Littérature française·Roman policier et polar

Les enlisés


Les enlisés de André Lay

200 pages, éditions French Pulp, à 9,50€


Résumé : Quand l’amour est un poison, au sens propre comme au figuré !

Regagner l’amour de sa femme ? Rien de plus facile : il suffit de l’empoisonner. Et ensuite, de s’occuper tendrement de sa convalescence, en bon mari aimant. Mais à trop vouloir s’attacher à sa compagne, Claude n’avait pas prévu qu’il susciterait chez elle des sentiments fanatiques… qui se révéleront bien plus tragiques qu’un divorce !


Extrait  « – Je suis complètement déboussolée, je n’ose plus rien avaler, je crains même le tabac !
– T’en passer ne peut que te faire du bien.
– Évidemment, mais c’est un signe.
– Tiens donc, lequel ?
– Un signe de vieillissement.
– Un signe de sagesse plutôt.
– C’est ce que je disais. On commence à renoncer au tabac, aux boissons alcoolisées pour se ménager, puis un jour, sans même s’en rendre compte, on fait du ski pour la dernière fois, on cesse de monter en haut du plongeoir de la piscine, les mois passent et il arrive un moment où l’on s’aperçoit qu’on a abandonné bien des choses, bien des gens, ou…
– Ou ?
– Qu’ils ne nous intéressent plus. »


Mon avis : André Lay est un auteur qui a fait ses preuves dans les années 1960, en publiant pas moins de 140 polars jusque dans les années 1980. Autant dire que le monsieur en a sous le pied !

Les enlisés, c’est l’histoire d’un homme très riche, persuadé que sa femme, sa cadette, le trompe avec un autre homme, plus jeune que lui. Éperdument amoureux de sa femme, il va tout faire pour éloigner son amant Richard d’elle. Et pour ça, Claude est prêt à tout.

C’est un polar très intéressant et particulièrement original. Ce sentiment est sans doute dû au fait que ce livre a été écrit et publié en 1973 et que la mentalité et la façon d’écrire diffèrent largement de ce qu’il se fait aujourd’hui. L’écriture de André Lay est mature, affirmée, sans fausse note.

L’intrigue est bien ficelée : entre amour, jalousie, désir et passion, les sentiments se mélangent. Nous n’arrivons pas vraiment à démêler tout ça. D’autant que l’auteur joue avec la psychologie de ses personnages et par extension avec celle de ses lecteurs. Claude, persuadé que Maud, sa compagne, le trompe, fonde ses certitudes sur des socles vacillants. Il devient comme obsédé par les déplacements de sa femme, par ses agissements et ses rencontres, au point où cela en devient maladif. L’atmosphère devient pesante, les agissements de Claude devenant de plus en plus incertains, cela entrave le calme du récit, et devient stressant pour nous.

Ce polar nous questionne : jusqu’où sommes-nous prêts à aller par amour ? Que peut-on endurer par amour ? Pendant combien de temps ? A vous d’y réfléchir et d’y répondre !


Un polar intéressant, qui se lit facilement en une ou deux petites heures. Même si l’histoire n’est pas extraordinaire, vous passerez un agréable moment de lecture. 

Ma note : 6/10

Roman policier et polar

The november criminals


The november criminals de Sam Munson

285 pages, éditions Hachette romans, à 18€


Résumé : Addison Snatch est fan de latin, un peu amoureux de sa meilleure amie, pas franchement populaire, et… dealer officiel de son lycée.
Quand un de ses camarades de classe se fait tuer, Addison décide de mener l’enquête et s’engage dans un véritable parcours initiatique.


