Le week-end


Le week-end de Natasha Preston

371 pages, éditions Hachette romans, à 18€


Résumé : « Ils pensent qu’ils sont invincibles. Ils pensent pouvoir faire et dire ce qu’ils veulent, sans jamais avoir à en assumer les conséquences. Ils ne m’ont pas laissé le choix. Il est temps pour eux de payer pour leurs péchés. »Un week-end entre amis, dans un chalet loin de tout,  c’est exactement ce dont Mackenzie avait besoin.  La bande se retrouve, impatiente que la fête commence.Un verre, puis deux.  Et la nuit tombe dans l’oubli.Au réveil, c’est l’horreur.  Deux d’entre eux sont morts,  sauvagement assassinés.  Aucune trace d’effraction ni signe de lutte.  Les cinq survivants n’ont d’autre choix que de se suspecter ? Quelqu’un ne dit pas la vérité.  Et la première erreur de Mackenzie est de croire que ce cauchemar est terminé.


Extrait  « Les secrets qu’on se cache à soi-même sont les plus dangereux. »


Mon avis : Natasha Preston est une auteure talentueuse, que j’ai déjà découverte l’année dernière à travers son thriller Young adult La Cave. L’histoire de son précédent roman m’avait conquise, bien que la fin m’ait un peu déçue. Dans Le week-end, le schéma se reproduit à l’identique : j’ai beaucoup apprécié la narration, le suspense et toute l’intrigue, mais la fin en eau de boudin m’a terriblement déçue.

Ce livre raconte l’histoire d’une bande d’amis, qui décident de se retrouver un week-end tous ensemble dans la maison de l’un deux, pour boire, faire la fête et s’amuser comme des jeunes de leur âge. La soirée bat son plein, l’alcool coule à flot, les couples commencent à se former, puis… trou noir. Ils se réveillent le lendemain et découvrent que deux d’entre eux sont décédés durant la nuit. Aucune trace d’effraction n’est relevé : le coupable se cache forcément parmi eux.

J’avoue que l’histoire est alléchante et qu’elle est additive. L’auteure nous donne envie d’en découvrir davantage à chaque chapitre, si bien que par moment, j’ai vraiment eu du mal à me détacher de ma lecture. Nous faisons la connaissance de chacune des personnes présentes ce fameux week-end lors de la fête tragique : il y a tout d’abord Mackenzie, notre protagoniste, qui a vu le corps sans vie de sa meilleure amie Courtney dans la cuisine de la maison. Courtney était en couple avec Josh, le riche de la bande, celui qui a prêté la maison pour faire la fête, mais qui est lui aussi décédé. Blake, le demi-frère de Josh fait aussi parti des suspects, tout comme Kyle, Megan et Aaron. En tout, ce sont cinq personnes qui sont suspectées d’avoir assassiné leurs amis. Mais pour quelle raison ?

Natasha Preston prend un malin plaisir à faire tourner le lecteur en bourrique et à nous envoyer sur de fausses pistes. Car le dénouement est assez surprenant, et rare doivent être les lecteurs qui arrivent à percer le mystère avant la fin. Comme dans La Cave, j’ai trouvé qu’il manquait de solidité, qu’il n’avait pas été assez travaillé. C’est une fin un peu trop facile à mettre en place, je m’attendais à quelque chose de plus surprenant, de moins bâclé.


Un thriller captivant, qui a su me divertir, mais dont le dénouement m’a déçu. 

Ma note : 6/10

 

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Clean


Clean de Juno Dawson

372 pages, éditions Hachette romans, à 18€


Résumé : « Visage écrasé contre le cuir. Odeur de voiture neuve.
Je ne peux pas bouger. J’ai été kidnappée. Je ne peux pas bouger.
J’ouvre les yeux. Ça fait mal. Mais j’aperçois mon frère, Nikolai.
― Nik ?
― Tout va bien, Lexi, je vais te trouver de l’aide.
Oh, putain, cette fois, il l’a fait. Il a décidé de me sauver. »

Voilà comment je me suis retrouvée coincée au Clarity Centre, un hôtel de luxe pour les accros en tout genre. Pour moi, c’est un peu Alcatraz avec un spa.
Chacun son poison. Pour Ruby, c’est la bouffe. Pour Kendall, c’est l’excès inverse. Pour Saif, c’est la drogue (aucune originalité), comme moi. Et Brady… Brady, le beau gosse de service, c’est un grand mystère.
Bref, on forme une belle bande de déglingués. Et la nouvelle venue, Sasha, semble encore plus tarée que les autres. La grande question : sommes-nous prêts à être clean ?


