Reste avec moi


Reste avec moi de Ayobami Adebayo

317 pages, éditions Charleston, à 22,50€


Résumé : Avec pour toile de fond les bouleversements politiques du Nigeria des années 1980, le portrait inoubliable d’une femme qui fait le choix de la liberté… envers et contre tout.

Yejide et Akin vivent une merveilleuse histoire d’amour. De leur coup de foudre à l’université d’Ifé, jusqu’à leur mariage, tout s’est enchaîné. Pourtant, quatre ans plus tard, Yejide n’est toujours pas enceinte. Ils pourraient se contenter de leur amour si Akin, en tant que fils aîné, n’était tenu d’offrir un héritier à ses parents. Yejide consulte tous les spécialistes, médecins et sorciers, avale tous les médicaments et potions étranges… Jusqu’au jour où une jeune femme apparaît sur le pas de sa porte. La seconde épouse d’Akin. Celle qui lui offrira l’enfant tant désiré. Bouleversée, folle de jalousie, Yejide sait que la seule façon de sauver son mariage est d’avoir un enfant. Commence alors une longue et douloureuse quête de maternité qui exigera d’elle des sacrifices inimaginables.


Extraits « Un homme n’est pas quelque chose qu’on peut garder pour soi ; un homme peut avoir plusieurs épouses, mais un enfant ne peut avoir qu’une seule mère. Une seule. »

« Ce qui est important est en moi, en sécurité au fond de mon coeur comme dans une tombe, dans un lieu éternel. »


Mon avis : Yejide est une jeune femme nigérienne qui vit une histoire d’amour avec Akin. Leur amour est beau, profond et sincère. Seul ombre au tableau : Yejide et Akin n’arrivent pas à avoir d’enfant. Malgré les nombreux spécialistes qu’ils voient, ils n’arrivent pas à comprendre pourquoi cela n’arrive pas. Puis un jour, la seconde épouse d’Akin fait leur apparition dans leur vie et bouscule leur quotidien. Puis un jour, miraculeusement, Yejide tombe enceinte. Mais personne n’y croit, pas même son mari Akin, qui la traite de folle.

J’ai beaucoup aimé cette lecture, qui change grandement de mes genres de prédilections habituels. En effet, bien que j’aie déjà lu dans le passé quelques romans africains, je n’en ai gardé que très peu de souvenirs… et pourtant, l’écriture est si belle, l’histoire si exotique, que je regrette de ne pas en lire plus souvent !

Reste avec moi met en avant une palette d’émotions propres à l’amour : la passion, la jalousie, la trahison, la tromperie, l’infidélité, la séparation… c’est une véritable malstrom d’émotions, qui fait passer le lecteur du bonheur aux larmes en quelques pages seulement.

J’ai beaucoup aimé découvrir une histoire comme celle-ci, émanant d’une auteure africaine. La perception des choses et surtout les traditions africaines qui leur sont propres, offrent une gamme de nouveautés à l’histoire, qui ne se trouve nul part ailleurs. J’ai été impressionnée par la multitude des épouses d’un même homme, chose qui paraît totalement banal en Afrique. Seule Yejide, sorte de femme moderne et rebelle sur les bords, ne souhaite pas reproduire ce schéma marital (elle y sera tout de même confronté contre son gré). Nombreuses sont les femmes qui se font entretenir grassement par leur mari, mais là encore, Yejide fait exception à la règle, puisqu’elle est patronne de son propre salon de coiffure pour femmes, qui lui permet de garder son autonomie et sa fierté.

En somme, le personnage de Yejide doit représenter un exemple en Afrique : une jeune femme moderne, détachée des normes africaines et indépendante. En tout cas, le courage dont elle fait preuve au quotidien face aux regards et interrogations des autres m’a ému.

Ce qui m’a le plus affecté, c’est la souffrance du couple, qui n’arrive pas à concevoir d’enfant. Yejide va pourtant tout mettre en oeuvre pour y arriver, allant jusqu’à gravir une montagne dite sacrée. Son ventre va s’arrondir, les symptômes de la grossesse vont apparaître, sans pour autant qu’aucun médecin ne perçoivent de bébé dans son ventre. Elle va pourtant se convaincre du contraire durant les mois qui suivront, et cette persévérance dans le faux m’a fait mal au coeur. Par la suite, elle cherchera d’autres moyens détournés, pas les plus sains, pour concevoir un enfant. Je ne vous en dis pas plus, vous laissant le loisir de découvrir par vous-même le fin mot de l’histoire.


