Sous l’eau


Sous l’eau de Catherine Steadman
427 pages, éditions Les Escales, à 22€


Résumé : Une mystérieuse découverte bouleverse la vie d’un couple pendant sa lune de miel…
Le suspense qui a conquis plus d’un million de lecteurs dans le monde entier enfin traduit en France.
Mark et Erin, un jeune couple londonien, partent en lune de miel sur l’île paradisiaque de Bora Bora. Tout se passe à merveille, jusqu’au jour où les époux vont faire de la plongée sous-marine. Sous l’eau, ils découvrent quelque chose qu’ils n’auraient jamais dû trouver.
Ils décident de garder pour eux cette mystérieuse découverte : personne ne doit savoir. Mais très vite ils comprennent qu’ils ne sont pas les seuls à être au courant. Et, dans ce genre de situation, mieux vaut ne faire confiance à personne, pas même à ceux qui sont les plus proches de nous…


Extraits : « J’en viens parfois à m’interroger : suis-je moins observatrice que mes semblables ? Peut-être que je ne prête pas assez attention à ce qui se passe autour de moi ou peut-être que je ne suis tout simplement pas douée pour repérer les signes. Je suis souvent prise de court, par exemple quand Mark m’apprend qu’Untel n’apprécie pas Machin-chose, que quelqu’un a de l’attirance pour moi ou au contraire de l’antipathie à mon encontre. Je ne remarque jamais rien. Mais ce n’est probablement pas plus mal : ce qu’on ne sait pas ne peut pas nous atteindre. »

« Il me semble que la première classe est à l’économique ce que le bio est à l’élevage intensif. Les passagers de la classe économique sont entassés au fond, comme des poulets en batterie, pendant onze heures. Et nous, les poulets de plein air nourris au grain, pouvons picorer gaiement dans les hautes herbes. À moins que je ne me trompe de métaphore ? Et si nous, nous étions les fermiers ? »


Mon avis : Alors qu’ils sont tranquillement en lune de miel à Bora Bora, deux jeunes mariés tombent, au retour d’une session de plongée, sur un sac de sport suspect et des centaines de papiers qui flottent à la surface de l’eau. Ils s’en emparent, notent les coordonnées GPS et rentrent à leur hôtel. Là-bas, Mark et Erin décident d’ouvrir le sac pour tenter de trouver un indice sur l’identité de son propriétaire… mais ce qu’ils découvrent à l’intérieur risque de leur causer bien du soucis : des millions d’euros en cash et des centaines de diamant, qu’ils estiment à un ou deux millions. Paniqués, ils ne savent comment réagir et décident finalement de garder leurs trouvailles… à quel prix ?

Sous l’eau est un roman à suspense que j’ai beaucoup apprécié, qui a réussi à me tenir facilement en haleine jusqu’au dénouement final. Il faut dire que le premier chapitre donnait le ton : il s’agit ni plus ni moins que de la dernière scène du livre, brute, choquante, placée en premier pour plonger directement dans le bain et amener de multiples interrogations. Catherine Steadman a parfaitement compris comment garder l’attention de ses lecteurs : de cette manière, on ne peut qu’attendre frénétiquement et tenter de comprendre ce qui a bien pu se passer entre les chapitres paisibles et cette scène cauchemardesque. Je ne vais pas rentrer dans les détails de l’intrigue, de peur de vous révéler des éléments qui pourraient vous faire moins apprécier votre lecture, raison pour laquelle je reste assez vague dans cette chronique.

Néanmoins, je peux vous parler plus longuement de Mark et Erin, notre jeune couple de mariés, heureux détenteurs d’un pactole conséquent. Mark est trader et souffre du crash financier. Son patron n’a d’autre choix que de le licencier, ce qui le fait se retrouver au chômage, sans plan de secours. Il s’inquiète grandement de sa situation professionnelle mais surtout financière : son mariage avec Erin va d’ailleurs en prendre un coup, puisque les dépenses seront revues largement à la baisse. Quant à Erin, c’est une journaliste d’investigation compétente, qui travaille actuellement sur le sort des prisonniers et leur retour à la vie civile. Pour cela, elle a choisit trois profils – deux femmes et un homme -, qu’elle interviewe régulièrement pour apprendre à les connaître et voir comment ils font réagir à leur sortie de prison. C’est une jeune femme compétente mais surtout passionnée par son métier.

