Mortelle tentation


Mortelle tentation de Christophe Ferré

375 pages, éditions L’Archipel, à 22€


Résumé : Quand l’homme que vous aimez est accusé du pire, la confiance et la passion vacillent. Connaît-on vraiment la personne qui partage notre vie ? Dans un coin sauvage des Pyrénées, le cadavre d’une jeune femme est retrouvé entièrement nu. Peter, le mari d’Alexia, randonne en solitaire à cet endroit mais il est injoignable depuis le jour du meurtre. D’abord inquiète qu’il ait croisé la route de l’assassin, Alexia découvre avec effroi qu’il connaissait la victime. Et s’il était en réalité le meurtrier ? Déchirée entre l’amour et le doute, Alexia doit faire éclater la vérité.


Extraits : « On pardonne tout à ceux qu’on adore. On ne regarde plus la réalité en face. »

« L’avocat ne défend pas que des innocents. Il défend aussi des monstres.« 


Mon avis : La vie paisible d’Alexia se partage entre son mari Peter, ancien rugbyman célèbre et passionné de randonnée, leur fils et son travail d’avocate. Jusqu’au jour où Alexia apprend qu’une jeune fille a été retrouvée morte dans les Pyrénées… là même où son mari était parti randonner. Inquiète pour se dernier, elle tente de le joindre… sans succès. Où est donc passé Peter ? Plus les jours passent et plus Alexia s’interroge : Peter a-t-il été kidnappé, tué, ou s’est-il simplement enfui après avoir commis le pire ?

Une enquête haletante démarre alors pour lever le voile sur ce mystérieux meurtre. Dès les premières pages, Christophe Ferré nous place au coeur de l’intrigue, arrivant à capturer ses lecteurs en quelques chapitres seulement. Il faut dire que ses derniers sont très courts, ce qui rajoute de la vitesse et de l’adrénaline supplémentaire au récit.

Durant l’intégralité du récit, l’auteur nous retourne le cerveau : Peter est-il coupable ? Alexia doit-elle se fier à son mari, faire confiance à cet homme qui partage sa vie depuis plus de vingt ans ? Les doutes d’Alexia rejaillissent sur nous, à tel point que je changeais d’avis d’un chapitre à l’autre concernant l’implication de Peter dans les crimes. En définitive, ce personnage m’a quand même agacé par moment : malgré tout ce que j’en sais aujourd’hui, il me semble quand même être une personne malhonnête, égoïste et un peu crédule. L’incrédulité et la naïveté de sa femme Alexia m’énervaient également par moment. Je veux bien que l’amour soit aveuglant, mais il y a certaines situations qui sont tellement énormes et peu plausibles qu’il faudrait être idiot pour ne pas s’en apercevoir et les croire vraies. Venant d’une avocate en plus, croire à de telles inepties, c’est quand même surréaliste !

L’enquête ne se résout qu’au dénouement, et il est très compliqué, même pour des lecteurs avertis ou des fanas de polars, de déceler avant l’heure le coupable des crimes.


Un très bon polar, qui vous tiendra en haleine du début à la fin.

Ma note : 7,5/10

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Attendre un fantôme


Attendre un fantôme de Stéphanie Kalfon

128 pages, éditions Joelle Losfeld, à 15€


Résumé : Kate, jeune fille de dix-neuf ans, vit un drame : la mort brutale de son amoureux dans un attentat. Tout pourrait s’arrêter là. Mais ce serait sans compter sa mère, les gens qui l’entourent et la manière dont ce drame résonne en eux, dont ils s’en emparent, dont ils décident que ce sera le leur – et le transforment en traumatisme. Voici des personnages qui sont comme des poupées russes : chaque membre de la famille de Kate semble en cacher un autre, ou se cacher derrière un autre, les histoires des autres venant hanter la mémoire des uns. Le roman explore les relations qui lient une famille où il fait bon se taire. La violence rôde mais on ne la voit pas. Si la violence est ici dangereuse, c’est qu’elle passe par le banal ; voilà son déguisement, sa petite excuse, la main tendue d’une mère affirmant porter secours tandis qu’elle étouffe. Kate va suivre les fantômes qui mènent à la possibilité de vivre encore. En affrontant l’emprise de sa mère, en la mettant au jour, elle parvient à faire sauter un à un, cran après cran, les rouages mécaniques de la violence. Pour cela il lui faut cesser d’attendre, pour prendre le risque d’exister.


