L’année de grâce


L’année de grâce de Kim Liggett
467 pages, éditions Gallimard jeunesse, collection Pôle Fiction, à 8,70€


Résumé : Celles qui survivront ne seront plus jamais les mêmes.
« Personne ne parle de l’année de grâce. C’est interdit.
Nous aurions soi-disant le pouvoir d’attirer les hommes et de rendre les épouses folles de jalousie. Notre peau dégagerait l’essence pure de la jeune fille, de la femme en devenir. C’est pourquoi nous sommes bannies l’année de nos seize ans : notre magie doit se dissiper dans la nature afin que nous puissions réintégrer la communauté.
Pourtant, je ne me sens pas magique.
Ni puissante. »
Un an d’exil en forêt.
Un an d’épreuves.
On ne revient pas indemne de l’année de grâce.
Si on en revient.


Extraits : « Le mariage n’a rien d’un privilège à mes yeux. Le confort n’apporte pas la liberté ; ses chaînes moelleuses seront toujours des chaînes. »

« Elles appellent cela de la magie.
Moi, j’appelle cela de la folie. »


Mon avis : Quelle claque ! J’ai été charmée par cette dystopie enivrante, à l’histoire originale et particulièrement passionnante. Le prodige est encore plus louable lorsque l’on sait que L’année de grâce est le premier roman de Kim Liggett.

Tierney est une jeune adolescente qui entre dans son année de grâce. Chaque année, pendant un an, des jeunes filles sont obligées de se retirer dans un camp excentré au fin fond de la forêt et de vivre dans des conditions précaires dans le but de retirer toute la magie qui sommeille en elles. A l’issue, toutes celles qui auront surmonté ces épreuves pourront retourner au comté, épouser leurs promis pour celles qui ont été choisies, ou partir travailler pour les autres.

Cette dystopie est extrêmement bien amenée, puisqu’elle permet de pointer du doigt insidieusement des pratiques fâcheuses et de dénoncer une société parfois un peu trop branlante. Ici, les femmes sont clairement asservies et désignées comme le sexe faible. Elles existent et vivent uniquement pour procréer et servir d’esclaves aux hommes. Elles sont choisies par un mari qu’elles n’ont pas voulu, elles sont privées d’éducation, elles doivent se plier aux règles exigées par leurs pères et par le comté, sans jamais avoir leur mot à dire sur les décisions qui sont prises. Enfin, traitées comme des hérésies par des fanatiques religieux, une véritable chasse aux sorcières est mise en place, comme au temps de l’Inquisition. Elles doivent fuir les braconniers, qui attendent patiemment de les capturer pour récupérer leurs organes, soi-disant aphrodisiaques et pleins de vertus.

Tierney, surnommée « Tierney la Terrible » est une femme avant-gardiste et clairvoyante vis-à-vis de la situation dans laquelle elle est. Elle ne croit pas aux histoires de magie et entend convaincre les autres filles du groupe qu’elles ne doivent pas croit tout ce qu’on leur raconte. Malheureusement, instrumentalisées depuis leur plus jeune âge, il est difficile de les convaincre du contraire.

L’année de grâce est un roman assez noir, où la violence est souvent présente. Les tensions apparaissent et s’accentuent entre le groupe de filles, à coup de harcèlement physique et verbal ou de jalousie. Coupées de tout contact avec le reste du monde et en particulier avec le sexe masculin, dit le sexe fort, elles doivent se débrouiller seule pour survivre. Aussi, elles mettent en place des règles absurdes, celles-là même qu’on leur a enseignées depuis leur plus jeune âge et n’hésitent pas à rabaisser, torturer et s’opposer les unes aux autres au lieu de s’entraider. J’ai parfois été touchée et en colère devant le comportement de certaines filles devant d’autres plus faibles, sans voir jamais apparaître ne serait-ce qu’un semblant d’humanité, ou de cœur, tout simplement. Moquées sur leur physique, mise intentionnellement à l’écart, victimes de chantage pour intégrer le groupe… c’est ce qui s’apparente au harcèlement du XXIème siècle, celui dont on entend tant parler dans les médias et qui accroît de jour en jour.

