon et je l’ai terminé en un rien de temps. C’est une romance de Noël comme il en existe des milliers, qui a le don d’apporter un souffle de magie et une bonne dose de bonheur en cette période féerique de fin d’année.

Ally quitte sa vie New-Yorkaise pour rejoindre ses grands-parents à la campagne, qui détiennent un refuge pour chiens. Hélas, quelques jours seulement après son arrivée, Ally et ses grands-parents apprennent que la municipalité ne pourra plus subventionner le refuge, obligeant ce dernier à fermer ses portes. Une décision intolérable pour Ally, qui se met en quêtes de solutions pour garder le refuge ouvert et surtout, pour placer l’ensemble des chiens dans des familles aimantes. Pour se faire, elle sera épaulée par Ben, un conseiller municipal, à l’origine du vote qui a fermé le refuge. Rongé par la culpabilité, il souhaite apporter son aide autant qu’il le peut à Ally et ses grands-parents. D’abord refroidie par le comportement grincheux et pessimiste de Ben, Ally va finalement accepter son aide, ainsi que celle de sa petite nièce, Astrid.

Cette romance se veut fidèle à ce qu’on peut attendre d’une romance : elle apporte amour, légèreté et déconnexion le temps de quelques heures. Deux personnages que rien ne prédestinait à se rencontrer. Ils vont d’abord se détester, Ally considérant Ben comme le Scrooge de service, avant de changer progressivement d’avis l’un sur l’autre. Le rapprochement se fait en douceur, avec pudeur et forces maladresses. Ben est dans la retenue à cause de sa nièce Astrid, qu’il considère comme sa fille depuis qu’il en a reçu la garde intégrale : il ne souhaite pas faire entrer une femme dans sa vie qui pourrait potentiellement partir. Quant à Ally, elle se fourvoie sur la vie sentimentale de Ben et se pose énormément de questions sur son avenir personnel. Les deux jeunes gens se tournent autour mais doutent. Seul un petit coup de pouce du destin, nommé Astrid, pourrait les inciter à débloquer leurs peurs pour avancer ensemble.

À côté de cette histoire d’amour naissante, on découvre une belle leçon de vie, d’entraide et d’espoirs, avec toute une communauté qui se regroupent autour d’un même but : maintenir le refuge ouvert et trouver une famille pour l’ensemble de ses occupants. Des chiens, il y en a douze – si on ne compte pas les futurs bébés attendus par Dolce. Chacun est très différent, décrit précisément par Lizzie Shane, qui s’emploie à donner le plus de profondeur à ses personnages à poils. J’ai ressenti beaucoup de compassion et d’amour pour ces petites bêtes, recueillies par un couple de personnes âgées aimantes, aux petits soins pour elles. De l’attention et beaucoup d’amour donné qui est parfaitement rendu par les chiens. Une belle manière de faire passer un message aux lecteurs : faites attention à vos animaux, ils ont un coeur et ressentent des émotions, ne les abandonnez pas !


Une belle romance de Noël comme on les aime, féerique et remplie d’amour humain et canin : l’idéal pour les fêtes de fin d’année !

Ma note : 8/10

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ISBN : 978-2-8098-4153-4
Traduction : Catherine Duras

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Sous un ciel écarlate


Sous un ciel écarlate de Mark Sullivan
595 pages, éditions Pocket


Résumé : En 1943, Pino Lella est un jeune Italien comme les autres : il aime la musique, les filles, et ne veut pas entendre parler de la guerre ni des nazis. Mais le temps de l’innocence prend fin lorsque l’appartement familial est détruit par un raid des Alliés sur Milan. Pino entre alors dans la clandestinité en rejoignant un réseau qui aide les Juifs à passer en Suisse. Il y rencontre Anna, jolie veuve de six ans son aînée, dont il tombe follement amoureux.Mais les parents de Pino l’obligent bientôt à s’enrôler dans l’armée allemande, pensant le mettre ainsi à l’abri. Blessé, il devient à dix-huit ans le chauffeur du bras droit d’Hitler en Italie puis, rapidement, espion pour les Alliés. Dès lors, Pino ne cesse de se révolter face aux horreurs de la guerre et de courir tous les dangers pour l’amour d’Anna.Basé sur l’histoire véridique d’un héros oublié, ce roman est une ode au courage et à la résilience.


