Littérature jeunesse·Saga

20, allée de la Danse : Petit rat, malgré tout


20, allée de la Danse : Petit rat, malgré tout de Élizabeth Barféty

154 pages, éditions Nathan, à 9,95€


Résumé : Rien ne destinait Bilal à la danse. Et pourtant le voici élève de la prestigieuse école de l’Opéra. Mais tout le monde ne voit pas cela d’un très bon oeil. Bilal est tourmenté par ses anciens copains : d’après eux, la danse, c’est « pour les filles » ! Seulement, Bilal n’ose pas en parler. Ni à ses nouveaux ami, ni à son père qui ne le comprend pas… Le jeune danseur parviendra-t-il à combattre les préjugés ?


Extrait :  « C’est ce mélange de concentration de calme et d’effort qui lui a immédiatement plu dans la danse classique. Il aime la sensation de contrôler son corps et d’être si absorbé qu’il n’y a plus de place pour rien d’autre. Les muscles le tiraillent, son cerveau est entièrement occupé par l’exercice et par la musique.« 


Mon avisJe continue ma découverte de cette saga jeunesse qui met en lumière, dans chacun de ses tomes, un élève de l’école de danse de l’opéra de Paris. Dans Petit rat, malgré tout, nous faisons la découverte d’un garçon, Bilal, qui passe ses journées à l’école de danse, et qui rentre le soir chez lui, dans une triste banlieue, bien loin de la majesté qu’offre le quartier de l’opéra. Et pour cause : Bilal vient d’une famille assez pauvre, qui s’est longuement questionnée sur ce qui avait attiré Bilal dans ce milieu de la danse, très éloigné de tout ce qu’ils connaissent. Si peu à peu, sa famille accepte sa décision, ses anciens copains d’école, eux, se moquent encore fréquemment de son choix. Mais bien sûr, tout ce qui se passe en dehors de l’école reste en dehors de l’école ; ainsi, la bande de copains de l’opéra ne savent pas que Bilal souffre des nombreux obstacles qui se dressent entre lui et la danse.

Bilal est un personnage qui casse tous les stéréotypes qui tournent autour de la danse : ce n’est pas une discipline dédiée spécialement aux filles, ce n’est pas réservé à une classe sociale supérieure, c’est une activité accessible à tous et pour tous. Une belle figure de héros, comme on en trouve que trop peu. Bilal m’a touché ; par sa volonté et son courage, par sa façon de ne pas suivre les chemins préétablis par la vie, mais de se créer ses propres chemins. Peu auraient osés !

Dans ce tome-ci, contrairement aux autres, l’auteure se désaxe un peu de la danse pour se tourner vers les valeurs humaines. Elle nous offre donc un roman sur fond de danse, mais empli en premier plan de magnifiques valeurs : l’amitié, l’amour, l’entre-aide, la solidarité, la différence. Autant de leçons de vie qui donnent à réfléchir (aux plus petits comme aux plus grands). En tout cas, il m’a tant fait réfléchir que je me demande bien si ce n’est mon tome préféré de la saga… A méditer !


 Enfilez vos ballerines, et laissez-vous glisser sur scène : émotions, rires et larmes sont au rendez-vous. Une belle histoire d’amitié, d’amour et d’entre-aide vous y attend. 

Ma note : 7,5/10

 

Littérature jeunesse·Saga

La famille trop d’filles : Elisa et les danseurs amérciains


La famille trop d’filles : Elisa et les danseurs américains de Susie Morgenstern et Clotka

42 pages, éditions Nathan


Résumé : Depuis qu’Elisa a assisté à un spectacle des danseurs d’une compagnie américaine, elle rêve d’aller faire un stage de danse à New York avec eux. Mais il y a plusieurs obstacles : elle est très jeune et, surtout, elle ne parle pas un mot d’anglais… HELP* ! (*à l’aide !)


Extraits :  « – Moi, j’aimerais être une fille ! annonce Gabriel.
– Tiens, pourquoi ? lui demande Billy.
– Parce que c’est trop dur d’être le seul garçon au milieu de six filles.
– Mais si tu n’étais pas un garçon, les parents auraient continué à essayer d’en avoir un et on aurait été encore plus nombreuses, explique Bella. Tu nous as sauvées : il n’y a plus de place ici ! Merci, Gabriel !« 

« Noire ou pas, avec ou sans petits pieds, en français comme en anglais, tu seras toujours notre danseuse étoile préférée ! »


Mon avis : Entre deux gros romans, rien de tel que de continuer ma découverte de la petite saga jeunesse La famille trop d’filles écrit par Susie Morgenstern et illustré par Clotka.

