Ranee, Tara, Sonia, Chantal, Anna


Ranee, Tara, Sonia, Chantal, Anna de Mitali Perkins
344 pages, éditions Bayard, à 14,90€


Résumé : Des années 1960 aux années 2000, cinq femmes cherchent leur propre voie, entre leur culture indienne et le rêve américain auquel elles aspirent. Ranee migre avec sa famille du Bengale à New York pour une vie meilleure. Tara, sa première fille, est admirée par tous, mais se sent obligée de jouer un rôle pour continuer à être aimée. Sonia, sa cadette, rebelle et engagée, provoque un véritable séisme au sein de la famille lorsqu’elle tombe amoureuse. Chantal, la fille de Sonia, talentueuse danseuse et athlète, est prise dans une lutte entre ses deux grands-mères et ses origines. Anna, enfin, reproche à sa mère, Tara, de l’avoir forcée à quitter l’Inde pour les États-Unis et doit trouver sa place à New York.

Le fragile équilibre que les femmes de la famille Das peinent à trouver est chaque jour menacé par des blessures qui mettront des générations à cicatriser…


Extraits« De toute façon, je n’ai besoin que de deux choses pour me sentir chez moi n’importe où. La première, ce sont les livres – et j’en ai trois kilos qui me cognent la hanche à chaque pas. La seconde est cachée dans le tiroir du bas de la commode et n’attend que mon stylo pour noircir ses pages.« 

« J’adore les bibliothèques. Pour moi, une bibliothèque c’est une mine d’histoires, un havre de paix. L’odeur poussiéreuse des livres me chavire autant que le parfum de ma grand-mère quand j’étais petite. »


Mon avis : Ranee, Tara, Sonia, Chantal et Anna, ce sont cinq femmes de la même famille, séparées en trois générations distinctes. Ranee, c’est la mère indienne, le pilier de la famille, qui s’est exilée aux États-Unis avec son mari pour chercher une vie meilleure. Ensemble, ils ont eu deux filles : Tara, l’aînée, belle et admirée et Sonia, la cadette rebelle et provocatrice. Enfin, les deux soeurs ont également eu des filles : Sonia a eu Chantal et Tara, Anna.

Il est facile de se perdre parmi ce trop-plein de prénoms féminins et surtout de s’y retrouver dans l’arbre généalogique de cette grande famille. Il aurait sans doute été judicieux d’axer le récit autour d’une seule femme, pourquoi pas Sonia, que j’ai beaucoup aimé, qui est une jeune femme courageuse, engagée en faveur de combats sociaux importants (l’égalité des sexes, le racisme, entre autres thématiques…). Malheureusement, ici, l’auteure brosse un portrait global de chacune des femmes, sans s’attarder sur aucune en particulier : ainsi, je n’ai pas réussie à m’attacher à l’une ou l’autre.

Mitali Perkins, notre auteure, est née à Calcutta, la capitale d’un état de l’Inde, appelée Bengale, avant d’émigrer vers les États-Unis. Dans l’histoire familiale et sociale qu’elle dépeint de Ranee, Tara, Sonia, Chantal, Anna, il y a donc un peu de son histoire personnelle. Elle raconte notamment les difficultés d’intégration dans un pays nouveau, à la culture différente, les préjugés et stéréotypes des américains, le racisme face à leurs origines indiennes, leurs traditions qui persistent, malgré les milliers de kilomètres qui les sépare de leur pays natal. Ainsi, Mitali Perkins nous en apprend plus sur sa culture d’origine, avec notamment la mention de termes typiquement indiens, comme les coutumes bengali, les saris et salwars que portent certains personnages et bien d’autres encore. C’était très enrichissant d’un point de vue personnel, raison pour laquelle je pense que ça aurait mérité d’être encore plus accentué.

En effet, l’ensemble du récit est agréable à parcourir, les thématiques principales sont intéressantes, mais elles sont traitées bien trop superficiellement. Près d’une semaine après la fin de ma lecture, il ne me reste plus qu’un vague souvenir des personnages et de la trame principale de l’histoire. C’est dire si ceux-ci m’ont marqué.


