Littérature française·Littérature jeunesse

J’ai égaré la lune


J’ai égaré la lune de Erwan Ji

464 pages, éditions Nathan, à 16,95€


Résumé : « Quand j’étais petite, j’imaginais ma vie à vingt ans. J’irais à la fac à New York, je partagerais une petite chambre avec une coloc râleuse, et mon copain m’appellerait « chérie ». Je viens d’avoir vingt ans. Je vais à la fac à Tokyo, je partage une grande maison avec six colocs géniaux, et ma copine m’appelle « ma petite otarie ». Alors oui, je suis peut-être pas très forte en imagination de vie. Mais tu sais quoi ? C’est pas grave. La vie, c’est comme une blague. C’est plus rigolo quand t’as pas deviné la fin.


Extraits « Quand on est malheureux, les amis sont comme un objet brillant qui attire l’attention, loin du malheur. »

« Une relation longue distance, c’est la sensation perpétuelle de repousser Vivre à plus tard. »


Mon avis : J’ai égaré la lune est la suite de J’ai avalé un arc-en-ciel. Néanmoins rassurez-vous : pour ceux qui n’auraient pas encore lu le premier, les deux tomes peuvent se lire séparément (même si je vous recommande fortement de lire J’ai avalé un arc-en-ciel avant de débuter celui-ci).

La vie est faite d’imprévus, de surprises, de chamboulements permanents. Capucine le sait bien, puisqu’elle décide de partir poursuivre sa scolarité à l’autre bout du monde, avec pour seul point de repère : sa petite amie qui l’accompagne. Elles débarquent à Tokyo, l’une des plus grandes villes du monde. Rien ne se passe comme prévu, les galères commencent à peine le pied posé sur le sol japonais. Mais les deux jeunes filles, constamment positives, vont faire fi de ces mésaventures et vont partir à la découverte de la culture japonaise.

L’histoire est racontée sous forme de journal intime par Capucine, notre protagoniste. Cette façon de narrer l’histoire permet aux lecteurs de s’immiscer plus facilement dans le récit, puisqu’on a l’impression que Capucine est une copine, qui nous raconte avec naturel ses mésaventures tokyoïtes.

Et quelles mésaventures… accompagnés de Capucine, nous faisons un grand saut en plein dans un Tokyo mystérieux et immensément grand. On y découvre des beautés architecturales, des curiosités locales, culturelles, des traditions populaires, qui nous paraissent, en tant qu’européens, bien étranges. Cette plongée au coeur de ce monde à part entière m’a ravie. Capucine m’a presque donné envie de partir à l’aventure à mon tour, découvrir toutes ces bizarreries singulières.

Mais J’ai égaré la lune, ce n’est pas qu’une simple histoire de voyages et de découvertes. C’est avant tout une histoire d’amour, d’amitiés et de rencontres. D’abord perdue dans le grand Tokyo, Capucine va faire la rencontre de personnes exceptionnelles, qui vont l’aider, l’héberger, la soutenir et l’aimer. De véritables liens d’amitié vont naître entre elle et les personnes devenues ses colocataires temporaires. Même si l’acclimatation n’a pas été facile, Capucine a réussi à faire son trou parmi les personnalités singulières qui cohabitent ensemble dans cette grande maison tokyoïte.

Quant au couple que forme Capucine et Aiden… il sera fragilisé. Restera-t-il inchangé ? A vous de le découvrir en lisant ce récit !

J’ai l’impression d’avoir bien plus apprécié ce deuxième tome que le premier. Cela est sans doute dû au fait que Erwan Ji maîtrise maintenant ses personnages, il est donc capable d’étoffer leurs personnalités pour les rendre plus attachants. Je ne sais pas si une suite est prévue à ce début de saga, mais si c’est le cas, je serai une des premières lectrices !


Un roman jeunesse émouvant, qui oscille entre découvertes culturelles et découvertes humaines. J’ai passé un excellent moment de lecture : je vous recommande fortement ce livre (et plus largement la saga entière).

