Judith et Bizarre


Judith et Bizarre de Benoît Richter

106 pages, éditions Nathan


Résumé : Dans un monde qui exploite les minotaures dès leur naissance, Judith, une petite humaine, en recueille un en cachette et le traite comme un frère…

Judith, 10 ans, vit avec ses parents dans une ferme qui produit des minotaures. Ces créatures, à corps d’homme et tête de veau, sont élevées puis utilisées pour les travaux que les humains ne veulent plus faire. Forts et endurants, mais d’une intelligence très limitée, ils sont exploitables jusqu’à la mort. Un jour, Judith découvre dans la nursery un bébé minotaure inversé : il a la tête d’un humain et le corps d’un veau. Sa naissance a échappé à la vigilance des adultes de la ferme. Judith pressent qu’elle doit s’occuper de lui en secret. Elle a déjà vu des minotaures inversés, mais ils disparaissaient toujours de la ferme très rapidement après leur naissance. Elle va donc le cacher et l’élever à l’insu de tous : lui apprendre à réfléchir et à parler…


Extraits : « Dans la Ferme, le père et la mère de Judith fabriquent des minotaures, c’est un processus extrêmement compliqué. »

« Les parents de Judith pensent que les minotaures sont un don fait par la science à l’humanité, un don qui doit la mener à un monde meilleur, et que jamais on ne devrait les utiliser pour se battre, mais, à partir de ce triste soir, les commandes affluent et l’activité de la Ferme augmente très vite. »


Mon avis : Judith est une petite fille qui vit à La Ferme. La Ferme, c’est l’endroit où ses parents fabriquent et mettent au monde des minotaures. Les minotaures sont des créatures spéciales : à corps d’homme et à tête de veau, elles sont élevées afin de venir en aide aux humains dans les tâches les plus complexes. Mais un peu jour, Judith découvre un minotaure un peu spécial : un bébé au corps de veau et à la tête d’homme. Elle décide de le cacher et de s’occuper de lui.

Judith et Bizarre est un récit sur l’amitié. Judith va se prendre d’affectionner pour cet être, si différent d’elle et de tout ce qu’elle connaît. Elle va s’occuper de Bizarre, lui donner un nom, lui apprendre à parler, à compter, ouvrir son esprit sur le monde. Judith va désobéir à ses parents et prendre des risques au nom de l’amour qu’elle ressent pour cette créature si chétive. Benoît Richter met en avant le dévouement et la solidarité, mais également la compréhension et l’acceptation d’autrui.

Car rien ne les oppose plus que leur physique : Judith est une humaine, Bizarre un minotaure. Mais, malgré leurs différences, ils vont se comprendre et apprendre à s’aimer. C’est une magnifique leçon de vie sur la tolérance. 

En second plan, l’auteur place son récit dans un contexte futuriste, avec la création de minotaures pour venir en aide aux humains dans les tâches les plus viles ou difficiles à faire. Les enfants pourront alors développer leur imagination, et réfléchir à ce sujet, quelque peu complexe : de quoi sera fait demain ? Une courte histoire, mais remplie de sujets intéressants, qui devaient satisfaire autant les enfants que leurs parents.


Judith et Bizarre est une histoire pour enfants qui prône l’amitié et la tolérance. J’ai apprécié la découvrir.

Ma note : 7/10

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Je vais bien, ne t’en fais pas


Je vais bien, ne t’en fais pas de Olivier Adam

155 pages, éditions Pocket


Résumé : Une autre lettre de Loïc. Elles sont rares. Quelques phrases griffonnées sur un papier. Il va bien. Il n’a pas pardonné. Il ne rentrera pas. Il l’aime. Rien d’autre. Rien sur son départ précipité. Deux ans déjà qu’il est parti. Peu après que Claire ait obtenu son bac. De retour de vacances, il n’était plus là. Son frère avait disparu, sans raison. Sans un mot d’explication. Claire croit du bout des lèvres à une dispute entre Loïc et son père. Demain, elle quittera son poste de caissière au supermarché et se rendra à Portbail. C’est de là-bas que la lettre a été postée. Claire dispose d’une semaine de congés pour retrouver Loïc. Lui parler. Comprendre.


