Allie, tome 3 : Les vraies amies


Allie, tome 3 : Les vraies amies de Meg Cabot
204 pages, éditions Hachette romans, à 12,90€


Résumé : Une nouvelle élève est arrivée dans la classe. Elle s’appelle Cheyenne. Allie est très contente, mais sa joie ne dure pas… D’abord, parce qu’elle doit s’installer au fond de la classe pour laisser sa place à côté d’Erica, sa meilleure amie.

Ensuite, parce que Cheyenne impose de nouveaux jeux idiots. Et enfin, parce qu’elle dicte sa loi à tout le monde. Et gare à celui qui s’y oppose ! Allie, elle, n’est pas prête à céder, ni à perdre ses amies.


Extraits« Règle n°2 : On a le droit de mentir si c’est pour faire plaisir à quelqu’un.« 

«  »Les filles préfèrent la guerre psychologique », c’est ce que m’a appris Oncle Jay. Par exemple, elles peuvent MENACER de vous frapper mais elles ne disent pas quand elles vont le faire. Du coup, vous avez tout le temps peur.
Les filles ont une autre technique : elles vous annoncent qu’elles ne vous parlent pus. Ou bien elles parlent de vous quand vous avez le dos tourné. Ou encore, elles vous disent des méchancetés en vous regardant droit dans les yeux. Ça, c’est presque pire qu’être frappé. Parce qu’au moins, quand on a reçu un coup, on n’y repense plus après. Mais avec les filles, ça peut durer, durer, durer… »


Mon avis : C’est avec beaucoup de joie que je retrouve Allie et ses meilleures amies, Erica, Sophie et Caroline, dans de nouvelles aventures trépidantes. Dans ce troisième tome, les jeunes filles vont voir débarquer dans leur classe une nouvelle élève, venue tout droit du Canada : Cheyenne. D’apparence intelligente, gentille et serviable, Cheyenne a tout de la parfaite petite peste. Elle va donner du fil à retordre aux jeunes filles : la guerre est déclarée !

Comme dans le premier tome où j’ai fait la connaissance d’Allie, je retrouve une jeune fille pétillante, vive, agréable à vivre, qui semble bien plus mature que son âge le laisse deviner – et que les autres filles, en particulier Cheyenne, peuvent le penser. En effet, malgré les nombreuses piques lancées par la nouvelle, Allie ne flanche pas, elle reste droite, fidèle à ses valeurs, sûre d’elle. Cheyenne lui donne des ordres, Cheyenne la maltraite psychologiquement, elle créait la zizanie dans son groupe de copines, elle l’affronte ostensiblement, l’affuble de surnoms ridicules… pourtant, Allie ne réagit pas avec violence ni vulgarité, mais avec sérieux et maturité.

Malheureusement, dans notre société actuelle, bien trop d’enfants ne réagissent pas comme Allie : nombre d’entre eux se retrouvent harcelés, soumis à l’effet de groupe, obligés d’abdiquer, d’obéir et de faire certaines choses qu’ils n’auraient jamais souhaité faire de leur plein gré. Meg Cabot donne le bon exemple à travers le personnage d’Allie et de ses copines : il ne faut pas hésiter à s’en ouvrir aux adultes, qui seront toujours là pour écouter patiemment sans juger, comprendre, agir et protéger. Une belle leçon pour les jeunes lecteurs, qui devraient s’en référer au comportement d’Allie afin de réagir convenablement face aux menaces et harcèlement scolaire qu’ils pourraient subir.

Enfin, comme dans le premier tome d’Allie, pour donner plus de légèreté à son récit, l’auteure s’est encore une fois munie de ses pinceaux pour réaliser de sublimes dessins en couleurs, qui viennent sublimer et égayer le récit. L’histoire est déjà punchy et dynamique, mais ces dessins viennent renforcer davantage ces sensations : j’adore !


Un troisième tome qui confirme mon engouement pour Allie, une jeune fille intelligente, pétillante, pleine de vie, que je suis déjà impatiente de retrouver dans le prochain tome !

