Littérature française·Roman

La femme qui voit de l’autre côté du miroir


La femme qui voit de l’autre côté du miroir de Catherine Grangeard et Daphnée Leportois

188 pages, éditions Eyrolles, à 14€


Résumé : Lucie fête ses 25 ans en famille et comme d’habitude, sa mère n’a pas prévu de gâteau . Car Lucie a 30 kilos en trop… dont ni le sport ni les régimes ne sont jamais venus à bout. Quand elle fait le bilan de ses efforts, Lucie se dit qu’elle a le choix entre :
1. Avoir faim non-stop tout en faisant du sport à outrance.
2. Continuer de grossir et mourir d’un infarctus trop jeune.
Elle fait alors une déclaration tranchante : elle va s’offrir une chirurgie bariatrique.
Avant l’opération, le protocole prévoit un rendez-vous avec une psy. Simple formalité selon Lucie, il s’ouvre cependant sur d’autres rencontres au cours desquelles la jeune femme interrogera son rapport à son corps, à l’autre et au monde …
Lucie optera-t-elle finalement pour la chirurgie ou trouvera-t-elle une autre voie pour se sentir bien dans sa peau ?


Extrait  « Elle leur avait bien dit ne pas vouloir de cadeau. Un simple repas en famille lui aurait suffi. C’est déjà suffisamment éprouvant. »


Mon avisLucie est une jeune femme légèrement en surpoids, qui n’assume pas ses formes et se trouve laide et grosse. Elle en a marre d’avoir a subir les réflexions de ses parents, de sa mère en particulier sur son poids, de voir les regards condescendants de ses élèves de collège, de subir les insultes et injures sur son gabarit. C’est décidé : elle veut se faire opérer ! Mais avant l’opération, Lucie va devoir consulter une psychologue, qui va l’aider à y voir plus clair sur son cas et sur son mal-être. Un rendez-vous qui va changer sa vie et surtout sa manière de voir la vie.

La femme qui voit de l’autre côté du miroir, c’est un roman frais et léger, que j’ai beaucoup apprécié découvrir, puisque l’histoire de Lucie a résonné en moi. Lucie est en surpoids, elle se dégoûte et ne supporte plus les regards des autres sur elle. Le lecteur peut facilement s’identifier à Lucie et comprendre les problématiques auxquelles elle doit faire face : manque d’estime de soi, de confiance en soi, commentaires désobligeants sur son physique, etc. C’est une histoire dans l’ère du temps, qui donne vraiment matière à réflexion, notamment sur les diktats de la minceur, les soit-disants normes féminines que l’on retrouve dans l’intégralité des magazines photoshopés.

A travers ce récit, nous sommes invités à nous regarder autrement. Ces pages renferment des éléments positifs et pleins d’espoirs pour les personnes qui manquent d’estime de soi : apprendre à se regarder autrement, apprendre à s’aimer et à s’accepter comme nous sommes, sont autant d’éléments clefs pour changer sa façon de voir sa vie. Pour apprendre à s’aimer vraiment, il ne faut pas seulement changer d’apparence physique, mais il faut changer sa façon de penser, de se voir et de voir la vie. C’est un travail bien plus psychologique que physique. Lucie va en faire la découverte.


La femme qui voit de l’autre côté du miroir traite de problèmes d’obésité et des rapports physiques et psychologiques entretenus avec son corps. Un livre facile à lire, qui donne matière à réflexion, que j’ai dévoré et que je recommande.

Ma note : 7/10

 

Chick-lit·Littérature française

(Presque) jeune, (presque) jolie, (de nouveau) célibataire


(Presque) jeune, (presque) jolie, (de nouveau) célibataire de Stéphanie Pélerin

187 pages, éditions Diva Romance, à 7,99€


Résumé : Quand Ivana se fait larguer comme une vieille chaussette par Baptiste, après huit ans d’amour, il ne lui reste plus que ses kilos et ses rides à compter. Pas facile de se retrouver sur le marché des célibataires à la trentaine, quand, pour couronner le tout, on manque de confiance en soi.
Tentant d’ignorer son chagrin, elle décide de reprendre sa vie (et son corps) en main et s’inscrit sur « Be my boy », célèbre site de rencontres. Si l’offre est alléchante, les produits sont souvent de second choix, voire des retours de marchandise… Heureusement, il reste les amies et le bon vin.
À travers des expériences étonnantes, Ivana doit réapprendre à prendre soin d’elle. Mais rien ne sert de courir… il suffit juste d’être au bon endroit, au bon moment.


