It


It de Catherine Grive

182 pages, éditions Gallimard jeunesse


Résumé : « Au collège, on m’appelle « it » et le genre neutre du pronom anglais me va bien. Ce qui ne me va pas, c’est mon corps de fille sous la douche, dans le miroir…
Car je sais que je suis un garçon. »

Quand une jeune fille de quatorze ans trouve le courage et les mots pour dire à sa famille qu’elle se sent mal dans son genre.

Une histoire pleine de fraîcheur qui mêle humour et sincérité pour aborder la question essentielle du transgenrisme.


Extraits « – Quel garçon manqué tu es ! avait ri Marie-Antoinette en payant à la caisse.
Jamais cette expression me concernant, moi ou quelqu’un d’autre, ne m’a paru adaptée. Le contraire de « garçon manqué », c’est quoi ? Une fille réussie ? Et si une fille est ratée, c’est pour quelle raison ? Parce qu’elle est un garçon ? Parce qu’elle est un garçon et une fille à la fois ? »
« En fait, un corps nu, si on prend soin de le regarder avec tendresse, n’est jamais laid. Il est tout simplement humain.« 

Mon avis : It, vous ne savez sans doute, c’est le pronom neutre utilisé en anglais. Et c’est justement avec ce pronom qu’est désignée notre protagoniste Joséphine – Jo, pour les intimes. Joséphine est un garçon né dans un corps de fille. Mais cette situation embarrassante est difficile, autant pour elle, pour se le persuader, que pour ses proches, pour s’en rendre compte. Car Joséphine est très jeune et son père redoute que cela soit une lubie passagère. Mais Jo en est convaincue : elle est un garçon.

Ce très court roman aborde donc la question des transgenres et du changement de sexe. Vous avez sans doute connu des personnes dans cette situation, ou vous pouvez aisément vous référer à des personnalités célèbres qui représentent le mieux cet exemple (je pense notamment au jeune Bilal Hassani, le chanteur représentant de la France à l’Eurovision cette année, qui est un garçon qui s’habille, se coiffe et se comporte comme une fille). Des filles nées dans des corps de garçon ou inversement, c’est beaucoup plus fréquent que l’on ne le croit !

J’ai été touchée par cette jeune fille un peu introvertie et pudique, qui ne se livre pas facilement, et ne laisse rien transparaître de ses émotions. Ce qui m’a le plus émue, c’est lorsqu’elle répète inlassablement à ses parents qu’elle est un garçon… alors que ceux-ci, encore sous le choc certainement, ne prennent pas au sérieux ses dires. Son comportement d’origine est sans doute dû au fait qu’elle n’était pas elle-même jusqu’à maintenant. La Jo d’avant était un automate (avec un petit clin d’oeil à la vieille dame Heidi, la voisine de la famille chez qui le feu s’est déclenché, qui fabriquait des automates), la Jo d’après sera la vraie Jo.

Ce que je n’ai pas compris, c’est le choix de l’auteure de vouloir incorporer un contexte un peu extraordinaire au récit, alors que celui-ci n’en avait finalement pas besoin. Le récit commence par l’incendie de l’immeuble dans lequel loge Jo et ses parents. Suite à cet accident, toute la famille va vivre momentanément à l’hôtel, en attendant que les travaux de rénovation se terminent. Je ne dis pas que l’idée est mauvaise, mais je ne vois absolument pas le rapport entre cet incident et la thématique centrale du récit qui est l’acceptation de soi, la différence et le regard des autres. Le sujet principal est complexe à traiter, il aurait mérité un développement plus poussé, et sans doute l’épisode de l’incendie aurait mérité d’être remplacé par quelque chose de plus approprié et réaliste. Je n’ai vraiment pas compris pourquoi l’auteure s’était tant attardé sur le développement de cette partie-là du récit, au détriment de la thématique centrale, qui est donc restée superficielle.


Un récit qui a du potentiel, mais qui aurait mérité d’être plus travaillé et plus ordonné. 

