Pour tout te dire


Pour tout te dire de Gilly Macmillan
357 pages, éditions Les Escales, à 21,50€


Résumé : Le talent d’écrivaine de Lucy Harper lui a tout donné : la gloire, la fortune et des fans par millions. Il lui a aussi donné Dan, son mari jaloux dont la carrière d’écrivain est au point mort.

Un jour, Dan disparaît ; ce n’est pas la première fois qu’une personne disparaît dans la vie de Lucy. Trois décennies plus tôt, son petit frère Teddy s’est lui aussi volatilisé et n’a jamais été retrouvé. Lucy, seul témoin, n’a jamais dit la vérité sur cette soirée, au grand désarroi de ses parents. C’est à ce moment-là qu’elle a développé son talent de conteuse.
Mais aujourd’hui Lucy est une femme adulte qui ne peut plus se cacher derrière la fiction. Le monde entier la regarde, et sa vie est passée au peigne fin. Une vie faite d’histoires, certaines plus plausibles que d’autres. Aurait-elle pu blesser Teddy ? A-t-elle tué Dan ?
Lucy Harper devra enfin dire la vérité. Croix de bois, croix de fer, si elle ment, elle va en enfer.


Extraits« Si mon expérience m’a bien appris une chose, c’est qu’il faut toujours être soi-même, ma chère. La vie est trop courte pour endosser le costume de quelqu’un d’autre. »

« Je suis capable de déceler la beauté dans les choses les plus surprenantes. Il le faut, quand la violence imprègne votre travail. Tous les auteurs de thrillers doivent avoir leur propre façon de gérer ça, je suppose. »


Mon avis : Pour tout te dire est un polar original, doté d’une intrigue prenante, qui nous tient en haleine jusqu’au dénouement. Il met en scène Lucy Harper, une auteure de polars, qui a connu le succès grâce à sa série sur Eliza Grey, une détective redoutable. Sauf que cette année, Lucy Harper décide de se séparer d’Eliza en la faisant disparaître. Une décision qui influe directement sur sa vie réelle, puisque ce fameux personnage n’est autre qu’une amie imaginaire, qui apparaît aux côtés de Lucy depuis sa plus tendre enfance, la suit partout, l’aide, la guide, mais est aussi responsable de nombreuses décisions négatives. Son mari, Dan, également en charge de tout le côté administratif de la carrière de sa femme, veut l’aider dans son travail d’écriture et décide d’acheter une nouvelle maison dans un endroit reculé, entouré de forêts : Charlotte Close. Un lieu inconnu des lecteurs, mais qui résonne étrangement familièrement dans l’esprit de Lucy.

En effet, des années plus tôt, alors qu’elle n’était qu’une petite fille, Lucy s’échappe de sa maison en pleine nuit, suivie par son petit frère Teddy, pour assister à une fête organisée dans la forêt à l’occasion du solstice d’été. Une imprudence qui lui sera fatal : cette nuit-là, alors qu’elle ramène Teddy dans un bunker secret pour qu’il puisse se reposer, ce dernier disparaît, sans que personne ne puisse rien y comprendre. Des années plus tard, cette affaire n’est toujours pas résolue et Lucy vit avec ce poids quotidien sur la conscience. Alors, quand Dan, son mari, disparaît à son tour, s’en est trop pour Lucy : l’enquête est réouverte, elle souhaite à tout prix comprendre comment et pourquoi surviennent ces étranges disparitions.

L’histoire est intéressante, les questions se bousculent dans l’esprit du lecteur, au fur et à mesure que nous avançons dans notre récit. Pour tout te dire est construit dans deux temporalités différentes, avec d’un côté le présent, où l’on côtoie une Lucy adulte, qui se questionne et cherche à mettre en lumière ces mystères ; puis de l’autre, des événements du passé, avec une Lucy petite fille, qui nous explique en détails la disparition de son frère Teddy et les innombrables heures d’interrogatoires qui en ont découlée.