Extraits : « Il fallait partie, s’enfuir, quitter la France, qui sentait le renfermé, où on était à l’étroit, ou alors au contraire s’y enfoncer pour de bon, sillonner, aller vers l’océan, trouver des racines là où on déciderait de les planter, s’inventer une vie, aller partout ou aller nulle part, puisque venant d’ici, de la banlieue parisienne, on ne venait de nulle part, on venait d’un no man’s land et que tout restait à bâtir. »

« C’est quand même pas notre faute si les bougnoules en banlieue sont trop cons à faire les marioles pendant les cours. Après ils ont l’air de quoi. Les garçons deviennent dealers, les filles caissières au supermarché et basta, ils ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes. »


Mon avis : Je me faisais une joie de découvrir cette histoire, dont j’entends parler depuis si longtemps. Je vais bien, ne t’en fais pas est un récit souvent plébiscité par la critique, qui a même eu le privilège d’être adapté au cinéma.

On pénètre dans la vie de Claire, une jeune femme, caissière à Paris, dont l’existence a pris un tour morose et triste suite à la disparition brutale de son frère Loïc. Loïc est parti après s’être disputé avec son père, Paul. Personne ne sait où il est allé. Seules quelques cartes postales, envoyées depuis des villages de campagnes, permettent de maintenir l’espoir en Claire : Loïc va bien, il est vivant, peut-être qu’il reviendra un jour.

J’avoue que je n’ai pas compris l’engouement qu’il y a autour de cette histoire. L’écriture est saccadée, c’est une suite de phrases et de chapitres qui ne s’emboîtent pas parfaitement, qui semblent être posées là, les unes à la suite des autres, sans suite logique.

L’histoire dans son ensemble est creuse, vide, froide, les mots défilaient devant mes yeux sans qu’aucun ne vienne me toucher. Je suis restée étrangère à l’histoire, insensible aux personnages et aux drames qui se jouent dans leur vie. Rien n’est détaillé, l’auteur s’en tenant au strict minimum, ce qui nous tient d’autant plus à l’écart du récit. On attend avec fébrilité plus d’explications sur les événements qui se produisent sous nos yeux, sur la mystérieuse absence de ce frère, sur la tournure qu’à pris la vie de Claire… mais rien ne vient. Pas d’éclaircissement, mais toujours plus de flou et de questionnements.  Heureusement que le livre est court et que les chapitres sont brefs : cela m’a évité de trop longueurs heures de lecture vaine et d’ennui.

Apparemment, ce livre d’Olivier Adam n’est pas le meilleur qu’il ait écrit. Je ne me laisse donc pas décourager par cette déception, et je lirai très probablement Peine perdue ou À l’ouest, qui attendent tous les deux sagement dans ma Pile À Lire. De même, après avoir lu quelques avis d’autres blogueurs, certains mentionnent l’adaptation cinématographique, qui est bien plus agréable à découvrir : donc pourquoi pas découvrir le film, pour me réconcilier avec le livre ?


Une histoire creuse, vide de sens, qui ne m’a pas touchée. Ennui et déception sont les deux seuls mots qui me viennent pour décrire ce livre.

Ma note : 2/10

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20, Allée de la Danse : Le rêve américain


20, Allée de la Danse : Le rêve américain
de Elizabeth Barféty

155 pages, éditions Nathan, à 10,95€


Résumé : Les élèves de l’École de Danse sont surexcités : les voici à New York, où ils doivent donner deux représentations exceptionnelles ! Les petits rats en prennent plein les yeux : visites emblématiques, burgers et sodas géants, mais aussi découverte du New York City Ballet?!
Ils y découvrent un style de danse athlétique qui les intrigue ; au point que Maïna hésite à passer les auditions de la School of American Ballet…


Extrait : « Dans la vie, tu dois sans arrêt prendre des décisions, ajoute la danseuse. Renoncer à des possibilités. Sinon, ce seront les autres qui choisiront pour toi. Forcément, tu vas commettre des erreurs. Mais ce n’est pas grave. Parce que c’est aussi comme ça que tu sauras ce qui te plaît et ce qui tu ne veux pas revivre. Alors lance-toi ! »

« Dans Le Lac des cygnes, chaque cygne ne peut pas être unique, pense-t-elle. Et puis qu’est-ce que ça veut dire, « être soi-même » ? Et si moi, j’ai envie de faire partie d’un ensemble, hein ? »


Mon avis : Cette fois-ci, c’est Maïna, la jeune danseuse Martiniquaise, qui est sur le devant de la piste. L’ensemble de la bande de petits rats est partie en voyage à New York, où ils doivent se produire sur une scène mythique. Là-bas, la mère de Maïna et son frère, Olympe, les y rejoignent, pour les encadrer dans leurs visites culturelles. Tout le monde est très excité par la découverte de cette grande ville et de sa mentalité, bien différente de celle des Parisiens qu’ils connaissent. Si bien que Maïna hésite à passer une audition pour intégrer un stage intensif de danse aux Etats-Unis.

