Le cadeau


Le cadeau de Sebastian Fitzek
332 pages, éditions l’Archipel, à 22€


Résumé : Arrêté à un feu à Berlin, Milan Berg aperçoit sur le siège arrière d’une voiture une ado terrorisée qui plaque une feuille de papier contre la vitre. Un appel au secours ? Milan ne peut en être certain : il est analphabète. Mais il sent que la jeune fille est en danger de mort.
Lorsqu’il décide de partir à sa recherche, une odyssée terrifiante commence pour lui. Accompagné d’Andra, sa petite amie, Milan est contraint de retourner sur l’île de son enfance. Là, il va découvrir des pans entiers de son passé qu’il avait oubliés…
Une cruelle prise de conscience s’impose alors : la vérité est parfois trop horrible pour qu’on puisse continuer à vivre avec elle – et l’ignorance est souvent le plus beau des cadeaux…

Comme à son habitude, Sebastian Fitzek a imaginé un scénario diabolique qui manipule le lecteur pour son plus grand plaisir.


Extraits« Il s’était demandé pourquoi il était tombé aussi désespérément amoureux d’une telle marginale. Peut-être parce qu’Yvonne appartenait à cette rare espèce de gens qui ne se définissaient pas selon ce que le monde voyait en eux, mais selon la manière dont eux-mêmes le voyaient.« 

« N’étaient-ils pas tous des voyageurs conscients que, comparée à l’immensité de l’univers, chaque existence n’était qu’un bref arrêt en bordure d’autoroute ? »


Mon avis : Lorsque Milan croise une voiture suspecte sur la route, avec, à son bord, un couple et une petite fille à l’arrière tenant une feuille de papier, il en est certain, quelque chose de louche se passe. Étant analphabète, Milan n’arrive pas à déchiffrer ce que la jeune fille a écrit sur sa feuille, mais décide de suivre le couple jusque chez eux. Quelques heures plus tard, accompagné de sa petite amie, ils retournent sur les lieux déserts, découvrent un étrange mot codé et reçoivent un coup de téléphone du corbeau, qui leur demande une somme d’argent rondelette en échange de la fille. Grâce au message crypté, qu’il est seul à pouvoir lire, Milan comprend qu’il n’a pas été choisi au hasard : l’enlèvement de l’adolescente a un lien avec sa propre vie. Il lui reste à découvrir lequel. Ni une ni deux, Milan et sa compagne se lancent sur les traces des ravisseurs, à la recherche de la jeune fille kidnappée. Une course-poursuite haletante et un compte à rebours sanglant vont démarrer. Milan doit à tout prix sauver la fille avant qu’elle ne soit torturée puis tuée.

Rassurez-vous, les scènes de tortures sont peu nombreuses et grandement supportables. Seule la scène finale peut choquer les lecteurs les moins avertis ; le reste du récit propose un contenu modéré. Dans Le cadeau, Sebastian Fitzek nous offre un thriller complexe, qui donne littéralement des noeuds à la tête. Il faut être bien accroché pour arriver à détricoter l’ensemble des éléments présentés. Je ne m’étalerais pas sur l’intrigue en elle-même, par peur de vous dévoiler des éléments clefs et de vous gâcher l’effet de surprise imaginé par l’auteur. Sachez cependant que le récit est très bien ficelé, brillamment rythmé, les événements s’enchaînent avec fluidité, de façon à rendre le lecteur rapidement accro à l’histoire. C’est bien simple : je ne pouvais plus me résoudre à lâcher le livre avant d’avoir compris le fin mot de l’histoire.

De même, j’ai beaucoup aimé l’originalité du récit et surtout sa complexité. On sent que l’auteur a souhaité se démarquer des autres auteurs de thriller, en apportant une dose d’originalité supérieure à son histoire, de manière à ce qu’il marque un peu plus longuement les esprits. La psychologie des personnages est bien développée ; on pénètre dans la tête de Milan, tout comme on essaie de comprendre les agissements des ravisseurs et le ressenti de la pauvre victime. Mais l’auteur n’a pas dit son dernier mot et attend de nous manipuler jusqu’aux dernières pages.


