La vérité sur ce qu’il y a dans ma tête


La vérité sur ce qu’il y a dans ma tête
de Lucie Pierrat-Pajot
253 pages, éditions Auzou, à 14,95€


Résumé : Depuis tout petit, ma vie était fondée sur des certitudes :
1) Même si tout le monde m’appelle le Bizarre au collège, moi je trouve plutôt que c’est le monde qui est bizarre.
2) Je pourrai toujours compter sur ma mère, malgré son côté hippie dans la lune 3) Je pourrai toujours compter sur Lilas, même si ma meilleure amie ne se gêne jamais pour me dire mes quatre vérités.
4) Je pourrais me nourrir exclusivement de Cornicroc’s Sauf qu’apparemment j’avais tort sur tout (sauf sur les Cornicroc’s). Tout a basculé quand un nouveau, Simon, est arrivé dans la classe. Puis ma mère a pris ses distances, et quand ça a été au tour de Lilas, c’était la fin du monde. De mon monde.
Qu’est-ce qu’on peut faire quand toute notre vie vole en éclats ?
C’est peut-être le moment de parler à la personne qui compte le plus au monde pour moi, pour lui dire enfin toute la vérité sur ce qu’il y a dans ma tête.


Extraits« C’est pour ça que j’ai de la chance d’avoir maman, qui trouve que les bizarreries ne sont qu’un point de vue et que c’est aux autres de s’adapter. »

« On fait tout un foin des histoires d’amour qui finissent mal, mais personne n’avoue que les chagrins d’amitié mettent eux aussi le coeur à vif. »


Mon avis : Je ne m’attendais pas à autant aimer. La vérité sur ce qu’il y a dans ma tête est un roman intimiste, profond et sensiblement humain, qui nous plonge dans les méandres de l’esprit de Hyacinthe, notre protagoniste, un garçon réservé et mystérieux. Suite à une dispute dont nous ignorons les tenants et les aboutissants, Hyacinthe décide d’écrire une longue lettre à Violette, sa meilleure amie. Le récit en est le déroulement. Sans chapitre, l’histoire se déroule d’une traite, avec aisance et fluidité, l’auteure sachant manier les transitions avec expertise.

Souvent mis à part, rejeté par ses camarades, Hyacinthe a trouvé du réconfort auprès de Violette, la seule amie qui semble le comprendre et l’accepter tel qu’il est. C’est elle qui se fait la voix du jeune homme lorsque celui-ci est trop intimidé pour se faire entendre. C’est elle qui le rassure, le réconforte, le protège et l’accompagne partout. Tout allait bien dans ce duo pourtant improbable, jusqu’à l’arrivée de Simon (à prononcer Saïmon), un beau jeune homme, nouvellement affectée dans la même classe que les deux amis. D’autant que Simon semble particulièrement intéressé par Violette et inversement, ce qui effraie énormément Hyacinthe. Ce dernier apprend que les deux jeunes gens se fréquentent en cachette, ce qui ajoute une dose supplémentaire de déception, de colère et de tristesse au cœur du garçon, qui voit le Pacte conclut avec sa meilleure amie, totalement floué. C’est l’histoire d’une belle d’amitié que nous livre Lucie Pierrat-Pajot, juste, réaliste et émouvante, qui est faite, comme toutes les histoires, de hauts, mais aussi de bas.

En parallèle, Hyacinthe a des problèmes familiaux liés à sa famille recomposée. Son père, qui, depuis son divorce avec sa mère, a refait sa vie aux Etats-Unis, est de retour en France avec sa nouvelle femme et sa demi-sœur. Il souhaite reprendre contact avec Hyacinthe et le voir fréquemment, renouer des liens ou en créer entre lui et sa nouvelle famille. Enfin, sa mère, chez qui il vit, une hippie collectionneuse d’objets d’arts et de décoration de seconde main, fréquente un homme. C’est une source de peur pour Hyacinthe, qui, après les mensonges de Violette, se sent complètement abandonné et lésé par celles qui comptent le plus pour lui. La peur de l’abandon est une conséquence directe liée à une faible estime de soi et un manque de confiance, qui lui font appréhender constamment le fait d’être rejeté et laissé seul. Il ne connaît pas la quiétude émotionnelle et relationnelle.

