Le flambeur de la Caspienne


Le flambeur de la Caspienne de Jean-Christophe Rufin
321 pages, éditions Flammarion, à 19,50€


Résumé : Habitué aux destinations calamiteuses, Aurel, le petit Consul, est pour une fois affecté dans un lieu enchanteur : Bakou, capitale de l’Azerbaïdjan, est une ville pleine de charme au climat doux, au luxe élégant. Mais la tranquillité d’Aurel sera de courte durée… Le chef de poste de l’ambassade semble décidé à se débarrasser de lui. Quel secret peut bien cacher cet homme brutal et autoritaire ? Y aurait-il un lien avec la mort de son épouse, récemment victime d’un tragique et mystérieux accident, et dont le spectre plane au-dessus de l’ambassade ? Il n’en faut pas plus pour qu’Aurel se lance dans une enquête plus folle que jamais. Ce qui ne sont au départ que de fragiles intuitions prendront, entre mafias locales et grands contrats internationaux, l’ampleur d’une affaire d’État.


Extraits : « Aurel avait conscience depuis toujours que la téléphonie mobile est un redoutable moyen de contrôle. Dans sa stratégie visant à se soustraire au travail, il était indispensable de ne pas tomber dans ce piège. »

« Il faut se méfier des gens qui n’ont rien à perdre, monsieur l’Ambassadeur. Ils sont capables de tout. »


Mon avis : Les énigmes d’Aurel le Consul est une série d’enquêtes écrites par Jean-Christophe Rufin, qui met en scène un consul étonnant, qui semble faire une tournée des ambassades. Les différents tomes peuvent se lire séparément, comme je l’ai fait, mais il est fortement conseillé de commencer par le première pour mieux cerner le héros et s’y attacher plus rapidement. Dans ce troisième tome, Aurel est envoyé à Bakou, la capitale de l’Azerbaïdjan, un pays encastré entre la Russie, l’Iran, la Turquie, l’Arménie et la Géorgie. C’est un pays méconnu par les européens, souvent décrié, dans lequel Aurel est catapulté contre son gré, pour y remplir un rôle qu’il ne souhaite pas. Le seul avantage : Bakou se situe au bord de la mer Caspienne, un cadre idyllique qui favorise la rêverie et l’évasion.

Là-bas, il est abominablement accueilli par l’ambassadeur français, monsieur de Carteyron, qui lui témoigne hostilité et dédain. En bref, il a eu vent des antécédents d’Aurel et ne souhaite pas collaborer avec lui. Une attitude que notre héros met d’abord sur le compte du deuil, puisque l’ambassadeur vient de perdre sa femme dans un accident sordide, mais son comportement méprisant et sa méchanceté évidente à son encontre éveille immédiatement la curiosité de notre détective préféré : l’ambassadeur cache quelque chose qu’il ne souhaite pas voir mettre à nu. Aurel va mener son enquête auprès du personnel de l’ambassade, avec pour complice toute désignée : Amélie Laugier, qui détient un poste haut placé et était très proche de feu madame de Carteyron.

Aurel est un protagoniste haut en couleurs, totalement décalé et improbable, il peut se montrer comme un parfait idiot, mais il cache, en réalité, de véritables capacités d’analyse, de synthèse et de raisonnement. Même s’il se montre solitaire, peu sociable et particulièrement maladroit en société, il dégage un bon fond, beaucoup de gentillesse et d’empathie. J’ai quand même eu beaucoup de mal à le cerner et à m’attacher à lui, tant sa personnalité est complexe. Peut-être qu’en commençant par le premier tome, j’aurais plus apprécié le Aurel du troisième…

Quant à l’enquête, rien de très original, pas de suspense particulier, ni de tension narrative. Tout réside dans la tonalité du récit, à la limite de l’ubuesque, avec un personnage énigmatique, un peu marginal, qui évolue dans un pays à l’histoire chargée. Là-dessus, Jean-Christophe Rufin a réussi son pari : il nous embarque dans un pays reculé, où la tension des guerres passées est encore bien présente. L’ascendance soviétique y est encore marquée, via la mafia russe et ses filatures, ses mises sur écoute et tout le pan renseignement et surveillance qui va avec ; tout comme la censure et la prison pour les journalistes un peu trop fouineurs. Les méchants semblent redoutables à côté de notre petit consul, qui me renvoie l’image d’une chèvre égarée et inoffensive, qui se retrouve là par hasard, sans comprendre ce qui lui arrive. Le contraste est saisissant et prête particulièrement à rire.


