Classique·Fantastique·Littérature anglaise

Le portrait de Dorian Gray

Le portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde.
328 pages, éditions Gallimard Jeunesse

 

Résumé : Le peintre Basil Hallward vient d’achever son meilleur tableau. Invité à se contempler, Dorian Gray, son modèle, fait alors un voeu insensé : que le portrait vieillisse à sa place et que lui conserve éternellement sa jeunesse et sa beauté. Quelles ne sont pas sa stupeur et son effroi quand son voeu se réalise ! Le tableau devient alors le miroir de son âme…

Extraits : « La jeunesse sourit sans motif. C’est un de ses plus grands charmes. »
« Il arrive souvent que lorsque nous pensons expérimenter sur autrui, nous soyons en réalité en train d’expérimenter sur nous-mêmes. »
« La chose la plus banale devient délicieuse dès l’instant qu’on la dissimule.« 

Mon avis : Depuis le temps que j’en entendais parler… je me suis enfin décidé à lire ce chef-d’oeuvre d’Oscar Wilde.

Avec une écriture simple, agréable à lire et à la portée de tous, enfants comme adulte, Oscar Wilde nous raconte une histoire fantastique dont lui seul à le secret. Le portrait de Dorian Gray traverse les époques, et séduit toujours autant les lecteurs. C’est un mythe à découvrir obligatoirement !!!

Dorian Gray est un jeune homme qui s’est révélé tout au long du livre. Introverti, timide et ayant peu confiance en lui au début du roman, il va changer du tout au tout, et va finir par devenir l’exact opposé du personnage qu’il était alors.
Lord Henry a assurément été mon personnage favori. Même s’il n’était pas la principale personne qui devait dicter le roman, avec son sens de la réflexion poussé au maximum et son intelligence sur-dimensionnée, il va être le mentor du jeune Dorian Gray et va devenir le principal acteur du changement de comportement de celui-ci. Car derrière ses airs de dandy et de beau parleur se cache un homme manipulateur malgré lui, dont les paroles sont souvent assez cruels, voire choquantes.

Le lecteur est obligé d’être absorbé par cette lecture. Oscar Wilde captive l’attention, et la retient grâce à une intrigue originale qui aiguise la curiosité. Mais ce roman n’est pas simplement une histoire mystérieuse qui critique la société victorienne, c’est également un ouvrage philosophique, qui traite de sujets de la vie indirectement.

C’est quand même étrange de penser qu’Oscar Wilde n’a écrit qu’un seul roman, celui-ci. Ça aurait été avec une grande joie de découvrir une autre histoire de ce même auteur, j’ai tellement apprécié son style d’écriture et son univers…

 

Ma note : 10/10
Fantastique·Nouvelles·Science-fiction

Paradis sur mesure

Paradis sur mesure de Bernard Werber
435 pages, éditions Albin Michel, à 22,50€

 

Résumé : Bernard Werber a toujours aimé alterner gros roman et forme courte, genre qu’il affectionne particulièrement. Dans ce receuil, on le retrouve fidèle aux sujets qui le préoccupent : l’avenir de l’homme, de la planète, l’inconscience de notre monde. Chaque nouvelle nous entraîne vers un questionnement : quelles politiques, quelles sanctions faut-il inventer pour que nous cessions de nous détruire ? Que deviendrait une Terre sans hommes (un monde-jardin peuplé de femmes pacifiques ayant occulté jusqu’au souvenir du mâle) ? Qu’est-ce en réalité qu’une réunion de copropriétaires dont le syndic est un fieffé filou ?… De l’universel au particulier en passant par la société des fourmis, Werber rêve l’humain, heureux de nous transmettre un avenir… possible L’AUTEUR Des Fourmis à la trilogie des Dieux, Bernard Werber est devenu un phénomène de librairie (plus de 6 millions d’ex vendus en France, 10 millions dans le monde !), un des rares auteurs français à connaître une véritable renommée internationale, de la Russie à la Corée du sud où il est un auteur-culte.