Extraits : « Il n’y a pas de mot dans la langue française pour dire quand nous, parents, on perd un enfant. Quel statut on a. Pour les enfants il y a le mot « orphelin » mais pour les parents il n’y a pas de place dans le dictionnaire, ça n’existe pas en français, il est là le scandale… »

« Le souvenir qui lui reste, c’est l’absence de certitude d’avoir été seulement aimée. Un manque de souvenirs. Le souvenir d’un manque.« 


Mon avis : De prime abord, ce roman avait tout pour me plaire : un résumé alléchant, qui tire sur l’émotion et le larmoyant, sans pour autant tomber dans le pathos. Mais à la lecture, le ton et le style narratif ne m’ont pas entièrement convaincus, et m’ont laissé circonspecte.

Kate est une jeune fille de 19 ans, qui vient de perdre son petit ami, assassiné en Israël, lors d’un attentat terroriste dans l’université où il étudiait. C’est la mère de Kate qui lui apprend la nouvelle, un mois après le meurtre, alors que la jeune fille rentre tout juste de vacances. Désemparée de ne pas avoir pu faire ses au revoir au jeune homme, Kate en veut à sa mère de lui avoir caché la vérité pendant tout ce temps. Elle va sombrer dans un abime sans fond, où le désespoir, la tristesse et la déception se mélangent à l’infini.

On suit tout d’abord Kate, cette jeune fille dont la vie va changer du tout au tout suite à la terrible tragédie qui la bouleverse. Comment se remettre de la mort d’un être aimé ? Comment faire son deuil et tourner la page d’une histoire, alors que cette histoire n’a jamais pu être terminée ?  Cette première thématique est celle qui m’a intéressée lorsque j’ai lu la quatrième de couverture de ce roman. Mais malheureusement, le sujet est traité superficiellement, bâclé, vite passé et relégué au second plan, pour laisser place nette à la réflexion sur la relation mère-fille de Kate et sa madone.

En effet, en parallèle, nous suivons la mère de Kate, cette femme froide et manipulatrice, au coeur de pierre et à la présence toxique. La relation qu’elle et Kate entretienne est cordiale, comme deux amis, presque deux inconnus, auraient pu avoir. Point d’amour ou de sentiment trop prononcé, point d’atermoiement ni de soutient envers sa fille : la mère de Kate surprend par son insensibilité et par sa manière égoïste de toujours tout ramener à elle. C’est simple : elle veut être le centre du monde et n’accepte pas que sa fille souffre. C’est finalement sa mère qui va peu à peu prendre le plus de place dans cette histoire, devenant progressivement la protagoniste à la place de Kate. Et c’est assez déroutant, puisque cette femme est détestable à souhait. Tout, dans son comportement, sa manière de se tenir, de parler et d’agir, nous amène à la haïr profondément.

J’ai donc été déçu de ne pas retrouver la thématique que j’étais venue chercher prioritairement dans ce livre, à savoir : une réflexion face au deuil. De plus, j’ai trouvé le style narratif un peu trop alambiqué, avec des pensées qui virevoltent en tout sens, qui s’enchaînent parfois sans cohérence ni continuité.


Un récit alambiqué et confus, qui manque de consistance. 

Ma note : 4/10

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Chipie à tout prix


Chipie à tout prix de Dear Caroline et Cali Keys

456 pages, éditions Prisma, à 17,95€


Résumé : Angie est une jeune fille passionnée par ses études de cinéma, mais jalousée par les gens de sa classe, humiliée chaque jour par une prof peu compréhensive, et qui doute terriblement de ses qualités. Pourtant pleine d’idées créatives, elle n’a qu’un ami qui l’encourage à s’épanouir, Anthony, avec qui elle peut être vraiment elle-même, sans tenir compte du regard des autres. D’autant qu’elle tombe amoureuse d’un jeune cinéaste venu donner des conférences dans son école, un amour interdit qui ne simplifie pas sa vie !
Un jour, elle décide d’ouvrir une chaîne Youtube, comme les filles qu’elle suit et avec qui elle développe bien plus d’affinités qu’avec celles de sa classe. Elle va y trouver de vraies amies et une activité qui donne du sens à sa vie. Mais quand le succès surgit, Angie doute encore. Et son amour résistera-t-il au tourbillon ?
Un livre qui nous fait rire, réfléchir et dont on ressort boosté et plein d’énergie pour affronter le monde !


