20, Allée de la Danse : La fête de l’École


20, Allée de la Danse : La fête de l’École d’Elizabeth Barféty

156 pages, éditions Nathan, à 10,95€


Résumé : C’est bientôt la fête de l’École. Les élèves qui le souhaitent peuvent créer leur propre spectacle – et pas forcément de danse classique !
Zoé prend cela très au sérieux : elle veut mettre en scène une comédie musicale qui raconte la vie à l’École. Mais certains pensionnaires lui mettent des bâtons dans les roues…


Extraits : « C’est vrai que ça fonctionne bien quand on travaille ensemble, plutôt que l’un contre l’autre. »

« Pour créer, il est nécessaire d’avoir de la personnalité, de la folie… mais pour danser, il faut aussi écouter les autres, apprendre, servir ses partenaires.« 


Mon avis : Et hop ! Lecture du quinzième tome de la saga 20, Allée de la Danse que j’adore ! Décidément, je n’arrive plus à m’en passer et j’enchaîne les tomes avec rapidité !

Dans La fête de l’École, les élèves doivent organiser leur fête de fin d’année. Ils ont carte blanche pour créer de toute pièce un spectacle. Zoé, enthousiaste et pleine d’idées, propose de réaliser une comédie musicale, où les élèves danseraient et chanteraient dans des tableaux représentants la vie quotidienne à l’école de danse. Son idée fait partie de celles choisies par les élèves : accompagnée de la sévère et rigide Doris et de l’exubérant Ivan, ils vont devoir s’improviser metteurs en scène. Mais leur collaboration va s’avérer plus compliquée que prévue…

Comme d’habitude, l’histoire est agrémentée de magnifiques illustrations en noir et blanc, ainsi que de quelques petits dessins en début de chaque chapitre. J’aime beaucoup ces esquisses, qui donnent encore plus de vie au récit.

 

Encore une fois, Elizabeth Barféty m’a conquise. La fête de l’École, c’est léger, c’est festif, divertissant, rempli d’ondes positives et de bonne humeur. Tout ce qu’il me fallait pour affronter cette période difficile de confinement. Bien évidemment, comme dans chacun des tomes de cette saga, l’auteure aborde des thématiques spécifiques : l’amitié et l’entraide dans Première ou rien,  le racisme et la différence dans Le rêve américain, ou encore les relations parents-enfants dans La révérence. Ici, c’est l’entraide, le travail d’équipe et la solidarité qui priment.

L’auteure souhaitait prouver aux plus jeunes – et aux adultes, aussi -, que, comme le dit si bien le proverbe « Seul, on va plus vite, mais ensemble on va plus loin ». Alors qu’ils sont censés former une équipe soudée, Ivan et Zoé se lancent dans une guerre frontale basée sur une surenchère d’idées et un dénigrement des propositions de l’autre.  Bien vite, ils vont comprendre que leur but est le même et que pour l’atteindre plus facilement, ils vont devoir s’entendre et collaborer.


Un tome festif et gai, rempli d’ondes positives. Les petits rats doivent mettre en place le spectacle de fin d’année de l’école de danse et ils n’y arriveront qu’à force d’entraide, de solidarité et de travail d’équipe. J’ai beaucoup aimé les valeurs partagées.

Ma note : 7,5/10

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Mulan, le roman du film


Mulan, le roman du film 

254 pages, éditions Hachette romans, à 13,90€


Résumé : LOYAUTÉ. BRAVOURE. HONNÊTETÉ.

Mulan se sent à l’étroit dans son petit village de Chine. Les traditions locales sont à mille lieues de ses rêves d’aventures et de grands espaces. Après que son entrevue avec la marieuse a tourné au fiasco, la jeune femme craint de ne jamais pouvoir faire honneur à sa famille.

Mais lorsque l’Empereur décrète que chaque famille doit envoyer un garçon pour lutter contre les hordes d’envahisseurs, elle décide de se déguiser en homme et de partir se battre à la place de son père. Mulan saura-t-elle devenir l’héroïne que toute la Chien attend ?


