Emma dans la nuit


Emma dans la nuit de Wendy Walker

363 pages, éditions Pocket


Résumé : Deux sœurs disparaissent. Trois ans plus tard, une seule revient. Dit-elle toute la vérité ?
Emma, 17 ans, et Cass, 15 ans, sont les sœurs Tanner, devenues tragiquement célèbres depuis leur inexplicable disparition. Après trois ans d’absence, Cass frappe à la porte de chez ses parents. Elle est seule. Elle raconte comment sa sœur et elle ont été victimes d’un enlèvement puis retenues captives sur une mystérieuse île.

Emma y serait toujours. Mais la psychiatre qui suit cette affaire, le Dr Abigail Winter, doute de sa version des faits et s’intéresse de plus près aux Tanner. Elle finit par découvrir, sous le vernis des apparences, une famille dysfonctionnelle régentée par une mère narcissique.

Que s’est-il réellement passé trois ans auparavant ? Cass dit-elle toute la vérité ?


Extraits « Les gens croient ce qu’ils ont envie de croire. Les gens croient ce qu’ils ont besoin de croire. Peut-être n’y a-t-il aucune différence entre les deux. »
« Une chose est sûre, la vérité peut nous échapper, se dissimuler dans notre angle mort, être masquée par nos préjugés, ignorée par nos coeurs affamés qui aspirent à la paix. Pourtant, elle est là : il suffit d’ouvrir les yeux et de regarder. Encore faut-il faire l’effort de regarder. »

Mon avis : Emma et Cass sont deux jeunes soeurs, qui disparaissent un beau jour sans laisser de trace. Malgré les nombreuses recherches, Abigail Winter, la psychologue en charge de l’affaire, n’a jamais pu retrouver les deux filles. Trois ans plus tard, Cass réapparaît mystérieusement chez elle. Elle explique avoir été retenue prisonnière avec sa soeur sur une île mystérieuse, et avoir réussi à s’échapper en trompant la vigilance de ses bourreaux. Mais sa soeur, Emma, se trouve encore captive sur l’île. Ils vont tout mettre en oeuvre pour localiser l’île et ramener Emma sain et sauve chez elle.

Le livre se découpe en chapitres qui se placent du point de vue à la fois de Cass, la jeune soeur réapparue, mais aussi de la psychologue Abigail Winter. De cette façon, nous avons deux points de vue différent sur l’histoire : un point de vue interne, intimiste et personnel et un autre externe, plus objectif et pragmatique. Toutes les cartes sont donc entre nos mains, pour que nous puissions à loisir nous faire notre propre ressenti sur cette affaire.

Emma dans la nuit est un thriller psychologique, qui en plus d’être bourré de suspens et de mystères, va littéralement retourner le cerveau de chaque lecteur. Dès le début de l’histoire, on ressent une certaine tension dans le récit compté par Cass, la soeur mystérieusement réapparue. J’ai soupçonné, sans même savoir pourquoi, que Cass nous cachait quelque chose d’important, voire de primordial pour le déroulé de l’histoire, quelque chose qui semblait en lien avec sa mère.

Car la relation entre la jeune fille et sa mère sort de l’ordinaire. On ressent une tension constante entre elles deux, des non-dits et des secrets inavoués, qui ne passent pas inaperçus. Le comportement de sa mère est également suspect. La psychologue Abigail le décortiquera longuement, arrivant finalement à la conclusion qu’elle souffre d’un dysfonctionnement psychologique lié au narcissisme. J’avoue  que les longues pérégrinations de la psychologue sur cet trouble psychologique m’ont parfois ennuyé, d’autant qu’elle revenait souvent dessus en explicitant toujours plus son propos, alors qu’il ne me semblait pas nécessaire de prendre autant de temps et de lignes pour le faire. C’est sûr que cette thématique impact l’histoire, et qu’elle y joue un rôle important, mais la façon dont elle est abordée freine le rythme global du récit, le rendant plus cotonneux et moins pressant.

Je dois avouer que le dénouement est insoupçonné. Pourtant habituée des polars et des conclusions en queue de poisson, j’avoue que je m’y suis laissé prendre, c’était bien pensé. Malheureusement, je trouve cette fin un peu  trop bâclée à mon goût, brouillonne et confuse. On voit clairement où l’auteure souhaite en venir, mais il y a des zones de flous, quelques détails, qui ne concordent pas avec l’histoire entière. L’idée était donc bonne, mais aurait mérité d’être mieux travaillée.


