Ma place au soleil


Ma place au soleil de Gabriele Clima
129 pages, éditions Auzou, à 14,95€


Résumé : Dario a seize ans et le monde entier l’indiffère. À la maison, il vit seul avec sa mère depuis le départ de son père. Au lycée, rien ne l’intéresse.
Et ça ne va pas s’arranger : après un énième dérapage, il est assigné à un service d’assistance auprès d’un élève handicapé.
Il rencontre Andy, immobilisé dans un fauteuil et incapable de communiquer. Tu parles d’un boulet…
Mais ce que Dario voit d’abord comme une malédiction prend rapidement une tournure inattendue. Sur un coup de tête, il décide de partir, quitter le lycée, la ville, et il emmène Andy avec lui, sans trop savoir pourquoi.
Commence alors une aventure épique avec deux ados que tout oppose : un voyage sur les routes d’Italie, à la recherche des racines de Dario et d’un bain de soleil, pour Andy.


Extraits« – Comment il s’appelle ?
– Qui ? demanda Dario.
– Lui. Comment il s’appelle ?
– Pourquoi vous ne le lui demandez pas ?
– Il sait parler ?
– Bien sûr. Il est handicapé. Pas débile.
« 

« Il aimait la mer. Il l’aimait parce qu’on ne peut jamais la mettre en cage. On ne peut pas lui donner de frontières, car la mer entourait la Terre de son immensité. La mer, tu ne peux pas la mettre en cage. »


Mon avis : Gabriele Clima nous embarque dans un road-trip émouvant aux côtés de Dario, un lycéen turbulent et réfractaire à toute forme d’autorité, qui se voie confier la garde d’Andy, un garçon handicapé en fauteuil roulant. D’abord réticent à l’idée de s’occuper d’Andy, Dario va très rapidement prendre son rôle au sérieux et se lier d’amitié avec le jeune homme. Désireux de lui faire découvrir le monde et particulièrement ce « oleil » dont il parle temps, Dario l’embarque dans un road-trip personnel à travers l’Italie, en quête de réponses à des questionnements qui datent de son enfance. Le père de Dario l’a lâchement abandonné, lui et sa mère, des années plus tôt. Il va tenter de renouer contact et de comprendre les raisons de cette douloureuse décision.

C’est une très belle leçon de vie que nous offre l’auteure. Le lien qui se tisse entre les deux jeunes hommes est assez incroyable. Malgré le fort handicap d’Andy, qui le prive de ses mouvements, de sa parole, l’empêchant de communiquer avec le monde extérieur, Dario arrive à comprendre ses attentes et besoins et à les anticiper avec habileté. C’est un duo inattendu, totalement improbable, mais hautement émouvant qui se forme sous nos yeux. Il va se montrer protecteur, presque paternaliste à son encontre, n’hésitant pas à le défendre face aux critiques, moqueries et insinuations péjoratives émises par des personnes plus ou moins malveillantes.

Cette traversée de l’Italie, Dario l’a entreprise pour rendre heureux Andy, pour lui faire vivre des moments qu’il n’avait jamais vécu et qu’il ne vivra sans doute plus jamais de sa vie ; pleins d’allégresse, d’innocence pure, de bonheurs simples. Mais il l’a faite avant tout pour renouer avec ses origines, rechercher son père et trouver des réponses à un abandon qui le ronge et qui est certainement à l’origine de l’être désorienté et instable qu’il est devenu. Une quête personnelle émouvante, qui doit le mener à l’acceptation et à la paix.

Le récit est rythmé, l’histoire est belle, bien que totalement invraisemblable. Il est difficile de croire que des adultes, que ce soient des personnels médicaux ou des directeurs d’établissements, puissent sciemment confier aux mains d’un élève brutal, en pleine rébellion, le sort d’un jeune homme handicapé. De même, il est inconcevable de laisser seul un jeune lycéen entraîner une personne handicapée dans un road-trip déjanté à travers l’Italie. C’est totalement irresponsable et peut donner un mauvais exemple aux jeunes lecteurs qui lisent cette histoire. Mais si nous faisons fi de ces incohérences fictionnelles, nous pouvons pleinement apprécier la magie des instants présentés et le bonheur qui transparaît des deux protagonistes.


