Soeurs


Soeurs de Bernard Minier
522 pages, éditions Pocket


Résumé : Mai 1993. Deux sœurs, Alice, 20 ans, et Ambre, 21 ans, sont retrouvées mortes en bordure de Garonne. Vêtues de robes de communiantes, elles se font face, attachées à deux troncs d’arbres. Le jeune Martin Servaz, qui vient d’intégrer la PJ de Toulouse, participe à sa première enquête. Très vite, il s’intéresse à Erik Lang, célèbre auteur de romans policiers à l’œuvre aussi cruelle que dérangeante. Les deux sœurs n’étaient-elles pas ses fans ? L’un de ses plus grands succès ne s’appelle-t-il pas La Communiante ?… L’affaire connaît un dénouement inattendu et violent, laissant Servaz rongé par le doute : dans cette enquête, estime-t-il, une pièce manque, une pièce essentielle.
Février 2018. Par une nuit glaciale, l’écrivain Erik Lang découvre sa femme assassinée… elle aussi vêtue en communiante. Vingt-cinq ans après le double crime, Martin Servaz est rattrapé par l’affaire. Le choc réveille ses premières craintes. Jusqu’à l’obsession.
Une épouse, deux sœurs, trois communiantes… et si l’enquête de 1993 s’était trompée de coupable ?


Extraits« Les hommes font des promesses, et ils oublient de les tenir.« 

« À partir de cet instant, il était en première ligne, regardant la mort en face – cette morte qui, quand on est enfant puis adolescent, est pour les autres, et à laquelle les parents font barrage, premières cibles avant de l’être soi-même, dans l’ordre naturel des choses. Mais parfois l’ordre n’est pas respecté et les enfants partent les premiers. Parfois aussi, les parents partent un peu tôt – et il faut alors affronter seul ce vide qu’ils laissent entre nous et l’horizon. »


Mon avis : Alice et Ambre, deux jeunes soeurs, qui se ressemblent comme des jumelles, sont retrouvées assassinées, dans une mise en scène macabre. Le jeune inspecteur Martin Servaz, nouvellement affectée dans la brigade de Toulouse, se charge de sa première enquête… et pas des moindres. Il découvre que le meurtre des deux soeurs se réfèrent fidèlement à un roman policier écrit par Erik Lang, un écrivain qui fascinait Alice et Ambre. Les soupçons se dirigent immédiatement vers cet homme, sans réelle preuve concrète de sa culpabilité. Des années plus tard, l’inspecteur Servaz découvre un nouveau corps d’une femme assassinée en suivant le même schéma macabre que les deux soeurs. L’enquête, fermée des années plus tôt, est réouverte : le meurtrier court toujours !

Soeurs est le premier roman de l’excellent auteur de polar français Bernard Minier que j’ai le plaisir de lire. Bien que ce titre s’inscrit dans une saga des aventures policières de l’inspecteur Servaz, celui-ci peut se lire séparément des autres. On y découvre un jeune inspecteur un peu tâtonnant, peu sûr de lui, qui manque de charisme et d’assurance. C’est un protagoniste effacé, qui ne marque pas forcément les esprits, très éloigné de l’archétype des inspecteurs de police que l’on peut découvrir dans les romans policiers traditionnels ou les blockbusters américains. En somme, il est peu crédible dans son rôle d’inspecteur, que ce soit auprès des autres personnages qu’il rencontre dans le récit, ou même dans l’esprit des lecteurs.

Malgré ses 500 pages, Soeurs se laisse facilement dévorer. Le rythme est effréné, les temps morts sont rares, les rebondissements s’enchaînent avec fluidité et rapidité. J’ai néanmoins trouvé que le dénouement était un peu trop complexe. En effet, on ressent une volonté réelle de la part de Bernard Minier d’embrouiller l’esprit de ses lecteurs dans une enquête qui sorte de l’ordinaire. Mais à trop vouloir en faire, on s’y perd. Peut-être que je n’étais pas assez attentive, mais j’ai eu du mal à comprendre la fin de l’histoire, à bien cibler quel était le véritable coupable, quels étaient ses motifs, comment l’enquête a pu déterminer son implication dans l’affaire. L’articulation finale manquait de cohérence : je reste donc sur ma faim… mais je re-tenterai avec plaisir de lire un prochain Bernard Minier !


