Le matin de Neverworld


Le matin de Neverworld de Marisha Pessl

315 pages, éditions Gallimard jeunesse


Résumé : Un an après la mystérieuse mort de Jim, son petit copain, Béatrice n’a toujours pas revu leurs amis. Ils lui cachent quelque chose et la soirée des retrouvailles dérape : un homme étrange leur annonce qu’ils sont coincés au Neverworld et revivront sans cesse la même journée jusqu’à ce qu’ils prennent la décision la plus difficile de leur vie… Mensonges, peurs et sentiments : les masques tombent dans la bande d’amis. Qui sortira vivant du Neverworld ?


Extraits « Dans la vraie vie, il n’y a pas d’entrée triomphale. En tout cas, jamais comme dans nos rêves.
Dans nos rêves, on aimerait quelque chose entre la telenovela colombienne (cris, émotion brute, mascara qui coule) et un discours de Meryl Streep aux OscarTM (paroles chocs, accolades, tout le monde qui se met à chanter en choeur).
Dans la réalité, c’est juste bizarre. »
« – Moi, je vais vous dire ce que c’est que l’amour, annonça Martha en regardant le plafond. C’est le principe d’incertitude d’Heisenberg. Dès qu’on croit qu’il est là et qu’on veut le laisser s’exprimer, eh bien, il disparaît. Il réapparaît plus loin. Puis un peu plus loin encore. Puis ici. Quoi qu’on fasse, on ne peut ni l’enfermer ni le contenir. »

Mon avis : Béatrice a perdu brutalement son petit ami un an plus tôt. Depuis, elle n’a plus revu leur bande de copains communs. Un beau jour, ni tenant plus, elle décide de reprendre contact avec eux, pour résoudre le mystère de la mort de Jim. Mais la soirée dérape : Béatrice et ses amis ont un accident de voiture qui va les plonger dans un univers parallèle appelé Neverworld. Là-bas, un vieil homme leur explique qu’ils vont revivre la même journée éternellement, jusqu’à ce que chacun se mette d’accord : qui survivra et sortira du Neverworld ?

Ça faisait longtemps que je n’avais pas lu une dystopie jeunesse comme celle-ci, et je dois dire que cela fait du bien. Marisha Pessl est une auteure que je ne connaissais pas, mais j’ai bien apprécié découvrir sa plume. Elle nous entraîne dans cet univers parallèle et arrive à nous faire croire, avec beaucoup de facilité, que l’impossible peut devenir possible. J’ai beaucoup aimé l’immersion dans cet espace-temps singulier, où le temps ne passe plus, où tout est figé, répété à l’infini. Quand on se met à la place des personnages, c’est assez glaçant comme sensation.

Ce roman pourra vous faire penser à des films très connus, je pense notamment à Un jour sans fin, du réalisateur Harold Ramis, qui raconte l’histoire d’un homme qui revit encore et encore la même journée. Marisha Pessl a sans doute du s’inspirer de ce film pour écrire son livre, mais les similitudes s’arrêtent ici. En effet, l’auteure incorpore une dose de fantastique en plus, avec la possibilité de voyager dans le temps et de se téléporter  à sa guise. L’action également ne manque pas dans Le matin de neverworld, puisque c’est une réelle enquête que Béatrice, notre protagoniste, va tenter de résoudre, en cherchant la cause véritable de la mort de son petit ami Jim.

Chacun des amis de Béatrice semblent cacher un lourd secret concernant la mort de Jim. Ils éludent tant bien que mal, mais on ressent aisément qu’ils sont au courant de quelque chose de déterminant dans sa mort. La lumière se fera uniquement au dénouement du récit, et la révélation finale se voudra assez étonnante. Retenez une chose : il ne faut jamais se fier aux apparences.


Une très bonne dystopie jeunesse, remplie d’actions et de suspenses. Je vous recommande vivement ce livre !