Une histoire intéressante, reflet d’une partie importante de la vie de l’auteure : elle met en scène une famille de femmes indiennes, émigrée aux États-Unis. J’ai passé globalement un bon moment, même si j’aurais bien aimé que l’histoire soit plus creusée. 

Ma note : 5/10

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ISBN : 978-2-7470-9894-6
Traduction : Pascale Jusforgues

La rue qui nous sépare


La rue qui nous sépare de Célia Samba
394 pages, éditions Hachette romans, à 18€


Résumé : Noémia a dix-neuf ans, Tristan vingt et un. Ils se croisent tous les jours, ils se plaisent, c’est évident. Mais Noémia est étudiante et Tristan est sans-abri. Entre eux, il y a le froid, la société; entre eux, il y a la rue… qui pourrait se révéler difficile à traverser.


Extraits : « Ne laisse pas leur manque d’humanité te faire perdre la tienne. »

« Les avis des gens, c’est comme la position d’une balançoire : toujours différentes, souvent contradictoires. »


Mon avis : Après avoir tant entendu parler de ce roman, j’ai enfin pu l’avoir entre mes mains et le lire assidûment ! L’histoire est simple : une étudiante, nommée Noémia, vivant à Paris en colocation avec son cousin et sa cousine, fait la rencontre d’un jeune sans abri, Tristan, dont elle s’éprend bien malgré elle. Faisant fi de leurs différences socio-culturelles ainsi que de leurs situations respectives, les deux jeunes gens vont se lier d’amitié et entretenir une relation qui défie les préjugés.

Un roman puissant sur les différences. On plonge dans la vie de ce jeune sans-abri, dont la survie est quotidienne. Tristan n’a plus de famille, pas de logement ni d’argent, il ne travaille pas et est obligé de mendier pour pouvoir manger. Chaque jour, il est confronté aux regards de pitié, d’incompréhension, de haine parfois, ou à l’indifférence, cruelle, froide. Quand Noémia lui insuffle un semblant de réconfort en lui apportant une crêpe au sucre, Tristan sent instantanément que cette jeune fille est différente des autres. Elle se moque des différences qui peuvent exister entre eux. Mais bien vite, elle se retrouve rattrapée par ses préjugés. Quand on parle d’un sans-abri, on pense forcément à une personne alcoolique, violente, déshumanisée. La jeune fille ne peut s’empêcher de nourrir des craintes à l’encontre de Tristan, ce jeune homme de prime abord bienveillant, qui n’en reste pas moins un inconnu qui vit dans la rue. Noémia et Tristan développent une relation pudique, atypique, qui sort des sentiers battus et des règles de bienséance. Un duo improbable certes, surprenant, mais touchant, qui peut émouvoir aux larmes. 

De nombreuses thématiques liées à la précarité sont abordées : l’alcoolisme, le proxénétisme, la drogue, la violence, le froid, la faim, la peur… Des sujets sombres, mis en parallèle du message d’humanisme pur qui se dégage des personnages et de leurs actions, des nombreuses lueurs d’espoir qui viennent espérer une échappatoire à la précarité de Tristan. Noémia, comme un phare dans l’obscurité, vient éclairer l’existence de Tristan et lui apporter toute la gentillesse et la générosité dont il a besoin pour retrouver goût à la vie. On ne peut s’empêcher de s’associer à Noémia : qu’aurions-nous fait à sa place ? On s’interroge, on se remet en question, on voit la vie différemment.

À travers cette histoire émouvante, l’auteure sensibilise son jeune lectorat aux problèmes des personnes en situation d’extrême précarité. En France, ce sont près de 300 000 personnes qui vivent dans la rue ; un chiffre en constante évolution depuis de nombreuses années. Chacun, à son échelle, peut contribuer à apporter un peu de chaleur, de sourire et de soutien à ces personnes, souvent isolées, seules, désespérées. Cette histoire peut permettre de changer notre regard, ainsi que nos actions quotidiennes, aussi infimes soient-elles, pour apporter un peu de réconfort aux sans abris. Sachez qu’en achetant La rue qui nous sépare, 1€ est reversé à l’association La Cloche, qui lutte contre l’exclusion des personnes sans abri. Une manière simple et solidaire de commencer à s’impliquer auprès des personnes dans le besoin.