Extraits : « C’est le silence qui nous apprend à aimer la musique, c’est l’obscurité qui nous apprend à aimer les couleurs, c’est la guerre qui nous apprend à aimer la paix, c’est l’absence de rire qui nous apprend à comprendre l’humour. »
« Le pétrole est le sang de la terre et ceux qui l’aspirent en sont les vampires. »

Mon avis : Premiers moments passés en compagnie de Bernard Werber et première surprise en découvrant les futuristes nouvelles de Paradis sur mesure.

L’imagination débordante de l’auteur m’a fasciné du début à la fin. Pour tout vous dire, j’en suis même venue à me questionner sur la réalité des faits exposés, la probable véracité des histoires détaillées. Les fourmis, peuvent-elles réellement être maîtresse d’elles-mêmes et comprendre la vie ? Où naissent les blagues si quotidiennement énoncées ? 17 histoires toutes aussi différentes les unes que les autres, ayant sciemment mûries dans l’esprit délirant de Bernard Werber.

Certaines nouvelles m’ont plus plûes que d’autres. Les plus longues et détaillées sont évidemment mes préférés, car plus complètes, profondes, descriptives, elles s’imprégnent plus intensément dans l’esprit du lecteur. Je pense par exemple à l’histoire « Là où naissent les blagues », faisant partie de mes favorites du recueil, ou encore « Le Maître de Cinéma », l’une des histoires incontournables du livre.

Cette première rencontre saugrenue avec le maître français de l’imaginaire m’a enthousiasmé. Ce premier essai de nouvelles visionnaires – ou futuristes, au choix -, m’a non seulement ouvert mon esprit littéraire à d’autres genres peu connus, mais également fait prendre conscience du fourmillement d’idées qui se trament dans la tête des vrais auteurs. Car je ne doute pas un instant que ces histoires couchées sur le papier ne sont qu’une infime partie de tout ce qui fourmille continuellement dans l’esprit ambigû de Bernard Werber.

Sans pour autant être une révélation, j’ai pris plaisir à lire ce recueil. Ne vous laissez pas désarçonner par la complexité ou l’étrangeté de certaines histoires et plongez pleinement dans l’univers fantastique que nous offre ce grand maître de la science-fiction.

Ma note : 6,5/10
Fantastique·Littérature jeunesse

Reviens-moi

Reviens-moi de Rachel Ward.
300 pages, éditions Michel Lafon, à 15,95 €

 

Résumé :Que se passerait-il, si vous aviez commis un acte terrible, mais dont vous ne parviendriez pas à vous souvenir ?
Sur la rive d’un lac gelé, Carl s’éveille alors que des pompiers emportent le corps sans vie de son frère et mettent en lieu sûr une jeune fille tremblante et glacée. Que s’est-il passé dans l’eau ? Il l’ignore. Sa seule certitude est que cette adolescente est liée à la mort de son frère, et qu’il doit absolument la rencontrer pour faire la lumière sur cette tragédie. Elle est son seul espoir de retrouver la mémoire. Ensemble, ces adolescents devront percer le sombre secret qui les unit et les causes de ce drame. Mais n’est-il pas dangereux de vouloir la vérité à tout prix ? Quand les souvenirs refont surface, il est trop tard pour les enfouir à jamais.

Extraits :  « Être hors de danger, ça n’existe pas, n’est-ce pas ? Notre vie ne tient qu’à un fil. Une chose, rien qu’une toute petite chose, et tout est fini. »
« Comment sait-on que l’on devient fou ? Est-on différent, physiquement ? Peut-on le voir dans ses propres yeux ? »

Mon avis : Mon avis concernant Reviens-moi ne pourra pas être complètement objectif, car ce livre entre dans la catégorie littéraire fantastique, un genre que je ne lis que très peu, voire pas du tout. Sans vouloir m’attirer les foudres des adeptes de ce style de livres, j’essaierais de rester dans ma chronique, la plus impartiale possible.

