Reviens quand tu veux


Reviens quand tu veux de Mélanie Taquet

297 pages, éditions Eyrolles, à 16€


Résumé : C’est avec appréhension que Nina retourne en Italie à l’occasion du mariage de son meilleur ami Marco. Trois ans plus tôt, une fuite éperdue l’avait conduite à Florence où elle s’était oubliée pour mieux se retrouver. Ce séjour cathartique avait réconcilié Nina avec son rôle de mère, au prix de ruptures qui lui avaient laissé un goût amer. En revenant sur ses pas, Nina espère obtenir le pardon des êtres qu’elle a blessés et poursuivre sa quête identitaire. Au contact de la jeune femme, les souvenirs se ravivent, les anciennes passions se réveillent, les non-dits se révèlent. Alors que les certitudes des uns et des autres chancellent, les chemins qu’on pensait tout tracés prennent un cours imprévu.


Extraits « Ce qui compte ce n’est pas de rêver sa vie, c’est d’apprendre à aimer celle qu’on a. »
« Être parent, c’est avancer à tâtons en tenant un cap incertain ; c’est abandonner l’idée de perfection et apprendre à accepter qu’on fait de notre mieux.« 

Mon avis : L’histoire aurait pu être belle et joyeuse, comme le prédit la couverture, avec ces deux jeunes femmes souriantes et pleine de vie. Je ne dis pas qu’elle ne l’est pas, mais la vie est parfois semée d’embûches, et rares sont les personnes qui la traversent sans encombres.

Après sa fuite de Florence trois ans plus tôt, Nina retourne en Italie pour célébrer le mariage de son vieil ami Marco. Celui-ci se marie avec Gisella, une de ses amies d’enfance. Mais Nina va très vite s’apercevoir que les histoires du passé ne sont peut-être pas toutes terminées. Alors qu’elle cherche à se racheter auprès de Hannah, une amie qu’elle a blessé dans le passé, les non-dits, les passions refoulées et les amours déchus se révèlent au grand jour. La vie n’est pas un long fleuve tranquille, et nos protagonistes vont en faire les frais.

Reviens quand tu veux est empli d’amour, passionnel, fusionnel, amical, déchu, contraint… Mélanie Taquet nous narre des instants de vie, plus ou moins douloureux, des questionnements et doutes plus ou moins compliqués à résoudre. Marco va se marier avec Gisella, mais il semble n’avoir d’yeux que pour Hannah, son amour déchu. Va-t-il suivre son instinct ou sa raison ? Nina cherche à vivre pleinement sa vie. Alors qu’elle convie sa nouvelle compagne à la cérémonie de mariage de Marco, elle retrouve Simone, son ancien amant, et tous ses doutes volent en éclats. Comme on le dit si bien : les sentiments ne se contrôlent pas, pas plus qu’ils ne s’expliquent.

Le rythme du récit est effréné, les révélations se succèdent, il n’y a eu aucun temps mort, pour mon plus grand plaisir. Malgré le sérieux du récit, les questions et doutes existentiels que soulèvent les personnages, j’ai dévoré avec avidité cette lecture, que j’aie trouvé pleine de légèreté, idéale pour cette saison printanière.

Nous suivons plusieurs histoires en une, puisque chacun des personnages a sa propre histoire à raconter. Tous sont différents, mais s’accordent à merveille : ils forment un groupe hétéroclite mais soudé, et dégagent un je-ne-sais-quoi qui m’a fait me sentir comme un membre à part entière de leur bande d’amis.

Apparemment, Reviens quand tu veux est la suite de Reste aussi longtemps que tu voudras (que je n’ai absolument pas lu). Ces deux romans peuvent donc se lire séparément, mais si je l’avais su plus tôt, j’aurais sans doute commencer par lire le premier. En sachant que deux tomes sont déjà parus, pourquoi pas espérer une suite à ces formidables aventures italiennes ?


Une balade italienne joyeuse et mouvementée, aux côtés d’une bande d’amis et d’amoureux qui n’ont pas fini de vous en faire voir de toutes les couleurs.  Agréable et moderne : je recommande !

