Le vol de l’autruche


Le vol de l’autruche de Crysten Sullivan

357 pages, éditions Carnets Nord, à 16€


Résumé : Maggie, jeune fille de vingt-trois ans, est obèse. D’origine américaine, elle est installée à Paris depuis quelques années. Un jour, Maggie est embauchée dans une entreprise qui veut faire d’elle l’égérie des employés pour sa prochaine campagne de communication sur le bien-être au travail. Petit à petit, au gré des rencontres qu’elle fait, Maggie va se transformer et s’épanouir.

Il y a d’abord Louis-Valentin, le jeune médecin de la boîte, qui apprécie ses rondeurs et l’invite à sortir avec elle. Il y a ensuite Leïla, sa collègue, qui lui coud des vêtements à la mode parfaitement adaptés à sa silhouette. Il y a enfin, « Bouddha », atteint d’une maladie orpheline, qui partage avec elle de gigantesques repas et s’occupe d’un forum internet dédié aux personnes en surpoids. Maggie « l’autruche », complexée, inhibée et mal dans sa peau, va progressivement découvrir ses atouts et prendre son envol, à mesure qu’elle devient une icône.


Extraits « La vie, c’est peut-être aussi taire ses envies de passion pour cueillir son besoin de raison. »
« Je sais qu’il me ment non pas parce qu’il aime le mensonge, mais parce que mentir est la seule solution qu’il ait à sa disposition pour continuer à faire semblant de vivre.« 

Mon avis : Quel bonheur de lire un tel récit !

Margaret – Maggie, pour les intimes -, est une jeune américaine de vingt-trois ans, installée à Paris, qui souffre d’obésité. Quotidiennement, elle doit faire face aux regards et aux réflexions des autres sur son poids. Un beau jour, Maggie est embauchée chez Digitales Natives, un groupe international, pour un poste bien particulier : celui d’assistante juriste… et d’égérie du bien-être au travail ! Ce nouveau poste, quoique surprenant, va littéralement changer la vie de Maggie. Elle va s’ouvrir aux autres, s’épanouir professionnellement et personnellement et surtout s’accepter enfin telle qu’elle est.

Le vol de l’autruche est un roman qui se construit comme un témoignage, puisque Maggie s’adresse directement à nous, lecteurs, pour nous raconter son histoire. J’ai beaucoup aimé l’humour employé tout au long du livre, qui donne bien plus de légèreté aux sujets abordés.

L’obésité, les normes physiques imposées par la société, ainsi que le regard des autres, sont autant de thématiques qui sont très souvent abordées dans les romans, puisqu’ils constituent le quotidien de bon nombre de personnes. Ici, Crysten Sullivan aborde ces sujets par un angle nouveau, puisqu’on se place directement dans la peau de la protagoniste, et on ressent intensément toutes les souffrances et difficultés qu’elle vit au quotidien.

On s’attache très facilement au personnage de Maggie, qui est une jeune femme simple dans sa façon d’être, une bonne vivante, qui malgré ce qu’elle peut en penser, aime la vie et essaie d’en profiter à son maximum. Les amis et connaissances de Maggie sont tout autant attachants : Bouddha, son ami obèse rencontré il y a quelques années sur un forum dédié aux personnes en surpoids ; Louis-Valentin, le médecin de l’entreprise DN, de qui Maggie va s’éprendre ; mais aussi Leïla, sa nouvelle collègue de travail, en surpoids également, mais qui s’assume pleinement, ou Jason, ce Don Juan gay, qui aime s’amuse et sortir. Chacune de ces personnes vont jouer un rôle prédominant dans le changement psychologique que va mener Maggie. À leur façon, ils vont être acteurs de l’épanouissement de la jeune femme et de son changement de regard sur le monde.


Un roman optimiste qui fait du bien. Le Vol de l’autruche est empreint d’humanité et fait passer de très beaux messages de tolérance à travers un personnage touchant par sa sensibilité et son humour décadent ! 

