Littérature française·Roman policier et polar

Les enlisés


Les enlisés de André Lay

200 pages, éditions French Pulp, à 9,50€


Résumé : Quand l’amour est un poison, au sens propre comme au figuré !

Regagner l’amour de sa femme ? Rien de plus facile : il suffit de l’empoisonner. Et ensuite, de s’occuper tendrement de sa convalescence, en bon mari aimant. Mais à trop vouloir s’attacher à sa compagne, Claude n’avait pas prévu qu’il susciterait chez elle des sentiments fanatiques… qui se révéleront bien plus tragiques qu’un divorce !


Extrait  « – Je suis complètement déboussolée, je n’ose plus rien avaler, je crains même le tabac !
– T’en passer ne peut que te faire du bien.
– Évidemment, mais c’est un signe.
– Tiens donc, lequel ?
– Un signe de vieillissement.
– Un signe de sagesse plutôt.
– C’est ce que je disais. On commence à renoncer au tabac, aux boissons alcoolisées pour se ménager, puis un jour, sans même s’en rendre compte, on fait du ski pour la dernière fois, on cesse de monter en haut du plongeoir de la piscine, les mois passent et il arrive un moment où l’on s’aperçoit qu’on a abandonné bien des choses, bien des gens, ou…
– Ou ?
– Qu’ils ne nous intéressent plus. »


Mon avis : André Lay est un auteur qui a fait ses preuves dans les années 1960, en publiant pas moins de 140 polars jusque dans les années 1980. Autant dire que le monsieur en a sous le pied !

Les enlisés, c’est l’histoire d’un homme très riche, persuadé que sa femme, sa cadette, le trompe avec un autre homme, plus jeune que lui. Éperdument amoureux de sa femme, il va tout faire pour éloigner son amant Richard d’elle. Et pour ça, Claude est prêt à tout.

C’est un polar très intéressant et particulièrement original. Ce sentiment est sans doute dû au fait que ce livre a été écrit et publié en 1973 et que la mentalité et la façon d’écrire diffèrent largement de ce qu’il se fait aujourd’hui. L’écriture de André Lay est mature, affirmée, sans fausse note.

L’intrigue est bien ficelée : entre amour, jalousie, désir et passion, les sentiments se mélangent. Nous n’arrivons pas vraiment à démêler tout ça. D’autant que l’auteur joue avec la psychologie de ses personnages et par extension avec celle de ses lecteurs. Claude, persuadé que Maud, sa compagne, le trompe, fonde ses certitudes sur des socles vacillants. Il devient comme obsédé par les déplacements de sa femme, par ses agissements et ses rencontres, au point où cela en devient maladif. L’atmosphère devient pesante, les agissements de Claude devenant de plus en plus incertains, cela entrave le calme du récit, et devient stressant pour nous.

Ce polar nous questionne : jusqu’où sommes-nous prêts à aller par amour ? Que peut-on endurer par amour ? Pendant combien de temps ? A vous d’y réfléchir et d’y répondre !


Un polar intéressant, qui se lit facilement en une ou deux petites heures. Même si l’histoire n’est pas extraordinaire, vous passerez un agréable moment de lecture. 

Ma note : 6/10

Littérature française·Roman·Romance

Aux Livres Exquis


Aux Livres Exquis de Fanny Vandermeersch

177 pages, éditions Charleston, à 18€


Résumé : Chloé n’aime pas la routine. Mère d’un enfant, mariée à un homme qu’elle ne voit jamais, elle refuse de rester la gentille femme au foyer qui attend son mari. Quand elle lit dans le journal qu’un café littéraire, Aux Livres Exquis, cherche une serveuse en CDD, c’est le rêve. Or, si elle s’entend à merveille avec le comptable, les débuts sont difficiles avec le patron, David. Et quand elle découvre son portrait dessiné à plusieurs reprises dans le carnet d’une cliente mystérieuse qui s’est volatilisée, elle comprend qu’elle arrive à un tournant de sa vie.
Entre muffins brûlés, énigmes, crises de larmes, de rire, voyage au Maroc, révélations sur le décès de sa mère et découverte de ses origines, la vie de Chloé ne sera plus la même.


