Littérature française·Saga familiale

Danser, encore


Danser, encore de Julie de Lestrange

268 pages, éditions Mazarine


Résumé : Alexandre, Marco et Sophie connaissent une amitié de trente ans et autant d’amour, de blessures, de déceptions et de joies. Désormais adultes, confrontés au poids du quotidien et des responsabilités, à l’existence et ses tourments, sonne l’heure de faire des choix.
Mais qu’advient-il dès lors qu’il n’y a plus de guide ? Que reste-t-il des certitudes lorsque le sort frappe au hasard ? Juste un vertige, profond et déroutant, des liens indéfectibles, et parfois comme la nécessité de respirer, le besoin de danser et celui de s’aimer.
Découvrez la bande de copains drôles et attachants qui a fait le succès de Hier encore, c’était l’été, et plongez dans une magnifique histoire d’amour, un hymne à l’entraide, qui fait la part belle à la vie et à notre humanité.


Extraits :  « Au moins la maladie de son fils lui avait-elle appris l’immédiateté de la vie, son caractère insaisissable, le fait que chaque seconde s’échappait dans le temps, et que rien, finalement, n’était plus concret que le présent. Jamais il ne revivrait cette minute-là, entouré des gens qu’il aimait profondément, qui composaient son bonheur, sa raison d’être et ses tourments. Ce moment était unique et, mentalement, il s’ingéniait à le photographier. »

« A quelques mètres, une vieille dame déverse le contenu d’un arrosoir sur une plate-bande de chrysanthèmes. Une à une, elle ramasse les feuilles mortes venues s’accumuler sur la tombe. Lorsqu’elle a fini, elle caresse le marbre d’un air attendri. Il s’agit probablement de son mari. Même défunt, elle continue de s’occuper de lui. »


Mon avisAprès avoir lu (et beaucoup aimé) Hier encore, c’était l’été, j’ai eu la chance de pouvoir découvrir la suite des aventures de Marco, Sophie, Alexandre, et toute leur bande d’amis. Bien que ce livre s’inscrive dans la continuité des aventures de ces héros, rien ne vous empêche de le lire séparément. Vous ressentirez sans doute moins d’attachement pour les personnages, mais l’intensité du récit sera la même.

Danser, encore, c’est une histoire qui permet de redonner espoir. Malgré les drames qui peuvent arriver dans la vie (maladie, décès…), il faut savoir se relever, aller de l’avant et continuer à avancer. Alexandre et Sophie, parents d’un petit Nathan qui souffre d’une maladie respiratoire, en sont le parfait exemple : malgré la gravité de la maladie de leur fils, ils ne se laissent pas abattre et continuent de vivre. Marco a lui aussi dû faire face à l’âpreté de la vie, puisqu’il a perdu son frère, décédé lors d’un accident. Mais la vie continue, et il doit continuer à se battre pour lui.

Le titre du livre est donc parfaitement choisi pour illustrer le message que souhaite délivrer l’auteur : se relever, encore, et continuer à profiter de cette courte vie. Ne pas se laisser dépérir, mais vivre. Comme on le sait tous si bien : derrière chaque orage, vient le beau temps. Un beau message d’espoir, qui m’a particulièrement touché. Pour vous mettre parfaitement dans l’ambiance, je vous conseille de lire les moments les plus intenses du récit avec le titre de Calogero Danser encore, en fond sonore. C’est la chanson qui a inspiré l’auteure pour écrire son livre. Émotions garanties !

Danser encore, c’est aussi des histoires d’amitié, des histoires d’amour, des histoire sur la vie. Joies, bonheur, tristesse, désespoir… A travers l’évolution de ses personnages, Julie de Lestrange nous dépeint un tableau complet de la vie humaine. C’est bien écrit, c’est beau, c’est touchant. J’ai été une fois encore embarqué dans le cercle intime de ces amis, j’ai vécu intensément ce qu’ils ont vécus, j’ai ressenti tout ce qu’ils ont ressentis. Puis l’histoire s’est finie, plutôt brutalement, et j’ai dû laisser une nouvelle fois ces personnages pour retourner à ma petite vie. Fort heureusement, comme à la fin de son premier roman, l’auteure laisse présager une suite au quotidien de ses héros. J’espère que l’attente ne va pas être trop longue, puisque j’ai déjà hâte de les retrouver !


Un roman de vie, rempli d’émotions, qui se lit facilement et rapidement. N’hésitez plus, et entrez dans la danse !

