Journal d’un baby-sitter


Journal d’un baby-sitter de Paul Beaupère

256 pages, éditions Le Livre de Poche jeunesse, à 5,90€


Résumé : Norbert a 14 ans, des petits problèmes de diction (il est bègue), des lunettes, une maladresse certaine, mais un vrai talent de dessinateur et un grand sens du contact avec les enfants. Il décide donc de proposer ses services de baby-sitter. Et c’est là que ses ennuis commencent…


Extraits : « Je sais que c’est idiot, mais le plus souvent, ce sont les filles qui font du baby-sitting. On se demande bien pourquoi d’ailleurs. »

« Un enfant, c’est comme une bombe atomique, tu es assis juste à côté, tranquille, mais tu ne sais jamais à quel moment il va exploser… Mais c’est beaucoup plus mignon qu’une bombe atomique. »


Mon avis : Journal d’un baby-sitter est, comme son titre l’indique, un roman jeunesse construit sous forme de journal intime illustré. Nous suivons Prosper, un jeune garçon de 14 ans, bègue, mal intégré socialement, qui arrive à nouer contacte avec les enfants et à leur parler correctement. Il se lance alors dans le baby-sitting et propose ses services à l’ensemble des occupants de son immeuble. Mais les baby-sittings de Prosper ne vont pas s’avérer de tout repos.

Le journal est construit de façon assez originale, puisqu’il s’agit d’un dialogue entre notre protagoniste et le fameux journal. Prosper confie au journal son quotidien et ce dernier lui répond de manière humoristique et décalé. Avec ces deux-là, on ne s’ennuie pas !

J’ai beaucoup aimé la construction du roman : chacune des pages est illustrée différemment, avec des dessins, des post-its, des petits dialogues humoristiques qui viennent animer le texte initial. C’est bien réalisé et ça donnera davantage envie aux jeunes enfants de découvrir cette histoire.

Le personnage de Prosper est touchant, notamment à cause de son bégaiement, qui est pour lui un réel handicap. Il n’arrive pas à aligner deux mots l’un après l’autre, doit s’aider de posts-its pour se faire comprendre. Un handicap partagé par sa meilleure amie Zoé, sourde et muette. Tous deux, ils forment un duo de choc et arrivent à communiquer dans un langage qui leur est propre. Norbert va peu à peu gagner confiance en lui et s’épanouir dans ses nouvelles fonctions de baby-sitter.

L’ensemble de l’histoire est divertissante, rafraîchissante et pleine de surprises. J’ai beaucoup aimé découvrir l’ensemble des habitants de l’immeuble de Prosper, Madame Escalier, la concierge, et son chien Crocfroc, les américains Anderson et l’ensemble de leurs enfants, le mystérieux Monsieur Alfred, Lucille et sa librairie Le Lapin qui Lit, Rachid et Claire et leur boutique À Toute heure… Des habitants disparates,  mais un immeuble animé, bien plus que vous ne pourriez l’imaginer…

Pour ceux qui souhaiteraient continuer à suivre les aventures de Prosper, sachez que vous pouvez le retrouver dans le tome 2, Pas de bruit, bébé dort… enfin presque !


Un journal intime revisité, divertissant et décalé, avec des illustrations bien réalisées, qui devrait plaire aux jeunes adolescents. 

Ma note : 7/10

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Les Fabuleux Chapeaux de Margaux / Margot’s fabulous hats


Les Fabuleux Chapeaux de Margaux /
Margot’s fabulous hats
de Dominique Curtiss et Muriel Gestin

48 pages, Chouette éditions


Résumé : Il était une fois, un village bien triste et les habitants l’étaient tout autant jusqu’au jour où une drôle de petite bonne femme vint les bousculer dans leur vie si monotone.

De 6 à 8 ans.

There once was a sad village filled with sad villagers. But from the moment a small round lady appeared among them, the sadness would be shaken out of their lives.

From 6 to 8 years old.