Mon avisSi vous avez regardé la couverture du livre, vous avez sans doute remarqué le bandeau rouge qui orne sa partie inférieure, à savoir « Le roman feel good idéal pour les amoureux des livres« . Ni une ni deux, en tant que littéraire et lectrice aguerrie, je me suis jeté dessus. Surprenant ?

Aux Livres Exquis raconte l’histoire de Chloé, jeune maman attentionnée et femme d’un homme qu’elle ne voit presque plus. Fatiguée de rester toute la journée à la maison à ne rien faire, Chloé déniche un CDD dans le café littéraire Aux Livres Exquis, en tant que serveuse. Si les débuts avec David, son patron s’avèrent difficiles, leur relation va évoluer rapidement et prendre un tournant inattendu. En effet, lorsqu’ils retrouvent dans le café un carnet abandonné avec le portrait de Chloé dessiné à plusieurs reprises, ils comprennent qu’ils font face à un mystère à percer. Secrets, amours, muffins et cafés vont se mêler pour nous donner une jolie histoire à découvrir.

L’histoire est sympathique à découvrir et se lit très rapidement. Malheureusement, j’ai trouvé le récit assez prévisible, avec une trame assez classique, qui reprend le fil conducteur que chaque romance proposent, à savoir : des problèmes conjugaux, une nouvelle histoire d’amour, une intrigue familiale, des amitiés qui se créent, etc.

La seule valeur-ajoutée qui aurait pu différencier ce livre des autres, c’est le café littéraire Aux Livres Exquis. L’idée d’insérer un tel café est très bonne, mais n’a, malheureusement, pas assez été exploité. En effet, le cadre se met en place, puis le café reste l’arrière-plan du récit, alors qu’il aurait dû être la chose qui distingue cette histoire des autres. En l’occurence, le bandeau rouge de la couverture est mensonger, puisque la thématique du livre et de la littérature n’est pas approfondie au delà de la présence du café littéraire.

L’histoire n’en reste pas moins bonne, douce et lumineuse, avec une protagoniste attachante, tant dans sa façon d’être que dans sa façon de faire face à la vie. Je l’ai trouvé courageuse et battante, mais un peu trop naïve par moments.


Un récit rapide à lire, qui aurait mérité une plus grande originalité narrative. L’idée du café-littéraire n’a pas été assez développée, au détriment de sujets communs à toutes les romances. Sympa à lire sur le moment, mais vite oublié. 

Ma note : 5/10

 

Littérature française·Roman

Trois personnes en forme de poire


Trois personnes en forme de poire de Suzanne Azmayesh

219 pages, éditions L’âge d’homme, à 18€


Résumé : Trois destins de femmes, se croisent se mêlent s’entremêlent.
La première, Madeleine actrice torturée, cocaïnomane, dépressive et seule tente de renouer avec le succès que son premier film lui a amené. Puis Emeline écrivaine en herbe, obsessionnelle et désabusée par sa vie, elle quitte son emploi dans un cabinet conseils pour se consacrer à l’écriture d’un roman, espérant le succès. Et enfin Victoria, la bobo écolo, en couple avec le même garçon depuis le lycée, aspire à partir travailler dans l’humanitaire, pour remplir sa vie.
Il y a aussi Theo Nadea acteur prometteur de  » Cours toujours « , partenaire de Madeleine, obsession d’Emeline et le petit ami de Victoria.
Toutes trois rêvent d’un succès qui n’est pas au rendez-vous. Dans le tourbillon de la vie parisienne, leurs destins s’entrelacent autour de Theo Nadea, au sein du monde factice où elles évoluent. D’un désenchantement à l’autre, entre souffrance et espoir, leurs existences vacillent, basculent.