Ma note : 6,5/10

 

Biographie·Littérature française·Témoignage

Belle de nuit


Belle de nuit de Sonia Frisco

351 pages, à 17€


Résumé : Deux Filles Deux Destins. Une Histoire. Il existe des réalités qui dépassent la plus incroyable fiction, des rêves pour lesquels on est prêt à tout donner, des amitiés plus fortes que toutes les adversités. La violence ne sévit pas toujours à visage découvert, bien souvent elle porte des masques, pour cacher sa laideur et sa misère. Dans un monde redoutable qui la veut prisonnière, Mia va lutter de toutes ses forces pour sauver son histoire personnelle et trouver l’amour, la liberté et la vie… avec, pour seuls alliés, un espoir, un rêve et une amie. On dit de la liberté qu’elle n’a pas de prix. C’est parce que sa valeur est inestimable…

Mais la liberté a toujours un prix.
Et quand on le connaît, on le paye.

Il doit certainement y avoir en nous le souvenir d’un monde ou d’un lieu où l’on a été heureux.

Qu’est-ce que la Vie ? Qu’est-ce que le Temps ? Qu’est-ce que l’amour, l’amitié et l’infini ?


Extraits :  « La plus cruelle prison de l’homme est souvent l’homme lui-même.« 

« Cela s’appelle le quotidien. Pour beaucoup, c’est la sécurité. Même laide, même meurtrissante, même traumatisante, terrifiante ou injuste, c’est la sécurité. »


Mon avis : Un grand merci à Babelio, ainsi qu’à Amazon Publising grâce à qui j’ai pu recevoir et lire ce livre signé Sonia Frisco.

Je parle bien de livre et non de roman, puisque même si une infime partie des lignes écrites sont fictives, la majeure partie de l’histoire est réelle. Les personnages sont de vraies personnes (seule leur véritable identité est tue) et les événements qui s’y déroulent se sont véritablement passés. Une fois qu’on sait ça, quand on commence à découvrir le récit, on ne peut qu’être touché, ému et attristé par la tragique histoire de Mia.

Mia, c’est une femme mariée à un homme qu’elle n’aime plus, mais qu’elle ne peut pas quitter, à cause de son manque d’argent et des critiques de sa famille. Mia, c’est une femme encastrée dans un quotidien morose et banal, qui ne lui apporte que tristesse et désespoir. Un beau jour, elle décide de mettre fin à cette vie là et de commencer véritablement à vivre pour elle. Mais les chemins vers la liberté sont difficiles à atteindre…

Belle de nuit, c’est le combat d’une femme, qui se bat pour sa liberté. Elle se bat pour connaître la vraie vie, et sortir du quotidien qu’on lui a imposé. Elle veut aussi découvrir l’amour, le véritable amour, l’amour passionnel, dont elle a tant entendue parler, mais qu’elle n’a jamais abordé.

Cette histoire, c’est aussi la mise en avant de la condition de la femme dans tout ce qu’elle a de plus restrictif. Une femme, corps sensuel qui se laisse manipuler et traiter comme un objet. Une femme, dépendante et soumise à une domination masculine. Une femme, encastrée dans des coutumes familiales avilissantes.

On réfléchit également beaucoup à la prostitution et aux conditions des femmes qui exercent cette activité. Prostituée libres ou exploitées ? Choix de vie ou contraint ? La prostitution est un vaste débat, qui encore aujourd’hui fait couler beaucoup d’encre. A chacun de s’en faire sa propre idée.

A travers cette tragique histoire, c’est surtout un message d’espoir que l’auteure souhaite faire passer. Elle invite également à la tolérance, au partage et à l’amour. Son message est admirablement mis en scène, puisqu’elle nous confie l’histoire intime de sa tendre amie, Mia. Un bel hommage, puissant, tragique, respectueux, mais surtout rempli d’amour.


Un récit dense, qui raconte avec justesse la quête d’une existence et des valeurs qui la composent. J’ai été touché par ce bel hommage. 

Ma note : 7,5/10
Littérature française·Seconde guerre mondiale

Le confident


Le confident de Hélène Grémillon

315 pages, éditions Folio


Résumé : Camille vient de perdre sa mère. Parmi les lettres de condoléances, elle découvre un étrange courrier, non signé. Elle croit d’abord à une erreur mais les lettres continuent d’arriver, tissant le roman de deux amours impossibles, de quatre destins brisés. Peu à peu, Camille comprend qu’elle n’est pas étrangère au terrible secret que cette correspondance renferme.

