Elle n’était pas d’ici


Elle n’était pas d’ici de Patrick Poivre d’Arvor

164 pages, éditions Albin Michel


Résumé : « Puisque Solenn a choisi de mettre fin au combat qu’elle menait depuis trois ans contre les démons de sa maladie, je voudrais, comme Patrick, que sa disparition soit un signal d’alarme. J’aimerais que ce livre, écrit dans l’urgence de la douleur, soit un cri vers tous ceux et celles, adolescents ou préadolescents, qui seraient tentés par la terrible impasse du suicide. La souffrance qui se lit dans ces pages, à travers les lettres reçues, est celle, indicible, de Solenn et de milliers d’autres. C’est celle aussi des parents qui assistent, impuissants, à la destruction de leur enfant. Si cette souffrance qui a été la nôtre peut aider tous ceux qui ont été ou vont être confrontés à l’anorexie ou à la boulimie, alors Solenn ne sera pas morte pour rien.  » Véronique Poivre d’Arvor


Extraits : « Écrire, ça soulage. On appuie là où ça fait mal, on se mord la lèvre, mais ensuite, on supporte la douleur. »

« Quand je chante, disais-tu, j’oublie tout, j’y trouve une manière de sérénité.« 


Mon avis : Tout le monde connaît Patrick Poivre d’Arvor, ou PPDA pour les intimes, le présentateur vedette de TF1, qui a animé le journal de 20h pendant plus de 20 ans. Mais peu de personnes peuvent se targuer de connaître une partie de sa vie privée. PPDA n’a pas eu une existence facile. Père de sept enfants, il a du faire face à ce qu’il y a de plus horrible dans la vie d’un père de famille : la mort de deux de ses filles.

Il voit d’abord disparaître Tiphaine, décédée dans son sommeil de la mort subite du nourrisson alors qu’elle était âgée d’un an à peine. Des années plus tard, c’est son autre fille, Solenn, anorexique et boulimique, qui mettra fin à ses jours en sautant devant la rame d’un métro, alors qu’elle était âgée de dix-neuf ans à peine. Comme moyen cathartique pour apaiser ses douleurs, PPDA se jettera à corps perdu dans l’écriture. Il publiera d’abord Lettres à l’absente, un témoignage bouleversant sur la souffrance d’un père, ses angoisses et ses peurs, puis Elle n’était pas d’ici, sorte d’exutoire salutaire où il dévoile tout son amour pour sa fille, sa maladie mentale et ce qu’il a ressenti suite à son décès brutal.

Patrick Poivre d’Arvor et sa fille, Solenn

Il est toujours compliqué de juger un témoignage, d’autant plus quand celui-ci aborde un sujet aussi tragique que le suicide d’un enfant. Je peux dire que j’ai été très émue de découvrir pour la première fois la plume de PPDA, un auteur prolifique, mais peu plébiscité en France. À travers ce recueil, il nous ouvre son coeur et sa vie et raconte, avec beaucoup d’émotions et de pudeur, les jours qui ont suivis et précédés le décès de Solenn. On ressent tout l’amour que ce père porte à sa fille et le regret de son départ précipité.

Plus qu’un élément cathartique pour l’auteur, il souhaitait également que ce témoignage soit bénéfique aux personnes qui, comme lui, auraient eu le malheur de subir la perte d’un enfant. Dans Elle n’était pas d’ici, il regroupe de nombreux extraits de poèmes, des témoignages d’affection et d’amour de ses proches, qui lui redonnent espoir et confiance en la vie.

Solenn s’est suicidée à cause d’une maladie mentale : les troubles de l’alimentation, autrement l’anorexie et la boulimie. Bien que cette maladie ne soit que partiellement évoquée, l’auteur met en garde les parents sur les caractéristiques et les conséquences de cette maladie, et les rassure en quelque sorte : ils peuvent être présents pour leurs enfants, les encourager, les porter, les entourer d’amour… mais ils restent tout de même impuissants et démunis face à la psychée mentale subie par l’enfant. Une maladie bien trop présente dans notre quotidien, véhiculée en grande partie par l’image du corps parfait, l’obsession de la minceur comme gage de beauté.

