Littérature écossaise·Roman policier et polar·Roman psychologique

Une mer si froide


Une mer si froide de Linda Huber

409 pages, éditions Charleston Noir, à 8,50€


Résumé : Qui est cette femme ? Pourquoi m’appelle-t-elle Hailey ? Je m’appelle Livvy, j’ai 3 ans…
Un jour d’été, sur une plage des Cornouailles, Livvy, 3 ans, disparaît. Très vite la police conclut à une noyade. Pourtant, sa mère refuse de se résigner. Jour après jour, Maggie fixe l’océan, elle attend, convaincue que la mer n’a pas emporté son enfant.
Non loin de là, c’est une autre mère qui regarde sa fille, prête pour la rentrée des classes. Mais, depuis quelque temps, Jennifer ne reconnaît plus sa petite Hailey. Sa fille est distante, craintive et Jennifer se laisse submerger par la nervosité. Alors que Maggie traverse la pire épreuve de sa vie, Jennifer veut redonner l’apparence du bonheur à sa famille fracassée.
Construite comme un thriller, rythmée par l’implacable mécanique du suspense, une poignante histoire de deuil, de maternité, et de résilience.


Mon avis : Les éditions Charleston ont bien fait d’agrandir leur collection à la catégorie des polars. En effet, après avoir grandement apprécié L’ombre de l’autre femme écrit par Dorothy Koomson et paru dans cette même collection, ils tapent encore fort avec Une mer si froide, un thriller psychologique glaçant.

Alors qu’ils sont en vacances en famille au bord de l’océan, Olivia, la petite fille de Maggie et Colin, disparaît mystérieusement. Noyade ? Enlèvement ? Les questions se bousculent, mais aucune réponse ne vient remplir la tristesse qu’a laissé le départ d’Olivia. Cette famille, pourtant si aimante, est détruite par cette curieuse disparition, alors qu’une autre, celle des Marshall, est plus comblé que jamais. Un couple amoureux comme au premier jour, deux jumeaux qui ne devraient pas tarder à pointer le bout de leur nez, et en prime, la réapparition de Hailey, leur petite fille défunte…

Cette histoire fait vraiment froid dans le dos. C’est principalement le personnage de Madame Marshall qui m’a glacé les sangs. Cette femme, enceinte de jumeaux, a un caractère qu’il est difficile de cerner. Suite à la noyade de sa fille, des années auparavant, elle a sombré dans une dépression sévère, dont elle n’est jamais réellement sortie. Pour combler ce manque, elle s’est résolue à remplacer sa fille défunte… en kidnappant une autre petite fille. Mais elle n’a pas réellement conscience de son acte, et c’est justement ça qui fait très peur.

De son côté, la petite Olivia, rebaptisée Hailey, a pleinement conscience de la situation dont elle est la protagoniste. Malheureusement, comme tout enfant très jeune, Olivia/Hailey se laisse facilement manipuler, tant et si bien que Mme Marshall n’a pas hésité à lui faire du chantage pour qu’elle garde leur secret sous couvert.

J’ai vraiment beaucoup aimé découvrir cette histoire. Le suspense est intenable, si bien que plongé dans ma lecture, je n’ai, à plusieurs reprises, pas pu me séparer de ce livre…


Ce roman contient tous les ingrédients d’un très bon thriller psychologique : angoissant, addictif, glaçant… Je le recommande vivement !

Ma note : 8/10

 

Littérature française·Roman policier et polar

Féroce


Féroce de Danielle Thiéry

539 pages, éditions Flamarion, à 20€


Résumé : Une enquête du commissaire Edwige Marion.
Un inconnu suit une petite fille. Il l’observe comme un animal. Il la veut, il l’aura.
Des ossements sans têtes sont découverts au zoo de Vincennes dans l’enclos des lions. Des enfants. Alix de Clavery, la criminologue de l’OCRVP, fait immédiatement le lien avec la jeune Swan, dont la disparition au zoo de Thoiry six ans auparavant continue à l’obséder. S’agit-il du même prédateur ? Alors que les forces de l’Office sont mobilisées pour démanteler une filière pédophile, les voilà atteintes en plein coeur : l’adjoint de la commissaire Marion est retrouvé inconscient, les mains en sang, et une brigadière a disparu. Mais le pire est encore à venir. Une alerte enlèvement est déclenchée : il s’agit d’une petite fille…
De l’homme ou l’animal, on ne sait qui est le plus féroce.


