Elle n’était pas d’ici


Elle n’était pas d’ici de Patrick Poivre d’Arvor

164 pages, éditions Albin Michel


Résumé : « Puisque Solenn a choisi de mettre fin au combat qu’elle menait depuis trois ans contre les démons de sa maladie, je voudrais, comme Patrick, que sa disparition soit un signal d’alarme. J’aimerais que ce livre, écrit dans l’urgence de la douleur, soit un cri vers tous ceux et celles, adolescents ou préadolescents, qui seraient tentés par la terrible impasse du suicide. La souffrance qui se lit dans ces pages, à travers les lettres reçues, est celle, indicible, de Solenn et de milliers d’autres. C’est celle aussi des parents qui assistent, impuissants, à la destruction de leur enfant. Si cette souffrance qui a été la nôtre peut aider tous ceux qui ont été ou vont être confrontés à l’anorexie ou à la boulimie, alors Solenn ne sera pas morte pour rien.  » Véronique Poivre d’Arvor


Extraits : « Écrire, ça soulage. On appuie là où ça fait mal, on se mord la lèvre, mais ensuite, on supporte la douleur. »

« Quand je chante, disais-tu, j’oublie tout, j’y trouve une manière de sérénité.« 


Mon avis : Tout le monde connaît Patrick Poivre d’Arvor, ou PPDA pour les intimes, le présentateur vedette de TF1, qui a animé le journal de 20h pendant plus de 20 ans. Mais peu de personnes peuvent se targuer de connaître une partie de sa vie privée. PPDA n’a pas eu une existence facile. Père de sept enfants, il a du faire face à ce qu’il y a de plus horrible dans la vie d’un père de famille : la mort de deux de ses filles.

Il voit d’abord disparaître Tiphaine, décédée dans son sommeil de la mort subite du nourrisson alors qu’elle était âgée d’un an à peine. Des années plus tard, c’est son autre fille, Solenn, anorexique et boulimique, qui mettra fin à ses jours en sautant devant la rame d’un métro, alors qu’elle était âgée de dix-neuf ans à peine. Comme moyen cathartique pour apaiser ses douleurs, PPDA se jettera à corps perdu dans l’écriture. Il publiera d’abord Lettres à l’absente, un témoignage bouleversant sur la souffrance d’un père, ses angoisses et ses peurs, puis Elle n’était pas d’ici, sorte d’exutoire salutaire où il dévoile tout son amour pour sa fille, sa maladie mentale et ce qu’il a ressenti suite à son décès brutal.

Patrick Poivre d’Arvor et sa fille, Solenn

Il est toujours compliqué de juger un témoignage, d’autant plus quand celui-ci aborde un sujet aussi tragique que le suicide d’un enfant. Je peux dire que j’ai été très émue de découvrir pour la première fois la plume de PPDA, un auteur prolifique, mais peu plébiscité en France. À travers ce recueil, il nous ouvre son coeur et sa vie et raconte, avec beaucoup d’émotions et de pudeur, les jours qui ont suivis et précédés le décès de Solenn. On ressent tout l’amour que ce père porte à sa fille et le regret de son départ précipité.

Plus qu’un élément cathartique pour l’auteur, il souhaitait également que ce témoignage soit bénéfique aux personnes qui, comme lui, auraient eu le malheur de subir la perte d’un enfant. Dans Elle n’était pas d’ici, il regroupe de nombreux extraits de poèmes, des témoignages d’affection et d’amour de ses proches, qui lui redonnent espoir et confiance en la vie.

Solenn s’est suicidée à cause d’une maladie mentale : les troubles de l’alimentation, autrement l’anorexie et la boulimie. Bien que cette maladie ne soit que partiellement évoquée, l’auteur met en garde les parents sur les caractéristiques et les conséquences de cette maladie, et les rassure en quelque sorte : ils peuvent être présents pour leurs enfants, les encourager, les porter, les entourer d’amour… mais ils restent tout de même impuissants et démunis face à la psychée mentale subie par l’enfant. Une maladie bien trop présente dans notre quotidien, véhiculée en grande partie par l’image du corps parfait, l’obsession de la minceur comme gage de beauté.

 


Comment continuer à vivre après le décès brutal d’un enfant ? Le journaliste Patrick Poivre d’Arvor nous offre une belle leçon de courage à travers un témoignage touchant, intime et pudique, où il déclare sans emphase tout l’amour d’un père pour sa fille. Très touchant !

