Biographie·Littérature jeunesse

Marie-Antoinette


Marie-Antoinette de Katie Daynes

62 pages, éditions Le Livre de Poche jeunesse, à 5,50€


Résumé : À onze ans, Marie-Antoinette quitte l’Autriche pour épouser le futur roi de France. À Versailles, la princesse, bientôt reine, ne pense qu’à s’amuser. Mais le peuple a faim, des rumeurs s’élèvent contre elle et la Révolution se dessine. Quand la jeune reine décide de changer, il est déjà trop tard.


Extrait :  « Si vous savez danser, chanter et broder, répétait sa gouvernante, vous ne manquerez pas d’impressionner votre futur époux.« 


Mon avis : La quasi-totalité des gens connaissent l’histoire tragique de Marie-Antoinette, au moins dans ses grandes lignes. Alors qu’à notre époque, certains voient en elle une figure de femme forte et libérée, il n’en a pas toujours été ainsi. En effet, Marie-Antoinette a été la reine la plus haïe de France.

Pour faire découvrir aux plus jeunes la terrible histoire de cette grande dame, Katie Daynes a réalisé une biographie imagée de Marie-Antoinette. On peut la voir petite fille, lorsqu’elle vivait en Autriche, aux côtés de sa mère et de ses soeurs et frère. Puis on la voit partir pour Paris, où elle va épouser Louis XVI, futur roi de France, qui va la faire devenir reine de France et va lui donner plusieurs enfants. Enfin, on voit la descente aux enfers du roi et de la reine, jusqu’à l’épisode final que nous ne connaissons que trop bien : la guillotine.

L’attrait principal de cette biographie, c’est qu’elle retrace avec clarté la vie de Marie-Antoinette, en décrivant dans des termes simples et aisés à comprendre pour des enfants la vie de la reine. De plus, les magnifiques illustrations viennent dynamiser le récit, le rendant encore plus vivant et facile à assimiler.

Un exemple d’illustration sur laquelle vous pouvez voir le futur roi Louis XVI embrasser sur la joue sa promise, la magnifique Marie-Antoinette, drapée d’une robe d’or. Cette image représente leur première rencontre, qui se déroula sous le regard avisé du grand-père de Louis XVI, Louis XV, ainsi que des trois tantes du jeune homme.

 

Ce que j’ai le plus apprécié dans cette jolie biographie, c’est l’image que donne l’auteure à la figure de Marie-Antoinette. En effet, elle est mise en avant comme étant une femme simple et aimante (elle s’occupe bien de ses enfants, elle écrit souvent à sa mère restée en Autriche, elle respecte son époux et ses nombreux serviteurs). L’image positive qui est dressée de la jeune femme rend encore plus injuste la décision finale. Rien dans ses agissements ou dans sa façon d’être n’aurait pu lui faire mériter la guillotine.

Je n’aurais qu’un seul reproche à faire à ce livre : il fût bien trop court et aurait mérité un petit peu plus de développement historique (mais est idéal pour les enfants).


Les adultes, comme les plus jeunes, peuvent prendre plaisir à (re)découvrir la destinée tragique de cette reine de France. Drapez vous de vos plus beaux atours, enfilez vos souliers et plongez en plein coeur du XVIIIème siècle, temps des Lumières et de la Révolution française… 

