Lolita


Lolita de Vladimir Nabokov
551 pages, éditions Folio


Résumé : Lolita, lumière de ma vie, feu de mes reins. Mon péché, mon âme. Lo-lii-ta : le bout de la langue fait trois petits pas le long du palais pour taper, à trois reprises, contre les dents. Lo. Lii. Ta. Le matin, elle était Lo, simplement Lo, avec son mètre quarante-six et son unique chaussette. Elle était Lola en pantalon. Elle était Dolly à l’école. Elle était Dolorès sur les pointillés. Mais dans mes bras, elle était toujours Lolita.


Extraits : « Les mots, s’ils ne sont pas fondés sur l’expérience, ne veulent rien dire. »

« Il existe deux sortes de mémoire visuelle : l’une qui vous permet de recréer minutieusement une image dans le laboratoire de votre esprit, alors que vous avez les yeux grands ouverts […] ; l’autre qui vous conduit à visualiser instantanément, sur la sombre face interne de vos paupières, l’image rigoureusement fidèle et objective d’un visage aimé, petit fantôme en couleurs naturelles. »


Mon avis : En octobre dernier, j’ai eu l’honneur de lire Ma sombre Vanessa écrit par Kate Elizabeth Russell, un récit psychologique complexe sur le viol et le consentement, qui se référait en grande partie au célèbre Lolita de Vladimir Nabokov. Raison pour laquelle j’ai eu envie de découvrir ce classique de la littérature américaine, qui a fait couler beaucoup d’encre.

Pour celles et ceux qui n’auraient jamais entendu parler de Lolita : il s’agit du surnom donnée à Dolorès, une nymphette dont Humbert Humbert, le protagoniste et narrateur de l’histoire, s’est épris. Ce dernier, incarcéré, raconte ses mémoires et sa folie amoureuse pour une gamine d’une douzaine d’années. Tout commence par un besoin de solitude, de tranquillité, pour pouvoir étudier et écrire en toute liberté. Sa logeuse, Charlotte Haze, lui présente sa fille, Dolorès, dont il tombe éperdument amoureux. Ses derniers se rapprochent, sous les yeux jaloux de Charlotte, qui envoie sa fille en camp de vacances pour les séparer. Humbert Humbert décide de se marier à Charlotte, pour pouvoir vivre au plus près de sa bien-aimée, Dolorès. Seulement, lorsque Charlotte découvre le journal intime pervers de son mari, dans lequel il confie son attirance pour sa fille, elle s’enfuie et se tue accidentellement. Humbert Humbert part donc récupérer Dolorès, pour l’emmener dans un long périple au travers des États-Unis.

Le personnage de Humbert Humbert est énigmatique, mystérieux, déconcertant, on se sent facilement mal à l’aise à son contact. D’apparence cultivé, propre sur lui et courtois, il dissimule en réalité des caractéristiques perverses, détraqués, d’un esprit psychologiquement instable et dérangé. C’est lui le narrateur du récit, on ne perçoit l’histoire qu’à travers sa version des faits. On pénètre donc sa psyché, on s’attache un peu à sa personnalité, on le déteste aussi, ce qui crée un mélange assez dissonant, à l’image même de ce grand malade d’Humbert Humbert. C’est un homme solitaire, perdu, ne vivant que pour sa « passion », qui peut attendrir tout un chacun. Par moments, j’avais  l’impression qu’il essayait tant bien que mal d’enrôler le lecteur dans ses névroses, de nous assujettir à ses penchants pervers, de nous faire croire que cette histoire d’amour, très complexe, pouvait s’apparenter à des milliers d’autres histoires d’amour. Là réside toute la subtilité du récit : le lecteur, placé dans une situation inconfortable face aux scènes qui se jouent sous ses yeux, est facilement manipulable par le narrateur.

Nous sommes les témoins, complices silencieux, des actes innommables qui se jouent sous nos yeux. Néanmoins, il n’y a pas de scène pornographique à proprement parler, l’auteur raconte uniquement les scènes de sexe de manière allusives, abstraites, glissant quelques pistes ici et là pour que nous puissions deviner et nous représenter subjectivement nous-mêmes les scènes en question. C’est encore plus malsain que ce que je m’attendais à découvrir ! Humbert Humbert a un rôle ambivalent face à Lolita : il est à la fois père adoptif et amant passionné. 

