L’analphabète qui savait compter


L’analphabète qui savait compter de Jonas Jonasson

475 pages, éditions Pocket


Résumé :Tout semblait vouer Nombeko Mayeki, petite fille noire née dans le plus grand ghetto d’Afrique du Sud, à mener une existence de dur labeur et à mourir jeune dans l’indifférence générale. Tout sauf le destin. Et sa prodigieuse faculté à manier les nombres. Ainsi, Nombeko, l’analphabète qui sait compter, se retrouve propulsée loin de son pays et de la misère, dans les hautes sphères de la politique internationale.
Lors de son incroyable périple à travers le monde, notre héroïne rencontre des personnages hauts en couleur, parmi lesquels deux frères physiquement identiques et pourtant très différents, une jeune fille en colère et un potier paranoïaque. Elle se met à dos les services secrets les plus redoutés au monde et se retrouve enfermée dans un camion de pommes de terre. À ce moment-là, l’humanité entière est menacée de destruction.
Dans sa nouvelle comédie explosive, Jonas Jonasson s’attaque, avec l’humour déjanté qu’on lui connaît, aux préjugés et démolit pour de bon le mythe selon lequel les rois ne tordent pas le cou aux poules.


Extraits : « Statistiquement, la probabilité qu’une analphabète née dans les années 1960 à Soweto grandisse et se retrouve un jour enfermée dans un camion de pommes de terre en compagnie du roi de Suède et de son Premier ministre est d’une sur quarante-cinq milliards six cent soixante-six millions deux cent douze mille huit cent dix.
Selon les calculs de ladite analphabète. »

« La directrice avait-elle été roulée dans la farine ? S’il y avait bien deux choses qu’elle détestait, c’était son ex-concubin et être roulée dans la farine. Évidemment, être roulée dans la farine par son ex-concubin avait été le pompon, mais cette tromperie-ci était quand même dure à avaler.« 


Mon avis : Il y a plusieurs années maintenant, je m’étais laissé tenter par ma curiosité et j’avais lu Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, de Jonas Jonasson. Il faut dire que cet auteur sait comment attiser la curiosité de ses lecteurs : en usant et abusant de titres accrocheurs, excentriques et décalés. De nouveau, je me suis fait avoir et j’ai débuté L’analphabète qui savait compter.

L’analphabète s’appelle Nombeko. C’est une jeune fille noire d’origine sud-africaine, qui travaille dans une entreprise qui s’occupe de vider les latrines. Plus vive et maligne que ses collègues, elle se fait repérer par son patron grâce à sa vive intelligence et à sa capacité toute singulière de manier les chiffres.

La vie de Nombeko n’est pas un long fleuve tranquille. Alors qu’elle quitte sa vie de videuse de latrines, elle se fait renverser par un automobiliste ivre, qui s’avère être un ingénieur renommé dans sa spécialité. Il gagne le procès qui l’oppose à Nombeko et obtient qu’elle le serve durant sept années… sept années de prison et de soumission, qui se transformeront en presque quinze ans. Durant ces longues années, Nombeko, employée à l’origine comme femme de ménage, va habilement s’introduire dans les affaires de l’ingénieur et l’aider dans son travail quotidien d’une importance capitale : la construction de bombes nucléaires. Rien que ça.

Dans ses aventures bucoliques, exubérantes et atypiques, Nombeka fera la rencontre de personnages tout aussi étonnants qu’elle : les trois soeurs chinoises, spécialistes de la fabrication de fausses oeuvres d’art ; les frères jumeaux Holger & Holger, semblables en apparence, mais diamétralement opposés par la pensée. Célestine, la petite amie enragée et révoltée contre le système en place ; sa grand-mère, productrice de pommes de terre… et bien d’autres encore. Des rencontres qui marqueront sa vie et l’impacteront de manière plus ou moins positives.

