Dystopie·Science-fiction

Replica


Replica de Lauren Oliver

480 pages, éditions Hachette romans, à 20€


Résumé : D’aussi loin qu’elle se souvienne, Gemma a vécu d’hôpital en hôpital. Adolescente solitaire, surprotégée par ses parents à cause de sa santé fragile, sa vie se réduit maintenant à sa maison, son école et ses échanges avec sa seule amie, April. Mais quand elle découvre que le nom de son père est associé au mystérieux institut Haven, qui d’après la rumeur abriterait des expériences scientifiques monstrueuses, Gemma décide de quitter le sanctuaire qu’elle a toujours connu et de se rendre sur l’île d’Haven pour découvrir ce qu’il s’y passe réellement…
Lyra – ou numéro 24 – n’est pas humaine, c’est une reproduction. Pour elle, le monde se limite à Haven, aux savants et infirmières qui s’occupent d’elle. Le jour où l’île devient le théâtre d’une terrible explosion, Lyra s’échappe. À l’extérieur des murs de l’Institut, elle découvre un monde qu’elle n’avait jamais soupçonné et rencontre Gemma. Ensemble, elles essaient de lever le voile sur les mystères de Haven, et les secrets qui leur seront révélés vont changer leur vie pour toujours…


Extraits :  « De toute façon, la normalité est surfaite. Des gens emmerdants ont inventé ce mot pour justifier le fait qu’ils emmerdaient tout le monde.« 

« On ne naissait pas « monstre », on ne l’était pas par destinée, on ne le devenait pas grâce aux circonstances. Les monstres choisissaient cette voie. Et ce choix terrible se reproduisait constamment, jour après jour.« 


Mon avisReplica ? Kézako ? Le titre est déroutant, tout comme la mise en page du récit, qui se structure autour de deux personnages différents, avec une partie qui se lit normalement, et une autre partie qui se lit à l’envers : en tournant le livre, et en commençant par la fin. Un concept étrange, mais intriguant.

La même histoire est donc racontée deux fois, mais avec des points de vue différents et des divergences narratives. On a d’un côté Gemma, jeune fille tout ce qu’il y a de plus normal, surprotégée par ses parents, qui ne la laissent même pas partir en vacances avec sa meilleure amie April. Pourtant, Gemma va faire une découverte qui va bouleverser sa vie à jamais : elle va découvrir que son père est lié à l’institut Haven, clinique mystérieuse associée à des expériences scientifiques sur des êtres humains. Elle prend son courage à deux mains et part à Haven pour chercher des réponses. Deuxième protagoniste : Lyra. Lyra vit depuis toujours à l’institut Haven et est en quelque sorte le fruit d’expériences de clonage. Mais lorsque l’institut Haven prend feu, la jeune fille s’échappe, aidée par Gemma, qu’elle rencontre au hasard de l’île, puis découvre l’immensité du monde.

J’avais peur que le fait que l’histoire soit racontée deux fois soit bien trop redondant et lassant. Mais il n’en est rien, puisque au contraire, voir deux points de vue disjoints densifie davantage le contenu narratif, qui, de ce fait, devient plus complet. On voit donc l’histoire des deux protagonistes avant leur rencontre, on ressent leurs sentiments durant leur rencontre, ce qui donne une vue d’ensemble plus développée du récit et de ses personnages. Les deux histoires sont donc différentes autant qu’elles sont liées, et c’est tout ce qui fait l’intérêt de l’histoire.

Pour ce qui est de l’intrigue en elle-même, je la trouve intéressante, puisque les expériences scientifiques, notamment le clonage, sont des thématiques qui fascinent autant qu’elles effraient. Néanmoins, j’avoue que par moments, l’auteure m’a perdue. Je n’ai pas totalement compris l’intérêt des différentes castes, le but des captures d’enfants… Sans doute trop peu habituée aux histoires de science-fiction, je n’ai pas réussie à adhérer pleinement au récit.