Extraits « Tu te moques du regard des autres. Cherche à savoir ce que, toi, tu attends réellement de la vie et de quelle manière tu veux y parvenir. Tu te caches derrière une prétendue opinion que les autres peuvent avoir de toi. Mais tu ne pourras jamais obtenir l’assentiment de tout le monde. »

« En outre, depuis quelques mois elle ne focalisait son attention que sur le poids qu’elle avait pu prendre, doucement mais sûrement : les fameux kilos du couple. Ceux qui s’installent avec la routine. Ceux que Monsieur reproche facilement à Madame, occultant le fait qu’il a généralement hérité des mêmes. Les poignées d’amour masculines se déclinent en bourrelets disgracieux quand on les met au féminin. Se retrouver sur le marché du célibat alors qu’on n’était plus vraiment ni jeune ni jolie, il ne pouvait lui arriver pire tuile ! »


Mon avis : Ce tout petit livre était prometteur : un titre accrocheur et hilarant, une couverture sympathique et un résumé qui annonçait une histoire légère, parfaite pour une lecture sans prise de tête. Ma lecture le fût, sans prise de tête, mais elle ne fût pas aussi bonne que ce que je pensais.

Ivana est une jeune femme nouvellement célibataire, qui va chercher à retrouver l’amour, via tous les moyens possibles et inimaginables (inscriptions sur des sites de rencontres, rencontres fortuites dans les toilettes…). Nous allons la suivre dans sa quête du grand amour, et aussi bien Ivana que nous ne sommes au bout de nos surprises…

J’ai eu un peu de mal à adhérer à l’histoire et à m’attacher au personnage d’Ivana. Il faut dire aussi que le format du livre ne le permettait pas, puisqu’avec seulement 200 pages, il est compliqué de poser les bases du récit tout en développant convenablement l’histoire.

Par ailleurs, je suis assez déçue du dénouement final, que j’ai trouvé un peu bâclé, trop écourtée. Il est un peu à l’image du livre : trop simple, trop rapide, pas assez développé.

Par simple curiosité, je lirai quand même le deuxième tome, qui se trouve actuellement dans ma Pile à Lire, pour découvrir ce que sont devenus les aventures amoureuses de Ivana. J’espère apprécier davantage le deuxième tome !


Une lecture légère et agréable, mais bien trop courte à mon goût. Je n’ai pas pu m’insérer dans le récit, apprécier l’histoire et la protagoniste. Dommage !

Ma note : 4/10

 

Littérature française·Roman

J’ai perdu Albert


J’ai perdu Albert de Didier van Cauwelaert

216 pages, éditions Albin Michel, à 19€


Résumé : « Je suis la voyante la plus en vue du pays et, depuis hier midi, je ne vois plus rien. »

Pourquoi, après vingt-cinq ans de cohabitation, l’esprit qui hante Chloé l’a-t-il soudain quittée pour sauter dans la tête d’un garçon de café, Zac, apiculteur à la dérive qui ne croit en rien ? La situation est totalement invivable, pour elle comme pour lui, d’autant que cet esprit qui s’est mis à le bombarder d’informations capitales et pressantes n’est autre qu’Albert Einstein…

Dans une comédie romantique haletante où la spiritualité s’attaque aux enjeux planétaires, Didier van Cauwelaert invente avec bonheur une nouvelle forme de triangle amoureux.


Extraits  « On se désolidarise assez vite du genre humain, lorsqu’on est serveur. Tous ces gens qui voyagent en classe ego, les touristes râleurs, les besogneux à heures fixes, les faiseurs de selfies m’isolent chaque jour davantage dans une détresse qu’ils n’auraient pas l’idée de soupçonner. »

« Je me plante devant elle et, dès qu’elle a raccroché, je lui lance :
– Vous désirez ?
– La paix.
Son cri du coeur me déstabilise une seconde, puis je réponds malgré moi d’un air sympathique :
– C’est pas sur la carte. Mais je peux demander au chef. »


Mon avisAvec ses romans Jules, puis Le retour de Jules, Didier van Cauwelaert m’avait habitué à des histoires réalistes, emplies d’émotions. Quelle surprise j’ai eu en ouvrant son nouveau roman J’ai perdu Albert… Après la surprise est venu le rire lorsque je me suis rendue compte que l’auteur adorait mettre en avant des protagonistes surprenant : après le labrador Jules, voici l’esprit d’Albert Einstein. Accrochez-vous bien et bonne lecture !