Enfin, sans vouloir aborder trop nettement le dénouement, sachez que Célia Samba a imaginé deux finalités disjointes à son histoire. L’une est réaliste, brute, froide ; tandis que l’autre est une fin alternative plus romancée. Même si je n’adhère pas forcément aux doubles fins, je comprends l’intérêt de l’auteure de ne pas trop brutaliser son public cible – des jeunes adolescents, à partir de 13 ans – avec la première fin crue et pourtant bien trop concrète. Elle m’a d’ailleurs tiré les larmes, ce qui est très rare !


Un roman young adult touchant sur les sentiments qui peuvent naître au-delà des différences. Un sujet délicat, traité avec tendresse et réalisme, qui pourra, je l’espère, apporter une autre vision des sans-abris.

Ma note : 8/10

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ISBN : 978-2-01-714021-4

Signé poète X


Signé poète X de Elizabeth Acevedo

381 pages, éditions Nathan


Résumé : Harlem.
Xiomara a 15 ans et un corps qui prend plus de place que sa voix : bonnet D et hanches chaloupées. Contre la rumeur, les insultes ou les gestes déplacés, elle laisse parler ses poings. Étouffée par les préceptes de sa mère (pas de petit ami, pas de sorties, pas de vagues), elle se révolte en silence. Personne n’est là pour entendre sa colère et ses désirs. La seule chose qui l’apaise, c’est écrire, écrire et encore écrire. Tout ce qu’elle aimerait dire. Transformer en poèmes-lames toutes ses pensées coupantes.
Jusqu’au jour où un club de slam se crée dans son lycée. L’occasion pour Xiomara, enfin, de trouver sa voix.


Extraits « Les profs rabâchent
que chaque rentrée
est un nouveau départ,
mais cette année
je sais que j’ai
déjà beaucoup changé. »
« Ce qui
m’apaise
c’est mon carnet,
écrire écrire écrire,
tout ce que j’aurais voulu dire,
transformer en larmes de poèmes
toutes mes pensées coupantes,
les imaginer trancher net
mon corps pour
que j’en
sorte. »

Mon avis : Quelle surprise que ce roman ! En le débutant, je ne pensais pas l’aimer autant, et pourtant, je me suis laissé guider dans l’univers si particulier d’Elizabeth Acevedo.

Xiomara est une jeune adolescente noire qui vit à Harlem, un quartier bien connu pour accueillir une population afro-américaine nombreuse. Elle y vit avec ses parents et son frère jumeau, ou plutôt tente d’y survivre. Car Xiomara souffre de son physique avantageux, des réflexions  provocantes quotidiennes des garçons, des préceptes religieux envahissants de sa mère, de sa main-mise sur sa vie, la contraignant à ne pas sortir le soir, à ne pas voir de garçon, à l’accompagner à l’église… Xiomara va se rebeller de la plus belle des manières qui soit : en silence, à travers de magnifiques poèmes, haïkus et slams, qui racontent son quotidien et toutes les difficultés dont elle doit faire face.

Ce qui frappe dès que l’on ouvre ce livre, c’est l’originalité de la mise en forme. Loin des romans traditionnels, Signé poète X est écrit comme un poème, sorte de vers jetés ça et là sur la page. Il faut un petit temps d’adaptation avant de s’y faire, mais rassurez-vous, on se laisse facilement embarquer par la plume de l’auteure et ses magnifiques écrits.

Xiomara se fait la voix de milliers de femmes, qui sont quotidiennement embrigadées, jalousées, critiquées, obligées de se cacher ou d’obéir à des voix et lois incohérents. Elle raconte le harcèlement, le sexisme, la misogynie, la servitude… des thématiques fortes qui tranchent avec la douceur des mots utilisés. J’ai été à plusieurs reprises touchée par cette protagoniste, qui se montre docile au quotidien, mais qui couche sa détresse par écrit. Sa relation avec sa mère m’a particulièrement touché : dévouée corps et âme à la religion, cette dernière ne conçoit pas qu’il n’en soit pas de même pour sa fille, alors que Xiomara ne perçoit pas la vie de la même manière que sa mère. On y retrouve des scènes assez violentes, des paroles échangées fortes, qui frappent et ne laissent pas indifférent. Mais toujours, les poèmes de Xiomara les retranscrivent avec douceur.