Gabriele Clima nous embarque dans un road-trip au coeur de l’Italie, aux côtés d’un duo inattendu mais touchant : Dario, un jeune lycéen turbulent et Andy, un handicapé immobilisé dans un fauteuil. Malgré les invraisemblances du récit, j’ai apprécié suivre les aventures de ce duo disparate mais qui fonctionne !

Ma note : 6,5/10

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ISBN : 978-2-7338-7948-1

Tu vis en moi


Tu vis en moi de Alessandro Milan
235 pages, éditions Eyrolles, à 16€


Résumé : Tout commence à six heures du matin, quand deux journalistes endormis travaillant pour la même radio échangent sans le savoir leurs téléphones portables. Francesca est une force de la nature, toujours en mouvement, toujours joyeuse : on l’appelle Wondy, de Wonder Woman. Alessandro est joueur et un peu maladroit, il se laisse embarquer par la fougue de Francesca et l’amour qui les lie bientôt.

Avec elle, il apprend, jour après jour, à ressentir pleinement chaque émotion, à ne pas reculer devant les difficultés. Ensemble, ils ont à mener le plus terrible des combats : celui qui ne peut être gagné. Elle ne s’en relève pas. Mais c’est une mort qui ouvre sur la vie. Devenu messager de l’optimisme forcené de Francesca, Alessandro incarne aujourd’hui la foi et la résilience qui habitaient leur histoire.

Avec pudeur et sincérité, Tu vis en moi témoigne de l’épreuve qu’est le cancer, pour ceux qui en meurent, pour ceux qui restent. Formidable hymne à la résilience, il célèbre la force qu’on trouve en soi dans ces moments douloureux, celle qu’on se découvre après, pour continuer à vivre autrement.


Extraits :« Tu vois, comme souvent, rien n’est ni noir ni blanc, il n’y a que des nuances de gris.« 

« Comment annoncer à un étranger qu’un de ses proches va mourir ? Il n’existe pas de manière douce, car si nous savons tous que nous finirons un jour par partir, il n’est jamais agréable qu’on nous le rappelle. »


Mon avis : Alessandro Milan est l’auteur mais aussi le narrateur de cette tragique histoire. Il nous raconte avec lucidité et pudeur, son bonheur familial et amoureux, avant sa rencontre brutale avec le cancer de sa femme et la descente aux enfers qui s’ensuit pour cette famille éplorée. Époux et père aimant de deux jeunes enfants, Alessandro se retrouve confronté au cancer de sa femme, Francesca. Un cancer du sein d’abord, dont elle se rétablit progressivement, avec courage et abnégation. Mais les métastases ont opérés leurs chemins et le cancer s’est généralisé dans des parties beaucoup plus compliquées à opérer. Les médecins tentent de rallonger de quelques mois l’espérance de vie de Francesca, mais ils sont sans appel : elle ne pourra pas survivre.

L’auteur nous raconte avec détails et émotions son bonheur passé ; sa rencontre avec Francesca, leurs moments d’allégresse, leurs souvenirs de vacances, avec ou sans les enfants. Puis vient les épreuves, qui renforcent d’autant plus leur amour, qui les soude à jamais. Alessandro sera un mari très présent, conciliant, attentionné avec sa femme et ses enfants, se démenant sans relâche pour leur apporter tout le bonheur qu’ils méritent.

Les chapitres sont courts et oscillent continuellement entre passé lointain, passé proche et présent. J’avoue m’être progressivement perdu dans ce dédale de temporalité, qui changeaient un peu trop rapidement à mon goût, sans laisser de repères suffisants pour s’y retrouver convenablement. En somme, Tu vis en moi est conçu comme une sorte de journal intime, avec des pensées jetées pêle-mêle au gré des divagations et des souvenirs de l’auteur. On s’immisce dans leur vie, on perçoit leurs émotions avec brutalité, la douleur surtout, de voir souffrir un proche, puis de le perdre.