Les personnages restent impénétrables. Il y a d’abord notre  héroïne Lucy – mystérieuse, imaginative, peut-être un peu trop, elle surfe à la lisière de la folie, avec un comportement souvent énigmatique, incompris des autres. Désireuse de tirer au clair cette affaire, elle en vient néanmoins à mentir ouvertement aux forces de polices, à nier des faits, à en cacher d’autres. Son honnêteté est donc mise en doute. Il y a aussi son mari, Dan, qui reste également une énigme : pourtant protecteur et attentionné aux premiers abords, son attitude, que ce soit avec d’autres femmes ou dans la vie quotidienne, laisse imaginer un homme vicieux, malintentionné, qui pourrait même nuire pernicieusement à sa femme pour arriver à ses fins. Car Dan est un écrivain frustré. Sa femme a fait carrière, alors que lui est resté sur la touche, obligé de travailler dans l’ombre de cette dernière. Souhaite-il se venger ? Dans quel but ? Par quels moyens ? Les questions se bousculent dans l’esprit du lecteur, qui cherche avec impatience à comprendre le fin mot de l’histoire.


Un très bon thriller psychologique, impénétrable, prenant, avec lequel on passe un bon moment de lecture. Les questions sont nombreuses, c’est bien pour accaparer l’attention du lecteur, mais ça l’est moins quand elles restent sans réponse.

Ma note : 7,5/10

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ISBN : 978-2-36569-565-7
Traduction : Isabelle Maillet

Qui le sait ?


Qui le sait ? de Lesley Kara
377 pages, éditions Les Escales, à 21,90€


Résumé : Elle pensait pouvoir oublier ses secrets les plus noirs. Elle avait tort. Astrid, ancienne alcoolique, n’a pas touché un verre depuis 192 jours, 7 heures et 15 minutes. Pour fuir son passé douloureux, Astrid a quitté Londres. Elle vit chez sa mère dans une petite station balnéaire et essaie de se reconstruire. Pourtant, malgré les réunions des Alcooliques Anonymes et sa volonté de commencer une nouvelle vie, certains souvenirs continuent de la hanter. Car quelqu’un sait exactement ce que fuit Astrid. Et il n’arrêtera pas de la harceler jusqu’à ce qu’elle apprenne que certaines fautes ne peuvent pas être pardonnées. Pour celles-ci, il faut rendre des comptes… …


Extraits : « Ce n’est pas parce que vous vous imaginez en train de faire quelque chose et que ça vous procure un sentiment de satisfaction que vous avez réellement envie de le faire. Cela ne veut pas dire que vous allez tout mettre en oeuvre pour que le rêve devienne réalité. Loin de là. Pourtant, il arrive aussi que l’inverse se produise, et que vous fassiez quelque chose d’impensable, changeant le cours de votre vie pour toujours. »

« Nos secrets sont le véritable reflet de notre âme. »


Mon avis : Astrid est une jeune trentenaire qui a fuit Londres et ses problèmes passés. Elle s’est réfugiée aux côtés de sa mère, à la campagne et tente progressivement de se reconstruire. Ancienne alcoolique, elle se rend chaque semaine aux réunions des Alcooliques Anonymes, où elle tente de purger ses peines, d’obtenir rédemption et conseils pour ne pas sombrer de nouveau. Là-bas, elle fait la connaissance d’Helen, une femme plus âgée qu’elle, avec qui elle sympathise rapidement. Ensemble, elles se soutiennent dans leur combat contre l’alcool et s’ouvrent librement l’une à l’autre sur leurs histoires passées.

Qui le sait ? est un thriller psychologique qui place Astrid, notre protagoniste sur le devant de la scène. Elle se débat avec ses démons intérieurs, notamment avec son souvenir de Simon, son ex-petit ami. Nous ne savons pas avec certitude ce qui est arrivé à Simon ; seulement, c’est un drame assez intense pour qu’Astrid en subisse encore des séquelles plusieurs années après. La jeune femme se retrouve même poursuivie et harcelée presque quotidiennement par un mystérieux corbeau, qui vient jusque chez elle lui proférer des menaces. On ressent clairement qu’elle est en danger ; en ce sens, l’auteure nous maintient en haleine durant l’ensemble de l’histoire, avec un suspense grandissant qui entoure à la fois Astrid, jeune femme mystérieuse, sombre, déracinée et complexe à décortiquer, mais aussi autour du personnage de Simon, que nous ne faisons qu’apercevoir de temps à autre. Que leur est-il arrivé ? Pourquoi avoir mis fin à leur histoire ?

Le sujet principal : l’addiction à l’alcool. En abordant cette thématique, Lesley Kara sensibilise à la dépendance, aux conséquences qui en découlent, mais aussi aux solutions qui existent pour s’en sortir. Le chemin est souvent long, semé d’embûches, mais il est nécessaire pour aller mieux, pour soi d’abord, mais aussi pour ses proches. Astrid en est pleinement consciente et multiplie les efforts pour mener à la rédemption. Le tout est d’être soutenu par son entourage et d’avoir la volonté et le mental de vouloir réellement s’en sortir.