Extraits : « L’échec ne tue personne, Mulan. C’est la leçon que nous enseigne le phénix. Ce qui compte c’est que, chaque jour, tu te relèves et que tu poursuives ton effort. Le phénix veillera sur toi. C’est son devoir. »

« Modestie, grâce, énuméra-t-elle. Telles sont les qualités que l’on rencontre chez une bonne épouse. »


Mon avis : À défaut de pouvoir aller voir la sortie du film Mulan, initialement prévue le 25 mars, mais différé à cause du COVID 19 et des restrictions strictes qui sévissent sur notre territoire, je me suis plongée dans la lecture du roman inspiré du film. Je vous préviens par avance, mon avis risque risque d’être exaltée et passionné, puisque Mulan est mon dessin animé préféré depuis que je suis toute petite. Le re-découvrir à travers un nouveau livre me met en joie depuis des mois !

Je ne pense pas qu’il soit judicieux de vous résumer l’histoire, compte-tenu de sa célébrité, mais pour celles ou ceux qui auraient échappé jusqu’à présent à ce classique Disney, voici quelques lignes vous présentant l’histoire : Mulan est une jeune fille chinoise, qui vit avec sa soeur cadette et ses vieux parents. Elle est promise à un avenir dicté d’avance : se marier à un homme choisit par une femme marieuse, rester à la maison, s’occuper de son mari et des tâches ménagères. Mais le caractère de Mulan ne colle pas avec cet idéal chinois. Lorsqu’un beau jour, l’Empereur est mis en danger par une terrible armée ruanruan, il réquisitionne le peuple : chaque famille doit choisir un homme pour aller se battre à ses côtés. Mulan sait que si son père, affaibli par l’âge et par une blessure à la jambe, part à la guerre, il n’en reviendra pas. La jeune fille décide de prendre sa place, de se déguiser en homme et d’aller se battre pour sauver l’Empereur.

Pour moi, Mulan est l’archétype parfaite de la femme courageuse, battante et intelligente. Un modèle de femme qu’il faudrait suivre. Elle est l’image même du dépassement des normes et de l’archétype féminin, de la confrontation entre tradition et modernité naissante.

Dans la Chine traditionnelle comme dépeinte au début, les femmes sont condamnées d’avance à se marier, à chérir leur époux, à bien se comporter en société pour ne pas déshonneur leur famille. Mulan fait un pied de nez à ces conventions, n’hésitant pas à faire face à l’autorité paternelle, à prendre sa place et à se ranger aux côtés des hommes combattants.

Personnellement, je considère cette histoire comme un récit avant-gardiste, qui s’interroge à la fois sur la place des femmes dans la société, sur leur légitimité à s’affranchir des règles pour se comporter comme n’importe quel homme, mais qui peut également aborder la question homosexuelle. Mulan est une femme qui se déguise en homme et qui s’entraîne à leurs côtés durant de nombreux jours. Personne ne connaît sa véritable identité et pourtant, un certain Honghui, combattant lui aussi, semble se rapprocher dangereusement de la jeune femme et éprouver des sentiments pour elle… alors qu’elle est déguisée en homme.

Dans ce roman de Mulan, les actions sont de mises. Comme dans les premières versions animées, Mulan se rend sur le champ de bataille et affronte avec vaillance de nombreux combattants. Elle ne faiblit pas face à l’ennemi et se présente comme bien plus redoutable que bon nombre d’autres soldats. Sa pugnacité, sa force de caractère et son désir de faire honneur à sa famille et à son peuple la font tenir et repousser ses limites.

Pour en revenir au livre, vous y trouverez, parmi les pages centrales, des photographies exclusives tirées du film. De quoi pouvoir patienter encore un peu avant sa sortie officielle, après le passage du virus dévastateur. Les photos sont de très belle qualité, imprimée sur du papier glacé, avec des couleurs qui ressortent vraiment très bien. C’est un petit bonus très profitable, pour les fans de Mulan comme moi.


