Toi, Moi, Paris et tout le reste


Toi, Moi, Paris et tout le reste de Adeline Ferrigno

334 pages, éditions Hachette romans, à 18€


Résumé : « Vu d’aussi haut, j’ai l’impression que Paris se déploie à mes pieds, que je peux marcher sur les toits. Tout est possible, tout est à portée de main. C’est une sensation unique. Tu ne trouves pas ? »

Quand elle apprend le divorce de ses parents, Amanda a l’impression que son monde s’effondre. Julian, lui, part à la dérive depuis le décès de son père.
Le soir où ils se rencontrent à une fête, l’attirance est immédiate. Mais la réputation de tombeur de Julian le précède et Amanda déchante bien vite.
Des mots en l’air, un jugement trop hâtif et c’est l’explosion. Décidés à ne jamais se revoir, ces deux forts caractères ne sont pas au bout de leurs surprises…


Extraits « On ne s’habitue jamais à l’absence d’un parent. Surtout quand on ne le reverra jamais. »

« Quand on a l’impression que tout nous échappe, on tente de se rattacher à quelque chose que l’on maîtrise. Et pour le moment, moi, c’est à la clope. »


Mon avis : Toi, moi, Paris et tout le reste, c’est une jolie romance young adult, qui se déroule dans la ville des amoureux, la romantique Paris. Amanda et Julian, deux adolescents, ont vécu des tragédies qui les ont détruits, et changés. Julian a perdu son père, qui s’est mystérieusement suicidé, sans donner d’explications. Quant à Amanda, elle a vue ses parents se séparer et sa mère partir à l’autre bout du monde, à Tokyo. C’est par un coup du hasard, ou du destin, dirons certains, que leur deux familles vont se rencontrer et cohabiter momentanément ensemble. Si les débuts entre ces deux jeunes étaient assez explosifs, très vite, ils vont se rendre compte qu’ils s’attirent mutuellement.

L’amour peut changer un homme : la preuve en est dans ce livre. Julian, désoeuvré, perdu, déconnecté de sa vie et de sa famille, va peu à peu retrouver pied, grâce à Amanda. Amanda, surprise par le divorce soudain de ses parents et par le départ de sa mère à l’autre bout du monde, va remonter la pente en s’aidant de Julian. Ensemble, ils vont combattre les drames qui animent leur vie, et vont retrouver le goût d’aimer et la joie de vivre. Une histoire pleine d’espoir, qui redonne le sourire.

C’est un roman doux et léger que nous offre Adeline Ferrigno, avec quelques scènes de sensibilisation pour les plus jeunes. En effet, ce Young adult met en garde contre les mauvaises soirées à répétition, dans lesquelles se retrouvent alcools, drogues et maladies sexuellement transmissibles. Notre protagoniste Amanda va en faire les frais : légèrement alcoolisée pour entrer pleinement dans l’ambiance de la soirée, elle va se faire droguer à son insu et va passer à deux doigts de la catastrophe. C’est un roman qui se veut moralisateur, puisqu’il met en garde le public cible contre les mauvaises pratiques liées à l’alcool, aux drogues et au sexe.


Une romance young adult légère et savoureuse, qui met en scène un couple naissant aux relations conflictuelles. 

Ma note : 7/10

 

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Le week-end


Le week-end de Natasha Preston

371 pages, éditions Hachette romans, à 18€


Résumé : « Ils pensent qu’ils sont invincibles. Ils pensent pouvoir faire et dire ce qu’ils veulent, sans jamais avoir à en assumer les conséquences. Ils ne m’ont pas laissé le choix. Il est temps pour eux de payer pour leurs péchés. »Un week-end entre amis, dans un chalet loin de tout,  c’est exactement ce dont Mackenzie avait besoin.  La bande se retrouve, impatiente que la fête commence.Un verre, puis deux.  Et la nuit tombe dans l’oubli.Au réveil, c’est l’horreur.  Deux d’entre eux sont morts,  sauvagement assassinés.  Aucune trace d’effraction ni signe de lutte.  Les cinq survivants n’ont d’autre choix que de se suspecter ? Quelqu’un ne dit pas la vérité.  Et la première erreur de Mackenzie est de croire que ce cauchemar est terminé.