Avant de demander ce livre, j’aurais sans doute du me renseigner un petit peu plus sur le genre littéraire et le contenu de l’ouvrage. Foncer tête baissée en ayant vu la sublime couverture mise en place par les éditions Michel Lafon et en ayant lu le résumé très attrayant, je n’ai pas tout de suite compris que ce livre était en réalité un récit fantastique. Mais j’ai quand même essayé de le lire… en ne vous cachant pas que j’ai sauté certains passages (notamment vers la fin, où je commençais à m’endormir).

Pendant les premiers chapitres, le lecteur (peu importe son genre littéraire de prédilection), est complètement perdu. Le personnage est distant, il est quasiment amnésique, Rachel Ward ne fait aucune description de son physique ou de son caractère, et on se retrouve dans une ambiance très mystérieuse et pesante. Cette atmosphère a été voulue par l’auteure, et son pari a réussi : le lecteur est déstabilisé par le manque d’informations qu’il reçoit.

Mais très rapidement, les principaux personnages se dévoilent, et nous percevons mieux l’intrigue de l’histoire. Malheureusement, le suspense n’est pas présent. Dès le début, nous savons ce qu’il s’est déroulé dans le lac, nous connaissons les actes et les conséquences qui ont découlaient de cette noyade.
De plus, même si l’intrigue est pratiquement effacée au profit des actions des personnages, elle est répétée inlassablement tout au long de l’histoire. Je comprends que la noyade est le noyau de ce livre, mais le répété encore et encore, dans presque tous les chapitres, je trouve ça un peu osé… et terriblement lassant !

L’histoire ne m’a pas embarquée, je n’ai pas réussi à déceler la psychologie des personnages, et en plus, je ne me suis même pas attaché à eux.

Le gros plus, que je tiens à souligner, est le décor sombre et obscur qu’à dressé Rachel Ward. Une atmosphère terrifiante, avec des conditions climatiques qui appuient cet aspect-là, avec en prime, le très petit nombre de personnages. Car en lisant ce roman, je me suis très vite rendue compte que les personnages secondaires étaient presque inexistants. Les protagonistes semblent seuls, délaissés de tous, dans une ville fantôme. Je dois dire que l’auteure a fait fort sur ce coup-là ; ce récit aurait très bien pu entrer dans une catégorie de « thriller fantastique ».

Je ne vais pas m’étendre sur le thème du fantastique, vu que je ne suis pas une « experte » dans cette zone-ci, mais je trouve qu’il était, certes, présent, mais légèrement en retrait. Comme j’ai déjà testé certains romans fantastiques, j’ai pu comparer le degré de surnaturels présent dans Reviens-moi et à mon avis, il est assez minime.

Si vous aimez bien le fantastique plutôt noir, je pense que ce roman vous plaira. Mais même sans être une fan incontestée de ce genre, j’ai remarqué quelques longueurs assez pénibles…

 

Ma note : 5/10
Fantastique·Thriller

Codex lethalis

Codex Lethalis de Pierre-Yves Tinguely.
376 pages, éditions Hachette collection Black Moon thriller à 18 €

 

Résumé : Deux agents de police en patrouille découvrent une scène effroyable : une petite famille apparemment ordinaire a été massacrée.
Pourquoi Harold Buchanan, bon père de famille sans histoires, aurait-il tué sa fillette et sa femme avant de se supprimer ? L’autopsie révèle que sa propre mort n’est pas un suicide : son cerveau et ses globes oculaires ont comme bouilli. Un informaticien est chargé d’inspecter l’ordinateur de Buchanan : à son tour, il est pris d’une crise de folie meurtrière, et le massacre est évité de peu. D’autres scènes similaires se succèdent : des gens deviennent fous de rage et s’effondrent après avoir tenté d’anéantir tout ce qui les entoure.
Le point commun de toutes ces personnes à la fois meurtrières et victimes ? Une vidéo, huit secondes de mort vivante, diffusée sur la Toile et ouverte d’un simple clic sur leur écran.