Ma note : 8/10

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ISBN : 978-2-01-628570-1
Traduction : Josette Chicheportiche et Fabienne Duvigneau

On te retrouvera


On te retrouvera de Samantha Downing
413 pages, éditions Hauteville, à 19,50€


Résumé : Toutes les routes mènent au crime… Séparés par une tragédie, Eddie, Beth et Portia ne se sont pas vus depuis des années. Pour toucher l’héritage de leur grand-père, ils doivent refaire ensemble le road trip qu’ils avaient fait avec lui vingt ans plus tôt. Un voyage qui avait mal commencé, puisque le grand-père, brouillé avec sa famille, avait enlevé ses petits-enfants, et qui s’était mal terminé, puisque l’un d’eux n’est jamais rentré…

Ce périple ne s’annonce pas de tout repos ; à bord de la voiture, tous les passagers ont quelque chose à cacher. Ils essaient de faire abstraction de la disparition jamais élucidée et de la voiture qui les suit. Au moins l’un d’entre eux est un tueur, et il y a un cadavre dans le coffre.


Extraits« Un jour, ces films et ces photos seront tout ce qu’il vous restera de quelqu’un. Alors choisissez bien vos moments..« 

« La menace de la violence physique éclipse tous les caprices. Enfant, cette peur est omniprésente et, même en tant que femme, elle est encore là, tapie dans un coin de mon esprit. Un coup de poing peut tout changer. »


Mon avis : Je ne pensais pas autant aimer ce thriller. D’apparence anodine, il recèle en lui bien plus de mystères, de suspense, de tension narrative, que vous ne pourriez penser. L’histoire est simple : après la mort de leur grand-père, Eddie, Beth et Portia, séparés depuis des années, se lancent dans un road trip à travers les États-Unis, pour toucher l’héritage de leur aïeul disparu. Mais ce voyage n’est pas anodin. En effet, près de vingt ans plus tôt, ils avaient également réalisé ce périple aux côtés de leur grand-père. Nous suivons en direct le voyage du frère et des soeurs, en alternance avec des flashs du voyage passé, alors qu’ils n’étaient encore que de jeunes enfants. L’un comme l’autre, ces voyages sont semés d’embûches,  ils ne sont pas toujours très gais. Le second voyage va en plus peu à peu faire remonter des souvenirs pas souvent très roses à la surface de leurs esprits et créer des tensions familiales conséquentes. À ce voyage fraternel s’ajoutent le conjoint de Portia et la conjointe d’Eddie, ainsi que le souvenir tenace d’une personne disparue, ayant fait partie jadis de leur premier road trip.

Notre joyeuse bande se déplace de ville en ville, dans un voyage qui n’est pas de tout repos. À travers les découvertes culturelles, les sorties gastronomiques ou les nuits d’hôtel plus ou moins mémorables, se mêlent secrets, non-dits et faux semblants. Car chacun, quel qu’il soit, cache au fond de lui des choses inavouées qu’il n’avouerait pour rien au monde aux autres membres du voyage. On traverse l’ensemble de l’histoire aux côtés de personnages que l’on croit connaître, alors qu’il n’en est rien. À qui se référer ? À qui faire confiance ? La psychologie des protagonistes est bien travaillée, vraiment complexe à détriquer ; impossible d’arriver à s’attacher à l’un ou l’autre, tant on ressent avec puissance que des ombres du passé planent au-dessus de leurs têtes. Même les membres de cette famille doutent les uns des autres, se méfient de leurs faits et gestes respectifs, chacun souhaitant toucher le gros pactole promis à la fin du voyage : mais seraient-ils prêts à tout pour le décrocher ? C’est un parfait jeu de dupe qui se met en place, tant envers eux-mêmes qu’envers les lecteurs : chacun se fait manipuler habilement par l’auteure.

Il faut dire que le rythme du récit est époustouflant : les péripéties s’enchaînent les unes à la suite des autres, sans nous laisser aucun temps mort. Chaque ville traversée nous apporte son lot de surprises. La tension narrative s’accentue au fur et à mesure du récit, avec un décompte habile en début de chaque chapitre, qui nous rappelle l’imminence de la fin du voyage et sans doute une révélation finale. Si l’ensemble du récit est rempli de rebondissements, ce final est ce qu’il y a de plus inattendu. Enfin, je tiens à saluer ce dénouement, tout juste phénoménal. À l’image de l’ensemble de l’histoire, il est bien loin des fins conventionnelles, où tout se termine bien dans le meilleur des mondes. Samantha Downing souhaitait sans doute marquait définitivement ses lecteurs, avec un final en apothéose, qu’il sera difficile d’oublier de sitôt.


