Dystopie·Littérature américaine

La cité de l’oubli


La cité de l’oubli de Sharon Cameron

461 pages, éditions Nathan, à 17,95€


Résumé : Tous les douze ans, les habitants de Canaan subissent l’Oubli, un mystérieux phénomène qui efface leur mémoire. Pas celle de Nadia. Elle seule n’a pas oublié. Elle seule se souvient que se père a profité de ce bouleversement pour l’abandonner… Le nouvel Oubli approche. Nadia doit percer le secret de cette fatalité avant que sa famille ne vole à nouveau en éclats. Avant que la ville ne sombre encore une fois dans le chaos.


Extraits  « Pourquoi chaque « maintenant » devrait-il être gâché par ce qui doit advenir ? »

« Je trouve qu’une fois votre coupe remplie, la douleur ne devrait plus pouvoir se déverser du broc. »


Mon avis : Au départ assez sceptique de découvrir ce livre, ma lecture reflète totalement mon premier sentiment : incrédulité, déception, perplexité.

Canaan, c’est un peu comme un village gaulois. Tous les habitants de la ville vivent confinés dans un espace délimité, entouré par des Murs. Nul n’a le droit de passer de l’autre côté, puisque nul ne sait ce qu’il s’y cache. Mais surtout, tout le monde redoute l’Oubli, un mystérieux phénomène qui arrive tous les 12 ans et qui fait perdre la mémoire à tous les habitants. Mais Nadia, fille de la teinturière est une originale, puisque d’une part elle est la seule à ne jamais Oublier, et d’autre part, elle n’obéit pas nécessairement aux règles dictées et se rend fréquemment seule hors des Murs, en toute illégalité. Elle pensait que personne n’avait remarqué son manège… jusqu’à ce que Gray la surprenne et l’enjoigne de l’emmener avec elle. D’abord hésitante, la jeune fille va se laisser séduire par ce beau jeune homme et lui révéler son secret.

La cité de l’oubli est une dystopie jeunesse, qui reprend tous les codes des dystopies, sans rien ajouter de très novateur au genre. L’Oubli aurait pu être l’élément qui détache le récit des autres. Malheureusement, je ne l’ai pas trouvé assez vendeur et trop peu travaillé, ce qui explique ma frustration de lectrice, pas totalement satisfaite de cette dystopie soit-disant « originale ». J’ai trouvé que l’intrigue globale manquait d’énergie et qu’elle était souvent bien trop suggestive quant à la suite des événements, ce qui enlevait toute notion de surprise et d’étonnement. L’auteure ne nous laissait pas forcément ouvrir notre imagination et tenter de deviner la suite des événements, j’avais l’impression que tout nous était servis sur un plateau d’argent, et que nous étions des acteurs passifs de l’histoire : tout ce dont j’ai horreur ! A mon sens, il faut toujours laisser les lecteurs s’imprégner de l’histoire et se plonger dans son univers.

De plus, j’ai trouvé ce livre dans son ensemble assez mal écrit. Il y a parfois beaucoup trop d’informations condensées dans quelques paragraphes, et d’autres fois pas assez. C’est-à-dire que par moment, j’ai trouvé l’histoire très longue, puisque l’auteure se plaisait à faire de longues descriptions qui n’apportait pas grand chose à l’histoire. D’autres fois, l’histoire devenait plus dynamique, voire trop dynamique, et l’intrigue filait à une telle vitesse qu’il m’était impossible de la comprendre. D’où mon incrédulité face à ce phénomène d’écriture assez spécifique…


Une dystopie jeunesse maladroite et balbutiante, qui manque de clarté dans son écriture. Quant à l’histoire, elle se voulait originale, mais n’a pas été assez travaillée pour être totalement novatrice. 

Ma note : 4/10

Dystopie·Littérature anglaise·Littérature jeunesse·Saga

Cell.7, tome 2 – La mort vous attend


Cell.7, tome 2 de Kerry Drewery

391 pages, éditions Hachette romans, à 18€


Résumé : En Grande-Bretagne, c’est un jury populaire qui décide du sort des prisonniers à travers une émission télévisée. Martha est sortie indemne de son jugement, mais elle a échoué dans sa volonté de dénoncer cette pratique. Maintenant, c’est la vie de son ami Issac qui est en jeu. Etant surveillée sans répit, Martha ne sait comment l’aider.


