La Métamorphose et autres récits


La Métamorphose et autres récits de Franz Kafka

217 pages, éditions Folio classique


Résumé : Lorsque Gregor Samsa s’éveille, un matin, après des rêves agités, il est bel et bien métamorphosé. Doté d’une épaisse carapace d’où s’échappent de pitoyables petites pattes ! Lugubre cocasserie ? Hélas, ultime défense contre ceux, qui, certes, ne sont pas des monstres mais de vulgaires parasites… Les siens. Père, mère, sœur, dont l’ambition est de l’éliminer après avoir contribué à l’étouffer…


Extraits : « Lorsque Gregor Samsa s’éveilla un matin au sortir de rêves agités, il se retrouva dans son lit changé en un énorme cancrelat. »

« La réflexion et le sang-froid valent mieux que les résolutions désespérées.« 


Mon avis : Après des années à le regarder prendre la poussière dans ma Pile À Lire, je me suis ENFIN décidée à sortir ce monument de Franz Kafka. J’ai la chance d’avoir La Métamorphose dans son édition Folio classique, avec en prime, de très courts textes, sorte de nouvelles, qui viennent étoffer l’oeuvre de Kafka pour mon plus grand plaisir.

Malheureusement, j’ai trouvé que les récits qui introduisent le livre étaient trop abstraits, flous, manquant cruellement de sens. Ce n’est qu’en finissant ma lecture, à la toute fin de cette édition Folio classique, que j’ai découvert que le livre était doté d’un dossier complet, qui explique les grandes lignes des textes présents dans le livre, ainsi que leur histoire avant publication : des explications très appréciables sur des textes souvent abstraits et ouverts à l’interprétation. Je ne les ai découvert qu’à la fin de ma lecture, ce qui m’a forcé à relire certains courts récits pour me rappeler leurs sens.

En revanche, contrairement aux courtes nouvelles bien trop abstraites pour moi, j‘ai pris beaucoup de plaisir à découvrir La Métamorphose. C’était une expérience de lecture étrange, totalement à part, mais tellement enivrante ! Pour celles et ceux qui n’auraient jamais entendu parler de cette histoire, en voici un court résumé : un beau matin, le jeune Gregor Samsa se réveille dans le corps d’un cafard. Ses parents, ainsi que sa jeune soeur, sont horrifiés de cette transformation soudaine.

Nous assistons à une métamorphose physique, certes – quoique nous n’ayons pas connu le véritable aspect physique de Gregor avant qu’il ne devienne cafard -, mais nous assistons surtout à une métamorphose psychique. En effet, sous nos yeux, le héros se détache progressivement de ses facultés intellectuelles humaines pour se fondre dans son nouvel état d’insecte. Il pense et agit comme un cafard, en oubliant totalement sa condition d’humain.

L’histoire se passe en huis clos, dans la maison familiale qui abrite les parents et la soeur de Gregor. Ce dernier se retrouve confiné dans sa chambre, obligé de se cacher de sa famille, qui le voit comme un vulgaire et répugnant insecte. Les membres de la famille réagissent différemment face à la nouvelle condition du héros : la jeune soeur vient en aide du mieux qu’elle le peut à son frère, lui apportant eau et nourriture, ainsi que tout ce dont il aurait besoin pour s’épanouir dans sa nouvelle vie d’insecte. Le père renie son fils, tandis que la mort, d’abord toujours pétrie d’amour pour son fils, le verra finalement comme un cafard envahissant et dégoûtant. À cause de ses différents points de vue sur l’état actuel de la situation, les conflits familiaux sont légions. Franz Kafka pointe du doigt ici la complexité des relations sociales, avec notamment l’exclusion et le rejet de certaines personnes, pointées du doigt car incompatibles au reste du monde. C’est une métaphore grandiose et pleine de sens que nous l’offre l’auteur.


