Judith et Bizarre


Judith et Bizarre de Benoît Richter

106 pages, éditions Nathan


Résumé : Dans un monde qui exploite les minotaures dès leur naissance, Judith, une petite humaine, en recueille un en cachette et le traite comme un frère…

Judith, 10 ans, vit avec ses parents dans une ferme qui produit des minotaures. Ces créatures, à corps d’homme et tête de veau, sont élevées puis utilisées pour les travaux que les humains ne veulent plus faire. Forts et endurants, mais d’une intelligence très limitée, ils sont exploitables jusqu’à la mort. Un jour, Judith découvre dans la nursery un bébé minotaure inversé : il a la tête d’un humain et le corps d’un veau. Sa naissance a échappé à la vigilance des adultes de la ferme. Judith pressent qu’elle doit s’occuper de lui en secret. Elle a déjà vu des minotaures inversés, mais ils disparaissaient toujours de la ferme très rapidement après leur naissance. Elle va donc le cacher et l’élever à l’insu de tous : lui apprendre à réfléchir et à parler…


Extraits : « Dans la Ferme, le père et la mère de Judith fabriquent des minotaures, c’est un processus extrêmement compliqué. »

« Les parents de Judith pensent que les minotaures sont un don fait par la science à l’humanité, un don qui doit la mener à un monde meilleur, et que jamais on ne devrait les utiliser pour se battre, mais, à partir de ce triste soir, les commandes affluent et l’activité de la Ferme augmente très vite. »


Mon avis : Judith est une petite fille qui vit à La Ferme. La Ferme, c’est l’endroit où ses parents fabriquent et mettent au monde des minotaures. Les minotaures sont des créatures spéciales : à corps d’homme et à tête de veau, elles sont élevées afin de venir en aide aux humains dans les tâches les plus complexes. Mais un peu jour, Judith découvre un minotaure un peu spécial : un bébé au corps de veau et à la tête d’homme. Elle décide de le cacher et de s’occuper de lui.

Judith et Bizarre est un récit sur l’amitié. Judith va se prendre d’affectionner pour cet être, si différent d’elle et de tout ce qu’elle connaît. Elle va s’occuper de Bizarre, lui donner un nom, lui apprendre à parler, à compter, ouvrir son esprit sur le monde. Judith va désobéir à ses parents et prendre des risques au nom de l’amour qu’elle ressent pour cette créature si chétive. Benoît Richter met en avant le dévouement et la solidarité, mais également la compréhension et l’acceptation d’autrui.

Car rien ne les oppose plus que leur physique : Judith est une humaine, Bizarre un minotaure. Mais, malgré leurs différences, ils vont se comprendre et apprendre à s’aimer. C’est une magnifique leçon de vie sur la tolérance. 

En second plan, l’auteur place son récit dans un contexte futuriste, avec la création de minotaures pour venir en aide aux humains dans les tâches les plus viles ou difficiles à faire. Les enfants pourront alors développer leur imagination, et réfléchir à ce sujet, quelque peu complexe : de quoi sera fait demain ? Une courte histoire, mais remplie de sujets intéressants, qui devaient satisfaire autant les enfants que leurs parents.


Judith et Bizarre est une histoire pour enfants qui prône l’amitié et la tolérance. J’ai apprécié la découvrir.

Ma note : 7/10

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20, Allée de la Danse : Le rêve américain


20, Allée de la Danse : Le rêve américain
de Elizabeth Barféty

155 pages, éditions Nathan, à 10,95€


Résumé : Les élèves de l’École de Danse sont surexcités : les voici à New York, où ils doivent donner deux représentations exceptionnelles ! Les petits rats en prennent plein les yeux : visites emblématiques, burgers et sodas géants, mais aussi découverte du New York City Ballet?!
Ils y découvrent un style de danse athlétique qui les intrigue ; au point que Maïna hésite à passer les auditions de la School of American Ballet…


Extrait : « Dans la vie, tu dois sans arrêt prendre des décisions, ajoute la danseuse. Renoncer à des possibilités. Sinon, ce seront les autres qui choisiront pour toi. Forcément, tu vas commettre des erreurs. Mais ce n’est pas grave. Parce que c’est aussi comme ça que tu sauras ce qui te plaît et ce qui tu ne veux pas revivre. Alors lance-toi ! »