Chloé est une des voyantes les plus connues au monde. Elle aide les plus grands chefs d’état et hommes politiques dans leurs plans d’actions, en prédisant l’avenir. Mais depuis peu, l’esprit nommé Albert qui habitait sa tête l’a déserté. Sans Albert, les pouvoirs de Chloé sont réduits à néant. Albert a quitté Chloé pour rejoindre la tête de Zac, un barman totalement déboussolé par l’arrivée intempestive de cet esprit incongru. C’est à lui maintenant de gérer cet esprit envahissant.

Vous l’aurez sans doute compris, J’ai perdu Albert est un récit étonnant, qui sort de l’ordinaire. Le protagoniste n’est autre qu’un esprit, prétendument celui du célèbre Albert Einstein, qui est revenu s’incarner dans le corps d’un autre humain pour « sauver la planète ». Il a d’abord pénétré Chloé, avant de s’introduire dans Zac. Comme dans Jules, un triangle amoureux improbable va se mettre en place entre ces trois personnages. Chloé est jalouse que Albert l’ait quitté pour Zac et commence à ressentir des choses pour Zac. Mais comme Albert s’est réincarné dans Zac, est-elle en train de tomber amoureuse de l’enveloppe charnelle de Zac ou du brillant esprit d’Albert ? A vous de juger !

Il faut sans conteste faire appel à une bonne dose d’imaginaire et avoir l’esprit ouvert. Mais J’ai perdu Albert, ce n’est pas qu’une fiction loufoque, c’est aussi un récit sérieux, qui aborde des thématiques importantes, dont l’une me touche particulièrement : la disparition des abeilles. Il est vrai que ce sujet est amené comme un cheveu sur la soupe dans le récit, mais il n’en reste pas moins important. Après tout, Albert Einstein est bien revenu sur Terre pour faire entendre sa voix et guérir les maux de la planète, non ?


Un roman surprenant, à la fois drôle et romantique, tendre et acerbe. Je suis ravie d’avoir pu découvrir cette incroyable histoire, qui restera dans mon esprit.

Ma note : 6,5/10

Littérature française·Roman

Le jour où Maman m’a présenté Shakespeare


Le jour où Maman m’a présenté Shakespeare de Julien Aranda

191 pages, éditions Eyrolles, à 14€


Résumé : Quand on a 10 ans, une mère amoureuse de Shakespeare mais pas de papa, et que l’on s’attend à voir débarquer les huissiers d’un jour à l’autre, la vie n’est pas simple. Elle, comédienne de théâtre passionnée, fascine son fils qui découvre le monde et ses paradoxes avec toute la poésie de l’enfance. Avec leur voisine Sabrina, caissière de son état, et les comédiens Max, Lulu et Rita, ils forment une famille de cœur, aussi prompte à se fâcher qu’à se réconcilier. Mais, un jour, la réalité des choses rattrape la joyeuse équipe. Et le petit garçon est séparé de sa mère. Comment, dès lors, avancer vers ses rêves ? En comprenant que, peut-être, l’essentiel n’est pas l’objectif, mais le chemin parcouru … Sur fond de crise des subprimes, Julien Aranda nous raconte la trajectoire enchantée d’une troupe de théâtre inoubliable.


Extraits « Des fois, quand on est vraiment mal, on a besoin d’avoir la tête dans les nuages pour mieux retomber sur le plancher des vaches, et que si on essaie de redescendre trop vite un parachute, le seul résultat qu’on obtient, c’est de le faire s’écraser. »

« Après, elle m’a serré fort dans ses bras et m’a murmuré à l’oreille que la vie est trop courte pour être triste et qu’il faut toujours aller de l’avant. »


Mon avis :  Lui, c’est un petit garçon de 5 ans, qui vit seul avec sa maman. Sa maman, c’est une comédienne de théâtre, secrètement amoureuse de Shakespeare, qui se produit chaque jour avec sa troupe devant un public inexistant. Mais tous les comédiens, Lulu, Max et Rita forment une famille de coeur, et c’est bien plus important que le succès. En dehors du théâtre, sa maman passe beaucoup de temps avec Sabrina, leur voisine, une caissière un peu dépressive, qu’ils considèrent aussi comme faisant partie de leur famille. Mais la vie, ce n’est pas aussi simple que ça, puisque la réalité finit toujours par rattraper les rêves.

