La meilleure façon de marcher est celle du flamant rose


La meilleure façon de marcher est celle du flamant rose de Diane Ducret

271 pages, éditions Flammarion, à 19,90€


Résumé : La loi de Murphy n’est rien comparée à la loi d’Enaid : tout ce qui est susceptible de mal tourner tournera plus mal encore qu’on aurait humainement pu le prévoir. Après avoir été quittée à Gdansk par téléphone, Enaid se rend à l’évidence : les fées qui se sont penchées sur son berceau ont dû s’emmêler les pinceaux. Comment expliquer, sinon, la sensation qu’elle a depuis l’enfance qu’il lui a toujours manqué quelqu’un ? Il y a de quoi se poser des questions quand les parents adoptifs sont en fait les grands-parents, que la mère est danseuse de nuit, que le père change de religion comme de famille, que les bunkers de l’ETA servent d’école buissonnière. Et que l’accident d’un instant devient la fracture de toute une vie ? On peut se laisser choir ou faire le saut de l’ange. Être boiteux ou devenir un flamant rose. Sur ses jambes fragiles, tenir en équilibre avec grâce par le pouvoir de l’esprit, un humour décapant et le courage de rester soi.


Extraits « Il m’a toujours manqué quelqu’un, au plus profond de moi, jusqu’au jour où j’ai décidé de ne plus attendre personne. »

« Pourquoi les hommes se mettent avec des femmes qu’ils n’aiment pas vraiment, et en désirent d’autres qu’ils rejettent par peur d’en tomber amoureux et, ô malheur, de s’engager ? »


Mon avis : Je remercie l’opération Masse Critique de Babelio, ainsi que les éditions Flammarion, qui m’ont permis de découvrir ce livre.

Enaid est une jeune femme d’apparence gaie et joyeuse, qui cache en fait un mal-être et des secrets qui la rongent. Elle nous raconte sa vie, jalonnée d’obstacles douloureux : des parents absents, un avortement dès l’adolescence, la violence physique et la drogue…

J’avoue avoir été décontenancée par ce roman. La couverture est colorée et gaie, le titre joyeux, les premières pages du livre totalement hilarantes, soit autant d’éléments qui me faisaient penser à un roman « chick-lit », léger et rigolo. Mais il n’en est rien, puisque rapidement l’histoire devient triste, presque tragique. La Enaid du début se dévoile, et l’on découvre une femme bouleversante, qui raconte avec gravité l’histoire de sa vie.

A l’intérieur de ce livre, il n’y a que très peu d’actions, tout est dans l’affect, le sentiment, l’émotion. Je vous avoue que le début du livre (la partie la plus marrante de l’histoire) était excellent, je me suis bien marré aux côtés d’Enaid, cette femme au courage et à l’humour décapant. Mais lorsque l’histoire annonce son tournant tragique, j’ai été tellement déboussolée et déçue de ne plus percevoir d’humour dans le personnage de Enaid, que je ne me suis pas impliqué dans le récit et, de ce fait, n’ait pas adhéré à l’histoire contée. C’est bien dommage, puisque l’auteure a du potentiel et une écriture sympathique.


Un roman sympathique, mais pas exceptionnel. C’est une histoire pleine d’émotions, qui repose uniquement sur l’affect du lecteur. J’ai passé un bon moment, mais je n’en garde pas un souvenir mémorable.

Ma note : 5/10

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Ni d’Ève ni d’Adam


Ni d’Ève ni d’Adam de Amélie Nothomb

182 pages, éditions Le Livre de Poche, à 6€


Résumé : « Stupeur et tremblements » pourrait donner l’impression qu’au Japon, à l’âge adulte, j’ai seulement été la plus désastreuse des employés. « Ni d’Ève ni d’Adam » révèlera qu’à la même époque et dans le même lieu, j’ai aussi été la fiancée d’un Tokyoïte très singulier. (A. N.)
Une initiation amoureuse et culturelle, drôle, savoureuse, insolite et instructive (si les codes de la société japonaise demeurent souvent impénétrables, l’étranger qu’est l’Occidental est aussi source de quiproquos et de malentendus…).


