Coups de foudre


Coups de foudre de Mélanie Rose

350 pages, éditions Archipoche, à 9,95€


Résumé : Alors qu’elle promène son chien, Jessica Taylor, une jeune célibataire d’Epsom, est frappée par la foudre.
Elle survit miraculeusement mais, quand elle se réveille à l’hôpital, il semble qu’elle a changé d’identité. Tout le monde en effet la prend pour une certaine Lauren Richardson, épouse de Grant et mère de quatre enfants, qui elle aussi a été touchée par la foudre.
Qui est-elle vraiment ? Lauren ? Ce qui signifierait alors qu’elle a perdu la mémoire et se souvient du passé d’une autre. Ou Jessica ? Mais comment expliquer alors le fait incroyable qu’elle ait intégré le corps d’une autre ?
Quoi qu’il en soit, la jeune femme n’a d’autre choix que d’endosser sa nouvelle identité et de vivre la vie de Lauren. Peu à peu, elle se glisse dans sa nouvelle peau. Son comportement surprend ses proches et, bien vite, elle découvre un secret qui menace l’équilibre familial…


Mon avis : Un jour de pluie, alors qu’elle promène tranquillement sa chienne Frankie, Jessica Taylor, une jeune célibataire endurcie, est frappée par la foudre. Elle survit miraculeusement, mais se réveille dans le corps d’une autre. Cette autre s’appelle Lauren, elle est mariée et a quatre enfants. Jessica croit à un rêve farfelu, puisque lorsqu’elle se rendort, elle redevient elle-même. Mais ce n’est que le temps d’une journée, car elle se rend compte qu’elle endosse simultanément deux identités à la fois, très différentes. Elle va devoir continuer à vivre normalement et apprendre à s’intégrer dans la peau d’une maman, au coeur d’une famille dont elle ne connaît rien. Un défi de taille l’attend… et elle n’est pas au bout de ses surprises !

Assez perplexe au début de ma lecture, je me suis laissé lentement embarquer par Mélanie Rose, dans cette histoire aussi farfelue qu’excitante. Qui n’a jamais rêvé de se glisser dans la peau d’une autre personne, ne serait-ce qu’une seule journée ? En tout cas, moi j’en ai déjà rêvé., et je me prends souvent à imaginer la vie des passants dans la rue. Jessica a réalisé ce fantasme pour nous : elle a dédoublé son identité pour se rendre dans la peau d’une autre. Et ce n’est clairement pas une partie de plaisir, surtout lorsque l’autre personne en question est une femme mariée et maman de quatre jeunes enfants en bas âge. Jessica va devoir réapprendre à vivre dans le corps d’une autre, et surtout elle va devoir faire semblant d’être celle qu’elle n’est pas.

J’ai beaucoup aimé l’idée et l’originalité du récit. Malgré quelques incohérences d’écriture qui ont passablement gênés ma lecture, j’ai apprécié découvrir cette histoire. C’est sûr, pour apprécier un tant soit peu ce récit, il faut savoir ouvrir son esprit et se laisser guider par l’écriture de l’auteure.

Habituée des lectures en tout genre, j’ai, depuis quelques années, développé le syndrome du « je devine le dénouement avant qu’il n’ait lieu ». Coups de foudre n’a pas échappé à la règle, puisqu’à mi-chemin du récit, je me faisais déjà une idée de dénouement final. Et ça n’a pas loupé : il a bel et bien eu lieu comme je l’avais imaginé. Je l’ai trouvé bon, mais peut-être un peu bâclé, dans le sens où il n’est pas assez bien développé, et la dernière page se ferme alors que la révélation finale vient d’avoir lieu. Autrement dit : on ne laisse pas le lecteur se remettre de ses émotions qu’il doit déjà passer à autre chose. Une dizaine de pages de plus n’auraient pas été de refus (et un tome deux aurait été encore mieux !).


Et si nous pouvions vivre une journée ou plus dans la peau d’une autre personne ? Jessica Taylor l’a expérimenté pour nous.  Une histoire originale et distrayante, qui mêle comédie romantique et fantastique. 