Un thriller rythmé, énergique et pleinement addictif, dans lequel nous suivons une famille engagée dans un road-trip américain surprenant. doutes, Secrets et non-dits jalonneront leur parcours, jusqu’à la révélation finale, sanglante, inattendue.

Ma note : 7,5/10

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ISBN : 978-2-38122-147-2
Traduction : Élodie Coello

Ranee, Tara, Sonia, Chantal, Anna


Ranee, Tara, Sonia, Chantal, Anna de Mitali Perkins
344 pages, éditions Bayard, à 14,90€


Résumé : Des années 1960 aux années 2000, cinq femmes cherchent leur propre voie, entre leur culture indienne et le rêve américain auquel elles aspirent. Ranee migre avec sa famille du Bengale à New York pour une vie meilleure. Tara, sa première fille, est admirée par tous, mais se sent obligée de jouer un rôle pour continuer à être aimée. Sonia, sa cadette, rebelle et engagée, provoque un véritable séisme au sein de la famille lorsqu’elle tombe amoureuse. Chantal, la fille de Sonia, talentueuse danseuse et athlète, est prise dans une lutte entre ses deux grands-mères et ses origines. Anna, enfin, reproche à sa mère, Tara, de l’avoir forcée à quitter l’Inde pour les États-Unis et doit trouver sa place à New York.

Le fragile équilibre que les femmes de la famille Das peinent à trouver est chaque jour menacé par des blessures qui mettront des générations à cicatriser…


Extraits« De toute façon, je n’ai besoin que de deux choses pour me sentir chez moi n’importe où. La première, ce sont les livres – et j’en ai trois kilos qui me cognent la hanche à chaque pas. La seconde est cachée dans le tiroir du bas de la commode et n’attend que mon stylo pour noircir ses pages.« 

« J’adore les bibliothèques. Pour moi, une bibliothèque c’est une mine d’histoires, un havre de paix. L’odeur poussiéreuse des livres me chavire autant que le parfum de ma grand-mère quand j’étais petite. »


Mon avis : Ranee, Tara, Sonia, Chantal et Anna, ce sont cinq femmes de la même famille, séparées en trois générations distinctes. Ranee, c’est la mère indienne, le pilier de la famille, qui s’est exilée aux États-Unis avec son mari pour chercher une vie meilleure. Ensemble, ils ont eu deux filles : Tara, l’aînée, belle et admirée et Sonia, la cadette rebelle et provocatrice. Enfin, les deux soeurs ont également eu des filles : Sonia a eu Chantal et Tara, Anna.

Il est facile de se perdre parmi ce trop-plein de prénoms féminins et surtout de s’y retrouver dans l’arbre généalogique de cette grande famille. Il aurait sans doute été judicieux d’axer le récit autour d’une seule femme, pourquoi pas Sonia, que j’ai beaucoup aimé, qui est une jeune femme courageuse, engagée en faveur de combats sociaux importants (l’égalité des sexes, le racisme, entre autres thématiques…). Malheureusement, ici, l’auteure brosse un portrait global de chacune des femmes, sans s’attarder sur aucune en particulier : ainsi, je n’ai pas réussie à m’attacher à l’une ou l’autre.

Mitali Perkins, notre auteure, est née à Calcutta, la capitale d’un état de l’Inde, appelée Bengale, avant d’émigrer vers les États-Unis. Dans l’histoire familiale et sociale qu’elle dépeint de Ranee, Tara, Sonia, Chantal, Anna, il y a donc un peu de son histoire personnelle. Elle raconte notamment les difficultés d’intégration dans un pays nouveau, à la culture différente, les préjugés et stéréotypes des américains, le racisme face à leurs origines indiennes, leurs traditions qui persistent, malgré les milliers de kilomètres qui les sépare de leur pays natal. Ainsi, Mitali Perkins nous en apprend plus sur sa culture d’origine, avec notamment la mention de termes typiquement indiens, comme les coutumes bengali, les saris et salwars que portent certains personnages et bien d’autres encore. C’était très enrichissant d’un point de vue personnel, raison pour laquelle je pense que ça aurait mérité d’être encore plus accentué.