Ma note : 7,5/10
Autobiographie·Biographie·Témoignage

J’ai réussi à rester en vie


J’ai réussi à rester en vie de Joyce Carol Oates

529 pages, éditions Points, à 8,30€


Résumé : Le matin du 11 février 2008, Raymond Smith, le mari de Joyce Carol Oates, s’est réveillé avec un mauvais rhume. Il respire mal et son épouse décide de l’emmener aux urgences où l’on diagnostique une pneumonie sans gravité. Pour plus de sûreté, on le garde en observation. Une semaine plus tard, au moment même où il devait rentrer chez lui, Raymond meurt d’une violente et soudaine infection nosocomiale. Sans avertissement ni préparation d’aucune sorte, Joyce est soudain confrontée à la terrible réalité du veuvage. Au vide. À l’absence sans merci. J’ai réussi à rester en vie est la chronique du combat d’une femme pour tenter de remonter de ce puits sans fond. De poursuivre une existence amputée du partenariat qui l’a soutenue et définie pendant près d’un demi-siècle. En proie à l’angoisse de la perte, à la désorientation de la survivante cernée par un cauchemar de démarches administratives, et les absurdités pathétiques du commerce du deuil, Oates décrit l’innommable expérience du chagrin, dont elle ne peut s’extraire qu’à grand peine, de temps à autre, en se tournant vers ses amis. Avec sa lucidité coutumière, parfois sous-tendue d’un humour noir irrésistible (quand, par exemple, elle se lamente sur l’absurdité des luxueux paniers gargantuesques de saucissons et de pop corn au chocolat déposés devant sa porte en manière de condoléances), elle nous offre à travers ce livre, qui ne ressemble à rien de ce qu’elle a écrit jusqu’ici, non seulement une émouvante histoire d’amour mais aussi le portrait d’une Joyce Carol Smith inconnue et formidablement attachante.


 

Extraits :  « La plus délicieuse des intimités : ne pas avoir besoin de parler ».

« Quand on vit seul, prendre un repas a quelque chose de méprisable, de dérisoire. Car un repas est un rituel social, sans quoi ce n’est pas un repas, mais juste une assiette remplie de nourriture ».

Mon avisJoyce Carol Oates est une auteure américaine mondialement connue, qui comptabilise plus d’une centaine de livres à son actif (romans, nouvelles, pièces de théâtre…). Curieuse de découvrir son écriture, j’étais aussi curieuse de découvrir qui était cette grande dame. C’est pour cette raison que, comme première approche littéraire, j’ai fait le choix de lire un de ses témoignages les plus intimes et poignants qui soient, puisqu’il raconte la mort de son mari, Raymond, avec qui elle était mariée depuis près de cinquante ans et son veuvage précoce.

Il n’est jamais facile d’écrire un avis sur un témoignage, puisque cela revient à juger de la vie d’autrui, chose que je ne me permettrais jamais de faire. Dans cette chronique, je m’attacherais donc à vous témoigner toutes les émotions qui m’ont traversées à la lecture de ce récit.

Comme chaque lecture qui lit ce récit, j’ai éprouvé beaucoup de peine à l’annonce tragique de la mort de Ray Smith, et j’ai pu ressentir le choc que cela a dû être pour Joyce de constater la mort brutale de son mari, alors si en forme une semaine auparavant. Une mort prématurée, qui aurait pu être évitée. J’ai ressenti de la colère à l’encontre des membres hospitaliers, qui m’ont semblé peu bienveillants, assez froids, rigides. La présence constante de la mort dans leur vie leur a certainement forgé une carapace qui les empêche de ressentir de ressentir des émotions tragiques.

On ne peut que compatir à la tristesse de la veuve et calquer sa propre vie sur la sienne. Comment aurions-nous réagit si une telle chose nous arrivait dans la vie ? On s’identifie à l’auteure, on boit ses propos et on s’émeut intensément de ses paroles. C’est beau et touchant, c’est fort émotionnellement et bien écrit stylistiquement. Entre souvenirs heureux de leur vie commune et réflexions sur la perte et la période qui suit la perte de l’être cher, c’est un récit intime, plein d’émotions que nous livre l’auteur. Elle nous partage ses peines : lorsqu’elle rentre dans leur maison trop grande et trop vide, que tous les endroits où elle se rend lui rappelle Raymond, que les messages et cadeaux attendrissants arrivent par centaines… Elle doit maintenant faire face seule à la vie, et tenter de reprendre le court normal de son quotidien.

A ceux qui auraient peur de retrouver entre ces pages une effusion d’émotions tragiques, détrompez-vous. L’écriture de Joyce Carol Oates, bien loin d’être larmoyante et plaintive, est au contraire remplie d’une force expressive intimidante et d’une réflexion intelligente sur le deuil et la dépression. Ce livre représente un magnifique hommage à l’homme qu’elle a aimé, chérie et accompagné tout au long de sa vie. Pour finir cette chronique d’une touche d’espoir, sachez que le destin a décidé de faire recroiser le chemin de l’amour à Joyce. Depuis ce terrible drame, l’auteure s’est reconstruite auprès d’un autre homme. Rien ne pourra jamais lui faire oublier son Raymond, mais la vie est tellement courte, qu’il ne faut pas la passer à se morfondre, mais qu’il faut continuer à profiter, à avancer et à aimer. Bravo Joyce Carol Oates : j’admire votre courage et votre lutte acharnée pour réussir à rester en vie.