Ma note : 7,5/10

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Un métro pour Samarra


Un métro pour Samarra de Isabelle de Lassence

333 pages, éditions Marabout, à 19,90€


Résumé : Swann Delva étudie la philosophie à la Sorbonne. Le jeune homme, qui s’imagine devenir un penseur en vogue, est contraint de travailler à la RATP pour financer ses études. Tandis qu’il fait ses premiers pas au guichet, il découvre la vie souterraine et consigne ses pensées dans un petit carnet. Son chef, pour l’impressionner, lui fait visiter les stations fantômes du réseau parisien et Swann se prend de passion pour ces lieux désaffectés et plus particulièrement pour la station Haxo, dans le 19e. Alors qu’il s’installe dans une rame abandonnée de cette station, le voici transporté à Samarra, ville d’iIrak au Moyen Age, où un calife des Mille et Une Nuits lui pose la plus grande question de l’humanité : peut-on espérer une vie après la mort ? Pas évident, quand un alchimiste peu scrupuleux lui fait concurrence et que le sommeil le ramène à Paris où la vie continue… Pour conserver ses privilèges au palais et les faveurs d’une belle astrologue, le jeune homme cherche la réponse aux angoisses du souverain, qu’il ne trouvera pas dans les livres… Ce sont 33 jours qui vont bousculer le quotidien de Swann et le conduiront à être plus présent à la vie.


Extraits « Il avait toujours considéré l’amour comme une compensation pour les faibles, ceux qui ne parvenaient pas à mener leur existence seuls, ceux qui avaient ce besoin impérieux d’être accompagnés sur le chemin. Pire, de s’épanouir grâce à un faire-valoir. »
« Pourtant, son père l’avait prévenu : « Tu seras malheureux, les jaloux sont des malheureux. » C’était vrai. La jalousie est une obsession qui consume celui qui la ressent.« 

Mon avis : Swann Delva est un étudiant en philosophie à la Sorbonne, à Paris. Jeune homme introverti et solitaire, il décide de se trouver un petit job d’étudiant pour pouvoir financer ses études. C’est à la RATP, dans le métro parisien, derrière un guichet, qu’il va passer la majeure partie de ses semaines. Un petit boulot comme un autre, qui ne l’enchantait guère. Jusqu’au jour où Philippe, son manager, lui fait visiter une station de métro abandonnée et fermée au public. Cet univers mystérieux attire irrémédiablement Swann, qui décide de mener des enquêtes sur ces stations fantômes, afin d’impression son meilleur ami, en l’y amenant. C’est comme ça que Swann va découvrir Haxo, une station de métro désaffectée, qui a la capacité de transporter le jeune homme dans un univers parallèle et onirique : Samarra, en Irak. Là-bas, Swann ne sera plus la personne qu’il est à Paris, mais sera le Messager Boussouf, conseiller spécifique du grand Calife, celui qui sera à même de répondre à la question de ce dernier : peut-on espérer une vie après la mort ?

Isabelle de Lassence nous embarque dans un monde onirique, qui contraste grandement avec la grisaille parisienne. C’est un véritable voyage initiatique dans le temps que nous faisons aux côtés de notre protagoniste. Comme par magie, on atterrit dans un monde parallèle, à un siècle lointain, où les us et coutumes sont totalement différentes de tout ce que nous connaissons.  Déroutant de prime abord, je me suis laissé porté par ce  voyage féerique, qui a finit par m’enchanter.

Loin d’être inquiété, Swann se sent au contraire très à l’aise dans ce nouvel univers, doté d’une nouvelle identité, qui lui apporte luxe et gloire à outrance. Le contraste entre son moi Parisien et son moi à Samarra est d’ailleurs sans appel : introvertie, timide et solitaire à Paris, il est exubérant, sûr de lui et provocateur à Samarra. Pareil dans le domaine amoureux : alors que sa mère peine à lui trouver une compagne à Paris, il s’éprend d’une jolie jeune femme nommée Inès à Samarra. Plus qu’un voyage dans le temps et bien plus qu’un rêve, c’est une quête identitaire que va mener notre héros. Grâce à ces pérégrinations, il va s’apprivoiser et apprendre à se connaître vraiment.

Son esprit spirituel et philosophique va également être mis à rudes épreuves, puisque le Calife de Samarra souhaite qu’il réponde à sa question de la vie après la mort. Une interrogation philosophique difficile à argumenter, qui va faire travailler les méninges de notre apprenti philosophie, et surtout lui apprendre à penser et réfléchir par lui-même. Swann se transforme et change… après tout, n’est-ce pas cela que l’on appelle grandir ?


L’auteure nous propose un roman poétique et féerique, qui dépayse et étonne. Ajouté à cela une dose de pensée philosophique et de rationalisme, et vous aurez le cocktail parfait pour passer un excellent moment !