Un roman tiré du film qui sortira prochainement au cinéma, fidèle à l’histoire originelle de mon enfance. Mulan est plus que jamais mon héroïne préférée : courageuse, intelligente, loyale, moderne, qui brise les tabous et les conventions. plus qu’à attendre la sortie officielle du film !

Ma note : 9/10

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Mystères à Versailles : Le secret de Margot


Mystères à Versailles : Le secret de Margot
de Sylvie Baussier et Auriane Bui

62 pages, éditions Nathan, à 7,20€


Résumé : Embarquez pour Versailles à l’époque du Roi Soleil !
Un roman illustré pour les enfants de 7 à 11 ans, facile à lire tout seul et à comprendre. Une histoire rythmée et passionnante qui donne vraiment envie de lire.L’histoire : Louise est intriguée : Margot, la nouvelle bonne de la maison, ne sait ni faire un feu ni habiller sa maîtresse. Par contre, elle possède un mouchoir brodé et une chaine en or…
Louise et son frère Nicolas adorent les mystères ! Ils mettent au point un plan pour élucider celui-ci.
Pourront-ils aider la jeune Margot, qui porte un lourd secret ?


Extrait : « Louise pense que ce n’est pas très juste… Il suffit d’un « de » dans son nom, et hop, on change de vie. »


Mon avis : Mystères à Versailles est une nouvelle saga jeunesse historique, qui se passe dans les années 1680, à Versailles, au temps du règne de Louis XIV. Le premier tome, Le secret de Margot, annonce formidablement la couleur : cette nouvelle série sera ludique, divertissante et instructive.

Le père de Louise et Nicolas, Monsieur de Chanclair, est un noble au service du Roi-Soleil. Compte tenu de son statut particulier, Louise et Nicolas, qui ont récemment perdus leur mère, ont une bonne, qui les aide dans toutes les tâches de la vie quotidienne. Jusqu’au jour où elle introduit Margot, une nouvelle petite bonne pour servir Louise et son frère. Bien élevée, elle semble cultivée, sait lire et jouer du clavecin et s’avère particulièrement maladroite dans toutes les tâches d’habitude réserver aux bonnes. Louise a des doutes quant à sa véritable identité et à sa présence à ses côtés et décide, avec son frère, de tirer cette affaire au clair. Ensemble, ils découvrent que Margot, qui se nomme en réalité Marguerite, n’est pas celle qu’elle prétendait être. La jeune fille fuit un homme méchant, un usurpateur, qui tente de lui voler sa fortune. Aidée par Louise et Nicolas, ils vont tenter de piéger cet homme et de sauver Marguerite.

Les éditions Nathan donnent la possibilité aux plus jeunes de s’intéresser à cette époque dorée, que j’affectionne personnellement. L’histoire est simple, bien écrite, accessibles aux plus jeunes, avec quelques termes et spécificités de l’époque parsemés ici et là. Ainsi, j’ai pu moi-même découvrir, entre autre, que les Cent Suisses étaient une unité militaire au service du roi de France.

Pour permettre aux plus jeunes une meilleure absorption de l’histoire et pour rendre le récit encore plus attrayant, Auriane Bui a magnifiquement illustrée le récit de Sylvie Baussier. Les dessins sont de très bonne qualité et les couleurs épatantes. Ils permettent de s’imprégner davantage de l’ambiance de l’histoire et de plonger directement dans le Versailles du XVIIème siècle.

L’histoire en elle-même est vraiment appréciable et n’est pas conseillée uniquement aux enfants. L’aspect historique du récit est couplé à une enquête policière, qui dynamise davantage l’histoire. 

J’ai beaucoup aimé l’ambiance générale du roman et les interactions entre les protagonistes. Une véritable amitié naît entre nos trois héros, souriants, complices, ils s’épaulent et s’entraident, déterminés à résoudre leur enquête.