Ma note : 7/10
Biographie

Weidmann, le tueur aux yeux de velours

Weidmann, le tueur aux yeux de velours
de Philippe Randa
234 pages, éditions French Pulp, à 18,99€

 

Résumé : Eugène a un charme fou, des yeux de velours et une étrange maladie : pour de maigres sommes, il tue et dépouille ceux qui ont le malheur de croiser son chemin. Meurtrier sans émotion, uniquement attiré par l’appât du gain ? Ou agent nazi, envoyé en France pour d’obscures raisons politiques ? Alors que l’Europe s’apprête à s’embraser, le destin de cet assassin singulier va cristalliser les tensions et donner lieu à d’innombrables fantasmes… au point qu’aujourd’hui encore la vie de celui qui fut le dernier guillotiné en place publique continue de susciter les passions.

Extraits :  « Le changement d’attitude est tel que le juge Berry est de nouveau désarçonné. D’évidence, Weidmann ne simule pas son chagrin. Lui qui a tué avec un terrible sang-froid une demi-douzaine de personnes s’effondre à la pensée du chagrin qu’il fait à sa mère. »

« Une vérité se fonde sur la coïncidence de plusieurs témoignages ; un mensonge, lui, n’est jamais dit que par une seule personne. Même si deux suspects se sont mis d’accord sur une version celle-ci peut être facilement démontée lors d’un troisième interrogatoire. »

Mon avis :  Eugène Weidmann, surnommé le tueur aux yeux de velours. Son nom ne vous dira peut-être rien, mais pour la justice française, il représente beaucoup. Puisque que Eugène Weidmann est le dernier guillotiné en place publique en France, en 1939.

En septembre dernier, j’ai eu l’opportunité de participer à une conférence sur Détective, l’hebdomadaire français traitant des petits faits divers ou des affaires criminelles plus importantes. Il va sans dire que ce journal a largement traité et abusé de l’affaire Weidmann, une affaire à scandales, pour vendre du papier en grand nombre. Cette conférence donc, traitant en grande partie de Weidmann, m’a fortement intriguée et m’a donnée envie d’en apprendre davantage sur ce tueur si mystérieux.

Mais qui est ce Weidmann, au nom si connu, mais à la figure si mystérieuse ? Weidmann, c’est un jeune homme d’une trentaine d’années, accusé d’avoir tué six personnes pour leur soustraire quelques petites sommes d’argent. Mais, au-delà de ses crimes, c’est son personnage entier qui fascine. Weidmann est mystérieux, angoissant, insondable et totalement indifférent aux crimes et à la peine qu’il encourt. Un monstre, presque inhumain, qui ne recule devant rien, si ce n’est devant sa mère.

Comme le souligne à maintes reprises Philippe Randa, il y a toujours eu beaucoup de mystères (et il y en a encore beaucoup aujourd’hui), autour des réels mobiles et agissements qui ont poussés Weidmann à de tels actes. Dans ce contexte de Guerre Mondiale, nombreux sont ceux qui ont évoqués la possible infiltration nazie (car Weidmann était un allemand réfugié en France). Mais rien n’a jamais été certifié, car Weidmann a été guillotiné.

Là s’impose un petit point historique : la guillotine a fonctionné la première fois en France vers le milieu du XVIIIème siècle (vers 1763) et la dernière fois en 1977 à la prison des Baumettes, puisqu’en 1981, la peine de mort est définitivement abolie. Quant à Weidmann, c’est le dernier homme a avoir été guillotiné en place publique, où tout un tas de spectateurs avaient le droit d’assister à l’exécution. Comme l’affaire Weidmann était fortement médiatisée, l’exécution a dégénérée : certains journalistes ont réussis à se trouver des places de rois en hauteur et ont peut filmer aisément toute la scène de l’exécution (pour les plus curieux, la vidéo se trouve sur Youtube) ; des femmes ont chantées et bues du champagne suite à la mort de l’homme. Un spectacle macabre qui mènera à une interdiction d’exécution publique.