Extraits : « Aussi incompatible qu’indispensables, la religion et la science formaient deux façons opposées d’atteindre le même but : comprendre. »
« Le monde courait à sa perte, et l’homme ne cessait d’accélérer le mouvement. »
« Un homme politique ne dit jamais ce qu’il pense, ou alors il a vraiment perdu l’esprit.« 

Mon avis : Quel plaisir de découvrir un vrai thriller franço-suisse digne des américains !!!

Avant de débuter ma critique, je tenais à féliciter la personne qui a réalisé la couverture de Codex Lethalis : elle fait vraiment peur. Outre la couleur noir et sombre qui la compose, on arrive à croire, si nous la regardons longuement, que la personne qui se situe dessus est réelle et qu’elle nous regarde… Juste ça, ça donne froid dans le dos !

Dans un style d’écriture simple, agréable à lire, avec des chapitres courts mais efficace, Pierre-Yves Tinguely nous entraîne au coeur d’une enquête de police très spéciale, et terrifiante. En mélangeant du thriller et un peu de fantastique, il arrive à plonger le lecteur dans un monde horrible, à glacer le sang. Je dois avouer que j’ai adoré ma lecture, je n’arrivais plus à lâcher le livre. Le suspense est présent à chaque chapitre, pas étonnant que je n’arrivais pas à le reposer !

Dans un premier temps, toute la première partie du livre a été une suite d’évènements et d’actions qui s’enchaînent. Aucun temps mort, le lecteur va de surprise en surprise, il ne peut qu’être happé et scotché devant les scènes qu’il découvre. D’ailleurs, dès les premières pages, Pierre-Yves Tinguely donne le ton du roman, il l’introduit de manière à allécher le lecteur, et à repousser les âmes trop sensibles… J’ai plus qu’apprécié l’idée que l’auteur a eu. Ce système d’assassinats en regardant une simple vidéo est invraisemblable, et inimaginable ! En lisant ce livre, je me suis imaginé à la place des pauvres personnages victimes de ce fou de Zack Pierce, mais quelle horreur, j’en ai eu des frissons… Alors, simple invention de l’auteur ou crime futuriste ?

La seconde partie du roman m’a un peu déçu (je ne dis pas que je n’ai pas aimé, loin de moi cette idée, bien au contraire), je n’ai pas retrouvé toutes les scènes que j’avais tant apprécié au début du livre. Il faut dire aussi que cette partie là est plus accès sur l’enquête policière et la recherche du criminel. Mais cela n’a pas empêché de garder une certaine envie de connaître la fin de cette recherche.

Le dénouement m’a également déçu : je m’attendais à quelque chose dont personne n’aurait jamais deviné qu’il se produise, mais que nenni.

Un thriller effrayant, au suspense insupportable, que je conseille à tous. Néanmoins, les âmes sensibles doivent s’abstenir, il y a beaucoup de scènes sanglantes, et je vous conseille de ne pas lire ce livre le soir avant de vous coucher : risques de cauchemars imminent !

 

Ma note : 9/10
Fantastique·Littérature jeunesse

Forgotten

Forgotten de Cat Patrick
300 pages, éditions La Martinière Jeunesse, à 13,90€

 

Résumé : Chaque nuit, la mémoire de Lili Lane s’efface. À son réveil, tout ce qu’il reste est un petit mot, écrit de sa main, lui relatant les événements de sa journée précédente. La vie de cette jeune fille de 16 ans est rythmée grâce à ces petits papiers, par le lycée et par son petit ami dont elle oublie chaque jour le nom. Lili Lane est hantée par des cauchemars d’un passé qu’elle ne comprend pas et par des visions de l’avenir qui l’effraient. Y aurait-il un lien entre toutes ces visions ?
Lorsqu’elle découvre que Luke, son petit ami, en sait plus long qu’il ne le dit et que sa meilleure amie court un danger que seul son étrange don de voyance lui permet de combattre, Lili réalise qu’il est temps pour elle d’en apprendre un peu plus sur son passé… pour ne pas mettre son propre avenir en péril.
En démêlant tous les indices, flashbacks et visions toujours plus troublantes, Lili Lane verra peu à peu surgir l’image d’une tombe. Quel est donc cet être cher qui a disparu ? Parviendra-t-elle, au fil de son enquête, à découvrir l’origine de son traumatisme, à savoir qui elle est et vivre normalement ? Pour cela, il lui faudra mener l’enquête jusqu’au bout.

