20, Allée de la Danse : Un pas de côté


20, Allée de la Danse : Un pas de côté d’Elizabeth Barféty

155 pages, éditions Nathan, à 10,95€


Résumé : À l’École, les élèves préparent un événement hors du commun : ils vont danser en public au musée d’Orsay ! En l’honneur du peintre Edgar Degas, les petits rats présenteront un exercice à la barre. Maïna, Constance, Zoé, Sofia, Colas et Bilal sont ravis de danser dans ce cadre unique. Mais leur plaisir est troublé par une série de disparitions d’objets de valeur à l’internat. Les élèves commencent à s’interroger : y aurait-il un voleur parmi eux ?


Extraits : « Chaque fois, la danse lui procure un sentiment de liberté, un bonheur unique.« 

« Comme disait je ne sais plus qui, pense-t-il, une journée sans danser est une journée perdue ! »


Mon avis : Les aventures des petits rats de l’école de Danse se poursuivent. Dans ce tome-ci, c’est le jeune Bilal qui est mis en avant. Le jeune garçon est le seul externe de la Bande, le seul qui ne reste pas dormir le soir à l’internat de l’Opéra. Sur le chemin qui le ramène chez lui, Bilal va tomber sur Ethan, un danseur de première année, qui semble en mauvaise posture dans la rue auprès de jeunes. Bilal se souvient que, quelques années plus tôt, il avait été lui-même victime de harcèlement dans la rue, des personnes malintentionnées se moquaient de lui et le rabaissaient à cause de sa passion. Mais ce qu’il va découvrir sur Ethan est loin d’être similaire à sa propre histoire.

En parallèle, l’ensemble des petits rats ont été conviés à l’inauguration de l’exposition Degas au Musée d’Orsay. Ils vont pouvoir danser dans ce magnifique lieu, devant des spectateurs venus spécialement les regarder. Pour avoir moi-même visité le Musée d’Orsay il y a quelques années, j’avoue que le cadre est magnifique et que c’est une chance unique dans la vie des jeunes danseurs, que de pouvoir se produire dans un tel lieu.

 

Intérieur du musée d’Orsay

Cette prochaine représentation au musée va également encourager nos jeunes danseurs à s’intéresser un petit peu plus à l’art. Certains, comme Bilal, le protagoniste de ce tome, n’avait jamais mis les pieds dans un musée. Il va apprendre à regarder, à ressentir des émotions, à se laisser transporter par des peintures et des sculptures. J’ai beaucoup aimé cette petite incartade culturelle, qui donnera peut-être envie aux jeunes lecteurs de pousser les portes de musées divers.

Comme d’habitude, les romans d’Elizabeth Barféty sont illustrés par de jolis dessins en noir et blanc réalisés par Magalie Foutrier, qui nous permet de ressentir encore plus intensément toutes les aventures vécues par nos héros préférés.

                                    


Comme toujours, l’auteure nous délivre de belles valeurs : l’entraide, la solidarité, l’amitié. Un tome réussi, qui mêle danse et culture. 

Ma note : 7,5/10

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Papa est en bas


Papa est en bas de Sophie Adriansen

119 pages, éditions Nathan


Résumé : Ça s’est fait petit à petit. A présent, voilà, le papa d’Olivia est en bas, sans trop d’espoir que ça s’arrange. Atteint d’une maladie qu’il surnomme « la tartiflette », il ne peut plus monter l’escalier de la maison. Le quotidien de toute la famille se réorganise autour de lui à mesure que son état s’aggrave. Pourtant, la vie doit continuer pour Olivia, entre fou-rires et larmes, auprès de sa maman, de son chat et surtout de son papa.

Un sujet difficile (la fin de vie d’un parent) abordé sans pathos à hauteur d’enfant : on rit et on pleure avec Olivia, en suivant son quotidien et celui de sa famille.
Dès 10 ans.
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Extraits : « Nous sommes des Indiens. C’est ce que papa a décrété le jour où il a rapporté d’une brocante cette sorte de totem qu’il avait trouvé joli (ce qui est largement discutable) et qui trône depuis près de la baie vitrée du salon. Et les Indiens, quand ça a des choses importantes à se dire, ça se réunit en conseil de guerre. »