Il est donc question de pédophilie, d’amour interdit, de viol et de consentement. Il y a certaines ambiguïtés qui perdurent autour du personnage de Dolorès/Lolita : est-elle réellement victime des assauts de Humbert Humbert, ou est-elle consentante ? Elle semble par moments ressentir des sentiments amoureux ou du moins affectueux pour son bourreau, tandis qu’à d’autres instants, on peut lire entre les lignes l’angoisse profonde, la terreur de la jeune fille, prise entre les mailles d’un filet duquel elle ne peut s’enfuir. Nous sommes face à des interrogations massives, basculés entre mensonges et vérités. Si l’on en croit les descriptions du narrateur, Lolita se montre parfois aguicheuse, vulgaire, un peu inculte, indolente, la parfaite image d’une nymphette provocatrice mais intellectuellement creuse. Mais là encore, on ne peut entièrement se baser sur cette image, construite du point du vue de Humbert Humbert uniquement. Quant à ce dernier, il est amoureux maladif de Lolita, c’est indéniable. Il ne conçoit pas sa vie sans elle. Nous sommes face à une folie comme on en croise que très peu, face à un esprit dérangé, qui provoque en nous une palette d’émotions : du dégoût, beaucoup de malaise, de la peine aussi… 

Ce que je retiendrais principalement de cette lecture, outre la thématiques cinglante et malsaine, c’est la somptueuse écriture de l’auteur. Je l’ai trouvée d’une finesse incomparable. La linguistique est recherchée, elle ne contient aucun mot obscène, le style est élégant, d’aspect poétique, si on en oublie l’intrigue. Le contraste est frappant entre la grâce de l’écriture et l’ignominie des scènes, c’est justement ce qui a rendu ce livre si délectable pour beaucoup.


Un classique de la littérature américaine au style maîtrisé mais ambigue.  un roman sulfureux et ambivalent sur l’amour interdit, qui déstabilise, chamboule,  marque à tout jamais les esprits. à ne pas mettre entre toutes les mains…

Ma note : 7/10

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ISBN : 2-07-041208-3
Traduction : Maurice Couturier

L’idiot


L’idiot de Fiodor Dostoïevski

670 pages, éditions Gallimard


Résumé : Le prince Muichkine arrive à Saint-Pétersbourg. Idiot de naissance parce qu’incapable d’agir, il est infiniment bon. Projeté dans un monde cupide, arriviste et passionnel, il l’illumine de son regard. Par sa générosité, tel le Christ, Léon Nicolaïevitch révélera le meilleur enfoui en chacun. La trop belle Anastasia, achetée cent mille roubles, retrouve la pureté, Gania Yvolguine le sens de l’honneur, et le sanglant Rogojine goûte, un instant, la fraternité. Dostoïevski voulait représenter l’homme positivement bon. Mais que peut-il face aux vices de la société, face à la passion ?
Récit admirablement composé, riche en rebondissements extraordinaires, L’Idiot est à l’image de la Sainte Russie, vibrant et démesuré. Manifeste politique et credo de l’auteur, son oeuvre a été et restera un livre phare, car son héros est l’homme tendu vers le bien mais harcelé par le mal.


Extraits : « Ce qui compte, c’est la vie, la vie seule ; c’est la recherche ininterrompue, éternelle de la vie, et non sa découverte ! »

« Une fable innocente, inventée pour faire rire, même si elle est grossière, ne blesse pas le coeur humain. »


Mon avis : J’avais peur de débuter ce livre. Au vu de la densité du texte, de la pluralité des personnages et des avis divergents, j’étais assez circonspecte face à ce monument de la littérature russe. Par curiosité intellectuelle, je me suis néanmoins décidé à aborder cette oeuvre phare du XIXème siècle.

« L’idiot » s’appelle Léon Nicolaévitch, un prince Muichkine simple d’esprit, caractérisé par son envie d’être agréable et bienveillant envers la société russe. Un trait de personnalité qui intrigue et interroge les petites gens du peuple, peu habitués à voir surgir dans leur cercle ce type d’individu. À Pétersbourg où il atterrit, le prince, très naïf, pénètre dans un monde sans pitié : celui de l’aristocratie russe, où des nobles bien nés le traitent avec hauteur et condescendance.