 


Comment continuer à vivre après le décès brutal d’un enfant ? Le journaliste Patrick Poivre d’Arvor nous offre une belle leçon de courage à travers un témoignage touchant, intime et pudique, où il déclare sans emphase tout l’amour d’un père pour sa fille. Très touchant !

Ma note : 6,5/10

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Beatriz et les corps célestes


Beatriz et les corps célestes de Lucia Etxebarria

317 pages, éditions 10-18


Résumé : « Beatriz tente de faire son chemin amoureux, et son chemin tout court, entre deux lieux, Madrid, sa ville d’origine, et Édimbourg, sa ville d’adoption, et entre deux amies aux corps célestes, Monica, la mangeuse d’hommes compulsive, et Cat, une lesbienne convaincue. A Édimbourg, Beatriz croisera Ralph, et… Et bientôt Beatriz, qui rêvait d’incendies, et qui se brûlait aux grands feux de l’amour, renaîtra de ses cendres, et pourra enfin vivre de quelques braises de passion partagée. En paix avec elle-même et avec les autres, Lucia Etxebarria épingle la comédie humaine, écrit entre le tendre et le cru, et fait superbement rimer amour avec humour. » Nord Eclair

« On retrouve l’auteur d’Amour, Prozac et autres curiosités dans un roman plus dense et émouvant encore qui lui a valu le prestigieux prix Nadal. » 24 heures


Extraits : « N’essaie pas d’ensevelir la douleur : elle s’étendra sur la terre, sous tes pieds, elle s’infiltrera dans l’eau que tu bois et t’empoisonnera le sang. Les plaies se referment, mais il reste toujours des cicatrices plus ou moins visibles qui gênent lorsque le temps change, rappellent l’existence de ta peau, et avec elles le coup qui les as causées. »

« Nos actes et nos amours sont la répétition d’actes et d’amours passés, et c’est pourquoi, dans un livre, nous trouverons toujours une réponse à certaines de nos questions.« 


Mon avis : C’est avec beaucoup de curiosité et aucune attente précise que je me suis lancé dans la lecture de ce roman, qui m’intriguait énormément.

Beatriz a fui Madrid, sa ville d’origine, pour aller faire ses études en Écosse, à Edimbourg. Là-bas, elle y fera la rencontre de Cat, une jeune femme seule, un peu perdue et abîmée par la vie. Les deux jeunes femmes vont cohabiter et partager de précieux moments de bonheur. Mais sa vie à Édimbourg est très éloignée de celle qu’elle menait à Madrid, aux côtés de ses parents et de son amie Monica. Les souvenirs la submergent constamment, lui rappelant avec force les bons moments partagés et surtout son attachement très fort pour sa meilleure amie, qu’elle ne considérait pas véritablement comme une amie.

Fêtes, drogue, alcool, sexe, Beatriz profite de la vie avec excès et liberté. Lucia Etxebarria nous  plonge dans les bas-fonds du proxénétisme, du trafic de drogue et du milieu de la nuit, des milieux marginaux, sombres et très dangereux. Je souhaite vous avertir que ce n’est pas un livre à remettre entre les mains de n’importe qui : l’auteure y parle de drogue comme elle parlerait de chocolat, avec naturel, simplicité et détachement. C’est assez effroyable d’ailleurs, de voir qu’un stupéfiant aussi néfaste soit abordée par la protagoniste comme quelque chose d’indifférent, sorte de pied de nez qu’elle fait aux conventions.

Car Beatriz, notre héroïne, est un peu anti-conformiste. D’abord, elle est bisexuelle : c’est une caractéristique très rarement développée dans les romans et je tenais à le souligner. Beatriz aime les femmes, Monica, Cat, mais aussi les hommes. Elle les aime différemment, mais ne peut pas choisir entre le sexe qu’elle préfère. Aborder la bisexualité de cette manière donne un aspect plus moderne à cette histoire un peu passée et mal vieillie.