Pour ceux qui ne connaissent pas encore cette saga, elle met en lumière une famille composée de sept enfants, dont six filles et un seul garçon. Chaque tome met en lumière un enfant de cette famille ; on les découvre donc chacun leur tour, séparément. Dans ce tome-ci, c’est Élisa qui est mise en avant. Cette jeune fille, déjà passionnée de danse, va tomber en amour de la troupe américaine Alvin Ailey, qu’elle est allé voir en spectacle avec sa grand-mère. Décidée à intégrer leur troupe pour un stage de danse d’été, Élisa va faire face à un obstacle de taille : son trop jeune âge. Très déçue, elle va se tourner vers ses frères et soeurs, toujours présents pour l’entourer et lui remonter le moral.

 

Encore une fois, les deux auteures nous livrent un récit jeunesse agréable à découvrir, qui en plus, délivre une jolie leçon de vie. A travers ce tome, on découvre un amour fraternel et une solidarité familiale très forte, qui permettent de surpasser les obstacles de la vie et de recouvrer le sourire. A glisser entre chaque jeunes mains.

Ma note : 6/10

 

Littérature française·Roman·Saga

Le retour de Jules


Le retour de Jules de Didier van Cauwelaert

166 pages, éditions Albin Michel, à 16,50€


Résumé : « Guide d’aveugle au chômage depuis qu’Alice a recouvré la vue, Jules s’est reconverti en chien d’assistance pour épileptiques. Il a retrouvé safierté, sa raison de vivre. Il est même tombé amoureux de Victoire, une collègue de travail. Et voilà que, pour une raison aberrante, les pouvoirs publics le condamnent à mort. Alice et moi n’avons pas réussi à protéger notre couple ; il nous reste vingt-quatre heures pour sauver notre chien. »

Au coeur des tourments amoureux affectant les humains comme les animaux, Didier van Cauwelaert nous entraîne dans un suspense endiablé, où se mêlent l’émotion et l’humour qui ont fait l’immense succès de Jules.


Extraits :  « C’est bien plus que le jouet de Victoire. C’est la clé de sa vocation, de son dressage et de ses six ans de carrière. Marjorie m’a expliqué que tous les composants d’explosifs possibles imprègnent la garniture du Marsupilami, afin que le chien détecteur mémorise les odeurs de chaque molécule. Ensuite, quand son maître lui cache son jouet, il va s’employer à en retrouver la trace olfactive dans un périmètre défini – stade, aéroport, école, salle de spectacle, appartement, voie publique, moyen de transport… En termes de motivation pour l’animal, la détection d’une ceinture explosive est fondée non pas sur la chasse à l’homme, mais sur le jeu. C’est pourquoi aucun kamikaze ne peut échapper à un chien qui traque son doudou.« 

« Pour demeurer en phase avec la femme qu’on aime, on est parfois obligé de la tromper.« 

Mon avis : Le retour de Jules, c’est la suite des aventures de Jules, l’ancien chien guide aveugle d’Alice, qui s’était retrouvé sans emploi, après qu’Alice ait retrouvé la vue. S’en était suivi une séparation douloureuse entre le chien et la maîtresse, Jules devant mettre ses talents au profit d’un autre aveugle. Mais l’expérience d’éloignement n’avait pas fonctionné et Jules était revenu auprès d’Alice.

Ici, nous retrouvons Jules, plus en forme que jamais, qui s’est trouvé une nouvelle vocation : chien d’assistance pour les épileptiques. Mais voilà, alors qu’il était en charge d’une vieille dame, Jules s’est subitement montré violent et à mordu le neveu de cette dame. Immédiatement embarqué à la fourrière, Jules est condamné à mort par les pouvoirs publics. Alice et Zibal, les anciens amoureux, vont tout faire pour comprendre ce qui a amené leur si gentil gentil à ce comportement violent, et vont tenter de le sauver de la mort.