J’ai vraiment adoré l’absurdité et l’originalité des Métamorphoses, qui distrait tout en donnant des pistes de réflexions philosophiques sur les relations sociales, l’isolement, la différence, la famille… Avec Franz Kafka, le fantastique devient une réalité acceptable. Dommage que les courtes nouvelles qui précèdent le chef-d’oeuvre soient aussi peu compréhensibles !

Ma note : 8/10

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ISBN : 2-07-038105-6
Traducteur : Claude David

Fugitives


Fugitives d’Alice Munro

381 pages, éditions Points, à 7,60€


Résumé : Elles partent. Fuguent. S’enfuient. S’en vont voir ailleurs. Elles : des femmes comme les autres. Par usure ou par hasard, un beau matin, elles quittent le domicile familial (ou conjugal), sans se retourner. En huit nouvelles, Alice Munro met en scène ces vies bouleversées. Avec légèreté, avec férocité, elle traque les marques laissées sur les visages par le temps, les occasions perdues, les petits arrangements que l’on croyait provisoires.


Extraits : « Le truc, dans la vie, avait expliqué Harry à Lauren, était de vivre dans le monde avec intérêt. D’ouvrir l’oeil pour voir les possibilités – voir l’humanité – qui existait chez chacun de ceux qu’on rencontrait. Être à l’écoute. S’il avait quoi que ce soit à lui apprendre, c’était cela. Être à l’écoute. »

« Parce que les femmes ont toujours quelque chose, tu ne trouves pas, à quoi se raccrocher pour continuer. Quelque chose que les hommes n’ont pas. »


Mon avis : Première rencontre littéraire avec Alice Munro, détentrice du prix Nobel de littérature en 2013 et considérée comme l’une des plus grandes auteures anglo-saxons de notre époque. Autant vous dire que j’étais particulièrement impatiente de découvrir l’un de ses livres. J’ai jeté mon dévolu sur Fugitives, un recueil de nouvelles, qui me permettrait de découvrir non pas une, mais plusieurs histoires d’un coup. Comme son titre l’indique, l’ensemble des nouvelles abordent la fuite, de manière différentes.

Dans la première, une femme tente de fuir le mari dont elle est captive. Les trois suivantes ont comme particularité d’avoir la même héroïne : Juliet. Elles aborderont successivement la fuite d’un pays, de ses origines, l’abandon, en somme. Dans les suivantes, nous verront également la fuite de la vérité, les faux-semblants, le rejet, l’infidélité, la lâcheté.

Chacune des nouvelles met en scène une protagoniste féminine. Huit femmes qui doivent fuir leurs problèmes personnels. Peut-être pourrez-vous vous reconnaître dans le portrait de l’une d’entre elles…

J’avoue que pour ma part, je me suis passablement ennuyée dans chacune de ces nouvelles. Il n’y a quasiment aucun action, les récits ne sont pas rythmés, les personnages ne sont pas attachants et les histoires pas assez originales pour que l’on s’en souvienne bien. Déjà qu’il est compliqué de s’immerger totalement dans les nouvelles – qui sont, rappelons le, de très courtes histoires n’excédant pas une trentaine de pages ici -, alors si elles ne contiennent rien d’assez passionnant pour retenir notre attention, elles sont, comme on dit, vite lues et vite oubliées. Ce fût le cas pour la majeure partie de celles-ci.

D’autant que l’auteure a construit ses nouvelles d’une manière bien étrange : le dénouement de chacune d’entre elles n’en étaient pas réellement. Il n’y a pas de point final aux histoires, pas d’éclaircissements sur certaines nouvelles parfois intrigantes. Si bien qu’on ressort de ces récits avec des tonnes de questions qui resteront malheureusement sans réponse. Frustrant, ne trouvez-vous pas ?


Des nouvelles assez banales, peu captivantes, qui ne m’ont pas plût. Fugitives, c’est huit portraits de femmes en fuite, malheureusement pas assez aboutis, sans consistance ni point final. Passez votre chemin.