Extraits : « A mon avis, le paradis et la réincarnation sont des moyens de nous rassurer sur ce qui arrive à l’âme des morts. »
« Dans la vie, la plupart des drames finissent par se résoudre, d’une manière ou d’une autre, même si ça met du temps. C’est en me raccrochant à cette idée, à la perspective qu’un jour les choses se résolvent, que j’ai réussi à traverser ces années difficiles. »

Mon avis : Subtile lecture, bourrée d’originalité, que j’ai pleinement appréciée réaliser en lecture commune avec Crazy-Summarisings. Acheté à moindre coût dans une brocante l’année passée, j’attendais le moment adéquate pour débuter ce mystérieux roman psychologique, qui se révèle contenir une foule d’énigmes philosophiques à développer.

Lili Lane, étudiante en première dans un lycée américain, souffre d’un drôle de phénomène, qui l’empêche de se souvenir du passé. En revanche, l’avenir lui est clairement accessible, et se déploie majestueusement sous ses yeux.
A la seule évocation de cette pathologie fictive inventée par Cat Patrick, le lecteur ne peut qu’être tenu en haleine, et interrogatif quant au réel déroulement du quotidien de la jeune femme. L’auteure nous dévoile posément les contraintes de cet étrange phénomène qui modifie considérablement la vie de Lili. Les explications peuvent sembler réalistes, mais mis en situation, elles le deviennent beaucoup moins, comme si Cat Patrick s’était contentée de son idée de base, sans penser aux conséquences qui s’en découleraient. Malgré les mémos écrits la veille au soir, comment Lili peut-elle réussir à se souvenir de la parole ? de son identité ? du sens de la vie ? Forgotten aurait davantage dû se nommer « half forgotten ». La conception était ambitieuse, mais tristement incomplète.
Néanmoins, mû par la curiosité de l’origine de l’oubli, nous continuons savamment notre lecture, avec la secrète espérance d’en découvrir bien plus.

Mais une intrigue secondaire, bien plus ordinaire, s’immisce étroitement en plein coeur de la première. Que serait un roman jeunesse sans sa petite romance idéale, qu’accompagne un archétype d’échalas brun fougueux ? Sans surprise, notre héroïne noue très rapidement des liens d’amour envers ce garçon sorti d’on ne sait où. Leur histoire très banal n’apporte que très peu de chose au thème initial présenté par l’auteure, mais permet certainement de meubler un minimum les pages de son livre.

Hormis notre protagoniste féminine, l’intégralité des personnages secondaires sont de pures stéréotypes américains fictifs ou réels, que l’on trouvent dans pratiquement la totalité des romans. Seule particularité de Lili, sa mystérieuse amnésie, qui la propulse au rang d’héroïne singulière et visionnaire tout en gardant son côté adolescente capricieuse et peu mature.

La trame de l’histoire est partiellement bien trouvée, le rythme est régulier et cadencé. Les rebondissements se succèdent, l’histoire n’est pas assommante, mais manque cruellement de solide contenu.

En cherchant plus profondément dans la psychologie des personnages et dans les idées lancées par l’auteure, on peut découvrir un réel questionnement sur l’essence du temps, qui tire inexorablement vers un problème philosophique. A en croire le déroulement de l’histoire, Cat Patrick nous incite à vivre intensément l’instant présent. Le temps s’écoule, nous traverse, sans interruption possible, et tout présent ne devient plus que passé. Un passé facilement oubliable, que les souvenirs ne peuvent ranimer entièrement. Mais à travers la physionomie de son héroïne, l’auteure nous invite à nous interroger sur la prédestination de la vie, sur le déroulement temporel et sur l’existence elle-même. Tant de questions dont les réponses sont multiples, ou au contraire, bien trop peu réaliste.