Fort heureusement, la science-fiction n’est pas seule à gouverner le récit, puisque Lauren Oliver incorpore un zeste de romance entre les personnages. Ainsi, Gemma va tomber en amour de Paul et Lyra de 72. Une romance subtile, qui n’éclipse nullement la thématique centrale, mais qui ouvre le récit à de plus vastes horizons. De plus, des sujets secondaires seront abordés, avec notamment l’apprentissage et la connaissance de soi, la confiance et l’amitié, etc. De quoi convenir à un large public.


Ce fût une lecture expérimentale : expérimentale dans sa forme et sa mise en page, mais aussi dans sa thématique scientifique futuriste. J’apprécie sortir des sentiers battus pour lire ce genre de récit original et innovant. Si tome 2 il y a, je me laisserais sans doute tenter. 

Ma note : 6,5/10
Fantastique·Nouvelles·Science-fiction

Paradis sur mesure

Paradis sur mesure de Bernard Werber
435 pages, éditions Albin Michel, à 22,50€

 

Résumé : Bernard Werber a toujours aimé alterner gros roman et forme courte, genre qu’il affectionne particulièrement. Dans ce receuil, on le retrouve fidèle aux sujets qui le préoccupent : l’avenir de l’homme, de la planète, l’inconscience de notre monde. Chaque nouvelle nous entraîne vers un questionnement : quelles politiques, quelles sanctions faut-il inventer pour que nous cessions de nous détruire ? Que deviendrait une Terre sans hommes (un monde-jardin peuplé de femmes pacifiques ayant occulté jusqu’au souvenir du mâle) ? Qu’est-ce en réalité qu’une réunion de copropriétaires dont le syndic est un fieffé filou ?… De l’universel au particulier en passant par la société des fourmis, Werber rêve l’humain, heureux de nous transmettre un avenir… possible L’AUTEUR Des Fourmis à la trilogie des Dieux, Bernard Werber est devenu un phénomène de librairie (plus de 6 millions d’ex vendus en France, 10 millions dans le monde !), un des rares auteurs français à connaître une véritable renommée internationale, de la Russie à la Corée du sud où il est un auteur-culte.

Extraits : « C’est le silence qui nous apprend à aimer la musique, c’est l’obscurité qui nous apprend à aimer les couleurs, c’est la guerre qui nous apprend à aimer la paix, c’est l’absence de rire qui nous apprend à comprendre l’humour. »
« Le pétrole est le sang de la terre et ceux qui l’aspirent en sont les vampires. »

Mon avis : Premiers moments passés en compagnie de Bernard Werber et première surprise en découvrant les futuristes nouvelles de Paradis sur mesure.

L’imagination débordante de l’auteur m’a fasciné du début à la fin. Pour tout vous dire, j’en suis même venue à me questionner sur la réalité des faits exposés, la probable véracité des histoires détaillées. Les fourmis, peuvent-elles réellement être maîtresse d’elles-mêmes et comprendre la vie ? Où naissent les blagues si quotidiennement énoncées ? 17 histoires toutes aussi différentes les unes que les autres, ayant sciemment mûries dans l’esprit délirant de Bernard Werber.

Certaines nouvelles m’ont plus plûes que d’autres. Les plus longues et détaillées sont évidemment mes préférés, car plus complètes, profondes, descriptives, elles s’imprégnent plus intensément dans l’esprit du lecteur. Je pense par exemple à l’histoire « Là où naissent les blagues », faisant partie de mes favorites du recueil, ou encore « Le Maître de Cinéma », l’une des histoires incontournables du livre.

Cette première rencontre saugrenue avec le maître français de l’imaginaire m’a enthousiasmé. Ce premier essai de nouvelles visionnaires – ou futuristes, au choix -, m’a non seulement ouvert mon esprit littéraire à d’autres genres peu connus, mais également fait prendre conscience du fourmillement d’idées qui se trament dans la tête des vrais auteurs. Car je ne doute pas un instant que ces histoires couchées sur le papier ne sont qu’une infime partie de tout ce qui fourmille continuellement dans l’esprit ambigû de Bernard Werber.