Ma note : 8,5/10

 

Littérature anglaise·Littérature jeunesse·Young adult

Clean


Clean de Juno Dawson

372 pages, éditions Hachette romans, à 18€


Résumé : « Visage écrasé contre le cuir. Odeur de voiture neuve.
Je ne peux pas bouger. J’ai été kidnappée. Je ne peux pas bouger.
J’ouvre les yeux. Ça fait mal. Mais j’aperçois mon frère, Nikolai.
― Nik ?
― Tout va bien, Lexi, je vais te trouver de l’aide.
Oh, putain, cette fois, il l’a fait. Il a décidé de me sauver. »

Voilà comment je me suis retrouvée coincée au Clarity Centre, un hôtel de luxe pour les accros en tout genre. Pour moi, c’est un peu Alcatraz avec un spa.
Chacun son poison. Pour Ruby, c’est la bouffe. Pour Kendall, c’est l’excès inverse. Pour Saif, c’est la drogue (aucune originalité), comme moi. Et Brady… Brady, le beau gosse de service, c’est un grand mystère.
Bref, on forme une belle bande de déglingués. Et la nouvelle venue, Sasha, semble encore plus tarée que les autres. La grande question : sommes-nous prêts à être clean ?


Extraits « Si je me sens aussi mal sans ces comprimés et les autres substances, il faut bien en conclure que j’ai une dépendance. Cette idée me donne la chair de poule, autant que des ongles sur un tableau noir. »

« Il ne s’agit pas de prétendre que les risques n’existent pas, il s’agit pour chacun d’accepter la relation qu’il entretient avec eux et de prendre les mesures nécessaires pour se protéger. »


Mon avis : Le Clarity Centre, c’est un centre de désintoxication de luxe pour les accros en tout genre. Il est situé sur une île déserte et accueille des privilégies venus du monde entier pour se faire soigner. Lexi, notre protagoniste, est accro à la drogue, tout comme Saif, un autre pensionnaire richissime. La drogue de Ruby, c’est la nourriture, quant à Kendall, sa drogue, c’est au contraire d’avoir le ventre vide. La drogue du jeune Brady reste à ce jour un grand mystère, qu’aimerais bien percer Lexi. Autant de pensionnaires qui vont devoir cohabiter tout en tentant de soigner leurs maux.

J’ai vraiment beaucoup aimé découvrir cette histoire. C’est un roman à destination des jeunes adultes, qui dégage beaucoup de maturité. L’auteur traite des addictions, un sujet dans l’ère du temps, qui atteint en moyenne beaucoup plus la cible qu’elle cherche à viser : les grands adolescents et jeunes adultes. Drogues, anorexie, boulimie… autant d’addictions qui peuvent détruire des vies entières. Mais chaque addiction peut se soigner, c’est ce que cherche à nous démontrer l’auteure. Pour se faire, il faudra être vaillant, tenace et courageux, il faudra se combattre soi-même avant d’arriver à combattre son addiction.

Le style d’écriture est addictif, on se laisse happer autant par l’histoire que par les protagonistes. J’ai réussi à me projeter sur cette île déserte aux côtés des pensionnaires et à entrer véritablement dans l’histoire avec eux, et ça, c’est grâce au remarquable travail d’écriture de Juno Dawson. Elle arrive à alterner des scènes d’actions avec des scènes plus douces et à incorporer dans son récit un grand nombre de mystères, qui donnent du piquant à l’histoire. Tout est bien dosé, pour le plus grand plaisir des lecteurs !


Un roman addictif et moderne, qui délivre un message d’espoir pour toutes les personnes atteintes d’addiction en tout genre. J’ai vraiment bien aimé, et je le recommande !