En effet, l’ensemble du récit est agréable à parcourir, les thématiques principales sont intéressantes, mais elles sont traitées bien trop superficiellement. Près d’une semaine après la fin de ma lecture, il ne me reste plus qu’un vague souvenir des personnages et de la trame principale de l’histoire. C’est dire si ceux-ci m’ont marqué.


Une histoire intéressante, reflet d’une partie importante de la vie de l’auteure : elle met en scène une famille de femmes indiennes, émigrée aux États-Unis. J’ai passé globalement un bon moment, même si j’aurais bien aimé que l’histoire soit plus creusée. 

Ma note : 5/10

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ISBN : 978-2-7470-9894-6
Traduction : Pascale Jusforgues

Le pouvoir du crochet


Le pouvoir du crochet de Vera Strange
234 pages, éditions Hachette romans, à 13,90€


Résumé :  » Quiconque possèdera mon crochet détiendra le pouvoir de ne jamais grandir.  » Barrie a 11 ans, presque 12. Son anniversaire arrive à grands pas et, contrairement aux collégiens de son âge, il est triste. Si seulement il pouvait rester un enfant toute sa vie… Jouer aux jeux vidéo, faire du skate, se plonger dans des livres d’énigmes, loin des attentes des adultes qui augmentent chaque année. Quand son père lui propose de visiter la marina de sa ville, il y va plus par obligation que par réel intérêt.
Mais, là-bas, il découvre une histoire très mystérieuse. Celle du Capitaine Crochet. Personne, encore aujourd’hui, ne sait comment il a perdu sa main. Voilà une énigme faite pour Barrie ! Mais quel sera le prix à payer pour découvrir le secret du fameux Crochet ?


Extraits« Une grande soeur, c’est vachement plus flippant qu’un pirate.« 

« Barrie pense aussi à ses parents, qui stressent en permanence pour leur travail, les factures à payer. Être adulte lui paraît encore pire qu’être adolescent. Plus on grandit, estime-t-il, plus la vie est dure. »


Mon avis : Vera Strange réinvente l’histoire de Peter Pan et du Capitaine Crochet, dans un récit jeunesse rempli d’aventures effrayantes. Dans ce livre, nous faisons la connaissance de Barrie, un petit garçon de 11 ans scolarisé en classe de CM2 avec ses deux meilleurs amis, John et Michael, qui se baptisent d’eux-mêmes « Les Garçons Perdus ». Il vit une vie paisible entouré de ses parents et de sa grande soeur Rita, jeune lycéenne, submergée de devoirs. Mais Barrie ne souhaite pas grandir, endosser les responsabilités de ses parents, avoir autant de travail que sa soeur. Il veut pouvoir jouer à jamais avec ses meilleurs amis, profiter de son insouciance d’enfant sans avoir à s’inquiéter de l’avenir. Lorsqu’il visite le musée maritime avec sa famille et particulièrement la marine dédiée aux pirates, Barrie découvre un trésor caché : le fameux crochet du Capitaine Crochet, accompagné d’un vieux parchemin stipulant que ce crochet rouillé permet à son détenteur de ne jamais grandir. Une aubaine pour le petit garçon, qui l’embarque sans se soucier des conséquences. Malheureusement pour lui, ce vol va réveiller la colère du Capitaine Crochet, qui va tout faire pour récupérer son bien.

J’ai beaucoup aimé la revisite de ce classique des contes pour enfants. L’histoire est prenante, haletante au possible, on est transbahuté entre le rêve et la réalité, entre un univers imaginaire fantastique et le monde réel, tant et si bien qu’on s’y perd rapidement : ce qui se déroule sous nos yeux, est-il réel ? En somme, Vera Strange a réussie son pari : nous faire retourner en enfance, dans un monde imaginaire, où tous les rêves sont possibles et accessibles. J’y ai cru, je me suis laissé embarquer dans les périples de Barrie, je me suis prise à frissonner à plusieurs instants, tant j’étais impliquée dans l’histoire. Car la particularité de cette série de Disney, c’est que les méchants se transforment véritablement en personnages effrayants, qui viennent semer la discorde dans la vie de nos héros. Frissons garantis !