Bien qu’haletant, j’ai trouvé le récit assez creux, avec un manque profond de substance à se mettre sous la dent. C’est clairement un thriller psychologique, qui nous fait pénétrer dans les cas de conscience d’Astrid, d’où le manque d’actions significatifs. Seul le dénouement apporte son lot de rebondissements, avec un rythme qui s’accélère, pour une fin en apothéose. Je pense que personne n’aurait pu prédire cette fin, tant elle est alambiquée, inattendue et sans doute un peu trop incohérente avec l’histoire globale. Un peu trop tirée par les cheveux, dirais-je, invraisemblable, on y croit pas forcément, mais elle n’en reste pas moins agréable à lire.


Un thriller psychologique bien mené, qui s’appuie sur l’expérience personnelle intérieure d’Astrid, la protagoniste, pour sensibiliser au sujet difficile de l’alcoolisme. Malgré une fin invraisemblable, j’ai apprécié découvrir ce livre.

Ma note : 6/10

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ISBN : 978-2-36569-533-6
Traduction : Clara Gourgon

Elizas


Elizas de Sara Shepard
427 pages, éditions Charleston, à 22,50€


Résumé : Une jeune femme, belle et fragile, un luxueux hôtel hollywoodien et un dangereux mélange d’alcools forts et de médicaments… Quand Eliza Fontaine, jeune auteure à succès, se réveille dans une chambre d’hôpital, il lui suffit d’un regard à ses proches pour comprendre qu’on la soupçonne d’une nouvelle tentative de suicide. N’a-t-elle pas été retrouvée ivre morte au fond d’une piscine alors qu’elle ne sait pas nager ? Pourtant, Eliza en a la certitude, cette fois, c’est différent. Ses souvenirs sont flous, sa mémoire se dérobe, mais elle se souvient d’une voix, d’un rire… Uniquement armée du roman qu’elle vient de terminer, et dans lequel semblent se mêler fiction et réalité, la jeune femme part à la recherche de ce qui s’est réellement passé. Car, s’il y a une chose dont Eliza est sûre, c’est qu’elle n’a pas sauté dans cette piscine. Quelqu’un a tenté de la tuer.


Extraits : « Et puis, où allaient les enfants après leur mort ? Au ciel ? En existait-il une version pour enfants ? »

« Tu sais, ta mère ne réalise pas que le temps passé avec un enfant est éphémère. L’argent, ce n’est pas tout. Le travail, ce n’est pas tout. »


Mon avis : L’idée de départ était bonne, mais elle n’a pas eu l’effet escomptée sur moi : je suis restée hermétique à l’histoire, aux personnages et au style narratif de l’auteure. Eliza Fontaine est une jeune auteure à succès, qui vient d’échapper de justesse à la noyade. Persuadée que quelqu’un lui veut du mal et l’a volontairement poussée dans la piscine de l’hôtel où elle séjournait, elle part en quête de son assassin. Mais personne ne semble croire à sa version des faits, ses parents les premiers. Ils soutiennent que Eliza est malade, qu’elle a tenté d’attenter à ses jours par le biais de sa tumeur dégénérative. Pour ajouter à la confusion générale, Eliza semble souffrir d’une amnésie importante. Elle se perd dans ses souvenirs : elle en oublie des visages, des moments entiers du passé, des conversations, des lieux visités.

L’histoire est construite de façon à alterner un chapitre au présent et un chapitre qui relate des extraits des Dés, l’histoire écrite par Eliza. Nous avons donc une mise en abyme originale, une histoire dans une histoire, avec un personnage réel et l’autre imaginaire. Dans celle-ci, nous rencontrons Dot et sa tante Dorothy, qui sont très fortement liées, l’une semblant être une mère de substitution pour l’autre. Dot est malade, presque mourante, soutient sa tante. Cette dernière la veille continuellement et lui prodigue des instants de bonheur intenses et uniques, pour oublier les malheurs présents. C’est un personnage énigmatique, dont je me suis méfiée dès son apparition, un être vil, mesquin, qui dégage des ondes négatives et un terrible sentiment de terreur.

