Elle n’était pas d’ici


Elle n’était pas d’ici de Patrick Poivre d’Arvor

164 pages, éditions Albin Michel


Résumé : « Puisque Solenn a choisi de mettre fin au combat qu’elle menait depuis trois ans contre les démons de sa maladie, je voudrais, comme Patrick, que sa disparition soit un signal d’alarme. J’aimerais que ce livre, écrit dans l’urgence de la douleur, soit un cri vers tous ceux et celles, adolescents ou préadolescents, qui seraient tentés par la terrible impasse du suicide. La souffrance qui se lit dans ces pages, à travers les lettres reçues, est celle, indicible, de Solenn et de milliers d’autres. C’est celle aussi des parents qui assistent, impuissants, à la destruction de leur enfant. Si cette souffrance qui a été la nôtre peut aider tous ceux qui ont été ou vont être confrontés à l’anorexie ou à la boulimie, alors Solenn ne sera pas morte pour rien.  » Véronique Poivre d’Arvor


Extraits : « Écrire, ça soulage. On appuie là où ça fait mal, on se mord la lèvre, mais ensuite, on supporte la douleur. »

« Quand je chante, disais-tu, j’oublie tout, j’y trouve une manière de sérénité.« 


Mon avis : Tout le monde connaît Patrick Poivre d’Arvor, ou PPDA pour les intimes, le présentateur vedette de TF1, qui a animé le journal de 20h pendant plus de 20 ans. Mais peu de personnes peuvent se targuer de connaître une partie de sa vie privée. PPDA n’a pas eu une existence facile. Père de sept enfants, il a du faire face à ce qu’il y a de plus horrible dans la vie d’un père de famille : la mort de deux de ses filles.

Il voit d’abord disparaître Tiphaine, décédée dans son sommeil de la mort subite du nourrisson alors qu’elle était âgée d’un an à peine. Des années plus tard, c’est son autre fille, Solenn, anorexique et boulimique, qui mettra fin à ses jours en sautant devant la rame d’un métro, alors qu’elle était âgée de dix-neuf ans à peine. Comme moyen cathartique pour apaiser ses douleurs, PPDA se jettera à corps perdu dans l’écriture. Il publiera d’abord Lettres à l’absente, un témoignage bouleversant sur la souffrance d’un père, ses angoisses et ses peurs, puis Elle n’était pas d’ici, sorte d’exutoire salutaire où il dévoile tout son amour pour sa fille, sa maladie mentale et ce qu’il a ressenti suite à son décès brutal.

Patrick Poivre d’Arvor et sa fille, Solenn

Il est toujours compliqué de juger un témoignage, d’autant plus quand celui-ci aborde un sujet aussi tragique que le suicide d’un enfant. Je peux dire que j’ai été très émue de découvrir pour la première fois la plume de PPDA, un auteur prolifique, mais peu plébiscité en France. À travers ce recueil, il nous ouvre son coeur et sa vie et raconte, avec beaucoup d’émotions et de pudeur, les jours qui ont suivis et précédés le décès de Solenn. On ressent tout l’amour que ce père porte à sa fille et le regret de son départ précipité.

Plus qu’un élément cathartique pour l’auteur, il souhaitait également que ce témoignage soit bénéfique aux personnes qui, comme lui, auraient eu le malheur de subir la perte d’un enfant. Dans Elle n’était pas d’ici, il regroupe de nombreux extraits de poèmes, des témoignages d’affection et d’amour de ses proches, qui lui redonnent espoir et confiance en la vie.

Solenn s’est suicidée à cause d’une maladie mentale : les troubles de l’alimentation, autrement l’anorexie et la boulimie. Bien que cette maladie ne soit que partiellement évoquée, l’auteur met en garde les parents sur les caractéristiques et les conséquences de cette maladie, et les rassure en quelque sorte : ils peuvent être présents pour leurs enfants, les encourager, les porter, les entourer d’amour… mais ils restent tout de même impuissants et démunis face à la psychée mentale subie par l’enfant. Une maladie bien trop présente dans notre quotidien, véhiculée en grande partie par l’image du corps parfait, l’obsession de la minceur comme gage de beauté.

