Mortelle tentation


Mortelle tentation de Christophe Ferré

375 pages, éditions L’Archipel, à 22€


Résumé : Quand l’homme que vous aimez est accusé du pire, la confiance et la passion vacillent. Connaît-on vraiment la personne qui partage notre vie ? Dans un coin sauvage des Pyrénées, le cadavre d’une jeune femme est retrouvé entièrement nu. Peter, le mari d’Alexia, randonne en solitaire à cet endroit mais il est injoignable depuis le jour du meurtre. D’abord inquiète qu’il ait croisé la route de l’assassin, Alexia découvre avec effroi qu’il connaissait la victime. Et s’il était en réalité le meurtrier ? Déchirée entre l’amour et le doute, Alexia doit faire éclater la vérité.


Extraits : « On pardonne tout à ceux qu’on adore. On ne regarde plus la réalité en face. »

« L’avocat ne défend pas que des innocents. Il défend aussi des monstres.« 


Mon avis : La vie paisible d’Alexia se partage entre son mari Peter, ancien rugbyman célèbre et passionné de randonnée, leur fils et son travail d’avocate. Jusqu’au jour où Alexia apprend qu’une jeune fille a été retrouvée morte dans les Pyrénées… là même où son mari était parti randonner. Inquiète pour se dernier, elle tente de le joindre… sans succès. Où est donc passé Peter ? Plus les jours passent et plus Alexia s’interroge : Peter a-t-il été kidnappé, tué, ou s’est-il simplement enfui après avoir commis le pire ?

Une enquête haletante démarre alors pour lever le voile sur ce mystérieux meurtre. Dès les premières pages, Christophe Ferré nous place au coeur de l’intrigue, arrivant à capturer ses lecteurs en quelques chapitres seulement. Il faut dire que ses derniers sont très courts, ce qui rajoute de la vitesse et de l’adrénaline supplémentaire au récit.

Durant l’intégralité du récit, l’auteur nous retourne le cerveau : Peter est-il coupable ? Alexia doit-elle se fier à son mari, faire confiance à cet homme qui partage sa vie depuis plus de vingt ans ? Les doutes d’Alexia rejaillissent sur nous, à tel point que je changeais d’avis d’un chapitre à l’autre concernant l’implication de Peter dans les crimes. En définitive, ce personnage m’a quand même agacé par moment : malgré tout ce que j’en sais aujourd’hui, il me semble quand même être une personne malhonnête, égoïste et un peu crédule. L’incrédulité et la naïveté de sa femme Alexia m’énervaient également par moment. Je veux bien que l’amour soit aveuglant, mais il y a certaines situations qui sont tellement énormes et peu plausibles qu’il faudrait être idiot pour ne pas s’en apercevoir et les croire vraies. Venant d’une avocate en plus, croire à de telles inepties, c’est quand même surréaliste !

L’enquête ne se résout qu’au dénouement, et il est très compliqué, même pour des lecteurs avertis ou des fanas de polars, de déceler avant l’heure le coupable des crimes.


Un très bon polar, qui vous tiendra en haleine du début à la fin.

Ma note : 7,5/10

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Du sang sous les acacias


Du sang sous les acacias de Bernadette Richard

311 pages, éditions Favre


Résumé : Tanzanie. Une sombre affaire de coeurs arrachés ensanglante la savane.
Yànnis Cortat, flic atypique appartenant à une cellule d’investigation spéciale, est envoyé sur place. Très expérimenté, il est aussi ultrasensible et intuitif.
La journaliste américaine Violette McIntosh, une rebelle au caractère explosif avec qui il s’est lié d’amitié, l’accompagne. Elle ne se déplace jamais sans son chien, seul compagnon qui lui reste après un drame qui la hante toujours.
Pour les aider à comprendre l’univers de la réserve animalière dans laquelle ils opèrent, une jeune biologiste parisienne, aussi sensuelle qu’efficace, est appelée en renfort.
Chacun d’entre eux à ses secrets, ses passions et ses failles.
Leurs soupçons se portent bientôt sur une secte, coutumière de sacrifices rituels. Ils ignorent encore à quel point leur enquête va les mettre aux prises avec une véritable folie meurtrières, et les interroger également sur leurs propres limites.


