L’espionne


L’espionne de Paulo Coelho

215 pages, éditions J’ai lu, à 7,90€


Résumé : L’histoire de la célèbre aventurière Mata Hari, fusillée à Vincennes en 1917 pour espionnage et trahison, par le biais d’une série de lettres écrites à son avocat depuis la prison de Saint-Lazare.
Arrivée à Paris sans un sou en poche, Mata Hari s’impose rapidement comme une danseuse vedette du début du XXe siècle. Insaisissable et indépendante, elle séduit le public, ensorcelle les hommes les plus riches et les plus puissants de l’époque. Mais son mode de vie flamboyant fait scandale et attire bientôt les soupçons tandis que la paranoïa s’empare du pays en guerre. Arrêtée en 1917 dans sa chambre d’hôtel sur les Champs-Élysées, elle est accusée d’espionnage.
En faisant entendre la voix de Mata Hari, Paulo Coelho nous conte l’histoire inoubliable d’une femme qui paya de sa vie son goût pour la liberté.


Extraits  « Les fleurs nous enseignent que rien n’est permanent, ni leur beauté, ni le fait qu’elles se fanent, parce qu’elles donneront de nouvelles semences. Souviens-t’en quand tu ressentiras de la toi, de la douleur ou de la tristesse. Tout passe, tout vieillit, meurt et renaît. »

« Changer et changer pour quelque chose de différent sont deux choses complètement différentes. »


Mon avis : Quelle histoire… les mots me manquent…

L’histoire se déroule à la fin du XIXème et début XXème siècle. Mata Hari est une danseuse hollandaise, débarquée à Paris pour conquérir la capitale française. Elle se fait très vite remarquer par son audace et son art avant-gardiste, qui intrigue et en surprend plus d’un. La vie sourit à Mata Hari, elle se laisse entretenir par des hommes riches, tout en sachant garder une partie d’indépendance indispensable à son bien-être. Mais la guerre éclate et ravage les peuples et les pays. Mata Hari se retrouve au mauvais endroit au mauvais moment, elle est soupçonnée d’être une espionne au service du peuple Allemand et subit le pire sort qu’il aurait pu lui arriver : la fusillade.

Grâce à une plume poétique et ensorcelante, Paulo Coelho transcrit une correspondance entre Mata Hari et son avocat. Correspondance fictive, certes, mais qui colle au plus près de la réalité.

Je l’avoue sans aucune honte : avant que l’on ne me parle de ce bouquin il y a quelques mois, je ne connaissais pas du tout celle qui se faisait appeler Mata Hari. Et pourtant, elle aurait eu du mérite à être connue.

J’ai beaucoup d’admiration pour cette femme, que je trouve hautement courageuse. D’abord mariée presque de force à un homme vil et méchant, elle côtoie de très près la mort, avant d’avoir le courage de partir, loin de cet être qu’elle appelait mari. A Paris s’ouvre une nouvelle vie pour elle, pleine de succès, d’opulence, d’hommes et de sexe. Le personnage de Mata Hari est provocant en soi, mais il est si plein de liberté et d’avance sur son temps qu’il en devient magnifique. J’admire son courage, ses nombreuses ambitions, sa force d’esprit face aux critiques et aux médisances, son envie d’être elle, d’être libre, d’être femme.

C’est un bel hommage que rend Paulo Coelho à cette femme, qui a marquée son époque, de son vivant, mais aussi de sa mort. J’avoue que quelques chapitres de plus n’auraient pas été de refus : une vie si bien remplie ne peut se résumer en si peu de pages, tout comme mon ressenti sur cette lecture ne peut s’exprimer en si peu de mots.


Une magnifique biographie romancée sur la vie d’une femme tout aussi magnifique, qui m’a touchée, autant par son audace et son courage que par ses excès et ambiguïtés. à découvrir !

