L’épopée de Sem, tome 1 : le rite


L’épopée de Sem, tome 1 : le rite de Yann Rambaud

397 pages, éditions Auzou, à 12,95€


Résumé : Sem s’apprête à vivre un rite initiatique, comme tous les adolescents de son clan, un peuple primitif mais aux lois égalitaires. S’il réussit, il est destiné à devenir l’apprenti du chaman. Mais il lui faudra alors renoncer à l’amour de Colchiké, une redoutable guerrière. Et ce n’est pas la seule épreuve qui l’attend : Créatures dangereuses, rivaux menaçants, attaques des autres clans… Sem devra faire appel à tout son courage et ne pas perdre espoir.


Extraits : « S’il n’y a pas de danger, il n’y a pas de gloire.« 

« Trop conserver ses émotions à l’intérieur de soi était considéré, à long terme, comme dangereux. C’était là que se nichaient, à l’affût, les maladies. »


Mon avis : Le rite est le premier tome de la nouvelle saga fantastique jeunesse de Yann Rambaud, L’épopée de Sem. Il y a quelques années, j’ai lu Gaspard des profondeurs du même auteur, un roman qui m’avait entraîné dans un univers imaginaire féerique, où le protagoniste, Gaspard, partait, sac sur le dos, vers de lointaines aventures. Comme je gardais d’excellents souvenirs de cette lecture, j’ai souhaité me replonger dans un des univers oniriques créé de toute pièce par l’auteur.

Et me voici donc au coeur de la tribu des Une-Oreille, située au pied de l’Orguï, un arbre sacré. Chaque membre de la tribu a un rôle prédéfini pour faire marcher le village entier. Nous suivons Sem, un jeune homme chétif mais courageux, qui va se plier à la tradition de la tribu : partir seul affronter le Grand Bruit et ramener une pétale pour devenir un homme fait. Revenu indemne de cette épreuve, le vieux chaman du village va desceller en lui un potentiel : il va le prendre sous son aile et lui enseigner tous ses secrets de guérison, ses formules magiques et rites secrets. Seul ombre au tableau : les chamans ne peuvent pas avoir d’épouse, alors que Sem est secrètement amoureux de la belle Colchiké.

Sem va vivre mille et une aventures en quelques jours seulement. Sa vie bascule : il est maintenant un homme fait et un chaman en devenir. C’est une réelle épopée qui l’attend : des épreuves physiques et morales pour prétendre au titre de chaman, des combats épiques pour protéger ses amis et sa famille et bien d’autres aventures fantastiques qui vont venir jalonner l’existence du jeune Sem.

Pas une seconde de répit pour Sem, tout comme le lecteur, tenu en haleine jusqu’à la dernière page. Les actions s’enchaînent à une vitesse phénoménale pour mon plus grand plaisir : aucun temps mort, mais beaucoup d’aventures, qui rythment et dynamisent l’ensemble du récit.

Ce récit, parlons-en. Yann Rambaud ne s’est pas moqué de nous et a créé un univers onirique à nul autre pareil. La tribu vit recluse au milieu d’un désert, un peu comme le village des célèbres gaulois, ils se suffisent à eux-mêmes, partent souvent en exploration au-dehors, mais sans jamais s’aventurer jusqu’à la tribu de Ceux-qui-s’entaillent, leurs ennemis jurés depuis la nuit des temps. Ils vivent en harmonie avec certaines créatures imaginaires, comme Poop’s, une étrange bestiole avec de grandes mandibules, qui secouera Sem à de multiples reprises. J’ai été impressionnée par la construction de ce monde féerique, qui est à la fois rempli de surnaturel, donc prompte à la rêverie et à l’évasion, mais qui reste également ancré dans le réalisme, pour permettre aux esprits les plus rationnels de pouvoir s’y retrouver un minimum.

Le dénouement de ce premier tome m’a mis l’eau à la bouche : c’est certain, l’épopée de Sem ne fait que commencer ! J’ai déjà hâte de pouvoir me replonger au coeur de cette tribu fantastique.

Dommage que la couverture du livre, assez triste, froide et terne, ne donne pas plus envie aux lecteurs de le découvrir. La retravailler donnerait sans doute plus de visibilité au récit.


Plongez dans cet univers onirique aux côtés de Sem et ses amis, des jeunes héros qui vivent des aventures fantastiques. Un premier tome réussi, qui promet une saga explosive ! 