« Dans Le Lac des cygnes, chaque cygne ne peut pas être unique, pense-t-elle. Et puis qu’est-ce que ça veut dire, « être soi-même » ? Et si moi, j’ai envie de faire partie d’un ensemble, hein ? »


Mon avis : Cette fois-ci, c’est Maïna, la jeune danseuse Martiniquaise, qui est sur le devant de la piste. L’ensemble de la bande de petits rats est partie en voyage à New York, où ils doivent se produire sur une scène mythique. Là-bas, la mère de Maïna et son frère, Olympe, les y rejoignent, pour les encadrer dans leurs visites culturelles. Tout le monde est très excité par la découverte de cette grande ville et de sa mentalité, bien différente de celle des Parisiens qu’ils connaissent. Si bien que Maïna hésite à passer une audition pour intégrer un stage intensif de danse aux Etats-Unis.

C’est toujours un pur bonheur de retrouver l’ensemble des petits rats. Chaque tome est dédié à l’un d’entre eux, et l’auteure aborde des thématiques de société actuelles, qui trouvent facilement échos chez les plus jeunes : la compétition, l’amitié, la jalousie, les différences, etc. Dans Le rêve américain, Maïna est songeuse quant à son avenir dans la danse. Son grand frère Olympe l’a troublée en lui parlant de son métissage, qui serait, selon lui, un obstacle à son évolution dans la danse. Car, comme il le dit si bien, personne n’a jamais vu une Juliette noire ou métisse.

J’ai beaucoup aimé la façon dont Elizabeth Barféty aborde cette thématique sensible : avec innocence, candeur et bienveillance. Chacun est différent, que ce soit physiquement ou mentalement, mais ces différences ne doivent pas être un entrave à notre évolution, bien au contraire : elles doivent devenir nos forces. La couleur de peau de Maïna est ce qui la rend unique, ce qui la démarque, c’est son identité, ce qui fait qu’elle est telle qu’elle est, et rien ne pourra changer cela. Ce sont surtout ses performances de danseuse qui l’ont amenées là où elle est aujourd’hui, et ce sont ces mêmes performances qui la guideront vers ses objectifs et détermineront son avenir, et non sa couleur de peau.


Un tome qui nous embarque au coeur de New York, entre visites culturelles et représentations de danse. Une histoire qui respire la candeur et la bienveillance.

Ma note : 7/10

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Napoléon


Napoléon de Lucy Lethbridge

62 pages, éditions Le Livre de Poche jeunesse, à 5,50€


Résumé : Qui n’a jamais entendu parler de Napoléon Bonaparte, empereur des Français ? Il était un garçon fragile, il est devenu l’homme le plus puissant de son époque. Il habitait une grotte dans les montagnes de Corse, il a fait de Paris sa maison. Et de toute l’Europe, son empire. Voici son histoire.


Extrait : « Napoléon fut confronté à la guerre avant même sa naissance. Alors qu’elle était enceinte de lui, sa mère, Letizia, se retrouva au coeur du conflit corse. »

« Napoléon était d’accord avec eux, tous les hommes devaient être égaux, mais l’idée du pouvoir les avait rendus fous. On aurait cru qu’ils souhaitaient juste tuer les riches. »


Mon avis : Après avoir découvert la biographie raccourcie et simplifiée de Jules César et de Marie-Antoinette, je me suis attaquée à celle d’un autre illustre personnage : Napoléon.

Napoléon Bonaparte est un chef d’Armée, connu principalement pour les campagnes qu’il mena contre l’Italie et l’Égypte, et qu’il remporta haut la main. Après un coup d’état, il finira par diriger la France, et sera nommé Empereur, sous le nom de Napoléon Ier, avant d’être chassé de son pays et exilé sur l’île d’Elbe, où il finira ses jours.

