Littérature américaine·Roman

Bon retour à la maison


Bon retour à la maison de Debbie Macomber

333 pages, éditions Charleston, à 19,90€


Résumé : En grandissant, Cassie Carter et ses soeurs, Karen et Nichole, étaient extrêmement proches. Jusqu’à ce qu’un événement les sépare… Après l’université, Cassie a fui sa maison pour épouser un homme mauvais, jetant aux orties ses études et brisant le coeur de ses parents.
À maintenant 31 ans, Cassie est de retour à Washington avec sa fille, espérant laisser son passé derrière elle. Après avoir mis fin à un mariage compliqué, elle tente de reconstruire le puzzle de sa vie. Malgré ses tentatives, elle n’a jamais réussi à faire la paix avec ses soeurs. Karen, la plus âgée, est une femme occupée, entre sa carrière et l’éducation de ses deux enfants. Et Nichole, la plus jeune, est une mère au foyer dont le mari passe tous les caprices.
Mais un jour, Cassie reçoit une lettre de Karen, qui laisse espérer une réconciliation. Et alors que Cassie se permet de croire à l’avenir, en s’excusant auprès de ses soeurs et en trouvant l’amour, elle réalise le pouvoir de la compassion, et la possibilité d’un nouveau départ…
Un merveilleux roman sur la persévérance et la confiance, un voyage excitant à travers les challenges et les joies de la vie.


Extraits  « Qui n’a pas subi de violences conjugales ne peut pas comprendre qu’une victime hésite à témoigner, à mener l’agresseur derrière les barreaux. Il faut être passé par là pour mesurer tout le courage, toute la volonté, toute la ténacité nécessaires pour se tenir face au jury et admettre ce qu’on a enduré. »

« Vous êtes une des femmes les plus fortes que je connaisse. Vous avez échappé à un mariage violent. Vous avez eu le courage de poursuivre votre mari en justice et de l’affronter au tribunal. Ensuite, vous êtes repartie de zéro afin de bâtir une nouvelle vie pour votre fille et vous. À mes yeux, il faut du courage pour faire ça ; il faut être une femme forte. »


Mon avis : C’est toujours un plaisir de lire une romance signée par Debbie Macomber. Je sais que l’histoire sera légère, agréable à lire et toujours remplie de positivité et d’amour,

Bon retour à la maison est une histoire émouvante, qui raconte le dur combat de Cassie pour vaincre les violences conjugales et se reconstruire. A 18 ans, alors qu’elle apprend qu’elle est enceinte, Cassie désobéit et s’enfuit de chez ses parents avec l’homme qui deviendra son mari. Durant de longues années, Cassie ne reverra plus ni ses parents ni ses soeurs. Jusqu’au jour où, libéré de l’homme avec qui elle pensait faire sa vie, la jeune femme entrevoit une possibilité de réconciliation avec ses deux soeurs qu’elle aimait tant.

J’ai particulièrement apprécié le personnage de Cassie. C’est une femme forte, courageuse et déterminée, qui a la capacité très rare à faire passer les autres avant elle. Cassie a vécue des épreuves terribles dans sa vie, qui la marqueront à jamais. Malgré cela, la jeune femme a su garder la tête hors de l’eau pour remonter la pente et reprendre goût à la vie. Une reconstruction qui s’est avérée difficile, mais vitale. C’est surtout grâce à sa fille qu’elle a réussie à s’en sortir, puisqu’elle constitue un moteur pour Cassie, la poussant à se dépasser sans cesse et à s’en sortir. Leur complicité est touchante à voir, surtout la manière dont sa fille tente par tous les moyens d’aider sa mère à atteindre le bonheur.

C’est un roman émouvant, qui met en scène des personnages touchants, qui nous livrent leur histoire familiale. Projeté dans leur intimité, nous ressentons avec force les émotions qu’ils traversent. J’aurais quand même souhaité percevoir plus d’intensité dans le récit, notamment dans des moments clés comme leurs retrouvailles, qui ont été, à mon sens, un peu minimisés.