Un thriller psychologique rythmé et bien ficelé, qui nous manipule avec brio. La trame du récit est assez complexe, il faut s’accrocher pour comprendre l’ensemble des mécanismes, mais le jeu en vaut la chandelle : C’était mon premier Sebastian Fitzek, mais je doute que ce soit le dernier !

Ma note : 8/10

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ISBN : 978-2-8098-4122-0
Traduction : Céline Maurice

Au nom de ma mère


Au nom de ma mère de Hanni Münzer
473 pages, éditions l’Archipel, collection Archipoche, à 8,95€


Résumé : Étudiante à Seattle, Felicity reçoit un appel : Martha, sa mère, a disparu… Felicity la retrouve à Rome, où Martha s’est enfuie avec des archives familiales.
Martha a en effet découvert une longue lettre écrite par sa propre mère, Deborah, fille d’une diva qui connut son heure de gloire aux débuts du IIIe Reich. Une lettre qui va plonger Felicity dans une quête douloureuse.
Alternant passé et présent, ce roman mêle amour et trahison, colère et culpabilité, péché et expiation, autour d’un secret de famille courant sur quatre générations.


Extraits« On dit que le poids de la vérité est trop lourd à porter même pour Dieu.
La vérité possède ses propres lois physiques. Au moment où on l’attend le moins, elle remonte à la surface comme une bulle pour nous accuser. »

« Nous autres êtres humains formons les maillons d’une longue chaîne qui nous relie les uns aux autres, car chacun de nous porte en soi un fragment de l’existence et des pensées de ceux qui l’ont précédé. Si l’amour est le coeur, le souvenir est l’âme et tous deux sont immortels. »


Mon avis : L’histoire se déroule dans une Allemagne plongée en plein coeur de la seconde Guerre Mondiale. Nous y faisons la connaissance d’Elisabeth, une cantatrice réputée à travers le monde pour son art, de son mari Gustav, un médecin juif reconnue et apprécié et de leurs deux enfants : Deborah et Wolfgang. Lorsqu’il devient évident que l’ensemble de la population juive est menacée par les idées hégémoniques d’Hitler, Gustav et Elisabeth décident de fuir l’Allemagne pour se réfugier en Angleterre. Mais leur fuite ne se déroule pas comme prévue : Gustav disparaît mystérieusement en chemin vers Londres, laissant seuls sa femme et ses deux enfants. Elisabeth doit faire des choix pour protéger coûte que coûte ses enfants de l’ennemi nazi.

L’histoire alterne entre ce récit au passé et quelques bribes de présent, principalement insérés au début et à la fin du livre, comme introduction et conclusion du récit. Dans ces épisodes présents, nous y découvrons Félicity et sa mère Matha, qui partent à Rome, sur les traces de la grande-mère de l’une et mère de l’autre : Deborah, la fille d’Elizabeth. L’histoire qu’elles vont découvrir va les emporter tout droit dans l’horreur de la seconde Guerre Mondiale.

C’est un roman intéressant, mélange savant d’épisodes historiques et d’une histoire familiale émouvante. On ressent l’atmosphère effroyable de la guerre, la tension palpable, le danger omniprésent, la montée du nazisme, les crimes qui se préparent, l’avenir qui s’assombrit. Attention tout de même pour les personnes qui souhaiteraient lire Au nom de ma mère pour le contexte historique : la guerre est insérée en toile de fond du livre et ne permet pas d’approfondir ses connaissances sur cette période. Toutefois, le tout donne un récit bien construit, uni, dynamique, prenant, qui se laisse lire avec fluidité.