Ma note : 4/10

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T’en souviens-tu, mon Anaïs ?


T’en souviens-tu, mon Anaïs ? de Michel Bussi

304 pages, éditions Pocket


Résumé : Voilà treize jours qu’Ariane a posé ses valises dans cette villa de la côte d’Albâtre. Pour elle et sa fille de 3 ans, une nouvelle vie commence. Mais sa fuite, de Paris à Veules-les-Roses, en rappelle une autre, plus d’un siècle plus tôt, lorsqu’une fameuse actrice de la Comédie-Française vint y cacher un lourd secret. Se sentant observée dans sa propre maison, Ariane perd peu à peu le fil de la raison…

Bienvenue au pays de Caux, terres de silences, de pommiers et de cadavres dans les placards…

Dans les romans de Michel Bussi, vous étiez surpris jusqu’à la dernière page…
Dans ses nouvelles, vous le serez jusqu’à la dernière ligne.


Extraits : « Faire croire à l’autre que l’on aime ce qu’il aime, est-ce une preuve d’amour, ou une trahison ? »

« Les hommes choisissent toujours la fille qui leur donne l’impression d’être meilleurs, plus fins, moins cons qu’ils ne le sont.« 


Mon avis : Michel Bussi – grand auteur de polars français que nous ne présentons plus -, m’avait charmé à plusieurs reprises avec ses histoires au suspense haletant. Avec seulement deux de ses livres lus à mon compteur – Nymphéas noirs et Ne lâche pas ma main, que j’avais dévorés -, j’étais particulièrement intriguée de retrouver la plume de cet auteur, qui s’est prêté au jeu des nouvelles.

T’en souviens-tu, mon Anaïs ? est un recueil de quatre courtes nouvelles, dont la première a donné son titre au livre. Inspirée de faits réels, elle s’ancre historiquement à l’époque de Victor Hugo, et d’Anaïs Aubert, une actrice française, amante cachée du célèbre écrivain. Cette dernière a fui Paris pour se réfugier dans le petit village de Veules-les-Roses, dans le Pays de Caux. Une fuite bien mystérieuse, que va tenter d’éclairer notre protagoniste.

Anaïs Aubert, dite Mademoiselle Anaïs

 

  Village de Veules les Roses, en Seine-Maritime (76)

La deuxième nouvelle, L’armoire normande, sans doute ma préférée, se déroule dans un gîte. Un couple en vacances séjourne quelques temps chez un habitant énigmatique, qui leur a interdit de s’approcher d’une armoire normande chère à son coeur. Les vacanciers, intrigués, le sont d’autant plus par l’absence de l’hôtesse, censée les accueillir à leur arrivée. Quels secrets cache leur hôte, cet être fuyant, aux manières bourrues ? Une nouvelle originale et bien écrite, dont le dénouement devrait vous surprendre et vous faire sourire.

Viens ensuite Vie de grenier : alors qu’il se rend dans un vide-grenier, un retraité remarque un stand bien étrange : l’ensemble des effets mis en vente sont des objets similaires aux siens. Persuadé qu’ils lui appartiennent et que la vendeuse les lui a dérobé, il va mener une enquête pour retrouver cette femme et lever le voile sur cette énigme.

Enfin, la dernière nouvelle, Une fugue au paradis, nous emmène sur une plage de La Réunion. Deux jeunes femmes en train de camper, à côté d’un groupe de garçons légèrement éméchés. Le lendemain, un cadavre est retrouvé dans l’eau. Que s’est-il bien passé cette nuit ? L’enquête est ouverte, et le dénouement, comme l’ensemble des dénouements écrits par Michel Bussi, connaît un tel revirement, qu’il ne peut que surprendre et étonner par son ingéniosité.

Ecrire des nouvelles est un exercice complexe, mais mené d’une main de maître par notre malstrom des intrigues alambiquées, puisque chacune d’entre elles comportent un dénouement renversant et inattendu. Michel Bussi conserve donc son titre de roi du polar à suspense, et d’auteur à l’imagination débridée.


