Littérature française·Roman

Le cas zéro


Le cas zéro de Sarah Barukh

534 pages, éditions Albin Michel


Résumé : Tout commence par un cas. Incompréhensible et inquiétant. Une série de symptômes incohérents et d’une gravité extrême. Laurent Valensi, médecin à l’hôpital Saint-Louis, ne sait comment soigner son patient, un certain Ali Benyoussef.
Déchiré entre sa famille qui veut le protéger d’une éventuelle contamination et un chef de service sans scrupule, il se lance dans une course contre la montre. En dépit de ses doutes, et face aux menaces qui pèsent chaque jour un peu plus sur lui, il va se battre pour sauver cet homme et faire éclater la vérité : si ce patient était le cas zéro de la terrible épidémie qui fait rage aux Etats-Unis et que l’on appelle « le cancer homosexuel » ?
Un thriller angoissant où Sarah Barukh, l’auteur de Elle voulait juste marcher tout droit, nous tient en haleine de la première à la dernière page.


Extraits « – Tu es un meilleur médecin que je ne pensais.
– Pourquoi ? s’étonna Laurent.
– Parce que tu soignes enfin avec ta tête, ton coeur et tes tripes. »

« Les cahiers ne parlaient pas, mais ils savaient écouter. »


Mon avisJusqu’à quel point un médecin est-il prêt à aller pour sauver son patient ? Jusqu’à mettre sa propre vie ou celles des êtres qui comptent le plus pour lui en danger ? Jusqu’à sacrifier sa femme et à sa fille au détriment d’un homme mourant qu’il ne connaît pas ?

Laurent Valensi, médecin interne à l’hôpital de Saint-Louis, est confronté à un patient dont les symptômes sont incohérents et inquiétants. Et si ce patient était atteint de l’épidémie nommée « cancer homosexuel » qui se propage aux États-Unis ? Malgré les menaces de ses supérieurs qui pèsent sur lui, Laurent Valensi va tout mettre en oeuvre pour soigner Ali Benyoussef.

Une course contre la montre est lancée pour Laurent Valensi : son patient est dans un état critique, il doit faire au plus vite pour le soulager. Aidé par Camille, sa stagiaire interne, Simone, une vieille infirmière au caractère bien trempé, et David, un ancien médecin Tunisien reconverti en épicier parisien, l’équipe va s’entraider pour sauver la vie du patient. Un récit haletant, prenant et additif, qui ne laisse pas indifférent.

Bien évidemment, pour ajouter du piment au récit, l’auteure a incorporé un soupçon de magouilles et d’escroqueries internes. Le directeur de l’hôpital de Saint-Louis serait accusé d’empêcher la guérison d’Ali Benyoussef et de financer clandestinement la recherche médicale. Les couloirs de l’hôpital ne sont pas aussi blancs et purs que son aspect semble faire penser.

A travers ce récit, Sarah Barukh met en avant le courage des médecins, qui n’hésitent pas à sacrifier leur vie pour sauver celle des autres. Pour écrire ce roman, l’auteure s’est inspirée de faits réels et de récits de médecins, qui lui ont racontés ce qu’ils avaient vécus à l’hôpital. Les plus perspicaces pourront percevoir une ressemblance entre ce cancer homosexuel nommé « LAV » dans le livre, et le SIDA, apparu dans les années 1980. La réalité et la fiction se mélangent pour donner un roman dynamique, haletant et plein d’émotions.


Un très bel hommage à ces hommes, qui se sacrifient tous les jours pour soigner de parfaits inconnus. Un récit dynamique et bien écrit, que j’ai vraiment apprécié découvrir ! 

Ma note : 8,5/10

Littérature française·Roman

Paris est tout petit


Paris est tout petit de Maïté Bernard

370 pages, éditions Syros, à 17,95€


Résumé : L’histoire d’amour que vous n’oublierez jamais, un roman qui répare et un hymne à Paris
Inès a 17 ans et un objectif : être admise à Sciences Po après le bac. Elle vient de trouver un job de femme de ménage chez les Brissac, dans le 7e arrondissement de Paris, mais elle n’avait pas prévu le coup de foudre intense entre elle et Gabin, le fils aîné de ses employeurs.
 » Paris est tout petit pour ceux qui s’aiment, comme nous, d’un aussi grand amour.  »
Cette phrase de Prévert devient leur credo. Inès et Gabin sont ensemble le soir de l’attentat du Bataclan, quand le pire se produit. Dès lors, leur histoire et la ville qui les entoure prennent d’autres couleurs, celles de l’après.


