Crime glacé


Crime glacé de Mary Jane Clark

270 pages, éditions l’Archipel, à 21€


Résumé : Niché sur les collines de Hollywood, un spa ultrachic accueille en toute discrétion des célébrités en quête de bien-être et de jeunesse éternelle.
Jillian Abernathy, la fille du propriétaire de l’Elysium, fait appel aux talents de créatrice de pièces montées de Piper Donovan afin qu’elle réalise son gâteau de mariage – une pièce unique.
Seule condition : passer quelques jours sur place – ce que Piper accepte volontiers. Qui refuserait un séjour gratuit dans cet écrin de rêve ?
Mais le spa n’est pas le paradis sur terre que se figurait la jeune femme. Peu après son arrivée, un premier crime glaçant est commis.
Quelqu’un souhaite-t-il empêcher l’union de Jillian ? Nombreux sont les suspects. Et, en s’approchant trop près de la vérité, Piper risque à son tour de devenir la cible du tueur…


Extrait  « Souvent Esperanza errait d’une pièce à l’autre en jouant à la maîtresse de maison. Un rêve qui l’aidait à voir filer plus vite les heures passées à épousseter, récurer, passer l’aspirateur. Esperanza s’efforçait d’imaginer ce qu’elle aurait ressenti si elle avait été propriétaire d’une aussi belle demeure, au lieu d’être une simple femme de ménage. »


Mon avisUn meurtre est sauvagement commis à l’Elysium, le paradis des célébrités, qui y viennent se prélasser dans un spa luxueux et profiter des soins de chirurgie esthétique mis à leur disposition. La victime ? Une femme de ménage, qui travaillait ce jour-là dans la luxueuse propriété de Jillian, la fille du propriétaire de l’établissement. Aucun doute n’est permis : ce n’était pas cette pauvre femme de ménage qui était visée, mais bien Jillian. Malgré les événements tragiques survenus à l’Elysium, la vie continue, les clients sont toujours là, et Jillian continue les préparatifs son mariage avec Ben, qui aura lieu dans quelques jours seulement. Piper, jeune actrice en devenir et préparatrice de gâteaux de mariage, est notamment conviée à l’Elysium pour préparer le gâteau de mariage de Jillian et Ben. Mais les mystérieux événements qui se produisent dans l’établissement vont vite la détourner de son objectif initial…

J’ai trouvé ce roman intéressant. En effet, l’intrigue est bien ficelée et l’enquête policière rondement menée. Mary Jane Clark essaie de nous présenter un panel de profils suspects, pour mener le lecteur vers de fausses pistes. Néanmoins, les habitués de romans policiers (dont je fais partie), découvriront bien avant la fin le véritable suspect. Cela ne m’a pas empêché d’apprécier suivre l’histoire jusqu’à son dénouement.

Les personnages sont intéressants, particulièrement Piper Donovan, notre protagoniste, qui m’ait apparue sympathique, souriante et bienveillante envers l’ensemble des autres personnages du roman.

Crime glacé est un roman policier, avec une intrigue principale, mais c’est également un genre de pamphlet contre les pratiques de la chirurgie esthétique. L’auteure invective ces pratiques, et met en avant des cas de chirurgies esthétiques dévastatrices, comme par exemple Wendy, une jeune femme complexée par son apparence physique et particulièrement par son nez, qui va se faire opérer une première fois, puis une seconde, une troisième fois… avant de s’apercevoir que son nez n’en est plus un. Défigurée et honteuse par sa nouvelle apparence physique, elle s’isole et se cache, regrettant chaque instant son apparence passée. C’est un très bel exemple de mise en garde contre ces pratiques, qui peuvent comporter des complications, mais surtout c’est un message « coup de gueule » contre les personnes devenues obsédées par leur apparence physique.


Un roman policier glaçant, qui met en exergue les pratiques de la chirurgie esthétique. Rondement mené, il saura vous faire frissonner ! 

Ma note : 8,5/10

 

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Ne lâche pas ma main


Ne lâche pas ma main de Michel Bussi

440 pages, éditions Pocket


Résumé : Soleil, palmiers, eaux turquoise de l’île de La Réunion et un couple amoureux. Cocktail parfait. Pourtant le rêve tourne au cauchemar. La femme disparaît de sa chambre d’hôtel. Son mari, soupçonné du meurtre, s’enfuit en embarquant leur gamine de six ans. Le plan Papangue, équivalent insulaire du plan Epervier, enclenche une course-poursuite vite ponctuée de cadavres, dans un décor prodigieux et au cœur de la population la plus métissée de la planète.