Ma note : 8/10

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Magic Charly, tome 1 : L’apprenti


Magic Charly , tome 1 : L’apprenti d’Audrey Alwett

409 pages, éditions Gallimard jeunesse


Résumé : Charly Vernier découvre que sa grand-mère était magicienne. Mais un mystérieux voleur de mémoire, le Cavalier, l’a dépouillée de ses souvenirs et cherche à s’emparer de la source ultime de la magie. Pour la sauver, Charly, aidé par Maître Lin et par son amie Sapotille, n’a d’autre choix que de devenir apprenti magicien.


Extraits : « La magie est une chose vivante qui réagit différemment en fonction de la personnalité de chacun. Nous ne faisons que l’interpréter… »

« Selon Charly, les gens avaient le visage qu’ils méritaient. Non pas concernant son aspect général, mais parce que les émotions en marquaient les traits année après année. »


Mon avis : L’apprenti est le premier tome de la toute nouvelle saga jeunesse Magic Charly, qui promet de faire du bruit dans le domaine du fantastique. 

Charly Vernier est un jeune garçon comme les autres… du moins, c’est ce qu’il croyait. Un beau jour, il découvre que sa grand-mère était magicienne, mais qu’un voleur de mémoire, nommé Cavalier, lui a dérobé tous ses souvenirs. Ni une ni deux, aidé par Maître Lin et escorté de son amie Sapotille, ils vont tout faire pour sauver sa grand-mère Dame Mélisse, l’une des plus grandes magiciennes qui puisse exister.

Je n’ai pas l’habitude de lire des romans fantastiques, mais il s’avère que la couverture de celui-ci, les premiers retours positifs que j’en ai eu, ainsi que la quatrième de couverture, m’ont donné envie de le découvrir : et j’ai bien fait ! On plonge immédiatement dans un univers féerique et enchanteresse, où la magie côtoie l’univers rationnel des humains. Balais volants, tours de magie à la pelle, vieux grimoires… on pourrait se croire dans l’univers d’Harry Potter ! 

Charly a d’ailleurs quelques traits du célèbre sorcier précédemment cité, puisque tous deux sont des humains, totalement novices en matière de magie, qui vont débuter comme magicien. D’abord assez maladroits, tous deux vont s’avérer particulièrement doué, avec des pouvoirs qui dépassent souvent l’entendement. Charly va se lier d’amitié avec Sapotille, une autre magicienne, qui s’avère également être une copine d’école. D’abord mal engagée, la relation entre ces deux jeunes gens s’améliore au fil de la lecture… affaire à suivre au prochain tome !

Souvent peu réceptive à ce genre d’univers, je me suis laissé bercer par la plume de l’auteure et j’ai totalement adhéré à l’histoire narrée. Aucun temps mort dans le récit, des actions qui s’enchaînent à un rythme fou, des personnages hauts en couleurs, attachants et singuliers, qui m’ont permis de passer un excellent moment de lecture.

Dans Magic Charly, vous y retrouverez donc : des aventures magiques trépidantes, quelques pincées d’amour, mais pas que.  À travers ce récit, Audrey Alwett souhaitait faire passer un message à ses jeunes lecteurs, mais aussi aux plus âgés, aux adultes et parents. Elle souhaitait mettre en avant l’importance de la descendance et de la transmission des savoirs. Dame Mélisse, la grand-mère de Charly, se retrouve dépossédée de sa mémoire, sans aucune manière de pouvoir transmettre à son petit-fils tous les savoirs magiques qu’elle a accumulée sa vie durant. Charly se retrouve donc comme magicien novice, alors qu’il descend d’une des plus grandes magiciennes qui existe : un comble ! Les récits et paroles des anciens sont donc importants, religieusement précieux. Il faut les écouter, consigner leurs savoirs par écrit et prendre tout ce qu’ils peuvent nous offrir avant qu’il ne soit trop tard. J’ai vraiment apprécié cette moralité de l’histoire.


Plongez au coeur de cet univers magique, qui vous fera rêver autant qu’il vous effraiera. je suis déjà impatiente de découvrir la suite !