Ma note : 8/10

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Dans la tête d’une garce


Dans la tête d’une garce de Laurène Reussard

630 pages, éditions Le Livre de Poche jeunesse, à 8,90€


Résumé : Mia est une garce, et elle le sait ! Elle est aussi froide et dominatrice qu’elle est belle et populaire, et enchaîne les conquêtes sans laisser la moindre place aux sentiments. C’est simple, aucun garçon ne lui résiste. Enfin aucun… jusqu’à l’arrivée d’Evan, le très beau « nouveau » du lycée. Heureusement, Mia adore les défis et décide de séduire Evan, coûte que coûte ! Elle se le promet, elle viendra à bout des défenses de ce garçon, quitte à mettre à mal la réputation qu’elle a mis si longtemps à se construire…


Extraits : « Parfois, quand on a mal, on oublie que les autres peuvent avoir des problèmes, eux aussi. »

« – Mon coeur bat trop fort. Je crois qu’il va s’échapper de ma poitrine.
Evan sourit, faisant glisser mon pouce le long de sa douce lèvre.
– Ce serait regrettable. Mais dis-moi beauté, je croyais que tu n’avais plus de coeur ?
– Moi aussi, je le croyais.
Je prends une profonde inspiration. Je n’ai pas la moindre idée de ce que je raconte. J’ai juste besoin de tout laisser sortir.
– Et c’est quand la douleur du vide que tu as laissé dans mon coeur se fait ressentir que je me rappelle en avoir un. »


Mon avis : C’est avec une pointe de tristesse et beaucoup de déception que je vais tenter de rédiger cette chronique. Car oui, je n’ai pas aimé ce livre, et j’ai lutté tant bien que mal pour en venir à bout néanmoins.

Mia est une jeune adolescente qui se comporte au quotidien comme une vraie garce. Elle n’hésite pas à rabaisser ses camarades, en se moquant à longueur de journées de leurs défauts, ou en les humiliant publiquement sans raison. Quand un jour, un beau garçon nommé Evan fait son apparition à l’école, Mia le prend en grippe. Mais il s’avère que le jeune homme ne semble pas intéressé par la séductrice. Mia, désabusée, elle qui n’a pas l’habitude du rejet et de l’ignorance, va tout faire pour séduire Evan…

De prime abord, ce roman aurait pu me plaire, puisqu’il semblait correspondre à l’un des genres littéraires que j’affectionne : de la romance jeunesse, qui permet la détente et l’évasion. Malheureusement, ses 630 pages ont vite tournées au fiasco total et à la torture. Car oui, Dans la tête d’une garce raconte uniquement les mésaventures de Mia, tentant vainement de séduire Evan… durant 630 pages ! Autant vous dire que je me suis lassé très rapidement de l’histoire, d’autant plus que l’action est presque inexistante.

J’ai eu l’impression que l’histoire n’évoluait pas, que les personnages restaient inchangés tout au long du récit, avec les mêmes réactions, les mêmes comportements, les mêmes paroles parfois. J’avais même la nette impression que certaines scènes du livre se répétaient, tant elles semblaient similaires !

L’histoire était donc peu attractive, mais en plus, les personnages n’étaient pas attachants. Mia et Evan sont les stéréotypes parfaits des deux adolescents beaux gosses lambdas que chaque romanciers utilisent dans ses écrits. Ils n’avaient aucune particularité qui leur était propre pour se différencier de la masse des protagonistes des histoires jeunesse à l’eau de rose. Et malheureusement, ce ne sont pas que les personnages qui étaient constitués de clichés, mais l’ensemble du livre : la garce au physique de rêve qui veut séduire le beau goss ténébreux, l’amour tourmenté des deux jeunes gens, qui ne cessent de se mettre ensemble, puis de se séparer… tout n’est que clichés, tout n’est que banalités et histoires déjà vues.


Un roman jeunesse ennuyant et pas assez travaillé. Souvent la quantité ne signifie pas la qualité, ce livre le prouve une nouvelle fois. Je vous conseille de passer votre chemin avec cette lecture.

Ma note : 2,5/10

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Toute la vérité


Toute la vérité de Karen Cleveland

397 pages, éditions Pocket


Résumé : Malgré un travail passionnant qui l’empêche de passer du temps avec ses enfants et un prêt immobilier exorbitant, Vivian Miller est comblée par sa vie de famille : quelles que soient les difficultés, elle sait qu’elle peut toujours compter sur Matt, son mari, pour l’épauler.

