Un nom sur la liste


Un nom sur la liste de Monica Hesse
394 pages, éditions Nathan, à 17,95€


Résumé : Allemagne, 1945. La guerre est finie pour tous. Sauf pour Zofia. Zofia Lederman, 18 ans, a été brisée par les camps. Son corps commence à guérir, mais pas son esprit. Elle n’a qu’une chose en tête : la promesse qu’elle a faite à son petit frère Abek, trois ans auparavant : après la guerre, je te retrouverai. Dans une Europe en ruines, sa quête la mène à la rencontre d’autres survivants et toujours plus loin dans les tréfonds de sa mémoire. Saura-t-elle vivre avec les réponses qu’elle trouvera en chemin ?


Extraits : « L’absence de souffrance n’est pas la même chose que la présence de bonheur. »

« L’absence de vérité n’est pas pour autant la présence d’un mensonge. »


Mon avis : Monica Hesse est une auteure de romans jeunesse spécialisée dans les histoires émouvantes évoquants la Seconde Guerre mondiale. En 2016 déjà, elle avait fait du bruit avec Une fille au manteau bleu, un livre noir qui parle de l’invasion des nazis au Pays-Bas, de la rafle puis de la mort de milliers de juifs innocents. Une fiction historique poignante, qui m’avait laissé pantelante, les larmes aux yeux face à cette histoire gorgée d’émotions.

Elle revient en force avec Un nom sur la liste. L’originalité de cette histoire, c’est sa temporalité. Bon nombre d’auteurs qui ont écrit sur la Seconde guerre Mondiale ont évoqués la monstruosité des nazis, la brutalité des camps juifs, l’horreur pure et dure des années 1939 à 1945. Ici, l’histoire se déroule en 1945, une fois la guerre finie. Nous suivons Zofia Ledderman, une jeune fille de 18 ans, qui a survécu à l’indicible. Elle recherche désespérément son petit frère Abek, qu’elle a promis de retrouver une fois la guerre terminée. Sa quête la mènera dans d’anciens camps juifs, dans des camps de réfugiés, d’Allemagne en Pologne, qui lui rappellent avec bien trop de clarté ses démons passés.

J’ai été émue par l’angle d’approche de cette histoire. L’auteure ne rentre pas explicitement dans les aspects sombres de la guerre, les camps de concentration, les morts par milliers, la destruction, la violence… Au contraire, elle aborde avec pudeur et émotions la quête de reconstruction identitaire personnelle et familiale de Zofia, au sein d’un pays détruit par des atrocités sans nom. Une grande partie de la famille de Zofia a été tuée sous ses yeux, à l’aube de la Seconde guerre Mondiale. Seul son frère et elle, survivants grâce à leur jeune âge, ont pu échapper aux chambres à gaz et se montrer utiles aux Allemands. Face à de telles tragédies, la charge émotionnelle est intense, le chemin vers la paix intérieur est long, rugueux, semé d’embûches, mais pourtant essentiel à la guérison. Zofia va peu à peu se relier au monde, à l’amitié, à l’amour, elle va réapprendre à faire confiance, à ne plus avoir peur, à croire en un monde meilleur. Une certaine atmosphère étouffante se dégage de l’histoire. Aux côtés de Zofia et des autres personnages, nous marchons sur des charbons ardents, en sachant pertinemment les traumatismes qu’ils ont vécus dans le passé, un rien peut les briser. Ils sont vulnérables, torturés, mais résistants et pleins d’espoir face à l’avenir. Un courage étonnant, qui marque et attise l’admiration.

Il se dégage une certaine poésie de ce récit, avec la mention régulière d’une comptine alphabétique écrite par la protagoniste pour son petit frère, sur la base de leur histoire personnelle. Chaque lettre de l’alphabet se réfère à une personne de leur famille, à un souvenir commun… Le A pour Abek, le B pour Baba Rose, leur grand-mère… et ainsi de suite, jusqu’au Z de Zofia. Une douce attention brodée par la jeune fille dans un vêtement d’Abek, pour qu’il puisse se souvenir à jamais d’où il vient. Monica Hesse pousse plus loin cette originalité littéraire en renommant chacun de ses chapitre avec une lettre différente. Une singularité appréciable, qui donne une certaine légèreté à cette histoire pourtant lourde de conséquences.


Une fiction historique jeunesse émouvante sur la seconde Guerre Mondiale, abordée sous l’angle de la résilience et de la reconstruction face à ces terribles drames. Un roman original, qui recèle pleins d’espoirs.

Ma note : 7,5/10

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ISBN : 978-2-09-259523-7
Traduction : Anne Krief

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