Extraits : « L’existence reste pour moi un étonnement permanent. On ne sait jamais ce qu’il va se passer, ce qu’on va voir, qui va entrer dans notre vie ou qui va en sortir. La vie est un changement perpétuel. Et à moins d’être capable d’en apprécier le comique, le changement est presque toujours un drame, voire une tragédie. Après tout, même quand le ciel devient écarlate et menaçant, je reste convaincu que si on a la chance d’être en vie, il faut être reconnaissant pour le miracle de chaque instant, chaque jour, quels que soient les problèmes.t. »

« Être jeune et amoureux. C’est remarquable qu’une telle chose puisse arriver en pleine guerre. La preuve que la vie vaut la peine d’être vécue, malgré toutes les horreurs que nous avons subies. »


Mon avis : J’ai terminé ce livre le mois dernier, mais j’en garde un très bon souvenir. L’histoire se déroule en Italie durant la seconde guerre Mondiale. Pino Lella, notre héros de dix-sept ans, est un adolescent banal, qui va tomber fou amoureux d’une jeune fille qui l’obsédera durant des années. Malheureusement, la guerre va venir entacher ces beaux jours. Pino va se retrouver passeur d’hommes jusqu’en Suisse puis chauffeur du général Leyers, l’un des bras droit d’Hitler. Cette position centrale aux côtés d’un des décideurs de l’armée allemande va lui permettre de collecter des informations cruciales, qu’il va dispatcher auprès du réseau de clandestins auquel il appartient.

J’ai adoré le personnage de Pino. C’est un jeune homme extrêmement courageux et très humain, qui effectue de nombreuses actions héroïques pour venir en aide aux autres. Il n’hésite pas à se mettre en danger, parfois dans des situations périlleuses, pour nourrir ses convictions et apporter sa pierre à l’édifice. C’est sa manière de combattre. Contre son gré, malgré les regards courroucés de ses proches et la haine qu’il perçoit dans les yeux de ceux qui le regardent, Pino est obligé de porter un brassard avec une croix gammée et il doit faire face à la barbarie des nazis, à la déportation, à l’esclavagisme, aux exécutions injustifiées.

Ce qui le fait tenir ? L’amour qu’il éprouve pour Anna, une jeune fille croisée au hasard d’une rue plusieurs mois plus tôt, qu’il a retrouvé dans la maison du général Leyers, où elle travaille comme gouvernante. Pino et Anna vivent une histoire d’amour pleine de douceur, de tendresse, de pudeur. Comme l’écrit si justement Mark Sullivan : « c’est remarquable qu’une telle chose puisse arriver en pleine guerre. La preuve que la vie vaut la peine d’être vécue, malgré toutes les horreurs que nous avons subies. » Cette touche d’amour et d’espoir d’une vie heureuse dans ce monde ravagé par la guerre.

J’ai été très émue par cette lecture. Toutes les horreurs qui entourent la seconde guerre mondiale sont bien connus, mais revoir tous ces gens sacrifiés pour des causes injustes, toutes ces actions de barbarie envers les juifs, me font beaucoup de peine à chaque fois. Hormis ce contexte, et sans vouloir vous dévoiler des éléments qui pourraient vous ôter toute surprise, je peux seulement vous dire qu’il faut avoir un cœur de pierre pour rester insensible face à certains passages, notamment ceux qui concernent le couple Pino et Anna. J’avais le cœur gros, les larmes au bord des yeux.


Un roman historique fort et émouvant, où l’on vit la seconde guerre Mondiale à travers le prisme des yeux de Pino, un jeune garçon courageux, investi dans la résistance clandestine. 

Ma note : 7,5/10

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ISBN : 978-2-266-31367-4
Traduction : Sylvie Cohen

L’année de grâce


L’année de grâce de Kim Liggett
467 pages, éditions Gallimard jeunesse, collection Pôle Fiction, à 8,70€


Résumé : Celles qui survivront ne seront plus jamais les mêmes.
« Personne ne parle de l’année de grâce. C’est interdit.
Nous aurions soi-disant le pouvoir d’attirer les hommes et de rendre les épouses folles de jalousie. Notre peau dégagerait l’essence pure de la jeune fille, de la femme en devenir. C’est pourquoi nous sommes bannies l’année de nos seize ans : notre magie doit se dissiper dans la nature afin que nous puissions réintégrer la communauté.
Pourtant, je ne me sens pas magique.
Ni puissante. »
Un an d’exil en forêt.
Un an d’épreuves.
On ne revient pas indemne de l’année de grâce.
Si on en revient.