Ce récit met en avant des valeurs qui sont, à mes yeux, très importantes, comme la solidarité ou l’entraide. Cassie, en tant qu’ancienne femme battue, donne de son temps à une association pour aider les femmes qui sont actuellement dans cette situation. Autre exemple probant : Cassie a rejoint une association dont le concept est innovant et amène à réfléchir : donner de son temps pour aider d’autres personnes à construire leur maison, puis construire soi-même sa maison avec l’aide d’autres personnes. Même si ce concept de donner de son temps pour bâtir sa maison est un peu surréaliste dans notre époque moderne, j’ai pris cela comme une allégorie : il faut travailler dur pour mériter toute chose et aider les autres pour espérer qu’on nous aide aussi.

Une histoire familiale agréable à suivre, qui montre que les liens du sang sont plus forts que tout et ne peuvent jamais se rompre. Cette famille en est l’exemple même : après des années d’absences, les retrouvailles sont fortes et émouvantes.


Une belle et douce romance, qui redonne espoir en la vie et en l’avenir.

Ma note : 6,5/10

Classique·Littérature américaine·Roman

Les raisins de la colère


Les raisins de la colère de John Steinbeck

639 pages, éditions Folio


Résumé : Années 1930, Oklahoma. Tom Joad est libéré de prison suite à un homicide involontaire. Il retourne à la ferme familiale mais une mauvaise surprise l’attend : la ferme a été saisie par une banque et sa famille, totalement ruinée, est sur le départ. Elle s’apprête à partir en Californie, avec l’espoir de trouver un emploi et de vivre dignement.
La famille Joad, partagée entre la peine de devoir quitter « la terre de ses pères » et l’espoir d’une vie meilleure, entame donc un long périple sur la route 66, à travers les grandes plaines de l’ouest, en direction d’une Californie mythifiée. Mais le voyage ne se fait pas sans difficulté. La dislocation de la famille commence.
La famille Joad arrive finalement en Californie et réalise rapidement que, non seulement il n’ y a pas assez de travail pour tous les immigrants et qu’elle devra vivre dans des conditions de vie effroyables, mais également que les « Okies » sont craints et haïs par les autochtones qui ne voient en eux que des marginaux et des agitateurs potentiels.
Malgré les difficultés, la famille Joad ne perd pas espoir et, malgré la faim, la pauvreté et l’injustice, mobilise toute son énergie pour essayer de s’en sortir…


Extraits  « La seule chose qu’il faut voir, c’est que chaque fois qu’il y a un pas de fait en avant, il se peut que ça recule un brin, mais jamais d’autant. »

« Des fois, un homme triste peut se débarrasser de sa tristesse rien qu’en parlant. »


Mon avis : Ce livre a patienté plusieurs années dans ma PAL, avant d’être brusquement sorti un beau jour d’avril. La cause ? Le club de lectures de Babelio, que je remercie vivement qu’avoir élu élu ce livre comme lecture du mois d’avril.

L’histoire se passe dans les années 1930, aux États-Unis, en pleine crise économique. Après plusieurs années passées derrière les barreaux, Tom rentre chez lui. Mais il découvre sa maison vide et détruite. La ferme familiale des Joad a été saisie par une banque et la famille a été expulsée et contrainte de rejoindre la Californie, où du travail les attendent, espèrent-ils. La traversée de l’Ouest débute, avec à bord Tom, ses parents, son grand frère, ses deux petits frères et soeurs, son oncle John, ses grands-parents, et le pasteur Casy. La famille va rencontrer de nombreux obstacles sur leur route, et pas des moindres.

Plongés dans les années 1930, nous suivons la famille Joad dans leur traversée de l’Ouest, à la rencontre d’une terre accueillante.  Malheureusement, ils vont rapidement côtoyer la faim, la soif, le froid, la pauvreté et surtout l’injustice. La famille, et en particulier Tom, son frère, son père et son oncle, cherchent désespérément un travail, pour récolter quelques sous pour nourrir les leurs. Mais, face à l’arrivée de centaines de milliers de familles affamés, les fermiers de l’Ouest ont mis en place une stratégie cruelle : faire baisser au maximum les salaires. Le travail manquant et les familles étant affamés, ils sont rapidement exploités, dans l’obligation d’accepter de travailler pour quelques miettes de pain. Les lecteurs qui, comme moi, ont une imagination débordante, ne peuvent s’empêcher de faire un parallèle avec notre monde moderne, où l’exploitation et l’injustice sociale n’est encore que trop présente.