Un thriller psychologique angoissant, qui vous tiendra en haleine jusqu’au bout. Malgré quelques légères remarques négatives, j’ai apprécié découvrir ce polar !

Ma note : 7/10

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Au bout de trois


Au bout de trois de Maureen Johnson

368 pages, éditions Hachette romans


Résumé : Mel, Nina et Avery ont toujours formé un inséparable trio de copines, mais l’été de leurs dix-sept ans va tout changer.
Cet été-là, alors que Nina profite des vacances pour participer à un stage scolaire, Mel et Avery commencent une relation qu’elles cachent à tous, même à leur meilleure amie. Cette trêve estivale ne pouvait cependant pas durer et, peu de temps après la rentrée, Nina découvre leur secret.
Mel et Avery doivent alors faire face au regard des autres, à l’intolérance et au rejet, mais aussi au regard qu’elles portent sur elles-mêmes. D’autant que même si Nina essaye de les soutenir, elle se pose des questions. Et peu à peu, le trio explose.


Extrait « – Bermudez, annonça-t-elle. Un goûter d’anniversaire, à 14 heures.
Il la détailla de la tête aux pieds, avec son chapeau de pêcheur et son T-shirt Grattez-moi le ventre, ça porte bonheur, avant de s’intéresser aux deux filles postées derrière elle. Tout d’abord la petite rousse au teint pâle, en jupe denim et débardeur rose. Puis la grande à la peau couleur chocolat, en robe d’été rouge et claquettes assorties, laquelle contemplait les lieux avec perplexité.
Nulle trace des fillettes de cinq ans qu’il attendait.
– Il n’y a que vous ? demanda-t-il, dans l’expectative.
Peut-être espérait-il qu’un petit enfant soit caché dans les poches du short baggy d’Avery.
– Rien que nous. »

Mon avis : Mel, Nina et Avery sont trois amies, inséparables depuis leur plus tendre enfance. Elles se connaissent sur le bout des doigts et ont fait – et continuent à faire -, les quatre cent coups ensemble. Sauf qu’un été, Nina part en stage scolaire, laissant seule Mél et Nina. Les deux jeunes filles vont alors se découvrir mutuellement et réaliser qu’elles s’aiment probablement plus que comme des simples amies. L’évidence est flagrante pour elles : elles sont amoureuses. Mais le regard des autres sur ce changement dans leur vie est difficile à accepter.

Au bout de trois est un roman jeunesse qui traite d’une thématique très souvent abordé en ce moment dans la littérature jeunesse : l’homosexualité. À travers deux jeunes filles, anciennement meilleures amies, l’auteure va montrer le glissement qui s’opère entre les sentiments amicaux et les sentiments amoureux, et l’ensemble des difficultés qui attendent les deux demoiselles dans la revendication de leur homosexualité. Car le plus dur dans un premier temps, c’est d’accepter cette petite particularité qui fait que l’on n’est pas comme tout le monde : on aime une personne d’un même sexe. Si pour Mél l’évidence est présente, Avery se cherche encore, et à bien du mal à déterminer si elle préfère les filles ou les garçons.

Vient ensuite le deuxième moment le plus compliqué à passer : le coming-out, ou autrement dit l’annonce publique à son entourage de son homosexualité. Là encore, les réactions peuvent être différentes : choc, colère, tristesse, abattement, ou compréhension et respect. Il faut faire preuve de courage pour affronter le regard et le jugement d’autrui sur une situation immuable,  qui ne changera pas, peu importe les retours de ses proches. Alors que Mél m’a impressionné par sa détermination et sa bravoure, Avery m’a passablement déçue, par sa lâcheté et son manque de respect envers celle qu’elle considérait il y a peu comme l’une de ses meilleures amies et petit amie.

Dans le cas de notre trio d’amies, une difficulté supplémentaire vient s’ajouter aux deux premières : elles forment une bande à part de meilleures amies, et pour Nina, savoir deux de ses meilleures amies en couple est compliqué. Les sorties qui se faisaient alors à trois ne se font plus qu’en duo, Nina préférant laisser le nouveau couple tranquille. Coup dur pour cette dernière, qui a du mal à accepter cette situation.

