Dystopie·Science-fiction

Replica


Replica de Lauren Oliver

480 pages, éditions Hachette romans, à 20€


Résumé : D’aussi loin qu’elle se souvienne, Gemma a vécu d’hôpital en hôpital. Adolescente solitaire, surprotégée par ses parents à cause de sa santé fragile, sa vie se réduit maintenant à sa maison, son école et ses échanges avec sa seule amie, April. Mais quand elle découvre que le nom de son père est associé au mystérieux institut Haven, qui d’après la rumeur abriterait des expériences scientifiques monstrueuses, Gemma décide de quitter le sanctuaire qu’elle a toujours connu et de se rendre sur l’île d’Haven pour découvrir ce qu’il s’y passe réellement…
Lyra – ou numéro 24 – n’est pas humaine, c’est une reproduction. Pour elle, le monde se limite à Haven, aux savants et infirmières qui s’occupent d’elle. Le jour où l’île devient le théâtre d’une terrible explosion, Lyra s’échappe. À l’extérieur des murs de l’Institut, elle découvre un monde qu’elle n’avait jamais soupçonné et rencontre Gemma. Ensemble, elles essaient de lever le voile sur les mystères de Haven, et les secrets qui leur seront révélés vont changer leur vie pour toujours…


Extraits :  « De toute façon, la normalité est surfaite. Des gens emmerdants ont inventé ce mot pour justifier le fait qu’ils emmerdaient tout le monde.« 

« On ne naissait pas « monstre », on ne l’était pas par destinée, on ne le devenait pas grâce aux circonstances. Les monstres choisissaient cette voie. Et ce choix terrible se reproduisait constamment, jour après jour.« 


Mon avisReplica ? Kézako ? Le titre est déroutant, tout comme la mise en page du récit, qui se structure autour de deux personnages différents, avec une partie qui se lit normalement, et une autre partie qui se lit à l’envers : en tournant le livre, et en commençant par la fin. Un concept étrange, mais intriguant.

La même histoire est donc racontée deux fois, mais avec des points de vue différents et des divergences narratives. On a d’un côté Gemma, jeune fille tout ce qu’il y a de plus normal, surprotégée par ses parents, qui ne la laissent même pas partir en vacances avec sa meilleure amie April. Pourtant, Gemma va faire une découverte qui va bouleverser sa vie à jamais : elle va découvrir que son père est lié à l’institut Haven, clinique mystérieuse associée à des expériences scientifiques sur des êtres humains. Elle prend son courage à deux mains et part à Haven pour chercher des réponses. Deuxième protagoniste : Lyra. Lyra vit depuis toujours à l’institut Haven et est en quelque sorte le fruit d’expériences de clonage. Mais lorsque l’institut Haven prend feu, la jeune fille s’échappe, aidée par Gemma, qu’elle rencontre au hasard de l’île, puis découvre l’immensité du monde.

J’avais peur que le fait que l’histoire soit racontée deux fois soit bien trop redondant et lassant. Mais il n’en est rien, puisque au contraire, voir deux points de vue disjoints densifie davantage le contenu narratif, qui, de ce fait, devient plus complet. On voit donc l’histoire des deux protagonistes avant leur rencontre, on ressent leurs sentiments durant leur rencontre, ce qui donne une vue d’ensemble plus développée du récit et de ses personnages. Les deux histoires sont donc différentes autant qu’elles sont liées, et c’est tout ce qui fait l’intérêt de l’histoire.

Pour ce qui est de l’intrigue en elle-même, je la trouve intéressante, puisque les expériences scientifiques, notamment le clonage, sont des thématiques qui fascinent autant qu’elles effraient. Néanmoins, j’avoue que par moments, l’auteure m’a perdue. Je n’ai pas totalement compris l’intérêt des différentes castes, le but des captures d’enfants… Sans doute trop peu habituée aux histoires de science-fiction, je n’ai pas réussie à adhérer pleinement au récit.

Fort heureusement, la science-fiction n’est pas seule à gouverner le récit, puisque Lauren Oliver incorpore un zeste de romance entre les personnages. Ainsi, Gemma va tomber en amour de Paul et Lyra de 72. Une romance subtile, qui n’éclipse nullement la thématique centrale, mais qui ouvre le récit à de plus vastes horizons. De plus, des sujets secondaires seront abordés, avec notamment l’apprentissage et la connaissance de soi, la confiance et l’amitié, etc. De quoi convenir à un large public.