Ma note : 7,5/10

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Roadmaster


Roadmaster de Stephen King

605 pages, éditions Le Livre de Poche


Résumé : Un inconnu s’arrête dans une station-service perdue au fin fond de la Pennsylvanie, au volant d’une Buick « Roadmaster », un magnifique modèle des années 1950… qu’il abandonne là avant de disparaître. Alertée, la police vient examiner le véhicule, qui se révèle entièrement factice et composé de matériaux inconnus.
Vingt ans plus tard, la Buick est toujours entreposée dans un hangar de la police d’État, et rien n’a filtré des phénomènes surnaturels qui se produisent à son entour, et qu’elle semble provoquer. Un homme veut cependant savoir la vérité : Ned Wilcox, le fils du policier initialement chargé de l’enquête, mort depuis dans un mystérieux accident.
Et si rouvrir les portières de la mystérieuse automobile revenait à ouvrir les portes de l’horreur ?
Après l’accident qui faillit lui coûter la vie en 1999, Stephen King a consacré trois ans à l’écriture de ce roman – l’œuvre d’un magicien de l’épouvante parvenu au sommet de son art !


Extraits : « Il y a dans toute vie de ces moments difficiles où on s’aperçoit qu’il y a beaucoup plus de gens prêts à vous secourir qu’on ne l’aurait cru. Et que malheureusement, ce n’est pas encore suffisant. »

« Quelquefois, la réussite nous accable mille fois plus que l’échec. Je ne sais pas pourquoi, mais c’est ainsi.« 


Mon avis : Après plusieurs longues années sans avoir relu un Stephen King, je me suis persuadée que cette période pré-Halloween était l’idéale pour sortir un de ses romans de ma Pile à Lire. Me voici donc en pleine lecture de Roadmaster.

Roadmaster, c’est la marque d’une mystérieuse Buick, abandonnée par un homme en noir à une station-service. Recueilli par les policiers et mise à l’abri dans un hangar, cette voiture est loin d’être ordinaire. Construite dans des matériaux étranges, il émane en plus d’elle des phénomènes qui dépassent l’entendement : une température qui baisse, des éclairs qui se produisent, des créatures qui apparaissent dans le hangar où elle est rangée… Ned Wilcox, le fils d’un policier mort vingt années plus tôt lors d’une de ses missions, veut en savoir plus sur cette voiture qui a tant intrigué son père. Les anciens collègues de son père, Eddie, Sandy, Shirley, et tous les autres, vont tâcher de retracer avec exactitude l’histoire de cette voiture au gamin.

Nous sommes donc constamment partagé entre le temps présent et les retours dans le passé, où les personnages se relaient pour raconter avec exactitude l’ensemble des événements qui leur sont arrivés avec la Buick. Le mystère qui entoure l’entoure demeure complet, du début à la fin. Personne ne sait ce qu’elle est, personne ne sait d’où elle vient, ni quels dangers elle représente. Tout comme les personnages, nous sommes plongés dans un flou profond, qui nous empêche de discernement clairement les motivations de cette voiture, presque extraterrestre. Au début, j’ai été immédiatement prise dans le récit, curieuse d’en savoir plus sur cette voiture.

Mais, malgré tout le respect que je dois à ce grand écrivain qu’est Stephen King, je me suis passablement ennuyée avec cette histoire. En effet, à part quelques courts épisodes d’actions sporadiques, l’histoire stagne, assez vide, dénuée de dynamisme. Les personnages se succèdent à tour de rôle pour raconter quelques anecdotes qu’ils ont vécus au contact de la Buick, mais rien de très palpitant.

J’ai quand même persévéré dans ma lecture jusqu’au dénouement final, m’attendant peut-être à un retournement de situation inattendu, qui aurait réveillé ma curiosité. Mais rien, à l’instar de l’ensemble du récit. Aussi, les plus de 600 pages que contiennent ce bouquin m’ont parues bien longues.


Passez votre chemin : ce livre s’étire en longueur et manque de dynamisme. Stephen King m’a habitué à beaucoup mieux, c’est pour ça que malgré cette déception, cela ne m’empêchera pas de lire d’autres livres de cet excellent auteur. 