J’ai bien aimé la façon dont l’auteure a abordé cette thématique. Au vu du nombre croissant de romans jeunesse qui traitent de ce même sujet,  je doute que l’histoire sorte spécifiquement du lot. Elle est peut-être un poil trop commune, sans élément frappant assez original qui viendrait s’imprimer dans la mémoire du lecteur. Mais cela ne m’a pas empêché de passer un agréable moment de lecture aux côtés de ces trois jeunes filles, à la fois si différente dans leur choix d’orientation sexuelle et leur vision de la vie mais si semblable dans la manière de vivre et d’aimer son prochain. Les adolescents devraient également s’y retrouver, s’attacher aux personnages, et pourquoi pas trouver le courage nécessaire pour s’affirmer et réaliser pleinement les personnes qu’ils sont réellement.


Un roman agréable à découvrir, qui aurait mérité plus d’originalité dans sa manière d’aborder la thématique de l’homosexualité. 

Ma note : 6/10

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Si loin de l’arbre


Si loin de l’arbre de Robin Benway

368 pages, éditions Nathan


Résumé : Grace, 16 ans, a passé une année difficile au lycée. Elle est tombée enceinte, a donné naissance à sa fille le jour du bal de promo et l’a faite adopter. Elle-même adoptée, elle décide de retrouver sa mère biologique. Mais ce qu’elle va trouver, ce sont un frère et une sœur, avec chacun ses secrets et son histoire.
Ces trois adolescents dont les vies se retrouvent entremêlées tissent un portrait remarquable de la famille sous toutes ses formes, qui va bien au-delà des liens du sang.


Extraits « Grace avait pensé avec amertume que les garçons qui engrossaient des filles étaient considérés comme des héros, alors que les filles qui tombaient enceintes n’étaient que des salopes. »
« C’était donc ça, de se sentir pardonné : un sentiment où se mêlaient douleur, chagrin et soulagement et qui vous gonflait le coeur. »

Mon avis : Ils sont trois. Trois adolescents issues d’une même famille mais séparés à la naissance. Des années après, ils se retrouvent, apprennent à se connaître, bâtissent de nouveaux liens, et partent en quête de leur mère biologique commune. Joaquin, le frère ainé, subit depuis tout petit sa couleur de peau bronzée, qui le fait ressembler à un mexicain. À cause de cette particularité, aucune famille (ou presque) n’a jamais souhaitée l’adopter. Grace, la soeur ainée, est tombée enceinte d’une petite fille qu’elle a prénommée Pêche en raison de la taille qu’elle faisait lorsque cette dernière a appris la nouvelle. Ne pouvant la garder, elle s’est résolue à la faire adopter par une famille aimante. Et enfin Maya, une jeune fille lesbienne, qui se retrouve au coeur du divorce de ses parents d’adoption. Chacun a ses problèmes et ses petits secrets, mais ensemble, ils sont plus forts.

Chaque chapitre donne la parole à un protagoniste différent, à tel point que l’on ne s’attache pas plus à l’un qu’à l’autre. Le rythme est ainsi rapide, sans temps mort, et c’est une des raisons qui fait la réussite de cette histoire.

Les trois frère et soeurs ont tous une personnalité différente, mais ils arrivent à s’entendre et à se comprendre naturellement. J’ai beaucoup aimé le respect qui se dégageait de chacun d’eux, surtout lorsqu’ils apprennent les secrets de chacun. Aucun jugement, seulement de l’écoute, de l’empathie et du soutien. Ils restent soudés et avancent maintenant ensemble dans la vie, à l’encontre des problèmes de chacun. Comme quoi, même séparés depuis temps d’années, les liens du sang sont toujours plus forts que les liens du coeur.

Vous l’aurez compris, Si loin de l’arbre aborde de nombreuses thématiques, qui se rejoignent toutes : l’adoption, l’abandon, la recherche d’identité, la peur du rejet… Tous m’ont passablement émue, en particulier Joaquin et sa triste histoire. Ce jeune homme garde en lui un trop-plein d’émotions et de sentiments souvent incompréhensibles de notre point de vue. Il a vécu des choses qui font qu’il nourrit maintenant une certaine crainte à l’égard d’autrui, et ça l’en rend encore plus attachant. Ses deux soeurs, compréhensives, vont l’aider à s’accepter et à aller de l’avant sans plus se retourner.