Extraits « Si je me sens aussi mal sans ces comprimés et les autres substances, il faut bien en conclure que j’ai une dépendance. Cette idée me donne la chair de poule, autant que des ongles sur un tableau noir. »

« Il ne s’agit pas de prétendre que les risques n’existent pas, il s’agit pour chacun d’accepter la relation qu’il entretient avec eux et de prendre les mesures nécessaires pour se protéger. »


Mon avis : Le Clarity Centre, c’est un centre de désintoxication de luxe pour les accros en tout genre. Il est situé sur une île déserte et accueille des privilégies venus du monde entier pour se faire soigner. Lexi, notre protagoniste, est accro à la drogue, tout comme Saif, un autre pensionnaire richissime. La drogue de Ruby, c’est la nourriture, quant à Kendall, sa drogue, c’est au contraire d’avoir le ventre vide. La drogue du jeune Brady reste à ce jour un grand mystère, qu’aimerais bien percer Lexi. Autant de pensionnaires qui vont devoir cohabiter tout en tentant de soigner leurs maux.

J’ai vraiment beaucoup aimé découvrir cette histoire. C’est un roman à destination des jeunes adultes, qui dégage beaucoup de maturité. L’auteur traite des addictions, un sujet dans l’ère du temps, qui atteint en moyenne beaucoup plus la cible qu’elle cherche à viser : les grands adolescents et jeunes adultes. Drogues, anorexie, boulimie… autant d’addictions qui peuvent détruire des vies entières. Mais chaque addiction peut se soigner, c’est ce que cherche à nous démontrer l’auteure. Pour se faire, il faudra être vaillant, tenace et courageux, il faudra se combattre soi-même avant d’arriver à combattre son addiction.

Le style d’écriture est addictif, on se laisse happer autant par l’histoire que par les protagonistes. J’ai réussi à me projeter sur cette île déserte aux côtés des pensionnaires et à entrer véritablement dans l’histoire avec eux, et ça, c’est grâce au remarquable travail d’écriture de Juno Dawson. Elle arrive à alterner des scènes d’actions avec des scènes plus douces et à incorporer dans son récit un grand nombre de mystères, qui donnent du piquant à l’histoire. Tout est bien dosé, pour le plus grand plaisir des lecteurs !


Un roman addictif et moderne, qui délivre un message d’espoir pour toutes les personnes atteintes d’addiction en tout genre. J’ai vraiment bien aimé, et je le recommande !

Ma note : 9/10

 

Pêche


Pêche de Emma Glass

125 pages, éditions Flammarion, à 14€


Résumé : Il est arrivé quelque chose à Pêche. Elle erre dans la rue, du sang coule sur ses jambes, l’odeur de son agresseur lui colle à la peau. Ça lui fait mal de marcher mais elle parvient à rentrer à la maison en titubant et tombe sur une autre réalité cauchemardesque : celle de son cercle familial, qui ne semble s’apercevoir de rien. Ça devient difficile pour elle de trouver le sommeil, et plus difficile encore de travailler quand l’odeur graisseuse des saucisses grillées envahit ses narines, sans parler de s’alimenter. Même si elle tente de fermer les yeux sur ce qui s’est passé, Pêche finit par envisager l’acte drastique, cruel, qu’elle se doit d’entreprendre.

Dans cet éblouissant premier roman, Emma Glass articule l’indicible avec une verve à couper le souffle. Physiquement intense, dans une prose rythmée, qui plonge au plus profond, Pêche marque l’arrivée d’une voix nouvelle et visionnaire.


