La chambre écarlate


La chambre écarlate de Nicci French

568 pages, éditions Pocket, à 7,41€


Résumé : Psychiatre à Londres, Kit est appelée à participer à l’enquête de police sur l’assassinat d’une jeune fugueuse sur les bords du canal. Tous les soupçons se portent sur un certain Michael Doll et la police n’attend d’elle qu’une confirmation scientifique de sa culpabilité. Au moment de dresser son profil psychologique, Kit hésite. Dol est-il vraiment le coupable ? Seule contre tous, en butte à l’hostilité des policiers, Kit refuse de se fier aux apparences. Pour élucider cette affaire, elle devra aller plus loin, dépasser ses préjugés, au risque de réveiller ses propres démons.

Un thriller psychologique porté par une remarquable tension dramatique.


Extraits : « Méfiez-vous des beaux jours. Le mal frappe aussi par les plus beaux jours. Peut-être est-ce le bien-être qui nous rend imprudents. »

« Alors je lui ai dit : « Oui, oui, je crois en Dieu », mais Dieu, ça peut aussi bien être le vent dans les arbres ou les éclairs dans le ciel.« 


Mon avis : Nicci French est le pseudonyme d’un couple de journalistes anglais, prénommés Nicci Gerrard et Sean French, qui ont écrit à quatre mains de nombreux polars.

Dans La chambre écarlate, Lianne, une très jeune SDF, est retrouvée morte au bord d’un canal, poignardée à de nombreuses reprises. Les policiers soupçonnent Mickey Doll, un témoin farfelu et excentrique, qui souffre certainement d’une maladie mentale. Mais la docteure en psychologie Kit Quinn rejette cette idée : sans preuve tangible, ils ne peuvent pas accuser un innocent. Alors qu’elle aide la police dans son enquête, elle va faire le rapprochement avec un second meurtre : celui de Philippa Burton, une maman, tuée en pleine journée alors qu’elle sortait s’amuser avec sa fille dans un parc. Elle va devoir être perspicace pour résoudre cette affaire.

C’est un bon thriller psychologique, dans le sens où il permet de nous détendre et de passer un agréable moment de lecture. Hormis son aspect divertissant, je n’ai pas trouvé d’intérêt particulier à ce polar. Il n’est pas original, ne se démarque pas des milliers d’autres polars produits par d’autres auteurs, les personnages ne sont pas spécialement charismatiques, ni attachants, de sorte qu’on les oublie facilement une fois la dernière page tournée.

Aussi, le livre fait près de 600 pages (dans sa version poche), je m’attendais à beaucoup de rebondissements, à un suspense intenable, qui m’aurait tenue en haleine jusqu’à la toute fin du livre. Mais finalement, en finissant ma lecture, je me suis mise à penser : tout ça pour çà ?! J’ai eu l’impression de tourner beaucoup de pages pour très peu de choses.

Quant au dénouement, à l’image du polar, je l’ai trouvé décevant, trop facile. Il n’est pas assez travaillé, il est bâclé, écrit à la va-vite. Il ne tient absolument pas la route, ne répond pas à toutes les questions que le lecteur a pu se poser durant sa lecture. Bref, en clair, j’ai lu le livre en entier, j’ai passé un moment divertissant, mais je n’en garderai aucun souvenir. 


Un polar trop commun, qui tire en longueur et manque terriblement de souffle.

Ma note : 3/10

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La mauvaise herbe


La mauvaise herbe d’Agustin Martinez

391 pages, éditions Actes Sud, à 23€


Résumé : Après avoir perdu leur emploi, Jacobo et Irene quittent Madrid pour un petit village près d’Almería, où ils occuperont la vieille ferme délabrée héritée des parents, le temps de se remplumer un peu. À leur traîne : une adolescente boudeuse de quatorze ans, furieuse d’avoir abandonné ses amis pour venir s’enterrer dans ce trou avec des parents qui ne comprennent rien à rien.
Dans un décor de Far West andalou – chaleur écrasante, bottes d’herbe sèche soulevées par les assauts du sirocco, sable qui s’infiltre dans le moindre interstice –, les habitants du village vivent en autarcie. Le clan a ses lois tacites et un chef qui emploie la moitié des habitants, régentant son monde depuis sa splendide villa sur la colline.
Quelques mois plus tard, alors que leur fille passe la nuit chez une amie, Jacobo et Irene sont attaqués chez eux. Irene est tuée et Jacobo laissé pour mort. Quand il sort enfin d’un long coma, la police lui révèle le nom du probable commanditaire : Miriam, son ado revêche.
Dans une ambiance obsessive et claustrophobique, ce thriller met en scène une kyrielle de relations toxiques qui interrogent sur l’éternelle raison du plus fort, l’usure du couple, la fragilité de l’adolescence.


