What happened that night


What happened that night de Deanna Cameron

398 pages, éditions Hachette, à 18€


Résumé : Personne ne sait pourquoi ma sœur a tué Griffin Tomlin.
Personne sauf moi. Moi, je sais très bien ce qui s’est passé.
Emily ne détestait pas Griffin.
Ou plutôt, elle ne l’avait pas toujours détesté.
Mais, par ma faute, elle s’était mise à le haïr.
Parce que je lui avais raconté une histoire que je n’aurais jamais dû lui avouer.
À partir de là, tout est parti en vrille.
Et Griffin est mort.


Extraits « – Je crois que… que c’est beaucoup plus facile de penser qu’on ne sait pas tout que de se dire que c’était un accident. »

« J’étais juste assez intelligente pour ne pas être bête, mais assez bête pour ne pas être si maligne que ça ; assez jolie pour ne pas être laide, mais assez moche pour ne pas être vraiment jolie. C’était exactement moi : toujours coincée dans la zone floue entre les deux extrêmes. »


Mon avis : What Happened that night ? C’est la question que tout le monde se pose après la mort de Griffin Tomlin et l’arrestation d’Emily Potterfield. Griffin et Emily étaient voisins. Griffin fréquentait depuis longtemps Clara, la petite soeur d’Emily. Certains disaient même qu’ils étaient secrètement amoureux. Qu’est-ce qui a bien pu pousser Emily à le tuer sauvagement dans son jardin, puis à le pousser dans sa piscine pour le laisser se vider de son sang ?

What happened that night, c’est avant tout une histoire remplie de mystères. En effet, Deanna Cameron pousse le lecteur dans ses retranchements, en le faisant s’interroger en permanence. Quand un mystère est prêt à être percé au grand jour, un autre le remplace aussitôt. Ça en deviendrait presque frustrant.

L’histoire est racontée par Clara, la soeur de Emily Potterfield, celle qui a été accusée du meurtre de Griffin et emmenée en prison. Très rapidement, nous comprenons que Clara n’est pas blanche comme neige dans cette affaire, et qu’elle fait partie intégrante de la raison qui a poussée Emily à tuer Griffin. Mais bien évidemment, je ne vous en dirais pas plus, pour vous permettre d’apprécier à sa juste valeur cette histoire.

Clara ment à tout le monde : à ses parents, à Aniston, cette fille vêtue de rose, qui deviendra son amie et l’épaulera dans une enquête surréaliste sur Griffin, à Kolby aussi, le meilleur ami de Griffin, et nouvel allié de Clara. Peut-être même nous ment-elle à nous, ferveur lecteur ?

Le récit est dynamique, l’intrigue est bien dosée et immersive à souhait. J’ai vraiment passé un agréable moment de lecture.

Le dénouement de ce premier tome est comme l’ensemble du livre : rempli de mystères et de questionnements. Une suite est prévue prochainement : j’espère sincèrement qu’elle sortira au plus vite, car il va être difficile d’attendre très longtemps la suite…


Un thriller addictif et prenant, qui saura vous tenir en haleine jusqu’à la fin. Vivement la suite !

Ma note : 8,5/10

 

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Le week-end


Le week-end de Natasha Preston

371 pages, éditions Hachette romans, à 18€


Résumé : « Ils pensent qu’ils sont invincibles. Ils pensent pouvoir faire et dire ce qu’ils veulent, sans jamais avoir à en assumer les conséquences. Ils ne m’ont pas laissé le choix. Il est temps pour eux de payer pour leurs péchés. »Un week-end entre amis, dans un chalet loin de tout,  c’est exactement ce dont Mackenzie avait besoin.  La bande se retrouve, impatiente que la fête commence.Un verre, puis deux.  Et la nuit tombe dans l’oubli.Au réveil, c’est l’horreur.  Deux d’entre eux sont morts,  sauvagement assassinés.  Aucune trace d’effraction ni signe de lutte.  Les cinq survivants n’ont d’autre choix que de se suspecter ? Quelqu’un ne dit pas la vérité.  Et la première erreur de Mackenzie est de croire que ce cauchemar est terminé.


Extrait  « Les secrets qu’on se cache à soi-même sont les plus dangereux. »


Mon avis : Natasha Preston est une auteure talentueuse, que j’ai déjà découverte l’année dernière à travers son thriller Young adult La Cave. L’histoire de son précédent roman m’avait conquise, bien que la fin m’ait un peu déçue. Dans Le week-end, le schéma se reproduit à l’identique : j’ai beaucoup apprécié la narration, le suspense et toute l’intrigue, mais la fin en eau de boudin m’a terriblement déçue.