J’ai trouvé très intéressant ce roman-documentaire. Philippe Randa reprend avec exactitude les grands traits biographiques de la vie de Weidmann (les noms évoqués restent inchangés, tout comme les crimes ou les lieux), tout en y ajoutant une part romancée, pour rendre plus dynamique et vivante la lecture de l’ouvrage. Un grand bravo pour ce magnifique travail de recherche accompli !

Ma note : 8/10
Biographie

Napoléon amoureux

Napoléon amoureux de Olivier Miquel
158 pages, éditions Rabelais, à 14,80€

 

Résumé : La carrière de Napoléon doit beaucoup aux femmes. Et d’abord a Joséphine, qui, grâce a ses relations, permettra au petit corse inconnu de devenir maître de la France. Mais il y eu aussi Marie Waleswska, jetée dans le lit de l’empereur par les patriotes polonais, et Marie-Louise, qui aurait pu sauver le régime après l’abdication. Beaucoup lui seront fidèles, et certaines jusque dans l’exil. Car l’époque napoléonienne est aussi une épopée amoureuse…

Extraits :  « Joséphine aime qu’on parle d’elle. En bien ou en mal, elle s’en moque, pourvu qu’on en parle. Elle est à la mode. »
« L’amour est une sottise faite à deux. » Napoléon Bonaparte »

Mon avis :  Après ma lecture coup de coeur de Victor Hugo amoureux de Christine Clerc, me voici lancée dans un nouveau titre des éditions Rabelaix : Napoléon amoureux.

Napoléon, ce guerrier Corse, cet homme puissant, vigoureux et combatif, ce militaire téméraire, cet Empereur provocant, et bien ce Napoléon, oui, Mesdames et Messieurs, a déjà été amoureux. C’est très tôt, à 26 ans a peine, que Napoléon rencontre Joséphine, qui deviendra la femme de sa vie. Il va l’aimer avec force et passion, de tout son corps et de toute son âme. Cet être qu’on croyait insensible a déjà éprouver des émotions amoureuses très fortes.

Olivier Miquel essaie de retracer la vie amoureuse de Napoléon. Il retrace aussi l’histoire de l’Empereur, ses combats, ses conquêtes et son ascension au pouvoir. On découvre Napoléon sous un nouveau jour : celui de mari. On se rend compte que Napoléon aime intensément sa bien-aimée, mais qu’il a tendance à mal l’aimer. Ils finiront par divorcer, en parti à cause de la stérilité de Joséphine, qui ne pouvait donner une descendance à l’Empereur. Par la suite, Napoléon épousera Marie-Louise, une Autrichienne, qui lui donnera son premier fils, baptisé Roi de Rome.

J’ai trouvé que les femmes n’étaient pas représentées à leur avantage dans ce livre – elles sont soumises aux ordres de l’Empereur, utilisées comme femmes-objets pour avoir une descendance. Un cruel manque d’humanité pour un homme, qui, rappelons-le, a contribué à la société en modernisant une grande partie des institutions françaises d’aujourd’hui !

Comme dans les autres ouvrages des éditions Rabelais, ce petit livre est doté d’illustrations de qualité. Toutes les images sont en couleur et montrent tantôt des portraits de femmes, tantôt des représentations picturales de l’Empereur. Nous pouvons même admirer page 92 le célèbre tableau de Goya, Le trois mai 1808 à Madrid, cette toile révolutionnaire que j’affectionne tant.

Malheureusement, j’ai été beaucoup moins emballée par cette lecture que par celle de Victor Hugo amoureux. Victor Hugo est quelqu’un que j’admire énormément, dont je connais presque la globalité de son existence. Contrairement à Napoléon, qui est un personnage mystérieux, que j’avais envie de connaître davantage.

Sans vous mentir, je peux vous dire que j’ai lu l’intégralité de l’oeuvre, mais que certains passages étaient assez flous. Olivier Miquel nous parle comme à des connaisseurs expérimenté de l’Empereur, en citant d’innombrables noms de personnages sortis d’on ne sait où. Tout n’était pas très bien ordonné, ce n’était pas très clair dans ma tête.