Pour tout vous avouer, j’ai fini ma lecture les larmes aux bords des yeux, et croyez-moi, je n’ai pas les larmes faciles ! Le dénouement est assez surprenant, je ne m’y attendais pas, et je dois dire que l’auteure a admirablement terminé son récit. Pour la petite anecdote, Si loin de l’arbre a remporté plusieurs prix aux États-Unis. D’abord peu convaincue par l’originalité du récit, je me suis laissé guider et emporter par la plume juste, sincère et sans fioritures de Robin Benway. Dans le passé, j’ai déjà eu l’opportunité de lire plusieurs romans de cette auteure, et je n’en gardais pas un souvenir très mémorable – les histoires étaient quelque peu banales et pas assez travaillées à mon goût. En revanche, je pense me souvenir un petit moment de ce livre-ci !


Un roman jeunesse puissant, qui aborde des thématiques variées et procure de vives émotions. J’ai beaucoup aimé !

Ma note : 7,5/10

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Tiny Pretty Things, tome 1 : La perfection a un prix


Tiny Pretty Things, tome 1 : La perfection a un prix de Sona Charaipotra et Dhonielle Clayton

455 pages, éditions Hachette romans, à 18€


Résumé : Gigi, Bette et June sont danseuses dans la prestigieuse école du Ballet de New York.

Lorsque Gigi, nouvelle et seule élève noire, est choisie pour incarner le rôle phare du premier ballet de l’année, les rivalités se déchaînent. Bette, ballerine star de l’école, est prête à tout pour récupérer son titre et éviter la rage de sa mère, qui ne tolère pas qu’elle ne soit pas la meilleure. June rêve quant à elle de ne plus être cantonnée au rôle de l’éternelle doublure.

Les trois filles ont bien du mal à résister à la pression du monde impitoyable de la danse. Et les choses vont empirer… jusqu’au drame.


Extraits « Ne t’embarrasse pas des soucis, me répète-t-elle toujours. Ils pèsent trop lourd. »
« C’est quand on se croit arrivé au sommet qu’on perd sa passion. Et alors autant prendre sa retraite.« 

Mon avis : Si vous me suivez assez régulièrement, vous avez sans doute dû vous apercevoir que je lisais une saga jeunesse dont le thème principal est la danse. Cette saga se nomme 20, Allée de la Danse et a été écrite par Élizabeth Barféty, en partenariat avec l’Opéra de Paris. Eh bien Tiny Pretty Things m’a énormément fait penser à cette saga, puisque les deux histoires mettent en scène différents jeunes danseurs et danseuses, qui nous embarquent à l’intérieur du conservatoire pour nous montrer leur quotidien. Entre rivalités, compétitions, spectacles de danses, amours et amitiés, le quotidien de ces jeunes danseurs est loin d’être ennuyeux !

Nous suivons plusieurs danseuses, dont Gigi, une élève noire, Bette, la ballerine star de l’école, ainsi que June, une danseuse asiatique systématiquement relayée en doublure. Chacune de ces danseuses expriment à tour de rôle leur point de vue dans un chapitre. Ainsi, nous pouvons suivre au plus près ce qui les anime, ce qui les chagrine, ce qu’elles ressentent…

Il est vrai que la compétition fait rage en école de danse, comme partout ailleurs, devrais-je dire. Mais ici, les deux auteures nous montrent des aspects de la compétition que nous n’aurions sans doute jamais pu imaginer : de la rivalité pure et simple, qui s’accompagne de méchancetés, de mauvais coups, d’injures, et j’en passe des meilleures. Extérieure à ce milieu, c’est assez choquant de découvrir de telles choses. Certaines personnes sont prêtes à tout tenter pour décrocher un premier rôle, jusqu’à éliminer leurs principaux rivaux… glaçant !

Heureusement, il y a des personnages qui contribuent à améliorer l’image des danseurs, je pense notamment à Gigi, cette jeune danseuse noire, qui casse tous les codes des danseuses traditionnelles, de part sa couleur de peau et sa condition familiale. Cette jeune fille est une perle rare, puisque de nature optimiste, elle ne perd jamais son sourire, ses mots d’encouragements et de pure gentillesse qu’elle adresse avec sincérité à ses coéquipiers danseurs. C’est une bouffée d’air frais dans ce roman parfois noir.

Un premier tome réussi, qui me donne envie d’en découvrir plus et surtout de suivre l’évolution des différents personnages. Je serai sans doute l’une des premières à lire le tome 2 dès sa sortie, c’est certain !