Extrait : « Il savait aussi que tout passe tout casse tout lasse, y compris les deuils, la perte des êtres chers, les chagrins d’amour, les séparations. Et la passion.


Mon avis : Tanzanie. L’inspecteur Yannis Cortat, spécialisé dans les enquêtes touchants la faune et la flore, ainsi que la journaliste Violette McIntosh qui l’accompagnent, se rendent tous deux en Afriquep pour résoudre une intrigue bien mystérieuse. Dans une grande réserve africaine, plusieurs hippopotames se font tuer, avant d’être ouvert et dépecé de leurs coeurs. Une spécialiste des pachydermes se joint à l’enquête, pour tenter de percer ce grand mystère.

Ce que j’ai le plus apprécié dans cette histoire, c’est son lot d’actions, qui s’enchaînent avec fluidité et sans temps mort, et l’ambiance générale de l’histoire. L’enquête se déroule en Tanzanie, dans une réserve naturelle, où évoluent en liberté les plus grands prédateurs de la planète. Le dépaysement est total, on se laisse facilement embarquer aux côtés de nos héros, et on se prend à rêver de voyages… En tout cas, c’est l’aspect du récit que je retiendrais le plus : des paysages désertiques à perte de vue et des animaux sauvages en liberté, qui viennent tutoyer les touristes. 

En revanche, je suis assez déçue du dénouement. D’une part parce qu’il est prévisible. Même les personnes qui ne sont pas des habituées des romans policiers peuvent aisément débusquer le coupable, avant même que l’histoire est atteinte sa moitié. Je pensais que l’auteure nous réserverait un petit retournement de situation, qui aurait été bénéfique pour l’histoire, mais non. Le coupable est celui que je soupçonnais depuis le début. Par contre, les raisons de ses crimes sont assez obscures et ne tiennent pas la route. Malgré les explications, je n’ai pas réussi à comprendre objectivement ce qui l’avait réellement pousser à commettre de tels actes. L’histoire globale est intéressante dans l’ensemble, mais le dénouement, largement tiré par les cheveux et bien trop prévisible, m’a laissé totalement sur ma faim.


Un polar dépaysant, qui vous fera voyager jusque dans la Tanzanie sauvage. Bien construit, intéressant à découvrir, mais il manque de fluidité dans le dénouement de l’histoire. 

Ma note : 6/10

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Toute la vérité


Toute la vérité de Karen Cleveland

397 pages, éditions Pocket


Résumé : Malgré un travail passionnant qui l’empêche de passer du temps avec ses enfants et un prêt immobilier exorbitant, Vivian Miller est comblée par sa vie de famille : quelles que soient les difficultés, elle sait qu’elle peut toujours compter sur Matt, son mari, pour l’épauler.

En tant qu’analyste du contre-renseignement à la CIA, division Russie, Vivian a la lourde tâche de débusquer des agents dormants infiltrés sur le territoire américain. Un jour, elle tombe sur un dossier compromettant son époux. Toutes ses certitudes sont ébranlées, sa vie devient mensonge. Elle devra faire un choix impossible : défendre son pays… ou sa famille.


Extraits « Parfois, commence-t-elle, hésitante, nous croyons que masquer la vérité protégera ceux que nous aimons le plus. »
« Les voeux que j’ai prononcés devant toi, j’en pensais chaque mot, avait-il poursuivi. Peu importe ce que nous réserve l’avenir, n’oublie jamais ça. Si les choses deviennent… dures… souviens-toi juste de ça. Tout ça, c’est pour nous. Tout ce que je ferai, pour le restant de ma vie, ce sera pour nous. »

Mon avis : En lice pour le prix du Polar étranger décerné par Pocket, je remercie cette maison d’édition pour m’avoir permise de découvrir les romans en compétition et de participer au vote final.

Vivian travaille à la CIA, dans le département Russe. Sa mission : débusquer les agents dormants infiltrés sur le territoire américain. Quelle ne fût pas sa surprise lorsqu’elle tombe, par hasard, sur la photo de son mari Matt, parmi une liste d’agents infiltrés. Ce dernier avoue aisément lui mentir durant de nombreuses années sur sa vie. Vivian se retrouve donc face à un choix impossible : défendre son pays en poursuivant sa mission et en dénonçant son mari, ou effacer toutes les preuves de son implication, pour préserver sa famille ?