Dans le premier tome, Jules a contribué à sauver sa maîtresse et Zibal, en leur amenant joie et gaieté et en leur redonnant goût à la vie. Dans ce tome-ci, l’inverse se produit : les maîtres vont tenter de sauver Jules de la mort. C’est un juste retour de bâton (admirez la subtilité du jeu de mot).

Après avoir découvert Jules dans la peau d’un chien guide d’aveugle, j’ai apprécié l’initiative de l’auteur de nous faire découvrir une autre faculté extraordinaire dont peuvent être capables les chiens. Ici, on découvre que les chiens peuvent être des assistants d’épileptiques et détecter les crimes épileptiques avant qu’elles ne se produisent. Mieux que la science. Dans sa note en post-scriptum, Didier van Cauwelaert raconte la naissance de ce deuxième opus et l’idée qui l’a conduit à mettre en scène Jules dans cette nouvelle vie de chien d’assistance. L’idée lui vient d’un professeur du CHU de Nancy, seul épileptologue français travaillant avec des chiens détecteur de crises. De cette rencontre naîtront le sujet de ce livre et le projet ESCAPE, dépeint brièvement dans le livre, qui va être véritablement lancé. Affaire à suivre… En tout cas, l’auteur conclue sa note d’intention d’une jolie phrase qui mérite réflexion : « Ainsi, agissant comme un catalyseur, la fiction peut-elle parfois bénéficier à la réalité dont elle s’inspire ».

Malgré la beauté du sujet abordé, il m’a manqué l’intense émotivité que j’avais tant apprécié dans le premier tome. Les personnages sont moins proches du lecteur, et donc moins attachants, tout comme Jules, que j’ai trouvé distant et un peu froid dans ses agissements. Une mince frontière s’est installée entre les personnages et moi, m’empêchant de savourer pleinement ma lecture. Néanmoins cette sensation étant purement subjective, faites-vous votre propre avis sur ce livre !


Dans la continuité de Jules, l’auteur met en avant une autre des capacités extraordinaires dont sont dotés les chiens. Un roman dynamique, qui manque quand même d’intensité. 

Ma note : 5,5/10
Littérature jeunesse·Saga

20, allée de la Danse : L’envol d’une discrète

dbc


20, allée de la Danse : L’envol d’une discrète 

de Elizabeth Barféty

152 pages, éditions Nathan, à 9,95€


Résumé : Loin de l’Italie, son pays natal, Sofia n’a pas tous les jours le moral. Elle est fière d’avoir intégré l’École de Danse de l’Opéra de Paris, institution qui la faisait rêver depuis longtemps, mais le quotidien n’y est pas toujours facile. Elle est timide, très naïve et le français n’est pas sa langue maternelle, ce qui complique les choses en cours, mais aussi avec ses camarades de sixième division…
Elle a l’impression d’être en permanence la cinquième roue du carrosse. La petite danseuse finira-t-elle par trouver sa place et prendre confiance en elle ?


Extraits :  « C’est toujours comme ça. Les autres semblent s’exprimer spontanément, mais pour elle, toute parole est compliquée. Elle passe des heures à rejouer dans sa tête ce qu’elle aurait dû dire, comment elle aurait pu répondre. Des conversations idéales, Sofia en a vécu des milliers. »

« La danse est ma langue maternelle.« 


Mon avis : Les éditions Nathan, en partenariat avec l’Opéra de Paris, continuent de publier leur saga 20, allée de la Danse, narrant les aventures quotidiennes des petits rats de l’Opéra.

Ce tome-ci met en lumière Sofia, une jeune danseuse Italienne, discrète et timide, qui n’arrive pas vraiment à s’intégrer au groupe. Lors d’un de ses cours de Français langue étrange, sa professeure lui propose de tenir un journal intime, pour s’exercer à la pratique de l’écriture française. Sofia obtempère et se met à livrer ses craintes, ses doutes et ses galères dans son journal. Imaginez alors sa peur lorsque la jeune fille ne le retrouve plus. Paniquée à l’idée que quelqu’un puisse lire ce qu’elle y écrivait, elle entreprend de le chercher partout… jusqu’à le retrouver, mystérieusement posé devant sa porte.