Un polar qui cogne comme un verre de punch. A déguster vite, fort et frais.


Extraits « Quand on est malheureux, on survit en en voulant à la terre entière, oui bien juste à quelqu’un, à quelqu’un sur qui cogner pour aller un peu mieux. Vous n’êtes pas d’accord ? »

« Sa religion personnelle, c’est qu’il n’existe qu’un seul lieu sur l’île où toutes les races se mélangent : la plage ! Tous à poil, tous égaux. Curieusement, plus les couleurs de peau s’exhibent et plus on les oublie. »


Mon avis : Michel Bussi est un auteur de romans policiers formidable. Après avoir lu et dévoré Nymphéas noirs l’année dernière, j’étais impatience de découvrir une autre de ses histoires. Je me suis donc plongé dans Ne lâche pas ma main, et j’ai retrouvé le suspense et le dynamisme qui m’avaient tant plût dans Nymphéas noirs.

Un couple d’amoureux viennent passer leurs vacances sur l’île de La Réunion avec leur petite fille. Tout se passe pour le mieux, jusqu’à ce que la femme disparaisse soudainement. Le mari donne l’alerte et la police commence son enquête. Mais il semblerait que des doutes pèsent sur la culpabilité du mari. Alors que la police se rend à l’hôtel où le couple séjourne pour questionner le mari, celui-ci disparaît, emmenant avec lui sa petite fille. Commence alors une course-poursuite hors du commun sur l’île de La Réunion.

Michel Bussi place son histoire dans un cadre idyllique : palmiers, soleil, eaux turquoises, montagnes… l’auteur vante les beautés de la belle et sauvage île de La Réunion. Pour ceux qui n’arrivent pas à situer cette île française, vous trouverez ci-dessous une carte du monde, avec un point rouge indiquant l’emplacement de l’île.

Vous trouverez ci-dessous une photographie vue du ciel de l’île, pour vous donner un aperçu de la beauté exceptionnelle des paysages de La Réunion. Avouez-le, ça vous donne envie d’y aller ?

Pour en revenir à l’intrigue, je l’ai trouvé rondement menée, comme d’habitude. Le récit est dynamique, sans temps mort, avec du suspense à chaque fin de chapitre, tant et si bien qu’il m’était difficile de lâcher ce livre. Vous y trouverez des rebondissements à foison, des personnages exceptionnels, qui vous donnent un aperçu du métissage que vous pouvez voir à La Réunion. J’ai particulièrement apprécié cette immersion sur l’île : Michel Bussi a réussi à me faire voyager, tout en me plongeant au coeur d’une enquête policière haletante. Chapeau l’artiste !


A travers une enquête passionnante, plongez au coeur de la sauvage île de La Réunion. Un roman policier réussi, que je vous recommande chaudement !

Ma note : 9/10

 

Une mer si froide


Une mer si froide de Linda Huber

409 pages, éditions Charleston Noir, à 8,50€


Résumé : Qui est cette femme ? Pourquoi m’appelle-t-elle Hailey ? Je m’appelle Livvy, j’ai 3 ans…
Un jour d’été, sur une plage des Cornouailles, Livvy, 3 ans, disparaît. Très vite la police conclut à une noyade. Pourtant, sa mère refuse de se résigner. Jour après jour, Maggie fixe l’océan, elle attend, convaincue que la mer n’a pas emporté son enfant.
Non loin de là, c’est une autre mère qui regarde sa fille, prête pour la rentrée des classes. Mais, depuis quelque temps, Jennifer ne reconnaît plus sa petite Hailey. Sa fille est distante, craintive et Jennifer se laisse submerger par la nervosité. Alors que Maggie traverse la pire épreuve de sa vie, Jennifer veut redonner l’apparence du bonheur à sa famille fracassée.
Construite comme un thriller, rythmée par l’implacable mécanique du suspense, une poignante histoire de deuil, de maternité, et de résilience.