Extraits « Je sais que j’ai été aimé. Même quand ça s’arrête trop tôt, l’amour des parents est une force pour la vie. Et je peux envisager à nouveau que j’en ai une, de vie. »

« Lisez tous les jours un petit peu. C’est-à-dire : pratiquez, pratiquez, pratiquez. Comme un concertiste. Le jour du concert, le morceau est tellement inscrit dans son corps que ses émotions parasites ne peuvent pas l’empêcher de l’exécuter. De cette manière vous rayonnerez malgré vous. »


Mon avis : Un grand merci à l’opération Masse Critique Babelio, ainsi qu’aux éditions Syros, de m’avoir offert l’opportunité de découvrir ce livre. Paris est tout petit, c’est l’histoire d’amour entre Gabin, un jeune garçon aisé, et Inès, une jeune femme ambitieuse mais qui provient d’un milieu moins favorisé. Malgré leurs différences de classe, les deux ados vont se rencontrer et s’aimer…. jusqu’au 13 novembre 2015, où leur vie va basculer !

Le roman avait mal commencé pour moi. Cette relation qui s’est liée trop rapidement entre la jeune femme de ménage et ce fils de riche, c’était trop simple, trop bâclé, trop évident. J’étais déçue de ce début d’histoire, que je pensais voir perdurer tout au lieu du récit. Mais il n’en est rien, puisque Maïté Bernard a réservée de nombreuses surprises à ses lecteurs. Tout bascule, la petite histoire trop prévisible et un peu gnangnan entre Inès et Gabin se transforme en une véritable tragédie des temps modernes. La vie entière des deux adolescents se voit transformée : alors qu’ils étaient insouciants, amoureux et pleins de vie, l’horreur du Bataclan va les transformer.

C’est une histoire tragique et émouvante que nous raconte l’auteure. La façon dont des vies entières peuvent être brisées en un rien de temps. Famille, amis, collègues… quand l’horreur s’abat sur quelqu’un, la tristesse touche tout le monde. Nous nous glissons dans la peau des victimes, et découvrons comment leur vie a changée, seulement quelques mois après le drame du Bataclan.

Malgré l’horreur des événements décrits, l’histoire n’en reste pas moins gaie et lumineuse. L’amour et Paris restent plus forts que tout ce qu’on peut leur faire subir. Jacques Prévert le disait très bien : « Paris est tout petit pour ceux qui s’aiment comme nous d’un si grand amour« .


Un récit plein d’émotions, qui raconte l’histoire d’une famille brisée par les attentats du Bataclan. Leur quotidien se voit transformé à jamais, mais la vie continue, malgré tout. Un roman rempli d’espoir, qui vous fera passer du rire aux larmes !

Ma note : 8/10

Littérature française·Roman

L’amour propre


L’amour propre de Olivier Auroy

263 pages, éditions Intervalles, à 19€


Résumé : Au salon de massage de luxe de M. Victor, rue de Courcelles, entre les mains habiles de Waan, les hommes s’abandonnent. Depuis qu’elle est devenue orpheline, Waan est reconnaissante envers M. Victor, un ancien associé de son père, de lui avoir évité la fin tragique de la plupart des filles de sa condition en Thaïlande. Mais toute protection a un prix, que M. Victor n’oublie pas de réclamer entre deux symphonies.
Et si l’écrin somptueux dans lequel elle pratique aujourd’hui n’a rien à voir avec les arrière-cours miséreuses de Chiang Rai, depuis quelques semaines Waan ressent une inquiétude diffuse. Waan rêve alors de tout changer. Ne plus masser le corps des hommes. Mais a-t-on toujours le choix ? L’Amour propre est un thriller osé, palpitant et implacable dans l’univers clos et énigmatique des salons de massage.
C’est aussi une réflexion sans concession sur le rouage cruel et douloureux que peut constituer le désir des hommes et un plaidoyer radical pour le respect de celui des femmes.