Extraits : « Le temps s’écoule différemment pour une adolescente. Les jours peuvent s’étirer à l’infini. Le futur se déplace vers un horizon toujours lointain, une étoile à l’éclat ténu et qui parfois s’éteint. Allez, avance. Un jour il sera à portée de main. »

« On a tellement volé à la terre qu’elle se retourne contre nous. Nous sommes son fléau. »


Mon avis : Les parents de Miriam sont attaqués chez eux en pleine nuit. Sa mère, Irene, meurt sur le coup, tandis que son père survit miraculeusement, avec néanmoins un poumon en moins et plusieurs mois d’hospitalisation. Miriam est accusée de cette attaque : des textos compromettants échangés avec ses amis Nestor et Carol la montrent comme la coupable idéale. Du haut de ses treize ans, elle aurait commandité le meurtre de ses parents et payer de sales types pour qu’ils se débarrassent d’eux. Impensable selon Nina, l’avocate de la jeune fille. Cette dernière va faire tout ce qui est en son pouvoir pour lever le voile sur cette affaire. Mais elle est bien la seule à croire à l’innocence de Miriam : l’ensemble du village de Portocarrero, les amis, la famille et même Jacobo, son père, la pensent coupable.

L’auteure entremêle avec brio les temporalités et les points de vue, pour nous donner une vision globale de l’affaire et nous laisser nous forger notre propre avis sur la question. Je dois avouer que l’ambiance générale du livre est assez particulière. En effet, je n’ai pu m’attacher à aucun des personnages puisque tous me paraissaient suspects. À mes yeux, ils étaient tous, chacun, à tour de rôle, coupables. Agustin Martinez a réussi à bâtir un réel suspense autour de l’identité du tueur qui nous retourne la tête, nous fait nous questionner constamment et fait voler en éclats chacune de nos suppositions. Vous pourrez essayer autant que vous le souhaitez de chercher le coupable, vous n’y arriverez pas ! Seul le dénouement apporte un point final et un éclaircissement à cette histoire.

Le meurtre d’Irene et la tentative d’assassinat sur Jacobo vont mettre en lumière les affaires lugubres et cachées de certains habitants de Portocarrero. Celui que l’on surnomme « Le Blond » serait l’amant d’Irene, celui avec qui elle se serait sentie belle, jeune, séduisante. En parallèle, il semblerait que Le Blond trempe dans des affaires illégales de vol. On découvre également Nestor, le neveu du Blond, dont le carnet d’adresses bien rempli comporte des numéros de personnes peu recommandables… Comme quoi, si petit soit ce village, si proche soient ses habitants, chacun est porteur de lourds secrets bien enfouis, qu’ils veulent à tout prix garder cachés.

J’ai bien aimé que l’auteur aborde une thématique que j’ai très peu croisé dans les romans : la criminalité chez les jeunes. Une façon tout a fait novatrice de mettre en garde les parents et leurs progénitures contre les délits plus ou moins graves qu’ils pourraient être amenés à faire et les conséquences qui en découleraient. On y retrouve bien évidemment des thématiques plus communes, comme la drogue et le sexe, la jalousie, la tromperie, le mensonge, les violences domestiques…

Pour terminer de vous parler de ce polar, je dirais que son rythme est agréable : la narration commence rapidement, puis à tendance à ralentir, avant de reprendre de la vitesse pour finir par un sprint effréné vers la vérité. Quelques pages supplémentaires au dénouement n’auraient pas été de refus, puisque l’auteur nous lâche sa bombe en très peu de lignes, avant de mettre un point final à son récit. Un développement un petit peu plus poussé des raisons de ce meurtre et de l’aspect psychologique du meurtrier ressenti après celui-ci, aurait été apprécié.


Un polar mystérieux, bien mené, rythmé, qui m’a envoûté et m’a habilement retourné l’esprit. Dommage que la fin manque de développement !