Ma note : 4/10

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Nos âmes jumelles


Nos âmes jumelles de Samantha Bailly

310 pages, éditions Le Livre de Poche jeunesse, à 6,90€


Résumé : Sonia est la plume, Lou le crayon.
Ensemble, elles inventent, osent, racontent, décrivent…
Y seraient-elles parvenue l’une sans l’autre ?
De virtuel sur un forum, leur duo peut-il leur faire vivre une amitié réelle ?


Extraits « J’ai lu ce que vous avez écrit sur la feuille de présentation du début de l’année, explique-t-il. Je me garderai bien de dire qui deviendra quoi dans cette classe, mais j’ai une certitude : vous avez la flamme. Et avoir la flamme signifie que l’on peut briller un jour. »
« Mon problème, Lou, c’est que j’aime aimer. Que je tombe amoureuse de l’idée de l’amour plutôt que du garçon.« 

Mon avis : Depuis le temps que j’entends parler de Nos âmes jumelles sur la blogosphère et surtout de sa talentueuse auteure, Samantha Bailly, je peux ENFIN dire que j’aie moi aussi découvert sa plume et son premier récit.

Lou et Sonia sont deux jeunes filles un peu perdues, qui vont se rencontrer grâce à leur passion sur Internet. L’une écrit, l’autre dessine. Elles vont discuter longuement, apprendre à se connaître, se lier d’amitié, pour finalement ensemble décider d’écrire et de dessiner un livre sur leur amitié si spéciale.

Ce livre, dédié aux jeunes adultes, aborde pas mal de thèmes très différents : les dangers qui peuvent survenir sur internet, la solitude, l’isolement, l’homosexualité, les rêves qu’il faut vivre et plus seulement rêver, le choix de son orientation professionnelle, la confrontation avec les parents… des thématiques variées qui pourtant s’accordent à merveille dans ce récit. Tout est bien imbriqué pour donner une histoire cohérente et légère, qui se déroule avec fluidité.

C’est une véritable ode à l’amitié que nous décrit Samantha Bailly. C’est simple : je pense que chacun des lecteurs de ce roman auraient souhaité vivre une amitié aussi forte, fusionnelle et  sincère que celle qui unit nos deux protagonistes.

Malgré tout l’intérêt que j’aie porté à ce livre, et tout le respect que j’aie pour l’écriture de l’auteure, je pense malheureusement oublier très prochainement cette histoire. L’histoire était agréable à lire, mais je n’y ai pas trouvé d’élément différenciant des autres romans pour jeunes adultes, ou du moins il n’y a pas eu d’éléments forts ou de rebondissements inattendus qui m’auraient rappelé l’histoire dans deux mois. Ça n’en reste pas moins un récit sympathique, dans lequel les jeunes adolescents pourront facilement s’immerger.


Une ode à l’amitié, sincère et forte, comme l’écriture de Samantha Bailly. Une lecture agréable, qui aurait quand même méritée plus de puissance.

Ma note : 7/10

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Le vol de l’autruche


Le vol de l’autruche de Crysten Sullivan

357 pages, éditions Carnets Nord, à 16€


Résumé : Maggie, jeune fille de vingt-trois ans, est obèse. D’origine américaine, elle est installée à Paris depuis quelques années. Un jour, Maggie est embauchée dans une entreprise qui veut faire d’elle l’égérie des employés pour sa prochaine campagne de communication sur le bien-être au travail. Petit à petit, au gré des rencontres qu’elle fait, Maggie va se transformer et s’épanouir.

Il y a d’abord Louis-Valentin, le jeune médecin de la boîte, qui apprécie ses rondeurs et l’invite à sortir avec elle. Il y a ensuite Leïla, sa collègue, qui lui coud des vêtements à la mode parfaitement adaptés à sa silhouette. Il y a enfin, « Bouddha », atteint d’une maladie orpheline, qui partage avec elle de gigantesques repas et s’occupe d’un forum internet dédié aux personnes en surpoids. Maggie « l’autruche », complexée, inhibée et mal dans sa peau, va progressivement découvrir ses atouts et prendre son envol, à mesure qu’elle devient une icône.