Mon avis : Les éditions Charleston ont bien fait d’agrandir leur collection à la catégorie des polars. En effet, après avoir grandement apprécié L’ombre de l’autre femme écrit par Dorothy Koomson et paru dans cette même collection, ils tapent encore fort avec Une mer si froide, un thriller psychologique glaçant.

Alors qu’ils sont en vacances en famille au bord de l’océan, Olivia, la petite fille de Maggie et Colin, disparaît mystérieusement. Noyade ? Enlèvement ? Les questions se bousculent, mais aucune réponse ne vient remplir la tristesse qu’a laissé le départ d’Olivia. Cette famille, pourtant si aimante, est détruite par cette curieuse disparition, alors qu’une autre, celle des Marshall, est plus comblé que jamais. Un couple amoureux comme au premier jour, deux jumeaux qui ne devraient pas tarder à pointer le bout de leur nez, et en prime, la réapparition de Hailey, leur petite fille défunte…

Cette histoire fait vraiment froid dans le dos. C’est principalement le personnage de Madame Marshall qui m’a glacé les sangs. Cette femme, enceinte de jumeaux, a un caractère qu’il est difficile de cerner. Suite à la noyade de sa fille, des années auparavant, elle a sombré dans une dépression sévère, dont elle n’est jamais réellement sortie. Pour combler ce manque, elle s’est résolue à remplacer sa fille défunte… en kidnappant une autre petite fille. Mais elle n’a pas réellement conscience de son acte, et c’est justement ça qui fait très peur.

De son côté, la petite Olivia, rebaptisée Hailey, a pleinement conscience de la situation dont elle est la protagoniste. Malheureusement, comme tout enfant très jeune, Olivia/Hailey se laisse facilement manipuler, tant et si bien que Mme Marshall n’a pas hésité à lui faire du chantage pour qu’elle garde leur secret sous couvert.

J’ai vraiment beaucoup aimé découvrir cette histoire. Le suspense est intenable, si bien que plongé dans ma lecture, je n’ai, à plusieurs reprises, pas pu me séparer de ce livre…


Ce roman contient tous les ingrédients d’un très bon thriller psychologique : angoissant, addictif, glaçant… Je le recommande vivement !

Ma note : 8/10

 

Féroce


Féroce de Danielle Thiéry

539 pages, éditions Flamarion, à 20€


Résumé : Une enquête du commissaire Edwige Marion.
Un inconnu suit une petite fille. Il l’observe comme un animal. Il la veut, il l’aura.
Des ossements sans têtes sont découverts au zoo de Vincennes dans l’enclos des lions. Des enfants. Alix de Clavery, la criminologue de l’OCRVP, fait immédiatement le lien avec la jeune Swan, dont la disparition au zoo de Thoiry six ans auparavant continue à l’obséder. S’agit-il du même prédateur ? Alors que les forces de l’Office sont mobilisées pour démanteler une filière pédophile, les voilà atteintes en plein coeur : l’adjoint de la commissaire Marion est retrouvé inconscient, les mains en sang, et une brigadière a disparu. Mais le pire est encore à venir. Une alerte enlèvement est déclenchée : il s’agit d’une petite fille…
De l’homme ou l’animal, on ne sait qui est le plus féroce.


Extraits  « Il en est des instants comme des rencontres : certains doivent se passer de formules de politesse. »

« La colère, professait Sénèque, est un acide qui peut faire plus de mal au récipient que ce sur quoi on le verse. »


Mon avisJ’ai été agréablement surprise et totalement conquise par ce polar français.

Des ossements humains ont été retrouvés enterré sous terre, dans une ancienne zone du zoo de Vincennes. Après analyse, les spécialistes se rendent compte qu’il s’agit d’os d’enfant, enterré dans l’ancien enclos des lion. Ni une ni deux, Alix de Clavery, criminologue, la commissaire et toute sa brigade, se plongent dans l’enquête. Ils font très rapidement le lien entre de mystérieuses disparitions d’enfants survenues plusieurs années auparavant. Mais un événement va chambouler toute leur enquête : une petite fille vient de disparaître. Le compte a rebours est lancé !

Un roman haletant, additif et prenant. Nous faisons face à une véritable course poursuite contre le temps. Les actions s’enchaînent les unes après les autres, sans temps mort, ce qui donne un rythme effréné à toute l’histoire. C’est simple : vous serez littéralement plongé au coeur de l’enquête et  n’arriverez plus à vous en défaire… avant d’avoir découvert le fin mot de l’histoire !