Extraits  « Le destin nous embarque parfois dans des aventures auxquelles nous ne sommes pas préparées. »

« Je voulais être libre, sans attache, sans responsabilité, sans maître. Je me suis fait des illusions. On a toujours un maître, il prend toutes les formes, celle d’un patron, celle d’une famille, celle de l’argent et dans mon cas, celle de l’actualité qui conditionne mon existence. Le secret, c’est d’avoir plusieurs maîtres et de ne jamais laisser l’un d’eux prendre le dessus. »


Mon avis : Wann est orpheline et travaille dans un salon de massage à Paris pour subvenir à ses besoins. Elle est sous les ordres de M. Victor, l’homme qui l’a sortie de Thaïlande en lui promettant une vie meilleure. Elle se sent redevable envers lui et n’hésite pas à assouvir ses désirs, même les plus pervers. Mais cette vie n’est pas celle à laquelle aspire Wann, qui espère de tout coeur pouvoir partir de ce salon, retrouver son fils et mener une vie digne de ce nom. Sa rencontre avec Matthieu semble sonner le glas d’une nouvelle ère.

Olivier Auroy aborde une thématique peu commune et compliquée à traiter : la prostitution. Vous l’aurez compris, dans ce salon de massage, les filles vont souvent plus loin que les simples massages. M. Victor est une sorte de proxénète, qui dirige un réseau de filles « masseuses ».

Certaines personnes peuvent être révoltées de lire un ouvrage tel que celui-ci, dans lequel l’image même de la femme est avilie et salie, réduite à un simple objet sexuel. A mon sens, mettre en lumière une telle chose, avec autant de froideur et de crudité, permet de démontrer la perfidie et la perversité des hommes. On pourrait croire que le portrait que dresse l’auteur de certains des hommes est caricaturé et un peu exagéré, mais pourtant, il ne faut pas aller bien loin pour découvrir le manque de respect que peuvent avoir certains hommes envers les femmes. Forcer le trait, montrer des choses révoltantes, des violences physiques et psychologiques, peut faire prendre conscience, autant aux hommes qu’aux femmes de ce qu’il faut faire (ou ne pas faire) pour aller vers une intégrité et une égalité des sexes.

De plus, une enquête est menée en arrière-fond du récit pour découvrir ce qui a bien pu arriver à notre jeune protagoniste. Après le décès de ses parents, elle s’est retrouvée à la rue, à la merci de tous, obligée d’obéir aux hommes pour pouvoir survivre. Mais à bien y réfléchir, le décès de son père, était-il vraiment un accident comme l’affirme M. Victor ? Cette intrigue nous donne envie d’en apprendre plus et nous force donc à poursuivre avec frénésie notre lecture.

J’ai apprécié le trait stylistique de l’auteur, qui manie avec sensualité et précision les mots. Il a réussi à instaurer une ambiance particulière à son récit, qui perturbe notre esprit, tant l’histoire est peu commune, mais qui, en même temps, attire et intrigue.


L’amour propre est un roman déroutant mais percutant, qui interpelle et aiguise la curiosité. C’est un récit sous fond d’enquête, qui représente un véritable plaidoyer en faveur des femmes. 

Ma note : 7/10

Littérature française·Roman·Roman psychologique

Les blessures du silence

 


Les blessures du silence de Natacha Calestrémé

338 pages, éditions Albin Michel, à 19,90€


Résumé : Amandine Moulin a disparu. Son mari évoque un possible suicide, ses parents affirment qu’elle a été tuée, ses collègues pensent qu’elle s’est enfuie avec un amant, et autant de témoignages contradictoires qui ne collent pas avec la description qui est faite de cette mère de trois petites filles. Et puis il y a sa voix, que le lecteur découvre, en filigrane du roman, qui nous raconte une indicible vérité…

Un roman qui dépeint subtilement les affres du harcèlement conjugal. Par le biais d’une enquête de police entraînante, l’auteur parvient avec brio à nous plonger dans le mécanisme de destruction implacable qui se met en place autour de la victime. Elle dépeint la réalité d’un couple rongé par l’emprise, la manipulation et la perversion.