Une histoire drôle et décalée, agréable à découvrir, avec un héros peu commun, mais qui ne laisse pas un souvenir impérissable. L’enquête était trop banale, pas assez marquée, vite oubliée.

Ma note : 6/10

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ISBN : 978-2-0814-2847-8

Blackout à New York


Blackout à New York de Dhonielle Clayton, Tiffany D. Jackson, Nic Stone, Angie Thomas, Ashley Woodfolk et Nicola Yoon
318 pages, éditions Nathan


Résumé : Quand la lumière s’éteint, les cœurs s’allument…
Un été caniculaire à New York – et voilà qu’une gigantesque panne d’électricité plonge toute la ville dans le noir. Mais tandis que la confusion règne, c’est un autre genre d’étincelles qui vient illuminer l’obscurité…
Des inconnus que le hasard réunit. Des amis de longue date. Des ex forcés de cohabiter. Dans le noir, plus la peine de tricher, chacun peut révéler sa vérité, ses sentiments. L’amour s’expose, l’amitié se transforme.
Tammi, JJ, Nella, Lana, Kayla, Seymour… De Manhattan à Brooklyn, les pas de ces adolescents noirs se croisent, s’éloignent et se rejoignent dans la ville bloquée, brillant comme autant de flammes.


Extraits : « Mais d’un coup, je décide qu’on ne peut pas être courageux si on n’a pas un peu peur. »

« Si je suis pas capable de m’aimer et de m’accepter tel que je suis, comment je pourrais m’attendre à obtenir ça des autres ? »


Mon avis : Six auteures américaines se sont regroupées pour écrire des nouvelles autour d’une base commune : une panne d’électricité survient en plein été à New York. C’est la débandade. Dans tout ce chaos, plusieurs jeunes noirs vont se rencontrer, se rapprocher et passer une des plus belles soirées de leur vie. À travers le noir crépusculaire apporté par la panne, de belles lumières vont s’allumer dans les coeurs de nos protagonistes. Un fil rouge qui va donner lieu à six interprétations différentes de l’histoire. Parmi ces six auteures, certaines ne vous sont certainement pas inconnues. Je pense notamment à Angie Thomas et Dhonielle Clayton, qui sont particulièrement connues pour leurs romans jeunesses qui mettent en scène de jeunes protagonistes noirs et prônent le vivre-ensemble, l’intégration et la diversité.

Blackout à New York met en scène exclusivement des personnages noirs. D’ailleurs, la note de début le précise, ce livre est dédié « à tous les jeunes Noirs du monde : vos joies, vos histoires, votre amour et vos vies comptent. Vous êtes une lueur d’espoir dans l’obscurité. » Pour être tout à fait franche, je me suis sentie instantanément exclue en lisant ce préambule, puisque je pensais que ce livre pouvait être une propagande pro-noir et anti-blanc. Mais que nenni ! On y retrouve donc des personnages noirs, chose assez rare dans les romans, qui vont vivre une nuit exceptionnelle, remplie d’émotions et de beaucoup d’amour. Le but de ce récit n’est pas de pointer du doigt le racisme, la violence et toutes les formes de ségrégations qui peuvent exister envers les personnes noires, mais bien de montrer qu’elles sont exactement comme les autres et qu’elles aussi vivent des histoires d’amour similaires aux personnes blanches. De surcroît, les auteures ne se contentent pas de mettre en scène des couples hétérosexuels, mais elles écrivent aussi autour de couples homosexuels et même bisexuels : j’espère que la diversité des attirances sexuelles, couplée à des personnes de couleurs, va ouvrir la conscience et l’esprit de certains lecteurs.

Sur le moment, j’ai été conquise par les différentes histoires qui naissent sous nos yeux. On ne peut qu’être touchés par les sourires et les gestes tendres, la pudeur de nos jeunes protagonistes, les premiers émois, les doutes qui les assaillent… mais les nouvelles étant ce qu’elles sont, c’est-à-dire très courtes, cela ne nous laisse absolument pas le temps de nous attacher aux personnages. Aussi, on voit certains couples se former, sans pour autant savoir qui ils sont, ce qu’ils ont traversé et ce qu’ils vont devenir. C’est bien dommage, car certains auraient mérités d’être développés.


