Le chalet


Le chalet de Catherine Cooper
317 pages, éditions l’Archipel, à 22€


Résumé : 1998. Deux frères, Will et Adam, emmènent leurs petites amies respectives dans une station de ski huppée des Alpes françaises. Un jour, les deux frères partent faire du hors-piste. Mais, au retour, l’un d’eux manque à l’appel…
2020. Deux couples ont loué dans cette même station un chalet de luxe. Quatre personnes liées, d’une façon ou d’une autre, à l’homme disparu une vingtaine d’années plus tôt. Quatre personnes qui toutes cachent des secrets.
Et, dans l’ombre, quelqu’un connaît la vérité sur ce drame du passé. Quelqu’un qui attend son heure pour frapper.
Dans ces montagnes glaciales, l’expression  » cold case  » n’a jamais aussi bien porté son nom…


Extraits : « Je déteste les personnes arrogantes dans leur genre, qui viennent ici une fois par an pour les vacances et se la ramènent avec leurs skis Salomon ou K2 flamant neufs. Ce qu’ils sont pénibles, à se croire incollables sur tout. Alors qu’ils ne savent rien… Absolument rien ! »

« Tu te prends pour un champion parce que tu es parti en classes de neige avec tes écoles pour gosses de riches, et maintenant tu as un boulot grassement payé à la City ou je ne sais où qui rapporte suffisamment pour que tu puisses te payer un ou deux séjours par an à la montagne. Eh bien, je vais te dire un truc : tu as tout faux. C’est pour ça que tu dois payer quelqu’un comme moi, un vrai pro, pour t’accompagner sur un secteur hors-piste. Tu as beau avoir un équipement qui en jette, essayer d’employer le bon jargon, tu ne sais rien de la montagne. Rien. »


Mon avis : J’ai été très agréablement surprise par Le Chalet. C’est un polar addictif qui se déroule en plein hiver, dans un chalet huppé d’une station de ski. En décembre 1998, deux frères partent skier avec leurs compagnes. Alors qu’ils font une session de hors-piste encadrée par un guide de haute montagne, la visibilité est épouvantable et provoque la chute de l’un deux. Le guide s’aperçoit de leur absence trop tardivement et prévient les secours avec un temps de retard considérable. Seul l’un des deux frères est retrouvé, en état critique.

Vingt-deux ans après, en 2020, deux couples aisés louent un luxueux chalet dans cette même station de ski, dans le but de conclure des affaires ensemble durant ces vacances hivernales. Mais au cours de leur séjour, on découvre le corps d’un homme en pleine montagne : il s’agirait du deuxième frère porté disparu des années auparavant. L’aîné est appelé en urgence à la station pour reconnaître définitivement le corps. Un événement qui va créer discorde et mystère au sein des couples du chalet.

L’alternance des temporalités donne une dynamique appréciable au récit. On cherche à comprendre quel est le lien qui unie ces deux histoires et l’ensemble de ses personnages : à part le lieu commun où elles se déroulent, aucun indice ne filtre. Il faudra attendre les dernières pages du livre pour que tout fasse sens.

J’ai aimé suivre cette histoire, bien qu’il est vrai que certaines scènes manquent clairement de réalisme. Retrouver un corps disparu dans la neige seulement vingt-deux ans après, c’est très peu probable. Proposer d’héberger le frère du défunt dans un luxueux chalet où résident déjà deux couples aisés, c’est inimaginable. Malgré tout, j’ai apprécié l’atmosphère générale du livre, j’ai ressenti pleinement la tension narrative qui montait crescendo et j’ai pris plaisir à démêler l’histoire avant le dénouement final (et c’est un échec cuisant).

En revanche, je ne me suis pas du tout attaché aux personnages. Aucun ne m’a véritablement plût, tant ils étaient arrogants, peu respectueux et imbus d’eux-mêmes. Il suffit de détenir de l’argent et un certain pouvoir pour se croire tout permis, à l’image même de Cameron, le propriétaire des chalets de luxe, dont les manières m’ont particulièrement agacées.


Un polar à l’ambiance de huis-clos, suffocant, énigmatique, mais particulièrement addictif. 

