Chasse à mort


Chasse à mort de Dean Koontz
574 pages, éditions Archipoche, à 8,95€


Résumé : Deux créatures s’échappent d’un laboratoire scientifique dont le programme de recherches ultra-secrètes est centré sur les manipulations génétiques. L’un de ces cobayes, un retriever, chien intelligent et sensible, est recueilli par Travis Cornel, ex-membre de la Delta-Force. L’autre cobaye, le plus dangereux, aussi sauvage que sanguinaire, aussi intelligent qu’agressif, recherché par les services secrets, ne pense, lui, qu’à une chose : retrouver Einstein le retriever et le tuer. La traque commence : d’un côté, un tueur hors du commun, de l’autre, fuyant, un retriever, un homme et une femme.
Thriller haletant, roman d’action où la poursuite, la violence, le suspense, l’humour et l’horreur débouchent sur une happy end, Chasse à mort séduira tous les publics, ceux qui ont aimé Cujo, mais aussi ceux qui ont aimé E.T. et qui croient au triomphe de l’intelligence et de l’amitié


Extraits : « Il y a deux catégories de personnes, les chats et les souris. Les chats vont où ils veulent, font ce qu’ils veulent, prennent ce qu’ils veulent. Ils sont agressifs et autonomes de nature. Les souris, elles, n’ont pas pour deux sous d’agressivité. Elles sont vulnérables, douces et timorées, elles gardent la tête baissée et acceptent ce que la vie leur donne. Toi, tu es une souris. Ce n’est pas si mal que ça. Les souris peuvent être parfaitement heureuses. Elles n’ont pas des vies aussi mouvementées que les chats, mais elles vivent beaucoup plus longtemps et ont beaucoup moins d’ennuis. »

« L’amour, c’est l’eau et le soleil qui font fleurir la plante. »


Mon avis : Dean Koontz est un auteur de fictions à suspense que j’ai pu découvrir à travers ses romans fantastiques : Dark Web ou La chambre des murmures. Pour cette nouvelle découverte, le titre « Chasse à mort » donne déjà le ton du récit : l’histoire sera noire et sanguinolente.

Deux bêtes se sont échappées du laboratoire d’expérimentations Banodyne. L’une est un retriever affectueux, doté d’une intelligence supérieure qui le place presque au même niveau qu’un humain. Il est capable de comprendre ce qu’on lui dit et d’y répondre. L’autre est surnommé L’Autre justement, c’est une créature monstrueuse, assoiffée de sang et surtout jalouse de la beauté et de l’intelligence du chien. L’Autre part à la recherche du retriever, dans l’espoir de le tuer. Mais le chien est accueilli par Travis Cornell, un ex-membre de la Delta Force, terrassé par son quotidien monotone et déprimant. Par l’intermédiaire du chien, il va faire la rencontre de Nora, une jolie jeune femme solitaire, avec qui il va se lier rapidement. Ensemble, ils vont découvrir progressivement les capacités intellectuelles du chien, renommé Einstein. Mais le chien est en danger, puisque le gouvernement, financeur secret des recherches, sont prêts à tout pour remettre la main sur les deux créatures.

Comme dans ses précédents titres, les chapitres sont courts, ce qui donne un certain rythme au récit, avec une tension palpable et constamment croissante. Cette tension est accentuée par l’alternance des narrations, partagées entre Travis, le tueur à gage et Lemuel Johnson, parti à la recherche des deux bêtes. La course poursuite est lancée, chacun ayant en vue la même cible – le chien – mais pour des raisons différentes : la vengeance, le pouvoir et l’argent.