Le couple se dit heureux, bien que les apparences ne le laisse pas forcément penser. Mark semble plus détaché, un peu froid, il manque de sentiments, d’émotions et d’empathie, contrairement à Erin, que j’ai trouvé plus amoureuse, prête à faire de grosses concessions pour son homme. Ils n’ont sans doute pas l’aspect du couple idéal, mais ça a l’air de fonctionner quand même entre eux.

Comme je le disais, j’ai apprécié ma lecture, qui m’a fait passer un bon moment, entre voyage paradisiaque à Bora Bora et tensions extrêmes face aux découvertes du couple, excitantes et terrifiantes à la fois. Malgré tout, bien que cela n’ait rien enlevé au plaisir que j’ai eu à découvrir ce roman, j’ai trouvé que certaines scènes manquaient clairement de cohérences. Pour exemple, le comportement d’Erin face aux découvertes est tout sauf réaliste : elle se jette dans la gueule du loup et manque de discernement. Autre exemple : le fait de plonger seuls, à plus de vingt mètres de profondeur en pleine mer, sans aucune assistance… insensé ! Enfin, le dénouement, bien qu’intéressant, en phase avec le reste du récit, manque cruellement de crédibilité.


Un couple de jeunes mariés découvrent un trésor inestimable enfoui sous l’eau, qui va leur attirer bien des ennuis. Un roman au suspense haletant, que j’ai beaucoup apprécié, malgré quelques incohérences, qui n’ont en rien gênés ma lecture.

Ma note : 6,5/10

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ISBN : 978-2-36569-698-2
Traduction : Isabelle Maillet

Bonjour, Verônica


Bonjour, Verônica de Ilana Casoy et Raphael Montes
375 pages, éditions Hauteville, à 19,50€


Résumé : La justice n’est pas toujours au rendez-vous, elle si. Tout commence le jour où une femme venue porter plainte au commissariat se défenestre sous les yeux de Verônica Torres, secrétaire pour la police de São Paulo. Sous le choc, Verônica veut comprendre ce qui l’a poussée à commettre ce geste et se promet de la venger. Quelques jours plus tard, elle reçoit un inquiétant appel anonyme ; celle qui la contacte a de bonnes raisons de croire que son mari va la tuer. Pourquoi ? Parce que tuer des femmes, c’est ce qu’il a toujours fait de mieux. Lasse de constater que les femmes payent toujours le prix fort, Verônica oublie que son statut de secrétaire ne lui donne pas le droit de traquer des criminels. La justice commence ici et maintenant.

Un thriller brésilien, résolument féministe, où se déploie à un rythme effréné toute la noirceur de l’âme humaine.


Extraits« J’ai l’habitude de dire que le lieu où l’on vit est aussi personnel que nos empreintes digitales.« 

« La femme est comme l’Indien : elle se peint le visage pour affronter la guerre du quotidien. »


Mon avis : Verônica Torres est une officier de police, cantonnée par son chef à des activités de secrétariat, bien en-dessous de ses capacités professionnelles. Un beau jour, lorsqu’une jeune femme, frêle, instable psychologiquement, se défenestre sous ses yeux, au sortir du bureau de son chef, Verônica décide de mener l’enquête : qu’est-ce qui a bien pu pousser cette femme à mettre fin à ses jours ? En cachette, elle va chercher à retrouver l’homme qui l’a malmenée psychologiquement, qui l’a escroquée, mentit impudemment. En parallèle, la jeune femme recevra un appel d’une autre femme en détresse, Janete, convaincue que son mari va la tuer, comme il l’a fait avec des dizaines d’autres jeunes femmes. Verônica, téméraire policière, qui cherche à (re)faire ses preuves, se lance seule sur les traces de ce tueur en série.

À travers ces deux enquêtes policières, Ilana Casoy et Raphael Montes pointent du doigt une thématique sociétale importante, presque primordiale en ce XXIème siècle : les violences domestiques faites aux femmes. Que ce soient des violences physiques ou psychologiques, ils montrent avec effroi comment les hommes arrivent à manipuler aisément les femmes pour arriver à leurs fins. Janete est en prise avec son mari, totalement soumise, elle a peur de lui opposer une quelconque résistance et ne peut se pencher vers aucune connaissance, puisque ce dernier s’est chargé de l’isoler progressivement, afin de la couper de toute vie sociale. Elle se retrouve seule, apeurée, prisonnière sentimentalement, financièrement, physiquement, d’un homme qu’elle répugne. Une situation cruelle, malheureusement bien trop répandue dans notre société actuelle.