Extraits  « Les coups, ça se constate et il y a des lois contre ça. Les mots sont beaucoup plus violents. Ils ne marquent pas la peau mais ils laissent des traces monstrueuses dans le coeur, pour l’estime de soi et, malheureusement, ils sont invisibles devant la justice. »

« Un pervers garde le même objectif, quoi qu’il arrive. Il manipule la vie de l’ensemble de son entourage. Il est fier de ce qu’il est et de ce qu’il fait subir aux autres. Il ne ressent pas de culpabilité et quand il prétend s’en vouloir, c’est pour qu’on s’apitoie sur son sort. Tout est calculé. Il maîtrise tout, c’est ça qui compte pour lui. La manipulation de l’autre est jubilatoire pour lui. Il est capable de faire croire tout et son inverse, c’est sa manière de tester son pouvoir sur autrui. Et ça marche si bien que l’autre peut avoir l’impression qu’il est affectueux à son égard. C’est faux. Il en est incapable. »


Mon avis : Amandine Moulin a disparu. Son mari pense qu’elle s’est suicidée, alors que sa famille pense qu’elle a été tuée par son mari. Une enquête est ouverte pour découvrir ce qui lui est arrivé. Les enquêteurs découvrent très vite que Amandine subissait des violences psychologiques de la part de son mari. Mais sans preuve, comment l’affirmer ?

L’histoire s’inspire de faits réels. Amandine, est une jeune femme maltraitée psychologiquement par son mari. Avec deux petites filles à charge et un travail prenant, qui lui permet seulement de survivre financièrement parlant chaque mois, il est impensable pour elle de quitter son mari. Pourtant, elle disparaît un beau jour, laissant ses filles et son mari, seuls.

Le rythme est intense et soutenu. En effet, pour augmenter la tension de son récit, l’auteure alterne des chapitres dans le présent, où l’on voit l’évolution de l’enquête en cours, et des chapitres dans le passé, où l’on voit Amandine dans son quotidien. Le récit se construit donc comme un entonnoir, avec une tension toujours croissante : j’adore ça !

Natacha Calestrémé met en lumière les violences psychologiques que subissent chaque jour de nombreuses femmes, en France et dans le monde. Ces violences se matérialisent sous forme de menaces ou d’insultes, qui visent à rabaisser la femme et à la rendre dépendante, dans le but de la contrôler totalement. Ces violences psychologiques ne sont pas reconnues par le droit français, les bourreaux ne peuvent donc pas être inculpés pour ce qu’ils font subir aux femmes. Une loi insensée et désuète, que dénonce ici l’auteure.

Natacha Calestrémé dédie ce livre aux femmes et aux hommes qui subissent des violences psychologiques au quotidien. Elle le dédie également à ceux qui y sont restés et n’ont pas pu s’en sortir. Un récit émouvant, intense et prenant, qui j’espère, pourra aider certaines personnes à ouvrir les yeux sur leur situation.

Finalement, ce livre est rempli de surprises. Je ne vous révèlerai pas le dénouement final, mais vous risquez d’être surpris !


Natacha Calestrémé prend la parole pour dénoncer les violences psychologiques subies par de trop nombreuses personnes. Un roman policier émouvant et intense, que je recommande !

Ma note : 8/10

Littérature française·Roman policier et polar

Féroce


Féroce de Danielle Thiéry

539 pages, éditions Flamarion, à 20€


Résumé : Une enquête du commissaire Edwige Marion.
Un inconnu suit une petite fille. Il l’observe comme un animal. Il la veut, il l’aura.
Des ossements sans têtes sont découverts au zoo de Vincennes dans l’enclos des lions. Des enfants. Alix de Clavery, la criminologue de l’OCRVP, fait immédiatement le lien avec la jeune Swan, dont la disparition au zoo de Thoiry six ans auparavant continue à l’obséder. S’agit-il du même prédateur ? Alors que les forces de l’Office sont mobilisées pour démanteler une filière pédophile, les voilà atteintes en plein coeur : l’adjoint de la commissaire Marion est retrouvé inconscient, les mains en sang, et une brigadière a disparu. Mais le pire est encore à venir. Une alerte enlèvement est déclenchée : il s’agit d’une petite fille…
De l’homme ou l’animal, on ne sait qui est le plus féroce.