En tant qu’analyste du contre-renseignement à la CIA, division Russie, Vivian a la lourde tâche de débusquer des agents dormants infiltrés sur le territoire américain. Un jour, elle tombe sur un dossier compromettant son époux. Toutes ses certitudes sont ébranlées, sa vie devient mensonge. Elle devra faire un choix impossible : défendre son pays… ou sa famille.


Extraits « Parfois, commence-t-elle, hésitante, nous croyons que masquer la vérité protégera ceux que nous aimons le plus. »
« Les voeux que j’ai prononcés devant toi, j’en pensais chaque mot, avait-il poursuivi. Peu importe ce que nous réserve l’avenir, n’oublie jamais ça. Si les choses deviennent… dures… souviens-toi juste de ça. Tout ça, c’est pour nous. Tout ce que je ferai, pour le restant de ma vie, ce sera pour nous. »

Mon avis : En lice pour le prix du Polar étranger décerné par Pocket, je remercie cette maison d’édition pour m’avoir permise de découvrir les romans en compétition et de participer au vote final.

Vivian travaille à la CIA, dans le département Russe. Sa mission : débusquer les agents dormants infiltrés sur le territoire américain. Quelle ne fût pas sa surprise lorsqu’elle tombe, par hasard, sur la photo de son mari Matt, parmi une liste d’agents infiltrés. Ce dernier avoue aisément lui mentir durant de nombreuses années sur sa vie. Vivian se retrouve donc face à un choix impossible : défendre son pays en poursuivant sa mission et en dénonçant son mari, ou effacer toutes les preuves de son implication, pour préserver sa famille ?

Le choix est cornélien je dois bien l’admettre, et Vivian ne cessera de se torturer les méninges durant l’intégralité du récit. Amour ou devoir citoyen ?

J’ai beaucoup aimé la tournure que prend ce polar. Il me semble avoir déjà lu dans le passé une histoire dans la même veine, sans toutefois réussir à me remémorer le titre de l’ouvrage : un couple confronté malgré eux, des mensonges et des secrets inavoués, une famille en péril. Suite à la découverte des mensonges de Matt, vous vous doutez bien que tout bascule dans la vie de Vivian. L’ensemble de sa vie de couple a été bâtie sur un mensonge. Dès cette découverte, sa confiance en Matt s’effondre :  elle ne sait plus quand le croire. Même nous, lecteurs, sommes à chaque fois déstabilisé par l’attitude de ce dernier, souvent très étrange.

Concernant l’histoire en elle-même, je l’ai quand même trouvé assez pauvre, pas assez prenante, peu mémorable. Deux semaines après la fin de ma lecture, je ne me souviens que du lien spécial qui unie désormais Vivian à son mari, mais j’ai totalement oublié l’ensemble de l’intrigue. Il faut dire qu’une enquête qui fait s’affronter les américains aux russes, c’est un peu du réchauffé. J’aurais souhaité plus d’originalité dans l’histoire centrale.


Un polar sympathique, dynamique et addictif. J’ai pris du plaisir à découvrir cette histoire, même si j’aurais souhaité plus d’originalité.

Ma note : 6,5/10

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Qui a tué Heidi ?


Qui a tué Heidi ? de Marc Voltenauer

545 pages, éditions Pocket


Résumé : Voyage au plus noir de l’âme humaine…

Qu’a-t-il bien pu arriver à l’inspecteur Auer ?
Un tueur à gages abat un politicien à l’opéra de Berlin, en plein milieu d’une représentation. Sa prochaine destination : Genève. Et puis, Gryon.
Gryon où Andreas Auer, qui vient d’être suspendu par le commandant de la police, décide d’aider un ami paysan à la ferme pour sortir de sa déprime. Gryon, ce petit village si paisible. Paisible ? Pas si sûr…
Dans la chambre de sa mère, un homme rumine ses fantasmes les plus fous. Il est prêt à passer à l’acte.
Un chassé-croisé infernal se profile, et va tout balayer sur son passage. Andreas et les siens en sortiront-ils indemnes ?