Extraits :  « Elle avait commandé le Tip-Top Deluxe, un hamburger d’obèse avec un oeuf au plat gluant par-dessus. Elle est de ces petites personnes compactes qui peuvent manger trois à quatre fois l’équivalent de leur masse corporelle, comme si elles étaient enceintes, sans prendre de poids. Je suppose qu’une force invisible en elle nécessite toute cette énergie et l’aide à métaboliser à une vitesse surhumaine. J’aime penser que c’est pour ça qu’en toute saison elle sent un peu le feu de bois, la combustion.« 

« La monotonie est terrifiante. C’est en grande partie parce qu’elle est si monotone que la mort terrifie autant. C’est morbide, mais que voulez-vous ?« 


Mon avis : Je pense que The november criminals est l’un des livres les plus bizarres que j’aie pu lire de ma vie. Bizarre dans le sens où je n’ai pas réussi à cerner ce livre, les personnages, l’histoire. Nous suivons Addison, un jeune garçon dealer de drogue, qui va se démener pour comprendre les causes du meurtre de Kevin, un élève qui fréquentait le même lycée que lui. Mais l’enquête policière que je pensais trouver s’est avérée différente de tout ce que je connaissais jusqu’à présent. C’était une enquête assez étrange, qui en était une, sans vraiment en être une. C’était tellement bizarre que je ne trouve même pas les mots pour l’expliquer. Je ne pourrais pas vous en dire plus sur l’histoire, puisque je ne l’ai moi-même pas comprise.

En gros,je n’ai pas compris l’histoire, je n’ai pas compris l’attitude et la personnalité du protagoniste, je n’ai pas compris le but du livre. J’ai tenté de lire un maximum de pages, espérant que tout s’éclaircirait à un moment ou à un autre, mais non. Je suis restée constamment dans le brouillard, en tentant vainement de m’insérer dans le récit et d’en comprendre le sens.

De surcroît, le protagoniste m’a littéralement agacé. C’est un jeune dealer, à la psychologie embrouillée et difficile d’accès. Ses agissements étaient souvent inconsidérés, ses paroles agaçantes et son attitude générale totalement antipathique. Si je l’avais eu en face de moi, je pense que je l’aurais giflé. C’est le genre de personne et de comportement que j’exècre.

Je ne sais pas s’il est nécessaire que j’écrive une chronique plus longue que cela, surtout si c’est pour dire ceci : ce livre est nul, il n’apporte rien, il ne délivre aucun message, il n’a aucune profondeur et ferait pioncer le plus courageux des hommes. Passez votre chemin (ceci est un ordre).

Ma note : 1/10

 

Littérature française·Roman policier et polar

Les morsures de l’ombre


Les morsures de l’ombre de Karine Giebel

299 pages, éditions Pocket


Résumé : Une femme. Rousse, plutôt charmante. Oui, il se souvient. Un peu… Il l’a suivie chez elle… Ils ont partagé un verre, il l’a prise dans ses bras… Ensuite, c’est le trou noir. Quand il se réveille dans cette cave, derrière ces barreaux, il comprend que sa vie vient de basculer dans l’horreur. Une femme le retient prisonnier. L’observe, le provoque, lui fait mal. Rituel barbare, vengeance, dessein meurtrier, pure folie ? Une seule certitude : un compte à rebours terrifiant s’est déclenché. Combien de temps résistera-t-il aux morsures de l’ombre ?


Extraits :  « On agit mieux lorsque l’on comprend. On lutte plus facilement contre un adversaire dont on cerne la psychologie.« 

« Et ensuite… Où vont tous ces souvenirs ? Ils s’évaporent dans le néant, disparaissent en fumée, se décomposent à l’intérieur du cadavre pourrissant qui les avait minutieusement engrangés. Pour rien.« 


Mon avis : Pour commencer ma découverte de cette auteure française de romans policiers, j’ai ciblé une valeur sûre : Les morsures de l’ombre, prix SNCF du Polar 2009 et roman plébiscité par bon nombre de critiques français.

Je me suis donc jeté à corps perdu dans ce roman, comme ce pauvre Benoît, commissaire de police, s’est jeté tête la première dans la gueule du loup. Il se réveille enfermé dans une cave sombre, sans aucun souvenir des événements de la veille, avec pour seule compagnie : une jeune femme en talons hauts et au discours délirant. Elle va le torturer durant de longs jours et de longues nuits, en tentant de lui faire avouer un crime, qu’il jure ne pas avoir commis.