Le roman en entier est à l’image du titre : très poétique. L’histoire se raconte à la première personne du singulier, de la voix enfantine, cristalline et pure du petit garçon. Dans des mots simples, un peu naïfs, souvent rêveurs, il nous raconte son quotidien et celui de sa maman. Il détourne volontairement certains termes du quotidien pour les arranger selon son propre dialecte, mis en italique dans le texte : les réseaux asociaux, les huissiers d’injustice, la télédébilité… autant de mots tournés en dérision pour décrire avec plus de réalisme certaines choses de notre société.

Le jour où Maman m’a présenté Shakespeare est un roman riche et complet, qui aborde de multiples thématiques : l’amitié, l’amour, la recherche du profit au dépens de la recherche du bonheur… C’est surtout ce dernier point qui est longuement sous-entendu. Tata Myriam est banquière, et comme toutes les personnes travaillant au contact de l’argent, dans un secteur comme la banque, elle est très terre-à-terre, lucide et bridée dans sa tête. De ce fait, elle ne conçoit pas que sa soeur soit « comédienne de théâtre » et lui conseille constamment de rechercher un vrai métier. Deux soeurs aux métiers et à la personnalité très différents. Mais un très célèbre proverbe dit clairement que l’argent ne fait pas le bonheur, et c’est justement ce que va découvrir, malgré elle, Tata Myriam.


Un roman tendre et attendrissant, qui saura aisément vous charmer et vous faire réfléchir.  A découvrir en écoutant les chansons de « Ce bon vieux Georges », comme dirait le narrateur !

Ma note : 7,5/10

Littérature française·Roman

Le cas zéro


Le cas zéro de Sarah Barukh

534 pages, éditions Albin Michel


Résumé : Tout commence par un cas. Incompréhensible et inquiétant. Une série de symptômes incohérents et d’une gravité extrême. Laurent Valensi, médecin à l’hôpital Saint-Louis, ne sait comment soigner son patient, un certain Ali Benyoussef.
Déchiré entre sa famille qui veut le protéger d’une éventuelle contamination et un chef de service sans scrupule, il se lance dans une course contre la montre. En dépit de ses doutes, et face aux menaces qui pèsent chaque jour un peu plus sur lui, il va se battre pour sauver cet homme et faire éclater la vérité : si ce patient était le cas zéro de la terrible épidémie qui fait rage aux Etats-Unis et que l’on appelle « le cancer homosexuel » ?
Un thriller angoissant où Sarah Barukh, l’auteur de Elle voulait juste marcher tout droit, nous tient en haleine de la première à la dernière page.


Extraits « – Tu es un meilleur médecin que je ne pensais.
– Pourquoi ? s’étonna Laurent.
– Parce que tu soignes enfin avec ta tête, ton coeur et tes tripes. »

« Les cahiers ne parlaient pas, mais ils savaient écouter. »


Mon avisJusqu’à quel point un médecin est-il prêt à aller pour sauver son patient ? Jusqu’à mettre sa propre vie ou celles des êtres qui comptent le plus pour lui en danger ? Jusqu’à sacrifier sa femme et à sa fille au détriment d’un homme mourant qu’il ne connaît pas ?

Laurent Valensi, médecin interne à l’hôpital de Saint-Louis, est confronté à un patient dont les symptômes sont incohérents et inquiétants. Et si ce patient était atteint de l’épidémie nommée « cancer homosexuel » qui se propage aux États-Unis ? Malgré les menaces de ses supérieurs qui pèsent sur lui, Laurent Valensi va tout mettre en oeuvre pour soigner Ali Benyoussef.

Une course contre la montre est lancée pour Laurent Valensi : son patient est dans un état critique, il doit faire au plus vite pour le soulager. Aidé par Camille, sa stagiaire interne, Simone, une vieille infirmière au caractère bien trempé, et David, un ancien médecin Tunisien reconverti en épicier parisien, l’équipe va s’entraider pour sauver la vie du patient. Un récit haletant, prenant et additif, qui ne laisse pas indifférent.

Bien évidemment, pour ajouter du piment au récit, l’auteure a incorporé un soupçon de magouilles et d’escroqueries internes. Le directeur de l’hôpital de Saint-Louis serait accusé d’empêcher la guérison d’Ali Benyoussef et de financer clandestinement la recherche médicale. Les couloirs de l’hôpital ne sont pas aussi blancs et purs que son aspect semble faire penser.

