Fantastique·Littérature française·Science-fiction

Demain les chats


Demain les chats de Bernard Werber

307 pages, éditions Albin Michel, à 20,90€


Résumé : Pythagore, chat de laboratoire appareillé pour se connecter avec les ordinateurs enseigne à Bastet, jeune chatte Montmartroise, à communiquer avec les humains pour tenter de leur faire prendre conscience de la violence de leur société.


Extraits  « C’est le drame de toute ma vie. Quand je réussis, personne n’est là pour le voir, quand j’échoue il y a toujours des témoins. »

« Je crois que tous les actes que nous effectuons entraînent forcément la satisfaction des uns et la contrariété des autres. Vivre et agir c’est forcément déranger les ordres établis. »


Mon avisComment résister à cette petite bouille de chat noir qui nous regarde avec ses grands yeux en amande ? Il m’a séduit en un regard, et j’ai été dans l’obligation de lire son histoire.

Les humains traversent une période difficile, ponctuée d’actes terroristes graves. Mais cela n’impacte que partiellement Bastet, une chatte domestique, qui vit à Paris avec sa servante humaine Nathalie. Le rêve de Bastet ? Réussir à communiquer avec les humains. Un beau jour, elle rencontre Pythagore, le chat d’en face, qui détient le savoir. En effet, Pythagore est un chat de laboratoire, qui a été appareillé pour pouvoir se connecter à un ordinateur et acquérir de nombreuses connaissances humaines. Pythagore va tâcher de transmettre son savoir à Bastet, et tous deux vont tenter d’aider les humains à sortir de la période très sombre dans laquelle ils sont plongés.

J’avoue qu’en ouvrant ce livre, je ne m’attendais absolument pas à découvrir l’histoire que j’y ai découverte. En effet, ne vous faites pas avoir comme moi par la petite bouille de Bastet en couverture : ce livre raconte une histoire presque apocalyptique, dans laquelle il est question de terrorisme, de meurtres, de violences. Le contraste entre cette ambiance noire, à la limite glauque  avec la douceur de la chatte Bastet est étonnant. Vous serez sans doute surpris au début, mais au fil de votre lecture, vous vous laisserez entraîner dans cette histoire très surprenants.

Dans l’ensemble, l’histoire m’a plût, mais je n’ai pas été si absorbée que ça par son déroulement. Je pense que l’atmosphère apocalyptique m’a tellement déstabilisé, que je suis resté un peu en dehors de cette ambiance. Course-poursuite, chasse, bagarres des humains et des chats contre des invasions de rats… il s’en passe des choses dans ce livre, mais malheureusement les actions n’étaient pas assez rythmées à mon goût, si bien que je me suis quelque peu lassé de suivre tout ce petit monde dans leur lutte.

Ajoutez à cette ambiance de science-fiction des faits réels et actuels, notamment le terrorisme, qui est le point de départ de toute cette histoire. L’auteur dresse un état du monde actuel, ainsi que les conséquences (très noircies) qui pourraient en découler dans les années à venir, si nous continuons à nous comporter comme nous le faisons actuellement. Autant vous dire que ça fait froid dans le dos !

Autre particularité du livre qui m’a agréablement surprise, c’est le petit historique de l’histoire des chats. En effet, Phytagore, grâce à l’accès privilégié qu’il a à Internet, a pu se documenter sur leur histoire, et il a fait part de ses découvertes à Bastet. Ainsi, nous découvrons, au fil des siècles, l’évolution des chats dans la société. Tantôt vénérés, puis exécrés, les chats ont toujours eu une place importante dans les sociétés. Un voyage initiatique intéressant, qui m’a ravie !

Mettre un chat comme personnage principal d’une histoire, c’est osé et totalement novateur. J’ai apprécié cette prise de risque. En plus, cela permet à des personnes totalement amoureuses des chats comme moi, de croire, pendant quelques heures de lecture, qu’une communication entre chats et humains serait possible. Mais malheureusement, la science à ce jour n’a jamais pu déterminer un quelconque moyen permettant aux deux camps de se comprendre… ce qui n’enlève rien au fait que je vais continuer à parler seule à mon chat, dans l’espoir qu’il puisse comprendre ce que je lui raconte !