Extraits  « Il en est des instants comme des rencontres : certains doivent se passer de formules de politesse. »

« La colère, professait Sénèque, est un acide qui peut faire plus de mal au récipient que ce sur quoi on le verse. »


Mon avisJ’ai été agréablement surprise et totalement conquise par ce polar français.

Des ossements humains ont été retrouvés enterré sous terre, dans une ancienne zone du zoo de Vincennes. Après analyse, les spécialistes se rendent compte qu’il s’agit d’os d’enfant, enterré dans l’ancien enclos des lion. Ni une ni deux, Alix de Clavery, criminologue, la commissaire et toute sa brigade, se plongent dans l’enquête. Ils font très rapidement le lien entre de mystérieuses disparitions d’enfants survenues plusieurs années auparavant. Mais un événement va chambouler toute leur enquête : une petite fille vient de disparaître. Le compte a rebours est lancé !

Un roman haletant, additif et prenant. Nous faisons face à une véritable course poursuite contre le temps. Les actions s’enchaînent les unes après les autres, sans temps mort, ce qui donne un rythme effréné à toute l’histoire. C’est simple : vous serez littéralement plongé au coeur de l’enquête et  n’arriverez plus à vous en défaire… avant d’avoir découvert le fin mot de l’histoire !

Car ce sont en fait plusieurs enquêtes qui sont menées simultanément. L’enquête centrale sur les ossements découverts au zoo, à laquelle Alix, la psychologue criminologue se dédie entièrement,  mais aussi des enquêtes parallèles, comme le démantèlement d’un réseau pédopornographique qui exhibe des photos suggestives de jeunes filles, ou encore la disparition inquiétante d’un de leur collègue. Autant dire que vous ne vous ennuierez pas une seconde !

A travers cette histoire, Danielle Thiéry compare l’homme et le lion, deux êtres différents, qui comportent pourtant de nombreux points communs, dont l’un – et pas des moindres – est la férocité. Mais dans ce livre, on en vient réellement à se questionner : qui est le plus féroce des deux ? Si l’on se fie aux actes de l’homme présent dans cette histoire, mon choix est vite fait. En effet, si les lions sont dangereux pour l’homme, l’homme est quant à lui dangereux pour l’homme.


Un polar dense et captivant, qui vous fera rugir de plaisir ! 

Ma note : 8,5/10

 

Fantastique·Littérature française·Science-fiction

Demain les chats


Demain les chats de Bernard Werber

307 pages, éditions Albin Michel, à 20,90€


Résumé : Pythagore, chat de laboratoire appareillé pour se connecter avec les ordinateurs enseigne à Bastet, jeune chatte Montmartroise, à communiquer avec les humains pour tenter de leur faire prendre conscience de la violence de leur société.


Extraits  « C’est le drame de toute ma vie. Quand je réussis, personne n’est là pour le voir, quand j’échoue il y a toujours des témoins. »

« Je crois que tous les actes que nous effectuons entraînent forcément la satisfaction des uns et la contrariété des autres. Vivre et agir c’est forcément déranger les ordres établis. »


Mon avisComment résister à cette petite bouille de chat noir qui nous regarde avec ses grands yeux en amande ? Il m’a séduit en un regard, et j’ai été dans l’obligation de lire son histoire.

Les humains traversent une période difficile, ponctuée d’actes terroristes graves. Mais cela n’impacte que partiellement Bastet, une chatte domestique, qui vit à Paris avec sa servante humaine Nathalie. Le rêve de Bastet ? Réussir à communiquer avec les humains. Un beau jour, elle rencontre Pythagore, le chat d’en face, qui détient le savoir. En effet, Pythagore est un chat de laboratoire, qui a été appareillé pour pouvoir se connecter à un ordinateur et acquérir de nombreuses connaissances humaines. Pythagore va tâcher de transmettre son savoir à Bastet, et tous deux vont tenter d’aider les humains à sortir de la période très sombre dans laquelle ils sont plongés.