Un roman choral à 12 mains, qui met en scène des personnages exclusivement noirs, qui vont vivre de jolies histoires d’amour. Des nouvelles lumineuses, qui prônent la tolérance et le vivre-ensemble. Elles auraient méritées d’être développées individuellement.

Ma note : 6,5/10

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ISBN : 313-309-223695-2
Traduction : Nathalie Bru et Lucie Calmanovic-Plescoff

Coule la Seine


Coule la Seine de Fred Vargas
123 pages, éditions J’ai Lu


Résumé : « Ton collègue blond est assez emmerdant mais je l’aime bien, et puis il est généreux. Il se pose des questions sans fond, il s’inquiète et ça fait le bruit des vagues. Toi en revanche, tu fais le bruit du vent. Ça se voit à ta manière de marcher, tu suis ton souffle. Ton ami blond voit une flaque. Il s’arrête, examine la chose et il la contourne, il prépare bien son affaire.
Toi, tu ne vois même pas cette flaque mais tu passes à côté sans le savoir, au flair. Tu piges ? T’es comme un magicien… »
Il a raison ce clochard, le commissaire Adamsberg est un véritable magicien. Trois nouvelles pour le prouver, trois enquêtes du commissaire, à Paris, là où coule la Seine.


Extraits : « Aussi, si les gens ne faisaient pas toute une histoire de Noël, il y aurait moins de tragédies. Ils sont déçus, les gens, forcément. Et ça fait des drames. »

« Impossible d’aller se réfugier dans le métro, il aurait fallu abandonner le chariot en surface. C’est comme ça, quand on a un animal, cela demande des sacrifices. »


Mon avis : Deuxième essai avec un Fred Vargas. Le premier polar que j’avais découvert de l’auteure, Un peu plus loin sur la droite, m’avait plût, sans pour autant être exceptionnel et inoubliable. Je ressens exactement la même chose en refermant Coule la Seine, avec en plus, un sentiment de trop peu et d’inabouti.

Le livre se découpe en trois nouvelles, dont les principaux protagonistes restent identiques. Il s’agit de l’inspecteur Adamsberg, un commissaire chevronné et son second, le lieutenant de police Danglard. A deux, ils vont tenter d’élucider trois enquêtes bien étranges. La première se trouve face au commissariat : un homme a élu domicile sur un banc et il se contente de venir s’asseoir quotidiennement avec son lampadaire et son porte-manteau en regardant les portes du commissariat. Une attitude intrigante, qui doit forcément cacher quelques sombres secrets.

La deuxième nouvelle se passe le jour de Noël. Adamsberg et Danglard sont de permanence et attendent avec impatience le crime de ce jour de fête. Car Adamsberg en est persuadé : « si les gens ne faisaient pas toute une histoire de Noël, il y aurait moins de tragédies. Ils sont déçus, les gens, forcément. Et ça fait des drames. »

Enfin, la dernière nouvelle met en scène un sans-abri, vendeur d’éponges, témoin d’une grave agression. Le commissaire Adamsberg devra user de stratagèmes pour faire desserrer les mâchoires à cet homme, qui n’a plus rien à attendre de la vie.

De prime abord, les trois nouvelles sont plutôt noires, avec des personnages désespérés, rebuts de la société, qui n’ont plus rien à perdre, sinon leur vie. D’abord totalement transparent, ils se retrouvent parachutés sur le devant de la scène et deviennent des personnages essentiels pour élucider ces affaires. On les considère, on les écoute, ils ne sont plus que simples spectateurs, mais bien acteurs de leur destinée.

J’ai apprécié l’ambiance générale des nouvelles, leur originalité, mais aussi le caractère et la bonhomie des deux enquêteurs. Malgré la gravité de certains crimes, ils restent maîtres de leurs émotions, rationnels, patients et font preuve de beaucoup d’humour, notamment via leurs interactions avec les témoins des affaires. J’ai également apprécié les illustrations en noir et blanc qui égrènent l’ouvrage. Certes, elles sont d’un autre temps, mais elles viennent donner un peu plus de vie et de réalisme aux nouvelles.

