Le journal de Bridget Jones : L’âge de raison


Le journal de Bridget Jones : L’âge de raison
de Helen Fielding
342 pages, éditions J’ai Lu


Résumé : On ne la présente plus ! Depuis la parution du premier tome de son journal, Bridget Jones, ses angoisses existentielles, ses kilos en trop, ses cigarettes, ses verres de Chardonnay, ses copines féministes et sa mère extravagante réjouissent des millions de lectrices célibataires ou non. Revoilà donc miss Bridget, affublée depuis quelques semaines d’un Mark Darcy pour lequel son cœur s’emballe un peu vite, tellement elle jubile de ne plus faire partie de la caste des parias de l’amour… Pour autant, rien n’est gagné pour notre cœur d’artichaut qui va découvrir qu’il ne suffit pas de rencontrer l’homme idéal. Le plus compliqué sera bel et bien de le garder ! Ouf ! Helen Fielding n’a rien perdu de sa verve et de son sens de l’humour : ironie, petites vacheries et remarques acerbes sur la gent masculine, soirées de filles et gaffes irrésistibles, surprises aussi, sont bien sûr au rendez-vous de ce nouvel opus des aventures de Bridget Jones. Les femmes se reconnaîtront sans aucun doute dans nombre de situations. Quant aux hommes, gageons qu’ils en apprendront beaucoup sur le sexe opposé dans cet Âge de raison rafraîchissant, frivole à souhait et sans prétention…


Extraits : « Suis en mesure de confirmer officiellement que conquérir le coeur d’un homme, aujourd’hui, ne passe ni par la beauté, les petits plats, la classe ou la personnalité, mais par la capacité à prendre l’air indifférent. »

« Si on commence à penser à l’âge, c’est sans issue. La vie se met à ressembler aux vacances : dès qu’on est au milieu, tout s’accélère jusqu’à la fin. »


Mon avis : Pour une des premières fois de ma vie, j’avoue avoir regardé les adaptations cinématographiques avant d’avoir lu les livres. La saga Le journal de Bridget Jones a été publié en 1996, puis adapté dès 2001 pour le premier opus, suivi par les deux autres jusqu’en 2016. Sans vous mentir, j’ai lu L’âge de raison avec plaisir… mais j’ai largement préféré regarder le trio de films. J’ai néanmoins été très heureuse de retrouver Bridget, cette trentenaire célibataire au caractère bien trempé et pleine d’humour, qui ne sait pas forcément ce qu’elle veut et qui passe par des ascenseurs émotionnels consécutifs et quotidiens.


Le roman est construit comme un journal intime sur une année calendaire, de janvier à décembre. Bridget y consigne quotidiennement des chiffres qui lui tiennent à cœur (nombre de kilogrammes, nombre de calories ingurgitées, nombre d’unités d’alcool bues, nombre de jeux à gratter achetés…), mais aussi toutes ses états d’âme.

Avec du chick-lit, il ne faut pas s’attendre à de la grande littérature, mais plutôt à des moments de détente et de franches rigolades. Les scènes sont drôles, parfois décalées, improbables ou gênantes. Bridget Jones est une héroïne particulièrement sympathique, à laquelle on s’identifie facilement. Trentenaire célibataire et sans enfant, bahutée régulièrement par sa famille et ses connaissances sur sa vie sentimentale, totalement médiocre, elle s’apitoie sur son sort avec ses meilleurs amis, à qui elle confie toutes ces galères personnelles et professionnelles. C’est une femme sans fioritures, simple, naturelle et spontanée, pétillante et pleine d’énergie, à qui on s’attache très vite.


Un roman chick-lit qui met de bonne humeur. Bridget Jones est une trentenaire attachante et pleine d’énergie que l’on prend plaisir à suivre. J’ai quand même une préférence pour le trio de films adapté de la saga.

Ma note : 7/10

Pour lire plus d’avis

 

ISBN : 2-290-30039-X
Traduction : Arlette Stroumza

Publicité

On ne fait que passer


On ne fait que passer de Christiane Rancé
237 pages, éditions NiL


Résumé : Prenez une maison de vacances dans le Sud-Ouest. Mettez-y des autochtones et citadins égarés amis choisis et pièces rapportées, ados hurleurs et aïeux malentendants, voisins anglais et sangliers en goguette, sans compter tous ceux qui ne font que passer… Ajoutez-y un grand soleil d’été et laissez agir… Chacun pourra se reconnaître dans cette comédie de moeurs savoureuse et irrésistible. Comment survit-on aux vacances en famille ? L’auteur répond avec humour et tendresse à cette éternelle question.