Que de mystères durant tout le récit. Les rouages de notre cerveau fonctionnent à plein régime pour tenter de percer les secrets de l’intrigue. Vous êtes obligés de ressentir une tension ambiante durant tout le roman. Ce genre de tension qui vous laisse hors d’haleine, manquant d’air, comme en apnée, tant la pression de l’intrigue est forte. Car Benoît souffre, chaque jour un peu plus. Assoiffé, affamé, roué de coups, drogué, électrocuté, frigorifié… chaque minute est une victoire sur la mort. On sent la mort arriver, de plus en plus proche, sans jamais savoir ce que le lendemain lui réserve. Car la mystérieuse Lydia veut le voir souffrir longuement et lentement, le tuant à petit feu. Ce qui ajoute à la tension déjà grande, c’est l’enquête de police menée en parallèle. Nous voyons les collègues de Benoît tout mettre en oeuvre pour tenter de le retrouver. Mais l’enquête piétine et part dans tous les sens, si bien que nos espoirs qu’ils retrouvent Benoît à temps, s’amenuisent.

Ce que j’adore faire, dans les romans policiers, c’est tenter de deviner le dénouement final. Je me plais donc à inventer la fin, à deviner le coupable idéal, si improbable soit-il. Mais ce que j’adore encore plus, c’est quand les auteurs arrivent à me berner et à déjouer mon enquête personnelle. Ce fût le cas avec Les morsures de l’ombre. J’ai imaginé presque l’intégralité des personnages comme étant coupables… sans me douter un seul instant du véritable coupable. Je peux donc dire que c’est un roman policier réussi, puisque l’auteure à achever son récit d’un coup de maître, déjouant toutes les insinuations des lecteurs et les surprenant avec une révélation finale totalement ahurissante. Je n’oublierai pas ce récit de si tôt, c’est certain !


Un polar réussi, avec un suspense intense et un dénouement surprenant. Surpassez vos peurs, et plongez tête la première au coeur de ce récit noir. 

Ma note : 8/10
Roman policier et polar·Thriller

Dis-moi que tu mens


Dis-moi que tu mens de Sabine Durrant

407 pages, éditions Préludes, à 16,90€


Résumé : Tout commence par un mensonge. De ceux qu’on fait tous pour impressionner une vieille connaissance. L’histoire de votre vie, légèrement embellie, face à cet avocat brillant, époux et père comblé, que vous avez croisé par hasard.Puis, sans savoir comment, vous vous retrouvez à dîner chez lui, à accepter une invitation en vacances, propulsé dans une vie de rêves ? celle à laquelle vous avez toujours aspiré. Jusqu’à ce que cette vie ne semble plus si idyllique?Mais vous êtes déjà pris au piège, transpirant sous l’impitoyable soleil de Grèce, brûlant d’échapper à la tension ambiante. Alors vous comprenez que, si douloureuse la vérité soit-elle, ce sont vos mensonges qui ont causé le plus de tort? Et, à ce moment-là, il est déjà trop tard. L’auteur de Ce que tu veux revient avec un nouveau thriller remarquable, un huis clos où le héros court sans le savoir vers son destin? et son inéluctable chute. Dis-moi que tu mens ménage avec maestria une tension constante. L’auteur signe aussi là une satire incisive : elle cerne ce monde bourgeois dysfonctionnel avec une finesse désopilante.


Extrait :  « La vérité est une chose bien étrange, Paul. Toute vérité est subjective.« 


Mon avis : Paul Morris est un homme qui ne vit que sur des mensonges. Sa vie entière n’est qu’un mensonge : il n’a pas de travail, mais s’invente des contrats d’écrivains à la solde exorbitante ; il n’a pas de véritable habitat, puisqu’il vit dans un appartement qu’on lui prête contre des petits services, mais se vante que l’appartement lui appartient, etc. Quand on construit sa vie sur des mensonges, il est dur de s’en dépêtrer. Paul va croiser par hasard Andrew, un ancien ami de faculté, et Tina, une jolie jeune femme dont il va faire la connaissance. Ils vont rapidement se rapprocher, tant et si bien qu’ils finiront par sortir ensemble, et que Tina l’invitera à partir avec elle, ses enfants et la famille d’Andrew en vacances en Grèce, dans la maison familiale. Mais les vacances, rêvées idyllique et reposantes, vont rapidement virer au cauchemar.