C’est pour ça que Hyacinthe m’a beaucoup ému : c’est un jeune homme particulièrement attachant, au travers duquel on peut se reconnaître aisément. On ressent avec puissance la force de ses émotions, à fleurs de peau, constamment stressé, légèrement paranoïaque, c’est aussi un être doux, plein de pudeur, avec de nombreuses peurs, souvent injustifiées, mais tout aussi touchantes. À travers son personnage dénigré et rejeté, l’auteure se fait l’échos du harcèlement scolaire, physique et psychique. Chacun est différent, il faut savoir s’accepter, oser s’affirmer et prouver sa différence, c’est ce qui fait notre force. Au fil du récit, Hyacinthe va s’ouvrir au monde, s’ouvrir à lui-même et aux autres, il va enfin se trouver et trouver dans un même temps le bonheur qu’il cherchait tant.


Un beau récit jeunesse épistolaire sur l’amitié, la différence, le harcèlement, l’abandon. Particulièrement bien écrit, il est composé de personnages émouvants qui m’ont beaucoup touchés. Je recommande cette histoire et lirai avec grand plaisir un autre roman de Lucie Pierrat-Pajot !

Ma note : 8/10

Pour lire plus d’avis

 

ISBN : 978-2-7338-9348-7

Violette au bois des fous


Violette au bois des fous de Madeleine Melquiond
155 pages, éditions Favre, à 15€


Résumé : Un jour de septembre, Violette, journaliste à la retraite, n’a plus trouvé de sel à la vie. Seule dans sa maison de campagne, alors qu’elle s’était imaginée entourée d’enfants et de petits-enfants, elle a eu l’impulsion soudaine de disparaître en avalant des somnifères. Mais la mort n’a pas voulu d’elle. Au terme d’un voyage picaresque dans une ambulance déglinguée, elle débarque dans un hôpital psychiatrique un peu isolé, édifié au milieu d’un bois : c’est le bois des fous. En ce lieu à part, les internés ont adopté un sabir saugrenu qui les différencie du monde « normal » qu’ils vont tenter de réintégrer, un jour ou jamais, selon leur cas. Jadis instituteur, secrétaire ou commercial, ils sont tous momentanément ou indéfiniment des zigs affublés de surnoms hilarants dont ils gratifient aussi le personnel, ce qui favorise leur cohésion.Cet univers cocasse sensibilise Violette à d’autres valeurs et merveilles de la vie. Elle remonte peu à peu des enfers et revient à la lumière, en méditant près d’un arbre.

L’épopée de Violette, inspirée par l’expérience de l’auteure mais qui pourrait aussi être celle de chacun d’entre nous à un moment de vertige, témoigne de la frontière ténue entre la santé mentale et l’accès de folie. Ce livre plein d’humour a aussi le mérite de nous raconter, sans jugement, la vie réelle de ceux dont le désespoir assumé frôle parfois l’art de vivre.


Extraits« À quoi sert de s’opposer au torrent de l’existence, qui charrie la boue et les plus belles fleurs ? »

« C’est une évidence que si les zigs sont des zigs, les fous des fous, nombre d’entre eux sont perspicaces. »


Mon avis : Violette au bois des fous… quelle curieuse histoire… le titre déjà, annonce la couleur (pas Violette) et donne le ton sur l’ensemble du récit : ce sera loufoque, décalé, ce sera original, ce sera absurde, comique. Violette est une vieille dame, journaliste à la retraite, qui vient d’être admise dans un hôpital psychiatrique suite à une tentative de suicide. Là-bas, elle fait la rencontre de personnalité hauts en couleurs, qui portent tous des surnoms excentriques et peu flatteurs : Gros Tas, Moulin à paroles… le sien sera Poésie, en rapport avec son appétence pour l’écriture et son métier passé. Le personnel soignant a également le droit à ses surnoms détournés, qu’ils adoptent sans vraiment avoir leur mot à dire. Le tout renforce la cohésion des internés, qui se sentent plus proches, plus intimes entre eux et s’amusent ouvertement de leurs différences respectives.

