Roman policier et polar·Thriller

Dis-moi que tu mens


Dis-moi que tu mens de Sabine Durrant

407 pages, éditions Préludes, à 16,90€


Résumé : Tout commence par un mensonge. De ceux qu’on fait tous pour impressionner une vieille connaissance. L’histoire de votre vie, légèrement embellie, face à cet avocat brillant, époux et père comblé, que vous avez croisé par hasard.Puis, sans savoir comment, vous vous retrouvez à dîner chez lui, à accepter une invitation en vacances, propulsé dans une vie de rêves ? celle à laquelle vous avez toujours aspiré. Jusqu’à ce que cette vie ne semble plus si idyllique?Mais vous êtes déjà pris au piège, transpirant sous l’impitoyable soleil de Grèce, brûlant d’échapper à la tension ambiante. Alors vous comprenez que, si douloureuse la vérité soit-elle, ce sont vos mensonges qui ont causé le plus de tort? Et, à ce moment-là, il est déjà trop tard. L’auteur de Ce que tu veux revient avec un nouveau thriller remarquable, un huis clos où le héros court sans le savoir vers son destin? et son inéluctable chute. Dis-moi que tu mens ménage avec maestria une tension constante. L’auteur signe aussi là une satire incisive : elle cerne ce monde bourgeois dysfonctionnel avec une finesse désopilante.


Extrait :  « La vérité est une chose bien étrange, Paul. Toute vérité est subjective.« 


Mon avis : Paul Morris est un homme qui ne vit que sur des mensonges. Sa vie entière n’est qu’un mensonge : il n’a pas de travail, mais s’invente des contrats d’écrivains à la solde exorbitante ; il n’a pas de véritable habitat, puisqu’il vit dans un appartement qu’on lui prête contre des petits services, mais se vante que l’appartement lui appartient, etc. Quand on construit sa vie sur des mensonges, il est dur de s’en dépêtrer. Paul va croiser par hasard Andrew, un ancien ami de faculté, et Tina, une jolie jeune femme dont il va faire la connaissance. Ils vont rapidement se rapprocher, tant et si bien qu’ils finiront par sortir ensemble, et que Tina l’invitera à partir avec elle, ses enfants et la famille d’Andrew en vacances en Grèce, dans la maison familiale. Mais les vacances, rêvées idyllique et reposantes, vont rapidement virer au cauchemar.

L’auteure a réussie à me tenir en haleine de la première à la dernière page. A chaque fin de chapitre, j’étais désireuse d’en apprendre davantage, et donc de débuter la lecture d’un nouveau chapitre. Il faut dire qu’elle distille quelques indices de lecture à droite et à gauche, censés aider à mieux comprendre l’intrigue, mais sans jamais révéler en intégralité ce qu’il s’est passé. D’où le désir grandissant d’en savoir toujours plus et d’enfin comprendre tout ce qui jusqu’alors nous échappe.

Mais méfiez-vous, ce livre est un thriller psychologique. C’est-à-dire que les actions n’y seront pas très nombreuses. Ne vous attendez pas à des événements à tout va, il n’y en aura pas. En revanche, vous y retrouverez de longues descriptions, quelques analyses de personnalités, des pauses sur des menus détails… on aime ou on aime pas. Pour ma part, j’ai trouvé le temps long parfois ; j’avais cette impression que l’histoire n’avançait pas, ou trop doucement à mon goût. Ayant prêté ce livre à ma mère pour qu’elle puisse le découvrir, elle a également trouvé certains passages trop longs, et a abandonnée sa lecture en partie à cause de cela. Rassurez-vous, il y a quand même une intrigue principale, avec du suspens, une disparition inquiétante, et la recherche d’un coupable.