L’auteure a réussie à me tenir en haleine de la première à la dernière page. A chaque fin de chapitre, j’étais désireuse d’en apprendre davantage, et donc de débuter la lecture d’un nouveau chapitre. Il faut dire qu’elle distille quelques indices de lecture à droite et à gauche, censés aider à mieux comprendre l’intrigue, mais sans jamais révéler en intégralité ce qu’il s’est passé. D’où le désir grandissant d’en savoir toujours plus et d’enfin comprendre tout ce qui jusqu’alors nous échappe.

Mais méfiez-vous, ce livre est un thriller psychologique. C’est-à-dire que les actions n’y seront pas très nombreuses. Ne vous attendez pas à des événements à tout va, il n’y en aura pas. En revanche, vous y retrouverez de longues descriptions, quelques analyses de personnalités, des pauses sur des menus détails… on aime ou on aime pas. Pour ma part, j’ai trouvé le temps long parfois ; j’avais cette impression que l’histoire n’avançait pas, ou trop doucement à mon goût. Ayant prêté ce livre à ma mère pour qu’elle puisse le découvrir, elle a également trouvé certains passages trop longs, et a abandonnée sa lecture en partie à cause de cela. Rassurez-vous, il y a quand même une intrigue principale, avec du suspens, une disparition inquiétante, et la recherche d’un coupable.

Tous les personnages semblent suspects et paraissent coupables. Leurs étranges comportements, les paroles qu’ils profèrent… on cherche à nous duper !  Alors au moment du dénouement, je ne vous cache pas ma surprise. Je m’attendais à tout, sauf à ça. Je vous laisse le plaisir de lire l’entièreté du livre et de vous faire surprendre vous aussi par cette fin inattendue. Seul indice que je pourrais vous donner : tel est pris qui croyait prendre ! Ouvrez grands vos yeux, et ne vous laissez pas berner.

Derrière toutes ces belles paroles – narratives et fictives -, cette jolie histoire nous enseigne quand même que le mensonge n’apporte jamais rien de bon. Enjoliver sa vie à travers de fausses paroles ne vous rendra pas plus sympathique ni plus aimé, et détruira en partie votre vraie vie.


Un thriller psychologique prenant et addictif, qui aurait quand même mérité plus de peps. Entre vérités, non-dits et faux-semblants, saurez-vous démêler le vrai du faux ? 

Ma note : 6/10
Roman policier et polar·Saga·Thriller

Level 26, tome 2 : Dark Prophecy

Level 26, tome 2 : Dark Prophecy d’Anthony E. Zuiker
363 pages, éditions Michel Lafon, à 19,50€
Résumé : Steve Dark devrait être au fond du gouffre: la femme qu’il aimait est morte par sa faute, massacrée par le même psychopathe qui a tué ses parents adoptifs. Mais Dark n’est pas un homme ordinaire. C’est un chasseur, capable de se glisser dans la peau des tueurs les plus aguerris et d’infiltrer leurs pensées meurtrières pour mieux les traquer. II se sent désormais investi d’une mission qui n’est pas limitée par les règles de la police et qu’il ne soumet à aucune autorité, qu’elle soit gouvernementale ou morale. Une mission qui, il l’espère, lui permettra enfin de restaurer la justice.
Extraits : « Je pense que les tueurs en série sont comme le cancer. Quand on les dépiste suffisamment tôt, on peut sauver des vies. »
« Il n’y avait qu’un truc pire que d’avoir été cambriolé, pensa Green. C’était de rentrer chez soi au beau milieu d’un cambriolage.« 