Ma note : 9/10

Pour lire plus d’avis

 

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Comment je suis devenu Malcolm X


Comment je suis devenu Malcolm X de Ilyasah Shabazz et Kekla Magoon

507 pages, éditions Bayard, à 17,90€


Résumé : Les parents de Malcolm l’ont toujours poussé à réaliser ses rêves. Mais comment Malcolm Little peut-il continuer à espérer après le meurtre de son père et l’internement de sa mère en hôpital psychiatrique ? D’autant que ses professeurs lui rient au nez lorsque Malcolm leur confie vouloir devenir avocat. Devenu orphelin, privé de ses frères et soeurs, Malcolm décide de fuir ce monde dominé par les blancs, d’abord à Boston, chez sa demi-soeur, pour s’étourdir de musique, d’alcool et de danse, avant de partir à Harlem, et de devenir un escroc accompli. Emprisonné pour vol à l’âge de 20 ans, Malcolm découvrira la religion musulmane, rencontrera la foi et deviendra Malcolm X, grand prêcheur militant pour la défense du peuple noir.


Extraits  « Autour de ce repas de crève-la-faim, on relatait chacun à notre tour les leçons que notre mère nous avait apprises au fil des années, à cette même table. « Il y a tant de beauté et de puissance dans notre passé, nous rappelait-elle lorsqu’elle nous racontait les actions des Noirs qui nous avaient précédés. Vous devez être capables de lire avec discernement, de vous exprimer clairement et de comprendre le monde », estimait-elle avant de nous indiquer une nouvelle page du dictionnaire à étudier. »

« Pour ma mère, le travail allait et venait, en permanence. Maintenant que j’avais compris pourquoi, cela me faisait encore plus mal.
Je croyais que c’était la vie qui était comme ça. Je ne savais pas que c’était un problème de couleur.« 


Mon avisTout le monde connaît Malcolm X, le très grand défenseur des droits des Afro-Américains, porte-parole principal de Nation of Islam, assassiné pour ses convictions. Mais peu connaissent Malcolm Little, le petit garçon noir, orphelin de père et séparé très jeune de sa mère. Ilyasah Shabazz, l’une des filles de Malcolm X, raconte la jeunesse de son père.

                    Malcolm X enfant                                    Ilyasah Shabazz La fille de Malcolm X

Nous voici plongés dans les années 1930, dans un quartier de Lansing, dans le Michigan. Malcolm Little, entouré de ses frères et soeurs, voit partir sa mère dans un hôpital pour personnes dérangées. Placé en famille d’accueil, Malcolm aspire à plus de libertés, et décide de partir vivre sa vie loin de Lansing. Il atterrira d’abord à Boston, puis à New York, où il découvrira la drogue, le trafic, les femmes.

Entre fiction et réalité, la fille de Malcolm X a souhaitée offrir aux lecteurs le soin de démêler le vrai du faux. Elle s’est appuyée sur les dires de sa mère, de sa famille proche et de toutes les personnes qui ont connues Malcolm jeune, pour écrire cette histoire. Certains personnages ont été inventés, certaines actions également, d’autres sont bel et bien réelles, mais ont été embellies. J’ai lu cette biographie comme je lirais un roman ; avec assiduité, intérêt et passion. L’histoire est rythmée, les événements s’enchaînent facilement, il n’y a que très peu de longueurs, ce qui rend le récit agréable à découvrir.

En toile de fond, les auteurs nous font ressentir l’intensité de la ségrégation qui existait à cette époque (lynchage, assassinat, humiliation…).

La jeunesse de Malcolm est mouvementée et plutôt atypique. On a d’ailleurs du mal à croire qu’un gamin qui a vécu cette jeunesse-là, qui a fait autant de bêtises, qui est allé jusqu’à passé plusieurs années en prison, puisse être devenu le grand homme que tout le monde connaît. C’est invraisemblable, mais en même temps, c’est merveilleux. Ilyasah Shabazz le dit bien dans ses notes de fin,

