Dans la tête d’une garce


Dans la tête d’une garce de Laurène Reussard

630 pages, éditions Le Livre de Poche jeunesse, à 8,90€


Résumé : Mia est une garce, et elle le sait ! Elle est aussi froide et dominatrice qu’elle est belle et populaire, et enchaîne les conquêtes sans laisser la moindre place aux sentiments. C’est simple, aucun garçon ne lui résiste. Enfin aucun… jusqu’à l’arrivée d’Evan, le très beau « nouveau » du lycée. Heureusement, Mia adore les défis et décide de séduire Evan, coûte que coûte ! Elle se le promet, elle viendra à bout des défenses de ce garçon, quitte à mettre à mal la réputation qu’elle a mis si longtemps à se construire…


Extraits : « Parfois, quand on a mal, on oublie que les autres peuvent avoir des problèmes, eux aussi. »

« – Mon coeur bat trop fort. Je crois qu’il va s’échapper de ma poitrine.
Evan sourit, faisant glisser mon pouce le long de sa douce lèvre.
– Ce serait regrettable. Mais dis-moi beauté, je croyais que tu n’avais plus de coeur ?
– Moi aussi, je le croyais.
Je prends une profonde inspiration. Je n’ai pas la moindre idée de ce que je raconte. J’ai juste besoin de tout laisser sortir.
– Et c’est quand la douleur du vide que tu as laissé dans mon coeur se fait ressentir que je me rappelle en avoir un. »


Mon avis : C’est avec une pointe de tristesse et beaucoup de déception que je vais tenter de rédiger cette chronique. Car oui, je n’ai pas aimé ce livre, et j’ai lutté tant bien que mal pour en venir à bout néanmoins.

Mia est une jeune adolescente qui se comporte au quotidien comme une vraie garce. Elle n’hésite pas à rabaisser ses camarades, en se moquant à longueur de journées de leurs défauts, ou en les humiliant publiquement sans raison. Quand un jour, un beau garçon nommé Evan fait son apparition à l’école, Mia le prend en grippe. Mais il s’avère que le jeune homme ne semble pas intéressé par la séductrice. Mia, désabusée, elle qui n’a pas l’habitude du rejet et de l’ignorance, va tout faire pour séduire Evan…

De prime abord, ce roman aurait pu me plaire, puisqu’il semblait correspondre à l’un des genres littéraires que j’affectionne : de la romance jeunesse, qui permet la détente et l’évasion. Malheureusement, ses 630 pages ont vite tournées au fiasco total et à la torture. Car oui, Dans la tête d’une garce raconte uniquement les mésaventures de Mia, tentant vainement de séduire Evan… durant 630 pages ! Autant vous dire que je me suis lassé très rapidement de l’histoire, d’autant plus que l’action est presque inexistante.

J’ai eu l’impression que l’histoire n’évoluait pas, que les personnages restaient inchangés tout au long du récit, avec les mêmes réactions, les mêmes comportements, les mêmes paroles parfois. J’avais même la nette impression que certaines scènes du livre se répétaient, tant elles semblaient similaires !

L’histoire était donc peu attractive, mais en plus, les personnages n’étaient pas attachants. Mia et Evan sont les stéréotypes parfaits des deux adolescents beaux gosses lambdas que chaque romanciers utilisent dans ses écrits. Ils n’avaient aucune particularité qui leur était propre pour se différencier de la masse des protagonistes des histoires jeunesse à l’eau de rose. Et malheureusement, ce ne sont pas que les personnages qui étaient constitués de clichés, mais l’ensemble du livre : la garce au physique de rêve qui veut séduire le beau goss ténébreux, l’amour tourmenté des deux jeunes gens, qui ne cessent de se mettre ensemble, puis de se séparer… tout n’est que clichés, tout n’est que banalités et histoires déjà vues.


Un roman jeunesse ennuyant et pas assez travaillé. Souvent la quantité ne signifie pas la qualité, ce livre le prouve une nouvelle fois. Je vous conseille de passer votre chemin avec cette lecture.

Ma note : 2,5/10

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20, Allée de la Danse : La révérence


20, Allée de la Danse : La révérence de Elizabeth Barféty

155 pages, éditions Nathan, à 10,95€


Résumé : Sofia est désespérée : ses parents vont divorcer et elle se sent responsable. Son père et sa mère étaient en désaccord permanent sur le fait qu’elle étudie loin d’eux, à l’École de Danse de l’Opéra de Paris. Peut-être que tout s’arrangerait si elle rentrait en Italie ? Après tout, là-bas aussi, elle pourrait danser. Mais sans sa bande de copains, ça n’aurait jamais la même saveur et, surtout, serait-elle vraiment prête à renoncer à l’enseignement de la prestigieuse école française ?