Sans pour autant être une révélation, j’ai pris plaisir à lire ce recueil. Ne vous laissez pas désarçonner par la complexité ou l’étrangeté de certaines histoires et plongez pleinement dans l’univers fantastique que nous offre ce grand maître de la science-fiction.

Ma note : 6,5/10
Dystopie·Littérature jeunesse·Science-fiction

U4. Jules

U4 .Jules de Carole Trébor
421 pages, éditions Syros et Nathan, à 16,90€

 

Résumé : Jules vit reclus dans son appartement du boulevard Saint-Michel, à Paris. Il n’a pas de nouvelles de ses parents, en voyage à Hong Kong lorsque l’épidémie a commencé de se propager. Le spectacle qu’il devine par la fenêtre est effroyable, la rue jonchée de cadavres. Mais il sait qu’il ne pourra pas tenir longtemps en autarcie. Pour affronter l’extérieur, Jules redevient le guerrier impavide qu’il était dans le jeu. Il va alors retrouver son frère aîné, qui se drogue et dont il ne peut rien attendre, puis secourir une petite fille qui a mystérieusement échappé au virus et qu’il décide de prendre sous son aile. Son seul espoir : le rendez-vous fixé par Warriors of Times.

Extraits :  « Le pire, après la puanteur et le silence entrecoupé des cris des charognards voraces, c’est l’immobilité absolue de tout ce qui vivait. La vie, c’est le mouvement, et de mouvement, il n’y en a plus. Hormis les tourbilons d’oiseaux noirs et les cavalcades de rats gris. »
« Je croise son regard et n’y vois qu’une bienveillance infinie. Une putain de bienveillance dans les yeux d’une meurtrière. Je me sens inondé d’une immense gratitude. Cette fille n’était pas destinée à tuer des soldats. C’est le monde qui a fait d’elle une tueuse. »

Mon avis :  Après le fabuleux U4 .Koridwen que j’ai lu la semaine passée, j’ai enchaînée sur ma lancée avec U4 .Jules, un autre des quatre romans de cette magnifique saga. Je vous préviens que je risque de chroniquer ce livre-ci en faisant quelques parallèles avec l’histoire de Koridwen, lu précédemment. Car – si vous n’avez pas lu ma critique sur Koridwen -, les quatre romans de U4 comportent quatre protagonistes différents. Mais chacun est présent dans chaque roman. Je m’explique : Jules est le héros de ce roman ; alors qu’il n’était que personnage secondaire dans U4 .Koridwen et inversement.

L’histoire est simple : suite à un terrible virus, nommé U4, les trois quart de la population a été anéantie. Seuls les adolescents ont réussis à survivre mystérieusement. Jules, originaire de Paris, grand joueur d’un jeu multijoueurs en ligne, reçoit un message concernant un possible retour dans le passé. Un rendez-vous est fixé au 24 décembre, regroupant tous les joueurs Experts de ce fameux jeu. Mais pour l’instant, l’heure est à la survie. Originaire de Paris, il découvre une petite fille dans son immeuble, à l’étage supérieur, et va continuer son aventure avec elle. Une aventure riche en actions, avec de nombreuses scènes de courses poursuites. Mais aussi beaucoup de rencontres et de solides liens d’amitiés qui vont se bâtir au fil des jours…

Jules, contrairement à Koridwen est beaucoup moins solidaire et sensiblement moins froid. En effet, le jeune homme est accueillant, entreprenant, tout sourire ; il a le goût du partage, comme en témoigne la petite fille qu’il a voulu sauver. Il n’hésite pas à venir en aide aux autres, il essaie de se rendre utile au maximum, il réconforte les âmes tourmentées et essaie de redonner de l’espoir à ses compagnons d’aventure.