« J’ai partagé ce récit afin que chacun se souvienne que l’espoir existe pour tous. Peut importe ce que nous avons été, peu importent les doutes qui nous assaillent, les erreurs commises, nous sommes capables de dépasser notre situation actuelle, surtout si nous nous appuyons sur les leçons tirées de notre histoire. Chacun a en lui la capacité de changer les choses et de devenir ce que la vie peut lui offrir de mieux.« 

Seule ombre au tableau : la fin du récit, bien trop brutale. L’histoire est bien narrée, assez développée, mais elle se finit abruptement, alors que Malcolm Little n’est toujours pas devenu Malcolm X. Je comprends que les auteurs aient voulues axer le récit autour de l’enfance peu commune de Malcolm, mais un petit chapitre sur l’homme qu’il est devenu par la suite n’aurait pas été de refus. En plus, cela aurait ajouté plus de poids au message d’espoir que souhaitait faire passer sa fille.


Grâce à cette biographie, j’ai (re)découvert Malcolm X, à travers Malcolm Little : un petit garçon noir, vivant entre la drogue, le sexe et l’alcool. C’est un bon récit, rythmé, riche d’informations et de révélations. J’ai prit plaisir à le lire. 

Ma note : 8/10

 

Belle de nuit


Belle de nuit de Sonia Frisco

351 pages, à 17€


Résumé : Deux Filles Deux Destins. Une Histoire. Il existe des réalités qui dépassent la plus incroyable fiction, des rêves pour lesquels on est prêt à tout donner, des amitiés plus fortes que toutes les adversités. La violence ne sévit pas toujours à visage découvert, bien souvent elle porte des masques, pour cacher sa laideur et sa misère. Dans un monde redoutable qui la veut prisonnière, Mia va lutter de toutes ses forces pour sauver son histoire personnelle et trouver l’amour, la liberté et la vie… avec, pour seuls alliés, un espoir, un rêve et une amie. On dit de la liberté qu’elle n’a pas de prix. C’est parce que sa valeur est inestimable…

Mais la liberté a toujours un prix.
Et quand on le connaît, on le paye.

Il doit certainement y avoir en nous le souvenir d’un monde ou d’un lieu où l’on a été heureux.

Qu’est-ce que la Vie ? Qu’est-ce que le Temps ? Qu’est-ce que l’amour, l’amitié et l’infini ?


Extraits :  « La plus cruelle prison de l’homme est souvent l’homme lui-même.« 

« Cela s’appelle le quotidien. Pour beaucoup, c’est la sécurité. Même laide, même meurtrissante, même traumatisante, terrifiante ou injuste, c’est la sécurité. »


Mon avis : Un grand merci à Babelio, ainsi qu’à Amazon Publising grâce à qui j’ai pu recevoir et lire ce livre signé Sonia Frisco.

Je parle bien de livre et non de roman, puisque même si une infime partie des lignes écrites sont fictives, la majeure partie de l’histoire est réelle. Les personnages sont de vraies personnes (seule leur véritable identité est tue) et les événements qui s’y déroulent se sont véritablement passés. Une fois qu’on sait ça, quand on commence à découvrir le récit, on ne peut qu’être touché, ému et attristé par la tragique histoire de Mia.

Mia, c’est une femme mariée à un homme qu’elle n’aime plus, mais qu’elle ne peut pas quitter, à cause de son manque d’argent et des critiques de sa famille. Mia, c’est une femme encastrée dans un quotidien morose et banal, qui ne lui apporte que tristesse et désespoir. Un beau jour, elle décide de mettre fin à cette vie là et de commencer véritablement à vivre pour elle. Mais les chemins vers la liberté sont difficiles à atteindre…

Belle de nuit, c’est le combat d’une femme, qui se bat pour sa liberté. Elle se bat pour connaître la vraie vie, et sortir du quotidien qu’on lui a imposé. Elle veut aussi découvrir l’amour, le véritable amour, l’amour passionnel, dont elle a tant entendue parler, mais qu’elle n’a jamais abordé.