Demain les chats est une histoire originale et très surprenante. J’ai été déstabilisé par l’étrangeté de ce récit, qui aborde des thématiques peu communes, les assemble les unes aux autres pour former quelque chose de singulier. J’en ressors mitigée : pas totalement conquise, mais pas déçue non plus. 

Ma note : 6/10

 

Fantastique·Littérature américaine·Romance

True love


True love de Jude Deveraux

493 pages, éditions Diva romance, à 18€


Résumé : Alors qu’Alix Madsen est en train de terminer ses études d’architecture, Adelaide Kingsley décède et lui demande dans son testament d’habiter pour une année sa charmante maison, sur l’île de Nantucket. La jeune femme accepte, mais il semble que la vieille dame avait une autre idée en tête pour elle : qu’Alix découvre pour quelle raison Valentina, une ancêtre de la famille Kingsley, a mystérieusement disparu, plus de deux cents ans auparavant… Et si ce n’était pas assez troublant, il se trouve qu’Alix doit travailler avec l’arrogant (mais très beau) Jared Montgomery, un architecte vivant dans la dépendance de la propriété…


Extraits  « La capacité à déceler les défauts de son propre travail est une grande qualité. »

« – Maintenant que tu as récupéré Valentina… cela valait la peine d’attendre deux cents ans ?
– Toi, tu as bien patienté trente-six ans pour Alix. Combien de temps encore aurais-tu attendu ?
– L’éternité, répondit-il sans hésiter.
– Oui. Le grand amour attend toujours. »


Mon avis : A quelques semaines seulement de la Saint-Valentin, fête suprême des amoureux, j’avais envie de lire une jolie romance, pleine d’amour et d’émotions. Mon choix s’est donc porté sur True Love de Jude Deveraux ; un titre qui ne laisse nul doute quant à la teneur de l’histoire.

Alix Madsen termine ses études d’architecture, quand son destin va être chamboulé. En effet, dans le testament d’une certaine Addy Kingsley, lui est demandé de venir passer une année sur l’île de Nantucket, dans la maison familiale des Kinsgley, pour résoudre une énigme bien mystérieuse. Alix accepte et se retrouve sur l’île. Elle va rapidement faire la connaissance d’un charmant jeune homme, descendant des Kinsgley, qui n’est autre que Jared Montgomery, le plus grand architecture du monde (selon Alix). D’abord intimidée, la jeune femme va rapidement se laisser séduire par ce grand homme, tant attaché à l’île de ses ancêtres.

Sans surprise, nous allons assister à une jolie romance entre notre protagoniste Alix et ce fameux Jared. Ce que j’ai apprécié, c’est qu’ils ne s’empressement pas de faire naître leur histoire d’amour, mais ils laissent le temps faire son oeuvre. On assiste donc avec émotion à la naissance de leurs sentiments, qui passe par la découverte de l’autre, de sa vie, de sa personnalité, de ses envies. En somme, leur histoire d’amour est jolie à suivre, pleine de douceur et de poésie.

Elle prend place sur l’île de Nantucket. Pour ceux qui, comme moi, n’auraient jamais entendu parler de cette île, elle se situe au large de la côte Américaine, mesure 124km2 et accueille près de 10 000 habitants annuels.

Grâce aux nombreuses descriptions qu’elle fait de l’île, Jude Deveraux a réussie à me transporter à Nantucket, et à me donner envie d’y séjourner. Pour vous faire ressentir l’ambiance cosy, intime et rural de l’île, voici une photo représentant un bout de Nantucket. Avouez que la photo donne envie de voyager…

A cette histoire d’amour et à ce cadre féerique, s’ajoute quand même une dimension fantastique. En effet, à Nantucket, les fantômes sont nombreux. Il y a notamment l’ancêtre de Jared qui erre dans Kinsgley House depuis près de 200 ans. Abattu par la perte de sa femme, il ne trouve pas la paix espérée. Il compte sur Alix pour résoudre le mystère de sa mort et enfin espérer s’endormir pour l’éternité. Je suis d’ordinaire assez frileuse quand il s’agit d’ajouter une dimension fantastique à une histoire réaliste, qui plus est une romance, mais je dois avouer qu’ici, cela ne m’a pas gêné. Le fantastique se place en arrière-plan, il n’intervient pas tellement dans l’histoire et ne vire pas dans les extrêmes. En somme : il se fond parfaitement dans le récit.


