Rosa Parks : La femme qui osa dire non !


Rosa Parks : La femme qui osa dire non !
de Sophie de Mullenheim
160 pages, éditions Le Livre de Poche jeunesse, à 5,90€


Résumé : – Maman, demande Rosa. Est-ce que l’eau des Blancs est meilleure que la nôtre ? – Non, ma chérie, bien sûr que non. – Mais alors, pourquoi il y a deux fontaines ? Leona ne répond pas et regarde sa fille intensément. Elle sait très bien que Rosa connaît la réponse à sa question, qu’elle n’ignore pas que les Blancs ne veulent pas risquer de se contaminer au contact des Noirs. Un récit qui retrace la vie de Rosa Parks, figure emblématique de la lutte contre la ségrégation raciale ; une biographie à lire comme un roman pour découvrir cette héroïne militante.


Extraits« Le respect ! ricane-t-il. Qui parle de respecter les Noirs ? Tu as bien vu à quoi nous sommes réduits. Nos enfants n’ont pas le droit d’aller dans les mêmes écoles que les Blancs, nous ne pouvons même pas nous asseoir devant dans les bus. Professeur ou charpentier, c’est la même chose pour les Blancs. C’est ça que tu appelles le respect ?« 

« Aux yeux de la loi, Blancs et Noirs sont égaux. Dans la vie réelle, ils vivent séparés et s’évitent. »


Mon avis : Sophie de Mullenheim rend accessible au jeune public l’histoire de Rosa Parks. Dans un récit biographique légèrement romancé, elle racontes les grands épisodes de la vie de cette héroïne noire, qui a marquée l’Histoire. Vous connaissez certainement Rosa Parks, une jeune femme noire née en Alabama, aux États-Unis, qui subit de plein fouet, avec sa famille, les conséquences du racisme. Dans une Amérique divisée, où les Blancs et les Noirs, bien qu’étant égaux aux yeux de la loi, ne le sont pas du tout dans la vie quotidienne. Des fontaines sont réservés aux Blancs, strictement interdites d’accès aux Noirs, tout comme les hôpitaux et bien d’autres lieux publics. La ségrégation est perceptible dans les moindres faits et gestes, les moindres regards, elle est omniprésente, elle pèse sur l’ensemble de la population Noire. C’est avec effroi que l’on se rend compte des nombreuses injustices du monde d’hier, des bêtises de certaines personnes, tellement énormes qu’elles nous paraissent fausses.

L’auteure développe les grands lignes de la vie de Rosa Parks, depuis sa plus tendre enfance, de ses rêves d’institutrice, jusqu’à son engagement pour la lutte contre le racisme. En parallèle, elle incorpore à l’histoire un personnage fictif, celui d’Iris, une jeune fille blanche, née le même jour que Rosa Parks, qui évolue dans un tout autre univers que cette dernière. Iris est la fille d’un homme appartenant au Ku Klux Klan, une société secrète terroriste blanche, qui prône la suprématie de leur race et s’oppose par tous les moyens violents possibles aux afro-américains. Mais Iris, en colère contre les agissements de son père et consciente des inégalités qui sévissent au quotidien, souhaitent dédier sa vie à la lutte contre les injustices. Elle devient l’une des premières femmes avocate, de surcroît spécialisée dans les affaires qui concernant les Noirs. J’ai beaucoup aimé suivre l’évolution de ces deux filles devenues femmes, qui, bien qu’issues de milieux différents, sont finalement dotées de caractères similaires et d’un but commun : combatives et déterminées, elles souhaitent réduire les inégalités du quotidien. Les deux femmes vont se croiser au gré du récit, l’une et l’autre poursuivant leur combat à leur façon.

Je connaissais l’histoire de Rosa Parks lorsqu’elle a refusée de céder sa place dans le bus, or, je ne savais quasiment rien d’autre de sa vie passée. C’est avec bonheur que j’ai découvert une jeune fille ambitieuse, déterminée, courageuse, soutenue par ses proches, en particulier par son grand-père, un homme bon, convaincu de l’injustice de la situation des afro-américains. C’est lui, sans doute, qui a instillé dans l’esprit de Rosa ce sentiment de combativité et qui lui a transmis la force de se battre pour changer les choses.

Enfin, l’ensemble du récit est agrémenté de magnifiques illustrations en noir et blanc, qui viennent dynamiser l’histoire et lui apporter plus de vivacité.


