La route


La route de Cormac McCarthy

244 pages, éditions de Noyelles


Résumé : L’apocalypse a eu lieu. Le monde est dévasté, couvert de cendres. Un père et son fils errent sur une route, poussant un caddie rempli d’objets hétéroclites et de vieilles couvertures. Ils sont sur leurs gardes car le danger peut surgir à tout moment. Ils affrontent la pluie, la neige, le froid. Et ce qui reste d’une humanité retournée à la barbarie.
Cormac McCarthy raconte leur odyssée dans ce récit dépouillé à l’extrême.


Extraits : « On oublie ce qu’on a besoin de se rappeler et on se souvient de ce qu’il faut oublier. »

« Toutes les choses de grâce et de beauté qui sont chères à notre coeur ont une origine commune dans la douleur. Prennent naissance dans le chagrin et les cendres. »


Mon avis : À l’heure de la pandémie mondiale du COVID 19, alors que des millions de personnes à travers le monde se calfeutrent chez eux, terrorisés par la tournure des événements, j’ai choisi de lire La route, ce roman post-apocalyptique légendaire et terrifiant. Récompensé par le prix américain Pulitzer – Fiction en 2007, adapté au cinéma deux ans plus tard, plébiscité par les critiques, j’avais très envie de découvrir cette histoire, mondialement connue.

Le monde a été décimé, carbonisé, brûlé. Il ne reste de la Terre qu’un paysage lunaire : des cendres à perte de vue, des gravats par millions. Seule une poignée d’humains a réussi à survivre, dont un père et son jeune fils. Ensemble, ils traversent les routes, fuient ces terres de désolation, tentant vainement de chercher de la nourriture, de se protéger des conditions climatiques et de se cacher pour échapper aux autres humains.

Image tirée de l’adaptation cinématographique du livre

Après avoir entendu parler de ce classique de la littérature post-apocalyptique durant des années, je m’attendais à du grandiose… et j’ai été assez déçue. Ou plutôt, déstabilisée. Déstabilisée par l’écriture de Cormac McCarthy, d’abord. Son récit est une suite de descriptions froides, lointaines, épurées, dénuées d’émotions. Tout n’est que description fantomatique, qui a contribué à mettre une espèce de barrière entre moi et l’histoire qui se jouait sous mes yeux. Mêmes les protagonistes, le père et le fils, ne sont pas nommés : leurs prénoms ne sont pas mentionnés, tout comme leur histoire passée, qui demeure inexistante.

Le père et le fils veulent rejoindre la mer, au Sud, mais semblent quand même cheminer sans but précis. Ils marchent, se préoccupant seulement de ne pas mourir ni de faim, ni de froid et de survivre aux attaques potentiels de méchants. On en vient même à se questionner sur leur but ultime, qui semble très confus.

J’aurais souhaité avoir un éclairage de la situation plus en amont. Que s’est-il passé pour qu’on en arrive à cette situation ? Comment le monde a-t-il été décimé ? Comment certains ont-ils fait pour survivre ? Tant d’interrogations sans réponses, qui m’ont perturbées durant l’ensemble de ma lecture. Malheureusement, ces éléments manquant ne m’ont pas permis d’avoir une vision globale de l’histoire, de m’imprégner totalement de l’ambiance et des personnages.

En définitive, je ne sais pas vraiment si j’ai aimé ou non ce livre. Je regarderai certainement l’adaptation cinématographique pour tenter de me faire une autre idée de cette histoire. Sans doute qu’un éclairage nouveau me permettra peut-être de revoir mon jugement.

 


Un roman post-apocalyptique au style laconique, clinique et froid, qui sied parfaitement à l’ambiance générale du récit, mais qui m’a laissé de marbre.

Ma note : 5/10

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Gone, tome 1


Gone, tome 1 de Michael Grant

585 pages, éditions Pocket jeunesse, à 19€


Résumé : Imaginez : tous les êtres humains de plus de 15 ans ont disparu. Plus incroyable encore, ceux qui restent développent des super-pouvoirs mais ils ne parviennent pas encore à les maîtriser… Cette aventure extraordinaire est arrivée à Sam, 14 ans, et à tous les enfants de la petite ville californienne de Perdido. Passé la première période d’euphorie, les enfants doivent maintenant s’organiser pour survivre. Qui va s’occuper des bébés et des malades ? Comment trouver de la nourriture ? Autant de questions vitales à résoudre en urgence !