Dans L’analphabète qui savait compter, je retrouve les mêmes ingrédients que j’avais déjà rencontré avec Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, à savoir un personnage principal décalé, charismatique, singulier. Un récit excentrique, mouvementé, peuplé d’aventures, que nos héros traverseront avec beaucoup d’humour. En revanche, comme dans le livre précédemment mentionné, Jonas Jonasson glisse bon nombre de références politiques, qu’il convient de connaître préalablement si l’on veut comprendre toute la portée de son récit. En ce qui me concerne, je connaissais certaines anecdotes citées, l’histoire de certains grands noms de la scène politique internationale, mais je n’avais pas l’ensemble des références. D’où ma frustration et mon sentiment d’être un peu lésée et laissée pour compte durant certains passages.

En effet, l’auteur traite de thématiques politiques, faisant une sortie de satire sur le monde diplomatique Suédois, sur l’histoire raciale de l’Afrique du Sud, ainsi que sur la politique de défense et de sécurité des deux pays. Ceci auraient pu être intéressants à découvrir, si ce n’est qu’ils ne sont abordés que partiellement. On ne comprend pas vraiment où l’auteur veut en venir, car à la base, L’analphabète qui savait compter n’est-il pas un roman comique ? D’ailleurs, en parlant de comique, je m’attendais effectivement à rire un peu plus avec les situations étonnantes et les personnages hauts en couleur. Ils m’ont plût, certes, mais je les ai trouvé plus ridicules que drôles. 


Un roman étonnant, déroutant, loufoque, qui détend et fait du bien. Malgré quelques longueurs et une histoire d’ensemble assez confuse, j’ai passé un bon moment de lecture.

Ma note : 4,5/10

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La neuvième tombe


La neuvième tombe de Stefan Ahnhem

665 pages, éditions Albin Michel


Résumé : La nuit tombe sur Stockholm. En quittant le Parlement après une séance houleuse pour rejoindre la voiture qui l’attend, le ministre de la Justice disparaît. Cette même nuit, à Tibberup, un petit village au nord du Danemark, la femme d’un célèbre présentateur est violée et assassinée chez elle. Bientôt d’autres corps, mutilés, sont retrouvés de part et d’autre du détroit d’Öresund. Chargés de l’enquête, l’inspecteur suédois Fabian Risk et son homologue danoise Dunja Hougaard vont faire face au pire complot qu’on puisse imaginer… et à cette question qui tourne à l’obsession : jusqu’où peut-on aller par amour ?
Aussi sombre que les profondeurs d’un hiver nordique, aussi lancinant qu’un cauchemar, La Neuvième tombe confirme Stefan Ahnhem comme la nouvelle révélation du thriller suédois depuis son best-seller Hors cadre, prix Crimetime Specsavers en Suède.


Extraits : « Mais rien n’était parvenu à la débarrasser du sentiment qu’elle n’avait rien à perdre. Que tout pouvait s’arrêter d’un instant à l’autre car, on pouvait tourner la question dans tous les sens et arriver à la même réponse, l’être humain n’était qu’un mort en sursis. Alors le mieux qu’il y avait à faire était d’en tirer le maximum. Sucer chaque jour jusqu’à la dernière goutte, comme si c’était le dernier. Carpe diem, putain !« 

« Il faisait si noir qu’il y voyait à peine et le fourgon tanguait si fort sur le chemin défoncé que son écriture était pratiquement illisible. Mais c’était comme ça. Il tenait à tout expliquer avant de se vider de son sang. C’était sa dernière chance de raconter son histoire, l’histoire d’amour qui lui avait fait tout quitter et se lancer dans l’inconnu. Il voulait qu’on sache comment il s’était fait tirer dessus et prendre en otage par ses propres compatriotes et pourquoi il roulait à présent vers une mort quasiment certaine.« 


Mon avis : L’histoire se déroule à Stockholm, en Suède. Le Ministre de la Justice disparaît mystérieusement. Puis la femme d’un célèbre présentateur télé est retrouvée assassinée chez elle. Fabian Risk, en Suède et Dunja Hougaard, au Danemark mènent l’enquête conjointement pour découvrir le fin mot de l’histoire.