J’ai beaucoup aimé le trio Travis – Nora – Einstein, tout en simplicité et en émotions. Ils sont émouvants dans leur façon de vivre, de se comporter, de s’attendrir, de s’attacher et de se protéger les uns les autres. Ils forment une véritable famille, solide, sincère, chaleureuse et aimante. Ils se sont sauvés les uns des autres et c’est ce qui fait véritablement leur lien. Einstein a été recueilli par Travis alors qu’il s’enfuyait du laboratoire et tentait d’échapper aux griffes de l’Autre ; Travis a été sauvé par Einstein alors qu’il broyait du noir et souhaitait mettre fin à ses jours ; Nora a été révélée au monde par Travis et Einstein, alors qu’elle vivait recluse, en marge de la société, de surcroît victime de harcèlement et de viol par un énergumène tout à fait ignoble.

L’histoire est prenante, elle mélange polar, science-fiction et fantastique, mais elle n’est pas que fictive, puisqu’on peut y voir des réflexions plus poussées sur la science en général et  les expériences réalisées sur les animaux et leurs conséquences. Si on pousse encore plus loin la réflexion, on peut se questionner sur la conscience des animaux, leur capacité d’absorption et d’intelligence.


Un polar fantastique sombre à la tension constante, qui raconte l’aventure originale et surprenante d’un chien doté de capacités intellectuelles égales à celles de l’homme. Improbable, mais bien amené.

Ma note : 7,5/10

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ISBN : 978-2-37735-965-3
Traduction : Évelyne Châtelain

LX18


LX18 de Kamel Benaouda
277 pages, éditions Gallimard jeunesse, à 15€


Résumé : Redoutable soldat, LX18 est le fruit d’un traitement génétique et hormonal qui l’a privé de toute émotion. C’est un Altéré. Lui et ses semblables ne connaissent que la guerre. Jusqu’au jour où les négociations de paix aboutissent. Devenus inutiles, les Altérés sont envoyés dans différents lycées du pays pour s’intégrer à la population civile. LX18 se retrouve parachuté en 2nde 5 au lycée Marie Shelley avec Amir, Philomène et les autres…


Extraits : « – Si j’ai bien compris, monsieur, on les appelle des « Altérés » parce qu’ils ont subi une modification génétique et hormonale, dans le but de ne plus ressentir les émotions comme nous. C’est bien ça ?
– Tout à fait, Dimitri.
– Donc, peut-on vraiment les considérer comme des êtres humains ? En biologie, on a appris que même les animaux étaient capables d’empathie. »

« À mon sens, lorsqu’on fait face à une situation complexe, il faut faire la différence entre ce qui est à notre portée et ce qui ne dépend pas de nous. Parfois, il arrive des choses qu’on préférerait éviter, il y a toujours des imprévus. Dans ces cas-là, on a deux options : se rejouer le scénario idéal qu’on attendait ou avancer avec les cartes qu’on a en main. »


Mon avis : En période de crise mondiale, alors que la Russie a attaqué l’Ukraine, provoquant une guerre terrible, avec des retentissements mondiaux et des morts par centaines, tant civils que militaires, que serait-il advenu de la guerre si des soldats, nés pour combattre, avaient étaient créé ? C’est ce qu’a imaginé Kamel Benaouda. Ces soldats, les Altérés, fruit d’un traitement génétique et hormonal qui les prive de toutes émotions, sont endoctrinés dès l’enfance, préparés à combattre pour protéger leur Patrie. Mais lorsque des accords de paix sont signés, leur vie perd toute utilité. Les chefs de guerre décident de les intégrer au monde civil, en envoyant les plus jeunes suivre une scolarité normale en lycée. Mais leur intégration est ardue, les lycéens normaux les rejettent, ils les voient comme des êtres dénués de sentiments, nés pour tuer, incompatibles avec leur monde.

Parmi la myriade de soldats, nous suivons en particulier LX18, rebaptisé Hélix, pour se fondre plus facilement dans la masse. Humilié, insulté, parfois tapé, il n’arrive pas à s’intégrer. Seule Philo, une jeune fille en couple avec Dimitri, la brute du lycée, l’épaule partiellement, puisqu’ils ont été désignés pour interpréter une pièce de théâtre ensemble. Un défi de taille pour ce soldat qui ne comprend pas les émotions. Mais au contact de la jeune fille, et particulièrement de la littérature et de l’art en général, Hélix va doucement changer de comportement.