Extraits  « Il faudrait toujours se rendre dans les expositions ainsi, par hasard, en toute ignorance. Quelqu’un veut nous montrer quelque chose : cela seul compte. »

« Le moyen le plus efficace d’apprendre le japonais me parut d’enseigner le français.« 


Mon avisAprès plusieurs années sans ouvrir un seul Amélie Nothomb, un beau jour, en ayant marre des romans trop communs et decéptifs, j’ai eu envie de sortir Ni d’Ève ni d’Adam de ma Pile à Lire.

Amélie nous raconte son séjour à Tokyo, au Japon. Arrivée là-bas depuis peu, elle divulgue une annonce pour donner des cours de français. Un japonais la contacte, et les voilà tous les deux attablés à un café pour apprendre le français pour l’un, pour se perfectionner au japonais pour l’autre. S’ensuit une jolie histoire d’amitié, voire d’amour, entre deux êtres que tout oppose.

Ni d’Ève ni d’Adam n’est pas un roman, mais un bout de l’histoire de l’auteure, qui nous raconte un autre épisode de sa vie au Japon. J’en retiens un choc des cultures assez marqué, avec la jeune Européenne d’un côté et le jeune Tokyoïte de l’autre, qui s’efforcent de s’apprivoiser tant bien que mal. Les différences culturelles, linguistiques et traditionnelles sont souvent teintées d’incompréhension par qui ne sait pas les domestiquer. Je pense notamment à cette scène du dîner assez ahurissante, pendant laquelle Amélie a dû jouer l’hôtesse de maison à une dizaine d’amis de son hôte Japonais, totalement hagards et muets. J’ai néanmoins grandement apprécié d’être immergé dans cette culture japonaise intimiste et secrète.

Amélie se lance dans une relation mi-amoureuse mi-amicale avec ce jeune japonais rencontré au café. Une relation savoureuse, pudique et décalée, qui n’aura de cesse de vous surprendre… et de vous amuser !

Comme souvent, l’écriture de l’auteure est intelligente et peu surprendre les non-initiés. Nous faisons face à des situations souvent peu communes, parfois drôles, cocasses ou insolites. Du Amélie Nothomb tout craché, que je prends plaisir à découvrir chaque fois ! Avec cette auteure, on est sûr de sortir des chemins balisés et de pénétrer dans un univers original et dépaysant.


Un récit court mais tendre et intense à la fois, qui raconte l’idylle entre Amélie et un jeune Tokyoïte. Si vous souhaitez vivre un moment émouvant, drôle, et dépaysant, cette autobiographie est faite pour vous !

Ma note : 7,5/10

La ballerine aux gros seins


La ballerine aux gros seins de Véronique Sels

232 pages, éditions Arthaud, à 17€


Résumé : Barberine s’entraînait déjà dans le liquide amniotique. C’est dire si sa détermination à devenir ballerine était entière. Mais la discipline est militaire. Le parcours, semé d’embuches. Sans compter qu’à tout moment, le gène du sein lourd menace. Et voilà que ses seins, Dextre et Sinistre, prennent voix. Un chant choral se met en place. C’est leur récit contre celui de Barberine. Parcours initiatique de la danse classique à la danse post-moderne de Bruxelles à New York, fable anatomique, critique de la raison mammaire, manifeste à trois voix, le roman questionne notre rapport au corps féminin et la place qui lui est donnée dans la société occidentale. Après pareil voyage au nord, au sud, à l’est et à l’ouest de notre anatomie, il est fort à parier que vous ne regarderez plus jamais un sein comme avant. Car si l’esprit parfois prend des détours, chair ne saurait mentir.


Extraits  « Contrairement à l’idée répandue, improviser ne consiste pas à faire n’importe quoi. Si elle a bien pour but de rompre avec les code et les alphabets, l’improvisation s’organise autour de tâches et de contraintes définies. Il lui faut un cadre, sans quoi la liberté ramène aux schémas connus. »

« Je commence à comprendre que le monde n’est pas fait d’un seul tenant, que toutes les questions n’attendent pas forcément une réponse, que le doute est permis et l’apprentissage pluriel. Je devine que l’avenir n’est pas tout tracé, qu’il ne le sera jamais, que jusqu’au dernier souffle je m’interrogerai sur la direction à prendre et que c’est là tout l’intérêt d’exister. »


Mon avis : Je tenais tout d’abord à remercie Babelio et les éditions Arthaud de m’avoir offert l’opportunité de découvrir ce roman.