Tous les personnages semblent suspects et paraissent coupables. Leurs étranges comportements, les paroles qu’ils profèrent… on cherche à nous duper !  Alors au moment du dénouement, je ne vous cache pas ma surprise. Je m’attendais à tout, sauf à ça. Je vous laisse le plaisir de lire l’entièreté du livre et de vous faire surprendre vous aussi par cette fin inattendue. Seul indice que je pourrais vous donner : tel est pris qui croyait prendre ! Ouvrez grands vos yeux, et ne vous laissez pas berner.

Derrière toutes ces belles paroles – narratives et fictives -, cette jolie histoire nous enseigne quand même que le mensonge n’apporte jamais rien de bon. Enjoliver sa vie à travers de fausses paroles ne vous rendra pas plus sympathique ni plus aimé, et détruira en partie votre vraie vie.


Un thriller psychologique prenant et addictif, qui aurait quand même mérité plus de peps. Entre vérités, non-dits et faux-semblants, saurez-vous démêler le vrai du faux ? 

Ma note : 6/10
Roman policier et polar·Saga·Thriller

Level 26, tome 2 : Dark Prophecy

Level 26, tome 2 : Dark Prophecy d’Anthony E. Zuiker
363 pages, éditions Michel Lafon, à 19,50€
Résumé : Steve Dark devrait être au fond du gouffre: la femme qu’il aimait est morte par sa faute, massacrée par le même psychopathe qui a tué ses parents adoptifs. Mais Dark n’est pas un homme ordinaire. C’est un chasseur, capable de se glisser dans la peau des tueurs les plus aguerris et d’infiltrer leurs pensées meurtrières pour mieux les traquer. II se sent désormais investi d’une mission qui n’est pas limitée par les règles de la police et qu’il ne soumet à aucune autorité, qu’elle soit gouvernementale ou morale. Une mission qui, il l’espère, lui permettra enfin de restaurer la justice.
Extraits : « Je pense que les tueurs en série sont comme le cancer. Quand on les dépiste suffisamment tôt, on peut sauver des vies. »
« Il n’y avait qu’un truc pire que d’avoir été cambriolé, pensa Green. C’était de rentrer chez soi au beau milieu d’un cambriolage.« 

Mon avis : ENFIN : je retrouve l’auteur qui m’a tant fait frémir dans le premier tome de Level 26. Autant vous dire que je me suis goulûment jetée sur ce second livre, et que je l’aie dévoré en un rien de temps…

Fidèle à lui-même, Anthony E. Zuiker bourre ses thrillers de tensions narratives et d’actions en continus. C’est le cas pour Dark Prophecy, avec beaucoup d’actions, crée grâce aux meurtres qui s’enchaînent sans discontinuer. Ce coup-ci, l’intrigue se base sur les cartes du jeu du tarot : en effet, l’assassin reproduit les dessins des cartes à l’identique lorsqu’il assassine ses victimes. Des victimes qui semblent prises au hasard, éparpillées dans tous les états Américains, qui se font tuer à un rythme frénétique. Notre célèbre inspecteur Dark, après avoir abandonné ses fonctions au FBI suite à la première affaire présentée dans le premier tome, est intrigué par cette affaire. Il va donc tenter de la résoudre en parallèle de la législation, avec l’aide d’une mystérieuse femme surnommée Graysmith.

Le lecteur retrouve avec plaisir le personnage de Dark, le James Bond moderne d’Anthony E. Zuiker ; toujours aussi attachant, il est à la fois professionnel, affectueux, réaliste et médiculeux. Toutes les qualités lui sont promues. Les autres personnages n’ont pas d’intérêt particulier, ils ne sortent pas autant du lot que Dark.
Un prénom bien symbolique, qui colle parfaitement avec l’atmosphère sombre, confinée et angoissante du roman.

En effet, l’auteur a écrit des chapitres concis, qui s’enchaînent donc rapidement, qui donnent envie de prolonger notre lecture, mais qui fait également monter le récit en tension. Un choix brillant, qui m’a angoissé et effrayé durant toute l’histoire.