Extraits : « There once was a little village tucked away discreetly between hill and valley. It was called Le Morne. The streets often empty and the villagers never seemed to look vert happy. One school remained along with a village hall and a church. All the shopkeepers had gone. Even the shop in the square had closed its doors. A notice was in the window :
 » Available to rent or to buy. »

« Il était une fois un village perdu entre monts et vallées que l’on nommait : « Le Morne. » Les rues étaient souvent désertes et les villageois faisaient triste mine. Il ne restait plus qu’une école, une mairie et une église. Tous les commerçants avaient fermé boutique. Il y avait bien une petite boutique sur la place du village, mais elle était vide. Il était écrit sur la devanture :
« À louer ou à vendre, au choix. »


Mon avis : Les Fabuleux Chapeaux de Margaux est une histoire pour les jeunes enfants à partir de 6/8 ans, qui a la particularité d’être narrée à la fois en français, puis dans sa traduction anglaise.

Margaux, c’est une drôle de petite femme, qui débarque dans un village morne, déserté par les commerçants, pour y implanter son atelier de chapeaux. Intrigués, chacun des habitants va venir voir ce que fabrique Margaux et lui passer commande d’un chapeau. Mais ce qu’ils ne savent pas, c’est que Margaux a le pouvoir de créer des chapeaux sur-mesure, qui conviennent parfaitement à la morphologie de la tête et à la situation de son porteur.

J’ai vraiment beaucoup apprécié les dessins qui accompagnent les textes. Ils sont magnifiquement exécutés, dans des couleurs gaies et joyeuses. De plus, je tenais à souligner la qualité du papier,  qui est beaucoup plus plaisante à tenir en main que le papier ordinaire.

 

Malheureusement, j’ai repéré beaucoup de fautes d’orthographe dans le texte français et quelques fautes de grammaire et de syntaxe également. Ce livre étant destiné aux enfants de 6 à 8 ans, je trouve ça dommage de leur enseigner des erreurs.

De même, bien que je trouve le concept d’histoire bilingue original et très intelligent, j’ai trouvé qu’il n’était peut-être pas judicieux d’utiliser certains termes, peut-être trop compliqué dans leur traduction anglaise. Moi qui ait pourtant un niveau d’anglais correct, je devais m’arrêter presque toutes les deux pages pour traduire, avec un traduction externe, un mot que je ne connaissais pas (faute de traduction linéaire en français). J’ai trouvé également que la traduction français/anglais n’est pas totalement linéaire, puisque le français est plus romancé, tandis que l’anglais se veut peut-être un peu plus simple et moins travaillé. Mais sans doute est-ce dû au fait que la langue française est plus riche et plus complète en terme de vocabulaire.

Cet album traite d’une thématique contemporaine, débattue actuellement en France : la désertification des centres-villes pour la périphérie. Je trouve ça très intelligent de sensibiliser les plus jeunes à cet enjeu majeur, qui devrait être au centre des préoccupations des citoyens durant les prochaines années.

D’ailleurs, les citoyens de ce petit village, au début égoïstes et égocentrés, vont devenir, grâce aux chapeaux magiques de Margaux, solidaires entre eux. J’ai beaucoup appréciée la morale de cette histoire, qui éduque le jeune public à l’entraide, au soutien et à la cohésion. 


Un album bilingue pour faire découvrir aux plus jeunes la langue anglaise, tout en leur insufflant des notions d’entraide, de solidarité et une ouverture d’esprit sur le monde. Malgré quelques défauts, j’ai appréciée découvrir cet ouvrage.

Ma note : 7/10

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Élite : Au fond de la classe