Ce qui est bien dans cette saga jeunesse, c’est que chaque tome aborde un sujet de société différent, mais toujours en lien avec la danse et l’opéra. Ici, la timidité, l’insertion sociale à un groupe, l’adaptation à un nouveau pays, à de nouvelles coutumes. Des thématiques qui parlent à tout le monde, puisque l’on peut les retrouver en-dehors du contexte de l’opéra. Arriver à avoir confiance en soi, s’ouvrir aux autres… sont autant de difficultés que beaucoup rencontrent et contrent.

Une autre des lignes directrices de cette saga, c’est la forte cohésion que l’on ressent au sein de leur groupe d’amis. Une cohésion de groupe qui est sans doute la base pour pratiquer la danse classique. Chacun respecte l’autre et l’accepte comme il est, tout le monde s’épaule et s’aide mutuellement. Un vrai cercle d’amis comme il est rare d’en débusquer !

Comme d’habitude, Elizabeth Barféty manie avec grâce et agilité sa plume, nous emportant dans le monde très fermé des petits rats de l’Opéra de Paris, tout en abordant des thématiques qui parlent à tous (timidité, estime de soi, intégration sociale…). Je suis vraiment conquise par ce partenariat avec l’Opéra de Paris, qui me met des paillettes dans les yeux et me pousse à aller assister à une de ces représentations tant admirées.

Ma note : 7/10
Littérature jeunesse·Saga

Les jumeaux Tapper, tome 3 : Votez Tapper


Les jumeaux Tapper, tome 3 : Votez Tappez de Geoff Rodkey

266 pages, éditions Nathan, à 12,95€


Résumé : En attendant ce grand jour, je dois m’entraîner au pouvoir, et actuellement  je suis candidate en tant que présidente des élèves de 6e du collège Culvert. Seulement voilà, cette élection, au départ très sérieuse, avec des candidats rigoureux et fiables, s’est transformée en cirque géant quand mon frère a voulu se présenter. En plus, il a une directrice de campagne presque aussi intelligente que moi…

 

Extraits :  « La politique peut prendre pas mal de formes différentes. Mais les deux plus courantes sont : la « dictature » et la « démocratie ».
Dans une dictature, une seule personne décide de tout. Et tout le monde doit faire ce que cette personne ordonne. C’est très injuste. Voici deux bons exemples de dictature : la Corée du Nord et notre appartement.« 

« Mais en vrai, ce n’est qu’un grand jeu. Tu regardes les infos sur les chaînes du câble, des fois ? Il y a des émissions politiques qui sont EXACTEMENT comme des tournois de catch. La seule différence, c’est qu’il y a des vieux types en costard. Et plutôt que de se jeter des chaises à la figure, ils crient. Même si ça arrive aussi qu’ils se balancent des chaises. Ça dépend des chaînes.« 

Mon avis : Avant toute chose, sachez que j’ai lu et adoré les deux premiers tomes de cette saga jeunesse. Je les avais trouvé hilarants, originaux et super dynamiques. Mais pour qu’une saga dure, il faut varier les surprises et les rebondissements, et ne pas se cantonner à un seul et unique schéma narratif, comme le fait Geoff Rodkey.

Hélas… comme dans le premier et deuxième tome, on retrouve cette narration sous forme de journal intime, avec des photos, bouts de journaux collés, témoignages des proches, capture écran de SMS… Toujours en suivant le modèle des deux autres tomes, on retrouve nos deux jumeaux, Claudia et Reese, qui, comme toujours, se mènent une guerre sans merci. Ils vont se chamailler tout au long du récit, pour finir par… se réconcilier et tout arranger entre eux. Prévisible. Car le schéma narratif des deux tomes précédents était littéralement identique.

Les jeunes enfants qui ont adoré les deux premiers tomes devraient se régaler avec celui-ci, construit de la même façon. Mais pour une lectrice adulte comme moi, je l’ai trouvé rébarbatif, sans surprise, mou, même. J’aurais voulu un petit quelque chose de plus, un changement qui aurait dynamisé la saga et aurait apporté un renouveau plaisant. Mais je n’ai lu qu’une copie conforme des deux volumes qui l’ont précédés.