 


Comment continuer à vivre après le décès brutal d’un enfant ? Le journaliste Patrick Poivre d’Arvor nous offre une belle leçon de courage à travers un témoignage touchant, intime et pudique, où il déclare sans emphase tout l’amour d’un père pour sa fille. Très touchant !

Ma note : 6,5/10

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L’herbe bleue


L’herbe bleue 

212 pages, éditions Pocket


Résumé : L’Herbe bleue est le journal intime d’une jeune droguée de quinze ans.
Cet ouvrage ne prétend pas décrire le monde de la drogue chez les jeunes. Il n’apporte aucune solution à ce problème. C’est une chronique personnelle, spécifique, qui, en tant que telle, permettra peut-être de comprendre un peu l’univers de plus en plus compliqué dans lequel nous vivons.
Les noms, les dates, les lieux et certains événements ont été modifiés, selon le désir de toutes les personnes mêlées à ce récit.


Extraits : « Personnellement, je voudrais avoir des affaires neuves, changer de tout complètement, et ne garder que mes livres, bien sûr, puisqu’ils font partie de ma vie. Quand j’ai été renversée par une voiture à dix ans, et que je suis restée si longtemps dans le plâtre, je serais morte sans eux. Aujourd’hui encore, je ne sais pas si certains de mes souvenirs sont réels ou si ce sont des choses que j’ai lues dans des livres…« 

« La vie est chouette, merveilleuse, passionnante et j’ai hâte de voir ce qu’il y a au coin de la rue et aux coins de toutes les autres. »


Mon avis : L’herbe bleue est le journal intime d’une jeune adolescente de quinze ans, qui découvre innocemment, un beau jour, la drogue et ses effets dévastateurs. Sa vie va en être entièrement bouleversée : elle va sombrer dans la dépendance, s’éloigner de sa famille, faire de très mauvaises fréquentations, qui changeront à tout jamais le cours de sa vie.

Ce récit est devenu un témoignage, que les parents aiment glisser entre les mains de leurs jeunes adolescents, pour les prévenir des risques encourus par la prise de drogues quelconque. 

Malheureusement, il aurait été prouvé que la paternité de cette histoire en revient à une romancière nommée Béatrice Sparks et non à une jeune fille de quinze ans, comme je le pensais en débutant ce récit. Cette romancière se serait inspirée de faits réels, notamment d’une histoire narrée par l’une de ses patientes, pour écrire L’herbe bleue. J’avoue être assez déçue d’apprendre que cette histoire que l’on m’avait vendue comme réelle, ne soit en fait qu’une partie de la réalité ; notamment après le dénouement final, qui m’a littéralement coupé le souffle de stupeur, d’horreur et de tristesse. Je trouve assez dommage de duper les lecteurs de cette manière, d’autant que l’auteure n’en est pas à son coup d’essai et à déjà réalisée d’autres ouvrages témoignages sur des thèmes à sensations, comme celui-ci. C’est vrai que les témoignages sordides qui finissent mal, ça fait vendre…

Fort heureusement, je suis quand même rassurée de me dire que l’histoire telle que racontée n’est qu’une infime partie de la réalité et qu’elle n’a pas véritablement eu lieu. Mais il faut garder en mémoire que cela arriver et arrivera encore à de trop nombreux adolescents.


L’herbe bleue, c’est le journal intime d’une jeune fille de quinze ans, qui se livre sur ses affinités avec la drogue. L’histoire est poignante et devrait dissuader les plus jeunes d’approcher de ces substances. Malheureusement, ce livre n’est pas un témoignage, comme la couverture nous le vend, mais il est l’oeuvre d’une romancière. Mentir pour vendre plus, je n’aime pas ça du tout, d’où la note assez faible que je donne à cette lecture. 