« Papa et maman m’ont souvent raconté que mes premières dents ont poussé quand j’avais quatre mois. Ce qui est très tôt pour un bébé, d’après ce que j’ai compris. Quatre d’un coup, en plus : deux en haut et deux en bas. Papa conclut toujours l’histoire en disant que c’est comme ça qu’il a su que j’étais vraiment sa fille.
En tout cas, je mords la vie à pleines dents. »


Mon avis : Décidément, Sophie Adriansen choisit toujours d’aborder des thématiques graves, tristes, déchirantes parfois. Jusqu’à maintenant, je n’avais lu qu’un seul de ses romans, Lise et les hirondelles, qui traitait de la déportation de milliers de juifs lors de la terrible Rafle du Vel d’Hiv durant la Seconde guerre mondiale. Le récit était narré du point de vue d’une enfant, ce qui ajoutait une dimension d’autant plus dramatique aux événements. Dans Papa est en bas,  la thématique est différente, mais l’histoire tout aussi grave et toujours racontée à travers les yeux d’une enfant.

Le papa d’Olivia ne joue plus avec elle au foot, ne se balade plus, à du mal à monter les escaliers de la maison, ou à faire des gestes simples du quotidien, comme débarrasser la table après manger. Et pour cause : il souffre d’une maladie orpheline qui va progressivement paralyser l’ensemble de ses membres, à l’exception des yeux. Une terrible nouvelle, qui laisse la jeune fille totalement hagarde.

L’auteure s’est appuyée sur une histoire qu’elle a vécue, puisque son oncle a lui aussi perdu l’usage de ses jambes, avant de s’installer dans un lit au rez-de-chaussée de sa maison. C’est un récit puissant, une histoire qui pourrait arriver à plus de monde que ce que nous pensons.

Malgré le handicap, le papa d’Olivia reste fort, courageux, il se bat pour profiter de sa petite fille un maximum et du peu de temps qu’il lui reste. Je voudrais citer une phrase que l’auteure a apposée dans ses remerciements, qu’elle a elle-même entendue du professeur Bernard, un célèbre cancérologue, qui disait : « Quand on ne peut plus ajouter de jours à la vie, il faut ajouter de la vie aux jours« . Un bien triste raisonnement, qui résume bien le comportement du père d’Olivia face aux quelques jours qu’il lui reste à vivre.


découvrez olivia, cette petite fille courageuse, qui nous raconte l’évolution du handicap de son père. Un récit puissant et émouvant, qui ne peut laisser personne indifférent.

Ma note : 8/10

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Demandez-leur la lune


Demandez-leur la lune d’Isabelle Pandazopoulos

261 pages, éditions L’Archipel, à 19€


Résumé : Lilou, Sam, Bastien et Farouk. A 15/17 ans, ils vivent dans un de ces coins de France où on est loin de tout, une zone blanche.
La seconde générale n’est pas pour eux, ils n’ont plus beaucoup d’espoir dans l’avenir. C’est alors qu’Agathe Fortin, jeune prof de français passionnée, leur propose un cours de soutien étrange : les faire parler. Son défi : les préparer à un concours régional d’éloquence. Eux qui n’ont pas les mots vont se raconter à voix haute..
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Extraits : «  »Les mots, on sent le poids qu’ils pèsent et le pouvoir qu’ils ont. Ils t’engagent tout entier, ils te montrent tel que tu es, d’où tu viens et à qui tu ressembles. »

« Elle pense à tous ces trucs qu’on ne peut pas partager. À ce silence qui fait un gouffre entre soi et le monde. »


Mon avis : Ils sont quatre adolescents aux histoires différentes, avec un seul point commun : ils sont en décrochage scolaire, mais motivés pour donner un sens à leur avenir. Lilou, Sam, Bastien et Farouk vont suivre les cours de soutien de madame Fortin, une jeune professeure aux méthodes d’enseignement créatifs et originaux. D’abord désarçonnés par les pratiques de leur nouvelle professeure, les quatre adolescents vont se laisser prendre au jeu et finir par apprécier ces cours, leur professeure et surtout le travail qu’ils effectuent ensemble sur eux-mêmes.

Isabelle Pandazopoulos, l’auteure de ce récit, a longtemps travaillé avec des élèves en difficulté, puis avec des jeunes en situation de handicap mental. En écrivant Demandez-leur la lune, elle s’appuie sur ces expériences passées en les enjolivant d’éléments fictifs.

