La Curieuse Histoire d’un chat Moribond


La Curieuse Histoire d’un chat Moribond de Marie-Renée Lavoie

117 pages, éditions Alice Deuzio, à 12€


Résumé : La curieuse histoire d’un chat Moribond, c’est l’histoire d’un chat qui s’appelle Ti-Chat parce qu’il ne grandit pas. Et accessoirement il meurt souvent. Ça ne dure jamais longtemps mais ça peut surprendre. Pas Ti-Chat : il est habitué. Ti-chat est très philosophe. Il a été retrouvé très loin de sa ferme dans le désert australien (Ti-chat a un très grand sens de l’orientation…) par une petite fille après avoir marché 2000 ans (et une horloge interne infaillible…) Il ne lui restait qu’une petite étincelle de vie et il s’y est accroché. Après tout, la famille qui le sauvait savait pêcher la boîte de thon. Et ça, pour un chat, c’est précieux…


Extraits « Ma mère disait que j’étais « spécial », pour faire joli. Les mères sont comme ça, elles transforment toujours les petits défauts en grosses qualités. »
« Ma mère m’avait dit, un jour, que les gens méchants ne sont que des gens malheureux. »

Mon avis : Je souhaite tout d’abord remercier Babelio ainsi que les éditions Alice Deuzio pour l’envoi de ce roman dans le cadre d’une Masse critique.

Amoureuse des chats depuis ma plus tendre enfance, je me suis laissée tenter par cette histoire, qui promettait un agréable moment de lecture aux côtés d’un chat moribond et plein d’humour. Ti-Chat, un tout petit chaton, s’est éloigné de chez lui et s’est perdu dans la forêt. Il va être vite recueilli par une petite fille qui va prendre soin de lui. Ti-Chat va découvrir une nouvelle maison, il va acquérir de nouvelles habitudes et se faire de nouveaux amis.

L’histoire est racontée du point de vue de ce petit chaton, que nous suivons dans ses aventures, toutes plus ou moins loufoques. Je suis certaine d’une chose : avec Ti-Chat, on ne s’ennuie pas ! Il nous en fait voir de toutes les couleurs et contrebalance le cliché du chat paresseux qui passe ses journées à se prélasser.

J’ai bien aimé le message d’entraide et de solidarité que Marie-Renée Lavoie fait passer à plusieurs reprises dans son récit. Ti-Chat qui aide un autre chat en difficulté, Ti-Chat qui est secouru par une armée d’araignées…

L’histoire est agréable à découvrir, autant pour les enfants que pour les adultes, et elle est agrémentée d’illustrations forts sympathiques, qui nourrissent davantage le récit.

 

 

Malgré le fait que j’ai vraiment apprécié découvrir cette histoire, je ne l’ai pas trouvée si exceptionnelle, dans le sens où une semaine seulement après avoir refermé le livre, l’histoire s’est déjà estompée de ma mémoire. Peut-être qu’écrire quelques pages supplémentaires auraient ancrées plus profondément le récit dans l’esprit du lecteur, je ne sais pas. Cela n’enlève en rien le fait que j’ai pris du plaisir à suivre les aventures de ce petit chaton si attachant.


Un récit original et gorgé d’humour, à mettre entre les mains des parents et des enfants et de tous les amoureux des chats. 

Ma note : 6/10

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Sadie


Sadie de Courtney Summers

332 pages, éditions La Martinière fiction, à 16,90€


Résumé : Sadie, 19 ans, s’est volatilisée. Pour West McCray, journaliste à New York, il s’agit d’une banale disparition. Mais quand il découvre que sa petite soeur, Mattie, a été tuée un an auparavant et que sa mère a elle aussi disparu, sa curiosité est éveillée. West se lance alors à la recherche de Sadie et les témoignages qu’il recueille vont alimenter sa série de podcasts…

Sadie, elle, n’a jamais pensé que son histoire deviendrait le sujet d’une chronique à succès. Elle ne désire qu’une chose : trouver l’homme qui a tué sa soeur.