Mais contrairement au premier tome, j’ai trouvé l’intrigue de celui-ci un petit peu plus brinquebalante. L’enquête menée par les policiers n’était pas très bien expliquée, le lecteur se perdait un peu dans les méandres de meurtres. De plus, le dénouement ne contenait pas de contours nets – ne lisez pas la suite si vous ne souhaitez pas être au courant de certains détails du final de ce livre -, je n’ai pas compris le mobile des assassins, ni leurs intentions, leurs idées… Ils m’ont juste fait penser à des fous furieux, qui tuaient pour le plaisir de tuer.
Je trouve quand même dommage que l’auteur ait plus concentré son récit autour de l’action, des nombreux meurtres et du mystère des cartes de tarot, sans pour autant pondre une fin assez satisfaisante et cohérente.

Hormis quelques petits désagréments au niveau du dénouement, j’ai beaucoup aimé frissonner, courir en adéquation avec les policiers, tenter de rechercher des mobiles pour ces meurtres… Un bon moment de lecture. Je lirai certainement le troisième et dernier tome prochainement.

Bien sûr, tout comme le premier tome, l’histoire reste interactive : le lecteur a la possibilité de visionner des séquences vidéos tournées par l’auteur lui-même, qui met en scène sa propre histoire.

Ma note : 7/10
Roman policier et polar·Saga·Thriller

Level 26, tome 1

Level 26, tome 1 d’Anthony E. Zuiker
373 pages, éditions Michel Lafon, à 19,50€

 

Résumé : Les policiers du monde entier répartissent les criminels sur une échelle de 1 à 25, selon leur dangerosité. Un tueur échappe à cette classification. Cruel à l’extrême, insaisissable, sévissant sur tous les continents, il ne connaît aucune limite ni aucun mode opératoire de prédilection : c’est le niveau 26. Un seul homme peut l’arrêter. Il s’appelle Steve Dark, et depuis que ce monstre a massacré sa famille, il s’est juré de cesser de traquer les psychopathes. Mais bientôt, il n’aura plus le choix.

Extraits : « On ne pousse pas quelqu’un qui se trouve au bord du gouffre. On essaie d’abord de le faire reculer avant de tenter de comprendre de quoi il s’agit. »
« Parfois, vous avez dans l’oeil un regard qui indique que vous voyez plus que ce qui vous entoure. Que vous regardez dans le présent. Que vous voyez votre avenir, qu’il soit heureux ou triste. Vous voyez ce qui a été, ce qui est et ce qui aurait pu être… »

Mon avis : Hautement originale, sanglante, horriblement effrayante, une histoire à faire pâlir de jalousie les plus grands succès de Stephen King. Ce premier tome de la trilogie Level 26, aussi surprenant soit-il, m’a entièrement conquise.

La boule au ventre, les larmes aux yeux… voilà ce que je recherche tant dans tout bon thriller. Anthony Zuiker, à l’origine scénariste et producteur de la série télévisée des Experts, connaît les fils du métier, sait comment terrifier tout un chacun. Mélangeant des scènes de crimes sanglantes et inexpliquées à une atmosphère lourde et oppressante, il fait planer dans l’air une obscurité permanente. A partir de ces premiers éléments de base, il rajoute une bonne dose de mystère dans son récit, qui deviendra la clef centrale de l’histoire, l’énigme à résoudre.
Avec un criminel masqué, un inconnu cruel, qui semble venu d’ailleurs, l’auteur ancre définitivement le thème de son roman dans la dangerosité, la cruauté et l’horreur.

Pour rajouter davantage de terreur dans ses scènes, Anthony Zuiker, en tant que bon créateur télévisuel, a eut l’idée nouvelle de mettre en place une interraction entre les personnages inanimés du livre et des scènes filmés avec de vrais acteurs. Nous pouvons donc suivre chapitre par chapitre des extraits correspondants aux actions du livre, disponibles sur le site officiel du roman, Level26. Certaines descriptions du livre accordés avec les êtres humains de chair et d’os des vidéos rend plus vivant le récit, et appose sa dose d’effroi supplémentaire.