Car ce sont en fait plusieurs enquêtes qui sont menées simultanément. L’enquête centrale sur les ossements découverts au zoo, à laquelle Alix, la psychologue criminologue se dédie entièrement,  mais aussi des enquêtes parallèles, comme le démantèlement d’un réseau pédopornographique qui exhibe des photos suggestives de jeunes filles, ou encore la disparition inquiétante d’un de leur collègue. Autant dire que vous ne vous ennuierez pas une seconde !

A travers cette histoire, Danielle Thiéry compare l’homme et le lion, deux êtres différents, qui comportent pourtant de nombreux points communs, dont l’un – et pas des moindres – est la férocité. Mais dans ce livre, on en vient réellement à se questionner : qui est le plus féroce des deux ? Si l’on se fie aux actes de l’homme présent dans cette histoire, mon choix est vite fait. En effet, si les lions sont dangereux pour l’homme, l’homme est quant à lui dangereux pour l’homme.


Un polar dense et captivant, qui vous fera rugir de plaisir ! 

Ma note : 8,5/10

 

Dans les brumes du mal


Dans les brumes du mal de René Manzor

443 pages, éditions Pocket


Résumé : La mère de Tom est morte, et Tom a disparu.

Tom, mais aussi John, Michael et Lily. À chaque fois, une mère est assassinée et son enfant enlevé, comme évanoui dans les brumes inquiétantes qui submergent si souvent la Caroline du Sud. Dahlia Rhymes, agent du FBI spécialisée dans les crimes rituels, s’impose dans l’enquête. Tom est son neveu, et même si elle ne l’a jamais vu car elle a rompu toute relation avec sa famille, elle ne peut pas l’abandonner. En retrouvant les marais et les chênes séculaires de son enfance, Dahlia retrouve aussi Nathan Miller, un ancien gamin des rues devenu un des meilleurs flics de Charleston. Ensemble, ils se lancent à la recherche des enfants, sans autre indice que le témoignage d’un voisin, qui prétend avoir vu rôder autour d’une des Maisons une shadduh, une ombre vaudoue.
Et si, pour une fois, le mobile n’était ni l’argent, ni le sexe, ni la vengeance, ni même l’amour ?


Extraits  « Être adulte, c’est ce qui peut nous arriver de pire. »

« La confiance ne se décrète pas. Elle se construit lentement et se détruit très vite. »


Mon avisUn grand merci à Babelio et aux éditions Pocket de m’avoir permis de frissonner avec ce thriller psychologique.

L’histoire se déroule en Caroline du Sud, où Tom, un petit garçon est kidnappé, et sa mère sauvagement assassinée. Un enlèvement et un meurtre qui seront les premiers d’une longue série. Au plus mal suite à cet enlèvement, le papa de Tom fait appel à sa soeur, Dahlia Rhymes, célèbre agent du FBI spécialisée dans les crimes rituels.  Après plusieurs jours de recherches, elle découvre que Tom, ainsi que les autres enfants kidnappés, ont un point commun : ils ont été victimes de maltraitance de la part de leur mère. L’agent du FBI va tout mettre en oeuvre pour retrouver les enfants et découvrir l’identité du mystérieux kidnappeur.

Dans les brumes du mal est un thriller psychologique bien ficelé, rempli de suspens et d’actions diverses. Dahlia court tellement partout que vous ne vous ennuierez pas une seule seconde à ses côtés !

Malheureusement, je me suis perdue dans toutes les références aux rites vaudous qui sont fait sur les scènes de crime. Je me suis passablement ennuyée, puisque je n’ai pas compris où l’auteur voulait en venir en ajoutant ce type de choses dans son histoire. A mon sens, cela n’a pas été exploité suffisamment et n’apportait donc pas grand chose au récit.

En revanche, j’ai apprécié que la thématique de la maltraitance enfantine soit mise en avant. C’est un sujet dont on parle peu dans la société française, mais qui est pourtant toujours présent dans certains foyers. En effet, chaque année en France, près de 600 enfants décèdent suite à de mauvais traitements infligés par des proches. Un chiffre affolant, qui me faire prendre conscience de l’importance de dénoncer ce genre de pratique.