Toutes ces difficultés ne semblent pas désolidariser la famille Joad, qui reste unie envers et contre tout et tous. J’ai particulièrement apprécié le personnage de Mâme Joad, la mère de famille, qui montre une force de caractère invraisemblable, une générosité et un courage sans précédent. Tout l’amour qu’elle reverse aux siens et aux autres m’a impressionné. C’est un modèle de femme forte sur qui l’on peut prendre aisément exemple !

Il y a aussi cette solidarité qui se met en place entre les gens défavorisés. Ceux qui n’ont plus rien sont ceux qui donnent le plus. C’est invraisemblable, mais tellement beau et touchant à voir ! A croire que le trop plein d’humanité des uns à déshumanisé les autres.


Ce roman social, classique de la littérature américaine, saura séduire tous ses lecteurs. Une histoire divertissante et instructive qui ne peut laisser personne indifférent. 

Ma note : 8,5/10

 

Littérature américaine·Littérature jeunesse

The Hate U Give


The Hate U Give de Angie Thomas

492 pages, éditions Nathan, à 17,95€


Résumé : Starr a 16 ans, elle est noire et vit dans un quartier difficile, rythmé par les guerres de gangs, la drogue et les descentes de police.
Tous les jours, elle rejoint son lycée blanc situé dans une banlieue chic; tous les jours , elle fait le grand écart entre ses deux vies, ses deux mondes.
Mais tout vole en éclats le soir où son ai d’enfance Khalil est tué. Sous ses yeux, de trois balles dans le dos. Par un policier trop nerveux. Starr est la seule témoin. Et tandis que son quartier s’embrase, tandis que la police cherche à enterrer l’affaire, tandis que les gangs font pression sur elle pour qu’elle se taise, Starr va apprendre à surmonter son deuil et sa colère; et à redresser la tête.


Extraits  « Même quand on a tout fait comme il faut, il arrive parfois que les choses tournent mal. Mais il faut persister, c’est ça la clé. »

« Une fois qu’on a vu toutes les blessures de quelqu’un, c’est comme si on l’avait vu nu – et ce n’est plus jamais pareil. »


Mon avis : Les éditions Nathan, ainsi qu’une majorité des blogueurs littéraires parlaient de ce roman comme un livre coup de poing, fort et intense, qui dénonce la réalité de la ségrégation en Amérique. Vous vous doutez bien qu’avec des retours aussi positifs que ceux-là, je n’allais pas passer à côté de ce récit !

Starr est une jeune fille noire de 16 ans, qui vit dans un quartier difficile, mais qui se rend dans un lycée blanc chic, à l’autre bout de la ville. Là-bas, loin des guerres de clans, de la drogue et de la violence de son quartier noir, Starr tente de se figurer une vie d’adolescente normale. Mais son quotidien est chamboulé lorsque Khalil, son ami d’enfance, est assassiné sous ses yeux par un policier blanc. Choquée et très en colère par l’injustice que représente cette mort, Starr va tenter de rendre justice à son ami en combattant le racisme et la ségrégation.

Ce roman nous dépeint une actualité malheureusement encore trop présente dans certaines pays du monde : le racisme. Dans certaines villes des États-Unis (et d’ailleurs), des quartiers se distinguent les uns des autres : les quartiers des noirs, souvent drogués, violents, voleurs, dans lequel se côtoient de nombreux gangs qui se battent et s’entretuent, et les autres, les blancs, chic et respectueux, qui exècrent cette population noire et portent des jugements pré-fabriqués sur eux. Le policier qui a abattu Khalil s’est fié à sa vision stéréotypée des personnes noires, et a injustement pensé que Khalil, parce que noir, était aussi violent, armé, drogué, méchant. C’est justement ces stéréotypes que Starr combat dans ce livre.