Ma note : 6,5/10

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En attendant Bojangles


En attendant Bojangles d’Olivier Bourdeaut

172 pages, éditions Folio


Résumé : Sous le regard émerveillé de leur fils, ils dansent sur «Mr. Bojangles» de Nina Simone. Leur amour est magique, vertigineux, une fête perpétuelle. Chez eux, il n’y a de place que pour le plaisir, la fantaisie et les amis.
Celle qui donne le ton, qui mène le bal, c’est la mère, feu follet imprévisible et extravagant. C’est elle qui a adopté le quatrième membre de la famille, Mlle Superfétatoire, un grand oiseau exotique qui déambule dans l’appartement. C’est elle qui n’a de cesse de les entraîner dans un tourbillon de poésie et de chimères.
Un jour, pourtant, elle va trop loin. Et père et fils feront tout pour éviter l’inéluctable, pour que la fête continue, coûte que coûte.
L’amour fou n’a jamais si bien porté son nom.


Extraits : « Ceci est mon histoire vraie, avec des mensonges à l’endroit, à l’envers, parce que la vie c’est souvent comme ça. »

« Je travaille tard pour pouvoir m’arrêter tôt, lui répondait-il, ce que j’avais du mal à comprendre.« 


Mon avis : Que celui qui n’a jamais entendu parler de ce livre se dénonce ! En attendant Bojangles est un roman français paru en 2016, qui a reçu non pas un, non pas deux, mais bien trois prix littéraire successifs – et pas des moindres : le prix France Culture – Télérama, le Grand Prix RTL Lire, ainsi que le Prix France Télévision – Roman. Une histoire saluée par la critique et abondamment lu. Après toute l’exaltation et le tapage médiatique qu’il y a eu autour de ce livre, je me faisais une joie de le découvrir à mon tour.

En attendant Bojangles est un roman léger, au style extravagant, qui nous embarque dans la vie du narrateur, un petit garçon qui a la chance d’avoir des parents délurés. Dans leur famille, on ne s’ennuie pas : ils cultivent la joie de vivre et l’humour au quotidien, profitant pleinement de la vie et de tout ce qu’elle a à offrir. Ils dansent constamment sur le titre de Nina Simone, Mister Bojangles, une chanson suave et aérienne, à l’image de leur couple.

En effet, ils vivent un amour fou, dans les sens métaphoriques et réels du terme. Leur histoire d’amour est particulière, farfelue, ils s’aiment à leur manière, une manière personnelle, poétique et très émouvante. Je regrette néanmoins que leurs sentiments, si forts et si beaux à voir, laisse un petit peu en retrait le fruit de leur amour : leur enfant. On peut se questionner sur la place dont il dispose au sein de ce couple si unit. J’avais par moment l’impression qu’il était mis de côté, comme tenu en retrait de tout cet amour, victime consentante des délires de ses parents, qui l’excluait un peu du duo excentriques qu’ils formaient.

Le génie d’Olivier Bourdeaut tend au fait qu’il aborde des thématiques assez graves (la mort, le deuil, la folie), dans un style extravagant, léger et pétillant. Et c’est véritablement tout ce qui fait l’originalité de l’histoire. Ainsi, la folie, cette maladie que personne ne nomme véritablement, mais qui est constamment sous-entendue, fait partie intégrante de cette famille. Ils sont excentriques, se vouvoient entre eux et vouvoient les autres, ils ont un oiseau domestique nommé Mademoiselle Superfétatoire, qui a été ramené d’Afrique par les parents du narrateur. Ils enfreignent les conventions, n’envoient pas leur fils à l’école, font ce qui leur plaît, sans se préoccuper du regard de la société. Dans un sens, j’enviais cette famille avec cette insouciance et ce bonheur enfantin .

En attendant Bojangles est un roman poétique et tendre, qui nous éloigne de la morne réalité pour nous plonger dans une folie gaie, toujours colorée, un imaginaire plein de fantaisie, qui efface totalement la raison. L’auteur nous fait passer à travers une palette d’émotions diversifiées : c’est une histoire tantôt drôle, joyeuse, délurée, qui plonge inéluctablement vers la tristesse, la mélancolie, le tragique… mais je ne vous en dirais pas plus, pour que vous puissiez savourer à sa juste valeur toute l’étendue de la puissance narrative et émotionnelle d’Olivier Bourdeaut. Sachez tout de même qu’il vous faudra prévoir une boîte de mouchoirs, car le dénouement final est totalement inattendu, percutant, fou et tragique, à l’image même de l’ensemble du livre.