Un bel ouvrage biographique sur Rosa Parks, qui permet aux plus jeunes d’avoir accès facilement à l’histoire de cette grande dame, dont la force et le courage ont à tout jamais marqués monde. 

Ma note : 7,5/10

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ISBN : 978-2-01-713431-2
Illustrations : Johan Papin

Les tragiques


Les tragiques de Christian Montaignac
288 pages, éditions En exergue, à 21,50€


Résumé : Ceux-là n’ont pas profité d’une expression souvent utilisée, « le champion meurt toujours deux fois », une seule a suffi. Leur rêve éveillé s’est brisé, la mort les a emportés au cœur d’une jeunesse dorée. Ils ont incarné le mot d’André Malraux selon lequel la tragédie d’une fin en pleine gloire a « transformé leur vie en destin ». Nos Tragiques, entre connus et méconnus, sont morts dans cet âge d’or où rien n’était fini de leur passion de jeunesse. Sans avoir voulu rejoindre James Dean, le plus fameux d’entre tous, dans sa volonté de « vivre vite et de faire un beau cadavre », ils sont partis comme lui, dernier éclat d’un soleil noir. Il s’agit de leur redonner la lumière. La mort ne suffit pas à tirer la conclusion de leur histoire. Il y a chez eux, en eux, ce romantisme dont le sport est porteur quand il ne se limite pas à une somme de chiffres, à la longueur des statistiques, aux lignes d’un palmarès. Leur gloire, c’est notre mémoire.


Extraits : « La grandeur du sport et son secret éclat se tiennent dans l’invitation à durer le temps de quelques saisons plus ou moins ensoleillées, avant d’entrer dans des automnes refroidis, de goûter aux effets douceâtres de la nostalgie, de recueillir les retombées d’une renommée. Ainsi, les sportifs, destinés à mourir de leur vivant, sont appelés à faire de leur jeunesse l’oeuvre d’une vie, leur chef-d’oeuvre aussi. »

« J’en ai retenu deux avec le souci d’ajouter que, depuis la fin de la guerre, plus de trois cents boxeurs ont été tués par le métier. Quel métier ? Un sport de combat qui oppose deux hommes bien décidés à se porter des coups avec une hargne que réprime le Code pénal hors des rings. »


Mon avis : Christian Montaignac est avant tout un grand reporter, chroniqueur pour L’Équipe pendant près de 37 ans, couvrant tous les grands événements sportifs, des Jeux Olympiques aux Coupes du monde. Avec Les tragiques, il signe une oeuvre littéraire majeure, rendant hommage aux sportifs, plus ou moins connus, décédés tragiquement au sommet de leur gloire.

L’auteur publie une trentaine de portraits d’hommes et de femmes, grands sportifs, plus ou moins anciens, qui ont marqués leur époque ou qui ont traversé le monde sportif sans grande vague. Il essaie d’aborder l’ensemble des sports les plus communément plébiscités : le cyclisme, la boxe, le sport automobile, l’équitation, l’escrime, le football, le rugby…, brossant le portrait de sportifs français aussi bien qu’étrangers, afin que chacun puisse apprécier les talents et le courage des sportifs de tout horizons.

J’ai été attristée de redécouvrir certaines biographies que je ne connais que trop bien – je pense notamment à Jules Bianchi, jeune champion de Formule 1, qui trouva la mort en 2015 dans un accident de Grand Prix, après plus de neuf mois de coma. D’autres sportifs, moins connus, souvent oubliés, sont remis au-devant de la scène le temps de quelques minutes. Fabio Casartelli, Gérard Saint ou José Samyn pour le monde du cyclisme ; Yves du Manoir, figure phare du rugby ; Ayrton Senna, vedette de Formule 1 ; Emiliano Sala, mondialement connus pour ses performances dans le monde du football. De beaux hommages, émouvants, intenses et passionnants !

Je déplore quand même un nombre assez peu élevé de portraits féminins – j’en dénombre quatre seulement, sur une trentaine – Thaïs Meheust, jeune cavalière française de 22 ans qui a trouvée la mort en 2019 sur son cheval ; Régine Cavagnoud, skieuse française qui a percuté un entraîneur allemand en 2001 lors d’une descente d’entraînement sur le glacier du Pitztal, en Autriche ; Lillian Board, athlète britannique, primée aux Jeux Olympiques d’été de 1968, recordwoman du monde, qui décéda d’un cancer à l’estomac à 22 ans à peine ; puis Georgette Gagneux, athlète française, tuée à 23 ans par les excès de la compétition. De jeunes vies fauchées au sommet de leur gloire. Une belle leçon d’humilité, qui rappelle que la vie est éphémère et qu’il faut en profiter à chaque instant.