Starr est une jeune femme très courageuse, qui n’a pas peur de parler et de s’exposer pour défendre ses droits et rendre justice à son ami défunt. De nombreux obstacles viendront se mettre en travers de son chemin, mais Starr est une battante et de ne détournera pas les yeux de ses objectifs. Starr, c’est un peu comme Martin Luther King, Malcolm X ou encore Rosa Park : des personnes courageuses qui ont sacrifiés leur vie aux autres, en prenant à coeur de défendre leurs droits, ceux des personnes noirs aux États-Unis… Des héros du XXème siècle, dont les noms figurent encore dans toutes les mémoires. Je ne doute pas un seul instant que des personnes comme ces gens-là, ou des livres comme The Hate U Give, contribuent à faire changer les mentalités.

Néanmoins, malgré tout le respect que j’éprouve pour cette auteure et sa poignante histoire, je n’ai pas été aussi conquise que je l’aurais espéré. En effet, j’ai ressenti des moments de flottements entre certains passages, qui manquaient selon moi de dynamisme et d’énergie. Plus d’actions n’aurait pas été de refus ! Bien évidemment, cela n’enlève en rien le fait que j’ai apprécié découvrir de quelle manière l’auteure a réussie à s’approprier cette thématique et comment elle l’a développée.


Je le reconnais : The Hate U Give est un roman coup de poing, qui ne peut laisser personne indifférent. Néanmoins, l’histoire manquait de dynamisme à mon goût et certains passages m’ont ennuyés.

Ma note : 6/10

 

Littérature américaine·Littérature jeunesse

Stony Bay Beach


Stony Bay Beach de Huntley Fitzpatrick

538 pages, éditions Nathan, à 17,95€


Résumé : Samantha a 17 ans. Sa mère est une figure politique locale. Leur maison est immense, immaculée, tout le contraire de celle des Garrett, les voisins que sa mère déteste. Ces derniers ont huit enfants et vivent dans un bouillonnant désordre organisé. Un jour d’été, alors que Sam les observe de son balcon, un garçon l’y rejoint : c’est Jase, le troisième enfant des Garrett. Commence alors pour Sam et Jase l’été des premières fois, mais aussi des secrets, qui ne peuvent rester bien longtemps gardés…


Extraits  « C’est une question d’instinct. Notre instinct nous indique à qui on peut faire confiance, comme les animaux. On ne l’écoute pas toujours aussi bien qu’eux, mais il n’en demeure pas moins là. »

« Il est tellement friqué qu’il s’achète un nouveau bateau dès que l’ancien est mouillé.« 


Mon avis : Samantha et Jase sont voisins. Samantha vit dans une maison chic aux côtés de sa mère, une sénatrice réputée de leur État. Jase, quant à lui, est l’un des sept enfants qui vivent dans la maison d’à côté.

Ce livre raconte une histoire d’amour entre adolescents : les premiers sentiments, le premier bisous, la première fois… Nous suivons ce jeune couple que tout oppose dans leur quotidien mouvementé. Bien que l’histoire ne soit pas très originale, j’ai apprécié suivre l’évolution de la relation qu’entretenait ces deux jeunes.

Sam et Jase, bien que venant de milieux différents, et élevés de manière totalement différente, se ressemblent dans leur courage, obstination, leur soif de réussir, mais surtout dans l’amour qu’ils vouent à leurs familles respectives. Ce sont deux protagonistes très attachants, dont je me souviens encore plusieurs semaines après.

Un récit doux et tendre, qui met en scène un amour pur et vrai. Pour dynamiser le récit et ajouter un peu d’actions à cette jolie histoire d’amour, les deux protagonistes vont devoir jongler entre vérité et mensonges. Tout le monde sait que les secrets ne peuvent pas rester secrets bien longtemps, et quand la vérité éclate, souvent, elle fait des dégâts.

Quant au dénouement de ce récit, il laissait clairement annoncer une suite prochaine aux aventures de Jase et Samantha. Je serais donc curieuse de suivre le périple de ce jeune couple dans un second tome.


Un premier tome sympathique, dans lequel nous faisons la rencontre d’un jeune couple que tout oppose. Un roman doux et tendre, qui a su me séduire.