Ma note : 9/10

 

Littérature australienne·Littérature jeunesse

7 lettres


7 lettres de Olivia Harvard

435 pages, éditions Hachette romans, à 18€


Résumé : « Si tu trouves cette lettre, c’est que j’ai accompli mon travail avec succès :
Colton Crest n’est plus qu’un souvenir, un corps sans vie, une coquille vide.
Tu aurais pu le sauver. Mais tu ne l’as pas fait.
J’ai écrit six autres lettres et les ai cachées dans six endroits différents. Chaque lettre contient une confession. À la fin de la dernière, tu sauras qui je suis.
Prends ton temps.
Moi j’ai tout le mien. »

Après avoir disparu pendant plus d’un mois et être revenu sans aucune explication, Colton Crest a été assassiné. C’est son meilleur ami, Eliott, qui retrouve son corps. Ainsi qu’une lettre, nichée dans sa veste. Signée de la main de l’assassin, elle propose un jeu de piste qui le mènera à six autres lettres. Chacune d’elles le rapprochant un peu plus de la vérité, de l’identité du tueur…


Extraits « Il faut savoir profiter des moments de bonheur, en particulier quand on traverse une période difficile. »

« Nous faisons entièrement confiance à ceux que nous aimons et les conséquences peuvent être douloureuses. »


Mon avis : Colton Crest est mort. C’est son meilleur ami, Eliott, qui retrouve son corps dans la rivière, ainsi qu’une mystérieuse lettre, signée de la main de l’assassin. Cette lettre sonne le départ d’une chasse aux indices grandeur nature concoctée par le tueur lui-même. Si Eliott arrive à remonter jusqu’à la septième lettre cachée par le tueur, il connaîtra son identité et les raison qui l’ont poussées à tuer son meilleur ami.

7 lettres, c’est un jeu de piste grandeur nature, qui entraîne à la fois le protagoniste, mais aussi les lecteurs. Très rapidement, je me suis laissé prendre au jeu, essayant de chercher des indices qui pourraient me mener jusqu’à l’identité du tueur. Mais rien n’est simple, beaucoup de fausses pistes sont mises en place dans le récit pour rendre plus compliquée l’identification du meurtrier. Mais alors, qui est vraiment le tueur ?

J’ai aimé l’ensemble du roman, mais je reste un peu sur ma faim quant au dénouement. En effet, Olivia Harvard nous a concoctée une fin rocambolesque, totalement surprenante… voire trop. J’ai trouvé le dénouement un peu tiré par les cheveux. J’ai comme l’impression que l’auteure a voulu surprendre à tout prix le lecteur et l’empêcher de deviner le coupable, et pour ça, elle a choisi une personnalité tout à fait inattendue, et totalement incompréhensible. Pour surprendre, ça surprend, mais pour ce qui est de la cohérence du récit, c’est à revoir !


J’ai aimé la dynamique du récit, mais le dénouement trop bancal m’a laissé sur ma faim. Un récit en demi-teinte, qui comporte du potentiel, mais également quelques faiblesses. 

Ma note : 4/10

 

Littérature américaine·Littérature jeunesse

Qui ment ?


Qui ment ? de Karen M. McManus

459 pages, éditions Nathan, à 17,95€


Résumé : Dans un lycée américain, cinq adolescents sont collés : Bronwyn (l’élève parfaite), Addy (la fille populaire), Nate (le délinquant), Cooper (la star du baseball) et Simon (le gossip boy du lycée). Mais Simon ne ressortira jamais vivant de cette heure de colle…
Et les enquêteurs en sont vite sûrs, sa mort n’est pas accidentelle. Dès lors qu’un article écrit par Simon contenant des révélations sur chacun d’eux est découvert, Bronwyn, Addy, Nate et Cooper deviennent les principaux suspects du meurtre.
Ce qui est sûr, c’est qu’ils ont tous quelque chose à cacher…


Extrait  « Une sextape. Une grossesse. Deux tricheries aux exams. Et ce ne sont que les alertes de la semaine. Quiconque ne connaîtrait le lycée de Bayview que par l’appli à scandale de Simon Kelleher pourrait se demander comment ses élèves trouvent le temps d’aller en cours. »


Mon avis : Un jour de semaine comme les autres dans un lycée américains, cinq adolescents sont collés pour une bêtise qu’ils ont commis. Il s’agit de Bronwyn, l’élève modèle, Addy, la fille super populaire, Nate, le délinquant, Cooper, la star du baseball et Simon, le commère du lycée. Ils sont cinq, mais seulement quatre ressortiront vivants de l’heure de colle. Simon meurt suite à une crise d’allergie. Les policiers en sont sûrs : l’un des quatre élèves est le coupable. En creusant la piste des quatre adolescents, les inspecteurs vont se rendre compte que chacun avait un alibi valable pour en vouloir à Simon. Mais qui ment ?