La ballerine aux gros seins est une histoire originale et singulière, qui se présente comme un livre à trois voix. D’un côté nous avons Barberine, jeune femme qui rêve de devenir danseuse ; d’un autre Dextre et enfin Sinistre, le sein gauche et le sein droit de Barberine. Barberine n’aime pas ses seins, qu’elle trouve trop gros, trop volumineux, mais surtout pas adapté à une danseuse telle qu’elle. Elle va donc tout faire pour les cacher, quitte à les malmener ou les réduire, au détriment de Dextre et Sistre, qui nous racontent avec maintes détails tout ce qu’ils ressentent.

Ce que j’ai particulièrement apprécié, c’est l’extravagance de l’auteure, qui laisse la parole aux seins. Ainsi, elle leur donne la parole, et eux décrivent avec minutie tout ce qu’ils ressentent et tout ce qu’ils pensent. C’est une démarche bien curieuse, mais qui a pourtant le mérite de nous faire ressentir toutes les sensations décrites par les seins. Les femmes se reconnaîtront – ou reconnaîtront leurs seins. Les hommes pourraient découvrir et enfin comprendre certaines choses.

Véronique Sels nous offre également un véritable moment de réflexion sur ces deux seins que nous portons quotidiennement : à quoi servent-ils vraiment ? Avoir des gros ou des petits seins, peut-il être encombrant ou gênant ? Les seins, sont-ils seulement un effet de mode, qui fluctuent en fonction des époques et des manières de penser ? En tout cas, j’ai trouvé l’idée de mettre en scène les seins passionnante, puisque cela permet de les voir comme des matières véritablement vivantes, et non réduites à un état de passivité quotidienne. L’auteure les ramène ainsi à leur condition initiale de chose vivante, qui permet de faire ressentir la vie.

C’est une histoire étonnante, qui peut en déconcerter plus d’un. Mais ne vous méprenez pas : derrière l’originalité de l’histoire, se cache quand même un récit parfois drôle, mais souvent émouvant et touchant. Même si je n’ai pas trouvé cette lecture particulièrement exceptionnelle, j’ai grandement apprécié l’originalité et l’audace de l’auteure, ainsi que la richesse d’écriture dont elle a usé pour écrire ce livre.


La ballerine aux gros seins va vous surprendre, peut-être vous émouvoir, mais ne vous laissera pas indifférent. Les seins vont vous parlez, vous faire sentir, ressentir, comprendre ou imaginer. Préparez-vous à sortir de votre zone de confort ! 

Ma note : 6,5/10

Voyage de noces avec ma mère

Voyage de noces avec ma mère
de Véronique Sels
197 pages, éditions Calmann-lévy, à 16,50€
Résumé : 1987, Anne, fraîchement mariée à Raphaël, choisit la côte Ouest des États-Unis et une Ford Mustang rouge décapotable pour son voyage de noces. Joyeuses perspectives pour ce duo amoureux. Mais c’est compter sans sa mère, en plein divorce, qu’ils embarquent avec eux, n’ayant pas le cœur de la laisser seule avec son chagrin.
Commence alors un road-trip burlesque, où les personnages, une jeune mariée enceinte à bout de nerfs, une mère dispersée autant qu’envahissante et un gendre – à première vue – idéal, règlent leurs comptes, se déclarent l’amour ou la guerre, et ne cessent d’interroger les liens qui les lient les uns aux autres.
Dans leur périple, savant mélange d’épisodes hilarants et émouvants, se dessine en creux une carte postale de l’Amérique des années 80, ou tout peut arriver, même croiser un liquidateur professionnel de belles-mères…
Extraits : « Un jour, c’est sûr, il sera plus humiliant d’être obèse que d’être noir. Et ce jour-là pourrait arriver plus vite qu’on ne le pense. »
« Vous avez bien sujet d’accuser le temps qui passe. Il court sans vous attendre, vous laisse tellement triste. Les aiguilles de vos montres, perpétuelle menace, vous rappellent à chaque instant que vous allez mourant. Là est votre fardeau, petit homme rampant.« 

Mon avis : En lisant seulement le titre du roman, un léger sourire se fait ressentir sur mes lèvres. Voyage de noces avec ma mère, voilà qui est plutôt original, décalé, un titre accrocheur qui laisse penser à une comédie burlesque hilarante.

