Ton dernier mensonge


Ton dernier mensonge de Mary Kubica

342 pages, éditions Harper Collins poche, à 7,90€


Résumé : Le monde de Clara Solberg vole en éclats quand son mari, Nick, décède dans un accident de voiture. Heureusement, leur fille Maisie, quatre ans, en sort indemne. La cause de l’accident semble claire, mais Maisie commence à avoir des terreurs nocturnes qui amènent Clara à s’interroger sur ce qui s’est vraiment passé pendant cet après-midi tragique.
Rongée par la douleur, obsédée par l’idée que la mort de Nick n’est peut-être pas accidentelle, Clara s’engage dans une quête désespérée pour découvrir la vérité. Qui aurait pu vouloir du mal à Nick ? Et surtout, pourquoi ?


Extraits : « Il paraît que la mort frappe toujours trois fois. D’abord, il y a eu l’homme qui vit en face de chez mes parents. M. Baumgartner, décédé d’un cancer de la prostate à l’âge de soixante-quatorze ans. Ensuite, une de mes anciennes camarades de lycée, épouse et mère, morte à seulement vingt-trois ans d’une embolie – un caillot de sang qui a migré droit vers les poumons.
Puis ça a été le tour de Nick. »

« La confiance est la clé d’un mariage réussi, le pilier sur lequel repose la stabilité de l’union.« 


Mon avis : Nick, le mari de Clara, meurt subitement dans un accident de voiture, alors qu’il revenait du cours de danse de leur petite fille, Maisie. Attristée par cette terrible nouvelle, Clara ne croit pas à la thèse de l’accident de la route et va mener sa petite enquête pour déterminer les causes réelles de la mort de son mari. En effet, sa petite fille, Maisie, présente lors de l’accident, est effrayée par un méchant conduisant une voiture noire. Quel est son identité ? Clara soupçonnera à tour de rôle Théo Hart, leur voisin violent, sa mère Louisa, sénile et presque amnésique, Connor, le meilleur ami de Nick et Nick lui-même, de s’être donné la mort.

Ton dernier mensonge est un thriller psychologique qui nous plonge dans une enquête alambiquée, où les prétendus coupables sont en nombre, sans jamais avoir de preuve irréfutable de leur culpabilité. Chaque nouvel indice récupéré par Clara nous mènera vers une piste différente, tant et si bien que la fin du récit approchant, nous n’avons toujours aucune idée du nom du coupable. Mary Kubica a réussit à me tenir en haleine jusqu’au bout, distillant avec parcimonie moments de suspenses et rebondissements surprises.

Des personnages énigmatiques vont et viennent dans le récit : chacun pourrait avoir un lien avec la mort de Nick. Kat, l’amour de jeunesse de Nick, qui refait surface dans sa vie, près de dix-huit ans après l’avoir quitté. Connor, son meilleur ami, fraîchement licencié du cabinet dentaire où il travaillait avec Nick. Theo Hart, le voisin violent et irritable, qui exécrait Nick, plus encore depuis qu’il avait failli renverser son petit Teddy. Autant de spéculations qui nous retourne la tête et fait choir nos vaines tentatives d’élucidations.

Dans les romans policier, ce que les lecteurs attendent toujours avec impatience, c’est le début et la fin. Le début pour planter le décor, pour prendre en main l’ensemble des indices récoltés et s’amuser à chercher le coupable durant l’ensemble du développement. La fin, avec son rebondissement final, celui qui surprend, qui effraie, celui que l’on attend avec impatience, qui possède la vérité sur l’histoire et la réponse à toutes nos questions. Malheureusement, dans Ton dernier mensonge, la fin m’a déçue et fait retomber d’un seul coup l’ensemble du suspense tissé si soigneusement par l’auteure. Je n’ai pas eu toutes les réponses à mes questions, de nombreuses interrogations restent encore présentes dans mon esprit, si bien que je ne considère pas cette fin comme une fin à proprement parlé. C’est plat et sans surprise.


Mensonges, dissimulations, enquêtes, suspicions… Un thriller psychologique rondement mené, qui se solde par  un dénouement totalement raté.

