Blackout à New York


Blackout à New York de Dhonielle Clayton, Tiffany D. Jackson, Nic Stone, Angie Thomas, Ashley Woodfolk et Nicola Yoon
318 pages, éditions Nathan


Résumé : Quand la lumière s’éteint, les cœurs s’allument…
Un été caniculaire à New York – et voilà qu’une gigantesque panne d’électricité plonge toute la ville dans le noir. Mais tandis que la confusion règne, c’est un autre genre d’étincelles qui vient illuminer l’obscurité…
Des inconnus que le hasard réunit. Des amis de longue date. Des ex forcés de cohabiter. Dans le noir, plus la peine de tricher, chacun peut révéler sa vérité, ses sentiments. L’amour s’expose, l’amitié se transforme.
Tammi, JJ, Nella, Lana, Kayla, Seymour… De Manhattan à Brooklyn, les pas de ces adolescents noirs se croisent, s’éloignent et se rejoignent dans la ville bloquée, brillant comme autant de flammes.


Extraits : « Mais d’un coup, je décide qu’on ne peut pas être courageux si on n’a pas un peu peur. »

« Si je suis pas capable de m’aimer et de m’accepter tel que je suis, comment je pourrais m’attendre à obtenir ça des autres ? »


Mon avis : Six auteures américaines se sont regroupées pour écrire des nouvelles autour d’une base commune : une panne d’électricité survient en plein été à New York. C’est la débandade. Dans tout ce chaos, plusieurs jeunes noirs vont se rencontrer, se rapprocher et passer une des plus belles soirées de leur vie. À travers le noir crépusculaire apporté par la panne, de belles lumières vont s’allumer dans les coeurs de nos protagonistes. Un fil rouge qui va donner lieu à six interprétations différentes de l’histoire. Parmi ces six auteures, certaines ne vous sont certainement pas inconnues. Je pense notamment à Angie Thomas et Dhonielle Clayton, qui sont particulièrement connues pour leurs romans jeunesses qui mettent en scène de jeunes protagonistes noirs et prônent le vivre-ensemble, l’intégration et la diversité.

Blackout à New York met en scène exclusivement des personnages noirs. D’ailleurs, la note de début le précise, ce livre est dédié « à tous les jeunes Noirs du monde : vos joies, vos histoires, votre amour et vos vies comptent. Vous êtes une lueur d’espoir dans l’obscurité. » Pour être tout à fait franche, je me suis sentie instantanément exclue en lisant ce préambule, puisque je pensais que ce livre pouvait être une propagande pro-noir et anti-blanc. Mais que nenni ! On y retrouve donc des personnages noirs, chose assez rare dans les romans, qui vont vivre une nuit exceptionnelle, remplie d’émotions et de beaucoup d’amour. Le but de ce récit n’est pas de pointer du doigt le racisme, la violence et toutes les formes de ségrégations qui peuvent exister envers les personnes noires, mais bien de montrer qu’elles sont exactement comme les autres et qu’elles aussi vivent des histoires d’amour similaires aux personnes blanches. De surcroît, les auteures ne se contentent pas de mettre en scène des couples hétérosexuels, mais elles écrivent aussi autour de couples homosexuels et même bisexuels : j’espère que la diversité des attirances sexuelles, couplée à des personnes de couleurs, va ouvrir la conscience et l’esprit de certains lecteurs.

Sur le moment, j’ai été conquise par les différentes histoires qui naissent sous nos yeux. On ne peut qu’être touchés par les sourires et les gestes tendres, la pudeur de nos jeunes protagonistes, les premiers émois, les doutes qui les assaillent… mais les nouvelles étant ce qu’elles sont, c’est-à-dire très courtes, cela ne nous laisse absolument pas le temps de nous attacher aux personnages. Aussi, on voit certains couples se former, sans pour autant savoir qui ils sont, ce qu’ils ont traversé et ce qu’ils vont devenir. C’est bien dommage, car certains auraient mérités d’être développés.


Un roman choral à 12 mains, qui met en scène des personnages exclusivement noirs, qui vont vivre de jolies histoires d’amour. Des nouvelles lumineuses, qui prônent la tolérance et le vivre-ensemble. Elles auraient méritées d’être développées individuellement.