Mon avisJ’ai lu ce petit roman d’une traite il y a près d’un mois. L’histoire ne m’a pas tant passionnée, mais une lectrice assidue comme moi ne fait qu’une bouchée d’un livre de seulement 125 pages. C’est donc près d’un mois après la fin de cette courte lecture que je me penche enfin sur mon ordinateur pour écrire mon ressenti sur ce livre. Problème : je n’ai presque aucun souvenir de cette histoire…

Ce dont je me souviens avec exactitude, c’est l’écriture assez singulière de Emma Glass, qui use de phrases courtes et hachées pour débiter son histoire. C’est assez inattendu et ça surprend au début. Certains pourront s’y faire, d’autres moins. En tout cas, ce style d’écriture m’a gênée durant ma lecture, puisque outre le fait que certains mots sont répétés plusieurs fois de suite, les phrases courtes ne m’ont pas permises d’entrer au coeur de l’histoire.

L’histoire d’ailleurs, parlons-en. Une jeune fille se fait violer, mais décide de le cacher à ses parents et de se guérir seule. Mais son agresseur est loin d’en avoir fini avec elle. S’ensuit des scènes assez spéciales, dont une qui m’a particulièrement choquée : le moment où cette jeune fille décide de se recoudre les parties intimes. Horrible… L’histoire est assez abstraite, parfois incohérente et l’ensemble des personnages sont étranges. Vous l’aurez sans doute compris : je n’ai pas adhéré à l’histoire et j’ai encore moins compris où l’auteure voulait nous emmener.


Pêche, c’est un livre étrange, sans doute un peu trop visionnaire, que je n’ai malheureusement pas apprécié. 

Ma note : 2/10

 

L’ombre de l’autre femme


L’ombre de l’autre femme de Dorothy Koomson

569 pages, éditions Charleston Noir, à 8,90€


Résumé : Libby vit une belle histoire avec Jack, jusqu’au jour où un terrible accident de voiture jette un voile de soupçon sur son mariage. Eve, la première femme de Jack, est morte dans d’étranges circonstances. Libby doit-elle également se croire en danger ?
En mettant la main sur le journal intime d’Eve, elle comprend que ses craintes sont plus que fondées. Dans sa grande demeure de Brighton, Libby sent la menace se rapprocher…


Extraits « Si vous n’aviez pas le choix, si vous deviez décider entre votre vie et la sienne, vous choisiriez la vôtre. Moi, je choisirais la sienne. Toujours. »

« Quand il s’est effondré sur le lit, il s’est mis en tête de me faire promettre que je ne mourrais pas en premier. Si je devais mourir, je devais le prévenir pour qu’il puisse se suicider et ne pas avoir à vivre sans moi. »


Mon avis : Les éditions Charleston, spécialisées dans les histoires de femmes, sortent une nouvelle collection de roman : Charleston Noir. Dans cette collection, les lecteurs pourront découvrir des thrillers ou romans policiers qui mettent en scène des protagonistes féminines. Intriguée par cette nouveauté, je me suis laissé tenter par L’ombre de l’autre femme de Dorothy Koomson, le premier thriller publié aux éditions Charleston Noir.

Libby rencontre Jack, un homme avec qui elle entretient une relation amoureuse, puis se marie. Tout se passe au mieux dans leur couple, jusqu’au jour où Libby et Jack sont impliqués dans un accident de voiture. Jack est indemne, mais Libby salement amochée. Au-délà des dégâts matériels et physiques, cet accident va mettre en lumière le passé de Jack. En effet, avant de connaître Libby, Jack a été marié à Eve, une jeune femme qui s’est tuée dans les escaliers de leur maison. Sans le vouloir, Libby va mettre la main sur le journal intime d’Eve et va découvrir des choses qu’elle n’aurait jamais dû découvrir.

C’est une enquête passionnante et prenante que nous livre l’auteure. Dès le début du récit, j’ai été littéralement embarquée dans cette histoire. Les actions sont récurrentes, les révélations permanentes, donc le récit est dynamique et vivant.