Le choix est cornélien je dois bien l’admettre, et Vivian ne cessera de se torturer les méninges durant l’intégralité du récit. Amour ou devoir citoyen ?

J’ai beaucoup aimé la tournure que prend ce polar. Il me semble avoir déjà lu dans le passé une histoire dans la même veine, sans toutefois réussir à me remémorer le titre de l’ouvrage : un couple confronté malgré eux, des mensonges et des secrets inavoués, une famille en péril. Suite à la découverte des mensonges de Matt, vous vous doutez bien que tout bascule dans la vie de Vivian. L’ensemble de sa vie de couple a été bâtie sur un mensonge. Dès cette découverte, sa confiance en Matt s’effondre :  elle ne sait plus quand le croire. Même nous, lecteurs, sommes à chaque fois déstabilisé par l’attitude de ce dernier, souvent très étrange.

Concernant l’histoire en elle-même, je l’ai quand même trouvé assez pauvre, pas assez prenante, peu mémorable. Deux semaines après la fin de ma lecture, je ne me souviens que du lien spécial qui unie désormais Vivian à son mari, mais j’ai totalement oublié l’ensemble de l’intrigue. Il faut dire qu’une enquête qui fait s’affronter les américains aux russes, c’est un peu du réchauffé. J’aurais souhaité plus d’originalité dans l’histoire centrale.


Un polar sympathique, dynamique et addictif. J’ai pris du plaisir à découvrir cette histoire, même si j’aurais souhaité plus d’originalité.

Ma note : 6,5/10

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Qui a tué Heidi ?


Qui a tué Heidi ? de Marc Voltenauer

545 pages, éditions Pocket


Résumé : Voyage au plus noir de l’âme humaine…

Qu’a-t-il bien pu arriver à l’inspecteur Auer ?
Un tueur à gages abat un politicien à l’opéra de Berlin, en plein milieu d’une représentation. Sa prochaine destination : Genève. Et puis, Gryon.
Gryon où Andreas Auer, qui vient d’être suspendu par le commandant de la police, décide d’aider un ami paysan à la ferme pour sortir de sa déprime. Gryon, ce petit village si paisible. Paisible ? Pas si sûr…
Dans la chambre de sa mère, un homme rumine ses fantasmes les plus fous. Il est prêt à passer à l’acte.
Un chassé-croisé infernal se profile, et va tout balayer sur son passage. Andreas et les siens en sortiront-ils indemnes ?

Après le succès du Dragon du Muveran, le nouveau polar glaçant de Marc Voltenauer vous entraîne au cœur des Alpes vaudoises.


Mon avis : Gyron, un petit village paisible en apparence, qui va être mis sur le devant de la scène pour une enquête des plus mystérieuses. Un concours d’agriculture, une histoire de vengeance, le décès d’un agriculteur. Andreas Auer, nouvellement suspendu de son poste de policier, décide de venir en aide à son ami agriculteur, soupçonné d’être le meurtrier du paysan assassiné.

En parallèle, un politicien russe est sauvagement assassiné alors qu’il assistait à un opéra à Berlin.

Nous suivons donc plusieurs enquêtes en parallèle, qui vont se mêler de près ou de loin les unes aux autres. Je ne suis pas une très grande fan des nombreuses enquêtes qui se chevauchent et s’entremêlent. Pour tout vous avouer, je préfère me concentrer sur une seule et même affaire plutôt que de m’éparpiller dans plusieurs enquêtes différentes, qui, forcément, auront un moment à un autre un point commun. Je trouve que mettre en scène plusieurs affaires apporte, certes, peut-être plus de rythme au récit, mais beaucoup moins d’intensité et de profondeur. On oublie facilement l’histoire, puisqu’il y en avait, en définitive, plusieurs, mais aucune n’est véritablement sortie du lot.

J’ai quand même passé un agréable moment de lecture, puisque Marc Voltenauer maîtrise sa plume : du rythme, de l’action, du suspens, beaucoup de mystère. Tous les ingrédients d’un bon polar étaient réunis.


Un polar agréable à découvrir, pleins de suspense et d’actions. Il n’est pas extraordinaire, mais vous fera quand même passer un bon moment de lecture.