A travers ce récit, Sarah Barukh met en avant le courage des médecins, qui n’hésitent pas à sacrifier leur vie pour sauver celle des autres. Pour écrire ce roman, l’auteure s’est inspirée de faits réels et de récits de médecins, qui lui ont racontés ce qu’ils avaient vécus à l’hôpital. Les plus perspicaces pourront percevoir une ressemblance entre ce cancer homosexuel nommé « LAV » dans le livre, et le SIDA, apparu dans les années 1980. La réalité et la fiction se mélangent pour donner un roman dynamique, haletant et plein d’émotions.


Un très bel hommage à ces hommes, qui se sacrifient tous les jours pour soigner de parfaits inconnus. Un récit dynamique et bien écrit, que j’ai vraiment apprécié découvrir ! 

Ma note : 8,5/10

Littérature française·Roman

Paris est tout petit


Paris est tout petit de Maïté Bernard

370 pages, éditions Syros, à 17,95€


Résumé : L’histoire d’amour que vous n’oublierez jamais, un roman qui répare et un hymne à Paris
Inès a 17 ans et un objectif : être admise à Sciences Po après le bac. Elle vient de trouver un job de femme de ménage chez les Brissac, dans le 7e arrondissement de Paris, mais elle n’avait pas prévu le coup de foudre intense entre elle et Gabin, le fils aîné de ses employeurs.
 » Paris est tout petit pour ceux qui s’aiment, comme nous, d’un aussi grand amour.  »
Cette phrase de Prévert devient leur credo. Inès et Gabin sont ensemble le soir de l’attentat du Bataclan, quand le pire se produit. Dès lors, leur histoire et la ville qui les entoure prennent d’autres couleurs, celles de l’après.


Extraits « Je sais que j’ai été aimé. Même quand ça s’arrête trop tôt, l’amour des parents est une force pour la vie. Et je peux envisager à nouveau que j’en ai une, de vie. »

« Lisez tous les jours un petit peu. C’est-à-dire : pratiquez, pratiquez, pratiquez. Comme un concertiste. Le jour du concert, le morceau est tellement inscrit dans son corps que ses émotions parasites ne peuvent pas l’empêcher de l’exécuter. De cette manière vous rayonnerez malgré vous. »


Mon avis : Un grand merci à l’opération Masse Critique Babelio, ainsi qu’aux éditions Syros, de m’avoir offert l’opportunité de découvrir ce livre. Paris est tout petit, c’est l’histoire d’amour entre Gabin, un jeune garçon aisé, et Inès, une jeune femme ambitieuse mais qui provient d’un milieu moins favorisé. Malgré leurs différences de classe, les deux ados vont se rencontrer et s’aimer…. jusqu’au 13 novembre 2015, où leur vie va basculer !

Le roman avait mal commencé pour moi. Cette relation qui s’est liée trop rapidement entre la jeune femme de ménage et ce fils de riche, c’était trop simple, trop bâclé, trop évident. J’étais déçue de ce début d’histoire, que je pensais voir perdurer tout au lieu du récit. Mais il n’en est rien, puisque Maïté Bernard a réservée de nombreuses surprises à ses lecteurs. Tout bascule, la petite histoire trop prévisible et un peu gnangnan entre Inès et Gabin se transforme en une véritable tragédie des temps modernes. La vie entière des deux adolescents se voit transformée : alors qu’ils étaient insouciants, amoureux et pleins de vie, l’horreur du Bataclan va les transformer.

C’est une histoire tragique et émouvante que nous raconte l’auteure. La façon dont des vies entières peuvent être brisées en un rien de temps. Famille, amis, collègues… quand l’horreur s’abat sur quelqu’un, la tristesse touche tout le monde. Nous nous glissons dans la peau des victimes, et découvrons comment leur vie a changée, seulement quelques mois après le drame du Bataclan.

Malgré l’horreur des événements décrits, l’histoire n’en reste pas moins gaie et lumineuse. L’amour et Paris restent plus forts que tout ce qu’on peut leur faire subir. Jacques Prévert le disait très bien : « Paris est tout petit pour ceux qui s’aiment comme nous d’un si grand amour« .


Un récit plein d’émotions, qui raconte l’histoire d’une famille brisée par les attentats du Bataclan. Leur quotidien se voit transformé à jamais, mais la vie continue, malgré tout. Un roman rempli d’espoir, qui vous fera passer du rire aux larmes !