Extraits « Heureusement pour Sofia, la vie des élèves de l’École de Danse est très chargée. Ce qui est pratique, quand on n’a pas envie de penser. »
« Tu sais, dit-elle, parfois, on a l’impression que le monde s’écroule toujours autour de nous… Quand les choses changent, ça fait peur. Surtout si on ne l’a pas choisi. »

Mon avis : Je continue ma découverte de la saga 20, Allée de la Danse d’Elizabeth Barféty avec La révérence, qui met sur le devant de la scène la jeune italienne Sofia. Cette saga jeunesse, pour celles et ceux qui ne la connaissent pas, met sur le devant de la scène une bande de copains, élèves à l’école de Danse de l’Opéra de Paris. Chaque tome est consacré à un élève différent.

Dans celui-ci, nous retrouvons donc l’italienne Sofia, dont les parents demeurent à Turin. Sofia est donc interne à l’École, et rentre le week-end dans sa famille d’adoption parisienne, qui s’occupent d’elle le samedi et dimanche. La demoiselle ne rentre chez elle, en Italie, seulement pour les grands événements et pour les vacances scolaires. Elle revient notamment de plusieurs semaines passées avec ses parents à l’occasion des fêtes de fin d’année. Et ce moment, qui aurait dû être joyeux et féerique a tourné à la catastrophe : ses parents lui ont annoncé leur divorce. De retour à l’école, la jeune fille est éffrondrée et à du mal à cacher sa peine. Fort heureusement, elle peut compter sur le soutien indéfectible de l’ensemble de ses camardes, qui vont tout faire pour lui redonner le sourire.

Encore une fois, Elizabeth Barféty nous emmène dans les coulisses de l’École de Danse de l’Opéra de Paris, où l’ambiance est studieuse et les élèves solidaires entre eux. Encore une fois, la joyeuse bande d’élèves va montrer qu’une école de danse, ce n’est pas que de la compétition à longueur de journée, mais c’est surtout des rencontres formidables, des amitiés fortes et du soutien pour les personnes qui en ont besoin.

Dans ce tome-ci, elle traite d’une thématique forte, qui devrait parler à bon nombre de jeunes enfants et adolescents : le divorce de ses parents. C’est un moment très dur à vivre, les changements vont être nombreux, on remet en cause l’ensemble de son quotidien et tout ce que l’on connaissait jusqu’à maintenant. Sofia n’échappe pas à la règle : elle a peur que rien ne soit plus comme avant, elle a peur d’être l’objet du divorce, et surtout, elle a peur de la conséquence que ce divorce pourrait avoir sur sa carrière d’élève au sein de l’école. Car son père, depuis toujours défavorable à son entrée à l’école, souhaite que Sofia se rapproche plus de lui, et revienne vivre en Italie… au grand dam de la jeune fille.


Divorce, peurs, amitié, solidarité… Un tome agréable à lire, qui devrait parler aux jeunes enfants et adolescents.  

Ma note : 6,5/10

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Femme sur écoute


Femme sur écoute de Hervé Jourdain

571 pages, éditions Pocket


Résumé : Manon est strip-teaseuse et escort girl dans le quartier du Triangle d’or à Paris. Elle vit avec sa soeur, étudiante en philo, et le bébé qu’elle a eu avec Bison, incarcéré en préventive pour un braquage raté. Manon ne mène qu’une bataille, celle de son avenir. Le plan : racheter une boutique sur les Champs-Élysées et par la même occasion, sa respectabilité. Mais ça, c’était avant qu’on pirate sa vie.

Pôle judiciaire des Batignolles. Les enquêteurs de la brigade criminelle, tout juste délogés du légendaire 36 quai des Orfèvres pour un nouveau cadre aseptisé, s’escriment à comprendre pourquoi chacune des enquêtes en cours fuite dans la presse. Compostel et Kaminski sont à la tête d’une jeune garde, qu’a récemment rejointe Lola Rivière. Absences répétées, justifications aux motifs évasifs… La réputation de l’experte en cybercriminalité n’est pas brillante. Compostel a malgré tout décidé de lui accorder sa confiance en lui remettant pour dissection l’ordinateur de son fils, suicidé trois ans plus tôt.