Extraits :  « Une femme jolie, qui se pense jolie et attache de l’importance à cette joliesse, vieillira avec un poids sur les épaules. Il n’y a rien de pire que de voir décliner et dépérir un attribut auquel on attache une si grande valeur. »

« Le point commun des artistes est sans doute là : dans une perpétuelle course contre la mort, pressés d’accomplir une oeuvre avant qu’il ne soit trop tard. »


Mon avisLe titre et la couverture énigmatiques, alliés à un résumé alléchant : il ne m’en fallait pas plus pour être tentée de découvrir cet ouvrage. Un grand merci à l’auteure, Suzanne Azmayesh, de m’avoir proposé son titre en lecture.

Quatre destins vont se mêler, s’emmêler et s’entremêler. Trois femmes et un homme. Théo Nadea est un acteur célèbre et reconnu. Beau garçon, il est le fantasme de nombreuses femmes. Mais son coeur est prit depuis quelques années, puisqu’il partage sa vie avec Victoria, sa compagne de l’ombre. Victoria souhaiterait se construire par elle-même et arrêter d’être sans arrêt caractérisée comme « la petite amie de Theo Nadea ». D’un autre côté, nous avons Madeleine, actrice également, qui a partagé l’affiche avec Theo. Malheureusement pour elle, le manque de rôle principal l’a fait tomber dans les affres de la drogue. Un soir de débauche, Madeleine va faire la rencontre de Emeline, une jeune écrivaine qui fantasme depuis longtemps sur Théo. Madeleine va faire en sorte de réaliser le rêve de Emeline et de programmer une rencontre entre elle et Théo.

J’ai tardé à écrire mon ressenti sur ce roman, puisque je suis assez embêté : je n’ai ni bien aimé, ni pas aimé. Je suis resté en-dehors de l’histoire, je n’ai rien ressenti de particulier à la lire. D’autant plus qu’aucun des personnages ne m’a touché. L’auteure alterne les points de vue dans la narration : un chapitre est tantôt dédié à Théo, tantôt à Madeleine, ou Emeline… Personnellement, je n’aime pas trop ce type de construction narrative, puisque cela coupe l’histoire et ne permet pas une totale incursion des lecteurs dans l’histoire personnelle de chacun. Mais ce n’est pas le seul bémol qui a gêné mon attachement aux personnages : j’ai trouvé que leurs caractéristiques n’étaient pas pas assez consistantes et qu’il aurait fallu approfondir un peu plus chacune de leurs personnalités.

C’est vrai que j’en ressors un peu déçue. L’histoire est agréable à lire et se lit d’ailleurs très rapidement. Le problème, c’est qu’elle est assez quelconque et s’évapore très vite de l’esprit des lecteurs. La preuve : deux semaines seulement après avoir fermé la dernière page de ce livre, il ne me reste plus qu’un vague souvenir de toute l’histoire. Et toujours une question qui reste sans réponse : je n’ai pas réussi à comprendre le sens caché du titre…


Une histoire agréable à lire pour passer le temps, mais qui manque clairement de consistance. 

Ma note : 4,5/10
Littérature française·Roman

Une fois dans ma vie


Une fois dans ma vie de Gilles Legardinier

418 pages, éditions Flammarion, à 19,90€


Résumé : Trois femmes, trois âges, trois amies que les hasards de la vie et les épreuves ont rapprochées dans un lieu comme aucun autre. Trois façons d’aimer, dont aucune ne semble conduire au bonheur. Séparément, elles sont perdues. Ensemble, elles ont une chance. Au milieu des hommes, cramponnées à leurs espoirs face aux coups du sort, avec tous les moyens et l’imagination débordante dont elles disposent, elles vont tenter le tout pour le tout. Personne ne dit que ça ne fera pas de dégâts…


Extraits :  « Toi aussi, tu fais ce genre de songes ? Moi, une fois, j’étais un chausse-pied dans un magasin de tongs. Je ne servais à rien du tout. La lose totale ! J’ai pleuré, mais pleuré…« 