Qui est réellement cet homme ? Comment est-il entré dans la vie de Mattie ? Tandis que Sadie remonte la piste du tueur, West remonte celle de Sadie. Et se dessine, progressivement, la figure d’un homme – d’un monstre ! – qui pourrait bien frapper à nouveau…

West retrouvera-t-il Sadie à temps ?


Extraits « La fatigue est pire que l’ivresse. On dit des trucs qu’on n’a jamais voulu dire et quand on s’aperçoit qu’on n’aurait pas dû il est trop tard.. »
« Comme beaucoup d’histoires, celle-ci commence par une mort.« 

Mon avis : Un grand merci aux éditions La Martinière ainsi qu’à Babelio pour l’envoi de ce livre.

Sadie est une jeune femme de 19 ans, qui s’est mystérieusement volatilisée sans laisser de trace, ni prévenir quiconque de son entourage. En réalité, Sadie est partie à la recherche de l’homme qui a tué sa jeune soeur. En parallèle, West McCray, un journaliste, se passionne pour cette disparition et en fait une chronique à succès à la radio. Il entre dans l’intimité de la jeune fille, interroge ses proches, suit les indices qu’elle a semée pour tenter de la retrouver.

J’ai beaucoup aimé la construction du récit que je trouve originale : d’un côté nous vivons les aventures de Sadie en temps réel à ses côtés, tandis que de l’autre, dans une temporalité décalée, nous sommes aux côtés du journaliste West McCray, qui interview des personnes qui ont côtoyé ou vu Sadie, et suit du mieux qu’il le peut les traces de la jeune fille. Les deux récits s’entremêlent et s’imbriquent, l’un complétant parfaitement l’autre pour nous donner une vision globale et détaillée de l’histoire.

L’histoire est addictive au possible. Les chapitres s’enchaînent avec rythme et fluidité, sans temps mort, à tel point que je n’ai pas pu le lâcher, et l’ai lu d’une seule traite, en quelques heures à peine.

Ce qui m’a le plus touché, c’est la misère humaine que l’on ressent à chacune des pages. Avant son départ, Sadie vivait seule dans une caravane. Sa mère, Claire, alcoolique, étant partie depuis longtemps, les laissant seules, elle et sa jeune soeur, survivre comme elles le pouvaient. Une fois sa soeur décédée, Sadie se retrouve véritablement seule, et son geste irréfléchi de partir nous laisse percevoir tout le désespoir de la jeune fille. Même le prénom éponyme de la jeune fille, Sadie, qui me fait curieusement penser à « Sadness » (tristesse en anglais) nous laisse percevoir cette douleur quotidienne.

Sans vouloir vous en dire trop sur le récit, et pour vous laisser un peu de suspense, je m’arrêterais là de mon ressenti global sur l’histoire. Je tenais seulement à souligner l’audace dont a fait preuve l’auteure au moment d’écrire son dénouement : beaucoup vont être frustrés, ne vont pas comprendre ou vont au contraire vouloir comprendre sans toutefois y parvenir. C’est une fin en dent-de-scie que nous livre Courtney Summers, qui ne devrait pas faire l’unanimité. Ça passe ou ça casse, comme on dit. Pour ma part, c’est passé : j’ai laissé place à l’imaginaire !


Un polar original et dynamique, que j’ai dévoré en quelques heures à peine. Le rythme est effréné et l’histoire obsédante. je vous recommande vivement cette lecture !

