Le bonhomme de neige


Le bonhomme de neige de Jo Nesbo
583 pages, éditions Folio policier


Résumé : Oslo, novembre 2004, la première neige tombe sur la ville. Dans le jardin des Becker, un bonhomme de neige fait irruption, comme sorti de nulle part. Le jeune fils remarque qu’il est tourné vers la maison et que ses grands yeux noirs regardent fixement leurs fenêtres. Dans la nuit, Birte, la mère, disparaît, laissant pour seule trace son écharpe rose, retrouvée autour du cou du bonhomme de neige…
Dans le même temps, l’inspecteur Harry Hole reçoit une lettre signée «le bonhomme de neige» qui lui annonce d’autres victimes. Plongeant son nez dans les dossiers de la police, Harry met en lumière une vague de disparitions parmi les femmes mariées et mères de famille de Norvège. Toutes n’ont plus donné signe de vie le jour de la première neige…
D’une sobriété étonnante, Harry Hole va se retrouver confronté, pour la première fois de sa carrière, à un tueur en série agissant sur le territoire norvégien et qui le conduira jusqu’au gouffre de sa folie…


Extraits« Parfois, on ne sait pas ce que l’on cherche avant de l’avoir trouvé. »

« C’est rationnel d’avoir peur de ce qu’on ne connaît pas. Celui qui ne suit pas ce principe ne vit pas longtemps. »


Mon avis : Le bonhomme de neige est le septième tome de la saga de l’Inspecteur Harry Hole, écrit par le norvégien Jo Nesbo. C’est un auteur de polars connu et reconnu dans le monde entier, dont j’entendais beaucoup de bien. Ses romans policiers peuvent se lire indépendamment les uns des autres, comme c’est le cas pour celui-ci.

Nous faisons la connaissance de l’inspecteur Harry Hole, en charge de résoudre une drôle d’enquête : des femmes disparaissent autour de la capitale norvégienne, retrouvée quelques temps plus tard mystérieusement assassinées. Le seul point commun à ces disparitions : la découverte de bonhommes de neige à proximité des scènes de crime.

L’enquête est trépidante, les actions s’enchaînent à un rythme effréné, sans temps mort. Seules les cent dernières pages étaient un peu plus longues à lire ; le récit s’essoufflait un peu, je commençais à m’ennuyer. Bien que dans l’ensemble, j’ai beaucoup aimé suivre l’enquête du bonhomme de neige, après quelques semaines, il ne me reste que de vagues bribes de souvenirs du récit. Ce qui signifie qu’il était agréable à lire, mais pas spécialement mémorable non plus. De même, l’ensemble des personnages, bien qu’assez sympathiques, n’étaient pas spécialement attachants. Ils sont restés distants, froids, ils ne m’ont pas charmés.


Un thriller bien construit et addictif, qui manquait quand même d’originalité dans la forme de l’histoire et de substance dans la construction des différents personnages. 

Ma note : 7/10

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ISBN : 978-2-07-045865-3
Traduction : Alex Fouillet

L’été de tous les possibles


L’été de tous les possibles de Jennifer Niven
448 pages, éditions Gallimard jeunesse


Résumé : Le divorce de ses parents à digérer, une amitié trahie à encaisser et les vacances de ses rêves annulées… L’été s’annonçait plutôt mal pour Claudine, condamnée à traîner son mal-être sur une île perdue sans aucun réseau. Sa rencontre avec Jeremiah va tout changer.


Extraits« Tu as été mon premier. Pas seulement pour le sexe, même si c’est un tout, mais le premier à voir clair en moi, au-delà des apparences.« 

« Parce que, après un deuil, on est comme un fantôme dans son propre corps. On se voit dire et faire des choses en spectateur. On a besoin de quelque chose pour revenir sur terre, se prouve qu’on est toujours en vie. Pour ressentir une émotion. Quelle qu’elle soit. »


Mon avis : Claudine se souviendra de cet été à tout jamais. En effet, c’est l’un des plus durs qu’elle aura a supporter de sa vie : ses parents divorcent, c’est tout son monde qui s’écroule. Pour pallier à cette nouvelle, sa mère l’emmène avec elle en vacances durant un mois sur une île isolée, sur la trace de leurs ancêtres. Là-bas, totalement coupée du monde extérieur, Claudine va se recentrer sur elle-même et tenter de se reconstruire tant bien que mal. Fort heureusement, elle pourra compter sur l’aide de ses nouveaux amis, travailleurs saisonniers sur l’île, et en particulier sur Jeremiah, un jeune homme particulièrement séduisant, avec qui elle va vivre une douce romance.

