Kafka sur le rivage


Kafka sur le rivage de Haruki Murakami

637 pages, éditions 10 18


Résumé : Un adolescent, Kafka Tamura, quitte la maison familiale de Tokyo pour échapper à une malédiction œdipienne proférée par son père. De l’autre côté de l’archipel, Nakata, un vieil homme amnésique, décide lui aussi de prendre la route. Leurs deux destinées s’entremêlent pour devenir le miroir l’une de l’autre, tandis que, sur leur chemin, la réalité bruisse d’un murmure envoûtant.


Extraits « Parce que celui qui aime cherche la partie manquante de lui-même. Aussi, quand on pense à l’être dont on est amoureux, on est toujours triste. »
« Quand l’imagination s’emballe, l’illusion enfle, finit par prendre une forme concrète, cessant d’être une simple illusion. »

Mon avis : Un grand merci aux membres du Club de lectures de Babelio d’avoir élu ce livre comme lecture du mois de juin et de m’avoir permis de le sortir de ma Pile À Lire, où il prenait la poussière depuis de nombreuses années.

Quelle étrange histoire… Nous avons d’un côté Kafka Tamura, un jeune adolescent qui fugue de chez lui pour échapper à une mystérieuse malédiction oedipienne énoncée par son père, qui le destine à le tuer et à épouser sa mère. Il trouve refuge dans une petite ville, plus précisément dans une bibliothèque, où le personnel sur place, se limitant à deux personnes – la directrice Mademoiselle Saeki et Oshiman – vont lui donner travail et gîte. En parallèle, nous suivons les aventures d’un vieillard nommé Nakata, qui a la particularité d’avoir été touché par la foudre dans sa jeunesse et d’avoir perdu une grande partie de ses capacités intellectuelles. Nakata va lui aussi prendre la route, direction une mystérieuse quête que même lui que comprend pas.

Je pense qu’au-delà de la compréhension du texte et de l’intronisation raisonnée de l’histoire, c’est vraiment l’essence même des sensations et des émotions qu’il nous procure qui est à regarder. Kafka sur le rivage, c’est une lecture qui se vit et se passe de tout commentaire. C’est un ovni littéraire qui échappe à tout contrôle, à tout classement, à toute logique.

J’ai été dépaysée et un peu chamboulée par cette lecture – j’ai d’ailleurs beaucoup de mal à écrire cette chronique, en raison du mystère qui plane autour de ce livre, de l’ensemble des protagonistes, de l’univers onirique de Haruki Murakami. Chacun est libre d’interpréter cette histoire comme il l’entend : pour ma part, j’y vois une réflexion autour des différents chemins que peuvent prendre notre vie, des rencontres qui l’égrènent, des situations qui la chamboule.


Un roman étrange mais envoûtant, qui se vit plus qu’il ne se lit. Un ovni littéraire que je recommande aux plus curieux et téméraires.

Ma note : 7,5/10

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Si je me souviens bien


Si je me souviens bien de Hélène Le Bris

175 pages, éditions Eyrolles, à 14€


Résumé : Marthe a 60 ans, et l’esprit confus. Elle le sait, se défend, s’organise pour mieux résister à Al – c’est ainsi qu’elle nomme le fauteur de ses troubles : son Alzheimer précoce. Pour retenir ses souvenirs récents, elle les note dans un cahier. Son passé lui échappe : elle ne sait plus pourquoi elle a déménagé, ni ce qu’est devenu le compagnon de sa vie. Le cahier restitue ses efforts pour comprendre, ses doutes, ses émotions qui mêlent frustration, culpabilité et désir de rattraper le temps perdu.
Un indice découvert au hasard dans une revue bouscule son quotidien : elle croit retrouver la piste de son mari disparu… Elle s’improvise alors détective et mène l’enquête à l’insu de ses proches, sa voisine cinéphile et son neveu adoré.


Extrait « C’est fou comme un enfant qui dort enchante une maison. Habité de ses songes, l’air y est plus léger. Des particules de bonheur essaiment dans la lumière, derrière les volets mi-clos. »

Mon avis : Marthe est désemparée : son mari l’a abandonnée. Il est parti un matin et n’est jamais revenu. Pour ajouter à sa douleur, la pauvre dame, âgée de 60 ans, souffre de pertes de mémoires. Plus les jours passent et plus ses souvenirs s’effacent. Pour éviter de perdre totalement la mémoire, elle va s’appliquer à noter consciencieusement dans un petit carnet tout ce qui fait son quotidien.