Ma note : 5/10

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Les petites voix : Quand l’intuition toque à la porte d’un cerveau rationnel


Les petites voix : Quand l’intuition toque à la porte d’un cerveau rationnel
de Christelle Lauret

447 pages, éditions Carnets Nord, à 19€


Résumé : Notre cerveau est aussi inimaginable que l’univers : 100 milliards de neurones, 10 000 connexions potentielles par neurone, un infini de possibilités qui donne le vertige ! Christelle Lauret, docteur en chimie, chercheur et responsable d’équipes dans une multinationale pharmaceutique, découvre un jour une autre réalité : notre cerveau n’est pas que rationnel. L’intuition s en mêle, et heureusement. Cette première découverte la propulse sur un chemin inattendu et mystérieux… Voilà un incroyable récit, à la portée de chacun d’entre nous. Un récit qui peut modifier profondément notre vie, la chambouler du tout au tout. Pourquoi ? Comment ? Laissez-vous embarquer par ses petites voix… pour aller à la rencontre des vôtres. Un témoignage intime bouleversant. Des outils pratiques à tester vous-mêmes. Des découvertes scientifiques insoupçonnées.


Extraits « Ainsi, changer nos pensées change notre cerveau, changer notre cerveau change nos comportements, changer nos comportements change les résultats que nous obtenons. »
« Car s’aimer soi, c’est aimer le monde, aussi.« 

Mon avis : Lorsque j’ai lu le titre de cet ouvrage, j’ai tout de suite été curieuse de le découvrir. Je suis quelqu’un de très rationnel, mais j’ai quand même l’esprit ouvert, désireuse de découvrir toujours de nouvelles choses. Je me suis donc lancé dans la lecture de ce livre.

L’ouvrage est découpé en plusieurs chapitres, qui eux-mêmes sont découpés en trois grandes parties. La première est un témoignage de l’auteure, qui nous raconte des expériences qu’elle a vécu, qui l’ont marqué et qui l’ont amené à changer sa vision des choses et de la vie en générale. La deuxième partie est consacrée aux découvertes scientifiques. Cette partie plus technique permet aux personnes qui le souhaitent d’en savoir plus sur le pourquoi et le comment des expériences vécues par l’auteure. Enfin, la troisième et dernière partie, plus ludique, regroupe des « trucs et astuces » à faire soi-même pour vivre ses propres expériences. Cet ouvrage est donc bien complet et surtout diversifié. Libre à vous de sauter les parties et/ou chapitres qui ne vous intéressent pas et de vous consacrer uniquement à ceux qui vous interpellent.

C’est en partie la façon dont je l’ai lu : pas entièrement, mais au compte-goutte. C’est un livre qui se déguste en fonction de son humeur, que l’on abandonne au coin d’une table avant de le reprendre quelques jours ou semaines plus tard.

Les récits de Christelle Lauret m’ont particulièrement happé : je les ai tous lu. Certains sont plus frappants que d’autres et nous amènent à nous interroger – je songe notamment à l’expérience qu’a vécue l’auteure avec un mystérieux cheval capable de ressentir les choses intuitivement. Incompréhensible pour mon cerveau rationnel, mais pourtant, l’expérience est avérée. Quand les récits de l’auteure (comme celui cité en exemple juste avant) ont particulièrement attisé ma curiosité, alors je m’engageais dans la lecture des explications et/ou théories scientifiques, pour tenter d’en percer le mystère.

Ce qui est bien avec cet ouvrage, c’est qu’il est écrit avec simplicité et fluidité. Il est accessible à tous, lecteurs avérés ou non, rationalistes ou non… J’ai beaucoup appris durant ma lecture, et je vais tenter de mettre en pratique les trucs et astuces dispensés par l’auteure. Il me faudra sans doute du temps avant de faire totalement confiance aux petites voix de l’intuition, mais j’ai bon espoir d’arriver à les comprendre et de suivre leurs conseils.

 


Un ouvrage enrichissant pour apprendre à ouvrir son cerveau aux  petites voix de l’intuition. Ce livre devrait trouver son public.

Ma note : 6/10

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Quelle audace ! 50 histoires et leçons inspirantes pour aller au bout de ses rêves


Quelle audace ! 50 histoires et leçons inspirantes pour aller au bout de ses rêves
de Maxime Fourny

303 pages, éditions Eyrolles, à 18€


Résumé : Ils ont osé vivre une aventure hors du commun, changer de vie ou réaliser leurs rêves. Voici leurs histoires qui vont vous étonner, vous motiver et, à coup sûr, vous inspirer ! Comme celle d’Aymeric, l’ingénieur devenu rigologue, de Marie qui a mené la révolution des serviettes hygiéniques pour améliorer le monde, ou de Pierre qui a réenchanté l’hôpital en facilitant le quotidien des patients et des familles.