Enfin, on a beau connaître le dénouement depuis la première page du récit, il nous apparaît bien trop brutalement pour nous, lecteurs. Alessandro essaie pourtant de minimiser les faits, de les raconter de manière douce et atténuée ; mais on perçoit toute la douleur, la détresse et le vide tellement profonde causée par l’absence de l’autre. J’avoue sans honte que l’annonce faite aux enfants m’a tiré les larmes ; c’est le point d’orgue, le point final, le moment le plus intense et chargé en termes d’émotions. Inconsciemment, on essaie de se projeter, de se mettre à leurs places ; tantôt à celle d’Alessandro, maintenant chargé d’une responsabilité conséquente : celle d’élever seul ses enfants, de leur procurer tout le bonheur et le soutien dont ils ont besoin ; tantôt à celles des deux enfants, devant vivre, continuer à avancer, supporter un vide énorme, qui ne sera jamais comblé.

Après l’annonce du cancer, la perte elle-même, vient le terrible chemin vers la reconstruction. Alessandro gardera de Francesca le souvenir d’une femme optimiste, pleine d’énergie, qui ne flanchait jamais devant les obstacles ; c’est au travers cet ardeur qu’il va puiser la force de continuer à vivre, comme elle l’aurait souhaitée, à son image.


Un témoignage pudique et poignant sur l’épreuve que représente le cancer, la perte d’un proche, puis la reconstruction qui s’ensuit. Un récit bouleversant, sorte de journal intime, chargé en émotions. 

Ma note : 7/10

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ISBN : 978-2-212-57324-4
Traduction : Muriel Morelli

Pinocchio


Pinocchio de Carlo Collodi

251 pages, éditions Le Livre de Poche jeunesse, à 5,50€


Résumé : Les yeux vifs et le nez pointu, Pinocchio est un malicieux pantin de bois ! À peine fabriqué, il tire la langue au vieux Geppetto, son père, et lui vole sa perruque. Et ce n’est pas fini ! Car le petit pantin a horreur du travail, se moque des bons conseils et adore faire des bêtises. Heureusement, la Fée, son amie, est là pour le guider et le protéger…


Extraits : « Vraiment, dit le pantin en reprenant sa route, nous les enfants, nous n’avons pas de chance. Tous les gens nous crient après, nous font la leçon et nous donnent des conseils. Tous : même un Grillon-qui-parle ! »

« Les mensonges, mon garçon, on les reconnaît vite : il y a ceux qui ont les jambes courtes, et ceux qui ont le nez long.« 


Mon avis : Le célèbre héros du roman pour enfants Pinocchio n’a pas pris une seule ride depuis sa sortie en 1881. Les adaptations cinématographiques ou littéraires se succèdent les unes après les autres – du très célèbre dessin animé Disney sorti en 1940 jusqu’à la bande-dessinée Pinocchio illustrée par Jérémie Almanza éditée en 2015 -, l’histoire de Pinocchio restant intemporelle. En 2020, le réalisateur Roberto Benigni s’empare à nouveau de l’histoire, pour en faire une version plus moderne, qui a connue un immense succès à sa sortie en Italie. En France, la sortie de cette nouvelle adaptation cinématographique était initialement prévue le 18 mars dernier, mais repoussée ultérieurement à cause de la crise sanitaire actuelle. En attendant une nouvelle date de sortie, je me suis replongée dans l’univers de Pinocchio via la nouvelle version éditée par Le Livre de Poche jeunesse.

Je pense qu’il est inutile de rappeler l’histoire de Pinocchio, ce petit pantin en bois crée par Gepetto, intrépide petit garçon qui va enchaîner les déconvenues, au grand dam de son papa.

On peut aisément rapprocher Pinocchio des Fables de la Fontaine, dans le sens où ces deux récits sont destinés aux plus jeunes et ont des visées pédagogiques et moralisatrices. En effet, dans Pinocchio, les aventures traversées par le petit pantin ne sont qu’allégories de l’enfance et de l’éducation.