Verônica, notre protagoniste enquêtrice, va tout faire pour venger ces femmes et pour faire condamner les ordures qui les ont fait souffrir. J’ai apprécié la force de caractère de cette policière, bien que je n’ai pas forcément adhéré à sa personnalité : épouse et mère de deux enfants en bas âge, elle fait passer son travail et sa propre personne en priorité, n’hésitant pas à tromper son mari et à accorder une place réduite aux enfants. C’est une femme moderne, certes, mais il y a des limites. J’ai également été assez déçue de l’invraisemblance de certaines scènes policières, qui n’auraient jamais pu se dérouler dans un scénario réel : braver la hiérarchie, se rendre seule sur des lieux sordides, pénétrer en toute impunité chez les victimes et/ou bourreaux… autant de scènes qui remettaient en doute la cohérence du récit.

Hormis ces quelques points, j’ai bien aimé lire ce livre, tant pour son rythme effréné, que pour sa thématique centrale. De plus, ce thriller brésilien a été adapté en série Netflix, sous le nom « Bon dia, Verônica », qui comporte déjà une saison et huit épisodes. Une série que je serai curieuse de découvrir, pour retrouver notre téméraire protagoniste et surtout, pour voir voir si les scènes cinématographiques restent aussi fidèles aux scènes narratives.


Ilana Casoy et Raphael Montes nous livrent une double enquête sombre, violente, machiavélique, où l’on suit avec avidité la téméraire enquêtrice Verônica, prête à tout pour venger les femmes abusées. Prenant, rythmé, bien écrit, mais avec un peu trop d’invraisemblances par moments !

Ma note : 6/10

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ISBN : 978-2-38122-074-1
Traduction : Anne-Claire Ronsin

On te retrouvera


On te retrouvera de Samantha Downing
413 pages, éditions Hauteville, à 19,50€


Résumé : Toutes les routes mènent au crime… Séparés par une tragédie, Eddie, Beth et Portia ne se sont pas vus depuis des années. Pour toucher l’héritage de leur grand-père, ils doivent refaire ensemble le road trip qu’ils avaient fait avec lui vingt ans plus tôt. Un voyage qui avait mal commencé, puisque le grand-père, brouillé avec sa famille, avait enlevé ses petits-enfants, et qui s’était mal terminé, puisque l’un d’eux n’est jamais rentré…

Ce périple ne s’annonce pas de tout repos ; à bord de la voiture, tous les passagers ont quelque chose à cacher. Ils essaient de faire abstraction de la disparition jamais élucidée et de la voiture qui les suit. Au moins l’un d’entre eux est un tueur, et il y a un cadavre dans le coffre.


Extraits« Un jour, ces films et ces photos seront tout ce qu’il vous restera de quelqu’un. Alors choisissez bien vos moments..« 

« La menace de la violence physique éclipse tous les caprices. Enfant, cette peur est omniprésente et, même en tant que femme, elle est encore là, tapie dans un coin de mon esprit. Un coup de poing peut tout changer. »


Mon avis : Je ne pensais pas autant aimer ce thriller. D’apparence anodine, il recèle en lui bien plus de mystères, de suspense, de tension narrative, que vous ne pourriez penser. L’histoire est simple : après la mort de leur grand-père, Eddie, Beth et Portia, séparés depuis des années, se lancent dans un road trip à travers les États-Unis, pour toucher l’héritage de leur aïeul disparu. Mais ce voyage n’est pas anodin. En effet, près de vingt ans plus tôt, ils avaient également réalisé ce périple aux côtés de leur grand-père. Nous suivons en direct le voyage du frère et des soeurs, en alternance avec des flashs du voyage passé, alors qu’ils n’étaient encore que de jeunes enfants. L’un comme l’autre, ces voyages sont semés d’embûches,  ils ne sont pas toujours très gais. Le second voyage va en plus peu à peu faire remonter des souvenirs pas souvent très roses à la surface de leurs esprits et créer des tensions familiales conséquentes. À ce voyage fraternel s’ajoutent le conjoint de Portia et la conjointe d’Eddie, ainsi que le souvenir tenace d’une personne disparue, ayant fait partie jadis de leur premier road trip.