Extraits  « C’est bizarre, la mémoire ; les choses qu’elle vous rappelle, le moment où elle vous les rappelle. »

« La vie est un château de cartes, des fois, hein ? On en fait tomber une par maladresse, et tout s’écroule.« 


Mon avis : Un an que j’avais terminé le premier tome de Cell.7, un an que j’attendais avec impatience la suite de cette histoire.

Pour ceux qui ne connaissent pas la saga Cell.7, c’est une dystopie des temps modernes. La peine de mort a été rétablie sous forme de jeu de télé-réalité : tout le peuple a un droit de vote sur la sentence, chacun peut décider de la mort ou non du coupable présumé. Un système terrifiant, qu’a expérimenté Martha, une jeune fille jugée coupable de l’assassinat du milliardaire Jackson. Après sept jours de détention, Martha se trouvait dans la Cell.7, la dernière cellule où se trouve la chaise électrique. Persuadée de mourir ce jour, un surprenant retournement de situation a lieu et Isaac, son petit ami, se retrouve accusé à sa place. Martha s’en sort indemne, mais c’est au tour d’Isaac d’être enfermé dans le couloir de la mort. Martha et ses amis ont sept jours pour tenter d’interférer dans le système et de sauver Isaac.

Je retrouve les ingrédients que j’avais tant apprécié dans le premier tome : un rythme effréné, avec une histoire qui ne connaît pas de temps mort ; du suspense à chaque fin de chapitre ; des personnages attachants et surprenants.

Dans ce deuxième tome, Kerry Drewery va plus loin dans son intrigue et crée une propagande des temps modernes. On y voit plus clairement la mise en place de l’endoctrinement des masses via des médias popularisés, le bourrage de crâne des populations, les informations cachées, falsifiées, censurées…  C’est une bonne alternative pour faire comprendre concrètement aux plus jeunes comment se crée les propagandes, comment elles évoluent et se dispersent à une population entière. Certains ne pourront s’empêcher de faire un parallèle avec la propagande nazie du XXème, qui a utilisé les mêmes moyens (détournement et censure des médias, barricadement des idées…) pour parvenir à leurs fins.

J’ai ressenti comme un sentiment de lassitude au courant de ma lecture. En effet, les personnages se retrouvent seuls à se battre contre une population entière. Quoi qu’ils fassent, où qu’ils aillent, ils seront rattrapés, jugés, condamnés. D’une certaine façon, on retrouve un peu le même schéma que dans le tome précédent, avec seulement une personne différente présente dans le couloir de la mort. Comment peuvent-ils espérer s’en sortir ? J’espère que le troisième tome apportera des idées un peu plus novatrices permettant de faire avancer l’histoire.

En tout cas, si je dois reconnaître un talent à Kerry Drewery, c’est qu’elle sait mettre l’eau à la bouche à ses lecteurs. La fin de ce second tome me laisse encore plus en haleine que la fin du premier. D’un côté, cela me plaît, puisque je vais avoir l’opportunité de revoir ces personnages que j’adore et de poursuivre la découverte de cette intrigue si prenante. D’un autre côté, je me désole en sachant pertinemment que le troisième tome ne sortira sans doute pas avant des mois… C’est un mal pour un bien !


Une dystopie dynamique et prenante, qui manie avec brio les outils de propagande des temps modernes. A glisser entre les mains de tous les adolescents. 

 

Ma note : 7,5/10

Dystopie·Science-fiction

Replica


Replica de Lauren Oliver

480 pages, éditions Hachette romans, à 20€


Résumé : D’aussi loin qu’elle se souvienne, Gemma a vécu d’hôpital en hôpital. Adolescente solitaire, surprotégée par ses parents à cause de sa santé fragile, sa vie se réduit maintenant à sa maison, son école et ses échanges avec sa seule amie, April. Mais quand elle découvre que le nom de son père est associé au mystérieux institut Haven, qui d’après la rumeur abriterait des expériences scientifiques monstrueuses, Gemma décide de quitter le sanctuaire qu’elle a toujours connu et de se rendre sur l’île d’Haven pour découvrir ce qu’il s’y passe réellement…
Lyra – ou numéro 24 – n’est pas humaine, c’est une reproduction. Pour elle, le monde se limite à Haven, aux savants et infirmières qui s’occupent d’elle. Le jour où l’île devient le théâtre d’une terrible explosion, Lyra s’échappe. À l’extérieur des murs de l’Institut, elle découvre un monde qu’elle n’avait jamais soupçonné et rencontre Gemma. Ensemble, elles essaient de lever le voile sur les mystères de Haven, et les secrets qui leur seront révélés vont changer leur vie pour toujours…