Ce livre raconte l’histoire d’une bande d’amis, qui décident de se retrouver un week-end tous ensemble dans la maison de l’un deux, pour boire, faire la fête et s’amuser comme des jeunes de leur âge. La soirée bat son plein, l’alcool coule à flot, les couples commencent à se former, puis… trou noir. Ils se réveillent le lendemain et découvrent que deux d’entre eux sont décédés durant la nuit. Aucune trace d’effraction n’est relevé : le coupable se cache forcément parmi eux.

J’avoue que l’histoire est alléchante et qu’elle est additive. L’auteure nous donne envie d’en découvrir davantage à chaque chapitre, si bien que par moment, j’ai vraiment eu du mal à me détacher de ma lecture. Nous faisons la connaissance de chacune des personnes présentes ce fameux week-end lors de la fête tragique : il y a tout d’abord Mackenzie, notre protagoniste, qui a vu le corps sans vie de sa meilleure amie Courtney dans la cuisine de la maison. Courtney était en couple avec Josh, le riche de la bande, celui qui a prêté la maison pour faire la fête, mais qui est lui aussi décédé. Blake, le demi-frère de Josh fait aussi parti des suspects, tout comme Kyle, Megan et Aaron. En tout, ce sont cinq personnes qui sont suspectées d’avoir assassiné leurs amis. Mais pour quelle raison ?

Natasha Preston prend un malin plaisir à faire tourner le lecteur en bourrique et à nous envoyer sur de fausses pistes. Car le dénouement est assez surprenant, et rare doivent être les lecteurs qui arrivent à percer le mystère avant la fin. Comme dans La Cave, j’ai trouvé qu’il manquait de solidité, qu’il n’avait pas été assez travaillé. C’est une fin un peu trop facile à mettre en place, je m’attendais à quelque chose de plus surprenant, de moins bâclé.


Un thriller captivant, qui a su me divertir, mais dont le dénouement m’a déçu. 

Ma note : 6/10

 

Dans les brumes du mal


Dans les brumes du mal de René Manzor

443 pages, éditions Pocket


Résumé : La mère de Tom est morte, et Tom a disparu.

Tom, mais aussi John, Michael et Lily. À chaque fois, une mère est assassinée et son enfant enlevé, comme évanoui dans les brumes inquiétantes qui submergent si souvent la Caroline du Sud. Dahlia Rhymes, agent du FBI spécialisée dans les crimes rituels, s’impose dans l’enquête. Tom est son neveu, et même si elle ne l’a jamais vu car elle a rompu toute relation avec sa famille, elle ne peut pas l’abandonner. En retrouvant les marais et les chênes séculaires de son enfance, Dahlia retrouve aussi Nathan Miller, un ancien gamin des rues devenu un des meilleurs flics de Charleston. Ensemble, ils se lancent à la recherche des enfants, sans autre indice que le témoignage d’un voisin, qui prétend avoir vu rôder autour d’une des Maisons une shadduh, une ombre vaudoue.
Et si, pour une fois, le mobile n’était ni l’argent, ni le sexe, ni la vengeance, ni même l’amour ?


Extraits  « Être adulte, c’est ce qui peut nous arriver de pire. »

« La confiance ne se décrète pas. Elle se construit lentement et se détruit très vite. »


Mon avisUn grand merci à Babelio et aux éditions Pocket de m’avoir permis de frissonner avec ce thriller psychologique.

L’histoire se déroule en Caroline du Sud, où Tom, un petit garçon est kidnappé, et sa mère sauvagement assassinée. Un enlèvement et un meurtre qui seront les premiers d’une longue série. Au plus mal suite à cet enlèvement, le papa de Tom fait appel à sa soeur, Dahlia Rhymes, célèbre agent du FBI spécialisée dans les crimes rituels.  Après plusieurs jours de recherches, elle découvre que Tom, ainsi que les autres enfants kidnappés, ont un point commun : ils ont été victimes de maltraitance de la part de leur mère. L’agent du FBI va tout mettre en oeuvre pour retrouver les enfants et découvrir l’identité du mystérieux kidnappeur.

Dans les brumes du mal est un thriller psychologique bien ficelé, rempli de suspens et d’actions diverses. Dahlia court tellement partout que vous ne vous ennuierez pas une seule seconde à ses côtés !

