Regarde le vent


Regarde le vent de Marie-Virginie Dru
265 pages, éditions Albin Michel, à 21,90€


Résumé : Au lendemain de la mort de sa grand-mère, tandis qu’elle feuillette de vieux albums de famille, Camille se met en tête de retracer la lignée de ses aïeules, des femmes libres et extravagantes, « toujours sur leur trente et un, élégantes, coquettes, bavardes, indisciplinées, des gigolettes qui se balançaient en dévoilant leurs genoux et en profitant de la douceur du jour ».
Chaque nuit, au fil de sa plume, elle puise son inspiration dans ce passé triste et joyeux, exhume des secrets bien gardés et fait revivre quatre générations d’amoureuses qui n’ont pas hésité à braver les interdits de leur temps.
Mais c’est compter sans son époux, qui ne supporte pas de voir sa femme écrire et s’épanouir…
Avec l’écriture tendre et veloutée qui a séduit les lecteurs d’Aya, Marie-Virginie Dru dévoile les plaisirs et les blessures de l’amour en ressuscitant une dynastie de femmes au destin romanesque.


Extraits : « C’est une histoire de forces, celles de la lune et du soleil sur la Terre. Une histoire d’attraction qui pousse la mer à se retirer, et tu sais, le cycle des femmes obéit aussi à cette loi. Nous faisons tous partie d’un ensemble qui nous porte de la naissance à la mort, qui régit le ciel, les astres, et qui dure depuis des milliards d’années. Ce soir on regardera ensemble ces étoiles qui sont mortes depuis longtemps et qui pourtant continuent à briller. Tu vois, nous sommes tous des poussières d’étoiles. »

« Sa maman l’avait pourtant prévenue : dans la vie, attention il n’y a pas de brouillon, on fait des ratures, mais après on ne peut plus les gommer. »


Mon avis : Regarde le vent est une histoire qui en recèle plusieurs autres. Camille, notre protagoniste, retrace les événements impactants qui ont rythmés la vie de ses aïeules féminines, de sa grand-mère à son arrière-grand-mère voire son arrière-arrière-grand-mère. Une lignée de femmes qui a vécu un quotidien tourmenté, par la guerre, les conventions sociales, le manque de liberté, ou tout à la fois. Camille retrace avec sensibilité et exactitude les différentes histoires d’amour qui jalonnent leurs vies, les problèmes d’éthiques et les aspirations personnelles qui ont fait de leur descendante ce qu’elle est aujourd’hui.

Il est parfois difficile de s’y retrouver parmi cette myriade de femmes, puisque les chapitres s’enchaînent en alternant les points de vue des femmes, dans un ordre qui n’est pas préétabli. Néanmoins, on se laisse facilement bercer par la plume de Marie-Virginie Dru, qui nous embarque avec facilité au cœur de ces quotidiens. L’écriture est déliée, aérienne, emplie de simplicité et d’élégance, on prend réellement plaisir à tourner les pages de ce livre.

Camille écrit pour elle, pour « se sentir moins seule. Pour s’écouter et se comprendre mieux. » Et pour cause : elle rencontre des difficultés au sein de sa vie maritale, avec un homme peu présent, qui manque d’attention, devenant quasiment un inconnu partageant le même toit. Femme au foyer, elle se lance dans ce projet dantesque, sans se douter une seconde de la jalousie médisante de son mari à son encontre. Une histoire qui montre que l’amour est un sentiment compliqué, qu’il faut savoir manier avec subtilité et souplesse. 


Un roman qui parle de femmes, d’amour, de libertés et d’accomplissements personnels, que j’ai pris plaisir à lire.

