La proie de l’instant


La proie de l’instant de John Sandford
426 pages, éditions Pocket


Résumé : Une opération policière organisée par Lucas Davenport, chef adjoint de la police de Minneapolis, tourne mal. Deux braqueuses sont tuées. Dick Lachaise, le frère et le mari des deux jeunes femmes, veut les venger. Et ce n’est que lorsque les policiers comprendront à quelle logique implacable il obéit qu’ils pourront tenter de le stopper.


Extraits« Dewey était le nom du sniper. Lucas l’observa à l’autre bout de la salle. Le jeune gars de l’Iowa tenait son fusil à lunette au creux du bras gauche, comme un chasseur de faisons aurait tenu son fusil de chasse. Il bavardait gaiement avec le chef du groupe d’intervention spéciale. « LaChaise n’avait aucune chance de s’en tirer. Il faut que j’aille le remercier.
– Ce garçon me fiche une trouille terrible, dit Roux. Apparemment, il a trouvé tout ça très intéressant. Brûle d’impatience d’aller raconter l’histoire à sa famille. Mais le fait d’avoir tué quelqu’un de sang-froid ne semble pas du tout le perturber. »

« LaChaise déclara : « Eh, bon Dieu, mettons des sous dans le juke-box, on se croirait dans une tombe, ici. » Il leva les bras et ondula des hanches. « Un truc qui chauffe.
– Tu es un vieux, chuchota Martin.
– Ouais. Bon, prenons une bière. »


Mon avis : Lors d’une opération policière, deux braqueuses sont tuées. Le frère et mari des deux femmes, Dick Lachaise, souhaite se venger et tuer tous les policiers qui ont concourus à la mort des deux femmes de sa vie. Il s’échappe de prison, rejoint deux complices et se lance dans une traque hors normes pour retrouver les femmes qui composent la vie des policiers et les tuer à leur tour. Lucas Davenport, flic téméraire, doit éviter à tout prix cette fusillade de masse. La chasse à l’homme est lancée.

J’ai beaucoup aimé la tension, constante, croissante, qui rythme l’enquête. On retient son souffle, attendant avec impatience que les trois hommes soient afin appréhender, pour éviter de nouveaux meurtres. Nous suivons tantôt les trois criminels dans leur préparation de vengeance, tantôt l’avancée des policiers dans leur traque. Ainsi, le lecteur, omniscient, reçoit un poids supplémentaire : il sait ce que chacun prépare, mais reste totalement impuissant face à leurs futurs agissements. Autant dire que la pression est énorme.

Même si j’ai bien aimé suivre les péripéties de Lucas Davenport et de ses hommes, j’ai trouvé le récit assez banal. C’est une enquête policière comme on peut en lire des centaines d’autres, qui n’a rien d’original ou de démarquant. La proie de l’instant s’inscrit dans une série de polars, qui tournent tous autour du personnage de Lucas. Ils peuvent se lire séparément, comme je l’ai fait avec celui-ci, mais je pense que pour apprécier davantage l’ambiance générale et surtout pour s’attacher aux personnages, il me paraît important de commencer dès le début. Ainsi, j’ai été détachée des héros, ne ressentant aucun lien ou aucune compassion envers eux. J’ai presque été plus proche du méchant, Dick Lachaise, que du policier Lucas, que j’ai trouvé effacé, presque transparent, manquant de courage et de caractère.


Un polar rondement mené, avec du suspense et une tension constante. Néanmoins, l’enquête, assez banale, ne me laissera pas un souvenir pérenne.

Ma note : 5,5/10

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ISBN : 2-266-11301-1
Traduction : Marie-Caroline Aubert

Five feet apart


Five feet apart de Rachael Lippincott, Mikki Daughtry et Tobias Iaconis
310 pages, éditions Le Livre de Poche jeunesse, à 6,90€


Résumé : Stella Grant est une jeune femme de 17 ans typique… elle ne peut se passer de ses meilleurs amis et de son ordinateur portable.
Mais, contrairement aux autres adolescents, elle passe la majeure partie de son temps à l’hôpital, puisqu’elle souffre de fibrose kystique.
Son quotidien rythmé par une implacable routine sera bouleversé lorsqu’elle fera la rencontre de Will Newman, un patient de son unité au charme irrésistible.
Forcés par le protocole médical de maintenir une distance constante entre eux, leur attraction mutuelle les poussera-t-elle à mettre leur vie en danger ?