Dans ce premier roman sur fond de Seconde Guerre mondiale, Hélène Grémillon mêle de main de maître récit historique et suspense psychologique.

« Le confident » a obtenu cinq prix littéraires et été traduit en vingt-sept langues.


Extraits :  « Ce ne sont pas les autres qui nous infligent les pires déceptions, mais le choc entre la réalité et les emballements de notre imagination.« 

« Il faut toujours se souvenir de ce qu’on dit et à qui, sinon ça risque un jour de se retourner contre vous… »


Mon avisLe confident, c’est un livre plébiscité par de nombreux lecteurs amateurs et critiques professionnels. C’est le premier roman écrit par Hélène Grémillon, qui est entré sur la scène littéraire par un coup de maître : en remportant pas moins de 5 prix littéraires en un laps de temps réduit. Un palmarès impressionnant, qui laissait présager une histoire grandiose. C’est donc avec curiosité et excitation que j’ai ouvert la première page de ce récit.

Camille, éditrice, vient de perdre sa mère. Parmi les lettres de condoléances, elle découvre un mystérieux courrier provenant d’un auteur anonyme, qui lui raconte une étrange histoire. Pensant d’abord à une erreur de destinataire, puis à un auteur qui souhaite faire lire ses écrits à une éditrice reconnue, Camille s’étonne de recevoir chaque semaine une nouvelle lettre, avec la suite de l’histoire narrée. Plus les semaines passent et plus l’histoire lui apparaît comme familière. Elle comprend rapidement que l’histoire racontée est en fait un bout de son histoire ; ou plutôt, l’histoire de sa véritable origine.

A travers une alternance de points de vue, on comprend que deux femmes se disputent la maternité d’une certaine Louise. L’une est sa mère biologique, l’autre sa mère adoptive. Il n’y a pas une méchante et une gentille mère, mais bien deux êtres humains, qui pensent différemment et ressentent des émotions contradictoires. Malgré leurs divergentes pensées, elles se confondent sur un point : le puissant amour qu’elles déversent à Louise.

En somme, Le confident, c’est surtout une histoire d’amours. Amour tendre d’une fille pour sa mère. Amour fou d’un homme pour une femme. Amour dévastateur d’une mère pour sa fille. Des émotions puissantes et poignantes, qui ne peuvent qu’émouvoir le lecteur. On se sent compatissant envers tous ces personnages ; on ne peut s’empêcher de se mettre à leur place et d’essayer de voir ce que l’on aurait fait, nous, si nous étions dans leur situation. Mais les sentiments échappent à la raison et ne se contrôlent pas, ils ne peuvent être dictés qu’avec le coeur. Pascal le disait si bien : « le coeur a ses raisons que la raison ignore« .

Toute l’histoire prend appui sur un arrière-fond historique : Paris est envahie par les soldats Allemands. Les populations fuient, les hommes français sont partis à la guerre, l’ennemi est à chaque coin de rue, tout le monde est aux aguets. Insérer un fond historique peut être intéressant, mais dans le cadre de cet histoire, je ne l’ai pas trouvé très pertinent. En effet, de mon point de vue, il n’a pas était assez exploité et n’a rien apporté de plus au récit initial : il n’est resté qu’une toile de fond vide, rendue accessoire par la puissance de l’intrigue.

Une intrigue qui se finit en queue de poisson : la fin m’a laissé songeuse. Je n’ai pas vraiment compris où voulait en venir l’auteure dans son dénouement. C’est une fin ouverte, énigmatique, qui donne l’impression d’une histoire inachevée… ou trop tôt terminée. Ce final restera un grand mystère…

 


Le confident, c’est l’histoire secrète de deux femmes, qui vouent un amour inconditionnel à la même petite fille. Un récit poignant, qui nous fait ressentir plus que jamais ce que signifie « l’amour maternel ». 

Ma note : 6,5/10

 

Littérature française·Roman

L’aube sera grandiose


L’aube sera grandiose de Anne-Laure Bondoux

295 pages, éditions Gallimard jeunesse


Résumé : Titiana emmène sa fille Nine, 16 ans, dans une mystérieuse cabane au bord d’un lac afin de lui révéler des secrets sur sa vie. Durant toute la nuit, cette dernière écoute, suspendue à ses lèvres, l’histoire de sa famille, ses aventures et ses péripéties parfois drôles et parfois tragiques.