Extrait  « Les secrets qu’on se cache à soi-même sont les plus dangereux. »


Mon avis : Natasha Preston est une auteure talentueuse, que j’ai déjà découverte l’année dernière à travers son thriller Young adult La Cave. L’histoire de son précédent roman m’avait conquise, bien que la fin m’ait un peu déçue. Dans Le week-end, le schéma se reproduit à l’identique : j’ai beaucoup apprécié la narration, le suspense et toute l’intrigue, mais la fin en eau de boudin m’a terriblement déçue.

Ce livre raconte l’histoire d’une bande d’amis, qui décident de se retrouver un week-end tous ensemble dans la maison de l’un deux, pour boire, faire la fête et s’amuser comme des jeunes de leur âge. La soirée bat son plein, l’alcool coule à flot, les couples commencent à se former, puis… trou noir. Ils se réveillent le lendemain et découvrent que deux d’entre eux sont décédés durant la nuit. Aucune trace d’effraction n’est relevé : le coupable se cache forcément parmi eux.

J’avoue que l’histoire est alléchante et qu’elle est additive. L’auteure nous donne envie d’en découvrir davantage à chaque chapitre, si bien que par moment, j’ai vraiment eu du mal à me détacher de ma lecture. Nous faisons la connaissance de chacune des personnes présentes ce fameux week-end lors de la fête tragique : il y a tout d’abord Mackenzie, notre protagoniste, qui a vu le corps sans vie de sa meilleure amie Courtney dans la cuisine de la maison. Courtney était en couple avec Josh, le riche de la bande, celui qui a prêté la maison pour faire la fête, mais qui est lui aussi décédé. Blake, le demi-frère de Josh fait aussi parti des suspects, tout comme Kyle, Megan et Aaron. En tout, ce sont cinq personnes qui sont suspectées d’avoir assassiné leurs amis. Mais pour quelle raison ?

Natasha Preston prend un malin plaisir à faire tourner le lecteur en bourrique et à nous envoyer sur de fausses pistes. Car le dénouement est assez surprenant, et rare doivent être les lecteurs qui arrivent à percer le mystère avant la fin. Comme dans La Cave, j’ai trouvé qu’il manquait de solidité, qu’il n’avait pas été assez travaillé. C’est une fin un peu trop facile à mettre en place, je m’attendais à quelque chose de plus surprenant, de moins bâclé.


Un thriller captivant, qui a su me divertir, mais dont le dénouement m’a déçu. 

Ma note : 6/10

 

Clean


Clean de Juno Dawson

372 pages, éditions Hachette romans, à 18€


Résumé : « Visage écrasé contre le cuir. Odeur de voiture neuve.
Je ne peux pas bouger. J’ai été kidnappée. Je ne peux pas bouger.
J’ouvre les yeux. Ça fait mal. Mais j’aperçois mon frère, Nikolai.
― Nik ?
― Tout va bien, Lexi, je vais te trouver de l’aide.
Oh, putain, cette fois, il l’a fait. Il a décidé de me sauver. »

Voilà comment je me suis retrouvée coincée au Clarity Centre, un hôtel de luxe pour les accros en tout genre. Pour moi, c’est un peu Alcatraz avec un spa.
Chacun son poison. Pour Ruby, c’est la bouffe. Pour Kendall, c’est l’excès inverse. Pour Saif, c’est la drogue (aucune originalité), comme moi. Et Brady… Brady, le beau gosse de service, c’est un grand mystère.
Bref, on forme une belle bande de déglingués. Et la nouvelle venue, Sasha, semble encore plus tarée que les autres. La grande question : sommes-nous prêts à être clean ?


Extraits « Si je me sens aussi mal sans ces comprimés et les autres substances, il faut bien en conclure que j’ai une dépendance. Cette idée me donne la chair de poule, autant que des ongles sur un tableau noir. »

« Il ne s’agit pas de prétendre que les risques n’existent pas, il s’agit pour chacun d’accepter la relation qu’il entretient avec eux et de prendre les mesures nécessaires pour se protéger. »


Mon avis : Le Clarity Centre, c’est un centre de désintoxication de luxe pour les accros en tout genre. Il est situé sur une île déserte et accueille des privilégies venus du monde entier pour se faire soigner. Lexi, notre protagoniste, est accro à la drogue, tout comme Saif, un autre pensionnaire richissime. La drogue de Ruby, c’est la nourriture, quant à Kendall, sa drogue, c’est au contraire d’avoir le ventre vide. La drogue du jeune Brady reste à ce jour un grand mystère, qu’aimerais bien percer Lexi. Autant de pensionnaires qui vont devoir cohabiter tout en tentant de soigner leurs maux.