Car dans sa tragédie, Jules n’est pas seul, bien au contraire. Il a attérit dans un immeuble rempli de jeunes qui s’organisent pour survivre et faire face aux attaques des gangs des rues ou des militaires. Les militaires montent des camps qui regroupent tous les survivants, où l’eau et le manger sont mis à leur disposition. Mais les jeunes qui y entrent sont à la merci des militaires et perdent définitivement leur liberté ; ce que Jules et ses amis ne peuvent concevoir. C’est pour cette raison qu’ils s’organisent hâtivement. Chacun se voit confier une tâche : Isa doit regrouper tous les livres qu’elle trouve, susceptibles de fournir de précieuses informations. Maïa est la guérisseuse, chargée de soigner les blessés de guerre. Il y a aussi le Soldat ainsi que son Chef, etc. Une organisation très strict, qui fera la réussite de ces adolescents.

Mais contrairement au premier roman de U4 .Koridwen que j’ai eu le plaisir de lire, j’ai trouvé que ce tome-ci recelait bien moins de scènes d’actions. Le protagoniste est presque constamment à l’intérieur de l’immeuble, avec ses camarades. Tandis que Koridwen était le plus souvent seule, à arpenter les rues de Paris, à quelques mètres de militaires armés jusqu’aux dents ou de gangs enragés. Avec Jules, il y a moins de tension dans l’air, le lecteur s’effraie moins qu’avec Koridwen. Mais c’est ce qui fait la somptuosité de cette saga : le lecteur voit différents points de vue, différents styles d’écritures, différentes narrations, différents caractères… le tout autour d’une seule et même histoire ! Sans vouloir vous spoiler les dénouements de cette saga, sachez que chaque fin est différente pour les héros de U4. La fin de Koridwen avait été un coup de maître pour moi, alors que celle de Jules est un peu plus classique… mais sympathique à découvrir tout de même !

Vous l’aurez compris, même si j’ai un petit faible pour U4 .Koridwen, j’ai quand même beaucoup aimé U4 .Jules. Une saga qui vaut largement le détour. Même après avoir déjà vécu deux aventures dans ce chaos Parisien du XXIème siècle, j’ai toujours énormément envie de redécouvrir encore et encore cette histoire…

 

Ma note : 8/10
Science-fiction

Instinct de survie

Instinct de survie de Pierre Picca
376 pages, éditions Baudelaire, à 22€

 

Résumé : Oubliez ce que vous pensiez être impossible, ouvrez grand vos yeux et vos oreilles, ne croyez plus en rien, soyez désormais sur vos gardes. Le monde tel que vous le connaissiez n’existe plus, il vient de basculer dans un enfer que vous n’auriez jamais pu imaginer. Antoine, militaire de réserve, l’a compris depuis peu. Plus rien ne sera comme avant. Il va être pris dans une tourmente infernale de violence embrasant le pays et balayant tout sur son passage, ne laissant que peu de survivants, des villes en ruines… et des êtres plus tout à fait humains. Antoine va devoir lutter pour survivre, seul contre tous. L’imagination de Pierre PICCA a toujours débordé sur sa personnalité, et sur sa vie. Il s’efforce de laisser libre court à ses pensées et à ses actes, et s’inspire de son entourage comme de son propre vécu pour créer ses propres récits.

Extraits :  « Des silhouettes sombres tombaient en trébuchant pour ne plus jamais se relever, la chose la plus horrible qui me fut donné de voir jusqu’à cet instant. Ces vies happées par des bouts de métal froid et insensible, fauchées au milieu de leurs rêves, mettant un terme à leurs projets, mettant à bat tout espoir. »
« Dans ta tête, quand tu montes sur le ring, tu dois déjà avoir gagné, sinon tu te prépares à échouer. »

Mon avis :  Un titre et une couverture accrocheurs, un résumé sur la quatrième de couverture qui donne envie ; je me suis donc jetée à corps perdu dans ma lecture. Mais quelle amère déception !