Les portraits sont sublimés par des dessins en noir et blanc réalisés par Bertrand Vivès, avec leur nom en lettres manuscrites et leurs funestes dates de naissance et de mort. J’ai beaucoup aimé cette jolie attention, qui nous permet de mettre un visage sur ces histoires bien trop tristes.

J’ai beaucoup apprécié cet ouvrage, que je ne peux que vous recommander. Il s’est produit en moi un panel d’émotions assez contradictoires : forcément, j’ai ressenti beaucoup de tristesse en lisant ces destins tragiques, qui auraient pu briller bien au-delà de ce qu’ils ont accomplis. Mais j’ai aussi été admirative, fière de ces hommes et ces femmes, de leurs prouesses, de ce qu’ils ont réalisé en si peu de temps de leur vivant. Leur dévouement sans faille au sport qu’ils pratiquaient est admirable. C’est un sentiment ambivalent mais exceptionnel, qui nous rend tristes, mais émerveillés. Ils ne sont morts qu’une fois, mais grâce à Christian Montaignac, ils vont vivre dans la postérité.


Christian Montaignac brosse le portrait d’une trentaine de destins de sportifs tragiques. Un livre magnifiquement écrit, qui rend un hommage poignant à ces hommes et ces femmes, grands sportifs ou inconnus, qui ont succombé au sommet de la gloire. Je vous le recommande !

Ma note : 9,5/10

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ISBN : 979-10-97469-01-6
Illustrations : Bertrand Vivès

Rester debout


Rester debout de Fabrice Colin

292 pages, éditions Le Livre de Poche jeunesse, à 6,90€


Résumé : 1933 : en Allemagne, Hitler accède au pouvoir. Petit à petit, la menace se précise et des rumeurs circulent, auxquelles aucun Juif ne veut croire. Puis c’est la guerre, les premières rafles – et, à cet instant, il est déjà trop tard. Internée à Auschwitz-Birkenau avec sa mère et sa soeur aînée, Simone doit se battre, pour elle et pour les autres. Bientôt, son courage, sa force, sa volonté serviront d’exemples à travers le monde. À jamais survivante, définitivement libre, elle sera prête, alors, à livrer d’autres combats.
Rester debout, c’est l’histoire de la femme la plus populaire de France qui, à la veille de sa mort, se remémore, à travers les brumes d’une longue rêverie féconde, ses premières années. Mais c’est d’abord la chronique d’années tendres et heureuses, le récit d’une enfance qui, malgré la crise et les préjugés, commence sous le signe de l’harmonie familiale – avant, insidieusement, de basculer vers le drame. À partir de 13 ans.


Extraits : « J’ai commencé ma vie dans l’horreur, a-t-elle déclaré à la presse, je la termine dans le désespoir. »

« Le bonheur, on le sait, est la chose la plus fragile au monde. Figurez-vous un vase de cristal. Figurez-vous ce vase à l’extrémité d’une falaise, un matin de grand vent. Ou un brin d’herbe, au bord d’un chemin, à la merci de n’importe quelle main d’homme – n’importe quelle paluche épaisse et velue. »


Mon avis : Chacun connaît Simone Veil, cette femme courageuse et téméraire, mais peut-être êtes vous moins nombreux à connaître sa véritable histoire, qui a contribué à forger sa personnalité et à faire d’elle la femme qu’elle est devenue alors. En 1944, la Seconde guerre Mondiale fait rage. À peine âgée de 16 ans, Simone Veil, issue d’une famille juive, est déportée à Auschwitz avec sa mère, son frère et ses soeurs. Là-bas, elle fera face aux horreurs les plus viles, la mort omniprésente, la terreur quotidienne, d’être tuée, ou séparée de ses proches, tout en gardant toujours l’espoir, presque insensé, d’en finir avec cette guerre.

Simone Veil se fera très vite repérée par les autres détenus, ainsi que les surveillants, pour sa force de caractère assez incroyable. Elle n’est alors qu’une jeune adolescente, mais déjà sûre d’elle, elle se montre mature, réfléchie, clairvoyante sur les événements qui se jouent sous ses yeux, solidaire avec les autres, tout en restant sensiblement humaine, malgré les horreurs qui l’entourent. C’est une femme qui mérite toutes les éloges, qui à sut, comme le titre Fabrice Colin, rester debout, faire face et combattre les difficultés de la vie, là où beaucoup ont perdus espoir et abandonnés.