Extraits : « Tous, nous avions remarqué l’étrange et systématique modernisation du théorème d’Archimède : tout corps d’enfant plongé dans l’eau déclenche immédiatement des hurlements de joie. »

« Pour une fois, les deux femmes partageaient le même ébahissement : jamais aucune célébrité n’avait accordé d’intérêt à notre région. Le Magnoac n’avait jusque-là ni souffert ni bénéficié des paillettes et des éclats de ces divinités dont les nouvelles du treize heures envoyaient les images exotiques, d’une autre planète et d’un autre monde, et qui ne passionnaient que fort peu les gens du pays. Ici, les seules célébrités qu’on voit passer sont les coureurs du Tour de France. Et encore, rapidement : la route est en pente. »


Mon avis : On ne fait que passer est un roman français du siècle dernier, qui raconte les vacances d’été rocambolesques et peu reposantes d’une journaliste, sa famille et ses amis, en plein cœur d’un Sud-Ouest rural. Dans une grande maison de vacances ouvert aux quatre vents, se pressent les enfants et les adolescents des uns et des autres, pressés et ravis de se débarrasser quelques jours ou semaines de leurs mioches turbulents. Mais les affaires des uns ne fait pas celles des autres, puisque notre protagoniste se retrouve noyée sous les cris et ensevelie sous les obligations que lui imposent son rôle d’hôtesse de maison. Entre les arrivées surprises et les départs décalés, c’est une vraie colonie de vacances qui squattent la maison, pourtant si calme le restant de l’année.

Il ne faut pas s’attendre à de la grande littérature, puisque ce livre a vocation à divertir plus qu’à instruire. On se laisse porter dans ce joyeux bazar, on se prend à rire de situations cocasses, on souffle d’exaspération en voyant le comportement et l’abus de certains…  Notre hôtesse de maison a bien du courage d’affronter autant de tracas en vacances… mais elle le fait dans la joie et la bonne humeur, c’est tout ce qui importe !

Malgré le tohu-bohu estival et l’organisation gargantuesque qu’a exigée l’afflux de tant de monde dans des espaces géographiques et temps si restreints, j’ai presque eu envie de me mêler à ces personnes pour passer une petite semaine de rigolades avec eux. Une bonne bande de connaissances familiales et amicales regroupées pour déconnecter des tracas quotidiens… ça donne envie de s’intégrer : vivement les prochaines vacances d’été !


Une lecture divertissante, pleine d’humour, où les situations cocasses s’enchaînent pour notre plus grand plaisir. Le livre a un peu vieilli, mais il reste quand même sympathique à découvrir.

Ma note : 6,5/10

Pour lire plus d’avis

 

ISBN : 2-84111-135-0

Pourquoi j’ai mangé mon père


Pourquoi j’ai mangé mon père de Roy Lewis

182 pages, éditions Pocket


Résumé : Approchez Homo sapiens! Ce livre vous fera hurler de rire! Faites la connaissance d’une famille préhistorique: Edouard, le père, génial inventeur qui va changer la face du monde en ramenant le feu Vania, l’oncle réac, ennemi du progrès; Ernest, le narrateur, un tantinet benêt; Edwige, Griselda et autres ravissantes donzelles…
Ces êtres délicieux font le monde autour d’un feu en dégustant des os à moelle. Regardez-les découvrir l’amour, s’essayer à la drague, se battre avec l’évolution…
Situations rocambolesques, personnages hilarants d’un monde où l’homme est pourtant déjà homme: batailleur, jaloux, ingrat et aussi rétrograde. Un miroir à consulter souvent. Pour rire et réfléchir.


Extraits : « Il s’était dit : nous craignons les bêtes fauves. Que craignent ces bêtes fauves ? D’autres bêtes plus fortes qu’elles. Et ces bêtes les plus fortes ? Rien, sauf une chose : le feu. Nous le craignons nous-mêmes, comme tous les animaux. De temps en temps nous le voyons glisser en bouillonnant sur le flanc des montagnes, et faire flamber les forêts. Alors toutes les espèces fuient terrifiées. Nous-mêmes arrivons à détaler à une telle vitesse que nous rattraperions presque un lion à la course. Et, devant le danger, lions et pithécanthropes deviennent frères. »

« Confortables ! grommela père. Sottise ! Pour un peu tu vas me dire que nous sommes parfaitement adaptés à notre milieu. C’est ce qu’ils disent tous quand ils sont fatigués d’évoluer. « 


Mon avis : Pourquoi j’ai mangé mon père est un roman initiatique très bien documenté sur la préhistoire, sur l’homme à ses origines et son quotidien mouvementé. Nous suivons une famille réunie en horde, composée d’Edouard, le père, l’inventeur tourné vers l’avenir et l’évolution de l’espèce humaine ; sa femme, Mathilde, et ses nombreux enfants, dont Ernest, notre narrateur. Nous découvrons les avancées de ses premiers hommes, leurs découvertes, leurs méfiances, leurs questionnements divers. Lorsque le père de famille, Edouard, découvre le feu, avec ses caractéristiques spécifiques et ses avantages, ses inconvénients, il milite activement pour faire évoluer les conditions de vie de sa famille, pour ouvrir leurs esprits et simplifier leur quotidien.