Ma note : 8,5/10

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Ce qu’est l’homme


Ce qu’est l’homme de David Szalay

546 pages, éditions Albin Michel


Résumé : Neuf hommes, âgés de 17 à 73 ans, tous à une étape différente de leur vie et dispersés aux quatre coins de l’Europe, essayent de comprendre ce que signifie être vivant. Tels sont les personnages mis en scène par David Szalay à la façon d’un arc de cercle chronologique illustrant tous les âges de la vie. En juxtaposant ces existences singulières au cours d’une seule et même année, l’auteur montre les hommes tels qu’ils sont : tantôt incapables d’exprimer leurs émotions, provocateurs ou méprisables, tantôt hilarants, touchants, riches d’envies et de désirs face au temps qui passe.
Et le paysage qu’il nous invite à explorer, multiple et kaléidoscopique, apparaît alors au fil des pages dans sa plus troublante évidence : il déroule le roman de notre vie.
Avec ce livre, finaliste du Man Booker Prize, le jeune auteur britannique offre un portrait saisissant des hommes du XXIe siècle et réussit, en disséquant ainsi la masculinité d’aujourd’hui, à dépeindre avec force le désarroi et l’inquiétude qui habitent l’Europe moderne.


Extraits  « Combien de moments pareils dans une vie ? Où tout bascule. Pas plus de quelques-uns. »

« Justement, c’est ça, le destin, cette façon de ne comprendre ce qui nous attend que quand il est trop tard pour changer quoi que ce soit. C’est bien ça que c’est le destin. Trop tard pour rien y faire. »


Mon avis : Fut un temps dans ma vie de lectrice où j’exécrais les nouvelles. Il faut dire que certaines m’avaient dégoûtées du genre, trop ennuyantes et mal écrites. Et puis, les années passant, je reprends goût tout doucement à la lecture de ce genre, grâce notamment à des recueils comme Ce qu’est l’homme, surprenant et envoûtant. Ma guérison littéraire est sur le bon chemin !

Ce qu’est l’homme, c’est un recueil de 9 nouvelles, qui place l’homme au centre de chacun des récits. Les neufs protagonistes sont tous différents, vivent tous dans des endroits différents, mais ont un point commun : ils cherchent à donner un sens à leur vie. Chacun a une relation particulière avec une femme : du dédain, de l’amour, du dégoût… des rapports aux femmes différents, qui nous permet d’avoir un kaléidoscope de portraits d’hommes. Car, si les protagonistes ont comme devoir de réfléchir sur le sens de leur vie, nous, lecteur, réfléchissons aussi sur ce qu’est l’homme.

David Szalay nous dresse des portraits d’hommes désoeuvrés, perdus, qui se contentent souvent de survivre, plutôt que de vivre pleinement leur vie. Ces hommes cherchent un sens à donner à leur quotidien, ils errent, solitaires, mélancolique, dans leur existence si vide.  En dressant ces portraits de l’homme moderne, l’auteur cherche à nous mettre en face de notre propre vie, à nous faire réfléchir sur la façon dont nous remplissons notre existence. Efficace ! Nous pouvons également percevoir des portraits d’hommes différents, qui regroupent l’ensemble des caractéristiques des hommes : séduisants, provocateurs, intelligents, émouvants, arrogants… une bonne manière de percevoir toutes les facettes que peuvent détenir les hommes de notre siècle.

Le style des nouvelles est sobre, parfois dur ou cru, constamment empli de noirceur, mais percutant. Les personnages nous émeuvent, nous font pitié, parfois nous mettent en colère. Même si l’action n’est que très peu présente, une chose est sûre : les scènes que nous voyons ne peuvent pas nous laisser indifférents. Le seul regret que j’aie, c’est que les récits ne soient pas plus longs. Mais je sais bien que cela fait partie du charme des nouvelles, d’être courtes et brèves, seulement de passage, comme l’être humain sur Terre.


Des nouvelles qui font réfléchir sur Ce qu’est l’homme, et sur le sens que nous donnons à notre vie. Des récits percutants et originaux, qui m’ont bien plût. 