Ma note : 6,5/10

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ISBN : 978-2-226-47442-1

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Ellie et Dan


Ellie et Dan de Hazel Prior
405 pages, éditions L’Archipel, à 21€


Résumé : Bien plus qu’une histoire d’amour, la rencontre de deux destins déboussolés, de deux vies abîmées qui vont mutuellement se réparer.Il suffit d’un rien pour changer les perspectives d’une vie
Dan a besoin de paix et d’ordre. Il aime son existence calme, prévisible, à l’abri des dangers et des surprises. Il a perdu confiance en lui et a choisi de vivre en reclus, dans sa grange-atelier, où il fabrique des harpes.
Ellie est une rêveuse. Ou plutôt, elle l’était, avant que son quotidien ne rétrécisse aux dimensions d’une vie…


Extraits : « Un tas de gens trouvent étranges des choses qui me paraissent à moi normales, et normales, des choses qui me semblent très étranges. »

« À mon avis, la musique s’occupe de la vraie personne cachée à l’intérieur de la coquille. À mon avis, la vraie personne à l’intérieur de la coquille a soif et besoin de musique tous les jours, sans quoi la vraie personne se flétrit puis disparaît. »


Mon avis : Il y a deux ans, j’avais lu Comment les pingouins ont sauvé Veronica de Hazel Prior, un roman plein de vie, d’amour et non dénué d’humour, qui m’avait fait voyager dans l’espace et le temps. J’ai été ravie de pouvoir découvrir un autre roman de l’auteure, Ellie et Dan, qui m’a également transporté et particulièrement enchanté.

Dan est facteur de harpes, c’est-à-dire qu’il confectionne des harpes dans sa grande et sa sœur s’occupe de les mettre en vente sur Internet. C’est un solitaire à la vie rudimentaire, passionné par son travail, il a du mal à vivre en société et à interagir avec la civilisation. Quand Ellie fait irruption dans sa grange, c’est par un pur hasard de circonstance. Au détour d’une balade, elle s’aventure dans un chemin piéton et se retrouve face à Dan et ses harpes. Femme au foyer sans enfant, Ellie est intriguée par cet homme et très intéressée pour apprendre à jouer de la harpe. Avec élan et générosité, Dan lui offre une harpe, ce qui n’enchante pas le mari d’Ellie, qui l’oblige à la ramener. Attristée par cette décision qu’elle juge injuste, Dan lui propose d’apprendre à en jouer dans sa grange.

J’ai tout aimé dans ce livre. Les personnages tout d’abord, m’ont particulièrement touché. Dan est d’une douceur sans pareille mesure, il est attentionné, généreux, un peu naïf certes, mais authentique. Il semble un peu simplet et enfantin, il est dans son monde, un univers magique, féerique et musical, éloigné des hommes et de toutes les ondes négatives qui peuvent en émaner. C’est un marginal, un solitaire au coeur d’or, un homme sensible qu’il faut choyer. Seule Ellie semble autorisée à pénétrer dans son jardin secret.

Ellie est une femme dévouée à son mari, qui lui apporte tout l’amour et le soutien dont il pourrait avoir besoin. Mais, bien qu’elle se le cache à elle-même, elle n’est pas épanouie dans cette vie de femme au foyer qu’on lui a imposée. Elle aspire à plus de liberté, à prendre confiance en elle, à se détacher des obligations qui la lient à son mari. Aux côtés de Dan, elle s’ouvre, devient plus gaie, beaucoup plus sereine et semble enfin apaisée, en harmonie avec elle-même. Elle découvre qu’elle peut accomplir des choses par et pour elle, sans passer par l’intermédiaire de son mari. Ensemble, Dan et Ellie forment un duo touchant, sensible, dont on suit l’évolution avec émotions. 

Outre les deux protagonistes, l’histoire est une bulle d’oxygène et de fraîcheur qui nous transporte dans un monde plein d’insouciance, bercé par des notes de musique classique. J’ai adoré l’originalité de l’histoire, sa douceur et toute la pudeur qui émanent des personnages. 


Un roman doux, tendre, original, avec des personnages émouvants et pleins de pudeur : j’ai adoré !