Élite : Au fond de la classe d’Abril Zamora

295 pages, éditions Hachette romans, à 15,90€


Résumé : Paula souffre parce qu’elle ne peut parler à personne de son amour impossible. Janine garde un lourd secret qui la mettrait en danger si elle le révélait. Gorka, son ami obsédé par le sexe, tombe amoureux de la personne qu’il ne faut pas et Mario, le redoublant habitué à harceler les autres, se retrouve pour la première fois victime de chantage. María Elena que tout le monde à Las Encinas surnomme Melena, la Mèche, parce qu’elle a perdu ses cheveux suite à des problèmes émotionnels, porte une triste histoire de famille, derrière sa façade glamour et pleine de fric. Tous ont de sérieux problèmes à affronter, mais à la fin de l’année scolaire, lors de la fête du lycée, un drame survient… Marina est trouvée morte au bord de la piscine et l’inspectrice en charge de l’enquête reçoit un mystérieux journal intime, bourré de phrases haineuses à propos de l’adolescente assassinée. Quelqu’un la détestait et tout indique que l’auteur de ce journal était dans la même classe que la victime. Les cinq protagonistes, Melena, Janine, Mario, Paula et Gorka, se verront mêlés d’une manière ou d’une autre à l’affaire. L’auteur du journal a-t-il quelque chose à voir avec le crime ? Qui a anonymement apporté ce cahier rose à la police ? Pourquoi l’auteur détestait-il tant Marina ? Comment les choses en sont-elles arrivées là ? Pour assembler les pièces du puzzle, il va falloir remonter au tout début de l’année scolaire.


Extraits : « Comment je sais que je suis amoureuse ? C’est très simple. C’est une réaction… chimique, animale. Mon corps réagit. Même si j’essaie de me contrôler, quand il s’approche, ma bouche se dessèche, mes genoux tremblent et je suis incapable de soutenir son regard.« 

« Gorka, par exemple, a des oreilles décollées et on s’est moqué de lui pour ça, mais, il l’ignore encore, dans quelques années, ses oreilles vont rendre dingues plein de filles, parce que ce sont nos particularités qui nous rendent uniques, attirants, voire sexy. »


Mon avis : Élite, c’est la série espagnole phare du moment, celle que tous les adolescents regardent – ou en déjà regardé – sur Netflix. De cette série est née ce livre, écrit par Abril Zamora, un des scénaristes de la série. Élite : Au fond de la classe est un dérivé de la série, qui condense en presque 300 pages toutes les histoires qui se déroulent durant les 2 saisons télévisuelles.

À Las Encinas, un lycée composé essentiellement d’élèves fortunés, les histoires vont bon train. Chaque lycéen cache au reste des élèves des problèmes plus ou moins graves. Les histoires d’amour, évidemment, sont nombreuses : Paula est amoureuse d’un garçon qu’elle n’a jamais approché, alors qu’un autre lycéen, Gorka aime sa meilleure amie. Il y a aussi des problèmes familiaux plus graves, comme Melena, qui se dispute constamment avec sa mère et en est même venue jusqu’à se droguer pour oublier ses soucis. Janine, elle, souffre d’intimidations de la part de Mario, un garçon arrogant et imbu de lui-même, qui ne cesse de rabaisser la jeune fille. Mais l’ensemble de ces problèmes semblent superflus lorsque Marina, une jeune femme que tous désigneraient comme parfaite, se retrouve assassinée lors d’une fête de fin d’année. S’ensuit une enquête pour déterminer le coupable et les raisons qui l’ont poussées à la tuer.

 

Photos des protagonistes extraites de la série Netflix

Sans jamais avoir vu la série Netflix, je pense que ce livre est un condensé très rapide de toutes les aventures qui surviennent aux jeunes lycéens à l’écran. Ce qui fait que le rythme du roman est vraiment très soutenu : les histoires s’enchaînent les unes derrière les autres et il faut s’accrocher pour retenir le prénom et problèmes de chacun. Mais c’est totalement faisable !Finalement, on s’attache quand même rapidement à ses personnages. De plus, je trouve l’approche de cette série moderne et intelligente, puisqu’elle est destinée aux jeunes adolescents et de ce fait, les scénaristes ont adaptés leurs personnages et surtout leurs problèmes à leur cible initiale. Ainsi, il est question d’intimidation et de violences scolaires, de problèmes familiaux, de VIH, de problèmes de coeurs… Des thématiques qui vont forcément parler aux jeunes adolescents.

La particularité de ce récit, c’est que l’auteur alterne les phases de narration pures avec des paragraphes en italiques, sorte de journal intime de chacun des lycéens. Ainsi, nous pouvons avoir accès aux pensées et points de vue de chacun des personnages à tour de rôle. Je trouve ça ingénieux, puisque ça nous permet de nous rapprocher davantage des protagonistes et de s’identifier plus facilement à eux.