Ma lecture s’est découpée en plusieurs temps, avec d’abord le début du roman, qui était très prenant, puisqu’on apprend à connaître les personnages et à s’y attacher. Ensuite le milieu du récit, qui s’étirait un peu en longueur, avec quelques répétitions et des passages pas forcément pertinent. Puis le dénouement final, qui a remonté mon intérêt pour l’histoire, puisqu’il offre suspenses et surprises. Des moments de lectures un peu inégalitaires, mais l’histoire reste dans l’ensemble très bien.

Le personnage de Eve m’a plus touché que celui de Libby ou de Jack. En effet, à travers les journaux intimes d’Eve, nous plongeons dans son intimité et découvrons tous ses secrets. L’auteure s’est plus attardé à développer le personnage d’Eve au détriment de ceux de Libby ou de Jack, qui ont été effacés et relégués au second plan. D’où le manque d’empathie et le peu d’attachement que j’ai ressenti à leurs encontre.

Un roman qui se déroule avec souplesse et fluidité. Sans vouloir vous dévoiler l’intrigue principale, sachez que ce livre s’adresse à un public adulte et averti, puisqu’il aborde longuement la thématique de la prostitution.


Plongez au coeur des secrets d’une vie bien difficile. Un premier Charleston Noir convaincant qui me donne envie d’en découvrir d’autres. 

Ma note : 7/10

Une autre histoire

 


Une autre histoire de Sarah J. Naughton

409 pages, éditions Sonatine, à 21€


Résumé : La vérité n’est jamais là où on l’attend. Élevée par un père violent et une mère soumise, Mags a fui l’Angleterre dès qu’elle a pu pour devenir une brillante avocate à Las Vegas. Lorsqu’elle apprend que son jeune frère, Abe, a été victime d’un accident et se trouve dans le coma, elle revient pour la première fois depuis longtemps à Londres. Là, elle a la surprise de rencontrer sa petite amie, Jody, dont il ne lui avait jamais parlé. Elle est plus surprise encore quand Jody, inconsolable, lui révèle qu’il ne s’agit pas d’un accident mais d’un suicide. Dépressif, Abe s’est jeté par la fenêtre.
Peu à peu, la version officielle semble néanmoins présenter d’étranges incohérences. Jody dit-elle toute la vérité ? Était-elle vraiment la petite amie d’Abe ou une experte en manipulation ?
À ce stade du résumé, votre opinion est sans doute déjà faite. Jody est coupable, elle a d’une façon ou d’une autre participé à la chute d’Abe, Mags va découvrir la vérité. C’est du tout cuit : un thriller de plus parmi tant d’autres. Eh bien, détrompez-vous. Si les apparences sont en effet trompeuses, vous n’imaginez pas à quel point.
Vous êtes surtout loin de vous douter avec quelle maestria Sarah Naughton vous manipule. Vous croyez lire une histoire et c’en est une autre, bien plus captivante, qui va se dévoiler.


Extraits  « La vérité, ça n’existe pas ; la seule chose qui compte, c’est ce qu’on arrive à faire croire aux gens. »

« Toutes les tragédies ne sont pas des crimes. »


Mon avis : Abe, le frère de Mags vient de mourir. Il a été retrouvé au pied de la cage d’escalier de son immeuble. Pour tout le monde, Abe s’est suicidé, mais Mags n’y crois pas. La jeune femme va mener l’enquête pour découvrir ce qu’il s’est passé.

L’auteure s’amuse à nous faire tourner en rond. Vous aurez beau tenter de percer par vous-mêmes le mystère de cette mort, vous n’arriverez jamais à trouver par vous-même le fin mot de cette histoire. La vérité n’est jamais là où on l’attend, et c’est justement ce qui m’a plût dans cette histoire. Suspense et surprise étaient au rendez-vous pour mon plus grand bonheur !

Les personnages sont bien construits et dégagent une aura mystérieuse qui donne envie de creuser pour découvrir qui ils sont réellement. Jody en particulier m’a énormément intriguée. C’est une jeune femme à la fois extravagante et introvertie, qui cache de multiples secrets. De copine éplorée, elle va perdre son statut de victime pour devenir la coupable suspectée du meurtre. Avec elle, c’est sûr, vous ne saurez plus sur quel pied danser !