En lisant cette histoire, je me suis beaucoup questionné sur la légitimité de l’assassinat de ces mères indignes : est-ce Mal de tuer ces mères et de kidnapper ces enfants innocents, ou est-ce Bien dans le sens où justice est rendu et où les enfants vont pouvoir vivre plus sereinement, sans recevoir de coups, entouré d’amour ? Chacun a sa propre idée sur la question, mais à mon sens, le meurtre est quand même un acte barbare et primaire, qui n’est en rien légitime. La maltraitance faite aux enfants est condamnable par la loi : lorsqu’on se rend compte qu’un enfant est victime de violence, le signaler auprès d’autorités compétentes lui rendra plus service que de chercher à résoudre le problème seul, en tuant le responsable par exemple. Il est donc vrai que cette manière de procéder m’a parue sadique, barbare et peu réaliste.

Cette histoire nous rappelle de faire attention aux gens que l’on aime, de les couvrir d’amour, avant qu’il ne soit trop tard. Personne ne sait de quoi demain sera fait ! Une belle perception de vie, que j’applique dorénavant au quotidien.

Sans vous révéler le fin mot de l’histoire, je peux vous assurer que l’identité du tueur est facilement repérable (je soupçonnais que ce soit lui avant la moitié du livre), néanmoins aucun indice ne filtre jusqu’aux toutes dernières pages. J’ai oscillé entre deux réflexions contradictoires : me dire que j’avais raison en pensant à lui, ou me dire que j’avais tord : rien n’est jamais venu affirmer ou contester mes doutes, jusqu’aux toutes dernières pages. Chapeau l’article, vous avez réussi à me triturer les méninges dans tous les sens  !


Un thriller psychologique bien mené, qui traite d’une thématique importante : la maltraitance infantile. Malgré quelques points négatifs, j’ai dans l’ensemble apprécié découvrir cette histoire !

Ma note : 6,5/10

 

Le crime de l’Orient-Express

Le crime de l’Orient-Express de Agatha Christie

412 pages, éditions Le Livre de Poche jeunesse, à 6,30€


Résumé : Alors qu’il rentre de mission et compte s’arrêter quelques jours à Istanbul, Hercule Poirot est rappelé d’urgence à Londres. On est en hiver et à cette époque de l’année, l’Orient Express roule habituellement quasiment à vide. Pourtant, sans l’aide du directeur de la compagnie, Hercule Poirot n’aurait pas trouvé de place à bord, comme si tous les voyageurs s’étaient donné rendez-vous dans ce train ! Dès la première nuit, un homme est assassiné. Le train est immobilisé par la neige qui empêche l’assassin de s’enfuir. Dans les wagons isolés du reste du monde, Hercule Poirot, au sommet de son art, mène l’enquête. Et ce ne sont pas les pistes qui manquent!


Extrait  « J’en ai la tête qui tourne !… Dites quelque chose, mon cher ami, je vous en conjure !… Montrez-moi comment l’impossible peut bien être possible !… »


Mon avisJe m’attendais à du grandiose et j’ai été servi ! La reine du crime a plus d’un tour dans son sac, et elle le prouve une nouvelle fois avec Le Crime de l’Orient-Express.

Un meurtre a été commis en pleine nuit dans le célèbre train de l’Orient-Express. La victime n’est autre que Ratchett, un vieil homme autrefois bandit. Les passagers du train vont être tour à tour interrogés par Hercule Poirot. L’inspecteur va chercher des indices, analyser leurs témoignages et recouper toutes les preuves qu’il possède pour voir clair dans ce crime. Et ce qu’il va découvrir va bien au-delà de tout ce qu’on aurait pu imaginer.

Une nouvelle fois, Agatha Christie a réussie à me bluffer. Sa faculté à construire des intrigues aussi complexes et bien ficelées, m’impressionne.