Extraits « La vie, c’est peut-être aussi taire ses envies de passion pour cueillir son besoin de raison. »
« Je sais qu’il me ment non pas parce qu’il aime le mensonge, mais parce que mentir est la seule solution qu’il ait à sa disposition pour continuer à faire semblant de vivre.« 

Mon avis : Quel bonheur de lire un tel récit !

Margaret – Maggie, pour les intimes -, est une jeune américaine de vingt-trois ans, installée à Paris, qui souffre d’obésité. Quotidiennement, elle doit faire face aux regards et aux réflexions des autres sur son poids. Un beau jour, Maggie est embauchée chez Digitales Natives, un groupe international, pour un poste bien particulier : celui d’assistante juriste… et d’égérie du bien-être au travail ! Ce nouveau poste, quoique surprenant, va littéralement changer la vie de Maggie. Elle va s’ouvrir aux autres, s’épanouir professionnellement et personnellement et surtout s’accepter enfin telle qu’elle est.

Le vol de l’autruche est un roman qui se construit comme un témoignage, puisque Maggie s’adresse directement à nous, lecteurs, pour nous raconter son histoire. J’ai beaucoup aimé l’humour employé tout au long du livre, qui donne bien plus de légèreté aux sujets abordés.

L’obésité, les normes physiques imposées par la société, ainsi que le regard des autres, sont autant de thématiques qui sont très souvent abordées dans les romans, puisqu’ils constituent le quotidien de bon nombre de personnes. Ici, Crysten Sullivan aborde ces sujets par un angle nouveau, puisqu’on se place directement dans la peau de la protagoniste, et on ressent intensément toutes les souffrances et difficultés qu’elle vit au quotidien.

On s’attache très facilement au personnage de Maggie, qui est une jeune femme simple dans sa façon d’être, une bonne vivante, qui malgré ce qu’elle peut en penser, aime la vie et essaie d’en profiter à son maximum. Les amis et connaissances de Maggie sont tout autant attachants : Bouddha, son ami obèse rencontré il y a quelques années sur un forum dédié aux personnes en surpoids ; Louis-Valentin, le médecin de l’entreprise DN, de qui Maggie va s’éprendre ; mais aussi Leïla, sa nouvelle collègue de travail, en surpoids également, mais qui s’assume pleinement, ou Jason, ce Don Juan gay, qui aime s’amuse et sortir. Chacune de ces personnes vont jouer un rôle prédominant dans le changement psychologique que va mener Maggie. À leur façon, ils vont être acteurs de l’épanouissement de la jeune femme et de son changement de regard sur le monde.


Un roman optimiste qui fait du bien. Le Vol de l’autruche est empreint d’humanité et fait passer de très beaux messages de tolérance à travers un personnage touchant par sa sensibilité et son humour décadent ! 

Ma note : 8,5/10

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20, Allée de la Danse : Enquête à l’Opéra


20, Allée de la Danse : Enquête à l’Opéra
de Elizabeth Barféty

154 pages, éditions Nathan, à 10,95€


Résumé : La vie et les rêves des petits rats de l’école de danse de l’Opéra de Paris !
Zoé est ravie : elle va participer avec ses copains de 5e division au ballet de La Belle au bois dormant, à l’Opéra Garnier ! Lors de la première répétition, elle surprend une conversation dans les loges : Camille, une danseuse du Corps de Ballet, semble traverser une déception amoureuse avec un autre danseur de la compagnie. Mais de qui parle-t-elle ? L’insouciante Zoé se met en tête de jouer les Cupidon, quitte à semer la pagaille dans le bon déroulement du spectacle…


Extrait «  »Je ne sais pas si je serai Étoile un jour, se dit-elle en regardant ses amis. Je ne sais même pas si je serai encore à l’École l’année prochaine… »
Pourtant, elle sourit. Car ce dont elle est certaine, c’est qu’elle n’oubliera jamais ces moments. L’année de ses 10 ans restera gravée dans sa mémoire. Pour toujours. »

Mon avis : Si vous me suivez depuis quelques temps déjà, vous connaissez forcément la saga jeunesse 20, Allée de la Danse écrit par Elizabeth Barféty, en partenariat avec l’Opéra de Paris.