Extraits« – On ne part que deux semaines. Tu es sûre de ne pas pouvoir venir ? C’est notre voyage de terminale, Stella !
– Sûre et certaine.
Elles savent qu’il ne sert à rien de parlementer.
Nous sommes amies depuis le collège et, à la longue, elles ont compris que quand il s’agit de faire des projets, la mucoviscidose a toujours le dernier mot.
Ce n’est pas comme si je n’avais pas envie d’y aller. Mais c’est littéralement une question de vie ou de mort. »

« Si je suis condamné à mourir, j’aimerais au moins d’abord vivre. »


Mon avis : Je n’étais qu’une adolescente lorsque j’ai lu pour la première fois Nos étoiles contraires de John Green, un puissant roman jeunesse, inspiré d’une histoire vraie, qui raconte le combat d’une jeune fille courageuse contre son cancer. Je garde en mémoire ce livre comme étant une de mes plus belles lectures de jeunesse, voire même le livre déclencheur de ma passion dévorante. Depuis, de nombreux auteurs se sont emparés de la frénésie littéraire émotive qui tourne autour des maladies, en mettant en scène des héros au destin inéluctable. Five feet apart en est un exemple parfait : Stella Grant est une jeune femme atteinte de la mucoviscidose, cette maladie qui altère le fonctionnement de ses poumons. Obligée de faire de nombreux allers-retours à l’hôpital depuis sa plus tendre enfance, elle s’est liée d’amitié avec Poe, un autre garçon, atteint également du même mal.

Hospitalisée d’urgence à Sainte-Grâce, elle ne comptabilise plus que trente-cinq pourcent de ses capacités respiratoires. Autant dire qu’il lui faut impérativement une greffe des poumons pour espérer vivre quelques années de plus. Lors de ce nouveau séjour à l’hôpital, elle va retrouver Poe, son meilleur ami, mais va également faire la rencontre de Will, un jeune garçon, également malade de la mucoviscidose, avec un plus, une bactérie appelée « B cepacia », qui l’empêche d’espérer une greffe des poumons. Tous très contagieux, ils doivent respecter certaines règles sanitaires strictes : se tenir éloignés les uns des autres d’au moins trois pas, porter un masque, des gants, se désinfecter les mains régulièrement, éviter tout contact physique. Des règles qui peuvent sembler simples… sauf quand les sentiments s’en mêlent.

Vous vous en doutez, c’était prévisible, une histoire d’amour va naître entre nos patients. Des sentiments sincères et pures se développent entre nos deux héros, qui n’avaient jusqu’alors jamais ressenti de telles choses. Il y a d’abord notre héroïne, Stella. Une jeune fille courageuse, qui a connue de terribles drames dans sa vie, mais qui a su se relever et aller de l’avant, avec le sourire et l’envie de rendre les autres heureux. Enfin, il y a Will, le garçon rebelle, condamné à mourir, en proie à une colère froide envers sa mère, qui le couve et le surprotège, bien décidée à le garder en vie le plus de temps possible. Sous nos yeux mouillés de larmes, naît une belle, douce et complice histoire d’amour, malheureusement condamnée d’avance. Car la distance imposée par leur maladie les empêche de se rapprocher l’un de l’autre, au risque de se transmettre des bactéries mortelles. Aucun contact physique n’est de mise : on ressent alors toute la frustration des deux jeunes gens, qui ne peuvent pas se toucher, ni s’embrasser. Selon certaines études, le contact physique est vital, il permet de se sentir vivant et joue un rôle primordial dans notre développement et notre bien-être physique et mental. Encore une chose que la mucoviscidose leur a pris.

Ce livre est très touchant, particulièrement quand on pense que de telles histoires peuvent être réelles. Il sensibilise à la maladie, aux effets secondaires, aux contraires, que ce soit pour soi ou ses proches, et à toutes les concessions obligées de faire pour rester en vie et ne pas empirer les choses. J’avoue qu’à travers les destins de Stella et Will, je me suis prise à relativiser les choses. Déjà que je ressentais une grande soif de vivre, j’ai maintenant l’urgence de vivre intensément chaque seconde qui passe, afin de ne rien regretter et de profiter au maximum des personnes et des choses qui s’offrent à moi. La vie est déjà très courte et elle peut se terminer à chaque instant : la gâcher en futilités serait une grossière erreur.