Ma note : 6,5/10

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ISBN : 313-309-223695-2
Traduction : Nathalie Bru et Lucie Calmanovic-Plescoff

Chasse à mort


Chasse à mort de Dean Koontz
574 pages, éditions Archipoche, à 8,95€


Résumé : Deux créatures s’échappent d’un laboratoire scientifique dont le programme de recherches ultra-secrètes est centré sur les manipulations génétiques. L’un de ces cobayes, un retriever, chien intelligent et sensible, est recueilli par Travis Cornel, ex-membre de la Delta-Force. L’autre cobaye, le plus dangereux, aussi sauvage que sanguinaire, aussi intelligent qu’agressif, recherché par les services secrets, ne pense, lui, qu’à une chose : retrouver Einstein le retriever et le tuer. La traque commence : d’un côté, un tueur hors du commun, de l’autre, fuyant, un retriever, un homme et une femme.
Thriller haletant, roman d’action où la poursuite, la violence, le suspense, l’humour et l’horreur débouchent sur une happy end, Chasse à mort séduira tous les publics, ceux qui ont aimé Cujo, mais aussi ceux qui ont aimé E.T. et qui croient au triomphe de l’intelligence et de l’amitié


Extraits : « Il y a deux catégories de personnes, les chats et les souris. Les chats vont où ils veulent, font ce qu’ils veulent, prennent ce qu’ils veulent. Ils sont agressifs et autonomes de nature. Les souris, elles, n’ont pas pour deux sous d’agressivité. Elles sont vulnérables, douces et timorées, elles gardent la tête baissée et acceptent ce que la vie leur donne. Toi, tu es une souris. Ce n’est pas si mal que ça. Les souris peuvent être parfaitement heureuses. Elles n’ont pas des vies aussi mouvementées que les chats, mais elles vivent beaucoup plus longtemps et ont beaucoup moins d’ennuis. »

« L’amour, c’est l’eau et le soleil qui font fleurir la plante. »


Mon avis : Dean Koontz est un auteur de fictions à suspense que j’ai pu découvrir à travers ses romans fantastiques : Dark Web ou La chambre des murmures. Pour cette nouvelle découverte, le titre « Chasse à mort » donne déjà le ton du récit : l’histoire sera noire et sanguinolente.

Deux bêtes se sont échappées du laboratoire d’expérimentations Banodyne. L’une est un retriever affectueux, doté d’une intelligence supérieure qui le place presque au même niveau qu’un humain. Il est capable de comprendre ce qu’on lui dit et d’y répondre. L’autre est surnommé L’Autre justement, c’est une créature monstrueuse, assoiffée de sang et surtout jalouse de la beauté et de l’intelligence du chien. L’Autre part à la recherche du retriever, dans l’espoir de le tuer. Mais le chien est accueilli par Travis Cornell, un ex-membre de la Delta Force, terrassé par son quotidien monotone et déprimant. Par l’intermédiaire du chien, il va faire la rencontre de Nora, une jolie jeune femme solitaire, avec qui il va se lier rapidement. Ensemble, ils vont découvrir progressivement les capacités intellectuelles du chien, renommé Einstein. Mais le chien est en danger, puisque le gouvernement, financeur secret des recherches, sont prêts à tout pour remettre la main sur les deux créatures.

Comme dans ses précédents titres, les chapitres sont courts, ce qui donne un certain rythme au récit, avec une tension palpable et constamment croissante. Cette tension est accentuée par l’alternance des narrations, partagées entre Travis, le tueur à gage et Lemuel Johnson, parti à la recherche des deux bêtes. La course poursuite est lancée, chacun ayant en vue la même cible – le chien – mais pour des raisons différentes : la vengeance, le pouvoir et l’argent.

J’ai beaucoup aimé le trio Travis – Nora – Einstein, tout en simplicité et en émotions. Ils sont émouvants dans leur façon de vivre, de se comporter, de s’attendrir, de s’attacher et de se protéger les uns les autres. Ils forment une véritable famille, solide, sincère, chaleureuse et aimante. Ils se sont sauvés les uns des autres et c’est ce qui fait véritablement leur lien. Einstein a été recueilli par Travis alors qu’il s’enfuyait du laboratoire et tentait d’échapper aux griffes de l’Autre ; Travis a été sauvé par Einstein alors qu’il broyait du noir et souhaitait mettre fin à ses jours ; Nora a été révélée au monde par Travis et Einstein, alors qu’elle vivait recluse, en marge de la société, de surcroît victime de harcèlement et de viol par un énergumène tout à fait ignoble.