Extraits  « Il en est des instants comme des rencontres : certains doivent se passer de formules de politesse. »

« La colère, professait Sénèque, est un acide qui peut faire plus de mal au récipient que ce sur quoi on le verse. »


Mon avisJ’ai été agréablement surprise et totalement conquise par ce polar français.

Des ossements humains ont été retrouvés enterré sous terre, dans une ancienne zone du zoo de Vincennes. Après analyse, les spécialistes se rendent compte qu’il s’agit d’os d’enfant, enterré dans l’ancien enclos des lion. Ni une ni deux, Alix de Clavery, criminologue, la commissaire et toute sa brigade, se plongent dans l’enquête. Ils font très rapidement le lien entre de mystérieuses disparitions d’enfants survenues plusieurs années auparavant. Mais un événement va chambouler toute leur enquête : une petite fille vient de disparaître. Le compte a rebours est lancé !

Un roman haletant, additif et prenant. Nous faisons face à une véritable course poursuite contre le temps. Les actions s’enchaînent les unes après les autres, sans temps mort, ce qui donne un rythme effréné à toute l’histoire. C’est simple : vous serez littéralement plongé au coeur de l’enquête et  n’arriverez plus à vous en défaire… avant d’avoir découvert le fin mot de l’histoire !

Car ce sont en fait plusieurs enquêtes qui sont menées simultanément. L’enquête centrale sur les ossements découverts au zoo, à laquelle Alix, la psychologue criminologue se dédie entièrement,  mais aussi des enquêtes parallèles, comme le démantèlement d’un réseau pédopornographique qui exhibe des photos suggestives de jeunes filles, ou encore la disparition inquiétante d’un de leur collègue. Autant dire que vous ne vous ennuierez pas une seconde !

A travers cette histoire, Danielle Thiéry compare l’homme et le lion, deux êtres différents, qui comportent pourtant de nombreux points communs, dont l’un – et pas des moindres – est la férocité. Mais dans ce livre, on en vient réellement à se questionner : qui est le plus féroce des deux ? Si l’on se fie aux actes de l’homme présent dans cette histoire, mon choix est vite fait. En effet, si les lions sont dangereux pour l’homme, l’homme est quant à lui dangereux pour l’homme.


Un polar dense et captivant, qui vous fera rugir de plaisir ! 

Ma note : 8,5/10

 

Littérature française·Roman policier et polar·Thriller

Dans les brumes du mal


Dans les brumes du mal de René Manzor

443 pages, éditions Pocket


Résumé : La mère de Tom est morte, et Tom a disparu.

Tom, mais aussi John, Michael et Lily. À chaque fois, une mère est assassinée et son enfant enlevé, comme évanoui dans les brumes inquiétantes qui submergent si souvent la Caroline du Sud. Dahlia Rhymes, agent du FBI spécialisée dans les crimes rituels, s’impose dans l’enquête. Tom est son neveu, et même si elle ne l’a jamais vu car elle a rompu toute relation avec sa famille, elle ne peut pas l’abandonner. En retrouvant les marais et les chênes séculaires de son enfance, Dahlia retrouve aussi Nathan Miller, un ancien gamin des rues devenu un des meilleurs flics de Charleston. Ensemble, ils se lancent à la recherche des enfants, sans autre indice que le témoignage d’un voisin, qui prétend avoir vu rôder autour d’une des Maisons une shadduh, une ombre vaudoue.
Et si, pour une fois, le mobile n’était ni l’argent, ni le sexe, ni la vengeance, ni même l’amour ?


Extraits  « Être adulte, c’est ce qui peut nous arriver de pire. »

« La confiance ne se décrète pas. Elle se construit lentement et se détruit très vite. »


Mon avisUn grand merci à Babelio et aux éditions Pocket de m’avoir permis de frissonner avec ce thriller psychologique.

