#Je suis Lilly


#Je suis Lilly de Vincent Villa
495 pages, éditions du 123


Résumé : Lilly est morte, massacrée à la hache par son ex-compagnon, depuis disparu. Pour beaucoup, un malheureux fait divers. Pour Nina, sa petite sœur, le pire des crimes. La jeune boxeuse ne rêve que de vengeance…
Alors que Lilly devient le symbole de la lutte contre les féminicides à travers le hashtag #JesuisLilly, l’affaire prend une tournure plus dramatique encore : quelques heures après une manifestation, une militante est brûlée vive…
Sur un sujet tragiquement d’actualité, un thriller fort, pertinent et palpitant.


Extraits : « Même si ce fléau bénéficiait désormais d’une considération moins secondaire, les femmes étaient encore bien trop nombreuses à devoir se battre après avoir été battues, double peine insupportable. »

« Il y a une chose essentielle à considérer : la violence conjugale est une agression sexiste qui porte atteinte à la communauté des femmes alors qu’on la regarde en général comme une somme d’actes individuels déviants isolés les uns des autres. Un homme qui tabasse une femme frappe symboliquement toutes les autres.« 


Mon avis : Qu’il est curieux de voir un homme écrire sur les femmes victimes de violences conjugales. Cela prouve bien que les mentalités évoluent et que même les hommes prennent conscience qu’il faut agir pour faire cesser ces violences répétées, bien trop souvent meurtrières.

Lilly décède, massacrée par son ex-petit-ami avec une hache, qui appelle les urgences avant de prendre la fuite. Une violence sans nom, qui met Nina, la soeur de Lilly hors d’elle. Boxeuse de profession, elle part à la recherche de cet homme, désireuse de se venger du crime odieux perpétré sur sa soeur. Ce n’est pas la seule révoltée. Une association, nommée Lutte féministe, avec trois femmes bénévoles à sa tête, décident de lancer un hashtag #Je suis Lilly, similaire aux nombreux hashtags dénonciateurs – tel que le célèbre #balancetonporc qui a fait énormément de bruit -, afin de faire réagir les populations. Elles lancent en parallèle une campagne d’affichage coup de poing pour dénoncer les hommes coupables de violences physiques et morales. Une communication qui n’est pas au goût de tous, puisque Sandra Roseau, à la tête du mouvement féministe, est brûlée vive avant même le lancement de la campagne. Les inspecteurs Doucet et Tadic vont ouvrir une enquête, qui va vite converger vers la recherche officieuse de Nina.

La thématique des violences conjugales est de plus en plus abordé en littérature, puisque c’est un sujet qui revient souvent dans l’actualité. Vincent Villa l’approche d’une manière novatrice par rapport aux autres histoires que j’ai pu lire : il parle de ce sujet délicat via des scènes noires, cruelles et particulièrement choquantes. Les hommes sont sans pitié avec les femmes, usant de scénarios toujours plus pervers pour les rabaisser, les soumettre et arriver à leurs fins : harcèlement moral, numérique, violences physiques, chantage… ils paraissent sans pitié. L’auteur dénonce ces pratiques d’une manière objective, pour faire réfléchir et prendre conscience de la dangerosité des comportements que chacun peut développer. En parallèle, il montre que plusieurs aides sont mises en place pour les femmes en difficulté : des associations, à l’image de Lutte féministe, qui dénonce, interpelle, organise des manifestations, prête une oreille attentive aux victimes ; mais il y a aussi des applications mobiles qui existent, comme App-Elles, pour contacter directement les urgences en cas de violences répétées et porter plainte d’une manière simplifiée. Malgré tout, ces aides ne sont pas suffisantes pour faire cesser les violences.

J’ai bien aimé l’atmosphère générale du roman. L’ambiance est pesante, les scènes violentes, certainement pensées pour choquer et tenter de faire réagir les lecteurs. Le panachage des personnages est intéressant : on retrouve des victimes directes (violences physiques ou morales), ou indirectes (vengeance personnelle, témoin oculaire impuissant) ; des coupables fêlés qui sont passés à l’action, d’autres qui se contentent de déverser leur haine des femmes et des menaces odieuses sur les réseaux sociaux… La diversité des points de vue est intéressante ; les personnages, tout comme les enquêtes, s’entrecroisent au fil du récit, ce qui donne un mélange dépareillé qui, au final, rend un puzzle unique cohérent.


Un thriller percutant au rythme soutenu qui aborde un sujet d’actualité : les violences conjugales. Un récit profond et noir, qui ne laisse pas indifférent. 

Ma note : 7,5/10

Pour lire plus d’avis

 

ISBN : 978-2-298-17506-6

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2 réflexions sur “#Je suis Lilly

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