Lilou, Sam, Bastien et Farouk ont chacun leur problème. La famille de Lilou a été détruite il y a quelques mois : ils ont appris que le grand frère de Lilou s’était radicalisé et avait rejoint un groupement de terroristes islamiques. Un choc pour cette famille, qui est devenue la bête noire auprès de toute la ville et de tous leurs proches.

Sam quant à elle, vit avec sa mère, qui souffre de troubles mentaux. Elle ne contrôle pas les accès bipolaires de sa mère, mais continue à l’aimer inconditionnellement. Bastien est en guerre avec ses parents, qui veulent le forcer à reprendre l’entreprise familiale. Mais le jeune homme n’est pas d’accord et aspire à une autre voix professionnelle. Enfin, Farouk est un jeune immigré turque, qui a fuit la guerre de son pays pour survivre. Il a laissé derrière lui tous ses repères, ainsi que sa famille, qui est resté au pays. Aujourd’hui décidé à apprendre le français et à s’intégrer en France, il attend son audience, qui décidera s’il peut ou non rester résider sur le territoire français.

Durant les quelques heures de soutien scolaires auxquels ils participent tous ensemble, leurs problèmes s’envolent et restent derrière eux. Oubliée la noirceur du quotidien pour se recentrer sur le groupe et les attentes de madame Fortin. Cette dernière a confiance en eux et sait qu’ils ne sont pas les élèves en grande difficulté, perdus et irrattrapables que le proviseur ainsi que tous leurs autres professeurs veulent leur laisser croire. Madame Fortin aspire même à les inscrire à un concours d’éloquence. À travers leurs mots, ils vont se découvrir, s’ouvrir et enfin s’aimer.

J’ai beaucoup aimé la morale de l’histoire, qui donnera certainement à réfléchir aux lecteurs-cibles. Ne laissez pas les autres vous rabaisser, vous destabiliser ou vous faire douter de vous-mêmes. Vous êtes uniques, vous êtes forts et autant capables que les autres de réussir ce dont vous avez envie. Une très belle leçon de vie et d’espoir, dont je n’hésiterais pas à me rappeler à l’avenir.


une histoire puissante, qui devrait apporter espoir et courage aux adolescents qui manquent de confiance en eux. Ce fût une très jolie découverte.

Ma note : 7,5/10

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Panic


Panic de Lauren Oliver

363 pages, éditions Le Livre de Poche jeunesse, à 6,90€


Résumé : « Les règles de Panic sont simples. Tout le monde peut participer. Mais il n’y aura qu’un seul vainqueur. » Carp, une petite ville minable de l’État de New York. Chaque été, tous ceux qui viennent de terminer le lycée peuvent participer à « Panic », une succession d’épreuves plus dangereuses les unes que les autres. L’enjeu est de taille : une cagnotte de plus de cinquante mille dollars. Personne ne sait qui a inventé ce jeu, ni qui en fixe les règles. Cet été, Heather entre dans la compétition par dépit amoureux, Elle pourrait, si elle gagne, quitter le mobile-home sordide où elle vit avec une mère paumée et droguée, et emmener avec elle sa sœur, Lily. Dodge, lui, a une autre raison de participer au Jeu de la Peur : venger sa sœur, qui a fini dans un fauteuil roulant, après une épreuve d’une précédente session de Panic. Manipulations, trahisons, révélations : cet été sera celui de tous les dangers.


Extraits : « C’était un peu comme surprendre un top model en train de péter : étonnant et excitant.« 

« Encore une leçon de Panic : les gens vous surprenaient. Ils vous mettaient sur le cul. C’était à peu près la seule chose sur laquelle on pouvait compter. »


Mon avis : Il y a maintenant trois ans, j’ai lu Replica, de Lauren Oliver, un roman jeunesse que j’avais qualifié « d’expérimental » et de « futuriste », puisque l’auteure avait imaginé un concept de lecture à deux sens tout à fait novateur et qu’en plus, elle abordait, dans son histoire, le clonage. Même si Panic est beaucoup moins expérimental que Replica, l’histoire n’en reste pas moins une sorte d’expérimentation.