True love est une jolie romance moderne, pleine de douceur et de poésie. Vous plongerez au coeur d’une intrigue familiale captivante et mystérieuse, qui prend place dans un cadre féerique. 

Ma note : 7,5/10

Classique·Fantastique·Littérature anglaise

Le portrait de Dorian Gray

Le portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde.
328 pages, éditions Gallimard Jeunesse

 

Résumé : Le peintre Basil Hallward vient d’achever son meilleur tableau. Invité à se contempler, Dorian Gray, son modèle, fait alors un voeu insensé : que le portrait vieillisse à sa place et que lui conserve éternellement sa jeunesse et sa beauté. Quelles ne sont pas sa stupeur et son effroi quand son voeu se réalise ! Le tableau devient alors le miroir de son âme…

Extraits : « La jeunesse sourit sans motif. C’est un de ses plus grands charmes. »
« Il arrive souvent que lorsque nous pensons expérimenter sur autrui, nous soyons en réalité en train d’expérimenter sur nous-mêmes. »
« La chose la plus banale devient délicieuse dès l’instant qu’on la dissimule.« 

Mon avis : Depuis le temps que j’en entendais parler… je me suis enfin décidé à lire ce chef-d’oeuvre d’Oscar Wilde.

Avec une écriture simple, agréable à lire et à la portée de tous, enfants comme adulte, Oscar Wilde nous raconte une histoire fantastique dont lui seul à le secret. Le portrait de Dorian Gray traverse les époques, et séduit toujours autant les lecteurs. C’est un mythe à découvrir obligatoirement !!!

Dorian Gray est un jeune homme qui s’est révélé tout au long du livre. Introverti, timide et ayant peu confiance en lui au début du roman, il va changer du tout au tout, et va finir par devenir l’exact opposé du personnage qu’il était alors.
Lord Henry a assurément été mon personnage favori. Même s’il n’était pas la principale personne qui devait dicter le roman, avec son sens de la réflexion poussé au maximum et son intelligence sur-dimensionnée, il va être le mentor du jeune Dorian Gray et va devenir le principal acteur du changement de comportement de celui-ci. Car derrière ses airs de dandy et de beau parleur se cache un homme manipulateur malgré lui, dont les paroles sont souvent assez cruels, voire choquantes.

Le lecteur est obligé d’être absorbé par cette lecture. Oscar Wilde captive l’attention, et la retient grâce à une intrigue originale qui aiguise la curiosité. Mais ce roman n’est pas simplement une histoire mystérieuse qui critique la société victorienne, c’est également un ouvrage philosophique, qui traite de sujets de la vie indirectement.

C’est quand même étrange de penser qu’Oscar Wilde n’a écrit qu’un seul roman, celui-ci. Ça aurait été avec une grande joie de découvrir une autre histoire de ce même auteur, j’ai tellement apprécié son style d’écriture et son univers…

 

Ma note : 10/10
Fantastique·Nouvelles·Science-fiction

Paradis sur mesure

Paradis sur mesure de Bernard Werber
435 pages, éditions Albin Michel, à 22,50€

 

Résumé : Bernard Werber a toujours aimé alterner gros roman et forme courte, genre qu’il affectionne particulièrement. Dans ce receuil, on le retrouve fidèle aux sujets qui le préoccupent : l’avenir de l’homme, de la planète, l’inconscience de notre monde. Chaque nouvelle nous entraîne vers un questionnement : quelles politiques, quelles sanctions faut-il inventer pour que nous cessions de nous détruire ? Que deviendrait une Terre sans hommes (un monde-jardin peuplé de femmes pacifiques ayant occulté jusqu’au souvenir du mâle) ? Qu’est-ce en réalité qu’une réunion de copropriétaires dont le syndic est un fieffé filou ?… De l’universel au particulier en passant par la société des fourmis, Werber rêve l’humain, heureux de nous transmettre un avenir… possible L’AUTEUR Des Fourmis à la trilogie des Dieux, Bernard Werber est devenu un phénomène de librairie (plus de 6 millions d’ex vendus en France, 10 millions dans le monde !), un des rares auteurs français à connaître une véritable renommée internationale, de la Russie à la Corée du sud où il est un auteur-culte.