Une saga prometteuse, qui montre le quotidien pas toujours très rose de danseurs professionnels. Entre amour, amitié, compétition, rivalités… l’action ne manque pas à l’école de danse. J’ai hâte de pouvoir lire la suite.

Ma note : 7,5/10

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Afin que naisse le jour


Afin que naisse le jour de  Anne Leclaire

351 pages, éditions France Loisirs


Résumé : Dans une Amérique rurale, l’histoire poignante et inoubliable d’une amitié inattendue entre deux femmes que tout oppose.
À vingt ans, Opal a déjà commis quelques erreurs de parcours mais elle ne regrette rien. Ni d’avoir mis au monde son petit Zack, ni de s’être enfuie avec lui loin de Billy, le père de l’enfant, et de Melva, sa propre mère, qui tous deux lui menaient la vie dure. Opal croit aux signes et en sa bonne étoile. Elle part donc à l’aventure et décide, sur un simple coup de tête, de s’installer dans une bourgade perdue. L’arrivée soudaine de cette jeune femme fantasque et désinvolte ne manque pas d’intriguer, voire de déranger. Surtout Rose, sa voisine, une femme réservée, inconsolable depuis la perte de son seul enfant. Rose s’est fermée au monde et son amertume laisse Ned, son époux, parfois désemparé. Mais la présence tonique d’Opal lui redonne peu à peu goût à la vie tandis que naît entre elles un lien à la mesure des épreuves qu’elles devront affronter…


Extraits « Personne ne dit jamais qu’avoir un enfant, c’est comme avoir son coeur qui se balade en dehors de son corps, et qui se cogne partout. »
« Déchiffrer les signes, c’est comme écouter de la musique. Ils sont toujours là, il suffit de se régler sur la bonne fréquence.« 

Mon avis : Je me décidé à sortir ce roman de ma Pile À Lire, où il demeurait terré depuis bien longtemps maintenant.

Afin que naisse le jour, c’est l’histoire d’Opal, une jeune maman célibataire, qui part à l’aventure et s’installe dans un petit village nommé Normal. L’arrivée de la jeune femme et sa situation personnelle et professionnelle dérange la tranquillité du village, et les ragots vont bon train sur son dos. Comme les autres habitants, Rose, sa voisine d’en face, est curieuse de découvrir qui est cette jeune femme qui fait tant parler d’elle. Alors que rien ne prédestinait les deux femmes à s’entendre, Rose, femme introvertie et surtout inconsolable suite à la perte de son enfant unique, et Opal, maman audacieuse et aventurière, vont pourtant lier amitié.

J’ai beaucoup aimé la force de caractère d’Opal, cette jeune femme délaissée par ses parents, sans accroches affective, qui prouve qu’une femme peut être autonome et indépendante. Elle se bat pour apporter le meilleur à son fils, et l’amour qui transparaît de leur relation est attendrissant. Le personnage de Rose m’a également fait de la peine. Depuis la mort de son fils adolescent, Rose a perdue goût à la vie. Elle a complètement changée, elle ne sort plus, ne sourit plus, ne travaille plus… sa vie a perdue tout intérêt, et c’en est assez triste à voir.

Opal et Rose vont lier amitié et se soutenir dans les moments difficiles vécus par l’une et l’autre. Le lien qui les unit est pudique, mais sincère. Malgré leurs différences, elles arrivent à se comprendre, et souvent sans un mot : c’est là la vraie magie de l’amitié.

L’histoire est simple, si vous cherchez du spectaculaire, de l’inattendu ou de l’original, passez votre chemin, ce livre n’est pas pour vous. Mais souvent, la simplicité a aussi ses bons côtés : j’ai passé un très bon moment de lecture, qui m’a permis de me détendre.


Un roman léger et agréable à lire sur une amitié étonnante et attendrissante entre deux femmes que tout oppose. 