Pourquoi aies-je été déçue de cette histoire ? Il y a tout d’abord le récit, qui ressemble à milles autres récits. Nous sommes dans un monde contemporain, qui se retrouve, du jour au lendemain infesté de zombies. Intrigue apocalyptique classique. Antoine, un jeune réserviste, va être appelé par son armée pour combattre les zombies et sauver un maximum de citoyens. Toujours aussi classique. L’auteur essaie de rester prudent et ne s’éloignant pas des sentiers battus. C’est bien dommage, il y avait quand même du potentiel dans ce livre.

Les scènes de combats sont décrites avec réalisme, tant et si bien que l’on se retrouve plongés aux côtés des combattants. Ça, c’est le gros point positif : toutes les scènes semblent réelles, même les zombies ! Bon, même avec du réalisme, au bout de trois ou quatre scènes de combats, on commence à en avoir marre. Au bout de dix ou douze, on se lasse péniblement. Au bout de vingt ou vingt-cinq, on décroche complètement. Les affrontements s’enchaînent, encore et encore. A croire qu’il n’y a que cela dans le livre. L’auteur décrit, inlassablement, avec des termes différents, des combats entre humains et zombies.

En fait, dans ce livre, il ne se passe quasiment rien. On voit des affrontements, des têtes coupées et beaucoup de sang. Mais c’est tout. L’histoire est vide, creuse et sans vie.

Déjà que le thème est très noir, en plus, l’écriture de Pierre Picca ne vient pas réchauffer l’atmosphère. Elle est lugubre, froide, sans vie. Les personnages ne ressentent rien, l’écriture ne fait rien ressentir aux lecteurs, personne ne ressent rien, toutes les émotions ont désertées ce livre. Vous l’aurez compris, je n’ai pas accroché avec ce récit. Mais rien ne vous empêche de le lire pour vous faire votre propre avis dessus !

Malgré mon avis négatif, je remercie les éditions Baudelaire, ainsi que le site Livraddict pour ce partenariat. En espérant que les partenariats suivant soient meilleurs.

 

Ma note : 4/10
Littérature anglaise·Roman·Science-fiction

La ferme des animaux

La ferme des animaux de George Orwell
150 pages, éditions Folio

 

Résumé : Un certain 21 juin eut lieu en Angleterre la révolte des animaux. Les cochons dirigent le nouveau régime. Boule de Neige et Napoléon, cochons en chef, affichent un règlement:
“Tout deuxpattes est un ennemi. Tout quatrepattes ou tout volatile, un ami. Nul animal ne portera de vêtements. Nul animal ne dormira dans un lit. Nul animal ne boira d’alcool. Nul animal ne tuera un autre animal. Tous les animaux sont égaux.”
Le temps passe. La pluie efface les commandements. L’âne, un cynique, arrive encore à déchiffrer :
“Tous les animaux sont égaux, mais certains le sont plus que d’autres.”

Extraits :  « L’Homme est la seule créature qui consomme sans produire. Il ne donne pas de lait, il ne pond pas d’oeufs, il est trop débile pour pousser la charrue, bien trop lent pour attraper un lapin. Pourtant le voici le suzerain de tous les animaux. Il distribue les tâches entre eux, mais ne leur donne en retour que la maigre pitance qui les maintient en vie. Puis il garde pour lui le surplus. Qui laboure le sol ? Nous ! Qui le féconde ? Notre fumier ! Et pourtant pas un parmi nous qui n’ait que sa peau pour tout bien. »

Tout le produit de notre travail, ou presque, est volé par les humains. Camarades, là se trouve la réponse à nos problèmes. Tout tient en un mot : l’Homme. Car l’Homme est notre seul véritable ennemi. Qu’on le supprime, et voici extirpée la racine du mal. Plus à trimer sans relâche ! Plus de meurt-le-faim ! »

Mon avis :  Je pense qu’il ne sert à rien de vous présenter George Orwell, ce célèbre écrivain fondateur du concept « Big Brother ». Ses deux romans les plus célèbres, 1984 ainsi que La ferme des animaux sont devenus des entités, que l’on étudie avec abondance dans les institutions scolaires. C’est d’ailleurs par le biais de l’école que j’ai lu mon premier Orwell ; et depuis, moi-même endoctrinée par l’écriture de l’auteur, je me suis lancé dans la lecture de La ferme des animaux pour mon plaisir personnel.