Néanmoins, j’ai remarqué quelques longueurs, qui m’ont un peu peinés. J’aurais sans doute attendu plus de dynamisme dans l’enquête menée par Poirot. Pour vous donner un exemple : tous les passagers du train sont longuement interrogés les uns après les autres, et Agatha Christie retrace avec minutie tous les dires des passagers. Bien que ce soit essentiel au récit et à l’enquête, j’ai trouvé que cela étirait le récit en longueur, et n’apportait pas le dynamisme que j’aurais espéré trouvé dans l’enquête de Poirot. Ce huis-clos est un classique de la littérature policière, mais ce n’est, à mon sens, pas le meilleur récit de l’auteure. Je vous recommande fortement Dix petits nègres, qui est un véritable chef-d’oeuvre du genre, avec du suspense, une intrigue bien ficelée, et surtout, une fin extraordinaire.

Pour en revenir à ce titre, il est quand même extrêmement bien écrit, avec un suspense démentiel. Je souhaitais prévenir tous les petits curieux qui tenteraient de découvrir le visage du coupable avant Hercule Poirot, sachez qu’il vous faudra être fin et surtout très chanceux pour découvrir le fin mot de l’histoire avant lui !


Le Crime de l’Orient-Express est un huis-clos oppressant et pesante, qui va vous faire tourner en rond. Attention : l’Orient-Express en direction de Paris va partir. Assurez-vous d’être confortablement installés. Je vous souhaite un excellent voyage et une très bonne lecture. 

Ma note : 8/10

Les enlisés


Les enlisés de André Lay

200 pages, éditions French Pulp, à 9,50€


Résumé : Quand l’amour est un poison, au sens propre comme au figuré !

Regagner l’amour de sa femme ? Rien de plus facile : il suffit de l’empoisonner. Et ensuite, de s’occuper tendrement de sa convalescence, en bon mari aimant. Mais à trop vouloir s’attacher à sa compagne, Claude n’avait pas prévu qu’il susciterait chez elle des sentiments fanatiques… qui se révéleront bien plus tragiques qu’un divorce !


Extrait  « – Je suis complètement déboussolée, je n’ose plus rien avaler, je crains même le tabac !
– T’en passer ne peut que te faire du bien.
– Évidemment, mais c’est un signe.
– Tiens donc, lequel ?
– Un signe de vieillissement.
– Un signe de sagesse plutôt.
– C’est ce que je disais. On commence à renoncer au tabac, aux boissons alcoolisées pour se ménager, puis un jour, sans même s’en rendre compte, on fait du ski pour la dernière fois, on cesse de monter en haut du plongeoir de la piscine, les mois passent et il arrive un moment où l’on s’aperçoit qu’on a abandonné bien des choses, bien des gens, ou…
– Ou ?
– Qu’ils ne nous intéressent plus. »


Mon avis : André Lay est un auteur qui a fait ses preuves dans les années 1960, en publiant pas moins de 140 polars jusque dans les années 1980. Autant dire que le monsieur en a sous le pied !

Les enlisés, c’est l’histoire d’un homme très riche, persuadé que sa femme, sa cadette, le trompe avec un autre homme, plus jeune que lui. Éperdument amoureux de sa femme, il va tout faire pour éloigner son amant Richard d’elle. Et pour ça, Claude est prêt à tout.

C’est un polar très intéressant et particulièrement original. Ce sentiment est sans doute dû au fait que ce livre a été écrit et publié en 1973 et que la mentalité et la façon d’écrire diffèrent largement de ce qu’il se fait aujourd’hui. L’écriture de André Lay est mature, affirmée, sans fausse note.

L’intrigue est bien ficelée : entre amour, jalousie, désir et passion, les sentiments se mélangent. Nous n’arrivons pas vraiment à démêler tout ça. D’autant que l’auteur joue avec la psychologie de ses personnages et par extension avec celle de ses lecteurs. Claude, persuadé que Maud, sa compagne, le trompe, fonde ses certitudes sur des socles vacillants. Il devient comme obsédé par les déplacements de sa femme, par ses agissements et ses rencontres, au point où cela en devient maladif. L’atmosphère devient pesante, les agissements de Claude devenant de plus en plus incertains, cela entrave le calme du récit, et devient stressant pour nous.

Ce polar nous questionne : jusqu’où sommes-nous prêts à aller par amour ? Que peut-on endurer par amour ? Pendant combien de temps ? A vous d’y réfléchir et d’y répondre !


Un polar intéressant, qui se lit facilement en une ou deux petites heures. Même si l’histoire n’est pas extraordinaire, vous passerez un agréable moment de lecture. 

Ma note : 6/10