Simone Veil, ses soeurs, son frère et sa maman, à Nice

Dans cette biographie romancée, Fabrice Colin colle au plus près de la vie de Simone Veil, tout en y incorporant quelques éléments fictionnels (ajouts de dialogues, de personnages inventés…). Il choisit d’écrire son livre d’une façon simple et accessible au plus grand nombre, pour permettre notamment aux plus jeunes lecteurs de connaître cette grande dame et son histoire.

Je connaissais les grandes lignes biographiques de sa vie, mais j’avoue avoir été intriguée de pénétrer son intimité. Nous voyons Simone petite fille, entourée de sa famille, puis nous suivons lentement son évolution, vers la femme que nous connaissons désormais. J’ai aimé cette rétrospective, pudique, feutrée, de l’enfance de Simone et sa famille à Nice, où l’on entrevoir quelques morceaux de candide bonheur, avant l’indicible noirceur.

Portrait de Simone Veil

Depuis, Simone Veil est devenue une figure emblématique de la vie Française. Après avoir suivi des études de droit, elle devient magistrate, puis entre en politique sous le mandat de Valérie Giscard d’Estaing, comme Ministre de la Santé. Elle deviendra l’icône de la lutte contre la discrimination des femmes en France, faisant notamment adopter la loi Veil, qui dépénalise le recours à l’interruption volontaire de grossesse (IVG). Elle est également la première femme à accéder à la présidence du Parlement européen, un rôle qu’elle prend très au sérieux, notamment pour ce qui est de rétablir des relations franco-allemandes. Globalement, selon un sondage Ifop réalisé en 2010, Simone Veil est considérée comme la femme préférée des française, qui a su, par son courage, sa ténacité, sa clairvoyance, apporter énormément aux femmes en particulier, mais aussi au peuple français dans son ensemble. Elle a voulue changer le monde… et a réussie son pari avec brio !


Une biographie romancée intimide et touchante sur l’inspirante Simone Veil. Une expérience de vie impressionnante, qui force le respect et l’admiration. J’ai été émue par ce témoignage et suis ravie que les plus jeunes puissent également y avoir accès. 

Ma note : 8/10

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ISBN : 978-2-01-628803-0

Une Américaine à Monaco


Une Américaine à Monaco de Sophie Adriansen

301 pages, éditions Charleston, à 8,50€


Résumé : Fille de millionnaire, comédienne obstinée, reine du cinéma, éternelle amoureuse, mélancolique chronique, mère accomplie et princesse au grand coeur, Grace Kelly est une icône et son destin est une légende, celle d’une reine d’Hollywood devenue souveraine après avoir trouvé son prince charmant. Elle a passé tant de temps dans la lumière qu’on croit connaître d’elle le moindre secret. Mais les images ne disent pas tout… Des plateaux hollywoodiens au protocole monégasque, Sophie Adriansen vous invite à découvrir l’envers de tous les décors d’une vie passée devant les objectifs et mise en scène sur pellicule. Un portrait brossé d une plume remarquable, qui ressuscite la femme et fait fondre la glace.


Extraits : « Écrire sur Grace Kelly, c’est aborder par sa partie émergée une figure publique qui s’est tant de fois exprimée, a enregistré tant d’interviews, posé pour tant de photos qu’on croit en connaître le moindre secret. Mais les images ne disent pas tout. Elles témoignent du fantasme plus que de la réalité. »

« Il s’évertuait à transmettre à ses enfants ce qui était sa devise : ne rien prendre sans donner en retour. Et il leur apprenait aussi que tout se gagnait, par le travail, la persévérance et la sincérité. Aucune ambition n’était trop grande.« 


Mon avis : Tout le monde connaît – au moins de nom -, la célèbre Grace Kelly, star hollywoodienne devenue princesse de Monaco par son mariage avec Rainier III, mère d’Albert II, l’actuel souverain de la principauté, qui a connue une fin tragique en 1982 au volant de sa voiture. Dans cette biographie riche en références cinématographiques et en témoignages en tout genre, Sophie Adriansen dresse l’incroyable vie de cette princesse Américaine à Monaco.