Extraits : « J’ai du mal à reprendre mon souffle, mes yeux sont humides des larmes qui ne demandent qu’à couler, ma mâchoire est serrée tout comme mes poings et si on me demandait mon prénom à ce moment, je serais capable de répondre Robert. »

« On n’imagine pas ce que l’absence d’un père peut ravager dans le coeur d’un enfant. On n’imagine pas ce sentiment de vide qui nous poursuit, cette impression qu’on ne vaut rien parce que le mot « papa » n’existe pas dans notre vocabulaire, dans notre vie.« 


Mon avis : La célèbre Youtubeuse et influenceuse Dear Caroline n’échappe pas à la mode qui sévit en ce moment : celle d’écrire un livre. Elle s’est associée à Cali Keys, une romancière suisse connue, dont j’apprécie particulièrement la plume, pour écrire Chipie à tout prix.

Angie est passionnée de cinéma, mais sa professeure, tout comme ses camarades de classe ne l’apprécient guère, et font tout pour le lui montrer et pour lui mettre des bâtons dans les roues. Écoeurée par ces attitudes, la jeune fille regagne espoir en voyant arriver un intervenant/producteur connu – et très séduisant -, le célèbre Mickaël. Ce dernier va encourager Angie à continuer dans cette voie, au détriment des commentaires de sa professeure. Galvanisée par l’attention que lui réserve Mickaël et très sensible à son charme, les deux jeunes gens vont vivre une histoire d’amour interdite, qui leur coûterait beaucoup si elle était découverte.

Sans connaître très bien Dear Caroline, je dirais que le personnage d’Angie peut ressembler quelque peu à l’auteure : c’est une jeune fille belle et séduisante, qui doit être très souvent jalousée à cause de son physique avantageux. Elle décide d’ouvrir une chaîne Youtube pour échapper à son quotidien et pour se sociabiliser, commence à tourner des vidéos qui fonctionnent et qui lui apportent une notoriété grandissante et une communauté très présente.

J’ai bien aimé le message sous-jacent des auteures, qui incitent les lecteurs à suivre leurs rêves, peu importe ce qu’en disent les autres. Pour exemple, Mickaël, le producteur et petit ami d’Angie, n’est pas favorable au « passe-temps » de Youtubeuse de la jeune fille, rabaissant cette dernière et l’ensemble du travail fourni pour tourner, monter ses vidéos et animer sa communauté. Malgré ses réticences et ses critiques, Angie décide de suivre son instinct et de faire ce qu’elle aime. Une philosophie de vie positive, qui pourra faire échos chez de nombreuses personnes.

En revanche, la romance entre ce jeune producteur et cette jolie élève m’a laissé totalement de marbre. Je trouve déjà assez invraisemblable et quelque peu cliché le fait que cet homme, si célèbre, s’amourache d’une étudiante en cinéma. C’est un schéma qui a déjà été vu et revu dans de multiples ouvrages et films, et qui n’a rien d’original. Leur amour est immédiat, intense, trop rapide, pas assez réaliste : c’est simple, je n’y ai pas cru dès le départ.


Une romance feel good, qui devrait plaire à un large public. 

Ma note : 4/10

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La reine sous la neige


La reine sous la neige de François Place

292 pages, éditions Gallimard jeunesse


Résumé : Un récit mettant en scène une jeune fille fragile de 18 ans, un vol de portable, un coup de foudre, un avion dérouté, un enfant perdu, un tigre évadé du zoo, une statuette en plastique ou encore Londres sous la neige et la mort de la reine d’Angleterre.


Extraits : « La reine est morte, son âme s’est envolée. Tu sais que quand on meurt, on se transforme en animal ? Eh bien, une reine, quand elle meurt, elle se transforme en tigresse. Et cette reine-là, la reine d’Angleterre, comme c’est une très grande reine, la plus grande reine du monde, elle se transforme en tigresse blanche. Tu me crois, maintenant ? »

« Si nos existences se limitaient aux images qui nous représentent, nous serions des pantins condamnés par un dieu méchant à refaire toujours les mêmes gestes, soumis aux lois du spectateur cruel qui peut à volonté accélérer ou ralentir, arrêter une attitude, une expression, n’importe quelle révélation de l’ordre de l’intime. Et notre existence s’effacerait au profit de ce que l’on voudrait retenir de nous.« 