En revanche, je trouvais dommage que l’intrigue principale, qui est le meurtre de Marina, qui est le fil rouge de toute la série (et du roman, aussi), ne soit pas plus exploité. Ici, on l’évoque qu’en fin de chapitre, avec deux pages d’interrogatoires menés par une inspectrice, qui questionne à tour de rôle chacun des élèves pour prendre leur témoignage dans cette affaire. Même lors du dénouement, le coupable arrive comme un cheveu sur la soupe, sans préambule, et l’auteur passe directement au problème suivant, comme si ce n’était qu’une futilité. J’ai trouvé ça vraiment dommage, et j’espère que cet aspect de l’histoire est mieux développé dans la série. Peut-être qu’il aurait été plus judicieux de faire une saga comportant plusieurs tomes de la série, plutôt qu’un one shot précipité, où l’on a l’impression de courir après l’histoire et les personnages…


Un roman adapté de la série Netflix Élite, où l’on retrouve l’ensemble des célèbres adolescents de l’école de fortunés, Las Encinas. Un récit rythmé et bien écrit, qui peut se lire sans avoir vu la série d’origine !

Ma note : 6,5/10

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Gone, tome 1


Gone, tome 1 de Michael Grant

585 pages, éditions Pocket jeunesse, à 19€


Résumé : Imaginez : tous les êtres humains de plus de 15 ans ont disparu. Plus incroyable encore, ceux qui restent développent des super-pouvoirs mais ils ne parviennent pas encore à les maîtriser… Cette aventure extraordinaire est arrivée à Sam, 14 ans, et à tous les enfants de la petite ville californienne de Perdido. Passé la première période d’euphorie, les enfants doivent maintenant s’organiser pour survivre. Qui va s’occuper des bébés et des malades ? Comment trouver de la nourriture ? Autant de questions vitales à résoudre en urgence !


Extraits : « Les gens différents finissent toujours par devenir des victimes, c’est comme ça.« 

« La peur pousse à faire de drôles de choses, parfois, même chez les enfants. »


Mon avis : Après en avoir entendu parler durant des années, je me décide enfin à sortir le premier tome de Gone de ma Pile À Lire, pour enfin découvrir ce qui a tant plût !

Un beau jour, subitement, dans une petite ville californienne nommée Perdido Beach, l’ensemble des adultes et des jeunes adolescents de plus de quinze ans disparaissent. Ceux qui restent sont alors livrés à eux-mêmes, terrorisés par cet événement extraordinaire et inexplicable. D’autant que certains se découvrent des pouvoirs surnaturels, comme Sam, qui arrive à faire jaillir de la lumière de ses mains. Très vite, le chaos s’installe à Perdido Beach. Sam, son meilleur ami Quinn, leur amie Astrid et son petit frère autiste Pete, tentent de calmer les enfants paniqués. Mais Caine, Drake, Panda, ainsi que d’autres enfants venus du pensionnat Coates, ne sont pas du même avis. Ils veulent élire un chef, qui décidera de l’ordre à suivre à Perdido Beach. Le chaos s’installe, et avec lui, les rivalités.

J’avais tellement entendu parler de cette saga jeunesse, que j’attendais l’auteur au tournant. Et franchement, peut-être que je misais trop d’espoirs dans ce livre, mais la majeure partie de l’histoire m’a déçue. D’abord le commencement : les adultes disparaissent d’un seul coup, dans les quelques premières pages, sans préambule. On est tout droit immergés dans le récit, certes, mais ça aurait mérité quand même un peu plus de finesse. Tout s’enchaîne alors dans un rythme effréné, mais malheureusement, comme je suis rentrée dans le brut directement, je n’ai pas forcément été très réceptive à la première partie de l’histoire. Je suis restée un peu en retrait, survolant légèrement toutes les actions qui s’y déroulaient, m’ennuyant, même, quelques fois.