Après le succès du Dragon du Muveran, le nouveau polar glaçant de Marc Voltenauer vous entraîne au cœur des Alpes vaudoises.


Mon avis : Gyron, un petit village paisible en apparence, qui va être mis sur le devant de la scène pour une enquête des plus mystérieuses. Un concours d’agriculture, une histoire de vengeance, le décès d’un agriculteur. Andreas Auer, nouvellement suspendu de son poste de policier, décide de venir en aide à son ami agriculteur, soupçonné d’être le meurtrier du paysan assassiné.

En parallèle, un politicien russe est sauvagement assassiné alors qu’il assistait à un opéra à Berlin.

Nous suivons donc plusieurs enquêtes en parallèle, qui vont se mêler de près ou de loin les unes aux autres. Je ne suis pas une très grande fan des nombreuses enquêtes qui se chevauchent et s’entremêlent. Pour tout vous avouer, je préfère me concentrer sur une seule et même affaire plutôt que de m’éparpiller dans plusieurs enquêtes différentes, qui, forcément, auront un moment à un autre un point commun. Je trouve que mettre en scène plusieurs affaires apporte, certes, peut-être plus de rythme au récit, mais beaucoup moins d’intensité et de profondeur. On oublie facilement l’histoire, puisqu’il y en avait, en définitive, plusieurs, mais aucune n’est véritablement sortie du lot.

J’ai quand même passé un agréable moment de lecture, puisque Marc Voltenauer maîtrise sa plume : du rythme, de l’action, du suspens, beaucoup de mystère. Tous les ingrédients d’un bon polar étaient réunis.


Un polar agréable à découvrir, pleins de suspense et d’actions. Il n’est pas extraordinaire, mais vous fera quand même passer un bon moment de lecture.

Ma note : 6,5/10

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À la tombée du ciel


À la tombée du ciel de Sophie Cameron

309 pages, éditions Nathan


Résumé : Cela aurait pu être une météorite annonçant la fin du monde. Mais ce sont des anges qui ont commencé à tomber du ciel. Face à ce phénomène, chacun réagit à sa manière.

Pour Jaya, 16 ans, difficile de ne pas y voir un signe : sa mère est morte quelques jours plus tôt. Entre ce deuil et un père obsédé par l’idée d’attraper un ange, elle n’arrive pas à faire la paix avec elle-même. Lorsqu’un ange croise sa route, elle va devoir se reconstruire et réapprendre à faire confiance.


Extraits « Les obligations professionnelles ne signifient plus grand-chose quand on croit que la fin du monde est proche. »
« L’espoir est une chose dangereuse car, lorsqu’on nous le retire, on se retrouve encore plus démuni qu’avant. »

Mon avis : J’ai reçu ce livre en éditions non corrigées par les éditions Nathan, sans toutefois l’avoir demandé auparavant. Je ne suis pas une très grande amatrice de roman fantastique, c’est pour cela que j’avais supposé qu’il ne me plairait pas. Je me suis quand même décidé à le lire, en partant toutefois d’un avis négatif. Et quelle surprise…

À la tombée du ciel est le premier tome d’une toute nouvelle saga fantastique jeunesse. Dans un monde tout ce qu’il y a de plus normal, un phénomène extraordinaire vient perdurer le cours des choses : des anges tombent du ciel. Ils ont une apparence humaine, mais portent des ailes, et s’écrasent les uns après les autres sur Terre. Jaya, 16 ans, a suivi son père, obsédé par ces phénomènes, dans un road trip pour tenter de percer le mystère de ces chutes. La jeune fille a a récemment perdue sa mère, et elle y voit là un signe de pouvoir entrer en contact avec elle. Un jour, lorsqu’un ange encore vivant s’échoue à côté d’elle, Jaya va tout faire pour le protéger et tenter d’en savoir un peu plus sur leur monde.

C’est une histoire simple et complexe tout à la fois. On comprend aisément où veut en venir l’auteure, et l’histoire qu’elle nous narre, mais les nombreuses interrogations qui peuplent notre esprit la rende tout à la fois complexe. Qui sont ces Anges ? D’où viennent-ils ? Existe-t-il un autre monde après la mort ? Peut-on entrer en contact avec des personnes défuntes ? Tant de questions qui ne trouvent pas forcément de réponse dans ce premier tome.