C’est toujours un pur bonheur de retrouver l’ensemble des petits rats. Chaque tome est dédié à l’un d’entre eux, et l’auteure aborde des thématiques de société actuelles, qui trouvent facilement échos chez les plus jeunes : la compétition, l’amitié, la jalousie, les différences, etc. Dans Le rêve américain, Maïna est songeuse quant à son avenir dans la danse. Son grand frère Olympe l’a troublée en lui parlant de son métissage, qui serait, selon lui, un obstacle à son évolution dans la danse. Car, comme il le dit si bien, personne n’a jamais vu une Juliette noire ou métisse.

J’ai beaucoup aimé la façon dont Elizabeth Barféty aborde cette thématique sensible : avec innocence, candeur et bienveillance. Chacun est différent, que ce soit physiquement ou mentalement, mais ces différences ne doivent pas être un entrave à notre évolution, bien au contraire : elles doivent devenir nos forces. La couleur de peau de Maïna est ce qui la rend unique, ce qui la démarque, c’est son identité, ce qui fait qu’elle est telle qu’elle est, et rien ne pourra changer cela. Ce sont surtout ses performances de danseuse qui l’ont amenées là où elle est aujourd’hui, et ce sont ces mêmes performances qui la guideront vers ses objectifs et détermineront son avenir, et non sa couleur de peau.


Un tome qui nous embarque au coeur de New York, entre visites culturelles et représentations de danse. Une histoire qui respire la candeur et la bienveillance.

Ma note : 7/10

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Femmes d’exception


Femmes d’exception de Michel Klen

258 pages, éditions Favre


Résumé : Ce livre est un hommage consacré à des femmes, célèbres ou anonymes, qui ont fait preuve de bravoure dans des situations exceptionnelles et souvent dramatiques. Dans cette saga émouvante il y a d’abord les résistantes, les agents de renseignement, les infirmières, les ambulancières et bien d’autres qui se sont engagées au péril de leur vie pour servir leur patrie pendant les deux guerres mondiales et les conflits postérieurs. Beaucoup sont restées des oubliées, telles les prostituées à Dien Bien Phu, transformées en soignantes dans l’enfer surréaliste de la cuvette indochinoise pour s’occuper des blessés graves ou accompagner dans la mort des soldats à l’agonie. Il y a aussi celles qui ont pris les armes pour sauver leur communauté menacée (combattantes kurdes, chrétiennes du Liban, …).
Cette thématique saisissante s’intéresse également aux femmes qui ont mis toute leur énergie pour agir au nom d’une oeuvre philanthropique ou pour la liberté : l’actrice Angélina Jolie qui a destiné la plus grande partie de sa fortune à des projets humanitaires, en particulier en faveur des enfants et de la prévention du cancer du sein, la jeune Pakistanaise Malala (prix Nobel de la paix) qui a mené, malgré son jeune âge, un combat à hauts risques contre l’obscurantisme des Talibans, l’infirmière Yolande Mukagasana qui s’est surpassée pour sauver des vies lors des massacres au Rwanda, …
Il y a enfin les femmes de défi, à l’image de ces Saint-Cyriennes qui ont gravi le plus haut sommet de l’Afrique avec une jeune militaire convalescente, grièvement blessée en Afghanistan, et de ces reporters de guerre qui ont su trouver un sursaut de force physique et mentale pour rapporter des informations déchirantes dans un environnement pathétique de massacres inter-ethniques. Beaucoup d’autres parcours de femmes qui se sont transcendées à une période de leur vie sont présentés dans cet essai très documenté. Toutes ces aventures vécues se lisent comme un roman bouleversant. Elles nous donnent une véritable leçon de vie. Cet ouvrage historique se termine par une annexe chronologique sur « les grandes premières » réalisées par les femmes.