Néanmoins, bien que j’ai grandement apprécié lire ce livre, je n’en ai plus qu’un vague souvenir quelques jours seulement après la fin de ma lecture. Ce qui signifie qu’il ne m’a pas forcément marqué, qu’il n’est pas sorti du lot, que le récit n’était pas assez original peut-être, qu’il manquait de consistance et de matière certainement. Il est vrai que cette période de l’histoire a déjà été énormément apporté dans la littérature. Hanni Münzer a tenté d’innover, en liant une juive et un nazi, en parlant de manipulation, de chantage, de secrets, d’espionnage en y ajoutant une dose de mystères et pleins de suspense… mais rien n’y a fait : ce genre de récit a déjà été abordé trop de fois et souvent bien mieux que ne l’a fait l’auteure d’Au nom de ma mère. Enfin, il m’a certainement manqué de la subtilité dans le récit, de l’émotion, des personnages plus caractériels et dessinés. Je suis resté en surface de l’histoire, appréciant découvrir cette romance dramatique, mais sans forcément m’y attacher. 


Au nom de ma mère lie habilement roman historique et saga familiale dans une histoire prenante sur la seconde Guerre Mondiale. J’ai bien aimé le récit, mais j’insiste sur le fait que cet angle a déjà été abordé maintes fois en littérature et qu’il manquait cruellement de consistance : il n’est donc ni novateur ni pérenne dans l’esprit des lecteurs.

Ma note : 6/10

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ISBN : 978-2-37735-407-8
Traduction : Anne-Judith Descombey

À l’ouest rien de nouveau


À l’ouest rien de nouveau de Erich Maria Remarque
219 pages, éditions Le Livre de Poche


Résumé : Quand nous partons, nous ne sommes que de vulgaires soldats, maussades ou de bonne humeur et, quand nous arrivons dans la zone où commence le front, nous sommes devenus des hommes-bêtes… »
Témoignage d’un simple soldat allemand de la guerre de 1914-1918, A l’ouest rien de nouveau, roman pacifiste, réaliste et bouleversant, connut, dès sa parution en 1928, un succès mondial retentissant et reste l’un des ouvrages les plus forts dans la dénonciation de la monstruosité de la guerre.


Extraits : « Ainsi voilà ce qu’ils pensent, voilà ce qu’ils pensent, les cent mille Kantoreks ! « Jeunesse de fer. » Jeunesse ? Aucun de nous n’a plus de vingt ans. Mais quant à être jeune ! Quant à la jeunesse ! Tout cela est fini depuis longtemps. Nous sommes de vieilles gens. »

« Il est, d’ailleurs, comique que le malheur du monde vienne si souvent de gens de petite taille : ils sont beaucoup plus énergiques et insupportables que les personnes de haute stature. Je me suis toujours efforcé de ne pas faire partie de détachements commandés par des chefs de petite taille : ce sont, le plus souvent, de maudites rosses. »


Mon avis : Sans doute connaissez-vous déjà ce titre, ou du moins, en avez-vous déjà entendu parler, que ce soit du roman d’Enrique Maria Remarque ou des nombreuses adaptations cinématographiques de 1930, 1979 ou plus récemment, celle de 2015. À l’ouest rien de nouveau narre le quotidien éreintant des soldats allemands au front lors de la première Guerre mondiale. Une expérience immersive exceptionnelle, qui nous fait prendre pleinement conscience des dures réalités de la guerre.

La violence est omniprésente. La tension est palpable à chacune des pages, l’effroi, la peur. Ses soldats ne vivent pas au jour le jour, pire, ils tentent de survivre de minute en minute. L’auteur décrit avec minutie les attaques successives, les courses effrénées sur le champ de bataille, le bruit assourdissant des salves des armes, les détonations des obus. Ajoutons à cela l’hécatombe impressionnante des corps, les régiments décimés, l’odeur de sang omniprésente, les blessés par milliers. Le personnel soignant fait son possible pour venir en aide aux plus meurtris, mais rares sont ceux qui arrivent à s’en sortir indemnes. Les plus chanceux (bien que cela ne s’apparente aucunement à une chance telle quelle), retourneront combattre au front, jusqu’à la prochaine blessure… ou jusqu’à la mort.