Ma note : 7,5/10

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ISBN : 978-2-8098-4190-9
Traduction : Penny Lewis

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Délivre-nous du mal


Délivre-nous du mal de Chrystel Duchamp
297 pages, éditions L’Archipel, à 19€


Résumé : Février 2018. Anaïs sollicite l’aide de son ami Thomas Missot, commandant à la PJ de Lyon. Pour elle, pas de doute, sa sœur Esther a été enlevée. Pourquoi aurait-elle, sinon, laissé derrière elle ses clés de voiture, ses papiers et son téléphone portable ?
Les mois passent et, tandis que l’enquête s’enlise, d’autres jeunes femmes se volatilisent. Jusqu’à ce qu’un corps soit retrouvé pendu dans une usine désaffectée, le crâne rasé, la langue sectionnée. Puis un deuxième…
Thomas sait désormais qu’un tueur en série sévit dans la région. Mais il ignore encore que ces cadavres ne sont que la partie immergée du plan machiavélique d’un individu avide de vengeance…


Extraits : « Non. On ne connaît jamais les gens qui nous entourent. Aussi proches soient-ils. Ils peuvent avoir des réactions surprenantes ou prendre des décisions déconcertantes. »

« La culpabilisation des victimes de viol était une réalité. Ces femmes à qui l’on reproche leurs jupes trop courtes, leurs talons trop hauts, leur poitrine trop généreuse, leurs hanches girondes… Des excuses étaient régulièrement brandies pour excuser un viol et, dans cette démarche de décrédibilisation fumeuse, nombreux étaient les complices : proches suspicieux, flics pourris, système juridique bancal… »


Mon avis : Chrystel Duchamp est une auteure de polars machiavéliques, que j’ai notamment eu la chance de rencontrer en mai dernier, lors d’un prix littéraire organisé à Marseille. Après L’art du meurtre et Le sang des Belasko, qui ont été deux coups de cœur, je me suis lancé les yeux fermés dans Délivre-nous du mal, son dernier roman, paru en début d’année 2022.

Une jeune femme disparaît subitement, sans aucune affaire personnelle, en laissant seulement un mot indiquant qu’elle ne souhaite pas être retrouvée. Rien n’est plus inquiétant pour sa sœur, Anaïs, qui interpelle son ami Thomas, commandant à la PJ de Lyon, pour mener l’enquête. Le temps passe, l’enquête piétine, d’autres femmes disparaissent de la même manière. Jusqu’au jour où un premier corps est retrouvé pendu dans une usine désaffectée, la langue sectionnée… puis un deuxième, quelque temps plus tard. Le compte à rebours est lancé avant que d’autres corps ne soient découverts.

Sans surprise, la tension est à son paroxysme. Ajoutez à cela des chapitres assez courts, qui donnent une rythmique saccadée, qui nous empêche littéralement de lâcher le livre : les fins de chapitres sont écrites de manière à ce que l’on ait envie d’en savoir toujours davantage.

L’enquête est bien ficelée, assez originale, elle mêle intrigue classique de roman policier et thématiques sociétales actuelles. On y parle de divorce, d’anorexie, de féminisme, de violences conjugales, de viol… Autant de sujets dits de « faits divers », qui sont minutieusement intégrés à l’intrigue, sans pour autant enlever les émotions inhérentes à un polar : la peur, l’angoisse, le mystère, la surprise… Le cocktail est détonnant, mais il fonctionne !

Bien que cette lecture fût agréable, ce n’est pas un coup de cœur comme les deux polars précédents de l’auteure. Peut-être avais-je trop d’attentes vis-à-vis de Chrystel Duchamp ? J’ai trouvé ses deux premiers romans plus originaux, avec deux histoires particulières qui restaient dans la mémoire pendant un certain moment après la fin de notre lecture. Ici, l’intrigue est un peu plus classique. Délivre-nous du mal n’en reste pas moins très bien, le talent de l’auteure est sans conteste, vous pouvez le lire les yeux fermés.


Un très bon polar, angoissant, haletant, à l’intrigue complexe mais parfaitement maîtrisée, que je place quand même en-dessous des précédents livres de l’auteure. 

Ma note : 7,5/10

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ISBN : 978-2-8098-4348-4

Le flambeur de la Caspienne


Le flambeur de la Caspienne de Jean-Christophe Rufin
321 pages, éditions Flammarion, à 19,50€


Résumé : Habitué aux destinations calamiteuses, Aurel, le petit Consul, est pour une fois affecté dans un lieu enchanteur : Bakou, capitale de l’Azerbaïdjan, est une ville pleine de charme au climat doux, au luxe élégant. Mais la tranquillité d’Aurel sera de courte durée… Le chef de poste de l’ambassade semble décidé à se débarrasser de lui. Quel secret peut bien cacher cet homme brutal et autoritaire ? Y aurait-il un lien avec la mort de son épouse, récemment victime d’un tragique et mystérieux accident, et dont le spectre plane au-dessus de l’ambassade ? Il n’en faut pas plus pour qu’Aurel se lance dans une enquête plus folle que jamais. Ce qui ne sont au départ que de fragiles intuitions prendront, entre mafias locales et grands contrats internationaux, l’ampleur d’une affaire d’État.