Carlo Collodi insiste sur le besoin et la nécessité d’aller à l’école, de s’instruire, d’apprendre à lire et à écrire, sous couvert de devenir un âne, comme c’est le cas pour Pinocchio, qui fuit l’école, les devoirs et son maître et se retrouve transformé en ânon, obligé de faire le spectacle devant un public hilare et moqueur. Il prône également la solidarité, l’entraide, l’importance d’aider son prochain, d’ouvrir son coeur et de ne pas penser qu’à soi. Notre intrépide héros, ayant soif d’aventures et de libertés, savoure avec allégresse sa vie débridée, sans penser aux conséquences que celle-ci peut avoir sur les personnes qui lui sont chères – son pauvre papa, qu’il a abandonné, qui se meurt d’inquiétudes pour son fils, la Petite Fée, à qui il désobéit sans vergogne et sans compassion.

Enfin, l’auteur voulait montrer l’importance de l’amour, notamment familial, de la confiance, du respect des règles de bonnes conduites et du respect des autres. Autant de valeurs moralisatrices qui devraient trouver échos dans l’esprit des enfants, mais aussi des adultes. 

Pinocchio dans l’adaptation Disney (1940)

J’ai beaucoup aimé cette nouvelle édition de Pinocchio, bien que j’aurais aimé y découvrir quelques photos exclusives du film, comme les éditions Hachette m’y ont habitués avec la parution du roman du film Mulan, par exemple, ou encore le roman du film Les Malheurs de Sophie. Je pense que cela aurait apporté davantage de féerie au récit, mais ce n’est qu’un détail.


À l’occasion de la future adaptation cinématographique de Pinocchio, (re)découvrez les mésaventures du petit pantin de bois. Un roman jeunesse moralisateur et pleins de bon sens, qui prône de belles valeurs d’éducation, d’amour et d’entraide. C’est toujours un plaisir de me replonger dans ce conte !

Ma note : 7,5/10

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Le gang des rêves


Le gang des rêves de Luca Di Fulvio

943 pages, éditions Pocket


Résumé : New York ! En ces tumultueuses années 1920, pour des milliers d’Européens, la ville est synonyme de « rêve américain ». C’est le cas pour Cetta Luminata, une Italienne qui, du haut de son jeune âge, compte bien se tailler une place au soleil avec Christmas, son fils.
Dans une cité en plein essor où la radio débute à peine et le cinéma se met à parler, Christmas grandit entre gangs adverses, violence et pauvreté, avec ses rêves et sa gouaille comme planche de salut. L’espoir d’une nouvelle existence s’esquisse lorsqu’il rencontre la belle et riche Ruth. Et si, à ses côtés, Christmas trouvait la liberté, et dans ses bras, l’amour ?


Extraits : « Si quelqu’un fait du mal à une femme, je lui coupe le zizi de mes mains et puis je le tue. Ce sont les règles de ma bande, fit Christmas en faisant un pas vers le garçon. Et s’ils me font la peau, je reviendrai de l’au-delà pour faire de leur vie un cauchemar sans fin. Ceux qui s’en prennent aux femmes sont des lâches. »

« Nous les femmes, c’est le genre de choses dont nous sommes capables : nous gardons pour nous les choses qui comptent vraiment. »


Mon avis : Je ne sais par où commencer cette chronique. Il faut dire aussi que Le gang des rêves est très dense – près de 1 000 pages quand même ! -, le raconter entièrement prendrait un temps fou.

L’histoire se déroule dans les années 1920 aux États-Unis, à New York, précisément. C’est là-bas que vit Cetta, une très jeune prostituée italienne, nouvellement mère-fille d’un petit garçon qu’elle nomma Natale, mais qui fût rebaptisé Christmas lors de leur arrivée en Amérique. Cetta vit avec Sal, son mac, comme on pourrait l’appeler. Elle élèvera Christmas dans l’amour, le chérira autant qu’elle pourra, en espérant que le jeune garçon puisse s’offrir un avenir bien meilleur que le sien. Christmas grandira dans ce quartier malfamé de New York, entouré de l’amour de sa mère, de son copain Santo, avec qui il montera un gang – celui des Diamond Dogs -, et de ses rêves américains de richesse, de prospérité, de célébrité et de liberté. Mais sa vie basculera lorsqu’il sauvera Ruth, une très jeune fille comme lui, qu’il trouvera presque inconsciente et couverte de sang sur le bord de la route. Ruth est issue d’une famille aisée, tout les oppose, et pourtant… il semblerait que les sentiments commencent à poindre entre ces deux jeunes enfants.