Extraits :  « Toutes les mères de l’univers ont sans doute une vie secrète, des activités à elles, des amis ou des collègues dont elles ne parlent jamais, des rêves enfouis, des soucis qu’elles dissimulent. Des amants, parfois.« 

« Est-ce qu’on peut à la fois porter plainte et se laisser consoler par la même personne ? »


Mon avisIl y a quelques années déjà, Anne-Laure Bondoux m’avait subjugué avec son roman Tant que nous sommes vivants. Grâce à ce livre, qui avait été un coup de coeur, je gardais de cette auteure une image très positive. Du coup, lorsque j’ai appris qu’elle allait faire paraître un nouveau récit, j’étais à la fois excitée de le découvrir, mais aussi freinée, par peur d’être déçue que le contenu ne soit pas à la hauteur de son précédent ouvrage.

Autant vous le dire tout de suite : L’aube sera grandiose n’a rien à voir avec Tant que nous sommes vivants. L’histoire se scinde en deux temporalités distinctes : passé et présent. Dans le présent, Titiana emmène sa fille de 16 ans dans une mystérieuse cabane reculée au bord d’un lac, et se met à lui raconter toute son histoire. Une histoire de famille secrète, qu’elle lui a cachée depuis bien longtemps. C’est là que le lecteur est transporté dans le passé, le passé de Titiana, qu’elle tente d’expliquer à sa fille. Sa fille Nine va ainsi découvrir que sa mère lui a caché l’intégralité de son histoire : Nine a une grand-mère ainsi que deux oncles, qu’elle va bientôt découvrir.

Le lecteur s’immisce directement au coeur de cette famille et de ses secrets les plus intimes. Le lieu que choisit Titiana pour raconter son histoire à  sa fille (une petite cabane isolée au bord d’un lac un soir d’hiver) donne une atmosphère cosy au récit : du coup, on se sent instantanément bien aux côtés de ces deux femmes.

J’ai trouvé cette histoire familiale touchante. L’amour qui se dégage des différents membres de la famille m’a émue. L’amour de Titiana envers ses frères ; pour sa mère ; pour sa fille, aussi. Les liens qui les unissent sont très forts, et cela se fait ressentir.

Mon seul regret va au fait que le récit est bien trop court. Une fois que le cadre est posé, que tous les personnages sont connus, et qu’on sait qu’ils vont tous se réunir pour se retrouver à la fin du récit, on a envie de continuer à les suivre. Hélas, l’histoire se termine trop tôt. Point de retrouvailles, point de rencontre directe entre tous les membres de cette famille. D’où une certaine frustration, lorsque l’histoire se coupe brutalement…


L’aube sera grandiose est un magnifique voyage à travers le temps et les secrets familiaux. C’est un récit poétique et émouvant, que j’ai prit beaucoup de plaisir à découvrir. 

Ma note : 7,5/10

 

Littérature française·Première guerre mondiale·Roman historique

Au revoir là-haut


Au revoir là-haut de Pierre Lemaitre

619 pages, éditions Le Livre de Poche, à 8,60€


Résumé : « Pour le commerce, la guerre présente beaucoup d’avantages, même après. »
Sur les ruines du plus grand carnage du XX° siècle, deux rescapés des tranchées, passablement abîmés, prennent leur revanche en réalisant une escroquerie aussi spectaculaire qu’amorale. Des sentiers de la gloire à la subversion de la patrie victorieuse, ils vont découvrir que la France ne plaisante pas avec Ses morts…
Fresque d’une rare cruauté, remarquable par son architecture et sa puissance d’évocation, Au revoir là-haut est le grand roman de l’après-guerre de 14, de l’illusion de l’armistice, de l’État qui glorifie ses disparus et se débarrasse de vivants trop encombrants, de l’abomination érigée en vertu.
Dans l’atmosphère crépusculaire des lendemains qui déchantent, peuplée de misérables pantins et de lâches reçus en héros, Pierre Lemaitre compose la grande tragédie de cette génération perdue avec un talent et une maîtrise impressionnants.