J’ai vraiment beaucoup aimé découvrir cette histoire. C’est un roman à destination des jeunes adultes, qui dégage beaucoup de maturité. L’auteur traite des addictions, un sujet dans l’ère du temps, qui atteint en moyenne beaucoup plus la cible qu’elle cherche à viser : les grands adolescents et jeunes adultes. Drogues, anorexie, boulimie… autant d’addictions qui peuvent détruire des vies entières. Mais chaque addiction peut se soigner, c’est ce que cherche à nous démontrer l’auteure. Pour se faire, il faudra être vaillant, tenace et courageux, il faudra se combattre soi-même avant d’arriver à combattre son addiction.

Le style d’écriture est addictif, on se laisse happer autant par l’histoire que par les protagonistes. J’ai réussi à me projeter sur cette île déserte aux côtés des pensionnaires et à entrer véritablement dans l’histoire avec eux, et ça, c’est grâce au remarquable travail d’écriture de Juno Dawson. Elle arrive à alterner des scènes d’actions avec des scènes plus douces et à incorporer dans son récit un grand nombre de mystères, qui donnent du piquant à l’histoire. Tout est bien dosé, pour le plus grand plaisir des lecteurs !


Un roman addictif et moderne, qui délivre un message d’espoir pour toutes les personnes atteintes d’addiction en tout genre. J’ai vraiment bien aimé, et je le recommande !

Ma note : 9/10

 

Mirror mirror


Mirror mirror de Cara Delevingne et Rowan Coleman

403 pages, éditions Hachette romans, à 18€


Résumé : Peut-être que je ne suis pas aussi réglo que je le croyais. Peut-être que je suis vraiment un monstre.
Red a une mère alcoolique et un père absent. Le frère de Leo l’entraîne sur une pente sombre et violente. Rose se réfugie dans les bras des garçons et dans l’alcool pour noyer ses mauvais souvenirs. Naomi fugue à la recherche d’une liberté qui lui échappe. Ils sont seuls contre le monde… Jusqu’au jour où ils se réunissent pour former un groupe. Avec Mirror, Mirror, ils peuvent enfin être eux-mêmes. C’est alors que Naomi disparaît. On la retrouve des semaines plus tard, au bord de la mort, dans la Tamise. La police pense à une tentative de suicide. Ses amis sont dévastés. Comment ont-ils pu ne pas remarquer qu’elle allait si mal ? Connaissaient-ils vraiment Naomi ? Se connaissent-ils vraiment ?
Bientôt, une série d’indices sème le doute. La réponse n’est peut-être pas celle que l’on croit. Sur le chemin de la vérité, Red, Leo et Rose devront affronter leurs propres peurs et leurs propres secrets. À présent, rien ne sera jamais plus pareil : nul ne peut réparer un miroir brisé.


Extraits :  « Je suis dans la normalité, je lui réponds sans me démonter. Ma normalité, maman. Tu ne piges pas ? Mon but n’est pas de blesser les autres, j’essaie juste d’être moi-même. »

« La peur ne vient toujours pas. Alors la vodka a cet effet… Elle vous vide de toute émotion et vous laisse intrépide. On pue et on souffre, mais on n’a plus peur. »


Mon avisJ’étais étonnée, mais surtout très curieuse de découvrir ce roman, signé par la célèbre mannequin internationale : Cara Delevingne.

Red, Rose, Leo et Naomi vivent une très belle histoire d’amitié. Rapprochés par Mirror miroir, le groupe de musique qu’ils ont montés ensemble, ils sont devenus au fil du temps les meilleures amis du monde. Mais un beau jour, Naomi disparaît. Elle sera retrouvée, quelques semaines plus tard, inconsciente, dans l’eau. Qu’à-t-il bien pu lui arriver ? Red décide de mener l’enquête pour découvrir ce qui est arrivé à sa meilleure amie.

En premier lieu, Mirror mirror, c’est un polar jeunesse. Un mystère plane autour de la disparition de Naomi et de l’état dans lequel elle a été retrouvée. Une enquête va être menée par Red, pour tenter d’élucider ce mystère.

L’histoire est bien écrite, mais j’y ai perçu de la maladresse. L’intrigue et toutes les péripéties étaient trop prévisibles. Le dénouement, quant à lui, n’avait rien de surprenant. Bien évidemment, j’écris ces mots avec ma vision de jeune adulte qui a déjà lu des centaines de polars. Un jeune lecteur peu habitué aux romans policiers peut se laisser prendre au jeu de l’enquête et tomber de haut au moment de l’annonce. Tout n’est qu’une question d’expérience.