Ce fût une lecture expérimentale : expérimentale dans sa forme et sa mise en page, mais aussi dans sa thématique scientifique futuriste. J’apprécie sortir des sentiers battus pour lire ce genre de récit original et innovant. Si tome 2 il y a, je me laisserais sans doute tenter. 

Ma note : 6,5/10
Dystopie·Littérature jeunesse·Science-fiction

U4. Jules

U4 .Jules de Carole Trébor
421 pages, éditions Syros et Nathan, à 16,90€

 

Résumé : Jules vit reclus dans son appartement du boulevard Saint-Michel, à Paris. Il n’a pas de nouvelles de ses parents, en voyage à Hong Kong lorsque l’épidémie a commencé de se propager. Le spectacle qu’il devine par la fenêtre est effroyable, la rue jonchée de cadavres. Mais il sait qu’il ne pourra pas tenir longtemps en autarcie. Pour affronter l’extérieur, Jules redevient le guerrier impavide qu’il était dans le jeu. Il va alors retrouver son frère aîné, qui se drogue et dont il ne peut rien attendre, puis secourir une petite fille qui a mystérieusement échappé au virus et qu’il décide de prendre sous son aile. Son seul espoir : le rendez-vous fixé par Warriors of Times.

Extraits :  « Le pire, après la puanteur et le silence entrecoupé des cris des charognards voraces, c’est l’immobilité absolue de tout ce qui vivait. La vie, c’est le mouvement, et de mouvement, il n’y en a plus. Hormis les tourbilons d’oiseaux noirs et les cavalcades de rats gris. »
« Je croise son regard et n’y vois qu’une bienveillance infinie. Une putain de bienveillance dans les yeux d’une meurtrière. Je me sens inondé d’une immense gratitude. Cette fille n’était pas destinée à tuer des soldats. C’est le monde qui a fait d’elle une tueuse. »

Mon avis :  Après le fabuleux U4 .Koridwen que j’ai lu la semaine passée, j’ai enchaînée sur ma lancée avec U4 .Jules, un autre des quatre romans de cette magnifique saga. Je vous préviens que je risque de chroniquer ce livre-ci en faisant quelques parallèles avec l’histoire de Koridwen, lu précédemment. Car – si vous n’avez pas lu ma critique sur Koridwen -, les quatre romans de U4 comportent quatre protagonistes différents. Mais chacun est présent dans chaque roman. Je m’explique : Jules est le héros de ce roman ; alors qu’il n’était que personnage secondaire dans U4 .Koridwen et inversement.

L’histoire est simple : suite à un terrible virus, nommé U4, les trois quart de la population a été anéantie. Seuls les adolescents ont réussis à survivre mystérieusement. Jules, originaire de Paris, grand joueur d’un jeu multijoueurs en ligne, reçoit un message concernant un possible retour dans le passé. Un rendez-vous est fixé au 24 décembre, regroupant tous les joueurs Experts de ce fameux jeu. Mais pour l’instant, l’heure est à la survie. Originaire de Paris, il découvre une petite fille dans son immeuble, à l’étage supérieur, et va continuer son aventure avec elle. Une aventure riche en actions, avec de nombreuses scènes de courses poursuites. Mais aussi beaucoup de rencontres et de solides liens d’amitiés qui vont se bâtir au fil des jours…

Jules, contrairement à Koridwen est beaucoup moins solidaire et sensiblement moins froid. En effet, le jeune homme est accueillant, entreprenant, tout sourire ; il a le goût du partage, comme en témoigne la petite fille qu’il a voulu sauver. Il n’hésite pas à venir en aide aux autres, il essaie de se rendre utile au maximum, il réconforte les âmes tourmentées et essaie de redonner de l’espoir à ses compagnons d’aventure.