L’histoire est prenante, elle mélange polar, science-fiction et fantastique, mais elle n’est pas que fictive, puisqu’on peut y voir des réflexions plus poussées sur la science en général et  les expériences réalisées sur les animaux et leurs conséquences. Si on pousse encore plus loin la réflexion, on peut se questionner sur la conscience des animaux, leur capacité d’absorption et d’intelligence.


Un polar fantastique sombre à la tension constante, qui raconte l’aventure originale et surprenante d’un chien doté de capacités intellectuelles égales à celles de l’homme. Improbable, mais bien amené.

Ma note : 7,5/10

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ISBN : 978-2-37735-965-3
Traduction : Évelyne Châtelain

Canada


Canada de Richard Ford
499 pages, éditions Points, à 8,30€


Résumé : « D’abord, je vais vous raconter le hold-up que nos parents ont : Commis. Ensuite les meurtres, qui se sont produits plus tard. »
Great Falls, Montana, 1960. Dell Parsons a 15 ans lorsque ses parents braquent une banque, avec le fol espoir de rembourser un créancier menaçant. Mais le hold-up échoue, les parents sont arrêtés. Del doit choisir entre la fuite et l’orphelinat. Il traverse la frontière et trouve refuge dans un village du Saskatchewan, au Canada. Arthur Remlinger, le propriétaire d’un petit hôtel, le prend alors à son service. Charismatique, mystérieux, Remlinger est aussi recherché aux États-Unis. C’est la fin de l’innocence pour Dell. Dans l’ombre de Remlinger, au sein d’une nature sauvage et d’hommes pour qui seule compte la force brutale, il cherche Son propre chemin. Canada est le récit de ces années qui l’ont marqué à jamais.


Extraits : « Je l’ai expliqué bien des fois, ce poème, dans ma vie de professeur, et je me dis que c’est ainsi qu’elle voyait les choses : imparfaites, et pourtant vivables. Changer de vie, changer la vie, ça aurait été faire injure à la vie, et à soi-même – trop radical. »

« Quand on se met à réfléchir aux raisons qui peuvent pousser deux êtres raisonnablement intelligents à dévaliser une banque et à rester ensemble après que l’amour s’est délité, évaporé, on trouve toujours des raisons de ce genre, des raisons qui, rétrospectivement, ne tiennent pas debout, et doivent s’inventer. »


Mon avis : Dell et sa sœur jumelle Berner, vivent un quotidien d’adolescents tout ce qu’il y a de plus banal. Ils habitent un quartier modeste de Great Falls, Montana, aux États-Unis, aux côtés de leurs parents, Neeva, institutrice et Bev, militaire retraité. Rien ne prédestinait cette famille d’apparence tranquille à connaître un bouleversement conséquent. Et pourtant… miné par des problèmes d’argent suite à une transaction illégale opérée entre Bev et des gens peu scrupuleux, ce dernier a l’idée saugrenue de rembourser ses dettes en braquant une banque. Il demande à sa femme de l’aider dans cette entreprise peu commune. Malgré un mariage bancal et des sentiments depuis longtemps étiolés, Neeva accepte d’épauler son mari dans cette tâche hasardeuse. Leur braquage n’est qu’un modeste succès : ils dérobent seulement 2000 dollars, mais arrivent à passer entre les mailles de la sécurité et à rentrer paisiblement chez eux retrouver leurs enfants. Néanmoins, les jours suivants, des hommes les suivent à la trace. Ils se font finalement arrêter, sous les yeux ébahis et interrogateurs de Dell et Berner. Avant d’être embarquée par les policiers, Neeva avait planifiée la fuite de ses enfants en lieu sûr, pour éviter qu’ils ne se retrouvent aux mains des services sociaux. Pour eux, une nouvelle vie va commencer : direction le Canada !

Le Canada, deuxième plus grand pays du monde en superficie, autant admiré pour ses magnifiques paysages que redouté pour ses hivers très froids. Dell et Berner vont avoir l’opportunité et/ou l’inconvénient de recommencer leur vie du début, loin des racontars qu’ils entendent. Nouveau pays, nouvelles coutumes et traditions, nouveaux repères, nouvelles connaissances… la chose n’est pas aisée, d’autant qu’ils doivent en même temps se reconstruire psychologiquement suite au choc brutal vécu par l’arrestation de leurs parents. Comment se remettre de ces changements ? Quand et comment retrouver le bonheur ? 

