La théorie de l’iceberg


La théorie de l’iceberg de Christopher Bouix

217 pages, éditions Gallimard jeunesse


Résumé : Noé, 15 ans, vit sur la côte atlantique. Suite à un accident de surf, il est atteint de phobie et de bégaiement. L’organisation d’un concours de nouvelles change le cours de son existence.


Extraits « Du moment que je pouvais passer une heure en tête à tête avec l’océan chaque matin avant les cours et chaque soir avant de rentrer à la maison, je me moquais du reste. Pas besoin d’amis. Pas besoin d’être brillant en classe. Pas besoin d’être populaire. »
« Pour lui, le surf n’était pas juste un sport. C’était le moyen qu’il avait trouvé pour exprimer au mieux sa présence au monde. Il était là, plein, entier, parfaitement concentré sur les quelques centimètres carrés de polyester qui le séparait de l’eau. »

Mon avis : Suite à un accident de surf dont il échappe par miracle avec seulement quelques contusions et côtes cassées, Noé, 15 ans, se retrouve à bégayer. Un bégaiement qui l’isole et lui enlève toute confiance en lui. Il se réfugie alors dans l’écriture, son exutoire et décide de participer à un concours de nouvelles, poussé par son professeur de français. Cet été-là signera un nouveau départ dans la vie de Noé, qui fera la rencontre de personnes extraordinaires, qui changeront le cours de sa vie et sa vision de la vie. Lorraine notamment, une jeune fille en vacances avec son père au bord de la mer, redonnera gaieté et confiance en lui au jeune homme. Monsieur Hereira aussi, un vieil homme retranché dans sa maison, apportera conseils avisés et soutien dans à Noé dans son projet d’écriture.

La théorie de l’icerbeg, c’est d’abord un roman de rencontres. Des rencontres inattendues, qui parfois peuvent véritablement changer le cours d’une existence. C’est la chance qu’a eu Noé, en rencontrant Lorraine et Monsieur Hereira, qui deviendront tous les deux bien plus que de simples rencontres fortuites. À leur manière, ils vont apporter du renouveau dans la vie de Noé, l’aider à aller de l’avant et à surmonter ses démons.

Malgré le fait que j’ai apprécié découvrir cette histoire, je l’ai trouvée, en somme, assez creuse. Le tout manque de relief et de profondeur, le récit reste assez plat, sans grande surprise ni originalité apparente. Pour tout vous dire, seulement trois jours après avoir refermé le livre, je m’aperçois déjà qu’une bonne partie de l’histoire s’efface de ma mémoire, ce qui est fâcheux, notamment au moment d’écrire une chronique.


Une histoire simple, lumineuse et feel good pour passer un bon moment. à lire idéalement en fin d’été.

Ma note : 7/10

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Julien, le bienfaiteur


Julien, le bienfaiteur de Gilles Gérardin

269 pages, éditions Eyrolles, à 16€


Résumé : Julien, la quarantaine, marié, père de famille, est au chômage depuis plus d’un an. Au fil des jours, l’espoir de retrouver un emploi s’amenuise et le trou de ses dettes se creuse. Prenant conscience de l’inutilité de son existence, il décide d’y mettre fin. Mais au moment de passer à l’acte, il découvre que les assurances indemnisent beaucoup mieux le décès accidentel qu’un banal suicide. Julien entreprend donc d’organiser sa mort « accidentelle ».
Ne reste plus qu’à régler quelques petits détails, le choix du cimetière et celui du moyen le plus efficace de passer de vie à trépas. Plus les préparatifs avancent, plus l’échéance fatale se rapproche, plus Julien hésite. Il n’est pas si facile de se résoudre à sa propre mort.
La nouvelle de son généreux sacrifice s’ébruite. L’entourage se ligue alors pour l’aider à accomplir le destin exemplaire qu’il s’est choisi : devenir « le Bienfaiteur », ce héros des temps modernes prêt à offrir sa vie pour sauver sa famille.