Extraits :  « Ce qui l’avait transpercé, c’était l’âge des morts. Les catastrophes tuent tout le monde, les épidémies déciment les enfants et les vieillards, il n’y a que les guerres pour massacrer les jeunes gens en si grand nombre.« 

« Même les grandes joies vous laissent un peu de regret, il y a un fond de manque dans tout ce qu’on vit. »


Mon avisC’est avec excitation que j’ai débuté ma lecture d’Au revoir là-haut. Depuis qu’il a été primé par le Goncourt en 2013, je n’avais de cesse d’entendre des louanges sur cette histoire. J’étais d’autant plus impatience de redécouvrir la si jolie écriture de Pierre Lemaitre, si changeante mais si belle, que j’avais pu admirer il y a peu dans son thriller Robe de marié. Dans Au revoir là-haut, l’auteur nous délivre une nouvelle forme que peut revêtir sa plume, à mille lieux de ses précédents ouvrages, mais toujours aussi bien écrit, aussi prenant et captivant.

Albert et Edouard ne se connaissaient pas avant d’être rassemblé pour faire la guerre. Une guerre désastreuse, où la mort ne signifie plus rien, tant elle est devenue monnaie courante. Mais en cette année 1918, les soldats entraperçoivent la finalité de cette bataille qui a duré plus de 4 années. Albert et Edouard, qui ont survécus durant tout ce temps, vont mener leur dernière offensive, en combattant les soldats sur la côte 113. Mais ils n’en ressortiront pas indemne. Albert frôle la mort de justesse, tandis qu’Edouard devient un blessé de guerre, totalement défiguré par un obus. La vie continue néanmoins, les deux hommes essaient de se reconstruire et d’oublier les horreurs qu’ils ont connus. Mais cela n’est pas évident, notamment pour Edouard, dont la figure, si différente qu’auparavant, lui rappelle sans cesse ce qu’il a vécu sur le champ de bataille. Pour se venger de cette guerre et des hauts placés qui ont ruinés leurs vies, les deux comparses vont imaginer une arnaque de niveau nationale. A l’heure où les communes s’empressent d’enterrer et de célébrer leurs morts, ils vont tenter de revendre des faux monuments aux morts à la France entière. De quoi leur rapporter un sacré pactole…

L’histoire est tellement bien écrite que les 600 pages du livre défilent à une vitesse folle. Pour tout vous dire, à chaque fin de chapitre, j’avais l’irrésistible envie de débuter un nouveau chapitre. Comme je cède souvent à la tentation, sachez que les chapitres s’enchaînaient les uns après les autres, sans temps mort.

Pierre Lemaitre retrace avec brio une période assez noire de l’histoire française. La première guerre mondiale et les conséquences qui ont suivies cette guerre (morts, blessés, traumatismes psychologiques, deuil, tristesse…). Autant d’émotions que les lecteurs ressentiront intensément. Il pointe particulièrement du doigt les injustices de ce conflit, la couardise des hauts gradés, le manque de reconnaissance après-guerre.

En attendant l’adaptation cinématographique de ce roman, prévu en octobre prochain, je vous laisse découvrir la bande-annonce ci-dessous. J’ai vraiment hâte de découvrir la façon dont les scénaristes se sont appropriés le récit. Car 600 pages d’écriture à raccourcir dans 1h30 de film sans dénaturer l’histoire, ça demande du temps et beaucoup de talent.


Au revoir là-haut est un magnifique roman historique, qui retrace une période après-guerre très noire. Avec humour, cynisme, volupté et poésie, Pierre Lemaitre réalise un coup de maître, en créant une ambiance réaliste, bourrée d’intenses émotions, dans une histoire totalement fictive. J’ai beaucoup apprécié le récit et les personnages et attend avec impatience de découvrir l’adaptation cinématographique réalisée par Albert Dupontel

Ma note : 8/10

 

Littérature française·Romance

L’amour à pleines dents !


L’amour à pleines dents ! de Cali Keys

315 pages, éditions Diva romance, à 14,90€


Résumé : À vingt-quatre ans, Mélissa Müller, compositrice-interprète, quitte la Suisse (et donc la fondue au fromage et le chocolat), direction le Québec (et donc la poutine et le smoked-meat) ! Mais ce qu’elle n’avait pas prévu (mais pas du tout du tout), c’était que son chéri la plaquerait en pleine balade romantique sur le Mont-Royal. Seulement Mélissa ne peut pas retourner en Suisse. Pas tout de suite, du moins. Car ce qu’elle n’a dit à personne, c’est qu’elle s’est inscrite au concours Best Singer, et qu’elle compte bien le gagner. Diane a perdu Charles, son mari, il y a quelques années. Pour ne pas sombrer dans la dépression, elle s’investit dans son magasin de cupcakes, Sweet Cuppins, et engage Mélissa sur-le-champ. Ensemble, elles vont apprendre à reprendre goût à la vie, à aller au bout de leurs aspirations. Et qui sait, peut-être vont-elles aussi retrouver l’amour ?