J’ai été particulièrement touchée par la désolation du narrateur face à l’arrivée de très jeunes recrues. Déjà que lui-même, à peine âgé de dix-neuf ans, a été mobilisé au front sans grande préparation militaire ou psychologique ; il voit arriver avec horreur des centaines de renforts, des jeunes à peine sortie de l’adolescence, qui ne savent pas manipuler d’armes, qui se retrouvent projetés, seuls, dans une bataille qui les dépasse. Sans entraînement ni préparation suffisante, les pertes sont nombreuses, incalculables.  Comme l’explique si justement l’auteur, ces jeunes n’ont encore rien vécus de leur vie et se retrouvent au coeur d’un conflit mondial, dont ils ne savent même pas les tenants et aboutissants. L’absurdité de cette guerre meurtrière est plus que jamais pointée du doigt.

Dans les tranchées, le confort est sommaire. Les rations sont maigres, quand elles ne sont pas absentes. Les rats pullulent et mangent continuellement les provisions que les soldats gardent en prévision des jours prochains. Un ennemi de plus, aussi petit soit-il, qui vient ajouter une difficulté supplémentaire à leur quotidien déjà très sombre.

Les permissions sont également des moments forts de la vie des soldats. Un temps qu’ils prennent pour eux, pour leur famille aussi, soulagée et heureuse de les voir rentrer vivants. Mais c’est un temps éphémère, qui cause souvent bien plus de mal qu’il n’apporte de bien : les retrouvailles sont furtives, le départ inexorable guette, les prochaines rencontres sont incertaines. Mais pour le soldat qui retrouve sa famille, c’est avant tout un sentiment de lâcheté qui s’empare de lui ; il se sent honteux de laisser ses camarades d’armes combattre au front, alors que lui profite d’instants heureux, en sécurité à l’arrière. De retour dans les tranchées, notre narrateur, emprunt d’une culpabilité grandissante, essaiera de compenser son absence par une présence toujours plus accrue dans la bataille.

On ressent avec puissance cet aspect communautaire et solidaire qui lie les soldats entre eux. Dans cette guerre meurtrière, il est essentiel de se soutenir les uns les autres. Dans ces moments sombres, l’humour devient important : les blagues s’enchaînent, apportant un semblant d’insouciance et de légèreté. Mais très vite, la réalité reprend ses droits, la folie des hommes se développe, la mélancolie, puis la désespérance.

Enfin, vient l’inexorable sentiment de traumatisme. Après avoir vu tant d’horreurs, le cerveau humain peut-il continuer à vivre comme si de rien n’était ? Comment reprendre une vie normale, quand tant d’autres ont péris ?


Un roman historique émouvant sur le quotidien terrifiant des soldats du front. Il met en lumière toute l’horreur et l’absurdité de la première Guerre Mondiale, les combats, les peurs, les espoirs et désespoirs, la fraternité, devenue essentielle durant ce sanglant conflit. Un livre dur, qui rend un hommage bouleversant aux jeunes générations sacrifiées.

Ma note : 8,5/10

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ISBN : 2-253-00670-X
Traduction : Alzir Hella et Olivier Bournac

Le château des brumes


Le château des brumes de Kerstin Gier
375 pages, éditions Le Livre de Poche jeunesse, à 6,90€


Résumé : Un hôtel somptueux, caché dans les nuages. Des intrigues à tous les étages. Et au milieu de tout cela, Fanny, une jeune stagiaire de 17 ans. Comme le reste du personnel, elle a fort à faire pour offrir aux clients un séjour exceptionnel en cette fin d’année. Elle est loin de se douter qu’elle va bientôt se retrouver au beau milieu d’une aventure périlleuse. Elle est loin de se douter qu’elle risque non seulement de perdre son emploi, mais aussi son cœur.