Ma note : 8,5/10

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20, Allée de la Danse : Enquête à l’Opéra


20, Allée de la Danse : Enquête à l’Opéra
de Elizabeth Barféty

154 pages, éditions Nathan, à 10,95€


Résumé : La vie et les rêves des petits rats de l’école de danse de l’Opéra de Paris !
Zoé est ravie : elle va participer avec ses copains de 5e division au ballet de La Belle au bois dormant, à l’Opéra Garnier ! Lors de la première répétition, elle surprend une conversation dans les loges : Camille, une danseuse du Corps de Ballet, semble traverser une déception amoureuse avec un autre danseur de la compagnie. Mais de qui parle-t-elle ? L’insouciante Zoé se met en tête de jouer les Cupidon, quitte à semer la pagaille dans le bon déroulement du spectacle…


Extrait «  »Je ne sais pas si je serai Étoile un jour, se dit-elle en regardant ses amis. Je ne sais même pas si je serai encore à l’École l’année prochaine… »
Pourtant, elle sourit. Car ce dont elle est certaine, c’est qu’elle n’oubliera jamais ces moments. L’année de ses 10 ans restera gravée dans sa mémoire. Pour toujours. »

Mon avis : Si vous me suivez depuis quelques temps déjà, vous connaissez forcément la saga jeunesse 20, Allée de la Danse écrit par Elizabeth Barféty, en partenariat avec l’Opéra de Paris.

Dans Enquête à l’Opéra, Zoé, une jeune danseuse de bientôt 10 ans, entend des bruits de couloirs entre deux danseuses plus âgées. Ni une ni deux, elle pense qu’il s’agit de rumeurs amoureuses. Accompagnée de sa bande de copains – Bilal, Colas, Maïna, Constance et Sofia -, Zoé va tout faire pour retrouver les deux amoureux et pour les faire se mettre ensemble. Une véritable enquête amoureuse débute au sein de l’école.

C’est toujours un plaisir de retrouver la bande des petits rats, et de suivre leurs aventures au sein de l’école de danse. Je sais qu’à leurs côtés, je passerais toujours un excellent moment de lecture, ponctué de joies et de bonne humeur. Dans ce tome-ci, les petits rats de danse vont mener une véritable enquête au sein de l’école pour percer à jour le mystère qui plane autour de Camille : de qui est-elle amoureuse ? Cet amour est-il réciproque ? Ils vont mettre en place tout un stratagème pour réussir la mission qu’ils se sont confiés.

Leur amitié est très forte, et c’est ce qui ressort le plus dans chacun des tomes. Ils font tout ensemble, ils se soutiennent coûte que coûte, peu importe les épreuves à traverser, rien ne vient jamais enticher la bonhomie qui règne au sein de leur bande d’amis. Tout un chacun aurait rêvé d’avoir une bande d’ami aussi soudée et solidaire que celle-ci !


Fidèle à elle-même, Elizabeth Barféty nous livre un récit léger, où la joie et la bonheur humeur se côtoient pour notre plus grand plaisir. Jusqu’à présent, cette saga jeunesse est un sans faute !

Ma note : 7/10

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J’ai cru qu’ils enlevaient toute trace de toi


J’ai cru qu’ils enlevaient toute trace de toi de Yoan Smadja

279 pages, éditions Belfond, à 17€


Résumé : Printemps 1994. Le pays des mille collines s’embrase. Il faut s’occuper des Tutsi avant qu’ils ne s’occupent de nous.
Rose, jeune Tutsi muette, écrit tous les jours à Daniel, son mari médecin, souvent absent. Elle lui raconte ses journées avec leur fils Joseph, lui adresse des lettres d’amour… Jusqu’au jour où écrire devient une nécessité pour se retrouver. Obligée de fuir leur maison, Rose continue de noircir les pages de son cahier dans l’espoir que Daniel puisse suivre sa trace.
Sacha est une journaliste française envoyée en Afrique du Sud pour couvrir les premières élections démocratiques post-apartheid. Par instinct, elle suit les nombreux convois de machettes qui se rendent au Rwanda. Plongée dans l’horreur et l’indicible, pour la première fois de sa vie de reporter de guerre, Sacha va poser son carnet et cesser d’écrire…