Ma note : 6,5/10

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La neuvième tombe


La neuvième tombe de Stefan Ahnhem

665 pages, éditions Albin Michel


Résumé : La nuit tombe sur Stockholm. En quittant le Parlement après une séance houleuse pour rejoindre la voiture qui l’attend, le ministre de la Justice disparaît. Cette même nuit, à Tibberup, un petit village au nord du Danemark, la femme d’un célèbre présentateur est violée et assassinée chez elle. Bientôt d’autres corps, mutilés, sont retrouvés de part et d’autre du détroit d’Öresund. Chargés de l’enquête, l’inspecteur suédois Fabian Risk et son homologue danoise Dunja Hougaard vont faire face au pire complot qu’on puisse imaginer… et à cette question qui tourne à l’obsession : jusqu’où peut-on aller par amour ?
Aussi sombre que les profondeurs d’un hiver nordique, aussi lancinant qu’un cauchemar, La Neuvième tombe confirme Stefan Ahnhem comme la nouvelle révélation du thriller suédois depuis son best-seller Hors cadre, prix Crimetime Specsavers en Suède.


Extraits : « Mais rien n’était parvenu à la débarrasser du sentiment qu’elle n’avait rien à perdre. Que tout pouvait s’arrêter d’un instant à l’autre car, on pouvait tourner la question dans tous les sens et arriver à la même réponse, l’être humain n’était qu’un mort en sursis. Alors le mieux qu’il y avait à faire était d’en tirer le maximum. Sucer chaque jour jusqu’à la dernière goutte, comme si c’était le dernier. Carpe diem, putain !« 

« Il faisait si noir qu’il y voyait à peine et le fourgon tanguait si fort sur le chemin défoncé que son écriture était pratiquement illisible. Mais c’était comme ça. Il tenait à tout expliquer avant de se vider de son sang. C’était sa dernière chance de raconter son histoire, l’histoire d’amour qui lui avait fait tout quitter et se lancer dans l’inconnu. Il voulait qu’on sache comment il s’était fait tirer dessus et prendre en otage par ses propres compatriotes et pourquoi il roulait à présent vers une mort quasiment certaine.« 


Mon avis : L’histoire se déroule à Stockholm, en Suède. Le Ministre de la Justice disparaît mystérieusement. Puis la femme d’un célèbre présentateur télé est retrouvée assassinée chez elle. Fabian Risk, en Suède et Dunja Hougaard, au Danemark mènent l’enquête conjointement pour découvrir le fin mot de l’histoire.

Les auteurs suédois sont réputés pour écrire de très grands récits policiers. Celui-ci est pas mal, avec une histoire alambiquée, ambigüe et dynamique. Meurtres, disparitions, viols… les crimes se succèdent, et une seule question demeurent dans l’esprit du lecteur : qui en est l’auteur ?

Stefan Ahnhem a mis en place une alternance de points de vue entre les inspecteurs suédois et danois, qui m’a un peu gênée. J’ai été à maintes reprises perdue au milieu de ce changement de protagonistes, n’arrivant pas à suivre l’avancée de leurs enquêtes respectives. Car oui, les deux inspecteurs sus-mentionnés mènent chacun une enquête de leur côté… sans se douter une seule seconde qu’ils recherchent le même coupable ! Parfois l’un est plus avancé que l’autre, alors notre esprit se retrouve un peu embrouillé, ne sachant plus à quel degré de l’enquête l’autre inspecteur s’est arrêté. En soit, l’idée était bonne, mais sans doute pas assez travaillée, un peu trop brouillonne à mon goût.

De plus, j’ai trouvé l’histoire un peu trop longue – le livre fait quand même plus de 660 pages, ce qui n’est pas rien. Certes, il y a de l’action, mais peut-être pas assez de rebondissements, pas assez d’adrénaline, de montée en puissance. J’avoue m’être ennuyée à certains moments de l’histoire, pressée néanmoins d’arriver au dénouement.

Le dénouement, parlons-en. Après m’être farcie près de 600 pages, je m’attendais à quelque chose d’assez spectaculaire, une fin « wahou », comme on dit, qui met des paillettes dans les yeux tant elle est inattendue et surprenante. Mais malheureusement point de paillettes dans les miens, puisqu’il s’avère que la fin n’est pas si exceptionnelle : je l’ai trouvée un peu plate, trop linéaire.

 


Un polar intéressant, mais qui ne m’a pas pleinement satisfaite. Trop de longueurs et d’incertitudes dans la narration, et pas assez d’originalité.

