Femmes d’exception


Femmes d’exception de Michel Klen

258 pages, éditions Favre


Résumé : Ce livre est un hommage consacré à des femmes, célèbres ou anonymes, qui ont fait preuve de bravoure dans des situations exceptionnelles et souvent dramatiques. Dans cette saga émouvante il y a d’abord les résistantes, les agents de renseignement, les infirmières, les ambulancières et bien d’autres qui se sont engagées au péril de leur vie pour servir leur patrie pendant les deux guerres mondiales et les conflits postérieurs. Beaucoup sont restées des oubliées, telles les prostituées à Dien Bien Phu, transformées en soignantes dans l’enfer surréaliste de la cuvette indochinoise pour s’occuper des blessés graves ou accompagner dans la mort des soldats à l’agonie. Il y a aussi celles qui ont pris les armes pour sauver leur communauté menacée (combattantes kurdes, chrétiennes du Liban, …).
Cette thématique saisissante s’intéresse également aux femmes qui ont mis toute leur énergie pour agir au nom d’une oeuvre philanthropique ou pour la liberté : l’actrice Angélina Jolie qui a destiné la plus grande partie de sa fortune à des projets humanitaires, en particulier en faveur des enfants et de la prévention du cancer du sein, la jeune Pakistanaise Malala (prix Nobel de la paix) qui a mené, malgré son jeune âge, un combat à hauts risques contre l’obscurantisme des Talibans, l’infirmière Yolande Mukagasana qui s’est surpassée pour sauver des vies lors des massacres au Rwanda, …
Il y a enfin les femmes de défi, à l’image de ces Saint-Cyriennes qui ont gravi le plus haut sommet de l’Afrique avec une jeune militaire convalescente, grièvement blessée en Afghanistan, et de ces reporters de guerre qui ont su trouver un sursaut de force physique et mentale pour rapporter des informations déchirantes dans un environnement pathétique de massacres inter-ethniques. Beaucoup d’autres parcours de femmes qui se sont transcendées à une période de leur vie sont présentés dans cet essai très documenté. Toutes ces aventures vécues se lisent comme un roman bouleversant. Elles nous donnent une véritable leçon de vie. Cet ouvrage historique se termine par une annexe chronologique sur « les grandes premières » réalisées par les femmes.


Extraits : « À l’instar de Germaine Tillion, les grandes résistantes qui ont réussi à survivre à l’enfer des camps de la mort ont voulu apporter leur témoignage. Témoigner pour ne pas que l’Histoire oublie. »

« Non, la femme n’est pas un objet de défoulement sexuel pour l’homme. Elle n’est pas un bien de consommation dont le mâle conquérant peut user et abuser au gré de ses pulsions.« 


Mon avis : Je ne pensais pas aimer autant ce genre de lecture. Femmes d’exception, c’est un essai qui rend hommage à des femmes, qu’elles soient célèbres ou anonymes, qui ont fait preuve de bravoure dans des situations exceptionnelles.

Classés par grandes thématiques – le Patriotisme au féminin dans la Grande Guerre, les oubliées de la Deuxième Guerre Mondiale, les combattantes d’Indochine, Femmes et reporters de guerre, etc. – on y découvre les portraits de femmes, brillantes, courageuses, vertueuses, qui se sont illustrées à différentes époques et dans différentes situations. Certaines ont marquées l’Histoire, d’autres sont restées dans l’ombre, mais leurs actes sont tout autant salutaires.

Je connaissais une majorité des portraits de femmes dressés, je pense notamment à Malala Yousafzai, Prix Noel de la paix à 17 ans, Rosa Parks, figure du mouvement afro-américain, Greta Thunberg, militante pour l’environnement… mais j’ai pris plaisir à redécouvrir leurs histoires, parfois agrémentées de quelques petites anecdotes, et à me rappeler de la grandeur de leurs gestes, qui souvent, ont été bénéfiques pour l’humanité toute entière.

J’ai découvert bien d’autres portraits de femmes, qui mériteraient d’être mises davantage en avant dans les livres d’histoire scolaires, par exemple.