Qui ment ?, c’est une histoire dynamique qui nous entraîne au coeur d’une enquête des plus haletantes. Les quatre adolescents suspectés d’avoir tué Simon ont tous des alibis qui pèsent contre eux. En effet, Simon tenait un blog, qu’il alimentait avec des ragots sur les jeunes du lycée, et justement, des secrets sur ces quatre jeunes allaient prochainement être publiés sur le Blog de Simon. Un élément de plus qui rajoute du piquant à l’histoire.

J’ai trouvé l’histoire rondement menée, avec des personnages à la fois mystérieux, mais ouverts et suffisamment attachants pour que je puisse les apprécier. Malheureusement pour moi, l’auteure avait laissé un certain nombre d’indices, qui m’ont fait deviner la fin de l’histoire avant qu’elle n’arrive réellement. Ça ne m’a pas empêché d’apprécier le dénouement de cette enquête, que j’ai trouvé assez originale.


4 adolescents suspects, 1 mort : saurez-vous deviner qui ment ? Plongez au coeur d’une enquête des plus intrigantes…

Ma note : 7/10

 

Littérature américaine·Littérature jeunesse

La courte histoire de la fille d’à côté


La courte histoire de la fille d’à côté de Jared Reck

305 pages, éditions Gallimard jeunesse


Résumé : Si on était dans un film, Matt dirait à Tabby qu’il est fou d’elle. Alors, elle se jeterait dans ses bras -sous une pluie battante, évidemment. Mais on n’est pas dans un film : Matt et Taby sont voisins, il est son meilleurs amis, et elle est amoureuse de Liam. Cynique, romantique, sur le terrain de basket, pendant les cours, Matt repense à leurs moments partagés et serait prêt à tout pour la garder. Mais un événement tragique vient tout bouleverser…


Extraits « Mais les désirs et la réalité ne s’accordent pas obligatoirement. Et à force de passer mon temps à soupirer et à rêver dans mon coin, je suis devenu un mec odieux. »

« – Vous savez, c’est ce que je préfère écrire au monde, poursuit le prof, parce que les souvenirs, c’est très important. Je crois que ce sont eux qui nous définissent en tant que personne… Ces moments qui, pour une raison ou une autre, qu’ils soient grands ou insignifiants, restent gravés dans notre mémoire et inspirent les histoires que nous racontons. »


Mon avis : Matt est Tabby vivent l’un en face de l’autre et sont meilleurs amis depuis l’enfance. Depuis tout petit, Matt est secrètement amoureux de Tabby, sans jamais l’avoir confié à la principale intéressée. Tabby ne sait rien des sentiments de Matt et tombe amoureuse de Liam, un sportif plus âgé. Un brin jaloux, envieux et nostalgique des moments passés avec Tabby, Matt se prend à rêver à maintes reprises qu’il avoue à sa tendre ses sentiments. Mais un terrible événement va les séparer à jamais.

La courte histoire de la fille d’à côté, c’est une romance jeunesse tout en douceur et en légèreté. On y découvre un trio amoureux assez classique, avec deux garçons amoureux d’une même fille. En soi, l’histoire en elle-même n’est pas très originale, mais j’ai trouvé que la façon dont l’auteur l’amenait était bien fait. Même si c’était du déjà vu, je me suis quand même laissé entraîner dans la narration.

J’ai trouvé les personnages touchants, particulièrement Matt, qui m’a ému dans sa façon de se comporter. C’est un ami fidèle et loyal, toujours là pour Tabby, même quand celle-ci lui fait inconsciemment du mal. Jared Reck exploite avec maturité la thématique de l’amour et notamment de la barrière entre l’amour et l’amitié. Comment passer du statut d’ami à celui de copain ?