Ma note : 5,5/10

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Femme sur écoute


Femme sur écoute de Hervé Jourdain

571 pages, éditions Pocket


Résumé : Manon est strip-teaseuse et escort girl dans le quartier du Triangle d’or à Paris. Elle vit avec sa soeur, étudiante en philo, et le bébé qu’elle a eu avec Bison, incarcéré en préventive pour un braquage raté. Manon ne mène qu’une bataille, celle de son avenir. Le plan : racheter une boutique sur les Champs-Élysées et par la même occasion, sa respectabilité. Mais ça, c’était avant qu’on pirate sa vie.

Pôle judiciaire des Batignolles. Les enquêteurs de la brigade criminelle, tout juste délogés du légendaire 36 quai des Orfèvres pour un nouveau cadre aseptisé, s’escriment à comprendre pourquoi chacune des enquêtes en cours fuite dans la presse. Compostel et Kaminski sont à la tête d’une jeune garde, qu’a récemment rejointe Lola Rivière. Absences répétées, justifications aux motifs évasifs… La réputation de l’experte en cybercriminalité n’est pas brillante. Compostel a malgré tout décidé de lui accorder sa confiance en lui remettant pour dissection l’ordinateur de son fils, suicidé trois ans plus tôt.


Extraits « Un disque dur était plus qu’une boîte de souvenirs. C’était le reflet des pensées de son utilisateur qui faisait de l’investigateur le meilleur des psychothérapeutes. »
« La violence était masculine, et la souffrance féminine. »

Mon avis : Ce polar est en lice pour le prix Polar, qui sera décerné par les éditions Pocket fin août, début septembre 2019.

Manon travaille dans un club à Paris. Elle est strip-steaseuse, mais cache la vérité à sa soeur. La jeune femme, récemment devenue maman d’un petit garçon, souhaite changer de vie et se ranger, en rachetant une boutique sur les Champs-Élysées. Mais c’était sans compter sur les magouilles de son compagnon et futur mari, actuellement emprisonné pour une affaire de braquage. Depuis sa cellule, il continue ses trafics, et c’est Manon qu’il utilise comme pivot dans ses sales affaires. La jeune femme se retrouve donc mêlée malgré elle à plusieurs affaires très louches, qui vont empoisonner son existence, ainsi que celles de sa famille entière.

C’est un bon polar, en tout cas il se laisse lire facilement, et le rythme est entraînant. Les actions s’enchaînent les unes après les autres, de façon à ce que le lecteur ne s’ennuie pas et ne souhaite pas lâcher sa lecture avant le dénouement final.

Après, de là à dire que l’histoire est originale et irremplaçable… non. C’est un roman policier comme il en existe des milliers d’autres, qui permet de passer un bon moment de lecture, de ressentir de l’adrénaline, des frissons quelquefois, une tension constante et grandissante au fil des pages.

J’ai trouvé que l’histoire était quand même un petit peu complexe. Plusieurs enquêtes se mêlent et s’entremêlent, s’imbriquant parfois entre elles, ou étant totalement dissociées. Une affaire politique liée à la prochaine élection présidentielle, une affaire d’argent, une rançon, des meurtres suspects, des disparitions, du chantage…

Il faut s’accrocher et bien suivre le fil d’Ariane, pour ne pas se perdre dans l’imbroglio des affaires en cours. Je pense que l’auteur aurait dû se centrer uniquement sur une enquête principale, et ne pas dévoiler les enquêtes secondaires. Cela aurait sans doute donner plus de poids à son histoire, puisque le lecteur aurait été plus impliqué dans l’enquête, alors qu’ici, l’histoire partant un peu dans tous les sens, elle s’évapore très rapidement de notre mémoire.


Un polar intéressant mais pas exceptionnel, qui vous fera passer un bon moment de lecture, sans toutefois être impérissable.

Ma note : 6/10

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Emma dans la nuit


Emma dans la nuit de Wendy Walker

363 pages, éditions Pocket


Résumé : Deux sœurs disparaissent. Trois ans plus tard, une seule revient. Dit-elle toute la vérité ?
Emma, 17 ans, et Cass, 15 ans, sont les sœurs Tanner, devenues tragiquement célèbres depuis leur inexplicable disparition. Après trois ans d’absence, Cass frappe à la porte de chez ses parents. Elle est seule. Elle raconte comment sa sœur et elle ont été victimes d’un enlèvement puis retenues captives sur une mystérieuse île.