Cette histoire, c’est aussi la mise en avant de la condition de la femme dans tout ce qu’elle a de plus restrictif. Une femme, corps sensuel qui se laisse manipuler et traiter comme un objet. Une femme, dépendante et soumise à une domination masculine. Une femme, encastrée dans des coutumes familiales avilissantes.

On réfléchit également beaucoup à la prostitution et aux conditions des femmes qui exercent cette activité. Prostituée libres ou exploitées ? Choix de vie ou contraint ? La prostitution est un vaste débat, qui encore aujourd’hui fait couler beaucoup d’encre. A chacun de s’en faire sa propre idée.

A travers cette tragique histoire, c’est surtout un message d’espoir que l’auteure souhaite faire passer. Elle invite également à la tolérance, au partage et à l’amour. Son message est admirablement mis en scène, puisqu’elle nous confie l’histoire intime de sa tendre amie, Mia. Un bel hommage, puissant, tragique, respectueux, mais surtout rempli d’amour.


Un récit dense, qui raconte avec justesse la quête d’une existence et des valeurs qui la composent. J’ai été touché par ce bel hommage. 

Ma note : 7,5/10

De Gaulle, le résistant


De Gaulle, le résistant de Hélène Montardre

61 pages, éditions Nathan


Résumé : 1940. Les troupes allemandes de Hitler envahissent la France. En Lorraine, le colonel de Gaulle tente d’empêcher leur avancée. En vain. Nommé général, il clame, haut et fort, que la France doit continuer le combat. Le nouveau gouvernement de Pétain capitule face à Hitler. Le général part à Londres. Sur les ondes de la BBC, la radio anglaise, il appelle tous les Français à résister. Jamais il ne baissera les bras…


Extrait :  « La guerre commence bien mal ! Pourtant, il ne faut pas baisser les bras. Il faut se battre.
Alors, devant cette foule apeurée qui déferle sur les routes, il se fait une promesse : celle de ne jamais abandonner et de poursuivre le combat, là où il le faudra et tant qu’il le faudra.« 


Mon avis : En cette journée du 14 juillet 2017, jour de fête nationale française ponctuée de commémoration des corps armés, je publie ma chronique sur cette petite biographie relatant le combat de De Gaulle pour la France.

Charles de Gaulle était un militaire, qui s’est battu durant la première puis seconde guerre mondiale. Alors que les Allemands ont envahis la France, conquérant chaque jour davantage de terres, De Gaulle rejette l’armistice voulu par Pétain. Cela reviendrait à nuire à la France, à perdre son identité et ses valeurs qui la caractérisent tant. Condamné à mort, De Gaulle s’expatrie en Angleterre, terre à partir de laquelle il va mener son attaque. Grâce aux ondes de la radio BBC, il va reformer une armée, redonner confiance et espoir aux soldats et citoyens français.

Cette courte biographie relate les exploits de De Gaulle en tant que résistant à l’occupation nazie. Écrite dans des mots simples, ponctuée de dessins en noirs et blancs, elle est fidèle à la réalité, tout en étant simplifiée, pour permettre une plus grande compréhension par les plus jeunes.

 

 

De Gaulle était fort, courageux et téméraire. Il aimait plus que tout la France. Il a sacrifié sa vie à la France et aux français. C’est à ce grand homme qu’on doit le fait de vivre aujourd’hui dans une France libre. Merci monsieur, vos efforts n’ont pas été vains. Mais De Gaulle n’était pas seulement soldat, dirigeant et résistant, il était également époux et père de famille. Bien que l’affect personnel soit peu développé dans ce récit, Hélène Montardre a quand même insérée quelques passages où elle parle brièvement des enfants de De Gaulle, ainsi que de sa femme, Yvonne. De quoi ajouter une touche supplémentaire d’humanisme à ce grand combattant.


Une magnifique biographie simplifiée, qui relate avec précisions les faits de ce grand homme. C’est un très bon support pédagogique, pour apprendre aux plus jeunes qui était De Gaulle et quel fût ses actions pour sauver la France. Je recommande !