Car dans sa tragédie, Jules n’est pas seul, bien au contraire. Il a attérit dans un immeuble rempli de jeunes qui s’organisent pour survivre et faire face aux attaques des gangs des rues ou des militaires. Les militaires montent des camps qui regroupent tous les survivants, où l’eau et le manger sont mis à leur disposition. Mais les jeunes qui y entrent sont à la merci des militaires et perdent définitivement leur liberté ; ce que Jules et ses amis ne peuvent concevoir. C’est pour cette raison qu’ils s’organisent hâtivement. Chacun se voit confier une tâche : Isa doit regrouper tous les livres qu’elle trouve, susceptibles de fournir de précieuses informations. Maïa est la guérisseuse, chargée de soigner les blessés de guerre. Il y a aussi le Soldat ainsi que son Chef, etc. Une organisation très strict, qui fera la réussite de ces adolescents.

Mais contrairement au premier roman de U4 .Koridwen que j’ai eu le plaisir de lire, j’ai trouvé que ce tome-ci recelait bien moins de scènes d’actions. Le protagoniste est presque constamment à l’intérieur de l’immeuble, avec ses camarades. Tandis que Koridwen était le plus souvent seule, à arpenter les rues de Paris, à quelques mètres de militaires armés jusqu’aux dents ou de gangs enragés. Avec Jules, il y a moins de tension dans l’air, le lecteur s’effraie moins qu’avec Koridwen. Mais c’est ce qui fait la somptuosité de cette saga : le lecteur voit différents points de vue, différents styles d’écritures, différentes narrations, différents caractères… le tout autour d’une seule et même histoire ! Sans vouloir vous spoiler les dénouements de cette saga, sachez que chaque fin est différente pour les héros de U4. La fin de Koridwen avait été un coup de maître pour moi, alors que celle de Jules est un peu plus classique… mais sympathique à découvrir tout de même !

Vous l’aurez compris, même si j’ai un petit faible pour U4 .Koridwen, j’ai quand même beaucoup aimé U4 .Jules. Une saga qui vaut largement le détour. Même après avoir déjà vécu deux aventures dans ce chaos Parisien du XXIème siècle, j’ai toujours énormément envie de redécouvrir encore et encore cette histoire…

 

Ma note : 8/10
Dystopie·Science-fiction

1984

1984 de George Orwell.
408 pages, éditions Folio Poche

 

Résumé : Le monde, depuis les grandes guerres nucléaires des années 1950, est divisé en trois grands « blocs » : l’ Océania, l’Eurasia et l’Estasia qui sont en guerre perpétuelle les uns contre les autres. A Londres, en 1984, dans un état totalitaire, le parti organise sa société en réprimant le peuple, et en leur lavant le cerveau avec les principes de l’Angsoc (Socialisme anglais).
Winston Smith, travaillant au ministère de la Vérité, participe à propager l’idéologie du Parti en modifiant les articles du « Times » suivant la volonté des dirigeants du parti. Pourtant, Winston cache sa haine de Big Brother et de la répression, jusqu’à ce qu’il rencontre Julia, une jeune femme enthousiaste et opposante du parti également…

Extraits : « On dit que le temps apaise toute douleur, on dit que tout peut s’oublier, mais les sourires et les pleurs, par-delà les années, tordent encore les fibres de mon coeur. »
« Il y avait la vérité, il y avait le mensonge, et si l’on s’accrochait à la vérité, même contre le monde entier, on n’était pas fou. »
« Pour la première fois de sa vie, il comprit que lorsque l’on désirait garder un secret on devait aussi se le cacher à soi-même. »
« S’accrocher jour après jour, semaine après semaine, pour prolonger un présent qui n’avait pas de futur, était un instinct qu’on ne pouvait vaincre, comme on ne peut empêcher les poumons d’aspirer l’air tant qu’il y a de l’air à respirer.« 

Mon avis :  1984, de George Orwell est une contre-utopie effrayante, qui ne donne pas envie d’exister dans ce monde, d’y vivre, tout simplement. Nous ne connaissons pas réellement la mesure du temps dans ce livre, les personnages sont assez mystérieux, discrets, nous n’avons pas vraiment de détails sur leurs vies, leurs activités ou autre. Par contre, les conditions de la vie en Océania sont bel et bien décrits très précisément, ça renforce d’autant plus le côté affreux du lieu. L’histoire accroche, à chaque fin de chapitre, je n’avais qu’une envie : commencer le suivant. Nous sommes transportés dans un monde imaginaire, nous vivons les mésaventures en accompagnant Winston dans toutes ses aventures, nous sommes vraiment plongés au coeur du livre et de la vie dystopique d’Océania. J’ai lu ce livre vraiment rapidement, impossible de m’en décrocher ! Certes, certains passages étaient assez complexes à lire, mais j’ai tout de même adoré ce livre, c’est un réel coup de coeur, et un très grand honneur de l’avoir lu.