Le succès du roman était tel qu’un an seulement après sa parution, une adaptation en bande-dessinée à vue le jour. J’avoue être plutôt curieuse à l’idée de redécouvrir cette histoire de manière plus graphique et animée. Je pense me laisser tenter prochainement par l’achat de cette BD.


Adaptation du roman en bande-dessinée par Ingrid Chabbert et Carole Maurel.
Parution en 2017 aux éditions Steinkis.

Le roman peut se targuer d’avoir eu sa propre adaptation théâtrale, au théâtre de la Pépinière, à Paris, ainsi qu’une prochaine adaptation cinématographique devrait également voir le jour dans les années à venir. De quoi prolonger davantage cette parenthèse bucolique et enchanteresse.


Original et désarmant, En attendant Bojangles est un petit bijoux plein de fantaisie qui nous touche en plein coeur. Un roman peu conventionnel, doux-amer, pétillant et déluré, qui respire la gaieté et la tendresse.

Ma note : 8,5/10

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20, Allée de la Danse : La fête de l’École


20, Allée de la Danse : La fête de l’École d’Elizabeth Barféty

156 pages, éditions Nathan, à 10,95€


Résumé : C’est bientôt la fête de l’École. Les élèves qui le souhaitent peuvent créer leur propre spectacle – et pas forcément de danse classique !
Zoé prend cela très au sérieux : elle veut mettre en scène une comédie musicale qui raconte la vie à l’École. Mais certains pensionnaires lui mettent des bâtons dans les roues…


Extraits : « C’est vrai que ça fonctionne bien quand on travaille ensemble, plutôt que l’un contre l’autre. »

« Pour créer, il est nécessaire d’avoir de la personnalité, de la folie… mais pour danser, il faut aussi écouter les autres, apprendre, servir ses partenaires.« 


Mon avis : Et hop ! Lecture du quinzième tome de la saga 20, Allée de la Danse que j’adore ! Décidément, je n’arrive plus à m’en passer et j’enchaîne les tomes avec rapidité !

Dans La fête de l’École, les élèves doivent organiser leur fête de fin d’année. Ils ont carte blanche pour créer de toute pièce un spectacle. Zoé, enthousiaste et pleine d’idées, propose de réaliser une comédie musicale, où les élèves danseraient et chanteraient dans des tableaux représentants la vie quotidienne à l’école de danse. Son idée fait partie de celles choisies par les élèves : accompagnée de la sévère et rigide Doris et de l’exubérant Ivan, ils vont devoir s’improviser metteurs en scène. Mais leur collaboration va s’avérer plus compliquée que prévue…

Comme d’habitude, l’histoire est agrémentée de magnifiques illustrations en noir et blanc, ainsi que de quelques petits dessins en début de chaque chapitre. J’aime beaucoup ces esquisses, qui donnent encore plus de vie au récit.

 

Encore une fois, Elizabeth Barféty m’a conquise. La fête de l’École, c’est léger, c’est festif, divertissant, rempli d’ondes positives et de bonne humeur. Tout ce qu’il me fallait pour affronter cette période difficile de confinement. Bien évidemment, comme dans chacun des tomes de cette saga, l’auteure aborde des thématiques spécifiques : l’amitié et l’entraide dans Première ou rien,  le racisme et la différence dans Le rêve américain, ou encore les relations parents-enfants dans La révérence. Ici, c’est l’entraide, le travail d’équipe et la solidarité qui priment.

L’auteure souhaitait prouver aux plus jeunes – et aux adultes, aussi -, que, comme le dit si bien le proverbe « Seul, on va plus vite, mais ensemble on va plus loin ». Alors qu’ils sont censés former une équipe soudée, Ivan et Zoé se lancent dans une guerre frontale basée sur une surenchère d’idées et un dénigrement des propositions de l’autre.  Bien vite, ils vont comprendre que leur but est le même et que pour l’atteindre plus facilement, ils vont devoir s’entendre et collaborer.