Ma note : 7/10

Jules César


Jules César de Rachel Firth

62 pages, éditions Le Livre de Poche jeunesse, à 5,50€


Résumé : Il mène les troupes romaines au-delà des frontières de son pays. Plus loin qu’elles n’ont jamais été. De Rome à Alexandrie, il voyage et triomphe. De ses mains, naît l’empire le plus puissant au monde. L’empire romain. Son nom ? Jules César.


Extrait :  « César observait la rue depuis son balcon, heureux d’être dans cette grande cité, le coeur de la puissante République romaine. Quiconque voulait devenir quelqu’un venait à Rome, et lui y habitait. Bien qu’il n’ait que quatorze ans, il était convaincu qu’il aurait un jour un rôle important à y jouer.« 


Mon avis : Le Livre de Poche jeunesse a sorti quatre petites biographiques illustrées sur des personnages illustres, qui ont marqué, d’une façon ou d’une autre, le monde entier. Ce qu’il y a de bien avec ces petites lectures, c’est qu’elles donnent aux jeunes lecteurs des clés pour mieux comprendre  certains grands faits de l’histoire. Il y a deux mois, j’avais découvert la courte biographie de Marie-Antoinette écrite par Katie Daynes, que j’avais pris beaucoup de plaisir à lire ; aujourd’hui, j’ai lu en une demi-heure la biographie de Jules César réalisée par Rachel Firth.

Vous allez découvrir les plus grandes lignes de la vie de Jules César. De sa jeunesse à Rome, rêveur et passif à son ascension fulgurante. Aux guerres qu’il a mené, parfois perdues, d’autres gagnées. Vous découvrirez ses amours et ses alliés, mais aussi ses ennemis, ceux-là même qui lui vaudront sa perte.

Toutes les informations y sont condensées, toute la vie de Jules César est diminuée pour ne tenir qu’en quelques pages. C’est un bon moyen d’attirer les enfants à découvrir sa majestueuse vie, sans pour autant les ennuyer. Mais, pour moi adulte, j’ai trouvé que cet amas d’informations était trop dense. Toutes les informations étaient données à la chaîne, les unes après les autres, sans laisser le temps au lecteur de tout emmagasiner. Ce qui fait qu’une fois ma lecture terminée, je ne me souviens que d’un infime pan de la vie de cet homme.

Outre cela, cette biographie est accompagnée de magnifiques illustrations. Elles prennent l’entièreté des doubles pages, et donnent un effet de profondeur très appréciable, qui permet aux lecteurs de s’introduire plus facilement dans l’histoire. Ajoutez à ces jolies mises en pages, une originalité au niveau textuel, puisque l’auteure alterne entre récit narratif traditionnel et insertion de bulles narratives, comme vous pouvez le voir sur la photo ci-dessous.

J’ai (re)découvert Jules César comme je ne l’avais jamais vu. Jeune, vaillant, téméraire, amoureux parfois… Les nombreuses péripéties de son existence, lui ont prodiguées une vie bien remplie. César est, et restera, l’une des figure antique les plus célèbres de l’histoire du monde, c’est pour cela qu’il est important d’apprendre à connaître sa vie, ses motivations et ses agissements.


Une biographie illustrée de la digne vie de Jules César, qui devrait plaire aux plus jeunes. Enfourchez vos montures et partez à l’assaut de ce court récit.

Ma note : 6/10

 

Cette étoile ne s’éteindra pas


Cette étoile ne s’éteindra jamais 

de Esther Earl, Lori et Wayne Earl

443 pages, éditions Nathan, à 17,95€


Résumé : La vie et les mots d’Esther Grace Earl, la jeune fille qui a inspiré le personnage d’Hazel à John Green. Un livre poignant, regroupant écrits et documents sur Esther Earl, la jeune fille qui a inspiré à John Green le personnage féminin de Nos étoiles contraires. Une jeune fille qui brille à travers tout le livre par sa joie et sa soif de vivre.