Les auteurs suédois sont réputés pour écrire de très grands récits policiers. Celui-ci est pas mal, avec une histoire alambiquée, ambigüe et dynamique. Meurtres, disparitions, viols… les crimes se succèdent, et une seule question demeurent dans l’esprit du lecteur : qui en est l’auteur ?

Stefan Ahnhem a mis en place une alternance de points de vue entre les inspecteurs suédois et danois, qui m’a un peu gênée. J’ai été à maintes reprises perdue au milieu de ce changement de protagonistes, n’arrivant pas à suivre l’avancée de leurs enquêtes respectives. Car oui, les deux inspecteurs sus-mentionnés mènent chacun une enquête de leur côté… sans se douter une seule seconde qu’ils recherchent le même coupable ! Parfois l’un est plus avancé que l’autre, alors notre esprit se retrouve un peu embrouillé, ne sachant plus à quel degré de l’enquête l’autre inspecteur s’est arrêté. En soit, l’idée était bonne, mais sans doute pas assez travaillée, un peu trop brouillonne à mon goût.

De plus, j’ai trouvé l’histoire un peu trop longue – le livre fait quand même plus de 660 pages, ce qui n’est pas rien. Certes, il y a de l’action, mais peut-être pas assez de rebondissements, pas assez d’adrénaline, de montée en puissance. J’avoue m’être ennuyée à certains moments de l’histoire, pressée néanmoins d’arriver au dénouement.

Le dénouement, parlons-en. Après m’être farcie près de 600 pages, je m’attendais à quelque chose d’assez spectaculaire, une fin « wahou », comme on dit, qui met des paillettes dans les yeux tant elle est inattendue et surprenante. Mais malheureusement point de paillettes dans les miens, puisqu’il s’avère que la fin n’est pas si exceptionnelle : je l’ai trouvée un peu plate, trop linéaire.

 


Un polar intéressant, mais qui ne m’a pas pleinement satisfaite. Trop de longueurs et d’incertitudes dans la narration, et pas assez d’originalité.

Ma note : 5,5/10

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Le monde selon Britt-Marie


Le monde selon Britt-Marie de Fredrik Backman

395 pages, éditions Mazarine


Résumé : Britt-Marie, 63 ans, n’est absolument pas passive-agressive. C’est juste que la crasse, les griffures et les tiroirs à couverts rangés n’importe comment la font hurler intérieurement. Elle sort tout juste d’un mariage et d’une vie de femme au foyer qui ont duré quarante ans, et le seul travail qu’elle ait pu dégoter la conduit à Borg, un village frappé par la crise qui s’étire le long d’une route où tout est fermé, en dehors d’une pizzeria qui empeste la bière. Britt-Marie déteste le football, or il ne reste rien d’autre à Borg. Voilà qui ne présage pas grand-chose de bon.
Mais quand les enfants de l’équipe du village ont si désespérément besoin d’un coach qu’ils sont prêts à confier le boulot à n’importe qui, que Britt-Marie ne soit ni compétente, ni volontaire n’empêche personne de la recruter! Et quand, sur ces entrefaites, Britt-Marie accepte l’invitation à dîner d’un policier et se fracture la main dans un solarium, elle ne peut plus faire machine arrière.
Le monde selon Britt-Marie est une histoire et une déclaration d’amour. Sur une femme qui a attendu toute une vie que la sienne commence enfin, et sur les villages le long de routes, dans lesquels c’est au football et aux pizzerias que l’on renonce en dernier.


Extraits  « Les souvenirs de Britt-Marie sont comme ses tapis : difficiles à nettoyer. »

« On aime le football parce que c’est instinctif. Quand un ballon roule vers nous dans la rue, on tape dedans. On l’aime pour la même raison qu’on tombe amoureux. Parce qu’on ne peut pas s’en empêcher. »


Mon avisJe ne pensais clairement pas aimé autant ce livre, et pourtant, je le referme avec le coeur lourd et les yeux humides.