L’histoire se déroule en Caroline du Sud, où Tom, un petit garçon est kidnappé, et sa mère sauvagement assassinée. Un enlèvement et un meurtre qui seront les premiers d’une longue série. Au plus mal suite à cet enlèvement, le papa de Tom fait appel à sa soeur, Dahlia Rhymes, célèbre agent du FBI spécialisée dans les crimes rituels.  Après plusieurs jours de recherches, elle découvre que Tom, ainsi que les autres enfants kidnappés, ont un point commun : ils ont été victimes de maltraitance de la part de leur mère. L’agent du FBI va tout mettre en oeuvre pour retrouver les enfants et découvrir l’identité du mystérieux kidnappeur.

Dans les brumes du mal est un thriller psychologique bien ficelé, rempli de suspens et d’actions diverses. Dahlia court tellement partout que vous ne vous ennuierez pas une seule seconde à ses côtés !

Malheureusement, je me suis perdue dans toutes les références aux rites vaudous qui sont fait sur les scènes de crime. Je me suis passablement ennuyée, puisque je n’ai pas compris où l’auteur voulait en venir en ajoutant ce type de choses dans son histoire. A mon sens, cela n’a pas été exploité suffisamment et n’apportait donc pas grand chose au récit.

En revanche, j’ai apprécié que la thématique de la maltraitance enfantine soit mise en avant. C’est un sujet dont on parle peu dans la société française, mais qui est pourtant toujours présent dans certains foyers. En effet, chaque année en France, près de 600 enfants décèdent suite à de mauvais traitements infligés par des proches. Un chiffre affolant, qui me faire prendre conscience de l’importance de dénoncer ce genre de pratique.

En lisant cette histoire, je me suis beaucoup questionné sur la légitimité de l’assassinat de ces mères indignes : est-ce Mal de tuer ces mères et de kidnapper ces enfants innocents, ou est-ce Bien dans le sens où justice est rendu et où les enfants vont pouvoir vivre plus sereinement, sans recevoir de coups, entouré d’amour ? Chacun a sa propre idée sur la question, mais à mon sens, le meurtre est quand même un acte barbare et primaire, qui n’est en rien légitime. La maltraitance faite aux enfants est condamnable par la loi : lorsqu’on se rend compte qu’un enfant est victime de violence, le signaler auprès d’autorités compétentes lui rendra plus service que de chercher à résoudre le problème seul, en tuant le responsable par exemple. Il est donc vrai que cette manière de procéder m’a parue sadique, barbare et peu réaliste.

Cette histoire nous rappelle de faire attention aux gens que l’on aime, de les couvrir d’amour, avant qu’il ne soit trop tard. Personne ne sait de quoi demain sera fait ! Une belle perception de vie, que j’applique dorénavant au quotidien.

Sans vous révéler le fin mot de l’histoire, je peux vous assurer que l’identité du tueur est facilement repérable (je soupçonnais que ce soit lui avant la moitié du livre), néanmoins aucun indice ne filtre jusqu’aux toutes dernières pages. J’ai oscillé entre deux réflexions contradictoires : me dire que j’avais raison en pensant à lui, ou me dire que j’avais tord : rien n’est jamais venu affirmer ou contester mes doutes, jusqu’aux toutes dernières pages. Chapeau l’article, vous avez réussi à me triturer les méninges dans tous les sens  !


Un thriller psychologique bien mené, qui traite d’une thématique importante : la maltraitance infantile. Malgré quelques points négatifs, j’ai dans l’ensemble apprécié découvrir cette histoire !

Ma note : 6,5/10

 

Littérature anglaise·Roman policier et polar

Le crime de l’Orient-Express

Le crime de l’Orient-Express de Agatha Christie

412 pages, éditions Le Livre de Poche jeunesse, à 6,30€


Résumé : Alors qu’il rentre de mission et compte s’arrêter quelques jours à Istanbul, Hercule Poirot est rappelé d’urgence à Londres. On est en hiver et à cette époque de l’année, l’Orient Express roule habituellement quasiment à vide. Pourtant, sans l’aide du directeur de la compagnie, Hercule Poirot n’aurait pas trouvé de place à bord, comme si tous les voyageurs s’étaient donné rendez-vous dans ce train ! Dès la première nuit, un homme est assassiné. Le train est immobilisé par la neige qui empêche l’assassin de s’enfuir. Dans les wagons isolés du reste du monde, Hercule Poirot, au sommet de son art, mène l’enquête. Et ce ne sont pas les pistes qui manquent!