J’avoue qu’en ouvrant ce livre, je ne m’attendais absolument pas à découvrir l’histoire que j’y ai découverte. En effet, ne vous faites pas avoir comme moi par la petite bouille de Bastet en couverture : ce livre raconte une histoire presque apocalyptique, dans laquelle il est question de terrorisme, de meurtres, de violences. Le contraste entre cette ambiance noire, à la limite glauque  avec la douceur de la chatte Bastet est étonnant. Vous serez sans doute surpris au début, mais au fil de votre lecture, vous vous laisserez entraîner dans cette histoire très surprenants.

Dans l’ensemble, l’histoire m’a plût, mais je n’ai pas été si absorbée que ça par son déroulement. Je pense que l’atmosphère apocalyptique m’a tellement déstabilisé, que je suis resté un peu en dehors de cette ambiance. Course-poursuite, chasse, bagarres des humains et des chats contre des invasions de rats… il s’en passe des choses dans ce livre, mais malheureusement les actions n’étaient pas assez rythmées à mon goût, si bien que je me suis quelque peu lassé de suivre tout ce petit monde dans leur lutte.

Ajoutez à cette ambiance de science-fiction des faits réels et actuels, notamment le terrorisme, qui est le point de départ de toute cette histoire. L’auteur dresse un état du monde actuel, ainsi que les conséquences (très noircies) qui pourraient en découler dans les années à venir, si nous continuons à nous comporter comme nous le faisons actuellement. Autant vous dire que ça fait froid dans le dos !

Autre particularité du livre qui m’a agréablement surprise, c’est le petit historique de l’histoire des chats. En effet, Phytagore, grâce à l’accès privilégié qu’il a à Internet, a pu se documenter sur leur histoire, et il a fait part de ses découvertes à Bastet. Ainsi, nous découvrons, au fil des siècles, l’évolution des chats dans la société. Tantôt vénérés, puis exécrés, les chats ont toujours eu une place importante dans les sociétés. Un voyage initiatique intéressant, qui m’a ravie !

Mettre un chat comme personnage principal d’une histoire, c’est osé et totalement novateur. J’ai apprécié cette prise de risque. En plus, cela permet à des personnes totalement amoureuses des chats comme moi, de croire, pendant quelques heures de lecture, qu’une communication entre chats et humains serait possible. Mais malheureusement, la science à ce jour n’a jamais pu déterminer un quelconque moyen permettant aux deux camps de se comprendre… ce qui n’enlève rien au fait que je vais continuer à parler seule à mon chat, dans l’espoir qu’il puisse comprendre ce que je lui raconte !


Demain les chats est une histoire originale et très surprenante. J’ai été déstabilisé par l’étrangeté de ce récit, qui aborde des thématiques peu communes, les assemble les unes aux autres pour former quelque chose de singulier. J’en ressors mitigée : pas totalement conquise, mais pas déçue non plus. 

Ma note : 6/10

 

Littérature française·Roman policier et polar·Thriller

Dans les brumes du mal


Dans les brumes du mal de René Manzor

443 pages, éditions Pocket


Résumé : La mère de Tom est morte, et Tom a disparu.

Tom, mais aussi John, Michael et Lily. À chaque fois, une mère est assassinée et son enfant enlevé, comme évanoui dans les brumes inquiétantes qui submergent si souvent la Caroline du Sud. Dahlia Rhymes, agent du FBI spécialisée dans les crimes rituels, s’impose dans l’enquête. Tom est son neveu, et même si elle ne l’a jamais vu car elle a rompu toute relation avec sa famille, elle ne peut pas l’abandonner. En retrouvant les marais et les chênes séculaires de son enfance, Dahlia retrouve aussi Nathan Miller, un ancien gamin des rues devenu un des meilleurs flics de Charleston. Ensemble, ils se lancent à la recherche des enfants, sans autre indice que le témoignage d’un voisin, qui prétend avoir vu rôder autour d’une des Maisons une shadduh, une ombre vaudoue.
Et si, pour une fois, le mobile n’était ni l’argent, ni le sexe, ni la vengeance, ni même l’amour ?