Seules lumières d’espoir dans ce monde bien noir : les fleurs, qui éclosent à intervalles réguliers et contribuent à apporter des messages forts à qui saura les déchiffrer. L’amour apporte également un semblant de luminosité parmi toute cette cruauté. Avant son départ, pendant la cérémonie des voiles, Tierney a été choisie comme femme par son meilleur ami, Michael, alors qu’elle ne le souhaitait pas. Autonome, mais surtout fière d’être libre, de pouvoir décider de sa vie, de son corps et de son destin, elle ne souhaitait pas appartenir à un homme, quel qu’il fût. Enfin, une histoire d’amour inattendue mais particulièrement romantique naîtra sous nos yeux de lecteurs émus.

Beaucoup assimilent ce livre à La servante écarlate de Margaret Atwood, qui dépeint un monde gouverné par des fanatiques religieux dans lequel les femmes sont devenues des esclaves, obligées de procréer sous peine de mourir. La servante écarlate, tout comme L’année de grâce, peuvent être décrits comme des romans féministes, qui nous amènent à réfléchir sur la place de la femme dans notre société, sur les liens qu’elles nouent entre elles ainsi que sur la liberté individuelle et collective qui nous est donnée.


Une dystopie féministe impactante et émouvante, qui nous propulse dans un univers inédit, où la violence côtoie l’amour, l’asservissement rencontre la liberté, le harcèlement fait front à l’entraide. Un roman qui donne à réfléchir sur la condition de la femme et sa place dans la société : j’ai adoré !

Ma note : 9/10

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ISBN : 978-2-07-516470-2
Traduction : Nathalie Peronny

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Un bon jour pour mourir


Un bon jour pour mourir de Jim Harrison
222 pages, éditions 10/18


Résumé : La merveilleuse histoire d’une virée fantastique à travers l’Amérique des années 60 ! Un trio inoubliable, très Jules et Jim, prend la route, entre un joint, deux cuites et trois parties fines, pour s’en aller faire sauter un barrage du côté du Grand Canyon du Colorado.
Selon Michel Lebrun, si ç’avait été un polar, ç’aurait été le meilleur de l’année. En tout cas, on n’oubliera pas de sitôt les aventures savoureuses et les portraits tendres de ces trois héros que Jim Harrison dépeint dans le style flamboyant qui est sa marque.


Extraits : « Le bonheur est à portée de main, quand on est à moitié ivre. Tout devient possible sur cette terre. A vous l’amour, l’intelligence, les gros poissons et le succès. »

« Quand on a cessé d’aimer quelqu’un mais qu’on est toujours très accroché, alors on commence à le maltraiter. »


Mon avis : Je ne connaissais pas du tout Jim Harrison, mais une chose est sûre : je ne souhaite pas le connaître davantage. J’ai acheté Un bon jour pour mourir tout à fait au hasard, sans vraiment savoir à quoi m’attendre, j’ai commencé ma lecture sans a-priori, mais je l’ai terminée totalement déçue.

L’auteur nous raconte l’épopée aventureuse d’un trio improbable à travers l’Amérique des années 1960. La joyeuse bande est composée de trois personnages atypiques, un vétéran du Viet-nam, un pêcheur passionné et une femme pulpeuse, qui font route vers le Grand Canyon, dans l’idée de dynamiter un barrage pour permettre aux truites de remonter le courant.

Je me suis vraiment ennuyée. Je pense sincèrement que ce livre a eu un franc succès lors de sa sortie dans les années 1990, mais qu’il a très mal vieilli. Le trajet vers le but final est interminable, bien que l’auteur semble avoir tenté d’y ajouter quelques scènes de rebondissements… mais la mèche n’a pas pris avec moi.