Ma note : 7/10

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La goûteuse d’Hitler

La goûteuse d'Hitler Rosella Postorino


La goûteuse d’Hitler de Rosella Postorino

382 pages, éditions Albin Michel


Résumé : 1943 : Rosa Sauer, jeune Berlinoise antinazie de 26 ans, a perdu ses parents et se voit contrainte d’aller vivre seule chez ses beaux- parents à Gross-Partsch car son mari s’est engagé dans l’armée. Le village se trouve à proximité de la Wolfsschanze, la « Tanière du Loup », le principal quartier général d’Hitler pendant la Seconde Guerre mondiale. Convaincu qu’on cherche à l’empoisonner, le Führer met en place un important système de contrôle de sa nourriture, dont font partie une dizaine de goûteuses. Lorsque les SS viennent chercher Rosa, elle ne peut qu’accepter de participer à l’expérience et se rend deux fois par jour au bunker pour tester les repas du dictateur…


Extraits  « Nous étions des femmes sans hommes. Les hommes se battaient pour la patrie – D’abord mon peuple, puis tous les autres ! D’abord ma patrie, puis le monde ! – et parfois ils revenaient en permission, parfois ils mouraient. Ou étaient portés disparus. »

« Les choses ne sont presque jamais comme elles semblent, déclara-t-elle. Ça vaut aussi pour les gens. »


Mon avis : La Seconde guerre mondiale a éclatée, Rosa perd ses parents, dit au revoir à son mari partit à la guerre et se voit contrainte de quitter Berlin pour Gross-Partsch, le village où vit ses beaux-parents. Ce village est situé non loin de la « Tannière du loup », le camp principal où est retranché le Führer. C’est donc sans surprise qu’un beau matin, des SS viennent chercher Rosa pour lui proposer de force un travail : celui de goûteuse, aux côtés de neuf autres jeunes femmes. Ensemble, elles devront goûter les plats préparés par les cuisiniers pour le Führer, matin, midi et soir, pour s’assurer qu’Hitler ne meurt pas empoisonné. Une tâche qui va s’avérer très éprouvante psychologiquement.

Je me suis laissé emporter dans cette histoire. Nous suivons avec avidité et horreur le destin de dix jeunes femmes, dix goûteuses, qui sont forcées de mettre quotidiennement leur vie en péril, au nom d’un Führer auquel elles ne croient pas.

J’ai apprécié l’originalité du récit et l’angle abordé par l’auteure. En effet, les histoires sur la Seconde guerre mondiale sont nombreuses, et souvent elles contiennent de multiples points de convergences, qui les rendent presque toutes identiques. Ici, sans dénaturer l’Histoire, l’angle par lequel Rosella Postorino aborde le sujet est complètement novateur et tout aussi captivant que les autres récits sur la Seconde guerre mondiale. Bien que nous soyons en temps de guerre, l’auteure fait le choix de ne pas montrer directement les horreurs de celle-ci. Évidemment, nous ressentons une tension constante et croissante, nous voyons des vies se fait emporter, des personnes disparaître, mais point de traces de sangs ni de coups de feu directs.

Chaque jour, matin, midi et soir, les dix goûteuse d’Hitler se retrouvent dans la cantine, où elles mangent les plats et aliments que le Führer mangera par la suite. Une fois leur repas terminé, elles devaient encore patienter une heure, temps jugé nécessaire pour savoir si un plat ou un aliment avait été empoisonné. Elles repartent ensuite chez elles, en se demandant toujours si la prochaine fois sera la dernière. Un travail éreintant psychologiquement, qui fait peser sur l’ensemble du récit une tension constante.

Loin de son mari parti au front, Rosa va chercher du réconfort auprès de sa belle-famille, auprès des autres goûteuses, auprès d’une baronne assez extravagante, et surtout, auprès d’un homme qu’elle n’aurait jamais du approcher. Sous nos yeux, dans ce contexte de guerre, naît une histoire d’amour entre deux personnes. Je ne souhaite pas vous gâcher la surprise de la découvrir, mais sachez que c’est une histoire d’amour sans commune mesure, qu’il est difficile de se représenter comme étant réelle, mais les sentiments ne se contrôlent pas, comme on dit.