Ma note : 8/10

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Madame Pylinska et le secret de Chopin


Madame Pylinska et le secret de Chopin
de Éric-Emmanuel Schmitt

118 pages, éditions Albin Michel, à 13,50€


Résumé : En suivant les cours de la tyrannique Madame Pylinska, le jeune Eric Emmanuel cherche à comprendre le mystère de la musique de Chopin. La Polonaise a de surprenantes façons d’expliquer le génie du musicien et la leçon de piano devient peu à peu apprentissage de la vie et de l’amour. Dans le cadre de « Le cycle de l’invisible », un conte initiatique plein d’émotion, d’intelligence et d’humour.


Extraits « Un génie, c’est quelqu’un qui saisit vite ce qu’il doit accomplir sur terre. »
« Chopin écrit sur le silence : sa musique en sort et y retourne ; elle en est même cousue. Si vous ne savez pas savourer le silence, vous n’apprécierez pas sa musique.« 

Mon avis : Je ne le répéterais jamais assez, mais Eric-Emmanuel Schmitt est un auteur incroyable, qui arrive à dépeindre des univers différents dans chacun de ses écrits. Pas une seule de ses oeuvres ne se ressemblent, toutes sont uniques et brillantes à la fois.

Dans Madame Pylinska et le secret de Chopin, c’est un bout de son histoire musicale qu’il nous livre. Très jeune, Eric-Emmanuel était attiré par l’univers du célébrissime Chopin, un musicien hors normes, entouré de mystères. Hélas, n’arrivant pas à s’imprégner pleinement de son aura pour pouvoir reproduire sa musique à la perfection, il fait le choix de prendre des cours de piano avec Madame Pylinska, une professeure polonaise, qui aura d’étonnantes façons d’apprendre le piano à son élève. Avec elle, il ne faut pas seulement jouer des notes, il faut ressentir, toucher, s’imprégner de l’univers du musicien, pour enfin pouvoir pleinement être capable de reproduire les notes du génie Chopin.

Ayant déjà lu plusieurs oeuvres de cet auteur, son style décalé, presque excentrique ne me surprend guère. Entre fiction et réalité, la frontière est très mince : Eric-Emmanuel Schmitt se met en scène directement dans l’histoire, on comprend donc très vite que ce récit ne provient pas uniquement de son imaginaire, mais d’une partie de ses expériences réelles.

Malgré le peu de pages que contient ce livre, la poétique du récit est arrivée à m’agripper et à me toucher. J’ai été émue de ce duo atypique – un jeune garçon désireux d’apprendre et une femme âgée, légèrement excentrique, mais pleine de sagesse -, tous deux passionnés par la musique et le génie de Chopin. Comme quoi, la musique rapproche. Même si les méthodes d’enseignement de cette Madame Pylinska s’avèrent peu crédibles, je me suis prise à y croire, de la même façon qu’Eric-Emmanuel, qui a expérimenté ces cours de piano par des leçons de vie.  Un beau moment de partage et de tendresse que nous livrent ces deux protagonistes.


Un conte poétique et musical, court à lire et intimiste. Un roman autobiographique touchant, écrit avec tendresse et passion.

Ma note : 7/10

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Agence 42


Agence 42, tome 1 : Terrans de François Rochet

358 pages, éditions Hachette romans, à 15,90€


Résumé : Décembre 2020. Nouvel attentat aux États-Unis. Le gouvernement est décimé et le pays privé des leaders de ses grandes entreprises high-tech.
Six mois plus tard, Franck Goodo est chargé de reprendre l’enquête. Julia Telco, à la tête de l’Agence 42, a des doutes sur l’identité des responsables de l’attaque.
En parallèle, le véritable auteur de l’attentat est à l’affût. Il lui reste encore un coup à jouer sur l’échiquier de son vaste plan. Les premiers indices d’un complot bien plus alarmant, qui dépasse la logique, font rapidement surface.
Franck Goodo tentera de percer le mystère, quitte à mettre son existence en danger…


Extrait « La plupart des gens ont peur de ce qu’ils ne connaissent pas. C’est d’ailleurs ce qui explique souvent les comportements racistes ou homophobes, l’intolérance, les guerres. C’est un comportement des plus classiques chez l’humain, contre lequel il est souvent difficile de lutter. »

Mon avis : Années 2020. L’Agence 42 est une agence top secrète, qui abrite en son sein des agents spécialisés dans le combat, l’informatique ou la médecine. La planète entière est sous le choc après un attentat terroriste contre la Maison-Blanche, qui a tué les plus grandes puissances des États-Unis : Donald Trump et Marc Zuckenberg, par exemple. L’Agence 42 est mandatée pour rechercher l’auteur de ce crime. Mais ce que l’agent Franck Goodo va trouver ira au-delà du réel. Des nombres, inscrits directement dans le cerveau des terroristes. Qu’est-ce que cela signifie ? Comment est-ce possible ? Là est tout le problème.