A 63 ans, la vie de Britt-Marie est déjà bien entamée. Après 40 ans comme femme au foyer et épouse passive, Britt-Marie, fraîchement séparée de son compagnon, décide de se trouver un travail. Elle atterrit à Borg, un village pittoresque, déserté par ses habitants, où ne subsiste qu’une pizzeria, qui fait aussi office de bureau de poste, garage et épicerie, ainsi que quelques enfants, qui ont décidé de monter une équipe de foot. Bon an mal an, Britt-Marie, qui pourtant déteste le football, devient le coach de cette équipe de Borg. Une nouvelle vie s’offre à elle.

Le personnage de Britt-Marie est difficile à décortiquer, puisque c’est une femme qui intériorise toutes ses émotions et ne laisse que très peu de choses filtrer. J’avoue qu’au début de ma lecture, j’avais un peu de mal à prendre Britt-Marie au sérieux. Elle me renvoyait l’image d’une femme un peu simplette, agaçante et peu intéressante. Mais au fil de ma lecture, j’ai totalement changé d’avis sur elle. En effet, le personnage de Britt-Marie a éclos, et j’ai ainsi pu découvrir une femme courageuse et généreuse, qui a su me toucher.

En somme, ce livre, c’est un peu la découverte du monde selon Britt-Marie. Femme au foyer depuis toujours, pieds et poings liés à son mari, Britt-Marie va s’émanciper et s’ouvrir au monde. Elle va sortir, rencontrer du monde, découvrir de nouvelles choses, et enfin profiter de la vie !

Fredrik Backman a réussi à instaurer un parfait équilibre entre un humour potache et une gravité existentielle, tant est si bien que le lecteur est obligé de réfléchir sur sa propre vie. Grâce à Britt-Marie (et accessoirement à Fredrik Backman), je me suis questionné sur la vie que je menais, sur la façon dont je la menais et sur ce que je pourrais changer pour améliorer ma manière de vivre.

Si je n’avais qu’une leçon à retenir de ce livre, ce serait le suivant : il faut apprendre à vivre pour soi, et non pour les autres.


Une comédie loufoque, décalée mais intelligente, qui nous donne matière à réfléchir sur sa propre vie. Agréablement surprise par cette lecture, que je recommande !

Ma note : 8,5/10

 

Le mec de la tombe d’à côté

Le mec de la tombe d’à côté
de Katarina Mazetti,
253 pages, éditions Babel, à 7,50€

 

Résumé : Désirée se rend régulièrement sur la tombe de son mari, qui a eu le mauvais goût de mourir trop jeune. Bibliothécaire et citadine, elle vit dans un appartement tout blanc, très tendance, rempli de livres. Au cimetière, elle croise souvent le mec de la tombe d’à côté, dont l’apparence l’agace autant que le tape-à-l’œil de la stèle qu’il fleurit assidûment.
Depuis le décès de sa mère, Benny vit seul à la ferme familiale avec ses vingt-quatre vaches laitières. Il s’en sort comme il peut, avec son bon sens paysan et une sacrée dose d’autodérision. Chaque fois qu’il la rencontre, il est exaspéré par sa voisine de cimetière, son bonnet de feutre et son petit carnet de poésie.
Un jour pourtant, un sourire éclate simultanément sur leurs lèvres et ils en restent tous deux éblouis…C’est le début d’une passion dévorante. C’est avec un romantisme ébouriffant et un humour décapant que ce roman d’amour tendre et débridé pose la très sérieuse question du choc des cultures.

Extraits :  « Qui est cette femme qui prend des notes devant une tombe ? Est-ce qu’elle tient le registre des maris qu’elle a tués ? »

« C’est elle qui m’a baptisée Désirée, et pour cause. L’intention était bonne mais j’ai eu le temps d’apprendre à haïr mon prénom au cours de ma scolarité. J’étais régulièrement prise pour cible par les autres enfants qui évidemment m’appelaient Diarrhée. »

Mon avis :  Une histoire suédoise hautement sollicitée par les lecteurs français, qui m’ont, à force de critiques, donné envie de découvrir à mon tour ce récit.