Une première découverte de l’auteur qui ne m’a pas forcément convaincue. Le rythme est effréné, le scénario original, mais les personnages trop effacés et le dénouement peu crédible. 

Ma note : 5/10

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ISBN : 978-2-266-29189-7

Sous mes yeux


Sous mes yeux de K. L. Slater
381 pages, éditions Hauteville suspense, à 19,50€


Résumé : La confiance aveugle précède toujours le drame… Quand Billie, huit ans, disparaît dans la forêt alors qu’il était en train de jouer au cerf-volant avec sa sœur, tous les habitants de Newstead prennent part aux recherches, et le village est sous le choc lorsqu’on retrouve son corps, deux jours plus tard. Seize ans après le drame, Rose, qui n’a jamais pu se résoudre à quitter la maison de son enfance, mène une vie en sourdine, toujours accablée par la culpabilité : si elle ne l’avait pas quitté des yeux, son petit frère serait encore en vie.
Lorsque son voisin et ami de longue date fait un malaise, Rose vole à son secours. Après la bouleversante découverte qu’elle va faire, elle n’a plus qu’une certitude : elle est en danger de mort.


Extraits« Mon problème, voyez-vous, c’est que je suis obsédée par la nourriture. J’ai besoin de manger, de remplir les brèches du néant en moi, les trous qui me criblent comme un gruyère. La seule chose que je peux maîtriser, c’est ce qui survient après que j’ai tout mangé.« 

« Je crois que c’est générationnel. Aujourd’hui, on a tellement répété aux femmes qu’il y a des activités plus intéressantes dans la vie que la cuisine, qu’on a parfois l’impression qu’il est avilissant pour elles de prendre du plaisir à accomplir une tâche domestique. On dirait qu’il y a toujours quelqu’un qui sait mieux que nous, les femmes, ce que nous avons à faire. »


Mon avis : Billie, huit ans, disparaît mystérieusement alors qu’il jouait au cerf-volant avec sa soeur Rose. Il est retrouvé quelques semaines plus tard, assassiné. L’histoire est écrite avec une alternance d’époques : nous suivons Rose dans le passé, quelques temps seulement avant le meurtre. Rose est alors une jeune adolescente d’une quinzaine d’années, qui vit une vie ordinaire, entourée de ses parents, de son jeune frère et de sa meilleure amie Cassie. Un beau jour, un homme plus âgé qu’elle d’une dizaine d’années, prénommé Gareth, l’aborde et la séduit. Rose et Gareth vont vivre une histoire d’amour passionnée, qui va se transformer en cauchemar, où l’emprise totale, la jalousie, les mensonges et le chantage seront le socle de leur union.

Enfin, nous suivons également Rose dans le présent, une quinzaine d’années après le drame. Elle n’est pas encore totalement guérie des horreurs subies dans le passé ; le stresse, l’angoisse, la terrifient encore quotidiennement, l’empêchant de vivre une vie sereine. Ses parents ayant quitté ce monde depuis quelques années maintenant, Rose est restée dans sa maison d’enfance, s’occupant régulièrement de Ronnie, son vieux voisin, qui a été d’un soutien sans faille au moment des faits passés. Lorsque Ronnie fait un passage à l’hôpital pour un accident mineur, Rose en profite pour faire du ménage dans sa maison… et découvre la couverture de Billy, celle-là même qu’ils ont tant cherché sans jamais la trouver. Les doutes assaillent la jeune femme, qui remet en cause l’ensemble de l’enquête passée et surtout, l’identité du coupable du meurtre de son frère.