Dans ce livre, les animaux de la ferme prennent le pouvoir. Ils fomentent une révolution et chassent leur maître, le fermier, pour prendre le pouvoir de leur propre vie. Une fois leur maître Jones parti, ils organisent leur quotidien, et mettent en place Sept Commandements à respecter. Des Commandements qui seront vite transgressés…

Les livres de George Orwell sont de véritables pépites. A travers des histoires simples à comprendre, l’auteur cherche à nous faire réfléchir sur des sujets plus ou moins graves de l’Histoire. Et ça marche ! L’intemporalité de ses oeuvres fait que chaque lecteur peut comprendre de quoi traite chacun de ses ouvrages.

Ici, le totalitarisme est mis en avant. Certains tyrans de l’histoire politique sont caricaturées et représentées, par le biais de l’anthropomorphisme, par des animaux. Ainsi, vous pourrez aisément reconnaître Lénine sous la figure de Sage l’Ancien, Staline sous celle de Napoléon, ou encore Trotski à travers Boule de Neige. Les cochons prennent la tête de la ferme et tentent de faire entendre leurs idéaux. C’est une véritable satire de la révolution russe et de ses principaux acteurs, qui est représentée ici.

La dynamique de l’ouvrage nous montre bien les différentes étapes par lesquelles passent les dirigeants pour assouvir leur autorité. Ils se montrent près du peuple, faisant miroiter des bonheurs imaginaires, et assoient leur ascendance par l’endoctrinement des troupes. La raison de tous les animaux de la ferme, cède face au totalitarisme et à la foi inébranlable inculquée par les dirigeants. Ils deviennent alors des marionnettes, pris au piège de ce parti unique, où la soumission devient obligatoire. La fin du livre est juste impressionnante, et c’est elle qui m’a réellement fait prendre conscience de la cruelle bestialité des hommes.

L’humour se mêle à ce récit sérieux, et ce mélange des genres donne un cocktail détonnant. Ce court ouvrage, parodie des régimes totalitaires, vous apportera maintes réflexions et ne vous laissera pas indifférent. Rapide à lire et facile à comprendre, je n’aurais qu’une chose à vous dire: lisez-le absolument !

Ma note : 9,5/10
Dystopie·Science-fiction

1984

1984 de George Orwell.
408 pages, éditions Folio Poche

 

Résumé : Le monde, depuis les grandes guerres nucléaires des années 1950, est divisé en trois grands « blocs » : l’ Océania, l’Eurasia et l’Estasia qui sont en guerre perpétuelle les uns contre les autres. A Londres, en 1984, dans un état totalitaire, le parti organise sa société en réprimant le peuple, et en leur lavant le cerveau avec les principes de l’Angsoc (Socialisme anglais).
Winston Smith, travaillant au ministère de la Vérité, participe à propager l’idéologie du Parti en modifiant les articles du « Times » suivant la volonté des dirigeants du parti. Pourtant, Winston cache sa haine de Big Brother et de la répression, jusqu’à ce qu’il rencontre Julia, une jeune femme enthousiaste et opposante du parti également…

Extraits : « On dit que le temps apaise toute douleur, on dit que tout peut s’oublier, mais les sourires et les pleurs, par-delà les années, tordent encore les fibres de mon coeur. »
« Il y avait la vérité, il y avait le mensonge, et si l’on s’accrochait à la vérité, même contre le monde entier, on n’était pas fou. »
« Pour la première fois de sa vie, il comprit que lorsque l’on désirait garder un secret on devait aussi se le cacher à soi-même. »
« S’accrocher jour après jour, semaine après semaine, pour prolonger un présent qui n’avait pas de futur, était un instinct qu’on ne pouvait vaincre, comme on ne peut empêcher les poumons d’aspirer l’air tant qu’il y a de l’air à respirer.« 