Malheureusement, je n’ai pas tellement accrochée à l’héroïne. Elle semble naïve et facilement manipulable, assez antipathique aussi. Ainsi, pour assouvir les désirs de celle qu’elle considère comme Dieu le père, à savoir Monica, junkie et prostituée (bien que ces termes n’aient jamais été écrits clairement le récit), elle est prête à tout lui céder, allant jusqu’à mettre sa propre vie en danger. Dealer de la drogue et en consommer font désormais partie de son quotidien. C’est évident, on n’entre pas dans ce système addictif sans intermédiaire. La cause à une relation malsaine, à savoir sa meilleure amie Monica, qui a sans conteste eu un effet négatif sur la vie de Beatriz. De ce fait, je n’ai pas réussi à accrocher à son personnage non plus. C’est simple : je n’ai pas été émue de leurs histoires, je n’ai pas compatis à leurs peines, ni ressenti quelconque émotions à leur contact.

Sur près de 300 pages, Lucia Etxebarria détaille avec abondance le quotidien de Beatriz. Il ne se passe pas grand chose, c’est parfois redondant et très long. Ma Pile À Lire contient un second roman de cette auteure, Amour, Prozac et autres curiosités, que je lirai certainement un jour… mais pas maintenant ! Je n’attendais rien de particulier de Beatriz et les corps célestes, mais j’ai quand même été assez déçue, donc je patienterai et tenterai d’oublier cette lecture avant d’en débuter un autre de l’auteure.


Amour, sexe, drogue… Beatriz et les corps célestes est une comédie cocasse et cinglante, qui m’a laissé totalement indifférente. Déçue !

Ma note : 4/10

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En attendant Bojangles


En attendant Bojangles d’Olivier Bourdeaut

172 pages, éditions Folio


Résumé : Sous le regard émerveillé de leur fils, ils dansent sur «Mr. Bojangles» de Nina Simone. Leur amour est magique, vertigineux, une fête perpétuelle. Chez eux, il n’y a de place que pour le plaisir, la fantaisie et les amis.
Celle qui donne le ton, qui mène le bal, c’est la mère, feu follet imprévisible et extravagant. C’est elle qui a adopté le quatrième membre de la famille, Mlle Superfétatoire, un grand oiseau exotique qui déambule dans l’appartement. C’est elle qui n’a de cesse de les entraîner dans un tourbillon de poésie et de chimères.
Un jour, pourtant, elle va trop loin. Et père et fils feront tout pour éviter l’inéluctable, pour que la fête continue, coûte que coûte.
L’amour fou n’a jamais si bien porté son nom.


Extraits : « Ceci est mon histoire vraie, avec des mensonges à l’endroit, à l’envers, parce que la vie c’est souvent comme ça. »

« Je travaille tard pour pouvoir m’arrêter tôt, lui répondait-il, ce que j’avais du mal à comprendre.« 


Mon avis : Que celui qui n’a jamais entendu parler de ce livre se dénonce ! En attendant Bojangles est un roman français paru en 2016, qui a reçu non pas un, non pas deux, mais bien trois prix littéraire successifs – et pas des moindres : le prix France Culture – Télérama, le Grand Prix RTL Lire, ainsi que le Prix France Télévision – Roman. Une histoire saluée par la critique et abondamment lu. Après toute l’exaltation et le tapage médiatique qu’il y a eu autour de ce livre, je me faisais une joie de le découvrir à mon tour.

En attendant Bojangles est un roman léger, au style extravagant, qui nous embarque dans la vie du narrateur, un petit garçon qui a la chance d’avoir des parents délurés. Dans leur famille, on ne s’ennuie pas : ils cultivent la joie de vivre et l’humour au quotidien, profitant pleinement de la vie et de tout ce qu’elle a à offrir. Ils dansent constamment sur le titre de Nina Simone, Mister Bojangles, une chanson suave et aérienne, à l’image de leur couple.

En effet, ils vivent un amour fou, dans les sens métaphoriques et réels du terme. Leur histoire d’amour est particulière, farfelue, ils s’aiment à leur manière, une manière personnelle, poétique et très émouvante. Je regrette néanmoins que leurs sentiments, si forts et si beaux à voir, laisse un petit peu en retrait le fruit de leur amour : leur enfant. On peut se questionner sur la place dont il dispose au sein de ce couple si unit. J’avais par moment l’impression qu’il était mis de côté, comme tenu en retrait de tout cet amour, victime consentante des délires de ses parents, qui l’excluait un peu du duo excentriques qu’ils formaient.