Quant au dénouement, il est surprenant, je l’ai trouvé vraiment trop utopique. Vous jugerez par vous-même si vous lisez ce récit, mais il m’a semblé tellement surréaliste et incohérent que je n’y ai pas adhéré. Je finis donc cette lecture sur une note un peu négative, mais heureusement l’ensemble du livre m’a quand même bien plu.

Je remercie les éditions Albin Michel et la Masse critique de Babelio de m’avoir permis de découvrir cette histoire, que je n’aurais certainement jamais acheté seule.


Un récit historique sur les goûteuses d’Hitler, mijoté avec beaucoup d’amour. J’ai aimé l’originalité de l’histoire,  et ne doute pas que vous puissiez l’adorer aussi. 

Ma note : 7,5/10

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Et si tu redistribuais les cartes de ta vie ?


Et si tu redistribuais les cartes de ta vie ?
de Carole-Anne Eschenazi

220 pages, éditions Eyrolles, à 14€


Résumé : Tara Bouviers vient de fêter ses 40 ans quand elle voit sa vie s effondrer : Victor, son mari producteur, lui annonce qu il la quitte pour une femme plus jeune, Sherry. Celle-ci animera désormais l’émission MyBeauty à la place de Tara. Sous le choc, Tara se réfugie chez sa marraine Louisiane qui lui laisse les clés de sa maison sur l’île bretonne d’Arvana.

Dans la maison de Louisiane, Tara découvre le cadeau singulier qu’a laissé sa marraine pour elle : un jeu divinatoire doté d’étranges pouvoirs dont le but serait d’aider celui qui l’utilise à retrouver le bonheur. Une fois les cartes tirées, elles font apparaître un message : une action à mener dans un temps imparti. Lorsque l’action a été proprement menée, une croix bleue se dessine au bas de la carte. On peut alors tirer la carte suivante et continuer la partie jusqu’à son terme. Tara choisit de relever le défi et de se servir du jeu…


Extraits  « Chacun se sert des armes qu’il peut pour encaisser les coups sournois que la vie se plaît à infliger. »

« D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours voyagé. Je suis d’un tempérament qui n’aime pas rester en place. Du moins pas trop longtemps. Traverser les pays, rencontrer de nouveaux êtres, découvrir des cultures à chaque fois différentes, des modes de pensée contrastés, parcourir le monde ; c’est cela qui m’anime. J’en ai presque fait ma mission ici-bas, ma raison d’exister. »


Mon avis : Tara Bouviers, quarante ans, est marié avec Victor, qui est aussi son patron et producteur. Tout se passe pour le mieux dans la vie de Tara, jusqu’au jour où Victor rentre dans leur maison et lui annonce qu’il souhaite divorcer et la licencier, pour donner sa place à Sherry, de vingt ans sa cadette. Sous le choc de cette double claque, Tara décide de se couper du monde pour prendre le temps de se recentrer et de réfléchir à sa situation, et part s’installer chez sa marraine Louisiane, sur une île bretonne. Loin du tumulte de sa vie parisienne, Tara va réapprendre à vivre, elle va faire la rencontre d’Adam, un voisin de Louisiane, puis de Mindy, la factrice de l’île, avant de faire une rencontre qui va changer sa vie… celle d’un jeu de tarot magique, appelé Odissea. D’abord étonnée et suspicieuse en découvrant les règles farfelues de ce jeu, Tara va rapidement céder à la curiosité en commençant la partie. Elle ne savait pas que celle-ci allait changer sa vie à tout jamais.

Et si tu redistribuais les cartes de ta vie ? est un roman frais et léger, qui se dévore en un rien de temps. Les chapitres sont courts, l’histoire est dynamique et addictive, si bien que les chapitres s’enchaînent à un rythme soutenu.