Mon avis :  1984, de George Orwell est une contre-utopie effrayante, qui ne donne pas envie d’exister dans ce monde, d’y vivre, tout simplement. Nous ne connaissons pas réellement la mesure du temps dans ce livre, les personnages sont assez mystérieux, discrets, nous n’avons pas vraiment de détails sur leurs vies, leurs activités ou autre. Par contre, les conditions de la vie en Océania sont bel et bien décrits très précisément, ça renforce d’autant plus le côté affreux du lieu. L’histoire accroche, à chaque fin de chapitre, je n’avais qu’une envie : commencer le suivant. Nous sommes transportés dans un monde imaginaire, nous vivons les mésaventures en accompagnant Winston dans toutes ses aventures, nous sommes vraiment plongés au coeur du livre et de la vie dystopique d’Océania. J’ai lu ce livre vraiment rapidement, impossible de m’en décrocher ! Certes, certains passages étaient assez complexes à lire, mais j’ai tout de même adoré ce livre, c’est un réel coup de coeur, et un très grand honneur de l’avoir lu.

 

Ma note : 10/10
Dystopie·Science-fiction

Le meilleur des mondes

Le meilleur des mondes d’Aldous Huxley.
284 pages, éditions Folio Poche

 

Résumé : Défi, réquisitoire, utopie, ce livre mondialement célèbre, chef-d’œuvre de la littérature d’anticipation, a fait d’Aldous Huxley l’un des témoins les plus lucides de notre temps. Aujourd’hui, devait écrire l’auteur près de vingt ans après la parution de son livre, il semble pratiquement possible que cette horreur s’abatte sur nous dans le délai d’un siècle. Du moins, si nous nous abstenons d’ici là de nous faire sauter en miettes… Nous n’avons le choix qu’entre deux solutions : ou bien un certain nombre de totalitarismes nationaux, militarisés, ayant comme racine la terreur de la bombe atomique, et comme conséquence la destruction de la civilisation (ou, si la guerre est limitée, la perpétuation du militarisme) ; ou bien un seul totalitarisme supranational, suscité par le chaos social résultant du progrès technologique.

Extraits : « Il définissait la philosophie comme l’art de trouver une mauvaise raison à ce que l’on croit d’instinct. »
« Les mots peuvent ressembler aux rayons X : si l’on s’en sert convenablement, ils transpercent n’importe quoi. »
« Un homme peut prodiguer les sourires et n’être qu’un scélérat.« 

Mon avis :  Le Meilleur des mondes ou, devrais-je dire, le pire des mondes ! Après avoir fini ma lecture de 1984, j’attaquai avec empressement celle d’Aldous Huxley. Deux dystopies complètement différentes, mais avec certains points communs. J’ai lu très rapidement ce livre, il est absorbant, captivant, mais certains passages restent un peu flous pour moi… J’ai adoré le côté odieux, répugnant, le côté robot des hommes et leur servitude volontaire aux tâches demandées, ça change et donne du piment au livre : je me croyais réellement dans une usine à fabriquer des enfants, par des machines.
Certains personnages sont laissés à l’abandon au milieu du livre : on en parle, puis, ils disparaissent, on ne sait pas très bien où ils sont passés, néanmoins, ils ne réapparaissent pas… c’est bien dommage, j’aurais voulue m’immiscer dans leur vie, connaître le chemin qu’ils allaient parcourir… Après avoir lu ce livre, on voit notre société d’un autre oeil, on se pose différentes questions, on imagine aussi certaines inventions citées dans le livre qui seront, sans doute, dans notre monde réel d’ici quelques centaines d’années… Très bon livre, j’ai bien aimé les citations de William Shakespeare disséminées un peu partout dans le livre. J’ai été un peu déçue par la fin, je m’attendais à quelque chose qui choque réellement le lecteur, un dénouement qui aurait pu encré dans la tête de celui-ci la réelle utilité du livre et de la dystopie en général.

 

Ma note : 8/10