Ma note : 7/10

 

Lait et miel


Lait et miel de Rupi Kaur

204 pages, éditions Charleston, à 17€


Résumé : Construit autour de courts poèmes en prose, « Lait et Miel » parle de survie. De l’expérience de la violence, des abus sexuels, de l’amour, de la perte et de la féminité.
Le recueil comprend quatre chapitres, et chacun obéit à une motivation différente, traite une souffrance différente, guérit une peine différente. « Lait et Miel » convie les lecteurs à un voyage à travers les moments les plus amers de l’existence, mais y trouve de la douceur, parce qu’il y a de la douceur partout si l’on sait regarder.


Extraits :  « tu n’étais peut-être pas mon premier amour
mais tu étais l’amour qui a rendu
toutes les autres amours
insignifiantes »

« j’apprends
à l’aimer
en m’aimant »


Mon avis : Parfois, il suffit de lire seulement quelques pages d’un livre pour savoir si on va l’aimer ou non. Pour Lait et miel, il m’a suffit de lire quatre poèmes pour savoir que ce livre allait devenir un véritable coup de coeur.

Mais que se cache-t-il derrière ce titre doucereux et mielleux ? Lait et miel, c’est un recueil de courts poèmes répartis en quatre parties distincts : Souffrir, Aimer, Rompre, Guérir. En somme, ce sont les grandes histoires de la vie que nous compte avec finesse Rupi Kaur. On a l’impression que certains de ces poèmes ont été écrits spécialement pour nous, tant leur beauté et leur justesse sonnent vrais à nos oreilles.

J’ai ressenti toutes sortes d’émotions en lisant ces poèmes. De la joie, de l’espoir, du désespoir, de la tristesse, de la colère aussi. Je me suis laissé transporter par les poèmes de l’auteure, je me suis totalement identifié aux mots que écrits. Des mots simples, mais puissants, qui touchent en plein coeur chaque lecteur.

Elle a osé aborder de fortes thématiques, souvent passées sous silence, comme l’abus sexuel ou le viol, et des thématiques plus universelles, tels que l’amour ou la perte de l’amour. Que ce soit à travers l’une ou l’autre, on ne peut pas rester indifférent face à ces mots. Selon moi, Lait et miel, c’est un peu un recueil de poèmes féministe, qui tendrait à faire valoir aux femmes que tout ce qu’elles vivent et toutes les émotions qu’elles ressentent ne sont pas des cas isolés.

Comme je n’arrive pas facilement à exprimer toute mon émotion post-lecture, j’ai fait le choix de vous donner un aperçu de quelques poèmes – que j’ai prit d’Internet, qui sont malheureusement en anglais, mais que vous pouvez traduire facilement.  Vous remarquerez les dessins réalisés par l’auteure elle-même, qui donnent plus de profondeur aux poèmes. J’espère que vous ressentirez l’intensité de ces quelques mots, simples, mais si percutants…

 

 

 


Je n’ai jamais lu une si belle chose. Des poèmes doux, écrits avec des mots simples, mais qui font échos à tous les sentiments humains. C’est beau, c’est puissant, c’est extraordinaire. A lire et à relire, encore et toujours. Je le recommande à tous.

Ma note : 10/10

Le jour où je me suis aimé pour de vrai


Le jour où je me suis aimé pour de vrai de Serge Marquis

250 pages, éditions de la Martinière, à 14,90€


Résumé :  » Et vous, avez-vous commencé à vivre ?  » Charlot, 9 ans
Maryse est une éminente neuropédiatre, une femme belle et intelligente, affreusement narcissique et persuadée d’avoir toujours raison. Elle est aussi la mère de Charlot, fils singulier, qui l’émerveille et l’exaspère à la fois. C’est que Charlot, Petit Prince désarmant de vérité, la confronte à des questions philosophiques. Quel sens donner à sa vie lorsqu’on traverse des épreuves ? Où se cache l’amour lorsqu’on fait face à l’intimidation, la bêtise, la peur de l’autre ? Et surtout, qu’est-ce que l’ego, cette chose dont tout le monde semble souffrir ?
Animé d’un courage fou, d’une humanité à fleur de peau, Charlot va apprendre à sa mère, et à beaucoup d’autres, qu’en se dépouillant de ses certitudes, en cessant de se regarder le nombril, on peut enfin accéder à la vraie joie, celle du lâcher prise et de l’intelligence du cœur. Et surtout : apprendre à s’aimer pour de vrai.
Une extraordinaire leçon de vie, profonde et lumineuse, dont on sort bouleversé d’émotion.