Dans ce premier roman bouleversant d’humanité, Yoan Smadja raconte le génocide des Tutsi du Rwanda à travers le regard de deux femmes éblouissantes, Rose et Sacha qui, sans le savoir, et par la seule force de leur plume, vont tisser le plus beau des liens, pour survivre à l’inhumain.


Extraits « Le temps qui passe n’a sur nos vies que peu de prise. Les plus profondes blessures nous sont infligées en un éclair. Celles auxquelles on ne s’attend pas. »
« L’indépendance est une sorte de jouvence, on n’en prend conscience que lorsqu’on la perd.« 

Mon avis : Un grand merci aux éditions Belfond ainsi qu’à Babelio, pour l’envoi de ce livre lors d’une Masse critique spéciale. Sans eux, je pense que je n’aurais jamais osé acheter un livre tel que celui-ci, tant le sujet est atypique comparé à mes lectures habituelles.

J’ai cru qu’ils enlevaient toute trace de toi est un roman historique sur la guerre du Rwanda, qui a débouché au génocide des Tutsis en 1994. Sacha est une jeune journaliste envoyée en Afrique du Sud avec son acolyte photographe, Benjamin. Sur une étrange intuition, la jeune femme décide de quitter l’Afrique du Sud, sans tenir compte des récriminations de son patron, et part au Rwanda. Là-bas, ils rencontreront Daniel, un médecin tutsi marié à Rose, une femme muette, qui écrit quotidiennement des lettres à son mari. L’ambiance est pesante, la guerre finie par éclater, Daniel part à la recherche de sa femme et de son fils, pour les protéger des hutus qui nourrissent une haine aux tutsis. Sacha et Benjamin vont suivre Daniel à travers le Rwanda et ce qu’ils vont y découvrir restera à tout jamais graver dans leur mémoire.

Dans mon passé de lectrice, j’avais déjà eu l’opportunité de lire Un dimanche à la piscine de Kigali de Gil Courtemanche, qui abordait cette guerre civile entre Tutsis et Hutus, et mettait en lumière les atrocités vécues par le peuple rwandais. Dans J’ai cru qu’ils enlevaient toute trace de toi, l’écriture est plus pudique, plus romancée, moins brutale. C’est un roman historique romancé, qui raconte à la fois le massacre de la guerre civile du Rwanda, mais également une histoire familiale bouleversante, celle de Daniel et de sa famille, victimes de cette guerre meurtrière.

On ressent avec intensité les émotions de chacun des personnages, en particulier la force de l’amour de Daniel pour sa famille, qui est prêt à tout, jusqu’à risquer sa vie, pour sauver celles des siens. Daniel, Sacha et Benjamin se lancent dans une course folle à travers le Rwanda, qui pour retrouver les siens, qui pour honorer son métier. Malgré les risques encourus, ils ne lâchent pas de vue leurs objectifs respectifs, et traversent, avec difficulté, les barrages érigés par les militaires hutus. La tension est à son maximum, le danger est partout, les horreurs se multiplient sur leur chemin : le Rwanda vit son plus terrible événement historique. Certaines scènes du livres sont brutes, sans fioritures, et montrent avec réalisme les horreurs provoqués par cette guerre civile. Le massacre des Tutsis, qui a duré près de 3 mois, a causé, selon l’ONU, la mort de près de 800 000 Rwandais, essentiellement des Tutsis. De ce fait, certaines scènes, écrites avec des mots bien pensés pour ajouter le plus de réalisme possible au récit, peuvent choquer certains lecteurs non avertis.