L’univers est singulier, on a peu l’habitude de pénétrer dans les confins des asiles de fous. Celui-ci est séparé en plusieurs pavillons, qui accueillent des cas légers, qui ne résideront à l’asile seulement quelques jours ou semaines (tentative de suicide comme Violette, mythomanie…) à très graves, devant être particulièrement surveillés (viols, nymphomanie…). Ces derniers élisent domicile à l’asile pour un temps indéterminé, parfois pour toujours. J’ai été déstabilisée par ce voyage au milieu des bois, dans un cadre presque idyllique, qui fait illusion. 

Malheureusement, je n’ai pas particulièrement adhéré, que ce soit aux personnages, froids, trop excentriques, ou à l’ambiance générale, clinique, impersonnelle, assez sinistre dans l’ensemble. Le récit est quant à lui assez pauvre, puisqu’il n’y a pas de réel fil conducteur, aucune intrigue ou histoire à suivre. Ce sont uniquement des bribes d’instants, où l’on suit avec parcimonie, l’internement de Violette, ses rencontres, ses prises de conscience.


Un récit assez pauvre, où l’on suit une vieille dame dans son parcours d’internement, suite à une tentative de suicide. Je n’ai pas particulièrement adhéré à l’histoire, que j’ai trouvé sans réel intérêt.

Ma note : 4/10

Pour lire plus d’avis

 

ISBN : 978-2-8289-1951-1

Portrait au couteau


Portrait au couteau de Malika Ferdjoukh
234 pages, éditions Bayard, à 13,90€


Résumé : Hiver 1910. Tous les jeudis, la jeune danseuse Marie Legay quitte l’Opéra de Paris et s’en va poser pour le peintre Odilon Voret. C’est un grand homme sombre, terrifiant, qui peint au couteau. Elle l’a surnommé « l’Ogre ». Ce jeudi-là, le destin de Marie bascule dans l’effroi…
XXIe siècle. Antonin et Élisabeth, étudiants en art, observent avec stupeur la jeune fille qui pose pour la classe de dessin. Flavie – c’est son nom – porte en effet, au niveau du coeur, des cicatrices étranges, semblables à cinq coups de couteau.
Quelques jours plus tard, au musée d’Orsay, Antonin découvre, stupéfait, fasciné, un tableau signé Odilon Voret. Intitulé « Le coeur déchiré », il représente une jeune fille assassinée de cinq coups de couteau…
Qui est-elle ? A-t-elle un lien avec Flavie ? Et lequel ?
C’est le début d’une dangereuse enquête, une enquête dans les mystères du temps, qui va mener Antonin, Élisabeth et Flavie bien plus loin qu’ils ne l’imaginaient…


Extraits« Ils ne croisèrent personne sous la bruine, hormis un couple d’amoureux abrité sous un des saules. Antonin ne put s’empêcher de sourire. Tant qu’il y aurait des amoureux, Paris demeurerait Paris. Ces deux-là ignoraient qu’ils étaient le remède imparable au syndrome de Paris des touristes japonais, le séduisant cliché qui soignait de tous les maux. Autant que les saules qui baignaient leurs souples chevelures dans cette Seine au noir scintillant, ou que la pierre blanche illuminée de La Samaritaine, là-haut. »

« Pour lui, le destin était une idée romanesque, mais pas sérieusement envisageable dans la vraie vie. »


Mon avis : Malika Ferdjoukh est une écrivaine française, auteure de nombreux romans jeunesse : j’ai été particulièrement impatiente de découvrir sa plume, que je ne connaissais pas.

Portrait au couteau est une histoire très intéressante, qui mélange les genres. On a tout d’abord un peu d’historique, puisque le récit débute au XXème siècle, en 1910 très précisément, aux côtés d’une jeune fille, Marie Legay, danseuse à l’Opéra de Paris, modèle photo sur son temps libre, et d’un vieil artiste peintre, prénommé Odilon Voret. Marie est particulièrement réfractaire à ces séances de pose, puisque le peintre, qu’elle surnomme « l’Ogre », l’effraie énormément. Mais elle a besoin des sept francs hebdomadaire qu’il lui remet pour s’acheter des équipements de danse. Après sa séance de la semaine, alors qu’elle s’apprête à quitter l’immeuble de cet homme qui l’effraie tant, une personne l’attend dans l’escalier et l’assassine froidement.