Dans Enquête à l’Opéra, Zoé, une jeune danseuse de bientôt 10 ans, entend des bruits de couloirs entre deux danseuses plus âgées. Ni une ni deux, elle pense qu’il s’agit de rumeurs amoureuses. Accompagnée de sa bande de copains – Bilal, Colas, Maïna, Constance et Sofia -, Zoé va tout faire pour retrouver les deux amoureux et pour les faire se mettre ensemble. Une véritable enquête amoureuse débute au sein de l’école.

C’est toujours un plaisir de retrouver la bande des petits rats, et de suivre leurs aventures au sein de l’école de danse. Je sais qu’à leurs côtés, je passerais toujours un excellent moment de lecture, ponctué de joies et de bonne humeur. Dans ce tome-ci, les petits rats de danse vont mener une véritable enquête au sein de l’école pour percer à jour le mystère qui plane autour de Camille : de qui est-elle amoureuse ? Cet amour est-il réciproque ? Ils vont mettre en place tout un stratagème pour réussir la mission qu’ils se sont confiés.

Leur amitié est très forte, et c’est ce qui ressort le plus dans chacun des tomes. Ils font tout ensemble, ils se soutiennent coûte que coûte, peu importe les épreuves à traverser, rien ne vient jamais enticher la bonhomie qui règne au sein de leur bande d’amis. Tout un chacun aurait rêvé d’avoir une bande d’ami aussi soudée et solidaire que celle-ci !


Fidèle à elle-même, Elizabeth Barféty nous livre un récit léger, où la joie et la bonheur humeur se côtoient pour notre plus grand plaisir. Jusqu’à présent, cette saga jeunesse est un sans faute !

Ma note : 7/10

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J’ai cru qu’ils enlevaient toute trace de toi


J’ai cru qu’ils enlevaient toute trace de toi de Yoan Smadja

279 pages, éditions Belfond, à 17€


Résumé : Printemps 1994. Le pays des mille collines s’embrase. Il faut s’occuper des Tutsi avant qu’ils ne s’occupent de nous.
Rose, jeune Tutsi muette, écrit tous les jours à Daniel, son mari médecin, souvent absent. Elle lui raconte ses journées avec leur fils Joseph, lui adresse des lettres d’amour… Jusqu’au jour où écrire devient une nécessité pour se retrouver. Obligée de fuir leur maison, Rose continue de noircir les pages de son cahier dans l’espoir que Daniel puisse suivre sa trace.
Sacha est une journaliste française envoyée en Afrique du Sud pour couvrir les premières élections démocratiques post-apartheid. Par instinct, elle suit les nombreux convois de machettes qui se rendent au Rwanda. Plongée dans l’horreur et l’indicible, pour la première fois de sa vie de reporter de guerre, Sacha va poser son carnet et cesser d’écrire…

Dans ce premier roman bouleversant d’humanité, Yoan Smadja raconte le génocide des Tutsi du Rwanda à travers le regard de deux femmes éblouissantes, Rose et Sacha qui, sans le savoir, et par la seule force de leur plume, vont tisser le plus beau des liens, pour survivre à l’inhumain.


Extraits « Le temps qui passe n’a sur nos vies que peu de prise. Les plus profondes blessures nous sont infligées en un éclair. Celles auxquelles on ne s’attend pas. »
« L’indépendance est une sorte de jouvence, on n’en prend conscience que lorsqu’on la perd.« 

Mon avis : Un grand merci aux éditions Belfond ainsi qu’à Babelio, pour l’envoi de ce livre lors d’une Masse critique spéciale. Sans eux, je pense que je n’aurais jamais osé acheter un livre tel que celui-ci, tant le sujet est atypique comparé à mes lectures habituelles.