Bien évidemment, Le pouvoir du crochet se targue d’une petite morale pour les jeunes et moins jeunes : le temps passe inéluctablement, nous ne pouvons pas l’arrêter ni le retarder. Il est donc essentiel de pouvoir profiter de chacun des instants qui nous sont offerts. Le personnage du capitaine Crochet symbolise l’adulte, dont les heures sont comptées, comme en témoignent les « tic-tac » incessants qui viennent terrifier notre méchant héros. En parallèle, Barrie représente un garçon plein de vitalité, de joie de vivre, de rêves encore accessibles, qui a toute la vie devant lui pour faire ce qui lui plaît. Deux personnages antinomiques garants de fortes symboliques.

J’ai bien aimé également le dénouement, qui détonne avec les habituelles fins Disney où « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants ». Ici, l’auteure nous propose une fin ouverte, intrigante, effrayante aussi, où, à l’instar de notre protagoniste, chaque lecteur est invité à ouvrir son imagination pour dessiner son dénouement rêvé. Une prolongation de l’histoire bien pensée, qui nous donne le pouvoir de décider.


Vera Strange nous offre une revisite effrayante du célèbre conte Disney de Peter Pan et du Capitaine Crochet. Un récit haletant, qui nous replonge en enfance, dans un pays rempli de rêves et d’imagination, où tout n’est pas si rose qu’il n’en a l’air. Une histoire jeunesse bien construite, qui divertit tout en nous faisant réfléchir.

Ma note : 8/10

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ISBN : 978-2-01-628567-1
Traduction : Christophe Rosson

La vie qu’on m’a choisie


La vie qu’on m’a choisie de Ellen Marie Wiseman
527 pages, éditions Faubourg Marigny, à 21€


Résumé : Un soir d’été de 1931, Lilly Blackwood remarque les lumières d’un cirque depuis la fenêtre de sa mansarde. La petite fille a interdiction d’explorer les alentours de Blackwood Manor… Elle n’est même jamais sortie de sa petite chambre. C’est pour sa sécurité, lui répète sa mère, car Lilly fait peur. Mais cette nuit-là, elle est emmenée en dehors de la propriété, pour la première fois. Et elle est vendue au cirque.
Deux décennies plus tard, Julia Blackwood hérite du manoir de ses parents et de leur élevage de chevaux. Elle espère que revenir sur le lieu de son enfance pourra effacer de douloureux souvenirs. Mais elle va découvrir une mansarde jamais ouverte, et les photos d’un cirque mettant en avant une étonnante jeune femme… Au début, le cirque des Frères Barlow n’est qu’une nouvelle prison pour Lilly. Mais au sein de ce monde violent et hétéroclite, Lilly va découvrir la force, l’amitié, et un lien incroyable avec les animaux.
Rapidement, grâce aux éléphants Pepper et JoJo, et à leur dresseur, Cole, Lilly n’est plus seulement une petite attraction, mais le clou du spectacle… jusqu’à la tragédie.


Extraits« Non, il n’est pas fou. Simplement, certaines personnes pensent que si quelqu’un est différent à l’extérieur, alors il l’est aussi à l’intérieur.« 

« Beaucoup de gens méprisent les forains. On ne nous fait pas confiance. Mais un cirque, c’est un endroit où une personne peut gagner sa vie même en ayant perdu les possessions que la société traditionnelle lui dicte d’avoir. »


Mon avis : Attention, coup de coeur en vue ! L’histoire se passe en 1931. La petite Lilly est différente des autres enfants ; pour la protéger, ses parents l’ont donc enfermée dans sa chambre, seule pièce qu’elle a connue de toute sa vie. Aussi, lorsqu’elle voit de sa fenêtre un cirque s’installer dans le lointain, la petite fille est aux anges et rêve de voir et toucher les animaux. Lorsque sa mère pénètre dans sa chambre en lui disant de mettre sa plus belle robe, Lilly pense qu’elle va pouvoir enfin découvrir le monde extérieur et voir le cirque de plus près. Sauf qu’au lieu d’assister à une représentation, la mère de Lilly la vend aux forains. La petite fille, désorientée, paniquée, apeurée, s’effondre de tristesse et d’effroi. Est-elle si différente des autres ? Quelle particularité physique effrayait tant ses parents pour qu’ils décident de se débarrasser d’elle ? Bien malgré elle, Lilly va devoir s’intégrer à cette grande famille de forains.