Extraits : « À l’instar de Germaine Tillion, les grandes résistantes qui ont réussi à survivre à l’enfer des camps de la mort ont voulu apporter leur témoignage. Témoigner pour ne pas que l’Histoire oublie. »

« Non, la femme n’est pas un objet de défoulement sexuel pour l’homme. Elle n’est pas un bien de consommation dont le mâle conquérant peut user et abuser au gré de ses pulsions.« 


Mon avis : Je ne pensais pas aimer autant ce genre de lecture. Femmes d’exception, c’est un essai qui rend hommage à des femmes, qu’elles soient célèbres ou anonymes, qui ont fait preuve de bravoure dans des situations exceptionnelles.

Classés par grandes thématiques – le Patriotisme au féminin dans la Grande Guerre, les oubliées de la Deuxième Guerre Mondiale, les combattantes d’Indochine, Femmes et reporters de guerre, etc. – on y découvre les portraits de femmes, brillantes, courageuses, vertueuses, qui se sont illustrées à différentes époques et dans différentes situations. Certaines ont marquées l’Histoire, d’autres sont restées dans l’ombre, mais leurs actes sont tout autant salutaires.

Je connaissais une majorité des portraits de femmes dressés, je pense notamment à Malala Yousafzai, Prix Noel de la paix à 17 ans, Rosa Parks, figure du mouvement afro-américain, Greta Thunberg, militante pour l’environnement… mais j’ai pris plaisir à redécouvrir leurs histoires, parfois agrémentées de quelques petites anecdotes, et à me rappeler de la grandeur de leurs gestes, qui souvent, ont été bénéfiques pour l’humanité toute entière.

J’ai découvert bien d’autres portraits de femmes, qui mériteraient d’être mises davantage en avant dans les livres d’histoire scolaires, par exemple.

De part mon métier, je dois quand même vous avouer que j’ai eu un faible pour le chapitre consacré aux femmes reporters de guerre – cela n’enlève rien à l’admiration que je ressens pour l’ensemble des femmes dont le nom est cité dans ce livre. Les femmes reporters de guerre sont envoyées au front, souvent en première ligne, tout comme les soldats, mais pour couvrir une actualité. Leur sang froid, leur pugnacité, leur dévouement pour leur métier m’a impressionnée. Elles sont confrontées en permanence à la menace, aux armes, aux morts, certaines y ont laissées leur peau, d’autres ont failli y passer. Je pense notamment à Amanda Lindhout, dont le témoignage m’a profondément touchée : alors qu’elle réalisait un reportage en Somalie, cette  jeune femme sera prise en otage par des islamistes en 2008. Violée, battue, affamée, elle donna naissance à un enfant dont le prénom sera imposé par son ravisseur, avant d’être libérée en 2009, après 15 mois de captivité. J’ai été bouleversée par son histoire, et par le courage de cette femme, qui, une fois revenue en Amérique, décidera de venir en aide aux femmes  victimes de sévices dans les pays en guerre.

Portrait d’Amanda Lindhout


Un magnifique recueil de portraits et témoignages de femmes courageuses, tous plus poignants et bouleversants les uns que les autres. C’est une véritable leçon de vie que nous livrent l’ensemble de ces figures féminines d’exception.

Ma note : 8/10

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Soir de rage


Soir de rage de Hubert Ben Kemoun

61 pages, éditions Nathan


Résumé : Alex est sur le point d’accéder au plus haut niveau de sa partie de jeu vidéo, quand son père débranche brutalement la console. Tout ça pour assister à un spectacle !
Alex est fou de rage. Il en veut à son père. Il en veut même au monde entier ! L’amour pour son père sera-t-il plus fort que ce moment de rage ?


Extrait : « – Alex ! Tu es prêt ?
Selon moi, il ne faut jamais répondre immédiatement quand votre mère ou votre père vous appelle depuis l’autre out de l’appartement. Laisser hurler son prénom, au moins quatre fois avant de réagir, m’a toujours semblé un minimum.
– Alex ?!!!
Parfois, avant le quatrième appel vos parents se lassent. C’est bien la preuve que cette chose si essentielle qui les faisait s’égosiller sur votre prénom et qu’ils voulaient vous demander n’était pas aussi important qu’ils l’imaginaient. »


Mon avis : Alex est comme tous les petits garçons de son âge : il adore jouer aux jeux-vidéos et n’écoute pas souvent ses parents. Alors, quand son père débranche la prise de la télé, coupant net le petit garçon dans sa partie, Alex n’est pas content. Et il va faire sentir son mécontentement durant toute la soirée, au spectacle de l’école où ses parents l’emmènent. Mais une terrible chose menace son père : l’amour d’Alex pour son père, sera-t-il plus fort que sa rancoeur ?