J’ai cru qu’ils enlevaient toute trace de toi est un roman historique sur la guerre du Rwanda, qui a débouché au génocide des Tutsis en 1994. Sacha est une jeune journaliste envoyée en Afrique du Sud avec son acolyte photographe, Benjamin. Sur une étrange intuition, la jeune femme décide de quitter l’Afrique du Sud, sans tenir compte des récriminations de son patron, et part au Rwanda. Là-bas, ils rencontreront Daniel, un médecin tutsi marié à Rose, une femme muette, qui écrit quotidiennement des lettres à son mari. L’ambiance est pesante, la guerre finie par éclater, Daniel part à la recherche de sa femme et de son fils, pour les protéger des hutus qui nourrissent une haine aux tutsis. Sacha et Benjamin vont suivre Daniel à travers le Rwanda et ce qu’ils vont y découvrir restera à tout jamais graver dans leur mémoire.

Dans mon passé de lectrice, j’avais déjà eu l’opportunité de lire Un dimanche à la piscine de Kigali de Gil Courtemanche, qui abordait cette guerre civile entre Tutsis et Hutus, et mettait en lumière les atrocités vécues par le peuple rwandais. Dans J’ai cru qu’ils enlevaient toute trace de toi, l’écriture est plus pudique, plus romancée, moins brutale. C’est un roman historique romancé, qui raconte à la fois le massacre de la guerre civile du Rwanda, mais également une histoire familiale bouleversante, celle de Daniel et de sa famille, victimes de cette guerre meurtrière.

On ressent avec intensité les émotions de chacun des personnages, en particulier la force de l’amour de Daniel pour sa famille, qui est prêt à tout, jusqu’à risquer sa vie, pour sauver celles des siens. Daniel, Sacha et Benjamin se lancent dans une course folle à travers le Rwanda, qui pour retrouver les siens, qui pour honorer son métier. Malgré les risques encourus, ils ne lâchent pas de vue leurs objectifs respectifs, et traversent, avec difficulté, les barrages érigés par les militaires hutus. La tension est à son maximum, le danger est partout, les horreurs se multiplient sur leur chemin : le Rwanda vit son plus terrible événement historique. Certaines scènes du livres sont brutes, sans fioritures, et montrent avec réalisme les horreurs provoqués par cette guerre civile. Le massacre des Tutsis, qui a duré près de 3 mois, a causé, selon l’ONU, la mort de près de 800 000 Rwandais, essentiellement des Tutsis. De ce fait, certaines scènes, écrites avec des mots bien pensés pour ajouter le plus de réalisme possible au récit, peuvent choquer certains lecteurs non avertis.


Un livre bouleversant, où la tragédie de l’Histoire côtoie la beauté romanesque. Un récit puissant, qui ne laissera personne indifférent.

Ma note : 8/10

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Reviens quand tu veux


Reviens quand tu veux de Mélanie Taquet

297 pages, éditions Eyrolles, à 16€


Résumé : C’est avec appréhension que Nina retourne en Italie à l’occasion du mariage de son meilleur ami Marco. Trois ans plus tôt, une fuite éperdue l’avait conduite à Florence où elle s’était oubliée pour mieux se retrouver. Ce séjour cathartique avait réconcilié Nina avec son rôle de mère, au prix de ruptures qui lui avaient laissé un goût amer. En revenant sur ses pas, Nina espère obtenir le pardon des êtres qu’elle a blessés et poursuivre sa quête identitaire. Au contact de la jeune femme, les souvenirs se ravivent, les anciennes passions se réveillent, les non-dits se révèlent. Alors que les certitudes des uns et des autres chancellent, les chemins qu’on pensait tout tracés prennent un cours imprévu.