La littérature a une place importante dans le processus de construction identitaire d’Hélix, qui découvre progressivement les classiques du genre et apprend à les apprécier pour ce qu’ils sont. Kamel Benaouda a d’ailleurs inséré un glossaire final avec tous les titres évoqués, afin que les personnes intéressées puissent à leur tour lire les ouvrages qui ont contribué à l’ouverture au monde de notre héros.

J’ai apprécié découvrir cette dystopie. Assez dynamique, elle nous permet surtout de réfléchir sur certaines questions de société : accepter la différence et être tolérant, notamment. Car le comportement des lycéens envers Hélix et ses semblables peut facilement être mis en parallèle de notre monde moderne, qui rejette les personnes qui n’entrent pas dans un moule, ou se contente de les mépriser avec beaucoup de haine.

Enfin, j’ai beaucoup aimé le dénouement, que j’ai trouvé particulièrement inattendu, surprenant, mais totalement en phase avec l’histoire globale. Je vous laisse le soin de le découvrir par vous-même…


Une dystopie young-adult dynamique et agréable à lire, qui nous questionne sur des sujets de société comme la tolérance ou la différence. 

Ma note : 7,5/10

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ISBN : 978-2-07-516007-0

L’été des Perséides


L’été des Perséides de Séverine Vidal
267 pages, éditions Nathan, à 14,95€


Résumé : Quand on tombe amoureux on a l’impression de se connaitre depuis toujours. Et si c’était vrai ?
Jonas, 18 ans, est guide touristique dans la mangrove en Floride. Le lendemain d’une grosse tempête, il découvre que son collègue Evans a eu un accident et que son corps a mystérieusement disparu. Accompagné d’Ana, une amie d’Evans, Jonas part à sa recherche. Dans la région, les disparitions mystérieuses se multiplient et on retrouve des inconnus errant dans les rues, hagards et désorientés. Dans cette ambiance de fin du monde, Jonas et Ana essaient de comprendre ce qui se passe, et remontent le fil de leur histoire personnelle et familiale…


Extraits : « Je me souviens que, petit, je détestais par-dessus tout visionner les films que mes parents tournaient pendant mes vacances, ou pire, les films de leur enfance. Sur un coin de mur blanc, un drap tendu et nos vies passées défilaient. Nous étions en mouvement, silencieux, souriant à la caméra mais, à mes yeux, déjà morts. Je savais que ces images seraient, plus tard, regardées par d’autres, quand nous ne serions plus que poussière, et que nos corps en mouvement sur l’écran, au lieu de nous garder vivants, nous figeaient. Pour l’éternité. Je déteste les photos, elles nous tuent. »

« Elle a dit : « La prochaine fois tu viendras avec moi, mon grand fils. Dès que tu tiendras sur ton deux-roues, on ira ensemble à Ruine-Chapelle et je t’apprendrai à humer l’air d’ici. L’iode, les vagues, les rochers, respirer l’odeur des marins en mer, sentir l’herbe sucrée et le vent dans les cheveux. »
Elle a dit ça, « sentir le vent dans les cheveux ». J’ai trouvé qu’elle était un peu rigolote, ma maman. J’ai pensé : Ça s’apprend pas de respirer, c’est naturel, ça vient tout seul. »


Mon avis : Je suis particulièrement heureuse d’avoir (re)découverte la plume de Séverine Vidal. C’est une auteure jeunesse française à succès, souvent plébiscité par les blogueurs littéraires. En août dernier, j’avais eu l’honneur d’avoir une approche synthétique de son style narratif dans Son héroïne, un très court roman de 60 pages, dont l’histoire ne m’a pas laissée de souvenirs particuliers. Assez frustrée de cette première approche peu engageante, je me suis précipitée sur L’été des Perséides, son dernier roman grand format en date… et quelle surprise !