L’histoire de Stella et Will a été adaptée au cinéma en 2019, sous le titre À deux mètres de toi. J’ai eu les larmes aux yeux en visionnant uniquement la bande-annonce : autant dire que ça s’annonce difficile pour moi de regarder le film en entier sans verser un torrent de larmes !


Stella et Will, atteints de mucoviscidose, vivent une romance spéciale et émouvante, mais totalement interdite. Un texte poétique et bouleversant, triste mais rempli de tendresse.

Ma note : 8/10

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ISBN : 978-2-01-713396-4
Traduction : Marie Chivot-Buhler

Nous vivions dans un pays d’été


Nous vivions dans un pays d’été de Lydia Millet
247 pages, éditions Les Escales, à 21€


Résumé : Un roman puissant sur l’aliénation adolescente et la complaisance des adultes dans un monde en mutation.
Une grande maison de vacances au bord d’un lac. Cet été-là, cette maison est le domaine de douze adolescents à la maturité étonnante et de leurs parents qui passent leurs journées dans une torpeur où se mêlent alcool, drogue et sexe.
Lorsqu’une tempête s’abat sur la région et que le pays plonge dans le chaos, les enfants – dont Eve, la narratrice – décident de prendre les choses en main. Ils quittent la maison, emmenant les plus jeunes et laissant derrière eux ces parents apathiques qu’ils méprisent et dont l’inaction les exaspère autant qu’elle les effraie.


Extraits« Avant, nous vivions dans un pays d’été. Dans les bois, il y avait des cabanes perchées dans les arbres, et sur le lac, des bateaux. »

« Les molécules ne meurent jamais, songeais-je.
N’était-ce pas ce qu’on nous avait expliqué en chimie ? Ne nous avait-on pas dit qu’une molécule du dernier souffle de Jules César se trouvait, statistiquement parlant, dans chacune de nos inspirations ? Même chose pour Lincoln. Ou nos grands-parents.
Des échanges et des mélanges de molécules, à l’infini. Des particules qui avaient un jour été d’autres gens, et qui désormais se mouvaient à travers nous. »


Mon avis : Quel étrange roman… je n’avais jamais rien lu de tel auparavant ! Passé l’étonnement initial, quand on se penche plus précisément sur le message véhiculé, on peut alors penser : quel puissant roman !

Le début du récit montre plusieurs familles euphoriques à l’idée de passer tout un été ensemble, parents et enfants confondus, dans une location saisonnière idéalement située en bord de mer. Les adultes, bobos chics, délaissent très rapidement leurs responsabilités de parents, au profit du bon temps qu’ils peuvent passer entre eux, à boire, discuter, fumer, fornicoter quand l’envie leur prend. Les enfants, plus que jamais heureux de cette liberté nouvelle, s’amusent à affronter les adultes, à les pousser dans leurs retranchements. Des vacances rêvées, que vient bouleverser une terrible tempête qui vient tout détruire sur son passage.

Les vacances idylliques se transforment rapidement en cauchemar. Les tempêtes se succèdent, balayant tout sur leurs passages. Les provisions viennent à manquer, les communications sont coupées… le chaos est total ! Les enfants se réfugient dans une vieille ferme isolée, se pensant à l’abri des intempéries et de leurs conséquences. Malheureusement, plusieurs adolescents les rejoignent et les retiennent en otage, souhaitant récupérer toutes leurs vivres.

C’est bel et bien un récit dystopique, post-apocalyptique que nous livre l’auteure. Elle aborde avec tranchant et originalité les questions du dérèglement climatique. J’ai reçu un coup de poing dans l’estomac en vivant cette histoire : j’ai été prise de court, ne m’y attendant absolument pas, totalement étonnée par ce qui se déroulait sous mes yeux. Puis j’ai ressenti les effets secondaires du choc initial : la suffocation, la respiration coupée, haletante. Il faut dire que Lydia Millet change brutalement de cap dans son récit, passant d’un été paisible, lumineux et gai à un monde en pleine tempête, entre chaos et désespoir. Ça a de quoi surprendre et désarçonné, d’autant que récit flirte dangereusement avec le fantastique, sans jamais franchir les frontières de l’imaginaire surréaliste.