Malheureusement, je me suis perdue dans toutes les références aux rites vaudous qui sont fait sur les scènes de crime. Je me suis passablement ennuyée, puisque je n’ai pas compris où l’auteur voulait en venir en ajoutant ce type de choses dans son histoire. A mon sens, cela n’a pas été exploité suffisamment et n’apportait donc pas grand chose au récit.

En revanche, j’ai apprécié que la thématique de la maltraitance enfantine soit mise en avant. C’est un sujet dont on parle peu dans la société française, mais qui est pourtant toujours présent dans certains foyers. En effet, chaque année en France, près de 600 enfants décèdent suite à de mauvais traitements infligés par des proches. Un chiffre affolant, qui me faire prendre conscience de l’importance de dénoncer ce genre de pratique.

En lisant cette histoire, je me suis beaucoup questionné sur la légitimité de l’assassinat de ces mères indignes : est-ce Mal de tuer ces mères et de kidnapper ces enfants innocents, ou est-ce Bien dans le sens où justice est rendu et où les enfants vont pouvoir vivre plus sereinement, sans recevoir de coups, entouré d’amour ? Chacun a sa propre idée sur la question, mais à mon sens, le meurtre est quand même un acte barbare et primaire, qui n’est en rien légitime. La maltraitance faite aux enfants est condamnable par la loi : lorsqu’on se rend compte qu’un enfant est victime de violence, le signaler auprès d’autorités compétentes lui rendra plus service que de chercher à résoudre le problème seul, en tuant le responsable par exemple. Il est donc vrai que cette manière de procéder m’a parue sadique, barbare et peu réaliste.

Cette histoire nous rappelle de faire attention aux gens que l’on aime, de les couvrir d’amour, avant qu’il ne soit trop tard. Personne ne sait de quoi demain sera fait ! Une belle perception de vie, que j’applique dorénavant au quotidien.

Sans vous révéler le fin mot de l’histoire, je peux vous assurer que l’identité du tueur est facilement repérable (je soupçonnais que ce soit lui avant la moitié du livre), néanmoins aucun indice ne filtre jusqu’aux toutes dernières pages. J’ai oscillé entre deux réflexions contradictoires : me dire que j’avais raison en pensant à lui, ou me dire que j’avais tord : rien n’est jamais venu affirmer ou contester mes doutes, jusqu’aux toutes dernières pages. Chapeau l’article, vous avez réussi à me triturer les méninges dans tous les sens  !


Un thriller psychologique bien mené, qui traite d’une thématique importante : la maltraitance infantile. Malgré quelques points négatifs, j’ai dans l’ensemble apprécié découvrir cette histoire !

Ma note : 6,5/10

 

Une autre histoire

 


Une autre histoire de Sarah J. Naughton

409 pages, éditions Sonatine, à 21€


Résumé : La vérité n’est jamais là où on l’attend. Élevée par un père violent et une mère soumise, Mags a fui l’Angleterre dès qu’elle a pu pour devenir une brillante avocate à Las Vegas. Lorsqu’elle apprend que son jeune frère, Abe, a été victime d’un accident et se trouve dans le coma, elle revient pour la première fois depuis longtemps à Londres. Là, elle a la surprise de rencontrer sa petite amie, Jody, dont il ne lui avait jamais parlé. Elle est plus surprise encore quand Jody, inconsolable, lui révèle qu’il ne s’agit pas d’un accident mais d’un suicide. Dépressif, Abe s’est jeté par la fenêtre.
Peu à peu, la version officielle semble néanmoins présenter d’étranges incohérences. Jody dit-elle toute la vérité ? Était-elle vraiment la petite amie d’Abe ou une experte en manipulation ?
À ce stade du résumé, votre opinion est sans doute déjà faite. Jody est coupable, elle a d’une façon ou d’une autre participé à la chute d’Abe, Mags va découvrir la vérité. C’est du tout cuit : un thriller de plus parmi tant d’autres. Eh bien, détrompez-vous. Si les apparences sont en effet trompeuses, vous n’imaginez pas à quel point.
Vous êtes surtout loin de vous douter avec quelle maestria Sarah Naughton vous manipule. Vous croyez lire une histoire et c’en est une autre, bien plus captivante, qui va se dévoiler.


Extraits  « La vérité, ça n’existe pas ; la seule chose qui compte, c’est ce qu’on arrive à faire croire aux gens. »

« Toutes les tragédies ne sont pas des crimes. »


Mon avis : Abe, le frère de Mags vient de mourir. Il a été retrouvé au pied de la cage d’escalier de son immeuble. Pour tout le monde, Abe s’est suicidé, mais Mags n’y crois pas. La jeune femme va mener l’enquête pour découvrir ce qu’il s’est passé.