Marthe est une vieille dame adorable et touchante. Sa « maladie », que l’on pourrait aussi qualifier de handicap, l’Azheimer, est très courant chez les personnes âgées, mais beaucoup moins chez une dame de 60 ans à peine. On assiste, impuissants, à son triste quotidien. Souvent seule, plongée dans ses pensées, essayant de rattraper ses souvenirs, le quotidien de Marthe est seulement ponctuée des visites d’Agnès, sa voisine du dessus qui l’emmène une fois par semaine au cinéma, ainsi que de son neveu Arthur, qui fait preuve d’une grande attention pour la vieille dame.

C’est une histoire poignante que nous livre Hélène Le Bris, qui malheureusement fait partie du quotidien de grand nombre de personnes âgées. En raison de sa perte de mémoire, Marthe se voit internée dans une maison de retraite. Privée de ses derniers repères, elle dépérit à vue d’oeil. C’était sans compter sur l’aide incontestable de son gentil neveu, qui va tout mettre en oeuvre pour la sortir de là et lui donner la fin de vie qu’elle mérite.

On ne peut qu’être touché par cette histoire. Personnellement, je porte maintenant un regard différent sur les choses qui nous entourent. Les petits détails du quotidien, que ce soit le vent, la nature, les oiseaux qui chantent… sont autant d’éléments pérennes, qui malgré tous nos problèmes, restent présents et nous apportent le réconfort et la joie que nous pouvons avoir besoin. C’est une belle leçon de vie que nous offre Marthe et son neveu Arthur, une bonne manière de réfléchir sur notre quotidien et sur tout ce qui nous entoure.


Une histoire poignante sur la perte de mémoire précoce d’une vieille dame attachante. Une belle lecture, dont on ne ressort pas indemne.

Ma note : 7,5/10

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Amore 14


Amore 14 de Federico Moccia

603 pages, éditions Le Livre de Poche, à 6,95€


Résumé : Amore 14, c’est le journal intime de Carolina, adolescente de quatorze ans qui vit à Rome. À ce cahier, elle confie tout, ses doutes et ses espoirs, ses relations avec ses meilleures copines, les disputes dans la famille, notamment entre son frère aîné et son père.
C’est vers son journal qu’elle se tourne quand son grand-père meurt, quand son frère quitte la maison familiale, après une violente scène avec son père. Mais la vie de Caroline, c’est aussi des coups de cœur.
Notamment pour Massimilliano, qu’elle a rencontré dans un magasin de disques. Un seul regard et c’est le coup de foudre. Il la suit hors du magasin, lui offre un CD, lui donne son numéro de téléphone. A peine rentrée chez elle, Carolina découvre qu’on lui a volé son portable…
Une vision étonnante de réalisme et de candeur qui dit tout sur l’allégresse des premiers troubles de l’adolescence, sur ses cruelles désillusions aussi, avec une exquise tendresse…


Extraits « Et puis… le bonheur. On dirait un mot facile, mais je crois qu’en fait c’est un mot très difficile, c’est-à-dire que tout le monde en parle mais personne ne sait vraiment ce que c’est, et surtout où on peut le trouver. »
« Nous montons au quatrième étage. Et il y a un de ces silences… tu sais, ces silences, plus ils durent plus ils sont longs, plus ils sont longs et moins tu trouves quelque chose à dire ; et moins tu trouves quelque chose à dire plus tu as hâte qu’on arrive. »

Mon avis : Longtemps présent dans ma Pile à Lire, j’ai décidé, un beau jour de printemps, de sortir Amore 14 de mon armoire, pour le découvrir tranquillement installée sur mon transat. Je pense que le timing était idéalement choisi, puisque ce roman feel good et solaire se déguste par beau temps uniquement.

C’est l’histoire d’une bande de copines, Alis, Clod et Caroline, qui vont vivre les aventures de milliers d’autres filles : les premiers petits copains, les soirées entre copines, les mensonges aux parents, les disputes, les crises de jalousie… On se retrouve un peu à travers elles, dans des situations qui peuvent ressembler à des situations que nous avons nous-mêmes vécues.