Nous quittons brutalement Marie Legay pour atterrir des années plus tard, au XXIème siècle, aux côtés d’Antonin et d’Elisabeth, étudiants aux Beaux-Arts et de Flavie, une jeune modèle photo, qui comporte une singularité : des cicatrices au niveau du coeur. Intrigués, Antonin se rende au musée d’Orsay et tombe nez à nez avec le tableau d’Odilon Voret, Coeur déchiré, qui représente la mort de la jeune Marie Legay. Après une courte enquête, il s’avère que Flavie est l’héritière d’Odilon Voret. Ensemble, les enfants vont tenter de percer le mystère qui entoure la mort de Marie, un siècle plus tôt.

Après le contexte historique du début, le lecteur est embarqué dans une enquête policière trépidante, où se mêle des scènes fantastiques, qui dépassent l’entendement. L’atmosphère est angoissante, le spectre de fantômes décédés cent ans auparavant plane constamment au-dessus de nos esprits. Un triangle amoureux émerge également entre nos trois jeunes protagonistes, ce qui ajoute une intrigue romanesque légère, à la trame principale déjà bien chargée.

J’ai aimé la première partie, alors que j’ai moins accroché à la seconde. Le contexte historique me plaisait beaucoup, la découverte de cultures et de traditions différentes m’enjouaient particulièrement. La seconde partie est moins enrichissante, mais elle n’en reste pas moins agréable à découvrir. Le tout donne un bel aperçu artistique aux jeunes lecteurs, qui pourraient se découvrir des vocations de peintre ou tout simplement leur donner envie d’approfondir leurs connaissances dans le domaine de l’histoire de l’art.

Petit hic pour le dénouement, avec le dévoilement du nom du tueur, qui était plus que prévisible. Je sais que ce récit est destiné aux jeunes, mais il n’empêche qu’une issue plus recherchée et plus surprenante aurait été de meilleur aloi.


Un récit jeunesse intéressant et haletant, qui mélange habilement les genres : historique, policier, fantastique, romance. J’ai beaucoup aimé l’histoire, qui pourrait susciter des vocations artistiques chez le jeune public. En revanche, j’ai trouvé le dénouement peu recherché et bien trop prévisible.

Ma note : 7/10

Pour lire plus d’avis

 

ISBN : 979-1-0363-1934-1

IN MY MAILBOX


In My Mailbox a été mis en place par Kristi du blog The Story Siren et inspiré par Alea du blog Pop Culture Junkie. C’est un moyen de partager les livres reçus chaque semaine dans notre boîte aux lettres ainsi que les livres achetés ou empruntés à la bibliothèque.


 

 

Ça faisait trèèèès longtemps (depuis le mois de novembre), que je n’avais pas publié de IN MY MAILBOX. Il faut dire que ma vie a été assez mouvementée ces derniers mois, d’où le manque de temps pour m’occuper convenablement de mon Blog.


Grâce à Babelio, j’ai pu recevoir et découvrir Les Sirènes d’Es Vedrà de Tom Charbit aux éditions Seuil. Un roman français (le premier de l’auteur), que j’ai déjà lu et chroniqué. Je n’ai malheureusement pas accroché à l’histoire. Vous pouvez (re)lire mon avis en cliquant ici !

Résumé : Les habitants d’Ibiza racontent que les Sirènes auxquelles Ulysse a échappé se cachaient à Es Vedrá, une petite île voisine aux pentes vertigineuses et à la beauté magnétique. Leur chant a depuis été recouvert par le grondement de la musique électronique.
C’est cette musique que Juan a jouée, derrière ses platines, durant une longue nuit de vingt ans. Vingt années à faire danser le monde entier, vingt années de fêtes et d’excès, sans jamais toucher terre.
Les Sirènes d’Es Vedrá est le récit de l’atterrissage en catastrophe d’un homme arrêté au sommet de sa carrière à l’approche de la quarantaine, d’une retraite précipitée, et d’un réveil difficile dans un petit village du sud de l’Ardèche. Mais comment se réinventer quand autour de soi tout s’effondre ? Y a-t-il une vie après la fête ?
Épopée intime pleine d’autodérision d’un homme trop vieux pour avoir encore des illusions mais trop jeune pour faire le deuil d’une autre vie possible, récit d’une révolution intérieure, portrait d’un monde rural en lutte, histoire d’amour tragique inoubliable, ce roman ample et puissant, drôle et émouvant, nous parle de ce que nous sommes, de ce que l’on aimerait être, et de la nécessité de faire face au cours fondamentalement abrupt et cruel de nos existences.