Evidemment, comme escompté, cet ouvrage se révèle être un road-trip burlesque autour de la côte Ouest des Etats-Unis. Ce voyage, initialement organisé comme voyage de noces pour Raphaël et Anne, se voit finalement devenir des vacances familiales, car la maman d’Anne, fraîchement divorcé, les accompagne sous la demande de sa fille, pour arrêter de broyer du noir. Ce trio surprenant ne surprend pas seulement les lecteurs, mais également les douaniers de l’aéroport, qui ne comprennent pas comment un voyage de noces à trois peut être possible. Maniaque, avare sur les bords, toujours en quête de la bonne occasion à saisir, Raphaël semble bien supporter la maman d’Anne, jeunette dans sa tête, ravie des aventures qui se présentent à elle. Anne, quant à elle, voit d’un très mauvais oeil ce séjour, devenant jalouse de sa propre mère, et remettant complètement en question sa relation avec Raphaël.

Ce livre a vraiment tout pour plaire. Drôle, il l’est. A chaque page, chaque phrase, chaque mot, soigneusement choisi pour faire rire aux éclats les lecteurs. Les situations abracadabrantes dans lesquels se retrouvent les personnages rendent de plus en plus fort le côté burlesque de ce roman. Véronique Sels met en scène des personnages sérieux et réalistes, qui vivent des choses complètement sidérantes, inhabituelles dans la vie de tous les jours, mais extrèmement drôles.

Le road-trip de ce trio infernal les emporte dans des endroits insoupçonnés, souvent majestueux, mais le plus souvent mystérieux. Ils se retrouvent dans une case en pleine nature sauvage, dans une station-service inhospitalière, dans des hôtels miteux… Ils vont également rencontrer des personnages ambigus, à l’identité incertaine, comme le Liquidateur de filles et de belles-mères, les faux-vétérans… qui rajoutent une touche de burlesque supplémentaire à cette comédie déjà bien garnie en humour.

Parmi cet univers brinquebalant, se cache des thèmes généraux plus sérieux, qui se rattachent à la place du couple au sein de la famille, à la jalousie naissante, à la relation mère-fille, ou encore au pouvoir de l’amour. Vous verrez que les liens familiaux et amoureux sont plus forts que tous les épisodes extraordinaires que peut vivre les protagonistes du roman.

J’ai vraiment adoré découvrir cet ouvrage. Il se lit très rapidement, avec une finesse de trait, un ton léger et humoristique, qui nous fait oublier tous les problèmes du quotidien. De plus, Véronique Sels nous fait voyager dans des contrées lointaines, sauvages, loin de nos préoccupations du quotidien. Un roman unique en son genre, que l’on ne risque pas de recroiser de plus bel.

Les lieux visités, les personnages, l’histoire… tout est sujet à rire, avec des situations déjantés, qui restent néanmoins réalistes. Je conseille vivement ce livre ; même si je doute fortement qu’il reste indélébile dans mon esprit, j’ai passé un excellent moment de lecture.

Ma note : 6,5/10

Métaphysique des tubes

Métaphysique des tubes d’Amélie Nothomb
171 pages, éditions France Loisirs, collection Piment

 

Résumé : Amélie Nothomb replonge dans ses premières années… Déjà à l’époque elle ne faisait rien comme tout le monde ! Bébé-plante, bébé-tube, cette enfant apathique et atypique contemple le monde de sa bulle face à des parents déroutés.

Loin des traditionnels récits de souvenirs, Amélie Nothomb propose dans Métaphysique des tubes une évocation piquante et drôle de sa prime enfance au Japon, ainsi qu’une surprenante réflexion sur la vie et sur Dieu.