Extraits : « Aurel avait conscience depuis toujours que la téléphonie mobile est un redoutable moyen de contrôle. Dans sa stratégie visant à se soustraire au travail, il était indispensable de ne pas tomber dans ce piège. »

« Il faut se méfier des gens qui n’ont rien à perdre, monsieur l’Ambassadeur. Ils sont capables de tout. »


Mon avis : Les énigmes d’Aurel le Consul est une série d’enquêtes écrites par Jean-Christophe Rufin, qui met en scène un consul étonnant, qui semble faire une tournée des ambassades. Les différents tomes peuvent se lire séparément, comme je l’ai fait, mais il est fortement conseillé de commencer par le première pour mieux cerner le héros et s’y attacher plus rapidement. Dans ce troisième tome, Aurel est envoyé à Bakou, la capitale de l’Azerbaïdjan, un pays encastré entre la Russie, l’Iran, la Turquie, l’Arménie et la Géorgie. C’est un pays méconnu par les européens, souvent décrié, dans lequel Aurel est catapulté contre son gré, pour y remplir un rôle qu’il ne souhaite pas. Le seul avantage : Bakou se situe au bord de la mer Caspienne, un cadre idyllique qui favorise la rêverie et l’évasion.

Là-bas, il est abominablement accueilli par l’ambassadeur français, monsieur de Carteyron, qui lui témoigne hostilité et dédain. En bref, il a eu vent des antécédents d’Aurel et ne souhaite pas collaborer avec lui. Une attitude que notre héros met d’abord sur le compte du deuil, puisque l’ambassadeur vient de perdre sa femme dans un accident sordide, mais son comportement méprisant et sa méchanceté évidente à son encontre éveille immédiatement la curiosité de notre détective préféré : l’ambassadeur cache quelque chose qu’il ne souhaite pas voir mettre à nu. Aurel va mener son enquête auprès du personnel de l’ambassade, avec pour complice toute désignée : Amélie Laugier, qui détient un poste haut placé et était très proche de feu madame de Carteyron.

Aurel est un protagoniste haut en couleurs, totalement décalé et improbable, il peut se montrer comme un parfait idiot, mais il cache, en réalité, de véritables capacités d’analyse, de synthèse et de raisonnement. Même s’il se montre solitaire, peu sociable et particulièrement maladroit en société, il dégage un bon fond, beaucoup de gentillesse et d’empathie. J’ai quand même eu beaucoup de mal à le cerner et à m’attacher à lui, tant sa personnalité est complexe. Peut-être qu’en commençant par le premier tome, j’aurais plus apprécié le Aurel du troisième…

Quant à l’enquête, rien de très original, pas de suspense particulier, ni de tension narrative. Tout réside dans la tonalité du récit, à la limite de l’ubuesque, avec un personnage énigmatique, un peu marginal, qui évolue dans un pays à l’histoire chargée. Là-dessus, Jean-Christophe Rufin a réussi son pari : il nous embarque dans un pays reculé, où la tension des guerres passées est encore bien présente. L’ascendance soviétique y est encore marquée, via la mafia russe et ses filatures, ses mises sur écoute et tout le pan renseignement et surveillance qui va avec ; tout comme la censure et la prison pour les journalistes un peu trop fouineurs. Les méchants semblent redoutables à côté de notre petit consul, qui me renvoie l’image d’une chèvre égarée et inoffensive, qui se retrouve là par hasard, sans comprendre ce qui lui arrive. Le contraste est saisissant et prête particulièrement à rire.


Une histoire drôle et décalée, agréable à découvrir, avec un héros peu commun, mais qui ne laisse pas un souvenir impérissable. L’enquête était trop banale, pas assez marquée, vite oubliée.

Ma note : 6/10

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ISBN : 978-2-0814-2847-8

Coule la Seine


Coule la Seine de Fred Vargas
123 pages, éditions J’ai Lu


Résumé : « Ton collègue blond est assez emmerdant mais je l’aime bien, et puis il est généreux. Il se pose des questions sans fond, il s’inquiète et ça fait le bruit des vagues. Toi en revanche, tu fais le bruit du vent. Ça se voit à ta manière de marcher, tu suis ton souffle. Ton ami blond voit une flaque. Il s’arrête, examine la chose et il la contourne, il prépare bien son affaire.
Toi, tu ne vois même pas cette flaque mais tu passes à côté sans le savoir, au flair. Tu piges ? T’es comme un magicien… »
Il a raison ce clochard, le commissaire Adamsberg est un véritable magicien. Trois nouvelles pour le prouver, trois enquêtes du commissaire, à Paris, là où coule la Seine.