Les seules ombres au tableau – et pas des moindres –, c’est l’écriture passée et vieillissante des nouvelles et le caractère trop peu développé de ces dernières. On prend du plaisir à les découvrir, mais une fois terminées, elles s’effacent instantanément de notre mémoire. Ce qui conduit parfois à des frustrations de ne pas avoir découvert assez de tels personnages, ou de ne pas avoir compris les raisons de tels actes.


Trois nouvelles policières sympathiques à découvrir, mais trop peu développées et donc vite oubliées. Certainement pas le meilleur livre de Fred Vargas, mais ça reste agréable à lire.

Ma note : 6/10

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ISBN : 2-290-33797-8

L’immeuble de la rue Cavendish, tome 3 : Lucie se rebiffe


L’immeuble de la rue Cavendish, tome 3 : Lucie se rebiffe de Caroline Kant
290 pages, éditions Les Escales, à 15€


Résumé : Lucie est verte de rage : spoliée et abandonnée par ses enfants à la mort de son mari, elle se retrouve dans un appartement minuscule ! Finie la grande vie… Jusqu’à ce qu’elle rencontre le bel Henri.
Quand son cher époux est mort, Lucie ne s’attendait certainement pas à hériter de… ses dettes. Ses enfants ne lui parlent plus (il faut dire qu’elle n’a jamais pu retenir le prénom de ses petits-enfants) et, ruinée, elle est obligée de déménager ! En plus, ses nouveaux voisins sont insupportables – surtout le petit Hyppolite, un vrai pot de colle.
Heureusement que Lucie peut se changer les idées avec ses meilleures amies et le charmant Henri qu’elle vient de rencontrer. Mais les apparences sont trompeuses et, alors que Lucie découvre des qualités insoupçonnées chez ses hurluberlus de voisins, son nouveau et mystérieux prétendant n’est peut-être pas celui qu’elle croit…


Extraits : « L’amour, c’est tellement mieux et plus hygiénique sur le papier. »

« – Madame Leblanc, c’est une blague ? On va jamais faire rentrer tout ça dans l’appartement !
Le déménageur, qui vient de découvrir l’étroitesse de mon nouveau logement, est rouge de colère. Ce qu’il ne sait pas, c’est que je suis dix fois plus énervée que lui de me retrouver ici.
– Je vous paye, non ? Alors débrouillez-vous, faites votre travail. »


Mon avis : C’est avec toujours autant de plaisir que je retrouve les habitants si accueillants de l’immeuble de la rue Cavendish. Pour cette troisième entrevue, nous rencontrons Lucie, une vieille dame, qui vient d’emménager dans l’immeuble suite au décès de son mari et à la vente de leur grand appartement dans un quartier chic de Paris. Dépossédée de tout héritage en raison des dettes accumulées par son mari, Lucie se retrouve dans le sou, obligé de vivre dans un modeste appartement, elle qui n’a jamais manqué de rien et est habituée au luxe et au faste. C’est une telle honte pour elle, que Lucie évite de parler de ses problèmes financiers à ses deux meilleures copines, Martha et Évelyne, qu’elle connaît pourtant depuis l’enfance. Elle va devoir réapprendre à vivre seule, sans son Émile, sans ses enfants, devenus distants au fil des ans, et revoir drastiquement ses dépenses à la baisse.

Heureusement, Lucie va faire la rencontre de ses charmants voisins. D’abord réticente à l’idée de se lier d’amitié avec des personnes de l’immeuble, elle va finalement s’attacher progressivement à Aimée, la gardienne, qui deviendra sa confidente, à Guy, le vieil homme avec son chien Gordon, à Hippolyte, son très jeune voisin d’en face, délaissé par son père et sa soeur. Lucie va également faire la connaissance de Kylie, sa nouvelle coiffeuse au look déjanté, bien loin des conventions.

Au fil de notre lecture, on va s’apercevoir de la transformation de Lucie, qui passe de vieille femme aigrie, renfermée et colérique, à une personne charmante, ouverte, solaire, sociable et toujours prête à aider. Le changement se fait progressivement, grâce aux nouvelles rencontres qui vont se produire, qui vont lui apporter énormément de bénéfices personnels.