C’est un roman étonnant, qui oscille entre science-fiction, fantastique et thriller. Nous faisons la connaissance de Jonas, tout juste majeur, guide touristique dans la mangrove, à Everglades City, en Floride. Lorsqu’un jour particulièrement orageux, son collègue Evans disparaît dans la mangrove, Jonas s’inquiète. Il court prévenir les parents d’Evans et fait la rencontre d’Ana, une amie du jeune homme. Ensemble, ils vont sillonner la ville à la recherche de leur ami commun, avant de prévenir l’agent Bentley de cette disparition mystérieuse. C’est alors qu’ils se rendent compte qu’Evans n’est pas le seul à être porté disparu : des dizaines, voire des centaines de personnes d’Everglades City disparaissent, d’autres errent, hagards, totalement désorientés, comme catapultés dans un univers parallèle, loin de toute bienséance. Que se passe-t-il donc ? La panique les gagne.

L’histoire est haletante, rythmée du début à la fin. On se prend facilement au jeu et on se laisse guider par l’auteure, qui nous embarque dans un scénario noir, extraordinaire, qui surprend et déconcerte. Des interludes ponctuent le récit au présent ; ce sont des témoignages de personnages ayant vécus ce genre de phénomènes orageux magnétiques dans le passé. Ils viennent apporter une dose de mystère et de réalisme supplémentaires à l’histoire.

Parmi tout ce chaos, un amour naissant se développe entre nos deux protagonistes. Des sentiments pudiques, innocents, un peu chancelants, mais tellement doux à voir. Les sentiments amoureux ne sont pas les seuls liens d’amour qui transparaissent dans cette histoire, puisque Jonas, tout comme Ana, vouent un amour incontesté à leurs parents respectifs. Jonas a été adopté lorsqu’il était encore un bébé et il remercie infiniment ses parents adoptifs pour tout l’amour, l’attention, la bienveillance et l’éducation qu’ils lui prodiguaient toutes ces années. Quant à Ana, malgré un père souvent absent, puisque crevettier, donc occupé en mer et une mère internée dans un hôpital spécialisé, elle aime profondément ses parents et leur montre au quotidien. Des liens familiaux forts, très beaux à voir.

Malgré quelques incohérences et des passages bien peu crédibles, j’ai tout de même apprécié l’atmosphère générale du livre. Les personnages étaient attachants, l’histoire rythmée, l’intrigue mystérieuse et addictive. Un peu déçue tout de même du dénouement, surprenant, original et bien pensé, mais qui se termine un peu trop rapidement à mon goût.


Un roman jeunesse apocalyptique, qui oscille entre science-fiction, fantastique et thriller. J’ai passé un très bon moment de lecture, captivant et haletant, aux côtés de Jonas et Ana dans les mangroves d’Everglades City !

Ma note : 7/10

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ISBN : 978-2-09-259153-6

L’éveil, stade 1


L’éveil, stade 1 de Jean-Baptiste de Panafieu

263 pages, éditions Le Livre de Poche jeunesse, à 5,90€


Résumé : Un mystérieux virus semble développer prodigieusement l’intelligence des animaux. A travers le monde, l’épizootie se propage rapidement dans les villes, les élevages, les forêts, affolant les biologistes, les amis des animaux… et les compagnies agroalimentaires. Et si le rapport de force entre les animaux et les hommes s’inversait ? Et si les bêtes décidaient de lutter pour sauver leur peau et leur liberté ?


Extraits : « Dressée sur ses pattes arrière, la souris tournait lentement la tête de droite à gauche, comme si elle évaluait les deux options. Droite ou gauche ? Fromage ou navet ? Comment choisir le bon côté ?
Penchée au-dessus de la grande boîte transparente, Laura tentait d’imaginer les réflexions de l’animal. Comportement automatique ou choix raisonné ? Et la souris pouvait-elle vraiment réfléchir ? Y avait-il la place dans cette petite tête pour une ébauche de conscience de sa situation ? La jeune chercheuse se posait régulièrement la question pendant ses expériences. »

« Ce qui est en dehors de la coutume, on croit que c’est en dehors de la raison, répondit Montaigne. C’est cette idée qui est en réalité tout à faire déraisonnable ! »


Mon avis : C’est avec bonheur que je découvre la plume de Jean-Baptiste de Panafieu, un auteur français de romans jeunesse, pourtant connu pour sa prose prolifique. Avec L’éveil, il amorce le début d’une saga jeunesse de science-fiction que je devine par avance réussie.