Extraits : « Le mariage n’a rien d’un privilège à mes yeux. Le confort n’apporte pas la liberté ; ses chaînes moelleuses seront toujours des chaînes. »

« Elles appellent cela de la magie.
Moi, j’appelle cela de la folie. »


Mon avis : Quelle claque ! J’ai été charmée par cette dystopie enivrante, à l’histoire originale et particulièrement passionnante. Le prodige est encore plus louable lorsque l’on sait que L’année de grâce est le premier roman de Kim Liggett.

Tierney est une jeune adolescente qui entre dans son année de grâce. Chaque année, pendant un an, des jeunes filles sont obligées de se retirer dans un camp excentré au fin fond de la forêt et de vivre dans des conditions précaires dans le but de retirer toute la magie qui sommeille en elles. A l’issue, toutes celles qui auront surmonté ces épreuves pourront retourner au comté, épouser leurs promis pour celles qui ont été choisies, ou partir travailler pour les autres.

Cette dystopie est extrêmement bien amenée, puisqu’elle permet de pointer du doigt insidieusement des pratiques fâcheuses et de dénoncer une société parfois un peu trop branlante. Ici, les femmes sont clairement asservies et désignées comme le sexe faible. Elles existent et vivent uniquement pour procréer et servir d’esclaves aux hommes. Elles sont choisies par un mari qu’elles n’ont pas voulu, elles sont privées d’éducation, elles doivent se plier aux règles exigées par leurs pères et par le comté, sans jamais avoir leur mot à dire sur les décisions qui sont prises. Enfin, traitées comme des hérésies par des fanatiques religieux, une véritable chasse aux sorcières est mise en place, comme au temps de l’Inquisition. Elles doivent fuir les braconniers, qui attendent patiemment de les capturer pour récupérer leurs organes, soi-disant aphrodisiaques et pleins de vertus.

Tierney, surnommée « Tierney la Terrible » est une femme avant-gardiste et clairvoyante vis-à-vis de la situation dans laquelle elle est. Elle ne croit pas aux histoires de magie et entend convaincre les autres filles du groupe qu’elles ne doivent pas croit tout ce qu’on leur raconte. Malheureusement, instrumentalisées depuis leur plus jeune âge, il est difficile de les convaincre du contraire.

L’année de grâce est un roman assez noir, où la violence est souvent présente. Les tensions apparaissent et s’accentuent entre le groupe de filles, à coup de harcèlement physique et verbal ou de jalousie. Coupées de tout contact avec le reste du monde et en particulier avec le sexe masculin, dit le sexe fort, elles doivent se débrouiller seule pour survivre. Aussi, elles mettent en place des règles absurdes, celles-là même qu’on leur a enseignées depuis leur plus jeune âge et n’hésitent pas à rabaisser, torturer et s’opposer les unes aux autres au lieu de s’entraider. J’ai parfois été touchée et en colère devant le comportement de certaines filles devant d’autres plus faibles, sans voir jamais apparaître ne serait-ce qu’un semblant d’humanité, ou de cœur, tout simplement. Moquées sur leur physique, mise intentionnellement à l’écart, victimes de chantage pour intégrer le groupe… c’est ce qui s’apparente au harcèlement du XXIème siècle, celui dont on entend tant parler dans les médias et qui accroît de jour en jour.

Seules lumières d’espoir dans ce monde bien noir : les fleurs, qui éclosent à intervalles réguliers et contribuent à apporter des messages forts à qui saura les déchiffrer. L’amour apporte également un semblant de luminosité parmi toute cette cruauté. Avant son départ, pendant la cérémonie des voiles, Tierney a été choisie comme femme par son meilleur ami, Michael, alors qu’elle ne le souhaitait pas. Autonome, mais surtout fière d’être libre, de pouvoir décider de sa vie, de son corps et de son destin, elle ne souhaitait pas appartenir à un homme, quel qu’il fût. Enfin, une histoire d’amour inattendue mais particulièrement romantique naîtra sous nos yeux de lecteurs émus.

Beaucoup assimilent ce livre à La servante écarlate de Margaret Atwood, qui dépeint un monde gouverné par des fanatiques religieux dans lequel les femmes sont devenues des esclaves, obligées de procréer sous peine de mourir. La servante écarlate, tout comme L’année de grâce, peuvent être décrits comme des romans féministes, qui nous amènent à réfléchir sur la place de la femme dans notre société, sur les liens qu’elles nouent entre elles ainsi que sur la liberté individuelle et collective qui nous est donnée.