Un climat étrange flotte durant l’ensemble du récit. Nous sommes transbahutés entre la fiction et la réalité, ne sachant trop à quel saint se vouer. Plus nous avançons dans notre lecture, plus notre confusion augmente et plus la frontière entre ces deux espaces-temps s’amincit. Les similitudes entre Eliza et Dot se font de plus en plus ressentir, tant et si bien qu’au bout d’un certain temps, les deux jeunes femmes ne semblent faire plus qu’une. Nous pénétrons à tour de rôle leur âme, témoins de leurs plus vils aspects comme de leurs meilleurs côtés. Malheureusement, je n’ai pas ressenti d’attachement particulier, que ce soit à l’une ou à l’autre. Ce sont deux jeunes femmes complexes, tourmentées, difficiles à cerner, qui n’attirent ni sympathie ni empathie. Elles m’ont parues froides, sans émotions, toutes deux souffrants de psychoses violentes,

Vendu comme un thriller, je dirais plutôt qu’Elizas est un roman psychologique. Mettre l’accent sur les caractérisations intérieures des personnages, leur état d’âme, leurs conflits psychologiques, est un parti pris osé, qui, de ce fait, exclut toute forme d’action. Sans un minimum d’action venant rythmer l’histoire, j’ai trouvé que le récit s’éternisait en longueurs, avec une protagoniste qui se questionne, qui se cherche, qui sonde sa propre âme pour mettre à jour les secrets enfouis. Trop d’approximations, pas assez d’éléments concrets qui seraient venus me tenir suffisamment en alerte. Ajoutez à cela un dénouement totalement improbable, qui ne m’a absolument pas convaincu. Malgré que je ressorte déçue de cette lecture, je réessayerai avec grand plaisir de relire du Sara Shepard, mais dans son domaine de prédilection : les sagas jeunesse !


Un roman psychologique qui sonde les tourments intérieurs de deux protagonistes complexes. Un récit qui s’éternise en longueurs, prévisible, sans suspense, qui m’a souvent ennuyée.

Ma note : 3/10

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ISBN : 978-2-36812-309-6
Traduction : Amélie de Maupeaou

Comme elle


Comme elle de Madeline Stevens
345 pages, éditions Hauteville, à 19,50€


Résumé : Une baby-sitter dévouée corps et âme… Depuis qu’elle est arrivée à New York, Ella est à la dérive. Elle vit en colocation dans un studio délabré et enchaîne les petits boulots. Aussi, quand un jeune couple aisé de l’Upper East Side lui propose de devenir jeune fille au pair, elle s’empresse d’accepter.
Belle, riche, fantasque, Lonnie s’entiche aussitôt d’Ella. Fascinée par sa patronne, la baby-sitter mesure aussi ce qui les sépare – un mari charmant, un adorable fils et un compte en banque bien rempli. Mais la jalousie que lui inspire sa patronne se teinte se sentiments plus troubles et laisse bientôt place à une dangereuse obsession.


Extraits : « Depuis toujours, je regarde des films d’horreur. Enfant, ils me plaisaient juste parce qu’ils étaient interdits. Même s’ils me donnaient des cauchemars, je les regardais pour le plaisir de la transgression. Puis j’ai appris à les apprécier pour d’autres raisons. »

« La transgression m’excitait et m’effrayait à la fois : ressentir quelque chose, c’était mieux que ne rien éprouver du tout. »


Mon avis : Ella est une jeune fille pauvre, qui survit difficilement à New York. Lorsqu’elle se fait embaucher par une famille riche pour garder leur petit garçon William, elle y voit là une chance inespérée de changer totalement de vie. Rapidement, Ella développer une certaine obsession autour de la figure de la maman, Lonnie, une femme mystérieuse mais ensorcelante, au quotidien rêvé. Les deux femmes vont se rapprocher et tisser des liens énigmatiques, comme une sorte de relation toxique, mais difficilement identifiable. Un triangle amoureux ambigu va se mettre en place entre les deux femmes et le mari de Lonnie.

Le lien qui se crée entre Ella et Lonnie est étrange, difficile à cerner : l’une comme l’autre sont deux femmes pudiques, qui ne laissent que très peu transparaître leurs émotions. J’ai donc eu beaucoup de mal à me faire une réelle idée de leurs caractères, à m’identifier un minimum ou à m’attacher à l’une d’entre elles.