Extraits « Les garçons sympathiques font de bons amis, mais en tant qu’amants on est en droit de rêver mieux. »

 

« Certaines personnes se souviennent très longtemps, parfois leur vie durant, de la date à laquelle elles ont arrêté de fumer. Moi, celle que je n’oublierai jamais, c’est le jour où j’ai décidé de me donner la mort. »

Mon avis : Pour un premier roman, Gilles Gérardin a frappé fort, avec une histoire originale, qui détonne dans l’univers littéraire habituel.

Julien est au chômage. Du haut de ses quarante ans, et malgré son expérience professionnelle, il n’arrive pas à retrouver un emploi. Ayant été à son compte durant les dernières années, il n’a même pas le droit à l’allocation chômage. Il se retrouve, avec sa femme et ses deux filles, sans aucune ressource financière. Les factures à payer s’amoncellent et aucune rentrée d’argent n’arrive. Désespéré, Julien pense à se suicider, avant de se rendre compte que s’il arrivait à mourir accidentellement, il rendrait service à sa famille, qui toucherait l’argent des assurances suite à son décès. D’abord convaincu par son choix, il s’en ouvre à sa famille, qui se voit déjà couverte d’argent. Mais plus l’échéance approche et plus Julien hésite : la vie est quand même belle, ne vaudrait-elle pas le coût d’être vécue plus longtemps encore ? Mais son entourage va se liguer contre lui, pour lui faire prendre conscience de son geste salvateur et nécessaire.

Il n’y a pas à dire, des romans comme celui-ci, on n’en croise pas tous les jours ! Dans la même veine de roman à l’humour noir et macabre, j’ai le vague souvenir du roman de Jean Teulé, Le magasin des suicides, que j’avais lu il y a quelques années déjà, et que j’avais beaucoup aimé. Gilles Gérardin, tout comme Jean Teulé, désacralise la mort en la tournant en dérision.

Ne vous laissez pas avoir par votre premier impression et foncez découvrir cette histoire, qui ne vous laissera certainement pas indifférent. Malgré la thématique assez sombre, bonne humeur et fous rires sont au rendez-vous ! Le sujet est cocasse et les situations loufoques se succèdent : Julien qui choisit son cercueil, sa femme et ses filles qui le poussent à mourir, Guillaume Paulin, cet adolescent orphelin qui veut se faire adopter par la famille… tout est tiré par les cheveux, mais comme on dit : plus c’est gros et mieux ça passe !

Je me suis régalé de ces scènes si particulières et de ces personnages si différents de ceux que je croise d’habitude dans mes lectures. J’ai été agacé par certains d’entre eux – la femme de Julien,  m’a tout particulièrement irritée, avec son manque d’empathie et son égoïsme exubérant. Julien m’a lui-même énervé, par sa naïveté et sa trop grande soumission. Mais c’est, je pense, l’effet que recherchais l’auteur : se détourner des codes traditionnels des romans, casser les stéréotypes et les idées préconçues, emmener le lecteur dans ses retranchements, dans des chemins qu’il n’a encore jamais parcouru. Et avec moi, ça a fonctionné !

 


Un premier roman réussi, où l’humour noir et le cynisme offriront des francs éclats de rire aux lecteurs. Personne ne peut sortir indifférent de cette histoire !

Ma note : 8/10

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Agence 42, tome 2 : Predict


Agence 42, tome 2 : Predict de François Rochet

276 pages, éditions Hachette romans, à 15,90€


Résumé : Paris, Décembre 2028.
L’attaque d’un fourgon blindé ébranle une Europe désormais non-violente, qui ne sait plus gérer ce genre de situation.
Quelques heures plus tard, Julia et Noah sont confrontés à la mort subite d’un de leurs anciens collègues.
Un lien existe-il entre les deux événements ?
Et que cache Netnovae, cette mystérieuse société qui s’est hissée en quelques années parmi les entreprises les plus riches de la planète ?
Embarqués malgré eux dans cette affaire obscure, Julia et Noah devront une fois de plus faire appel à de vieilles connaissances pour s’en sortir.