Opposé à ces idées progressistes, son frère, l’oncle Vania reste conservateur, persuadé du danger du progrès sur la nature, il reste constamment perché en haut de son arbre, ne descendant périodiquement seulement pour profiter des bienfaits du feu – et donc, profiter du progrès. Une opposition entre progressiste et conservateur incongrue pour cette période, qui sert de clin d’oeil à la lutte qui persiste dans notre époque moderne.

Ne vous y méprenez pas : avec son titre racoleur et décalé, Pourquoi j’ai mangé mon père est un roman  à l’humour subtil et délicat, qui ne vous fera pas éclater de rire, mais ébaucher quelques sourires tout de même. Ce que j’ai apprécié, ce sont les anachronismes omniprésents qui jalonnent le livre : les pithécanthropes sont censés être des hommes de cromagnons, qui découvrent seulement le feu et ses vertus, alors que Roy Lewis les dotent déjà d’un langage soutenu, de prénoms aristocratiques, d’une science historique anticipée sur les conditions d’évolution de leur future progéniture. Là réside le génie de l’auteur, qui utilise ce décalage délibéré à des fins humoristiques.

En 2015, le livre est adapté dans un film d’animation réalisé par Jamel Debbouze. La bande-annonce est intéressante et semble reprendre les grandes lignes du roman, mais il ne faut pas s’y fier, puisqu’apparemment, le film s’éloigne de l’histoire originelle : les personnages, tout comme l’intrigue et les messages du livre ne sont pas respectés. Quel dommage, sachant toute la documentation et le génie créative qu’il a fallu pour écrire Pourquoi j’ai mangé mon père. Je pense quand même le regarder par curiosité pour me faire mon propre avis sur la question.

En bonus, vous pourrez retrouver au début du livre une préface écrite par Vercors, ainsi qu’une postface d’Annie Collognat, qui donnent des éléments clés pour comprendre davantage le récit, ses visées, son contexte, ses belles métaphores et ses puissants messages. De courts textes bien documentés, qui offrent une plus-value supplémentaire très appréciée.


Pourquoi j’ai mangé mon père est un récit comique, original et décalé, mais aussi un très bon roman initiatique sur l’époque préhistorique, brillamment documenté, qui pourra vous apporter un éclairage nouveau sur cette période de l’histoire. J’ai adoré cette lecture !

Ma note : 8,5/10

Pour lire plus d’avis

 

Putain de chat, tome 1


Putain de chat, tome 1 de Lapuss’

61 pages, éditions Kennes, à 8€


Résumé : La vérité sur les chats enfin révélée! Vous aimez les chats? Ils sont mignons, joueurs et espiègles, et leurs yeux sont remplis de malice quand ils vous réclament une caresse ou des croquettes. En apparence seulement, car un funeste dessein les ronge au plus profond de leur âme et seul votre malheur les intéresse. Au péril de sa vie, Lapuss’ vous dévoile enfin ce qu’il se passe dans la tête de l’animal le plus maléfique de la création : Le chat. Faites attention à vous !


Extraits : « Merci à tous ces putains de chats qui ont croisé ma route depuis toujours de m’avoir gratifié de leur dédain et de leur indifférence, et à plusieurs occasions, de ce qui ressemblait à s’y m’éprendre à de l’amour.« 

« – Je veux entrer ! Je veux entrer ! Je veux entrer ! Je veux entrer !
– Ça va bien ? Ça fait dix minutes que tu miaules pour entrer et sortir…
– Ouais, je teste ton obéissance ! Je veux sortir ! Je veux sortir ! Je veux sortir ! »


Mon avis : Putain de chat, c’est une saga de bande-dessinés composé de plusieurs tomes – cinq sortis à ce jour -, qui nous révèle la vérité sur les chats.

Les dessins sont simples, en noir et blanc, sans détails superflus, uniquement composés du personnage principal, à savoir le chat, de son maître et des amis chats de notre héros. Rien d’extraordinaire, me diriez-vous, oui, mais le succès de cet album tient dans les échanges entre le maître et son chat. Car le chat noir est un chat méchant, fourbe et égoïste, qui provoque continuellement son pauvre maître, ce dernier restant sensible et à l’écoute de son félin adoré. Car, les amoureux des chats pourront en témoigner : malgré toutes les bêtises faites par nos chers animaux, on ne peut s’empêcher de s’attendrir quand ils sont en face de nous.