Un roman historique jeunesse, magnifiquement illustré, qui permet aux plus jeunes d’aborder de façon ludique et divertissante l’époque du Roi-Soleil. J’ai beaucoup aimé et attend les prochains tomes avec impatience !

Ma note : 8,5/10

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Need


Need de Joëlle Charbonneau

317 pages, éditions Le Livre de Poche jeunesse, à 6,90€


Résumé : De quoi avez-vous besoin ?

Les adolescents du lycée de Nottawa se réunissent tous sur need, un nouveau réseau social qui leur promet de répondre à leurs besoins sous couvert d’un total anonymat, quels que soient ces besoins… et quelles qu’en soient les conséquences.

Car, c’est bien connu, on n’a rien sans rien. Et si au départ la contrepartie semble dérisoire, il y a bientôt des morts dans la petite communauté…


Extraits : « La maladie et la mort sont bien plus terrifiantes que n’importe quel croque-mitaine. »

« Le seul truc pire que de se faire larguer est de se faire larguer devant tout le lycée. »


Mon avis : Need est un réseau social qui consiste à faire part de ses besoins. Ils seront exaucés, en échange de missions plus ou moins périlleuses à accomplir. L’ensemble des élèves du lycée de Nottawa s’inscrivent, insouciants, désireux d’assouvir leurs besoins, sans penser aux conséquences qui peuvent découler des contreparties demandées.

Chaque chapitre est consacré à un élève du lycée, de façon à ce que l’on puisse avoir une vision globale de l’ensemble des élèves qui remplissent les missions sur Need : Gina, Hannah, Sydney, Bryan… Nous suivons bien évidemment la protagoniste, Kaylee, une adolescente dont le frère cadet, DJ, malade, attend un donneur de rein compatible. La jeune fille met tout en oeuvre pour sauver son frère, sans succès. Sur les conseils de son meilleur ami Nate, elle va donc s’inscrire sur Need et demander l’impossible : un rein compatible pour son frère.

À travers un roman jeunesse à suspense, Joëlle Charbonneau met en garde sur la dangerosité des réseaux sociaux, leurs utilisations néfastes et les conséquences qu’ils peuvent avoir sur la vie réelle.

Dans un même temps, l’auteure nous amène à réfléchir sur les notions de besoin et de désir et sur les infimes particularités de chacun d’eux. Comme elle le définie si bien : « Le désir est l’envie de posséder un objet ou de réaliser un rêve. Le besoin est la nécessité de détenir quelque chose ou d’accomplir un acte essentiel à votre vie. » Dans un monde gouverné par le matérialisme, il est parfois important de rappeler aux plus jeunes les subtils différences entre ce qu’ils désirent et ce dont ils ont réellement besoin.

J’ai beaucoup aimé l’aspect psychologique de l’expérience et la morale qui en découle, même si j’émets certains doutes quant à la crédibilité liée aux comportements de plusieurs jeunes. J’ai trouvé certains personnages bien trop naïfs, inconscients et irresponsables face aux missions qui leur sont confiées. Ethan, par exemple, se transforme en réel psychopathe, allant jusqu’à commettre des actes irréparables et monstrueux. Très peu plausible, difficile à croire, mais je dirais que ces actions s’accordent au mouvement général du récit.

Le dénouement de ce récit laisse présager une suite prochaine. Pour l’instant, je n’ai pas plus d’informations que cette potentielle suite, mais s’il s’avère qu’elle soit écrite et publiée dans les mois (ou années) à venir, je pense que je la lirai avec grand plaisir !


Un roman à suspense intéressant, qui met en exergue Internet, les réseaux sociaux, ses dangers et influences sur les actes des adolescents. 

Ma note : 7/10

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Le jour où j’ai adopté un trou noir


Le jour où j’ai adopté un trou noir
de Michelle Cuevas

217 pages, éditions Nathan, à 12,95€


Résumé : Un jour, Stella, 11 ans, est suivie jusque chez elle par un trou noir. Mais comment peut-elle s’occuper de lui ? Sa mère ne doit pas le découvrir, et puis il avale tout ce qu’il touche. C’est pratique, quand il s’agit d’objets qui lui rappellent son père, décidé il y a peu.