Bien plus qu’un livre, Quelle audace ! est un déclencheur d’audace, un guide. Et si vous décidiez aussi de vivre autrement, de suivre vos passions, vos envies ?

Après ces 50 histoires inspirantes, vous pourrez créer la vôtre. Celle qui vous ressemble. Celle que vous avez vraiment envie de vivre. Celle qui fera dire à votre entourage : « Quelle audace ! »


Extraits « J’ai longtemps cru que les gens audacieux avaient quelque chose en plus. Qu’ils possédaient une sorte de certitude, de confiance, ou des conditions différentes qui leur permettaient d’aller plus loin que nous autres pauvres terriens. Mais vous allez découvrir que la réalité est bien différente. Et que la clé est bien souvent la quête de soi, la quête de sens. »
« L’audace, ce n’est pas nécessairement de vouloir changer le monde. C’est de vouloir choisir votre voie, votre vie. Celle qui vous épanouit. Et qui est au bout du compte si accessible !« 

Mon avis : J’ai eu l’opportunité de faire cette lecture grâce à une Masse critique organisée par Babelio. Je les remercie chaleureusement, ainsi que les éditions Eyrolles, pour l’envoi de cet ouvrage.

Ce livre contient 50 témoignages d’entrepreneurs français, qui ont réussi à aller au bout de leurs rêves en créant leur propre entreprise. Ces témoignages ont été recueillis par Maxime Fourny, lui-même entrepreneur, et notamment fondateur de près de 13 start-ups en 12 mois seulement. Ça peut paraître dingue, mais il a pourtant réussi. À l’image de son propre parcours, nous allons en découvrir 50 autres, des jeunes, des moins jeunes, des femmes, des hommes, des membres d’une même famille, des amis, collègues… qui ont fait de leur rêve une réalité.

Parmi les 50 personnes présentées, certaines se démarquent par leur célébrité, je pense notamment à Guillaume Gibault, fondateur du célèbre Slip Français, ou encore Nicolas Chabanne, à l’origine de « C’est qui le Patron »,  la Marque du Consommateur. Je connaissais leur succès, mais je n’avais pas conscience du chemin qu’ils avaient eu à parcourir pour y arriver. Grâce à ce recueil, j’ai découvert énormément d’autres entrepreneurs, qui m’ont bluffé par leur audace. En citer quelques-uns ne serait pas juste pour les autres, puisque chacun m’a impressionné par son histoire.

Chaque personne est impressionnante, dans la force de caractère, le courage et l’audace dont ils ont fait – et font encore – preuve au quotidien. L’entreprenariat, c’est un peu un grand saut dans le vide, c’est quelqu’un chose d’incertain, qui fait peur à de très nombreuses personnes. Pourtant, une poignée de courageux, ceux que l’auteur appelle les audacieux, ont osé franchir le pas qui les séparait de leur rêve. Et souvent, ce pas était celui qui allait changer leur vie à tout jamais.

Bravo à Maxime Fourny d’avoir également respecté la parité hommes/femmes dans ses témoignages : une petite attention comme tant d’autres, mais qui montre que les femmes sont tout aussi compétentes et courageuses que les hommes. L’entrepreunariat et le succès n’est pas réservé qu’aux hommes, et l’auteur nous le montre bien !

J’ai particulièrement apprécié la préface de Frédéric Mazzela, fondateur de la célèbre plateforme Blablacar (que l’on ne présente plus), qui m’a beaucoup plût. Ses quelques mots m’ont inspirés, m’ont charmés, et m’ont fait commencer ma lecture d’un bon pied, avec l’esprit positif.

Et du positif, il y en aura dans ce livre. Pour ne rien vous cacher, il y aura aussi quelques phrases négatives, mais elles sont très rares, vite remplacées par le positif de chaque expérience. Positiver est d’ailleurs très important lorsque l’on souhaite se lancer dans l’inconnu, car pour qu’arrive le meilleur, il faut déjà penser le meilleur. Nombreuses sont les personnalités qui en témoignent dans ce recueil.


Un très beau recueil de témoignages, qui apporte beaucoup d’espoir et de conseils pour se lancer dans l’entrepreunariat. 