Michel Bussi s’essaie à un nouveau genre : les nouvelles. Expérience réussie pour l’auteur, avec des histoires courtes mais prenantes et toujours ces dénouements surprenants et pleins d’ingéniosité. 

Ma note : 7/10

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Flocons d’amour


Flocons d’amour de John Green, Maureen Johnson et Lauren Myracle

345 pages, éditions Le Livre de Poche jeunesse, à 6,90€


Résumé : 24 décembre. Nuit des miracles ? Ou des catastrophes ? Une terrible tempête, un train bloqué dans la neige. Gracetown : tous les voyageurs descendent ! Gracetown… Bourgade perdue au milieux de nulle part qui vous ferait presque oublier le repas de Noël. Pourtant Jed, Jubilé, et les autres vont partager le réveillon le plus insolite de leur vie. Dans un café bondé de pom-pom girls ou au détour d’une route enneigée, les rencontres inattendues se multiplient. Les couples se font, se défont et se refondent Louvoyant entre les flocons, les flèches de Cupidon qui pleuvent sur la ville ne laisseront personne de glace. John Grenn, Maureen Johnson, Lauren Myracle : les plumes de trois grands auteurs s’allient pour vous faire rire et rêver d’amour, créant un univers où les anges de Noël ne chôment pas !


Extraits  « Prendre la fuite est pathétique, être rattrapé est encore pire. »

« Tu viens de lui raconter que tu étais tombée dans un ruisseau gelé et que tu étais coincée dans une ville inconnue, et il a raccroché ? Moi, je ne serais pas resté les bras croisés. J’aurais rappliqué ici, neige ou pas. Ça te paraît peut-être débile, mais c’est comme ça que j’aurais réagi. Et tu veux que je te dise ? S’il n’est pas en train de te plaques, c’est toi qui devrais prendre les devants et quitter ce gros nul. »


Mon avisLa nuit de Noël est celle que tout le monde attend avec impatience chaque fin d’année. Elle est synonyme de repas de famille, de cadeaux, de magie et de féerie. Mais voilà : les anges de Noël sont parfois très occupés et ne peuvent pas satisfaire tout le monde. À Gracetown, le 24 décembre, un train se retrouve bloqué dans la neige. Tous les passagers sont obligés de patienter ou de descendre en attendant de la main-d’oeuvre pour déblayer le passage. Jubilé décide de sortir du train et de se réfugier dans une Waffle House à proximité. C’est de là que va partir notre formidable conte de Noël.

Dans ma jeune carrière de lectrice, j’ai déjà eu l’opportunité de découvrir bon nombre de recueil de nouvelles. Certains recueils proposaient des nouvelles avec des univers et thématiques différents, d’autres essayaient de garder une thématique centrale, mais racontée différemment en fonction des auteurs. Dans Flocons d’amour, le concept de nouvelle est novateur (en tout cas, je n’ai jamais rien lu de tel), puisque John Green, Lauren Myracle et Maureen Johnson ont écrit trois nouvelles qui se déroulent dans une même temporalité, dans un même espace spatio-temporel, avec des personnages identiques. L’originalité tient du fait que chacun se place dans la peau d’un des personnages, et raconte les mésaventures de ce dernier. J’ai trouvé cette idée géniale, puisque nous sommes bien loin des nouvelles un peu banales sans queue ni tête, que l’on oublie rapidement après lecture. Ici, nous avons un réel fil conducteur, avec les trois nouvelles reliées simultanément entre elles. Et je pense que c’est réellement là que ce trouve le point fort de ce livre.

J’ai beaucoup aimé la façon dont les trois auteurs ont abordé cette thématique de Noël. Nous sommes bien loin des clichés populaires et des histoires un peu banales sur les romances de Noël ou les histoires de cadeaux et papa Noël. Ici, les trois auteurs nous font pénétrer dans leur univers, où la magie de Noël est bien présente, mais en touches plus subtiles.