Extraits :  « Il est très fréquent que les humains parlent sans savoir de quoi ils parlent, mon chéri… Je dirais même que c’est comme ça la plupart du temps. Et le pire, c’est qu’ils ne s’en rendent pas compte.« 

« Il parle de la consommation comme je parle du cancer… Deux voleurs d’enfance. »

« Il est là, le véritable harcèlement, Maryse. Quand les coups s’inscrivent dans le mental. Un simple regard du bourreau suffit à tout déclencher. Charlot a été kidnappé de l’intérieur. Il est maintenant l’otage de ses propres pensées. »


Mon avis : Pour être totalement franche avec vous, j’ai choisi de découvrir ce livre, non pas parce que le résumé m’intriguait, mais seulement pour lire un livre de développement personnel. J’ai fait le choix de prendre celui-ci, parce qu’il donnait l’opportunité d’aborder l’aspect développement personnel à travers une histoire fictive. Je n’ai donc pas été dépaysée outre mesure, en restant partiellement dans une zone de confort narrative.

Ce livre met en avant Maryse, grande neuropédiatre reconnue dans son milieu, qui soigne des enfants atteints du cancer. Seulement voilà, Maryse est une femme égocentrique et narcissique, qui ne fait preuve que de peu d’empathie, que ce soit envers ses patients, ou envers son propre fils, Charlot. Ce dernier, âgé d’une dizaine d’années, va montrer une grande maturité face au comportement de sa mère : patient et respectueux, il va lui apprendre progressivement à changer de comportement et à s’ouvrir aux autres.

Cette lecture donne à réfléchir, notamment sur la définition que l’on peut fixer au mot « ego ». Qu’est-ce que l’ego ? Comment se manifeste-t-il ? Comment s’en dépêtrer ? Ce que j’ai retenu de toutes ces informations sur l’ego, c’est que l’ego est une chose mauvaise, qui nous pourrit de l’intérieur, et qui nous empêche de vivre pleinement notre vie. A trop vouloir la célébrité, à trop vouloir la puissance ou l’argent, on en oublie les moments simples de la vie.

Je ne pensais pas écrire ceci après ma lecture, mais oui, ce livre et ses conseils m’ont servis. Maintenant, à chaque fois que mon esprit divague dans le passé ou qu’il se met à imaginer le futur, me reviennent ses quelques mots émit par Mary-Lou, mourante, à son copain Charlot : « N’oublie jamais de revenir ici, Charlot, à chaque instant. Dans tes mains, tes oreilles, tes lèvres. Dans chacun de tes pas, de tes gestes, dans chaque inspiration, expiration. Fais-le vraiment ! ».  J’applique alors ses conseils, et je reviens profiter de chaque instant présents que m’offre la vie. Une bonne manière de profiter plus intensément de chaque moments.

Finalement, la seule chose qui m’a déplût dans cette lecture, c’est l’aspect fictif. Pour propager ses conseils, il a décidé de mettre en scène une histoire fictionnelle, dans laquelle le lecteur pourrait s’insérer et ainsi mieux ressentir tous les sentiments des personnages. Via les sentiments et le vécu des personnages, l’auteur dispense ses recommandations et entame la partie développement personnelle. Mais hélas, j’ai trouvé la narration un peu trop grossière, avec des personnages caricaturés au maximum – Maryse, la méchante mère, repliée sur elle-même, qui ne ressent aucune émotion ; Charlot, le fils prodige, intelligent, attendrissant et sociable… Les écarts de comportements étaient un peu poussés à l’extrême ; sans doute pour nous faire faire prendre conscience des problèmes de chacun, et nous faire ressentir plus profondément les conseils dispensés pour réduire ses problèmes… Mais ce n’était pas, à mon sens, nécessaire.