 

 

J’ai vraiment bien aimé cette courte histoire. J’ai trouvé les personnages touchants et la thématique abordée très moderne.  Nombre de parents se retrouvent accablés par ces jeux-vidéos et divers écrans qui rendent addicts leurs progénitures. Ce n’est pas souvent facile de les écarter de ces réceptacles, car bien trop souvent, s’ensuivent colères, larmes, insultes pour les cas les plus graves.

Mais Soir de rage prouve bien que l’amour est plus fort que tout, et principalement plus fort que la haine et la rancoeur.C’est une histoire pédagogique et moralisatrice, que les parents peuvent aisément faire lire à leurs enfants.


Une courte histoire pédagogique sur un enfant, énervé contre son père. Dialogue, bienveillance, apprentissage de la frustration, amour, sont les maîtres mots de ce récit.

Ma note : 7/10

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T’en souviens-tu, mon Anaïs ?


T’en souviens-tu, mon Anaïs ? de Michel Bussi

304 pages, éditions Pocket


Résumé : Voilà treize jours qu’Ariane a posé ses valises dans cette villa de la côte d’Albâtre. Pour elle et sa fille de 3 ans, une nouvelle vie commence. Mais sa fuite, de Paris à Veules-les-Roses, en rappelle une autre, plus d’un siècle plus tôt, lorsqu’une fameuse actrice de la Comédie-Française vint y cacher un lourd secret. Se sentant observée dans sa propre maison, Ariane perd peu à peu le fil de la raison…

Bienvenue au pays de Caux, terres de silences, de pommiers et de cadavres dans les placards…

Dans les romans de Michel Bussi, vous étiez surpris jusqu’à la dernière page…
Dans ses nouvelles, vous le serez jusqu’à la dernière ligne.


Extraits : « Faire croire à l’autre que l’on aime ce qu’il aime, est-ce une preuve d’amour, ou une trahison ? »

« Les hommes choisissent toujours la fille qui leur donne l’impression d’être meilleurs, plus fins, moins cons qu’ils ne le sont.« 


Mon avis : Michel Bussi – grand auteur de polars français que nous ne présentons plus -, m’avait charmé à plusieurs reprises avec ses histoires au suspense haletant. Avec seulement deux de ses livres lus à mon compteur – Nymphéas noirs et Ne lâche pas ma main, que j’avais dévorés -, j’étais particulièrement intriguée de retrouver la plume de cet auteur, qui s’est prêté au jeu des nouvelles.

T’en souviens-tu, mon Anaïs ? est un recueil de quatre courtes nouvelles, dont la première a donné son titre au livre. Inspirée de faits réels, elle s’ancre historiquement à l’époque de Victor Hugo, et d’Anaïs Aubert, une actrice française, amante cachée du célèbre écrivain. Cette dernière a fui Paris pour se réfugier dans le petit village de Veules-les-Roses, dans le Pays de Caux. Une fuite bien mystérieuse, que va tenter d’éclairer notre protagoniste.

Anaïs Aubert, dite Mademoiselle Anaïs

 

  Village de Veules les Roses, en Seine-Maritime (76)

La deuxième nouvelle, L’armoire normande, sans doute ma préférée, se déroule dans un gîte. Un couple en vacances séjourne quelques temps chez un habitant énigmatique, qui leur a interdit de s’approcher d’une armoire normande chère à son coeur. Les vacanciers, intrigués, le sont d’autant plus par l’absence de l’hôtesse, censée les accueillir à leur arrivée. Quels secrets cache leur hôte, cet être fuyant, aux manières bourrues ? Une nouvelle originale et bien écrite, dont le dénouement devrait vous surprendre et vous faire sourire.