Ma note : 8/10

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ISBN : 978-2-8098-4392-7
Traduction : Estelle Flory

Le Sermon sur la chute de Rome


Le Sermon sur la chute de Rome de Jérôme Ferrari
203 pages, éditions Babel, à 7,70€


Résumé : Dans un village corse perché loin de la côte, le bar local est en train de Connaître une mutation profonde sous l’impulsion de ses nouveaux gérants. À la surprise générale, ces deux enfants du pays ont tourné le dos à de prometteuses études de philosophie sur le continent pour, fidèles aux enseignements de Leibniz, transformer un modeste débit de boissons en « meilleur des mondes possibles ». Mais c’est bientôt l’enfer en personne qui s’invite au comptoir, réactivant des blessures très anciennes ou conviant à d’irréversibles profanations des êtres assujettis à des rêves indigents de bonheur, et victimes, à leur insu, de la tragique propension de l’âme humaine à se corrompre.
Entrant, par-delà les siècles, en résonance avec le sermon par lequel Saint Augustin tenta, à Hippone, de consoler ses fidèles de la fragilité des royaumes terrestres, Jérôme Ferrari jette, au fil d’une écriture somptueuse d’exigence, une lumière impitoyable sur la malédiction qui condamne les hommes à voir s’effondrer les mondes qu’ils édifient et à accomplir, ici-bas, leur part d’échec en refondant Sans trêve, Sur le sang ou les larmes, leurs impossibles mythologies.
Empire dérisoire que se sont constitué ceux qui l’ont toujours habité comme ceux qui sont revenus y vivre, un petit village corse se voit ébranlé par les prémices de sa chute à travers quelques personnages qui, au prix de l’aveuglement ou de la corruption de leur âme, ont, dans l’oubli de leur finitude, tout sacrifié à la tyrannique tentation du réel sous toutes ses formes, et qui, assujettis aux appétits de leur corps ou à leurs rêves indigents de bonheur ou d’héroïsme, souffrent, ou meurent, de vouloir croire qu’il n’est qu’un seul monde possible.


Extraits : « Mais nous savons ceci : pour qu’un monde nouveau surgisse, il faut d’abord que meure un monde ancien. Et nous savons aussi que l’intervalle qui les sépare peut être infiniment court ou au contraire si long que les hommes doivent apprendre pendant des dizaines d’années à vivre dans la désolation pour découvrir immanquablement qu’ils en sont incapables et qu’au bout du compte, ils n’ont pas vécu. »

« Ce que l’homme fait, l’homme le détruit. »


Mon avis : Le Sermon sur la chute de Rome a reçu le prix Goncourt en 2012, soit l’un des prix littéraires français les plus prestigieux. C’est pour cette raison que je l’ai acheté les yeux fermés, sans même m’enquérir du résumé, chose que je regrette maintenant amèrement, car ce livre fût une totale déception. Je suis même surprise qu’il ait pu recevoir un tel prix.

Il n’y a rien de très historique dans ce bouquin, malgré ce que le titre pourrait nous faire penser. L’histoire principale se concentre essentiellement autour d’un bar corse, qu’une femme donne en gérance à plusieurs hommes d’affilé, qui la font ployer sous les dettes additionnelles. Finalement, ce sont Matthieu et Libero, amis d’enfance, qui reprennent le bar et le font vivre, laissant derrière eux leurs études parisiennes prometteuses.

J’ai trouvé ce livre d’un ennui mortel. Je suis passé totalement à côté de l’histoire : je n’ai absolument pas compris où l’auteur voulait en venir. La construction narrative est complexe, tarabiscotée, totalement mélangée, avec une alternance de narration dont on peine à suivre le fil. Des époques qui se mélangent, tout comme les personnages : je n’ai pas réussi à comprendre qui était qui, qui vivait où et à quelle époque, c’est pour dire. Il faut sans doute plus de sensibilité que moi et une dose d’imagination et de créativité artistique pour comprendre et apprécier à sa juste valeur ce texte plein de subtilités.


Je suis passé totalement à côté de ce livre, mais je ne doute pas que d’autres puissent l’apprécier, puisqu’il a quand même remporté le prix Goncourt (rien que ça !).