Agence 42 est une saga, qui commence avec ce premier tome, dans les années 2020. C’est donc une sorte de dystopie, dans un monde futuriste, où les humains ont développés des technologies de pointes qui n’existent pas encore dans notre monde actuel. Les pires catastrophes arrivent sur Terre, des choses qui vont bien au-delà de notre imaginaire.

J’ai beaucoup aimé la modernité de ce récit et aussi sa complexité. J’ai peur de trop vous en dire, je ne voudrais pas gâcher votre surprise en lisant ce livre, mais sachez que cette saga est beaucoup plus complexe et alambiquée que ce qu’il n’y paraît. Il faut s’accrocher pour suivre l’histoire et il faut bien discerner les personnages et leurs implications dans les différentes actions menées, car tout est une question de perception.

Ce livre vous retournera un minimum le cerveau. Et les informations délivrées font vraiment très peur. En tout cas, j’ai eu le très mauvais réflexe de projeter cette histoire dans la vie réelle, et de me questionner sur la possible adaptation de ce récit à notre monde : et si l’histoire contée était en fait la réalité ? Et pour tout vous avouer : ça fait froid dans le dos !

C’est un premier tome étonnant que nous livre François Rochet. L’histoire est originale, puisque je n’avais encore jamais eu l’occasion de pouvoir découvrir un récit comme celui dont il nous conte l’histoire. C’est avec beaucoup d’impatience et de curiosité que j’attends la sortie du second tome, prévue dans les mois à venir.


Un premier tome complexe mais glaçant, qui va faire bouillonner votre cerveau. Une dystopie originale, au concept moderne et novateur ! J’ai hâte de lire la suite. 

Ma note : 7/10

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Marie d’en haut


Marie d’en haut de Agnès Ledig

315 pages, éditions Pocket


Résumé : Voilà Olivier, lieutenant de gendarmerie éprouvé par la vie, muté en Ariège.
Au cours d’une enquête, il croise le chemin de Marie, une agricultrice de montagne.
Elle élève seule sa fille Suzie, une enfant pleine de fantaisie, et tente, loin du monde, d’oublier ses blessures passées. La jeune femme compose avec le quotidien grâce à la présence d’Antoine, son voisin, victime lui aussi de la méchanceté des hommes.
La rencontre de ces trois caractères bien trempés aux destins cabossés pourrait être désastreuse, elle s’avère étonnamment émouvante et tendre.


Extraits « Les dîners en tête à tête, ça doit être comme les entretiens d’embauche, plus on en fait, plus on est à l’aise. »

« Il faut être sensible pour comprendre les sensibles. »


Mon avis : Olivier est gendarme. Au cours de l’une de ses enquêtes, il va croiser la route de Marie, une jeune et belle agricultrice. Marie élève seule sa fille Suzie, une enfant très attachante, pleine de vie et d’imagination. Heureusement, elle peut compter sur le soutien d’Antoine, son voisin homosexuel et meilleur ami, qui l’accompagne dans son quotidien et la conseille toujours avec justesse. La rencontre de ce trio de personnages est inattendue, électrique et surprenante.

Par où commencer…? Sans doute par la rencontre, impromptue, entre Marie et Olivier. Rien n’aurait prédestiné ces deux-là à se croiser, mais le métier d’Olivier l’a attiré sur la propriété de Marie. Et leur première rencontre est électrique au possible. Pourtant, il faut croire que le courant est quand même passé, puisque bizarrement, Olivier reviendra, seul, dans la ferme de Marie pour la voir.