J’ai beaucoup aimé la protagoniste, qui, même fragilisée par la vie, reste forte, la tête haute, et mène ses combats avec ses propres armes : les mots. Un personnage engagé, qui sait ce qu’elle veut et ce qu’elle ne veut pas, qui n’hésite pas à se mouiller et à suivre son propre chemin.


Un roman original rédigé entièrement en vers. Une histoire engagée et poignante, qui ne laisse pas indifférent. Je le recommande ! 

Ma note : 9,5/10

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Tiny Pretty Things, tome 1 : La perfection a un prix


Tiny Pretty Things, tome 1 : La perfection a un prix de Sona Charaipotra et Dhonielle Clayton

455 pages, éditions Hachette romans, à 18€


Résumé : Gigi, Bette et June sont danseuses dans la prestigieuse école du Ballet de New York.

Lorsque Gigi, nouvelle et seule élève noire, est choisie pour incarner le rôle phare du premier ballet de l’année, les rivalités se déchaînent. Bette, ballerine star de l’école, est prête à tout pour récupérer son titre et éviter la rage de sa mère, qui ne tolère pas qu’elle ne soit pas la meilleure. June rêve quant à elle de ne plus être cantonnée au rôle de l’éternelle doublure.

Les trois filles ont bien du mal à résister à la pression du monde impitoyable de la danse. Et les choses vont empirer… jusqu’au drame.


Extraits « Ne t’embarrasse pas des soucis, me répète-t-elle toujours. Ils pèsent trop lourd. »
« C’est quand on se croit arrivé au sommet qu’on perd sa passion. Et alors autant prendre sa retraite.« 

Mon avis : Si vous me suivez assez régulièrement, vous avez sans doute dû vous apercevoir que je lisais une saga jeunesse dont le thème principal est la danse. Cette saga se nomme 20, Allée de la Danse et a été écrite par Élizabeth Barféty, en partenariat avec l’Opéra de Paris. Eh bien Tiny Pretty Things m’a énormément fait penser à cette saga, puisque les deux histoires mettent en scène différents jeunes danseurs et danseuses, qui nous embarquent à l’intérieur du conservatoire pour nous montrer leur quotidien. Entre rivalités, compétitions, spectacles de danses, amours et amitiés, le quotidien de ces jeunes danseurs est loin d’être ennuyeux !

Nous suivons plusieurs danseuses, dont Gigi, une élève noire, Bette, la ballerine star de l’école, ainsi que June, une danseuse asiatique systématiquement relayée en doublure. Chacune de ces danseuses expriment à tour de rôle leur point de vue dans un chapitre. Ainsi, nous pouvons suivre au plus près ce qui les anime, ce qui les chagrine, ce qu’elles ressentent…

Il est vrai que la compétition fait rage en école de danse, comme partout ailleurs, devrais-je dire. Mais ici, les deux auteures nous montrent des aspects de la compétition que nous n’aurions sans doute jamais pu imaginer : de la rivalité pure et simple, qui s’accompagne de méchancetés, de mauvais coups, d’injures, et j’en passe des meilleures. Extérieure à ce milieu, c’est assez choquant de découvrir de telles choses. Certaines personnes sont prêtes à tout tenter pour décrocher un premier rôle, jusqu’à éliminer leurs principaux rivaux… glaçant !

Heureusement, il y a des personnages qui contribuent à améliorer l’image des danseurs, je pense notamment à Gigi, cette jeune danseuse noire, qui casse tous les codes des danseuses traditionnelles, de part sa couleur de peau et sa condition familiale. Cette jeune fille est une perle rare, puisque de nature optimiste, elle ne perd jamais son sourire, ses mots d’encouragements et de pure gentillesse qu’elle adresse avec sincérité à ses coéquipiers danseurs. C’est une bouffée d’air frais dans ce roman parfois noir.

Un premier tome réussi, qui me donne envie d’en découvrir plus et surtout de suivre l’évolution des différents personnages. Je serai sans doute l’une des premières à lire le tome 2 dès sa sortie, c’est certain !


Une saga prometteuse, qui montre le quotidien pas toujours très rose de danseurs professionnels. Entre amour, amitié, compétition, rivalités… l’action ne manque pas à l’école de danse. J’ai hâte de pouvoir lire la suite.