Un tome festif et gai, rempli d’ondes positives. Les petits rats doivent mettre en place le spectacle de fin d’année de l’école de danse et ils n’y arriveront qu’à force d’entraide, de solidarité et de travail d’équipe. J’ai beaucoup aimé les valeurs partagées.

Ma note : 7,5/10

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Et puis, Paulette…


Et puis, Paulette… de Barbara Constantine

280 pages, éditions Le Livre de Poche, à 6,60€


Résumé : Ferdinand vit seul dans sa grande ferme vide. Et ça ne le rend pas franchement joyeux.
Un jour, après un violent orage, il passe chez sa voisine avec ses petits-fils et découvre que son toit est sur le point de s’effondrer. A l’évidence, elle n’a nulle part où aller. Très naturellement, les Lulus ( 6 et 8 ans ) lui suggèrent de l’inviter à la ferme. L’idée le fait sourire. Mais ce n’est pas si simple, certaines choses se font, d’autres pas…
Après une longue nuit de réflexion, il finit tout de même par aller la chercher.
De fil en aiguille, la ferme va se remplir, s’agiter, recommencer à fonctionner. Un ami d’enfance devenu veuf, deux très vieilles dames affolées, des étudiants un peu paumés, un amour naissant, des animaux. Et puis, Paulette….


Extraits : « Au fait. Si un jour il devait raconter à quelqu’un ce qu’il a ressenti après le départ des enfants, il dirait sûrement qu’une fois la dernière valise chargée, les derniers baisers donnés aux petits et la porte refermée, un grand trou s’est creusé sous ses pieds, un trou noir, plus profond qu’un puits. Et que le vertige qui l’a envahi à cette seconde ne l’a plus lâché depuis. Ferait partie intégrante de sa vie désormais. Il l’a bien compris.
Mais il y a peu de chance qu’il parle un jour de ça.
Pas son truc de se mettre à poil devant qui que ce soit.. »

« Et puis, Simone. Qui fait sa cheftaine, juste parce que c’est la plus jeune des deux et qu’elle tient encore la forme. Énervante. En même temps, tout ce qu’elle fait, c’est pour Hortense, ça part d’un bon sentiment, on ne peut pas lui en vouloir. Elle a tellement peur de la perdre, la pauvre. Sûr et certain que le jour où ça arrivera, elle se laissera mourir, direct, rien ne la retiendra plus. C’est comme ça quand on passe autant d’années collé à quelqu’un ! On n’a plus de vie personnelle.« 


Mon avisIls s’appellent Guy, Ferdinand, Marceline, Muriel, Simon, Hortense, Kim et vivent ensemble dans la grande ferme de Ferdinand, qui s’est retrouvé seul suite au décès de sa femme. Marceline, sa voisine, vivait dans une maison vieillie et délabrée, qui n’était clairement plus habitable. Ferdinand l’a invité venir habiter chez lui avec ses animaux, le temps de faire réparer sa demeure. Il a également convié Guy, qui s’est retrouvé seul après la mort de sa femme. Sont ensuite venues s’ajouter Simon et Hortense, aussi appelées les soeurs Lumières, deux petites vieilles dames qui vivent et travaillent ensemble depuis plus de soixante-dix ans. Puis, pour s’occuper de tout ce petit monde vieillissant, ils ont conviés Muriel, une jeune femme en école d’infirmières, pour faire les soins quotidiens à Hortense, accablé par l’âge et la maladie. Pour compléter ce tableau incongru, vient finalement s’ajouter Kim, un jeune garçon en école d’agriculture, qui vient aider Marceline dans son activité de maraîchère. Ensemble, ils vont vivre des moments heureux, oubliant momentanément les problèmes de la vie quotidienne.

En cette période noire de confinement, j’avais besoin d’une lecture légère, qui puisse me redonner le sourire et la joie de vivre. Je pense que Et puis, Paulette… était un bon choix. C’est une histoire feel good, légère et tendre, qui donne le sourire et réconforte les coeurs.

Malheureusement, je n’ai pas tellement accroché aux différents personnages : ils sont vraiment très nombreux, chacun à un passé, une histoire et des problèmes, des valeurs différentes à transmettre, ce qui fait qu’on s’emmêle facilement les pinceaux. Plus d’une fois, je me suis prise à réfléchir sur le rôle de tel ou tel personnage. Aussi, compte tenu de leurs histoires respectives, parfois tristes ou touchantes, je pensais être attendrie et émue. Mais je suis restée de glace, un peu absente, survolant distraitement l’histoire, sans vraiment m’attacher ni ressentir d’émotions. De plus, j’ai trouvé la fin de l’histoire un peu bâclée, écrite à la va-vite, qui arrive comme un cheveu sur la soupe, sans transition ni réel intérêt.