L’auteure s’amuse à nous faire tourner en rond. Vous aurez beau tenter de percer par vous-mêmes le mystère de cette mort, vous n’arriverez jamais à trouver par vous-même le fin mot de cette histoire. La vérité n’est jamais là où on l’attend, et c’est justement ce qui m’a plût dans cette histoire. Suspense et surprise étaient au rendez-vous pour mon plus grand bonheur !

Les personnages sont bien construits et dégagent une aura mystérieuse qui donne envie de creuser pour découvrir qui ils sont réellement. Jody en particulier m’a énormément intriguée. C’est une jeune femme à la fois extravagante et introvertie, qui cache de multiples secrets. De copine éplorée, elle va perdre son statut de victime pour devenir la coupable suspectée du meurtre. Avec elle, c’est sûr, vous ne saurez plus sur quel pied danser !

Malheureusement, l’ensemble de l’histoire ne m’a pas entièrement convaincue. Il manquait d’actions dans le récit et de rebondissement. Sans parler de certaines scènes qui me paraissaient totalement invraisemblables, comme le dénouement final, que j’ai trouvé trop tiré par les cheveux et trop peu crédible. Somme toute, ce thriller psychologique est finalement banal et ressemble à bien d’autres histoires. Manque d’originalité et d’éléments impactants, dommage !


Un thriller psychologique intéressant, mais qui ne laisse pas un souvenir impérissable. 

Ma note : 6,5/10

 

Les abysses du mal


Les abysses du mal de Marc Charuel

406 pages, éditions Albin Michel, à 21,50€


RésuméMon boulot : filmer le supplice des victimes avant de faire disparaître leur corps. Mon but : être le tueur le plus inventif. Parce que la mort est un spectacle, certains sont prêts à payer très cher pour y assister. Voyeurs protégés par un écran, tortionnaires par procuration… C’est la face cachée du Net. Un monde parallèle qui happe ses proies au hasard et fournit des frissons à prix d’or. Des réseaux sociaux incontrôlables aux mafias spécialisées dans le marché de la mort en direct, le nouveau thriller de l’auteur du Jour où tu dois mourir dévoile les forces insoupçonnées de la perversion humaine.


Extraits  « Huit personnes sur dix sont assassinées parce qu’elles étaient au mauvais endroit au mauvais moment. Juste pour ça. Des vies plates et ordinaires qui basculent alors que rien ne les y prédisposait. »

« Elle est comme ça, Natacha. Trop gentille, trop consciencieuse. Elle ne consacre jamais moins d’une demi-heure à chaque personne. Un jour où, prenant son courage à deux mains, il lui en a fait la remarque, elle a répondu le plus sérieusement du monde que patient et patienter, ça avait la même étymologie. Puis elle s’est ouvertement marrée de son bon mot. Et il a ri avec elle.« 


Mon avis : Quand on voit l’effrayante couverture choisie par les éditions Albin Michel, il n’y a plus aucun doute possible quant à la thématique du récit : ce sera un angoissant thriller.

Des jeunes femmes disparaissent mystérieusement, avant d’être retrouvées mortes, dans des états inimaginables. Pour le policier Derolle il n’y a aucun doute : elles ont été les héroïnes de snuff movies, ces vidéos clandestines qui mettent en scène la torture et le meurtre d’une personne. Encore faut-il le prouver… Derolle pénètre le darknet à la recherche de preuves. Mais le temps est compté et l’auteur de ces vidéos pourrait bien faire de nouvelles victimes.

Avant de lire ce roman, je ne connaissais pas du tout l’existence des « snuff movies ». Il m’est encore aujourd’hui difficile d’imaginer que de telles pratiques ne sont pas le fruit de l’imagination de l’auteur, mais ont réellement eu lieu et ont encore lieu aujourd’hui. Il y a encore quelques années, les médias ont largement relayés des vidéos d’exécution réalisés par des extrémistes : ces vidéos sont apparentés à des snuff movies. Dans Les abysses du mal, l’auteur nous plonge donc au coeur de ce commerce illégal et destructeur, qui arrive à conquérir un public de psychopathes. Il nous emmène au coeur du darknet, cet écosystème de réseaux, parallèle aux réseaux publics, qui est aussi fascinant qu’il est effrayant.