Extraits : « Aussi, si les gens ne faisaient pas toute une histoire de Noël, il y aurait moins de tragédies. Ils sont déçus, les gens, forcément. Et ça fait des drames. »

« Impossible d’aller se réfugier dans le métro, il aurait fallu abandonner le chariot en surface. C’est comme ça, quand on a un animal, cela demande des sacrifices. »


Mon avis : Deuxième essai avec un Fred Vargas. Le premier polar que j’avais découvert de l’auteure, Un peu plus loin sur la droite, m’avait plût, sans pour autant être exceptionnel et inoubliable. Je ressens exactement la même chose en refermant Coule la Seine, avec en plus, un sentiment de trop peu et d’inabouti.

Le livre se découpe en trois nouvelles, dont les principaux protagonistes restent identiques. Il s’agit de l’inspecteur Adamsberg, un commissaire chevronné et son second, le lieutenant de police Danglard. A deux, ils vont tenter d’élucider trois enquêtes bien étranges. La première se trouve face au commissariat : un homme a élu domicile sur un banc et il se contente de venir s’asseoir quotidiennement avec son lampadaire et son porte-manteau en regardant les portes du commissariat. Une attitude intrigante, qui doit forcément cacher quelques sombres secrets.

La deuxième nouvelle se passe le jour de Noël. Adamsberg et Danglard sont de permanence et attendent avec impatience le crime de ce jour de fête. Car Adamsberg en est persuadé : « si les gens ne faisaient pas toute une histoire de Noël, il y aurait moins de tragédies. Ils sont déçus, les gens, forcément. Et ça fait des drames. »

Enfin, la dernière nouvelle met en scène un sans-abri, vendeur d’éponges, témoin d’une grave agression. Le commissaire Adamsberg devra user de stratagèmes pour faire desserrer les mâchoires à cet homme, qui n’a plus rien à attendre de la vie.

De prime abord, les trois nouvelles sont plutôt noires, avec des personnages désespérés, rebuts de la société, qui n’ont plus rien à perdre, sinon leur vie. D’abord totalement transparent, ils se retrouvent parachutés sur le devant de la scène et deviennent des personnages essentiels pour élucider ces affaires. On les considère, on les écoute, ils ne sont plus que simples spectateurs, mais bien acteurs de leur destinée.

J’ai apprécié l’ambiance générale des nouvelles, leur originalité, mais aussi le caractère et la bonhomie des deux enquêteurs. Malgré la gravité de certains crimes, ils restent maîtres de leurs émotions, rationnels, patients et font preuve de beaucoup d’humour, notamment via leurs interactions avec les témoins des affaires. J’ai également apprécié les illustrations en noir et blanc qui égrènent l’ouvrage. Certes, elles sont d’un autre temps, mais elles viennent donner un peu plus de vie et de réalisme aux nouvelles.

Les seules ombres au tableau – et pas des moindres –, c’est l’écriture passée et vieillissante des nouvelles et le caractère trop peu développé de ces dernières. On prend du plaisir à les découvrir, mais une fois terminées, elles s’effacent instantanément de notre mémoire. Ce qui conduit parfois à des frustrations de ne pas avoir découvert assez de tels personnages, ou de ne pas avoir compris les raisons de tels actes.


Trois nouvelles policières sympathiques à découvrir, mais trop peu développées et donc vite oubliées. Certainement pas le meilleur livre de Fred Vargas, mais ça reste agréable à lire.

Ma note : 6/10

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ISBN : 2-290-33797-8

Le scoop


Le scoop de Michelle Frances
377 pages, éditions l’Archipel, à 22€


Résumé : Quand une jeune journaliste lanceuse d’alerte s’apprête à sortir un scoop, elle dérange… Au point qu’on l’élimine. Décidée à faire la lumière sur sa mort, Kate, sa mère, s’expose à son tour au danger. Encore faut-il savoir d’où il vient… Le nouveau suspense psychologique de Michelle Frances, autrice de La Petite Amie et de La Remplaçante.
Une mort suspecte. Un secret.
Une mère déterminée à trouver des réponses à ses questions.
Kate a élevé seule sa fille Beth, son unique amour, sa fierté. D’autant que celle-ci vole depuis peu de ses propres ailes. Devenue journaliste d’investigation, elle s’apprête même à sortir prochainement le scoop qui lancera sa carrière !
Mais Beth meurt subitement. D’abord anéantie, Kate cherche à comprendre les circonstances de l’accident. Peu à peu, elle en arrive à douter. Beth a-t-elle été éliminée ? Son enquête dérangeait-elle à ce point qu’on ait voulu la faire taire ?