Un livre bouleversant, où la tragédie de l’Histoire côtoie la beauté romanesque. Un récit puissant, qui ne laissera personne indifférent.

Ma note : 8/10

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Reviens quand tu veux


Reviens quand tu veux de Mélanie Taquet

297 pages, éditions Eyrolles, à 16€


Résumé : C’est avec appréhension que Nina retourne en Italie à l’occasion du mariage de son meilleur ami Marco. Trois ans plus tôt, une fuite éperdue l’avait conduite à Florence où elle s’était oubliée pour mieux se retrouver. Ce séjour cathartique avait réconcilié Nina avec son rôle de mère, au prix de ruptures qui lui avaient laissé un goût amer. En revenant sur ses pas, Nina espère obtenir le pardon des êtres qu’elle a blessés et poursuivre sa quête identitaire. Au contact de la jeune femme, les souvenirs se ravivent, les anciennes passions se réveillent, les non-dits se révèlent. Alors que les certitudes des uns et des autres chancellent, les chemins qu’on pensait tout tracés prennent un cours imprévu.


Extraits « Ce qui compte ce n’est pas de rêver sa vie, c’est d’apprendre à aimer celle qu’on a. »
« Être parent, c’est avancer à tâtons en tenant un cap incertain ; c’est abandonner l’idée de perfection et apprendre à accepter qu’on fait de notre mieux.« 

Mon avis : L’histoire aurait pu être belle et joyeuse, comme le prédit la couverture, avec ces deux jeunes femmes souriantes et pleine de vie. Je ne dis pas qu’elle ne l’est pas, mais la vie est parfois semée d’embûches, et rares sont les personnes qui la traversent sans encombres.

Après sa fuite de Florence trois ans plus tôt, Nina retourne en Italie pour célébrer le mariage de son vieil ami Marco. Celui-ci se marie avec Gisella, une de ses amies d’enfance. Mais Nina va très vite s’apercevoir que les histoires du passé ne sont peut-être pas toutes terminées. Alors qu’elle cherche à se racheter auprès de Hannah, une amie qu’elle a blessé dans le passé, les non-dits, les passions refoulées et les amours déchus se révèlent au grand jour. La vie n’est pas un long fleuve tranquille, et nos protagonistes vont en faire les frais.

Reviens quand tu veux est empli d’amour, passionnel, fusionnel, amical, déchu, contraint… Mélanie Taquet nous narre des instants de vie, plus ou moins douloureux, des questionnements et doutes plus ou moins compliqués à résoudre. Marco va se marier avec Gisella, mais il semble n’avoir d’yeux que pour Hannah, son amour déchu. Va-t-il suivre son instinct ou sa raison ? Nina cherche à vivre pleinement sa vie. Alors qu’elle convie sa nouvelle compagne à la cérémonie de mariage de Marco, elle retrouve Simone, son ancien amant, et tous ses doutes volent en éclats. Comme on le dit si bien : les sentiments ne se contrôlent pas, pas plus qu’ils ne s’expliquent.

Le rythme du récit est effréné, les révélations se succèdent, il n’y a eu aucun temps mort, pour mon plus grand plaisir. Malgré le sérieux du récit, les questions et doutes existentiels que soulèvent les personnages, j’ai dévoré avec avidité cette lecture, que j’aie trouvé pleine de légèreté, idéale pour cette saison printanière.

Nous suivons plusieurs histoires en une, puisque chacun des personnages a sa propre histoire à raconter. Tous sont différents, mais s’accordent à merveille : ils forment un groupe hétéroclite mais soudé, et dégagent un je-ne-sais-quoi qui m’a fait me sentir comme un membre à part entière de leur bande d’amis.

Apparemment, Reviens quand tu veux est la suite de Reste aussi longtemps que tu voudras (que je n’ai absolument pas lu). Ces deux romans peuvent donc se lire séparément, mais si je l’avais su plus tôt, j’aurais sans doute commencer par lire le premier. En sachant que deux tomes sont déjà parus, pourquoi pas espérer une suite à ces formidables aventures italiennes ?