Me voici donc plongé dans les vies très différentes de Désirée et Benny. Désirée est une veuve solitaire d’un mariage sans passion, bibliothécaire dans la vie quotidienne, qui traîne chaque jour sa science sur la tombe de son mari. Benny est un agriculteur un peu benêt, solitaire également, qui vient fréquemment rendre visite à ses parents défunts. Rien ne prédestinait ces deux là à se rencontrer. Leur caractère, leur milieu, leur physique, leur façon de voir la vie… tout les oppose. Et pourtant… ces deux voisins de deuil vont surmonter leur enfermement solitaire pour partager un amour unique. Un amour qui dépasse les règles et les lois. Un amour étrange, à première vue, mais si beau à découvrir.

Deux êtres diamétralement opposés, qui se rencontrent au détour d’une tombe… bizarre, ne croyez-vous pas ? Cela, combiné au langage un petit peu lourdeau du récit, peut ébranler un lecteur non-avertis. C’est un véritable choc des cultures qui se déroule sous nos yeux. Benny, l’agriculteur au langage bestial et aux blagues limitées, qui tombe amoureux de Désirée, l’intellectuelle qui manie les mots comme l’autre manie la pioche.

Benny et Désirée, c’est un peu la Belle et la Bête suédoise. Ils vont s’aimer malgré leurs différences. C’est ce qui fait toute la beauté de leur histoire. Une histoire qui se moque des conventions et des regards extérieurs. Ils vont apprendre à s’apprécier, vont se découvrir progressivement et vont tenter d’insuffler un peu de sa passion à l’autre.

Une histoire bouleversante et légère, tantôt cocasse ou fâcheuse, elle m’a quand même laissée un goût d’inachevée. L’intention était bonne, le sujet bien traité, mais peut-être pas assez approfondi. Tout était un petit peu trop lisse, il manquait cruellement d’actions ou de rebondissements. De plus, une large part des critiques vantaient l’humour débordant de ce récit. Se marraient-ils de la situation ? Des personnages ? En tout cas, je suis passé à côté. Loin de trouver l’histoire risible, j’ai éprouvé de la compassion et de larges sentiments d’affliction pour les personnages.

Katarina Mazetti dépasse les clichés de l’amour et confronte les contraires – haine et amour, humour et ennui. Elle pointe du doigt les conventions sociales qui dirigent implicitement nos vies et nos décisions. Benny et Désirée, arriveront-ils à surmonter suffisamment leurs différences pour débuter une belle histoire d’amour ? A noter qu’il existe une suite à ce roman, qui se nomme Le caveau de la famille.

Ma note : 6/10

Millénium, tome 2 : La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette

Millénium, tome 2 : La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette de Stieg Larsson
791 pages, éditions Babel noir, à 10€
Résumé : Tandis que Lisbeth Salander coule des journées supposées tranquilles aux Caraïbes, Mikael Blomkvist, réhabilité, victorieux, est prêt à lancer un numéro spécial de Millénium sur un thème brûlant pour des gens haut placés : une sombre
histoire de prostituées exportées des pays de l’Est. Mikael aimerait surtout revoir Lisbeth. Il la retrouve sur son chemin, mais pas vraiment comme prévu : un soir, dans une rue de Stockholm, il la voit échapper de peu à une agression manifestement très planifiée.
Enquêter sur des sujets qui fâchent mafieux et politiciens n’est pas ce qu’on souhaite à de jeunes journalistes amoureux de la vie. Deux meurtres se succèdent, les victimes enquêtaient pour Millénium. Pire que tout, la police et les médias vont bientôt traquer Lisbeth, coupable toute désignée et qu’on a vite fait de qualifier de tueuse en série au passé psychologique lourdement chargé.
Mais qui était cette gamine attachée sur un lit, exposée aux caprices d’un maniaque et qui survivait en rêvant d’un bidon d’essence et d’une allumette ?
S’agissait-il d’une des filles des pays de l’Est, y a-t-il une hypothèse plus compliquée encore ? C’est dans cet univers à cent à l’heure que nous embarque Stieg Larsson qui signe avec ce deuxième volume de la trilogie Millénium un thriller au rythme affolant.
Extraits : « Les mecs pouvaient être grands comme des maisons et bâtis en granit, mais leurs couilles étaient toujours au même endroit. »
« Ils avaient démarré une campagne, avec des affiches et tout, ils espéraient amener les jeunes à la boxe. Et on a attiré pas mal de mecs dans les quinze-seize ans et jusqu’à vingt. Pas mal d’immigrés. La boxe était une bonn alternative pour ne pas traîner dans la rue à faire les cons.« 