Extraits : « Vous m’avez dit qu’on ne pouvait prendre à personne sa maison quand on portait sa maison en soi-même. Et que l’on porte en soi tout ce qu’il faut pour être heureux. »

« Pour ma défense : on peut perdre de vue plus vite qu’on ne le pense des enfants dans la neige quand ils font exprès de filer et sont vêtus de blanc de la tête aux pieds. Des vêtements de ce genre devraient être interdits par la loi. »


Mon avis : Une lecture propice à la période de Noël : enchanteur, féerique, le château des brumes est un lieu atypique, idéal pour passer les fêtes de fin d’année… mais derrière son aspect propret, se cachent bien des mystères. Nous suivons Fanny, une jeune stagiaire de 17 ans, engagée pendant un an au château, pour réaliser de menues tâches du quotidien. À l’approche des fêtes, le château reprend vie, il se remplie, mais pas de n’importe qui : les clients sont des gens fortunés, qui viennent se relaxer loin de l’agitation de la société mondaine. Mais derrière son apparence tranquille, les murs du château sont secoués par des mystères ensorcelants, qui donneront du fil à retordre à notre héroïne.

Les décors du château son authentiques : des pièces à n’en plus finir, de mystérieux passages secrets dissimulés dans des endroits improbables, une décoration vintage, composée de lustres d’antan, d’une somptueuse bibliothèque, d’une immense salle de bal… un cadre féerique et enchanteur, qui ne m’a pas laissé indifférente. J‘ai grandement apprécié les descriptions de cet endroit, qui ont contribué à m’immerger d’autant plus dans l’histoire. Ajoutons à cela une ambiance de fête tout à fait exquise : la neige tombe à gros flocons, l’effervescence à l’approche des fêtes se fait sentir, les préparatifs vont bon train, les clients sont excités, tandis que les saisonniers sont inquiets et stressés.

Dans ce décor féerique se glissent de nombreuses intrigues. Vol de bougie, disparition d’enfants, personnage mystérieux à l’identité intrigante… autant de soucis qui irritent notre jeune protagoniste, bien résolue à résoudre tous ces tracas. Avec courage, elle va prendre les choses en main, bien décidée à mener à bien toutes ces enquêtes. Autant vous dire qu’on ne s’ennuie pas un seul instant au château. Les journées de Fanny sont bien remplies : entre son travail quotidien, ses enquêtes préliminaires et les ses déboires avec les clients et personnels de l’hôtel, la jeune fille n’a pas une minute à elle. Heureusement, elle peut compter sur le soutien infaillible de ses deux nouveaux meilleurs amis : Ben, le fils de l’hôtelier venu aider son père et Tristan, le petit-fils d’un célèbre gemmologue, qui séjourne au château pour les fêtes de fin d’année. L’enquête ne sera pas de tout repos pour ces trois complices… Malheureusement, il en sera tout autre des lecteurs : je n’ai pas trouvé de réel intérêt à l’enquête, que j’ai trouvé quasiment inexistante. L’histoire est bien menée, mais au final, on se rend compte qu’elle est assez creuse, qu’elle manque de corps, d’une narration solide, de suspense, d’intrigue. Néanmoins, j’ai quand même apprécié le dénouement : les apparences sont souvent trompeuses : vous l’apprendrez à vos dépens grâce à une fin surprenante, que personne ne peut préméditer !

En plus de ces enquêtes aventureuses, la jeune fille doit faire face à une singulière enquête amoureuse. Un triangle amoureux se met en place : la jeune Fanny est à la fois courtisée par ses deux fidèles comparses : Ben et Tristan. Qui des deux garçons remportera le coeur de la belle ? Une romance pleine de douceurs, qui vient apporter davantage de féerie dans ce décor exquis.

J’ai beaucoup aimé la pléthore de personnages ; tantôt d’authentiques gentils, comme M. Rocher, le vieux concierge de l’hôtel, toujours prêt à aider ou écouter quiconque en ressent le besoin, ou Ben le fils de l’hôtelier, garçon docile et charmant… Ceux-ci viennent contraster avec d’odieux personnages : le propriétaire de l’hôtel, sournois, tyrannique, acerbe, ou les jeunes saisonnières, qui font vivre un enfer au quotidien de Fanny. Bien que très nombreux, on arrive à s’y retrouver assez facilement dans ce maelström de personnages.