Je ne connaissais que les grandes lignes de l’histoire de cet illustre homme, qui se battra jusqu’au bout pour défendre son pays. C’est donc avec un grand plaisir que j’ai découvert plusieurs détails de sa vie professionnelle et personnelle grâce à l’admirable travail de synthèse réalisé par Lucy Lethbridge. L’auteure vulgarise la vie de Napoléon en rendant accessible aux plus jeunes la vie tumultueuse de l’Empereur. C’est un personnage important, un héros, devrais-je dire, qui a marqué l’Histoire et à contribuer à faire de la France et du monde en général ce qu’ils sont aujourd’hui. Nous lui devons beaucoup, c’est pour cette raison qu’il est important de connaître les grandes lignes de son histoire.

 

Pour apporter plus de légèreté au récit, de magnifiques illustrations viennent décorer les pages, rendant encore plus vivantes les guerres narrées.


Une courte biographie illustrée de Napoléon Bonaparte, pour permettre aux enfants de découvrir plus facilement ce guerrier et empereur qui a oeuvré à la gloire de la France.

Ma note : 7/10

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Soir de rage


Soir de rage de Hubert Ben Kemoun

61 pages, éditions Nathan


Résumé : Alex est sur le point d’accéder au plus haut niveau de sa partie de jeu vidéo, quand son père débranche brutalement la console. Tout ça pour assister à un spectacle !
Alex est fou de rage. Il en veut à son père. Il en veut même au monde entier ! L’amour pour son père sera-t-il plus fort que ce moment de rage ?


Extrait : « – Alex ! Tu es prêt ?
Selon moi, il ne faut jamais répondre immédiatement quand votre mère ou votre père vous appelle depuis l’autre out de l’appartement. Laisser hurler son prénom, au moins quatre fois avant de réagir, m’a toujours semblé un minimum.
– Alex ?!!!
Parfois, avant le quatrième appel vos parents se lassent. C’est bien la preuve que cette chose si essentielle qui les faisait s’égosiller sur votre prénom et qu’ils voulaient vous demander n’était pas aussi important qu’ils l’imaginaient. »


Mon avis : Alex est comme tous les petits garçons de son âge : il adore jouer aux jeux-vidéos et n’écoute pas souvent ses parents. Alors, quand son père débranche la prise de la télé, coupant net le petit garçon dans sa partie, Alex n’est pas content. Et il va faire sentir son mécontentement durant toute la soirée, au spectacle de l’école où ses parents l’emmènent. Mais une terrible chose menace son père : l’amour d’Alex pour son père, sera-t-il plus fort que sa rancoeur ?

 

 

J’ai vraiment bien aimé cette courte histoire. J’ai trouvé les personnages touchants et la thématique abordée très moderne.  Nombre de parents se retrouvent accablés par ces jeux-vidéos et divers écrans qui rendent addicts leurs progénitures. Ce n’est pas souvent facile de les écarter de ces réceptacles, car bien trop souvent, s’ensuivent colères, larmes, insultes pour les cas les plus graves.

Mais Soir de rage prouve bien que l’amour est plus fort que tout, et principalement plus fort que la haine et la rancoeur.C’est une histoire pédagogique et moralisatrice, que les parents peuvent aisément faire lire à leurs enfants.


Une courte histoire pédagogique sur un enfant, énervé contre son père. Dialogue, bienveillance, apprentissage de la frustration, amour, sont les maîtres mots de ce récit.

Ma note : 7/10

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Fatou Diallo Détective


Fatou Diallo Détective de Emmanuel Trédez

135 pages, éditions Nathan


Résumé : Moi, c’est Fatou Diallo, 9 ans et demi. Avec mon associé, Max (oui, bon, c’est un hamster, on fait comme on peut !), bref, avec Max, nous avons créé l’agence. De détectives FDD. Dès qu’il y a une enquête à mener, un mystère à élucider, on m’appelle. Pour me trouver, c’est simple : Cité des Violettes, Bâtiment D, à côté de l’escalier !


Extraits : « Beaucoup de gens prétendent vouloir sauver la planète, mais dès qu’il faut faire un petit effort, il n’y a plus personne ! »

« – Tu sais quoi, Max ? Cette enquête m’a appris quelque chose sur la vie dans les cités.
Max était tout ouïe. Il semblait attendre la suite avec impatience.
– Il faut se méfier des bandes de vieux ! Ils sont capables de tout !
« 


Mon avis : Fatou a 9 ans et vit dans la Cité des Violettes, en région parisienne. Cette jeune fille dynamique a décidé de mener des enquêtes pour résoudre les énigmes de la cité.

