Pour tout te dire


Pour tout te dire de Gilly Macmillan
357 pages, éditions Les Escales, à 21,50€


Résumé : Le talent d’écrivaine de Lucy Harper lui a tout donné : la gloire, la fortune et des fans par millions. Il lui a aussi donné Dan, son mari jaloux dont la carrière d’écrivain est au point mort.

Un jour, Dan disparaît ; ce n’est pas la première fois qu’une personne disparaît dans la vie de Lucy. Trois décennies plus tôt, son petit frère Teddy s’est lui aussi volatilisé et n’a jamais été retrouvé. Lucy, seul témoin, n’a jamais dit la vérité sur cette soirée, au grand désarroi de ses parents. C’est à ce moment-là qu’elle a développé son talent de conteuse.
Mais aujourd’hui Lucy est une femme adulte qui ne peut plus se cacher derrière la fiction. Le monde entier la regarde, et sa vie est passée au peigne fin. Une vie faite d’histoires, certaines plus plausibles que d’autres. Aurait-elle pu blesser Teddy ? A-t-elle tué Dan ?
Lucy Harper devra enfin dire la vérité. Croix de bois, croix de fer, si elle ment, elle va en enfer.


Extraits« Si mon expérience m’a bien appris une chose, c’est qu’il faut toujours être soi-même, ma chère. La vie est trop courte pour endosser le costume de quelqu’un d’autre. »

« Je suis capable de déceler la beauté dans les choses les plus surprenantes. Il le faut, quand la violence imprègne votre travail. Tous les auteurs de thrillers doivent avoir leur propre façon de gérer ça, je suppose. »


Mon avis : Pour tout te dire est un polar original, doté d’une intrigue prenante, qui nous tient en haleine jusqu’au dénouement. Il met en scène Lucy Harper, une auteure de polars, qui a connu le succès grâce à sa série sur Eliza Grey, une détective redoutable. Sauf que cette année, Lucy Harper décide de se séparer d’Eliza en la faisant disparaître. Une décision qui influe directement sur sa vie réelle, puisque ce fameux personnage n’est autre qu’une amie imaginaire, qui apparaît aux côtés de Lucy depuis sa plus tendre enfance, la suit partout, l’aide, la guide, mais est aussi responsable de nombreuses décisions négatives. Son mari, Dan, également en charge de tout le côté administratif de la carrière de sa femme, veut l’aider dans son travail d’écriture et décide d’acheter une nouvelle maison dans un endroit reculé, entouré de forêts : Charlotte Close. Un lieu inconnu des lecteurs, mais qui résonne étrangement familièrement dans l’esprit de Lucy.

En effet, des années plus tôt, alors qu’elle n’était qu’une petite fille, Lucy s’échappe de sa maison en pleine nuit, suivie par son petit frère Teddy, pour assister à une fête organisée dans la forêt à l’occasion du solstice d’été. Une imprudence qui lui sera fatal : cette nuit-là, alors qu’elle ramène Teddy dans un bunker secret pour qu’il puisse se reposer, ce dernier disparaît, sans que personne ne puisse rien y comprendre. Des années plus tard, cette affaire n’est toujours pas résolue et Lucy vit avec ce poids quotidien sur la conscience. Alors, quand Dan, son mari, disparaît à son tour, s’en est trop pour Lucy : l’enquête est réouverte, elle souhaite à tout prix comprendre comment et pourquoi surviennent ces étranges disparitions.

L’histoire est intéressante, les questions se bousculent dans l’esprit du lecteur, au fur et à mesure que nous avançons dans notre récit. Pour tout te dire est construit dans deux temporalités différentes, avec d’un côté le présent, où l’on côtoie une Lucy adulte, qui se questionne et cherche à mettre en lumière ces mystères ; puis de l’autre, des événements du passé, avec une Lucy petite fille, qui nous explique en détails la disparition de son frère Teddy et les innombrables heures d’interrogatoires qui en ont découlée.