Alors qu’elle testait en laboratoire des virus pour soigner des maladies, Laura laisse échapper sa souris témoin. Très vite, cette dernière s’enfuie du laboratoire et retourne dans la nature… sans se douter une seconde qu’elle transporte un virus capable d’éveiller la conscience des animaux. Chaque animal qui entre en contact avec la souris perçoit instantanément ce virus. Celle-ci est tuée, puis mangée par plusieurs animaux sauvages, qui s’éveillent à leur tour. Bientôt, c’est tout un quartier, animaux sauvages comme domestiques, qui prennent conscience de leur existence. Très rapidement, les habitants s’affolent du comportement inhabituel de leurs compagnons. Laura, son frère Gabriel et ses deux amis Clément et Alya constatent que leurs animaux, le chat Chou-K, la chienne Cabosse, le perroquet Montaigne, tentent de communiquer avec eux. Ils mettent alors au point un système ingénieux pour les comprendre.

J’ai apprécié découvrir l’histoire du point de vue des humains, mais également de celui des animaux. Ces derniers se regroupent en bandes et discutent de leurs nouvelles conditions d’êtres éveillés et de ce qu’il convient de faire pour permettre au mieux d’améliorer leurs expériences de vie. Deux angles d’approches différents, avec des problématiques et questionnements distinctes, qui sont très intéressants à comparer.

Alors que la petite bande de copains ainsi que les animaux eux-mêmes voient ce virus comme une évolution majeure, l’industrie agro-alimentaire s’inquiète des retombées que peuvent avoir ces changements. En effet, si les animaux que l’on mène à l’abattoir prennent conscience de leur état, ils s’insurgeront pour éviter de mourir. Si les animaux de compagnie veulent s’émanciper, ils vont s’enfuir de leur maison, en conséquence de quoi, les humains arrêteront d’acheter des aliments pour les nourrir, ce qui fera la ruine des industriels. Pour éviter cela, ils vont tenter à tout prix de mettre au point un contre-virus, qui pourrait se propager de la même manière que le virus initial. La course contre la montre est lancée ! Ils veulent que ce soit Laura, l’instigatrice du virus initial, qui soit à l’origine de ce contre-virus. Mais la jeune femme est tenace et refuse de se soumettre à ces magnats industriels. S’ils ne peuvent pas négocier avec Laura… ils l’auront par la force !

Le rythme est dense, l’action permanente. On ne s’ennuie pas une seule seconde en lisant L’éveil. Si je pouvais soumettre une seule petite remarque, ce serait au niveau des personnages. J’ai trouvé qu’ils n’étaient pas assez travaillés, les uns se confondant avec les autres. J’ai trouvé qu’ils n’avaient pas de traits distinctifs assez marqués pour permettre de les dissocier et de s’en souvenir convenablement. Cela n’a pas forcément gêné ma lecture, mais c’est un fait qui vient perturber mon souvenir ultérieur : ce n’est pas eux dont je vais me rappeler.

Pour ce qui est de la thématique, je l’ai trouvée originale, d’ordinaire assez complexe à aborder, mais Jean-Baptiste de Panafieu en parle d’une manière simplifiée et agréable à lire. Inévitablement, après cette lecture, on ne peut que faire un parallèle assez glaçant avec le problème sanitaire du COVID qui sévit en ce moment même partout dans le monde : un simple virus, qui peut être parti d’une seule personne dans un pays ciblé, peut se propager en un rien de temps au monde entier. L’écrire noir sur blanc en est glaçant et nous fait prendre encore plus conscience de la rapidité et de la dangerosité d’un tel phénomène.