Le génie d’Olivier Bourdeaut tend au fait qu’il aborde des thématiques assez graves (la mort, le deuil, la folie), dans un style extravagant, léger et pétillant. Et c’est véritablement tout ce qui fait l’originalité de l’histoire. Ainsi, la folie, cette maladie que personne ne nomme véritablement, mais qui est constamment sous-entendue, fait partie intégrante de cette famille. Ils sont excentriques, se vouvoient entre eux et vouvoient les autres, ils ont un oiseau domestique nommé Mademoiselle Superfétatoire, qui a été ramené d’Afrique par les parents du narrateur. Ils enfreignent les conventions, n’envoient pas leur fils à l’école, font ce qui leur plaît, sans se préoccuper du regard de la société. Dans un sens, j’enviais cette famille avec cette insouciance et ce bonheur enfantin .

En attendant Bojangles est un roman poétique et tendre, qui nous éloigne de la morne réalité pour nous plonger dans une folie gaie, toujours colorée, un imaginaire plein de fantaisie, qui efface totalement la raison. L’auteur nous fait passer à travers une palette d’émotions diversifiées : c’est une histoire tantôt drôle, joyeuse, délurée, qui plonge inéluctablement vers la tristesse, la mélancolie, le tragique… mais je ne vous en dirais pas plus, pour que vous puissiez savourer à sa juste valeur toute l’étendue de la puissance narrative et émotionnelle d’Olivier Bourdeaut. Sachez tout de même qu’il vous faudra prévoir une boîte de mouchoirs, car le dénouement final est totalement inattendu, percutant, fou et tragique, à l’image même de l’ensemble du livre.

Le succès du roman était tel qu’un an seulement après sa parution, une adaptation en bande-dessinée à vue le jour. J’avoue être plutôt curieuse à l’idée de redécouvrir cette histoire de manière plus graphique et animée. Je pense me laisser tenter prochainement par l’achat de cette BD.


Adaptation du roman en bande-dessinée par Ingrid Chabbert et Carole Maurel.
Parution en 2017 aux éditions Steinkis.

Le roman peut se targuer d’avoir eu sa propre adaptation théâtrale, au théâtre de la Pépinière, à Paris, ainsi qu’une prochaine adaptation cinématographique devrait également voir le jour dans les années à venir. De quoi prolonger davantage cette parenthèse bucolique et enchanteresse.


Original et désarmant, En attendant Bojangles est un petit bijoux plein de fantaisie qui nous touche en plein coeur. Un roman peu conventionnel, doux-amer, pétillant et déluré, qui respire la gaieté et la tendresse.

Ma note : 8,5/10

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Bilan du mois

MARS 2020

La dame de l’Orient-Express de Lindsay Ashford (397 pages)
Et ta vie m’appartiendra de Gaël Aymon (328 pages)
Pièces détachées de Phoebe Morgan (381 pages)
Le monstre chez moi d’Amy Giles (393 pages)
Quand j’avais cinq ans je m’ai tué d’Howard Buten (207 pages)
Jusqu’à ce que la mort nous unisse de Karine Giebel (604 pages)
Un secret de Philippe Grimbert (184 pages)
Le jour où j’ai adopté un trou noir de Michelle Cuevas (217 pages)
De mort lente de Michaël Mention (409 pages)
Need de Joëlle Charbonneau (317 pages)
La route de Cormac McCarthy (244 pages)
Mystères à Versailles : Le secret de Margot de Sylvie Baussier et Auriane Bui (62 pages)
Hôtel Castellana de Ruta Sepetys (587 pages)
Mulan, le roman du film (254 pages)
Le gang des rêves de Luca Di Fulvio (943 pages)
Un peu plus loin sur la droite de Fred Vargas (253 pages)
Biélorussie – Dreamland de Nicolas Righetti (184 pages)
Le Premier Amour de Véronique Olmi (281 pages)
La mauvaise herbe d’Agustin Martinez (391 pages)
Le liseur de Bernhard Schlink (242 pages)
Et puis, Paulette… de Barbara Constantine (280 pages)
20, Allée de la Danse : La fête de l’école d’Elizabeth Barféty (156 pages)
La chambre écarlate de Nicci French (568 pages)