Mais lorsque son chien disparaît à son tour, Stella et son petit frère doivent faire un voyage extraordinaire à travers le trou noir pour sauver leur compagnon…
… et les souvenirs de leur père.


Extraits : « C’est comme ça qu’on reconnaît les gens bizarres : pour eux, les activités bizarres n’ont rien de bizarres. »

« Réfléchis. Au moment où on voit une étoile, au fil des années qu’il a fallu pour que sa lumière nous parvienne, cette étoile a pu mourir ou exploser. Ce que je veux dire, c’est que le monde est plein d’idiots qui font des voeux en regardant des étoiles qui n’existent même plus, si ça se trouve ! »


Mon avis : Il y a quelques années, Michelle Cuevas m’avait déjà charmée avec Confessions d’un ami imaginaire, une histoire originale et féerique, qui m’avait replongée en enfance, ce temps béni, où notre naïveté et notre innocence nous permettaient de côtoyer des amis imaginaires.

Avec Le jour où j’ai adopté un trou noir, je retrouve la plume si caractéristique de l’auteure. Elle a une façon très spéciale d’aborder des thématiques souvent graves et sérieuses, en les mélangeant à un univers enfantin qui les rendent tout de suite plus légères. Stella a 11 ans, elle voit la vie en noir depuis le décès récent de son père. Lorsqu’un trou noir se matérialise chez elle, Stella décide de l’adopter et de le domestiquer. Sauf que ce trou noir sauvage mange tout ce qui lui tombe sous la main. Stella en profite alors pour se débarrasser de tout ce qu’elle ne veut plus voir : la peluche préférée de son frère, les pulls qu’elle n’aime pas, les affaires qui lui rappellent trop son père… Mais cette action n’est pas anodine : en jetant tout au trou noir, ce sont ses souvenirs qui disparaissent. Alors Stella va tenter de les récupérer en pénétrant dans ce mystérieux trou noir. Elle va y embarquer son jeune frère pour un voyage spirituel, essentiel à leur reconstruction.

Vous l’aurez certainement compris, Michelle Cuevas utilise le trou noir comme une très belle métaphore du deuil. Tout en douceur et en pudeur, elle aborde la mort du père de Stella, la douleur et la tristesse qui emprisonnent la jeune fille après cette perte tragique.

Stella va traverser toutes les étapes du deuil au côté de ce trou noir, fidèle compagnon, synonyme d’absence, de vide, d’insignifiance, de peur, d’oubli. Aspirée par le trou noir, elle va vivre de multiples aventures surnaturelles, parfois comiques, décalées, toujours mouvementées, qui vont lui faire prendre conscience que la vie est belle et que le temps continue son chemin.

Agrémenté de quelques illustrations parsemées ici et là dans le récit, Le jour où j’ai adopté un trou noir se veut touchant, lumineux, léger, idéal pour apporter une réponse poétique aux plus jeunes qui subiraient la perte récente d’un parent.


Un roman jeunesse original, qui aborde avec subtilité et pudeur la thématique du deuil chez les plus jeunes. La plume de l’auteure et sa façon d’approcher le sujet m’ont beaucoup touchés.

Ma note : 7,5/10

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Le monstre chez moi


Le monstre chez moi d’Amy Giles

393 pages, éditions Nathan, à 17,95€


Résumé : HADLEY EST L’ÉLÈVE PARFAITE.
UNE ATHLÈTE ACCOMPLIE.
LA FILLE MODÈLE.
MAIS ELLE CACHE UN LOURD SECRET.

Lorsqu’un crash d’avion prend la vie de ses deux parents, les enquêteurs cherchent à savoir quel rôle a joué Hadley dans l’accident. Et pourquoi elle a tenté de se suicider
quelques jours après le drame.