On ressent un certain malaise qui plane durant l’ensemble de notre lecture. L’obsession d’Ella, qui devient vite oppression, est au centre de l’histoire. Certaines scènes sont d’ailleurs terriblement gênantes, je pense notamment aux rencontres fortuites entre Ella et le mari de Lonnie, ou à la tension sexuelle entre nos personnages, qui accentue le malaise initial et alourdi terriblement le récit.

L’ensemble du récit est construit de manière quelque peu décousu, avec des bouts d’histoire sans grand intérêt, aucune intrigue, seulement une suite de pensées narrées, qui nous plonge dans une atmosphère rendue encore plus pesante par le style narratif. Une histoire somme toute assez abstraite, qui suggère beaucoup plus qu’elle ne montre. Madeline Stevens laisse libre court à l’imagination des lecteurs pour combler les zones sombres du récit comme bon lui semble. Un procédé qui n’est pas gagnant pour moi, qui termine ma lecture avec une foule d’interrogations, sans aucune possibilité d’étancher ma soif de réponses.


Entre obsession et oppression, quelle est la limite ? L’idée du sujet était bonne, mais l’histoire est trop abstraite, basée uniquement sur l’aspect psychologique des personnages, sans réelle intrigue. Dommage !

Ma note : 2/10

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ISBN : 978-2-38122-028-4
Traduction : Florence Moreau

Avant d’aller dormir


Avant d’aller dormir de S. J. Watson

469 pages, éditions Pocket


Résumé : Chaque matin, c’est le même effroi. La même surprise.
En se découvrant dans la glace, Christine a vieilli de vingt ans. Elle ne connaît ni cette maison, ni l’homme qui partage son lit.
Et chaque matin, Ben lui raconte. L’accident. L’amnésie…
Ensuite, Christine lit son journal, son seul secret. Et découvre les incohérences, les questions, tout ce qu’on lui cache chaque matin, posément. Peut-être pour son bien… Peut-être pas.


Extraits : « L’âge nous rattrape tous, me suis-je dit tandis qu’il levait les yeux. De manière différente. »

« Nous changeons toujours les faits, nous réécrivons toujours l’histoire pour nous rendre la vie facile, pour la faire coïncider avec la version des événements que nous préférons. Nous le faisons automatiquement. Nous inventons des souvenirs. Sans y penser. Si nous nous répétons suffisamment souvent que quelque chose a eu lieu, nous finissons par le croire, et ensuite nous pouvons nous en souvenir. »


Mon avis : Vous avez certainement déjà entendu parler de ce livre. Avant d’aller dormir a reçu le Prix SNCF du Polar en 2012, avant d’être adapté au cinéma en 2014, sous le même titre. Au vu de l’engouement assez impressionnant qu’il y a eu autour de cette histoire à sa sortie, mais encore maintenant, j’étais très impatiente de découvrir à mon tour ce récit !

Christine est amnésique. Chaque jour, elle se réveille aux côtés d’un homme, censé être son mari, mais dont elle ne se rappelle pas. Et chaque jour, Ben s’évertue à lui rappeler certains souvenirs importants. Mais depuis quelques mois, Christine voit un médecin, le Dr Nack, en cachette de son mari. Celui-ci essaie d’aider la jeune femme à se rappeler de son passé, par une méthode assez simpliste : un journal intime. Christine, écrivaine dans sa vie passée, va donc coucher sur papier tout ce qu’il se passe dans son quotidien et tous les souvenirs qu’elle arrive à se rappeler. Très vite, elle va se rendre compte d’éléments de sa vie anormales et incohérentes. À son détriment, elle va se rendre compte que remuer le passé peut s’avérer dangereux.

On est immédiatement plongé au coeur de l’histoire. Le lecteur, au même titre que Christine, découvre peu à peu la vie présente, puis la vie passée de cette dernière. Comme elle, on s’interroge, on imagine des scénarios, on essaie de déceler le vrai du faux. S. J. Watson joue avec nos nerfs et nos émotions, en nous balançant constamment d’un côté puis de l’autre : qu’est-ce qui est bien, qu’est-ce qui est mal ? Qui dit la vérité et qui ment ? Que croire ?

Le récit est haletant : j’ai tourné les pages à une vitesse folle, tellement j’étais prise par l’histoire de Christine. J’avais envie à chaque fois d’en apprendre davantage, et chaque nouvelles interrogations me poussaient à poursuivre ma lecture. Résultat des courses : un roman dévoré en à peine quelques heures !


Un polar haletant, qui vous tiendra en éveil jusqu’au bout de la nuit.

Ma note : 7,5/10

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