Ma note : 7/10

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Imagine John Yoko


Imagine John Yoko de Yoko Ono

318 pages, éditions E/P/A, à 39,90€


Résumé : Composé et présenté par Yoko Ono, Imagine John Yoko retrace la genèse de du légendaire album Imagine et recrée le contexte de sa création : les lieux, l équipe artistique, les créations graphiques et les films, racontés par John et Yoko et par tous ceux qui étaient là. L ouvrage révèle 80 % de documents et d images d archives inédites ; il présente des paroles de chansons, des installations d art, des entretiens et témoignages exclusifs de Yoko et des nombreux acteurs-clés de l album plus de quarante musiciens, ingénieurs son, employés de maison, célébrités, artistes et photographes, tels que Julian Lennon, Klaus Voormann, Alan White, Jim Keltner, David Bailey, Dick Cavett et Sir Michael Parkinson. « Beaucoup de choses ont été écrites autour de la création de la chanson, de l album et du film Imagine, principalement par des personnes qui n étaient pas présentes. Je suis ravie qu aujourd hui, pour la première fois, autant de participants aient aimablement donné de leur temps pour écrire la vérité, avec leurs propres mots et images. »


Extraits  « Je pense que la musique reflète l’état de la société. »

« J’ai un lien étrange avec la chanson « Imagine ». Chaque fois qu’un truc important va m’arriver, qu’il y a un changement dans ma vie, je l’entends à la radio ; et je sais que ça signifie qu’il est temps pour moi de passer à autre chose. »


Mon avis : Je souhaitais avant toute chose remercier Gilles Paris et son équipe, ainsi que les éditions E/P/A pour l’envoi de ce magnifique objet-livre. L’objet en lui-même rend hommage au fabuleux artiste qu’est John Lennon, avec une couverture blanche, signe de pureté, et une côte bleue et blanche, pouvant représenter des nuages dans un ciel bleu, signe de paix, de calme, de sérénité, de sensibilité aussi.

Ce livre est un recueil de témoignages de proches de John Lennon et de collaborateurs musicaux, qui expliquent comment ils ont rencontré John, comment il se comportait dans le milieu professionnel et le milieu personnel. On en apprend davantage sur sa personnalité et son comportement, mais aussi sur l’immense amour qu’il y avait entre lui et Yoko Ono.

John Lennon est un artiste que j’admire, qui m’inspire, m’émeut et me donne espoir en la vie. Sa chanson la plus connue, Imagine, est encore aujourd’hui largement diffusée et reprise dans le monde entier. John est un chanteur qui inspire encore aujourd’hui de nombreuses personnes, par sa générosité, son pacifisme, son originalité, tant dans ses oeuvres que dans sa façon de vivre et de travailler.

Ce livre est ponctué d’illustrations – photos, notes écrites de la main de John… – en très bonne qualité, qui donne plus de vie aux témoignages. Imagine John Yoko est un livre qui se feuillette, et que l’on admire, comme une oeuvre d’art que l’on tiendrait entre ses mains.

C’est un livre qui transpire l’amour, la sérénité, la joie, la générosité, la douceur et la paix. On se délecte des témoignages des proches de John Lennon, tout en écoutant en sourdine une chanson titre de l’artiste. Tous nos sens sont mobilisés pour pénétrer dans l’univers onirique et poétique du couple mythique John Lennon et Yoko Ono.


Un très bel hommage de yoko ono à John Lennon, qui réexprime au monde entier leur amour éternel et leur message de paix. Des témoignages percutants, des photos émouvantes et des anecdotes surprenantes sont à retrouver dans ce magnifique livre-objet. 

Ma note : 7/10

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Sauvez le Kursk !