Extrait « Elle frissonna et but une gorgée de thé pour se réchauffer. Comment imaginer que tout ce qu’elle ressentait, vivait, touchait n’était qu’un programme informatique et n’avait aucune réalité physique ? Même ce liquide chaud qu’elle avalait n’existait pas. »

Mon avis : Il y a quelques mois déjà, je découvrais la saga Agence 42 de François Rochet à travers le premier tome,  Terrans. Ce dernier m’avait particulièrement intrigué, notamment grâce à l’histoire originale dépeinte et à l’expérience de lecture novatrice offerte par l’auteur. C’est donc tout naturellement que je me suis dirigée vers le second tome, Predict.

Dans celui-ci, nous retrouvons l’ensemble des personnages présents dans le premier volume. Julia, à la tête de l’Agence 42 et son compagnon, ainsi que les membres de l’Agence, Franck, Mary et Ben. Julia va mandater ces derniers sur une nouvelle affaire : celle de Netnovae. Une société secrète et mystérieuse, qui a prospéré très rapidement, mais dont les contours ne sont très nets. Un nouveau défi attend les membres de l’Agence 42, la course contre la montre est lancée !

Comme dans le premier tome, nous retrouvons ces deux mondes parallèles : le monde réel de Julia et le monde virtuel des Terrans (autrement dit les membres de l’Agence 42, qui ne sont autre que des personnages de jeux vidéos qui ont pris conscience de leur existence). Et pour compliquer davantage les choses, François Rochet incorpore une nouvelle dimension à l’histoire : un troisième monde dans lequel vont être téléporté les terrans, pour combattre la société Netnovae et arrêter les massacres qu’ils perpétuent dans le monde réel. Car ce troisième monde virtuel est intréséqument relié au monde réel, il se nourrit de toutes les données du monde pour coller au plus près de l’existant. Glaçant.

L’auteur nous a habitué à de l’action dans Terrans, et Predict ne fait pas exception à la règle, puisque les chapitres s’enchaînent avec fluidité et rapidité, tant et si bien que j’ai eu beaucoup de mal à lâcher le cours de ma lecture. Impossible de reposer ce livre, tant j’étais prise dans l’action : je voulais à tout prix connaître la fin du récit !


Un second tome à la hauteur du premier : adrénaline, mystères et actions jalonnent l’ensemble des chapitres. J’en redemande !

Ma note : 7,5/10

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Égarer la tristesse


Égarer la tristesse de Marion McGuinness

295 pages, éditions Eyrolles, à 16€


Résumé : À 31 ans, Élise vit recluse dans son chagrin. Quelle idée saugrenue a eu son mari de mourir sans prévenir alors qu’elle était enceinte de leur premier enfant ?

Depuis ce jour, son fils est la seule chose qui la tient en vie, ou presque. Dans le quartier parisien où tout lui rappelle la présence de l’homme de sa vie, elle cultive sa solitude au gré de routines farouchement entretenues : les visites au cimetière le mardi, les promenades au square avec son petit garçon, les siestes partagées l’après-midi…

Pourtant, quand sa vieille voisine Manou lui tend les clés de sa maison sur la côte atlantique, Élise consent à y délocaliser sa tristesse. À Pornic, son appétit de solitude va vite se trouver contrarié : un colocataire inattendu s’invite à la villa, avec lequel la jeune femme est contrainte de cohabiter.


Extraits « Ça ne rend pas aveugle l’amour, ça rend idiot. »
« À quoi bon se laver si personne ne vous voit, à quoi bon manger si on a juste la force nécessaire, à quoi bon sortir quand on n’a envie de parler à personne ? Éliser s’était mise en veille – vivre lui coûtait trop cher et elle sentait bien qu’elle n’en avait pas les moyens. »

Mon avisÉgarer la tristesse, c’est l’histoire d’une mort aussi tragique que brutale. Celle d’un époux, d’un mari aimant, qui attendait de devenir papa. Depuis un an, Élise se morfond sur son sort et sur la perte de son époux. Sa seule consolation : la naissance de son fils, pour qui elle continue de vivre et de se lever chaque matin. Dans sa tristesse, Élise a rencontré Manou, sa vieille voisine du dessus à qui elle tient souvent compagnie. Mais ce qu’elle ne savait pas, c’est que Manou, tel un ange gardien, va sauver Élise en la ramenant à la vie.