Les éditions Favre m’ont envoyé Violette au bois des fous de Madeleine Melquiond, qui sera sans doute ma prochaine lecture. Une histoire qui s’annonce forte en humour et émotions !

Résumé : Un jour de septembre, Violette, journaliste à la retraite, n’a plus trouvé de sel à la vie. Seule dans sa maison de campagne, alors qu’elle s’était imaginée entourée d’enfants et de petits-enfants, elle a eu l’impulsion soudaine de disparaître en avalant des somnifères. Mais la mort n’a pas voulu d’elle. Au terme d’un voyage picaresque dans une ambulance déglinguée, elle débarque dans un hôpital psychiatrique un peu isolé, édifié au milieu d’un bois : c’est le bois des fous.


Durant le mois de décembre, les éditions Palémon ont mis en jeu sur les réseaux sociaux, chaque jour de la semaine, des livres à gagner. Après plusieurs participations, j’ai eu la chance de remporter l’un de leurs livres. Je leur ai demandé de m’envoyer le livre de leur choix pour le découvrir. J’ai donc eu la surprise de recevoir un roman policier : Le Pont du Diable de Pierre Pouchairet. J’ai particulièrement hâte de voir ce que donne cette maison d’éditions !

Résumé : Ils étaient jeunes, ils rêvaient de paix et de sécurité quand ils ont quitté Kaboul pour Dublin. Après de nombreuses péripéties, alors qu’ils touchaient au but, leur route s’est brutalement arrêtée en Nord-Finistère, dans le Pays des Abers. Aidées par Nasrat, un gamin de douze ans, unique rescapé du drame, la commandant Léanne Vallauri et toute son équipe de la P.J. de Brest vont devoir identifier les auteurs d’un horrible crime.


Enfin, j’ai eu la chance de recevoir à Noël : les 100 villages de France qu’il faut avoir vus édité chez Larousse. Grande voyageuse dans l’âme, je suis particulièrement séduite par cet ouvrage aux splendides photos, qui me donnent déjà pleins d’idées de futurs voyages !

Résumé : Pour voyager et admirer des splendeurs, nul besoin d’aller au bout du monde ! Perchés ou fortifiés, au détour d’une rivière, en bord de mer, à la campagne ou sur les cimes enneigées, les villages français sont plus remarquables et pittoresques les uns que les autres.
De Rocamadour, village médiéval du Lot accroché à sa falaise, à Kaysersberg, joyau coloré de l’Alsace, en passant par Veules-les-Roses, charmante station balnéaire de Normandie baignée par le plus petit fleuve de l’Hexagone, découvrez dans ce livre des sites qui se distinguent par leur bâti, leur situation géographique, un héritage historique, géologique ou encore un panorama, une ambiance…
Laissez-vous conter l’histoire de ces villages, fleurons classés ou moins connus de notre patrimoine, à connaître absolument !


Et vous, depuis le temps, de nouveaux livres ont
fait leur apparition sur vos rayonnages ?

 

Les Sirènes d’Es Vedrà


Les Sirènes d’Es Vedrà de Tom Charbit
331 pages, éditions Seuil, à 19,50€


Résumé : Les habitants d’Ibiza racontent que les Sirènes auxquelles Ulysse a échappé se cachaient à Es Vedrá, une petite île voisine aux pentes vertigineuses et à la beauté magnétique. Leur chant a depuis été recouvert par le grondement de la musique électronique.
C’est cette musique que Juan a jouée, derrière ses platines, durant une longue nuit de vingt ans. Vingt années à faire danser le monde entier, vingt années de fêtes et d’excès, sans jamais toucher terre.
Les Sirènes d’Es Vedrá est le récit de l’atterrissage en catastrophe d’un homme arrêté au sommet de sa carrière à l’approche de la quarantaine, d’une retraite précipitée, et d’un réveil difficile dans un petit village du sud de l’Ardèche. Mais comment se réinventer quand autour de soi tout s’effondre ? Y a-t-il une vie après la fête ?
Épopée intime pleine d’autodérision d’un homme trop vieux pour avoir encore des illusions mais trop jeune pour faire le deuil d’une autre vie possible, récit d’une révolution intérieure, portrait d’un monde rural en lutte, histoire d’amour tragique inoubliable, ce roman ample et puissant, drôle et émouvant, nous parle de ce que nous sommes, de ce que l’on aimerait être, et de la nécessité de faire face au cours fondamentalement abrupt et cruel de nos existences.