En revanche, j’ai beaucoup apprécié que l’auteure aborde la thématique du questionnement identitaire. L’homosexualité, la normalité, l’estime de soi… sont autant de sujets importants pour les jeunes à la fleur de l’âge, qui se cherchent encore et se découvrent. L’originalité des personnages ne m’a pas échappée : j’ai particulièrement adoré Red, sa singulière personnalité, son homosexualité affirmée et sa grande maturité. Elle enjambe tous les clichés et se place en contestataire de la normalité. Un personnage haut en couleurs !

L’auteure l’avoue publiquement : elle s’est appuyée sur son histoire personnelle et les difficultés qu’elle a elle-même traversé lors de sa jeunesse, pour réaliser ce livre. Elle souhaitait faire passer un message de bienveillance et d’encouragement à tous ces jeunes qui en ont besoin. J’espère que la popularité de Cara Delevingne pourra servir comme échos auprès de ces jeunes, lancés dans une difficile quête de soi.

Par contre, ce qui est assez contradictoire dans cette histoire, c’est l’aide évidente que l’auteure souhaite apporter aux jeunes, couplée à l’inconsciente façon dont elle le fait. En effet, faites attention avant de mettre ce roman entre de jeunes mains, puisqu’il y est question d’alcool, de violence, et même de drogue. De mauvais exemples exposés aux yeux des plus jeunes…


Malgré un schéma narratif un peu trop simple, l’histoire reste bonne et sympathique à découvrir. L’auteure aborde des thématiques qui feront échos chez les adolescents : la quête identitaire, l’homosexualité, l’amitié, l’amour… De quoi en ravir certains !

Ma note : 5,5/10

Story of a girl


Story of a girl de Sara Zarr

269 pages, éditions Hachette romans, à 13,90€


Résumé : J’avais treize ans quand mon père m’a surprise avec Tommy Webber. Tommy avait dix-sept ans. Je ne l’aimais pas. L’histoire remonte à presque trois ans. Depuis, mon père ne m’a plus jamais regardée dans les yeux. Deanna voudrait se débarrasser de cette réputation de fille facile qui lui colle à la peau. Elle l’a décidé  : cet été sera celui de la seconde chance. En trouvant un petit boulot dans la pizzeria du coin, elle compte mettre de l’argent de côté. Suffisamment pour partir loin de cette ville, loin des préjugés, loin de cette image qui ne lui ressemble pas.Elle n’imaginait pas que le prix à payer pour se racheter une vie serait si élevé  : devoir affronter chaque jour la présence de Tommy, qui travaille avec elle ?


Extraits :  « C’est comme ça qu’on sait pouvoir se fier vraiment à quelqu’un, je crois ; quand on n’a pas à parler tout le temps pour s’assurer que la personne a encore de l’affection pour vous ou prouver qu’on a des choses intéressantes à dire.« 

« C’est à la fois triste et drôle à quel point les souvenirs de deux personnes à propos de la même chose peuvent être différents.  »


Mon avisDeux semaines après avoir terminé ma lecture, me voici à devoir écrire mon ressenti sur cette histoire. Problème : je ne me souviens que de la moitié de ce qui s’est passé. J’ai pourtant lu avec assiduité et minutie ; mais il faut se rendre à l’évidence : c’est un livre qui se lit vite et qui s’oublie encore plus vite.

Je vais quand même vous raconter en quelques lignes ce dont je me souviens. Deana est une jeune adolescente dont la réputation a été ruinée alors qu’elle n’avait que treize ans. En effet, alors qu’elle sortait et couchait avec Tommy, plus âgé qu’elle, son père les a surpris tous les deux. En plus d’être baissé dans l’estime de son père, Tommy est allé colporter des ragots mensongers à toute la ville. Résultat : des années plus tard, Deana est encore considérée comme une fille facile aux yeux de tous. Alors qu’elle tente de se débarrasser de cette étiquette qui lui colle à la peau, elle va devoir affronter son passé de plein fouet.