Malheureusement, le dénouement du livre fait rapidement retomber l’ambiance sombre qui commençait à percer. Un sentiment de malaise s’est insinué en moi, comme si la fin n’était pas complètement bien pensée et réfléchie, bâclée et rapidement terminée. Cat Patrick n’a pas répondue aux nombreuses attentes que je plaçais dans son roman, en revanche, j’ai pu passer un sympathique moment à décortiquer sa protagoniste.

Légère et fluide, l’écriture de l’auteure est agréable à découvrir. Dans son roman jeunesse, elle narre non seulement une romance idyllique de jeunes adolescents, mais cache surtout, entre les lignes de son récit, de vraies problématiques sur l’existence et le déroulement du temps.

 

Ma note : 5,5/10
Dystopie·Fantastique

Devil city, tome 1

Devil City, tome 1 de Jana Oliver.
441 pages, éditions Castelmore, à 15,20 €

 

Résumé : Piégeur de démons : Un métier dangereux et exclusivement masculin.
Pourtant, c’est la carrière qu’a choisi Riley Blackthorne. Dans un monde en ruine, démoli par des démons apparus à la surface de la terre, elle devra prouver à tous qu’elle est de la trempe des meilleurs. Ça tombe plutôt bien, les démons n’attendaient que ça.

Extraits : « Chaque fois qu’il perdait quelqu’un qui comptait pour lui, une petite part de lui-même s’en allait avec le défunt. Un jour, il ne resterait plus grand-chose de lui. »
« Elle se força à penser à des temps heureux pour échapper à la difficile réalité.« 

Mon avis : D’ordinaire, je ne lis pas beaucoup d’histoires surnaturelles, de science-fiction, qui plus est traite de démons, de vampires et tout le toutim. Néanmoins, je me suis laissé embarquer dans Devil City, un monde dystopique, sombre et glauque…

Le couverture de cet ouvrage est superbe, les couleurs donnent un certain mystère au livre, il y a un côté terrifiant, et un autre qui donne envie de découvrir l’histoire. Et quelle histoire, wahou !

Constitué essentiellement de dialogue, Devil City n’est pas du tout compliqué ni lourd à lire. Bien au contraire, les pages défilaient sous mes doigts, au grès des aventures de l’héroïne principale. Embarqué dans un monde original, j’ai été captivé par ce livre, allant même jusqu’à ne plus arriver à le lâcher. Marqué par toutes les scènes d’action qui s’enchaînaient, toutes plus terrifiantes les unes que les autres, et par le côté touchant des personnages, j’ai beaucoup aimé l’univers dans lequel m’a entraîné Jana Oliver.

Riley, qui est la protagoniste de l’histoire, est une jeune femme, encore adolescente, peu ordinaire, mais très mature. Elle fait preuve d’un grand courage, d’une confiance en soi exceptionnelle, mais est tiraillée par ses sentiments vis-à-vis des autres.

Le petit point faible que j’aimerais soulevé, est le fait que certaines scènes, notamment quand il était question des démons, n’étaient pas du tout réaliste. Je n’ai pas réussi à me représenter ces-dits démons, ils ont gardaient une forme complètement abstraite dans mon esprit…
Quelques longueurs étaient présentes dans certains passages, mais ça n’était souvent pas très long ni très grave.

C’était le premier livre que je lisais de la collection Castelmore, et j’ai adoré, je pense vraiment en lire d’autre dorénavant. Sans oublié le second tome de Devil City, que je pense m’empresser d’acheter, pour découvrir la suite, qui me laissent bien des interrogations…

 

Ma note : 8/10
Fantastique·Littérature jeunesse·Roman d'horreur·Saga

Le réveil de Sunshine

Le réveil de Sunshine de Paige McKenzie
284 pages, éditions Hachette, à 15€

 