Ma note : 2/10

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ISBN : 978-2-330-02280-8

L’amie prodigieuse, tome 2 : Le nouveau nom


L’amie prodigieuse, tome 2 : Le nouveau nom
de Elena Ferrante
622 pages, éditions Folio


Résumé : « Si rien ne pouvait nous sauver, ni l’argent, ni le corps d’un homme, ni même les études, autant tout détruire immédiatement. »
Le soir de son mariage, Lila, seize ans, comprend que son mari Stefano l’a trahie en s’associant aux frères Solara, les camorristes qu’elle déteste. De son côté, Elena, la narratrice, poursuit ses études au lycée. Quand l’été arrive, les deux amies partent pour Ischia. L’air de la mer doit aider Lila à prendre des forces afin de donner un fils à Stefano.
L’amie prodigieuse, Le nouveau nom et Celle qui fuit et celle qui reste, sont les trois premiers tomes de la saga d’Elena Ferrante.


Extraits : « En réalité, on s’attache aux hommes peu à peu, sans se demander s’ils correspondent ou non à l’idéal que l’on se choisit dans les différentes étapes de sa vie. »

« Dans le monde, tout était équilibre et tout était risque : celui qui n’acceptait pas de prendre des risques et n’avait aucune confiance dans la vie dépérissait dans un coin. »


Mon avis : Quatre mois après avoir fermé le premier tome de L’amie prodigieuse, me voici plongée dans le second volume : Le nouveau nom. On y retrouve avec plaisir les personnages qui nous ont tant marqué dans Enfance, adolescence, mais doté de quelques années supplémentaires. Sous nos yeux, elles évoluent, grandissent et passent de petites filles à femmes accomplies. Elena, notre narratrice, poursuit ses études au lycée, tandis que Lila, sa meilleure amie, dorénavant mariée, travaille dans l’échoppe de son père. Les deux jeunes filles, maintenant âgées de seize ans, entrent dans l’âge adulte et découvrent l’amour et toutes les peines que le coeur peut ressentir face aux sentiments amoureux. Lors de vacances sur l’île d’Ischia, elles se rapprochent de garçons de leur âge qui ne les laissent pas indifférentes. Ces histoires leur apporteront le meilleur… comme le pire.

Il se passe un nombre incalculables de choses dans ce deuxième volume, qu’une simple chronique ne pourrait résumer. Elena Ferrante s’applique à décrire avec le plus de justesse possible le quotidien de nos deux protagonistes, de leurs familles et de leurs proches dans cette Italie du siècle dernier. Les mentalités n’avaient pas encore évoluées, avec des maris, souvent violents, qui travaillent, tandis que leurs femmes restent à la maison pour s’occuper du foyer et des enfants. C’est là que le quotidien de Lila et Elena diverge.

L’une décide d’épouser un homme riche, qu’elle n’aime pas, dans l’espoir de s’élever socialement. Elle vit une vie paisible dans le quartier de son enfance, mais est vite rattrapée par sa condition sociale. Ainsi, Lila reproduit le modèle familial, qui veut que les femmes se marient, aient des enfants et s’occupent de leur famille du mieux possible. Contrairement à elle, Elena choisit de rompre avec le modèle familial et poursuit ses études en dehors de Naples, à Pise, dans l’espoir de s’élever socialement et intellectuellement et de ne jamais retomber dans l’univers oppressant qui l’a vue grandir. Malgré tout, une chose les définie : leur envie de liberté et leur désir de s’émanciper de la vie caricaturale qui leur était toute tracée. Les deux jeunes femmes restent en contact, avec, comme toujours, un lien spécial qui les unie : entre amour et haine, jalousie et bonté, leur amitié est plus que jamais unique en son genre.


Un deuxième tome à la hauteur du premier, peuplé d’aventures amoureuses, familiales et amicales qui nous emportent dans cette Italie au modèle patriarcal du siècle dernier. Je vais m’empresser de débuter le troisième tome !