Extrait  « J’en ai la tête qui tourne !… Dites quelque chose, mon cher ami, je vous en conjure !… Montrez-moi comment l’impossible peut bien être possible !… »


Mon avisJe m’attendais à du grandiose et j’ai été servi ! La reine du crime a plus d’un tour dans son sac, et elle le prouve une nouvelle fois avec Le Crime de l’Orient-Express.

Un meurtre a été commis en pleine nuit dans le célèbre train de l’Orient-Express. La victime n’est autre que Ratchett, un vieil homme autrefois bandit. Les passagers du train vont être tour à tour interrogés par Hercule Poirot. L’inspecteur va chercher des indices, analyser leurs témoignages et recouper toutes les preuves qu’il possède pour voir clair dans ce crime. Et ce qu’il va découvrir va bien au-delà de tout ce qu’on aurait pu imaginer.

Une nouvelle fois, Agatha Christie a réussie à me bluffer. Sa faculté à construire des intrigues aussi complexes et bien ficelées, m’impressionne.

Néanmoins, j’ai remarqué quelques longueurs, qui m’ont un peu peinés. J’aurais sans doute attendu plus de dynamisme dans l’enquête menée par Poirot. Pour vous donner un exemple : tous les passagers du train sont longuement interrogés les uns après les autres, et Agatha Christie retrace avec minutie tous les dires des passagers. Bien que ce soit essentiel au récit et à l’enquête, j’ai trouvé que cela étirait le récit en longueur, et n’apportait pas le dynamisme que j’aurais espéré trouvé dans l’enquête de Poirot. Ce huis-clos est un classique de la littérature policière, mais ce n’est, à mon sens, pas le meilleur récit de l’auteure. Je vous recommande fortement Dix petits nègres, qui est un véritable chef-d’oeuvre du genre, avec du suspense, une intrigue bien ficelée, et surtout, une fin extraordinaire.

Pour en revenir à ce titre, il est quand même extrêmement bien écrit, avec un suspense démentiel. Je souhaitais prévenir tous les petits curieux qui tenteraient de découvrir le visage du coupable avant Hercule Poirot, sachez qu’il vous faudra être fin et surtout très chanceux pour découvrir le fin mot de l’histoire avant lui !


Le Crime de l’Orient-Express est un huis-clos oppressant et pesante, qui va vous faire tourner en rond. Attention : l’Orient-Express en direction de Paris va partir. Assurez-vous d’être confortablement installés. Je vous souhaite un excellent voyage et une très bonne lecture. 

Ma note : 8/10

Littérature française·Roman policier et polar

Les enlisés


Les enlisés de André Lay

200 pages, éditions French Pulp, à 9,50€


Résumé : Quand l’amour est un poison, au sens propre comme au figuré !

Regagner l’amour de sa femme ? Rien de plus facile : il suffit de l’empoisonner. Et ensuite, de s’occuper tendrement de sa convalescence, en bon mari aimant. Mais à trop vouloir s’attacher à sa compagne, Claude n’avait pas prévu qu’il susciterait chez elle des sentiments fanatiques… qui se révéleront bien plus tragiques qu’un divorce !


Extrait  « – Je suis complètement déboussolée, je n’ose plus rien avaler, je crains même le tabac !
– T’en passer ne peut que te faire du bien.
– Évidemment, mais c’est un signe.
– Tiens donc, lequel ?
– Un signe de vieillissement.
– Un signe de sagesse plutôt.
– C’est ce que je disais. On commence à renoncer au tabac, aux boissons alcoolisées pour se ménager, puis un jour, sans même s’en rendre compte, on fait du ski pour la dernière fois, on cesse de monter en haut du plongeoir de la piscine, les mois passent et il arrive un moment où l’on s’aperçoit qu’on a abandonné bien des choses, bien des gens, ou…
– Ou ?
– Qu’ils ne nous intéressent plus. »


Mon avis : André Lay est un auteur qui a fait ses preuves dans les années 1960, en publiant pas moins de 140 polars jusque dans les années 1980. Autant dire que le monsieur en a sous le pied !