Là-bas, ils sont attendus par Arthur Remlinger, un personnage énigmatique et mystérieux, froid et distant, qui ne laisse rien transparaître de ses émotions ou de son histoire personnelle. A la tête d’un hôtel, il semblerait qu’Arthur ait fuit l’Amérique pour se cacher au fin fond d’une bourgade du Canada, où il s’ennuie terriblement. Quels sombres secrets cache-t-il ? Ce personnage, que je n’ai pas compris, ne va absolument pas aider à la reconstruction et à l’apaisement. Je peux faire le même constat pour notre protagoniste Dell, que j’ai trouvé totalement effacé. Il se laisse balloter sans jamais se rebeller, acceptant sa pauvre condition sans chercher à l’améliorer. Dell m’a fait beaucoup de peine, tout en m’agaçant terriblement.

L’histoire est sympathique, le voyage immersif intéressant, mais ça s’étire quand même un peu trop en longueurs. Il ne se passe quasiment rien durant l’intégralité du récit : pas d’action à proprement parler, uniquement des scènes de vie, des réflexions psychologiques et autres interrogations, des descriptifs très précis des lieux ou des émotions traversées par Dell, notre narrateur. Le rythme est lent, monotone, certains passages sont inutiles et ajoutent seulement de la lourdeur au récit. Les descriptifs des paysages américains puis canadiens sont bien développés et permettent une immersion facilitée dans ces deux pays si lointains pour moi. On se retrouve facilement dans les années 60, entouré de paysages désertiques, on ressent la moiteur, la désertification, la sensation de solitude face aux grands espaces. Je pense que c’est l’une des raisons qui ont permis à Canada de recevoir le prix Femina du roman étranger en 2013. Je ne remets pas en cause la décision des jurées (puisque le prix est remis par un comité de femmes), mais je pense que bien d’autres romans étrangers auraient été plus à même de recevoir ce prix.


Une narration lente, monotone, parfois répétitive, qui nous raconte pourtant des scènes de vie extraordinaires dans un style peu exceptionnel. Un roman réflexif, intéressant, qu’il faut sans doute prendre le temps de savourer, mais que j’oublierais bien assez vite. 

Ma note : 5,5/10

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ISBN : 978-2-7578-4524-0
Traduction : Josée Kamoun

Tokyo forever


Tokyo forever de Emiko Jean
333 pages, éditions Nathan, à 16,95€


Résumé : Une princesse illégitime et un garde du corps, mille possibilités…
Izumi Tanaka, 17 ans, vit seule avec sa mère sous le soleil de Californie. Jusqu’au jour où elle découvre que son père n’est autre que… le prince du Japon ! Lorsque les paparazzi ont vent de l’affaire, ils la propulsent en une des journaux : une princesse illégitime, quel scandale !
Izumi s’envole pour Tokyo afin de rencontrer sa nouvelle famille. Entre le protocole royal à apprendre, des cousines jalouses, la presse qui la suit partout et un garde du corps particulièrement séduisant, la nouvelle princesse va de surprise en surprise…
Une comédie romantique à lire dès 13 ans.


Extraits : « C’est étrange de réaliser que vos parents ont eu une vie avant vous. Vous allez me trouver narcissique, mais, comme beaucoup, j’ai tendance à croire que le monde n’existait pas avant ma naissance. Genre : C’est bon, Izzy est arrivée, la Terre peut commencer à tourner. Ça doit être un réflexe d’enfant unique. Ou alors, ma mère m’aimait si fort qu’elle m’a transmis cette impression. »

« On ne prend conscience de ce qu’on possède que lorsqu’on en est privé. »


Mon avis : Izumi Tanaka est une jeune adolescente qui vit aux États-Unis avec sa mère. Entourée de sa bande de copines, surnommées les GFA, elles découvrent un beau jour une mystérieuse dédicace pour la mère d’Izumi, signée d’un nom japonais. Très intriguées, les filles vont faire des recherches avant de se rendre compte qu’il d’une dédicace écrite par le prince du Japon. Interrogée par sa fille, la mère d’Izumi va finalement lui avouer avoir eut une aventure éphémère avec cet homme bien des années avant… qui n’est autre que le père d’Izumi. La jeune fille va vouloir prendre contact avec son père, qui l’invite une quinzaine de jours au Japon. Propulsée seule dans un pays qui lui est inconnu, avec des traditions et une langue qu’elle ne maîtrise pas, Izumi est, de surcroît, face à une vie fastueuse, entourée de paparazzis qui ne cessent de la reluquer et de la poursuivre, escortée par un garde du corps séduisant. Car maintenant, Izumi devient officiellement une princesse.