Ma note : 5,5/10

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ISBN : 979-1-0339-0351-2
Traducteur : Laure Manceau

Amelia


Amelia de Kimberley McCreight

568 pages, éditions Le Livre de Poche, à 8,60€


Résumé : À New York, Kate élève seule sa fille de 15 ans, Amelia. En dépit d’un rythme professionnel soutenu, elle parvient à être à l’écoute de cette adolescente intelligente et responsable, ouverte et bien dans sa peau. Très proches, elles n’ont pas de secrets l’une pour l’autre. C’est en tout cas ce que croit Kate, jusqu’à ce matin d’octobre où elle reçoit un appel de l’école. On lui demande de venir de toute urgence. Lorsqu’elle arrive, Kate se retrouve face à une cohorte d’ambulances et de voitures de police. Elle ne reverra plus jamais sa fille. Amelia a sauté du toit de l’établissement. Désespoir et incompréhension. Pourquoi une jeune fille en apparence si épanouie a-t-elle décidé de mettre fin à ses jours ? Rongée par le chagrin et la culpabilité, Kate tente d’accepter l’inacceptable… Mais un jour, elle reçoit un SMS anonyme qui remet tout en question :  » Amelia n’a pas sauté.  » Obsédée par cette révélation, Kate s’immisce alors dans la vie privée de sa fille et réalise bientôt qu’elle ne la connaissait pas si bien qu’elle le pensait. À travers les SMS, les mails d’Amelia, les réseaux sociaux, elle va tenter de reconstruire la vie de son enfant afin de comprendre qui elle était vraiment et ce qui l’a poussée à monter sur le toit ce jour-là. La réalité qui l’attend sera beaucoup plus sombre que tout ce qu’elle avait pu imaginer.


Extraits : « La carrière d’abord, des enfants seulement si on a le temps. »

« On a tous des phares. Des lumières qui nous guident jusque chez nous.« 


Mon avis : Amelia est un gros thriller de près de 600 pages, qui a fait partie de la sélection du  Prix des lecteurs du Livre de Poche en 2017. Et pour cause : c’est un très bon roman policier, qui se lit avec facilité et rapidité.

Amelia, une jeune lycéenne, se suicide du haut de son établissement scolaire. Sa mère, Kate, est mortifiée par cette tragédie, d’autant qu’elle n’avait repéré aucun signe avant-coureur laissant présager cette mort. Peu de temps après le suicide d’Amelia, Kate reçoit de mystérieux textos anonymes lui disant que sa fille ne s’est pas tuée seule. Il n’en faut pas plus à la pauvre mère pour relancer l’enquête : accompagnée de l’inspecteur Thompson – Lew -, ils vont fouiller l’ordinateur et le téléphone d’Amelia et vont y découvrir de terribles secrets. Kate pensait connaître sa fille, mais il n’en est rien.

La narration alterne entre passé et présent, entre Kate et Amelia, avec un chapitre consacré à l’enquête de Kate, suivi par un autre qui remonte dans le passé d’Amelia, où l’on découvre la vie personnelle de la jeune fille, ses camarades d’école et les mésaventures qui jalonnent sa scolarité. L’histoire se dessine donc pas à pas et suit l’enquête en cours. Viennent s’ajouter à ces points de vue des extraits des textos échangés par Amelia avec ses amis, des statuts Facebook qu’elle a publiée, des mails envoyés par Kate, ainsi que des extraits du journal polémique du lycée : GraceFully. Autant d’éléments qui viennent dynamiser le récit.

D’apparence calme et studieuse, Amelia aime lire, jouer au hockey et ne s’intéresse pas aux garçons, contrairement à sa meilleure amie Sylvia. Bien que très différentes, les deux jeunes filles se connaissent depuis la maternelle, traînent toujours ensemble et se confient sans détour l’une à l’autre. Sauf qu’un beau jour, sans en avertir Sylvia, Amelia s’est laissé endoctrinée par un club secret et très sélect de sororité, des jeunes femmes qui se prénomment les Magpies. Pour être digne d’appartenir à ce club secret, Amelia va devoir réaliser des défis tous plus extravagants les uns que les autres. D’abord intimidée, la jeune fille va se prêter au jeu, pour prouver son courage,  sa détermination et pour impressionner Dylan, une mystérieuse demoiselle qui a pris Amelia sous son aile. Elle va braver les règles de bonne conduite, se dévergonder et passer outre les avertissements du proviseur Woodhouse sur son comportement changeant. Le tout sous le nez de sa mère, trop accaparée par son travail pour déceler quoique ce soit chez sa fille.