Le second tome attend déjà d’être lu, sagement rangé dans ma biliothèque. J’ai hâte de découvrir le soupçon de nouveauté que nous réserve l’auteur. Le dénouement du premier tome aurait pu marquer la fin de l’histoire, mais les quelques lignes qui clos celui-ci laisse présager bien d’autres mystères.

N’ayez pas peur d’accéder à vos peurs les plus profondes, ne craignez pas l’homme du niveau 26, et foncez découvrir l’horrible histoire tout droit sortie de l’imagination d’Anthony Zuiker. Pour ma part, après avoir frémi durant une bonne partie du roman, je n’ai plus qu’une envie : me replonger dans l’univers si sombre de cette fantastique trilogie.

Ma note : 8,5/10
Roman policier et polar

Les justes

Les justes de Michael Wallace.
300 pages, MA éditions, à 17,90 €

 

Résumé : Par une froide nuit dans le désert de l’Utah, une jeune femme s’enfuit de chez elle, son enfant endormie dans les bras. Plusieurs heures après, elle est retrouvée morte la gorge tranchée et la langue arrachée – et fait curieux, sa petite fille a été ramenée dans son lit. Les habitants de Blister Creek souhaitent voir ce meurtre affreux résolu au plus vite, car ils font partie d’une communauté unique en son genre : une secte polygame dissidente des Mormons, qui ne peut se permettre de voir cette affaire filtrer dans le « monde extérieur ». Ils font donc appel à l’un des leurs : Jacob Christianson, fils d’un patriarche respecté, et accessoirement cousin de la victime. Avec l’aide de sa soeur adolescente, Eliza, Jacob commence à enquêter sur cet étrange meurtre et met bientôt au jour un monstrueux secret, qui pourrait détruire les fondations même de leur église…

Extraits :  « Dieu n’interfère pas dans le libre arbitre des hommes. Il ne peut empêcher toutes les choses horribles d’arriver. »
« Il est crucial de préserver l’harmonie dans la communauté. Ceux qui s’y opposent ouvertement perdront toujours, au final. »

Mon avis : J’ai commencé la lecture de ce roman sans aucune appréhension : la couverture est magnifique, il est indiqué que ce livre est un thriller, la petite phrase de présentation est intrigante « Quel terrible secret cache cette communauté mormone ? » et le résumé m’a beaucoup plût. Je me suis donc directement lancé dans ce curieux roman.

Nous assistons dès le début du roman à la scène la plus macabre du livre. Amanda Kimball s’enfuit avec sa fille de la maison dans laquelle elles vivent, pour venir trouver le père Joseph pour une raison inconnu. Malheureusement pour elle, deux hommes viennent à la découvrir. Ils lui tranchent la gorge et lui arrache la langue.
Suite à cette scène, Jacob, étudiant dans la médecin, ainsi que sa demi-soeur Eliza, arrivent à Blister Creek sous les ordre de leur père, pour résoudre l’affaire, et retrouver le meurtrier de leur cousine, Amanda… mais également pour rencontrer leur futurs époux. Car ce n’est pas un hasard si tous les personnages cités précédemment se connaissent tous et sont reliés d’une quelconque manière : nous venons d’atterir dans une communauté mormone, où les hommes n’ont pas moins de trente enfants.
Qu’est-il arrivé à cette pauvre Amanda et à son enfant ? Eliza et Jacob vont-ils suivre les ordres de leur Père et de l’église ?

En débutant ma lecture, une sorte de malaise m’a enveloppé. Peu habitué à ce genre de lecture et à ses coutumes très originales que nous offre ce roman Les justes, il m’a fallu un certain temps d’adaptation pour enfin me sentir à mon aise dans l’histoire.