Marc Charuel met en scène la perversion et la cruauté animale dont peuvent faire preuve les êtres humains. Certaines scènes sont assez trashs et peuvent choquer les publics les plus sensibles.

Il n’y a pas spécialement de suspens dans ce récit, puisque l’auteur des meurtres est identifié dès le début de l’histoire. Marc Charuel préfère se centrer sur la peur à insuffler aux lecteurs. Pour la petite anecdote : je me suis dépêché de finir ce livre un dimanche soir, alors que j’étais chez mes parents, pour ne pas avoir à le terminer seule chez moi. Vous vous imaginez à quel point il fait peur ?

Quant au rythme, il est intense et soutenu tout au long du récit : on ne s’ennuie pas une seule seconde. Tous les ingrédients pour faire un bon thriller sont réunis, avec en prime des personnages hors du commun : un inspecteur chevronné, un ancien militaire protecteur envers les siens, une mystérieuse lesbienne droguée, et pleins de belles jeunes filles, bien trop naïves. J’ai passé un « bon » moment de lecture, si tant est que je puisse employer ce terme dans ce cas de figure-là. Même si l’histoire n’était pas si extraordinaire que ça, j’ai su apprécier la narration et les personnages.


Plongez au coeur du darknet et découvrez ce que vous n’auriez jamais jamais dû découvrir. Un récit glaçant, à ne pas mettre entre les mains de tous.

Ma note : 7,5/10

Esprit d’hiver


Esprit d’hiver de Laura Kasischke

302 pages, éditions Le Livre de Poche, à 7,10€


Résumé : Réveillée tard le matin de Noël, Holly se voit assaillie par un sentiment d’angoisse inexplicable. Rien n’est plus comme avant. Le blizzard s’est levé, les invités se décommandent pour le déjeuner traditionnel. Holly se retrouve seule avec sa fille Tatiana, habituellement affectueuse, mais dont le comportement se révèle de plus en plus étrange et inquiétant…


Extraits  « Holly avait pris sa fille contre elle et, avant de la voir ou de la sentir ou de l’entendre, elle l’avait aimée – comme s’il existait un organe et une partie de son cerveau qui auraient été l’oeil ou le nez ou l’oreille de l’amour. Le premier sens. »

« Eric était fermement convaincu que le boulot des médecins était de trouver des maladies là où il n’en existait pas, et d’aggraver la maladie là où ils en trouvaient une.« 


Mon avis : Après des années à patienter sagement dans ma PAL, j’ai décidé d’y sortir Esprit d’hiver et de le lire à l’occasion des fêtes de fin d’année.

L’histoire se déroule le soir de Noël, dans une maison familiale. Holly, son mari et leur fille adoptive Tatiana, s’apprêtent à recevoir toute leur famille pour le réveillon. Son mari part récupérer ses parents à l’aéroport, laissant seules Holly et Tatiana, ramenée de Sibérie 15 ans plus tôt. Mais le temps se gâte et les invités se décommandent les uns après les autres, laissant les deux femmes seules chez elles. Holly commence à angoisser de la situation, d’autant qu’elle remarque que Tatiana a un comportement différent que d’habitude.

C’est un huis-clos effrayant et angoissant que nous livre Laura Kasischke. Le lecteur se retrouve enfermé dans la maison, aux côtés de Holly et Tatiana. Des événements quasiment paranormaux se déroulent à l’intérieur de la maison, rendant l’atmosphère encore plus étrange et terrifiante. Ajoutez à cela deux personnages sombres, presque fantomatiques : une mère angoissée, pas très sereine, qui ressasse constamment la phrase suivante « Quelque chose les avait suivis depuis la Russie jusque chez eux« , la Russie faisant référence au lieu de l’adoption de Tatiana. Une fille au comportement suspect et bizarre, comme si elle n’était plus elle-même, mais que quelqu’un avait prit possession de son corps, de son esprit et de son âme. Il n’y a pas à dire : ça ne donne pas envie de passer réveillon chez eux !

Le récit se structure avec des épisodes se déroulant dans le présent et des sauts dans le passé. Ses retours en arrière nous permettent de comprendre le passé des personnages, leur histoire et les causes de leur comportement actuel. Ce qu’on reproche souvent aux huis-clos, c’est l’immobilisme des personnages, le manque de dynamisme et d’attractivité du récit. Dans Esprit d’hiver, grâce à cette alternance des temps, le récit est plus vivant et plus concret aux yeux des lecteurs. Malgré quelques petites longueurs  souvent trop descriptives, j’ai apprécié sortir, le temps de quelques instants, de cet espace confiné qu’est la maison de Holly.