Extraits :  « De toute façon, la normalité est surfaite. Des gens emmerdants ont inventé ce mot pour justifier le fait qu’ils emmerdaient tout le monde.« 

« On ne naissait pas « monstre », on ne l’était pas par destinée, on ne le devenait pas grâce aux circonstances. Les monstres choisissaient cette voie. Et ce choix terrible se reproduisait constamment, jour après jour.« 


Mon avisReplica ? Kézako ? Le titre est déroutant, tout comme la mise en page du récit, qui se structure autour de deux personnages différents, avec une partie qui se lit normalement, et une autre partie qui se lit à l’envers : en tournant le livre, et en commençant par la fin. Un concept étrange, mais intriguant.

La même histoire est donc racontée deux fois, mais avec des points de vue différents et des divergences narratives. On a d’un côté Gemma, jeune fille tout ce qu’il y a de plus normal, surprotégée par ses parents, qui ne la laissent même pas partir en vacances avec sa meilleure amie April. Pourtant, Gemma va faire une découverte qui va bouleverser sa vie à jamais : elle va découvrir que son père est lié à l’institut Haven, clinique mystérieuse associée à des expériences scientifiques sur des êtres humains. Elle prend son courage à deux mains et part à Haven pour chercher des réponses. Deuxième protagoniste : Lyra. Lyra vit depuis toujours à l’institut Haven et est en quelque sorte le fruit d’expériences de clonage. Mais lorsque l’institut Haven prend feu, la jeune fille s’échappe, aidée par Gemma, qu’elle rencontre au hasard de l’île, puis découvre l’immensité du monde.

J’avais peur que le fait que l’histoire soit racontée deux fois soit bien trop redondant et lassant. Mais il n’en est rien, puisque au contraire, voir deux points de vue disjoints densifie davantage le contenu narratif, qui, de ce fait, devient plus complet. On voit donc l’histoire des deux protagonistes avant leur rencontre, on ressent leurs sentiments durant leur rencontre, ce qui donne une vue d’ensemble plus développée du récit et de ses personnages. Les deux histoires sont donc différentes autant qu’elles sont liées, et c’est tout ce qui fait l’intérêt de l’histoire.

Pour ce qui est de l’intrigue en elle-même, je la trouve intéressante, puisque les expériences scientifiques, notamment le clonage, sont des thématiques qui fascinent autant qu’elles effraient. Néanmoins, j’avoue que par moments, l’auteure m’a perdue. Je n’ai pas totalement compris l’intérêt des différentes castes, le but des captures d’enfants… Sans doute trop peu habituée aux histoires de science-fiction, je n’ai pas réussie à adhérer pleinement au récit.

Fort heureusement, la science-fiction n’est pas seule à gouverner le récit, puisque Lauren Oliver incorpore un zeste de romance entre les personnages. Ainsi, Gemma va tomber en amour de Paul et Lyra de 72. Une romance subtile, qui n’éclipse nullement la thématique centrale, mais qui ouvre le récit à de plus vastes horizons. De plus, des sujets secondaires seront abordés, avec notamment l’apprentissage et la connaissance de soi, la confiance et l’amitié, etc. De quoi convenir à un large public.


Ce fût une lecture expérimentale : expérimentale dans sa forme et sa mise en page, mais aussi dans sa thématique scientifique futuriste. J’apprécie sortir des sentiers battus pour lire ce genre de récit original et innovant. Si tome 2 il y a, je me laisserais sans doute tenter. 