Cela n’en reste pas moins une bonne histoire, qui permet de passer un agréable moment de lecture et de s’immerger dans un univers où règne gaieté, solidarité et bonne humeur. L’auteure nous donne une jolie leçon de tolérance et de partage, en mélangeant les générations et les sujets de société. Tous vivent sous le même toit, se respectent, s’entraident et viennent à véritablement s’apprécier les uns les autres : la si redoutée solitude liée à la vieillesse n’a pas sa place dans ce livre !  Pour ces quelques heures d’évasion, si bienvenue en cette période, je vous dis merci Barbara Constantine !


Barbara Constantine entremêle les générations dans un récit feel good, tendre, rempli d’amour et de tolérance, qui réconforte et fait sourire. Ce n’est pas de la grande littérature, mais ça détend et apporte un peu de gaieté dans notre quotidien. 

Ma note : 5,5/10

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Le Premier Amour


Le Premier Amour de Véronique Olmi

281 pages, éditions Le Livre de Poche, à 6,60€


Résumé : Une femme prépare un dîner aux chandelles pour fêter son anniversaire de mariage. Elle descend dans sa cave pour y chercher une bouteille de vin, qu’elle trouve enveloppée dans un papier journal dont elle lit distraitement les petites annonces. Soudain, sa vie bascule : elle remonte les escaliers, éteint le four, prend sa voiture, quitte tout. En chacun d’entre nous repose peut-être, tapie sous l’apparente quiétude quotidienne, la possibilité d’être un jour requis par son premier amour…


Extraits : « Il suffit parfois d’un rien pour que la vie bascule. Un moment d’inattention au passage clouté. Une grève SNCF. Un nouveau voisin. Une panne d’ascenseur. Une lettre. Un coup de fil dans la nuit. »

« Je suis institutrice – on ne dit plus « institutrice » on dit « professeur des écoles », c’est plus long, plus hypocrite et tout autant mal payé. »


Mon avis : Véronique Olmi est une auteure française dont j’entends énormément parler – en bien, évidemment -, et que j’avais, par ailleurs, très envie de découvrir. J’ai sorti Le Premier Amour de ma Pile À Lire, dans laquelle il traînait depuis un petit bout de temps.

C’est l’histoire d’une femme, Emilie, mariée depuis vingt-cinq ans à Marc, mère de trois filles qui ont pris leur envol, épanouie et heureuse en apparence dans sa vie parfaite et bien rangée. Alors qu’elle prépare une surprise à son mari pour leur anniversaire de mariage, elle tombe sur une annonce dans un journal qui lui est destinée : son premier amour, Dario, souhaite la revoir. Ni une, ni deux, Émilie saute dans sa voiture et part à Gênes, en Italie, rejoindre le seul homme qu’elle ait véritablement aimé.

Trajet de Paris à Gênes

Nous suivons Émilie dans son odyssée romantique à travers la France. De Paris à Gênes, elle roule seule, s’arrêtant parfois sur des aires d’autoroute, dans des bars ou restaurants, faisant la rencontre de personnages hauts en couleurs, qui la marqueront à tout jamais. Mais ce n’est pas qu’une traversée de la France qu’elle entreprend, c’est aussi un voyage dans ses souvenirs, sa mémoire, se remémorant la vie qu’elle a menée jusqu’à présent. Elle fait des rencontres, retrouve sa soeur aînée Christine, une trisomique placée dans un établissement spécialisé ; sa fille Zoé, établie à Marseille avec son conjoint ; elle retrouve des lieux qui ont marqués son enfance, notamment à Aix-en-Provence, où elle a vécu toute son adolescence.

Je pensais sincèrement être bien plus émue que je ne l’ai été. Le synopsis était attendrissant, cet élan passionnel touchant, percutant, peu commun et pourtant, cet acte inconséquent, cette bravade déraisonnable a sûrement été rêvée par de très nombreuses femmes. Tout lâcher, son mari, sa vie d’avant, au simple appel d’un amour de jeunesse, perdu de vue voilà plus de trente ans : qui aurait le courage de le faire ?