Enfin, en plus d’une histoire bancale, j’ai trouvé les personnages sans réel grand intérêt, creux, vides et exaspérants au possible. Tim est accro à la drogue et à la boisson, il semble constamment éméché, désorienté, totalement à l’ouest et dénué d’intelligence et de bon sens, tant et si bien que ça en était agaçant. Le second, notre protagoniste, est amoureux de Sylvia, la seule femme du trio, qui le rejette, puisqu’elle-même est amoureuse de Tim, qui la délaisse totalement. Autant dire que le voyage est saupoudré d’une tension sexuelle constante, avec certaines scènes qui peuvent heurter la sensibilité des plus jeunes ou des non avertis.


Sexe, alcool, drogue… Un road-trip américain aux scènes vulgaires, aux personnages grossiers, que j’ai trouvé dénué d’intérêt. Je suis allé jusqu’au bout de ma lecture, bien que celle-ci fût interminable. Passez votre chemin !

Ma note : 1/10

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ISBN : 2-264-02500-X
Traduction : Sara Oudin

Frère noir, noir de frère


Frère noir, noir de frère de Jewell Parker Rhodes
250 pages, éditions Hachette romans, à 17€


Résumé : Donte, douze ans, aimerait parfois être invisible. Disparaître loin de son école. Loin d’Alan, le « Roi » du club d’escrime, qui le harcèle. Loin des professeurs et du directeur qui l’accusent en permanence, en raison de sa couleur de peau. Et ce, bien qu’il soit innocent. Après une énième accusation, Donte est embarqué par la police. Effrayé et apeuré, le jeune garçon ne sait plus vers qui se tourner. Même son frère Trey, plus clair de peau que lui, ne trouve pas les mots pour l’aider. À la recherche d’un endroit où il aurait enfin sa place, Donte finit par rejoindre un club d’escrime, bien loin de celui de son école privée. Il est bien décidé à montrer à Alan et aux autres que, lui aussi, mérite le respect. « Je ne peux pas faire mes preuves face au monde entier. Mais je peux l’affronter. Faire cesser son manque de respect. Lui montrer qu’il ne m’achèvera pas. Parce qu’il n’est pas meilleur que moi. »


Extraits : « – En sport, c’est toujours moi qu’on siffle pour des fautes que je n’ai pas commises. Mais jamais personne ne se fait siffler quand je suis victime d’une faute.
Mes mains se serrent, se desserrent.
– Tout le monde me harcèle. Les profs. Les élèves. Je suis poursuivi par des murmures, des cris. On dirait toujours que quelqu’un a quelque chose de mal à me dire : « Tu t’habilles comme une racaille. » « Tes dreadlocks sont moches. » Les filles se moquent de moi, me montrent du doigt. « Pourquoi tu ne peux pas être comme ton frère ? » « Il arrive à te trouver dans le noir ? » C’est blessant. »

« La rapidité, l’intelligence, peuvent mener à la victoire, mais la patience est la clé de voûte. Marche ! »


Mon avis : Donte a douze ans, c’est un petit garçon comme les autres, à une exception près : il a la peau noire. Une différence qui est constamment pointée du doigt par ses camarades et qui lui vaut d’être moqué, humilié, harcelé et très souvent injustement accusé de faits qu’il n’a pas commis. Donte est en particulier la cible d’Alan, un garçon blanc, chef de l’équipe d’escrime, qui passe son temps à le brimer et à le traiter de « Frère noir, noir de frère ». Car Donte est issu d’une famille biraciale, c’est-à-dire que sa mère a la peau noire, tandis que son père est blanc. Une différence qu’il subit au quotidien, avec son frère, Trey, qui a hérité de la blancheur de son père. Ce dernier est plutôt populaire à l’école, aimé, admiré, il essaie tant bien que mal de protéger son petit frère et de faire changer les mentalités… en vain. Jusqu’au jour où Donte est une nouvelle fois accusé d’un méfait infime, qui le renvoie dans le bureau du directeur, puis directement traîné par des officiers de police en cellule. Une honte indescriptible, d’autant que Donte est totalement innocent. Le jeune homme va tenter de se venger de la meilleure des manières : en changeant les mentalités.