J’ai beaucoup aimé suivre l’évolution de l’histoire d’amour qui se noue sous nos yeux. Tout en pudeur, douceur et poésie, Claudine et Jeremiah vont se rapprocher, apprendre à se connaître, se chercher, se séduire. Leur jolie histoire n’est pas sans rappeler les amourettes d’été que chacun d’entre nous a déjà dû connaître un jour ou l’autre. On ressent avec clarté toutes les émotions qui traversent Claudine face à ce premier amour : l’expérience nouvelle, la peur de la séparation, l’espoir des sentiments réciproques, la joie de partager des choses à deux.  Fatalement, comme toutes les bonnes choses ont une fin, le nuage noir de la fin des vacances pèse constamment au-dessus de leur tête. Un compte-à-rebours qui les pousse à profiter au maximum du temps qui leur est accordé d’être ensemble.

En parallèle de ces premiers émois d’adolescents, c’est une véritable crise familiale que Claudine et sa mère traversent. Le pilier de la famille a décidé de se séparer d’elles ; une situation difficile à comprendre, à expliquer, à accepter, mais pourtant bien inévitable. Elles vont devoir faire face à deux, continuer à vivre, essayer de pardonner et se reconstruire malgré tout. Fort heureusement, Claudine trouve dans ses nouveaux amis, un soutien indispensable face à cette situation exceptionnelle.

Le récit prend place dans un cadre particulièrement paradisiaque : au coeur d’une petite île sauvage, reculée, peu touristique, où le réseau Internet a du mal à passer, où l’authenticité des lieux et des habitants permettent de se déconnecter des tracas habituels pour se reconnecter à l’essentiel. Les lieux sont propices à la rêverie, à l’évasion, mais ils sont aussi source de mystères. En effet, nos deux protagonistes ont des ancêtres qui ont naguère vécues sur cette île : elles cherchent à en découvrir plus sur leurs histoires respectives.


Une romance émouvante, pleine d’émotions, sur les premiers émois des amours de vacances, le déchirement d’une famille, la reconstruction, la quête de soi. J’ai beaucoup aimé le cadre paradisiaque de l’histoire, l’ambiance légère et poétique des lieux, qui fait de ce récit un livre parfait pour l’été !

Ma note : 8/10

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ISBN : 978-2-07-515263-1
Traduction : Vanessa Rubio-Barreau

Le dernier enfant


Le dernier enfant de Philippe Besson
205 pages, éditions Julliard, à 19€


Résumé : Un roman tout en nuances, sobre et déchirant, sur le vacillement d’une mère le jour où son dernier enfant quitte la maison. Au fil des heures, chaque petite chose du quotidien se transforme en vertige face à l’horizon inconnu qui s’ouvre devant elle.


Extraits« Patrick dit : on dort dans le même lit, on vit sous le même toit, ça sert à quoi se de dire bonjour, tu peux m’expliquer ?
Il n’a pas tord. Quand même, elle appréciait cette convivialité, la regrette un peu.
« 

« C’était ça, les vacances, être ensemble, les uns avec les autres, les uns sur les autres, oui, comme Théo l’a dit, tout partager, ne plus être séparés par des cloisons, des habitudes. »


Mon avis : Anne-Marie est mère de trois enfants. Le jour où son petit dernier, Théo, quitte le nid familial pour poursuivre ses études dans une grande ville, Anne-Marie le vit très mal. Elle sombre dans une sorte de solitude dépressive, n’a plus goût à la vie, se sent vidée, inutile, abandonnée. Elle ressasse avec amertume les souvenirs de cette vie passée, de son petit garçon, qui a grandit bien trop vite.

J’ai été très émue de cette lecture, tant par les émotions qui se dégagent des personnages, mais surtout parce que c’est une situation presque identique à celle que je vis actuellement. Fille aînée d’une famille de deux enfants, je quitte le nid familial peu après mon petit frère, pour voler de mes propres ailes dans ma vie professionnelle. Mes parents se retrouvent donc seuls dans une grande maison vide, où nous avons pu partager de merveilleux souvenirs inoubliables. Ainsi, grâce à cette lecture, je peux me mettre à la place de ma mère (et de mon père), comprendre ce qu’ils ressentent et comment ils vivent ces départs successifs. 

Bien qu’ici, le départ du petit dernier affecte très durement la mère, Anne-Marie, qui, sur un coup de tête, est prête à faire une très grosse bêtise. Son mari, plus rationnel, moins sentimental sans doute, reste la tête sur les épaules et continue sa vie quotidienne comme si ce dernier départ ne le touchait pas tant que ça. Mais peut-être est-ce ce que l’on appelle le fameux cordon qui relie la mère et ses enfants, ce lien maternel fort que ne peuvent comprendre les hommes. La divergence de comportement entre le mari et sa femme est en tout cas intéressante à observer et à analyser. 