Extraits : « Quelle est la différence entre les yeux qui ont un regard et les yeux qui n’en ont pas ? Cette différence a un nom : c’est la vie. »
« Dire les choses à haute voix est différent : cela confère au mot prononcé une valeur exceptionnelle.« 
Mon avis : Déroutée et mitigée, je ne sais que penser de cet unique et au combien original, roman autobiographique.
Amélie Nothomb, fidèle à elle-même, surprend ses lecteurs à chaque nouvel ouvrage publié, avec ses histoires extraordinaires, singulières et reconnaissables entre toutes. Son style d’écriture personnel prouve l’unicité de l’auteure, sa personnalité hors du commun la confère au rang d’auteure à succès. Aussi mystérieuse dans sa vie intime qu’à travers ses histoires, le talent de la belge Amélie Nothomb n’a pas encore fini de nous étonner ; après la signature de son vingt-deuxième roman en 2013, ses fidèles lecteurs attendent encore et encore des récits bringuebalants, venus de l’au-delà des mots.Métaphysique des tubes fait partie de l’un des monuments autobiographiques de l’auteure, qui se livre, à coeur ouvert, à travers des lignes, à la limite du fictif. Racontant son enfance passée au Japon avec sa gouvernante Nishio-San et sa famille, Amélie Nothomb décrit avec clarté ses quelques années enfantines japonaises.

D’abord étonnée par la teneur du récit, je me suis retrouvée à l’orée de la haine envers l’auteure. Métaphysique des tubes étant une autobiographie, les propos tenus par Amélie Nothomb étaient quelque peu glorifiants, prétentieux, à la limite du narcissisme. Ecoeurée par tant d’autos-éloges – la comparaison d’elle-même et Dieu m’a achevé -, mon envie de lâcher ce livre était belle et bien présente. Mais connaissant l’auteure, son arrogance n’aurait pas dû me toucher outre-mesure. Heureusement, son insolence s’est estompée pour laisser libre cour à l’histoire pimentée de sa fastidieuse enfance.

Accompagnée d’une bonne dose d’humour noir, Amélie Nothomb étale sans vergogne sa prime vie, peuplée d’événements plus ou moins grandioses, que le lecteur cherche à déchiffrer du mieux possible.
Son amour pour le Japon est omniprésent, voire envahissant. Le comble revient à faire ressentir à tout un chacun l’addiction et l’attraction qu’éprouve l’auteure pour ce pays, si hautement plébiscité dans ses romans.

Pris d’affection pour la protagoniste – donc pour Amélie Nothomb elle-même – on en vient à regretter la fin si abrupte du roman. Le grand talent de l’auteure vient à placer comme banals des événements passagers extraordinaires, qui auraient fait tâches et auraient probablement choqués les lecteurs dans d’autres circonstances, en une lignée ordinaire, du quotidien.

En y réfléchissant bien, Métaphysique des tubes est une autobiographie bien noire, qui ne laisse percevoir que très peu de lumière. Le paradoxe reviendrait à dire que l’histoire est comptée par une enfant de trois ans, ayant un regard critique et éclairé du monde dans lequel nous vivons. De réelles questions peuvent subsister de ce livre, remettant en cause l’intégrale conscience réflexive que nous avons de la vie.

Le titre donné à l’ouvrage est quelque peu intriguant, et n’englobe pas spécifiquement le récit qu’écrit alors l’auteure. Un choix mystérieux, à la hauteur de la personnalité exceptionnelle d’Amélie Nothomb. A souligner également la grandeur du choix lexical qu’elle emploie, et l’honneur qu’elle met à représenter la langue française dans toute sa splendeur.

Ne vous laissez pas avoir par l’ambition grandissante du personnage Nothomb, et plongez dans l’incroyable aventure Japonaise qu’elle nous dévoile. Un roman atypique, qui vous laissera de marbre.

 

Ma note : 7/10

Barbe bleue

Barbe bleue d’Amélie Nothomb.
170 pages, éditions Albin Michel, à 16,50 €

 

Résumé : La colocataire est la femme idéale.