Extraits « Un disque dur était plus qu’une boîte de souvenirs. C’était le reflet des pensées de son utilisateur qui faisait de l’investigateur le meilleur des psychothérapeutes. »
« La violence était masculine, et la souffrance féminine. »

Mon avis : Ce polar est en lice pour le prix Polar, qui sera décerné par les éditions Pocket fin août, début septembre 2019.

Manon travaille dans un club à Paris. Elle est strip-steaseuse, mais cache la vérité à sa soeur. La jeune femme, récemment devenue maman d’un petit garçon, souhaite changer de vie et se ranger, en rachetant une boutique sur les Champs-Élysées. Mais c’était sans compter sur les magouilles de son compagnon et futur mari, actuellement emprisonné pour une affaire de braquage. Depuis sa cellule, il continue ses trafics, et c’est Manon qu’il utilise comme pivot dans ses sales affaires. La jeune femme se retrouve donc mêlée malgré elle à plusieurs affaires très louches, qui vont empoisonner son existence, ainsi que celles de sa famille entière.

C’est un bon polar, en tout cas il se laisse lire facilement, et le rythme est entraînant. Les actions s’enchaînent les unes après les autres, de façon à ce que le lecteur ne s’ennuie pas et ne souhaite pas lâcher sa lecture avant le dénouement final.

Après, de là à dire que l’histoire est originale et irremplaçable… non. C’est un roman policier comme il en existe des milliers d’autres, qui permet de passer un bon moment de lecture, de ressentir de l’adrénaline, des frissons quelquefois, une tension constante et grandissante au fil des pages.

J’ai trouvé que l’histoire était quand même un petit peu complexe. Plusieurs enquêtes se mêlent et s’entremêlent, s’imbriquant parfois entre elles, ou étant totalement dissociées. Une affaire politique liée à la prochaine élection présidentielle, une affaire d’argent, une rançon, des meurtres suspects, des disparitions, du chantage…

Il faut s’accrocher et bien suivre le fil d’Ariane, pour ne pas se perdre dans l’imbroglio des affaires en cours. Je pense que l’auteur aurait dû se centrer uniquement sur une enquête principale, et ne pas dévoiler les enquêtes secondaires. Cela aurait sans doute donner plus de poids à son histoire, puisque le lecteur aurait été plus impliqué dans l’enquête, alors qu’ici, l’histoire partant un peu dans tous les sens, elle s’évapore très rapidement de notre mémoire.


Un polar intéressant mais pas exceptionnel, qui vous fera passer un bon moment de lecture, sans toutefois être impérissable.

Ma note : 6/10

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La théorie de l’iceberg


La théorie de l’iceberg de Christopher Bouix

217 pages, éditions Gallimard jeunesse


Résumé : Noé, 15 ans, vit sur la côte atlantique. Suite à un accident de surf, il est atteint de phobie et de bégaiement. L’organisation d’un concours de nouvelles change le cours de son existence.


Extraits « Du moment que je pouvais passer une heure en tête à tête avec l’océan chaque matin avant les cours et chaque soir avant de rentrer à la maison, je me moquais du reste. Pas besoin d’amis. Pas besoin d’être brillant en classe. Pas besoin d’être populaire. »
« Pour lui, le surf n’était pas juste un sport. C’était le moyen qu’il avait trouvé pour exprimer au mieux sa présence au monde. Il était là, plein, entier, parfaitement concentré sur les quelques centimètres carrés de polyester qui le séparait de l’eau. »

Mon avis : Suite à un accident de surf dont il échappe par miracle avec seulement quelques contusions et côtes cassées, Noé, 15 ans, se retrouve à bégayer. Un bégaiement qui l’isole et lui enlève toute confiance en lui. Il se réfugie alors dans l’écriture, son exutoire et décide de participer à un concours de nouvelles, poussé par son professeur de français. Cet été-là signera un nouveau départ dans la vie de Noé, qui fera la rencontre de personnes extraordinaires, qui changeront le cours de sa vie et sa vision de la vie. Lorraine notamment, une jeune fille en vacances avec son père au bord de la mer, redonnera gaieté et confiance en lui au jeune homme. Monsieur Hereira aussi, un vieil homme retranché dans sa maison, apportera conseils avisés et soutien dans à Noé dans son projet d’écriture.