Marie est une femme merveilleuse, dont j’ai particulièrement apprécié le courage. Elle est agricultrice, et de nos jours, tout le monde sait que ce métier est l’un des plus compliqué de France – les conditions salariales sont déplorables, le temps de travail s’agrandit et la difficulté globale des tâches a effectué est effarante. En plus d’exercer l’un des métiers les plus durs, elle élève seule sa petite fille Suzie, et toutes filles vivent isolées dans une ferme reculée du monde. J’ai apprécié la force de caractère de Marie, sa ténacité, ainsi que son indépendance. Ça me fait plaisir de découvrir des personnages comme elle, qui s’affranchissent des codes de la société, pour vivre presque à l’instinct. Et on peut voir que c’est une stratégie gagnante pour Marie, qui est une jeune femme pleinement épanouie et remplie de bonheur.

Olivier lui est un personnage qui se cherche. Sans repère familial, il subit un métier qu’il a choisi par défaut. Son quotidien est vide de sens et il en souffre énormément. Sa rencontre avec Marie et Suzie va marquer un tournant exceptionnel dans son existence. C’est incroyable comme le bonheur peut transformer les gens. Olivier en est l’exemple même, puisqu’au fil des pages, il va s’ouvrir, changer son regard sur le monde, retrouver un sens à sa vie. À le voir aussi heureux et épanouie, on ne peut que compatir à son bonheur.

Enfin, le troisième personnage prépondérant de cette histoire, Antoine, le voisin et meilleur ami homosexuel de Marie, cache, avec cette dernière, un lourd secret existentiel. Le trio Marie – Olivier – Antoine connaît des débuts un peu compliqué, mais l’engrenage va vite prendre et ils vont vivre dans la joie et la bonne humeur permanente. Une harmonie qui a sans doute été possible grâce à un personnage dont je n’ai que très peu parlé, mais qui est essentiel au récit : la petite Suzie. Très avancée pour son âge, perspicace, attachante et pleine de vie , elle apporte joie, gaieté et bonne humeur au sein de ce trio inattendu.

C’est la première fois que j’ai l’honneur de lire un roman d’Agnès Ledig, et je dois dire que cette première expérience a été concluante. Je ressors ravie de cette lecture. Elle contient toute une palette d’émotions qui ne rendent pas indifférent le lecteur. J’ai également beaucoup apprécié le cadre du récit, qui est si différent de tous les autres romans que j’ai l’habitude de lire. Enfin une histoire authentique et vraie, sans fioriture ni clichés ! Une première rencontre au summum, et sans doute pas la dernière.


En bref, Marie d’en haut, c’est un roman d’amour, d’amitié, d’émotions, de douceurs… j’ai passé un très bon moment de lecture avec cette jolie histoire, que je vous recommande chaudement !

Ma note : 8,5/10

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Inventer les couleurs


Inventer les couleurs de Gilles Paris, illustré par Aline Zalko

48 pages, éditions Gallimard jeunesse Giboulées, à 11,90€


Résumé : Hyppolite vit avec son papa à Longjumeau. La vie pourrait être grise, avec un papa qui s’échine entre les quatre murs d’une usine, et l’école où Hyppolite fait l’apprentissage d’une vie avec ses copains Gégé et Fatou. Seulement voilà Hyppolite dessine et les couleurs transfigurent tous ceux qui l’approchent. Et si un enfant pouvait faire grandir les adultes autour de lui ?


Extraits  « Je me demande pourquoi on dit gros mot pour « connard » ou « poufiasse ». Ces mots n’ont rien de gros. Ils sortent de la bouche comme une envie de faire pipi. Une urgence. »

« Les mots sont la vie. Quoi qu’il puisse t’arriver, tu aurais écrit, même dans ta tête. Écrire, c’est tricoter avec les laines des pensées : formes, couleurs, fils, sensations, idées abstraites. Les agencer, puis les couvrir d’une couette douillette. Ou au contraire, les trancher avec un sabre. »


Mon avis : Gilles Paris est vraiment surprenant !

Après nous avoir conté plusieurs longues histoires sur le développement familial de l’enfant, il revient sur le devant de la scène littéraire avec une histoire haute en couleurs (c’est le cas de le dire), avec un premier album jeunesse illustré par la talentueuse Aline Zalko. Inventer les couleurs, c’est le récit d’un petit garçon nommé Hippolyte, qui vit une existence ordinaire et un peu terne, qu’il colorie à sa guise pour la changer en arc-en-ciels. Son papa travaille à l’usine, et ce n’est pas toujours facile pour lui. C’est pour ça que pour lui redonner le sourire et rendre son monde plus beau, Hippolyte colorie sa vie.