Extraits :  « Si Steve avait écouté une seule de mes chansons, il aurait compris que j’ai du talent et que je suis prête à travailler comme une forcenée pour réaliser mon rêve. Mais il préfère me regarder comme si j’étais un Teletubbie choupinet tout juste bon à émettre des sons monosyllabiques.« 

« Comment fait-il pour ne pas balancer son ordinateur et ses patrons par la fenêtre ? Moi, je péterais les plombs à rester assise douze heures par jour en costard et cravate si serrée qu’elle m’empêche de déglutir ! Je finirai par taper une crise, traiter mes collègues de tous les noms et les poursuivre dans les couloirs de l’entreprise en les menaçant avec une lampe de bureau !« 


Mon avisLa couverture donne le ton du récit. Il y aura de l’amour, de l’amour et encore de l’amour. Avec un peu d’humour aussi, des voyages et pleins de gourmandises. Les meilleurs ingrédients sont réunis pour passer un bon moment de lecture et de détente.

Mélissa, compositrice-interprète et vendeuse dans une boulangerie suisse, décide de tout plaquer pour suivre son compagnon Steve, muté au Québec. Une nouvelle vie s’offre à elle, avec une toute nouvelle chance de pouvoir s’épanouir dans le domaine qui lui plaît le plus : la musique. Sélectionnée pour participer au concours de chant Best Singer, Mélissa vit un rêve éveillé. Jusqu’au jour où Steve la quitte brutalement, protestant de leur non compatibilité commune. En parallèle, nous suivons Diane, une femme mûre, qui a perdu son mari Charles, avec qui elle était mariée depuis de nombreuses années. Elle n’arrive pas à se remettre de sa disparition, et travaille d’arrache pied dans sa boutique de cupcakes pour passer le temps. C’est d’ailleurs dans sa boutique qu’elle va faire la rencontre de Mélissa, venue lui déposer un CV puis recrutée dans la foulée. Les deux femmes vont devenir très vite complices, et vont s’aider mutuellement à reprendre goût à la vie.

Les deux protagonistes sont terriblement attachantes. La bonne humeur constante de Mélissa, sa détermination à arriver à ses fins, sa sympathie avec autrui, font d’elle un personnage au mental d’acier et à la jovialité qui n’est plus à prouver. Quant à Diane, bien que plus effacée que Mélissa, elle reste quand même un personnage fort, sorte de pilier qui soutient implicitement le récit. C’est une femme au grand coeur, qui fait passer les intérêts des autres avant les siens, douce et attentionnée, elle donne une très bonne image des valeurs québécoises.

Il n’y a pas à dire, L’amour à pleines dents ! est une lecture estivale. C’est le genre de lecture fraîche et légère, qui ne te prend pas la tête et te fait passer un agréable moment. J’ai adoré l’humour de l’auteure. Un humour un peu décalé, que certain(e)s peuvent ne pas apprécié, mais que j’ai trouvé, moi, totalement désopilant. Il y avait également beaucoup d’amour dans ce récit. Mélissa va s’enticher de Matthew, qui n’est autre qu’un membre du jury du concours Best Singer, auquel elle participe. Pas facile donc de mélanger travail et plaisir. Quant à Diane, elle va être poussée par Mélissa à retrouver un autre homme que son défunt Charles. Pour se faire, Mélissa va encore sa comparse sur un site de rencontres pour seniors. Un bon moyen de rencontrer des hommes tout en faisant une activité conjointe… mais difficile d’oublier l’amour de sa vie, l’homme que l’on considérait comme l’homme parfait. Vous l’aurez compris, l’amour est au rendez-vous, mais n’est pas facile d’accès. Mais ne dit-on pas que les plus belles histoires d’amour sont celles qui sont le plus difficiles à atteindre ? Patience et rigueur sont donc de mise pour Diane et Mélissa, déterminées à faire entrer de nouveau un homme dans leurs vies.

Un grand bravo à Cali Keys pour son prix de la meilleure romance 2017 : un prix bien mérité, qui récompense des histoires d’amour bien ficelées et attendrissantes, ainsi qu’une écriture plaisante et rafraîchissante. Un combo gagnant, qui a parfaitement fonctionné avec moi.