La théorie de l’icerbeg, c’est d’abord un roman de rencontres. Des rencontres inattendues, qui parfois peuvent véritablement changer le cours d’une existence. C’est la chance qu’a eu Noé, en rencontrant Lorraine et Monsieur Hereira, qui deviendront tous les deux bien plus que de simples rencontres fortuites. À leur manière, ils vont apporter du renouveau dans la vie de Noé, l’aider à aller de l’avant et à surmonter ses démons.

Malgré le fait que j’ai apprécié découvrir cette histoire, je l’ai trouvée, en somme, assez creuse. Le tout manque de relief et de profondeur, le récit reste assez plat, sans grande surprise ni originalité apparente. Pour tout vous dire, seulement trois jours après avoir refermé le livre, je m’aperçois déjà qu’une bonne partie de l’histoire s’efface de ma mémoire, ce qui est fâcheux, notamment au moment d’écrire une chronique.


Une histoire simple, lumineuse et feel good pour passer un bon moment. à lire idéalement en fin d’été.

Ma note : 7/10

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Julien, le bienfaiteur


Julien, le bienfaiteur de Gilles Gérardin

269 pages, éditions Eyrolles, à 16€


Résumé : Julien, la quarantaine, marié, père de famille, est au chômage depuis plus d’un an. Au fil des jours, l’espoir de retrouver un emploi s’amenuise et le trou de ses dettes se creuse. Prenant conscience de l’inutilité de son existence, il décide d’y mettre fin. Mais au moment de passer à l’acte, il découvre que les assurances indemnisent beaucoup mieux le décès accidentel qu’un banal suicide. Julien entreprend donc d’organiser sa mort « accidentelle ».
Ne reste plus qu’à régler quelques petits détails, le choix du cimetière et celui du moyen le plus efficace de passer de vie à trépas. Plus les préparatifs avancent, plus l’échéance fatale se rapproche, plus Julien hésite. Il n’est pas si facile de se résoudre à sa propre mort.
La nouvelle de son généreux sacrifice s’ébruite. L’entourage se ligue alors pour l’aider à accomplir le destin exemplaire qu’il s’est choisi : devenir « le Bienfaiteur », ce héros des temps modernes prêt à offrir sa vie pour sauver sa famille.


Extraits « Les garçons sympathiques font de bons amis, mais en tant qu’amants on est en droit de rêver mieux. »

 

« Certaines personnes se souviennent très longtemps, parfois leur vie durant, de la date à laquelle elles ont arrêté de fumer. Moi, celle que je n’oublierai jamais, c’est le jour où j’ai décidé de me donner la mort. »

Mon avis : Pour un premier roman, Gilles Gérardin a frappé fort, avec une histoire originale, qui détonne dans l’univers littéraire habituel.

Julien est au chômage. Du haut de ses quarante ans, et malgré son expérience professionnelle, il n’arrive pas à retrouver un emploi. Ayant été à son compte durant les dernières années, il n’a même pas le droit à l’allocation chômage. Il se retrouve, avec sa femme et ses deux filles, sans aucune ressource financière. Les factures à payer s’amoncellent et aucune rentrée d’argent n’arrive. Désespéré, Julien pense à se suicider, avant de se rendre compte que s’il arrivait à mourir accidentellement, il rendrait service à sa famille, qui toucherait l’argent des assurances suite à son décès. D’abord convaincu par son choix, il s’en ouvre à sa famille, qui se voit déjà couverte d’argent. Mais plus l’échéance approche et plus Julien hésite : la vie est quand même belle, ne vaudrait-elle pas le coût d’être vécue plus longtemps encore ? Mais son entourage va se liguer contre lui, pour lui faire prendre conscience de son geste salvateur et nécessaire.

Il n’y a pas à dire, des romans comme celui-ci, on n’en croise pas tous les jours ! Dans la même veine de roman à l’humour noir et macabre, j’ai le vague souvenir du roman de Jean Teulé, Le magasin des suicides, que j’avais lu il y a quelques années déjà, et que j’avais beaucoup aimé. Gilles Gérardin, tout comme Jean Teulé, désacralise la mort en la tournant en dérision.