Sauvez le Kursk ! de Robert Moore

327 pages, éditions L’Archipel, à 21€


Résumé : A bord du sous-marin nucléaire russe K-141 Kursk en difficulté :23 marins à sauver… Samedi 12 août 2000, 11h28. Dans les hauteurs du Cercle Arctique, sous la surface déchaînée de l’impitoyable mer des Barents, le sous-marin « Kursk », fierté de la flotte d’élite russe, effectue des exercices de lancers de missiles. À son bord, le capitaine Gennady Lyachin et ses hommes.Mais ce qui apparaissait comme un simple entraînement tourne au cauchemar quand l’un des missiles, semblablement victime d’une fuite, explose dans le compartiment avant du sous-marin.Sept marins sont tués sur le coup de l’onde de choc. Mais ce n’est que le début de l’horreur…Pour la première fois traduit en France, Kursk fait le récit heure par heure du drame qui s’est joué à l’intérieur du sous-marin, et des efforts désespérés des sauveteurs. Une enquête sous tension, pour laquelle l’auteur a eu accès à des documents gardés secrets, qui se lit comme un thriller et que Thomas Vinterberg (Loin de la foule déchaînée) adapte au cinéma en novembre 2018.


Extraits  « Les meilleurs mensonges se dissimulent derrière un vernis de vérité. »

« Tant que je n’aurai pas obtenu la preuve que les marins sont morts, déclare-t-il, je partirai du point de vue qu’ils sont vivants. »


Mon avis : J’étais trop jeune lorsque le drame du Kursk a eut lieu en mer de Barents. Tout naturellement, je n’en garde aucun souvenir. Mais l’histoire de ce sous-marin russe qui a coulé avec plus de 118 marins à son bord trouve encore échos dans l’esprit de nombreuses personnes.

Photo du Koursk, long de 154m

12 août 2000, en mer de Barents, en Arctique. Le submersible nucléaire russe « Kursk » abrite 118 marins à son bord. Alors qu’il s’entraîne à des exerces de lancers de missiles, la défaillance d’un des missiles pulvérise une partie du sous-marin et cause la perte des nombreux hommes à son bord. Seul 24 hommes, reclus dans le dernier compartiment du submersible, arrivent à s’en sortir. Dotés d’une quantité d’air limité, ils attendent avec impatience les secours. Mais depuis plusieurs années, la marine russe connaît de sérieux problèmes financiers, et le matériel utilisé n’est plus forcément adapté pour réaliser des missions à haut risque de cette envergue. D’autant plus que les politiques russes semblent bloquer l’avancée du sauvetage, et n’acceptent pas la main tendue des pays voisins, craignants un espionnage rapproché… au détriment de la vie de leurs propres marins.

Ce livre de Robert Moore est celui qui a inspiré le film de Thomas Vinterberg, sorti dernièrement au cinéma.  Il y décrit, avec d’infinies précisions, les détails du naufrage du Kursk et du secours apporté par les autorités.

Grâce à cette lecture, on se rend compte du laxisme du président Vladimir Poutine, alors nouvellement élu à la tête du pouvoir en Russie. Malgré la tragédie qui se jouait en mer de Barents, il n’a pas interrompu ses vacances ni ses divers rendez-vous, et ne s’est présenté sur les lieux, devant les familles des victimes, près de dix jours après le naufrage du Kursk. Plus globalement, on prend conscience de la politique russe scandaleuse, qui ont préféré refuser l’aide des occidentaux au détriment de la vie de leurs marins. C’est seulement plusieurs jours après l’annonce publique du naufrage du sous-marin que les russes ont accepté leur aide. Hélas, ayant peur d’éventuels tactiques d’espionnages, ils ont mentis sur certaines de leurs données et n’ont pas voulu en dévoiler d’autres, pourtant précieuses pour commencer les opérations de sauvetage (comme un plan détaillé du sous-marin russe).

La politique médiatique est également mise en cause, puisque comme l’explique si bien Robert Moore dans son livre, il n’y avait à cette époque que très peu de médias libres, ce qui fait que les informations étaient entièrement contrôlées par l’état, qui pouvait se permettre de divulguer des mensonges pour satisfaire leur prestance autoritaire et garder une certaine contenance. Une vingtaine d’années plus tard, les pratiques n’ont pas évoluées, l’instrumentalisation des médias  reste d’actualité.

Ce fût un pur bonheur de lire ce livre, hautement documenté, avec de nombreux témoignages et d’infinies précisions. Construit comme une fiction, il est quand même assez douloureux de se dire que l’histoire s’est réellement déroulée comme elle est narrée.


Une lecture passionnante et hautement enrichissante, qui m’a permis d’en apprendre plus sur le naufrage du sous-marin russe Kursk en mer de Barents. Je vous recommande fortement cette lecture !