Grace Kelly est issue d’une famille aisée, modèle type du rêve Américain par excellence. En effet, son père, John B. Kelly Sr., est le fondateur d’une entreprise prospère de briqueterie, grâce à laquelle il deviendra millionnaire. Très sportif, il élèvera ses enfants avec des valeurs positives, notamment en leur insufflant le goût de l’effort et du dépassement de soi, qui profitera à John B. Kelly Jr., surnommé « Kell », qui deviendra médaillé aux Jeux Olympiques, mais aussi à Grace Kelly, consciencieuse, appliquée et très investie dans tout ce qu’elle entreprendra.

Ses magnifiques yeux blonds et sa chatoyante blondeur fera d’elle une jolie mannequin, avant d’être repérée pour ses talents d’actrice. Elle jouera dans différentes pièces de théâtre, puis dans des séries télévisées, avant d’apparaître dans son premier film, en 1951, à seulement 22 ans. Tout s’enchaîne très vite : Le train sifflera trois fois (1952), Mogambo (1953), Fenêtre sur cour (1954), La main au collet (1955), ou encore Le Cygne (1956), elle partagera l’affiche avec Gary Cooper, Clark Gable, Ava Gardner, James Stewart et bien d’autres encore…

Grace Kelly, modèle et actrice Hollywoodienne de renom

Sa carrière d’actrice prendra fin lorsqu’elle deviendra officiellement la nouvelle princesse de Monaco. En effet, vis-à-vis des monégasques, la princesse devait asseoir sa légitimité et remplir des obligations royaux et préserver une image respectable, qui magnifie le royaume… elle a dû mettre un terme à sa vie devant les projecteurs hollywoodiens pour se consacrer entièrement à la valorisation de son nouveau royaume.

Son mariage avec le prince Rainier III a été médiatisé dans le monde entier, qualifié par les médias de « mariage du siècle ». Quand on se souvient du mariage de Kate et William en 2011, suivi par près de 7 milliards de téléspectateurs dans le monde entier, je peux aisément comprendre l’ampleur de l’événement de l’époque.

Grace Kelly et Rainier de Monaco lors de leur mariage 

Devenue princesse, Grace s’investie pleinement dans le rayonnement de Monaco à travers le monde, dans le développement d’infrastructures et le soutien aux populations. Elle s’engagera dans maintes associations caritatives et sociales, devenant notamment présidente de la Croix-Rouge monégasque jusqu’à sa mort.


Vue aérienne de Monaco

De l’union de Grace Kelly et Rainier III naîtront trois enfants : Caroline, Albert et Stéphanie. C’est Albert, premier et seul garçon de la famille, qui héritera de la souveraineté de Monaco à la mort de son père, en 2005. Quant à Stephanie de Monaco, outre son rang dans la famille royale, elle se fera principalement repéré pour son tube Ouragan, sorti en 1986, qui a connu un succès retentissent à l’époque… et continue encore à emplir nos esprits.

La famille royale de Monaco, composée du prince Rainier de Monaco, de la princesse Kelly
et de leurs trois enfants : la princesse Caroline, le prince Albert et la princesse Stéphanie.

Comme tout le monde le sait, la princesse meurt dans un accident de voiture, alors qu’elle emmenait sa fille Stéphanie à un stage artistique à Paris. Fort heureusement, cette dernière ressortira indemne de l’accident, mais se verra accusée d’avoir provoqué l’accident. En effet, d’après de nombreuses rumeurs, la jeune fille, seulement âgée de 17 ans, serait sortie de la portière avant gauche de la voiture, côté conducteur, ce qui suggère qu’elle ait pu prendre le volant sans permis. Bien évidemment, ce ne sont que des rumeurs et celles-ci n’ont jamais été revendiquées comme vraies.

J’ai été particulièrement ravie de pouvoir découvrir plus en détails la vie – tristement écourtée – de la splendide princesse Kelly. Sophie Adriansen a fournit un très gros travail de documentation, qui nous permet d’avoir une vision globale de la vie professionnelle et personnelle de la princesse. Néanmoins, certaines parties de l’histoire n’était pas classée par ordre chronologique – l’auteure faisant des retours en arrière, puis des accélération en avant -, cela a partiellement gêné ma lecture. J’aurais préféré une biographie plus linéaire, moins saccadée.