Les personnages restent impénétrables. Il y a d’abord notre  héroïne Lucy – mystérieuse, imaginative, peut-être un peu trop, elle surfe à la lisière de la folie, avec un comportement souvent énigmatique, incompris des autres. Désireuse de tirer au clair cette affaire, elle en vient néanmoins à mentir ouvertement aux forces de polices, à nier des faits, à en cacher d’autres. Son honnêteté est donc mise en doute. Il y a aussi son mari, Dan, qui reste également une énigme : pourtant protecteur et attentionné aux premiers abords, son attitude, que ce soit avec d’autres femmes ou dans la vie quotidienne, laisse imaginer un homme vicieux, malintentionné, qui pourrait même nuire pernicieusement à sa femme pour arriver à ses fins. Car Dan est un écrivain frustré. Sa femme a fait carrière, alors que lui est resté sur la touche, obligé de travailler dans l’ombre de cette dernière. Souhaite-il se venger ? Dans quel but ? Par quels moyens ? Les questions se bousculent dans l’esprit du lecteur, qui cherche avec impatience à comprendre le fin mot de l’histoire.


Un très bon thriller psychologique, impénétrable, prenant, avec lequel on passe un bon moment de lecture. Les questions sont nombreuses, c’est bien pour accaparer l’attention du lecteur, mais ça l’est moins quand elles restent sans réponse.

Ma note : 7,5/10

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ISBN : 978-2-36569-565-7
Traduction : Isabelle Maillet

Cette nuit-là


Cette nuit-là de Victoria Hislop
291 pages, éditions Les Escales, à 20€


Résumé : Le 25 août 1957, la colonie de lépreux de l’île de Spinalonga ferme ses portes. Maria retourne à Plaka, en Crète, avec son mari, le docteur Kyritsis. Mais alors que la soirée de célébration pour fêter leur retour bat son plein, sa sœur Anna est assassinée par Andreas, son mari, lorsqu’il découvre qu’elle a pour amant son cousin Manolis.
Ce drame aura des effets dévastateurs pour toute la communauté de Plaka. Manolis quitte la Crète pour la Grèce ; loin de son île, il s’efforce de se reconstruire. Andreas tente d’expier son crime en prison. Maria, quant à elle, choisit le chemin du pardon en rendant visite à Andreas.
C’est ce drame qui révélera finalement Manolis, Maria et Andreas à eux-mêmes.

Près de dix ans après la publication de L’Île des oubliés, Victoria Hislop redonne vie aux personnages qui ont ému plus d’un demi-million de lecteurs français.


Extraits« Les coeurs étaient pareils à de jolis bibelots. Et elle en savait quelque chose, elle qui collectionnait des centaines de figurines en porcelaine. Lorsque celles-ci se retrouvaient en miettes, on pouvait toujours les recoller, toutefois, même si l’on était d’une grande adresse, les fines lignes de fonction entre les morceaux restaient à jamais visibles.« 

« Les décisions qui transforment une existence se prennent souvent plus facilement que celles qui sont plus triviales. »


Mon avis : Dix ans après sa dernière parution livresque, L’île des oubliés, qui a connue une renommée mondiale, Victoria Hislop revient avec un nouveau roman : elle a imaginée la suite de ce livre plébiscité dans le monde entier. J’ai été surprise par cette nouvelle, mais particulièrement heureuse de pouvoir me replonger en Crète, aux abords de l’île de Spinalonga, longtemps utilisée pour parquer les personnes atteintes de la lèpre, devenue aujourd’hui une attraction touristique. Dans ce second volume, l’auteure redonne vie aux personnages qui ont marqué L’île des oubliés, et met sur le devant de la scène certains héros secondaires du premier tome.

Dans Cette nuit-là, nous apprenons qu’Anna, mariée à Andreas, entretient une liaison avec le cousin de ce dernier, Manolis. Lorsque son mari l’apprend, fou de rage et de jalousie, il assassine froidement sa femme et se devient la honte et le déshonneur de la famille Vandoulakis. Manolis, conscient qu’il est indirectement la cause de ce terrible drame, décide de quitter la Crète pour recommencer une nouvelle vie à Athènes. Maria, la soeur de feu Anna, enfin guérie de la lèpre, quitte Spinalonga pour rejoindre la côte, aux côtés de son nouveau mari, également son sauveur : le docteur Kyristsis. Devenue stérile en raison de sa maladie, Maria décide d’adopter la petite fille de sa défunte soeur, de l’élever avec son mari comme si elle était la leur, en lui cachant la triste vérité sur ses parents. En parallèle, Maria rend visite une fois par mois à son beau-frère prisonnier, pour lui donner des nouvelles de sa fille, pour tenter de comprendre son geste et essayer de lui pardonner.