Extraits : « Les gens différents finissent toujours par devenir des victimes, c’est comme ça.« 

« La peur pousse à faire de drôles de choses, parfois, même chez les enfants. »


Mon avis : Après en avoir entendu parler durant des années, je me décide enfin à sortir le premier tome de Gone de ma Pile À Lire, pour enfin découvrir ce qui a tant plût !

Un beau jour, subitement, dans une petite ville californienne nommée Perdido Beach, l’ensemble des adultes et des jeunes adolescents de plus de quinze ans disparaissent. Ceux qui restent sont alors livrés à eux-mêmes, terrorisés par cet événement extraordinaire et inexplicable. D’autant que certains se découvrent des pouvoirs surnaturels, comme Sam, qui arrive à faire jaillir de la lumière de ses mains. Très vite, le chaos s’installe à Perdido Beach. Sam, son meilleur ami Quinn, leur amie Astrid et son petit frère autiste Pete, tentent de calmer les enfants paniqués. Mais Caine, Drake, Panda, ainsi que d’autres enfants venus du pensionnat Coates, ne sont pas du même avis. Ils veulent élire un chef, qui décidera de l’ordre à suivre à Perdido Beach. Le chaos s’installe, et avec lui, les rivalités.

J’avais tellement entendu parler de cette saga jeunesse, que j’attendais l’auteur au tournant. Et franchement, peut-être que je misais trop d’espoirs dans ce livre, mais la majeure partie de l’histoire m’a déçue. D’abord le commencement : les adultes disparaissent d’un seul coup, dans les quelques premières pages, sans préambule. On est tout droit immergés dans le récit, certes, mais ça aurait mérité quand même un peu plus de finesse. Tout s’enchaîne alors dans un rythme effréné, mais malheureusement, comme je suis rentrée dans le brut directement, je n’ai pas forcément été très réceptive à la première partie de l’histoire. Je suis restée un peu en retrait, survolant légèrement toutes les actions qui s’y déroulaient, m’ennuyant, même, quelques fois.

Mais heureusement, les pages défilant, j’ai réussi, au fur et à mesure, à me plonger davantage dans l’histoire, pour finalement commencer à bien l’aimer vers la fin. Il vaut mieux tard que jamais, me diriez-vous, mais quand même…

L’histoire en elle-même est intéressante, quoiqu’elle détient quand même des références à divers récits antérieurs, tels que Dôme de Stephen King, par exemple. Dans les deux cas, un dôme transparent s’abat sur une ville, rendant toute la population s’y trouvant, prisonnière.  Il faut s’organiser, essayer de survivre, et chercher une solution pour en sortir, d’autant que les ressources s’amenuisent progressivement. La cible n’est pas la même, puisque dans Gone, ce sont de très jeunes enfants qui gouvernent l’histoire. Certains se montrent matures et consciencieux pour leurs jeunes âge, s’occupant des plus petits, soignant les blessés, préparant des repas ; tandis que d’autres ne pensent qu’à gouverner et à faire régner la terreur dans la Zone. Deux clans vont rapidement s’affronter.

Comme si ce premier tome n’était pas assez rempli d’actions, Michael Grant ajoute une dose de science-fiction supplémentaire, qui devrait donner une autre dimension à l’histoire : certains enfants sont dotés de pouvoirs magiques. Des pouvoirs plus ou moins puissants en fonction des jeunes, mais que beaucoup ne savent pas utiliser. J’avoue que je ne m’attendais pas à cette virée brutale vers la science-fiction, mais je trouve qu’elle s’adapte parfaitement au récit.


Des très jeunes enfants, livrés à eux-mêmes, dans un espace délimité par un dôme invisible. Une lecture en demi-teinte : malgré un début abrupt et ennuyant, je me suis finalement laissée emporter par l’histoire. J’aimerais bien découvrir le second tome si j’arrive à le dégotter en grand format !