Ma note : 8/10

Littérature française·Roman

L’amour propre


L’amour propre de Olivier Auroy

263 pages, éditions Intervalles, à 19€


Résumé : Au salon de massage de luxe de M. Victor, rue de Courcelles, entre les mains habiles de Waan, les hommes s’abandonnent. Depuis qu’elle est devenue orpheline, Waan est reconnaissante envers M. Victor, un ancien associé de son père, de lui avoir évité la fin tragique de la plupart des filles de sa condition en Thaïlande. Mais toute protection a un prix, que M. Victor n’oublie pas de réclamer entre deux symphonies.
Et si l’écrin somptueux dans lequel elle pratique aujourd’hui n’a rien à voir avec les arrière-cours miséreuses de Chiang Rai, depuis quelques semaines Waan ressent une inquiétude diffuse. Waan rêve alors de tout changer. Ne plus masser le corps des hommes. Mais a-t-on toujours le choix ? L’Amour propre est un thriller osé, palpitant et implacable dans l’univers clos et énigmatique des salons de massage.
C’est aussi une réflexion sans concession sur le rouage cruel et douloureux que peut constituer le désir des hommes et un plaidoyer radical pour le respect de celui des femmes.


Extraits  « Le destin nous embarque parfois dans des aventures auxquelles nous ne sommes pas préparées. »

« Je voulais être libre, sans attache, sans responsabilité, sans maître. Je me suis fait des illusions. On a toujours un maître, il prend toutes les formes, celle d’un patron, celle d’une famille, celle de l’argent et dans mon cas, celle de l’actualité qui conditionne mon existence. Le secret, c’est d’avoir plusieurs maîtres et de ne jamais laisser l’un d’eux prendre le dessus. »


Mon avis : Wann est orpheline et travaille dans un salon de massage à Paris pour subvenir à ses besoins. Elle est sous les ordres de M. Victor, l’homme qui l’a sortie de Thaïlande en lui promettant une vie meilleure. Elle se sent redevable envers lui et n’hésite pas à assouvir ses désirs, même les plus pervers. Mais cette vie n’est pas celle à laquelle aspire Wann, qui espère de tout coeur pouvoir partir de ce salon, retrouver son fils et mener une vie digne de ce nom. Sa rencontre avec Matthieu semble sonner le glas d’une nouvelle ère.

Olivier Auroy aborde une thématique peu commune et compliquée à traiter : la prostitution. Vous l’aurez compris, dans ce salon de massage, les filles vont souvent plus loin que les simples massages. M. Victor est une sorte de proxénète, qui dirige un réseau de filles « masseuses ».

Certaines personnes peuvent être révoltées de lire un ouvrage tel que celui-ci, dans lequel l’image même de la femme est avilie et salie, réduite à un simple objet sexuel. A mon sens, mettre en lumière une telle chose, avec autant de froideur et de crudité, permet de démontrer la perfidie et la perversité des hommes. On pourrait croire que le portrait que dresse l’auteur de certains des hommes est caricaturé et un peu exagéré, mais pourtant, il ne faut pas aller bien loin pour découvrir le manque de respect que peuvent avoir certains hommes envers les femmes. Forcer le trait, montrer des choses révoltantes, des violences physiques et psychologiques, peut faire prendre conscience, autant aux hommes qu’aux femmes de ce qu’il faut faire (ou ne pas faire) pour aller vers une intégrité et une égalité des sexes.

De plus, une enquête est menée en arrière-fond du récit pour découvrir ce qui a bien pu arriver à notre jeune protagoniste. Après le décès de ses parents, elle s’est retrouvée à la rue, à la merci de tous, obligée d’obéir aux hommes pour pouvoir survivre. Mais à bien y réfléchir, le décès de son père, était-il vraiment un accident comme l’affirme M. Victor ? Cette intrigue nous donne envie d’en apprendre plus et nous force donc à poursuivre avec frénésie notre lecture.

J’ai apprécié le trait stylistique de l’auteur, qui manie avec sensualité et précision les mots. Il a réussi à instaurer une ambiance particulière à son récit, qui perturbe notre esprit, tant l’histoire est peu commune, mais qui, en même temps, attire et intrigue.


L’amour propre est un roman déroutant mais percutant, qui interpelle et aiguise la curiosité. C’est un récit sous fond d’enquête, qui représente un véritable plaidoyer en faveur des femmes. 

Ma note : 7/10