Ma note : 7/10

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Un peu plus loin sur la droite


Un peu plus loin sur la droite de Fred Vargas

253 pages, éditions J’ai Lu, à 5,80€


Résumé : En planque sous les fenêtres de l’appartement du neveu d’un député, place de la Contrescarpe, Kehlweiler avise soudain une drôle de chose sur la grille d’un arbre. Un petit déchet blanchâtre au milieu d’excréments canins. Pas de doute, c’est un os. Et même un os humain… Naturellement, lorsque Kehlweiler apporte sa trouvaille au commissariat du 5e arrondissement, les flics lui rient au nez. Mais ce petit bout d’os l’obsède tellement qu’il abandonne ses filatures parisiennes et suit une piste jusqu’à Port-Nicolas, un village perdu au bout de la Bretagne. Là vit un pit-bull. Une sale bête, qui avalerait n’importe quoi. Y compris un bout de cadavre. Reste à trouver le cadavre. Et l’assassin…


Extraits : « – C’est pas facile d’écrire une lettre chic quand on se tire.
– Pourquoi pas ? Il n’y a qu’à parler au lieu d’écrire. »

« Quand un minable est amoureux, cela se repère, et quand un assassin est satisfait, cela se lit sur tout son corps. Le lendemain, la police est dessus, et c’est terminé. Pour tuer, il faut être autre chose qu’un minable, c’est le secret des choses. »


Mon avis : C’est la première fois que je m’aventure à lire un Fred Vargas. Pour celles et ceux qui ne le savent pas, c’est une auteure française de polars au succès mondiaux, qui a reçu de très nombreux prix littéraires pour ses écrits. Je me suis lancé dans Un peu plus loin sur la droite, sans vraiment savoir à quoi m’attendre. Et bien je dois dire que c’est un polar bien construit, doté d’une logique imparable et d’un suspense à tout épreuve qui nous retourne la tête et nous tient en haleine jusqu’à la fin.

Louis Kehlweiler, ancien du Ministère de l’Intérieur, découvre un os accroché sur une grille d’arbre en plein Paris. Il en est certain, cet os est un humain. Accompagné de Marc Vandoosler, un jeune historien un peu paumé, ils vont lancer leur propre enquête, qui les mèneront à Port-Nicholas, un petit village de Bretagne. De rencontres en rencontres, ils vont remonter la piste de cet os et tenter de mettre à jour ce mystère.

Louis Kehlweiler, notre protagoniste, est un homme très mystérieux, qui semble être à la fois excentrique, mais aussi posé et réfléchi. Ainsi, vous pourrez le croiser accompagné de Bufo, son fidèle crapaud de compagnie, mais prenez-le au sérieux, puisque son pedigree et son sens du discernement pourraient vous surprendre. Il ne se dévoile pas facilement, nous laissant imaginer, fouiller et décortiquer ses actes pour pouvoir bâtir notre propre avis sur sa personnalité. Bien qu’il soit assez déstabilisant au début, j’ai bien aimé l’excentricité de son personnage et serais curieuse de le retrouver dans d’autres enquêtes de l’auteure.

En outre, il semblerait que ce roman fasse échos à des histoires antérieures écrites par l’auteure. Ainsi, certaines petites anecdotes m’ont déstabilisées, puisque n’ayant pas lu les précédents ouvrages, je n’ai pas pu prendre la mesure de celles-ci. Je vous rassure, ça n’a pas gêné outre mesure ma l’avancée de ma lecture, mais j’avoue que j’aurais été curieuse de comprendre pleinement toutes les allusions faites par Fred Vargas.


Un bon polar, au suspense bien mené, plein de rebondissements et d’effets de surprises, mais qui s’oublie malheureusement trop rapidement.

Ma note : 6,5/10

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Jusqu’à ce que la mort nous unisse