Émilie chemine, sans idée derrière la tête, vers celui qui a été son premier amour et qu’elle n’a jamais oublié. Elle ne sait pas comment va se dérouler leur rencontre, mais elle est très loin de s’imaginer le Dario qu’elle va retrouver à Gênes. Véronique Olmi instaure un soupçon de suspense à son récit, ainsi que plusieurs scènes aux rebondissements insoupçonnées. Le dénouement, d’ailleurs, est assez surprenant… même s’il ne colle pas spécialement à l’ensemble de l’histoire, sorte de point final ajouté pour frapper une dernière fois l’esprit du lecteur avant qu’il ne referme à jamais le livre. J’ai trouvé cette fin déplacée, manquant de cohérence et de lien avec l’ensemble de l’histoire passée.


D’une écriture fine et pleine de tendresse, Le Premier Amour est un roman délicat et pudique sur la quête de son amour de jeunesse. C’est également un beau voyage spirituel pour se recentrer sur sa vie et se retrouver soi. J’ai bien aimé.

Ma note : 6,5/10

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Un peu plus loin sur la droite


Un peu plus loin sur la droite de Fred Vargas

253 pages, éditions J’ai Lu, à 5,80€


Résumé : En planque sous les fenêtres de l’appartement du neveu d’un député, place de la Contrescarpe, Kehlweiler avise soudain une drôle de chose sur la grille d’un arbre. Un petit déchet blanchâtre au milieu d’excréments canins. Pas de doute, c’est un os. Et même un os humain… Naturellement, lorsque Kehlweiler apporte sa trouvaille au commissariat du 5e arrondissement, les flics lui rient au nez. Mais ce petit bout d’os l’obsède tellement qu’il abandonne ses filatures parisiennes et suit une piste jusqu’à Port-Nicolas, un village perdu au bout de la Bretagne. Là vit un pit-bull. Une sale bête, qui avalerait n’importe quoi. Y compris un bout de cadavre. Reste à trouver le cadavre. Et l’assassin…


Extraits : « – C’est pas facile d’écrire une lettre chic quand on se tire.
– Pourquoi pas ? Il n’y a qu’à parler au lieu d’écrire. »

« Quand un minable est amoureux, cela se repère, et quand un assassin est satisfait, cela se lit sur tout son corps. Le lendemain, la police est dessus, et c’est terminé. Pour tuer, il faut être autre chose qu’un minable, c’est le secret des choses. »


Mon avis : C’est la première fois que je m’aventure à lire un Fred Vargas. Pour celles et ceux qui ne le savent pas, c’est une auteure française de polars au succès mondiaux, qui a reçu de très nombreux prix littéraires pour ses écrits. Je me suis lancé dans Un peu plus loin sur la droite, sans vraiment savoir à quoi m’attendre. Et bien je dois dire que c’est un polar bien construit, doté d’une logique imparable et d’un suspense à tout épreuve qui nous retourne la tête et nous tient en haleine jusqu’à la fin.

Louis Kehlweiler, ancien du Ministère de l’Intérieur, découvre un os accroché sur une grille d’arbre en plein Paris. Il en est certain, cet os est un humain. Accompagné de Marc Vandoosler, un jeune historien un peu paumé, ils vont lancer leur propre enquête, qui les mèneront à Port-Nicholas, un petit village de Bretagne. De rencontres en rencontres, ils vont remonter la piste de cet os et tenter de mettre à jour ce mystère.

Louis Kehlweiler, notre protagoniste, est un homme très mystérieux, qui semble être à la fois excentrique, mais aussi posé et réfléchi. Ainsi, vous pourrez le croiser accompagné de Bufo, son fidèle crapaud de compagnie, mais prenez-le au sérieux, puisque son pedigree et son sens du discernement pourraient vous surprendre. Il ne se dévoile pas facilement, nous laissant imaginer, fouiller et décortiquer ses actes pour pouvoir bâtir notre propre avis sur sa personnalité. Bien qu’il soit assez déstabilisant au début, j’ai bien aimé l’excentricité de son personnage et serais curieuse de le retrouver dans d’autres enquêtes de l’auteure.