Extraits  « Être adulte, c’est ce qui peut nous arriver de pire. »

« La confiance ne se décrète pas. Elle se construit lentement et se détruit très vite. »


Mon avisUn grand merci à Babelio et aux éditions Pocket de m’avoir permis de frissonner avec ce thriller psychologique.

L’histoire se déroule en Caroline du Sud, où Tom, un petit garçon est kidnappé, et sa mère sauvagement assassinée. Un enlèvement et un meurtre qui seront les premiers d’une longue série. Au plus mal suite à cet enlèvement, le papa de Tom fait appel à sa soeur, Dahlia Rhymes, célèbre agent du FBI spécialisée dans les crimes rituels.  Après plusieurs jours de recherches, elle découvre que Tom, ainsi que les autres enfants kidnappés, ont un point commun : ils ont été victimes de maltraitance de la part de leur mère. L’agent du FBI va tout mettre en oeuvre pour retrouver les enfants et découvrir l’identité du mystérieux kidnappeur.

Dans les brumes du mal est un thriller psychologique bien ficelé, rempli de suspens et d’actions diverses. Dahlia court tellement partout que vous ne vous ennuierez pas une seule seconde à ses côtés !

Malheureusement, je me suis perdue dans toutes les références aux rites vaudous qui sont fait sur les scènes de crime. Je me suis passablement ennuyée, puisque je n’ai pas compris où l’auteur voulait en venir en ajoutant ce type de choses dans son histoire. A mon sens, cela n’a pas été exploité suffisamment et n’apportait donc pas grand chose au récit.

En revanche, j’ai apprécié que la thématique de la maltraitance enfantine soit mise en avant. C’est un sujet dont on parle peu dans la société française, mais qui est pourtant toujours présent dans certains foyers. En effet, chaque année en France, près de 600 enfants décèdent suite à de mauvais traitements infligés par des proches. Un chiffre affolant, qui me faire prendre conscience de l’importance de dénoncer ce genre de pratique.

En lisant cette histoire, je me suis beaucoup questionné sur la légitimité de l’assassinat de ces mères indignes : est-ce Mal de tuer ces mères et de kidnapper ces enfants innocents, ou est-ce Bien dans le sens où justice est rendu et où les enfants vont pouvoir vivre plus sereinement, sans recevoir de coups, entouré d’amour ? Chacun a sa propre idée sur la question, mais à mon sens, le meurtre est quand même un acte barbare et primaire, qui n’est en rien légitime. La maltraitance faite aux enfants est condamnable par la loi : lorsqu’on se rend compte qu’un enfant est victime de violence, le signaler auprès d’autorités compétentes lui rendra plus service que de chercher à résoudre le problème seul, en tuant le responsable par exemple. Il est donc vrai que cette manière de procéder m’a parue sadique, barbare et peu réaliste.

Cette histoire nous rappelle de faire attention aux gens que l’on aime, de les couvrir d’amour, avant qu’il ne soit trop tard. Personne ne sait de quoi demain sera fait ! Une belle perception de vie, que j’applique dorénavant au quotidien.

Sans vous révéler le fin mot de l’histoire, je peux vous assurer que l’identité du tueur est facilement repérable (je soupçonnais que ce soit lui avant la moitié du livre), néanmoins aucun indice ne filtre jusqu’aux toutes dernières pages. J’ai oscillé entre deux réflexions contradictoires : me dire que j’avais raison en pensant à lui, ou me dire que j’avais tord : rien n’est jamais venu affirmer ou contester mes doutes, jusqu’aux toutes dernières pages. Chapeau l’article, vous avez réussi à me triturer les méninges dans tous les sens  !


Un thriller psychologique bien mené, qui traite d’une thématique importante : la maltraitance infantile. Malgré quelques points négatifs, j’ai dans l’ensemble apprécié découvrir cette histoire !

Ma note : 6,5/10