Extraits : « C’est le silence qui nous apprend à aimer la musique, c’est l’obscurité qui nous apprend à aimer les couleurs, c’est la guerre qui nous apprend à aimer la paix, c’est l’absence de rire qui nous apprend à comprendre l’humour. »
« Le pétrole est le sang de la terre et ceux qui l’aspirent en sont les vampires. »

Mon avis : Premiers moments passés en compagnie de Bernard Werber et première surprise en découvrant les futuristes nouvelles de Paradis sur mesure.

L’imagination débordante de l’auteur m’a fasciné du début à la fin. Pour tout vous dire, j’en suis même venue à me questionner sur la réalité des faits exposés, la probable véracité des histoires détaillées. Les fourmis, peuvent-elles réellement être maîtresse d’elles-mêmes et comprendre la vie ? Où naissent les blagues si quotidiennement énoncées ? 17 histoires toutes aussi différentes les unes que les autres, ayant sciemment mûries dans l’esprit délirant de Bernard Werber.

Certaines nouvelles m’ont plus plûes que d’autres. Les plus longues et détaillées sont évidemment mes préférés, car plus complètes, profondes, descriptives, elles s’imprégnent plus intensément dans l’esprit du lecteur. Je pense par exemple à l’histoire « Là où naissent les blagues », faisant partie de mes favorites du recueil, ou encore « Le Maître de Cinéma », l’une des histoires incontournables du livre.

Cette première rencontre saugrenue avec le maître français de l’imaginaire m’a enthousiasmé. Ce premier essai de nouvelles visionnaires – ou futuristes, au choix -, m’a non seulement ouvert mon esprit littéraire à d’autres genres peu connus, mais également fait prendre conscience du fourmillement d’idées qui se trament dans la tête des vrais auteurs. Car je ne doute pas un instant que ces histoires couchées sur le papier ne sont qu’une infime partie de tout ce qui fourmille continuellement dans l’esprit ambigû de Bernard Werber.

Sans pour autant être une révélation, j’ai pris plaisir à lire ce recueil. Ne vous laissez pas désarçonner par la complexité ou l’étrangeté de certaines histoires et plongez pleinement dans l’univers fantastique que nous offre ce grand maître de la science-fiction.

Ma note : 6,5/10
Fantastique·Littérature jeunesse

Reviens-moi

Reviens-moi de Rachel Ward.
300 pages, éditions Michel Lafon, à 15,95 €

 

Résumé :Que se passerait-il, si vous aviez commis un acte terrible, mais dont vous ne parviendriez pas à vous souvenir ?
Sur la rive d’un lac gelé, Carl s’éveille alors que des pompiers emportent le corps sans vie de son frère et mettent en lieu sûr une jeune fille tremblante et glacée. Que s’est-il passé dans l’eau ? Il l’ignore. Sa seule certitude est que cette adolescente est liée à la mort de son frère, et qu’il doit absolument la rencontrer pour faire la lumière sur cette tragédie. Elle est son seul espoir de retrouver la mémoire. Ensemble, ces adolescents devront percer le sombre secret qui les unit et les causes de ce drame. Mais n’est-il pas dangereux de vouloir la vérité à tout prix ? Quand les souvenirs refont surface, il est trop tard pour les enfouir à jamais.

Extraits :  « Être hors de danger, ça n’existe pas, n’est-ce pas ? Notre vie ne tient qu’à un fil. Une chose, rien qu’une toute petite chose, et tout est fini. »
« Comment sait-on que l’on devient fou ? Est-on différent, physiquement ? Peut-on le voir dans ses propres yeux ? »

Mon avis : Mon avis concernant Reviens-moi ne pourra pas être complètement objectif, car ce livre entre dans la catégorie littéraire fantastique, un genre que je ne lis que très peu, voire pas du tout. Sans vouloir m’attirer les foudres des adeptes de ce style de livres, j’essaierais de rester dans ma chronique, la plus impartiale possible.