Sous mes yeux est tout ce que l’on peut attendre d’un bon polar : beaucoup de rythme dans l’intrigue, ce qui rend l’histoire captivante et addictive ; un meurtre mystérieux, plusieurs coupables présumés, beaucoup de suspense autour des faits, des questionnements à n’en plus finir et l’envie furieuse d’y répondre. L’intrigue en elle-même est bien écrite, mais elle manque clairement d’originalité, dans le sens où le scénario est assez quelconque, déjà lu et relu ; ainsi, malheureusement, l’histoire risque de ne pas rester très longtemps dans l’esprit des lecteurs. En revanche, l’une des principales forces de ce livre, c’est ses personnages, à la psychologie bien développée.

Il y a d’abord Rose, notre héroïne, jeune femme fragilisée par des tourments passés, esseulée, solitaire, elle m’a fait beaucoup de peine, puisqu’elle semble coincée dans le passé, incapable de voir la lumière au bout du chemin. Elle vit seule, n’a pas de conjoint ni d’enfant, elle ne sort quasiment pas, sauf cas de force majeure, elle n’est entourée seulement de ses collègues, à qui elle ne parle presque pas. Sans m’être forcément attachée à elle, je puis dire que cette jeune femme m’a touchée, par sa solitude presque forcée par les actes barbares du passé.

Enfin, le personnage de Gareth est celui qui ressort le plus du récit. C’est un homme indéfinissable, très mystérieux, qui apparaît subitement dans la vie de Rose et dans celle du village, tel le Messie que tout le monde attendait. Cet homme a deux visages : un visage apparent : celui qu’il montre aux yeux de tous, aimable, amoureux, travailleur, courageux ; et celui qu’il est en réalité : un  homme jaloux, violent, possessif, menteur. Il induit la jeune Rose dans une relation toxique, malsaine, et s’introduit également au coeur de sa famille, se rendant presque indispensable aux yeux de chacun. Bien qu’ayant un comportement horrifiant, j’ai trouvé que c’était un personnage fascinant, intéressant et bien construit.


Un polar psychologique à l’intrigue bien construite, aux personnages développés, qui aurait quand même mérité un scénario plus original et recherché.

Ma note : 6,5/10

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ISBN : 978-2-38122-136-6
Traduction : Florence Moreau

Que du feu


Que du feu de Cara Hunter
411 pages, éditions Hauteville suspense, à 19,50€


Résumé : Et si quelqu’un vous en voulait à mort ?

Tout le monde n’a pas le cœur à réveillonner pendant les fêtes de fin d’année. À Oxford, un incendie a réduit en cendres la maison de la famille Esmond. Parmi les décombres, les corps de deux enfants. Le plus jeune est mort, le pronostic vital de l’aîné est réservé. Que faisaient-ils seuls dans la maison ? Où est passée leur mère ? Pourquoi leur père est-il injoignable ?
Cette affaire met à rude épreuve les nerfs de Fawley et réveille en lui de douloureux souvenirs. Sur place, les flammes ont détruit presque tous les indices, mais plus l’enquête progresse, plus l’inspecteur a du mal à croire que des décorations de Noël soient à l’origine de ce désastre. Et si cet incendie n’avait rien d’accidentel ?


Extraits« Enfin, vous savez ce qu’on dit, monter en grade est facile ; dans le sens inverse, c’est une autre paire de manches.« 

« Tout le monde dit toujours combien les enfants sont résiliants, mais n’est-ce pas là juste un autre mensonge dont les adultes abusent pour se réconforter ? »


Mon avis : Durant les fêtes de fin d’année, la maison de la famille Esmond prend feu. À l’intérieur, les pompiers découvrent plusieurs cadavres : le petit Zachary, 4 ans, sa mère, Samantha et le frère aînée, inconscient mais vivant. Aucune trace du père de famille. L’inspecteur Fawley met toute son équipe sur le coup, d’abord pour retrouver monsieur Esmond, porté disparu, puis pour comprendre les circonstances qui ont causé l’incendie de cette maison familiale.