Ma note : 4/10

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Dracula


Dracula de Bram Stoker

575 pages, éditions Pocket, à 4,56€


Résumé : Jonathan Harker, jeune notaire, est envoyé en Transylvanie pour rencontrer un client, le Comte Dracula, nouveau propriétaire d’un domaine à Londres. A son arrivée, il découvre un pays mystérieux et menaçant, dont les habitants se signent au nom de Dracula.
Malgré la bienveillance de son hôte, le jeune clerc ne peut qu’éprouver une angoisse grandissante.
Très vite, il se rend à la terrifiante évidence: il est prisonnier d’un homme qui n’est pas un homme. Et qui partira bientôt hanter les nuits de Londres…


Extraits : « Vous soignez les aliénés. Mais, d’une manière ou d’une autre, tout homme est un peu fou. »

« Le menu peuple me connaît, je suis le maître. Mais l’étranger dans une terre étrangère n’est rien. Nul ne le connaît et, donc, nul ne fait attention à lui.« 


Mon avis : Quelle meilleure période pour découvrir Dracula, qu’en pleins mois d’octobre, à quelques semaines seulement du temps attendu soir d’Halloween ?! C’est donc une belle occasion pour voir de faire d’une pierre deux coups : découvrir un classique qui prenait ma poussière dans ma PAL, et me mettre dans une ambiance propice à cette saison estivale.

Je pense que Dracula n’a plus besoin d’être présenté : ce comte, vampire immortel qui vit seul dans un château isolé, se nourrit du sang d’humains, essentiellement de femmes, qu’il vient mordre dans leur plus profond sommeil.

Écrit dans un genre épistolaire, les victimes féminines, tout comme les médecins qui viennent les soigner et leurs inquiets et éplorés, viennent échangent leur point de vue dans de courtes missives qu’ils s’envoient conjointement, ou qu’ils rédigent dans leurs journaux intimes. Ainsi, nous pouvons avoir accès à chacune de leurs pensées.

J’ai adoré le personnage de Dracula, que j’ai trouvé indéchiffrable, mystérieux, fantasmagorique, insaisissable. Je regrette néanmoins qu’il n’apparaisse que très peu dans l’histoire, ne se matérialisant qu’au début et à la fin du récit. L’ensemble des autres personnages interviennent dans le récit et apparaissent comme des narrateurs, alors que Dracula est le seul à ne jamais prendre la parole. C’est le sujet principal de l’histoire, la personne dont tout le monde parle, mais il reste à une certaine distance du récit, et nous apparaît que plus mystérieux. C’est assez déroutant, puisque j’aurais pensé qu’en lisant l’ensemble de l’oeuvre de Bram Stoker, j’en apprendrais plus sur cet intriguant vampire.

Mais c’est justement ce sombre mystère qui tourne autour de son existence, de sa vie, de sa manière de procéder avec ces victimes, qui forment le réel attrait du roman. C’est ce qui nous hante, ce qui nous attire, ce qui nous ensorcelle et nous fait peur. C’est ce vide de sens et d’explications, cette mise à distance du protagoniste, qui le rend finalement si attirant.

La célébrité  de ce livre n’est plus à prouver, puisqu’il est reconnu comme un classique de la littérature, un chef-d’oeuvre du genre gothique, maintes fois adapté au cinéma ou au théâtre. Le personnage de Dracula traverse les frontières et les siècles, et sa popularité est telle que chacun connaît son histoire, sans pourtant n’avoir jamais lu le livre de Bram Stoker. C’est quand même incroyable, et ça prouve la puissance du personnage ! Malgré le nombre de pages conséquent – près de 600 ans, et écrit en tout petits caractères -, l’histoire reste compréhensible et accessible à tout un chacun, malgré le fait qu’elle ait été écrite en 1897. Comme quoi, comme son personnage éponyme, Dracula reste immortel et traverse les frontières avec aisance.


Fière d’avoir découvert ce monument de la littérature fantastique et gothique, mais un peu déçue tout de même de la lenteur de l’histoire et de la quasi absence du personnage de Dracula. 

Ma note : 7,5/10

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La porte des Enfers


La porte des Enfers de Laurent Gaudé

283 pages, éditions J’ai Lu, à 6,90€


Résumé : Au lendemain d’une fusillade à Naples, Matteo voit s’effondrer toute raison d’être. Son petit garçon est mort. Sa femme, Giuliana, disparaît. Lui-même s’enfonce dans la solitude et, nuit après nuit, à bord de son taxi vide, parcourt sans raison les rues de la ville.