J’ai beaucoup aimé cette suite de L’île des oubliés, même si l’histoire est très différente. Alors que le contexte historique était au coeur du récit du premier tome, l’auteure développe dans Cette nuit-là une histoire familiale et dramatique, bien éloignée de l’expérience vécue sur l’île de Spinalonga. C’est un angle nouveau, très intéressant, qui s’intéresse plus aux personnages, à leurs états d’âme, à leurs actions, plutôt qu’au contexte global. Les conflits familiaux sont légion : tromperies, mensonges, secrets… les rebondissements n’en finissent pas de parsemer le récit. Les temps morts sont rares, le rythme est soutenu, intense, les chapitres sont courts et défilent à une vitesse surprenante.

À la fin de son livre, Victoria Hislop raconte avec émotions le contexte qui lui a donné l’idée d’écrire cette histoire sur Spinalonga et la léproserie du XXème siècle. C’est une thématique peu commune, qui peut rebuter – qui a d’ailleurs fait peur à bon nombre d’éditeurs, comme elle nous l’explique -, mais qui a le pouvoir de mettre en lumière l’atrocité inhumaine dont étaient capables nos ancêtres face à cette maladie qu’ils ne contrôlaient pas. C’est une très bonne idée d’expliquer la genèse de la création de son histoire, ce qui a fait naître l’idée originelle, ce qui a poussé l’auteur à développer ses personnages, à créer une atmosphère singulière et à s’étendre sur des thématiques particulières. Je pense que chaque auteur devrait songer à dérouler le fil de leur histoire de cette manière, afin d’être encore plus intime vis-à-vis de leur lectorat.


Dix ans après L’île des oubliés, Victoria Hislop nous offre une suite inattendue mais intéressante, qui place les protagonistes du premier tome au coeur d’une saga familiale trépidante. Peut-être l’auteure nous fera-t-elle l’honneur d’un troisième tome ?

Ma note : 8/10

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ISBN : 978-2-36569-583-1
Traduction : Alice Delarbre

Cent ans de Laurelfield


Cent ans de Laurelfield de Rebecca Makkai
363 pages, éditions Les Escales, à 21,90€


Résumé : 1999 : Bienvenue à Laurelfield, vaste demeure du Midwest et partez à la rencontre de ses propriétaires ancestraux, les Devohr. Il y a Zee, une marxiste qui méprise la richesse de ses parents, tout en vivant dans leur maison avec son mari Doug ; sa mère Grace, qui prétend pouvoir tout savoir d’une personne en regardant ses dents ; et son beau-père Bruce, occupé à faire des réserves pour l’arrivée imminente de l’an 2000. Et puis il y a Violet, son arrière-grand-mère, qui se serait suicidée quelque part dans cette grande maison et dont le portrait est toujours accroché dans la salle à manger.
1955 : Grace et son mari violent George emménagent à Laurelfield. Rapidement, elle remarque des détails étranges qu’elle considère comme des présages d’événements à venir. Sa vie commence alors à changer…
1929 : Laurelfield est une colonie d’artistes hétéroclite et bohèmes où se retrouve la fine fleur de la création artistique de l’époque. Le petit groupe passe son temps entre poursuites artistiques et débauche sous les yeux du portrait de Violet Devhor, qui hanterait les lieux.

Une saga familiale ambitieuse et ludique sous la forme de poupées russes


Extraits : « – Je pense que « chance » n’est pas le bon terme. Quand nous prenons vraiment la peine de parler de chance, nous voulons dire qu’il y a eu tout un enchaînement de bonnes choses ou un enchaînement de mauvaises choses. Par exemple, la pièce de monnaie qui n’arrête pas de tomber côté face.
– Alors peut-être que nous voulons parler de destin. »

« Un seul secret, qu’il soit partagé ou gardé, en engendrait d’autres. »


Mon avis : Cent ans de Laurelfield est ce qu’on peut appeler un ovni littéraire, dans le sens où il est d’abord compliqué de le catégoriser dans un genre en particulier, puis de l’expliquer, de le résumer. L’histoire se passe d’abord en 1999, à l’aube de l’an 2000. Une famille vient de s’installer dans la propriété des Devohr, ancienne maison d’artistes, depuis longtemps déserté par ces derniers. Parmi les habitants actuels se trouvent Zee, une jeune professeure à l’université, son compagnon Doug, un écrivain à la plume asséchée ; la mère de Zee, Grace et son beau-père Bruce, ainsi que le fils de Bruce et sa compagne Miriam, nouvellement débarqués à Laurelfield. Ensemble, ils vivent sous le même toit, sous l’oeil vigilant de Violet, la grand-mère décédée, présente sous forme de tableau, elle hante quelque peu les lieux et surveille les faits et gestes de ses habitants. La cohabitation entre cette famille recomposée n’est pas aisée, chacun est doté de personnalités très différentes, qui ne s’imbriquent pas nécessairement. Disputes, secrets, faux-semblants, mensonges sont lot quotidien à Laurelfield.