23 livres lus, soit 7882 pages


 

MES coupS de coeur du mois :

 

mES DÉCEPTIONS du mois :

La chambre écarlate


La chambre écarlate de Nicci French

568 pages, éditions Pocket, à 7,41€


Résumé : Psychiatre à Londres, Kit est appelée à participer à l’enquête de police sur l’assassinat d’une jeune fugueuse sur les bords du canal. Tous les soupçons se portent sur un certain Michael Doll et la police n’attend d’elle qu’une confirmation scientifique de sa culpabilité. Au moment de dresser son profil psychologique, Kit hésite. Dol est-il vraiment le coupable ? Seule contre tous, en butte à l’hostilité des policiers, Kit refuse de se fier aux apparences. Pour élucider cette affaire, elle devra aller plus loin, dépasser ses préjugés, au risque de réveiller ses propres démons.

Un thriller psychologique porté par une remarquable tension dramatique.


Extraits : « Méfiez-vous des beaux jours. Le mal frappe aussi par les plus beaux jours. Peut-être est-ce le bien-être qui nous rend imprudents. »

« Alors je lui ai dit : « Oui, oui, je crois en Dieu », mais Dieu, ça peut aussi bien être le vent dans les arbres ou les éclairs dans le ciel.« 


Mon avis : Nicci French est le pseudonyme d’un couple de journalistes anglais, prénommés Nicci Gerrard et Sean French, qui ont écrit à quatre mains de nombreux polars.

Dans La chambre écarlate, Lianne, une très jeune SDF, est retrouvée morte au bord d’un canal, poignardée à de nombreuses reprises. Les policiers soupçonnent Mickey Doll, un témoin farfelu et excentrique, qui souffre certainement d’une maladie mentale. Mais la docteure en psychologie Kit Quinn rejette cette idée : sans preuve tangible, ils ne peuvent pas accuser un innocent. Alors qu’elle aide la police dans son enquête, elle va faire le rapprochement avec un second meurtre : celui de Philippa Burton, une maman, tuée en pleine journée alors qu’elle sortait s’amuser avec sa fille dans un parc. Elle va devoir être perspicace pour résoudre cette affaire.

C’est un bon thriller psychologique, dans le sens où il permet de nous détendre et de passer un agréable moment de lecture. Hormis son aspect divertissant, je n’ai pas trouvé d’intérêt particulier à ce polar. Il n’est pas original, ne se démarque pas des milliers d’autres polars produits par d’autres auteurs, les personnages ne sont pas spécialement charismatiques, ni attachants, de sorte qu’on les oublie facilement une fois la dernière page tournée.

Aussi, le livre fait près de 600 pages (dans sa version poche), je m’attendais à beaucoup de rebondissements, à un suspense intenable, qui m’aurait tenue en haleine jusqu’à la toute fin du livre. Mais finalement, en finissant ma lecture, je me suis mise à penser : tout ça pour çà ?! J’ai eu l’impression de tourner beaucoup de pages pour très peu de choses.

Quant au dénouement, à l’image du polar, je l’ai trouvé décevant, trop facile. Il n’est pas assez travaillé, il est bâclé, écrit à la va-vite. Il ne tient absolument pas la route, ne répond pas à toutes les questions que le lecteur a pu se poser durant sa lecture. Bref, en clair, j’ai lu le livre en entier, j’ai passé un moment divertissant, mais je n’en garderai aucun souvenir. 


Un polar trop commun, qui tire en longueur et manque terriblement de souffle.