Mon avis : ENFIN : je retrouve l’auteur qui m’a tant fait frémir dans le premier tome de Level 26. Autant vous dire que je me suis goulûment jetée sur ce second livre, et que je l’aie dévoré en un rien de temps…

Fidèle à lui-même, Anthony E. Zuiker bourre ses thrillers de tensions narratives et d’actions en continus. C’est le cas pour Dark Prophecy, avec beaucoup d’actions, crée grâce aux meurtres qui s’enchaînent sans discontinuer. Ce coup-ci, l’intrigue se base sur les cartes du jeu du tarot : en effet, l’assassin reproduit les dessins des cartes à l’identique lorsqu’il assassine ses victimes. Des victimes qui semblent prises au hasard, éparpillées dans tous les états Américains, qui se font tuer à un rythme frénétique. Notre célèbre inspecteur Dark, après avoir abandonné ses fonctions au FBI suite à la première affaire présentée dans le premier tome, est intrigué par cette affaire. Il va donc tenter de la résoudre en parallèle de la législation, avec l’aide d’une mystérieuse femme surnommée Graysmith.

Le lecteur retrouve avec plaisir le personnage de Dark, le James Bond moderne d’Anthony E. Zuiker ; toujours aussi attachant, il est à la fois professionnel, affectueux, réaliste et médiculeux. Toutes les qualités lui sont promues. Les autres personnages n’ont pas d’intérêt particulier, ils ne sortent pas autant du lot que Dark.
Un prénom bien symbolique, qui colle parfaitement avec l’atmosphère sombre, confinée et angoissante du roman.

En effet, l’auteur a écrit des chapitres concis, qui s’enchaînent donc rapidement, qui donnent envie de prolonger notre lecture, mais qui fait également monter le récit en tension. Un choix brillant, qui m’a angoissé et effrayé durant toute l’histoire.

Mais contrairement au premier tome, j’ai trouvé l’intrigue de celui-ci un petit peu plus brinquebalante. L’enquête menée par les policiers n’était pas très bien expliquée, le lecteur se perdait un peu dans les méandres de meurtres. De plus, le dénouement ne contenait pas de contours nets – ne lisez pas la suite si vous ne souhaitez pas être au courant de certains détails du final de ce livre -, je n’ai pas compris le mobile des assassins, ni leurs intentions, leurs idées… Ils m’ont juste fait penser à des fous furieux, qui tuaient pour le plaisir de tuer.
Je trouve quand même dommage que l’auteur ait plus concentré son récit autour de l’action, des nombreux meurtres et du mystère des cartes de tarot, sans pour autant pondre une fin assez satisfaisante et cohérente.

Hormis quelques petits désagréments au niveau du dénouement, j’ai beaucoup aimé frissonner, courir en adéquation avec les policiers, tenter de rechercher des mobiles pour ces meurtres… Un bon moment de lecture. Je lirai certainement le troisième et dernier tome prochainement.

Bien sûr, tout comme le premier tome, l’histoire reste interactive : le lecteur a la possibilité de visionner des séquences vidéos tournées par l’auteur lui-même, qui met en scène sa propre histoire.

Ma note : 7/10
Roman policier et polar·Saga·Thriller

Level 26, tome 1

Level 26, tome 1 d’Anthony E. Zuiker
373 pages, éditions Michel Lafon, à 19,50€

 

Résumé : Les policiers du monde entier répartissent les criminels sur une échelle de 1 à 25, selon leur dangerosité. Un tueur échappe à cette classification. Cruel à l’extrême, insaisissable, sévissant sur tous les continents, il ne connaît aucune limite ni aucun mode opératoire de prédilection : c’est le niveau 26. Un seul homme peut l’arrêter. Il s’appelle Steve Dark, et depuis que ce monstre a massacré sa famille, il s’est juré de cesser de traquer les psychopathes. Mais bientôt, il n’aura plus le choix.