Ce qui est marrant dans cet album, c’est que Lapuss’ imagine les raisons des agissements – parfois étranges, intrigants ou marrants -, de nos chats. Et c’est vraiment hilarant. C’est parfois assez cru, donc à réserver pour un public averti et pas trop jeune, qui pourront apprécier l’humour noir de l’auteur.

Les personnes qui possèdent ou ont possédés des chats pourront aisément reconnaître certains comportements et pourquoi pas, enfin comprendre les raisons de ces comportements. Parce qu’une image vaut mille mots, je vous partage quelques planches que vous pourrez retrouver dans ce premier tome.

Lu en une vingtaine de minutes à peine, je suis arrivée à la dernière page de cet album en souhaitant en découvrir plus. Je serais curieuse de lire les autres tomes, pour voir comment l’auteur arrive à se renouveler.


Une bande-dessinée hilarante, mais trop courte à mon goût. J’en redemande !

Ma note : 7/10

Pour lire plus d’avis

 

Un détective très très très spécial


Un détective très très très spécial de Romain Puértolas

120 pages, éditions Le Livre de Poche jeunesse, à 5,90€


Résumé : Gaspard, brillant trisomique de trente ans d’une curiosité insatiable, vit chez ses parents qu’il adore et cumule deux emplois : vendeur dans une boutique de souvenirs made in China le matin et renifleur d’aisselles pour un fabriquant de déodorant le soir. Mais suite à un tragique accident, ses deux patrons disparaissent et il se retrouve sans emploi du jour au lendemain. Que faire maintenant ? Quel métier exercer ? Détective privé ? Pour Gaspard ce serait le métier idéal. Il réussit d’ailleurs à se faire recruter par un cabinet de détective privé pour enquêter sur la mystérieuse mort d’un patient dans un centre d’éducation spécialisé… Son handicap sera pour une fois un atout.
Mais la vérité n’est pas toujours celle que l’on croit…


Extraits : « Je me demande si les touristes chinois qui viennent visiter Paris sont conscients qu’ils achètent en réalité des souvenirs fabriqués chez eux. »

« Cinq minutes avant, soit cent cinquante battements de coeur, je n’avais jamais entendu parler ni de Cab Calloway ni du mime Marceau, et voilà que maintenant, sans doute comme les 34 890 256 Terriens qui avaient visionné cette vidéo avant moi, je m’étais lancé, devant le miroir, dans une version moderne et personnelle du moonwalk que j’avais rebaptisé aussitôt marche du mec qui a marché sur une crotte de chien et tente de l’essuyer.« 


Mon avis : Gaspard a 30 ans, il est atteint de la trisomie 21 et vit chez ses parents. Contrairement à de nombreuses personnes atteintes par ce même handicap, Gaspard est lucide, mature et réfléchi, ce qui lui permet de cumuler deux emplois bien distincts et atypiques : vendeur dans une boutique de souvenirs et renifleur d’aisselles. Mais lorsqu’il perd simultanément ses deux travail, Gaspard doit se réorienter et décide de devenir détective. Il intègre alors un hôpital psychiatrique pour mener une enquête sur un mystérieux assassinat.

Je ne connaissais pas du tout Roman Puértolas, qui est un auteur français plébiscité, dont les romans sont pourtant reconnus. J’ai donc été surprise par sa plume, qui se veut à la fois grave et légère. Grave dans le sens où il aborde un sujet difficile et sensible – le handicap mental -, mais il ponctue son histoire d’humour, ce qui allège considérablement le récit. J’ai beaucoup aimé l’ambiance générale du roman, et surtout les touches d’humour distillées tout du long. La première ligne du livre donne pleinement le ton de l’histoire : « Je me demande si les touristes chinois qui viennent visiter Paris sont conscients qu’ils achètent en réalité des souvenirs fabriqués chez eux. » Fous rire garantis.

Je regrette néanmoins la consistance de l’histoire : avec à peine 120 pages, il est très compliqué de s’immiscer pleinement dans le récit et de s’attacher aux personnages. Je n’aurais pas été contre une cinquantaine de pages supplémentaires, ce qui aurait permis d’aérer l’ensemble du récit, et de développer peut-être plus en profondeur certains points forts de l’histoire – comme le dénouement, par exemple.

En effet, j’ai été particulièrement surprise par la chute finale, à laquelle je ne m’attendais absolument pas… mais finalement, tout prend sens quand on la découvre ! Même si le livre se referme trop brutalement, j’ai aimé passer quelques temps avec Gaspard, qui nous montre qu’être atteint de trisomie n’empêche pas d’être un héros ! Merci monsieur Romain Puértolas de mettre sur le devant de la scène le handicap.

 


Un très court roman, original, plein d’humour et de réflexion sur le handicap mental.   

Ma note : 6,5/10

Pour lire plus d’avis