Et pour ceux qui auraient passablement du mal à se souvenir de chacun des clients et personnages séjournant à l’hôtel, l’auteure a dressé une liste complète de ceux-ci à la fin du livre. Ainsi, vous pourrez retrouver en détails tous les personnages qui apparaissent un tant soit peu dans le récit, sans aucune excuse si vous en oubliez un. En bonus également, un glossaire sur des termes spécifiques au métier de l’hôtellerie, des mots peu communs dans le langage courant, ou compliqués à comprendre pour des adolescents. Un glossaire judicieux et bien pensé, qui, je l’espère, sera bénéfique aux plus jeunes.


Une lecture jeunesse captivante et pleine d’actions, qui nous entraîne au coeur d’un château féerique empli de mystères. Une intrigue assez pauvre, mais des personnages intéressants qui évoluent dans un décor enchanteur.

Ma note : 6,5/10

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ISBN : 978-2-01-713393-3
Traduction : Nelly Lemaire

Le Sourire des femmes


Le Sourire des femmes de Nicolas Barreau

329 pages, éditions Le Livre de Poche, à 7,10€


Résumé : Le hasard n’existe pas ! Aurélie, jeune propriétaire d’un restaurant parisien, en est convaincue depuis qu’un roman lui a redonné goût à la vie. À sa grande surprise, l’héroïne du livre lui ressemble comme deux gouttes d’eau. Intriguée, elle tente d’entrer en contact avec l’auteur, un énigmatique collectionneur qui vit reclus dans son cottage. Qu’à cela ne tienne, elle est déterminée à faire sa connaissance ! Une comédie romantique avec un soupçon de magie et un zeste d’enchantement.


Extraits : « L’année dernière, en novembre, un livre m’a sauvé la vie. Je sais que cela semble très peu vraisemblable. Certains pourraient trouver extravagant ou mélodramatique que je dise ce genre de chose. Malgré tout, c’est précisément ce qui s’est passé. »

« Les années ne signifient rien. Seul compte ce que tu en fais.« 


Mon avis : Une comédie romantique légère et enivrante, voilà bien le genre de lecture qu’il me fallait en ces temps sombres de confinement !

Aurélie est une jeune propriétaire d’un restaurant parisien. Un beau jour, son compagnon, Claude, lui laisse un mot de rupture, qui va l’anéantir. Pour se consoler, elle déambule dans Paris et échoue dans une librairie, où, sous les recommandations du librairie, elle repart avec un livre feel good, « Le Sourire des femmes ». Hasard ou coïncidence, ce roman, qui se passe à Paris, met en scène son restaurant et une protagoniste qui lui ressemble étrangement. Voyant dans cette coïncidence un signe du destin, Aurélie va écrire une lettre à l’auteur, Robert Miller, lui disant tout le bien que son livre lui a procuré et l’invitant à dîner dans son restaurant. Sauf que Robert Miller n’existe pas réellement, c’est un personnage inventé de toute pièce par l’éditeur, André Chabanais. Comment Aurélie va-t-elle réagir en apprenant ce mensonge ?

J’ai dévoré ce livre en une seule après-midi. C’est le genre de lecture printanière, au style d’écriture légère, fluide et rythmée qui m’emporte et me fait du bien. Le scénario est original, bien qu’un peu surjoué et irréaliste, on se prend quand même au jeu. Les personnages sont attachants, un peu naïfs parfois, mais on ressent de la compassion et l’empathie envers eux.

Je regrette néanmoins que la romance ne soit pas plus développée. On ne peut même pas parler d’histoire d’amour entre Aurélie et le personnage masculin, puisqu’elle ne reste qu’à son état embryonnaire, superficielle, fictive, peu crédible. Seuls les quelques chapitres finaux mettent en scène l’effusion romantique telle que je l’attendais durant l’ensemble de ma lecture.


Le Sourire des femmes est une comédie romantique qui fait du bien, grâce à laquelle on passe un agréable moment de lecture aux côtés de personnages sympathiques. Je n’en garderais pas un souvenir impérissable, mais j’ai apprécié la légèreté de l’histoire, qui m’a apporté gaieté et sourire.

Ma note : 6,5/10

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ISBN : 978-2-253-09981-9
Traducteur : Sabine Wyckaert-Fetick