Comme dans les précédents tomes de la saga, Caroline Kant s’attelle à créer plusieurs petites intrigues autour du protagoniste du roman. Ici, nous avons plusieurs personnages qui ont besoin d’être aidés, épaulés, conseillés, soutenus. Évelyne présente des troubles de mémoires, qui font craindre un début d’Alzheimer ; Martha se retrouve aux prises d’un escroc qui, sous couvert d’amour, en veut à son argent ; Kylie enfin, est tombée enceinte de son ex-petit copain, Eddie, totalement immature. Bien que seule, la jeune fille souhaite garder l’enfant. Ce que j’aime particulièrement dans cette saga, c’est toute la chaîne de solidarité qui se met en place autour des personnes en difficulté, toute la bienveillance et l’amour qui s’en dégage.


Pour la troisième fois, j’ai été conquise par la saga familiale de Caroline Kant. Beaucoup d’amour et de bienveillance se dégagent de ses pages. C’est une lecture légère, qui se dévore rapidement, avec un goût de reviens-y. Vivement le prochain tome !

Ma note : 8/10

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ISBN : 978-2-36569-733-0

Vasco, messager de Verdun


Vasco, messager de Verdun de Évelyne Brisou-Pellen
151 pages, éditions Nathan, à 5,95€


Résumé : Nous sommes en 1916.
Louis, 16 ans, fait de la contrebande, aidé de son chien Vasco.
Un matin, ils sont arrêtés par les gendarmes. Pour Vasco, c’est la mort assurée ! Afin de le sauver, Louis le confie à l’armée qui a besoin de chiens pour porter des messages, sauver les blessés ou défendre les tranchées. Loin de son maître, le pauvre Vasco se retrouve au front, au milieu des champs de mines. Pourtant, grâce à son courage et son ingéniosité, Vasco deviendra l’un des héros de la Première Guerre Mondiale.
Un roman historique passionnant pour les enfants dès 10 ans.


Extraits : « Les voyages forment la jeunesse et déforment l’avenir. »

« Verdun n’est pas vraiment un endroit vert. »


Mon avis : Vasco est un chien de contrebande, arrêté avec son maître Louis par les gendarmes et condamné à mort. Pour le sauver, Louis propose aux gendarmes de se mobiliser avec Vasco dans la grande guerre. Ensemble, ils sont envoyés au front, pour aider à lutter contre l’ennemi allemand. Vasco est formé comme chien de liaison à apporter des messages dans les tranchées, à sauver des blessés et à donner l’alerte en cas de bombardements imminents. Quant à Louis, il sera chargé de l’éducation des chiens-soldats.

C’est avec beaucoup d’émotions que je découvre l’importance des animaux durant la première guerre mondiale et en particulier des chiens, qui avaient une place prépondérante aux côtés des hommes du front. L’aide des chiens est très peu relatée dans les récits d’histoire, ce qui est fort curieux puisqu’ils étaient pourtant d’une aide précieuse pour les hommes et d’un réconfort sans pareil. Évelyne Brisou-Pellen rend donc un bel hommage à ces animaux, décriés au fil des ans, mais pourtant d’un soutien sans faille. Vasco, notre protagoniste, se montre particulièrement courageux, téméraire, mais aussi fidèle à son maître et pédagogue vis-à-vis des hommes et des chiens en souffrance. Tout le monde rêverait d’avoir un Vasco à soi.

Dans Vasco, messager de Verdun, la narration est originale, puisque c’est le chien lui-même qui raconte son histoire. Totalement immergés à ses côtés, on vit de l’intérieur la guerre, les difficultés à communiquer, l’insalubrité, les attaques incessantes, les tensions constantes, la fatigue croissante, mais aussi la solidarité et l’amour. Les quelques ondes positives sont les bienvenues parmi les affres sombres de la guerre omniprésente.


Un roman jeunesse intéressant et immersif sur le soutien des chiens durant la seconde Guerre Mondiale. un livre à parcourir dès 10 ans, mais que les adultes prendront également plaisir à découvrir.

Ma note : 8/10

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ISBN : 978-2-09-249604-6