Ma note : 6,5/10
Dystopie·Littérature jeunesse·Science-fiction

U4. Jules

U4 .Jules de Carole Trébor
421 pages, éditions Syros et Nathan, à 16,90€

 

Résumé : Jules vit reclus dans son appartement du boulevard Saint-Michel, à Paris. Il n’a pas de nouvelles de ses parents, en voyage à Hong Kong lorsque l’épidémie a commencé de se propager. Le spectacle qu’il devine par la fenêtre est effroyable, la rue jonchée de cadavres. Mais il sait qu’il ne pourra pas tenir longtemps en autarcie. Pour affronter l’extérieur, Jules redevient le guerrier impavide qu’il était dans le jeu. Il va alors retrouver son frère aîné, qui se drogue et dont il ne peut rien attendre, puis secourir une petite fille qui a mystérieusement échappé au virus et qu’il décide de prendre sous son aile. Son seul espoir : le rendez-vous fixé par Warriors of Times.

Extraits :  « Le pire, après la puanteur et le silence entrecoupé des cris des charognards voraces, c’est l’immobilité absolue de tout ce qui vivait. La vie, c’est le mouvement, et de mouvement, il n’y en a plus. Hormis les tourbilons d’oiseaux noirs et les cavalcades de rats gris. »
« Je croise son regard et n’y vois qu’une bienveillance infinie. Une putain de bienveillance dans les yeux d’une meurtrière. Je me sens inondé d’une immense gratitude. Cette fille n’était pas destinée à tuer des soldats. C’est le monde qui a fait d’elle une tueuse. »

Mon avis :  Après le fabuleux U4 .Koridwen que j’ai lu la semaine passée, j’ai enchaînée sur ma lancée avec U4 .Jules, un autre des quatre romans de cette magnifique saga. Je vous préviens que je risque de chroniquer ce livre-ci en faisant quelques parallèles avec l’histoire de Koridwen, lu précédemment. Car – si vous n’avez pas lu ma critique sur Koridwen -, les quatre romans de U4 comportent quatre protagonistes différents. Mais chacun est présent dans chaque roman. Je m’explique : Jules est le héros de ce roman ; alors qu’il n’était que personnage secondaire dans U4 .Koridwen et inversement.

L’histoire est simple : suite à un terrible virus, nommé U4, les trois quart de la population a été anéantie. Seuls les adolescents ont réussis à survivre mystérieusement. Jules, originaire de Paris, grand joueur d’un jeu multijoueurs en ligne, reçoit un message concernant un possible retour dans le passé. Un rendez-vous est fixé au 24 décembre, regroupant tous les joueurs Experts de ce fameux jeu. Mais pour l’instant, l’heure est à la survie. Originaire de Paris, il découvre une petite fille dans son immeuble, à l’étage supérieur, et va continuer son aventure avec elle. Une aventure riche en actions, avec de nombreuses scènes de courses poursuites. Mais aussi beaucoup de rencontres et de solides liens d’amitiés qui vont se bâtir au fil des jours…

Jules, contrairement à Koridwen est beaucoup moins solidaire et sensiblement moins froid. En effet, le jeune homme est accueillant, entreprenant, tout sourire ; il a le goût du partage, comme en témoigne la petite fille qu’il a voulu sauver. Il n’hésite pas à venir en aide aux autres, il essaie de se rendre utile au maximum, il réconforte les âmes tourmentées et essaie de redonner de l’espoir à ses compagnons d’aventure.

Car dans sa tragédie, Jules n’est pas seul, bien au contraire. Il a attérit dans un immeuble rempli de jeunes qui s’organisent pour survivre et faire face aux attaques des gangs des rues ou des militaires. Les militaires montent des camps qui regroupent tous les survivants, où l’eau et le manger sont mis à leur disposition. Mais les jeunes qui y entrent sont à la merci des militaires et perdent définitivement leur liberté ; ce que Jules et ses amis ne peuvent concevoir. C’est pour cette raison qu’ils s’organisent hâtivement. Chacun se voit confier une tâche : Isa doit regrouper tous les livres qu’elle trouve, susceptibles de fournir de précieuses informations. Maïa est la guérisseuse, chargée de soigner les blessés de guerre. Il y a aussi le Soldat ainsi que son Chef, etc. Une organisation très strict, qui fera la réussite de ces adolescents.