J’ai ressenti beaucoup d’émotions en lisant ce récit, mais malheureusement, mon émotion n’était pas pleine et entière à chaque fois. En effet, j’ai trouvé que certains passages s’étiraient un peu en longueur, notamment au niveau de la description des matchs et entraînements de baskets de Matt et Liam… j’ai trouvé que ça n’avait, à mon sens, pas trop d’intérêt ni de valeur ajouté quant à la trame principale.

Ce que je retire de cette lecture ? Qu’il faut toujours dire aux gens qu’on les aime, car un jour, il sera trop tard, et ce jour-là, nous le regretterons. Je n’en dis pas plus, et vous laisse découvrir par vous-même cette histoire, à la fois douce et tragique.

Un livre qui pourrait être aisément adapté au cinéma… il ferait sans doute pleurer bon nombre de personnes !


La courte histoire de la fille d’à côté est une histoire à la fois légère et tragique. Un livre rempli d’amour et d’émotions, qui ne vous laissera pas indifférent ! 

Ma note : 7/10

 

Littérature américaine·Littérature jeunesse

The Hate U Give


The Hate U Give de Angie Thomas

492 pages, éditions Nathan, à 17,95€


Résumé : Starr a 16 ans, elle est noire et vit dans un quartier difficile, rythmé par les guerres de gangs, la drogue et les descentes de police.
Tous les jours, elle rejoint son lycée blanc situé dans une banlieue chic; tous les jours , elle fait le grand écart entre ses deux vies, ses deux mondes.
Mais tout vole en éclats le soir où son ai d’enfance Khalil est tué. Sous ses yeux, de trois balles dans le dos. Par un policier trop nerveux. Starr est la seule témoin. Et tandis que son quartier s’embrase, tandis que la police cherche à enterrer l’affaire, tandis que les gangs font pression sur elle pour qu’elle se taise, Starr va apprendre à surmonter son deuil et sa colère; et à redresser la tête.


Extraits  « Même quand on a tout fait comme il faut, il arrive parfois que les choses tournent mal. Mais il faut persister, c’est ça la clé. »

« Une fois qu’on a vu toutes les blessures de quelqu’un, c’est comme si on l’avait vu nu – et ce n’est plus jamais pareil. »


Mon avis : Les éditions Nathan, ainsi qu’une majorité des blogueurs littéraires parlaient de ce roman comme un livre coup de poing, fort et intense, qui dénonce la réalité de la ségrégation en Amérique. Vous vous doutez bien qu’avec des retours aussi positifs que ceux-là, je n’allais pas passer à côté de ce récit !

Starr est une jeune fille noire de 16 ans, qui vit dans un quartier difficile, mais qui se rend dans un lycée blanc chic, à l’autre bout de la ville. Là-bas, loin des guerres de clans, de la drogue et de la violence de son quartier noir, Starr tente de se figurer une vie d’adolescente normale. Mais son quotidien est chamboulé lorsque Khalil, son ami d’enfance, est assassiné sous ses yeux par un policier blanc. Choquée et très en colère par l’injustice que représente cette mort, Starr va tenter de rendre justice à son ami en combattant le racisme et la ségrégation.

Ce roman nous dépeint une actualité malheureusement encore trop présente dans certaines pays du monde : le racisme. Dans certaines villes des États-Unis (et d’ailleurs), des quartiers se distinguent les uns des autres : les quartiers des noirs, souvent drogués, violents, voleurs, dans lequel se côtoient de nombreux gangs qui se battent et s’entretuent, et les autres, les blancs, chic et respectueux, qui exècrent cette population noire et portent des jugements pré-fabriqués sur eux. Le policier qui a abattu Khalil s’est fié à sa vision stéréotypée des personnes noires, et a injustement pensé que Khalil, parce que noir, était aussi violent, armé, drogué, méchant. C’est justement ces stéréotypes que Starr combat dans ce livre.