Emma y serait toujours. Mais la psychiatre qui suit cette affaire, le Dr Abigail Winter, doute de sa version des faits et s’intéresse de plus près aux Tanner. Elle finit par découvrir, sous le vernis des apparences, une famille dysfonctionnelle régentée par une mère narcissique.

Que s’est-il réellement passé trois ans auparavant ? Cass dit-elle toute la vérité ?


Extraits « Les gens croient ce qu’ils ont envie de croire. Les gens croient ce qu’ils ont besoin de croire. Peut-être n’y a-t-il aucune différence entre les deux. »
« Une chose est sûre, la vérité peut nous échapper, se dissimuler dans notre angle mort, être masquée par nos préjugés, ignorée par nos coeurs affamés qui aspirent à la paix. Pourtant, elle est là : il suffit d’ouvrir les yeux et de regarder. Encore faut-il faire l’effort de regarder. »

Mon avis : Emma et Cass sont deux jeunes soeurs, qui disparaissent un beau jour sans laisser de trace. Malgré les nombreuses recherches, Abigail Winter, la psychologue en charge de l’affaire, n’a jamais pu retrouver les deux filles. Trois ans plus tard, Cass réapparaît mystérieusement chez elle. Elle explique avoir été retenue prisonnière avec sa soeur sur une île mystérieuse, et avoir réussi à s’échapper en trompant la vigilance de ses bourreaux. Mais sa soeur, Emma, se trouve encore captive sur l’île. Ils vont tout mettre en oeuvre pour localiser l’île et ramener Emma sain et sauve chez elle.

Le livre se découpe en chapitres qui se placent du point de vue à la fois de Cass, la jeune soeur réapparue, mais aussi de la psychologue Abigail Winter. De cette façon, nous avons deux points de vue différent sur l’histoire : un point de vue interne, intimiste et personnel et un autre externe, plus objectif et pragmatique. Toutes les cartes sont donc entre nos mains, pour que nous puissions à loisir nous faire notre propre ressenti sur cette affaire.

Emma dans la nuit est un thriller psychologique, qui en plus d’être bourré de suspens et de mystères, va littéralement retourner le cerveau de chaque lecteur. Dès le début de l’histoire, on ressent une certaine tension dans le récit compté par Cass, la soeur mystérieusement réapparue. J’ai soupçonné, sans même savoir pourquoi, que Cass nous cachait quelque chose d’important, voire de primordial pour le déroulé de l’histoire, quelque chose qui semblait en lien avec sa mère.

Car la relation entre la jeune fille et sa mère sort de l’ordinaire. On ressent une tension constante entre elles deux, des non-dits et des secrets inavoués, qui ne passent pas inaperçus. Le comportement de sa mère est également suspect. La psychologue Abigail le décortiquera longuement, arrivant finalement à la conclusion qu’elle souffre d’un dysfonctionnement psychologique lié au narcissisme. J’avoue  que les longues pérégrinations de la psychologue sur cet trouble psychologique m’ont parfois ennuyé, d’autant qu’elle revenait souvent dessus en explicitant toujours plus son propos, alors qu’il ne me semblait pas nécessaire de prendre autant de temps et de lignes pour le faire. C’est sûr que cette thématique impact l’histoire, et qu’elle y joue un rôle important, mais la façon dont elle est abordée freine le rythme global du récit, le rendant plus cotonneux et moins pressant.

Je dois avouer que le dénouement est insoupçonné. Pourtant habituée des polars et des conclusions en queue de poisson, j’avoue que je m’y suis laissé prendre, c’était bien pensé. Malheureusement, je trouve cette fin un peu  trop bâclée à mon goût, brouillonne et confuse. On voit clairement où l’auteure souhaite en venir, mais il y a des zones de flous, quelques détails, qui ne concordent pas avec l’histoire entière. L’idée était donc bonne, mais aurait mérité d’être mieux travaillée.


Un thriller psychologique angoissant, qui vous tiendra en haleine jusqu’au bout. Malgré quelques légères remarques négatives, j’ai apprécié découvrir ce polar !

Ma note : 7/10

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