Mon avis : En raison des conditions climatiques déplorables à Amsterdam, l’avion de Sam est détourné, contraint de se poser à Londres. La toute jeune fille va se retrouver dans une vie qu’elle ne connaît pas, avec comme objectif : retrouver Maggie, une vieille dame avec qui elle correspond par lettre depuis des années. Sur son chemin, elle va faire la rencontre d’Elliot, de qui elle va tomber amoureuse, mais aussi d’un petit garçon attachant, qui va l’accompagner dans son périple londonien. Sam se souviendra longtemps de ce petit séjour inopiné, car c’est dans ce même temps qu’a lieu un événement planétaire : la mort de la reine d’Angleterre. Cette nouvelle va bouleverser l’Angleterre tout entière, et l’ensemble des habitants de la planète.

C’est un roman d’anticipation que nous offre François Place. La reine d’Angleterre, Elisabeth II, actuellement âgée de  93 ans, est à ce jour la souveraine britannique qui a régnée le plus longtemps sur le pays. Elle a traversé les siècles, les générations et les événements, et est actuellement la reine la plus âgée encore en fonction. Très populaire auprès des citoyens britanniques et du monde entier, il arrivera bien un jour, plus ou moins proche, où la reine s’éteindra pour laisser sa place au prince Charles. L’auteur nous livre ici une interprétation  toute personnelle de sa vision du décès de la reine. Comment les britanniques vont-ils réagir ? Qu’est-ce que le décès de la reine va-t-il engendrer en Angleterre ?

J’ai trouvé le concept intéressant, assez novateur également. Bien que l’histoire en elle-même soit agréable à découvrir, j’ai trouvé certains aspects du récit un peu trop incohérents. Je sais que ce n’est que de la fiction, mais il est quand même de bon ton d’accorder un minimum son récit à la réalité.

Notre protagoniste Sam tombe amoureuse d’un garçon qu’elle a croisé une seule fois : cela s’appelle le coup de foudre, certes, mais c’est très rare qu’il provoque des émotions aussi fortes aussi longtemps. Alors quand Eliot, la fameux garçon dont s’est subitement épris Sam, tombe lui aussi immédiatement amoureux de la jeune fille après seulement quelques phrases échangées… cela devient trop mielleux, pas assez crédible, à la limite du niais. Cela peut arriver, mais de là à penser constamment à l’autre dans la durée, à chercher à le revoir coûte que coûte, je ne pense pas. D’autres détails peu crédibles sont venus enrayés l’avancée de ma lecture : Sam se retrouve seule dans une ville inconnue et elle se fait voler son portable, sans pour autant que tout cela l’inquiète outre mesure. Un petit garçon s’échappe de sa maison et se promène seul dans les rues, un tigre s’échappe à son tour mystérieusement d’un zoo… trop d’invraisemblances dans ce récit qui pourtant, avait du potentiel.

En plus d’invraisemblances, la multiplicité des personnages et des thématiques abordées (le deuil, l’amour, l’amitié, l’enquête sur le cambriolage d’un appartement, la relation parent-enfant…) font de ce récit un imbroglio d’intrigues superposées et de personnages additionnés, qui ne permettent pas au lecteur de se focaliser sur une trame centrale et de la retenir dans la durée.


Un concept intéressant et novateur, mais une histoire globale qui manque de cohérence.

Ma note : 5,5/10

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Tout quitter


Tout quitter de Anaïs Vanel

188 pages, éditions Flammarion, à 18€


Résumé : « Un jour, j’ai acheté un Berlingo. J’ai mis quelques cartons dans le coffre et je suis partie. J’ai pris la route comme ça. Après ma journée de boulot, comme on part en week-end. J’ai avalé les kilomètres, en écoutant King of the road, de Roger Miller. Et enfin. Les pins. Les dunes. Les embruns. L’appartement. J’ai éventré les cartons. Trouvé mon maillot de bain. Et je suis allée me jeter dans les vagues. »

C’est l’histoire d’une fille qui change de vie.
Au rythme des saisons et des vagues de la Sud, la grande plage près de laquelle elle vient de s’installer, Anaïs retrouve les souvenirs qui habitent en elle. Devant l’étonnante simplicité des choses, au bout, il y a la réconciliation avec soi.