Starr est une jeune femme très courageuse, qui n’a pas peur de parler et de s’exposer pour défendre ses droits et rendre justice à son ami défunt. De nombreux obstacles viendront se mettre en travers de son chemin, mais Starr est une battante et de ne détournera pas les yeux de ses objectifs. Starr, c’est un peu comme Martin Luther King, Malcolm X ou encore Rosa Park : des personnes courageuses qui ont sacrifiés leur vie aux autres, en prenant à coeur de défendre leurs droits, ceux des personnes noirs aux États-Unis… Des héros du XXème siècle, dont les noms figurent encore dans toutes les mémoires. Je ne doute pas un seul instant que des personnes comme ces gens-là, ou des livres comme The Hate U Give, contribuent à faire changer les mentalités.

Néanmoins, malgré tout le respect que j’éprouve pour cette auteure et sa poignante histoire, je n’ai pas été aussi conquise que je l’aurais espéré. En effet, j’ai ressenti des moments de flottements entre certains passages, qui manquaient selon moi de dynamisme et d’énergie. Plus d’actions n’aurait pas été de refus ! Bien évidemment, cela n’enlève en rien le fait que j’ai apprécié découvrir de quelle manière l’auteure a réussie à s’approprier cette thématique et comment elle l’a développée.


Je le reconnais : The Hate U Give est un roman coup de poing, qui ne peut laisser personne indifférent. Néanmoins, l’histoire manquait de dynamisme à mon goût et certains passages m’ont ennuyés.

Ma note : 6/10

 

Littérature américaine·Littérature jeunesse

Stony Bay Beach


Stony Bay Beach de Huntley Fitzpatrick

538 pages, éditions Nathan, à 17,95€


Résumé : Samantha a 17 ans. Sa mère est une figure politique locale. Leur maison est immense, immaculée, tout le contraire de celle des Garrett, les voisins que sa mère déteste. Ces derniers ont huit enfants et vivent dans un bouillonnant désordre organisé. Un jour d’été, alors que Sam les observe de son balcon, un garçon l’y rejoint : c’est Jase, le troisième enfant des Garrett. Commence alors pour Sam et Jase l’été des premières fois, mais aussi des secrets, qui ne peuvent rester bien longtemps gardés…


Extraits  « C’est une question d’instinct. Notre instinct nous indique à qui on peut faire confiance, comme les animaux. On ne l’écoute pas toujours aussi bien qu’eux, mais il n’en demeure pas moins là. »

« Il est tellement friqué qu’il s’achète un nouveau bateau dès que l’ancien est mouillé.« 


Mon avis : Samantha et Jase sont voisins. Samantha vit dans une maison chic aux côtés de sa mère, une sénatrice réputée de leur État. Jase, quant à lui, est l’un des sept enfants qui vivent dans la maison d’à côté.

Ce livre raconte une histoire d’amour entre adolescents : les premiers sentiments, le premier bisous, la première fois… Nous suivons ce jeune couple que tout oppose dans leur quotidien mouvementé. Bien que l’histoire ne soit pas très originale, j’ai apprécié suivre l’évolution de la relation qu’entretenait ces deux jeunes.

Sam et Jase, bien que venant de milieux différents, et élevés de manière totalement différente, se ressemblent dans leur courage, obstination, leur soif de réussir, mais surtout dans l’amour qu’ils vouent à leurs familles respectives. Ce sont deux protagonistes très attachants, dont je me souviens encore plusieurs semaines après.

Un récit doux et tendre, qui met en scène un amour pur et vrai. Pour dynamiser le récit et ajouter un peu d’actions à cette jolie histoire d’amour, les deux protagonistes vont devoir jongler entre vérité et mensonges. Tout le monde sait que les secrets ne peuvent pas rester secrets bien longtemps, et quand la vérité éclate, souvent, elle fait des dégâts.

Quant au dénouement de ce récit, il laissait clairement annoncer une suite prochaine aux aventures de Jase et Samantha. Je serais donc curieuse de suivre le périple de ce jeune couple dans un second tome.


Un premier tome sympathique, dans lequel nous faisons la rencontre d’un jeune couple que tout oppose. Un roman doux et tendre, qui a su me séduire.

Ma note : 7,5/10