Mais heureusement, les pages défilant, j’ai réussi, au fur et à mesure, à me plonger davantage dans l’histoire, pour finalement commencer à bien l’aimer vers la fin. Il vaut mieux tard que jamais, me diriez-vous, mais quand même…

L’histoire en elle-même est intéressante, quoiqu’elle détient quand même des références à divers récits antérieurs, tels que Dôme de Stephen King, par exemple. Dans les deux cas, un dôme transparent s’abat sur une ville, rendant toute la population s’y trouvant, prisonnière.  Il faut s’organiser, essayer de survivre, et chercher une solution pour en sortir, d’autant que les ressources s’amenuisent progressivement. La cible n’est pas la même, puisque dans Gone, ce sont de très jeunes enfants qui gouvernent l’histoire. Certains se montrent matures et consciencieux pour leurs jeunes âge, s’occupant des plus petits, soignant les blessés, préparant des repas ; tandis que d’autres ne pensent qu’à gouverner et à faire régner la terreur dans la Zone. Deux clans vont rapidement s’affronter.

Comme si ce premier tome n’était pas assez rempli d’actions, Michael Grant ajoute une dose de science-fiction supplémentaire, qui devrait donner une autre dimension à l’histoire : certains enfants sont dotés de pouvoirs magiques. Des pouvoirs plus ou moins puissants en fonction des jeunes, mais que beaucoup ne savent pas utiliser. J’avoue que je ne m’attendais pas à cette virée brutale vers la science-fiction, mais je trouve qu’elle s’adapte parfaitement au récit.


Des très jeunes enfants, livrés à eux-mêmes, dans un espace délimité par un dôme invisible. Une lecture en demi-teinte : malgré un début abrupt et ennuyant, je me suis finalement laissée emporter par l’histoire. J’aimerais bien découvrir le second tome si j’arrive à le dégotter en grand format !

Ma note : 6/10

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20, Allée de la Danse : Un pas de côté


20, Allée de la Danse : Un pas de côté d’Elizabeth Barféty

155 pages, éditions Nathan, à 10,95€


Résumé : À l’École, les élèves préparent un événement hors du commun : ils vont danser en public au musée d’Orsay ! En l’honneur du peintre Edgar Degas, les petits rats présenteront un exercice à la barre. Maïna, Constance, Zoé, Sofia, Colas et Bilal sont ravis de danser dans ce cadre unique. Mais leur plaisir est troublé par une série de disparitions d’objets de valeur à l’internat. Les élèves commencent à s’interroger : y aurait-il un voleur parmi eux ?


Extraits : « Chaque fois, la danse lui procure un sentiment de liberté, un bonheur unique.« 

« Comme disait je ne sais plus qui, pense-t-il, une journée sans danser est une journée perdue ! »


Mon avis : Les aventures des petits rats de l’école de Danse se poursuivent. Dans ce tome-ci, c’est le jeune Bilal qui est mis en avant. Le jeune garçon est le seul externe de la Bande, le seul qui ne reste pas dormir le soir à l’internat de l’Opéra. Sur le chemin qui le ramène chez lui, Bilal va tomber sur Ethan, un danseur de première année, qui semble en mauvaise posture dans la rue auprès de jeunes. Bilal se souvient que, quelques années plus tôt, il avait été lui-même victime de harcèlement dans la rue, des personnes malintentionnées se moquaient de lui et le rabaissaient à cause de sa passion. Mais ce qu’il va découvrir sur Ethan est loin d’être similaire à sa propre histoire.

En parallèle, l’ensemble des petits rats ont été conviés à l’inauguration de l’exposition Degas au Musée d’Orsay. Ils vont pouvoir danser dans ce magnifique lieu, devant des spectateurs venus spécialement les regarder. Pour avoir moi-même visité le Musée d’Orsay il y a quelques années, j’avoue que le cadre est magnifique et que c’est une chance unique dans la vie des jeunes danseurs, que de pouvoir se produire dans un tel lieu.

 

Intérieur du musée d’Orsay

Cette prochaine représentation au musée va également encourager nos jeunes danseurs à s’intéresser un petit peu plus à l’art. Certains, comme Bilal, le protagoniste de ce tome, n’avait jamais mis les pieds dans un musée. Il va apprendre à regarder, à ressentir des émotions, à se laisser transporter par des peintures et des sculptures. J’ai beaucoup aimé cette petite incartade culturelle, qui donnera peut-être envie aux jeunes lecteurs de pousser les portes de musées divers.