« Tu crois vraiment que ça se passe comme ça ? Tu penses réellement qu’un jour on est casée et que l’on n’a plus rien à craindre ? Demande donc à Céline… Le plus dur, jeune fille, n’est pas de commencer, mais de durer. Trouver le garçon n’est que le premier problème ; la véritable aventure, c’est faire le chemin ensemble, avec tout ce que la vie te met en travers de la route et du coeur. »


Mon avis : Est-ce qu’une fois dans votre vie, vous vous êtes déjà demandé quel était votre rôle sur cette terre ? Eugénie, gardienne d’un théâtre, se le demande chaque jour. Avec son mari Victor, ils ont quitté leur vie passée pour s’installer au théâtre, et sont devenus les nouveaux gardiens des lieux. Grâce à ce tournant dans leur vie, ils ont pu rencontrer des gens extraordinaires ; Juliette, la chorégraphe, Céline, la costumière, et tout pleins d’autres petites mains, qui s’activent pour faire vivre le théâtre et sont devenus, au fil du temps, de vrais amis. Malheureusement, leur entrain quotidien ne suffit pas, et la fréquentation baisse continuellement. Alors qu’ils sont au bord de la fermeture, ils doivent trouver une solution pour ne pas voir le théâtre se fermer. En plus de cette problématique générale, chacun doit faire face à des problèmes personnels plus ou moins graves ; Eugénie n’a plus goût à la vie ; Céline est au bord de la banqueroute et Juliette a peur des sentiments amoureux.

Cela faisait maintenant plusieurs années que je n’avais pas lu un roman de Gilles Legardinier. Ma dernière rencontre avec cet auteur datait quand même de 2013, avec Et soudain tout change, alors qu’il publie des nouveaux romans presque chaque année. J’étais donc impatiente de redécouvrir cet auteur qui m’avait tellement plût dans le passé.

Cette fois-ci, Gilles Legardinier nous embarque dans les couloirs d’un théâtre, entre les répétitions, et les représentations hebdomadaires. Ce théâtre est un lieu de rencontres et d’échanges où chacun s’y sent bien. Le lecteur y trouve d’ailleurs très rapidement sa place ; tantôt entre les sièges des spectateurs, tantôt aux côtés des artistes. Et ce n’est pas sans raison : en effet, l’auteur arrive à retranscrire parfaitement les émotions humaines. En somme, c’est un peu le théâtre de la vie qu’il écrit.

C’est grâce à des personnages un peu quelconque, un peu comme nous, que l’attachement paraît. J’ai tantôt eu envie de réconforter Eugénie, de l’engueuler, ou même de la féliciter. Pareil avec Céline et Juliette. C’est un magnifique éventail de sentiments que nous livre Gilles Legardinier. Entre amour, amitié, comédie, joies et pleurs, le lecteur n’a pas un instant de répit et passe d’une extrémité à l’autre sans temps mort. En effet, au théâtre comme entre les lignes, les émotions transmises sont décuplées, et nous les ressentons avec intensité. Je m’étais tellement imprégnée de l’histoire, qu’en fermant ce livre, je n’ai eu qu’une envie : aller au théâtre (véridique) !


Vous souhaitez assister à la grande représentation menée par Gilles Legardinier, ressentir intensément la scène jouée et vous attacher aux acteurs ? N’attendez plus : le théâtre de la vie, lui, n’attend personne. 

Ma note : 7/10
Littérature française·Saga familiale

Danser, encore


Danser, encore de Julie de Lestrange

268 pages, éditions Mazarine


Résumé : Alexandre, Marco et Sophie connaissent une amitié de trente ans et autant d’amour, de blessures, de déceptions et de joies. Désormais adultes, confrontés au poids du quotidien et des responsabilités, à l’existence et ses tourments, sonne l’heure de faire des choix.
Mais qu’advient-il dès lors qu’il n’y a plus de guide ? Que reste-t-il des certitudes lorsque le sort frappe au hasard ? Juste un vertige, profond et déroutant, des liens indéfectibles, et parfois comme la nécessité de respirer, le besoin de danser et celui de s’aimer.
Découvrez la bande de copains drôles et attachants qui a fait le succès de Hier encore, c’était l’été, et plongez dans une magnifique histoire d’amour, un hymne à l’entraide, qui fait la part belle à la vie et à notre humanité.