Notre joyeuse bande se déplace de ville en ville, dans un voyage qui n’est pas de tout repos. À travers les découvertes culturelles, les sorties gastronomiques ou les nuits d’hôtel plus ou moins mémorables, se mêlent secrets, non-dits et faux semblants. Car chacun, quel qu’il soit, cache au fond de lui des choses inavouées qu’il n’avouerait pour rien au monde aux autres membres du voyage. On traverse l’ensemble de l’histoire aux côtés de personnages que l’on croit connaître, alors qu’il n’en est rien. À qui se référer ? À qui faire confiance ? La psychologie des protagonistes est bien travaillée, vraiment complexe à détriquer ; impossible d’arriver à s’attacher à l’un ou l’autre, tant on ressent avec puissance que des ombres du passé planent au-dessus de leurs têtes. Même les membres de cette famille doutent les uns des autres, se méfient de leurs faits et gestes respectifs, chacun souhaitant toucher le gros pactole promis à la fin du voyage : mais seraient-ils prêts à tout pour le décrocher ? C’est un parfait jeu de dupe qui se met en place, tant envers eux-mêmes qu’envers les lecteurs : chacun se fait manipuler habilement par l’auteure.

Il faut dire que le rythme du récit est époustouflant : les péripéties s’enchaînent les unes à la suite des autres, sans nous laisser aucun temps mort. Chaque ville traversée nous apporte son lot de surprises. La tension narrative s’accentue au fur et à mesure du récit, avec un décompte habile en début de chaque chapitre, qui nous rappelle l’imminence de la fin du voyage et sans doute une révélation finale. Si l’ensemble du récit est rempli de rebondissements, ce final est ce qu’il y a de plus inattendu. Enfin, je tiens à saluer ce dénouement, tout juste phénoménal. À l’image de l’ensemble de l’histoire, il est bien loin des fins conventionnelles, où tout se termine bien dans le meilleur des mondes. Samantha Downing souhaitait sans doute marquait définitivement ses lecteurs, avec un final en apothéose, qu’il sera difficile d’oublier de sitôt.


Un thriller rythmé, énergique et pleinement addictif, dans lequel nous suivons une famille engagée dans un road-trip américain surprenant. doutes, Secrets et non-dits jalonneront leur parcours, jusqu’à la révélation finale, sanglante, inattendue.

Ma note : 7,5/10

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ISBN : 978-2-38122-147-2
Traduction : Élodie Coello

Le cadeau


Le cadeau de Sebastian Fitzek
332 pages, éditions l’Archipel, à 22€


Résumé : Arrêté à un feu à Berlin, Milan Berg aperçoit sur le siège arrière d’une voiture une ado terrorisée qui plaque une feuille de papier contre la vitre. Un appel au secours ? Milan ne peut en être certain : il est analphabète. Mais il sent que la jeune fille est en danger de mort.
Lorsqu’il décide de partir à sa recherche, une odyssée terrifiante commence pour lui. Accompagné d’Andra, sa petite amie, Milan est contraint de retourner sur l’île de son enfance. Là, il va découvrir des pans entiers de son passé qu’il avait oubliés…
Une cruelle prise de conscience s’impose alors : la vérité est parfois trop horrible pour qu’on puisse continuer à vivre avec elle – et l’ignorance est souvent le plus beau des cadeaux…

Comme à son habitude, Sebastian Fitzek a imaginé un scénario diabolique qui manipule le lecteur pour son plus grand plaisir.