De part mon métier, je dois quand même vous avouer que j’ai eu un faible pour le chapitre consacré aux femmes reporters de guerre – cela n’enlève rien à l’admiration que je ressens pour l’ensemble des femmes dont le nom est cité dans ce livre. Les femmes reporters de guerre sont envoyées au front, souvent en première ligne, tout comme les soldats, mais pour couvrir une actualité. Leur sang froid, leur pugnacité, leur dévouement pour leur métier m’a impressionnée. Elles sont confrontées en permanence à la menace, aux armes, aux morts, certaines y ont laissées leur peau, d’autres ont failli y passer. Je pense notamment à Amanda Lindhout, dont le témoignage m’a profondément touchée : alors qu’elle réalisait un reportage en Somalie, cette  jeune femme sera prise en otage par des islamistes en 2008. Violée, battue, affamée, elle donna naissance à un enfant dont le prénom sera imposé par son ravisseur, avant d’être libérée en 2009, après 15 mois de captivité. J’ai été bouleversée par son histoire, et par le courage de cette femme, qui, une fois revenue en Amérique, décidera de venir en aide aux femmes  victimes de sévices dans les pays en guerre.

Portrait d’Amanda Lindhout


Un magnifique recueil de portraits et témoignages de femmes courageuses, tous plus poignants et bouleversants les uns que les autres. C’est une véritable leçon de vie que nous livrent l’ensemble de ces figures féminines d’exception.

Ma note : 8/10

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Le charme discret de l’intestin


Le charme discret de l’intestin de Giulia Enders

349 pages, éditions Actes Sud, à 21,80€


Résumé : Giulia Enders, jeune doctorante et nouvelle star allemande de la médecine, rend ici compte des dernières découvertes sur un organe sous-estimé. Elle explique le rôle que jouent notre “deuxième cerveau” et son microbiote (l’ensemble des organismes l’habitant) dans des problèmes tels que le surpoids, la dépression, la maladie de Parkinson, les allergies…
Illustré avec beaucoup d’humour par la sœur de l’auteur, cet essai fait l’éloge d’un organe relégué dans le coin tabou de notre conscience. Avec enthousiasme, Giulia Enders invite à changer de comportement alimentaire, à éviter certains médicaments et à appliquer quelques règles très concrètes pour faire du bien à son ventre.
Véritable phénomène de librairie, Le Charme discret de l’intestin s’est vendu à 950 000 exemplaires en Allemagne et sera publié dans 26 pays.


Extraits  « Enfin, qui n’a jamais songé, le coeur gros : « Personne ne m’aime », alors que ce coeur, justement, entamait sa dix-sept-millième journée de travail de vingt-quatre heures – et aurait bien raison, en entendant ça, de se sentir un peu négligé ? »

« J’en conviens, un rot ou un pet n’ont peut-être rien de très raffiné, mais sachez-le : les mouvements qui les induisent sont aussi élégants que ceux d’une danseuse étoile. »


Mon avis : Il est toujours intéressant de découvrir ce qui se passe dans notre ventre.

Giulia Enders, étudiante en médecine, s’intéresse très vide à la gastroentérologie, c’est-à-dire tout ce qui touche le système digestif et ses maladies. Pour démocratiser cette thématique et permettre à un plus grand nombre d’apprendre à connaître le système digestif, elle décide d’écrire Le charme discret de l’intestin, son premier essai, qu’elle veut ludique et enrichissant.

Le livre se découpe en plusieurs chapitres distincts, qui traitent tous d’un sujet précis, comme par exemple Allergies, sensibilités et intolérances, La tête et le ventre, ou encore Le système immunitaire et les bactéries. Ces découpages thématiques m’ont permis de cibler les chapitres qui allaient m’intéresser plus particulièrement, comme Les allergies et autres sensibilités et intolérances, et ainsi sauter ceux qui ne m’intéressaient pas.

L’auteure arrive à évoquer ces sujets, mondialement réputés comme ennuyeux et trop difficiles à comprendre, d’une manière simple et accessible. Grâce à une plume concise et à un large sens de l’humour, elle arrive à capter l’attention des lecteurs et à leur raconter l’histoire du système digestif. On ressort de cette lecture grandie, avec des savoirs supplémentaires sur cet organe mal-aimé, mais pourtant indispensable à notre corps.

Ces chapitres sont accompagnés de quelques illustrations, dessinées par la soeur de l’auteure, Jill Enders. Elles apportent plus de légèreté au récit et sont sympathiques à découvrir. Petite anecdote concernant le dessin de droite qui se trouve ci-dessous : l’auteure nous donne une astuce pour remédier au blocage de l’intestin : la méthode de la balançoire. Testée et approuvée !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Un livre instructif, qui permet d’apprendre à connaître son corps et plus particulièrement le fonctionnement de son système digestif. Bien loin du jargon médical classique, Giulia Enders démocratise la thématique grâce à une écriture ludique et accessible.   