Une dystopie féministe impactante et émouvante, qui nous propulse dans un univers inédit, où la violence côtoie l’amour, l’asservissement rencontre la liberté, le harcèlement fait front à l’entraide. Un roman qui donne à réfléchir sur la condition de la femme et sa place dans la société : j’ai adoré !

Ma note : 9/10

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ISBN : 978-2-07-516470-2
Traduction : Nathalie Peronny

Un bon jour pour mourir


Un bon jour pour mourir de Jim Harrison
222 pages, éditions 10/18


Résumé : La merveilleuse histoire d’une virée fantastique à travers l’Amérique des années 60 ! Un trio inoubliable, très Jules et Jim, prend la route, entre un joint, deux cuites et trois parties fines, pour s’en aller faire sauter un barrage du côté du Grand Canyon du Colorado.
Selon Michel Lebrun, si ç’avait été un polar, ç’aurait été le meilleur de l’année. En tout cas, on n’oubliera pas de sitôt les aventures savoureuses et les portraits tendres de ces trois héros que Jim Harrison dépeint dans le style flamboyant qui est sa marque.


Extraits : « Le bonheur est à portée de main, quand on est à moitié ivre. Tout devient possible sur cette terre. A vous l’amour, l’intelligence, les gros poissons et le succès. »

« Quand on a cessé d’aimer quelqu’un mais qu’on est toujours très accroché, alors on commence à le maltraiter. »


Mon avis : Je ne connaissais pas du tout Jim Harrison, mais une chose est sûre : je ne souhaite pas le connaître davantage. J’ai acheté Un bon jour pour mourir tout à fait au hasard, sans vraiment savoir à quoi m’attendre, j’ai commencé ma lecture sans a-priori, mais je l’ai terminée totalement déçue.

L’auteur nous raconte l’épopée aventureuse d’un trio improbable à travers l’Amérique des années 1960. La joyeuse bande est composée de trois personnages atypiques, un vétéran du Viet-nam, un pêcheur passionné et une femme pulpeuse, qui font route vers le Grand Canyon, dans l’idée de dynamiter un barrage pour permettre aux truites de remonter le courant.

Je me suis vraiment ennuyée. Je pense sincèrement que ce livre a eu un franc succès lors de sa sortie dans les années 1990, mais qu’il a très mal vieilli. Le trajet vers le but final est interminable, bien que l’auteur semble avoir tenté d’y ajouter quelques scènes de rebondissements… mais la mèche n’a pas pris avec moi.

Enfin, en plus d’une histoire bancale, j’ai trouvé les personnages sans réel grand intérêt, creux, vides et exaspérants au possible. Tim est accro à la drogue et à la boisson, il semble constamment éméché, désorienté, totalement à l’ouest et dénué d’intelligence et de bon sens, tant et si bien que ça en était agaçant. Le second, notre protagoniste, est amoureux de Sylvia, la seule femme du trio, qui le rejette, puisqu’elle-même est amoureuse de Tim, qui la délaisse totalement. Autant dire que le voyage est saupoudré d’une tension sexuelle constante, avec certaines scènes qui peuvent heurter la sensibilité des plus jeunes ou des non avertis.


Sexe, alcool, drogue… Un road-trip américain aux scènes vulgaires, aux personnages grossiers, que j’ai trouvé dénué d’intérêt. Je suis allé jusqu’au bout de ma lecture, bien que celle-ci fût interminable. Passez votre chemin !

Ma note : 1/10

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ISBN : 2-264-02500-X
Traduction : Sara Oudin

Frère noir, noir de frère


Frère noir, noir de frère de Jewell Parker Rhodes
250 pages, éditions Hachette romans, à 17€


Résumé : Donte, douze ans, aimerait parfois être invisible. Disparaître loin de son école. Loin d’Alan, le « Roi » du club d’escrime, qui le harcèle. Loin des professeurs et du directeur qui l’accusent en permanence, en raison de sa couleur de peau. Et ce, bien qu’il soit innocent. Après une énième accusation, Donte est embarqué par la police. Effrayé et apeuré, le jeune garçon ne sait plus vers qui se tourner. Même son frère Trey, plus clair de peau que lui, ne trouve pas les mots pour l’aider. À la recherche d’un endroit où il aurait enfin sa place, Donte finit par rejoindre un club d’escrime, bien loin de celui de son école privée. Il est bien décidé à montrer à Alan et aux autres que, lui aussi, mérite le respect. « Je ne peux pas faire mes preuves face au monde entier. Mais je peux l’affronter. Faire cesser son manque de respect. Lui montrer qu’il ne m’achèvera pas. Parce qu’il n’est pas meilleur que moi. »