Extraits :  « Le monde dans lequel nous vivons est défini par ses limites. On ne peut pas voyager plus vite que la lumière. On mourra tous un jour. On ne peut pas y échapper. Mais la conscience humaine a ceci de miraculeux et d’encourageant qu’elle est capable de concevoir l’absence de limites.« 

« J’ai dit un peu plus haut que ce soir de 2009 où Esther m’a sauvé de la piste de danse n’était que le début d’une longue série. En fait, elle me sauve constamment. Dans ces pages et dans mes souvenirs, elle me rappelle que la vie n’a pas besoin d’être longue pour être heureuse et bien remplie, qu’on peut souffrir d’une dépression sans la laisser nous dévorer, et que le sens de notre existence passe par les autres, par la famille et les amis qui transcendent et surmontent toutes les formes de souffrance. Pour citer le Cantique des cantiques, « l’amour est aussi fort que la mort ». Peut-être même plus. »


Mon avis : Cette étoile ne s’éteindra pas est un livre-hommage à Esther Earl, une jeune fille atteinte d’un cancer de la thyroïde, qui s’est éteinte en août 2010, à l’âge de 16 ans.

Ce livre regroupe des écrits d’Esther, que ce soit des écrits réalisés dans son journal intime, qui parlent de l’avancée de sa maladie et des émotions qu’elle éprouve ; ou des lettres d’amour destinés à son entourage. J’ai été surprise par la créativité de la jeune fille, qui accompagnait chaque écrits d’illustrations ou de petits dessins humoristiques. De plus, à la la fin de l’ouvrage, ses parents ont compilés quelques ébauches de fictions commencées par Esther… il n’y a pas à dire, cette jeune fille avait une âme d’artiste !

Vous retrouverez également quelques photos d’Esther, souriante, avec ses amis, sa famille, ou John Green ; ainsi que de magnifiques témoignages de son entourage (des écrits de ses parents, de ses amis…) qui débordent d’amour envers Esther et de remerciements, au vu de tout ce qu’elle leur a apporté.

Un exemple d’une page du livre, avec la transcription en français d’une lettre d’Esther pour l’anniversaire de son père, accompagné d’une photo d’eux deux. L’amour transpire de chaque mot.

 

Esther était une jeune fille exceptionnelle, à la maturité bien trop avancée. Sa maladie l’a fait grandir trop vite. C’était quelqu’un de très créatif, optimiste, toujours de bonne humeur, avec des mots doux et personnels pour chaque personne de son entourage. Ce qu’il y avait de merveilleux avec elle, c’est que malgré tous les maux qui l’accablaient, Esther n’a jamais dramatisé sa situation, au contraire, elle est restée celle qu’elle avait toujours été : souriante, rigolote, sympathique, empathique. Cette jeune fille, du haut de ses 16 ans, est un vrai modèle de gaieté et de courage.

Elle s’exprimait à travers son journal, à travers son blog, ses vidéos Youtube… elle faisait entendre sa voix, et souhaitait changer et améliorer le monde. Esther vivra encore longtemps, dans l’esprit de ses proches, et à travers ses nombreuses actions à l’encontre des personnes dans le besoin.

Pour information complémentaire, Esther est la jeune fille qui a inspirée John Green, l’auteur de Nos étoiles contraires, un roman jeunesse sorti en 2012, resté plus de sept semaines à la tête du New York Times Best Seller list. Leur passion commune pour Harry Potter les a fait se rencontrer lors d’un événement organisé pour les fans de la série. Esther appréciait John Green, alors connu pour les vidéos YouTube qu’il tournait avec son frère Hank. Une jolie amitié va naître entre ces deux personnes, tant et si bien que l’auteur, très affecté par le décès d’Esther, survenu la veille de son propre anniversaire, lui rendra hommage à travers son livre.