Une balade italienne joyeuse et mouvementée, aux côtés d’une bande d’amis et d’amoureux qui n’ont pas fini de vous en faire voir de toutes les couleurs.  Agréable et moderne : je recommande !

Ma note : 7,5/10

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Un métro pour Samarra


Un métro pour Samarra de Isabelle de Lassence

333 pages, éditions Marabout, à 19,90€


Résumé : Swann Delva étudie la philosophie à la Sorbonne. Le jeune homme, qui s’imagine devenir un penseur en vogue, est contraint de travailler à la RATP pour financer ses études. Tandis qu’il fait ses premiers pas au guichet, il découvre la vie souterraine et consigne ses pensées dans un petit carnet. Son chef, pour l’impressionner, lui fait visiter les stations fantômes du réseau parisien et Swann se prend de passion pour ces lieux désaffectés et plus particulièrement pour la station Haxo, dans le 19e. Alors qu’il s’installe dans une rame abandonnée de cette station, le voici transporté à Samarra, ville d’iIrak au Moyen Age, où un calife des Mille et Une Nuits lui pose la plus grande question de l’humanité : peut-on espérer une vie après la mort ? Pas évident, quand un alchimiste peu scrupuleux lui fait concurrence et que le sommeil le ramène à Paris où la vie continue… Pour conserver ses privilèges au palais et les faveurs d’une belle astrologue, le jeune homme cherche la réponse aux angoisses du souverain, qu’il ne trouvera pas dans les livres… Ce sont 33 jours qui vont bousculer le quotidien de Swann et le conduiront à être plus présent à la vie.


Extraits « Il avait toujours considéré l’amour comme une compensation pour les faibles, ceux qui ne parvenaient pas à mener leur existence seuls, ceux qui avaient ce besoin impérieux d’être accompagnés sur le chemin. Pire, de s’épanouir grâce à un faire-valoir. »
« Pourtant, son père l’avait prévenu : « Tu seras malheureux, les jaloux sont des malheureux. » C’était vrai. La jalousie est une obsession qui consume celui qui la ressent.« 

Mon avis : Swann Delva est un étudiant en philosophie à la Sorbonne, à Paris. Jeune homme introverti et solitaire, il décide de se trouver un petit job d’étudiant pour pouvoir financer ses études. C’est à la RATP, dans le métro parisien, derrière un guichet, qu’il va passer la majeure partie de ses semaines. Un petit boulot comme un autre, qui ne l’enchantait guère. Jusqu’au jour où Philippe, son manager, lui fait visiter une station de métro abandonnée et fermée au public. Cet univers mystérieux attire irrémédiablement Swann, qui décide de mener des enquêtes sur ces stations fantômes, afin d’impression son meilleur ami, en l’y amenant. C’est comme ça que Swann va découvrir Haxo, une station de métro désaffectée, qui a la capacité de transporter le jeune homme dans un univers parallèle et onirique : Samarra, en Irak. Là-bas, Swann ne sera plus la personne qu’il est à Paris, mais sera le Messager Boussouf, conseiller spécifique du grand Calife, celui qui sera à même de répondre à la question de ce dernier : peut-on espérer une vie après la mort ?

Isabelle de Lassence nous embarque dans un monde onirique, qui contraste grandement avec la grisaille parisienne. C’est un véritable voyage initiatique dans le temps que nous faisons aux côtés de notre protagoniste. Comme par magie, on atterrit dans un monde parallèle, à un siècle lointain, où les us et coutumes sont totalement différentes de tout ce que nous connaissons.  Déroutant de prime abord, je me suis laissé porté par ce  voyage féerique, qui a finit par m’enchanter.