Détective Fatou va mener à bien 4 enquêtes, réparties en 4 courts chapitres. Dans la première, elle va aider le gardien de l’immeuble à retrouver l’identité de la personne qui s’amuse à jeter des bouteilles en verre dans les poubelles jaunes. Dans la deuxième enquête, Fatou va tenter de débusquer le petit plaisantin qui s’amuse à faire exploser des crottes de chiens devant les portes de certains de ses voisins. Dans la troisième enquête, le chat d’une voisine disparaît, et un mystérieux corbeau lui demande une rançon. Enfin, dans la dernière, une adolescente se fait voler son portable dans un parc. Point d’inquiétude : Détective Fatou mène l’enquête !

En plus d’être divertissantes, ces différentes enquêtes dénoncent certaines pratiques et mettent à mal certains clichés – je pense notamment à la couleur de la peau de Fatou, et à son prénom à connotation étrangère. Malgré cela, la jeune fille est bien intégrée socialement, elle est appréciée de ses voisins et amis, et vit paisiblement dans la Cité des Violettes – cité qui, dit en passant, est bien éloignée des cités dégradées et mal fréquentées que nous pourrions nous représenter.

Dans chacune de ces histoires, Emmanuel Trédez pointe du doigt certaines incivilités et manque de savoir-vivre : ne pas respecter le tri sélectif ou la vie en communauté. Autant de thématiques qui devraient permettre de sensibiliser davantage les jeunes lecteurs, et satisfaire pleinement les parents.

De courtes enquêtes écrites avec simplicité, qui ne manquent pas d’humour, non plus. Le tout étant illustré de quelques dessins en noirs et blancs, qui viennent rythmer davantage le récit.

 


Des enquêtes courtes, mais prenantes, qui permettent de sensibiliser les plus jeunes à l’incivilité et à la vie en communauté.

Ma note : 8/10

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Nos âmes rebelles


Nos âmes rebelles de Samantha Bailly

288 pages, éditions Le Livre de Poche jeunesse


Résumé : L’une écrit, l’autre dessine. La première est aussi solaire que populaire, la seconde timide et solitaire. Sonia finit son premier roman, Lou prépare le concours d’entrée des Gobelins. Car si toutes les deux passent le bac, elles ne rêvent que de partir à Paris étudier. D’ici là, elles développent ensemble leur blog BD, Trames jumelles, dont l’audience ne cesse de croître. Côté cœur, Sonia craque pour Gabriel tandis que Lou se demande ce qu’elle éprouve vraiment pour Vittore…


Extraits : « Elle sait d’expérience que bien chercher, c’est être persuadé que l’on va trouver. »

« Aimer, c’est attendre.
Attendre un signe, un geste, de celui qui nous a imprégnée. De celui qui est soudain devenu le centre de notre monde.
« 


Mon avis : Après Nos âmes jumelles, en avant pour le tome 2 de cette saga jeunesse, avec Nos âmes rebelles. On y retrouve nos deux protagonistes du premier tome, à savoir Sonia et Lou. L’une, Sonia, finit d’écrire son roman. L’autre, Lou, prépare son concours d’entrée dans son école.

Comme dans le premier tome, Samantha Bailly alterne les points de vue entre les deux jeunes filles, consacrant à tour de rôle un chapitre pour chaque demoiselle. Comme dans ce premier opus, on retrouve la complicité et la forte amitié de Lou et Sonia, qui sont deux jeunes filles totalement différentes, mais qui s’accordent à merveille. Leur amitié m’étonnera toujours, mais ça semble fonctionner plutôt pas mal, puisqu’elles se complètent dans leur caractère et leur manière d’aborder la vie, tout comme dans l’art qu’elles pratiquent.

J’avoue avoir lu ce livre en plein mois d’été, alors que j’écris sa chronique près d’un mois plus tard. Et à mon grand désespoir, je ne me souviens que très peu de l’historie. Ce qui signifie bien une chose : le récit en lui-même ne m’a pas pleinement satisfaite, puisqu’il a totalement disparu de ma mémoire. Je le prédisais déjà dans ma chronique du tome 1, mais cette saga jeunesse est somme toute assez banale, dans le choix des thématiques abordées, tout comme dans la manière de les aborder. Je ne pense pas continuer à la découvrir.