Mais contrairement au premier roman de U4 .Koridwen que j’ai eu le plaisir de lire, j’ai trouvé que ce tome-ci recelait bien moins de scènes d’actions. Le protagoniste est presque constamment à l’intérieur de l’immeuble, avec ses camarades. Tandis que Koridwen était le plus souvent seule, à arpenter les rues de Paris, à quelques mètres de militaires armés jusqu’aux dents ou de gangs enragés. Avec Jules, il y a moins de tension dans l’air, le lecteur s’effraie moins qu’avec Koridwen. Mais c’est ce qui fait la somptuosité de cette saga : le lecteur voit différents points de vue, différents styles d’écritures, différentes narrations, différents caractères… le tout autour d’une seule et même histoire ! Sans vouloir vous spoiler les dénouements de cette saga, sachez que chaque fin est différente pour les héros de U4. La fin de Koridwen avait été un coup de maître pour moi, alors que celle de Jules est un peu plus classique… mais sympathique à découvrir tout de même !

Vous l’aurez compris, même si j’ai un petit faible pour U4 .Koridwen, j’ai quand même beaucoup aimé U4 .Jules. Une saga qui vaut largement le détour. Même après avoir déjà vécu deux aventures dans ce chaos Parisien du XXIème siècle, j’ai toujours énormément envie de redécouvrir encore et encore cette histoire…

 

Ma note : 8/10
Dystopie·Science-fiction

1984

1984 de George Orwell.
408 pages, éditions Folio Poche

 

Résumé : Le monde, depuis les grandes guerres nucléaires des années 1950, est divisé en trois grands « blocs » : l’ Océania, l’Eurasia et l’Estasia qui sont en guerre perpétuelle les uns contre les autres. A Londres, en 1984, dans un état totalitaire, le parti organise sa société en réprimant le peuple, et en leur lavant le cerveau avec les principes de l’Angsoc (Socialisme anglais).
Winston Smith, travaillant au ministère de la Vérité, participe à propager l’idéologie du Parti en modifiant les articles du « Times » suivant la volonté des dirigeants du parti. Pourtant, Winston cache sa haine de Big Brother et de la répression, jusqu’à ce qu’il rencontre Julia, une jeune femme enthousiaste et opposante du parti également…

Extraits : « On dit que le temps apaise toute douleur, on dit que tout peut s’oublier, mais les sourires et les pleurs, par-delà les années, tordent encore les fibres de mon coeur. »
« Il y avait la vérité, il y avait le mensonge, et si l’on s’accrochait à la vérité, même contre le monde entier, on n’était pas fou. »
« Pour la première fois de sa vie, il comprit que lorsque l’on désirait garder un secret on devait aussi se le cacher à soi-même. »
« S’accrocher jour après jour, semaine après semaine, pour prolonger un présent qui n’avait pas de futur, était un instinct qu’on ne pouvait vaincre, comme on ne peut empêcher les poumons d’aspirer l’air tant qu’il y a de l’air à respirer.« 

Mon avis :  1984, de George Orwell est une contre-utopie effrayante, qui ne donne pas envie d’exister dans ce monde, d’y vivre, tout simplement. Nous ne connaissons pas réellement la mesure du temps dans ce livre, les personnages sont assez mystérieux, discrets, nous n’avons pas vraiment de détails sur leurs vies, leurs activités ou autre. Par contre, les conditions de la vie en Océania sont bel et bien décrits très précisément, ça renforce d’autant plus le côté affreux du lieu. L’histoire accroche, à chaque fin de chapitre, je n’avais qu’une envie : commencer le suivant. Nous sommes transportés dans un monde imaginaire, nous vivons les mésaventures en accompagnant Winston dans toutes ses aventures, nous sommes vraiment plongés au coeur du livre et de la vie dystopique d’Océania. J’ai lu ce livre vraiment rapidement, impossible de m’en décrocher ! Certes, certains passages étaient assez complexes à lire, mais j’ai tout de même adoré ce livre, c’est un réel coup de coeur, et un très grand honneur de l’avoir lu.

 

Ma note : 10/10
Dystopie·Fantastique

Devil city, tome 1

Devil City, tome 1 de Jana Oliver.
441 pages, éditions Castelmore, à 15,20 €

 

Résumé : Piégeur de démons : Un métier dangereux et exclusivement masculin.
Pourtant, c’est la carrière qu’a choisi Riley Blackthorne. Dans un monde en ruine, démoli par des démons apparus à la surface de la terre, elle devra prouver à tous qu’elle est de la trempe des meilleurs. Ça tombe plutôt bien, les démons n’attendaient que ça.