Certains aspects de cette histoire m’ont fait penser à un roman que j’ai lu en début d’année, qui s’intitule S’inventer une île, écrit par Alain Gillot. Dans ce dernier, c’est face à la mort brutale d’un petit garçon que notre protagoniste va sombrer dans une face de dépression dont il est difficile de se retirer. C’est grâce à une délocalisation de sa tristesse sur une île de Bretagne qu’elle va réussir à remonter la pente. Exactement ce que fait notre protagoniste Élise, qui va aller séjourner dans la maison familiale de Manou, à Pornic. Là-bas, accompagnée de son fils, elle va peu à peu réapprendre à profiter de la vie. C’était sans compter sur l’aide d’un charmant jeune homme, petit-fils de Manou, qui va l’aider à s’extraire de ses pensées noires.

J’ai beaucoup aimé le style d’écriture de l’auteure, franc, délicat, poétique, rempli d’émotions. Les tournures de phrases qu’elle utilise ne peut pas laisser les lecteurs indifférents.

La protagoniste, Élise, est également émouvante dans tout ce qu’elle recèle de fragilité. Attristée par la mort de son mari, elle reste forte et courageuse pour son fils, à qui elle dédie entièrement chaque seconde de sa vie, s’oubliant complètement. Elle a vécu des épreuves très compliquées, que je ne souhaite à personne de devoir vivre, et elle semble les avoir traversées seules. Très peu entourée, seulement d’une mère qu’elle exècre, cela prouve une nouvelle fois la vaillance de la jeune femme.

Par contre, j’ai beaucoup moins accroché au personnage de Clément, le petit-fils de Manou, et en particulier à sa manière empressée d’aborder Élise. Déjà, lorsqu’il rejoint la jeune femme dans la maison familiale, je doute qu’une personne censée accepte aimablement de séjourner avec un parfait inconnu. Les deux jeunes gens ont, semble-t-il, trouvé ça normal. Ensuite, l’histoire qui naîtra entre ces deux-là est un peu précipitée à mon goût, et trop peu vraisemblable. En tout cas, ce sont les sentiments de Clément à l’égard d’Élise que j’ai eu du mal à trouver réaliste, tant ceux-ci paraissent instantanément et irrémédiable… chose qui n’est que très peu courant dans la vraie vie, uniquement entraperçue dans de jolies romances.


Un roman poignant, qui parle du deuil et du chemin qui mène vers la reconstruction de soi.

Ma note : 7/10

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Yann


Yann de Pascal Ruter et Yannick Agnel

374 pages, éditions Hachette romans, à 15,90€


Résumé : Sur la terre ferme, Yann ne sait pas vraiment quoi faire de son corps. À quinze ans, il mesure un mètre quatre-vingt-dix, et ses pieds sont tellement immenses qu’on le surnomme « Big Feet ».
Mais, dans le bassin du prestigieux centre aquatique de Nice, il est comme un poisson dans l’eau. Sous l’œil exigeant de son entraîneur, il court après chaque dixième de seconde dans l’espoir de battre tous les records.
Yann est le récit romancé de l’adolescence de Yannick Agnel, champion de natation.


Extraits « – J’ai juste envie de faire mieux, dis-je.
– Que les autres ?
– Que moi-même, surtout. L’adversaire, c’est toi-même. Et le temps. »
« C’est ça, être heureux. Savoir qu’on est à la bonne place. »

Mon avis : Yannick Agnel, célèbre nageur français, double médaillé d’or aux Jeux Olympiques de Londres en 2012, s’est joint à Pascal Ruter, un auteur jeunesse qui excelle dans son domaine, pour faire naître une biographie romancée à quatre mains : Yann.