Avant de demander ce livre, j’aurais sans doute du me renseigner un petit peu plus sur le genre littéraire et le contenu de l’ouvrage. Foncer tête baissée en ayant vu la sublime couverture mise en place par les éditions Michel Lafon et en ayant lu le résumé très attrayant, je n’ai pas tout de suite compris que ce livre était en réalité un récit fantastique. Mais j’ai quand même essayé de le lire… en ne vous cachant pas que j’ai sauté certains passages (notamment vers la fin, où je commençais à m’endormir).

Pendant les premiers chapitres, le lecteur (peu importe son genre littéraire de prédilection), est complètement perdu. Le personnage est distant, il est quasiment amnésique, Rachel Ward ne fait aucune description de son physique ou de son caractère, et on se retrouve dans une ambiance très mystérieuse et pesante. Cette atmosphère a été voulue par l’auteure, et son pari a réussi : le lecteur est déstabilisé par le manque d’informations qu’il reçoit.

Mais très rapidement, les principaux personnages se dévoilent, et nous percevons mieux l’intrigue de l’histoire. Malheureusement, le suspense n’est pas présent. Dès le début, nous savons ce qu’il s’est déroulé dans le lac, nous connaissons les actes et les conséquences qui ont découlaient de cette noyade.
De plus, même si l’intrigue est pratiquement effacée au profit des actions des personnages, elle est répétée inlassablement tout au long de l’histoire. Je comprends que la noyade est le noyau de ce livre, mais le répété encore et encore, dans presque tous les chapitres, je trouve ça un peu osé… et terriblement lassant !

L’histoire ne m’a pas embarquée, je n’ai pas réussi à déceler la psychologie des personnages, et en plus, je ne me suis même pas attaché à eux.

Le gros plus, que je tiens à souligner, est le décor sombre et obscur qu’à dressé Rachel Ward. Une atmosphère terrifiante, avec des conditions climatiques qui appuient cet aspect-là, avec en prime, le très petit nombre de personnages. Car en lisant ce roman, je me suis très vite rendue compte que les personnages secondaires étaient presque inexistants. Les protagonistes semblent seuls, délaissés de tous, dans une ville fantôme. Je dois dire que l’auteure a fait fort sur ce coup-là ; ce récit aurait très bien pu entrer dans une catégorie de « thriller fantastique ».

Je ne vais pas m’étendre sur le thème du fantastique, vu que je ne suis pas une « experte » dans cette zone-ci, mais je trouve qu’il était, certes, présent, mais légèrement en retrait. Comme j’ai déjà testé certains romans fantastiques, j’ai pu comparer le degré de surnaturels présent dans Reviens-moi et à mon avis, il est assez minime.

Si vous aimez bien le fantastique plutôt noir, je pense que ce roman vous plaira. Mais même sans être une fan incontestée de ce genre, j’ai remarqué quelques longueurs assez pénibles…

 

Ma note : 5/10
Fantastique·Thriller

Codex lethalis

Codex Lethalis de Pierre-Yves Tinguely.
376 pages, éditions Hachette collection Black Moon thriller à 18 €

 

Résumé : Deux agents de police en patrouille découvrent une scène effroyable : une petite famille apparemment ordinaire a été massacrée.
Pourquoi Harold Buchanan, bon père de famille sans histoires, aurait-il tué sa fillette et sa femme avant de se supprimer ? L’autopsie révèle que sa propre mort n’est pas un suicide : son cerveau et ses globes oculaires ont comme bouilli. Un informaticien est chargé d’inspecter l’ordinateur de Buchanan : à son tour, il est pris d’une crise de folie meurtrière, et le massacre est évité de peu. D’autres scènes similaires se succèdent : des gens deviennent fous de rage et s’effondrent après avoir tenté d’anéantir tout ce qui les entoure.
Le point commun de toutes ces personnes à la fois meurtrières et victimes ? Une vidéo, huit secondes de mort vivante, diffusée sur la Toile et ouverte d’un simple clic sur leur écran.

Extraits : « Aussi incompatible qu’indispensables, la religion et la science formaient deux façons opposées d’atteindre le même but : comprendre. »
« Le monde courait à sa perte, et l’homme ne cessait d’accélérer le mouvement. »
« Un homme politique ne dit jamais ce qu’il pense, ou alors il a vraiment perdu l’esprit.« 

Mon avis : Quel plaisir de découvrir un vrai thriller franço-suisse digne des américains !!!