L’amour à pleines dents ! est une romance qui met du baume au coeur. Vous y retrouverez une formidable histoire d’amitié entre deux femmes brisées par la vie ; des histoires d’amour un tantinet compliquées mais attendrissantes ; des cupcackes bien sucrés pour les plus gourmands, ainsi qu’un soupçon d’humour pour alléger le tout. N’attendez pas que l’été se termine pour déguster ce met d’excellence.

 

Ma note : 8,5/10

 

Littérature française·Roman policier et polar

Les morsures de l’ombre


Les morsures de l’ombre de Karine Giebel

299 pages, éditions Pocket


Résumé : Une femme. Rousse, plutôt charmante. Oui, il se souvient. Un peu… Il l’a suivie chez elle… Ils ont partagé un verre, il l’a prise dans ses bras… Ensuite, c’est le trou noir. Quand il se réveille dans cette cave, derrière ces barreaux, il comprend que sa vie vient de basculer dans l’horreur. Une femme le retient prisonnier. L’observe, le provoque, lui fait mal. Rituel barbare, vengeance, dessein meurtrier, pure folie ? Une seule certitude : un compte à rebours terrifiant s’est déclenché. Combien de temps résistera-t-il aux morsures de l’ombre ?


Extraits :  « On agit mieux lorsque l’on comprend. On lutte plus facilement contre un adversaire dont on cerne la psychologie.« 

« Et ensuite… Où vont tous ces souvenirs ? Ils s’évaporent dans le néant, disparaissent en fumée, se décomposent à l’intérieur du cadavre pourrissant qui les avait minutieusement engrangés. Pour rien.« 


Mon avis : Pour commencer ma découverte de cette auteure française de romans policiers, j’ai ciblé une valeur sûre : Les morsures de l’ombre, prix SNCF du Polar 2009 et roman plébiscité par bon nombre de critiques français.

Je me suis donc jeté à corps perdu dans ce roman, comme ce pauvre Benoît, commissaire de police, s’est jeté tête la première dans la gueule du loup. Il se réveille enfermé dans une cave sombre, sans aucun souvenir des événements de la veille, avec pour seule compagnie : une jeune femme en talons hauts et au discours délirant. Elle va le torturer durant de longs jours et de longues nuits, en tentant de lui faire avouer un crime, qu’il jure ne pas avoir commis.

Que de mystères durant tout le récit. Les rouages de notre cerveau fonctionnent à plein régime pour tenter de percer les secrets de l’intrigue. Vous êtes obligés de ressentir une tension ambiante durant tout le roman. Ce genre de tension qui vous laisse hors d’haleine, manquant d’air, comme en apnée, tant la pression de l’intrigue est forte. Car Benoît souffre, chaque jour un peu plus. Assoiffé, affamé, roué de coups, drogué, électrocuté, frigorifié… chaque minute est une victoire sur la mort. On sent la mort arriver, de plus en plus proche, sans jamais savoir ce que le lendemain lui réserve. Car la mystérieuse Lydia veut le voir souffrir longuement et lentement, le tuant à petit feu. Ce qui ajoute à la tension déjà grande, c’est l’enquête de police menée en parallèle. Nous voyons les collègues de Benoît tout mettre en oeuvre pour tenter de le retrouver. Mais l’enquête piétine et part dans tous les sens, si bien que nos espoirs qu’ils retrouvent Benoît à temps, s’amenuisent.

Ce que j’adore faire, dans les romans policiers, c’est tenter de deviner le dénouement final. Je me plais donc à inventer la fin, à deviner le coupable idéal, si improbable soit-il. Mais ce que j’adore encore plus, c’est quand les auteurs arrivent à me berner et à déjouer mon enquête personnelle. Ce fût le cas avec Les morsures de l’ombre. J’ai imaginé presque l’intégralité des personnages comme étant coupables… sans me douter un seul instant du véritable coupable. Je peux donc dire que c’est un roman policier réussi, puisque l’auteure à achever son récit d’un coup de maître, déjouant toutes les insinuations des lecteurs et les surprenant avec une révélation finale totalement ahurissante. Je n’oublierai pas ce récit de si tôt, c’est certain !


Un polar réussi, avec un suspense intense et un dénouement surprenant. Surpassez vos peurs, et plongez tête la première au coeur de ce récit noir. 

Ma note : 8/10