Ma note : 6,5/10

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Indian Psycho

 


Indian Psycho de Arun Krishnan

333 pages, éditions Pocket


Résumé : Arjun Clarkson est le rêve américain incarné : cet orphelin indien issu d’une basse caste, complexé et peu sûr de lui, a immigré à New York où il connaît une brillante carrière dans la publicité. Jusqu’au jour où, dans un accès de folie, il poignarde une ancienne collègue…
Pour brouiller les pistes, Arjun décide de faire croire à l’existence d’un tueur en série chassant ses proies sur le plus populaire des réseaux sociaux : MyFace. Certes, cela implique de commettre d’autres assassinats, mais n’est-ce pas l’occasion rêvée de se venger de tous ceux qui se sont moqués de lui ?
Au fil des meurtres, la rumeur de ce « tueur de MyFace » s’amplifie et sème la panique sur la toile, car Arjun est un excellent publicitaire. Sa distraction, en revanche, risque de compromettre sa carrière de serial killer…

Thriller drôle et palpitant, Indian Psycho est aussi une satire féroce des réseaux sociaux. Un regard mordant sur la société new-yorkaise d’aujourd’hui et ses travers, à liker et à partager sans modération !


Extraits « Parfois, on pense que le monde est fait d’une certaine façon. Puis il vous montre qu’il est capable d’être entièrement différent. »
« C’est peut-être ainsi que les gens qui sont en couple depuis très longtemps ne s’entre-tuent pas. Ils s’éloignent durant ces moments critiques qui mettent fortement à l’épreuve leur volonté.« 

Mon avis : Déroutant : voici le premier mot qui me vient à l’esprit pour qualifier cette histoire. À New York, Arjun, un indien immigré aux États-Unis depuis plus d’un an, a obtenu un poste haut placé dans la publicité. Un bon boulot, un bon salaire… il avait de quoi être heureux, pourtant, pris d’un accès de folie, il poignarde une de ses anciennes collègue, qui succombe à ses blessures. Pour brouiller les pistes et éviter d’être démasqué, Arjun décide de faire croire à tous que ce meurtre a été perpétré par un tueur en série. Pour se faire, il va utiliser le réseau social MyFace pour débusquer ses prochaines victimes.

Indian Psycho détourne les codes des thrillers traditionnels. L’histoire est racontée du point de vue du tueur, Arjun, à la première personne du singulier. On connaît donc avec exactitude l’ensemble de ses pensées, de ses raisonnements et de ses actions. Même en possédant l’accès à ses pensées, elles nous apparaissent souvent sombres et énigmatiques : pourquoi décide-t-il tout à coup de tuer ? Ne ressent-il aucune émotions ? Arjun est un personnage bien mystérieux, qui va donner du fil à retordre à la fois à nous, lecteurs, mais aussi aux policiers qui enquêtent sur cette affaire.

Ce qui fait que ce livre est une histoire intéressante et originale, c’est le ton que donne l’auteur au récit. Il y incorpore un certain humour pince-sans-rire, qui déstabilise au début, mais qui s’avère si bien maîtrisé qu’il ajoute une dose de gaieté si particulière dans cet univers glaçant.

Clairement, Arun Krishnan fait une satire des réseaux sociaux. « Le tueur de MyFace » comme est surnommé Arjun, cherche et trouve ses victimes sur le réseau social « MyFace ». Sur celui-ci, les utilisateurs peuvent rendre public, à la vue de tous, les données personnelles qu’ils souhaitent : adresse d’habitation, loisirs, métier… la vie privée n’est plus privée, puisque chacun peut accéder à toutes ces données sans connaître la personne concernée. Il faut un cas de figure comme celui que nous présente l’auteur – à savoir un tueur qui repère ses victimes via les informations données par ce réseau – pour que les gens prennent conscience du danger que représente la non-protection de la vie privée. On assiste alors à une suppression impressionnante de comptes MyFace et à la destitution progressive de ce réseau social d’envergure mondial.

Autre thématique principal abordée dans Indian Psycho : le racisme. Après une enfance et une grande partie de sa vie d’adulte passée en Inde, Arjun, notre protagoniste, débarque à New York.  Une ville de tous les possibles, qui mélangent les races et populations. Mais Arjun, a du mal à se défaire de ses traditions culturelles, et il se place d’emblée comme un paria de la  population. Placés dans la peau d’un immigré, nous ne pouvons que faire face aux regards, critiques et sous-entendus qui peuplent leur quotidien, et parfois, les inégalités sont tellement fortes qu’elles en deviennent ignobles.


Un thriller original et efficace, au style vif et déroutant, écrit avec maîtrise et finesse. J’ai beaucoup aimé la modernité de cette histoire et l’ambiance particulière qui s’en détache.