Loin d’être inquiété, Swann se sent au contraire très à l’aise dans ce nouvel univers, doté d’une nouvelle identité, qui lui apporte luxe et gloire à outrance. Le contraste entre son moi Parisien et son moi à Samarra est d’ailleurs sans appel : introvertie, timide et solitaire à Paris, il est exubérant, sûr de lui et provocateur à Samarra. Pareil dans le domaine amoureux : alors que sa mère peine à lui trouver une compagne à Paris, il s’éprend d’une jolie jeune femme nommée Inès à Samarra. Plus qu’un voyage dans le temps et bien plus qu’un rêve, c’est une quête identitaire que va mener notre héros. Grâce à ces pérégrinations, il va s’apprivoiser et apprendre à se connaître vraiment.

Son esprit spirituel et philosophique va également être mis à rudes épreuves, puisque le Calife de Samarra souhaite qu’il réponde à sa question de la vie après la mort. Une interrogation philosophique difficile à argumenter, qui va faire travailler les méninges de notre apprenti philosophie, et surtout lui apprendre à penser et réfléchir par lui-même. Swann se transforme et change… après tout, n’est-ce pas cela que l’on appelle grandir ?


L’auteure nous propose un roman poétique et féerique, qui dépayse et étonne. Ajouté à cela une dose de pensée philosophique et de rationalisme, et vous aurez le cocktail parfait pour passer un excellent moment !

Ma note : 8/10

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Madame Pylinska et le secret de Chopin


Madame Pylinska et le secret de Chopin
de Éric-Emmanuel Schmitt

118 pages, éditions Albin Michel, à 13,50€


Résumé : En suivant les cours de la tyrannique Madame Pylinska, le jeune Eric Emmanuel cherche à comprendre le mystère de la musique de Chopin. La Polonaise a de surprenantes façons d’expliquer le génie du musicien et la leçon de piano devient peu à peu apprentissage de la vie et de l’amour. Dans le cadre de « Le cycle de l’invisible », un conte initiatique plein d’émotion, d’intelligence et d’humour.


Extraits « Un génie, c’est quelqu’un qui saisit vite ce qu’il doit accomplir sur terre. »
« Chopin écrit sur le silence : sa musique en sort et y retourne ; elle en est même cousue. Si vous ne savez pas savourer le silence, vous n’apprécierez pas sa musique.« 

Mon avis : Je ne le répéterais jamais assez, mais Eric-Emmanuel Schmitt est un auteur incroyable, qui arrive à dépeindre des univers différents dans chacun de ses écrits. Pas une seule de ses oeuvres ne se ressemblent, toutes sont uniques et brillantes à la fois.

Dans Madame Pylinska et le secret de Chopin, c’est un bout de son histoire musicale qu’il nous livre. Très jeune, Eric-Emmanuel était attiré par l’univers du célébrissime Chopin, un musicien hors normes, entouré de mystères. Hélas, n’arrivant pas à s’imprégner pleinement de son aura pour pouvoir reproduire sa musique à la perfection, il fait le choix de prendre des cours de piano avec Madame Pylinska, une professeure polonaise, qui aura d’étonnantes façons d’apprendre le piano à son élève. Avec elle, il ne faut pas seulement jouer des notes, il faut ressentir, toucher, s’imprégner de l’univers du musicien, pour enfin pouvoir pleinement être capable de reproduire les notes du génie Chopin.

Ayant déjà lu plusieurs oeuvres de cet auteur, son style décalé, presque excentrique ne me surprend guère. Entre fiction et réalité, la frontière est très mince : Eric-Emmanuel Schmitt se met en scène directement dans l’histoire, on comprend donc très vite que ce récit ne provient pas uniquement de son imaginaire, mais d’une partie de ses expériences réelles.

Malgré le peu de pages que contient ce livre, la poétique du récit est arrivée à m’agripper et à me toucher. J’ai été émue de ce duo atypique – un jeune garçon désireux d’apprendre et une femme âgée, légèrement excentrique, mais pleine de sagesse -, tous deux passionnés par la musique et le génie de Chopin. Comme quoi, la musique rapproche. Même si les méthodes d’enseignement de cette Madame Pylinska s’avèrent peu crédibles, je me suis prise à y croire, de la même façon qu’Eric-Emmanuel, qui a expérimenté ces cours de piano par des leçons de vie.  Un beau moment de partage et de tendresse que nous livrent ces deux protagonistes.