Ma note : 3/10

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20, Allée de la Danse : La fête de l’École


20, Allée de la Danse : La fête de l’École d’Elizabeth Barféty

156 pages, éditions Nathan, à 10,95€


Résumé : C’est bientôt la fête de l’École. Les élèves qui le souhaitent peuvent créer leur propre spectacle – et pas forcément de danse classique !
Zoé prend cela très au sérieux : elle veut mettre en scène une comédie musicale qui raconte la vie à l’École. Mais certains pensionnaires lui mettent des bâtons dans les roues…


Extraits : « C’est vrai que ça fonctionne bien quand on travaille ensemble, plutôt que l’un contre l’autre. »

« Pour créer, il est nécessaire d’avoir de la personnalité, de la folie… mais pour danser, il faut aussi écouter les autres, apprendre, servir ses partenaires.« 


Mon avis : Et hop ! Lecture du quinzième tome de la saga 20, Allée de la Danse que j’adore ! Décidément, je n’arrive plus à m’en passer et j’enchaîne les tomes avec rapidité !

Dans La fête de l’École, les élèves doivent organiser leur fête de fin d’année. Ils ont carte blanche pour créer de toute pièce un spectacle. Zoé, enthousiaste et pleine d’idées, propose de réaliser une comédie musicale, où les élèves danseraient et chanteraient dans des tableaux représentants la vie quotidienne à l’école de danse. Son idée fait partie de celles choisies par les élèves : accompagnée de la sévère et rigide Doris et de l’exubérant Ivan, ils vont devoir s’improviser metteurs en scène. Mais leur collaboration va s’avérer plus compliquée que prévue…

Comme d’habitude, l’histoire est agrémentée de magnifiques illustrations en noir et blanc, ainsi que de quelques petits dessins en début de chaque chapitre. J’aime beaucoup ces esquisses, qui donnent encore plus de vie au récit.

 

Encore une fois, Elizabeth Barféty m’a conquise. La fête de l’École, c’est léger, c’est festif, divertissant, rempli d’ondes positives et de bonne humeur. Tout ce qu’il me fallait pour affronter cette période difficile de confinement. Bien évidemment, comme dans chacun des tomes de cette saga, l’auteure aborde des thématiques spécifiques : l’amitié et l’entraide dans Première ou rien,  le racisme et la différence dans Le rêve américain, ou encore les relations parents-enfants dans La révérence. Ici, c’est l’entraide, le travail d’équipe et la solidarité qui priment.

L’auteure souhaitait prouver aux plus jeunes – et aux adultes, aussi -, que, comme le dit si bien le proverbe « Seul, on va plus vite, mais ensemble on va plus loin ». Alors qu’ils sont censés former une équipe soudée, Ivan et Zoé se lancent dans une guerre frontale basée sur une surenchère d’idées et un dénigrement des propositions de l’autre.  Bien vite, ils vont comprendre que leur but est le même et que pour l’atteindre plus facilement, ils vont devoir s’entendre et collaborer.


Un tome festif et gai, rempli d’ondes positives. Les petits rats doivent mettre en place le spectacle de fin d’année de l’école de danse et ils n’y arriveront qu’à force d’entraide, de solidarité et de travail d’équipe. J’ai beaucoup aimé les valeurs partagées.

Ma note : 7,5/10

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Et puis, Paulette…


Et puis, Paulette… de Barbara Constantine

280 pages, éditions Le Livre de Poche, à 6,60€


Résumé : Ferdinand vit seul dans sa grande ferme vide. Et ça ne le rend pas franchement joyeux.
Un jour, après un violent orage, il passe chez sa voisine avec ses petits-fils et découvre que son toit est sur le point de s’effondrer. A l’évidence, elle n’a nulle part où aller. Très naturellement, les Lulus ( 6 et 8 ans ) lui suggèrent de l’inviter à la ferme. L’idée le fait sourire. Mais ce n’est pas si simple, certaines choses se font, d’autres pas…
Après une longue nuit de réflexion, il finit tout de même par aller la chercher.
De fil en aiguille, la ferme va se remplir, s’agiter, recommencer à fonctionner. Un ami d’enfance devenu veuf, deux très vieilles dames affolées, des étudiants un peu paumés, un amour naissant, des animaux. Et puis, Paulette….