L’histoire se passe en Italie, et l’auteur nous fait véritablement voyager dans son beau pays à travers toutes les pages du livre. C’est bon de se retrouver à déambuler dans les rues de Rome, une magnifique ville que j’affectionne tant, de découvrir des coins peu touristiques, de voir la ville sous l’oeil de vrais habitants, qui savent l’apprécier différemment que les touristes.

Écrit comme une sorte de journal intime amélioré, ce roman, sans être non plus exceptionnel, permet de nous faire passer un agréable moment. On se prend rapidement d’affection pour Caroline, notre protagoniste, pour sa famille, en particulier son grand frère RJ et ses grands-parents maternels, on se marre à ses côtés, on est tantôt émus, tantôt vexés, énervés, attendris… Federico Moccia nous fait passer à travers tout un spectre d’émotions qui représentent, en définitive, la vie telle qu’elle est réellement.


Federico Moccia vous emmène à Rome, découvrir la vie quotidienne de Caroline, une jeune fille pétillante et solaire. Une histoire feel good idéalE pour décompresser l’été. 

Ma note : 6,5/10

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L’amour aux temps du choléra


L’amour aux temps du choléra de Gabriel Garcia Marquez

442 pages, éditions Le Livre de Poche, à 6€


Résumé : À la fin du XIXᵉ siècle, dans une petite ville des Caraïbes, un jeune télégraphiste pauvre et une ravissante écolière jurent de se marier et de vivre un amour éternel. Durant trois ans ils vivent l’un pour l’autre, mais Fermina épouse Juvénal Urbino, un brillant médecin.
Alors Florentino, l’amoureux trahi, se mue en séducteur impénitent et s’efforce de se faire un nom et une fortune pour mériter celle qu’il ne cessera d’aimer, en secret, cinquante années durant.
L’auteur de Cent ans de solitude et de Chronique d’une mort annoncée, prix Nobel 1982, donne libre cours à son génie de conteur, à la richesse de son imagination et à l’enchantement baroque de son écriture.


Extraits « Les symptômes de l’amour sont identiques à ceux du choléra. »
« Les gens que l’on aime devraient mourir avec toutes leurs affaires. »

Mon avis : Gabriel Garcia Marquez… ce célèbre écrivain, dont le nom si connu et le talent indéniable raisonne depuis longtemps dans la sphère littéraire… je l’ai enfin découvert ! Il m’en aura fallu du temps pour me lancer à la conquête d’une oeuvre de ce grand monsieur, mais plus jamais je n’attendrais aussi longtemps avant de relire un autre ses chefs-d’oeuvres.

XIXème siècle, aux Caraïbes. Fermina et Florentino sont très jeunes lorsqu’ils se rencontrent. Pour Florentino, le coup de foudre est immédiat, alors que pour Fermina, l’amour met du temps à apparaître. Ils vont correspondre pendant plusieurs années avant d’arrêter brusquement sur impulsion de la jeune femme. Celle-ci, devenue adulte, épousera Juvénal, un médecin respecté et respectable. Mais Florentino, jamais bien loin, malgré les années et le temps écoulé, n’arrêtera pas d’aimer Fermina.

En parfaite amoureuse de l’amour, je n’ai pu qu’adorer ce récit. L’amour transpire dans chacune des pages du livre, de différentes manières. On ne peut qu’être attendri par le personnage de Florentino, dont le coeur va rester fidèle, toute sa vie durant à son premier amour. Il va s’efforcer de s’enrichir et de s’élever socialement pour pouvoir plaire au père de Fermina, et séduire la jeune femme elle-même. Il n’entreprend pas une seule action sans penser à elle, et c’est admirable de voir la force de ses sentiments à son égard. On ressent de la pitié pour cet homme rejeté, mais qui continue à garder l’espoir que les choses puissent changer un jour.

L’amour passionnel et le choléra, deux maladies dont les symptômes peuvent se confondre, puisqu’ils mènent tous deux vers un inéluctable état dévastateur. J’ai beaucoup aimé l’analogie de ces deux états, l’un vaincu depuis maintenant bien longtemps, l’autre continuant à dévaster le monde, et ce pour les siècles qui suivent.