J’ai d’abord été étonnée de la structure du récit, qui n’est pas séquencé en chapitres distinctes. Ainsi, les scènes s’enchaînent les unes à la suite des autres, parfois sans marqueur précis, excepté un saut de ligne presque imperceptible. C’est une subtilité qui donne son originalité à l’histoire et qui la rend d’autant plus oppressante qu’il paraît n’y avoir aucun temps mort. Il faut donc être suffisamment concentré pour suivre l’avancée de l’enquête, mais aussi pour s’y retrouver parmi la myriade de personnages qui peuplent le récit. Les inspecteurs sont nombreux (trop même), il est parfois compliqué de s’y retrouver parmi leurs différentes fonctions et de comprendre précisément quel est leur lien hiérarchique. Il faut dire que Que du feu est le troisième épisode des enquêtes de l’inspecteur Fawley. Je pense donc que les personnages principaux récurrents ont dû être développés précédemment, d’où le peu d’informations que l’on peut percevoir sur eux et les quelques anecdotes qui font référence aux tomes précédents, dont je n’ai pas saisi la subtilités. Mais cela n’empêche en rien la lecture de ce récit.

Le suspense est maintenu jusqu’au dénouement. Cara Hunter essaie de nous induire en erreur durant l’ensemble du récit, de façon à ce qu’on se mette à soupçonner l’ensemble des protagonistes impliqués dans l’incendie. Samantha, la jeune mère, souffrait d’une dépression postpartum lié à sa dernière grossesse ; elle prenait des antidépresseurs en quantité, avait des visions parfois paranormales et n’étouffait pas ses enfants d’amour comme il est courant de le voir chez les parents ordinaires. Le frère aîné des Esmond, quant à lui, semblait ressentir de la jalousie à l’encontre de son jeune frère ; moins d’attention de la part de ses parents et des adultes en général, plus de souplesse pour son jeune frère, à qui l’on passe plus de choses qu’à lui. Enfin, la mystérieuse disparition du père n’arrange pas son cas : pourquoi se cache-t-il ? A-t-il quelque chose à se reprocher ? Si oui, pour quelle raison a-t-il commis cet acte ignoble ? Autant de questions qui turlupinent notre esprit durant l’ensemble de notre lecture – pour notre plus grande joie !


Un thriller à suspense, fluide et bien enchâssé, qui nous tient en haleine jusqu’au dénouement. Attention toutefois, pour une meilleure compréhension, il serait judicieux de lire les deux enquêtes précédentes de l’inspecteur Fawley, à savoir Sous nos yeux et Dans les ténèbres

Ma note : 6,5/10

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ISBN : 978-2-38122-079-6
Traduction : Nathalie Guillaume

Ne la quitte pas du regard


Ne la quitte pas du regard de Claire Allan
365 pages, éditions l’Archipel, à 22€


Résumé :  » Ne crois pas ce qu’il te raconte.  » Cette note anonyme glissée dans son casier instille le doute dans l’esprit d’Eli, une infirmière enceinte de sept mois. Simple plaisanterie de mauvais goût ou véritable avertissement ?
Le message fait-il allusion à son mari, Martin, qu’elle sent de plus en plus distant depuis le début de sa grossesse ? Un deuxième message lui parvient bientôt, plus explicite mais surtout plus inquiétant. Puis les menaces se précisent…
Dans l’ombre, une femme semble l’épier. Une femme qui souhaite plus que tout devenir mère…
Ne la quitte pas du regard alterne plusieurs voix – dont celle d’Eli, la future maman, et celle de Louise, qui suit une femme enceinte qu’elle ne juge pas digne d’élever la fillette qu’elle attend. Un suspense dont la tension va crescendo, jusqu’au dénouement… inattendu !