J’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir une facette plus intime de la vie de Napoléon. Néanmoins, j’aurais préféré que le récit soit un petit peu plus développé et décrypté, pour plonger plus intensément au coeur de la vie amoureuse de l’ancien Empereur.

Ma note : 5,5/10
Biographie

Victor Hugo amoureux

Victor Hugo amoureux de Christine Clerc
132 pages, éditions Rabelais, à 14,80€

 

Résumé : Les femmes ont inspiré à Victor Hugo les plus beaux poèmes de la littérature française. Sa fille Léopoldine, noyée accidentellement, sa maîtresse Juliette Drouet, qu’il couvrira pendant cinquante ans de lettres d’amour, la romancière Léonie d’Aunet, qui fera de la prison à cause de lui, la comédienne Alice Ozy, à qui il fera une cour assidue… Et tant d’autres…
On les retrouve aussi dans ses romans et son théâtre. Il aimait tellement les femmes qu’il sera, avant la lettre, l’un des premiers féministes, prônant déjà l’égalité entre les sexes.
C’est ce que nous raconte Christine Clerc dans un récit coloré qui restitue une époque en redonnant à ces inspiratrices la place qui leur revient.
Extraits :  « Lorsque le directeur du théâtre annonce qu’elle jouera la princesse Negroni, elle se lève et rentre chez elle, outrée : quoi ? Neuf répliques seulement, et au dernier acte ? Puis elle se ravise : « Il n’y a pas de petit rôle dans une pièce de M. Victor Hugo. » »
« « Le 26 février 182, je suis né à la vie, le 17 février 1833, je suis né au bonheur dans tes bras. La première date, ce n’est que la vie, la seconde, c’est l’amour. Aimer, c’est plus que vivre. » Cette missive de Victor Hugo à Juliette Drouet à été écrite en février 1835, deux ans après leur première nuit d’amour.« 

Mon avis :  Tout le monde le connaît, ce poète et dramaturge, chef de file du mouvement Romantique, personnalité politique et intellectuel engagé, qui a marqué au fer rouge la totalité du XIXème siècle. Si vous n’avez toujours pas compris que je parlais du grand Victor Hugo, passez votre chemin : ne sont acceptés à rester, que les fans incontestés de ce grand homme.

Victor Hugo, c’est quelqu’un que j’admire profondément ; tant dans sa manière d’écrire, que dans ses choix politiques et personnels. Avec cet ouvrage, Christine Clerc invite tous les lecteurs à se plonger dans l’intimité de l’auteur. On y découvre le rapport singulier qu’il entr etient avec les femmes. Marié à Adèle Fouchet, celle-lui va se détourner de son mari pour s’acoquiner avec un de ses amis, Saint-Beuve. Malgré cette trahison, Victor Hugo ne laissera jamais tomber sa femme, il passera même toute sa vie à ses côtés. Bien évidemment, d’autres femmes (très nombreuses) vont se retrouver dans son lit. Juliette Drouet, son amante de toujours, Léonie d’Aunet, et bien d’autres encore. Pourquoi autant de femmes à ses pieds ? Nous savions que Victor Hugo était plutôt bel homme, célèbre et reconnu, et qu’il gagnait convenablement sa vie. Mais ses amantes de n’en formalisaient pas. Elles tombaient amoureuse de ses mots.

Personne ne peut rester insensible aux lettres enflammées qu’envoyait l’auteur à toutes ses femmes. Des lettres remplies d’amour et de sensualité, avec des mots bien pensés, qui vont droit au coeur. Je vous en ai mis un exemple dans la partie « Extraits » de ma chronique.

Le plus touchant reste quand même le poème « Demain dès l’aube » adressé à Léopoldine, sa fille aînée, noyée dans la Seine avec son mari, alors qu’elle n’était âgée que de 19 années. Victor Hugo apprendra son décès dans les journaux, alors qu’il était en voyage en province avec Juliette Drouet. Il sera miné par la mort de sa fille durant quatre longues années. Son deuil sera finalement fait, à travers son recueil Les Contemplations, empli de poèmes mélancoliques, traitant de l’amour, du souvenir et du deuil.