Extraits :  « Au moins la maladie de son fils lui avait-elle appris l’immédiateté de la vie, son caractère insaisissable, le fait que chaque seconde s’échappait dans le temps, et que rien, finalement, n’était plus concret que le présent. Jamais il ne revivrait cette minute-là, entouré des gens qu’il aimait profondément, qui composaient son bonheur, sa raison d’être et ses tourments. Ce moment était unique et, mentalement, il s’ingéniait à le photographier. »

« A quelques mètres, une vieille dame déverse le contenu d’un arrosoir sur une plate-bande de chrysanthèmes. Une à une, elle ramasse les feuilles mortes venues s’accumuler sur la tombe. Lorsqu’elle a fini, elle caresse le marbre d’un air attendri. Il s’agit probablement de son mari. Même défunt, elle continue de s’occuper de lui. »


Mon avisAprès avoir lu (et beaucoup aimé) Hier encore, c’était l’été, j’ai eu la chance de pouvoir découvrir la suite des aventures de Marco, Sophie, Alexandre, et toute leur bande d’amis. Bien que ce livre s’inscrive dans la continuité des aventures de ces héros, rien ne vous empêche de le lire séparément. Vous ressentirez sans doute moins d’attachement pour les personnages, mais l’intensité du récit sera la même.

Danser, encore, c’est une histoire qui permet de redonner espoir. Malgré les drames qui peuvent arriver dans la vie (maladie, décès…), il faut savoir se relever, aller de l’avant et continuer à avancer. Alexandre et Sophie, parents d’un petit Nathan qui souffre d’une maladie respiratoire, en sont le parfait exemple : malgré la gravité de la maladie de leur fils, ils ne se laissent pas abattre et continuent de vivre. Marco a lui aussi dû faire face à l’âpreté de la vie, puisqu’il a perdu son frère, décédé lors d’un accident. Mais la vie continue, et il doit continuer à se battre pour lui.

Le titre du livre est donc parfaitement choisi pour illustrer le message que souhaite délivrer l’auteur : se relever, encore, et continuer à profiter de cette courte vie. Ne pas se laisser dépérir, mais vivre. Comme on le sait tous si bien : derrière chaque orage, vient le beau temps. Un beau message d’espoir, qui m’a particulièrement touché. Pour vous mettre parfaitement dans l’ambiance, je vous conseille de lire les moments les plus intenses du récit avec le titre de Calogero Danser encore, en fond sonore. C’est la chanson qui a inspiré l’auteure pour écrire son livre. Émotions garanties !

Danser encore, c’est aussi des histoires d’amitié, des histoires d’amour, des histoire sur la vie. Joies, bonheur, tristesse, désespoir… A travers l’évolution de ses personnages, Julie de Lestrange nous dépeint un tableau complet de la vie humaine. C’est bien écrit, c’est beau, c’est touchant. J’ai été une fois encore embarqué dans le cercle intime de ces amis, j’ai vécu intensément ce qu’ils ont vécus, j’ai ressenti tout ce qu’ils ont ressentis. Puis l’histoire s’est finie, plutôt brutalement, et j’ai dû laisser une nouvelle fois ces personnages pour retourner à ma petite vie. Fort heureusement, comme à la fin de son premier roman, l’auteure laisse présager une suite au quotidien de ses héros. J’espère que l’attente ne va pas être trop longue, puisque j’ai déjà hâte de les retrouver !


Un roman de vie, rempli d’émotions, qui se lit facilement et rapidement. N’hésitez plus, et entrez dans la danse !