Nous faisons ensuite un bond dans le passé, d’abord en 1955, lorsque Grace et son mari s’installent à Laurelfield ; puis en 1929, quand la bâtisse était encore habitée des nombreux artistes qui lui donnaient tout son charme (peintres, écrivains, danseurs, sculpteurs…). Ils séjournaient ensemble dans ce manoir en pleine campagne, afin de s’adonner paisiblement à leur art, sans perturbation extérieure. Mais une menace plane sur cette colonie d’artistes : le propriétaire semble vouloir reprendre possession des lieux. D’ailleurs, le manoir de Laurelfield est présenté comme un personnage à part entière, qui voit défiler entre ses murs de nombreux personnages, des années d’histoires, de secrets, de disputes, d’amour et d’art. En remontant le fil du temps de manière non chronologique, nous comprenons certains secrets, certains non-dits, nous prenons conscience d’éléments parfois insignifiants qui sont pourtant importants à intégrer pour comprendre le bon déroulement de l’histoire.

En ce sens, le récit est vraiment complexe ; la diversité des personnages, les nombreux sauts dans le temps, les histoires qui s’imbriquent les unes aux autres, qu’il faut savoir relier correctement, sont autant d’éléments qui viennent freiner la lecture. Il faut rester vigilant à la recherche d’indices qui viendraient éclairer notre esprit et nous ouvrir les portes du savoir. La trame narrative est intéressante et exige sans doute une relecture pour comprendre pleinement toutes les subtilités distillées au fil du récit. L’histoire globale n’est pas assez fluide, l’auteure s’aventure bien trop dans les détails et m’a perdue à de nombreux moments.

En effet, durant l’ensemble de ma lecture, j’ai constamment vacillé entre l’euphorie de lire une histoire hautement originale, qui sort clairement de l’ordinaire, avec des références littéraires et artistiques intéressantes, des personnages complexes mais riches ancrés dans une atmosphère spéciale ; puis, l’instant d’après, je me retrouvais désappointée par l’amas de détails, par les arrêts momentanés sur des sujets insignifiants, qui amenaient invariablement de profonds sentiments d’ennui tenaces, notamment durant les deux derniers chapitres, consacrés aux années 1955 et 1929. J’ai néanmoins persévéré jusqu’à terminer le livre, m’attendant plus ou moins à obtenir les éclaircissements nécessaires à la fin de l’histoire. Mais que nenni : Cent ans de Laurelfield se termine abruptement, me laissant pantoise, seule face à mes nombreux questionnements. Ainsi, depuis plus de cent ans, et pour des siècles encore, le manoir de Laurelfield garde ses secrets bien enfouis, connus de lui seul.


Une histoire originale, à la trame narrative riche mais complexe, qui oscille entre saga familiale et roman gothique. J’ai été agréablement surprise par la construction littéraire et l’atmosphère général qui se dégage du récit, bien que je sois restée quelque peu en retrait du récit lui-même. néanmoins, je suis sûre que ce livre trouvera son public !

Ma note : 4/10

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ISBN : 978-2-36569-557-2
Traduction : Caroline Bouet

Qui le sait ?


Qui le sait ? de Lesley Kara
377 pages, éditions Les Escales, à 21,90€


Résumé : Elle pensait pouvoir oublier ses secrets les plus noirs. Elle avait tort. Astrid, ancienne alcoolique, n’a pas touché un verre depuis 192 jours, 7 heures et 15 minutes. Pour fuir son passé douloureux, Astrid a quitté Londres. Elle vit chez sa mère dans une petite station balnéaire et essaie de se reconstruire. Pourtant, malgré les réunions des Alcooliques Anonymes et sa volonté de commencer une nouvelle vie, certains souvenirs continuent de la hanter. Car quelqu’un sait exactement ce que fuit Astrid. Et il n’arrêtera pas de la harceler jusqu’à ce qu’elle apprenne que certaines fautes ne peuvent pas être pardonnées. Pour celles-ci, il faut rendre des comptes… …