Extrait : « La moitié d’entre nous a dû passer devant au moins un sans-abri pour venir ici, sans lui accorder un seul regard, pensa-t-elle. Il était tellement facile d’ignorer les malheureux quand on n’était pas directement concerné. Tellement facile d’oublier et de poursuivre son chemin. »


Mon avis : Beth est une jeune journaliste en devenir, actuellement stagiaire dans un quotidien national anglais, mais bien décidée à devenir reporter. Une place qu’elle convoite avec Piers, également journaliste. Pour se démarquer de son concurrent, Beth va tenter de mener une enquête dangereuse, qui sera un scandale national : dénoncer l’usage abusif de produits phytosanitaires et leurs dangers sur l’humain. Mais avant qu’elle ne puisse arriver à la conclusion de son enquête, Beth trouve la mort dans un accident à vélo. Sa mère, Kate, souhaite poursuivre les investigations, comme une forme d’hommage à sa fille décédée et un besoin d’aider les familles touchées par le malheur.

Kate est une femme pleine de courage et d’humanité. Délaissée par ses parents alors qu’elle était encore très jeune, obligée d’élever Beth seule, elle a toujours fait passer le bonheur de sa vie avant le sien. Elle s’est battue chaque jour de sa vie pour lui offrir le meilleur, travaillant jusqu’à l’épuisement, même sans diplôme et formation. La perte de sa fille unique est une tragédie inconcevable. Elle cherche d’abord à comprendre les conséquences de sa mort, avant d’accepter l’inacceptable et de tenter d’améliorer les choses, seule consolation à sa perte. Se mettre au service des autres devient son exutoire, son seul but, sa vengeance sur la vie. Elle veut aider les familles victimes de sévices et faire éclater au grand jour la vérité, comme l’aurait voulue sa fille. Rendre justice aux opprimés, c’est l’une des raisons principales qui a poussée Beth à devenir journaliste. Finis les faux-semblants, la malhonnêteté et l’injustice, Kate veut se battre pour la vérité. Un bel hommage rendu à sa fille décédée.

Hélas, le sujet est sensible et extrêmement polémique. Il a été rendu publique via l’affaire Monsanto, une entreprise américaine spécialisée dans la chimie et la biotechnologie pour le secteur agricole, accusée d’avoir rémunérée de faux scientifiques pour discréditer les lanceurs d’alerte et garder une image positive des produits vendus. Dans Le scoop, Michelle Frances met en avant une entreprise fictive similaire, qui se cache derrière de fausses expériences scientifiques pour réconforter la population sur les effets des produits qu’elle vend. Mais bizarrement, dans un petit village d’Angleterre, Beth découvre qu’énormément de familles sont victimes de cancer, leucémie ou autres maladies graves. Leur seul point commun : elles vivent à la campagne et sont donc en contact permanent avec les terres agricoles et les produits phytosanitaires qui y sont déversés quotidiennement.

Tenter de percer à jour les magouilles de ces multi-millionnaires est une entreprise risquée. Kate va l’apprendre à ses dépens lorsqu’elle recevra ses premières menaces anonymes – des courriers qui l’incitent à arrêter ses recherches ou elle devra en payer de sa vie. Ses messages d’horreur la font alors réfléchir sur les conditions de décès de sa fille : et si Beth ne s’était pas fait renverser accidentellement ? Les personnes qui se cachent derrière ces sociétés placées dans des paradis fiscales, seraient-elles prêtes à tout pour préserver leurs intérêts ? La tension est palpable et s’accentue au fur et à mesure de la lecture, ce qui donne un récit rythmé, qui nous tient suffisamment en haleine jusqu’au bout.


Un thriller prenant, qui dénonce les miasmes de certaines multinationales, prêtes à tout pour leurs profits. Bien qu’étant un récit assez noir, l’humanité prime sur la cruauté et contribue à la réflexion.

Ma note : 7/10

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ISBN : 978-2-8098-4191-6
Traduction : Maryline Beury