 

Ma note : 10/10
Dystopie·Fantastique

Devil city, tome 1

Devil City, tome 1 de Jana Oliver.
441 pages, éditions Castelmore, à 15,20 €

 

Résumé : Piégeur de démons : Un métier dangereux et exclusivement masculin.
Pourtant, c’est la carrière qu’a choisi Riley Blackthorne. Dans un monde en ruine, démoli par des démons apparus à la surface de la terre, elle devra prouver à tous qu’elle est de la trempe des meilleurs. Ça tombe plutôt bien, les démons n’attendaient que ça.

Extraits : « Chaque fois qu’il perdait quelqu’un qui comptait pour lui, une petite part de lui-même s’en allait avec le défunt. Un jour, il ne resterait plus grand-chose de lui. »
« Elle se força à penser à des temps heureux pour échapper à la difficile réalité.« 

Mon avis : D’ordinaire, je ne lis pas beaucoup d’histoires surnaturelles, de science-fiction, qui plus est traite de démons, de vampires et tout le toutim. Néanmoins, je me suis laissé embarquer dans Devil City, un monde dystopique, sombre et glauque…

Le couverture de cet ouvrage est superbe, les couleurs donnent un certain mystère au livre, il y a un côté terrifiant, et un autre qui donne envie de découvrir l’histoire. Et quelle histoire, wahou !

Constitué essentiellement de dialogue, Devil City n’est pas du tout compliqué ni lourd à lire. Bien au contraire, les pages défilaient sous mes doigts, au grès des aventures de l’héroïne principale. Embarqué dans un monde original, j’ai été captivé par ce livre, allant même jusqu’à ne plus arriver à le lâcher. Marqué par toutes les scènes d’action qui s’enchaînaient, toutes plus terrifiantes les unes que les autres, et par le côté touchant des personnages, j’ai beaucoup aimé l’univers dans lequel m’a entraîné Jana Oliver.

Riley, qui est la protagoniste de l’histoire, est une jeune femme, encore adolescente, peu ordinaire, mais très mature. Elle fait preuve d’un grand courage, d’une confiance en soi exceptionnelle, mais est tiraillée par ses sentiments vis-à-vis des autres.

Le petit point faible que j’aimerais soulevé, est le fait que certaines scènes, notamment quand il était question des démons, n’étaient pas du tout réaliste. Je n’ai pas réussi à me représenter ces-dits démons, ils ont gardaient une forme complètement abstraite dans mon esprit…
Quelques longueurs étaient présentes dans certains passages, mais ça n’était souvent pas très long ni très grave.

C’était le premier livre que je lisais de la collection Castelmore, et j’ai adoré, je pense vraiment en lire d’autre dorénavant. Sans oublié le second tome de Devil City, que je pense m’empresser d’acheter, pour découvrir la suite, qui me laissent bien des interrogations…

 

Ma note : 8/10
Dystopie·Littérature jeunesse

L’enfant papillon

L’enfant Papillon de Gabrielle Massat
397 pages, éditions Hachette, à 16€

 

Résumé : C’est au XXIIe siècle que la Cité a été frappée par un virus mortel. Depuis lors, les habitants vivent emmurés pour endiguer le fléau. Des messages de l’Extérieur, relayés par le gouvernement militaire, promettent une libération qui ne vient pas. Maïa, sous-lieutenant de 17 ans, rêve de quitter sa ville natale et cherche une faille dans les murs de la Cité. Mais un jour, son mentor Dimitri est condamné pour trahison par sa faute. La nécessité de s’échapper devient alors beaucoup plus urgente. Elle n’a qu’une seule piste : retrouver la trace du mystérieux « Enfant Papillon », seul habitant de la Cité à avoir jamais franchi le mur. Elle va pouvoir compter sur l’aide de Zéphyr, un tueur à gages atrocement défiguré, et Nathanael, un individu contaminé par le virus.