Un deuxième tome à l’image du premier : une histoire agréable à lire sur le moment, mais qui manque d’éléments différenciants.

Ma note : 4,5/10

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Un détective très très très spécial


Un détective très très très spécial de Romain Puértolas

120 pages, éditions Le Livre de Poche jeunesse, à 5,90€


Résumé : Gaspard, brillant trisomique de trente ans d’une curiosité insatiable, vit chez ses parents qu’il adore et cumule deux emplois : vendeur dans une boutique de souvenirs made in China le matin et renifleur d’aisselles pour un fabriquant de déodorant le soir. Mais suite à un tragique accident, ses deux patrons disparaissent et il se retrouve sans emploi du jour au lendemain. Que faire maintenant ? Quel métier exercer ? Détective privé ? Pour Gaspard ce serait le métier idéal. Il réussit d’ailleurs à se faire recruter par un cabinet de détective privé pour enquêter sur la mystérieuse mort d’un patient dans un centre d’éducation spécialisé… Son handicap sera pour une fois un atout.
Mais la vérité n’est pas toujours celle que l’on croit…


Extraits : « Je me demande si les touristes chinois qui viennent visiter Paris sont conscients qu’ils achètent en réalité des souvenirs fabriqués chez eux. »

« Cinq minutes avant, soit cent cinquante battements de coeur, je n’avais jamais entendu parler ni de Cab Calloway ni du mime Marceau, et voilà que maintenant, sans doute comme les 34 890 256 Terriens qui avaient visionné cette vidéo avant moi, je m’étais lancé, devant le miroir, dans une version moderne et personnelle du moonwalk que j’avais rebaptisé aussitôt marche du mec qui a marché sur une crotte de chien et tente de l’essuyer.« 


Mon avis : Gaspard a 30 ans, il est atteint de la trisomie 21 et vit chez ses parents. Contrairement à de nombreuses personnes atteintes par ce même handicap, Gaspard est lucide, mature et réfléchi, ce qui lui permet de cumuler deux emplois bien distincts et atypiques : vendeur dans une boutique de souvenirs et renifleur d’aisselles. Mais lorsqu’il perd simultanément ses deux travail, Gaspard doit se réorienter et décide de devenir détective. Il intègre alors un hôpital psychiatrique pour mener une enquête sur un mystérieux assassinat.

Je ne connaissais pas du tout Roman Puértolas, qui est un auteur français plébiscité, dont les romans sont pourtant reconnus. J’ai donc été surprise par sa plume, qui se veut à la fois grave et légère. Grave dans le sens où il aborde un sujet difficile et sensible – le handicap mental -, mais il ponctue son histoire d’humour, ce qui allège considérablement le récit. J’ai beaucoup aimé l’ambiance générale du roman, et surtout les touches d’humour distillées tout du long. La première ligne du livre donne pleinement le ton de l’histoire : « Je me demande si les touristes chinois qui viennent visiter Paris sont conscients qu’ils achètent en réalité des souvenirs fabriqués chez eux. » Fous rire garantis.

Je regrette néanmoins la consistance de l’histoire : avec à peine 120 pages, il est très compliqué de s’immiscer pleinement dans le récit et de s’attacher aux personnages. Je n’aurais pas été contre une cinquantaine de pages supplémentaires, ce qui aurait permis d’aérer l’ensemble du récit, et de développer peut-être plus en profondeur certains points forts de l’histoire – comme le dénouement, par exemple.

En effet, j’ai été particulièrement surprise par la chute finale, à laquelle je ne m’attendais absolument pas… mais finalement, tout prend sens quand on la découvre ! Même si le livre se referme trop brutalement, j’ai aimé passer quelques temps avec Gaspard, qui nous montre qu’être atteint de trisomie n’empêche pas d’être un héros ! Merci monsieur Romain Puértolas de mettre sur le devant de la scène le handicap.

 


Un très court roman, original, plein d’humour et de réflexion sur le handicap mental.   

Ma note : 6,5/10

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