Extraits : « On ne pousse pas quelqu’un qui se trouve au bord du gouffre. On essaie d’abord de le faire reculer avant de tenter de comprendre de quoi il s’agit. »
« Parfois, vous avez dans l’oeil un regard qui indique que vous voyez plus que ce qui vous entoure. Que vous regardez dans le présent. Que vous voyez votre avenir, qu’il soit heureux ou triste. Vous voyez ce qui a été, ce qui est et ce qui aurait pu être… »

Mon avis : Hautement originale, sanglante, horriblement effrayante, une histoire à faire pâlir de jalousie les plus grands succès de Stephen King. Ce premier tome de la trilogie Level 26, aussi surprenant soit-il, m’a entièrement conquise.

La boule au ventre, les larmes aux yeux… voilà ce que je recherche tant dans tout bon thriller. Anthony Zuiker, à l’origine scénariste et producteur de la série télévisée des Experts, connaît les fils du métier, sait comment terrifier tout un chacun. Mélangeant des scènes de crimes sanglantes et inexpliquées à une atmosphère lourde et oppressante, il fait planer dans l’air une obscurité permanente. A partir de ces premiers éléments de base, il rajoute une bonne dose de mystère dans son récit, qui deviendra la clef centrale de l’histoire, l’énigme à résoudre.
Avec un criminel masqué, un inconnu cruel, qui semble venu d’ailleurs, l’auteur ancre définitivement le thème de son roman dans la dangerosité, la cruauté et l’horreur.

Pour rajouter davantage de terreur dans ses scènes, Anthony Zuiker, en tant que bon créateur télévisuel, a eut l’idée nouvelle de mettre en place une interraction entre les personnages inanimés du livre et des scènes filmés avec de vrais acteurs. Nous pouvons donc suivre chapitre par chapitre des extraits correspondants aux actions du livre, disponibles sur le site officiel du roman, Level26. Certaines descriptions du livre accordés avec les êtres humains de chair et d’os des vidéos rend plus vivant le récit, et appose sa dose d’effroi supplémentaire.

Le second tome attend déjà d’être lu, sagement rangé dans ma biliothèque. J’ai hâte de découvrir le soupçon de nouveauté que nous réserve l’auteur. Le dénouement du premier tome aurait pu marquer la fin de l’histoire, mais les quelques lignes qui clos celui-ci laisse présager bien d’autres mystères.

N’ayez pas peur d’accéder à vos peurs les plus profondes, ne craignez pas l’homme du niveau 26, et foncez découvrir l’horrible histoire tout droit sortie de l’imagination d’Anthony Zuiker. Pour ma part, après avoir frémi durant une bonne partie du roman, je n’ai plus qu’une envie : me replonger dans l’univers si sombre de cette fantastique trilogie.

Ma note : 8,5/10
Roman policier et polar

Les justes

Les justes de Michael Wallace.
300 pages, MA éditions, à 17,90 €

 

Résumé : Par une froide nuit dans le désert de l’Utah, une jeune femme s’enfuit de chez elle, son enfant endormie dans les bras. Plusieurs heures après, elle est retrouvée morte la gorge tranchée et la langue arrachée – et fait curieux, sa petite fille a été ramenée dans son lit. Les habitants de Blister Creek souhaitent voir ce meurtre affreux résolu au plus vite, car ils font partie d’une communauté unique en son genre : une secte polygame dissidente des Mormons, qui ne peut se permettre de voir cette affaire filtrer dans le « monde extérieur ». Ils font donc appel à l’un des leurs : Jacob Christianson, fils d’un patriarche respecté, et accessoirement cousin de la victime. Avec l’aide de sa soeur adolescente, Eliza, Jacob commence à enquêter sur cet étrange meurtre et met bientôt au jour un monstrueux secret, qui pourrait détruire les fondations même de leur église…

Extraits :  « Dieu n’interfère pas dans le libre arbitre des hommes. Il ne peut empêcher toutes les choses horribles d’arriver. »
« Il est crucial de préserver l’harmonie dans la communauté. Ceux qui s’y opposent ouvertement perdront toujours, au final. »

Mon avis : J’ai commencé la lecture de ce roman sans aucune appréhension : la couverture est magnifique, il est indiqué que ce livre est un thriller, la petite phrase de présentation est intrigante « Quel terrible secret cache cette communauté mormone ? » et le résumé m’a beaucoup plût. Je me suis donc directement lancé dans ce curieux roman.