Comme d’habitude, les romans d’Elizabeth Barféty sont illustrés par de jolis dessins en noir et blanc réalisés par Magalie Foutrier, qui nous permet de ressentir encore plus intensément toutes les aventures vécues par nos héros préférés.

                                    


Comme toujours, l’auteure nous délivre de belles valeurs : l’entraide, la solidarité, l’amitié. Un tome réussi, qui mêle danse et culture. 

Ma note : 7,5/10

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Papa est en bas


Papa est en bas de Sophie Adriansen

119 pages, éditions Nathan


Résumé : Ça s’est fait petit à petit. A présent, voilà, le papa d’Olivia est en bas, sans trop d’espoir que ça s’arrange. Atteint d’une maladie qu’il surnomme « la tartiflette », il ne peut plus monter l’escalier de la maison. Le quotidien de toute la famille se réorganise autour de lui à mesure que son état s’aggrave. Pourtant, la vie doit continuer pour Olivia, entre fou-rires et larmes, auprès de sa maman, de son chat et surtout de son papa.

Un sujet difficile (la fin de vie d’un parent) abordé sans pathos à hauteur d’enfant : on rit et on pleure avec Olivia, en suivant son quotidien et celui de sa famille.
Dès 10 ans.
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Extraits : « Nous sommes des Indiens. C’est ce que papa a décrété le jour où il a rapporté d’une brocante cette sorte de totem qu’il avait trouvé joli (ce qui est largement discutable) et qui trône depuis près de la baie vitrée du salon. Et les Indiens, quand ça a des choses importantes à se dire, ça se réunit en conseil de guerre. »

« Papa et maman m’ont souvent raconté que mes premières dents ont poussé quand j’avais quatre mois. Ce qui est très tôt pour un bébé, d’après ce que j’ai compris. Quatre d’un coup, en plus : deux en haut et deux en bas. Papa conclut toujours l’histoire en disant que c’est comme ça qu’il a su que j’étais vraiment sa fille.
En tout cas, je mords la vie à pleines dents. »


Mon avis : Décidément, Sophie Adriansen choisit toujours d’aborder des thématiques graves, tristes, déchirantes parfois. Jusqu’à maintenant, je n’avais lu qu’un seul de ses romans, Lise et les hirondelles, qui traitait de la déportation de milliers de juifs lors de la terrible Rafle du Vel d’Hiv durant la Seconde guerre mondiale. Le récit était narré du point de vue d’une enfant, ce qui ajoutait une dimension d’autant plus dramatique aux événements. Dans Papa est en bas,  la thématique est différente, mais l’histoire tout aussi grave et toujours racontée à travers les yeux d’une enfant.

Le papa d’Olivia ne joue plus avec elle au foot, ne se balade plus, à du mal à monter les escaliers de la maison, ou à faire des gestes simples du quotidien, comme débarrasser la table après manger. Et pour cause : il souffre d’une maladie orpheline qui va progressivement paralyser l’ensemble de ses membres, à l’exception des yeux. Une terrible nouvelle, qui laisse la jeune fille totalement hagarde.

L’auteure s’est appuyée sur une histoire qu’elle a vécue, puisque son oncle a lui aussi perdu l’usage de ses jambes, avant de s’installer dans un lit au rez-de-chaussée de sa maison. C’est un récit puissant, une histoire qui pourrait arriver à plus de monde que ce que nous pensons.

Malgré le handicap, le papa d’Olivia reste fort, courageux, il se bat pour profiter de sa petite fille un maximum et du peu de temps qu’il lui reste. Je voudrais citer une phrase que l’auteure a apposée dans ses remerciements, qu’elle a elle-même entendue du professeur Bernard, un célèbre cancérologue, qui disait : « Quand on ne peut plus ajouter de jours à la vie, il faut ajouter de la vie aux jours« . Un bien triste raisonnement, qui résume bien le comportement du père d’Olivia face aux quelques jours qu’il lui reste à vivre.


découvrez olivia, cette petite fille courageuse, qui nous raconte l’évolution du handicap de son père. Un récit puissant et émouvant, qui ne peut laisser personne indifférent.