En parlant de malaise, j’insiste sur les codes spéciaux de la communauté mormone qui autorise et recommande la polygamie, de sorte que les hommes se retrouvent avec plusieurs femmes à charge et énormément d’enfants. De plus, ces jeunes femmes ne peuvent pas choisir leur futur mari, elles doivent se plier au choix de leur père, ou de leurs frères. Réduites au rang d’animaux servant essentiellement à ressentir du plaisir pendant quelques instants et à procréer, cette communauté de mormones semble de pas respecter les femmes à leur juste valeur. Les hommes dominent, et ça se ressent.

Dans Les justes, une réelle complicité unissait Jacob et Eliza. A travers les actes protecteurs de Jacob, et ses paroles bienveillantes, l’amour transparaissait. Très proche tout au long de l’histoire, ils restent soudés, se racontent quasiment tout, et ne se quittent pas une seconde, se protégeant mutuellement des mésaventures qui pourraient leur arrivé.
Mais la curieuse attitude des personnages ne laissait pas apercevoir leur réel avis sur leur communauté. Sont-ils réellement heureux ? Croient-ils en l’Eglise, ou n’est-ce qu’une figure qu’ils se donnent ? Si certains passages favorisaient la réponse à cette question, le passage d’après remettait directement en doute cette découverte. On ne sait donc pas vraiment ce que pense les personnages sur leur propre communauté.

Ce livre était fort intéressant, il instruit énormément sur les pratiques des mormons, leur mode de vie, et les traditions qu’ils ont l’habitude de réaliser à l’Eglise, entre eux. J’ai cru comprendre que l’auteur, Michael Wallace, a lui-même fait parti d’une communauté mormone. Il partage avec ses lecteurs toutes ses connaissances et son expérience. Il retranscrit la vie de ce « peuple » à travers un thriller aussi effrayant physiquement que psychologiquement (grâce à ses personnages plutôt… originaux).

Arrivé à la moitié du roman, j’ai réussi à me plonger parmi cette communauté, et à réellement comprendre leur mode de fonctionnement.
Malheureusement, concernant le livre en général, je l’ai trouvé bien long. Certains passages étaient superflus, inutiles et bien ennuyant, alors que d’autres étaient au contraire bien palpitants… mais trop courts !

 

Ma note : 5,5/10
Roman policier et polar

Ragots de Lapins

Ragots de Lapins de Jean-Baptiste Veber
218 pages, éditions Z4 éditions, à 15€
Résumé : Une famille dont le patronyme est « Lapins ». Une famille, un quartier qui vont être bouleversés par un fait divers sordide et énigmatique. Qui a tué Albert Lapins ? Un portrait paradoxal se dessine au travers des récits d’individus ayant connu de près ou de loin la victime. Construit comme un recueil de témoignages, Ragot de Lapins interroge et enquête sur la vérité d’un homme que personne ne connaissait vraiment.

Extraits :  « Il faut avoir la main verte avec l’homme ; l’homme, c’est comme une belle plante, alors les enfants, c’est encore plus subtil, je vous en parle pas, des roses, qui peuvent casser à tout moment… »

« Sa femme non de Dieu, qui le hait suffisamment pour s’en venir planter dans le dos… si ça donne pas une vraie idée du mal… de jusqu’où peut descendre l’humaine nature… Quand on en entend de pareilles, qu’on s’étonne plus que l’actualité ressemble à l’abattoir, la société à une plante carnivore. »

Mon avis :  Avant de débuter cette chronique, je tiens à remercier l’auteur, Jean-Baptiste Veber qui m’a gentiment envoyé son livre. Merci pour votre confiance !

L’histoire débute par un meurtre. Celui de monsieur Lapins, sauvagement poignardé devant chez lui. Sa voisine de pallier affirme que c’est la femme de monsieur Lapins qui l’aurait assassinée. Elle est donc arrêtée par la police, et leurs cinq, six, ou sept enfants – on ne sait pas trop tellement il y en a -, sont envoyés en orphelinat. Mais qui est vraiment monsieur Lapins ? Pour quelles raisons aurait-on cherché à le tuer ? A travers les témoignages de nombreux individus qui ont cotôyés cet homme, nous tâcherons de dresser le plus fidèlement possible son portrait.