Les enlisés, c’est l’histoire d’un homme très riche, persuadé que sa femme, sa cadette, le trompe avec un autre homme, plus jeune que lui. Éperdument amoureux de sa femme, il va tout faire pour éloigner son amant Richard d’elle. Et pour ça, Claude est prêt à tout.

C’est un polar très intéressant et particulièrement original. Ce sentiment est sans doute dû au fait que ce livre a été écrit et publié en 1973 et que la mentalité et la façon d’écrire diffèrent largement de ce qu’il se fait aujourd’hui. L’écriture de André Lay est mature, affirmée, sans fausse note.

L’intrigue est bien ficelée : entre amour, jalousie, désir et passion, les sentiments se mélangent. Nous n’arrivons pas vraiment à démêler tout ça. D’autant que l’auteur joue avec la psychologie de ses personnages et par extension avec celle de ses lecteurs. Claude, persuadé que Maud, sa compagne, le trompe, fonde ses certitudes sur des socles vacillants. Il devient comme obsédé par les déplacements de sa femme, par ses agissements et ses rencontres, au point où cela en devient maladif. L’atmosphère devient pesante, les agissements de Claude devenant de plus en plus incertains, cela entrave le calme du récit, et devient stressant pour nous.

Ce polar nous questionne : jusqu’où sommes-nous prêts à aller par amour ? Que peut-on endurer par amour ? Pendant combien de temps ? A vous d’y réfléchir et d’y répondre !


Un polar intéressant, qui se lit facilement en une ou deux petites heures. Même si l’histoire n’est pas extraordinaire, vous passerez un agréable moment de lecture. 

Ma note : 6/10

Roman policier et polar

The november criminals


The november criminals de Sam Munson

285 pages, éditions Hachette romans, à 18€


Résumé : Addison Snatch est fan de latin, un peu amoureux de sa meilleure amie, pas franchement populaire, et… dealer officiel de son lycée.
Quand un de ses camarades de classe se fait tuer, Addison décide de mener l’enquête et s’engage dans un véritable parcours initiatique.


Extraits :  « Elle avait commandé le Tip-Top Deluxe, un hamburger d’obèse avec un oeuf au plat gluant par-dessus. Elle est de ces petites personnes compactes qui peuvent manger trois à quatre fois l’équivalent de leur masse corporelle, comme si elles étaient enceintes, sans prendre de poids. Je suppose qu’une force invisible en elle nécessite toute cette énergie et l’aide à métaboliser à une vitesse surhumaine. J’aime penser que c’est pour ça qu’en toute saison elle sent un peu le feu de bois, la combustion.« 

« La monotonie est terrifiante. C’est en grande partie parce qu’elle est si monotone que la mort terrifie autant. C’est morbide, mais que voulez-vous ?« 


Mon avis : Je pense que The november criminals est l’un des livres les plus bizarres que j’aie pu lire de ma vie. Bizarre dans le sens où je n’ai pas réussi à cerner ce livre, les personnages, l’histoire. Nous suivons Addison, un jeune garçon dealer de drogue, qui va se démener pour comprendre les causes du meurtre de Kevin, un élève qui fréquentait le même lycée que lui. Mais l’enquête policière que je pensais trouver s’est avérée différente de tout ce que je connaissais jusqu’à présent. C’était une enquête assez étrange, qui en était une, sans vraiment en être une. C’était tellement bizarre que je ne trouve même pas les mots pour l’expliquer. Je ne pourrais pas vous en dire plus sur l’histoire, puisque je ne l’ai moi-même pas comprise.

En gros,je n’ai pas compris l’histoire, je n’ai pas compris l’attitude et la personnalité du protagoniste, je n’ai pas compris le but du livre. J’ai tenté de lire un maximum de pages, espérant que tout s’éclaircirait à un moment ou à un autre, mais non. Je suis restée constamment dans le brouillard, en tentant vainement de m’insérer dans le récit et d’en comprendre le sens.

De surcroît, le protagoniste m’a littéralement agacé. C’est un jeune dealer, à la psychologie embrouillée et difficile d’accès. Ses agissements étaient souvent inconsidérés, ses paroles agaçantes et son attitude générale totalement antipathique. Si je l’avais eu en face de moi, je pense que je l’aurais giflé. C’est le genre de personne et de comportement que j’exècre.