Extraits : « Son procès, le matin même, avait fait à Maïa l’effet d’un électrochoc. Le désespoir dans lequel l’avait plongée l’arrestation de son mentor s’était atténué pour laisser place à une énergie nouvelle. Elle sauverait Dimitri. Elle l’emmènerait avec elle hors des Murs avant qu’il subisse le Châtiment. Le compte à rebours avait commencé. »
« Elle voulait abandonner sa ville sans un regard en derrière mais, en cet instant, elle souhaitait aussi que quelqu’un reste et la bouleverse de l’intérieur. »

Mon avis : Enfin une dystopie moderne fruit d’une auteure française. Et il faut dire que nous n’avons rien à envier aux Américains, car L’enfant Papillon est un pur régal.

Ce roman dépeint une société futuriste noire, où le monde entier a été terrassé par une épidémie dévastatrice, qui a fait succomber de nombreux êtres humains. Pour pouvoir survivre, un Mur à été érigé autour d’une parcelle d’habitants. Seule marque encore visible de ce virus ; les Lazulis, sorte de créatures humaines bleues, touchées d’une dégénérescence qui les empêcheront de dépasser une trentaine d’années. Mais notre héroïne, Maïa, ne conçoit pas d’être recluse à l’intérieure d’un périmètre délimité, sans pouvoir aller explorer la grande surface de la terre. Son père, avant sa mort, complotait avec Dimitri, qui deviendra le nouveau mentor de Maïa, sur des plans pour s’échapper. Mais Dimitri a été surpris en pleine trahison, et a été retenu en prison dans la Cité, avec une trentaine de jours devant lui avant le châtiment suprême. Maïa doit tout faire pour délivrer son mentor ; pour cela, elle va se tourner vers les plus démunis, dans le ghetto, pour tenter de trouver des êtres bienveillants poursuivant les mêmes objectifs qu’elle, prêts à l’aider.

Avant toute chose, je tiens à souligner la magnifique mise en page de ce roman, composée de décors noirs qui illustrent chaque entrée de chapitre. Une attention originale, qui plonge le lecteur dans la noirceur du récit. Vient ensuite le cadre spatio-temporel, avec les camps et les pratiques militaires mentionnés dès le début, le tout implanté en plein désert, dans une sphère hermétiquement cloisonnée. Gabrielle Massat nous plonge d’autant plus dans l’angoisse en mettant en place dès la première page un décompte suspect, qui ne trouvera réponse que bien plus tard. Le décor est donc un espace suffoquant, où tous les personnages semblent emprisonnés par une muraille qui délimite l’entièreté du territoire.

En ce qui concerne les personnages, on peut être frappé par le lien fort qui unie Maïa et Dimitri ; lien hautement supérieur à celui qu’entretient Maïa avec sa mère ou son frère, qui semblent délaissés au profit d’un homme nullement membre de la famille. Mais il faut dire que Maïa apprécient davantage les personnes qui partagent son point de vue. En effet, sa mère est totalement opposée à l’idée première de la jeune fille ; celle de sortir de la Cité. C’est en allant chercher de l’aide dans le ghetto, terre aride, où la pauvreté sied en masse, qu’elle fait la rencontre incroyable de deux hommes. L’un s’appelle Zéphyr, c’est un tueur à gage redoutable et expérimenté, qui cohabite avec l’autre homme, Nathanaël, un jeune Lazuli bleu sympathique mais rejeté par la population.

La première rencontre entre la protagoniste et le Lazuli est glaciale. Le manque de considération de la jeune fille, ses propos insultants, son manque de discernement et le mépris qu’elle dévole envers Nathanaël peut choquer. La différence de cet être est vu comme un handicap important. On peut rapprocher cette idée du stéréotype, où l’apparence devient reine, sans qu’aucun jugement ne soit effectué sur la personnalité cachée. L’auteure montre également explicitement la différence de classe de population, avec un ghetto à l’apogée de la pauvreté, et une Cité plus riche. Deux mondes qui se cotoient, sans pourtant jamais se rejoindre – comme le montre la peur des militaires d’intervenir dans le ghetto.
Finalement, la population subi un terrassement de cerveau ; on leur apprend dès leur plus jeune âge à se méfier des Lazuli, à ne pas s’approcher des murailles, à obéir aux ordres dictés par la Cité, à ne pas chercher à découvrir l’extérieur du camp… Une propagande époustouflante qui rappelle immanquablement le roman 1984 de George Orwell.