Cette même semaine, quelques jours seulement avant de débuter Le gang des rêves, j’ai terminé Hôtel Castellana de Ruta Sepetys, un roman historique qui comporte de nombreuses similitudes avec ce livre-ci. Les deux histoires sont ancrées historiquement, dans chacune d’entre elles, deux jeunes gens, issus de milieux sociaux différents, s’amourachent l’un de l’autre, avant d’être contraint de se séparer pour une durée indéterminée. Mais, malgré les nombreux obstacles qui se dressent sur leur passage, ils ne cesseront de s’aimer et se retrouveront coûte que coûte. J’ai adoré Hôtel Castellana et autant vous dire que j’ai tout autant apprécié Le gang des rêves. Il semblerait que j’ai découvert le genre littéraire qui me faisait particulièrement vibrer. Donc, si par le plus grand des hasards, vous aviez des suggestions de lectures dont les thématiques concordent avec ces deux histoires, je suis toute ouïe !

Pour en revenir à cette histoire, Luca Di Fulvio, un auteur italien, s’attaque au rêve américain et à l’idée que l’on s’en fait. J’ai beaucoup aimé découvrir un milieu malfamé de New York, peuplé de gangsters et de mafieux qui font régner la terreur et ne semblent reculer devant rien ni personne. Le contraste entre les quartiers pauvres du Lower East Side où réside Christmas et l’idée que l’on pourrait se faire d’une mégalopole mondiale est saisissante. L’auteur nous dépeint l’essor de l’Amérique, avec l’apparition de la radio, l’augmentation de la fréquentation des théâtres, la montée en puissance du cinéma à Hollywood, les stars et leurs multiples dérives, la lutte des minorités et le racisme ambiant. C’est tout un contexte historique qui est dépeint dans ce roman, qui nous projette sur un autre continent, à une autre époque, à la découverte du New York émergeant.

Nous allons suivre l’évolution de notre protagoniste, Christmas, un jeune garçon dynamique, courageux, sympathique, honnête et pragmatique. Il désire s’en sortir et tentera par tous les moyens de réaliser ses rêves. Car le rêve américain, ou « American way of life » est utilisée pour la première fois dans le livre The Epic of American (1931) écrit par James Truslow Adams, qui le définissait comme l’accès aux libertés fondamentales et à l’ascension sociale par le mérite. Une très belle définition, qui donna espoir à de très nombreux jeunes, comme Christmas, qui poursuivra ses rêves de gloire et de reconnaissance jusqu’à leurs accomplissements.

Le gang des rêves m’a littéralement envoûté. J’ai adoré l’ambiance dans laquelle Luca Di Fulvio place son histoire, j’ai adoré les protagonistes, Christmas, bien évidemment, mais aussi Ruth, Santo, Cetta, Sal… L’auteur s’attarde sur chacun d’eux, dressant d’eux un portrait en profondeur, même des plus secondaires. Ainsi, on s’attache à tous ces personnages, ils nous émeuvent, nous fascinent, nous révulsent… on passe à travers un spectre d’émotions inimaginables, qui nous marquera à tout jamais.


Un roman historique sur la naissance de l’Amérique, peuplé de rêves, d’amours, d’amitiés et d’espoirs, qui m’a totalement conquise. Ne soyez pas effrayé par le volume de ce livre : l’écriture de l’auteur est tellement addictive que les pages défilent à un rythme fou, sans aucun temps mort. Je vous recommande  fortement cette histoire !

Ma note : 10/10

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Le tribunal des âmes


Le tribunal des âmes de Donato Carrisi

546 pages, éditions Le Livre de Poche, à 7,60€


Résumé : Les crimes commencent par des aveux.
Rome. Sa dolce vita, son Capitole, ses foules de pèlerins, ses hordes de touristes. Sa pluie battante, ses sombres ruelles, ses labyrinthes souterrains et ses meurtriers insaisissables.
Marcus est un homme sans passé. Sa spécialité : analyser les scènes de crime pour déceler le mal partout où il se terre. Il y a un an, il a été grièvement blessé et a perdu la mémoire. Aujourd’hui, il est le seul à pouvoir élucider la disparition d’une jeune étudiante kidnappée
Sandra est enquêtrice photo pour la police scientifi que. Elle aussi recueille les indices sur les lieux où la vie a dérapé. Il y a un an, son mari est tombé du haut d’un immeuble désaffecté. Elle n’a jamais tout à fait cru à un accident. Leurs routes se croisent pour les conduire chacun au carrefour où il faut choisir entre la vengeance et le pardon.