Même si au jour d’aujourd’hui mon ego prend encore le pas sur l’instant présent, les bons conseils prodigués dans ce livre, mis en application, devraient permettre d’améliorer les choses. Un bon livre de développement personnel, qui incite à la réflexion et à la remise en question. Dommage que l’aspect fictionnel ait été moins bien travaillé.  

Ma note : 7/10

Un dimanche à la piscine à Kigali

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Un dimanche à la piscine à Kigali de Gil Courtemanche

325 pages, éditions Folio


Résumé : « A cette heure précise où les buses s’installent autour de la piscine, les parachutistes français, dans leurs transats de résine, se donnent des airs de Rambo, des coopérants québécois rivalisent de rires bruyants avec des coopérants belges. En ce dimanche tranquille, un ancien ministre de la justice se livre à d’intenses exercices d’échauffement sur le tremplin, quelques carcasses rondouillettes ou faméliques troublent l’eau, et Valcourt, qui note ces observations, les marmonne, souvent avec rage, parfois avec tendresse, mais toujours ostensiblement ». Bernard Valcourt, journaliste revenu de tout, de la famine en Ethiopie à la guerre au Liban, se rend au Rwanda pour une bien futile et utopique mission, mettre sur pied un service de télévision libre. Il y découvre un pays ravagé par la misère, la corruption, le sida, et l’amour au travers de Gentille, une Hutue aux traits fins de Tutsie. Et, tandis que la petite colonie occidentale se détend au bord de la piscine à Kigali, un peuple sombre dans la folie exterminatrice.


Extraits :  « Régulièrement, il faut qu’ils s’entre-tuent. C’est comme le cycle menstruel, de grandes coulées de sang, puis tout revient à la normale.« 

« Le fonctionnaire lui expliqua que le Canada, pays sans importance dans le concert des nations, exerçait néanmoins dans certaines régions du monde une influence qui pouvait en déterminer l’avenir et surtout l’accès à la démocratie. C’était le cas du Rwanda. Le gouvernement canadien avait accepté d’y financer avec quelques autres partenaires l’établissement d’une télévision dont la première mission serait éducative, en particulier dans les domaines de la santé communautaire et du sida.
– On commence par les besoins hygiéniques, par des émissions sur la prévention, sur les régimes alimentaires, puis l’information circule, et l’information, c’est le début de la démocratie et de la tolérance.« 

Mon avis : Gil Courtemanche est un journaliste Canadien, qui a été un correspondant à l’étranger, notamment en Afrique, pour la télévision Radio-Canada… comme Bernard Valcourt, le protagoniste qu’il met en scène dans Un dimanche à la piscine à Kigali. Cet ouvrage est donc une sorte de témoignage subjectif qui s’inspire de scènes ayant véritablement eu lieu, de personnes ayant véritablement existé ; le tout étant de mettre en lumière les problèmes sociétaux, politiques et économiques du Rwanda.

Kigali, capitale du Rwanda, fut le théâtre de l’attentat contre son président en 1994, événement déclencheur du génocide rwandais. Cet événement fait suite à la guerre civile qui sévit entre les Tutsis  (population la plus riche) et les Hutus (constitué en majorité de paysans), qui perçoivent différemment l’histoire du Rwanda. Suite à cela, durant plus de cent jours, plusieurs milliers de personnes périront. Gil Courtemanche raconte la mise en place progressive de la haine entre Tutsis et Hutus, et montre les atrocités commises par les deux « peuples ennemis ».