Nous assistons dès le début du roman à la scène la plus macabre du livre. Amanda Kimball s’enfuit avec sa fille de la maison dans laquelle elles vivent, pour venir trouver le père Joseph pour une raison inconnu. Malheureusement pour elle, deux hommes viennent à la découvrir. Ils lui tranchent la gorge et lui arrache la langue.
Suite à cette scène, Jacob, étudiant dans la médecin, ainsi que sa demi-soeur Eliza, arrivent à Blister Creek sous les ordre de leur père, pour résoudre l’affaire, et retrouver le meurtrier de leur cousine, Amanda… mais également pour rencontrer leur futurs époux. Car ce n’est pas un hasard si tous les personnages cités précédemment se connaissent tous et sont reliés d’une quelconque manière : nous venons d’atterir dans une communauté mormone, où les hommes n’ont pas moins de trente enfants.
Qu’est-il arrivé à cette pauvre Amanda et à son enfant ? Eliza et Jacob vont-ils suivre les ordres de leur Père et de l’église ?

En débutant ma lecture, une sorte de malaise m’a enveloppé. Peu habitué à ce genre de lecture et à ses coutumes très originales que nous offre ce roman Les justes, il m’a fallu un certain temps d’adaptation pour enfin me sentir à mon aise dans l’histoire.

En parlant de malaise, j’insiste sur les codes spéciaux de la communauté mormone qui autorise et recommande la polygamie, de sorte que les hommes se retrouvent avec plusieurs femmes à charge et énormément d’enfants. De plus, ces jeunes femmes ne peuvent pas choisir leur futur mari, elles doivent se plier au choix de leur père, ou de leurs frères. Réduites au rang d’animaux servant essentiellement à ressentir du plaisir pendant quelques instants et à procréer, cette communauté de mormones semble de pas respecter les femmes à leur juste valeur. Les hommes dominent, et ça se ressent.

Dans Les justes, une réelle complicité unissait Jacob et Eliza. A travers les actes protecteurs de Jacob, et ses paroles bienveillantes, l’amour transparaissait. Très proche tout au long de l’histoire, ils restent soudés, se racontent quasiment tout, et ne se quittent pas une seconde, se protégeant mutuellement des mésaventures qui pourraient leur arrivé.
Mais la curieuse attitude des personnages ne laissait pas apercevoir leur réel avis sur leur communauté. Sont-ils réellement heureux ? Croient-ils en l’Eglise, ou n’est-ce qu’une figure qu’ils se donnent ? Si certains passages favorisaient la réponse à cette question, le passage d’après remettait directement en doute cette découverte. On ne sait donc pas vraiment ce que pense les personnages sur leur propre communauté.

Ce livre était fort intéressant, il instruit énormément sur les pratiques des mormons, leur mode de vie, et les traditions qu’ils ont l’habitude de réaliser à l’Eglise, entre eux. J’ai cru comprendre que l’auteur, Michael Wallace, a lui-même fait parti d’une communauté mormone. Il partage avec ses lecteurs toutes ses connaissances et son expérience. Il retranscrit la vie de ce « peuple » à travers un thriller aussi effrayant physiquement que psychologiquement (grâce à ses personnages plutôt… originaux).

Arrivé à la moitié du roman, j’ai réussi à me plonger parmi cette communauté, et à réellement comprendre leur mode de fonctionnement.
Malheureusement, concernant le livre en général, je l’ai trouvé bien long. Certains passages étaient superflus, inutiles et bien ennuyant, alors que d’autres étaient au contraire bien palpitants… mais trop courts !

 

Ma note : 5,5/10