On peut clairement dire que Ragots de Lapins sort des sentiers battus. Dès le début de l’histoire, on découvre le meurtre et l’identité du meurtrier. Vous l’aurez sans doute compris, on est loin d’une enquête policière classique ; on se rapprochera plus de l’enquête sociale et psychologique.

Toutes les connaissance plus ou moins lointaines de la victime vont être soumises à un exercice fort complexe : après la disparition soudaine de monsieur Lapins, tous vont devoir mettre des mots sur les sentiments qui les reliaient à cet homme. Membres de la famille, amis proches, commerçants du coin, SDF… conditions sociales différentes, rapports à l’homme différent, on découvre alors de multiples facettes de la personnalité de monsieur Lapins. Je ne vous en direz pas plus et vous laisse l’entière surprise de découvrir qui est vraiment Albert Lapins.

Concernant le style d’écriture de l’auteur, on voit clairement la prodigiosité de sa plume dans le fait qu’il arrive à changer radicalement de style, de ton, d’humeur… en même temps qu’il change de narrateur. Il modèle avec agilité la stylistique pour construire plusieurs figures narratrices totalement différentes les unes des autres. De ce fait, malgré le nombre grandissant des témoignages, le lecteur ne se retrouve pas perdu, mais arrive à resituer précisément les différentes personnes grâce à ce changement permanent d’écriture.

Sans plus attendre, plongez au coeur de cette enquête sociale débutée autour de la mort d’Albert Lapins. Tentez de déchiffrer la personnalité si mystérieuse de cet homme au nom anodin. Mais je vous préviens : la tension est ininterrompue et la chute finale étonnante.

Ma note : 7/10
Roman policier et polar·Thriller

Ceux qui se cachent

Ceux qui se cachent de Carlene Thompson.
455 pages, éditions du Toucan à 19,47€

 

Résumé : Lorsqu’elle s’installe avec sa fille dans la petite ville d’Huntington en Virginie, Penny Conley semble au comble du bonheur.
Elle a vite trouvé une charmante maison adossée à la forêt et un travail passionnant au bureau du célèbre archéologue Simon Van Etton dont la nièce Diana est devenue son amie.
Deux amies inséparables même si Penny semble parfois étrange, même si elle ne dit rien de son passé et même si des ombres masculines franchissent parfois, à la nuit tombée, le seuil de sa porte…
Jusqu’à ce qu’un soir une terrible explosion dévaste la petite maison. Alors que Penny agonise, Diana veut comprendre. Qui pourrait haïr Penny à ce point ?
Aidée du beau Tyler, un ami d’enfance de Penny, elle tente de découvrir ceux qui ont voulu tuer une mère et sa fille. Mais ceux qui se cachent sont prêts à tout…

Extraits : « Certains sont courageux […] D’autres ne connaissent même pas le sens de ce mot. »
« J’ai eu l’impression que nous nous connaissions déjà. Je crois que je suis tombé amoureux de toi à la seconde où je t’ai vue.« 

Mon avis : Très bon roman policier, qui se lit rapidement et facilement. Nous sommes plongés dès le début au coeur de l’enquête, et les aventures et interrogations ne font qu’accroître pour le plus grand plaisir du lecteur ! Le suspense est tenu jusqu’au bout : aucun indice sur l’origine du meurtrier jusqu’aux dernières lignes. Bon livre, mais je m’attendais à plus d’actions en lisant la quatrième de couverture.