Le protagoniste n’est autre que Yannick Agnel dans sa prime jeunesse. Alors qu’il n’a que quinze ans, il quitte ses parents et ses repères Nîmois pour emménager à Nice, et poursuivre ses entraînements de natation en parallèle de ses études. Dans sa nouvelle vie, il va faire des rencontres étonnantes, qui le marqueront à jamais : Monsieur Rubinstein, son voisin juif, sa petite-fille Rachel, Nola, sa nouvelle coach québécoise, ses compagnons de bassin, Axel, Antoine, Camille…

Ce roman traite de divers sujets d’actualité, qui feront échos notamment aux plus jeunes : l’émancipation, les premières relations amoureuses, les rencontres amicales, les découvertes intergénérationnelles… Mais les adultes pourront également se retrouver à travers ces mêmes thématiques, et d’autres peut-être plus adaptées, comme notamment la réflexion sur le flux migratoire arrivant d’Italie jusque vers Nice. Car ce sujet, abordé surtout à la fin du livre, est plus que jamais d’actualité : là encore, la fiction et la réalité se mélangent pour nous servir une histoire dont il est difficile de dire ce qui a été inventé et ce qu’a réellement vécu Yannick Agnel.

Bien évidemment, la natation est au coeur de l’histoire. Les nombreuses heures d’entraînements, les sacrifices, la compétition, le dépassement de soi, les échecs et les victoires sont l’essence même de ce sport pratiqué depuis longtemps par Yannick Agnel. Nous sommes donc plongés au centre de sa vie quotidienne de nageur/étudiant, qui n’est pas de tout repos.

Vous l’aurez compris, Yann est un roman complet, aux sujets diversifiés, qui est écrit d’une plume dynamique et vive, qui ne permet pas l’ennui. Toutes les actions s’enchaînent avec aisance, il n’y a aucun temps mort, tant et si bien que l’histoire défile sous nos yeux avec une allure folle. J’applaudis les deux auteurs pour cette histoire et principalement pour toute l’humanité qu’ils ont mis dans la création de leurs personnages : je me suis tant attaché à eux qu’ils m’ont parus presque être réels. Je pense notamment à Monsieur Rubinstein et ses souvenirs de la guerre, son talent incommensurable pour la cuisine et sa gentillesse à toute épreuve, qui est et restera mon protagoniste préféré du livre.


Entre fiction et réalité, découvrez Yannick Agnel comme vous ne l’avez jamais vu. Un roman intelligent aux multiples sujets de réflexion.

Ma note : 7,5/10

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Si je me souviens bien


Si je me souviens bien de Hélène Le Bris

175 pages, éditions Eyrolles, à 14€


Résumé : Marthe a 60 ans, et l’esprit confus. Elle le sait, se défend, s’organise pour mieux résister à Al – c’est ainsi qu’elle nomme le fauteur de ses troubles : son Alzheimer précoce. Pour retenir ses souvenirs récents, elle les note dans un cahier. Son passé lui échappe : elle ne sait plus pourquoi elle a déménagé, ni ce qu’est devenu le compagnon de sa vie. Le cahier restitue ses efforts pour comprendre, ses doutes, ses émotions qui mêlent frustration, culpabilité et désir de rattraper le temps perdu.
Un indice découvert au hasard dans une revue bouscule son quotidien : elle croit retrouver la piste de son mari disparu… Elle s’improvise alors détective et mène l’enquête à l’insu de ses proches, sa voisine cinéphile et son neveu adoré.


Extrait « C’est fou comme un enfant qui dort enchante une maison. Habité de ses songes, l’air y est plus léger. Des particules de bonheur essaiment dans la lumière, derrière les volets mi-clos. »

Mon avis : Marthe est désemparée : son mari l’a abandonnée. Il est parti un matin et n’est jamais revenu. Pour ajouter à sa douleur, la pauvre dame, âgée de 60 ans, souffre de pertes de mémoires. Plus les jours passent et plus ses souvenirs s’effacent. Pour éviter de perdre totalement la mémoire, elle va s’appliquer à noter consciencieusement dans un petit carnet tout ce qui fait son quotidien.