Ma note : 6,5/10

 

Biographie·Littérature française·Témoignage

Belle de nuit


Belle de nuit de Sonia Frisco

351 pages, à 17€


Résumé : Deux Filles Deux Destins. Une Histoire. Il existe des réalités qui dépassent la plus incroyable fiction, des rêves pour lesquels on est prêt à tout donner, des amitiés plus fortes que toutes les adversités. La violence ne sévit pas toujours à visage découvert, bien souvent elle porte des masques, pour cacher sa laideur et sa misère. Dans un monde redoutable qui la veut prisonnière, Mia va lutter de toutes ses forces pour sauver son histoire personnelle et trouver l’amour, la liberté et la vie… avec, pour seuls alliés, un espoir, un rêve et une amie. On dit de la liberté qu’elle n’a pas de prix. C’est parce que sa valeur est inestimable…

Mais la liberté a toujours un prix.
Et quand on le connaît, on le paye.

Il doit certainement y avoir en nous le souvenir d’un monde ou d’un lieu où l’on a été heureux.

Qu’est-ce que la Vie ? Qu’est-ce que le Temps ? Qu’est-ce que l’amour, l’amitié et l’infini ?


Extraits :  « La plus cruelle prison de l’homme est souvent l’homme lui-même.« 

« Cela s’appelle le quotidien. Pour beaucoup, c’est la sécurité. Même laide, même meurtrissante, même traumatisante, terrifiante ou injuste, c’est la sécurité. »


Mon avis : Un grand merci à Babelio, ainsi qu’à Amazon Publising grâce à qui j’ai pu recevoir et lire ce livre signé Sonia Frisco.

Je parle bien de livre et non de roman, puisque même si une infime partie des lignes écrites sont fictives, la majeure partie de l’histoire est réelle. Les personnages sont de vraies personnes (seule leur véritable identité est tue) et les événements qui s’y déroulent se sont véritablement passés. Une fois qu’on sait ça, quand on commence à découvrir le récit, on ne peut qu’être touché, ému et attristé par la tragique histoire de Mia.

Mia, c’est une femme mariée à un homme qu’elle n’aime plus, mais qu’elle ne peut pas quitter, à cause de son manque d’argent et des critiques de sa famille. Mia, c’est une femme encastrée dans un quotidien morose et banal, qui ne lui apporte que tristesse et désespoir. Un beau jour, elle décide de mettre fin à cette vie là et de commencer véritablement à vivre pour elle. Mais les chemins vers la liberté sont difficiles à atteindre…

Belle de nuit, c’est le combat d’une femme, qui se bat pour sa liberté. Elle se bat pour connaître la vraie vie, et sortir du quotidien qu’on lui a imposé. Elle veut aussi découvrir l’amour, le véritable amour, l’amour passionnel, dont elle a tant entendue parler, mais qu’elle n’a jamais abordé.

Cette histoire, c’est aussi la mise en avant de la condition de la femme dans tout ce qu’elle a de plus restrictif. Une femme, corps sensuel qui se laisse manipuler et traiter comme un objet. Une femme, dépendante et soumise à une domination masculine. Une femme, encastrée dans des coutumes familiales avilissantes.

On réfléchit également beaucoup à la prostitution et aux conditions des femmes qui exercent cette activité. Prostituée libres ou exploitées ? Choix de vie ou contraint ? La prostitution est un vaste débat, qui encore aujourd’hui fait couler beaucoup d’encre. A chacun de s’en faire sa propre idée.

A travers cette tragique histoire, c’est surtout un message d’espoir que l’auteure souhaite faire passer. Elle invite également à la tolérance, au partage et à l’amour. Son message est admirablement mis en scène, puisqu’elle nous confie l’histoire intime de sa tendre amie, Mia. Un bel hommage, puissant, tragique, respectueux, mais surtout rempli d’amour.


Un récit dense, qui raconte avec justesse la quête d’une existence et des valeurs qui la composent. J’ai été touché par ce bel hommage. 

Ma note : 7,5/10
Littérature française·Seconde guerre mondiale

Le confident


Le confident de Hélène Grémillon

315 pages, éditions Folio


Résumé : Camille vient de perdre sa mère. Parmi les lettres de condoléances, elle découvre un étrange courrier, non signé. Elle croit d’abord à une erreur mais les lettres continuent d’arriver, tissant le roman de deux amours impossibles, de quatre destins brisés. Peu à peu, Camille comprend qu’elle n’est pas étrangère au terrible secret que cette correspondance renferme.