Extraits : « Un jour, j’ai acheté un Berlingo. J’ai mis quelques cartons dans le coffre et je suis partie. J’ai pris la route comme ça. Après ma journée de boulot, comme on part en week-end. J’ai dit au revoir à tout le monde. Comme une adolescente à la fin de l’été. »

« J’aime sortir de l’eau. C’est comme revenir d’un long voyage. Le temps dans l’océan n’est pas le même.« 


Mon avis : Qui n’a jamais rêvé de quitter son quotidien pour une vie plus trépidante ? Je pense que chacun y a déjà songé au moins une fois… mais très peu ont osé le faire. Anaïs Vanel l’a fait et nous raconte son aventure, dans une autobiographie romancée et poétique, que j’ai pris beaucoup de plaisir à dévorer.

Fini la routine parisienne, notre protagoniste embarque à bord d’un Berlingo, jette les affaires matérielles superflues, et part à l’aventure, direction La Sud, la plage, le surf, le soleil, les grandes étendues de sable, le calme et la nature sauvage. Là-bas, elle va réapprendre à profiter de la vie, à goûter pleinement à son quotidien, sans être entravée dans des obligations superflues, qui ne mènent à rien.

Anaïs Vanel m’a littéralement fait rêver : tout quitter sur un coup de tête pour vivre la vie qu’elle a décidé de mener… très peu osent le faire. Son récit a fait écho dans ma vie. En effet, j’en suis à un tournant de ma vie où les questions vont bon train : mon quotidien, mon métier, mes rêves, mes aspirations, mes désirs et mes besoins… tant de sujets qui ne tournent en boucle quotidiennement dans mon esprit, sans pour autant trouver de réponse tangible.

On ressent entre ses pages le bonheur de notre protagoniste, qui est enfin pleinement celle qu’elle a toujours rêvée d’être, dans les lieux où elle a toujours rêvé habiter. Et son bonheur est tellement intense qu’il est communicant et qu’il se transmet aisément à l’ensemble des lecteurs. En somme, c’est une vie simple qu’elle a décidé de mener : une vie éloignée de la capitale parisienne, mais proche de la nature, au contact des vagues. Je vous assure, on prend vraiment un bol d’air frais en lisant ce livre, et on se prête à rêver d’une vie similaire : simple et heureuse.

Petite mention spéciale à l’originalité du récit en tant que tel : Tout quitter n’est pas un roman à proprement parlé, et les pages ne sont pas écrites comme telles. Ce sont de courts paragraphes qui n’excèdent pas 20 lignes, et qui racontent tantôt des moments de vie heureuse, tantôt des souvenirs joyeux ou des bribes de bonheur. Le tout raconté sur une année, au gré des saisons. La plume de l’auteure se veut simple, mais elle parle véritablement aux lecteurs, et c’est un réel plaisir que de lire les morceaux de vie qu’elle nous narre.


Une autobiographie qui prône la soif de vivre sa vie comme on l’entend. J’ai vraiment adoré cette lecture, qui m’a apporté beaucoup de bonheur et de quiétude.

Ma note : 9/10

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Du sang sous les acacias


Du sang sous les acacias de Bernadette Richard

311 pages, éditions Favre


Résumé : Tanzanie. Une sombre affaire de coeurs arrachés ensanglante la savane.
Yànnis Cortat, flic atypique appartenant à une cellule d’investigation spéciale, est envoyé sur place. Très expérimenté, il est aussi ultrasensible et intuitif.
La journaliste américaine Violette McIntosh, une rebelle au caractère explosif avec qui il s’est lié d’amitié, l’accompagne. Elle ne se déplace jamais sans son chien, seul compagnon qui lui reste après un drame qui la hante toujours.
Pour les aider à comprendre l’univers de la réserve animalière dans laquelle ils opèrent, une jeune biologiste parisienne, aussi sensuelle qu’efficace, est appelée en renfort.
Chacun d’entre eux à ses secrets, ses passions et ses failles.
Leurs soupçons se portent bientôt sur une secte, coutumière de sacrifices rituels. Ils ignorent encore à quel point leur enquête va les mettre aux prises avec une véritable folie meurtrières, et les interroger également sur leurs propres limites.


Extrait : « Il savait aussi que tout passe tout casse tout lasse, y compris les deuils, la perte des êtres chers, les chagrins d’amour, les séparations. Et la passion.


Mon avis : Tanzanie. L’inspecteur Yannis Cortat, spécialisé dans les enquêtes touchants la faune et la flore, ainsi que la journaliste Violette McIntosh qui l’accompagnent, se rendent tous deux en Afriquep pour résoudre une intrigue bien mystérieuse. Dans une grande réserve africaine, plusieurs hippopotames se font tuer, avant d’être ouvert et dépecé de leurs coeurs. Une spécialiste des pachydermes se joint à l’enquête, pour tenter de percer ce grand mystère.