Extraits« En réalité, ce n’est pas d’une mère dont a besoin un bébé. Une fois mis au monde, tout ce qu’il lui faut, c’est quelqu’un qui subvienne à ses moindres besoins. Quelqu’un qui le nourrisse, qui le change, qui lui tapote délicatement le dos après le biberon pour lui faire faire son rot. Quelqu’un qui lui donne le bain, l’habille, le berce tout doucement pour le faire s’endormir.
D’autres pouvaient très bien s’en charger.
Comme moi.
« 

« Une mère ne peut se contenter de manger, ou de faire ce qui lui fait plaisir, sans prendre en compte le petit être qui croît dans son ventre.
Chaque bébé mérite le meilleur départ dans la vie. »


Mon avisEli est infirmière, enceinte de sept mois, elle vit une grossesse difficile, se questionnant sans cesse sur ses capacités à devenir mère. Une crainte qui s’accentue lorsqu’elle reçoit un premier message anonyme lui stipulant de faire attention à son mari, qui la tromperait dans son dos. Interloquée, déstabilisée, Eli ne sait plus que croire, d’autant que son mari lui affirme le contraire. Mais les messages anonymes continuent inexorablement. Souhaitant prendre un peu de recul sur la situation et se reposer de ses journées éprouvantes, Eli se rend chez sa mère, à une heure et demi de route de chez elle, qui l’accueille les bras ouverts. Eli et sa mère ont toujours entretenues une complicité émouvante, elles forment un duo mère-fille soudé, comme nous le montre les quelques flashbacks d’enfance qui viennent égayer le récit. Malheureusement, depuis le mariage d’Eli et son déménagement auprès de son époux, la mère et la fille entretiennent toujours une complicité, amoindrie depuis ces dernières années, en raison de la distance qui les sépare et de ce mari venu s’immiscer dans ce duo si important.

Le polar donne la parole à trois narrateurs distinctes : Eli, notre protagoniste, mais aussi Angela, la maman d’Eli et enfin une mystérieuse Louise, dont on ne connaît pas l’identité. On comprend néanmoins que cette dernière souffre de troubles psychiques assez avancés suite à des fausses couches à répétition et qu’elle formente de voler le futur bébé d’Eli pour se l’accaparer. On peut aisément penser que c’est celle-là même qui est à l’origine des lettres anonymes. Bien que le but de ses démarches s’éclaircissent progressivement, le flou est total autour de l’origine du plan et surtout de la cible en elle-même : pourquoi avoir choisi Eli et pas une autre femme ?

C’est un thriller psychologique glaçant, qui nous tient en haleine du début jusqu’à la fin. Les indices sont disséminés au fil de notre lecture, libre à nous de les comprendre et de reconstituer une trame plausible. Claire Allan a plus misée sur un récit psychologique plutôt que policier, où l’on pénètre profondément dans l’esprit des différents protagonistes, où on s’amuse à essayer de comprendre leur façon de réfléchir et d’agir. On ressent précisément les doutes qui rongent Eli, l’angoisse et la détresse de son mari Martin face à ces accusations qu’il juge mensongères, la tendresse et la compassion de la mère d’Eli, qui soutient vaille que vaille sa fille dans ces moments difficiles.

Néanmoins, j’ai ressenti comme un sentiment de déjà-lu assez tenace. En tant que grande amatrice de littérature et de polars en particulier, j’ai vu défiler pas mal d’histoires à suspense, dont plusieurs aux scénarios qui se rapprochent assez précisément de celui narré ici. Le récit n’en reste pas moins original et savoureux à découvrir, surtout pour les personnes qui lisent peu ou prou de thrillers psychologiques.


Un thriller psychologique glaçant, qui nous tient en haleine jusqu’à la fin. Malgré un scénario déjà lu, j’ai accroché au récit et ai même été surprise par le dénouement. 

Ma note : 7/10

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ISBN : 978-2-8098-4150-3
Traduction : Nicolas Porret-Blanc

Retrouve-moi si tu peux


Retrouve-moi si tu peux de S. K. Barnett
349 pages, éditions Hauteville suspense, à 19,50€


Résumé : À force de t’attendre, on te croyait morte… Jenny avait six ans lorsqu’elle a été enlevée en pleine rue dans une paisible zone résidentielle. Personne n’a rien vu, rien entendu. Bouleversée par cette disparition, alors que les chances de la retrouver sont infimes, sa famille la croit morte.