Un conte poétique et musical, court à lire et intimiste. Un roman autobiographique touchant, écrit avec tendresse et passion.

Ma note : 7/10

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Agence 42


Agence 42, tome 1 : Terrans de François Rochet

358 pages, éditions Hachette romans, à 15,90€


Résumé : Décembre 2020. Nouvel attentat aux États-Unis. Le gouvernement est décimé et le pays privé des leaders de ses grandes entreprises high-tech.
Six mois plus tard, Franck Goodo est chargé de reprendre l’enquête. Julia Telco, à la tête de l’Agence 42, a des doutes sur l’identité des responsables de l’attaque.
En parallèle, le véritable auteur de l’attentat est à l’affût. Il lui reste encore un coup à jouer sur l’échiquier de son vaste plan. Les premiers indices d’un complot bien plus alarmant, qui dépasse la logique, font rapidement surface.
Franck Goodo tentera de percer le mystère, quitte à mettre son existence en danger…


Extrait « La plupart des gens ont peur de ce qu’ils ne connaissent pas. C’est d’ailleurs ce qui explique souvent les comportements racistes ou homophobes, l’intolérance, les guerres. C’est un comportement des plus classiques chez l’humain, contre lequel il est souvent difficile de lutter. »

Mon avis : Années 2020. L’Agence 42 est une agence top secrète, qui abrite en son sein des agents spécialisés dans le combat, l’informatique ou la médecine. La planète entière est sous le choc après un attentat terroriste contre la Maison-Blanche, qui a tué les plus grandes puissances des États-Unis : Donald Trump et Marc Zuckenberg, par exemple. L’Agence 42 est mandatée pour rechercher l’auteur de ce crime. Mais ce que l’agent Franck Goodo va trouver ira au-delà du réel. Des nombres, inscrits directement dans le cerveau des terroristes. Qu’est-ce que cela signifie ? Comment est-ce possible ? Là est tout le problème.

Agence 42 est une saga, qui commence avec ce premier tome, dans les années 2020. C’est donc une sorte de dystopie, dans un monde futuriste, où les humains ont développés des technologies de pointes qui n’existent pas encore dans notre monde actuel. Les pires catastrophes arrivent sur Terre, des choses qui vont bien au-delà de notre imaginaire.

J’ai beaucoup aimé la modernité de ce récit et aussi sa complexité. J’ai peur de trop vous en dire, je ne voudrais pas gâcher votre surprise en lisant ce livre, mais sachez que cette saga est beaucoup plus complexe et alambiquée que ce qu’il n’y paraît. Il faut s’accrocher pour suivre l’histoire et il faut bien discerner les personnages et leurs implications dans les différentes actions menées, car tout est une question de perception.

Ce livre vous retournera un minimum le cerveau. Et les informations délivrées font vraiment très peur. En tout cas, j’ai eu le très mauvais réflexe de projeter cette histoire dans la vie réelle, et de me questionner sur la possible adaptation de ce récit à notre monde : et si l’histoire contée était en fait la réalité ? Et pour tout vous avouer : ça fait froid dans le dos !

C’est un premier tome étonnant que nous livre François Rochet. L’histoire est originale, puisque je n’avais encore jamais eu l’occasion de pouvoir découvrir un récit comme celui dont il nous conte l’histoire. C’est avec beaucoup d’impatience et de curiosité que j’attends la sortie du second tome, prévue dans les mois à venir.


Un premier tome complexe mais glaçant, qui va faire bouillonner votre cerveau. Une dystopie originale, au concept moderne et novateur ! J’ai hâte de lire la suite. 

Ma note : 7/10

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