Ma note : 6/10
Roman policier et polar

Cette nuit-là

Cette nuit-là de Chevy Stevens
397 pages, éditions l’Archipel, à 22€

Résumé : Adolescente, Toni Murphy a une vie compliquée entre un petit ami, Ryan, qu’elle adore, des parents avec qui la relation est conflictuelle et des camarades de classe qui lui mènent une vie d’enfer.
Sa vie tourne au cauchemar quand sa sœur cadette est assassinée une nuit d’été. Toni et Ryan sont reconnus coupables de meurtre et envoyés en prison.
Aujourd’hui âgée de 34 ans, Toni se retrouve en liberté conditionnelle. De retour dans sa ville natale, elle essaie de reprendre une vie normale.
Mais rien n’est facile. Elle a interdiction de revoir Ryan, sa mère doute de son innocence et le groupe de filles qui lui a mené la vie dure au lycée la harcèle de nouveau.
Surtout, Toni prend conscience qu’elle ne pourra tourner la page tant qu’elle n’aura pas découvert la vérité. Que s’est-il réellement passé cette nuit-là ?
Mais la vérité a un prix…

Extraits : « Tonie, ma chérie, tu n’as rien compris. Ce n’est pas la mort qui est pénible. C’est la vie. »
« Un jour, j’ai pris conscience que toute cette haine que je trimbalais ne faisait pas avancer le schmilblick. On fait tous des conneries, et plus tu t’en veux au fond de toi, plus tu fais du mal aux autres. »

Mon avis : Enfin un bon thriller, digne de ce nom ! Ça faisait bien longtemps que je n’avais pas goûté à une enquête psychologique éreintante comme celle de Cette nuit-là.

L’histoire débute dans les années 1990, où notre protagoniste, encore au lycée, flirte avec un jeune homme nommé Ryan, est en conflit avec sa soeur Nicole, et détestée par une bande de filles. Un quotidien qui aurait pu paraître banal, si ce n’est qu’un beau jour, lors d’une virée en forêt entre Toni, son copain Ryan et Nicole, cette dernière est retrouvée morte par sa soeur aînée. Tonie et Ryan vont être accusés de meurtre, à cause des témoignages factices de la bande de filles dirigée par Shauna. Mais le couple a toujours nié leur innocence. Personne ne les a cru, même pas leurs propres parents. Trente ans après, lors de leur sortie de prison, ils sont déterminés à prouver leur innocence en découvrant le réel coupable du meurtre.

Je vous garantis que ce thriller comporte tous les bons ingrédients qui font d’un thriller un bon thriller. Une atmosphère sombre, pesante et oppressante. Une étrange affaire de meurtre. Une enquête comportant bien des zones d’ombres. Un milieu carcéral décrit d’une manière cruelle et fortement réaliste. Autant dire que vous allez sans conteste passer un superbe moment de lecture.

Concernant notre héroïne, on peut clairement voir une métamorphose flagrante vis-à-vis de sa personnalité. D’une jeune fille traumatisée, incrédule, naïve, assez timide, qui ne cherche pas les problèmes, elle se transforme radicalement en cotoyant les aprêtés de la vie en prison. Dans un monde cupide, où la violence est reine, Tonie va devoir se montrer forte et solide, s’imposer, se faire sa place et survivre aux dures lois de la vie carcérale. Sa force de caractère va lui attirer des ennuis, qu’elle écartera de manière intelligente. Elle va se faire des amies et des ennemies, tantôt respectée, tantôt bafouée. La prison va changer sa vie, sa vision de la vie et sa personnalité. Une héroïne au grand coeur que j’ai beaucoup aimé, même si parfois, elle faisait preuve d’un sérieux manque de confiance en elle, d’une perte d’autorité, et se faisait passer pour une figure trop passive.

Comme vous l’aurez compris, ce livre aborde le thème de l’harcèlement moral. Tonie est martyrisée par Shauna – personnage détestable, égocentrique, jalouse et possessive, que je n’ai pas pu encadrer de tout le roman – et sa bande dès les années lycées et l’auteure Chevy Stevens va montrer les limites de l’harcèlement scolaire et les pires conséquences qui puissent en découler. Un sujet noircit et caricaturé, mais qui reste très réaliste dans son ensemble, avec des propos cohérents, quoiqu’assez choquants.

En bref, je vous conseille ce thriller, qui m’a donné quelques sueurs froides. Il n’est pas spécialement original, mais l’histoire est plaisante à lire.

Ma note : 8/10