Extraits : « Au fait. Si un jour il devait raconter à quelqu’un ce qu’il a ressenti après le départ des enfants, il dirait sûrement qu’une fois la dernière valise chargée, les derniers baisers donnés aux petits et la porte refermée, un grand trou s’est creusé sous ses pieds, un trou noir, plus profond qu’un puits. Et que le vertige qui l’a envahi à cette seconde ne l’a plus lâché depuis. Ferait partie intégrante de sa vie désormais. Il l’a bien compris.
Mais il y a peu de chance qu’il parle un jour de ça.
Pas son truc de se mettre à poil devant qui que ce soit.. »

« Et puis, Simone. Qui fait sa cheftaine, juste parce que c’est la plus jeune des deux et qu’elle tient encore la forme. Énervante. En même temps, tout ce qu’elle fait, c’est pour Hortense, ça part d’un bon sentiment, on ne peut pas lui en vouloir. Elle a tellement peur de la perdre, la pauvre. Sûr et certain que le jour où ça arrivera, elle se laissera mourir, direct, rien ne la retiendra plus. C’est comme ça quand on passe autant d’années collé à quelqu’un ! On n’a plus de vie personnelle.« 


Mon avisIls s’appellent Guy, Ferdinand, Marceline, Muriel, Simon, Hortense, Kim et vivent ensemble dans la grande ferme de Ferdinand, qui s’est retrouvé seul suite au décès de sa femme. Marceline, sa voisine, vivait dans une maison vieillie et délabrée, qui n’était clairement plus habitable. Ferdinand l’a invité venir habiter chez lui avec ses animaux, le temps de faire réparer sa demeure. Il a également convié Guy, qui s’est retrouvé seul après la mort de sa femme. Sont ensuite venues s’ajouter Simon et Hortense, aussi appelées les soeurs Lumières, deux petites vieilles dames qui vivent et travaillent ensemble depuis plus de soixante-dix ans. Puis, pour s’occuper de tout ce petit monde vieillissant, ils ont conviés Muriel, une jeune femme en école d’infirmières, pour faire les soins quotidiens à Hortense, accablé par l’âge et la maladie. Pour compléter ce tableau incongru, vient finalement s’ajouter Kim, un jeune garçon en école d’agriculture, qui vient aider Marceline dans son activité de maraîchère. Ensemble, ils vont vivre des moments heureux, oubliant momentanément les problèmes de la vie quotidienne.

En cette période noire de confinement, j’avais besoin d’une lecture légère, qui puisse me redonner le sourire et la joie de vivre. Je pense que Et puis, Paulette… était un bon choix. C’est une histoire feel good, légère et tendre, qui donne le sourire et réconforte les coeurs.

Malheureusement, je n’ai pas tellement accroché aux différents personnages : ils sont vraiment très nombreux, chacun à un passé, une histoire et des problèmes, des valeurs différentes à transmettre, ce qui fait qu’on s’emmêle facilement les pinceaux. Plus d’une fois, je me suis prise à réfléchir sur le rôle de tel ou tel personnage. Aussi, compte tenu de leurs histoires respectives, parfois tristes ou touchantes, je pensais être attendrie et émue. Mais je suis restée de glace, un peu absente, survolant distraitement l’histoire, sans vraiment m’attacher ni ressentir d’émotions. De plus, j’ai trouvé la fin de l’histoire un peu bâclée, écrite à la va-vite, qui arrive comme un cheveu sur la soupe, sans transition ni réel intérêt.

Cela n’en reste pas moins une bonne histoire, qui permet de passer un agréable moment de lecture et de s’immerger dans un univers où règne gaieté, solidarité et bonne humeur. L’auteure nous donne une jolie leçon de tolérance et de partage, en mélangeant les générations et les sujets de société. Tous vivent sous le même toit, se respectent, s’entraident et viennent à véritablement s’apprécier les uns les autres : la si redoutée solitude liée à la vieillesse n’a pas sa place dans ce livre !  Pour ces quelques heures d’évasion, si bienvenue en cette période, je vous dis merci Barbara Constantine !


Barbara Constantine entremêle les générations dans un récit feel good, tendre, rempli d’amour et de tolérance, qui réconforte et fait sourire. Ce n’est pas de la grande littérature, mais ça détend et apporte un peu de gaieté dans notre quotidien. 

Ma note : 5,5/10

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