Le récit est simple, compréhensible par tous et assez bien écrit. L’histoire est réaliste et s’ancre dans la mentalité de notre société actuelle. Hélas, je vous avoue que je n’ai pas totalement adhéré à ma lecture. D’une part parce que je ne me suis pas attaché à la protagoniste, puisque je ne me suis absolument pas reconnu dans ses agissements, dans sa manière d’être, de parler, d’agir… Il ne fait aucun doute que Sara Zarr a voulu créer un personnage auprès duquel les jeunes adolescentes pourraient s’identifier et apprendre les rudiments de la vie. Je me pose donc la question : suis-je déjà trop vieille pour m’identifier à Deana ? D’autre part, je n’ai pas accroché à l’histoire elle-même, que j’ai trouvé finalement assez banale, trop simple peut-être. Pour preuve : après avoir fini ma lecture depuis quinze jours, je ne me souviens déjà presque plus de l’histoire, tant le récit manquait de piquant.


Un roman adolescent qui devrait plaire à la tranche d’âge ciblée, puisque l’auteure aborde des sujets de société courus par les jeunes (le sexe, l’amour, le pardon, la réputation…). Pour ma part, je n’ai pas accroché à la protagoniste et ai trouvé que l’histoire manquait d’intensité et de profondeur. 

Ma note : 4/10

 

La Cave


La Cave de Natasha Preston

396 pages, éditions Hachette romans, à 18€


Résumé : Imaginez une maison comme n’importe quelle autre. Dedans, une pièce. Dans cette pièce, une armoire. Derrière cette armoire, une porte. Au-delà de cette porte, des escaliers. Et en bas, une cave. Une cave où sont séquestrées trois filles, Rose, Iris et Violette, soumises à la folie maniaque et meurtrière d’un homme : Trèfle.
Dans une autre maison, dans une ville où il ne se passe jamais rien, Summer mène une vie parfaitement banale. Elle a des parents, un frère, des copines, un petit ami. Mais un soir, sa route croise celle de Trèfle, et Summer ne rentre pas chez elle. Elle se retrouve enfermée dans une cave en compagnie des autres filles et rebaptisée Lilas. Mais contrairement aux autres filles, elle n’est pas prête à accepter son sort jusqu’à faner et dépérir…


Extraits :  « La solitude est pire qu’une maladie mortelle. Chaque jour qui passe, on s’efface un peu plus. »

« Quand quelqu’un meurt, on peut lui faire les derniers adieux et accepter son départ. Ce n’était pas le cas : nous ne savions ni où elle était ni ce qui lui était arrivé. Nous n’avions aucune réponse, rien ne pouvait avoir de fin.« 


Mon avis : Généralement, quand ça fait longtemps qu’on a pas lu de thriller, on a toujours cette hâte d’en rouvrir un, couplé à la peur que nos attentes ne soient déçues. Toute excitée, j’ai foncé tête baissée dans ce roman… et j’en ressors ravie. Terrifiée, mais ravie.

Un homme, surnommé Trèfle, enlève et séquestre des filles, généralement prostituées et sans attaches, dans la cave de sa maison. Il s’amuse à les renommer avec des noms de fleurs (Iris, Violette, Rose et Lilas), et les considère comme sa famille. Un psychopathe dérangé, sur qui Summer, rebaptisée Lilas, est malencontreusement tombée. Traînée jusqu’à la cave, elle va faire la rencontre des trois autres filles prisonnières, qui vont lui expliquer leur calvaire et leur quotidien. Une chose est sûre : Summer n’est pas prête à se laisser faire et est bien décidé à tout faire pour se sortir de là.

L’histoire tourne autour de trois narrateurs différents : Lilas d’abord, qui raconte son quotidien comme prisonnière de la cave ; Lewis ensuite, le petit ami de Lilas, qui s’active pleinement pour tenter de retrouver sa copine ; Trèfle enfin, que l’on voit dans le présent, mais également dans sa vie passé. Trois narrateurs différents qui dynamisent l’histoire et tendent à ajouter une tension narrative au récit déjà électrique.

Car l’ambiance est angoissante et ne cesse de croître. La dynamique stylistique de l’auteure est telle que le lecteur, inconsciemment, se met à la place des filles captives. Comme elles, on se sent kidnappé, enfermé. Et on tourne en rond dans notre tête comme elles tournent en rond dans la cave : en attendant le dénouement final.