Malheureusement, l’ensemble de l’histoire ne m’a pas entièrement convaincue. Il manquait d’actions dans le récit et de rebondissement. Sans parler de certaines scènes qui me paraissaient totalement invraisemblables, comme le dénouement final, que j’ai trouvé trop tiré par les cheveux et trop peu crédible. Somme toute, ce thriller psychologique est finalement banal et ressemble à bien d’autres histoires. Manque d’originalité et d’éléments impactants, dommage !


Un thriller psychologique intéressant, mais qui ne laisse pas un souvenir impérissable. 

Ma note : 6,5/10

 

Le crime de l’Orient-Express

Le crime de l’Orient-Express de Agatha Christie

412 pages, éditions Le Livre de Poche jeunesse, à 6,30€


Résumé : Alors qu’il rentre de mission et compte s’arrêter quelques jours à Istanbul, Hercule Poirot est rappelé d’urgence à Londres. On est en hiver et à cette époque de l’année, l’Orient Express roule habituellement quasiment à vide. Pourtant, sans l’aide du directeur de la compagnie, Hercule Poirot n’aurait pas trouvé de place à bord, comme si tous les voyageurs s’étaient donné rendez-vous dans ce train ! Dès la première nuit, un homme est assassiné. Le train est immobilisé par la neige qui empêche l’assassin de s’enfuir. Dans les wagons isolés du reste du monde, Hercule Poirot, au sommet de son art, mène l’enquête. Et ce ne sont pas les pistes qui manquent!


Extrait  « J’en ai la tête qui tourne !… Dites quelque chose, mon cher ami, je vous en conjure !… Montrez-moi comment l’impossible peut bien être possible !… »


Mon avisJe m’attendais à du grandiose et j’ai été servi ! La reine du crime a plus d’un tour dans son sac, et elle le prouve une nouvelle fois avec Le Crime de l’Orient-Express.

Un meurtre a été commis en pleine nuit dans le célèbre train de l’Orient-Express. La victime n’est autre que Ratchett, un vieil homme autrefois bandit. Les passagers du train vont être tour à tour interrogés par Hercule Poirot. L’inspecteur va chercher des indices, analyser leurs témoignages et recouper toutes les preuves qu’il possède pour voir clair dans ce crime. Et ce qu’il va découvrir va bien au-delà de tout ce qu’on aurait pu imaginer.

Une nouvelle fois, Agatha Christie a réussie à me bluffer. Sa faculté à construire des intrigues aussi complexes et bien ficelées, m’impressionne.

Néanmoins, j’ai remarqué quelques longueurs, qui m’ont un peu peinés. J’aurais sans doute attendu plus de dynamisme dans l’enquête menée par Poirot. Pour vous donner un exemple : tous les passagers du train sont longuement interrogés les uns après les autres, et Agatha Christie retrace avec minutie tous les dires des passagers. Bien que ce soit essentiel au récit et à l’enquête, j’ai trouvé que cela étirait le récit en longueur, et n’apportait pas le dynamisme que j’aurais espéré trouvé dans l’enquête de Poirot. Ce huis-clos est un classique de la littérature policière, mais ce n’est, à mon sens, pas le meilleur récit de l’auteure. Je vous recommande fortement Dix petits nègres, qui est un véritable chef-d’oeuvre du genre, avec du suspense, une intrigue bien ficelée, et surtout, une fin extraordinaire.

Pour en revenir à ce titre, il est quand même extrêmement bien écrit, avec un suspense démentiel. Je souhaitais prévenir tous les petits curieux qui tenteraient de découvrir le visage du coupable avant Hercule Poirot, sachez qu’il vous faudra être fin et surtout très chanceux pour découvrir le fin mot de l’histoire avant lui !


Le Crime de l’Orient-Express est un huis-clos oppressant et pesante, qui va vous faire tourner en rond. Attention : l’Orient-Express en direction de Paris va partir. Assurez-vous d’être confortablement installés. Je vous souhaite un excellent voyage et une très bonne lecture. 