Dans ce premier roman sur fond de Seconde Guerre mondiale, Hélène Grémillon mêle de main de maître récit historique et suspense psychologique.

« Le confident » a obtenu cinq prix littéraires et été traduit en vingt-sept langues.


Extraits :  « Ce ne sont pas les autres qui nous infligent les pires déceptions, mais le choc entre la réalité et les emballements de notre imagination.« 

« Il faut toujours se souvenir de ce qu’on dit et à qui, sinon ça risque un jour de se retourner contre vous… »


Mon avisLe confident, c’est un livre plébiscité par de nombreux lecteurs amateurs et critiques professionnels. C’est le premier roman écrit par Hélène Grémillon, qui est entré sur la scène littéraire par un coup de maître : en remportant pas moins de 5 prix littéraires en un laps de temps réduit. Un palmarès impressionnant, qui laissait présager une histoire grandiose. C’est donc avec curiosité et excitation que j’ai ouvert la première page de ce récit.

Camille, éditrice, vient de perdre sa mère. Parmi les lettres de condoléances, elle découvre un mystérieux courrier provenant d’un auteur anonyme, qui lui raconte une étrange histoire. Pensant d’abord à une erreur de destinataire, puis à un auteur qui souhaite faire lire ses écrits à une éditrice reconnue, Camille s’étonne de recevoir chaque semaine une nouvelle lettre, avec la suite de l’histoire narrée. Plus les semaines passent et plus l’histoire lui apparaît comme familière. Elle comprend rapidement que l’histoire racontée est en fait un bout de son histoire ; ou plutôt, l’histoire de sa véritable origine.

A travers une alternance de points de vue, on comprend que deux femmes se disputent la maternité d’une certaine Louise. L’une est sa mère biologique, l’autre sa mère adoptive. Il n’y a pas une méchante et une gentille mère, mais bien deux êtres humains, qui pensent différemment et ressentent des émotions contradictoires. Malgré leurs divergentes pensées, elles se confondent sur un point : le puissant amour qu’elles déversent à Louise.

En somme, Le confident, c’est surtout une histoire d’amours. Amour tendre d’une fille pour sa mère. Amour fou d’un homme pour une femme. Amour dévastateur d’une mère pour sa fille. Des émotions puissantes et poignantes, qui ne peuvent qu’émouvoir le lecteur. On se sent compatissant envers tous ces personnages ; on ne peut s’empêcher de se mettre à leur place et d’essayer de voir ce que l’on aurait fait, nous, si nous étions dans leur situation. Mais les sentiments échappent à la raison et ne se contrôlent pas, ils ne peuvent être dictés qu’avec le coeur. Pascal le disait si bien : « le coeur a ses raisons que la raison ignore« .

Toute l’histoire prend appui sur un arrière-fond historique : Paris est envahie par les soldats Allemands. Les populations fuient, les hommes français sont partis à la guerre, l’ennemi est à chaque coin de rue, tout le monde est aux aguets. Insérer un fond historique peut être intéressant, mais dans le cadre de cet histoire, je ne l’ai pas trouvé très pertinent. En effet, de mon point de vue, il n’a pas était assez exploité et n’a rien apporté de plus au récit initial : il n’est resté qu’une toile de fond vide, rendue accessoire par la puissance de l’intrigue.

Une intrigue qui se finit en queue de poisson : la fin m’a laissé songeuse. Je n’ai pas vraiment compris où voulait en venir l’auteure dans son dénouement. C’est une fin ouverte, énigmatique, qui donne l’impression d’une histoire inachevée… ou trop tôt terminée. Ce final restera un grand mystère…

 


Le confident, c’est l’histoire secrète de deux femmes, qui vouent un amour inconditionnel à la même petite fille. Un récit poignant, qui nous fait ressentir plus que jamais ce que signifie « l’amour maternel ». 

Ma note : 6,5/10