Mais, un soir, il laisse monter en voiture une cliente étrange qui, pour paiement de sa course, lui offre à boire dans un minuscule café. Matteo y fera la connaissance du patron, Garibaldo, de l’impénitent curé don Mazerotti, et surtout du professeur Provolone, personnage haut en couleur, aussi érudit que sulfureux, qui tient d’étranges discours sur la réalité des Enfers. Et qui prétend qu’on peut y descendre…

Ceux qui meurent emmènent dans l’Au-Delà un peu de notre vie, et nous désespérons de la recouvrer, tant pour eux-mêmes que pour apaiser notre douleur. C’est dans la conscience de tous les deuils – les siens, les nôtres – que Laurent Gaudé oppose à la mort un des mythes les plus forts de l’histoire de l’humanité. Solaire et ténébreux, captivant et haletant, son nouveau roman nous emporte dans un « voyage » où le temps et le destin sont détournés par la volonté d’arracher un être au néant.


Extraits : « En une fraction de seconde, tout change. Je le sais mieux que personne. La vie que l’on avait envisagée disparaît d’un coup et il faut faire avec le malheur qui ne veut plus vous lâcher. »

« Je sais que la mort nous mange le coeur, répondit le professore en fixant Matteo droit dans les yeux. Absolument. Je sais qu’elle se loge en nous et ne cesse de croître tout au long de notre vie. »


Mon avis : Depuis longtemps en attente dans ma Pile à Lire, je me suis enfin décidé à sortir ce petit roman de Laurent Gaudé. Cela faisait maintenant plusieurs années que j’avais très envie de découvrir la plume de cet écrivain français, dont le talent n’est plus à prouver.

La Porte des Enfers raconte l’histoire d’une famille brisée par un accident. Alors que Matteo promène son fils dans les rues de Naples, une fusillade éclate. Le petit garçon est touché par une balle et meurt sur le coup. Matteo, et plus encore sa femme, Giuliana, sont inconsolables. Cette dernière demande à Matteo de retrouver la trace de l’assassin de leur fils et de venger sa mémoire, puis de ramener leur fils d’entre les morts. Matteo accepte ce défi fou. Accompagné de personnages loufoques, il va réussir un prodige : descendre en Enfer, pour tenter de ramener son fils à la vie.

C’est une histoire assez perturbante que nous livre là Laurent Gaudé. Il y a d’un côté le réalisme de l’histoire, avec l’ancrage historique – le récit se déroule à Naples, durant le célèbre tremblement de terre de 1980 qui a fait plus de 2 700 morts dû à ce phénomène météorologique -, et d’un autre côté, nous avons un récit fantastique, avec des personnages qui se disent prêts à descendre aux Enfers et à y faire revenir quelqu’un. J’ai beaucoup aimé la dualité des genres, qui peut paraître assez surprenante au début, mais qui est parfaitement dosée ici, et donne un récit magnifiquement rédigé.

Laurent Gaudé confronte les lecteurs à l’une des interrogations les plus récurrentes : la mort, et principalement la potentielle vie après la mort. Que nous arrive-t-il quand on meurt ? Notre âme quitte-t-elle véritablement notre corps pour poursuivre son existence ailleurs ? Renaissons-nous d’une manière différente ? L’auteur va mettre en scène sa représentation de la mort, ou plutôt des « Enfers » comme il l’écrit à de multiples reprises. Il s’est habilement inspiré de l’Enfer de Dante, comme décrit dans son oeuvre de La Divine Comédie, qui illustre son idée des Enfers comme un cône inversé à neuf cercles, correspondant chacun à un degré du crime commis par le damné. Laurent Gaudé va également nous immerger dans cet au-delà noirâtre, où les âmes en peines errent dans les ténèbres. Plus que jamais, la frontière entre la vie et la mort est ténue, elle ne tient qu’à un fil. Glaçant, mais fascinant à la fois !

Avant d’achever cette chronique, je voulais souligner le fait qu’on ne peut pas lire sans livre sans avoir une petite pensée pour nos proches disparus… Alors merci monsieur Gaudé pour cette beauté littéraire, qui m’a beaucoup émue. J’ai maintenant très envie de découvrir d’autres oeuvres de ce grand écrivain !


Ce livre est un ovni de la littérature : inclassable, tant il est ambigu et ambivalent. Je vous recommande chaudement cette lecture, qui va vous surprendre et restera très longtemps dans votre mémoire.

Ma note : 8,5/10

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