Pour être tout à fait honnête, j’ai trouvé que Frère noir, noir de frère commençait mal. La scène où Donte, qui n’est encore qu’un enfant, à douze ans seulement, est emmené par la police sur un simple coup de téléphone du directeur d’établissement, est totalement invraisemblable. Je veux bien que les lois soient sans doute plus dures aux Etats-Unis, mais de là à accuser, sans preuve, aussi injustement, un petit bonhomme, sous prétexte de sa couleur de peau… je trouve ça insensé ! De plus, je n’ai pas saisi la subtilité qui résultait du titre du récit, également repris comme insulte à plusieurs reprises dans le corps du texte, « Frère noir, noir de frère ». Dans ma grande naïveté, je ne comprends pas où est le mal et je pense sincèrement que la traduction française a amoindrie la signification de cette expression. Heureusement, la suite du roman est plus crédible.

Jewell Parker Rhodes souhaite ajouter sa pierre à l’édifice pour faire changer les mentalités et la vision du monde sur les personnes de couleur noires. Elle le fait à travers le sport, qui prône de belles valeurs d’entraide, de solidarité, de fair-play, de cohésion, d’internationalisation… On sait que la discrimination est continuellement présente au quotidien, mais je pense qu’on ne peut pas imaginer à quel point elle peut impacter la vie des personnes directement concernées. Les comportements racistes, les jugements hâtifs, les inégalités et les injustices, sont autant d’éléments qui viennent perturber la vie des personnes de couleurs, et en particulier celle de Donte, douze ans seulement, pourtant élève brillant, intégré à une école prestigieuse et coûteuse.

J’ai quand même trouvé que certains passages s’étiraient en longueurs, avec de nombreuses répétitions, je pense notamment aux séances d’entraînement de Donte, Trey et les jumeaux, que je n’ai pas trouvé pertinents et qui m’ont passablement ennuyé. Mettre l’escrime en avant est quand même sympathique, c’est un sport complexe et complet, qui demande force, vigueur, stratégie, concentration et réflexion, et surtout qui change des sports habituellement mis en lumière.


Un roman jeunesse doté de belles valeurs, qui essaie de faire évoluer les mentalités et met en lumière un sport peu souvent évoqué dans les livres : l’escrime. Bien que l’histoire soit intéressante, la construction narrative ne m’a pas convaincue et manquait de crédibilité à mes yeux.

Ma note : 5,5/10

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ISBN : 978-2-01-716018-2
Traduction : Brigitte Hébert

Blackout à New York


Blackout à New York de Dhonielle Clayton, Tiffany D. Jackson, Nic Stone, Angie Thomas, Ashley Woodfolk et Nicola Yoon
318 pages, éditions Nathan


Résumé : Quand la lumière s’éteint, les cœurs s’allument…
Un été caniculaire à New York – et voilà qu’une gigantesque panne d’électricité plonge toute la ville dans le noir. Mais tandis que la confusion règne, c’est un autre genre d’étincelles qui vient illuminer l’obscurité…
Des inconnus que le hasard réunit. Des amis de longue date. Des ex forcés de cohabiter. Dans le noir, plus la peine de tricher, chacun peut révéler sa vérité, ses sentiments. L’amour s’expose, l’amitié se transforme.
Tammi, JJ, Nella, Lana, Kayla, Seymour… De Manhattan à Brooklyn, les pas de ces adolescents noirs se croisent, s’éloignent et se rejoignent dans la ville bloquée, brillant comme autant de flammes.