Ma note : 7,5/10

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Juste un signe


Juste un signe de Liz Plum

474 pages, éditions Hachette romans, à 18€


Résumé : À la suite d’un événement traumatisant, Raine a perdu l’usage de sa voix. Trois ans plus tard, elle est toujours murée dans son silence et communique grâce à ses mains. Entourée par son frère et ses meilleurs amis, Raine s’est habituée à ce mode de vie. Elle en a fait son refuge.Jusqu’à ce qu’un nouvel élève débarque au lycée et vienne fissurer, à coup de sourire, les remparts qu’elle avait soigneusement érigés autour d’elle. Lui est une célébrité locale  : tout juste sorti d’une prison pour mineurs, West Love intrigue autant qu’il inquiète. Il est beau, audacieux et, pour une raison qui échappe complètement à Raine, déterminé à se rapprocher d’elle  ! Il la taquine en permanence, la drague ouvertement et va jusqu’à lui demander de lui enseigner la langue des signes  !Ce que Raine ne sait pas, c’est que West est prêt à tout pour la sortir de son silence.


Extraits  « Toute histoire a une fin. Mais toute fin est un nouveau commencement. »

« – […] Je peux t’affirmer que tu lui plais, Raine, je ne sors pas ça de nulle part.
– OK, alors comment tu le sais ?
En me regardant droit dans les yeux, elle me répond :
– Parce qu’il ne te regarde pas comme il regarde les autres filles.
Sous le choc, je la dévisage pendant un instant, les sourcils froncés.
– Et je sais qu’il te plaît, parce que tu le regardes de la même manière. »


Mon avis : Suite à un événement traumatisant, Raine est devenue muette. Impossible pour elle de prononcer ne serait-ce qu’un son. Cela n’en fait pas d’elle une fille à part, puisque depuis plus de six ans, elle communique donc avec ses amis par langue des signes. Un beau jour, la petite bande d’amis de Raine rencontre West, un jeune garçon fraîchement sorti de prison, pour une obscure raison. Ils vont se lier d’amitié avec lui, et l’inclure dans leur bande d’amis. Mais West semble particulièrement intéressé par Raine, allant jusqu’à lui demander des cours de langue des signes pour apprendre à mieux la connaître. Le frère de Raine, Toby, suspicieux au départ, va peu à peu laisser tomber ses craintes au profit du bonheur de sa soeur.

 

J’avoue que l’histoire me tentait pas mal. Je savais pertinemment qu’une histoire comme celle-ci n’allait pas être l’histoire du siècle, mais je m’attendais néanmoins à passer un agréable moment. Malheureusement, je ressors totalement déçue de cette lecture.

J’ai trouvé que l’histoire contenait beaucoup trop d’incohérences et de scène  trop « surréalistes », qui ont gênées ma lecture. Je pense notamment au moment où Raine, notre protagoniste muette depuis des années, se remet à parler normalement, comme si rien ne s’était passé, comme si rien n’était arrivé, comme si parler était pour elle la chose la plus simple au monde. Je n’y ai pas cru. Quand West apprendre à signer en une semaine. Certainement impossible. Autres scènes qui manquaient de cohérences : lorsque Raine communiquait par langue des signes en voiture avec la personne qui conduisait, ou encore lorsqu’elle parlait en langue des signes à une personne concentrée sur son téléphone et que celle-ci relève pourtant la tête pour lui répondre. Peu probable. Un dernier pour la route ? Les incohérences de l’écriture – serait-ce la faute au traducteur ou à l’auteure elle-même ? – lorsque Raine signe avec ses mains, elle ne parle pas, donc les nombres phrases finissant par « dit Raine », « s’exclama Raine », n’ont aucun sens.

Autant d’exemples qui font que j’ai trouvé cette lecture assez médiocre, d’un point de vue rédactionnel et fictionnel. Je n’ai pas cru à cette histoire, je ne me suis pas attaché aux personnages, je ressentais même parfois un peu d’aversion envers eux, tellement leurs réactions me paraissent clichés et surfaites. Je me permets d’écrire cette critique négative en ayant lu l’intégralité de ce roman – la fin est quand même plus réaliste que les trois quart de l’histoire, mais ça n’en reste pas moins une histoire mal écrite à mon sens.


Cette histoire aurait pu être agréable à lire, mais les trop nombreuses incohérences du récit ont gêné ma lecture. Peu réaliste et trop surfaite, je n’ai pas aimé cette histoire. 

Ma note : 1,5/10

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