La première nouvelle, nommée « Le jubilé express » est écrit par Maureen Johnson et raconte les mésaventures d’une jeune demoiselle, nommée Jubilé, partie rejoindre ses grands-parents pour Noël, qui se retrouve bloquée dans un train en pleine voie, à cause d’une quantité de neige non négligeable. Elle se décide à quitter son siège et à traverser la route pour rejoindre la Waffle House, où elle va faire la rencontre de personnages hauts en couleurs.

La seconde nommée Un miracle de Noël à pompons a été écrite par le célèbre John Green, et raconte les aventures de trois copains, qui décident de pimenter leur soirée de Noël en rejoignant la Waffle House, où les attendent, leur a-t-on dit, plusieurs dizaine de pom-pom girls déchaînées. Mais les obstacles pour arriver à destination sont nombreux.

La troisième et dernière nouvelle est celle de Lauren Myracle, intitulée Le Saint Patron des Cochons. Addie, une jeune fille, est attristée par sa récente dispute, voire séparation avec son petit ami. Heureusement, ses deux amies sont là pour la réconforter. Comme des anges le soir de Noël, elles vont essayer de consoler leur amie et de lui redonner le sourire.

Trois courtes histoires différentes, où les personnages se croisent et s’entrecroisent. J’ai pris plaisir à découvrir chacune de ses nouvelles et à suivre l’évolution des différents personnages.


Laissez-vous embarquer dans l’univers féerique de trois auteurs contemporains, qui décrivent avec originalité leur définition de l’esprit de Noël. 

Ma note : 7,5/10

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Il était une plume…


Il était une plume… de Pierre Thiry, Agnès de Cize, Erika Boyer, G !, Audrey Martinez, Tia Wolff, Loli Artésia, Attila Valpinson, Frany Jane Cavalier, Antoine Delouhans, Lou B Simone, Chris Red, Flore Avelin et Hilda Alonso

177 pages, éditions Les Plumes Indépendantes, à 9,90€


Résumé : La plume et ses multiples facettes… Couverture de l’oiseau, outil de l’écrivain, symbole de la légèreté. Pour chacun, elle a une évocation particulière. Toujours, elle nous fascine. Souvent, elle nous échappe.
Quatorze auteurs indépendants ont pris le pari de la prendre pour totem et de lui rendre hommage à travers ce recueil singulier, aux multiples voix.
Laissez-vous happer par ce déluge de plumes, entrouvrez le temps d’une lecture la porte qui mène à leur monde.


Extraits  « C’est le problème de toutes les peurs, elles sont irrationnelles ; on sait qu’ils n’y a pas de raison de les ressentir, mais elles nous possèdent malgré tout. »

« Parfois, des amis virtuels peuvent vous apporter ce que la vie ne vous donne plus. »


Mon avis : Il était une plume…, c’est un recueil composé de 14 nouvelles d’auteur(e)s différents, qui abordent tous une thématique commune : la plume. La plume va être écrite et présentée sous toutes ses formes : plume d’animal, de coq, plume d’auteur, plume d’indien… Chacun a donné sa propre définition du mot plume. Les nouvelles sont toutes très différentes les unes des autres, certaines plus poétiques que d’autres, d’autres plus émouvantes, plus noires, certaines plus abstraites, ou encore plus engagées… il y en a pour tous les goûts !

Nous sommes naturellement transportés d’un univers à un autre, avec comme seul fil conducteur la plume. Certaines nouvelles m’ont plus plût que d’autres, aussi, je ne parlerais dans cette chronique uniquement des nouvelles qui m’ont le plus marquées (positivement ou non).