J’ai ressenti des sentiments ambivalents à l’encontre de notre héros : ce prince, au surnom dévalorisant, m’a souvent agacé par sa fragilité, sa façon d’être avec les personnes qu’il rencontre, sa manière de se laisser avilir et dominé par les autres. Mais en même temps, il a réussi à me toucher. Sa sagesse, son humilité, sa façon toute personnelle de voir la vie, différemment des autres hommes, font de lui un être exceptionnel et différent, qui lui vaut ce surnom peu flatteur. Pour exemple, le prince voue un amour singulier à l’encontre de Nastasie, il voit au-delà de son aspect physique, il arrive à cerner sa personnalité, à adorer sa tristesse,  alors que les autres hommes ne s’attardent que sur leur désir physique. Une attitude qui lui vaut des remontrances et qui le place d’office en situation d’infériorité par rapport aux autres hommes, alors qu’il semble être beaucoup plus intelligent que la moyenne.

Je ne dirais pas que j’ai aimé, ni que j’ai détesté découvrir cette histoire. Disons que je suis satisfaite d’avoir pu étancher mon insatiable curiosité en découvrant ce classique que beaucoup encensent. J’ai néanmoins été agréablement surprise par l’accessibilité de l’écriture de Fiodor Dostoïevski. C’est un roman russe qui date du milieu du XIXème, qui ne comprend pas de termes vieillis, mais reste assez  fluide, avec des personnages cohérents et une description concrète de l’époque. On se balade à Saint-Pétersbourg, dans la campagne environnante, on est confronté à la société d’alors, où tout demeurait dans le paraître, l’excès et l’extravagance, manières d’asseoir sa supériorité : chacun tente d’accéder à une meilleure situation financière, à un mariage plus glorieux… Bien que l’auteur décrive une population aisée de la vie russe, où évoluent princes, généraux et gens de bonnes familles, il nous confronte néanmoins à des aspects plus rudimentaires de la vie d’alors : les inégalités, la pauvreté, la maladie, la folie, la place des femmes dans la société… La capacité de l’auteur à aborder avec justesse cette fresque sociale est quand même phénoménale, elle nous permet de percer l’âme humaine et de comprendre plus en profondeur l’état d’esprit d’alors.

À ma grande surprise, il est beaucoup fait mention d’amour entre ces pages : le prince et Nastasie, Nastasie et Rogojine, Gabriel Ardalionovitch et Aglaé, Aglaé et le prince… des couples qui se font et se défont au gré des réunions familiales et mondaines. Nastasie et Aglaé sont deux personnages féminins imprévisibles, difficile, voire impossible à cerner, qui agissent avec passion et désinvolture. Leur compassion et leur rejet cruel ne surgissent jamais quand on pourrait s’y attendre : même après six cent pages, elles arrivent encore à nous surprendre dans leurs agissements et leurs paroles, passant de l’amour à la haine en une fraction de secondes. Au fil du récit, on constate une nette alternance de scènes apaisées, où il est question de sentiments profonds et véritables à des scènes plus intenses, mémorables, qui déstabilisent et déconcertent. Une ambivalence qui contribue largement à rythmer l’histoire. 

Je ne cache pas que ma lecture fût laborieuse à certains moments, à cause certainement de la densité stylistique et narrative de l’auteur. Les personnages se multiplient au fil des pages, tant et si bien qu’on en arrive à s’y perdre. D’autant que certains sont appelés tantôt par leur titre de noblesse, tantôt par leur prénom, leur nom ou leur diminutif ; ce qui ajoute une difficulté supplémentaire aux lecteurs, obligé de bien répertorier le rôle et l’identité de chacun. Si on ajoute à cela la complexité des relations sociales qui existe entre les personnages, il est évident qu’un lecteur non averti va avoir beaucoup de mal à s’y retrouver ! L’histoire tend aussi en longueurs, avec des passages assez pénibles qui ont freinés l’avancée de ma lecture. Je pense notamment aux longues interventions d’un Hippolyte déprimé, atteint d’une phtisie qui l’anéantit, qui souhaite se suicider pour rester pleinement maître de son destin. Il s’épanche en élucubrations sans queue ni tête qui m’ont passablement ennuyées.


Un récit fourni et dense, qui nous plonge brutalement au coeur de la société Russe du XIXème siècle. Malgré quelques longueurs, je suis satisfaite d’avoir pu découvrir ce monument de la littérature, qui m’a fait voyager dans un univers extravagant, où le bien côtoie le mal, l’argent triomphant sur le partage, l’arrivisme social écrase l’humilité. Complexe, mais intéressant !