Vous l’aurez compris, ce n’est pas de la grande littérature, mais un roman jeunesse divertissant, qui permet de se détendre, de souffler et de passer un moment distrayant et amusant aux côtés d’une protagoniste sympathique. Pour tout esprit pragmatique, l’histoire manque cruellement de réalisme, tout se déroule trop parfaitement bien, avec aisance, sans complication, comme si tout était prémédité… mais il s’agit bel et bien d’un roman, à destination des jeunes, en particulier des jeunes filles, pour les faire rêver d’une vie de princesse le temps d’une histoire.

Car Izumi hérite d’une vie qu’elle-même n’aurait jamais pu rêver d’avoir, dans un pays qui lui est inconnu, où elle devra s’adapter rapidement au risque qu’une image négative ou dérangeante d’elle et de la famille royale soit rendue publique. En plein rêve éveillé, Izumi va également s’éprendre de son garde du corps, le jeune et beau Akio, présent constamment à ses côtés, bien que souvent en retrait dans l’ombre pour ne pas la gêner. Mais cet amour est presque impossible, puisque Izumi est maintenant une princesse d’un rang élevé et elle ne peut pas s’amouracher d’un garde du corps de bas étage. C’est une histoire vouée à l’échec, presque un déshonneur, des sentiments que personne ne pourrait tolérer. Une romance agréable à suivre, qui va naître doucement sous nos yeux, va s’épanouir et mûrir, avant que les terribles lois sociales viennent gâcher ce moment divin. Du bonheur aux pleurs, il n’y a qu’un pas. Même quand on est une princesse.

Les difficultés ne s’arrêtent pas là. Izumi est vite dépassée par les événements. Elle doit apprendre un savoir-faire et un savoir-être qu’elle ne connaissait absolument pas avant de débarquer au Japon : comment manger, comment se présenter, quels sujets aborder ou ne pas aborder avec telle ou telle personne… chaque échec peut avoir une conséquences désastreuses. D’autant que la jeune fille est épiée par l’ensemble de sa nouvelle famille, mais aussi des domestiques et pire encore, des journalistes, prêts à dégainer le scoop qui leur fera vendre un maximum de titres et donc rapporter un maximum d’argent. Izumi devra également faire face à ses deux nouvelles cousines, qu’elle surnomme les Jumelles Resplendissantes, qui la jalousent sans raison. Néanmoins, j’ai trouvé l’attitude d’Izumi particulièrement mature. Du haut de ses 17 ans, elle arrive à gérer cette nouvelle notoriété avec brio, sans toutefois que la célébrité et l’argent ne lui monte à la tête. Elle reste elle-même : une jeune fille maligne, indépendante, fidèle à ses meilleures amies d’Amérique, désireuse de s’instruire et d’apprendre. C’est une héroïne exemplaire et une parfaite princesse en devenir.


Un roman jeunesse sympathique, dans lequel une adolescente américaine veut renouer avec ses origines japonaises et découvre qu’elle est la riche héritière du prince du japon. Avec une dose de romance tout à fait appréciable, cette histoire devrait faire rêver de nombreuses jeunes filles.

Ma note : 7/10

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ISBN : 978-2-09-249325-0
Traduction : Sophie Lamotte d’Argy

Liens de sang


Liens de sang de Karen M. McManus
370 pages, éditions Nathan, à 17,95€


Résumé : Vous ne verrez plus jamais votre famille de la même façon…
Milly, Aubrey et Jonah sont cousins, mais ne se connaissaient pas jusqu’à recevoir une mystérieuse invitation. Pour la première fois, leur grand-mère, richissime, leur propose de passer l’été sur une île dont elle est propriétaire. Ils n’ont qu’une chose en tête : percer à jour les secrets de famille qui ont poussé la vieille femme à déshériter leurs parents. Mais les cousins ne s’attendaient pas à découvrir des meurtres non élucidés… qui menacent de nouveau l’île.