Extraits« Il s’était demandé pourquoi il était tombé aussi désespérément amoureux d’une telle marginale. Peut-être parce qu’Yvonne appartenait à cette rare espèce de gens qui ne se définissaient pas selon ce que le monde voyait en eux, mais selon la manière dont eux-mêmes le voyaient.« 

« N’étaient-ils pas tous des voyageurs conscients que, comparée à l’immensité de l’univers, chaque existence n’était qu’un bref arrêt en bordure d’autoroute ? »


Mon avis : Lorsque Milan croise une voiture suspecte sur la route, avec, à son bord, un couple et une petite fille à l’arrière tenant une feuille de papier, il en est certain, quelque chose de louche se passe. Étant analphabète, Milan n’arrive pas à déchiffrer ce que la jeune fille a écrit sur sa feuille, mais décide de suivre le couple jusque chez eux. Quelques heures plus tard, accompagné de sa petite amie, ils retournent sur les lieux déserts, découvrent un étrange mot codé et reçoivent un coup de téléphone du corbeau, qui leur demande une somme d’argent rondelette en échange de la fille. Grâce au message crypté, qu’il est seul à pouvoir lire, Milan comprend qu’il n’a pas été choisi au hasard : l’enlèvement de l’adolescente a un lien avec sa propre vie. Il lui reste à découvrir lequel. Ni une ni deux, Milan et sa compagne se lancent sur les traces des ravisseurs, à la recherche de la jeune fille kidnappée. Une course-poursuite haletante et un compte à rebours sanglant vont démarrer. Milan doit à tout prix sauver la fille avant qu’elle ne soit torturée puis tuée.

Rassurez-vous, les scènes de tortures sont peu nombreuses et grandement supportables. Seule la scène finale peut choquer les lecteurs les moins avertis ; le reste du récit propose un contenu modéré. Dans Le cadeau, Sebastian Fitzek nous offre un thriller complexe, qui donne littéralement des noeuds à la tête. Il faut être bien accroché pour arriver à détricoter l’ensemble des éléments présentés. Je ne m’étalerais pas sur l’intrigue en elle-même, par peur de vous dévoiler des éléments clefs et de vous gâcher l’effet de surprise imaginé par l’auteur. Sachez cependant que le récit est très bien ficelé, brillamment rythmé, les événements s’enchaînent avec fluidité, de façon à rendre le lecteur rapidement accro à l’histoire. C’est bien simple : je ne pouvais plus me résoudre à lâcher le livre avant d’avoir compris le fin mot de l’histoire.

De même, j’ai beaucoup aimé l’originalité du récit et surtout sa complexité. On sent que l’auteur a souhaité se démarquer des autres auteurs de thriller, en apportant une dose d’originalité supérieure à son histoire, de manière à ce qu’il marque un peu plus longuement les esprits. La psychologie des personnages est bien développée ; on pénètre dans la tête de Milan, tout comme on essaie de comprendre les agissements des ravisseurs et le ressenti de la pauvre victime. Mais l’auteur n’a pas dit son dernier mot et attend de nous manipuler jusqu’aux dernières pages.


Un thriller psychologique rythmé et bien ficelé, qui nous manipule avec brio. La trame du récit est assez complexe, il faut s’accrocher pour comprendre l’ensemble des mécanismes, mais le jeu en vaut la chandelle : C’était mon premier Sebastian Fitzek, mais je doute que ce soit le dernier !

Ma note : 8/10

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ISBN : 978-2-8098-4122-0
Traduction : Céline Maurice

Et les vivants autour


Et les vivants autour de Barbara Abel

443 pages, éditions Belfond, à 19€


Résumé : Voilà quatre ans que l’ombre de Jeanne plane sur eux.
Comme s’ils n’avaient plus le droit de vivre pour de vrai tant qu’elle était morte pour de faux.

Cela fait quatre ans que la vie de la famille Mercier est en suspens. Quatre ans que l’existence de chacun ne tourne plus qu’autour du corps de Jeanne, vingt-neuf ans. Un corps allongé sur un lit d’hôpital, qui ne donne aucun signe de vie, mais qui est néanmoins bien vivant. Les médecins appellent cela un coma, un état d’éveil non répondant et préconisent, depuis plusieurs mois déjà, l’arrêt des soins. C’est pourquoi, lorsque le professeur Goossens convoque les parents et l’époux de Jeanne pour un entretien, tous redoutent ce qu’ils vont entendre. Ils sont pourtant bien loin d’imaginer ce qui les attend. L’impensable est arrivé. Le dilemme auquel ils sont confrontés est totalement insensé et la famille de Jeanne, en apparence si soudée, commence à se déchirer autour du corps de la jeune femme…

Après Je sais pas et Je t’aime, le nouveau thriller de Barbara Abel dissèque à la perfection la psychologie et les émotions en montagnes russes des personnages qui gravitent autour du corps de Jeanne, inerte et si présent à la fois.