 

Catalogue des idées reçues sur la langue

Catalogue des idées reçues sur la langue
de Marina Yaguello
157 pages, éditions Points, à 6,70€
Résumé : La langue est le bien commun de tous les hommes : chacun, en tant que sujet parlant, s’en fait donc une certaine idée. Mais, comme les langues sont nombreuses et diverses, cette idée se traduit souvent par un jugement de valeur, « d’où le besoin de classer, de comparer, d’opposer et donc de hiérarchiser les langues comme on l’a toujours fait des races, des peuples ou des individus ». De là, nombre de préjugés, d’idées fausses et de simplifications abusives à propos des langues, qui pourraient, si l’on n’y prenait pas garde, fournir des arguments au racisme et contribuer à l’obscurantisme linguiste de profession. Voilà pourquoi l’auteur a souhaité ici tordre le cou à ces idées reçues. Ainsi, montre-t-elle qu’il n’y pas de langue plus logique qu’une autre, ni plus musicale, ni plus « évoluée ». Ou encore, contrairement à ce que l’on entend, que les langues africaines ne sont pas simples, l’anglais pas « facile », et que le chinois possède bel et bien une grammaire… L’auteur, professeur à l’université Paris VII, a déjà publié de nombreux ouvrages sur les langues et le langage. Sa dénonciation de nombre d’idées reçues sur la langue s’appuie sur des arguments scientifiques clairs et accessibles à tous, des exemples précis et des anecdotes passionnantes. –Arnaud Stephanopoli
Extraits : « Parce que la langue est le bien commun de tous, chacun de nous, sujet parlants, se fait une certaine idée de la langue, idée qui se traduit pas des jugements de valeur que le linguiste professionnel habité par le souci de l’objectivité scientifique, est amené à taxer d’idées reçues et de préjugés. »
« On attribue à un pharaon de l’ancienne Egypte, ainsi qu’au roi Frédéric II de Prusse, une expérience aberrante consistant à isoler un enfant nouveau-né de tout « bain linguistique » afin de découvrir quelle serait la langue parlée spontanément par un individu élevé à l’état naturel, langue qui aurait été alors celle du premier homme. On imagine leur déception. »

Mon avis : J’ai choisi de lire cet ouvrage, car il reprenait et complétait aisément des notions abordées dans mon cours de linguistique.

Ce petit livre, écrit dans une langue fluide et compréhensible par tous, et également illustré par de sympathiques dessins qui donnent une plus grande profondeur aux informations rapportées.

Marina Yaguello n’essaie pas de nous faire la morale, mais tente de nous faire ouvrir les yeux sur les préjugés qui découlent des langues. L’homme se fait des jugements de valeur sur les langues : la langue la plus facile à apprendre serait l’Anglais, la plus dure serait le Chinois, les Français seraient nuls en langue étrangère, le Français serait une langue complexe… Des stéréotypes qu’elle taxe de « linguistique spontanée » qu’il faut apprendre à combattre.

Dans le Catalogue des idées reçues sur la langue, l’histoire diachronique condensée des langues, de l’Ordonnance de Villers-Cotterêt de François Ier en 1539 jusqu’à la disparition permanente de langues aujourd’hui, nous donnera une vue d’ensemble du parcours effectué par les langues.
Une approche plus générale montre l’universalité des langues, et les points communs que les langues entretiennent entre elles – comme la catégorie des indos-européens, s’étendant de l’Inde à L’irlande et parlant le proto-langue.
Finalement, elle nous montre l’aspect réflexive des langues, avec l’écriture et la grammaire traditionnelle, qui fixent des règles identifiables et structurent convenablement les langues.

Un livre intelligent, intéressant, qu’il faut prendre le temps de savourer. Un livre métalinguistique qui enrichit profondément notre connaissance de la langue et élargit notre culture générale. J’ai bien apprécié faire cette découverte.

Ma note : 7/10

L’existentialisme est un humanisme

L’existentialisme est un humanisme de Jean-Paul Sartre
109 pages, éditions Folio essais

 

Résumé : « L’existentialisme n’est pas autre chose qu’un effort pour tirer toutes les conséquences d’une position athée cohérente. Elle ne cherche pas du tout à plonger l’homme dans le désespoir. Mais si l’on appelle, comme les chrétiens, désespoir toute attitude d’incroyance, elle part du désespoir originel. L’existentialisme n’est pas tellement un athéisme au sens où il s’épuiserait à démontrer que Dieu n’existe pas. Il déclare plutôt : même si Dieu existait, ça ne changerait rien ; voilà notre point de vue. Non pas que nous croyions que Dieu existe, mais nous pensons que le problème n’est pas celui de son existence ; il faut que l’homme se retrouve lui-même et se persuade que rien ne peut le sauver de lui-même, fût-ce une preuve valable de l’existence de Dieu. En ce sens, l’existentialisme est un optimisme, une doctrine d’action. »