Extraits « Ce qui compte ce n’est pas de rêver sa vie, c’est d’apprendre à aimer celle qu’on a. »
« Être parent, c’est avancer à tâtons en tenant un cap incertain ; c’est abandonner l’idée de perfection et apprendre à accepter qu’on fait de notre mieux.« 

Mon avis : L’histoire aurait pu être belle et joyeuse, comme le prédit la couverture, avec ces deux jeunes femmes souriantes et pleine de vie. Je ne dis pas qu’elle ne l’est pas, mais la vie est parfois semée d’embûches, et rares sont les personnes qui la traversent sans encombres.

Après sa fuite de Florence trois ans plus tôt, Nina retourne en Italie pour célébrer le mariage de son vieil ami Marco. Celui-ci se marie avec Gisella, une de ses amies d’enfance. Mais Nina va très vite s’apercevoir que les histoires du passé ne sont peut-être pas toutes terminées. Alors qu’elle cherche à se racheter auprès de Hannah, une amie qu’elle a blessé dans le passé, les non-dits, les passions refoulées et les amours déchus se révèlent au grand jour. La vie n’est pas un long fleuve tranquille, et nos protagonistes vont en faire les frais.

Reviens quand tu veux est empli d’amour, passionnel, fusionnel, amical, déchu, contraint… Mélanie Taquet nous narre des instants de vie, plus ou moins douloureux, des questionnements et doutes plus ou moins compliqués à résoudre. Marco va se marier avec Gisella, mais il semble n’avoir d’yeux que pour Hannah, son amour déchu. Va-t-il suivre son instinct ou sa raison ? Nina cherche à vivre pleinement sa vie. Alors qu’elle convie sa nouvelle compagne à la cérémonie de mariage de Marco, elle retrouve Simone, son ancien amant, et tous ses doutes volent en éclats. Comme on le dit si bien : les sentiments ne se contrôlent pas, pas plus qu’ils ne s’expliquent.

Le rythme du récit est effréné, les révélations se succèdent, il n’y a eu aucun temps mort, pour mon plus grand plaisir. Malgré le sérieux du récit, les questions et doutes existentiels que soulèvent les personnages, j’ai dévoré avec avidité cette lecture, que j’aie trouvé pleine de légèreté, idéale pour cette saison printanière.

Nous suivons plusieurs histoires en une, puisque chacun des personnages a sa propre histoire à raconter. Tous sont différents, mais s’accordent à merveille : ils forment un groupe hétéroclite mais soudé, et dégagent un je-ne-sais-quoi qui m’a fait me sentir comme un membre à part entière de leur bande d’amis.

Apparemment, Reviens quand tu veux est la suite de Reste aussi longtemps que tu voudras (que je n’ai absolument pas lu). Ces deux romans peuvent donc se lire séparément, mais si je l’avais su plus tôt, j’aurais sans doute commencer par lire le premier. En sachant que deux tomes sont déjà parus, pourquoi pas espérer une suite à ces formidables aventures italiennes ?


Une balade italienne joyeuse et mouvementée, aux côtés d’une bande d’amis et d’amoureux qui n’ont pas fini de vous en faire voir de toutes les couleurs.  Agréable et moderne : je recommande !

Ma note : 7,5/10

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Un métro pour Samarra


Un métro pour Samarra de Isabelle de Lassence

333 pages, éditions Marabout, à 19,90€


Résumé : Swann Delva étudie la philosophie à la Sorbonne. Le jeune homme, qui s’imagine devenir un penseur en vogue, est contraint de travailler à la RATP pour financer ses études. Tandis qu’il fait ses premiers pas au guichet, il découvre la vie souterraine et consigne ses pensées dans un petit carnet. Son chef, pour l’impressionner, lui fait visiter les stations fantômes du réseau parisien et Swann se prend de passion pour ces lieux désaffectés et plus particulièrement pour la station Haxo, dans le 19e. Alors qu’il s’installe dans une rame abandonnée de cette station, le voici transporté à Samarra, ville d’iIrak au Moyen Age, où un calife des Mille et Une Nuits lui pose la plus grande question de l’humanité : peut-on espérer une vie après la mort ? Pas évident, quand un alchimiste peu scrupuleux lui fait concurrence et que le sommeil le ramène à Paris où la vie continue… Pour conserver ses privilèges au palais et les faveurs d’une belle astrologue, le jeune homme cherche la réponse aux angoisses du souverain, qu’il ne trouvera pas dans les livres… Ce sont 33 jours qui vont bousculer le quotidien de Swann et le conduiront à être plus présent à la vie.