J’accorde quand même un bon point à la thématique centrale de ce tome, ancrée dans l’actualité française du moment, à savoir des « élections ». Même si elles ne se situent pas au même niveau que les élections présidentielles, les élections pour devenir président des sixièmes, c’est important. Campagne présidentielles, meetings et débats, le frère et la soeur ne laissent rien au hasard, voulant à tout prix devenir le nouveau président des sixièmes du collège Culvert.


Vous l’aurez compris, ce troisième tome est bien trop similaire à ses deux prédécesseurs. Manque de surprise et de rebondissement novateurs, dénouement prévisible, moins d’attrait pour la forme et le style narratif de l’auteur. Je ne sais pas s’il y aura un quatrième tome, mais en tout cas, je ne le lirais pas.

Ma note : 3,5/10
Roman policier et polar·Saga·Thriller

Level 26, tome 2 : Dark Prophecy

Level 26, tome 2 : Dark Prophecy d’Anthony E. Zuiker
363 pages, éditions Michel Lafon, à 19,50€
Résumé : Steve Dark devrait être au fond du gouffre: la femme qu’il aimait est morte par sa faute, massacrée par le même psychopathe qui a tué ses parents adoptifs. Mais Dark n’est pas un homme ordinaire. C’est un chasseur, capable de se glisser dans la peau des tueurs les plus aguerris et d’infiltrer leurs pensées meurtrières pour mieux les traquer. II se sent désormais investi d’une mission qui n’est pas limitée par les règles de la police et qu’il ne soumet à aucune autorité, qu’elle soit gouvernementale ou morale. Une mission qui, il l’espère, lui permettra enfin de restaurer la justice.
Extraits : « Je pense que les tueurs en série sont comme le cancer. Quand on les dépiste suffisamment tôt, on peut sauver des vies. »
« Il n’y avait qu’un truc pire que d’avoir été cambriolé, pensa Green. C’était de rentrer chez soi au beau milieu d’un cambriolage.« 

Mon avis : ENFIN : je retrouve l’auteur qui m’a tant fait frémir dans le premier tome de Level 26. Autant vous dire que je me suis goulûment jetée sur ce second livre, et que je l’aie dévoré en un rien de temps…

Fidèle à lui-même, Anthony E. Zuiker bourre ses thrillers de tensions narratives et d’actions en continus. C’est le cas pour Dark Prophecy, avec beaucoup d’actions, crée grâce aux meurtres qui s’enchaînent sans discontinuer. Ce coup-ci, l’intrigue se base sur les cartes du jeu du tarot : en effet, l’assassin reproduit les dessins des cartes à l’identique lorsqu’il assassine ses victimes. Des victimes qui semblent prises au hasard, éparpillées dans tous les états Américains, qui se font tuer à un rythme frénétique. Notre célèbre inspecteur Dark, après avoir abandonné ses fonctions au FBI suite à la première affaire présentée dans le premier tome, est intrigué par cette affaire. Il va donc tenter de la résoudre en parallèle de la législation, avec l’aide d’une mystérieuse femme surnommée Graysmith.

Le lecteur retrouve avec plaisir le personnage de Dark, le James Bond moderne d’Anthony E. Zuiker ; toujours aussi attachant, il est à la fois professionnel, affectueux, réaliste et médiculeux. Toutes les qualités lui sont promues. Les autres personnages n’ont pas d’intérêt particulier, ils ne sortent pas autant du lot que Dark.
Un prénom bien symbolique, qui colle parfaitement avec l’atmosphère sombre, confinée et angoissante du roman.

En effet, l’auteur a écrit des chapitres concis, qui s’enchaînent donc rapidement, qui donnent envie de prolonger notre lecture, mais qui fait également monter le récit en tension. Un choix brillant, qui m’a angoissé et effrayé durant toute l’histoire.

Mais contrairement au premier tome, j’ai trouvé l’intrigue de celui-ci un petit peu plus brinquebalante. L’enquête menée par les policiers n’était pas très bien expliquée, le lecteur se perdait un peu dans les méandres de meurtres. De plus, le dénouement ne contenait pas de contours nets – ne lisez pas la suite si vous ne souhaitez pas être au courant de certains détails du final de ce livre -, je n’ai pas compris le mobile des assassins, ni leurs intentions, leurs idées… Ils m’ont juste fait penser à des fous furieux, qui tuaient pour le plaisir de tuer.
Je trouve quand même dommage que l’auteur ait plus concentré son récit autour de l’action, des nombreux meurtres et du mystère des cartes de tarot, sans pour autant pondre une fin assez satisfaisante et cohérente.