J’ai beaucoup apprécié découvrir cette histoire. Tara fait le choix de quitter son quotidien, de partir loin de ses habitudes, de ses amis, de tous ses repères, pour se recentrer sur elle. C’est un choix complexe à prendre, mais qui s’avère bénéfique dans son cas. Nombreuses sont les personnes qui ont déjà imaginé un jour prendre leurs valises et quitter leur vie quotidienne pour repartir de zéro… mais peu ont osé le faire. C’est pour cela que j’admire particulièrement Tara et sa force de caractère. N’oublions pas qu’elle vient de se faire larguer par son futur ex-mari, qui plus est est son patron. Loin de se laisser abattre, elle va de l’avant et prend les choses en mains : elle va enfin pouvoir penser à elle et rien qu’à elle ! Il est clair que le personnage de Tara ne laisse pas indifférent, et que beaucoup pourront trouver un écho de son histoire dans leur vie personnelle. Elle instille un je-ne-sais-quoi d’espoir qui redonne immédiatement confiance en la vie et en l’avenir.

En plus du personnage de Tara que j’ai beaucoup aimé, j’ai adoré le concept du jeu Odissea. C’est un tarot un peu magique, qui permet à la personne qui y joue de se questionner sur sa vie afin de se remettre en question, et de réaliser différentes actions concrètes pour aller de l’avant. Un soupçon d’imaginaire est nécessaire pour y jouer, ainsi qu’une bonne dose de courage. C’est peu cher payé pour ce que le jeu offre en retour… Amour, amitié, clairvoyance, bonheur… sont autant de choses que va (re)découvrir notre chère protagoniste grâce à ce jeu.


La vie n’est pas toujours un long fleuve tranquille et nous réserve souvent bien des surprises…  Tara Bouviers, l’héroïne de cette histoire, en a fait l’expérience. Un livre à savourer, qui saura illuminer vos journées.  

Ma note : 8,5/10

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Sans sang


Sans sang de Alessandro Baricco

121 pages, éditions Folio


Résumé : «Dans la campagne, la vieille ferme de Mato Rujo demeurait aveugle, sculptée en noir contre la lumière du crépuscule. Seule tache dans le profil évidé de la plaine.
Les quatre hommes arrivèrent dans une vieille Mercedes. La route était sèche et creusée – pauvre route de campagne. De la ferme, Manuel Roca les vit.
Il s’approcha de la fenêtre. D’abord il vit la colonne de poussière s’élever au-dessus de la ligne des maïs. Puis il entendit le bruit du moteur. Plus personne n’avait de voiture, dans le coin. Manuel Roca le savait. Il vit la Mercedes apparaître au loin puis se perdre derrière une rangée de chênes. Ensuite, il ne regarda plus.
Il revint vers la table et mit la main sur la tête de sa fille. Lève-toi, lui dit-il. Il prit une clé dans sa poche, la posa sur la table et fit un signe de tête à son fils. Tout de suite, dit son fils. C’étaient des enfants, deux enfants.»


Extraits « Mais rien n’arriva, parce qu’il manque toujours quelque chose à la vie pour être parfaite. »

« – Qu’est-ce que ça veut dire un monde meilleur ?
– Un monde juste, où les faibles ne doivent pas souffrir à cause de la méchanceté des autres, où n’importe qui peut avoir droit au bonheur. »


Mon avisLa couverture et le titre de Sans sang offrent une image assez claire de ce qui se trouve à l’intérieur du livre : des scènes de guerres, beaucoup de violences, des meurtres et des litres de sangs. Une petite fille voit son père mourir devant ses yeux. Son meurtrier, qui pourtant a tué de mains nues, se laisse émouvoir par les yeux innocents de cette petite fille. Bien des années plus tard, ils se retrouvent, et discutent de ce temps passé et de cet acte meurtrier. Arriveront-ils à oublier ?

Sans sang est un roman empli de dualités : la vie et la mort, la tristesse et la joie, le pardon et la vengeance, viennent rythmer le fil de l’histoire. De nombreux questionnements sur la guerre viennent se superposer au récit : comment se repentir après avoir commis des actes cruels, comment oublier ou continuer à vivre après avoir commis le pire ?

J’ai été assez horrifié par certaines scènes sanglantes de l’histoire, que j’ai trouvé crues, comme posé au milieu du livre sans finalité précise. C’est un peu le ressenti global que j’aie de cette histoire : une narration cruelle, sans filtre, mais qui ne laisse pas percevoir avec limpidité les tenants et aboutissants de cette narration dramatique.