Douze ans plus tard, elle revient miraculeusement auprès des siens après avoir échappé à ses ravisseurs. Mais tandis que ses parents et son frère l’accueillent au sein du foyer et que des hordes de journalistes cernent la maison, les questions commencent à s’accumuler. Où a-t-elle vécu pendant toutes ces années ? Pourquoi est-elle de retour maintenant ? Et est-elle vraiment en lieu sûr chez elle ?


Extraits« Cela créait une dichotomie saisissante pour tout parent qui passait devant : que faisait l’innocence placardée sur un poteau téléphonique ? Ces poteaux étaient pour les avis de vide-greniers, les affiches de campagne des politiciens locaux, et les annonces d’hommes à tout faire avec des languettes de numéros de téléphone pendouillant comme des pompons de stripteaseuse. Ils n’étaient pas faits pour une fillette de six ans avec un sourire de nature à ralentir la circulation, qui était un jour allée à pied chez sa meilleure amie.« 

« Il y avait toutes sortes de monstres en liberté dans ce monde, déclarait l’inspectrice, et certains d’entre eux étaient vos proches. »


Mon avis : Jenny, six ans, disparaît mystérieusement. Malgré les recherches effrénées de ses parents, des forces de l’ordre, ainsi que l’implication assidue de l’ensemble des locaux, la petite n’a jamais été retrouvée. Mais douze ans plus tard, alors que plus personne n’y croyait, Jenny réapparaît miraculeusement. Ses parents, fous de joie, l’accueillent à bras ouverts dans son ancien foyer et tentent de lui remémorer l’ensemble de ses souvenirs d’enfance. Tandis que son frère se montre plus perplexe, allant même jusqu’à douter de la véritable identité de Jenny. De nombreuses questions se bousculent à nos lèvres : mais où était-elle pendant tout ce temps ? Que s’est-il passé douze ans plus tôt ? Pourquoi revient-elle maintenant ?

S. K. Barnett nous livre un thriller intéressant, qui tire presque plus vers le récit psychologique que vers le roman policier.En effet, l’auteure joue avec nos nerfs, en distillant habilement des doses de suspense difficiles à tenir. Le personnage de Jenny est particulièrement mystérieux : le doute plane autour de sa véritable identité, des raisons qui l’ont poussées à rentrer douze ans après sa disparition, mais aussi face à son attitude, quelle que peu étonnante.

Les rebondissements s’enchaînent avec un bon rythme, l’auteure arrive à nous surprendre jusqu’aux toutes dernières pages, l’apothéose finale, qui clôt en beauté et en majesté le roman. C’est totalement inattendu, tout ce que l’on peut attendre d’un bon thriller ! Je ne vais pas m’éterniser beaucoup sur l’histoire, par crainte de vous dévoiler des éléments primordiaux, qui viendraient gâcher l’effet de surprise du récit. Sachez tout de même qu’il y sera question de manipulations, de mensonges, de secrets inavoués, de traumatismes multiples, de blessures passées… autant d’éléments qui en font une histoire addictive et intéressante !

Néanmoins, en lisant ce roman, j’ai eu comme une impression de déjà vu. Je pense que c’est une idée d’intrigue qui a déjà dû germer dans l’esprit d’un autre écrivain que j’ai déjà dû lire, sans pour autant que je puisse retrouver son nom et son livre. Ça reste tout de même une très bonne idée de récit qui fonctionne et qui fait son effet : frissons et questionnements garantis.


Douze ans après sa disparition, la petite Jenny réapparaît miraculeusement. Un thriller psychologique intéressant, rythmé et efficace, où les mensonges sont légions.

Ma note : 7/10

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ISBN : 978-2-38122-020-8
Traduction : Nathalie Guillaume