Je ne sais pas s’il est nécessaire que j’écrive une chronique plus longue que cela, surtout si c’est pour dire ceci : ce livre est nul, il n’apporte rien, il ne délivre aucun message, il n’a aucune profondeur et ferait pioncer le plus courageux des hommes. Passez votre chemin (ceci est un ordre).

Ma note : 1/10

 

Littérature française·Roman policier et polar

Les morsures de l’ombre


Les morsures de l’ombre de Karine Giebel

299 pages, éditions Pocket


Résumé : Une femme. Rousse, plutôt charmante. Oui, il se souvient. Un peu… Il l’a suivie chez elle… Ils ont partagé un verre, il l’a prise dans ses bras… Ensuite, c’est le trou noir. Quand il se réveille dans cette cave, derrière ces barreaux, il comprend que sa vie vient de basculer dans l’horreur. Une femme le retient prisonnier. L’observe, le provoque, lui fait mal. Rituel barbare, vengeance, dessein meurtrier, pure folie ? Une seule certitude : un compte à rebours terrifiant s’est déclenché. Combien de temps résistera-t-il aux morsures de l’ombre ?


Extraits :  « On agit mieux lorsque l’on comprend. On lutte plus facilement contre un adversaire dont on cerne la psychologie.« 

« Et ensuite… Où vont tous ces souvenirs ? Ils s’évaporent dans le néant, disparaissent en fumée, se décomposent à l’intérieur du cadavre pourrissant qui les avait minutieusement engrangés. Pour rien.« 


Mon avis : Pour commencer ma découverte de cette auteure française de romans policiers, j’ai ciblé une valeur sûre : Les morsures de l’ombre, prix SNCF du Polar 2009 et roman plébiscité par bon nombre de critiques français.

Je me suis donc jeté à corps perdu dans ce roman, comme ce pauvre Benoît, commissaire de police, s’est jeté tête la première dans la gueule du loup. Il se réveille enfermé dans une cave sombre, sans aucun souvenir des événements de la veille, avec pour seule compagnie : une jeune femme en talons hauts et au discours délirant. Elle va le torturer durant de longs jours et de longues nuits, en tentant de lui faire avouer un crime, qu’il jure ne pas avoir commis.

Que de mystères durant tout le récit. Les rouages de notre cerveau fonctionnent à plein régime pour tenter de percer les secrets de l’intrigue. Vous êtes obligés de ressentir une tension ambiante durant tout le roman. Ce genre de tension qui vous laisse hors d’haleine, manquant d’air, comme en apnée, tant la pression de l’intrigue est forte. Car Benoît souffre, chaque jour un peu plus. Assoiffé, affamé, roué de coups, drogué, électrocuté, frigorifié… chaque minute est une victoire sur la mort. On sent la mort arriver, de plus en plus proche, sans jamais savoir ce que le lendemain lui réserve. Car la mystérieuse Lydia veut le voir souffrir longuement et lentement, le tuant à petit feu. Ce qui ajoute à la tension déjà grande, c’est l’enquête de police menée en parallèle. Nous voyons les collègues de Benoît tout mettre en oeuvre pour tenter de le retrouver. Mais l’enquête piétine et part dans tous les sens, si bien que nos espoirs qu’ils retrouvent Benoît à temps, s’amenuisent.

Ce que j’adore faire, dans les romans policiers, c’est tenter de deviner le dénouement final. Je me plais donc à inventer la fin, à deviner le coupable idéal, si improbable soit-il. Mais ce que j’adore encore plus, c’est quand les auteurs arrivent à me berner et à déjouer mon enquête personnelle. Ce fût le cas avec Les morsures de l’ombre. J’ai imaginé presque l’intégralité des personnages comme étant coupables… sans me douter un seul instant du véritable coupable. Je peux donc dire que c’est un roman policier réussi, puisque l’auteure à achever son récit d’un coup de maître, déjouant toutes les insinuations des lecteurs et les surprenant avec une révélation finale totalement ahurissante. Je n’oublierai pas ce récit de si tôt, c’est certain !


Un polar réussi, avec un suspense intense et un dénouement surprenant. Surpassez vos peurs, et plongez tête la première au coeur de ce récit noir. 

Ma note : 8/10