Extraits : « Ce n’est pas parce que vous vous imaginez en train de faire quelque chose et que ça vous procure un sentiment de satisfaction que vous avez réellement envie de le faire. Cela ne veut pas dire que vous allez tout mettre en oeuvre pour que le rêve devienne réalité. Loin de là. Pourtant, il arrive aussi que l’inverse se produise, et que vous fassiez quelque chose d’impensable, changeant le cours de votre vie pour toujours. »

« Nos secrets sont le véritable reflet de notre âme. »


Mon avis : Astrid est une jeune trentenaire qui a fuit Londres et ses problèmes passés. Elle s’est réfugiée aux côtés de sa mère, à la campagne et tente progressivement de se reconstruire. Ancienne alcoolique, elle se rend chaque semaine aux réunions des Alcooliques Anonymes, où elle tente de purger ses peines, d’obtenir rédemption et conseils pour ne pas sombrer de nouveau. Là-bas, elle fait la connaissance d’Helen, une femme plus âgée qu’elle, avec qui elle sympathise rapidement. Ensemble, elles se soutiennent dans leur combat contre l’alcool et s’ouvrent librement l’une à l’autre sur leurs histoires passées.

Qui le sait ? est un thriller psychologique qui place Astrid, notre protagoniste sur le devant de la scène. Elle se débat avec ses démons intérieurs, notamment avec son souvenir de Simon, son ex-petit ami. Nous ne savons pas avec certitude ce qui est arrivé à Simon ; seulement, c’est un drame assez intense pour qu’Astrid en subisse encore des séquelles plusieurs années après. La jeune femme se retrouve même poursuivie et harcelée presque quotidiennement par un mystérieux corbeau, qui vient jusque chez elle lui proférer des menaces. On ressent clairement qu’elle est en danger ; en ce sens, l’auteure nous maintient en haleine durant l’ensemble de l’histoire, avec un suspense grandissant qui entoure à la fois Astrid, jeune femme mystérieuse, sombre, déracinée et complexe à décortiquer, mais aussi autour du personnage de Simon, que nous ne faisons qu’apercevoir de temps à autre. Que leur est-il arrivé ? Pourquoi avoir mis fin à leur histoire ?

Le sujet principal : l’addiction à l’alcool. En abordant cette thématique, Lesley Kara sensibilise à la dépendance, aux conséquences qui en découlent, mais aussi aux solutions qui existent pour s’en sortir. Le chemin est souvent long, semé d’embûches, mais il est nécessaire pour aller mieux, pour soi d’abord, mais aussi pour ses proches. Astrid en est pleinement consciente et multiplie les efforts pour mener à la rédemption. Le tout est d’être soutenu par son entourage et d’avoir la volonté et le mental de vouloir réellement s’en sortir.

Bien qu’haletant, j’ai trouvé le récit assez creux, avec un manque profond de substance à se mettre sous la dent. C’est clairement un thriller psychologique, qui nous fait pénétrer dans les cas de conscience d’Astrid, d’où le manque d’actions significatifs. Seul le dénouement apporte son lot de rebondissements, avec un rythme qui s’accélère, pour une fin en apothéose. Je pense que personne n’aurait pu prédire cette fin, tant elle est alambiquée, inattendue et sans doute un peu trop incohérente avec l’histoire globale. Un peu trop tirée par les cheveux, dirais-je, invraisemblable, on y croit pas forcément, mais elle n’en reste pas moins agréable à lire.


Un thriller psychologique bien mené, qui s’appuie sur l’expérience personnelle intérieure d’Astrid, la protagoniste, pour sensibiliser au sujet difficile de l’alcoolisme. Malgré une fin invraisemblable, j’ai apprécié découvrir ce livre.