Extraits « Il avait toujours considéré l’amour comme une compensation pour les faibles, ceux qui ne parvenaient pas à mener leur existence seuls, ceux qui avaient ce besoin impérieux d’être accompagnés sur le chemin. Pire, de s’épanouir grâce à un faire-valoir. »
« Pourtant, son père l’avait prévenu : « Tu seras malheureux, les jaloux sont des malheureux. » C’était vrai. La jalousie est une obsession qui consume celui qui la ressent.« 

Mon avis : Swann Delva est un étudiant en philosophie à la Sorbonne, à Paris. Jeune homme introverti et solitaire, il décide de se trouver un petit job d’étudiant pour pouvoir financer ses études. C’est à la RATP, dans le métro parisien, derrière un guichet, qu’il va passer la majeure partie de ses semaines. Un petit boulot comme un autre, qui ne l’enchantait guère. Jusqu’au jour où Philippe, son manager, lui fait visiter une station de métro abandonnée et fermée au public. Cet univers mystérieux attire irrémédiablement Swann, qui décide de mener des enquêtes sur ces stations fantômes, afin d’impression son meilleur ami, en l’y amenant. C’est comme ça que Swann va découvrir Haxo, une station de métro désaffectée, qui a la capacité de transporter le jeune homme dans un univers parallèle et onirique : Samarra, en Irak. Là-bas, Swann ne sera plus la personne qu’il est à Paris, mais sera le Messager Boussouf, conseiller spécifique du grand Calife, celui qui sera à même de répondre à la question de ce dernier : peut-on espérer une vie après la mort ?

Isabelle de Lassence nous embarque dans un monde onirique, qui contraste grandement avec la grisaille parisienne. C’est un véritable voyage initiatique dans le temps que nous faisons aux côtés de notre protagoniste. Comme par magie, on atterrit dans un monde parallèle, à un siècle lointain, où les us et coutumes sont totalement différentes de tout ce que nous connaissons.  Déroutant de prime abord, je me suis laissé porté par ce  voyage féerique, qui a finit par m’enchanter.

Loin d’être inquiété, Swann se sent au contraire très à l’aise dans ce nouvel univers, doté d’une nouvelle identité, qui lui apporte luxe et gloire à outrance. Le contraste entre son moi Parisien et son moi à Samarra est d’ailleurs sans appel : introvertie, timide et solitaire à Paris, il est exubérant, sûr de lui et provocateur à Samarra. Pareil dans le domaine amoureux : alors que sa mère peine à lui trouver une compagne à Paris, il s’éprend d’une jolie jeune femme nommée Inès à Samarra. Plus qu’un voyage dans le temps et bien plus qu’un rêve, c’est une quête identitaire que va mener notre héros. Grâce à ces pérégrinations, il va s’apprivoiser et apprendre à se connaître vraiment.

Son esprit spirituel et philosophique va également être mis à rudes épreuves, puisque le Calife de Samarra souhaite qu’il réponde à sa question de la vie après la mort. Une interrogation philosophique difficile à argumenter, qui va faire travailler les méninges de notre apprenti philosophie, et surtout lui apprendre à penser et réfléchir par lui-même. Swann se transforme et change… après tout, n’est-ce pas cela que l’on appelle grandir ?


L’auteure nous propose un roman poétique et féerique, qui dépayse et étonne. Ajouté à cela une dose de pensée philosophique et de rationalisme, et vous aurez le cocktail parfait pour passer un excellent moment !

Ma note : 8/10

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