Extraits : « Mais d’un coup, je décide qu’on ne peut pas être courageux si on n’a pas un peu peur. »

« Si je suis pas capable de m’aimer et de m’accepter tel que je suis, comment je pourrais m’attendre à obtenir ça des autres ? »


Mon avis : Six auteures américaines se sont regroupées pour écrire des nouvelles autour d’une base commune : une panne d’électricité survient en plein été à New York. C’est la débandade. Dans tout ce chaos, plusieurs jeunes noirs vont se rencontrer, se rapprocher et passer une des plus belles soirées de leur vie. À travers le noir crépusculaire apporté par la panne, de belles lumières vont s’allumer dans les coeurs de nos protagonistes. Un fil rouge qui va donner lieu à six interprétations différentes de l’histoire. Parmi ces six auteures, certaines ne vous sont certainement pas inconnues. Je pense notamment à Angie Thomas et Dhonielle Clayton, qui sont particulièrement connues pour leurs romans jeunesses qui mettent en scène de jeunes protagonistes noirs et prônent le vivre-ensemble, l’intégration et la diversité.

Blackout à New York met en scène exclusivement des personnages noirs. D’ailleurs, la note de début le précise, ce livre est dédié « à tous les jeunes Noirs du monde : vos joies, vos histoires, votre amour et vos vies comptent. Vous êtes une lueur d’espoir dans l’obscurité. » Pour être tout à fait franche, je me suis sentie instantanément exclue en lisant ce préambule, puisque je pensais que ce livre pouvait être une propagande pro-noir et anti-blanc. Mais que nenni ! On y retrouve donc des personnages noirs, chose assez rare dans les romans, qui vont vivre une nuit exceptionnelle, remplie d’émotions et de beaucoup d’amour. Le but de ce récit n’est pas de pointer du doigt le racisme, la violence et toutes les formes de ségrégations qui peuvent exister envers les personnes noires, mais bien de montrer qu’elles sont exactement comme les autres et qu’elles aussi vivent des histoires d’amour similaires aux personnes blanches. De surcroît, les auteures ne se contentent pas de mettre en scène des couples hétérosexuels, mais elles écrivent aussi autour de couples homosexuels et même bisexuels : j’espère que la diversité des attirances sexuelles, couplée à des personnes de couleurs, va ouvrir la conscience et l’esprit de certains lecteurs.

Sur le moment, j’ai été conquise par les différentes histoires qui naissent sous nos yeux. On ne peut qu’être touchés par les sourires et les gestes tendres, la pudeur de nos jeunes protagonistes, les premiers émois, les doutes qui les assaillent… mais les nouvelles étant ce qu’elles sont, c’est-à-dire très courtes, cela ne nous laisse absolument pas le temps de nous attacher aux personnages. Aussi, on voit certains couples se former, sans pour autant savoir qui ils sont, ce qu’ils ont traversé et ce qu’ils vont devenir. C’est bien dommage, car certains auraient mérités d’être développés.


Un roman choral à 12 mains, qui met en scène des personnages exclusivement noirs, qui vont vivre de jolies histoires d’amour. Des nouvelles lumineuses, qui prônent la tolérance et le vivre-ensemble. Elles auraient méritées d’être développées individuellement.

Ma note : 6,5/10

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ISBN : 313-309-223695-2
Traduction : Nathalie Bru et Lucie Calmanovic-Plescoff

Chasse à mort


Chasse à mort de Dean Koontz
574 pages, éditions Archipoche, à 8,95€


Résumé : Deux créatures s’échappent d’un laboratoire scientifique dont le programme de recherches ultra-secrètes est centré sur les manipulations génétiques. L’un de ces cobayes, un retriever, chien intelligent et sensible, est recueilli par Travis Cornel, ex-membre de la Delta-Force. L’autre cobaye, le plus dangereux, aussi sauvage que sanguinaire, aussi intelligent qu’agressif, recherché par les services secrets, ne pense, lui, qu’à une chose : retrouver Einstein le retriever et le tuer. La traque commence : d’un côté, un tueur hors du commun, de l’autre, fuyant, un retriever, un homme et une femme.
Thriller haletant, roman d’action où la poursuite, la violence, le suspense, l’humour et l’horreur débouchent sur une happy end, Chasse à mort séduira tous les publics, ceux qui ont aimé Cujo, mais aussi ceux qui ont aimé E.T. et qui croient au triomphe de l’intelligence et de l’amitié