Jusqu’à ce que la mort nous unisse de Karine Giebel

604 pages, éditions Pocket


Résumé : L’Ancolie est une fleur aussi belle que toxique. Belle, à l’image de certains souvenirs. Toxique, à l’image de certains regrets. L’Ancolie, c’est aussi le nom d’un chalet perdu en pleine montagne. C’est là que vit Vincent, un homme seul et meurtri. Rejetant son passé et redoutant son avenir, il préfère vivre dans le présent. Une existence éprise de liberté qu’il consacre entièrement à sa passion pour la montagne et à son métier de guide. Jusqu’au jour où la mort frappe tout près de lui, l’obligeant à sortir de sa tanière. Aux yeux de tous, un tragique accident, une chute mortelle. Seul Vincent est persuadé qu’il s’agit d’un meurtre, que ce n’est pas la montagne qui a tué, et que les vrais coupables doivent payer. Alors, aidé par Servane, une jeune recrue de la gendarmerie avec laquelle il a noué une étrange relation, il se lance dans une quête de vérité.
Une quête qui va le conduire sur d’effroyables sentiers, le confronter à ses propres démons.
Une quête qui va déterrer un à un des secrets profondément enfouis au coeur de cette paisible vallée, et qui auraient dû le rester à jamais.
Car si le mensonge blesse, la vérité peut être fatale…


Extraits : « On est tellement impatient de vieillir à cet âge-là. On appuie sur l’accélérateur, en vain. Jusqu’au jour où on se surprend à chercher la pédale de frein… En vain. »

« On endosse l’habit de garde comme celui de moine : par vocation, par passion. »


Mon avis : Il y a quelques années maintenant, j’ai découvert la plume de Karine Giebel à travers Les morsures de l’ombre, que j’avais adoré. Plusieurs années ont passées et j’avais envie de me replonger à la découverte de cette auteure de polars française, hautement plébiscité par tous.

L’Ancolie est un lieu paisible, chalet où vit Vincent, guide en haute montagne. Il y vit seul avec son chien, son fidèle compagnon, depuis le départ de Laure, son amour de toujours. Cette dernière l’a quittée un beau jour pour partir avec un parisien, sans plus jamais lui donner de nouvelles. Depuis, Vincent survit comme il peut, enchaînant les conquêtes sans pour autant s’attacher. Il va faire la rencontre de Servane, une jeune gendarme nouvellement mutée dans la vallée. De fil en aiguille, ils vont nouer une belle relation d’amitié, solide et très complice. Ensemble, ils vont devoir faire face à une tragique nouvelle : Pierre, le meilleur ami de Vincent, est retrouvé mort dans son terrain de jeu favori : la montagne. Pour ce dernier, aucun doute n’est permis : Pierre connaissait la montagne comme sa poche et n’aurait jamais pu trébucher, comme le soupçonnent les gendarmes. Aidé de Servane, ils vont mener l’enquête pour tirer au clair cette affaire.

Je me suis totalement imprégnée de l’ambiance de ce roman, et pour cause : à l’heure où je lisais ce livre, j’habitais en Haute-Maurienne, dans un chalet encerclé par les montagnes. Autant dire que le cadre dans lequel je me trouvais coïncidait totalement avec les descriptions faites par l’auteure d’Allos, Colmars et de tous les magnifiques paysages environnants. J’ai donc pu me représenter davantage les différentes scènes qui se jouaient sous mes yeux.


Allos, Colmars, Thorame-Haute… des villages cités dans le roman,
présents dans les Alpes-de-Haute-Provence, en région PACA.

L’auteure m’a donné très envie de découvrir Allos, Colmars et ses alentours. Les Alpes-de-Haute-Provence sont pourtant situées dans ma région, mais je ne suis jamais allé visiter ces coins-là. Je pense y consacrer plusieurs week-end au printemps ou en été… peut-être que je tomberais sur un guide de montagne aussi passionné que Vincent ? En tout cas, j’ai adoré l’ambiance de ce polar, dépaysant à souhait !

Lac d’Allos en plein été

J’ai vraiment beaucoup aimé ce livre. Malgré sa taille assez conséquente (plus de 600 pages), je l’ai dévoré en quelques jours à peine. Il faut dire que Karine Giebel sait instaurer une dose de suspense suffisante pour tenir le lecteur en haleine jusqu’au bout. Les rebondissements sont légions et apparaissent lorsqu’on s’y attend le moins.

J’ai également beaucoup aimé la relation entre Vincent et Servane, qui se révélera originale et beaucoup plus surprenante que ce que vous pourriez penser au départ. Ce sont deux personnes qui ont un vécu, qui ont été d’une façon ou d’une autre blessée par la vie, deux âmes en peine, solitaires et recluses, qui vont s’apprivoiser avec bonhomie, respect et pudeur.

De ce polar a découlé un téléfilm réalisé par France 3. Diffusé en novembre 2018, il a même remporté le Grand Prix 2018 du Film francophone de télévision au Festival Polar de Cognac. Pour la petite info supplémentaire : toutes les scènes ont été tournées dans les lieux citées par l’auteure : de quoi nous donner davantage envie de découvrir ces somptueux paysages français !