J’ai beaucoup aimé le rythme du récit et les nombreuses actions qui le jalonnent. Jaya s’attelle à cacher l’Ange qu’elle a trouvé vivant, pour éviter que d’autres personnes n’en tirent profit, ne le vende et ne le tue à des fins expérimentales. Mais c’était sans compter sur les Futurs Déchus, des groupes d’individus qui tentent de capturer des Anges à de mauvais fins. Jaya, sa soeur Rani et leurs deux nouveaux alliés, Allie et son frère Calum, vont tout mettre en oeuvre pour protéger l’Ange qu’ils cachent du danger.

En parallèle de cette histoire principale, Sophie Cameron incorpore à son récit des thématiques secondaires qui pourraient intéresser les jeunes adolescents, première cible de cette histoire : l’homosexualité, à travers Jaya, la maladie pulmonaire d’Allie, le deuil de Jaya et de sa soeur Rani… La tolérance, la solidarité et l’acceptation, de soi et des autres, sont donc des sujets qui reviennent abondamment dans cette histoire.


Un premier tome satisfaisant, où se mêle mystères et actions. De nombreuses interrogations restent en suspens, c’est pour cela que je lirai avec grand plaisir la suite de cette saga fantastique jeunesse. 

Ma note : 7,5/10

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Si seulement, Lucie


Si seulement, Lucie de Vincent Engel

197 pages, éditions Hachette romans, à 13,90€


Résumé : Depuis l’enfance, Lucie porte un secret. Sa tête est pleine de si qui l’empêchent parfois de faire des choix. Lorsqu’elle rencontre Jim, elle voit en lui une sorte d’extraterrestre. Elle le déteste tout de suite car elle sait qu’elle pourrait tomber amoureuse de lui. Jim vit dans ses rêveries. Il s’intéresse à des sujets qui n’intéressent personne et vice-versa. Lorsqu’il croise le regard de Lucie, il sait qu’elle est différente des autres filles. Il sait aussi, à ce moment-là, que sa vie va changer.


Extraits « Chaque jour qui passe, elle me semble incroyablement jolie. Chaque jour qui passe, elle me semble plus belle. Ça aussi, c’est idiot. Ce n’est pas possible. C’est le regard qui évolue. »
« L’espoir, c’est une habitude qui vous colle aux chaussures. Et même aux pieds, lorsque vous enlevez vos chaussures. À votre peau. C’est une forme d’acné. Sauf que ça vous rend beau, l’espoir. Mais ça vous rend aussi triste que l’acné. Désespéré. »

Mon avis : L’histoire se scinde en deux : le point de vue de Lucie, une jeune fille qui a fraîchement déménagé avec ses parents dans une nouvelle maison. Introvertie et mystérieuse, Lucie ne laisse rien paraître de ses sentiments et de sa personnalité. Puis nous avons Jim, le nouveau voisin de Lucie, qui se trouve avoir le même âge que la jeune fille et être dans sa classe. Jim, souriant et très avenant, va tenter de percer à jour le mystère de Lucie. Qui est-elle vraiment ?

Si seulement, Lucie est une histoire plein de douceur, tant dans les mots qu’utilise l’auteur que dans l’histoire en elle-même. C’est un texte calme et apaisant, qui toutefois cache une histoire forte.

Les personnages sont touchants et terriblement attachants : Jim, sympathique petit garçon, serviable et loyal, va tout faire pour mettre en confiance Lucie. J’ai été touchée par les nombreuses marques d’attention qu’il accordait à la jeune fille – l’attendre tous les matins devant la porte de l’immeuble pour qu’ils puissent faire le trajet menant à l’école ensemble… Malgré le silence et le manque d’émotions de la jeune fille, Jim ne se laisse pas démolir, il use de patience et continue à faire ce que lui dicte son coeur. Peu à peu, en grande partie grâce à Jim, nous allons voir éclore ce petit bout de femme qu’est Lucie. Son sourire s’élargie, son coeur s’ouvre, son histoire s’écoule. Le duo Jim et Lucie fonctionne très bien, leur relation, toute en pudeur et en retenue, m’a apaisée.