Viens ensuite Vie de grenier : alors qu’il se rend dans un vide-grenier, un retraité remarque un stand bien étrange : l’ensemble des effets mis en vente sont des objets similaires aux siens. Persuadé qu’ils lui appartiennent et que la vendeuse les lui a dérobé, il va mener une enquête pour retrouver cette femme et lever le voile sur cette énigme.

Enfin, la dernière nouvelle, Une fugue au paradis, nous emmène sur une plage de La Réunion. Deux jeunes femmes en train de camper, à côté d’un groupe de garçons légèrement éméchés. Le lendemain, un cadavre est retrouvé dans l’eau. Que s’est-il bien passé cette nuit ? L’enquête est ouverte, et le dénouement, comme l’ensemble des dénouements écrits par Michel Bussi, connaît un tel revirement, qu’il ne peut que surprendre et étonner par son ingéniosité.

Ecrire des nouvelles est un exercice complexe, mais mené d’une main de maître par notre malstrom des intrigues alambiquées, puisque chacune d’entre elles comportent un dénouement renversant et inattendu. Michel Bussi conserve donc son titre de roi du polar à suspense, et d’auteur à l’imagination débridée.


Michel Bussi s’essaie à un nouveau genre : les nouvelles. Expérience réussie pour l’auteur, avec des histoires courtes mais prenantes et toujours ces dénouements surprenants et pleins d’ingéniosité. 

Ma note : 7/10

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Fatou Diallo Détective


Fatou Diallo Détective de Emmanuel Trédez

135 pages, éditions Nathan


Résumé : Moi, c’est Fatou Diallo, 9 ans et demi. Avec mon associé, Max (oui, bon, c’est un hamster, on fait comme on peut !), bref, avec Max, nous avons créé l’agence. De détectives FDD. Dès qu’il y a une enquête à mener, un mystère à élucider, on m’appelle. Pour me trouver, c’est simple : Cité des Violettes, Bâtiment D, à côté de l’escalier !


Extraits : « Beaucoup de gens prétendent vouloir sauver la planète, mais dès qu’il faut faire un petit effort, il n’y a plus personne ! »

« – Tu sais quoi, Max ? Cette enquête m’a appris quelque chose sur la vie dans les cités.
Max était tout ouïe. Il semblait attendre la suite avec impatience.
– Il faut se méfier des bandes de vieux ! Ils sont capables de tout !
« 


Mon avis : Fatou a 9 ans et vit dans la Cité des Violettes, en région parisienne. Cette jeune fille dynamique a décidé de mener des enquêtes pour résoudre les énigmes de la cité.

Détective Fatou va mener à bien 4 enquêtes, réparties en 4 courts chapitres. Dans la première, elle va aider le gardien de l’immeuble à retrouver l’identité de la personne qui s’amuse à jeter des bouteilles en verre dans les poubelles jaunes. Dans la deuxième enquête, Fatou va tenter de débusquer le petit plaisantin qui s’amuse à faire exploser des crottes de chiens devant les portes de certains de ses voisins. Dans la troisième enquête, le chat d’une voisine disparaît, et un mystérieux corbeau lui demande une rançon. Enfin, dans la dernière, une adolescente se fait voler son portable dans un parc. Point d’inquiétude : Détective Fatou mène l’enquête !

En plus d’être divertissantes, ces différentes enquêtes dénoncent certaines pratiques et mettent à mal certains clichés – je pense notamment à la couleur de la peau de Fatou, et à son prénom à connotation étrangère. Malgré cela, la jeune fille est bien intégrée socialement, elle est appréciée de ses voisins et amis, et vit paisiblement dans la Cité des Violettes – cité qui, dit en passant, est bien éloignée des cités dégradées et mal fréquentées que nous pourrions nous représenter.

Dans chacune de ces histoires, Emmanuel Trédez pointe du doigt certaines incivilités et manque de savoir-vivre : ne pas respecter le tri sélectif ou la vie en communauté. Autant de thématiques qui devraient permettre de sensibiliser davantage les jeunes lecteurs, et satisfaire pleinement les parents.

De courtes enquêtes écrites avec simplicité, qui ne manquent pas d’humour, non plus. Le tout étant illustré de quelques dessins en noirs et blancs, qui viennent rythmer davantage le récit.

 


Des enquêtes courtes, mais prenantes, qui permettent de sensibiliser les plus jeunes à l’incivilité et à la vie en communauté.

Ma note : 8/10

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