Ma note : 8/10

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Demandez-leur la lune


Demandez-leur la lune d’Isabelle Pandazopoulos

261 pages, éditions Gallimard jeunesse,
collection Scripto, à 19€


Résumé : Lilou, Sam, Bastien et Farouk. A 15/17 ans, ils vivent dans un de ces coins de France où on est loin de tout, une zone blanche.
La seconde générale n’est pas pour eux, ils n’ont plus beaucoup d’espoir dans l’avenir. C’est alors qu’Agathe Fortin, jeune prof de français passionnée, leur propose un cours de soutien étrange : les faire parler. Son défi : les préparer à un concours régional d’éloquence. Eux qui n’ont pas les mots vont se raconter à voix haute..
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Extraits : «  »Les mots, on sent le poids qu’ils pèsent et le pouvoir qu’ils ont. Ils t’engagent tout entier, ils te montrent tel que tu es, d’où tu viens et à qui tu ressembles. »

« Elle pense à tous ces trucs qu’on ne peut pas partager. À ce silence qui fait un gouffre entre soi et le monde. »


Mon avis : Ils sont quatre adolescents aux histoires différentes, avec un seul point commun : ils sont en décrochage scolaire, mais motivés pour donner un sens à leur avenir. Lilou, Sam, Bastien et Farouk vont suivre les cours de soutien de madame Fortin, une jeune professeure aux méthodes d’enseignement créatifs et originaux. D’abord désarçonnés par les pratiques de leur nouvelle professeure, les quatre adolescents vont se laisser prendre au jeu et finir par apprécier ces cours, leur professeure et surtout le travail qu’ils effectuent ensemble sur eux-mêmes.

Isabelle Pandazopoulos, l’auteure de ce récit, a longtemps travaillé avec des élèves en difficulté, puis avec des jeunes en situation de handicap mental. En écrivant Demandez-leur la lune, elle s’appuie sur ces expériences passées en les enjolivant d’éléments fictifs.

Lilou, Sam, Bastien et Farouk ont chacun leur problème. La famille de Lilou a été détruite il y a quelques mois : ils ont appris que le grand frère de Lilou s’était radicalisé et avait rejoint un groupement de terroristes islamiques. Un choc pour cette famille, qui est devenue la bête noire auprès de toute la ville et de tous leurs proches.

Sam quant à elle, vit avec sa mère, qui souffre de troubles mentaux. Elle ne contrôle pas les accès bipolaires de sa mère, mais continue à l’aimer inconditionnellement. Bastien est en guerre avec ses parents, qui veulent le forcer à reprendre l’entreprise familiale. Mais le jeune homme n’est pas d’accord et aspire à une autre voix professionnelle. Enfin, Farouk est un jeune immigré turque, qui a fuit la guerre de son pays pour survivre. Il a laissé derrière lui tous ses repères, ainsi que sa famille, qui est resté au pays. Aujourd’hui décidé à apprendre le français et à s’intégrer en France, il attend son audience, qui décidera s’il peut ou non rester résider sur le territoire français.

Durant les quelques heures de soutien scolaires auxquels ils participent tous ensemble, leurs problèmes s’envolent et restent derrière eux. Oubliée la noirceur du quotidien pour se recentrer sur le groupe et les attentes de madame Fortin. Cette dernière a confiance en eux et sait qu’ils ne sont pas les élèves en grande difficulté, perdus et irrattrapables que le proviseur ainsi que tous leurs autres professeurs veulent leur laisser croire. Madame Fortin aspire même à les inscrire à un concours d’éloquence. À travers leurs mots, ils vont se découvrir, s’ouvrir et enfin s’aimer.

J’ai beaucoup aimé la morale de l’histoire, qui donnera certainement à réfléchir aux lecteurs-cibles. Ne laissez pas les autres vous rabaisser, vous destabiliser ou vous faire douter de vous-mêmes. Vous êtes uniques, vous êtes forts et autant capables que les autres de réussir ce dont vous avez envie. Une très belle leçon de vie et d’espoir, dont je n’hésiterais pas à me rappeler à l’avenir.


une histoire puissante, qui devrait apporter espoir et courage aux adolescents qui manquent de confiance en eux. Ce fût une très jolie découverte.

Ma note : 7,5/10

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