Ma note : 6/10

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Dix jours avant la fin du monde


Dix jours avant la fin du monde de Manon Fargetton

452 pages, éditions Gallimard jeunesse


Résumé : Deux lignes d’explosions ravagent la Terre. Nul n’en connaît l’origine mais, quand elles se rejoindront au large de notre côte atlantique, notre monde sera détruit. Sur les routes encombrées de fugitifs qui tentent en vain d’échapper au cataclysme, six hommes et femmes sont réunis par le destin. Ensemble, ils ont dix jours à vivre avant la fin du monde…


Extraits  « Commencer un livre, c’est avoir la responsabilité de le finir. »

« Les dialogues sont tellement plus beaux dans les fictions, débarrassés des banalités. »


Mon avisQue feriez-vous s’il en vous restait plus que dix jours à vivre ? Des explosions ravagent progressivement la surface de la Terre. Personne ne sait à quoi elles sont dues, la seule chose dont sont certains les scientifiques, c’est qu’elles vont détruire l’intégralité de la surface de la terre et des hommes. Dans dix jours, la vie humaine s’éteindra. Sur Terre, c’est le chaos. Les gens fuient, tentent de trouver un abri pour échapper à la catastrophe ou profitent des derniers jours qu’il leur reste à vivre. Nous suivrons particulièrement un groupe de personnes composé de Gwen et Sara, un couple atypique, Brahim, un chauffeur de taxi sans attaches, Valentin, un jeune garçon qui vient de perdre sa mère, Lili-Ann, une femme très attachée à sa famille et Béatrice, une courageuse force de l’ordre. Alors qu’ils ne se connaissaient pas, le hasard va les faire se rencontrer et poursuivre un bout de chemin ensemble.

Dix jours avant la fin du monde est une dystopie apocalyptique angoissante. Le compte a rebours est lancé : il ne reste plus que dix jours à la population humaine pour survivre. Pour ajouter une dose de tension supplémentaire, Manon Fargetton ajoute, à chaque début de chapitre, un décompte sous forme d’heures, qui montre le temps qu’il reste avant la fin complète de l’humanité. Effrayant…

L’histoire se construit avec une alternance à chaque chapitres des différents points de vue des protagonistes. Ainsi, cela donne une dynamique supplémentaire au récit et nous permet de se rapprocher plus étroitement de chacun des personnages.  De cette façon, j’ai réussi à tous les comprendre et les apprivoiser, en quelque sorte, et à voir leurs différentes réactions face à la catastrophe approchante. Tous à leur manière ont su me toucher : Brahim et son grand coeur, Lili-Ann et son amour pour sa famille, Valentin et sa manière de cacher ses sentiments, Gwen, son amour pour la littérature et son côté tête en l’air, Béatrice, avec son courage, sa détermination et son envie d’aider les autres…

Nous assistons, avec effroi, aux actions et décisions stupéfiantes des personnes soumises à la fin du monde. La civilisation humaine, mue par sa peur et sa soif de vivre, souhaite profiter des derniers instants qu’il leur reste à vivre. On ne reconnaît pas l’Homme tel qu’il est dans la société moderne, rabaissé au rang d’animal sauvage et primitif, pris au piège de la situation terrestre. Heureusement que d’autres personnes, comme certains membres de la bande, gardent leur sang-froid et leur éducation face à la catastrophe naturelle qui va sévir.

C’est vraiment un récit prenant et addictif. Chaque fin de chapitre donne envie d’en commencer un nouveau, tant et si bien que j’aie dû lire ce livre en deux jours seulement.

Malheureusement, j’ai trouvé le dénouement du livre un peu abrupte et pas assez clair. Manon Fargetton nous laisse dans le flou, un peu à bout de souffle après avoir découvert l’ensemble de l’histoire. J’espère sincèrement qu’une suite est prévue, et que sa sortie est prévue dans peu de temps. Si c’est le cas, je serai l’une des premières à me ruer dessus pour l’acheter !


Une dystopie bien construite, dynamique, avec des personnages attachants et originaux. Je ne serais pas surprise si j’apprenais dans quelques années que ce livre a été adapté au cinéma…!

Ma note : 8,5/10

 

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Demain les chats


Demain les chats de Bernard Werber

307 pages, éditions Albin Michel, à 20,90€


Résumé : Pythagore, chat de laboratoire appareillé pour se connecter avec les ordinateurs enseigne à Bastet, jeune chatte Montmartroise, à communiquer avec les humains pour tenter de leur faire prendre conscience de la violence de leur société.