C’est Alain Decaux, écrivain et biographe français, qui a transmit à Christine Clerc son amour pour Victor Hugo. A partir de là, Christine Clerc s’est appliquée à rassembler des fragments de lettres, des morceaux de poèmes, des écrits précis, auxquels elle a ajouté quelques explications personnels. Pour illustrer cette biographie amoureuse de l’auteur, de nombreux portraits – portraits de Victor Hugo, à de nombreuses périodes de sa vie, de sa femme, de ses amantes, quelques tableaux figuratifs réalisés par Victor Hugo lui-même.

Un livre que je recommande à tous. Christine Clerc a fait un magnifique travail de recherches et a réussie à balayer la vie amoureuse de Victor Hugo (pourtant bien remplie) en moins de 140 pages. C’est concis, clair et bien écrit. Merci pour ce moment, mais j’en redemande !!!

 

Ma note : 10/10
Biographie·Littérature française

Vladimir Vladimirovitch

Vladimir Vladimirovitch de Bernard Chambaz
373 pages, éditions Flammarion, à 20€

 

Résumé : La vie de Vladimir Vladimirovitch Poutine a basculé quand son homonyme est arrivé au pouvoir. Le soir de l’élimination de l’équipe de hockey aux Jeux olympiques de Sotchi, il est frappé par la tristesse dans les yeux du président ? une tristesse d’enfant, des yeux de phoque. Tout au long de l’année 2014, obsédé par la question « que croire, qui croire ? », il raconte dans des cahiers la vie de Volodka : l’enfance, le KGB, l’irrésistible ascension. À travers cette plongée au coeur de l’énigme Poutine, ce sont aussi les spectres de l’histoire soviétique qui défilent.Partagé entre l’amour perdu de Tatiana et la vie possible au côté de Galina, Vladimir Vladimirovitch n’en a pas fini avec les ambiguïtés de l’homme russe face à son destin, et son président.

Extraits :  « La magie des nuits moscovites, ou des somnifères, c’est qu’on peut se réveiller frais comme une rose après une nuit de cauchemar. »
« Quand on est anxieux, il faut absolument s’attacher à un mot idiot qu’on répète comme un perroquet jusqu’à ce qu’on finisse par se taire.« 

Mon avis :  Avant de lire cette chronique – et/ou avant d’entamer la lecture de ce roman -, sachez que Vladimir Vladimirovitch est un ouvrage assez complexe à lire. Pour ma part, même si j’ai mené à bien ma lecture, ce n’est pas sans difficultés. Le niveau de langue utilisé – assez soutenu -, les termes techniques complexes, les références historico-poliques, ne m’ont pas aidés dans ma tâche. J’ai néanmoins essayé apprécier ce livre.

Vladimir Vladimirovitch est l’homonyme du président Poutine. Une identité pas facile à porter tous les jours, mais qui l’amène à vouer une passtion toute personnelle à la vie du président. Le lecteur est alors emporté dans la vie du protagoniste Vladimir Vladimirovitch et en même temps, dans celle du président. L’histoire de l’URSS est retracée dans ses grandes lignes, allant jusqu’à l’époque moderne de la Russie.

C’est un ouvrage vraiment très intéressant. Bernard Chambaz place quelques petites anecdotes sympathiques sur le président Poutine, qui rend son récit encore plus vivant qu’il ne l’ait.

Hormis la remarque que j’ai déjà écrite dans l’introduction de ma chronique – le fait que le livre soit restreint à un certain public ciblé, assez cultivé pour comprendre les subtilités de la narration -, j’ajouterais que l’histoire en elle-même n’était pas très claire, peu délimitée, sans bornes visibles. Moi qui suit déjà peu cultivée sur l’histoire de la Russie, j’ai été d’autant plus perdue dans la continuité du récit.

Les historiens avides de toujours plus de connaissances, les érudits Russes ou les grands intellectuels sauront apprécier cet ouvrage. Les autres, comme moi… prendront plaisir à lire Vladimir Vladimirovitch, même si la moitié de l’histoire nous échappera.

 

Ma note : 5/10