Ma note : 8/10

Cell.7, tome 2 – La mort vous attend


Cell.7, tome 2 de Kerry Drewery

391 pages, éditions Hachette romans, à 18€


Résumé : En Grande-Bretagne, c’est un jury populaire qui décide du sort des prisonniers à travers une émission télévisée. Martha est sortie indemne de son jugement, mais elle a échoué dans sa volonté de dénoncer cette pratique. Maintenant, c’est la vie de son ami Issac qui est en jeu. Etant surveillée sans répit, Martha ne sait comment l’aider.


Extraits  « C’est bizarre, la mémoire ; les choses qu’elle vous rappelle, le moment où elle vous les rappelle. »

« La vie est un château de cartes, des fois, hein ? On en fait tomber une par maladresse, et tout s’écroule.« 


Mon avis : Un an que j’avais terminé le premier tome de Cell.7, un an que j’attendais avec impatience la suite de cette histoire.

Pour ceux qui ne connaissent pas la saga Cell.7, c’est une dystopie des temps modernes. La peine de mort a été rétablie sous forme de jeu de télé-réalité : tout le peuple a un droit de vote sur la sentence, chacun peut décider de la mort ou non du coupable présumé. Un système terrifiant, qu’a expérimenté Martha, une jeune fille jugée coupable de l’assassinat du milliardaire Jackson. Après sept jours de détention, Martha se trouvait dans la Cell.7, la dernière cellule où se trouve la chaise électrique. Persuadée de mourir ce jour, un surprenant retournement de situation a lieu et Isaac, son petit ami, se retrouve accusé à sa place. Martha s’en sort indemne, mais c’est au tour d’Isaac d’être enfermé dans le couloir de la mort. Martha et ses amis ont sept jours pour tenter d’interférer dans le système et de sauver Isaac.

Je retrouve les ingrédients que j’avais tant apprécié dans le premier tome : un rythme effréné, avec une histoire qui ne connaît pas de temps mort ; du suspense à chaque fin de chapitre ; des personnages attachants et surprenants.

Dans ce deuxième tome, Kerry Drewery va plus loin dans son intrigue et crée une propagande des temps modernes. On y voit plus clairement la mise en place de l’endoctrinement des masses via des médias popularisés, le bourrage de crâne des populations, les informations cachées, falsifiées, censurées…  C’est une bonne alternative pour faire comprendre concrètement aux plus jeunes comment se crée les propagandes, comment elles évoluent et se dispersent à une population entière. Certains ne pourront s’empêcher de faire un parallèle avec la propagande nazie du XXème, qui a utilisé les mêmes moyens (détournement et censure des médias, barricadement des idées…) pour parvenir à leurs fins.

J’ai ressenti comme un sentiment de lassitude au courant de ma lecture. En effet, les personnages se retrouvent seuls à se battre contre une population entière. Quoi qu’ils fassent, où qu’ils aillent, ils seront rattrapés, jugés, condamnés. D’une certaine façon, on retrouve un peu le même schéma que dans le tome précédent, avec seulement une personne différente présente dans le couloir de la mort. Comment peuvent-ils espérer s’en sortir ? J’espère que le troisième tome apportera des idées un peu plus novatrices permettant de faire avancer l’histoire.

En tout cas, si je dois reconnaître un talent à Kerry Drewery, c’est qu’elle sait mettre l’eau à la bouche à ses lecteurs. La fin de ce second tome me laisse encore plus en haleine que la fin du premier. D’un côté, cela me plaît, puisque je vais avoir l’opportunité de revoir ces personnages que j’adore et de poursuivre la découverte de cette intrigue si prenante. D’un autre côté, je me désole en sachant pertinemment que le troisième tome ne sortira sans doute pas avant des mois… C’est un mal pour un bien !


Une dystopie dynamique et prenante, qui manie avec brio les outils de propagande des temps modernes. A glisser entre les mains de tous les adolescents. 

 

Ma note : 7,5/10