Hormis quelques petits désagréments au niveau du dénouement, j’ai beaucoup aimé frissonner, courir en adéquation avec les policiers, tenter de rechercher des mobiles pour ces meurtres… Un bon moment de lecture. Je lirai certainement le troisième et dernier tome prochainement.

Bien sûr, tout comme le premier tome, l’histoire reste interactive : le lecteur a la possibilité de visionner des séquences vidéos tournées par l’auteur lui-même, qui met en scène sa propre histoire.

Ma note : 7/10
Roman policier et polar·Saga·Thriller

Level 26, tome 1

Level 26, tome 1 d’Anthony E. Zuiker
373 pages, éditions Michel Lafon, à 19,50€

 

Résumé : Les policiers du monde entier répartissent les criminels sur une échelle de 1 à 25, selon leur dangerosité. Un tueur échappe à cette classification. Cruel à l’extrême, insaisissable, sévissant sur tous les continents, il ne connaît aucune limite ni aucun mode opératoire de prédilection : c’est le niveau 26. Un seul homme peut l’arrêter. Il s’appelle Steve Dark, et depuis que ce monstre a massacré sa famille, il s’est juré de cesser de traquer les psychopathes. Mais bientôt, il n’aura plus le choix.

Extraits : « On ne pousse pas quelqu’un qui se trouve au bord du gouffre. On essaie d’abord de le faire reculer avant de tenter de comprendre de quoi il s’agit. »
« Parfois, vous avez dans l’oeil un regard qui indique que vous voyez plus que ce qui vous entoure. Que vous regardez dans le présent. Que vous voyez votre avenir, qu’il soit heureux ou triste. Vous voyez ce qui a été, ce qui est et ce qui aurait pu être… »

Mon avis : Hautement originale, sanglante, horriblement effrayante, une histoire à faire pâlir de jalousie les plus grands succès de Stephen King. Ce premier tome de la trilogie Level 26, aussi surprenant soit-il, m’a entièrement conquise.

La boule au ventre, les larmes aux yeux… voilà ce que je recherche tant dans tout bon thriller. Anthony Zuiker, à l’origine scénariste et producteur de la série télévisée des Experts, connaît les fils du métier, sait comment terrifier tout un chacun. Mélangeant des scènes de crimes sanglantes et inexpliquées à une atmosphère lourde et oppressante, il fait planer dans l’air une obscurité permanente. A partir de ces premiers éléments de base, il rajoute une bonne dose de mystère dans son récit, qui deviendra la clef centrale de l’histoire, l’énigme à résoudre.
Avec un criminel masqué, un inconnu cruel, qui semble venu d’ailleurs, l’auteur ancre définitivement le thème de son roman dans la dangerosité, la cruauté et l’horreur.

Pour rajouter davantage de terreur dans ses scènes, Anthony Zuiker, en tant que bon créateur télévisuel, a eut l’idée nouvelle de mettre en place une interraction entre les personnages inanimés du livre et des scènes filmés avec de vrais acteurs. Nous pouvons donc suivre chapitre par chapitre des extraits correspondants aux actions du livre, disponibles sur le site officiel du roman, Level26. Certaines descriptions du livre accordés avec les êtres humains de chair et d’os des vidéos rend plus vivant le récit, et appose sa dose d’effroi supplémentaire.

Le second tome attend déjà d’être lu, sagement rangé dans ma biliothèque. J’ai hâte de découvrir le soupçon de nouveauté que nous réserve l’auteur. Le dénouement du premier tome aurait pu marquer la fin de l’histoire, mais les quelques lignes qui clos celui-ci laisse présager bien d’autres mystères.

N’ayez pas peur d’accéder à vos peurs les plus profondes, ne craignez pas l’homme du niveau 26, et foncez découvrir l’horrible histoire tout droit sortie de l’imagination d’Anthony Zuiker. Pour ma part, après avoir frémi durant une bonne partie du roman, je n’ai plus qu’une envie : me replonger dans l’univers si sombre de cette fantastique trilogie.

Ma note : 8,5/10