Panic, c’est le nom attribué à un jeu totalement illégal, qui se pratique par les étudiants diplômés durant les deux mois de l’été. Durant un an, chacun cotise une somme d’argent, qui est ensuite mise en jeu. Des épreuves, toutes très dangereuses, attendent les concurrents. Cette année, Heather, ainsi que sa meilleure amie Nat, participent, pour remporter la cagnotte. Elles concourent aux côtés de Dodge, qui désire venger sa soeur Dayna, handicapée suite au jeu, ainsi que Ray Hanrahan, le frère d’un des vainqueurs d’une édition précédente. Malgré le soutien de Bishop, leur meilleur ami, Heather et Nat sont terrifiés à l’idée des épreuves qui les attendent : saut dans le vide, traversée d’une poutre sans protection… et l’intensité va croissante. L’argent, vaut-il plus que leur propre vie ?

J’étais assez curieuse de découvrir la manière dont Lauren Oliver allait développer son histoire. C’est un jeu qui a sans doute été inspiré d’autres histoires célèbres, tels que les fameux Hunger Games de Suzanne Collins. Mais ici, dans Panic, on ne se situe pas dans un contexte de science-fiction imaginaire, on est ancré dans la vraie vie. Et c’est justement ce qui cloche. J’ai eu beaucoup de mal à me projeter, j’ai trouvé beaucoup de scènes exagérées, pas assez croyables, peu réalistes. Tout m’a dérangé : les épreuves très dangereuses, les policiers naïfs, les étudiants inconscients, irraisonnés, nigauds devrais-je dire, les situations totalement alambiquées, farfelues, emmêlées, qui n’ont ni queue ni tête.

L’histoire est en fait assez simpliste, l’auteure reste dans du superficiel, du facile à écrire. Et malheureusement, c’est ce que je lui reproche : d’avoir foncé dans la simplicité, au détriment de la qualité de son ouvrage. Je suis allé jusqu’à la fin de ma lecture, pensant peut-être y découvrir des rebondissements inattendus, quelque chose de surprenant, qui me donnerait un autre éclairage sur l’histoire et me ferait oublier l’ensemble des points négatifs que j’ai soulevé durant le récit. Mais non. Là encore, avec le dénouement, Lauren Oliver nous sert une fin décousue et bâclée.

J’ai également été sidérée par la naïveté des étudiants, de Heather, Nat, Dodge et les autres, qui n’hésitent pas à mettre leur vie en danger pour tenter de ramasser un peu d’argent. Alors certes, certains peuvent avoir de bonnes raisons pour le faire – Heather pour sortir sa soeur Lily de la misère, Dodge pour payer une rééducation pour les jambes de sa soeur Dayna -, mais le sacrifice vaut-il vraiment le coup ? J’ai trouvé les personnages immatures, parfois complètement stupides face à certaines situations.


Une histoire décevante, aberrante, dangereuse et trop peu réaliste. La naïveté des personnages m’a agacé, l’oisiveté du récit m’a estomaqué : je n’ai pas aimé du tout !

Ma note : 3/10

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Parée pour percer


Parée pour percer d’Angie Thomas

493 pages, éditions Nathan, à 17,95€


Résumé : A 16 ans, Bri s’imagine devenir la plus grande rappeuse de tous les temps, comme son père avant qu’il ne soit tué par un gang. Mais lorsque sa mère perd son emploi et que leur propriétaire les menace d’expulsion, la jeune fille n’a plus le choix. Réussir dans la musique n’est plus un rêve mais une nécessité.


Extraits : « Parce que vouloir, c’est une chose. Mais penser que c’est possible, c’en est une autre.« 

« Mais il faut être réaliste : quand ta mère te dit que tu rappes bien, c’est comme quand elle te dit que t’es mignonne les jours où tu ressembles à rien. Les compliments de ce genre font partie de ses devoirs parentaux depuis le jour de son accouchement. »


Mon avis : Angie Thomas est une auteure américaine, à l’origine du bestseller The Hate U Give, paru l’année dernière, qui a connu un tel succès qu’il vient d’être adapté au cinéma. Dans la lignée de son premier roman, l’auteure publie Parée pour percer. Ses deux histoires rassemblent plusieurs points communs : chacune met en scène une jeune protagoniste noire, vivant dans un quartier malfamé d’une ville des État-Unis, qui est victime de racisme, d’inégalité, qui en plus, doit faire face quotidiennement à la violence, physique et verbale, ainsi qu’à la pauvreté.