Extraits : « Ils ne sont pas muets, pensa-t-elle. Les objets nous parlent en silence, il suffit de savoir les écouter. »

« Quand ils parlent d’eux-mêmes, les gens s’entourent de superstructures auxquelles ils finissent par croire. Mais le lieu où ils ont choisi de vivre, inévitablement, dit tout d’eux. »


Mon avis : C’est la première fois que je m’aventure à lire du Donato Carrisi, et je m’attendais à quelque chose de grandiose. Il faut savoir que cet auteur italien, célèbre et reconnu mondialement, s’est principalement fait connaître pour son roman Le Chuchoteur, qui a connu un succès planétaire. Je me suis donc lancé tête baissée dans la lecture du Tribunal des âmes, convaincue du talent de l’auteur.

L’histoire se passe à Rome. Une jeune fille nommée Lara est portée disparue. Marcus et Clemente, deux mystérieux hommes, des pénitenciers dont personne ne doit connaître l’identité, se lancent, en parallèle de la police, dans une enquête effrénée pour retrouver la trace de Lara. D’autant plus que Jeremiath Smith, l’auteur présumé de l’enlèvement de Lara et de bien d’autres jeunes filles, se trouve être entre la vie et la mort, et donc incapable de dévoiler un indice du lieu où il la tient capture. À côté de ça, nous découvrons Sandra Vega, une policière photographe, qui s’est lancée à la recherche des causes de la mort, soit-disant accidentelle, de son défunt mari. Elle va faire la rencontre de Shaber, un agent d’Interpol, qui se dit prêt à l’aider dans ses recherches. Toutes les  enquêtes vont se croiser, les histoires vont se mêler, les personnages s’entraider les uns les autres pour arriver à percer leurs énigmes respectives.

On se retrouve face à un imbroglio assez extraordinaire. En essayant de résumer cette histoire, je me rends encore plus compte de la difficulté que c’est d’écrire en quelques lignes la trame de près de 600 pages. D’autant que l’histoire n’est pas simple à comprendre, il faut s’accrocher et bien rester concentré pour éviter de se perdre dans les différentes enquêtes. Donato Carrisi lance des idées comme s’il en pleuvait, et justement, ça en devient très compliqué d’appréhender correctement l’histoire et de comprendre les personnages. Tout se mélange et on s’y perd. D’autant plus que je m’attendais à retrouver un suspens intenable, de ceux dont seuls les maîtres des polars ont le secret, qui vous tient en haleine toute la soirée et vous empêche d’aller vous coucher. Mais non. Je ne me suis pas ennuyée, mais je n’ai pas été spécialement happée par cette histoire.

J’ai quand même grandement apprécié découvrir une autre facette de Rome et un univers singulier et caché de l’église : les pénitenciers. Ce sont des prêtres, surnommés « chasseurs des ténèbres », qui se sont octroyés le droit d’absoudre les pêchés les plus graves, mais surtout, d’enquêter, en parallèle de la police, sur des affaires importantes. Marcus et Clemente sont de ceux-là, et ils vont aider, dans l’ombre, la police a mener son enquête.

Je tiens à féliciter l’auteur pour les nombreuses informations qu’il nous fournit sur les pénitenciers, sur les monuments et éléments religieux divers. Il le dit lui-même dans ses notes de fin, ce travail de recherche lui a pris énormément de temps – plus de deux mois à dialoguer avec le Père Jonathan, un prêtre singulier vivant à Rome, avec qui il perdra totalement par la suite.


Une enquête complexe à suivre, mais bien documentée, qui vous entraînera au coeur des plus grands mystères religieux de Rome. Ce fût une bonne lecture, mais je m’attendais à mieux.

Ma note : 5,5/10

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