Bien évidemment, on ressent de nombreux non-dits, de lourds secrets que cache notamment Lucie. Ceux-ci ne sont révélés qu’au dénouement du récit, et nous permettent de comprendre un peu plus le comportement et la personnalité de cette dernière.


Un récit calme, une histoire d’amour douce, qui met en scène deux jeunes protagonistes attachants et touchants. 

Ma note : 7/10

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20, Allée de la Danse : La révérence


20, Allée de la Danse : La révérence de Elizabeth Barféty

155 pages, éditions Nathan, à 10,95€


Résumé : Sofia est désespérée : ses parents vont divorcer et elle se sent responsable. Son père et sa mère étaient en désaccord permanent sur le fait qu’elle étudie loin d’eux, à l’École de Danse de l’Opéra de Paris. Peut-être que tout s’arrangerait si elle rentrait en Italie ? Après tout, là-bas aussi, elle pourrait danser. Mais sans sa bande de copains, ça n’aurait jamais la même saveur et, surtout, serait-elle vraiment prête à renoncer à l’enseignement de la prestigieuse école française ?


Extraits « Heureusement pour Sofia, la vie des élèves de l’École de Danse est très chargée. Ce qui est pratique, quand on n’a pas envie de penser. »
« Tu sais, dit-elle, parfois, on a l’impression que le monde s’écroule toujours autour de nous… Quand les choses changent, ça fait peur. Surtout si on ne l’a pas choisi. »

Mon avis : Je continue ma découverte de la saga 20, Allée de la Danse d’Elizabeth Barféty avec La révérence, qui met sur le devant de la scène la jeune italienne Sofia. Cette saga jeunesse, pour celles et ceux qui ne la connaissent pas, met sur le devant de la scène une bande de copains, élèves à l’école de Danse de l’Opéra de Paris. Chaque tome est consacré à un élève différent.

Dans celui-ci, nous retrouvons donc l’italienne Sofia, dont les parents demeurent à Turin. Sofia est donc interne à l’École, et rentre le week-end dans sa famille d’adoption parisienne, qui s’occupent d’elle le samedi et dimanche. La demoiselle ne rentre chez elle, en Italie, seulement pour les grands événements et pour les vacances scolaires. Elle revient notamment de plusieurs semaines passées avec ses parents à l’occasion des fêtes de fin d’année. Et ce moment, qui aurait dû être joyeux et féerique a tourné à la catastrophe : ses parents lui ont annoncé leur divorce. De retour à l’école, la jeune fille est éffrondrée et à du mal à cacher sa peine. Fort heureusement, elle peut compter sur le soutien indéfectible de l’ensemble de ses camardes, qui vont tout faire pour lui redonner le sourire.

Encore une fois, Elizabeth Barféty nous emmène dans les coulisses de l’École de Danse de l’Opéra de Paris, où l’ambiance est studieuse et les élèves solidaires entre eux. Encore une fois, la joyeuse bande d’élèves va montrer qu’une école de danse, ce n’est pas que de la compétition à longueur de journée, mais c’est surtout des rencontres formidables, des amitiés fortes et du soutien pour les personnes qui en ont besoin.

Dans ce tome-ci, elle traite d’une thématique forte, qui devrait parler à bon nombre de jeunes enfants et adolescents : le divorce de ses parents. C’est un moment très dur à vivre, les changements vont être nombreux, on remet en cause l’ensemble de son quotidien et tout ce que l’on connaissait jusqu’à maintenant. Sofia n’échappe pas à la règle : elle a peur que rien ne soit plus comme avant, elle a peur d’être l’objet du divorce, et surtout, elle a peur de la conséquence que ce divorce pourrait avoir sur sa carrière d’élève au sein de l’école. Car son père, depuis toujours défavorable à son entrée à l’école, souhaite que Sofia se rapproche plus de lui, et revienne vivre en Italie… au grand dam de la jeune fille.


Divorce, peurs, amitié, solidarité… Un tome agréable à lire, qui devrait parler aux jeunes enfants et adolescents.  

Ma note : 6,5/10

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