C’est beau, c’est poétique et délicat, à l’image des autres histoires de l’auteur. C’est écrit avec finesse, il faut réussir à déchiffrer les phrases, à analyser les dessins et alors, on ne peut qu’être touché par tant de sensibilité. Il y a une part d’abstrait dans ce livre, qui donne le pouvoir aux lecteurs d’imaginer lui-même les choses plutôt que de les lire bêtement.

Je pense que ce livre s’adresse principalement aux jeunes enfants, mais pas que. Les adultes aussi peuvent être touchés et envoûtés par la qualité de la plume et des illustrations. Celles-ci sont d’ailleurs tout simplement magnifiques. Je crois que c’est ce que j’ai préféré dans cet album : la magnifique palette de couleurs et les dessins, presque enfantins, mais chargés de vie.

Je regrette seulement que l’album ne soit pas plus long, plus complet, avec encore plus d’illustrations !


Un album illustré plein de vie, de délicatesse et de sensibilité. C’est sûr, grâce à Hippolyte, vous ne verrez plus le monde de la même manière !

Ma note : 6/10

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Nos éclats de miroir


Nos éclats de miroir de Florence Hinckel

171 pages, éditions Nathan


Résumé : Je m’appelle Cléo, et j’aurai bientôt 15 ans, 1 mois et 20 jours ? Cette date est importante pour moi, car c’est à cet âge-là que tu es morte, ma chère Anne Franck. Tu es mon écrivaine préférée ! Alors j’ai décidé de m’adresser à toi dans ce nouveau carnet. Je vais te raconter ce qui m’interroge, me fait rire ou bouleverser.


Extraits  « Il y a dans les livres, parfois, des mots qui font peur. Mais ils font envie aussi. Peut-être que quand je les comprendrai, ils ne m’inquiéteront plus. »

« Les mots sont la vie. Quoi qu’il puisse t’arriver, tu aurais écrit, même dans ta tête. Écrire, c’est tricoter avec les laines des pensées : formes, couleurs, fils, sensations, idées abstraites. Les agencer, puis les couvrir d’une couette douillette. Ou au contraire, les trancher avec un sabre. »


Mon avis : Nos éclats de miroir est un récit assez particulier. Écrit sous la forme d’un journal intime par une certaine Cléo, âgée de 15 ans, son récit se veut une réponse au journal de la défunte Anne Frank.  Cléo se renomme d’elle-même Kitty, le nom attribué au destinataire des lettres qu’écrivait Anne Frank.

Pour ceux qui ne savent pas qui est Anne Frank (je pense que vous n’êtes pas si nombreux que ça, mais quand bien même, ne sait-on jamais), c’est une jeune fille juive, qui a écrit un journal intime durant deux ans, le temps où elle et sa famille étaient cachées dans une maison pour éviter la persécution des juifs voulus par Hitler. Anne Frank n’a malheureusement pas survécu au camp de concentration, où elle succombera à 15 ans d’un typhus. Son père, heureux survivant, publiera post-mortem le journal intime de sa fille, qui connaîtra un succès phénoménal dans le monde entier.

Nos éclats de miroir est un roman touchant, écrit avec pudeur et émotions. Florence Hinckel rend ici un magnifique hommage à Anne Frank.

Malheureusement, je reste un peu sur ma faim. Le volume très court de ce livre en est sans doute la principale cause, puisque le développement de l’histoire et des personnage n’est pas permis.

J’ai été touchée aux diverses références à Anne Frank, qui est une jeune fille admirable, que chacun doit aimer et respecter pour son courage, mais malheureusement, je n’ai pas été touchée par le restant de l’histoire. Cléo est une jeune fille très sympathique, mais son caractère n’est pas affirmé, tant et si bien que le puissant personnage d’Anne Franck se superposait à Cléo et l’effaçait complètement. C’est un des problèmes principaux de s’attaquer à un monument de la littérature.

Le texte final de Florence Hinckel – et non Cléo – en revanche m’a particulièrement touché. Il s’agit de photocopies de journaux intimes de l’auteure plus jeune, qui écrivait – on ne sait pourquoi – à une amie imaginaire du nom de Kitty, la même personne à qui s’adressait Anne Frank dans son journal. C’est en lisant ces informations finales que le récit entier prend tout son sens.


Cette histoire rend un émouvant hommage à l’incroyable Anne Frank. Malgré  tout, je ne l’ai pas trouvée assez consistante, trop peu développée, et par conséquent facilement remplaçable dans l’esprit des lecteurs. 

Ma note : 5,5/10

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