Dans Parée pour percer, Brianna – Bri pour les intimes -, est une jeune fille noire, rêvant de percer dans le rap, pour suivre les traces de son père, célèbre rappeur, reconnu et adoré, qui s’est fait  assassiner par un gang malveillant. Bri est douée pour raper, c’est ce qu’elle aime, c’est ce dont elle rêve, mais sa mère ne l’entend pas de cette oreille. Selon elle, Bri doit privilégier ses études avant la musique. Secrètement aidée et soutenue par Tante Pooh, la soeur de sa mère, Bri se rendra à plusieurs reprises à des battles de rap, où sa notoriété ne fera que croitre. Si son projet de percer dans la musique est sur la bonne voie, tout n’est pas tout rose dans sa vie personnelle : Bri est victime d’inégalités et de violences au lycée, sa famille est au bord de l’expulsion, les gangs lui tournent autour, lui reprochant ses paroles de chanson, trop crues et provocantes.

Mais Bri ne quitte pas son rêve des yeux : devenir rappeuse, envers et contre tout et tous. J’ai aimé le courage et l’abnégation de cette jeune fille, qui n’est pas aidée par la vie, très peu soutenue, mais qui se bat pour atteindre ses objectifs. Un bel exemple pour notre jeunesse française !

Angie Thomas m’a plongée dans un univers qui m’était totalement inconnu et qui m’a, pour ainsi dire, glacé les sangs à plusieurs reprises. Imaginez-vous dans un quartier malfamé, avec des gangs, des armes, de la drogue. Imaginez-vous des meurtres, souvent peu élucidés, des policiers quasi inexistants, des bagarres, violentes, sanglantes, des injures en veux-tu en voilà. C’est la vie de la rue, c’est la vie de Bri. Dépaysée, j’ai été à plusieurs reprises effrayée pour Bri, cette jeune fille qui semble fragile, mais qui agit souvent avec impulsion, sans penser aux conséquences qui peuvent découler de ses actes.


Un roman rythmé, entraînant et électrisant, qui aborde de nombreuses thématiques contemporaines intéressantes : le racisme, l’inégalité, la violence, la drogue… Sorte de livre préventif et constructif pour les adolescents.

Ma note : 7,5/10

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20, Allée de la Danse : Première, ou rien !


20, Allée de la Danse : Première, ou rien ! d’Elizabeth Barféty

153 pages, éditions Nathan, à 9,95€


Résumé : La vie et les rêves des petits rats de l’École de danse de l’Opéra.

Les examens de fin d’année approchent. Les petits rats de l’École de Danse commencent à s’inquiéter. Surtout la perfectionniste Constance. Sera-t-elle admise en 5e division ?


Extraits : « Elle se sent si fragile tout à coup. Ses amis la protègent, avec leurs rires, leurs mots rassurants.« 

« Personne n’attend que tu sois parfaite… à part toi ! »


Mon avis : Comme chaque mois, je m’attaque à un nouveau tome de cette saga jeunesse que j’aime beaucoup. Ce mois-ci, c’est Première, ou rien ! que j’ai pu découvrir.

L’année à L’École de Danse est bientôt terminée, les élèves vont pouvoir profiter de deux mois de vacances bien méritées, à se reposer, se dorer au soleil ou retrouver ses proches. Mais avant de penser aux vacances, ils doivent passer l’examen final de leur année de danse, celui qui leur permettra de passer, ou non, en 5ème Division. Constance, très perfectionniste, est particulièrement stressée par cet examen. Elle a l’impression de ne plus contrôler ses mouvements, de manquer de temps et d’entraînements. Alors qu’elle fait part de ses inquiétudes à sa bande de copains, ceux-ci ne semblent pas aussi préoccupés qu’elle.

Je ne peux que m’identifier à cette petite Constance, très stressée de son test final. En effet, c’est sur cet examen que reposera l’ensemble de son avenir dans l’école de danse : il y a de quoi avoir peur. C’est une sensation que j’ai connu bien des fois, qui m’a souvent rendue malade et m’a empêchée de dormir durant de nombreuses nuits. Les jeunes lectrices se reconnaitront peut-être aussi dans son portrait, mais verrons qu’à la fin, ce n’est pas le résultat des examens qui compte.