Tout d’abord, j’ai beaucoup aimé les auteurs de nouvelles engagées, qui prennent position et défendent leur opinion sur la thématique donnée. C’est le cas pour Tia Wolff dans La légèreté du non-être, qui raconte un épisode tragique de la vie d’un animal : la chasse. Loli Artésia aussi, dans La plume manquante, raconte l’histoire d’un oiseau, jadis blanc, qui ne peut maintenant plus voler, tant son plumage est lesté de plomb et de mazout. Deux histoires totalement différentes, qui donnent à réfléchir sur des thématiques contemporaines, beaucoup débattues dans notre société actuelle.

J’ai également particulièrement apprécié la nouvelle de Audrey Martinez, Plume solitaire, qui raconte l’histoire d’un homme-écrivain qui rencontre sa muse, éditrice, mais la perd, à cause d’un orgueil et d’une soif d’argent démesuré. Pendant près de 10 ans, il se mure dans le silence et plonge dans un gouffre dépressif qui l’isole de tous et de tout. Jusqu’au jour où le déclic arrive : il doit écrire un roman sur sa muse Marie, et lui envoyer. Une histoire douce et touchante, que j’ai beaucoup apprécié.

En revanche, j’ai eu beaucoup plus de mal à entrer dans l’univers de G !, avec sa nouvelle Quand le destin frappe à la porte, que je n’ai pas totalement comprise. Elle est très courte, un peu abstraite, sans véritable suite logique entre les phrases… J’en suis ressortie déstabilisée et interrogative.

Chacun est libre d’interpréter comme bon lui semble chacune de ces nouvelles, notamment celles plus abstraites, à la thématique plus suggérée, plus sensorielle et métaphorique.

Les autres nouvelles n’en restent pas moins belles et agréables à découvrir. Bien que je ne garderai pas un souvenir impérissable de ces nouvelles, j’ai apprécié plonger, le temps de quelques instants, dans l’univers imaginaire et littéraire de chacun de ces écrivains. De belles découvertes, qui permettent de découvrir la stylistique maîtrisée et captivante de plusieurs auteurs peu connus, qui augurent de jolies histoires pour l’avenir.


Il était une plume… est un recueil de 14 nouvelles d’écrivains indépendants aux styles d’écriture différents, qui vous transportera au coeur d’histoires originales et captivantes. Grâce à ce recueil, vous ne verrez plus les plumes de la même manière… 

Ma note : 6,5/10

 

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Ce qu’est l’homme


Ce qu’est l’homme de David Szalay

546 pages, éditions Albin Michel


Résumé : Neuf hommes, âgés de 17 à 73 ans, tous à une étape différente de leur vie et dispersés aux quatre coins de l’Europe, essayent de comprendre ce que signifie être vivant. Tels sont les personnages mis en scène par David Szalay à la façon d’un arc de cercle chronologique illustrant tous les âges de la vie. En juxtaposant ces existences singulières au cours d’une seule et même année, l’auteur montre les hommes tels qu’ils sont : tantôt incapables d’exprimer leurs émotions, provocateurs ou méprisables, tantôt hilarants, touchants, riches d’envies et de désirs face au temps qui passe.
Et le paysage qu’il nous invite à explorer, multiple et kaléidoscopique, apparaît alors au fil des pages dans sa plus troublante évidence : il déroule le roman de notre vie.
Avec ce livre, finaliste du Man Booker Prize, le jeune auteur britannique offre un portrait saisissant des hommes du XXIe siècle et réussit, en disséquant ainsi la masculinité d’aujourd’hui, à dépeindre avec force le désarroi et l’inquiétude qui habitent l’Europe moderne.


Extraits  « Combien de moments pareils dans une vie ? Où tout bascule. Pas plus de quelques-uns. »

« Justement, c’est ça, le destin, cette façon de ne comprendre ce qui nous attend que quand il est trop tard pour changer quoi que ce soit. C’est bien ça que c’est le destin. Trop tard pour rien y faire. »


Mon avis : Fut un temps dans ma vie de lectrice où j’exécrais les nouvelles. Il faut dire que certaines m’avaient dégoûtées du genre, trop ennuyantes et mal écrites. Et puis, les années passant, je reprends goût tout doucement à la lecture de ce genre, grâce notamment à des recueils comme Ce qu’est l’homme, surprenant et envoûtant. Ma guérison littéraire est sur le bon chemin !