Ne vous laissez pas avoir par votre premier impression et foncez découvrir cette histoire, qui ne vous laissera certainement pas indifférent. Malgré la thématique assez sombre, bonne humeur et fous rires sont au rendez-vous ! Le sujet est cocasse et les situations loufoques se succèdent : Julien qui choisit son cercueil, sa femme et ses filles qui le poussent à mourir, Guillaume Paulin, cet adolescent orphelin qui veut se faire adopter par la famille… tout est tiré par les cheveux, mais comme on dit : plus c’est gros et mieux ça passe !

Je me suis régalé de ces scènes si particulières et de ces personnages si différents de ceux que je croise d’habitude dans mes lectures. J’ai été agacé par certains d’entre eux – la femme de Julien,  m’a tout particulièrement irritée, avec son manque d’empathie et son égoïsme exubérant. Julien m’a lui-même énervé, par sa naïveté et sa trop grande soumission. Mais c’est, je pense, l’effet que recherchais l’auteur : se détourner des codes traditionnels des romans, casser les stéréotypes et les idées préconçues, emmener le lecteur dans ses retranchements, dans des chemins qu’il n’a encore jamais parcouru. Et avec moi, ça a fonctionné !

 


Un premier roman réussi, où l’humour noir et le cynisme offriront des francs éclats de rire aux lecteurs. Personne ne peut sortir indifférent de cette histoire !

Ma note : 8/10

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Agence 42, tome 2 : Predict


Agence 42, tome 2 : Predict de François Rochet

276 pages, éditions Hachette romans, à 15,90€


Résumé : Paris, Décembre 2028.
L’attaque d’un fourgon blindé ébranle une Europe désormais non-violente, qui ne sait plus gérer ce genre de situation.
Quelques heures plus tard, Julia et Noah sont confrontés à la mort subite d’un de leurs anciens collègues.
Un lien existe-il entre les deux événements ?
Et que cache Netnovae, cette mystérieuse société qui s’est hissée en quelques années parmi les entreprises les plus riches de la planète ?
Embarqués malgré eux dans cette affaire obscure, Julia et Noah devront une fois de plus faire appel à de vieilles connaissances pour s’en sortir.


Extrait « Elle frissonna et but une gorgée de thé pour se réchauffer. Comment imaginer que tout ce qu’elle ressentait, vivait, touchait n’était qu’un programme informatique et n’avait aucune réalité physique ? Même ce liquide chaud qu’elle avalait n’existait pas. »

Mon avis : Il y a quelques mois déjà, je découvrais la saga Agence 42 de François Rochet à travers le premier tome,  Terrans. Ce dernier m’avait particulièrement intrigué, notamment grâce à l’histoire originale dépeinte et à l’expérience de lecture novatrice offerte par l’auteur. C’est donc tout naturellement que je me suis dirigée vers le second tome, Predict.

Dans celui-ci, nous retrouvons l’ensemble des personnages présents dans le premier volume. Julia, à la tête de l’Agence 42 et son compagnon, ainsi que les membres de l’Agence, Franck, Mary et Ben. Julia va mandater ces derniers sur une nouvelle affaire : celle de Netnovae. Une société secrète et mystérieuse, qui a prospéré très rapidement, mais dont les contours ne sont très nets. Un nouveau défi attend les membres de l’Agence 42, la course contre la montre est lancée !

Comme dans le premier tome, nous retrouvons ces deux mondes parallèles : le monde réel de Julia et le monde virtuel des Terrans (autrement dit les membres de l’Agence 42, qui ne sont autre que des personnages de jeux vidéos qui ont pris conscience de leur existence). Et pour compliquer davantage les choses, François Rochet incorpore une nouvelle dimension à l’histoire : un troisième monde dans lequel vont être téléporté les terrans, pour combattre la société Netnovae et arrêter les massacres qu’ils perpétuent dans le monde réel. Car ce troisième monde virtuel est intréséqument relié au monde réel, il se nourrit de toutes les données du monde pour coller au plus près de l’existant. Glaçant.

L’auteur nous a habitué à de l’action dans Terrans, et Predict ne fait pas exception à la règle, puisque les chapitres s’enchaînent avec fluidité et rapidité, tant et si bien que j’ai eu beaucoup de mal à lâcher le cours de ma lecture. Impossible de reposer ce livre, tant j’étais prise dans l’action : je voulais à tout prix connaître la fin du récit !


Un second tome à la hauteur du premier : adrénaline, mystères et actions jalonnent l’ensemble des chapitres. J’en redemande !