Ma note : 9/10

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La nuit avec ma femme


La nuit avec ma femme de Samuel Benchetrit

158 pages, éditions J’ai Lu à 7,20€


Résumé : Un homme ouvre son cœur à sa femme disparue sous les coups d’un autre, venue le visiter le temps d’une nuit. Un voyage intérieur poétique, âpre et intime.

 » J’ai passé plus de temps que toi sur cette Terre. Et notre différence, c’est que moi, je t’ai perdue. C’est parce que j’ai continué à vivre que je le sais. J’ai voulu être seul souvent pour être avec toi. Il faut bien donner son temps aux amours invisibles. S’en occuper un peu. Encore maintenant je me demande comment tu vas. Ce que tu fais. Je cherche de tes nouvelles. J’invoque la colère pour que tu la calmes. Quelques rires où tu me rejoindrais. Et le soleil a changé, puisqu’il manque une ombre. Mais je suis heureux. Et c’est à ton absence que je dois de le savoir.  »


Extraits :  « Les vivants font plus de signes aux morts que les morts n’en font aux vivants. On a des cloches et des fêtes. Vous ne faites rien pour nous. Enfin, je crois. Juste de la peine et occuper les souterrains. »

« Écoute. Écoute ton rire mon amour. Peut-être que le temps a abîmé ta voix. Mais c’est mieux que rien. Et la technologie ne sert qu’à ça. Se donner des nouvelles du passé. On invente un futur pour mieux se souvenir des peines. »


Mon avisUn grand merci à Babelio, qui m’a permis de découvrir cet émouvant témoignage.

Samuel Benchetrit, auteur, scénariste et réalisateur français, a dû faire face, en 2003 à l’assassinat de son ex-femme, par son nouveau conjoint. Alors qu’ils avaient eu un enfant ensemble, Samuel se retrouve seul à l’élever. Il nous raconte ce qu’il a ressenti suite à ce drame, comment il a réagit, comment il a continuer malgré tout à vivre, pour lui, mais surtout pour leur enfant. Il va profiter d’une dernière nuit, le temps d’une dernière rencontre mystique avec celle qui fût sa femme, pour déverser tout ce qu’il a sur le coeur.

Ce livre est un concentré d’émotions. Je dois quand même avouer que le style narratif abrupte de l’auteur m’a un peu déstabilisé au début de ma lecture. Des phrases courtes, percutantes, quelques mots jetés ici ou là. Il m’a fallu un temps d’adaptation pour enfin pouvoir m’insérer dans l’histoire. C’est donc sans surprise que j’ai préféré découvrir la seconde partie du livre, que j’ai trouvé plus intense et surtout plus prenante que le début du récit.

La nuit avec ma femme aurait pu être un cri de colère face à l’homme jaloux qui a assassiné l’être aimé. Mais Samuel Benchetrit opère un tout autre virage dans son récit, en ne parlant que d’amour. C’est un témoignage poignant et touchant, qui nous prouve qu’après une dizaine d’années, l’auteur ne l’a toujours pas oublié et continue à penser très souvent à elle. Un livre  d’amour écrit comme un hommage, ou comme un adieu, à cette femme qu’il n’oubliera jamais.

Mais c’est aussi une histoire triste, qui nous rappelle que chaque jours, des femmes meurent sous les coups de leurs compagnons. En France, une femme meurt tous les trois jours des suite des coups de son compagnon. Mais ce n’est pas tout : 223 000 femmes sont chaque année victimes de violence physiques ou sexuelles de la part de leur conjoint ; 84 000 femmes sont victimes de viol ou de tentative de viol, chaque année en France. Des chiffres alarmants, mais bien réels. La nuit avec ma femme, même si ce n’est pas son but premier, sensibilise aux violences faites aux femmes. En mettant en lumière cette réalité et tout ce qui en découle, beaucoup peuvent se rendre compte de la gravité des faits et aider à leur échelle.


Samuel Benchetrit met son coeur à nu et se livre sur les sentiments qu’il ressent et à ressenti après l’assassinat de sa femme. Un récit profond et intense, qui ne laisse pas indifférent. 

Ma note : 6/10