Ma note : 6,5/10

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Traduction : Albert Mousset

La Métamorphose et autres récits


La Métamorphose et autres récits de Franz Kafka

217 pages, éditions Folio classique


Résumé : Lorsque Gregor Samsa s’éveille, un matin, après des rêves agités, il est bel et bien métamorphosé. Doté d’une épaisse carapace d’où s’échappent de pitoyables petites pattes ! Lugubre cocasserie ? Hélas, ultime défense contre ceux, qui, certes, ne sont pas des monstres mais de vulgaires parasites… Les siens. Père, mère, sœur, dont l’ambition est de l’éliminer après avoir contribué à l’étouffer…


Extraits : « Lorsque Gregor Samsa s’éveilla un matin au sortir de rêves agités, il se retrouva dans son lit changé en un énorme cancrelat. »

« La réflexion et le sang-froid valent mieux que les résolutions désespérées.« 


Mon avis : Après des années à le regarder prendre la poussière dans ma Pile À Lire, je me suis ENFIN décidée à sortir ce monument de Franz Kafka. J’ai la chance d’avoir La Métamorphose dans son édition Folio classique, avec en prime, de très courts textes, sorte de nouvelles, qui viennent étoffer l’oeuvre de Kafka pour mon plus grand plaisir.

Malheureusement, j’ai trouvé que les récits qui introduisent le livre étaient trop abstraits, flous, manquant cruellement de sens. Ce n’est qu’en finissant ma lecture, à la toute fin de cette édition Folio classique, que j’ai découvert que le livre était doté d’un dossier complet, qui explique les grandes lignes des textes présents dans le livre, ainsi que leur histoire avant publication : des explications très appréciables sur des textes souvent abstraits et ouverts à l’interprétation. Je ne les ai découvert qu’à la fin de ma lecture, ce qui m’a forcé à relire certains courts récits pour me rappeler leurs sens.

En revanche, contrairement aux courtes nouvelles bien trop abstraites pour moi, j‘ai pris beaucoup de plaisir à découvrir La Métamorphose. C’était une expérience de lecture étrange, totalement à part, mais tellement enivrante ! Pour celles et ceux qui n’auraient jamais entendu parler de cette histoire, en voici un court résumé : un beau matin, le jeune Gregor Samsa se réveille dans le corps d’un cafard. Ses parents, ainsi que sa jeune soeur, sont horrifiés de cette transformation soudaine.

Nous assistons à une métamorphose physique, certes – quoique nous n’ayons pas connu le véritable aspect physique de Gregor avant qu’il ne devienne cafard -, mais nous assistons surtout à une métamorphose psychique. En effet, sous nos yeux, le héros se détache progressivement de ses facultés intellectuelles humaines pour se fondre dans son nouvel état d’insecte. Il pense et agit comme un cafard, en oubliant totalement sa condition d’humain.

L’histoire se passe en huis clos, dans la maison familiale qui abrite les parents et la soeur de Gregor. Ce dernier se retrouve confiné dans sa chambre, obligé de se cacher de sa famille, qui le voit comme un vulgaire et répugnant insecte. Les membres de la famille réagissent différemment face à la nouvelle condition du héros : la jeune soeur vient en aide du mieux qu’elle le peut à son frère, lui apportant eau et nourriture, ainsi que tout ce dont il aurait besoin pour s’épanouir dans sa nouvelle vie d’insecte. Le père renie son fils, tandis que la mort, d’abord toujours pétrie d’amour pour son fils, le verra finalement comme un cafard envahissant et dégoûtant. À cause de ses différents points de vue sur l’état actuel de la situation, les conflits familiaux sont légions. Franz Kafka pointe du doigt ici la complexité des relations sociales, avec notamment l’exclusion et le rejet de certaines personnes, pointées du doigt car incompatibles au reste du monde. C’est une métaphore grandiose et pleine de sens que nous l’offre l’auteur.


J’ai vraiment adoré l’absurdité et l’originalité des Métamorphoses, qui distrait tout en donnant des pistes de réflexions philosophiques sur les relations sociales, l’isolement, la différence, la famille… Avec Franz Kafka, le fantastique devient une réalité acceptable. Dommage que les courtes nouvelles qui précèdent le chef-d’oeuvre soient aussi peu compréhensibles !