Malgré la taille que représente ce livre (c’est une petite brique de 450 pages écrit avec une police minuscule), les pages ont défilé sans que je ne m’en rende compte. L’écriture est fluide et intemporelle : écrit en 1985, L’amour aux temps du choléra reste encore parfaitement accessible aux lecteurs du XXIème siècle. Le génie de l’auteur se voit aussi bien dans son style d’écriture que dans sa forme : personnellement, j’ai adoré les transitions de narration et de points de vue, qui se font avec subtilités et finesse. C’est une prouesse littéraire, très rare, que je n’ai quasiment (voire jamais) lu dans aucun autre livre. Je parle de prouesse, puisqu’il me semble compliqué d’interchanger de narrateur, de glisser d’un personnage à un autre, sans embrouiller l’esprit du lecteur et sans cassure trop prononcée. Chapeau l’artiste !


Un roman intemporel qui vante les mérites de l’Amour et ses effets dévastateurs. Une perle littéraire à découvrir de toute urgence !

Ma note : 9,5/10

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Toute une vie et un soir


Toute une vie et un soir de Anne Griffin

264 pages, éditions Delcourt, à 20,50€


Résumé : Dans une bourgade du comté de Meath, Maurice Hannigan, un vieux fermier, s’installe au bar du Rainsford House Hotel. Il est seul, comme toujours – sauf que, ce soir, rien n’est pareil : Maurice, à sa manière, est enfin prêt à raconter son histoire. Il est là pour se souvenir – de tout ce qu’il a été et de tout ce qu’il ne sera plus. Au fil de la soirée, il veut porter cinq toasts aux cinq personnes qui ont le plus compté pour lui. Il lève son verre à son grand frère Tony, à l’innocente Noreen, sa belle-soeur un peu timbrée, à la petite Molly, son premier enfant trop tôt disparu, au talent de son fils journaliste qui mène sa vie aux États-Unis, et enfin à la modestie de Sadie, sa femme tant aimée, partie deux ans plus tôt. Au fil de ces hommages, c’est toute une vie qui se révèle dans sa vérité franche et poignante…
Un roman plein de pudeur et de grâce qui contient toute l’âme de l’Irlande.


Extraits « L’ennui avec l’âge, enfin ils sont nombreux, c’est que le cerveau oublie qu’il radote les mêmes rengaines. »
« Ce qui me manque le plus ce n’est pas ce que Jason disait ou ce qu’il faisait, reprend-elle en posant la main sur sa poitrine. C’est de l’entendre respirer à côté de moi, dans la pièce voisine ou dans la maison, pas besoin qu’il fasse quoi que ce soit, à part être en vie.« 

Mon avis : Tout d’abord, je tiens à remercier Babelio ainsi que les éditions Delcourt, de m’avoir gracieusement envoyé ce livre en avant-première dans le cadre d’une Masse critique privilégiée. C’est le genre de lecture qui ne m’attire pas aux premiers abords, mais qui peut s’avérer extrêmement passionnante. Je me suis donc laissé tenter par ce roman irlandais.

Toute une vie et un soir, c’est l’histoire de Maurice, 84 ans, qui retrace l’intégralité des grands moments de sa vie en seulement un soir. Ce vieux monsieur, veuf depuis deux années, a vécu des moments de profondes tristesses, notamment lorsqu’il a perdu son frère bien-aimé, ou sa première fille. Mais il a également vécu bon nombre de joies, aux côtés de sa femme et de son fils, de ses amis et de ses animaux. Une vie bien remplie qu’il nous raconte autour d’un verre, comme une histoire que l’on raconterait à un jeune enfant avant qu’il ne s’endorme.

Cette histoire est jalonnée de souvenirs, de regrets, de sourires, de moments d’intense bonheur, de joies, de pleurs, de tristesse, de déceptions aussi, mais de fous rire parfois. C’est l’ensemble de sa longue vie qu’il étale à nu devant nous, dans sa pure simplicité et sa beauté toute entière. Maurice se confie dans pudeur aux lecteurs, mais à son fils avant tout, celui qu’il a délaissé durant toute ces années, mais celui qui constitue aujourd’hui sa seule famille.

Cette lecture m’a fait passer à travers différentes émotions, qui se succédaient sans jamais se ressembler. J’ai été maintes fois peinée par les dures épreuves traversées par Maurice, puis folle de joie quand je me rends compte de ce qu’il a réussi à accomplir et de la revanche qu’il a prise sur sa vie d’avant – passant d’un labeur compliqué, vil, au service de personnes médisantes et peu scrupuleuse à un homme fier, honnête, indépendant et bussinessman dans l’âme. C’est sûrement ce qui ressort le plus dans ce livre : les dix mille vies vécues par Maurice. Il n’y a pas à dire, en 84 ans, on en voit passer des choses !