Résumé : Depuis qu’elle a déménagé à l’autre bout des États-Unis il y a quelques mois, Sunshine peut percevoir des esprits et ressentir des émotions intenses, parfois même accablantes. Elle a d’abord essayé d’ignorer ces manifestations, mais peu à peu le constat s’impose : ce ne sont pas hallucinations. Sunshine a le pouvoir de protéger les humains en obligeant les mauvais spectres à retourner dans leur monde… en d’autres mots : elle est une aël-mat, et elle va devoir s’en accommoder ! Pour garder son pouvoir sous contrôle et trouver des réponses à ses questions, elle supporte les entraînements terrifiants avec son mentor, qu’elle vient de rencontrer. Mais alors que ce dernier rechigne à répondre à ses questions, elle fait des découvertes importantes sur ses propres origines, et sur le dur combat qu’elle va devoir mener pour assurer l’avenir des aël-mat et des humains…

Extrait :  « « Sunshine, il y a une chose qui n’a pas changé et qui ne changera jamais.
– Quoi ?
– L’amour que j’ai pour toi. Tu pourrais venir d’une famille de loups, de lapins ou d’extraterrestres, je t’aimerais toujours autant. »
« 

Mon avis :  Après avoir été effrayée par le premier tome, Sunshine, me voici lancée, imprudemment, dans la lecture du second, Le réveil de Sunshine. Fuyeeeez, mortels, tant qu’il en est encore temps !

Sunshine vient de découvrir l’identité de son père biologique. Elle apprend que c’est grâce ou à cause de lui que lui vienne tous ses pouvoirs surnaturels. Mais pour parfaire tous ses dons, Sunshine va devoir suivre son père à l’autre bout du monde, pour qu’il lui enseigne plus en profondeur ce dont est capable un aël-mat. Mais là n’est qu’une excuse. Car dans le fond, quelqu’un veut la mort de la jeune Sunshine.

Décidément, cette pauvre Sunshine ne pourra jamais vivre tranquillement. Après son premier déménagement laborieux dans le tome 1 – elle a quand même découvert qu’un fantôme vivait dans sa maison -, la voilà repartie pour de nouvelles contrées. On la suit dans son voyage jusqu’à découvrir une espèce d’énorme base militaire, appelée Llevar la Luz, complètement déserte. Seuls son père et un jeune homme, du nom de Lucio, s’y trouvent. Tous les autres aëls-mats sont partis. La cause ? La stérilité subite de toutes les femmes aël-mats après la naissance de Sunshine.

J’ai moins frémi dans ce tome-ci. Peut-être est-ce dû au fait que l’on connaisse déjà intimement les personnages, que l’on sait de quoi ils sont capables. Néanmoins, je dois avouer que Paige McKenzie décrit une atmosphère lugubre et sombre pour accroître nos sentiments d’effroi – déjà dans le premier tome avec une maison déserte, ensuite dans celui-ci avec une grande base militaire délabrée, à mille lieux des premières âmes qui vivent, avec seulement trois habitants en son sein. Une chose est sûre : pour rien au monde je ne quitterais ma maison pour aller là-bas.

Sinon, on en apprend toujours un petit peu plus sur l’héroïne. Autant sur son histoire familiale que sur tout ce dont elle est capable de faire grâce à ses pouvoirs magiques. Elle s’ouvre aussi sentimentalement à nous. Vous souvenez-vous de Nolan, le protecteur de Sunshine ? Eh bien ces deux-là se retrouvent séparés à des milliers de kilomètres l’un de l’autre. Et comme dans les plus grands romans d’amour, c’est dans ces moments-là qu’ils se rendent compte de l’amour qui les unis. Que c’est romantique…

Finalement, le dernier personnage auquel je souhaite faire allusion ne comportera pas de nom. Pour plus de suspense et de surprise pour les futurs lecteurs. Ce personnage n’apparaissait pas dans le premier tome. Ce personnage aux pouvoirs proéminents veut la perte de Sunshine. Pour ce faire, ce personnage n’hésitera pas à s’attaquer à l’entourage de Sunshine. Vous découvrirez son identité en lisant ce deuxième opus.

Un deuxième tome un petit peu moins effrayant que le premier, mais tout aussi rythmé. Tout s’enchaîne sans temps mort, les événements tout comme les mystères. Je serai curieuse de lire la suite, pour voir comment tout cela se termine.

Ma note : 6/10