Ce que j’ai le plus apprécié dans cette histoire, c’est son lot d’actions, qui s’enchaînent avec fluidité et sans temps mort, et l’ambiance générale de l’histoire. L’enquête se déroule en Tanzanie, dans une réserve naturelle, où évoluent en liberté les plus grands prédateurs de la planète. Le dépaysement est total, on se laisse facilement embarquer aux côtés de nos héros, et on se prend à rêver de voyages… En tout cas, c’est l’aspect du récit que je retiendrais le plus : des paysages désertiques à perte de vue et des animaux sauvages en liberté, qui viennent tutoyer les touristes. 

En revanche, je suis assez déçue du dénouement. D’une part parce qu’il est prévisible. Même les personnes qui ne sont pas des habituées des romans policiers peuvent aisément débusquer le coupable, avant même que l’histoire est atteinte sa moitié. Je pensais que l’auteure nous réserverait un petit retournement de situation, qui aurait été bénéfique pour l’histoire, mais non. Le coupable est celui que je soupçonnais depuis le début. Par contre, les raisons de ses crimes sont assez obscures et ne tiennent pas la route. Malgré les explications, je n’ai pas réussi à comprendre objectivement ce qui l’avait réellement pousser à commettre de tels actes. L’histoire globale est intéressante dans l’ensemble, mais le dénouement, largement tiré par les cheveux et bien trop prévisible, m’a laissé totalement sur ma faim.


Un polar dépaysant, qui vous fera voyager jusque dans la Tanzanie sauvage. Bien construit, intéressant à découvrir, mais il manque de fluidité dans le dénouement de l’histoire. 

Ma note : 6/10

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Nos âmes rebelles


Nos âmes rebelles de Samantha Bailly

288 pages, éditions Le Livre de Poche jeunesse


Résumé : L’une écrit, l’autre dessine. La première est aussi solaire que populaire, la seconde timide et solitaire. Sonia finit son premier roman, Lou prépare le concours d’entrée des Gobelins. Car si toutes les deux passent le bac, elles ne rêvent que de partir à Paris étudier. D’ici là, elles développent ensemble leur blog BD, Trames jumelles, dont l’audience ne cesse de croître. Côté cœur, Sonia craque pour Gabriel tandis que Lou se demande ce qu’elle éprouve vraiment pour Vittore…


Extraits : « Elle sait d’expérience que bien chercher, c’est être persuadé que l’on va trouver. »

« Aimer, c’est attendre.
Attendre un signe, un geste, de celui qui nous a imprégnée. De celui qui est soudain devenu le centre de notre monde.
« 


Mon avis : Après Nos âmes jumelles, en avant pour le tome 2 de cette saga jeunesse, avec Nos âmes rebelles. On y retrouve nos deux protagonistes du premier tome, à savoir Sonia et Lou. L’une, Sonia, finit d’écrire son roman. L’autre, Lou, prépare son concours d’entrée dans son école.

Comme dans le premier tome, Samantha Bailly alterne les points de vue entre les deux jeunes filles, consacrant à tour de rôle un chapitre pour chaque demoiselle. Comme dans ce premier opus, on retrouve la complicité et la forte amitié de Lou et Sonia, qui sont deux jeunes filles totalement différentes, mais qui s’accordent à merveille. Leur amitié m’étonnera toujours, mais ça semble fonctionner plutôt pas mal, puisqu’elles se complètent dans leur caractère et leur manière d’aborder la vie, tout comme dans l’art qu’elles pratiquent.

J’avoue avoir lu ce livre en plein mois d’été, alors que j’écris sa chronique près d’un mois plus tard. Et à mon grand désespoir, je ne me souviens que très peu de l’historie. Ce qui signifie bien une chose : le récit en lui-même ne m’a pas pleinement satisfaite, puisqu’il a totalement disparu de ma mémoire. Je le prédisais déjà dans ma chronique du tome 1, mais cette saga jeunesse est somme toute assez banale, dans le choix des thématiques abordées, tout comme dans la manière de les aborder. Je ne pense pas continuer à la découvrir.


Un deuxième tome à l’image du premier : une histoire agréable à lire sur le moment, mais qui manque d’éléments différenciants.

Ma note : 4,5/10

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