Les parents de Esther, Lori et Wayne, perpétuent la mémoire de leur fille et les valeurs qu’elle incarnait, à travers l’association TSWGO qui signifie This Star Won’t Go Out. Ils récoltent de l’argent, pour aider financièrement les familles qui ont un enfant atteint du cancer. Les traitements sont très onéreux ; Esther a eu la chance d’avoir une famille aimante et attentionnée, qui s’est privée, allant parfois jusqu’à avoir du mal à joindre les deux bouts, pour assurer sa guérison partielle. Une belle initiative, qui permettra d’apaiser quelque peu les souffrances quotidiennes des proches.

Pour l’achat de ce livre, 1 euro sera reversé à l’association Imagine for Margo, qui aide les enfants atteints d’un cancer.


Ce livre-hommage est à l’image d’Esther : coloré, vivant, rempli d’amour. Un récit poignant, qu’il faut lire en ayant le coeur bien accroché. 

Ma note : 8/10

 

Marie-Antoinette


Marie-Antoinette de Katie Daynes

62 pages, éditions Le Livre de Poche jeunesse, à 5,50€


Résumé : À onze ans, Marie-Antoinette quitte l’Autriche pour épouser le futur roi de France. À Versailles, la princesse, bientôt reine, ne pense qu’à s’amuser. Mais le peuple a faim, des rumeurs s’élèvent contre elle et la Révolution se dessine. Quand la jeune reine décide de changer, il est déjà trop tard.


Extrait :  « Si vous savez danser, chanter et broder, répétait sa gouvernante, vous ne manquerez pas d’impressionner votre futur époux.« 


Mon avis : La quasi-totalité des gens connaissent l’histoire tragique de Marie-Antoinette, au moins dans ses grandes lignes. Alors qu’à notre époque, certains voient en elle une figure de femme forte et libérée, il n’en a pas toujours été ainsi. En effet, Marie-Antoinette a été la reine la plus haïe de France.

Pour faire découvrir aux plus jeunes la terrible histoire de cette grande dame, Katie Daynes a réalisé une biographie imagée de Marie-Antoinette. On peut la voir petite fille, lorsqu’elle vivait en Autriche, aux côtés de sa mère et de ses soeurs et frère. Puis on la voit partir pour Paris, où elle va épouser Louis XVI, futur roi de France, qui va la faire devenir reine de France et va lui donner plusieurs enfants. Enfin, on voit la descente aux enfers du roi et de la reine, jusqu’à l’épisode final que nous ne connaissons que trop bien : la guillotine.

L’attrait principal de cette biographie, c’est qu’elle retrace avec clarté la vie de Marie-Antoinette, en décrivant dans des termes simples et aisés à comprendre pour des enfants la vie de la reine. De plus, les magnifiques illustrations viennent dynamiser le récit, le rendant encore plus vivant et facile à assimiler.

Un exemple d’illustration sur laquelle vous pouvez voir le futur roi Louis XVI embrasser sur la joue sa promise, la magnifique Marie-Antoinette, drapée d’une robe d’or. Cette image représente leur première rencontre, qui se déroula sous le regard avisé du grand-père de Louis XVI, Louis XV, ainsi que des trois tantes du jeune homme.

 

Ce que j’ai le plus apprécié dans cette jolie biographie, c’est l’image que donne l’auteure à la figure de Marie-Antoinette. En effet, elle est mise en avant comme étant une femme simple et aimante (elle s’occupe bien de ses enfants, elle écrit souvent à sa mère restée en Autriche, elle respecte son époux et ses nombreux serviteurs). L’image positive qui est dressée de la jeune femme rend encore plus injuste la décision finale. Rien dans ses agissements ou dans sa façon d’être n’aurait pu lui faire mériter la guillotine.

Je n’aurais qu’un seul reproche à faire à ce livre : il fût bien trop court et aurait mérité un petit peu plus de développement historique (mais est idéal pour les enfants).


Les adultes, comme les plus jeunes, peuvent prendre plaisir à (re)découvrir la destinée tragique de cette reine de France. Drapez vous de vos plus beaux atours, enfilez vos souliers et plongez en plein coeur du XVIIIème siècle, temps des Lumières et de la Révolution française… 

Ma note : 7,5/10