Extraits  « C’est le drame de toute ma vie. Quand je réussis, personne n’est là pour le voir, quand j’échoue il y a toujours des témoins. »

« Je crois que tous les actes que nous effectuons entraînent forcément la satisfaction des uns et la contrariété des autres. Vivre et agir c’est forcément déranger les ordres établis. »


Mon avisComment résister à cette petite bouille de chat noir qui nous regarde avec ses grands yeux en amande ? Il m’a séduit en un regard, et j’ai été dans l’obligation de lire son histoire.

Les humains traversent une période difficile, ponctuée d’actes terroristes graves. Mais cela n’impacte que partiellement Bastet, une chatte domestique, qui vit à Paris avec sa servante humaine Nathalie. Le rêve de Bastet ? Réussir à communiquer avec les humains. Un beau jour, elle rencontre Pythagore, le chat d’en face, qui détient le savoir. En effet, Pythagore est un chat de laboratoire, qui a été appareillé pour pouvoir se connecter à un ordinateur et acquérir de nombreuses connaissances humaines. Pythagore va tâcher de transmettre son savoir à Bastet, et tous deux vont tenter d’aider les humains à sortir de la période très sombre dans laquelle ils sont plongés.

J’avoue qu’en ouvrant ce livre, je ne m’attendais absolument pas à découvrir l’histoire que j’y ai découverte. En effet, ne vous faites pas avoir comme moi par la petite bouille de Bastet en couverture : ce livre raconte une histoire presque apocalyptique, dans laquelle il est question de terrorisme, de meurtres, de violences. Le contraste entre cette ambiance noire, à la limite glauque  avec la douceur de la chatte Bastet est étonnant. Vous serez sans doute surpris au début, mais au fil de votre lecture, vous vous laisserez entraîner dans cette histoire très surprenants.

Dans l’ensemble, l’histoire m’a plût, mais je n’ai pas été si absorbée que ça par son déroulement. Je pense que l’atmosphère apocalyptique m’a tellement déstabilisé, que je suis resté un peu en dehors de cette ambiance. Course-poursuite, chasse, bagarres des humains et des chats contre des invasions de rats… il s’en passe des choses dans ce livre, mais malheureusement les actions n’étaient pas assez rythmées à mon goût, si bien que je me suis quelque peu lassé de suivre tout ce petit monde dans leur lutte.

Ajoutez à cette ambiance de science-fiction des faits réels et actuels, notamment le terrorisme, qui est le point de départ de toute cette histoire. L’auteur dresse un état du monde actuel, ainsi que les conséquences (très noircies) qui pourraient en découler dans les années à venir, si nous continuons à nous comporter comme nous le faisons actuellement. Autant vous dire que ça fait froid dans le dos !

Autre particularité du livre qui m’a agréablement surprise, c’est le petit historique de l’histoire des chats. En effet, Phytagore, grâce à l’accès privilégié qu’il a à Internet, a pu se documenter sur leur histoire, et il a fait part de ses découvertes à Bastet. Ainsi, nous découvrons, au fil des siècles, l’évolution des chats dans la société. Tantôt vénérés, puis exécrés, les chats ont toujours eu une place importante dans les sociétés. Un voyage initiatique intéressant, qui m’a ravie !

Mettre un chat comme personnage principal d’une histoire, c’est osé et totalement novateur. J’ai apprécié cette prise de risque. En plus, cela permet à des personnes totalement amoureuses des chats comme moi, de croire, pendant quelques heures de lecture, qu’une communication entre chats et humains serait possible. Mais malheureusement, la science à ce jour n’a jamais pu déterminer un quelconque moyen permettant aux deux camps de se comprendre… ce qui n’enlève rien au fait que je vais continuer à parler seule à mon chat, dans l’espoir qu’il puisse comprendre ce que je lui raconte !


Demain les chats est une histoire originale et très surprenante. J’ai été déstabilisé par l’étrangeté de ce récit, qui aborde des thématiques peu communes, les assemble les unes aux autres pour former quelque chose de singulier. J’en ressors mitigée : pas totalement conquise, mais pas déçue non plus. 