Un très bon polar, rythmé et surprenant, qui m’a en plus donné envie de découvrir les Alpes-de-Haute-Provence et principalement les villages d’Allos et de Colmars. J’ai déjà hâte de me plonger dans mon prochain Giebel !

Ma note : 9/10

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La chambre des murmures


La chambre des murmures de Dean Koontz

471 pages, éditions L’Archipel, collection Archipoche, à 8,95€


Résumé : Qu’a-t-il bien pu se passer dans l’esprit de Cora Gundersun, une enseignante appréciée de tous, pour qu’elle commette un attentat-suicide aussi effroyable ? Le contenu du journal intime de Cora corrobore l’hypothèse de la démence. Lorsque de nouveaux cas surviennent, Jane Hawk, ancienne du FBI devenue la fugitive la plus recherchée des États-Unis, y voit un lien avec la mort de son mari, un marine qui s’est suicidé sans raison apparente. Voici la jeune femme sur la piste d’une confrérie secrète dont les membres se croient au-dessus des lois. Une quête de justice à la mesure de sa soif de vengeance…


Extraits : « La vérité, une fois acquise, ne peut sombrer dans l’oubli et s’imprime à jamais dans le coeur des initiés qu’elle plonge dans un monde d’obscurité.« 

« Il n’y a plus de place pour le moindre sentimentalisme dans le journalisme actuel, sauf lorsqu’il est question de politique. »


Mon avis : La chambre des murmures fait suite à Dark Web, également paru aux éditions Archipoche. Les deux tomes ne peuvent pas se lire séparément, vous risqueriez de perdre le fil de l’histoire et ne pas comprendre de nombreuses allusions faites au tome précédent.

Nous retrouvons Jane Hawk, l’intrépide et courageuse ancienne enquêtrice du FBI, qui s’est lancée, seule, dans la résolution d’une affaire qui dépasse l’entendement. Des hommes puissants souhaitent dominer le monde entier et plus spécifiquement contrôler les humains. Pour se faire, ils ont injectés des puces dans leur tête, qui les prive de toute émotion et leur permette de maîtriser leurs faits et gestes à distance. Une technologie redoutable, qui a fait se suicider à distance des centaines de citoyens, pourtant exempte de tout problème. C’est cette domination malsaine que Jane va tenter de vaincre, au péril de sa vie.

Lorsque j’ai lu le premier tome de cette saga, Dark Web, je pensais découvrir une histoire sur l’Internet illégal, que l’on nomme « Dark Web ». Malheureusement déçue que cette thématique ne soit finalement pas abordée, je gardais un espoir de la voir surgir dans la suite de l’histoire… mais non. Dean Koontz continue de nous glacer les sangs avec ses nanomachines intégrées dans les cerveaux humains à des fins de contrôle. Un scénario futuriste, brûlant de réalisme, qui transforme l’être humain en robot dénué de sentiment et de contrôle.

Dans ce tome-ci, Jane Hawk découvre que l’ensemble d’un village a été réduit en esclavage à cause de ces puces électroniques. Les adultes, les enfants, tous sont embrigadés par ces technologiques, qui leur prélèvent leur raison et leur dictent ce qu’ils doivent faire. On peut aisément assimiler cette histoire surnaturelle à un roman d’anticipation, dans lequel on peut déceler les déviances qui pourraient advenir dans notre société future. Ça donne quand même à réfléchir sur le pouvoir  de certains puissants de notre monde et sur l’asservissement de l’être humain.

En outre, j’avoue avoir eu un petit pincement au coeur à l’idée de quitter notre protagoniste. J’ai vraiment beaucoup aimé suivre la cavale de Jane Hawk, qui n’hésite pas à risquer sa vie pour sauver l’humanité. J’ai également appréciée le personnage du shérif Tillman, bien qu’au début, j’aie eu du mal à trouver l’utilité de son personnage. Finalement, derrière cet homme en apparence bourru, se trouve un agent perspicace, qui va se révéler intuitif et avisé. Il sera l’ombre de Jane Hawk, l’épaulant au possible pour arriver à arrêter ce massacre humain.

Les plus téméraires pourront prochainement retrouver Jane Hawk dans L’escalier du diable, le troisième tome de cette saga haletante. J’ai déjà hâte !