Si on lit en filigrane, finalement, les enfants, isolés de leurs parents, totalement livrés à eux même, demandent des comptes à leurs parents : qu’ont fait les adultes pour limiter ces catastrophes naturelles ? Une forme de haine ou de révolte, se développe au sein du groupe des jeunes envers leurs descendants, qui n’ont pas chercher à contrer ce qui leur arrive. Le passé des parents a détruit le futur des enfants. Le futur ne dépend plus que d’eux. Une belle image, censée nous pousser à la réflexion sur le futur de demain et, pourquoi pas, à l’action, pour laisser à nos enfants un monde meilleur.

J’ai beaucoup apprécié l’originalité du récit et surtout le message passé par l’auteure. En revanche, j’ai trouvé que les personnages manquaient de profondeur. Je n’ai réussi à m’attacher à aucun d’eux, les trouvant souvent dénués de sentiments, un peu fades, effacés, comme s’ils ne se rendaient pas compte de la teneur des catastrophes qui se jouaient sous leurs yeux. Certaines réactions étaient clairement illusoires, bien éloignées de la réalité des choses. C’était sans doute un désir de l’auteure, pour coller au mieux à sa thématique globale, mais ça ne m’a pas convaincu.


Un voyage dystopique étonnant dans un futur opaque, où les questions du réchauffement climatique et ses conséquences sont plus que jamais d’actualité. Une histoire qui pousse à la réflexion, avec des personnages intéressants, que j’aurais souhaité plus emphatique.

Ma note : 7,5/10

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ISBN : 978-2-36569-570-1
Traduction : Caroline Bouet

Allie, tome 5 : L’anniversaire


Allie, tome 5 : L’anniversaire de Meg Cabot
204 pages, éditions Hachette romans, à 12,90€


Résumé : Allie est folle de joie. Elle va assister ce week-end à une compétition de Twirling bâton avec ses meilleures amies. Mais quand elle est invitée à se rendre à une fête d’anniversaire en limousine, à dîner au restaurant et à participer à une soirée pyjama dans un grand hôtel, elle hésite. Même si l’invitation vient de sa pire ennemie. Pour Allie, le choix est difficile. Comment prendre la bonne décision ?


Extraits« Mentir, ce n’est rien si le mensonge est tout petit, basé sur la vérité, s’il n’est jamais découvert et, enfin, ne fait de peine à personne. »

« Pour inventer un bon mensonge, il vaut mieux avoir beaucoup d’imagination. »


Mon avis : Cinquième tome de la saga Allie de Meg Cabot, cette jeune fille pleine de joie, qui édicte sa vie via des règles de conduite souvent loufoques et saugrenues. Dans ce tome-ci, Allie se retrouve face à un dilemme : elle doit choisir entre deux invitations à des événements prévus le même jour. D’un côté, il y a le championnat de twirling bâton de Missy, où Allie irait accompagnée de ses meilleures copines de l’école. Un bon moyen d’encourager Missy dans sa danse et de passer un agréable moment entourée de ses amies. De l’autre, il y a l’anniversaire spectaculaire de Brittany Hauser, cette chipie remplie de fric, devenue son ennemie. Même si à première vue, le choix pourrait être vite vu, le programme des festivités de l’anniversaire de Brittany met des étoiles dans les yeux de notre héroïne : transport en limousine, séance de shopping, de déguisements et de photos, restaurant et hôtel de luxe et copieux brunch… autant de choses que la jeune fille ne pourrait pas se permettre de faire avec les moyens de ses parents. Qu’elle choisisse l’un ou l’autre événement, Allie sera triste et devra mentir pour se dédouaner.

J’ai beaucoup aimé ce cinquième tome, qui délivre de vrais messages aux lecteurs (jeunes et moins jeunes). D’abord, il ne faut pas se montrer égoïste et ne penser qu’à soi, comme le fait Allie en choisissant l’événement qui l’a comblera le plus au niveau personnel. Enfin, Meg Cabot montre clairement que le mensonge est un vilain défaut, qui n’apporte qu’ennuis et problèmes divers. Allie, audacieuse, téméraire mais encore très naïve en a fait les frais.