En outre, il semblerait que ce roman fasse échos à des histoires antérieures écrites par l’auteure. Ainsi, certaines petites anecdotes m’ont déstabilisées, puisque n’ayant pas lu les précédents ouvrages, je n’ai pas pu prendre la mesure de celles-ci. Je vous rassure, ça n’a pas gêné outre mesure ma l’avancée de ma lecture, mais j’avoue que j’aurais été curieuse de comprendre pleinement toutes les allusions faites par Fred Vargas.


Un bon polar, au suspense bien mené, plein de rebondissements et d’effets de surprises, mais qui s’oublie malheureusement trop rapidement.

Ma note : 6,5/10

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Mystères à Versailles : Le secret de Margot


Mystères à Versailles : Le secret de Margot
de Sylvie Baussier et Auriane Bui

62 pages, éditions Nathan, à 7,20€


Résumé : Embarquez pour Versailles à l’époque du Roi Soleil !
Un roman illustré pour les enfants de 7 à 11 ans, facile à lire tout seul et à comprendre. Une histoire rythmée et passionnante qui donne vraiment envie de lire.L’histoire : Louise est intriguée : Margot, la nouvelle bonne de la maison, ne sait ni faire un feu ni habiller sa maîtresse. Par contre, elle possède un mouchoir brodé et une chaine en or…
Louise et son frère Nicolas adorent les mystères ! Ils mettent au point un plan pour élucider celui-ci.
Pourront-ils aider la jeune Margot, qui porte un lourd secret ?


Extrait : « Louise pense que ce n’est pas très juste… Il suffit d’un « de » dans son nom, et hop, on change de vie. »


Mon avis : Mystères à Versailles est une nouvelle saga jeunesse historique, qui se passe dans les années 1680, à Versailles, au temps du règne de Louis XIV. Le premier tome, Le secret de Margot, annonce formidablement la couleur : cette nouvelle série sera ludique, divertissante et instructive.

Le père de Louise et Nicolas, Monsieur de Chanclair, est un noble au service du Roi-Soleil. Compte tenu de son statut particulier, Louise et Nicolas, qui ont récemment perdus leur mère, ont une bonne, qui les aide dans toutes les tâches de la vie quotidienne. Jusqu’au jour où elle introduit Margot, une nouvelle petite bonne pour servir Louise et son frère. Bien élevée, elle semble cultivée, sait lire et jouer du clavecin et s’avère particulièrement maladroite dans toutes les tâches d’habitude réserver aux bonnes. Louise a des doutes quant à sa véritable identité et à sa présence à ses côtés et décide, avec son frère, de tirer cette affaire au clair. Ensemble, ils découvrent que Margot, qui se nomme en réalité Marguerite, n’est pas celle qu’elle prétendait être. La jeune fille fuit un homme méchant, un usurpateur, qui tente de lui voler sa fortune. Aidée par Louise et Nicolas, ils vont tenter de piéger cet homme et de sauver Marguerite.

Les éditions Nathan donnent la possibilité aux plus jeunes de s’intéresser à cette époque dorée, que j’affectionne personnellement. L’histoire est simple, bien écrite, accessibles aux plus jeunes, avec quelques termes et spécificités de l’époque parsemés ici et là. Ainsi, j’ai pu moi-même découvrir, entre autre, que les Cent Suisses étaient une unité militaire au service du roi de France.

Pour permettre aux plus jeunes une meilleure absorption de l’histoire et pour rendre le récit encore plus attrayant, Auriane Bui a magnifiquement illustrée le récit de Sylvie Baussier. Les dessins sont de très bonne qualité et les couleurs épatantes. Ils permettent de s’imprégner davantage de l’ambiance de l’histoire et de plonger directement dans le Versailles du XVIIème siècle.

L’histoire en elle-même est vraiment appréciable et n’est pas conseillée uniquement aux enfants. L’aspect historique du récit est couplé à une enquête policière, qui dynamise davantage l’histoire. 

J’ai beaucoup aimé l’ambiance générale du roman et les interactions entre les protagonistes. Une véritable amitié naît entre nos trois héros, souriants, complices, ils s’épaulent et s’entraident, déterminés à résoudre leur enquête.


Un roman historique jeunesse, magnifiquement illustré, qui permet aux plus jeunes d’aborder de façon ludique et divertissante l’époque du Roi-Soleil. J’ai beaucoup aimé et attend les prochains tomes avec impatience !

Ma note : 8,5/10

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