Extraits : « – En sport, c’est toujours moi qu’on siffle pour des fautes que je n’ai pas commises. Mais jamais personne ne se fait siffler quand je suis victime d’une faute.
Mes mains se serrent, se desserrent.
– Tout le monde me harcèle. Les profs. Les élèves. Je suis poursuivi par des murmures, des cris. On dirait toujours que quelqu’un a quelque chose de mal à me dire : « Tu t’habilles comme une racaille. » « Tes dreadlocks sont moches. » Les filles se moquent de moi, me montrent du doigt. « Pourquoi tu ne peux pas être comme ton frère ? » « Il arrive à te trouver dans le noir ? » C’est blessant. »

« La rapidité, l’intelligence, peuvent mener à la victoire, mais la patience est la clé de voûte. Marche ! »


Mon avis : Donte a douze ans, c’est un petit garçon comme les autres, à une exception près : il a la peau noire. Une différence qui est constamment pointée du doigt par ses camarades et qui lui vaut d’être moqué, humilié, harcelé et très souvent injustement accusé de faits qu’il n’a pas commis. Donte est en particulier la cible d’Alan, un garçon blanc, chef de l’équipe d’escrime, qui passe son temps à le brimer et à le traiter de « Frère noir, noir de frère ». Car Donte est issu d’une famille biraciale, c’est-à-dire que sa mère a la peau noire, tandis que son père est blanc. Une différence qu’il subit au quotidien, avec son frère, Trey, qui a hérité de la blancheur de son père. Ce dernier est plutôt populaire à l’école, aimé, admiré, il essaie tant bien que mal de protéger son petit frère et de faire changer les mentalités… en vain. Jusqu’au jour où Donte est une nouvelle fois accusé d’un méfait infime, qui le renvoie dans le bureau du directeur, puis directement traîné par des officiers de police en cellule. Une honte indescriptible, d’autant que Donte est totalement innocent. Le jeune homme va tenter de se venger de la meilleure des manières : en changeant les mentalités.

Pour être tout à fait honnête, j’ai trouvé que Frère noir, noir de frère commençait mal. La scène où Donte, qui n’est encore qu’un enfant, à douze ans seulement, est emmené par la police sur un simple coup de téléphone du directeur d’établissement, est totalement invraisemblable. Je veux bien que les lois soient sans doute plus dures aux Etats-Unis, mais de là à accuser, sans preuve, aussi injustement, un petit bonhomme, sous prétexte de sa couleur de peau… je trouve ça insensé ! De plus, je n’ai pas saisi la subtilité qui résultait du titre du récit, également repris comme insulte à plusieurs reprises dans le corps du texte, « Frère noir, noir de frère ». Dans ma grande naïveté, je ne comprends pas où est le mal et je pense sincèrement que la traduction française a amoindrie la signification de cette expression. Heureusement, la suite du roman est plus crédible.

Jewell Parker Rhodes souhaite ajouter sa pierre à l’édifice pour faire changer les mentalités et la vision du monde sur les personnes de couleur noires. Elle le fait à travers le sport, qui prône de belles valeurs d’entraide, de solidarité, de fair-play, de cohésion, d’internationalisation… On sait que la discrimination est continuellement présente au quotidien, mais je pense qu’on ne peut pas imaginer à quel point elle peut impacter la vie des personnes directement concernées. Les comportements racistes, les jugements hâtifs, les inégalités et les injustices, sont autant d’éléments qui viennent perturber la vie des personnes de couleurs, et en particulier celle de Donte, douze ans seulement, pourtant élève brillant, intégré à une école prestigieuse et coûteuse.

J’ai quand même trouvé que certains passages s’étiraient en longueurs, avec de nombreuses répétitions, je pense notamment aux séances d’entraînement de Donte, Trey et les jumeaux, que je n’ai pas trouvé pertinents et qui m’ont passablement ennuyé. Mettre l’escrime en avant est quand même sympathique, c’est un sport complexe et complet, qui demande force, vigueur, stratégie, concentration et réflexion, et surtout qui change des sports habituellement mis en lumière.


Un roman jeunesse doté de belles valeurs, qui essaie de faire évoluer les mentalités et met en lumière un sport peu souvent évoqué dans les livres : l’escrime. Bien que l’histoire soit intéressante, la construction narrative ne m’a pas convaincue et manquait de crédibilité à mes yeux.

Ma note : 5,5/10

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ISBN : 978-2-01-716018-2
Traduction : Brigitte Hébert