Je suis donc déçue de cette histoire. Il faut dire que Alessandro Barrico m’a habitué à mieux, notamment à travers Novecento : pianiste, qui raconte l’histoire d’un jeune garçon, qui est né et a vécu toute sa vie sur un bateau. C’est un roman très émouvant, dont je me souviens encore des années après. Je vous recommande donc fortement de lire Novecento : pianiste ou même Soie, qui racontent des histoires aussi surprenantes, mais bien plus fines et travaillées que celle narrée dans Sans sang.


Alessandro Baricco est un auteur italien à la plume acérée, qui divise souvent les foules : soit on adhère, soit on déteste. Je n’ai pas aimé ce livre, que je juge trop cru et ambigu, mais je vous encourage à découvrir les autres oeuvres de l’auteur. 

Ma note : 3,5/10

 

La femme qui voit de l’autre côté du miroir


La femme qui voit de l’autre côté du miroir de Catherine Grangeard et Daphnée Leportois

188 pages, éditions Eyrolles, à 14€


Résumé : Lucie fête ses 25 ans en famille et comme d’habitude, sa mère n’a pas prévu de gâteau . Car Lucie a 30 kilos en trop… dont ni le sport ni les régimes ne sont jamais venus à bout. Quand elle fait le bilan de ses efforts, Lucie se dit qu’elle a le choix entre :
1. Avoir faim non-stop tout en faisant du sport à outrance.
2. Continuer de grossir et mourir d’un infarctus trop jeune.
Elle fait alors une déclaration tranchante : elle va s’offrir une chirurgie bariatrique.
Avant l’opération, le protocole prévoit un rendez-vous avec une psy. Simple formalité selon Lucie, il s’ouvre cependant sur d’autres rencontres au cours desquelles la jeune femme interrogera son rapport à son corps, à l’autre et au monde …
Lucie optera-t-elle finalement pour la chirurgie ou trouvera-t-elle une autre voie pour se sentir bien dans sa peau ?


Extrait  « Elle leur avait bien dit ne pas vouloir de cadeau. Un simple repas en famille lui aurait suffi. C’est déjà suffisamment éprouvant. »


Mon avisLucie est une jeune femme légèrement en surpoids, qui n’assume pas ses formes et se trouve laide et grosse. Elle en a marre d’avoir a subir les réflexions de ses parents, de sa mère en particulier sur son poids, de voir les regards condescendants de ses élèves de collège, de subir les insultes et injures sur son gabarit. C’est décidé : elle veut se faire opérer ! Mais avant l’opération, Lucie va devoir consulter une psychologue, qui va l’aider à y voir plus clair sur son cas et sur son mal-être. Un rendez-vous qui va changer sa vie et surtout sa manière de voir la vie.

La femme qui voit de l’autre côté du miroir, c’est un roman frais et léger, que j’ai beaucoup apprécié découvrir, puisque l’histoire de Lucie a résonné en moi. Lucie est en surpoids, elle se dégoûte et ne supporte plus les regards des autres sur elle. Le lecteur peut facilement s’identifier à Lucie et comprendre les problématiques auxquelles elle doit faire face : manque d’estime de soi, de confiance en soi, commentaires désobligeants sur son physique, etc. C’est une histoire dans l’ère du temps, qui donne vraiment matière à réflexion, notamment sur les diktats de la minceur, les soit-disants normes féminines que l’on retrouve dans l’intégralité des magazines photoshopés.

A travers ce récit, nous sommes invités à nous regarder autrement. Ces pages renferment des éléments positifs et pleins d’espoirs pour les personnes qui manquent d’estime de soi : apprendre à se regarder autrement, apprendre à s’aimer et à s’accepter comme nous sommes, sont autant d’éléments clefs pour changer sa façon de voir sa vie. Pour apprendre à s’aimer vraiment, il ne faut pas seulement changer d’apparence physique, mais il faut changer sa façon de penser, de se voir et de voir la vie. C’est un travail bien plus psychologique que physique. Lucie va en faire la découverte.