Ma note : 7,5/10

 

Littérature américaine·Littérature jeunesse

Si c’est pour l’éternité


Si c’est pour l’éternité de Tommy Wallach

314 pages, éditions Nathan, à 16,95€


Résumé : Parker Santé n’a pas prononcé un mot depuis la mort de son père, il y a cinq ans. Tandis que ses camarades de classe postulent à l’université, lui sèche le lycée et traîne dans les halls des hôtel chics de San Francisco, où il perfectionne ses techniques de pickpocket.
Un jour, Parker est pris la mains dans le sac par une étrange jeune femme aux cheveux argentés, Zelda. Mais à sa grande surprise, elle ne le dénonce pas et ne cherche même pas à récupérer son argent. Elle lui confie n’en avoir bientôt plus l’utilité, car elle a la ferme intention de se suicider.
Parker, tombé sous son charme, décide alors d’essayer par tous les moyens de lui redonner goût à la vie …


Extraits  « Entre réciter des poèmes d’amour et les écrire, il y a autant de différence qu’entre une boîte de chocolats et une boîte de croutons ; aucune comparaison possible. »

« Nos plus grandes tragédies ne concernent que nous.« 


Mon avis : Je ne m’attendais pas à autant apprécier ce récit, et pourtant la magie a opérée et l’histoire m’a énormément plût.

Parker Santé était un garçon banal, comme il y en a des millions d’autres, jusqu’au jour de la mort de son père. Cet événement a traumatisé Parker a jamais, puisqu’il lui a fait perdre l’usage de sa voix. Depuis ce jour, Parker n’a plus prononcé un seul mot. Ses relations sociales en pâtissent, puisqu’il n’a pas beaucoup d’amis et ne sort jamais. Un jour, il rencontre Zelda, une toute jeune fille aux cheveux argentés. Zelda confie à Parker qu’elle souhaite se suicider. Le jeune homme, rapidement sous le charme de la jeune femme, va tout mettre en oeuvre pour la dissuader de mettre ses paroles à exécution.

J’ai trouvé l’histoire vraiment très intéressante et surtout fortement originale. Zelda affirme être née il y a plus de 200 ans et ne jamais vieillir, d’où la coloration argentée de ses cheveux. Une information incongrue, qui laisse planer le doute dans l’esprit du lecteur. En effet, on a beau savoir que cela est strictement impossible, Zelda semble tellement sûre d’elle qu’on a tendance à croire à son histoire. L’auteur ne viendra à aucun moment démentir cette affirmation, nous laissant tout à notre imagination pour admettre ou non la véracité de cette donnée. Par ce biais, le lecteur peut s’immiscer dans l’histoire et construire sa propre vérité : jouer avec notre imaginaire en nous intégrant au récit est une chose que j’ai fortement apprécié.

L’histoire est bien ficelée et agréable à lire. J’ai particulièrement apprécié le dénouement, qui est à la fois intriguant et mystérieux.  L’auteur ne va pas nécessairement dans le sens du lecteur et nous livre un final original, qui, encore une fois, nous permet d’imaginer nous-mêmes une véritable fin à cette histoire.

Tommy Wallach met en avant le handicap dans son roman. En effet, Parker, devenu muet suite à un choc traumatisant, s’est peu à peu retiré de toute vie sociale et ne fréquente plus personne. Le handicap est un facteur d’exclusion sociale et de marginalisation. Mais Zelda a su passer outre de la différence de Parker, elle est allé à son devant, sans jugement, sans a-priori, et lui a peu à peu redonné goût à la vie et l’a réinséré dans un milieu social. La générosité de ce personnage m’a vraiment touchée. Involontairement, l’un et l’autre se sont aidés et épaulés. Zelda a réussi à sortir Parker de son isolement, tandis que Parker a tenté de raisonner Zelda en éloignant les pensées suicidaires qui trottaient dans son esprit. Une belle histoire d’entraide, qui m’a souvent mit les larmes aux yeux.

Ce que j’ai adoré dans ce roman, c’est que l’auteur nous fait vivre un ascenseur émotionnel : la joie, la tristesse, la vie et le deuil se côtoient, se croisent et s’entremêlent, avant de se séparer à jamais. Une histoire puissante et poétique, qui ne peut laisser personne indifférent.