Ma note : 8/10

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ISBN : 2-07-038105-6
Traducteur : Claude David

Les filles du Docteur March


Les filles du Docteur March de Louisa May Alcott

213 pages, éditions Hachette romans, à 14,90€


Résumé : Une année, avec ses joies et ses peines, de la vie de Meg, Jo, Beth et Amy March, quatre sœurs âgées de onze à seize ans. Leur père absent – la guerre de Sécession fait rage et il est aumônier dans l’armée nordiste -, elles aident leur mère à assumer les tâches quotidiennes. Ce qu’elles font avec leur caractère bien différent: Meg, la romantique, qui va éprouver les émois d’un premier amour; Jo, qui ne se départit jamais d’un humour à toute épreuve; la généreuse Beth; la blonde Amy, enfin, qui se laisse aller parfois à une certaine vanité…


Extraits : « L’amour fait fuir la crainte et la gratitude peut prendre le pas sur la fierté.« 

«  »Un Noël sans cadeaux, ce ne sera pas un Noël, grommela Jo étendue sur le tapis.
– C’est terrible d’être pauvre ! soupira Meg en regardant sa vieille robe.
– Je trouve qu’il n’est pas juste que des filles reçoivent tout plein de jolies choses et d’autres rien du tout, ajouta la petite Amy avec un reniflement offensé.
– Nous avons nos parents et nous sommes toutes les quatre », dit gaiement Beth dans son coin.
À ces paroles, la figure des soeurs s’éclaira mais elle s’assombrit de nouveau quand Jo remarqua tristement :
« Papa est bien loin et il ne sera pas de retour avant longtemps. »
Elle n’osa pas dire « peut-être jamais », mais toutes l’avaient pensé. Elles se représentaient leur père au milieu des combats qui mettaient alors aux prises le Nord et le Sud de l’Amérique. »


Mon avis : À l’occasion de la nouvelle adaptation cinématographique de Greta Gerwig, qui sortira début 2020, les éditions Hachette romans ont également réédité ce classique de la littérature, en y incorporant des photographies tirées du film.

 
Nous sommes au XIXème siècle, la guerre fait rage et le Docteur March est envoyé en renfort pour soigner les blessés. Il laisse derrière lui sa femme et ses quatre filles, Jo, Amy, Beth et Meg. Nous suivrons leurs quotidiens, à travers des aventures tantôt joyeuses, amoureuses, tristes ou angoissantes.

J’avais lu ce classique de la littérature dans ma tendre jeunesse. Malheureusement, je n’en gardais aucun souvenir, c’est pourquoi j’ai sauté sur l’occasion de combler cette lacune en relisant une nouvelle fois cette histoire. Je me suis immédiatement replongée dans mon enfance.

Ces héroïnes, toutes féminines, aux aspirations et caractères différents, est une grande richesse de la littérature, surtout quand on pense aux conditions de la femme en cette période-là. J’ai particulièrement apprécié le personnage de Jo, jeune fille rebelle, loin de l’image de la fille sage que l’on pourrait se faire, elle se coupe les cheveux sans en parler à sa mère, elle se comporte comme un garçon manqué, traîne avec Laurie, le fils du voisin… par son comportement, elle remet en cause le système trop strict de l’époque : c’est un personnage avant-gardiste, qui n’a pas peur d’assumer la personne qu’elle est et les choix qu’elle fait.

C’est un roman pour les enfants, mais sans être enfantin, puisque le style reste simple tout en étant moralisateur. Je pense que le but de l’auteure était de montrer des modèles de filles bien éduquées, pour que les jeunes lectrices puissent s’identifier aux protagonistes et par mimétisme leur ressembler. Solidarité, bienveillance, entraide, amour… sont autant de thématiques qui y sont abordées. 

Il est vrai qu’en le relisant avec un regard d’adulte, je me rends compte qu’il ne se passe pas grand chose en définitive dans ce livre. Les quatre jeunes filles et leur mère vivent des aventures quelques peu banales pour leur époque – elles travaillent, jouent ensemble et avec leur voisin, Laurie, mais rien de bien palpitant. Je me suis parfois ennuyée, le rythme est lent, il n’y a quasiment pas d’avancement dans l’histoire, mais j’ai quand même apprécie relire ce classique, qui a tant comptée dans mon enfance !

En bonus  à la fin du livre, vous pouvez trouver des photographies exclusives tirées du film. De quoi vous faire patienter quelques semaines avant sa sortie officielle au cinéma !