Ma note : 7,5/10

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ISBN : 978-2-07-269414-4
Traduction : Elsa Damien

Cette histoire-là


Cette histoire-là de Alessandro Baricco
317 pages, éditions Gallimard


Résumé : Ultimo Parri est un jeune homme qui vieillit en s’efforçant de remettre de l’ordre dans le monde.
Il a cinq ans lorsqu’il voit sa première automobile, l’année de la course mythique Versailles-Madrid de 1903, dix-neuf le jour de la grande défaite de Caporetto en 1917, vingt-cinq lorsqu’il rencontre la femme de sa vie, et beaucoup plus le soir où il meurt, loin de sa campagne piémontaise natale.
Cette histoire-là est son histoire, qui nous emporte dans une course effrénée à travers le vingtième siècle, à laquelle l’écriture brillante et habile d’Alessandro Baricco confère une formidable vivacité, pour en faire une de ses plus belles réussites.


Extraits : « Elle me dit : Si tu aimes quelqu’un qui t’aime, ne démolis jamais ses rêves. »

« Il expliqua que personne ne doit jamais penser qu’il est seul, car en chacun de nous vit le sang de ceux qui nous ont engendrés, et cette chose-là remonte jusqu’à la nuit des temps. Ainsi nous ne sommes que le méandre d’un fleuve, qui vient de loin et continuera après nous. »


Mon avis : Alessandro Barrico est un auteur italien de renom, dont j’apprécie particulièrement l’originalité de la plume et le style poétique très particulier des histoires contées. Sans surprise, Cette histoire-là sort aussi du lot. C’est une histoire d’automobiles, de guerre et d’amour. C’est l’histoire d’Ultimo Parri, un petit garçon italien de cinq qui voit pour la première fois de sa vie une voiture. Emerveillé, embarqué par son père dans des courses folles, il rêve alors de bâtir son propre circuit automobile. Malheureusement, il est vite rattrapé par la première guerre mondiale. Enrôlé de force pour combattre lors de la bataille de Caporetto en 1917, il risque de perdre la vie plus d’une fois. Sorti sain et sauf, il quitte son Italie natale pour émigrer aux États-Unis, où il fait la rencontre d’Elizaveta, une russe, professeure de pianos, dont il tombe éperdument amoureux. Hélas, cette histoire d’amour n’étant pas réciproque, Ultimo disparaît, pour ne plus jamais donner signe de vie.

Cette histoire-là est bâtie en trois parties distinctes, qui racontent chacune une période de la vie d’Ultimo : l’enfance et sa passion naissante pour les voitures, son arrivée dans la vie adulte propulsé dans la guerre, puis son passage dans la vie d’adulte émigré dans un autre pays, loin de ses repères. La narration est originale, avec plusieurs narrateurs qui se succèdent pour raconter un bout d’histoire, parfois sans vraiment bien que l’on comprenne qui se trouve aux manettes. Le style est également particulier, ponctué de phrases incomplètes, de blancs, de paragraphes manquants… mais le tout reste gracieux et poétique : du Barrico tout craché !

Il n’y a aucun message particulier à discerner derrière ces mots. Ce n’est qu’un chemin de vie qui se dessine sous nos yeux, un garçon qui devient adolescent puis homme, avant de disparaître. C’est un roman que j’ai trouvé assez complexe, non pas dans la compréhension même du texte, mais plutôt dans l’analyse des personnages, dans l’absorption des émotions.

Ultimo, notre héros, tout comme Elizaveta, qui apparaît longuement dans la dernière partie, sont assez énigmatiques : ils ne laissent rien transparaître de leurs émotions ou de leurs pensées. On ne ressent pas d’attachement particulier envers ces deux personnages, sans doute parce qu’ils nous paraissent distants, un peu froids. On a du mal à comprendre leurs agissements, à clairement voir ce qu’ils ressentent et où ils veulent aller. Cela n’empêche en rien d’apprécier l’histoire et cet aura si particulier qui entoure nos héros.


Un roman poétique qui met en scène deux personnages complexes, qui évoluent et grandissent au début du XXème siècle, entre la naissance de l’automobile et la première guerre mondiale. Des chemins de vie que l’on suit avec volupté et passion. J’étais déjà une adepte d’Alessandro Baricco et je confirme son talent de conteur : j’ai beaucoup aimé. 

Ma note : 8/10

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ISBN : 978-2-07-078150-8
Traduction : Françoise Brun