En parallèle de cette histoire, nous plongeons quelques années plus tard, en 1956, aux côtés de Julia Blackwood. Suite au décès de sa mère, Julia hérite de la propriété familiale, un grand manoir isolé, où sont élevés des chevaux d’exception. En retournant sur les lieux de son enfance, elle va découvrir d’un oeil neuf certaines pièces de la maison et sera surprise de constater que les murs du manoir renferment bien des secrets précieusement enfouis. L’alternance des points de vue entre le passé et le moment dit « présent », rend le récit dynamique et d’autant plus intriguant. On se demande quel lien peuvent bien avoir ces deux protagonistes, tout en ayant tout de même une petite idée derrière la tête.

D’emblée, j’ai été happée par l’univers fantastique du cirque, par l’itinérance et le vagabondage des artistes, toujours en mouvement, se couchant dans une ville pour se réveiller dans l’autre. J’ai été époustouflée par les numéros spectaculaires, étonnants, les talents des uns et l’audace des autres. Il n’y a pas à dire, le cirque, dans le référentiel commun, est rattaché à l’enfance dans ce qu’il a de magique, d’extraordinaire, d’époustouflant. Chacun redevient enfant en voyant des éléphants reproduire des performances insensées, des clowns hilarants, des tours de magies inexplicables. Malheureusement, Lilly se retrouve dans le musée des curiosités, où des personnes handicapées, différentes, souvent étiquetées comme des monstres, sont exposées au vu de tous les curieux. Chacun y va de son commentaire, critiquant ouvertement les particularités physiques de chacun des êtres du spectacle. C’est une attraction assez spécifique, qui peut être choquante d’un point de vue éthique, mais qui pourtant, a bel et bien existé jadis.

Plus que jamais au coeur de l’actualité, on peut également se questionner sur la présence des animaux sauvages dans les cirques, leur représentation et leur traitement par les forains. Dans un passé pas si lointain, nous pouvions encore admirer les lions sauvages, élevés en captivité, se produire sur la piste du cirque, avant de retourner tourner en rond dans sa petite cage étriquée. Aujourd’hui, près d’une trentaine de pays interdisent totalement la présence d’animaux sauvages dans les cirques, tandis que la France entend bien interdire progressivement leur apparition dans ces spectacles itinérants.

Pour en revenir à La vie qu’on m’a choisie, j’ai été totalement séduite par l’univers présenté, mais aussi par le personnage de Lilly, une petite fille singulière, mais très courageuse, qui a su combattre les préjugés et les nombreuses difficultés qui se dressaient sur son passage, pour aller de l’avant et continuer à vivre sa vie comme elle l’entendait. Au cirque des Frères Barlow, elle fera la rencontre de très bonnes personnes, devenus de véritables amis, qui l’épauleront, la soutiendront et l’aideront à accepter sa différence tout en apprenant à vivre pleinement. Nous suivons avec avidité les aventures extraordinaires de Lilly, que j’ai trouvées bien plus intéressantes que celles de Julia. Tout n’est qu’une succession de rebondissements, de situations exceptionnelles, qui sortent de l’ordinaire et nous permettent de voyager dans des contrées lointaines, dans un univers singulier et atypique. 


Une lecture singulière, totalement dépaysante, qui nous transporte au coeur d’un cirque itinérant des années 1931. Un voyage tragique mais bouleversant, durant lequel est abordé une thématique lourde : l’acceptation de la différence qui passe par le combat des préjugés. J’espère de tout coeur voir un jour ce livre en haut d’une affiche de cinéma !

Ma note : 9,5/10

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ISBN : 978-2-4907-4620-2
Traduction : Typhaine Ducellier