Marthe est une vieille dame adorable et touchante. Sa « maladie », que l’on pourrait aussi qualifier de handicap, l’Azheimer, est très courant chez les personnes âgées, mais beaucoup moins chez une dame de 60 ans à peine. On assiste, impuissants, à son triste quotidien. Souvent seule, plongée dans ses pensées, essayant de rattraper ses souvenirs, le quotidien de Marthe est seulement ponctuée des visites d’Agnès, sa voisine du dessus qui l’emmène une fois par semaine au cinéma, ainsi que de son neveu Arthur, qui fait preuve d’une grande attention pour la vieille dame.

C’est une histoire poignante que nous livre Hélène Le Bris, qui malheureusement fait partie du quotidien de grand nombre de personnes âgées. En raison de sa perte de mémoire, Marthe se voit internée dans une maison de retraite. Privée de ses derniers repères, elle dépérit à vue d’oeil. C’était sans compter sur l’aide incontestable de son gentil neveu, qui va tout mettre en oeuvre pour la sortir de là et lui donner la fin de vie qu’elle mérite.

On ne peut qu’être touché par cette histoire. Personnellement, je porte maintenant un regard différent sur les choses qui nous entourent. Les petits détails du quotidien, que ce soit le vent, la nature, les oiseaux qui chantent… sont autant d’éléments pérennes, qui malgré tous nos problèmes, restent présents et nous apportent le réconfort et la joie que nous pouvons avoir besoin. C’est une belle leçon de vie que nous offre Marthe et son neveu Arthur, une bonne manière de réfléchir sur notre quotidien et sur tout ce qui nous entoure.


Une histoire poignante sur la perte de mémoire précoce d’une vieille dame attachante. Une belle lecture, dont on ne ressort pas indemne.

Ma note : 7,5/10

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Le Petit Nicolas fait la fête

 

Le Petit Nicolas fait la fête de Goscinny et Sempé

101 pages, éditions Imav éditions, à 19,90€


Résumé : Publié à l’occasion du 60e anniversaire du Petit Nicolas dont la première aventure est parue le 29 mars 1959, cet album collector réunit dix histoires sur le thème de la fête : Les cow-boys, Marie-Edwige, Le cirque, Le repas de famille, L’anniversaire de Clotaire, L’anniversaire de papa, Maixent le magicien, La distribution des prix, Le mariage de Martine et La fête foraine.


Extrait « C’est ça qui est embêtant, quand on joue tout seul, on ne s’amuse pas et quand on n’est pas tout seul, les autres font des tas de disputes. »

Mon avis : À l’occasion des 60 ans du Petit Nicolas, plusieurs maisons d’éditions ont réédité ou imaginé de nouvelles histoires de Goscinny, illustré par les magnifiques dessins de Sempé. Après avoir découvert le mois dernier Le Petit Nicolas : Cahier de dessins, qui est un album animé interactif pour les enfants, me voici lancé dans la lecture de ce nouveau livre, Le Petit Nicolas fait la fête, qui regroupe des histoires inédites de notre héros d’époque favoris.

La thématique centrale de cet album : la fête, pour marquer l’anniversaire soixantenaire des aventures du Petit Nicolas. Toujours accompagné de ses fidèles copains, Nicolas va nous faire rire aux éclats, puisque les situations du quotidien, qui normalement devraient être banales, dérapent toujours pour notre héros. Elles deviennent alors loufoques, détournées, et complètement déjantées. On retrouve les mêmes impressions que lorsqu’on lisait ces aventures enfants, et c’est vraiment très agréable.

Comme d’habitude, les histoires de Nicolas et de sa bande sont magnifiquement illustrées par Sempé, dans des dessins simples mais équivoques.


Ces nouvelles aventures du Petit Nicolas feront le plaisir des petits, mais surtout des grands. Naïveté et fantaisie sont les mots d’ordre de ce récit, qui constitue une plongée agréable dans nos souvenirs d’enfance.

Ma note : 7,5/10

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