Extraits : « Il y a deux catégories de personnes, les chats et les souris. Les chats vont où ils veulent, font ce qu’ils veulent, prennent ce qu’ils veulent. Ils sont agressifs et autonomes de nature. Les souris, elles, n’ont pas pour deux sous d’agressivité. Elles sont vulnérables, douces et timorées, elles gardent la tête baissée et acceptent ce que la vie leur donne. Toi, tu es une souris. Ce n’est pas si mal que ça. Les souris peuvent être parfaitement heureuses. Elles n’ont pas des vies aussi mouvementées que les chats, mais elles vivent beaucoup plus longtemps et ont beaucoup moins d’ennuis. »

« L’amour, c’est l’eau et le soleil qui font fleurir la plante. »


Mon avis : Dean Koontz est un auteur de fictions à suspense que j’ai pu découvrir à travers ses romans fantastiques : Dark Web ou La chambre des murmures. Pour cette nouvelle découverte, le titre « Chasse à mort » donne déjà le ton du récit : l’histoire sera noire et sanguinolente.

Deux bêtes se sont échappées du laboratoire d’expérimentations Banodyne. L’une est un retriever affectueux, doté d’une intelligence supérieure qui le place presque au même niveau qu’un humain. Il est capable de comprendre ce qu’on lui dit et d’y répondre. L’autre est surnommé L’Autre justement, c’est une créature monstrueuse, assoiffée de sang et surtout jalouse de la beauté et de l’intelligence du chien. L’Autre part à la recherche du retriever, dans l’espoir de le tuer. Mais le chien est accueilli par Travis Cornell, un ex-membre de la Delta Force, terrassé par son quotidien monotone et déprimant. Par l’intermédiaire du chien, il va faire la rencontre de Nora, une jolie jeune femme solitaire, avec qui il va se lier rapidement. Ensemble, ils vont découvrir progressivement les capacités intellectuelles du chien, renommé Einstein. Mais le chien est en danger, puisque le gouvernement, financeur secret des recherches, sont prêts à tout pour remettre la main sur les deux créatures.

Comme dans ses précédents titres, les chapitres sont courts, ce qui donne un certain rythme au récit, avec une tension palpable et constamment croissante. Cette tension est accentuée par l’alternance des narrations, partagées entre Travis, le tueur à gage et Lemuel Johnson, parti à la recherche des deux bêtes. La course poursuite est lancée, chacun ayant en vue la même cible – le chien – mais pour des raisons différentes : la vengeance, le pouvoir et l’argent.

J’ai beaucoup aimé le trio Travis – Nora – Einstein, tout en simplicité et en émotions. Ils sont émouvants dans leur façon de vivre, de se comporter, de s’attendrir, de s’attacher et de se protéger les uns les autres. Ils forment une véritable famille, solide, sincère, chaleureuse et aimante. Ils se sont sauvés les uns des autres et c’est ce qui fait véritablement leur lien. Einstein a été recueilli par Travis alors qu’il s’enfuyait du laboratoire et tentait d’échapper aux griffes de l’Autre ; Travis a été sauvé par Einstein alors qu’il broyait du noir et souhaitait mettre fin à ses jours ; Nora a été révélée au monde par Travis et Einstein, alors qu’elle vivait recluse, en marge de la société, de surcroît victime de harcèlement et de viol par un énergumène tout à fait ignoble.

L’histoire est prenante, elle mélange polar, science-fiction et fantastique, mais elle n’est pas que fictive, puisqu’on peut y voir des réflexions plus poussées sur la science en général et  les expériences réalisées sur les animaux et leurs conséquences. Si on pousse encore plus loin la réflexion, on peut se questionner sur la conscience des animaux, leur capacité d’absorption et d’intelligence.


Un polar fantastique sombre à la tension constante, qui raconte l’aventure originale et surprenante d’un chien doté de capacités intellectuelles égales à celles de l’homme. Improbable, mais bien amené.

Ma note : 7,5/10

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ISBN : 978-2-37735-965-3
Traduction : Évelyne Châtelain