Ma note : 7,5/10

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Sadie


Sadie de Courtney Summers

332 pages, éditions La Martinière fiction, à 16,90€


Résumé : Sadie, 19 ans, s’est volatilisée. Pour West McCray, journaliste à New York, il s’agit d’une banale disparition. Mais quand il découvre que sa petite soeur, Mattie, a été tuée un an auparavant et que sa mère a elle aussi disparu, sa curiosité est éveillée. West se lance alors à la recherche de Sadie et les témoignages qu’il recueille vont alimenter sa série de podcasts…

Sadie, elle, n’a jamais pensé que son histoire deviendrait le sujet d’une chronique à succès. Elle ne désire qu’une chose : trouver l’homme qui a tué sa soeur.

Qui est réellement cet homme ? Comment est-il entré dans la vie de Mattie ? Tandis que Sadie remonte la piste du tueur, West remonte celle de Sadie. Et se dessine, progressivement, la figure d’un homme – d’un monstre ! – qui pourrait bien frapper à nouveau…

West retrouvera-t-il Sadie à temps ?


Extraits « La fatigue est pire que l’ivresse. On dit des trucs qu’on n’a jamais voulu dire et quand on s’aperçoit qu’on n’aurait pas dû il est trop tard.. »
« Comme beaucoup d’histoires, celle-ci commence par une mort.« 

Mon avis : Un grand merci aux éditions La Martinière ainsi qu’à Babelio pour l’envoi de ce livre.

Sadie est une jeune femme de 19 ans, qui s’est mystérieusement volatilisée sans laisser de trace, ni prévenir quiconque de son entourage. En réalité, Sadie est partie à la recherche de l’homme qui a tué sa jeune soeur. En parallèle, West McCray, un journaliste, se passionne pour cette disparition et en fait une chronique à succès à la radio. Il entre dans l’intimité de la jeune fille, interroge ses proches, suit les indices qu’elle a semée pour tenter de la retrouver.

J’ai beaucoup aimé la construction du récit que je trouve originale : d’un côté nous vivons les aventures de Sadie en temps réel à ses côtés, tandis que de l’autre, dans une temporalité décalée, nous sommes aux côtés du journaliste West McCray, qui interview des personnes qui ont côtoyé ou vu Sadie, et suit du mieux qu’il le peut les traces de la jeune fille. Les deux récits s’entremêlent et s’imbriquent, l’un complétant parfaitement l’autre pour nous donner une vision globale et détaillée de l’histoire.

L’histoire est addictive au possible. Les chapitres s’enchaînent avec rythme et fluidité, sans temps mort, à tel point que je n’ai pas pu le lâcher, et l’ai lu d’une seule traite, en quelques heures à peine.

Ce qui m’a le plus touché, c’est la misère humaine que l’on ressent à chacune des pages. Avant son départ, Sadie vivait seule dans une caravane. Sa mère, Claire, alcoolique, étant partie depuis longtemps, les laissant seules, elle et sa jeune soeur, survivre comme elles le pouvaient. Une fois sa soeur décédée, Sadie se retrouve véritablement seule, et son geste irréfléchi de partir nous laisse percevoir tout le désespoir de la jeune fille. Même le prénom éponyme de la jeune fille, Sadie, qui me fait curieusement penser à « Sadness » (tristesse en anglais) nous laisse percevoir cette douleur quotidienne.

Sans vouloir vous en dire trop sur le récit, et pour vous laisser un peu de suspense, je m’arrêterais là de mon ressenti global sur l’histoire. Je tenais seulement à souligner l’audace dont a fait preuve l’auteure au moment d’écrire son dénouement : beaucoup vont être frustrés, ne vont pas comprendre ou vont au contraire vouloir comprendre sans toutefois y parvenir. C’est une fin en dent-de-scie que nous livre Courtney Summers, qui ne devrait pas faire l’unanimité. Ça passe ou ça casse, comme on dit. Pour ma part, c’est passé : j’ai laissé place à l’imaginaire !


Un polar original et dynamique, que j’ai dévoré en quelques heures à peine. Le rythme est effréné et l’histoire obsédante. je vous recommande vivement cette lecture !

Ma note : 8,5/10

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