Un deuxième tome à la hauteur du premier, qui nous laisse présager une suite mouvementée et trépidante. J’ai déjà hâte de retrouver notre courageuse détective pour de nouvelles intrigues !  

Ma note : 7/10

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La conjuration primitive


La conjuration primitive de Maxime Chattam

540 pages, éditions Pocket


Résumé : Et si seul le Mal pouvait combattre le Mal ? Une véritable épidémie de meurtres ravage la France. Plus que des rituels, les scènes de crimes sont un langage. Et les morts semblent se répondre d’un endroit à l’autre. Plusieurs tueurs sont-ils à l’œuvre ? Se connaissent-ils ? Et si c’était un jeu ? Mais très vite, l’hexagone ne leur suffit plus : l’Europe entière devient l’enjeu de leur monstrueuse compétition. Pour essayer de mettre fin à cette escalade dans l’horreur, une brigade de gendarmerie pas tout à fait comme les autres et un célèbre profiler, appelé en renfort pour tenter de comprendre. De Paris à Québec en passant par la Pologne et l’Écosse, Maxime Chattam nous plonge dans cette terrifiante Conjuration primitive, qui explore les pires déviances de la nature humaine.


Extraits : « Alexis l’avait découvert avec un peu d’expérience : les fantômes existent. Ils se nichent dans l’interstice entre veille et sommeil. Cet entre-deux-mondes o le conscient bascule vers l’inconscient, cette fine lisière sans contrôle où l’homme peut encore entrapercevoir des choses quand il ne maîtrise plus sa pensée. Et les fantômes se nourrissent de la solitude des vivants, elle leur rappelle leur propre condition.« 

« La violence est contagieuse, dit-il. D’une manière ou d’une autre. »


Mon avis : Grande première dans ma vie de lectrice : j’ai enfin ouvert un Maxime Chattam (il était temps, me diriez-vous !). Retour en quelques mots sur mon grand saut dans l’univers noirâtre de cet auteur français aux milliers de lecteurs.

Je débute ma découverte de l’auteur par La conjuration primitive, un polar qui traînait dans ma Pile À Lire depuis quelques années maintenant. Les inspecteurs Alexis, Ludivine et Segnon sont mobilisés sur une nouvelle enquête, d’une grande envergure. Ils poursuivent plusieurs tueurs : le premier est surnommé « La Bête » à cause des morsures qu’il inflige à ses victimes, le second, « Le Fantôme », se rend chez ses victimes pour les tuer à leurs domiciles. Ce qui les lie ? Un symbole suspect, « *e », présent sur le corps de leurs victimes. Les crimes se multiplient, de plus en plus nombreux, de plus en plus rapprochés, sans pour autant que les inspecteurs arrivent à trouver un début d’indice au massacre qui se joue sur le territoire français. Ils font alors appelle à Mikelis, un brillant criminologue retraité, pour les aider dans leur quête. Ils vont alors mettre la main sur une espèce de secte du Mal, qui influence les esprits différents et affaiblis pour les pousser à commettre des atrocités.

Apparemment, le Mal est une thématique qui revient constamment dans les livres de Maxime Chattam. Ici, le Mal est au centre de tout : la conjuration primitive, c’est la violence bestiale, c’est ce que l’ont peut trouver de pire dans la nature humaine. La violence est omniprésente entre ces pages, mais certains personnages essaient d’analyser cette violence, de mettre des termes précis sur celle-ci, de dresser des portraits psychologiques des tueurs : j’ai beaucoup aimé cet aspect psychique de l’enquête, qui est différent des enquêtes traditionnelles se centrant uniquement sur les indices matériels.

J’ai vraiment adoré ce polar. Le suspense est présent du début à la fin, avec des pics d’adrénaline durant certaines scènes d’actions, qui m’ont données des sueurs froides. Les retournements de situation sont nombreux, parfois totalement inattendus, surprenants et effrayants.

Pour ceux qui, comme moi, auraient beaucoup aimé ce polar, sachez que vous pouvez retrouver certains de ses personnages dans d’autres romans de l’auteur, notamment dans La patience du diable, où l’inspectrice Ludivine Vancker sera l’une des protagonistes.


Un très bon polar, angoissant et bien rythmé, qui vous plongera au coeur des pires déviances humaines. Ce fût mon premier Maxime Chattam, mais certainement pas le dernier !