La femme qui voit de l’autre côté du miroir traite de problèmes d’obésité et des rapports physiques et psychologiques entretenus avec son corps. Un livre facile à lire, qui donne matière à réflexion, que j’ai dévoré et que je recommande.

Ma note : 7/10

 

J’ai perdu Albert


J’ai perdu Albert de Didier van Cauwelaert

216 pages, éditions Albin Michel, à 19€


Résumé : « Je suis la voyante la plus en vue du pays et, depuis hier midi, je ne vois plus rien. »

Pourquoi, après vingt-cinq ans de cohabitation, l’esprit qui hante Chloé l’a-t-il soudain quittée pour sauter dans la tête d’un garçon de café, Zac, apiculteur à la dérive qui ne croit en rien ? La situation est totalement invivable, pour elle comme pour lui, d’autant que cet esprit qui s’est mis à le bombarder d’informations capitales et pressantes n’est autre qu’Albert Einstein…

Dans une comédie romantique haletante où la spiritualité s’attaque aux enjeux planétaires, Didier van Cauwelaert invente avec bonheur une nouvelle forme de triangle amoureux.


Extraits  « On se désolidarise assez vite du genre humain, lorsqu’on est serveur. Tous ces gens qui voyagent en classe ego, les touristes râleurs, les besogneux à heures fixes, les faiseurs de selfies m’isolent chaque jour davantage dans une détresse qu’ils n’auraient pas l’idée de soupçonner. »

« Je me plante devant elle et, dès qu’elle a raccroché, je lui lance :
– Vous désirez ?
– La paix.
Son cri du coeur me déstabilise une seconde, puis je réponds malgré moi d’un air sympathique :
– C’est pas sur la carte. Mais je peux demander au chef. »


Mon avisAvec ses romans Jules, puis Le retour de Jules, Didier van Cauwelaert m’avait habitué à des histoires réalistes, emplies d’émotions. Quelle surprise j’ai eu en ouvrant son nouveau roman J’ai perdu Albert… Après la surprise est venu le rire lorsque je me suis rendue compte que l’auteur adorait mettre en avant des protagonistes surprenant : après le labrador Jules, voici l’esprit d’Albert Einstein. Accrochez-vous bien et bonne lecture !

Chloé est une des voyantes les plus connues au monde. Elle aide les plus grands chefs d’état et hommes politiques dans leurs plans d’actions, en prédisant l’avenir. Mais depuis peu, l’esprit nommé Albert qui habitait sa tête l’a déserté. Sans Albert, les pouvoirs de Chloé sont réduits à néant. Albert a quitté Chloé pour rejoindre la tête de Zac, un barman totalement déboussolé par l’arrivée intempestive de cet esprit incongru. C’est à lui maintenant de gérer cet esprit envahissant.

Vous l’aurez sans doute compris, J’ai perdu Albert est un récit étonnant, qui sort de l’ordinaire. Le protagoniste n’est autre qu’un esprit, prétendument celui du célèbre Albert Einstein, qui est revenu s’incarner dans le corps d’un autre humain pour « sauver la planète ». Il a d’abord pénétré Chloé, avant de s’introduire dans Zac. Comme dans Jules, un triangle amoureux improbable va se mettre en place entre ces trois personnages. Chloé est jalouse que Albert l’ait quitté pour Zac et commence à ressentir des choses pour Zac. Mais comme Albert s’est réincarné dans Zac, est-elle en train de tomber amoureuse de l’enveloppe charnelle de Zac ou du brillant esprit d’Albert ? A vous de juger !

Il faut sans conteste faire appel à une bonne dose d’imaginaire et avoir l’esprit ouvert. Mais J’ai perdu Albert, ce n’est pas qu’une fiction loufoque, c’est aussi un récit sérieux, qui aborde des thématiques importantes, dont l’une me touche particulièrement : la disparition des abeilles. Il est vrai que ce sujet est amené comme un cheveu sur la soupe dans le récit, mais il n’en reste pas moins important. Après tout, Albert Einstein est bien revenu sur Terre pour faire entendre sa voix et guérir les maux de la planète, non ?