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L’auteur parle de sujets forts, comme le génocide, le sida, les guerres interculturelles… Il fait le choix d’en parler dans des termes froids, avec une certaine distance. Toutes ses paroles sont souvent accompagnées de scènes crues et choquantes, à la limite du supportable, visant sans doute à frapper le lecteur, pour qu’il prenne conscience des crimes perpétrés au Rwanda. L’indifférence des pays occidentaux face à ces terribles guerres est difficile à concevoir, mais tellement réelle. Enfouis dans l’ignorance, aucun pays ne va venir aider ce peuple en guerre, en proie aux massacres et aux maladies contagieuses. Le contraste est d’ailleurs frappant entre les occidentaux, tranquillement installés dans leur hôtel, totalement indifférents aux massacres des populations locales, qui se déroulent à l’extérieur des murs.

On ne peut pas poser un jugement de valeur sur ce genre d’oeuvre. Le fait est que les événements narrés ont existé, et aussi cruellement soient-ils, ils sont retranscrit presque à l’identique, dans le but de choquer. Un parti pris qui a fonctionné sur ma personne, puisqu’une semaine après avoir fini ma lecture, je peux me représenter fidèlement de brèves scènes marquantes (le massacre d’une famille, les tortures perpétrées…). Je conseille à ceux qui souhaiteraient en savoir davantage sur le génocide Rwandais, le livre de Scholastique Mukasonga, Notre-Dame du Nil qui a remporté le prix Renaudot 2012. Son écriture est plus douce, voire pudique, mais la réalité narrée est presque identique.

Au coeur de toute cette haine et de ces meurtres quotidiens, Gil Courtemanche incorpore un zeste d’amour qui vient contrebalancer le récit et lui apporter une dose de délicatesse. Cette dualité amour/haine prouve que l’homme, malgré la barbarie auquel il est confronté, reste un homme, empli de sentiments humains qui ne peuvent s’altérer. Le lecteur est autant touché par les événements dont il fait face que par ces sentiments amoureux naissants, qui envahissent un temps l’atmosphère ambiante.

De cette lecture, j’en ressors grandie, puisque moins ignorante sur un pan très important de l’histoire du Rwanda. Une histoire atroce, souvent tue ou très peu connue. Pour pousser plus loin ma découverte de ce pays et des constituants de son histoire, je pense regarder prochainement l’adaptation cinématographique de ce roman… en espérant ne pas être trop choquée par les images montrées.

Ma note : 6,5/10

Qu’est-ce qui fait courir Julia Verdi ?

Qu’est-ce qui fait courir Julia Verdi ?
de Geneviève Lefebvre
285 pages, éditions NiL, à 19€

 

Résumé : L’histoire comique et émouvante d’une « working girl » célibataire à qui un petit chien va donner une vraie leçon de vie.

365 jours, 50 ruptures amoureuses, 70 bouteilles de pomerol, 1 chienne adoptée… Un désopilant marathon sentimental.

« Cette histoire commence avec un rejet. Pour être franche, cette histoire est ponctuée de rejets. Celui que j’avais infligé dans la cruelle insouciance de mes dix-sept ans à un garçon qui n’en méritait pas tant, et celui qui allait me renverser comme une grosse boule déterminée à abattre toutes les quilles d’un seul et sale coup. Bang. »

Qu’est-ce qui fait courir Julia Verdi, cette cadre de 37 ans haut placée dans une entreprise de bois à Montréal ?
La recherche de gloire et d’argent ?
Ses relations avec des hommes qui semblent parfaits sur le papier, mais qui la quittent les uns après les autres ?
La maladie de sa mère, qu’elle fuit ?
À force de ne pas se remettre en question, Julia court surtout le risque de finir seule et malheureuse.
Mais un soir, au coin d’une ruelle, voilà qu’une petite chienne abandonnée tourne ses yeux noirs vers elle. Qui aurait cru que cet animal allait tout changer ?
Un roman plein d’entrain qui ne se lâche pas.
Une étonnante leçon de vie pour tous ceux qui tournent en rond.