Les animaux s’éveillent les uns après les autres, prenant doucement conscience de leur existence… ce qui sème chaos et confusion chez les êtres humains. Un premier tome glaçant, rondement mené, qui donne très envie de découvrir la suite.

Ma note : 8/10

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ISBN : 978-2-01-786870-5

La route


La route de Cormac McCarthy

244 pages, éditions de Noyelles


Résumé : L’apocalypse a eu lieu. Le monde est dévasté, couvert de cendres. Un père et son fils errent sur une route, poussant un caddie rempli d’objets hétéroclites et de vieilles couvertures. Ils sont sur leurs gardes car le danger peut surgir à tout moment. Ils affrontent la pluie, la neige, le froid. Et ce qui reste d’une humanité retournée à la barbarie.
Cormac McCarthy raconte leur odyssée dans ce récit dépouillé à l’extrême.


Extraits : « On oublie ce qu’on a besoin de se rappeler et on se souvient de ce qu’il faut oublier. »

« Toutes les choses de grâce et de beauté qui sont chères à notre coeur ont une origine commune dans la douleur. Prennent naissance dans le chagrin et les cendres. »


Mon avis : À l’heure de la pandémie mondiale du COVID 19, alors que des millions de personnes à travers le monde se calfeutrent chez eux, terrorisés par la tournure des événements, j’ai choisi de lire La route, ce roman post-apocalyptique légendaire et terrifiant. Récompensé par le prix américain Pulitzer – Fiction en 2007, adapté au cinéma deux ans plus tard, plébiscité par les critiques, j’avais très envie de découvrir cette histoire, mondialement connue.

Le monde a été décimé, carbonisé, brûlé. Il ne reste de la Terre qu’un paysage lunaire : des cendres à perte de vue, des gravats par millions. Seule une poignée d’humains a réussi à survivre, dont un père et son jeune fils. Ensemble, ils traversent les routes, fuient ces terres de désolation, tentant vainement de chercher de la nourriture, de se protéger des conditions climatiques et de se cacher pour échapper aux autres humains.

Image tirée de l’adaptation cinématographique du livre

Après avoir entendu parler de ce classique de la littérature post-apocalyptique durant des années, je m’attendais à du grandiose… et j’ai été assez déçue. Ou plutôt, déstabilisée. Déstabilisée par l’écriture de Cormac McCarthy, d’abord. Son récit est une suite de descriptions froides, lointaines, épurées, dénuées d’émotions. Tout n’est que description fantomatique, qui a contribué à mettre une espèce de barrière entre moi et l’histoire qui se jouait sous mes yeux. Mêmes les protagonistes, le père et le fils, ne sont pas nommés : leurs prénoms ne sont pas mentionnés, tout comme leur histoire passée, qui demeure inexistante.

Le père et le fils veulent rejoindre la mer, au Sud, mais semblent quand même cheminer sans but précis. Ils marchent, se préoccupant seulement de ne pas mourir ni de faim, ni de froid et de survivre aux attaques potentiels de méchants. On en vient même à se questionner sur leur but ultime, qui semble très confus.

J’aurais souhaité avoir un éclairage de la situation plus en amont. Que s’est-il passé pour qu’on en arrive à cette situation ? Comment le monde a-t-il été décimé ? Comment certains ont-ils fait pour survivre ? Tant d’interrogations sans réponses, qui m’ont perturbées durant l’ensemble de ma lecture. Malheureusement, ces éléments manquant ne m’ont pas permis d’avoir une vision globale de l’histoire, de m’imprégner totalement de l’ambiance et des personnages.

En définitive, je ne sais pas vraiment si j’ai aimé ou non ce livre. Je regarderai certainement l’adaptation cinématographique pour tenter de me faire une autre idée de cette histoire. Sans doute qu’un éclairage nouveau me permettra peut-être de revoir mon jugement.

 


Un roman post-apocalyptique au style laconique, clinique et froid, qui sied parfaitement à l’ambiance générale du récit, mais qui m’a laissé de marbre.

Ma note : 5/10

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