Un classique de la littérature jeunesse, qui m’a fait redevenir la petite fille que j’étais lorsque je l’ai lu la première fois. Le rythme de l’histoire est lent, mais l’écriture est moralisatrice, à la portée de tous les enfants.

Ma note : 6/10

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Dracula


Dracula de Bram Stoker

575 pages, éditions Pocket, à 4,56€


Résumé : Jonathan Harker, jeune notaire, est envoyé en Transylvanie pour rencontrer un client, le Comte Dracula, nouveau propriétaire d’un domaine à Londres. A son arrivée, il découvre un pays mystérieux et menaçant, dont les habitants se signent au nom de Dracula.
Malgré la bienveillance de son hôte, le jeune clerc ne peut qu’éprouver une angoisse grandissante.
Très vite, il se rend à la terrifiante évidence: il est prisonnier d’un homme qui n’est pas un homme. Et qui partira bientôt hanter les nuits de Londres…


Extraits : « Vous soignez les aliénés. Mais, d’une manière ou d’une autre, tout homme est un peu fou. »

« Le menu peuple me connaît, je suis le maître. Mais l’étranger dans une terre étrangère n’est rien. Nul ne le connaît et, donc, nul ne fait attention à lui.« 


Mon avis : Quelle meilleure période pour découvrir Dracula, qu’en pleins mois d’octobre, à quelques semaines seulement du temps attendu soir d’Halloween ?! C’est donc une belle occasion pour voir de faire d’une pierre deux coups : découvrir un classique qui prenait ma poussière dans ma PAL, et me mettre dans une ambiance propice à cette saison estivale.

Je pense que Dracula n’a plus besoin d’être présenté : ce comte, vampire immortel qui vit seul dans un château isolé, se nourrit du sang d’humains, essentiellement de femmes, qu’il vient mordre dans leur plus profond sommeil.

Écrit dans un genre épistolaire, les victimes féminines, tout comme les médecins qui viennent les soigner et leurs inquiets et éplorés, viennent échangent leur point de vue dans de courtes missives qu’ils s’envoient conjointement, ou qu’ils rédigent dans leurs journaux intimes. Ainsi, nous pouvons avoir accès à chacune de leurs pensées.

J’ai adoré le personnage de Dracula, que j’ai trouvé indéchiffrable, mystérieux, fantasmagorique, insaisissable. Je regrette néanmoins qu’il n’apparaisse que très peu dans l’histoire, ne se matérialisant qu’au début et à la fin du récit. L’ensemble des autres personnages interviennent dans le récit et apparaissent comme des narrateurs, alors que Dracula est le seul à ne jamais prendre la parole. C’est le sujet principal de l’histoire, la personne dont tout le monde parle, mais il reste à une certaine distance du récit, et nous apparaît que plus mystérieux. C’est assez déroutant, puisque j’aurais pensé qu’en lisant l’ensemble de l’oeuvre de Bram Stoker, j’en apprendrais plus sur cet intriguant vampire.

Mais c’est justement ce sombre mystère qui tourne autour de son existence, de sa vie, de sa manière de procéder avec ces victimes, qui forment le réel attrait du roman. C’est ce qui nous hante, ce qui nous attire, ce qui nous ensorcelle et nous fait peur. C’est ce vide de sens et d’explications, cette mise à distance du protagoniste, qui le rend finalement si attirant.

La célébrité  de ce livre n’est plus à prouver, puisqu’il est reconnu comme un classique de la littérature, un chef-d’oeuvre du genre gothique, maintes fois adapté au cinéma ou au théâtre. Le personnage de Dracula traverse les frontières et les siècles, et sa popularité est telle que chacun connaît son histoire, sans pourtant n’avoir jamais lu le livre de Bram Stoker. C’est quand même incroyable, et ça prouve la puissance du personnage ! Malgré le nombre de pages conséquent – près de 600 ans, et écrit en tout petits caractères -, l’histoire reste compréhensible et accessible à tout un chacun, malgré le fait qu’elle ait été écrite en 1897. Comme quoi, comme son personnage éponyme, Dracula reste immortel et traverse les frontières avec aisance.


Fière d’avoir découvert ce monument de la littérature fantastique et gothique, mais un peu déçue tout de même de la lenteur de l’histoire et de la quasi absence du personnage de Dracula. 

Ma note : 7,5/10

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