Ma note : 6/10

 

Replica


Replica de Lauren Oliver

480 pages, éditions Hachette romans, à 20€


Résumé : D’aussi loin qu’elle se souvienne, Gemma a vécu d’hôpital en hôpital. Adolescente solitaire, surprotégée par ses parents à cause de sa santé fragile, sa vie se réduit maintenant à sa maison, son école et ses échanges avec sa seule amie, April. Mais quand elle découvre que le nom de son père est associé au mystérieux institut Haven, qui d’après la rumeur abriterait des expériences scientifiques monstrueuses, Gemma décide de quitter le sanctuaire qu’elle a toujours connu et de se rendre sur l’île d’Haven pour découvrir ce qu’il s’y passe réellement…
Lyra – ou numéro 24 – n’est pas humaine, c’est une reproduction. Pour elle, le monde se limite à Haven, aux savants et infirmières qui s’occupent d’elle. Le jour où l’île devient le théâtre d’une terrible explosion, Lyra s’échappe. À l’extérieur des murs de l’Institut, elle découvre un monde qu’elle n’avait jamais soupçonné et rencontre Gemma. Ensemble, elles essaient de lever le voile sur les mystères de Haven, et les secrets qui leur seront révélés vont changer leur vie pour toujours…


Extraits :  « De toute façon, la normalité est surfaite. Des gens emmerdants ont inventé ce mot pour justifier le fait qu’ils emmerdaient tout le monde.« 

« On ne naissait pas « monstre », on ne l’était pas par destinée, on ne le devenait pas grâce aux circonstances. Les monstres choisissaient cette voie. Et ce choix terrible se reproduisait constamment, jour après jour.« 


Mon avisReplica ? Kézako ? Le titre est déroutant, tout comme la mise en page du récit, qui se structure autour de deux personnages différents, avec une partie qui se lit normalement, et une autre partie qui se lit à l’envers : en tournant le livre, et en commençant par la fin. Un concept étrange, mais intriguant.

La même histoire est donc racontée deux fois, mais avec des points de vue différents et des divergences narratives. On a d’un côté Gemma, jeune fille tout ce qu’il y a de plus normal, surprotégée par ses parents, qui ne la laissent même pas partir en vacances avec sa meilleure amie April. Pourtant, Gemma va faire une découverte qui va bouleverser sa vie à jamais : elle va découvrir que son père est lié à l’institut Haven, clinique mystérieuse associée à des expériences scientifiques sur des êtres humains. Elle prend son courage à deux mains et part à Haven pour chercher des réponses. Deuxième protagoniste : Lyra. Lyra vit depuis toujours à l’institut Haven et est en quelque sorte le fruit d’expériences de clonage. Mais lorsque l’institut Haven prend feu, la jeune fille s’échappe, aidée par Gemma, qu’elle rencontre au hasard de l’île, puis découvre l’immensité du monde.

J’avais peur que le fait que l’histoire soit racontée deux fois soit bien trop redondant et lassant. Mais il n’en est rien, puisque au contraire, voir deux points de vue disjoints densifie davantage le contenu narratif, qui, de ce fait, devient plus complet. On voit donc l’histoire des deux protagonistes avant leur rencontre, on ressent leurs sentiments durant leur rencontre, ce qui donne une vue d’ensemble plus développée du récit et de ses personnages. Les deux histoires sont donc différentes autant qu’elles sont liées, et c’est tout ce qui fait l’intérêt de l’histoire.

Pour ce qui est de l’intrigue en elle-même, je la trouve intéressante, puisque les expériences scientifiques, notamment le clonage, sont des thématiques qui fascinent autant qu’elles effraient. Néanmoins, j’avoue que par moments, l’auteure m’a perdue. Je n’ai pas totalement compris l’intérêt des différentes castes, le but des captures d’enfants… Sans doute trop peu habituée aux histoires de science-fiction, je n’ai pas réussie à adhérer pleinement au récit.

Fort heureusement, la science-fiction n’est pas seule à gouverner le récit, puisque Lauren Oliver incorpore un zeste de romance entre les personnages. Ainsi, Gemma va tomber en amour de Paul et Lyra de 72. Une romance subtile, qui n’éclipse nullement la thématique centrale, mais qui ouvre le récit à de plus vastes horizons. De plus, des sujets secondaires seront abordés, avec notamment l’apprentissage et la connaissance de soi, la confiance et l’amitié, etc. De quoi convenir à un large public.


Ce fût une lecture expérimentale : expérimentale dans sa forme et sa mise en page, mais aussi dans sa thématique scientifique futuriste. J’apprécie sortir des sentiers battus pour lire ce genre de récit original et innovant. Si tome 2 il y a, je me laisserais sans doute tenter. 

Ma note : 6,5/10