Extraits : « Pour obtenir une vérité quelconque sur moi, il faut que je passe par l’autre. L’autre est indispensable à mon existence. »
« Mais l’existentialiste, lorsqu’il décrit un lâche, dit que ce lâche est responsable de sa lâcheté. »

Mon avis : Que ça me plaise ou non, la lecture de ce petit essai m’était obligatoire, de par l’épreuve du BAC que je dois passer en fin d’année. De ce fait, j’ai eu le plaisir de retrouver Jean-Paul Sartre dans un autre style littéraire, complètement différent de sa nouvelle Le mur lue il y a de çà quelques années.

La première chose que l’on remarque à la vue de cet ouvrage, c’est la taille exceptionnellement mince de l’essai. Un essai bref, justifié dans le sens où Jean-Paul Sartre n’a pas écrit, au sens propre, ce livre, mais l’a énoncé lors d’une conférence réalisée en 1945 à Paris. La seconde chose qui nous frappe particulièrement, c’est le titre équivoque, étrange et alambiqué de l’ouvrage, évoquant à la fois une énormité de choses simples et futiles, mais si peu de choses, souvent complexifiées et condensés. Cet essai philosophique, comme toute bonne oeuvre philosophique qui se mérite, nous amène au questionnement, à la découverte de soi, des autres, et du monde, à la compréhension de la vie en général, et de l’Homme.

Bien qu’assez circonspecte au commencement de ma lecture, le style d’écriture de Jean-Paul Sartre s’avère être léger, tout en simplicité, avec quelques nuances qu’il est préférable d’avoir étudiées auparavant. La compréhension est aisée, les métaphores et les exemples sont nombreux, pour donner un meilleur éclairage à la réflexion.

J’attends une plus complète exploration de l’oeuvre en compagnie de mon professeur de philosophie, pour finaliser la critique de L’existentialisme est un humanisme. La couche superficielle du livre a été comprise, ne reste que le fond, à creuser, pour dénicher l’intégralité des évocations philosophique de l’auteur.

En tout cas, la mise en page est originale, et les petites annotations qui quadrillent le texte sont fortement utiles pour une meilleure compréhension globale. J’ai également apprécié le débat final, qui clos intelligemment l’oeuvre.

 

Ma note : 6/10

L’Utopie

L’Utopie de Thomas More.
125 pages

 

Résumé : Ce cri, aux résonance si modernes, c’est en 1516 que le lance Thomas More, juriste au service de la couronne d’Angleterre alors portée par Henri VIII. Triste sire, triste règle : abus, corruption, racket, injustices, iniquité des lois… La société féodale offre un tableau d’une violence révoltante aux âmes éprises d’humanité. More rêve alors d’un autre monde… Une république exemplaire où la propriété individuelle et l’argent seraient abolis, une république de citoyens vertueux, amoureux de sagesse et de paix. Ce pays merveilleux, c’est l’Utopie. Seuls les philosophes, hélas, ou les fous sont capables d’y croire…

Extraits : « L’orgueil ne mesure pas le bonheur sur le bien-être personnel, mais sur l’étendue des peines d’autrui. »
« Les Utopiens n’oublient jamais cette règle pratique : Fuir la volupté qui empêche de jouir d’une volupté plus grande, ou qui est suivie de quelque douleur. »
« N’arrive-t-il pas souvent qu’on recule devant la honte d’une rétraction et l’aveu d’une erreur irréfléchie ? »
« Est-il, en effet, de plus belle richesse que de vivre joyeux et tranquille, sans inquiétude ni souci ?« 

Mon avis :  L’Utopie, un livre, que dis-je, un monde qui fait rêver ! Ce livre est assez difficile à lire, je dois avouer que parfois, je lisais certains passages sans toutefois les comprendre. Thomas More décrit L’Utopie, un monde imaginaire et parfait, il décrit les conditions et modes de vie des habitants, la religion à laquelle ils croient, les guerres, et toute sorte de politique, république et autre, qui gouvernent ce monde-ci. Je n’ai pas totalement adhéré, je m’ennuyais un peu dans certains passages descriptifs, j’essayais néanmoins de me forcer à continuer à lire. Je suis quand même contente d’avoir fini ce roman philosophique, ça m’a permit de rêver, le temps d’une lecture, d’un monde parfait, égal, sans violence ni guerre.

 

Ma note : 8/10