Un thriller haletant sur une famille bien sous tous rapport et les secrets dissimulés dans l’intrigue du foyer…


Extraits : « Voilà pourquoi je déteste les fêtes. Plus il y a de monde, plus je me sens seule. »

« Je lis des trucs sur BuzzFeed. Je me disais que chaque seconde que je ne passais pas avec toi était une occasion perdue. Incroyable ! Écoute ça : dans le temps qu’il m’a fallu pour te dire ça, cinq bébés sont nés. On gaspille de précieuses secondes. Et si on raccrochait pour aller voir un film ou ce que tu veux ? »


Mon avis : Hadley est une élève modèle. Cheffe de son équipe de hockey, en plein apprentissage pour devenir pilote, très bonne élève à l’école, appréciée de ses professeurs et de ses camarades… mais derrière les apparences, sa vie est toute autre. À la maison, c’est son père qui fait la loi. Tyrannique, autoritaire, violent… la jeune fille encaisse les coups physiques et émotionnels pour protéger sa soeur Lila. Mais voilà, un terrible crash d’avion vient ôter la vie de ses deux parents. Hadley est la seule survivante. Qu’a-t-il bien pu arriver ?

Le monstre chez moi est un roman sur la maltraitance domestique, pour mettre en garde les plus jeunes sur les pratiques illégales qui peuvent sévir à la maison. Chaque année, aux États-Unis, se sont plus de trois millions de cas de maltraitance d’enfants qui sont rapportés à la justice : violences physiques, émotionnelles et parfois sexuelles. Un chiffre qui donne le tournis.

La maltraitance infantile touche tous les publics : les pauvres, mais aussi les plus riches – comme c’est le cas d’Hadley et de sa soeur Lila, toutes deux issues d’une famille aisée -, les populations de toutes les ethnies et de tous les âges.

Dans le cas d’Hadley, Lila et leurs parents, ils représentent l’idéal d’une famille contemporaine : des parents investis dans les activités extrascolaires de leurs enfants, engagés dans des associations de parents d’élèves, sociables, souriants et aimants en apparence. Rien ni personne n’aurait pu soupçonner les violences physiques et psychologiques subies par Hadley. Car la jeune fille souhaite préserver sa soeur cadette et encaisse avec force et courage l’ensemble des humiliations données par son père. Face à elle, une mère mutique, qui détourne le regard et boit pour tromper la réalité.

Hadley est soutenue dans son combat par son petit ami Charlie, à qui elle a été forcée de révéler son combat quotidien. Celui-ci l’épaule et l’encourage à dénoncer son père : il ira jusqu’à prévenir le service national des enfants en danger, qui feront une enquête… qui malheureusement n’aboutira pas. Les apparences ont même réussies à tromper les professionnels de la protection de l’enfance… Hormis Charlie, personne, dans l’entourage d’Hadley, n’est au courant des maux qu’elle subit chez elle : sa grand-mère, ses meilleurs amis, le personnel scolaire… tous ignorent les horreurs vécus par la jeune fille. Et pourtant, un simple mot à un adulte aurait pu changer son quotidien.

J’ai beaucoup aimé la construction de ce roman. Nous avons une alternance de temporalité : Avant l’accident d’avion, pour comprendre ce qui a mené au drame et Maintenant, dans le présent, avec l’interrogation de témoins clefs, pour se faire une idée globale de la vie d’Hadley. Ce que j’ai apprécié dans ce roman, c’est qu’Amy Giles n’a pas écrit seulement une histoire moralisatrice sur la maltraitance, mais elle a tissé une véritable intrigue autour de cette thématique, avec beaucoup de suspense et de mystères. 


Un très bon roman sur la maltraitance infantile, qui permet de dénoncer certaines pratiques et d’avertir les plus jeunes lecteurs. Puissant et bouleversant !

Ma note : 8/10

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Et ta vie m’appartiendra


Et ta vie m’appartiendra de Gaël Aymon

328 pages, éditions Nathan


Résumé : Et si votre plus cher désir risquait de vous tuer ?