Avant de débuter ma critique, je tenais à féliciter la personne qui a réalisé la couverture de Codex Lethalis : elle fait vraiment peur. Outre la couleur noir et sombre qui la compose, on arrive à croire, si nous la regardons longuement, que la personne qui se situe dessus est réelle et qu’elle nous regarde… Juste ça, ça donne froid dans le dos !

Dans un style d’écriture simple, agréable à lire, avec des chapitres courts mais efficace, Pierre-Yves Tinguely nous entraîne au coeur d’une enquête de police très spéciale, et terrifiante. En mélangeant du thriller et un peu de fantastique, il arrive à plonger le lecteur dans un monde horrible, à glacer le sang. Je dois avouer que j’ai adoré ma lecture, je n’arrivais plus à lâcher le livre. Le suspense est présent à chaque chapitre, pas étonnant que je n’arrivais pas à le reposer !

Dans un premier temps, toute la première partie du livre a été une suite d’évènements et d’actions qui s’enchaînent. Aucun temps mort, le lecteur va de surprise en surprise, il ne peut qu’être happé et scotché devant les scènes qu’il découvre. D’ailleurs, dès les premières pages, Pierre-Yves Tinguely donne le ton du roman, il l’introduit de manière à allécher le lecteur, et à repousser les âmes trop sensibles… J’ai plus qu’apprécié l’idée que l’auteur a eu. Ce système d’assassinats en regardant une simple vidéo est invraisemblable, et inimaginable ! En lisant ce livre, je me suis imaginé à la place des pauvres personnages victimes de ce fou de Zack Pierce, mais quelle horreur, j’en ai eu des frissons… Alors, simple invention de l’auteur ou crime futuriste ?

La seconde partie du roman m’a un peu déçu (je ne dis pas que je n’ai pas aimé, loin de moi cette idée, bien au contraire), je n’ai pas retrouvé toutes les scènes que j’avais tant apprécié au début du livre. Il faut dire aussi que cette partie là est plus accès sur l’enquête policière et la recherche du criminel. Mais cela n’a pas empêché de garder une certaine envie de connaître la fin de cette recherche.

Le dénouement m’a également déçu : je m’attendais à quelque chose dont personne n’aurait jamais deviné qu’il se produise, mais que nenni.

Un thriller effrayant, au suspense insupportable, que je conseille à tous. Néanmoins, les âmes sensibles doivent s’abstenir, il y a beaucoup de scènes sanglantes, et je vous conseille de ne pas lire ce livre le soir avant de vous coucher : risques de cauchemars imminent !

 

Ma note : 9/10
Fantastique·Littérature jeunesse

Forgotten

Forgotten de Cat Patrick
300 pages, éditions La Martinière Jeunesse, à 13,90€

 

Résumé : Chaque nuit, la mémoire de Lili Lane s’efface. À son réveil, tout ce qu’il reste est un petit mot, écrit de sa main, lui relatant les événements de sa journée précédente. La vie de cette jeune fille de 16 ans est rythmée grâce à ces petits papiers, par le lycée et par son petit ami dont elle oublie chaque jour le nom. Lili Lane est hantée par des cauchemars d’un passé qu’elle ne comprend pas et par des visions de l’avenir qui l’effraient. Y aurait-il un lien entre toutes ces visions ?
Lorsqu’elle découvre que Luke, son petit ami, en sait plus long qu’il ne le dit et que sa meilleure amie court un danger que seul son étrange don de voyance lui permet de combattre, Lili réalise qu’il est temps pour elle d’en apprendre un peu plus sur son passé… pour ne pas mettre son propre avenir en péril.
En démêlant tous les indices, flashbacks et visions toujours plus troublantes, Lili Lane verra peu à peu surgir l’image d’une tombe. Quel est donc cet être cher qui a disparu ? Parviendra-t-elle, au fil de son enquête, à découvrir l’origine de son traumatisme, à savoir qui elle est et vivre normalement ? Pour cela, il lui faudra mener l’enquête jusqu’au bout.