Malheureusement, je suis peinée de vous dire que je ne me suis pas particulièrement sentie proche du protagoniste et narrateur, Maurice. J’ai beaucoup aimé me balader dans les entrailles de ses souvenirs, mais je ne me suis pas attaché tant que ça au personnage en lui-même, à ce qu’il était et à ce qu’il est devenu. Ça ne remet pas en cause la beauté de l’écriture de l’auteure, ni la puissance de son aura émotionnel, qui a réussi à me toucher à maintes reprises. Je veux seulement dire que cette histoire est belle, mais pas exceptionnelle non plus, puisque je l’oublierai certainement dans quelques semaines à peine.


Une lecture irlandaise aux couleurs du pays : triste, nostalgique, mais belle. J’ai passé un bon moment de lecture, mais celui-ci ne sera pas mémorable.

Ma note : 6,5/10

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Le vol de l’autruche


Le vol de l’autruche de Crysten Sullivan

357 pages, éditions Carnets Nord, à 16€


Résumé : Maggie, jeune fille de vingt-trois ans, est obèse. D’origine américaine, elle est installée à Paris depuis quelques années. Un jour, Maggie est embauchée dans une entreprise qui veut faire d’elle l’égérie des employés pour sa prochaine campagne de communication sur le bien-être au travail. Petit à petit, au gré des rencontres qu’elle fait, Maggie va se transformer et s’épanouir.

Il y a d’abord Louis-Valentin, le jeune médecin de la boîte, qui apprécie ses rondeurs et l’invite à sortir avec elle. Il y a ensuite Leïla, sa collègue, qui lui coud des vêtements à la mode parfaitement adaptés à sa silhouette. Il y a enfin, « Bouddha », atteint d’une maladie orpheline, qui partage avec elle de gigantesques repas et s’occupe d’un forum internet dédié aux personnes en surpoids. Maggie « l’autruche », complexée, inhibée et mal dans sa peau, va progressivement découvrir ses atouts et prendre son envol, à mesure qu’elle devient une icône.


Extraits « La vie, c’est peut-être aussi taire ses envies de passion pour cueillir son besoin de raison. »
« Je sais qu’il me ment non pas parce qu’il aime le mensonge, mais parce que mentir est la seule solution qu’il ait à sa disposition pour continuer à faire semblant de vivre.« 

Mon avis : Quel bonheur de lire un tel récit !

Margaret – Maggie, pour les intimes -, est une jeune américaine de vingt-trois ans, installée à Paris, qui souffre d’obésité. Quotidiennement, elle doit faire face aux regards et aux réflexions des autres sur son poids. Un beau jour, Maggie est embauchée chez Digitales Natives, un groupe international, pour un poste bien particulier : celui d’assistante juriste… et d’égérie du bien-être au travail ! Ce nouveau poste, quoique surprenant, va littéralement changer la vie de Maggie. Elle va s’ouvrir aux autres, s’épanouir professionnellement et personnellement et surtout s’accepter enfin telle qu’elle est.

Le vol de l’autruche est un roman qui se construit comme un témoignage, puisque Maggie s’adresse directement à nous, lecteurs, pour nous raconter son histoire. J’ai beaucoup aimé l’humour employé tout au long du livre, qui donne bien plus de légèreté aux sujets abordés.

L’obésité, les normes physiques imposées par la société, ainsi que le regard des autres, sont autant de thématiques qui sont très souvent abordées dans les romans, puisqu’ils constituent le quotidien de bon nombre de personnes. Ici, Crysten Sullivan aborde ces sujets par un angle nouveau, puisqu’on se place directement dans la peau de la protagoniste, et on ressent intensément toutes les souffrances et difficultés qu’elle vit au quotidien.