A la mort de sa grand-mère, Irina reçoit un étrange héritage : une peau, sorte de talisman censé exaucer tous ses désirs.
Sans y croire, la jeune fille demande à devenir riche, ainsi que la dévotion absolue d’Halima, sa seule amie. Et ses souhaits se réalisent.
Pourtant, cette existence de rêve se transforme vite en cauchemar. Car un ennemi rôde, prêt à s’emparer de son talisman, par tous les moyens. Et à chaque vœu formulé, la peau aspire peu à peu la vie d’Irina, la tuant à petit feu…


Extraits : « Ne crains pas de souffrir. N’attends pas que le destin t’offre la chance que tu crois mériter. Le désir, la convoitise et la paresse se nourrissent de ton sang. Seules la crainte de Dieu, la rigueur et une volonté ferme nous font humbles et forts. »

« Ne pas avoir de téléphone en état de marche est une expérience désagréable, comme d’avoir un membre en moins. »


Mon avis : Gaël Aymon est un auteur jeunesse français que j’avais découvert au travers d’une histoire illustrée, Les grandes années : le vide grenier, que j’avais apprécié parcourir. J’étais curieuse de découvrir sa plume plus en profondeur, par le biais d’un roman jeunesse plus conséquent. J’ai donc commencé Et ta vie m’appartiendra.

C’est l’histoire d’Irina, une jeune fille défavorisée, qui vit seule avec sa mère, alcoolique. À la mort de sa grand-mère, Irina reçoit un héritage tout particulier : un talisman censé réaliser tous ses désirs. Elle confie son secret à sa meilleure amie Halima et ensemble, elles vont expérimenter cette mystérieuse peau. Mais ce qu’elle ne savait pas, c’est qu’à chaque voeu formulé, le talisman diminue et la vie de son détenteur diminue avec lui.

Ce roman est une sorte d’hommage au roman d’Honoré de Balzac, La Peau de chagrin, dont l’intrigue est identique. Seulement ici, Gaël Aymon met ce grand classique de la littérature française à la merci des plus jeunes, en ajoutant des éléments de fiction supplémentaires au chef-d’oeuvre d’origine. Pour tout vous avouer, je n’ai jamais lu La Peau de chagrin, mais ce roman m’a bien donné envie de le lire. Découvrir Balzac dans un style fantastique m’intrigue particulièrement.

Pour en revenir à Et ta vie m’appartiendra, malheureusement, ma déception est grande. L’idée de reprendre le roman de Balzac dans un contexte plus jeunesse est intéressante, mais la construction globale du récit est trop imprécise et alambiquée. J’ai eu beaucoup de mal à pénétrer dans l’histoire, que je trouvais trop morcelée : le récit est découpé en trois grandes parties, mais j’ai trouvé qu’aucune d’elles n’étaient complètement finies. Le décor n’était pas planté que déjà, une nouvelle partie apparaissait, venant rendre caduque la précédente.

J’ai eu beaucoup de mal à entrer dans l’histoire, à la comprendre et surtout à y croire. Tout paraît trop gros, trop surréaliste. La mère d’Irina meurt tragiquement et pourtant, la jeune fille n’est pas autant affectée qu’elle le devrait. Irina devient extrêmement riche grâce à la peau et pourtant elle semble ne pas chercher à dépenser l’argent, comme toute personne dans son cas l’aurait fait. Bref, que de passages souvent absurdes, à la limite de l’entendement, qui ne m’ont pas aidé à m’imprégner de l’histoire.

De plus, j’ai trouvé les personnages mal construits, pas attachants du tout, parfois même antipathiques. Ils usaient d’un langage grossier, semblaient bipolaires, changeant d’humeur en quelques paragraphes à peine. Je les ai trouvé tellement exécrables qu’à cause d’eux, j’ai peiné à vraiment m’intéresser à l’histoire.


Une lecture qui avait du potentiel, mais qui s’avère être une amère déception. Je remercie quand même Gaël Aymon de m’avoir donné envie de lire La Peau de chagrin de Balzac !

Ma note : 3/10

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