Entre amour, traditions, jalousie, infidélité, tromperies… Reste avec moi est une histoire riche et exotique, qui m’a beaucoup plût.

Ma note : 8/10

Pour lire plus d’avis

Notre-Dame du Nil

Notre-Dame du Nil
de Scholastique Mukasonga.
223 pages, éditions Gallimard à 17,90 €

Résumé : Au Rwanda, un lycée de jeunes filles perché sur la crête Congo-Nil, à 2 500 mètres d’altitude, près des sources du grand fleuve égyptien. Les familles espèrent que dans ce havre religieusement baptisé Notre-Dame du Nil, isolé, d’accès difficile, loin des tentations de la capitale, leurs filles parviendront vierges au mariage négocié pour elles dans l’intérêt du lignage. Les transgressions menacent au cœur de cette puissante et belle nature où par ailleurs un rigoureux quota « ethnique » limite à 10 % le nombre des élèves tutsi.
Sur le même sommet montagneux, dans une plantation à demi abandonnée, un « vieux Blanc », peintre et anthropologue excentrique, assure que les Tutsi descendent des pharaons noirs de Méroé. Avec passion, il peint à fresque les lycéennes dont les traits rappellent ceux de la déesse Isis et d’insoumises reines Candace sculptées sur les stèles, au bord du Nil, il y a trois millénaires. Non sans risques pour sa jeune vie, et pour bien d’autres filles du lycée, la déesse est intronisée dans le temple qu’il a bâti pour elle.
Le huis clos où doivent vivre ces lycéennes bientôt encerclées par les nervis du pouvoir hutu, les amitiés, les désirs et les haines qui traversent ces vies en fleur, les luttes politiques, les complots, les incitations aux meurtres raciaux, les persécutions sournoises puis ouvertes, les rêves et les désillusions, les espoirs de survie, c’est, dans ce microcosme existentiel, un prélude exemplaire au génocide rwandais, fascinant de vérité, d’une écriture directe et sans faille.

Extraits : « Et parfois je m’imagine dans une autre vie plus heureuse comme il n’y en a sans doute que dans les films… »
« Les Blancs, ils parlent tout le temps de ce qu’ils mangent, de ce qu’ils ont mangé, de ce qu’ils vont manger.« 

Mon avis : J’ai lu ce livre dans le cadre de la Lecture commune de février 2012 sur Babelio.

Malgré le prix Renaudot 2012 que Notre-Dame du Nil a reçu, je n’ai pas été emballé par l’histoire…

Le récit est intéressant, j’y ai appris pleins de termes nouveaux, que je n’entendrais probablement plus jamais, mais qu’importe, maintenant, je les connais. La découverte de peuples différents est quelque peu inimaginable pour nous, européens, et très plaisant. On y apprend leurs conditions de vie, leurs religions, leurs habitudes… j’ai été plongé au coeur de ce lycée pour filles du Rwanda, emportée avec elles dans les aventures exceptionnelles qu’elles vont vivre.
Notre-Dame du Nil m’a certes intéressé, mais je n’ai pas eu cette envie de découvrir rapidement la suite de l’histoire…

J’ai quand même trouvé le récit un peu long… je m’ennuyais pendant certains passages, je lisais sans vraiment lire, je perdais le cours de ma lecture. Je ne suis pas réellement entré dans l’histoire, tous les peuples se mélangeaient dans ma tête, les noms des filles également, mais c’est surtout le côté politique qui m’a dérangé… je n’ai pas tout compris au roman, et je trouvais l’histoire un peu brouillon. De plus, je n’ai ressenti aucune émotions à lire ce roman : les personnages ne m’ont pas touchés, leurs histoires non plus… ce sont juste leurs conditions de vie qui m’ont émues, que je trouve horribles, monstrueuses, même.

Notre-Dame du Nil m’a néanmoins permis de découvrir un autre univers, car l’Histoire africaine m’était encore inconnue à ce jour.

Ma note : 5/10