Ce qu’est l’homme, c’est un recueil de 9 nouvelles, qui place l’homme au centre de chacun des récits. Les neufs protagonistes sont tous différents, vivent tous dans des endroits différents, mais ont un point commun : ils cherchent à donner un sens à leur vie. Chacun a une relation particulière avec une femme : du dédain, de l’amour, du dégoût… des rapports aux femmes différents, qui nous permet d’avoir un kaléidoscope de portraits d’hommes. Car, si les protagonistes ont comme devoir de réfléchir sur le sens de leur vie, nous, lecteur, réfléchissons aussi sur ce qu’est l’homme.

David Szalay nous dresse des portraits d’hommes désoeuvrés, perdus, qui se contentent souvent de survivre, plutôt que de vivre pleinement leur vie. Ces hommes cherchent un sens à donner à leur quotidien, ils errent, solitaires, mélancolique, dans leur existence si vide.  En dressant ces portraits de l’homme moderne, l’auteur cherche à nous mettre en face de notre propre vie, à nous faire réfléchir sur la façon dont nous remplissons notre existence. Efficace ! Nous pouvons également percevoir des portraits d’hommes différents, qui regroupent l’ensemble des caractéristiques des hommes : séduisants, provocateurs, intelligents, émouvants, arrogants… une bonne manière de percevoir toutes les facettes que peuvent détenir les hommes de notre siècle.

Le style des nouvelles est sobre, parfois dur ou cru, constamment empli de noirceur, mais percutant. Les personnages nous émeuvent, nous font pitié, parfois nous mettent en colère. Même si l’action n’est que très peu présente, une chose est sûre : les scènes que nous voyons ne peuvent pas nous laisser indifférents. Le seul regret que j’aie, c’est que les récits ne soient pas plus longs. Mais je sais bien que cela fait partie du charme des nouvelles, d’être courtes et brèves, seulement de passage, comme l’être humain sur Terre.


Des nouvelles qui font réfléchir sur Ce qu’est l’homme, et sur le sens que nous donnons à notre vie. Des récits percutants et originaux, qui m’ont bien plût. 

Ma note : 7/10

 

Y aura-t-il trop de neige à Noël ?


Y aura-t-il trop de neige à Noël ? de Isabelle Alexis, Tonie Behar,

Adèle le Bréau, Sophie Henrionnet, Marianne Levy et Marie Vareille 

280 pages, éditions Charleston, à 6,50€


Résumé : 12 nouvelles drôles et romantiques pour un Noël magique !
C’est le soir du réveillon. Catherine a oublié le brie aux truffes, Valentine est coincée dans la cabine d’essayage d’un grand magasin, déguisée en mère Noël. Pauline déprime en Toscane, seule et célibataire. À New York, le Dr Sam Miller se rend à un énième rencard de Noël organisé par sa soeur Imogene. Nina se retrouve enfermée chez elle, sous les toits de Montmartre, avec un inconnu et Audrey est en garde à vue pour avoir manifesté contre un abattoir. Tous ces personnages ont un point commun : malgré les apparences, ils vont passer le réveillon le plus féerique de leur vie !
Êtes-vous prêt pour un Noël 100 % comédie, 100 % romantique, 100 % magique ?