Comme d’habitude, Elizabeth Barféty nous délivre un très beau message : le travail est une chose, mais l’amitié en est une autre. Il ne faut pas négliger l’un au détriment de l’autre, mais savoir combiner les deux dans une belle osmose pour être pleinement satisfait de son quotidien. Constance se rend compte que plus important encore que sa réussite à l’examen, c’est leur réussite collective à tous qui l’importe. Perdre un membre de la bande reviendrait à perdre un repère important de sa vie quotidienne. Un beau message plein de sagesse, qui montre qu’entraide, soutien moral, amour et amitié sont plus forts que toutes les autres réussites. J’espère que ce message trouvera écho dans de nombreux quotidiens.


Un joli tome, empli de belles valeurs. Grâce à Constance, on apprend que l’amitié et l’entraide sont essentiels à la réussite. 

Ma note : 7,5/10

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Quelqu’un m’attend derrière la neige


Quelqu’un m’attend derrière la neige
de Timothée de Fombelle

52 pages, éditions Gallimard jeunesse, à 12,90€


Résumé : Parti de Gênes, Freddy d’Angelo doit livrer ses gelati en Angleterre pour les fêtes de Noël. Tandis qu’il part seul et fatigué à bord de son camion frigorifique jaune, une hirondelle quitte l’Afrique, à contre-courant de ses congénères, bravant le froid hivernal. Une troisième vie est en jeu dans cette histoire, encore plus fragile que les deux premières.


Extraits : « Les hirondelles ne fêtent pas Noël. Quand l’hiver vient, elles sont au-dessus des forêts d’Afrique à se baigner dans l’air trempé. Elles dessinent des boucles dans le ciel. Elles montent très haut puis redescendent en flèche et restent quelques secondes sur le dos, frôlant les cimes des arbres, fendant le nuage de feuilles et de fleurs qui flotte à la surface des forêts.. »

« Pourquoi sont-elles soudain parties vers le sud ?
Elles n’en savent rien. Elles ne fuient même pas vraiment la neige, dont elles ont seulement entendu parler, ni le froid, mais elles se sentent incapables de ne pas être là, à disperser les moucherons, à gribouiller le bleu du ciel. »


Mon avis : L’année dernière, j’ai eu la chance de découvrir le dernier album de Timothée de Fombelle, nommé Capitaine Rosalie. Il racontait l’histoire d’une petite fille en pleine Première Guerre Mondiale. Tant l’histoire que les magnifiques illustrations m’avaient bouleversée, tant et si bien que je lui avais mis la note maximale, soit 10/10. En cette fin d’année, l’auteur revient avec un nouvel album jeunesse, Quelqu’un m’attend derrière la neige.

Nous sommes en plein hiver, en période de Noël. Freddy d’Angelo, un livreur de glaces, passe ces fêtes de fin d’année seul, au volant de son camion de livraison. En parallèle, une jeune hirondelle quitte la chaleur de l’Afrique pour se diriger vers le nord, où, pense-t-elle, quelqu’un l’attend derrière la neige. Leurs chemins vont se croiser et révéler un troisième destin, qui les lieront à tout jamais.

Comme d’habitude, je ne peux qu’applaudir le magnifique travail d’illustration réalisé par Thomas Campi. Ces dessins ont la particularité d’être réalisé à la fois avec des couleurs chaudes et des couleurs passées, qui nous plongent immédiatement dans l’univers féerique de ces fêtes de fin d’année, mais une féerie bien tristounette.

     

En effet, l’ambiance générale de l’album est quand même assez triste, comme vous pouvez le constater avec ces quelques illustrations : les personnages sont seuls, isolés, ternes. Car en cette période de Noël, des milliards de personnes sont regroupées en famille pour célébrer cette fête chrétienne, tandis que des millions d’autres restent seules, sans personne avec qui partager des moments de convivialité. C’est le cas de notre protagoniste, un homme solitaire, déprimé, qui n’a plus goût à la vie, mais qui va trouver un peu de lumière et de chaleur dans la venue de la jeune hirondelle. En définitive, Quelqu’un m’attend derrière la neige est un conte humaniste, qui prône de belles valeurs d’entraide, de solidarité et d’amour. Le genre de lecture qui fait du bien en cette période de l’année, qui nous rappelle que la vie n’est pas toute rose pour tous.


Un conte de Noël attendrissant, émouvant, poétique et plein d’humanité. Une petite merveille à mettre sous tous les sapins !

Ma note : 10/10

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