Une histoire simple mais émouvante, qui est venue me chercher et m’a profondément touchée. Des rencontres peuvent changer une vie… Parker et Zelda en sont l’exemple parfait ! Je vous recommande cette lecture !

Ma note : 8,5/10

Littérature américaine·Littérature jeunesse

Libération


Libération de Patrick Ness

265 pages, éditions Gallimard jeunesse


Résumé : Nous sommes samedi, c’est l’été, et Adam Thorn ne le sait pas encore mais sa vie est sur le point de basculer. Entre les avances déplacées de son chef à la pizzeria où il travaille, son rendez-vous amoureux avec Linus pour qui ses sentiments ne sont pas clairs, le coup de main qu’il doit donner à son père à l’église et la fête de départ de son ex, Adam a du mal à faire face aux sentiments contradictoires qui l’habitent. Mais pendant ce temps, au bord du lac, l’esprit d’une jeune fille assassinée se réveille, en quête de vengeance et de libération…


Extraits  « – Mes parents estimaient que parler aux enfants comme à des bébés et éviter certains sujets avec eux était presque de la maltraitance, poursuivit-elle. Qu’on finissait par élever des petits débiles qui se feraient dévorer tout crus une fois dans la vraie vie. Je préférais quand les adultes s’attendaient à ce que je me hisse à leur niveau plutôt qu’ils se penchent toujours vers moi. Tu vois ce que je veux dire ? »

« Ne rate jamais une occasion d’embrasser quelqu’un. C’est la pire sorte de regret.« 


Mon avis : Ce roman avait tout pour me plaire, mais malheureusement, j’en ressors tristement déçue.

L’histoire se déroule en une seule et même journée. Nous suivons Adam Thorn, un jeune garçon, homosexuel, en couple depuis peu avec Linus. Adam est un fils de religieux, et ses parents n’acceptent pas sa différence, qu’ils considèrent comme immorale.  Mais peu importe, Adam s’en fiche et fait face avec fougue à ses parents. La journée se poursuit, nous suivons Adam dans ses pérégrinations, jusqu’à la soirée finale, la fête de départ d’Adam, son ex petit copain, qui vient mettre un terme au jour. En parallèle, nous suivons l’esprit d’une jeune fille, fraîchement assassinée, qui se réveille pour se venger de son meurtrier.

Si vous avez lu le résumé – celui qui figure sur la quatrième de couverture du bouquin ou celui que je vous ai fait plus haut -, vous avez dû remarqué que quelque chose clochait. En effet, il s’agit bien de deux histoires différentes qui sont fondues l’une dans l’autre, via une alternation de chapitres, pour ne former qu’un seul et même ouvrage. L’idée aurait pu être bonne si elle avait été bien développée, mais malheureusement, ça n’a pas marché avec moi. J’ai vraiment adoré les chapitres qui racontaient la touchante histoire d’Adam, alors que je me suis forcé à lire ceux parlant de la jeune fille assassinée, qui étaient vraiment trop abstraits, glauques, et cruellement froids. L’envie de sauter des pages était grande, tant je ne comprenais pas l’intérêt d’une telle histoire combinée à celle d’Adam. Ce qui fait que, malheureusement, même si j’ai apprécié suivre Adam dans sa journée, le contraste avec la deuxième histoire m’a tant énervé que je garderais une image négative de cet ouvrage.

La thématique de la libération est quand même bien traitée dans les deux cas. Pour Adam, il s’agit de se libérer du regard des autres, de se libérer des convenances et libérer son coeur, pour suivre son propre chemin. Alors que pour la jeune fille assassinée, il s’agit seulement de libérer son esprit par une vengeance cruelle et froide. Deux entrées bien distinctes, à l’image de l’histoire toute entière.


Un roman à double tranchant : deux histoires fondues l’une dans l’autre sur le thème de la libération. L’une m’a beaucoup plût, alors que l’autre m’a agacée. 