Quant au dénouement, je dois reconnaître qu’il est assez inattendu et qu’il m’a surprise. Une fois le mystère résolu, tout s’éclaire : les comportements suspects, l’humeur maussade, les événements paranormaux… Je ne vous en dirais pas plus, vous laissant le soin de découvrir par vous-mêmes, si vous en avez le courage, le fin mot de cette histoire.


 Ce récit est un huis-clôt étouffant, angoissant mais surtout très mystérieux. Le suspens est à son comble et nous pousse à lire davantage, toujours plus vite, pour assembler les différentes pièces du puzzle.  Un bon thriller psychologique, qui aurait quand même mérité plus de peps. 

Ma note : 6/10

L’opossum rose


L’opossum rose de Federico Axat

507 pages, éditions Le Livre de Poche, à 8,30€


Résumé : Désespéré, Ted McKay est sur le point de se tirer une balle dans le crâne lorsque le destin s’en mêle et qu’un inconnu sonne à sa porte. Et insiste. Jusqu’à lui glisser un mot sur le palier.
Un mot écrit de la propre main de Ted, et on ne peut plus explicite : Ouvre la porte. C’est ta dernière chance.
Ted ne se souvient absolument pas avoir écrit ce mot. Intrigué, il ouvre à l’inconnu, un certain Justin Lynch. Et se voit proposer un marché séduisant qui permettrait d’épargner un peu sa femme et ses filles : on lui offre de maquiller son suicide en meurtre.


Extrait  « Un conseil : si tu veux t’ôter la vie, fais disparaître toutes les photos de tes proches. Il est plus simple de passer à l’acte sans être observé par ses êtres chers. »


Mon avisQuelle histoire ! Quelle claque ! C’est une histoire de fou (et c’est bien le cas de le dire) ! Les amoureux de thrillers psychologiques vont adorer L’oposum rose. Pour ma part, j’ai maudis plus d’une fois Federico Axat de me faire autant tourner en rond, mais j’ai, dans le fond, adoré me faire prendre au piège.

L’histoire peut paraître simple, mais elle est en réalité extrêmement compliquée. Ted McKay est sur le point de se suicider, lorsqu’on sonne à la porte. En allant ouvrir, il découvre un certain Justin Lynch, qui semble très au courant de ce qu’il s’apprêtait à commettre et qui lui propose de se tuer d’une manière particulière : en tuant un assassin puis en assassinant un autre suicidaire pour faire croire à un meurtre et non à un suicide. Ted accepte et fait ce qu’il a à faire. Et si toute cette histoire n’était que mensonges ? Et si tout cela n’était pas réel ?

Les personnes qui désirent se lancer dans la lecture de L’oposum rose doivent être patientes. D’une part parce que ce roman est une petite brique de 500 pages, mais surtout parce que l’histoire semble tourner en rond. Elle ne tourne pas véritablement en rond, mais c’est l’impression que l’auteur souhaite en donner aux lecteurs. On a la sensation d’une histoire qui n’avance pas, qui recule même, avec un mystère qui ne désépaissit pas, une intrigue qui reste floue, des personnages que l’on arrive pas à percer. Et c’est ce qui est génial ! L’auteur révolutionne le genre en proposant une trame narrative tout à fait novatrice, présentée comme un casse-tête gigantesque. Certains peuvent adorer, comme d’autres peuvent détester. Personnellement, j’ai adoré l’audace avec laquelle il réussit à nous prendre, nous manipuler pour nous emmener à croire tout et n’importe quoi, pour nous faire douter de tout et sans cesse remettre en cause nos certitudes.

L’histoire est bien montée, les énigmes sont bonnes, l’intrigue est additive et très prenante. On se laisse facilement prendre au jeu et on est manipulés comme des bleus. Le seul bémol qui me chagrine un peu, c’est le dénouement trop brutal du récit. Après plus de 450 pages à tourner en bourrique et à imaginer mille et une hypothèses à l’intrigue, je trouve dommage que Federico Axat termine son récit aussi rapidement. La fin aurait méritée plus de développement, pour être parfaitement dans la continuité du reste du récit.


Les amateurs de thrillers psychologiques vont être servis puisque L’oposum rose révolutionne un peu le genre. C’est une histoire bien montée, additive mais surtout très surprenante. Toutes vos certitudes vont voler en éclats. Mais n’ayez crainte et poussez la porte : Ted est-il encore en vie ? C’est un polar qui vaut le détour !

Ma note : 8/10