Mais à travers ce schéma plutôt noir dressé par le contexte, la volonté de Maïa fait naître un espoir lumineux. AIdée de ses amis Nathanaël et Zéphyr, elle montre à la face de tous que des liens d’amitié et d’amour sont encore possibles, malgré les réprimandes et les directives presque robotiques des dirigeants de la Cité.

J’ai vraiment passé un excellent moment aux côtés de Maïa, dans une course-poursuite contre la montre semée d’obstacles. Vous ne vous ennuierez pas une seule seconde, soyez-en sûrs ! Néanmoins (les personnes susceptibles d’être intéressées par cette lecture ne devraient pas lire les quelques lignes qui vont suivre), le but tant recherché du début du roman étant atteint à la fin, j’aurais voulu en découvrir un peu plus sur ce monde soit-disant dévasté, qui fait tant frémir et qui a presque coûté la vie à notre protagoniste. Une suite n’aurait pas été de tout refus. Je reste sur une touche d’inachevé…

Ma note : 8/10
Dystopie·Littérature jeunesse

Apocalypse, tome 1

Apocalypse, tome 1 de John Marsden
373 pages, éditions Le Livre de Poche jeunesse, à 6,90€

 

Résumé : Sept amis partent à l’aventure dans le bush australien. Direction : un lieu-dit nommé Hell, l’«enfer». Mais c’est à leur retour qu’ils découvrent le véritable enfer. Chaos, dévastation – leur ville a été prise en otage par des militaires, leurs familles ont disparu. Ils n’ont plus le choix. Pour survivre, tous doivent se mettre en guerre contre un ennemi inconnu, invisible, insaisissable.

Extraits : « Il y a ceux qui se réveillent vite et ceux qui se réveillent lentement. Moi, j’appartiens à la catégorie de ceux qui se réveillent morts. »
« Décidément, l’enfer ne dépend pas du lieu où l’on se trouve, mais des gens qui nous entourent. L’enfer, c’est les autres. Je commençais peut-être à comprendre le sens de cette phrase. »

Mon avis : Dans une lubie folle de lire et relire des romans à visée dystopique, je me suis engagé dans Apocalypse, au titre amplement révélateur. Malheureusement pour moi, ce n’est pas un one-shot, mais un premier tome d’une saga déjà parue sous le titre de Tomorrow, quand la guerre a commencé. Le mystère des changements de titres demeure, aussi inextinguibles qu’incompréhensibles.

L’histoire a un soupçon de ressemblance avec la saga Seuls au monde écrite par Emmy Laybourne. Isolés pour quelques jours lors d’une sortie entre amis, sept adolescents se retrouvent coupés du monde dans le célèbre mais redouté bush de Hell, où, selon certaines légendes, un ermite aurait par le passé trouvait refuge. Pleine de gaieté et d’innocence, leur aventure va néanmoins prendre fin, pour retourner dans la dure réalité de la société. Quelle n’est pas leur surprise lorsque à leur retour, les rues sont désertes, plus âme qui vive dans les chaumières, animaux morts, maisons à l’abandons, radios, téléphones et télévisions coupés… Ils découvrent rapidement que des soldats ont investis la ville, et tiennent en otage l’intégralité de leurs proches. Dès lors, les jeunes adolescents se mobilisent et font preuve d’un étonnant sang-froid pour rester lucides et reconquérir leur espace vital.

Des personnalités très différentes se succèdent au grès de notre lecture. Les sept adolescents du début se révèlent avec le temps et l’avancement des actions. On découvre Homer, un jeune homme vaillant, courageux, qui prend les directives des opérations et guident ses amis sur le meilleur chemin à emprunter. Sûr de lui, il ne montre pas ses faiblesses, excepté son amour pour Fiona, qui transparaît de plus en plus. Fiona, la superbe, la gentille et douce Fiona, l’amie de notre narratrice, qui en fond également pour Homer. Nous pouvons faire la connaissance de Lee, intelligent jeune homme, maître de ses émotions et sous le charme de la narratrice, ainsi que les autres protagonistes, un peu plus effacés, Corrie, Robyn ou Kévin.