Ma note : 6/10

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ISBN : 978-2-36569-533-6
Traduction : Clara Gourgon

À la folie, pas du tout


À la folie, pas du tout de M. J. Arlidge
342 pages, éditions Les Escales, à 21,90€


Résumé : Un thriller chargé d’adrénaline qui ne laisse à Helen Grace que 24h pour démêler les fils d’une sanglante affaire. Elle m’aime… Sept heures du matin. Alors que le soleil se lève dans un ciel rouge sang, une femme est retrouvée morte sur une route de campagne. Mais qui a bien pu tuer cette mère de famille et épouse aimée ? Un peu… Deux heures plus tard, un commerçant est tué de sang-froid. Les clients sont tous laissés sains et saufs. Beaucoup… Quel motif anime ces meurtriers qui semblent tuer au hasard ? Passionnément… Helen Grace, tout juste sortie de prison, devra le découvrir rapidement si elle veut éviter que cette journée se termine en bain de sang. Car une seule chose est sûre : ils sont prêts à tout pour terminer leur macabre travail.
A la folie…Pas du tout.


Extraits : « Elle appréciait depuis toujours la vitesse parce qu’elle transformait le monde autour d’elle, en allégeait le poids. »

« Sanderson détestait cet aspect de la vie moderne : tout le monde se prenait pour un témoin oculaire ou un journaliste. De nos jours, plutôt que d’intervenir pour empêcher un crime ou se tenir à distance du danger, ils filmaient comme s’ils étaient au spectacle. »


Mon avis : Première rencontre littéraire avec le roi du polar M. J. Arlidge, mondialement connu pour le succès de son livre Am stram gram… Une première rencontre haute en couleurs, qui a largement rempli mes nombreuses attentes.

L’inspectrice Helen Grace se retrouve face à des tueurs en série énigmatiques : un jeune couple, la vingtaine à peine, semblent tuer sans mobile précis les personnes qu’ils croisent sur leur chemin : d’abord une mère de famille en plein milieu d’une route, puis un commerçant dans sa pharmacie… Qui sera leur prochaine victime ?  Bien décidée à stopper leur série meurtrière, Helen Grace met toutes ses équipes sur le coup, pour neutraliser les jeunes tueurs avant qu’ils ne commettent encore plus de crimes. La course contre la montre est lancée !

M. J. Arlidge nous tient en haleine sur 340 pages : les chapitres sont très courts (quelques pages à peine) et l’alternance des points de vue contribuent à dynamiser davantage le récit. J’aime beaucoup ce genre de format saccadé au rythme rapide, qui nous permet d’être plongé dans une ambiance stressante, pressante, proche de ce qui aurait pu se passer en réalité. L’histoire se déroule en une journée à peine… et pourtant, tant de choses se passent entre-temps ! Nous faisons face à une folie meurtrière sans précédent, dont les contours sont assez flous. De nombreuses questions se posent alors : qui sont ces jeunes ? Pourquoi tuent-ils ? Est-ce prémédité ? Où s’arrêteront-ils ? Des énigmes qui viennent rajouter à la confusion de notre esprit, à la frénésie ambiante, qui nous pousse à tourner les pages toujours plus vite.

J’ai apprécié que l’équipe policière soit presque exclusivement constituée de femmes décideuses, ce qui contribue à casser les codes stéréotypés des hommes en uniforme. Les femmes aussi peuvent mener à bien des missions périlleuses ; elles sont courageuses, téméraires, elles représentent admirablement la force brute et la détermination.

En revanche, pour comprendre toutes les subtilités des références, je vous conseille de lire les autres romans de l’auteur. En effet, la protagoniste Helen est un personnage phare des polars de M. J. Arlidge. Bien que chacune de ses histoires peut se lire séparément des autres, sans ordre précis, Helen reste le fil rouge de ses récits : présente dans chacun d’eux, évolue au gré de ses enquêtes et fait souvent de subtils références à des enquêtes passées. Rien qui gêne l’avancée de cette lecture, mais pouvoir comprendre tous les arguments énoncés reste un luxe que j’aurais bien aimé avoir. De ce fait, les caractéristiques propres à chaque personne ne sont pas développées. L’auteur a sans doute dû le faire dans ses histoires précédentes et ne prend donc plus la peine de se répéter dans ce nouveau polar. Ce qui est dommage pour les nouveaux lecteurs tels que moi, qui, de fait, ne s’attache absolument pas aux différents personnages cités. Mais peut-être est-ce là une astucieuse technique pour nous pousser à découvrir les tomes précédents…


M. J. Arlidge nous embarque pour une course contre la montre intensive face à de jeunes tueurs en série. Un polar trépidant, rempli d’actions, qui m’a tenu en haleine jusqu’à la fin.

Ma note : 7/10

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ISBN : 978-2-36569-550-3
Traduction : Séverine Quelet