Ma note : 7,5/10

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Égarer la tristesse


Égarer la tristesse de Marion McGuinness

295 pages, éditions Eyrolles, à 16€


Résumé : À 31 ans, Élise vit recluse dans son chagrin. Quelle idée saugrenue a eu son mari de mourir sans prévenir alors qu’elle était enceinte de leur premier enfant ?

Depuis ce jour, son fils est la seule chose qui la tient en vie, ou presque. Dans le quartier parisien où tout lui rappelle la présence de l’homme de sa vie, elle cultive sa solitude au gré de routines farouchement entretenues : les visites au cimetière le mardi, les promenades au square avec son petit garçon, les siestes partagées l’après-midi…

Pourtant, quand sa vieille voisine Manou lui tend les clés de sa maison sur la côte atlantique, Élise consent à y délocaliser sa tristesse. À Pornic, son appétit de solitude va vite se trouver contrarié : un colocataire inattendu s’invite à la villa, avec lequel la jeune femme est contrainte de cohabiter.


Extraits « Ça ne rend pas aveugle l’amour, ça rend idiot. »
« À quoi bon se laver si personne ne vous voit, à quoi bon manger si on a juste la force nécessaire, à quoi bon sortir quand on n’a envie de parler à personne ? Éliser s’était mise en veille – vivre lui coûtait trop cher et elle sentait bien qu’elle n’en avait pas les moyens. »

Mon avisÉgarer la tristesse, c’est l’histoire d’une mort aussi tragique que brutale. Celle d’un époux, d’un mari aimant, qui attendait de devenir papa. Depuis un an, Élise se morfond sur son sort et sur la perte de son époux. Sa seule consolation : la naissance de son fils, pour qui elle continue de vivre et de se lever chaque matin. Dans sa tristesse, Élise a rencontré Manou, sa vieille voisine du dessus à qui elle tient souvent compagnie. Mais ce qu’elle ne savait pas, c’est que Manou, tel un ange gardien, va sauver Élise en la ramenant à la vie.

Certains aspects de cette histoire m’ont fait penser à un roman que j’ai lu en début d’année, qui s’intitule S’inventer une île, écrit par Alain Gillot. Dans ce dernier, c’est face à la mort brutale d’un petit garçon que notre protagoniste va sombrer dans une face de dépression dont il est difficile de se retirer. C’est grâce à une délocalisation de sa tristesse sur une île de Bretagne qu’elle va réussir à remonter la pente. Exactement ce que fait notre protagoniste Élise, qui va aller séjourner dans la maison familiale de Manou, à Pornic. Là-bas, accompagnée de son fils, elle va peu à peu réapprendre à profiter de la vie. C’était sans compter sur l’aide d’un charmant jeune homme, petit-fils de Manou, qui va l’aider à s’extraire de ses pensées noires.

J’ai beaucoup aimé le style d’écriture de l’auteure, franc, délicat, poétique, rempli d’émotions. Les tournures de phrases qu’elle utilise ne peut pas laisser les lecteurs indifférents.

La protagoniste, Élise, est également émouvante dans tout ce qu’elle recèle de fragilité. Attristée par la mort de son mari, elle reste forte et courageuse pour son fils, à qui elle dédie entièrement chaque seconde de sa vie, s’oubliant complètement. Elle a vécu des épreuves très compliquées, que je ne souhaite à personne de devoir vivre, et elle semble les avoir traversées seules. Très peu entourée, seulement d’une mère qu’elle exècre, cela prouve une nouvelle fois la vaillance de la jeune femme.

Par contre, j’ai beaucoup moins accroché au personnage de Clément, le petit-fils de Manou, et en particulier à sa manière empressée d’aborder Élise. Déjà, lorsqu’il rejoint la jeune femme dans la maison familiale, je doute qu’une personne censée accepte aimablement de séjourner avec un parfait inconnu. Les deux jeunes gens ont, semble-t-il, trouvé ça normal. Ensuite, l’histoire qui naîtra entre ces deux-là est un peu précipitée à mon goût, et trop peu vraisemblable. En tout cas, ce sont les sentiments de Clément à l’égard d’Élise que j’ai eu du mal à trouver réaliste, tant ceux-ci paraissent instantanément et irrémédiable… chose qui n’est que très peu courant dans la vraie vie, uniquement entraperçue dans de jolies romances.


Un roman poignant, qui parle du deuil et du chemin qui mène vers la reconstruction de soi.

Ma note : 7/10

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