Extraits : « C’est un petit jeu auquel je m’amuse parfois avec mes amies : on met nos robes les plus sobres en forçant sur le maquillage, on se rend dans des bars de restaurants, pour ne pas avoir à montrer nos papiers à l’entrée, on commande de l’eau gazeuse avec une rondelle de citron – « dans un petit verre, s’il vous plaît, je n’ai pas très soif » -, on boit en en laissant un peu au fond et puis on attend, au cas où quelqu’un aurait la bonne idée de nous offrir un cocktail.
Ça marche à tous les coups. »

« Depuis que j’ai débarqué sur l’île, j’ai compris petit à petit ce qu’était ma relation avec Thomas : un truc qu’on aurait dû arrêter quelques mois après avoir commencé en quatrième, dès qu’il s’est mis à me traiter comme quantité négligeable. Si on a continué, c’était uniquement parce que ça avait quelque chose de confortable. Comme une habitude. »


Mon avis : Après Qui ment ? et Se taire ou mourir ?, Karen M. McManus revient sur le devant de la scène avec son dernier roman jeunesse : Liens de sang. Une histoire à l’image des deux précédentes : des jeunes adolescents qui vont être embarqués, malgré eux, au cœur de secrets familiaux, entre révélations et mystères.

Ici, trois cousins, qui ne se connaissaient pas, reçoivent une invitation de leur grand-mère à venir passer l’été sur l’île de Gull Cove dont elle est propriétaire. En froid depuis plus de vingt ans avec ses enfants pour une raison tout à fait inconnue, cette invitation a de quoi surprendre. Malgré tout, les trois adolescents, quelque peu poussés par leurs parents respectifs, se décident à prendre le ferry pour rejoindre l’île. Première rencontre officielle entre Milly, Aubrey et Jonah, qui vont apprendre à se connaître progressivement. Mais ils vont vite déchanter en arrivant sur l’île, puisqu’il semblerait que leur grand-mère ne soit pas l’instigatrice de ce rendez-vous inopiné. Qui a bien pu les convier sur l’île ? Pour quelle raison ?

Comme dans ses précédents ouvrages, Karen M. McManus incorpore une dose de suspense tout à fait délectable, via une mystérieuse enquête qui va tourner autour du silence de la grand-mère. Pourquoi a-t-elle brusquement coupé les ponts avec l’ensemble de ses enfants ? Quel événement tragique s’est-il produit sur l’île vingt ans en arrière ? Qui en est responsable ? Autant de questions qui vont nous hanter jusqu’au dénouement final. Car le rythme du récit en soit est assez lent, avec des passages qui parfois sont superflus et s’étirent trop en longueurs. Tout se met en place doucement, les indices sont disséminés avec parcimonie tout au long de l’histoire et on en apprend plus uniquement dans les dernières pages.

C’est donc avec lenteur qu’on apprend à connaître les trois cousins adolescents. Milly et Aubrey s’entendent immédiatement, comme si les deux jeunes filles avaient passé une bonne partie de leur vie ensemble. Elles peuvent se comprendre sans se parler, se dispensent des conseils, s’épaulent, se consolent et veillent conjointement l’une sur l’autre. A l’inverse, Jonah, le seul garçon, a plus de mal à trouver sa place dans ce trio nouvellement constitué. De nature assez froide, renfermé et solitaire, il est mis à l’écart par les filles, qui n’apprécient pas spécialement son caractère et le lui reproche ouvertement. J’ai trouvé le personnage de Jonah plus développé que celui des filles, qui étaient assez transparentes et interchangeables ; je ne me suis pas attaché spécialement à Milly ou Aubrey et je serais bien incapable de dire laquelle a fait quoi. Néanmoins, ce voyage estival va renforcer leurs liens et c’est ensemble qu’ils vont comprendre pourquoi leur famille s’est déchirée des années plus tôt.


Malgré quelques longueurs, l’intrigue est prenante, l’histoire divertissante, les personnages sympathiques. Ce n’est pas le meilleur livre de l’auteure, mais il se laisse lire quand même.

Ma note : 6,5/10

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ISBN : 978-2-09-249098-3
Traduction : Anne Delcourt