Extraits : « Chaque fois qu’il perdait quelqu’un qui comptait pour lui, une petite part de lui-même s’en allait avec le défunt. Un jour, il ne resterait plus grand-chose de lui. »
« Elle se força à penser à des temps heureux pour échapper à la difficile réalité.« 

Mon avis : D’ordinaire, je ne lis pas beaucoup d’histoires surnaturelles, de science-fiction, qui plus est traite de démons, de vampires et tout le toutim. Néanmoins, je me suis laissé embarquer dans Devil City, un monde dystopique, sombre et glauque…

Le couverture de cet ouvrage est superbe, les couleurs donnent un certain mystère au livre, il y a un côté terrifiant, et un autre qui donne envie de découvrir l’histoire. Et quelle histoire, wahou !

Constitué essentiellement de dialogue, Devil City n’est pas du tout compliqué ni lourd à lire. Bien au contraire, les pages défilaient sous mes doigts, au grès des aventures de l’héroïne principale. Embarqué dans un monde original, j’ai été captivé par ce livre, allant même jusqu’à ne plus arriver à le lâcher. Marqué par toutes les scènes d’action qui s’enchaînaient, toutes plus terrifiantes les unes que les autres, et par le côté touchant des personnages, j’ai beaucoup aimé l’univers dans lequel m’a entraîné Jana Oliver.

Riley, qui est la protagoniste de l’histoire, est une jeune femme, encore adolescente, peu ordinaire, mais très mature. Elle fait preuve d’un grand courage, d’une confiance en soi exceptionnelle, mais est tiraillée par ses sentiments vis-à-vis des autres.

Le petit point faible que j’aimerais soulevé, est le fait que certaines scènes, notamment quand il était question des démons, n’étaient pas du tout réaliste. Je n’ai pas réussi à me représenter ces-dits démons, ils ont gardaient une forme complètement abstraite dans mon esprit…
Quelques longueurs étaient présentes dans certains passages, mais ça n’était souvent pas très long ni très grave.

C’était le premier livre que je lisais de la collection Castelmore, et j’ai adoré, je pense vraiment en lire d’autre dorénavant. Sans oublié le second tome de Devil City, que je pense m’empresser d’acheter, pour découvrir la suite, qui me laissent bien des interrogations…

 

Ma note : 8/10
Dystopie·Littérature jeunesse

L’enfant papillon

L’enfant Papillon de Gabrielle Massat
397 pages, éditions Hachette, à 16€

 

Résumé : C’est au XXIIe siècle que la Cité a été frappée par un virus mortel. Depuis lors, les habitants vivent emmurés pour endiguer le fléau. Des messages de l’Extérieur, relayés par le gouvernement militaire, promettent une libération qui ne vient pas. Maïa, sous-lieutenant de 17 ans, rêve de quitter sa ville natale et cherche une faille dans les murs de la Cité. Mais un jour, son mentor Dimitri est condamné pour trahison par sa faute. La nécessité de s’échapper devient alors beaucoup plus urgente. Elle n’a qu’une seule piste : retrouver la trace du mystérieux « Enfant Papillon », seul habitant de la Cité à avoir jamais franchi le mur. Elle va pouvoir compter sur l’aide de Zéphyr, un tueur à gages atrocement défiguré, et Nathanael, un individu contaminé par le virus.

Extraits : « Son procès, le matin même, avait fait à Maïa l’effet d’un électrochoc. Le désespoir dans lequel l’avait plongée l’arrestation de son mentor s’était atténué pour laisser place à une énergie nouvelle. Elle sauverait Dimitri. Elle l’emmènerait avec elle hors des Murs avant qu’il subisse le Châtiment. Le compte à rebours avait commencé. »
« Elle voulait abandonner sa ville sans un regard en derrière mais, en cet instant, elle souhaitait aussi que quelqu’un reste et la bouleverse de l’intérieur. »

Mon avis : Enfin une dystopie moderne fruit d’une auteure française. Et il faut dire que nous n’avons rien à envier aux Américains, car L’enfant Papillon est un pur régal.