Ma note : 3,5/10

Littérature américaine·Roman d'horreur

Shadow House, tome 2 : Cache-cache mortel


Shadow House, tome 2 : Cache-cache mortel de Dan Poblocki

218 pages, éditions Hachette romans, à 15,90€


Résumé : Poppy, Azumi, Marcus et les jumeaux Wright sont venus au manoir Larkspur. Ils pensaient trouver la solution à leurs problèmes. Ils ont trouvé leurs pires cauchemars. Chaque pièce réserve son lot de mauvaises surprises. Chaque escalier est un traquenard. Et dans les couloirs, quelqu’un rôde. Quelqu’un qui veut leur peau.
Ils ne peuvent faire confiance à personne. Ils doivent se méfier de tout. Surtout d’eux-mêmes.
Fuis la maison des ombres… si tu le peux encore.


Extraits  « Larkspur peut déformer tes pensées, te faire croire des choses qui ne sont pas vraies. Ou t’en faire oublier d’autres, importantes. Au bout du compte, tu ne sais plus où tu en es. »

« Moriko aussi nous a parlé d’espoir et de peur. Comme quoi les deux sont liés. Quand une chose a assez d’importance pour susciter de l’espoir, elle acquiert du pouvoir sur toi. Et dès que tu commences à espérer, la peur surgit. « 


Mon avis : Après un premier tome des plus effrayants, Dan Poblocki nous transporte de nouveaux à Shadow House, ce manoir hanté par des orphelins déguisés.

Nous retrouvons Poppy, Azumi, Marcus et les jumeaux Wright, toujours prisonniers du manoir. Impossible pour eux de sortir : toutes les issues sont condamnées. Ils doivent à tout prix trouver un moyen de s’échapper, tout en faisant attention de ne pas croiser les Spéciaux, ces jeunes enfants orphelins dotés d’un masque, qui hantent les lieux.

Les personnages, tout comme nous, lecteurs, sommes coincés dans le manoir. Les lecteurs les plus claustrophobes n’arriveront jamais au bout de leur lecture. A tous les recoins de la maison, peut se cacher un danger. Je suis resté constamment sur le qui-vive, m’attendant à voir surgir un monstre ou un fantôme à chaque nouvelle page tournée. Il n’y a pas à dire : Dan Poblocki sait comment rendre l’atmosphère lourde et pesante, comment augmenter la tension et l’effroi. L’auteur se joue également de nous, en intégrant à l’histoire des situations troublantes, dans lesquels il nous ait impossible de démêler le vrai du faux, impossible de savoir à qui se fier, à qui accorder notre confiance.

Pour intensifier davantage l’ambiance lugubre et noire, le récit est agrémenté ici et là d’illustrations en noir et blanc. Avouez, quand vous tournez une page et que vous tombez nez à nez avec ce genre de personnage (cf l’illustration ci-dessous), il y a de quoi avoir peur…!

Malheureusement, malgré l’attrait que j’aie pour cette saga, je suis assez déçue par certaines choses. Tout d’abord, j’ai remarqué que, tout comme dans le premier tome, je suis resté hermétique aux personnages, dans le sens où aucun ne m’a particulièrement touché, aucun n’est entré dans mon champ intime. Quand je lis des histoires, j’aime beaucoup m’identifier aux personnages ou du moins apprendre à les connaître suffisamment. Ici, les personnages ne sont pas assez développés, on ne sait rien d’eux, ce qui rend impossible tout approche émotive envers eux.

Deuxième point que je souhaite soulever : le fait que l’histoire n’est pas très évolutive. En effet, l’auteur apporte beaucoup d’importance à transmettre peur et frissons aux lecteurs, mais il en oublie quelque peu de faire avancer son histoire. Même si les actions de manquent pas et que l’histoire est dynamique, j’ai l’impression de tourner un peu en rond. Fort heureusement, le dénouement de ce second tome laisse présager une impulsion nouvelle et changeante, qui pourrait apporter du renouveau à la saga. A découvrir dans le troisième tome…


Tous les ingrédients qui ont fait le succès du premier tome se retrouvent dans celui-ci. Angoisse, peur, frissons… le lecteur ne sera pas épargné ! Il vous faudra être bien courageux pour pénétrer dans Shadow House. 

Ma note : 6/10