Ma note : 7,5/10

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Alerte rouge


Alerte rouge de James Patterson & Marshall Karp

346 pages, éditions L’Archipel, à 20€


Résumé : Une nouvelle enquête du NYPD Red, unité d’élite chargée de protéger les rich and famous, confronté à un génie du mal caché à Manhattan. Par James Patterson, n°1 mondial du suspense. A New York, le crime ne connaît pas de trêve. Le NYPD Red non plus… La haute société new-yorkaise est réunie au Pierre, l’un des plus prestigieux hôtels de la ville, pour un gala de charité. Soudain, une explosion souffle la salle.
Plusieurs blessés, une victime. Acte terroriste ou vengeance personnelle ? A quelques kilomètres de là, dans les entrailles d’un hôpital désaffecté de Roosevelt Island, est retrouvé le corps d’une célèbre réalisatrice de documentaires. Etranglée. Une séance SM qui aurait mal tourné ? Deux enquêtes cousues main pour Zach Jordan et sa partenaire Kylie MacDonald, du NYPD Red, l’unité d’élite chargée de la protection des célébrités.


Extraits : « Il ne faut jamais sous-estimer la folie de ceux qui ont du fric. »

« L’une des qualités qu’on attend de vous quand vous travaillez pour les très riches est de supporter leurs insultes alors que vous vous crevez le cul pour les aider. »


Mon avis : Habituée des romans de James Patterson (vanté comme le numéro un mondial eu suspense), je l’ai découvert dans Le sang de mon ennemi, un polar sur fond de trafic de drogue, puis j’ai enchaîné sur Un si beau soleil pour mourir, dans lequel un tueur en série assassinait sauvagement des personnes ayant le nom. Ces deux précédents récits ne m’ont pas laissé un souvenir impérissable, mais les ouvrages de cet auteur ont le mérite de receler une dose dose de suspense et de se lire relativement vite.

Alerte rouge fait partie de la saga NYPD RED, qui compte à ce jour quatre tomes – Alerte rouge étant le quatrième. Mais rassurez-vous, ils peuvent se lire indépendamment les uns des autres : la constance de cette saga sont les protagonistes, Kylie McDonald et son coéquipier Zach Jordan, qui font partie d’une unité d’élite du Red de New York, chargée de protéger les personnes immensément riches.

Lors d’un gala de charité en présence de personnalités célèbres de la ville de New York, dont la maire en personne, l’architecte et donateur d’une oeuvre de bienfaisance en faveur des plus démunis se fait exploser par une bombe alors qu’il allait entamer un discours sur scène. Kylie et Zach sécurisent les lieux et surtout madame la Maire et sont sur le pied de guerre pour comprendre ce qu’il s’est passé et pourquoi.

En parallèle, les deux coéquipiers se retrouvent sur une autre enquête de meurtre, celle d’une personnalité du cinéma, Aubrey Davenport. La jeune femme est retrouvée dans un hôpital désaffecté, nue, une corde autour du cou. Après quelques investigations, il semblerait que la jeune femme soit une accro au sexe accompagnée de pulsions violentes et destructrices.

J’avoue que ces deux enquêtes mises en parallèle, qui n’ont strictement rien à voir l’une avec l’autre, m’ont dérangées. On s’embrouille facilement dans l’alternance des témoins, des indices, dans l’avancement de l’une ou l’autre enquête. J’aurais préférée que l’auteur se focalise uniquement sur une seule enquête, en y ajoutant plus de suspense ou de rebondissements, qui aurait rendus l’histoire plus unique et moins passe-partout. Car, après tout, j’ai trouvé que les deux enquêtes n’étaient pas très recherchées, elles sont sympathiques à découvrir, mais vites oubliées une fois la lecture terminée. Elles manquent de plomb, de solidité, d’originalité.

En revanche, j’ai bien aimé le duo d’inspecteurs Kylie/Zach, qui m’ont semblé sympathiques. Si j’avais l’occasion de lire les précédents tomes de NYPD RED ou les tomes suivants s’il y en a, je pense que ce serait en premier lieu pour retrouver ce couple de collègues, qui m’ont bien plût.


Un polar intéressant, qui mêle deux enquêtes disjointes. Sympathique à découvrir, mais l’auteur a joué la simplicité : le manque de consistance de l’histoire fait qu’elle sera vite oubliée.

Ma note : 5,5/10

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