Ce roman dépeint une société futuriste noire, où le monde entier a été terrassé par une épidémie dévastatrice, qui a fait succomber de nombreux êtres humains. Pour pouvoir survivre, un Mur à été érigé autour d’une parcelle d’habitants. Seule marque encore visible de ce virus ; les Lazulis, sorte de créatures humaines bleues, touchées d’une dégénérescence qui les empêcheront de dépasser une trentaine d’années. Mais notre héroïne, Maïa, ne conçoit pas d’être recluse à l’intérieure d’un périmètre délimité, sans pouvoir aller explorer la grande surface de la terre. Son père, avant sa mort, complotait avec Dimitri, qui deviendra le nouveau mentor de Maïa, sur des plans pour s’échapper. Mais Dimitri a été surpris en pleine trahison, et a été retenu en prison dans la Cité, avec une trentaine de jours devant lui avant le châtiment suprême. Maïa doit tout faire pour délivrer son mentor ; pour cela, elle va se tourner vers les plus démunis, dans le ghetto, pour tenter de trouver des êtres bienveillants poursuivant les mêmes objectifs qu’elle, prêts à l’aider.

Avant toute chose, je tiens à souligner la magnifique mise en page de ce roman, composée de décors noirs qui illustrent chaque entrée de chapitre. Une attention originale, qui plonge le lecteur dans la noirceur du récit. Vient ensuite le cadre spatio-temporel, avec les camps et les pratiques militaires mentionnés dès le début, le tout implanté en plein désert, dans une sphère hermétiquement cloisonnée. Gabrielle Massat nous plonge d’autant plus dans l’angoisse en mettant en place dès la première page un décompte suspect, qui ne trouvera réponse que bien plus tard. Le décor est donc un espace suffoquant, où tous les personnages semblent emprisonnés par une muraille qui délimite l’entièreté du territoire.

En ce qui concerne les personnages, on peut être frappé par le lien fort qui unie Maïa et Dimitri ; lien hautement supérieur à celui qu’entretient Maïa avec sa mère ou son frère, qui semblent délaissés au profit d’un homme nullement membre de la famille. Mais il faut dire que Maïa apprécient davantage les personnes qui partagent son point de vue. En effet, sa mère est totalement opposée à l’idée première de la jeune fille ; celle de sortir de la Cité. C’est en allant chercher de l’aide dans le ghetto, terre aride, où la pauvreté sied en masse, qu’elle fait la rencontre incroyable de deux hommes. L’un s’appelle Zéphyr, c’est un tueur à gage redoutable et expérimenté, qui cohabite avec l’autre homme, Nathanaël, un jeune Lazuli bleu sympathique mais rejeté par la population.

La première rencontre entre la protagoniste et le Lazuli est glaciale. Le manque de considération de la jeune fille, ses propos insultants, son manque de discernement et le mépris qu’elle dévole envers Nathanaël peut choquer. La différence de cet être est vu comme un handicap important. On peut rapprocher cette idée du stéréotype, où l’apparence devient reine, sans qu’aucun jugement ne soit effectué sur la personnalité cachée. L’auteure montre également explicitement la différence de classe de population, avec un ghetto à l’apogée de la pauvreté, et une Cité plus riche. Deux mondes qui se cotoient, sans pourtant jamais se rejoindre – comme le montre la peur des militaires d’intervenir dans le ghetto.
Finalement, la population subi un terrassement de cerveau ; on leur apprend dès leur plus jeune âge à se méfier des Lazuli, à ne pas s’approcher des murailles, à obéir aux ordres dictés par la Cité, à ne pas chercher à découvrir l’extérieur du camp… Une propagande époustouflante qui rappelle immanquablement le roman 1984 de George Orwell.

Mais à travers ce schéma plutôt noir dressé par le contexte, la volonté de Maïa fait naître un espoir lumineux. AIdée de ses amis Nathanaël et Zéphyr, elle montre à la face de tous que des liens d’amitié et d’amour sont encore possibles, malgré les réprimandes et les directives presque robotiques des dirigeants de la Cité.

J’ai vraiment passé un excellent moment aux côtés de Maïa, dans une course-poursuite contre la montre semée d’obstacles. Vous ne vous ennuierez pas une seule seconde, soyez-en sûrs ! Néanmoins (les personnes susceptibles d’être intéressées par cette lecture ne devraient pas lire les quelques lignes qui vont suivre), le but tant recherché du début du roman étant atteint à la fin, j’aurais voulu en découvrir un peu plus sur ce monde soit-disant dévasté, qui fait tant frémir et qui a presque coûté la vie à notre protagoniste. Une suite n’aurait pas été de tout refus. Je reste sur une touche d’inachevé…

Ma note : 8/10