Extraits« On ne sait jamais quoi dire à quelqu’un qui souffre. On est juste là à hésiter entre plusieurs options alors qu’on sait très bien qu’elles sont toutes mauvaises. »

« Il y a des choses auxquelles on peut faire face, des douleurs qu’on peut atténuer, des contrariétés qu’on peut relativiser. Et d’autres qui nous tombent dessus, tel un couperet. »


Mon avis : Je remercie sincèrement les éditions du Seuil, ainsi que les équipes de Babelio, pour m’avoir sélectionnée afin de découvrir le premier roman de Tom Charbit. Malheureusement, je n’ai absolument pas accroché, que ce soit à l’histoire, au protagoniste, ou au style d’écriture.

Juan est un DJ internationalement connu, qui mixe aux quatre coins du monde. Continuellement en voyage, il traverse les pays comme le temps à une vitesse fulgurante. Après plus de vingt ans de carrière, les effets dévastateurs de ce rythme fou (drogue, alcool, volume sonore…) commencent à se faire sentir. Juan a notamment des problèmes d’audition, des acouphènes dû au volume exponentielle des sets qu’il jouait. Il décide de se reposer un temps en pleine campagne, au fin fond de l’Ardèche, afin de faire le point sur sa vie et de retrouver un peu de sérénité. Très rapidement, il va nouer des liens avec la population locale et s’imprégner totalement de ce nouveau rythme de vie, paisible, calme et ensoleillé, loin de son quotidien passé. Ce sera l’occasion pour lui de faire le point sur sa relation avec Ana, son ex dont il est toujours amoureux ; mais aussi de raisonner Julian, son jeune poulain, qui suit ses traces dans le monde de la nuit.

J’ai trouvé ce récit assez indigeste. La première partie du récit était pourtant agréable à découvrir, avec un personnage très humain, attachant, qui inspirait pitié et tristesse. Ses problèmes auditifs et sa relation avortée avec Ana sont des sujets de fond qui m’intéressaient, mais que je n’ai plus retrouvé dans la seconde partie, trop mécanique, froide, totalement vide de sens et de sentiments. 

Il faut dire que les sujets sont (trop) nombreux et souvent uniquement abordés, sans être développés ; on se demande alors où se trouve l’intérêt réel du récit. J’ai en tête notamment les grands serments sur le gaz de schiste, produites par les sociétés américaines, qui viennent se placer dans l’histoire par je ne sais quel miracle, sans qu’aucun lien précis ne les y invite. C’est également le cas pour les longues discussions sur les postures vegans, ou bios, qui sont lourdes à lire et en totale inadéquation avec le récit. Ces passages étaient particulièrement barbants, non qu’ils soient inintéressants, mais pas forcément les bienvenus dans cette histoire, que je pensais plutôt intimiste et émotive. Finalement, ce n’est qu’au dénouement que l’on retrouve un peu de l’essence de la première partie, avec un retour sur l’histoire entre Juan et Ana et beaucoup de sentiments, particulièrement les bienvenus. Dommage que l’ensemble du livre n’a pas été écrit dans la même veine que ces scènes-là !

Enfin, globalement, je n’ai pas apprécié le style d’écriture, que j’ai trouvé, de la même manière que les sujets abordés ci-dessus, particulièrement lourd. Des paragraphes entiers s’étalaient, assez inutiles, comme si l’auteur souhaitait remplir des pages et des pages, sans servir l’histoire, qui n’avançait pas d’un pouce. Je pense notamment aux longues séries de descriptions, trop précises et alourdissantes, sur les paysages, l’environnement, les personnages, qui m’ont ennuyées.


Une histoire qui commençait bien, mais les longueurs à répétition et la lourdeur du texte ont vite freinés mon ardeur : je n’ai pas pris de plaisir avec cette lecture. 

Ma note : 3/10

Pour lire plus d’avis

 

ISBN : 978-2-02-148338-3