Littérature espagnole·Roman

Le prince de la brume

Le prince de la nuit de Carlos Ruiz Zafón.
304 pages, éditions Robert Laffont

 

Résumé : « Le Prince de la Brume n’avait jamais complètement disparu. Il était demeuré dans l’ombre en attendant, sans hâte, que quelque force occulte le ramène dans le monde des vivants. »
1943, Angleterre. Fuyant la guerre, la famille Carver – les parents et leurs trois enfants, Max, Alicia et Irene – se réfugie dans un village de bord de mer. Leur nouvelle maison appartenait précédemment à un riche couple qui a quitté le pays après la mort de leur petit garçon, Jacob. Peu après son emménagement, la famille Carver est confrontée à de troublants événements. La maison de la plage paraît hantée. Quelque chose ou quelqu’un rôde entre les murs. Max et Alicia commencent à enquêter sur les circonstances obscures de la mort de Jacob. Roland, un adolescent du village, les aide. Il les entraîne dans des plongées autour d’un cargo qui a coulé dans la baie après une tempête, des années auparavant. Autour de cette épave, tout respire la peur : les poissons ne s’y risquent jamais, des ombres paraissent à l’affût derrière les cloisons rouillées et dans les coursives délabrées… Et c’est Roland qu’elles épient, Roland dont elles veulent se saisir. Qui accumule les pièges mortels autour du jeune homme ? Pourquoi Roland est-il l’objet d’une si terrible haine ? En menant leur enquête, Max et Alicia exhument involontairement les secrets du passé. Un passé terrible dont émerge un être machiavélique, le Prince de la Brume… Doté de pouvoirs diaboliques, le Prince de la Brume peut emprunter toutes les formes et tous les visages. Il est le maître d’une troupe de grotesques statues à demi-vivantes qui ont élu domicile dans le jardin de la maison des Carver… Le Prince de la Brume réclame le paiement d’une dette contractée peu avant la naissance de Jacob. Une dette dont Roland est le prix… S’ils veulent sauver leur ami, Max et Alicia doivent affronter l’être maléfique sur son territoire : dans le jardin des statues vivantes mais aussi dans le terrifiant cargo enseveli sous les eaux.

Extraits : « Les mauvais souvenirs vous poursuivent sans que l’on ai besoin de les emporter avec soi. »
« Les amusements sont comme le laudanum : ils nous élèvent au-dessus de la misère et de la douleur, bien que ce soit seulement pour un instant.« 

Mon avis : C’est le second livre de cet auteur que je lis, et je dois avouer que je n’en suis pas déçu, ça me conforte dans l’idée que Carlos Ruiz Zafon est un superbe écrivain ! Ce roman est captivant, les personnages sont attachants, on est plongés au coeur de l’histoire, on a l’impression de vivre l’aventure avec eux. J’ai beaucoup aimé la fin, avec toute cette action, et la scène finale entre Alicia et Roland… une merveille ! Mais je n’ai pas trop accroché au côté « monstre magicien », je trouvais ça un peu trop fictif, ça ne concordait pas avec l’histoire des personnages. Mais j’ai quand même aimé ce roman.

 

Ma note : 7/10
Littérature espagnole

Hipnofobia

Hipnofobia de Salvador Macip.
233 pages, éditions Hachette, collection Black Moon thriller à 18 €

 

Résumé : Lumière blanche. Sol blanc. Le plafond, s’il existe, est blanc lui aussi. Je ne peux pas voir mes mains, attachées dans mon dos, mais elles doivent sûrement être déjà aussi pâles que tout ce qui m’entoure.
Le blanc, c’est le vide. Le vide de la pièce où l’on m’a enfermé. Je suis assis sur une chaise invisible, figé dans l’espace et le temps.
Ils prétendent que mes pensées n’ont pas de consistance mais ils ne peuvent stopper mon mental. Ils ne savent pas que je les entends. Que je les vois. Je n’ai pas besoin de l’ouïe, ni de la vue, ni d’aucun autre sens.
Plus maintenant. Je peux suivre leurs mouvements de là où je suis.
Je sais comment ils parlent de moi, comment ils doutent, comment ils se croient en sécurité après avoir coulé ces mètres de béton entre nous. La voix du docteur M parvient jusqu’à moi aussi clairement que s’il se trouvait à mes côtés : « Nous le gardons en observation depuis déjà trois semaines, et il n’a pas encore dormi. »

Extraits :  « Les scientifiques veulent épuiser les solutions les plus simples avant d’accepter l’incroyable. »
« Le moment le plus heureux dans la vie d’un homme est quand il découvre enfin quelle est sa place dans cette grande mécanique qu’est la société. »

Mon avis : Grosse déception pour ce thriller, qui promettait pourtant grâce à son résumé, une histoire originale, forte en frayeurs.

La couverture du livre est assez effrayante. Certes, elle peut paraître assez simple dans son ensemble, mais les traits de l’homme sont nettement dessinés, ce qui le rend presque réel. De plus, les couleurs assez sombres et la lumière en haut, donne un contraste jour/nuit très en accord avec l’histoire.

En découvrant le résumé de ce livre, fort prometteur et un brin mystérieux, je me suis laissé tenter. Mais mon dieu… quelle déception ! Je ne suis pas entré dans le roman, je suis resté suspendue au dessus, lisant les pages une à une, les faisant défiler, sans pour autant apprécier l’intrigue. Ce livre se lit néanmoins facilement, il est très agréable, mais manque d’actions. Les rebondissements n’étaient pas présents (ou très peu), et le « thème » est dévoilé dès le début. Je n’ai pas ressenti cette envie de découvrir le livre jusqu’à la fin, car le suspense était inexistant…

Chaque chapitre renvoie à la vision d’un nouveau personnage. Il n’y a pas vraiment de protagoniste, vu que le changement de narration se fait au début des nouveaux chapitres. Les personnages ne sont pas attachants du tout. Néanmoins, le jeune garçon dans le dernier chapitre m’a ému et touché. Je pense que c’est le seul avec qui j’ai vraiment accroché, celui avec qui j’ai vécu une vraie aventure.

Salvador Macip a rajouté des petites touches de science-fiction dans son roman. Elles sont très légères, peu nombreuses, et donne un côté surnaturel au livre, ce qui renforce davantage le côté psychologique du roman. Car l’auteur nous amène à réfléchir ici sur la facilité de la manipulation que chacun peut exercer sur nous-mêmes… je me suis souvent mise à la place des personnages du roman, et j’en suis même venue à avoir peur. En y réfléchissant bien, peut-être que dans plusieurs milliers, voire centaines d’années, dormir ne sera plus nécessaire… Hipnofobia nous fait donc réfléchir sur la question du sommeil, et sur la modification et la perte de contrôle involontaire de notre esprit…

Un thème pourtant bien pensé, mais une intrigue ennuyante, qui traîne en longueur.

 

Ma note : 4/10