Extraits : « Je me méfie de ceux qui se déclarent secrets. Ce sont les mêmes qui, cinq minutes plus tard, vous révèlent les moindres détails de leur vie privée. »
« Les gens ne sont jamais aussi contents, désormais, que quand on leur affirme que le mal n’existe pas. Mais non, les méchants ne sont pas de vrais méchants, le bien les séduit, eux aussi.« 

Mon avis : Ce nouveau roman d’Amélie Nothomb date de la rentrée littéraire de 2012. Fidèle à elle-même, elle sort une nouvelle fois un livre d’une grande originalité, surprenant par son contenu, et absorbant à souhait.

Mon avis ne sera que minime par rapport à tous ceux postés bien avant le miens, mais je tiens quand même à faire part de mon ressenti vis-à-vis de ce nouvel ouvrage.

La quatrième de couverture, très courte, « La colocataire est la femme idéale » m’avait beaucoup intrigué. Cette petite phrase, qui est en réalité une citation de l’ouvrage, résume en grande partie le livre et l’histoire. J’aime beaucoup la couverture de ce roman, mais je trouve qu’à force de la regarder, elle commence à me faire un peu peur, elle m’angoisse. Le titre du livre, Barbe bleue fait référence aux contes de Charles Perrault, dont le personnage principal a les mêmes valeurs que Don Elemirio, les mêmes centres d’intérêts, et le même caractère.

Je suis resté sur ma faim : le thème principal du livre est sympathique, mais ça ne va pas plus loin. Certains passages sont répétitifs, on reste centrés sur la maison de Don Elemirio, on n’en apprend rien de plus, comme coupés de l’extérieur du monde.

Les personnages sont assez spéciaux, très originaux. Déjà, ils se démarquent par leurs prénoms, qui désignent toutes une déesse, une sainte catholique… ils ont tous une signification bien précise. La protagoniste de l’histoire, la colocataire Saturnine, a un caractère fort, elle n’a peur de rien, elle est courageuse et téméraire. Malheureusement, je n’ai pas réussi à me la représenter physiquement : il n’y avait que trop peu d’indices la concernant susceptible de la visualiser clairement. Le propriétaire de la maison, Don Elemirio, est un être qui fait assez peur, il a l’air âgé, il n’est pas sorti de chez lui depuis plus de 20 ans, il tut des femmes chez lui… vraiment, je ne l’ai pas beaucoup aimé.

L’histoire en elle-même est vraiment originale, mais elle n’apporte rien du tout au lecture… sauf peut-être une petite morale, comme quoi il ne faut pas être trop curieux dans la vie, car il pourrait y avoir des conséquences. Barbe bleue est essentiellement composé d’un long dialogue entre les deux personnages principaux de l’histoire, avec quelques manifestations des gens de second plan, comme les domestiques, ou l’amie de Saturnine.
L’histoire m’a captivé, j’ai dévoré le livre, mais je suis vraiment déçue à la fin de ma lecture. Je m’attendais à un rebondissement final, mais non, rien du tout. Avec le peu d’actions qu’il y a eu, et le dénouement qui n’en est pas un, mais qui est plutôt un point final, ou la conséquence des actes orchestré tout au long de la vie de Don Elemirio, cette fin, que dis-je, ce livre, a été très décevant.

Amélie Nothomb sait quand même tenir le lecteur jusqu’au bout, mais il faudrait essayer de donner plus de croustillant au récit, avec un rebondissement final, un retournement de situation qui surprendrait le lecteur. Décevant, mais sympathique à lire.

 

Ma note : 5/10

Une forme de vie

Une forme de vie d’Amélie Nothomb.

Résumé : Ce matin-là, je reçus une lettre d’un genre nouveau. A. N.

Extraits : « La nourriture est une drogue comme une autre mais il est plus facile de dealer les donuts que de la coke. » « De toutes les drogues,la bouffe est la plus nocive et la plus addictive. » « Tout écrivain contient un escroc.« 
Mon avis :  J’ai dévoré ce livre. C’est le premier roman d’Amélie Nothomb que je lis, et j’avoue ne pas être déçue : l’histoire, l’échange de lettres entre Melvin Mapple et Amélie m’a fasciné, le retournement de situation de la fin m’a aussi surprise, je ne m’y attendais pas du tout. C’est un livre qui se lit très facilement et auquel on s’accroche vite.
Ma note : 10/10