Extraits : « Il n’y a que les livres ou les chiens que l’on puisse adopter ainsi. Sans trop savoir d’où ils viennent, par quoi ils sont passés et dans quoi on s’embarque. »
« La vie est un sac de fille, bordélique et exaspérant. »

Mon avis : Ce livre est étonnant. L’illustration de la couverture, avec un petit chiot au centre de l’image, ainsi que le titre assez explicite ne laissent guère présager de doute quant au thème principal du récit. En effet, ce livre parle d’animal, notamment d’un petit chiot salement abandonné dans la rue, qui va se faire adopter par notre protagoniste Julia Verdi. Mais l’histoire est bien plus profonde ; il faut creuser en profondeur dans les affres intérieurs de l’héroïne pour découvrir la réelle trame du récit.

Geneviève Lefebvre a constituée une pâle copie ironique d’un roman chick-lit. Avec une héroïne girly comme personnage principale, constamment occupée de sa petite personne, plutôt superficielle, arrogante, parlant sans cesse d’amour sur un ton humoristique, mais éternellement repoussée par les hommes et se réfugiant dans son travail professionnel. Mais cette description correspond seulement à la personnalité de surface de Julia Verdi. En creusant inténsément, on voit une jeune femme malheureuse, qui coule peu à peu dans sa vie privée et professionnelle, sans réelles attaches.

C’est là qu’intervient le talent de l’auteure, qui arrive à combiner un ton humoristique loufoque rattaché au genre de la chick-lit avec des sujets graves, comme par exemple la mort accidentelle de David sur la route, faisant une embardée pour éviter un chien.

La première apparition du chien se fait dans une scène dramatique et choquante, autant pour le lecteur que pour Julia. Mais l’auteure va aller plus loin, et va jouer sur l’intensité de la situation pour placer un petit chiot au bout d’une corde, pile dans la rue de Julia. Le lecteur ne peut qu’être peiné et ressentir de la pitié pour cette jeune femme, sur qui tous les malheurs du monde semblent s’abattre.
D’abord hésitante, Julia va finalement adopter le chiot – qui se révèlera être une chienne -. Plus le temps passe, et plus elle s’attache à l’animal, qui va la faire peu à peu sortir de sa solitude, de son état végétatif et désespérée. Elle retrouve goût à la vie, recommence à prendre soin d’elle, et renaît grâce à cet animal, presque tombé du ciel. Une symbiose presque parfaite se créait entre l’être humain et l’animal ; l’amour qu’elles se portent l’une l’autre croît de jour en jour, et prouve le côté presque humain des animaux.

C’est une réelle leçon de vie que nous apporte là Geneviève Lefebvre. Profiter de chaque instant de notre vie intensément, car tout peut disparaître du jour au lendemain. Aimer la vie et ce qu’elle nous apporte. Mais surtout savoir la partager, apprendre des autres, recevoir et donner du bonheur.
Mais c’est aussi un coup de gueule contre les personnes, qui, chaque jour, abandonnent dans la rue des animaux, pour multiples raisons. Des bêtes inoffensives, lâchées dans la nature, sans ressource, sans abri, qui passent d’un foyer aimant à l’obligation d’errer pour survivre.

C’est une lecture que j’ai passablement appréciée. La protagoniste, qui semble si froide et presque sans coeur quitte progessivement sa carapace pour s’ouvrir à un petit animal. Une histoire facile à lire, parfaitement réaliste, qui narre des épisodes qui pourraient appartenir à la vie quotidienne de tout un chacun. Néanmoins, la rudesse de certains propos de l’auteure – la mort accidentelle de David en voiture, julia Verdi et son voisin homosexuel, Rosario, qui fantasment l’un sur l’autre et veulent coucher ensemble seulement pour avoir un enfant… – peuvent choquer les plus jeunes. Mais le fond de la narration, moderne, fluide et joviale nous fait passer un bon moment de lecture.

Ma note : 6,5/10