Extraits : « Dans le lit, Jeanne ne bouge pas. Jeanne ne bouge plus depuis quatre ans. Jeanne n’est plus qu’un corps inerte et allongé. Elle, la vraie Jeanne, celle qui animait cet organisme léthargique, celle qui donnait vie à ce corps désormais passif, s’est perdue quelque part dans les méandres de sa conscience. On ne sait pas très bien où. Loin en tout cas. Si loin qu’elle est incapable de retrouver le chemin. Son esprit erre dans une autre dimension, une perspective inconnue, une monde inexploré d’où elle ne peut pas communiquer. Certains disent qu’il est hors service, d’autres en sommeil. »

« Peut-être faut-il affronter la mort en face pour permettre à la vie de s’imposer enfin ? »


Mon avis : Auteure largement plébiscitée par les critiques de roman noir, notamment connue et encensée pour Derrière la haine et Je sais pas, c’est avec beaucoup d’excitation que j’ai ouvert mon premier Barbara Abel… il était grand temps !

Autour de la table, se tient la famille Mercier. Elle est composée de Micheline et Gilbert, les parents, de Charlotte, la fille aînée, Jeanne, la cadette, et de Guillaume et Jérôme, les époux de l’une et l’autre. Une famille en apparence banale, mais qui recèle bien des secrets et non-dits. Leur vie à tous s’est arrêtée il y a quatre ans de cela, quand Jeanne, la cadette, est victime d’un accident de la route, qui la plonge dans un profond coma artificiel. Depuis, ils se relaient à son chevet, dans l’espoir toujours immense qu’elle puisse se réveiller un jour. Lorsque le médecin Goossens, en charge de Jeanne, convoque ses parents et son mari, tous pensent qu’ils vont leur proposer une nouvelle fois de la débrancher. Mais leur surprise est de taille lorsqu’ils découvrent la vraie raison de cette convocation.

En voilà une intrigue originale ! C’est bien connu, il faut savoir se méfier des apparences, car elles sont souvent bien trompeuses. L’harmonie familiale qui semble exister au début du récit, qui montre une famille unie autour d’une Jeanne endormie n’est que fumée. En sus, autour de la belle endormie se crée des tensions liées aux jalousies, rancoeurs, tromperies, secrets et non-dits, qui empoisonnent et désunissent progressivement la famille Mercier. Cette famille dite « parfaite » va se confronter à ses propres démons, tant et si bien qu’on va jusqu’à se demander comment elle peut arriver à se déchirer à ce point.

Derrière les aspects noirs de ce récit, se cache néanmoins un véritable questionnement sur l’acharnement thérapeutique. Dans le coma depuis plus de quatre ans, Jeanne est maintenue sous respirateur artificiel, avec une chance vraiment très mince de pouvoir revenir à la vie. Malgré les avis compétents des spécialistes, sa mère refuse qu’on la débranche et vient quotidiennement lui tenir compagnie à son chevet. Une situation difficile à vivre pour son mari Jérôme, qui atteint patiemment que l’être aimé et désiré revienne à la vie… tout en sachant pertinemment qu’il passe à côté de très belles années de sa vie et surtout de jolies rencontres féminines. Un terrible dilemme moral, qui le ronge de plus en plus.

J’ai beaucoup aimé ce thriller psychologique, qui m’a tenu en haleine du début jusqu’à la fin. Les rebondissements sont légions, dynamiques, le rythme est soutenu, avec une nette accélération au dernier tiers du récit, marquant une montée en tension palpable tout à fait exquise. L’auteure arrive à frapper là où on s’y attend le moins, à nous surprendre quand on ne pensait plus pouvoir être surpris. Jusqu’à la dernière page, elle arrive à nous dérouter : j’ai fermé le livre abasourdie, confuse, mais très heureuse de cette lecture. C’est astucieux, dérangeant parfois, mais tellement satisfaisant à lire !


Un thriller psychologique mené d’une main de maître par une auteure qui n’a plus rien à prouver. Un roman sombre, machiavélique qui met en scène une famille dysfonctionnelle qui se déchire.

Ma note : 8/10

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ISBN : 978-2-7144-9316-3