Hélas ! L’histoire est tellement exaltante est prenante, que je m’attendais à une apothéose finale, qui bouclerait en beauté cette intrigue épouvantable. Malheureusement, et c’est là mon seul regret, Natasha Preston va à la facilité, et nous livre une fin classique, très peu surprenante et peu travaillée. Je la trouve en deçà de l’entièreté de l’histoire. Dans l’ensemble, j’ai beaucoup aimé cette histoire et les puissantes émotions qu’elle nous transmet ; c’est pour cela que sans cette fin bâclée, ce thriller aurait été un véritable coup de coeur.

Plongez au coeur de ce roman psychologique oppressant, qui vous terrifiera autant qu’ils vous énervera. Un premier roman signé Natasha Preston, qui augure une jolie carrière future.

Ma note : 7,5/10

Normal(e)

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Normal(e) de Lisa Williamson

376 pages, éditions Hachette romans, à 16,90€


Résumé : La voilà, l’occasion pour moi de tout déballer.
Cinq petits mots : Je. Veux. Être. Une. Fille. Une phrase qui refuse de sortir. Qui me réduit au silence. Maman s’attend certainement à ce que je lui dise que je suis gay. Il y a sans doute des mois qu’elle se prépare à cette conversation. Sauf qu’elle et papa ont tout interprété de travers.
Je ne suis pas gay. Je suis juste une fille coincée dans un corps de mec.


Extrait :  « Tout plutôt que réfléchir. Parce que réfléchir, ça veut dire prendre des décisions. Et prendre des décisions, ça suggère qu’on a le choix. Et que le choix, c’est justement ce qui me manque en ce moment.« 


Mon avis : J’étais vraiment impatiente de découvrir cette histoire et je suis ravie de tout ce que j’y ai découvert. Un roman sur la tolérance et l’acceptation de soi et des autres, qui donne du baume et coeur et de l’espoir en l’humanité.

David est une fille, née dans un corps de garçon. Mais il est difficile pour lui de l’assumer devant ses parents et devant tous ses camarades d’école. Quand le tyrannique Harry l’humilie devant toute l’école, en lisant à haute voix son carnet secret, dans lequel il compilait toutes ses mensurations masculines qui lui font horreur, David est mort de honte. Heureusement que Léo, un jeune homme arrivé dans la même école que David, après s’être fait renvoyé de son ancienne école de Cloverdale, vient à sa rescousse. Mais derrière ses airs de gros durs, Léo est un garçon qui cache bien des secrets…

Normal(e), c’est un roman puissant, qui donne la parole à des personnes dites « transgenres », autrement dit qui adoptent une identité de genre différente de celle assignée à leur naissance. Dans ce livre, les protagonistes étant d’un âge assez jeune, ils vont privilégier le travestissement aux opérations de chirurgie de réassignation sexuelle, qui viendront sans doute plus tard. C’est avec simplicité et intelligence, que l’on découvre les raisons qui les pousse à vouloir changer de sexe.

On va suivre David, de l’acceptation de sa différence, en passant par la divulgation de ce secret, pour aller jusqu’à l’assimilation totale de sa nouvelle identité. Un personnage attachant puisque authentique, doté d’un courage étonnant.

C’est assez complexe de parler de ce livre. C’est une expérience de lecture qui se vit, et qui ne s’explique pas forcément. On ressent maintes émotions à la fois : on est touchés, meurtris, anéantis parfois, des comportements qu’on peut y découvrir, des méchancetés qui régissent le quotidien de David. Mais on est aussi heureux, émerveillés, ébahis, par la force de caractère et le tempérament courageux du jeune homme.

Les livres à la thématique aussi forte sont rares. C’est pourquoi il est important de divulguer ce genre de récits, pour permettre aux mentalités de changer et d’évoluer, et de ne pas se cantonner à des a-prioris faussés et ridicules. En faisant de rapides recherches Google, je me suis rendu compte que 78% des personnes transgenres avaient été victimes de harcèlement verbal, 77% ont pensé au suicide et 48% y ont eu recourt. Des chiffres qui donnent la nausée, mais qui rendent compte avec exactitude que le regard que les autres portent sur eux est important du point de vue acceptation de soi et bien-être personnel.


De cette lecture, j’en ressors plus humaine, plus conciliante, plus ouverte d’esprit. Car les transgenres sont bien plus nombreux que ce que l’on pourrait penser. C’est pour cela qu’il faudrait démocratiser ce phénomène, pour amoindrir les méchancetés, rejets et discriminations qui assaillent ces personnes. Si ça ne tenait qu’à moi, je mettrais Normal(e) entre les mains de chacun. 

Ma note : 8/10