Un roman très court, réaliste et émouvant, sur le départ du dernier enfant de la maison familiale.  Les mamans se retrouveront certainement dans ce récit poignant.

Ma note : 7,5/10

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ISBN : 978-2-260-05467-2

Bilan du mois

JUIN 2021

Ranee, Tara, Sonia, Chantal, Anna de Mitali Perkins (344 pages)
On te retrouvera de Samantha Downing (413 pages)
Les murmures de la scène de Marine Chaparro (519 pages)
Bonjour, Verônica de Ilana Casoy et Raphael Montes (375 pages)
Allie, tome 3 : Les vraies amies de Meg Cabot (204 pages)
Les Enfants des Otori, tome 1 : Les guerriers orphelins de Lian Hearn (385 pages)
Clara catastrophe : Des lapins partout ! de Alice Pantermüller et Daniela Kohl (184 pages)


7 livres lus, soit 2424 pages


mA DÉCEPTION du mois :

Clara catastrophe : Des lapins partout !


Clara catastrophe : Des lapins partout ! de Alice Pantermüller et Daniela Kohl
184 pages, éditions Sassi junior, à 9,90€


Résumé : Clara est une jeune fille comme les autres. Pourtant, elle semble avoir le don de s’attirer des ennuis. Surtout depuis que sa maman lui a offert une flûte indienne.
En cours, des phrases gênantes apparaissent au tableau comme par enchantement, et son plat préféré a tout à coup un affreux goût de choux de Bruxelles…
Comme si cela ne suffisait pas, Clara s’est fixé une mission : elle veut à tout prix un animal de compagnie ! Elle a un plan. Pourvu que la maudite flûte ne s’en mêle pas !


Extraits« YOUPI !!! Aujourd’hui, je suis entrée en sixième ! À partir de maintenant, finie l’école primaire : je vais au Collège Prosper Périmée !« 

« Je veux à tout prix un animal, moi aussi. Et j’en aurai un ! Je me passerai de l’aide de Charlie. De toute façon, les lapins, c’est nul. Haaaa ! Moi, ce que je veux, c’est un tout petit mini mouton. »


Mon avis : J’ai pris un immense plaisir à suivre les aventures plus ou moins catastrophiques de la jeune Clara. Cette petite fille, qui vient de faire son entrée au collège, est pleine d’énergie et de vitalité… peut-être un peu trop par moments. Elle semble s’attirer les ennuis et s’empêtrer sans le vouloir dans des situations toujours plus gênantes. Clara vit avec ses parents et ses petits frères jumeaux, qui ne font que des bêtises et ils abritent sous leur toit Esther, une tortue encombrante, que Clara n’apprécie que moyennement. Ce qu’elle souhaite par dessus tout, c’est avoir un autre animal de compagnie rien qu’à elle : un chien, un lapin, ou même un tout petit mouton. Mais ses parents refusent catégoriquement. Du coup, la jeune fille va ruser pour parvenir à ses fins. En parallèle, elle sera aux prises avec ses leçons de flûte à bec, que sa mère lui imposent, mais qu’elle exècrent. Malgré ses nombreuses tentatives pour se débarrasser de sa flûte, cette dernière semble réapparaître comme par magie dans la vie de Clara et semer la zizanie dans son quotidien.

Nous suivons donc Clara dans sa vie quotidienne, que ce soit à la maison, avec sa famille, ou avec sa meilleure copine  Charlie, elle nous embarque dans des aventures loufoques et hilarantes. J’ai beaucoup aimé le personnage de Clara, petite fille maligne pour son âge, un peu rebelle tout de même, mais surtout très drôle. Les scènes comiques se succèdent à un rythme fou – je pense notamment à la multiplication des lapins chez Charlie, à l’apparition toujours inopportune de la tortue Esther, ou encore au toilettage original du chien de la voisine. Autant de situations qui, même en tant qu’adulte, m’ont beaucoup fait sourire.

Le récit est dynamique, totalement adapté à un jeune lectorat, qui ne risque pas de s’ennuyer. D’autant qu’il est continuellement accompagné de dessins en noir et blanc, qui viennent illustrer et/ou compléter le récit, apportant une dose d’humour supplémentaire à l’histoire d’origine. J’ai beaucoup apprécié ces croquis et leurs mises en scène originale !


Un roman graphique dynamique et rythmé, où l’on fait la connaissance de Clara, une jeune héroïne attachante au caractère déjà bien trempé pour son âge, qui nous fera rire de ses bêtises. Je lirai la suite des aventures de Clara catastrophe avec grand plaisir !

Ma note : 7,5/10

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ISBN : 978-88-303-0580-9
Traduction : Marion Roman