On s’attache très facilement au personnage de Maggie, qui est une jeune femme simple dans sa façon d’être, une bonne vivante, qui malgré ce qu’elle peut en penser, aime la vie et essaie d’en profiter à son maximum. Les amis et connaissances de Maggie sont tout autant attachants : Bouddha, son ami obèse rencontré il y a quelques années sur un forum dédié aux personnes en surpoids ; Louis-Valentin, le médecin de l’entreprise DN, de qui Maggie va s’éprendre ; mais aussi Leïla, sa nouvelle collègue de travail, en surpoids également, mais qui s’assume pleinement, ou Jason, ce Don Juan gay, qui aime s’amuse et sortir. Chacune de ces personnes vont jouer un rôle prédominant dans le changement psychologique que va mener Maggie. À leur façon, ils vont être acteurs de l’épanouissement de la jeune femme et de son changement de regard sur le monde.


Un roman optimiste qui fait du bien. Le Vol de l’autruche est empreint d’humanité et fait passer de très beaux messages de tolérance à travers un personnage touchant par sa sensibilité et son humour décadent ! 

Ma note : 8,5/10

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Afin que naisse le jour


Afin que naisse le jour de  Anne Leclaire

351 pages, éditions France Loisirs


Résumé : Dans une Amérique rurale, l’histoire poignante et inoubliable d’une amitié inattendue entre deux femmes que tout oppose.
À vingt ans, Opal a déjà commis quelques erreurs de parcours mais elle ne regrette rien. Ni d’avoir mis au monde son petit Zack, ni de s’être enfuie avec lui loin de Billy, le père de l’enfant, et de Melva, sa propre mère, qui tous deux lui menaient la vie dure. Opal croit aux signes et en sa bonne étoile. Elle part donc à l’aventure et décide, sur un simple coup de tête, de s’installer dans une bourgade perdue. L’arrivée soudaine de cette jeune femme fantasque et désinvolte ne manque pas d’intriguer, voire de déranger. Surtout Rose, sa voisine, une femme réservée, inconsolable depuis la perte de son seul enfant. Rose s’est fermée au monde et son amertume laisse Ned, son époux, parfois désemparé. Mais la présence tonique d’Opal lui redonne peu à peu goût à la vie tandis que naît entre elles un lien à la mesure des épreuves qu’elles devront affronter…


Extraits « Personne ne dit jamais qu’avoir un enfant, c’est comme avoir son coeur qui se balade en dehors de son corps, et qui se cogne partout. »
« Déchiffrer les signes, c’est comme écouter de la musique. Ils sont toujours là, il suffit de se régler sur la bonne fréquence.« 

Mon avis : Je me décidé à sortir ce roman de ma Pile À Lire, où il demeurait terré depuis bien longtemps maintenant.

Afin que naisse le jour, c’est l’histoire d’Opal, une jeune maman célibataire, qui part à l’aventure et s’installe dans un petit village nommé Normal. L’arrivée de la jeune femme et sa situation personnelle et professionnelle dérange la tranquillité du village, et les ragots vont bon train sur son dos. Comme les autres habitants, Rose, sa voisine d’en face, est curieuse de découvrir qui est cette jeune femme qui fait tant parler d’elle. Alors que rien ne prédestinait les deux femmes à s’entendre, Rose, femme introvertie et surtout inconsolable suite à la perte de son enfant unique, et Opal, maman audacieuse et aventurière, vont pourtant lier amitié.

J’ai beaucoup aimé la force de caractère d’Opal, cette jeune femme délaissée par ses parents, sans accroches affective, qui prouve qu’une femme peut être autonome et indépendante. Elle se bat pour apporter le meilleur à son fils, et l’amour qui transparaît de leur relation est attendrissant. Le personnage de Rose m’a également fait de la peine. Depuis la mort de son fils adolescent, Rose a perdue goût à la vie. Elle a complètement changée, elle ne sort plus, ne sourit plus, ne travaille plus… sa vie a perdue tout intérêt, et c’en est assez triste à voir.

Opal et Rose vont lier amitié et se soutenir dans les moments difficiles vécus par l’une et l’autre. Le lien qui les unit est pudique, mais sincère. Malgré leurs différences, elles arrivent à se comprendre, et souvent sans un mot : c’est là la vraie magie de l’amitié.

L’histoire est simple, si vous cherchez du spectaculaire, de l’inattendu ou de l’original, passez votre chemin, ce livre n’est pas pour vous. Mais souvent, la simplicité a aussi ses bons côtés : j’ai passé un très bon moment de lecture, qui m’a permis de me détendre.


Un roman léger et agréable à lire sur une amitié étonnante et attendrissante entre deux femmes que tout oppose. 

Ma note : 6,5/10

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