Extraits : « A mon avis, le paradis et la réincarnation sont des moyens de nous rassurer sur ce qui arrive à l’âme des morts. »
« Dans la vie, la plupart des drames finissent par se résoudre, d’une manière ou d’une autre, même si ça met du temps. C’est en me raccrochant à cette idée, à la perspective qu’un jour les choses se résolvent, que j’ai réussi à traverser ces années difficiles. »

Mon avis : Subtile lecture, bourrée d’originalité, que j’ai pleinement appréciée réaliser en lecture commune avec Crazy-Summarisings. Acheté à moindre coût dans une brocante l’année passée, j’attendais le moment adéquate pour débuter ce mystérieux roman psychologique, qui se révèle contenir une foule d’énigmes philosophiques à développer.

Lili Lane, étudiante en première dans un lycée américain, souffre d’un drôle de phénomène, qui l’empêche de se souvenir du passé. En revanche, l’avenir lui est clairement accessible, et se déploie majestueusement sous ses yeux.
A la seule évocation de cette pathologie fictive inventée par Cat Patrick, le lecteur ne peut qu’être tenu en haleine, et interrogatif quant au réel déroulement du quotidien de la jeune femme. L’auteure nous dévoile posément les contraintes de cet étrange phénomène qui modifie considérablement la vie de Lili. Les explications peuvent sembler réalistes, mais mis en situation, elles le deviennent beaucoup moins, comme si Cat Patrick s’était contentée de son idée de base, sans penser aux conséquences qui s’en découleraient. Malgré les mémos écrits la veille au soir, comment Lili peut-elle réussir à se souvenir de la parole ? de son identité ? du sens de la vie ? Forgotten aurait davantage dû se nommer « half forgotten ». La conception était ambitieuse, mais tristement incomplète.
Néanmoins, mû par la curiosité de l’origine de l’oubli, nous continuons savamment notre lecture, avec la secrète espérance d’en découvrir bien plus.

Mais une intrigue secondaire, bien plus ordinaire, s’immisce étroitement en plein coeur de la première. Que serait un roman jeunesse sans sa petite romance idéale, qu’accompagne un archétype d’échalas brun fougueux ? Sans surprise, notre héroïne noue très rapidement des liens d’amour envers ce garçon sorti d’on ne sait où. Leur histoire très banal n’apporte que très peu de chose au thème initial présenté par l’auteure, mais permet certainement de meubler un minimum les pages de son livre.

Hormis notre protagoniste féminine, l’intégralité des personnages secondaires sont de pures stéréotypes américains fictifs ou réels, que l’on trouvent dans pratiquement la totalité des romans. Seule particularité de Lili, sa mystérieuse amnésie, qui la propulse au rang d’héroïne singulière et visionnaire tout en gardant son côté adolescente capricieuse et peu mature.

La trame de l’histoire est partiellement bien trouvée, le rythme est régulier et cadencé. Les rebondissements se succèdent, l’histoire n’est pas assommante, mais manque cruellement de solide contenu.

En cherchant plus profondément dans la psychologie des personnages et dans les idées lancées par l’auteure, on peut découvrir un réel questionnement sur l’essence du temps, qui tire inexorablement vers un problème philosophique. A en croire le déroulement de l’histoire, Cat Patrick nous incite à vivre intensément l’instant présent. Le temps s’écoule, nous traverse, sans interruption possible, et tout présent ne devient plus que passé. Un passé facilement oubliable, que les souvenirs ne peuvent ranimer entièrement. Mais à travers la physionomie de son héroïne, l’auteure nous invite à nous interroger sur la prédestination de la vie, sur le déroulement temporel et sur l’existence elle-même. Tant de questions dont les réponses sont multiples, ou au contraire, bien trop peu réaliste.

Malheureusement, le dénouement du livre fait rapidement retomber l’ambiance sombre qui commençait à percer. Un sentiment de malaise s’est insinué en moi, comme si la fin n’était pas complètement bien pensée et réfléchie, bâclée et rapidement terminée. Cat Patrick n’a pas répondue aux nombreuses attentes que je plaçais dans son roman, en revanche, j’ai pu passer un sympathique moment à décortiquer sa protagoniste.

Légère et fluide, l’écriture de l’auteure est agréable à découvrir. Dans son roman jeunesse, elle narre non seulement une romance idyllique de jeunes adolescents, mais cache surtout, entre les lignes de son récit, de vraies problématiques sur l’existence et le déroulement du temps.

 

Ma note : 5,5/10