Extraits  « Le iCloud, la mort de l’innocence de vos filles de douze ans, en plus de votre couple. »

« – Alexandre est tombé dans les filets de Mademoiselle Plus, et alors ? Dans quelques mois, au mieux elle le relâchera dans le grand large et il se fera bouffer, puis recracher par des requins vegans, au pire il s’échouera sur une plage mazoutée comme un vieux thon pas frais : ce n’est plus ton problème ! « 


Mon avis : Les fêtes de Noël sont maintenant terminées, il est donc temps pour moi de publier mon avis sur le recueil de nouvelles de Noël, écrit par un collectif d’auteures surnommé la Team Rom Com, autrement dit Isabelle Alexis, Tonie Behar, Adèle le Préau, Sophie Henrionnet, Marianne Levy et Marie Vareille. Chaque auteure à écrit une nouvelle sur Noël, qui se déroule sur le soir du réveillon. En tout, ce sont donc six nouvelles que vous allez pouvoir découvrir dans ce recueil.

Le recueil commence fort avec Crush et Crash de Isabelle Alexis, qui raconte un repas de réveillon en famille qui tourne au vinaigre. C’est l’une des nouvelles que j’ai préféré dans le recueil, et qui m’a vaguement rappelé la pièce de théâtre Le Prénom de Alexandre de la Patellière et Matthieu Delaporte dans laquelle un repas familiale se transforme en règlement de compte. Une comédie familiale hilarante, que j’ai prit plaisir à lire.

La seconde est celle qui a donné son titre au recueil, Y aura-t-il trop de neige à Noël ? de Tonie Behar. Même si je l’ai trouvé moins drôle que la première, elle est tout aussi cocasse. Un dealer nommé Ange atterrit chez une jeune femme le soir de Noël. Une situation incongrue mais délirante, qui va tout de même se solder par un joli réveillon.

Troisième nouvelle que vous pouvez découvrir, celle de Adèle le Bréau, Le Marché de Noël. Une jeune fille partie chercher le fromage de brie qui manquait au repas du réveillon va s’amouracher du fromager. Dixit le fromage, elle va rentrer avec le fromager. Indécent… mais poilant !

La nouvelle suivante a été écrite par Sophie Henrionnet et s’intitule La théorie du pingouin. Elle raconte l’histoire d’une jeune femme contrainte de passer Noël seule en Italie, suite à un poste décroché dans sa boîte. La dépression liée à la solitude la guette. Heureusement, pour mettre fin à sa morosité, une personne qu’elle a apprit à connaître et à apprécier, vient lui tenir compagnie le soir de Noël. Mieux que le père Noël, la présence d’un être cher. Une nouvelle très touchante.

L’avant-dernière nouvelle se nomme Keep calm & love Christmas et a été écrit par Marianne Levy. C’est l’histoire de deux personnes qui vont se rencontrer le soir de Noël, alors qu’ils sont coincés dans un ascenseur. Tout le monde l’a déjà imaginé, mais Lisa et Sam l’ont fait. La magie de Noël est plus que jamais au rendez-vous.

Enfin, la dernière nouvelle est celle de Marie Vareille, Cap ?. Une jeune femme, déguisée en mère Noël, se retrouve enfermée dans une cabine d’essayage dans un grand magasin parisien. Un comble le soir de Noël. Heureusement pour elle, un cambrioleur a décidé de venir dans ce magasin vider la caisse. Après l’avoir fait sortir, ils vont réveillonner tous les deux dans ce grand magasin. Une rencontre étonnante, qui va réconcilier les deux personnages avec la magie et les miracles de Noël.

Et quand on pensait ne plus jamais revoir tous ces beaux personnages, on les retrouve au Noël suivant, un an après. Que sont-ils devenus ? Qu’est-ce qui a changé dans leur vie ? Le jour de Noël a-t-il vraiment changé le cours de leur vie ? Pour le savoir, rien de mieux que de lire ce livre !


Ce sont de magnifiques comédies romantiques que nous livrent ces six auteures. Entre rire, larmes, quiproquos, amour… les émotions sont multiples. J’ai apprécié découvrir toutes ces histoires, qui m’ont fait patienter avant le jour suprême : le vrai réveillon de Noël. C’est une recette sûre à découvrir ou à relire avant chaque réveillon. 

Ma note : 8/10