Enfin, comme dans les tomes précédents, l’auteure incrémente son récit d’illustrations colorées, qui dynamisent davantage l’histoire et permet aux plus jeunes de se représenter plus facilement le déroulé. 


Un bon cinquième tome, dans la lignée des premiers, qui permet de passer un agréable moment aux côtés d’une héroïne pleine de vie, tout en délivrant des messages moralistes intéressants, qui peuvent s’appliquer dans nos vies quotidiennes. 

Ma note : 7/10

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ISBN : 978-2-01-628571-8
Traduction : Véronique Minder

Tu ne me dis pas tout


Tu ne me dis pas tout de Kimberly McCreight
508 pages, éditions Hauteville, à 19,50€


Résumé : Park Slope, Brooklyn : un agréable ghetto pour riches au coeur du scandale. Les données des résidents ont été piratées, et on leur réclame des rançons colossales pour garder leurs vilains petits secrets. Qui a pu faire une chose pareille ? Les rumeurs vont bon train.

Le quartier est sous le choc en apprenant la mort d’Amanda Grayson. La veille au soir, elle avait pris part avec son mari, Zach, à une soirée libertine, mais chacun était rentré de son côté. Entre la mare de sang et le club de golf au pied de l’escalier, personne ne croit à l’accident. Incarcéré à Rikers Island, Zach fait appel à Lizzie, qu’il a fréquentée à l’époque où ils faisaient leurs études de droit. Il jure qu’il n’a pas tué sa femme, et elle est, semble-t-il, la seule à pouvoir le sortir de là.


Extraits« Le pire inconvénient du mariage, c’est qu’on ne peut plus faire abstraction des problèmes de l’autre. »

« C’est là tout le secret d’un couple qui fonctionne : des compromis stratégiques. »


Mon avis : L’histoire se déroule à Brooklyn, dans un quartier familial assez aisé, où il est paisible de vivre, entouré de voisins où tout le monde se connaît. Jusqu’au jour où une tragédie s’abat sur le quartier : Amanda Grayson est assassinée. Son mari Zach est accusé du meurtre, arrêté et emmené dans une prison où la violence fait loi. Il plaide son innocence et fait appel à une amie d’enfance pour le défendre. Ni une ni deux, Lizzie accepte de l’aider. Mais l’affaire s’annonce plus compliquée qu’il n’y paraît : entre mensonges, trahisons, addiction, adultère… la jeune avocate n’a pas une minute à elle. Elle doit gérer de front le dossier de son client et son mari alcoolique, autant dire une double peine qui lui cause bien des ennuis.

L’histoire n’est pas franchement transcendante, mais elle a le mérite d’être agréable et de nous faire passer un bon moment de lecture. Les chapitres alternent entre le présent avec l’avocate Lizzie, qui poursuit son enquête pour libérer Zach ; le passé avec Amanda, qui retrace chronologiquement le cheminement qui l’a menée à son décès, ainsi que des bribes d’interrogatoires de témoins potentiels. Bien qu’assez lent au démarrage, le récit fini par être rythmé : on se prend au jeu de l’enquête, on essaie de recoller les morceaux de la soirée fatidique, en essayant de faire correspondre les témoignages et les actions. L’enquête est bien menée, mais je reproche néanmoins à l’auteure de ne pas avoir donné assez de substance à ses personnages. Ils m’ont fait l’effet d’être des coquilles vides, sans réel attrait, des êtres interchangeables, envers qui on ne développe aucun affect particulier, des personnages dont on oublie rapidement l’existence une fois la dernière page tournée. Pas très originaux et assez inintéressants.

J’apprécie quand même les thématiques proposées par l’auteure. En effet, elle brosse un portrait réaliste d’une société américaine aisée. Elle montre que même chez les personnes fortunées, la vie n’est pas toute rose : adultère, alcoolisme, chantage, faux-semblants, arnaque, chômage, échecs… chacun a ses problèmes, personne n’échappe à la dure loi de la vie.


Un thriller à fort potentiel, doté de sujets intéressants et d’une enquête trépidante, mais qui manque de finesse. agréable à lire, mais très vite oublié.

Ma note : 6/10

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ISBN : 978-2-38122-173-1
Traduction : Élodie Coello