Mon avis : Quelle joie de retrouver les personnages si appréciés dans le premier tome de Millénium. Mikael Blomkvist, Lisbeth Salander, Erika Berger… tout le monde est au rendez-vous pour une nouvelle enquête riche en émotions et rebondissements.

Alors que le journal Millénium veut prochainement publier le livre de Dag Svensson sur le trafic des prostituées de l’Est, lui et sa femme Mia, qui préparait une thèse sur le même sujet, sont assassinés à leur domicile. Dans un même temps, le tuteur de Lisbeth Salander, Bjurman, est lui aussi tué chez lui. Une arme est retrouvée, comportant les empreintes de Lisbeth. Une recherche nationale est lancée contre la jeune femme, suspectée d’être la meurtrière de trois victimes innoncentes. Les hypothèses quant au mobile qui a poussé cette soit-disant tueuse à commettre ces crimes restent flous : vengeance ? empêcher la publication du livre ? L’équipe de police menée par Bublanski se lancent dans la recherche, tout comme l’intégralité du journal Millénium, et les locaux de Milton Security, dirigés par Armanskij, dernier emploi exercé par Lisbeth.

Nous revoilà avec une enquête policière hors du commun, emplie de mystères, au suspense étonnant, aux scènes tellement réalistes, qu’elles m’ont données des frissons dans le dos. C’est un roman assez noir, il faut se l’avouer, mais très prenant : une fois débuté, plus rien ne peut vous faire arrêter votre lecture, pas même l’incroyable voluminosité du livre.

Les personnages sont toujours aussi attachants, et restent fidèles à la façon dont je l’ai aies perçus dans le premier tome. Lisbeth Salander, jeune femme toujours aussi mystérieuse, qui, malgré les nombreuses descriptions de son apparence physique, ou les nombreuses scènes où elle apparaît, n’arrive pas à se matérialiser dans mon esprit. Cette femme est entourée d’un flou impressionnant. Elle met des barrières autour d’elle, pour empêcher qu’on découvre sa vraie nature. On l’a pourtant vue pleurer, en colère, amoureuse, en détresse… mais les scènes suivantes dénotées le contraire de ce que l’on venait de voir. Lisbeth est un personnage hors du commun, c’est elle qui devrait être la protagoniste principale du roman, et non pas Mikael Blomkvist, qui n’a récolté, dans ce tome-ci, qu’un petit rôle secondaire superflu et sans grand intérêt.

Stieg Larsson, à travers ses enquêtes policières toutes plus extraordinaires les unes que les autres, dénonce pourtant un problème majeur dans la société, qui existe réellement, et est encore visible au XXIème siècle : le commerce du sexe. Des jeunes adolescentes dans la pauvreté la plus totale, sont vendues et retirées de leur pays de l’Est pour être envoyées dans les pays de l’Ouest vendre leurs services aux hommes. Un trafic cruel, où les femmes sont dévalorisées et exploitées au profit d’hommes puissants. Une injustice que l’auteur dénonce avec virulence.

J’ai trouvé ce deuxième tome encore plus palpitant que le premier. Les personnages nous sont déjà familiers, on connaît les liens d’affinités des uns avec les autres, donc l’histoire nous paraît plus intime. L’auteur a encore une fois frappé, avec une plume extraordinaire, qui nous emporte littéralement dans les affres de ses enquêtes. Chapeau bas !

Encore une fois, Millénium a sut satisfaire à ma soif d’enquête policière. Un second tome encore meilleur que le premier, des personnages fidèles à eux-mêmes, un contexte noir, effroyant, mais addictif. Vivement que je me lance dans le dernier opus.

Ma note : 9/10