Un roman surprenant, à la fois drôle et romantique, tendre et acerbe. Je suis ravie d’avoir pu découvrir cette incroyable histoire, qui restera dans mon esprit.

Ma note : 6,5/10

Le jour où Maman m’a présenté Shakespeare


Le jour où Maman m’a présenté Shakespeare de Julien Aranda

191 pages, éditions Eyrolles, à 14€


Résumé : Quand on a 10 ans, une mère amoureuse de Shakespeare mais pas de papa, et que l’on s’attend à voir débarquer les huissiers d’un jour à l’autre, la vie n’est pas simple. Elle, comédienne de théâtre passionnée, fascine son fils qui découvre le monde et ses paradoxes avec toute la poésie de l’enfance. Avec leur voisine Sabrina, caissière de son état, et les comédiens Max, Lulu et Rita, ils forment une famille de cœur, aussi prompte à se fâcher qu’à se réconcilier. Mais, un jour, la réalité des choses rattrape la joyeuse équipe. Et le petit garçon est séparé de sa mère. Comment, dès lors, avancer vers ses rêves ? En comprenant que, peut-être, l’essentiel n’est pas l’objectif, mais le chemin parcouru … Sur fond de crise des subprimes, Julien Aranda nous raconte la trajectoire enchantée d’une troupe de théâtre inoubliable.


Extraits « Des fois, quand on est vraiment mal, on a besoin d’avoir la tête dans les nuages pour mieux retomber sur le plancher des vaches, et que si on essaie de redescendre trop vite un parachute, le seul résultat qu’on obtient, c’est de le faire s’écraser. »

« Après, elle m’a serré fort dans ses bras et m’a murmuré à l’oreille que la vie est trop courte pour être triste et qu’il faut toujours aller de l’avant. »


Mon avis :  Lui, c’est un petit garçon de 5 ans, qui vit seul avec sa maman. Sa maman, c’est une comédienne de théâtre, secrètement amoureuse de Shakespeare, qui se produit chaque jour avec sa troupe devant un public inexistant. Mais tous les comédiens, Lulu, Max et Rita forment une famille de coeur, et c’est bien plus important que le succès. En dehors du théâtre, sa maman passe beaucoup de temps avec Sabrina, leur voisine, une caissière un peu dépressive, qu’ils considèrent aussi comme faisant partie de leur famille. Mais la vie, ce n’est pas aussi simple que ça, puisque la réalité finit toujours par rattraper les rêves.

Le roman en entier est à l’image du titre : très poétique. L’histoire se raconte à la première personne du singulier, de la voix enfantine, cristalline et pure du petit garçon. Dans des mots simples, un peu naïfs, souvent rêveurs, il nous raconte son quotidien et celui de sa maman. Il détourne volontairement certains termes du quotidien pour les arranger selon son propre dialecte, mis en italique dans le texte : les réseaux asociaux, les huissiers d’injustice, la télédébilité… autant de mots tournés en dérision pour décrire avec plus de réalisme certaines choses de notre société.

Le jour où Maman m’a présenté Shakespeare est un roman riche et complet, qui aborde de multiples thématiques : l’amitié, l’amour, la recherche du profit au dépens de la recherche du bonheur… C’est surtout ce dernier point qui est longuement sous-entendu. Tata Myriam est banquière, et comme toutes les personnes travaillant au contact de l’argent, dans un secteur comme la banque, elle est très terre-à-terre, lucide et bridée dans sa tête. De ce fait, elle ne conçoit pas que sa soeur soit « comédienne de théâtre » et lui conseille constamment de rechercher un vrai métier. Deux soeurs aux métiers et à la personnalité très différents. Mais un très célèbre proverbe dit clairement que l’argent ne fait pas le bonheur, et c’est justement ce que va découvrir, malgré elle, Tata Myriam.


Un roman tendre et attendrissant, qui saura aisément vous charmer et vous faire réfléchir.  A découvrir en écoutant les chansons de « Ce bon vieux Georges », comme dirait le narrateur !

Ma note : 7,5/10