L’aventur va permettre aux adolescents de prendre des responsabilités et une autonomie personnelle. Ils vont s’aventurer dans des sentiers de leur être jusque là jamais exploités et découvrir des aspects de leur personnalité, se surpasser, et démultiplier leur courage. Outre l’acte de bravoure que chacun fait, c’est un combat pour la survie qui s’engage.

Concernant l’action qui s’égrène, le suspens est à son comble, et place le lecteur dans une position inconfortable, respiration retenue, souffle coupé. Le mystère, très présent, reste complet : qui sont ses soldats ? des humains ? d’autres créatures ? Que veulent-ils réellement ? Tant de questions dont l’auteur préfère garder le secret, certainement résolu dans le second volume.

Néanmoins, malgré les nombreuses actions que John Marsden met en place, j’ai trouvé que l’histoire patinait par moments. Des moments de folles aventures qui se structurent par des courses effrénées, mais qui au final, n’offre que très peu de mouvement au récit. Tout stagne, les actions se soldent par des actes vains, comme un yo-yo qui avance, pour finalement reculer et revenir au point de départ. Personnellement, je pense que l’auteur a voulu accès son premier tome sur la découverte des personnages et la mise en place du décor et du climat. Il délaisse donc la partie mobile de l’action, qui traînasse en surplace.

Ce début d’histoire a au moins le cran de resserrer l’amitié qui unie les sept adolescents. Une solidarité hors du commun s’organise, chacun ajoutant sa pièce à l’édifice, l’un aidant l’autre, pour créer une harmonie parfaite, une entente cordiale et structurée dans ce climat de fin du monde et de peur.

Baigné de mystère, le climat apocalyptique de ce premier tome enrôle entièrement le lecteur dans son sillage. Pris d’engouement pour les déboires des personnages, attisé par la curiosité des événements, on ne peut qu’être aspirer dans la folle aventure de ses adolescents, survivants d’une fin du monde bien particulière.

Ma note : 6,5/10
Dystopie

Faut pas noyer le poisson dans le cidre

Faut pas noyer le poisson dans le cidre d’Amélie Jamin.
273 pages, éditions Persées à 20,79 €

 

Résumé : Bretagne, juillet 2105. Les ressources énergétiques ont disparu. Le régime totalitaire en place a fait naître des groupes dissidents et indépendantistes. Pas de faux héros, ni de héros, simplement des hommes qui tentent de jouer dans la cour des grands. Parmi eux, Marchioly, Jules et Matthieu, tous trois tourmentés par leur passé…

Extraits : « Toute personne vivante a ses peines, tout personne morte a ses regrets. »
« Quoi que tu puisses dire, c’est ça qui tue un homme. Pas seulement de ne pas être confident, mais aussi de ne pas confier. Tu ne peux pas emmener ta vie entière dans la tombe.« 

Mon avis : Je suis profondément désolée de dire cela, mais j’ai été déçue par ma lecture…

J’ai d’abord choisi de lire ce livre pour son titre, fort original, il faut l’avouer, et pour le résumé présent sur la quatrième de couverture, qui m’avait intrigué au plus haut point.
Amélie Jamin, malgré son jeune âge, sait parfaitement manier l’écriture, et nous livre, dans un style simple et agréable à lire, un roman inimaginable, imaginaire, et dystopique.

Le roman commence donc par la présentation de tous les personnages présents dans le livre, avec quelques informations sur leur personnalité, leur caractère, et tout ce que le lecteur doit savoir pour bien comprendre l’histoire. Déjà, nous sommes dès le début noyés dans un trop-plein d’informations et d’individus en tout genre… on s’en sort plus, on essaie de se souvenir de la particularité de chacun, mais en vain.

Puis vient une histoire un peu brouillon, dont je n’ai pas bien compris le sens, ou mal interprété la signification…

Ce roman, placé dans la catégorie fantastique, est censé se passer en 2105, bien des années après notre ère. Malheureusement, il n’y a eut à mon goût que trop peu d’allusions à ce futur si mystérieux.

Ce livre est peut-être trop en avance pour son temps (juillet 2105, tu m’en diras tant…) car je n’ai pas accroché à l’histoire, et les personnages ne m’ont pas touchés.

 

Ma note : 4/10