De plus, je salue le grand nombre de références cinématographiques citées, mais je pense que certains passages auraient pu être écourtés. J’avoue avoir une culture cinématographique assez pauvre, j’ai donc naturellement sauter certains passages, qui s’étendaient trop en longueur et m’ennuyaient. Cela n’a pas été à mon goût, mais je ne doute pas qu’un fin connaisseur en cinéma puisse y trouver son compte.

Comme points d’améliorations à cette très belle biographie, j’aurais aimé découvrir plus intimement la princesse Grace, ses émotions et ressentis qui auraient pu la rendre plus vivante à mes yeux. De plus, je n’aurais pas été contre l’ajout de quelques photographies, en noir et blanc ou en couleurs, pour mettre des visages sur les protagonistes et rendre le récit encore plus ancré dans la réalité. En l’absence de photographies, ma grande curiosité m’a tout bonnement amenée à faire de nombreuses recherches photographiques et cinématographiques, pour en apprendre davantage sur l’entourage de Grace et sur ses talents d’actrice.


Une biographie bien documentée, accessible et enrichissante sur la vie de Grace Kelly. Un très bel hommage à une femme d’exception, qui a indéniablement marquée l’histoire du XXème siècle.

Ma note : 6,5/10

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ISBN : 978-2-36812-165-8

Anne Frank


Anne Frank de Susanna Davidson

62 pages, éditions Le Livre de Poche jeunesse, à 5,50€


Résumé : Anne Frank est une jeune fille insouciante comme les autres lorsque Hitler arrive au pouvoir. Juive, elle est obligée de vivre cachée avec sa famille pour échapper aux nazis. Pendant deux ans, elle ne peut ni sortir, ni courir, ni crier, ni rire trop bruyamment. Heureusement, elle peut tout raconter tout à son journal intime.


Extraits : « – Anne Frank, vous êtes une pipelette, la gronda son instituteur.
– Je n’y peux rien, monsieur Keesing. C’est un truc de filles. Ma mère parle autant que moi, et je tiens cela d’elle. »

« Tant que tu pourras contempler le ciel sans crainte, tu sauras que tu es pur intérieurement et que malgré les ennuis tu retrouveras le bonheur.« 


Mon avis : En cette dure période de confinement que le monde entier vit actuellement, il est bon de se replonger dans le passé et de se rappeler avec émotions et admiration, ce que d’autres personnes, avant nous, ont endurés de pire. C’est le cas d’Anne Frank et de toute sa famille, forcés de se cacher des nazis pendant plus de deux ans dans un petit espace confiné.

Petit rappel historique et littéraire pour ceux qui ne connaîtraient pas Anne Frank : c’est une jeune fille juive, qui s’est cachée des nazis pendant deux ans avec ses proches dans une petite annexe en haut d’un immeuble au Pays-Bas. Pour passer le temps, Anne va écrire leur quotidien dans un journal intime, que son père, seul survivant, fera édité à la fin de la guerre. Vous l’aurez compris, Anne Frank et toute sa famille se feront arrêtés et déportés, pour finalement décédés dans un camp de concentration. Une triste fin pour une jeune fille qui n’était encore qu’à l’aube de sa vie.

L’avantage avec cette biographie raccourcie, c’est qu’elle donne accès aux plus jeunes à l’histoire d’Anne Frank et à celle de milliers d’autres juifs, qui ont subis l’holocauste de la Seconde guerre Mondiale. Ce récit est construit de façon à simplifier l’accès à l’information : il est agrémenté d’extraits tirés du Journal d’Anne Frank, ainsi que de photos en noir et blanc montrant tantôt Anne et sa famille, tantôt les réalités de la vie durant l’occupation.


Margot, la soeur aînée d’Anne et elle-même, à la plage

 


Dernière photo de la famille des Frank, en 1941, un an avant qu’ils ne se cachent

Je connaissais parfaitement la terrible histoire d’Anne Frank, mais il est bon, parfois, de se souvenir pour ne jamais oublier ce que beaucoup ont dû subir dans le passé pour nous offrir notre liberté actuelle. Les actes monstrueux perpétrés par les nazis durant la Seconde guerre mondiale est une honte, une aberration, que nous avons du mal à concevoir, mais qui consistent un bel exemple de médiocrité, d’endoctrinement, de massacres innommables, des plus vils horreurs dont est capable l’être humain.


Susanna Davidson propose ici une biographie raccourcie de l’histoire d’Anne Frank, avec des photos en noir et blanc et des extraits de son Journal. Un bonne première approche pour les plus jeunes !

Ma note : 7,5/10

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