Ce livre est accessible au grand public, mais est certainement à visée plus adolescents, puisqu’il traite des dangers de certaines fréquentations, ainsi que des défis lancées lors de bizutages, mais aussi des dangers d’Internet et des réseaux sociaux. Des thématiques contemporaines, déjà maintes fois abordées dans d’autres romans pour adolescents, mais qui prouvent une nouvelle fois qu’il vaut mieux radoter pour imprégner les esprits de nos jeunes plutôt que de devoir subir les pots cassés après coup.

Autres thématiques intéressantes abordées par Kimberley McCreight, c’est l’acceptation de l’homosexualité chez les adolescents, acceptation par soi d’abord, puis par ses proches ensuite, puis la découverte de sentiments nouveaux, jusqu’à refoulés. L’auteure aborde aussi la  question de la parentalité, très importante pour que les jeunes puissent se construire convenablement. Kate a bâtie une histoire pré-fabriquée sur le supposé père d’Amelia, alors que celle-ci n’a jamais vraiment cru à son mensonge. Des années plus tard, la vérité risque d’éclater au grand jour, faisant plus de dommages que d’intérêts.


Un très bon thriller, haletant et surprenant, qui place en son centre les sororités, les dangers des bizutages, l’amitié, les difficultés de l’amour, la nouveauté du sexe et les secrets écrasants. J’ai beaucoup aimé !

Ma note : 7,5/10

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Sans laisser d’adresse


Sans laisser d’adresse de Harlan Coben

403 pages, éditions Pocket


Résumé : Un appel désespéré de Terese, une ancienne maîtresse, et Myron Bolitar se retrouve à déambuler dans les rues de Paris pour tenter de comprendre l’inenvisageable: la disparition de Terese des années plus tôt, le drame de la perte de son enfant et aujourd’hui le meurtre de son mari dont elle est accusée. Myron se retrouve alors mêlé à une sombre histoire mettant à nu des secrets de famille longtemps cachés….Entre Paris, Londres et les États-Unis, il traque la vérité, aidé par ses amis de toujours, Esperanza et Win. Il n’hésitera pas à payer le prix fort et mettre sa vie en danger pour secourir Terese, et lui permettre de retrouver sa fille.


Extraits : « La tension qui régnait dans la salle me donnait envie de rire ; ce n’étaient pas tant les mômes que les parents dans les gradins. Sans vouloir généraliser, les mères se divisaient en deux catégories : les pipelettes, qui venaient là pour voir du monde, et les flippées, qui vivaient et mouraient chaque fois que leur rejeton touchait le ballon.
Mais le vrai problème, c’étaient les pères. Certains parvenaient à maîtriser leur anxiété en marmonnant dans leur barbe, en accompagnant les mouvements de leur gamin par une discrète gestuelle et en se rongeant les ongles. D’autres criaient, apostrophaient sans relâche joueurs, arbitres et entraîneurs.
L’un de ces pères, assis deux rangées plus bas, était atteint de ce que Win et moi appelions la « Tourette du spectateur » : il a passé le match à insulter tout le monde à haute voix. »

« C’est un gros con. Des cons, on en trouve partout. C’est la vie. Jack le comprend ou le comprendra avec les années. Grandir, c’est aussi apprendre à affronter les cons, tu ne crois pas ?« 


Mon avis : C’est avec bonheur que je retrouve le célèbre Myron Bolitar, héros récurrent des romans d’Harlan Coben. Cette fois-ci, après l’appel mystérieux de Thérèse, une ancienne maîtresse perdue de vue depuis dix ans, Myron décide de tout plaquer et de la rejoindre à Paris. Là-bas, il est embrigadé dans une histoire qui dépasse l’entendement : l’ex-mari de Thérèse est retrouvé assassiné et des empreintes ADN appartenant à leur fille, Miriam, pourtant décédée dans un accident de voiture des années plus tôt, sont retrouvés sur la scène de crime.

Une nouvelle affaire à mener pour Myron, toujours escorté de son fidèle meilleur ami, enquêteur et bagarreur de choc, Win. Ensemble, ils vont tenter de percer à jour ce nouveau mystère. Ils recevront bien évidemment l’aide de la police français, en particulier du commandant Berléand, ainsi que de l’agent Jones, qui tantôt les aideront dans leurs tâches, ou essaieront de leur mettre des bâtons dans les roues.

Plus que la simple résolution d’une énigme, Myron va mettre à jour un trafic international, qui aurait eu un impact gravissime sur le monde entier s’il celui-ci n’était pas stoppé à temps. Encore une fois, l’agent va faire preuve de sang-froid, de discernement et d’ingéniosité pour débusquer les coupables.

Comme chacun des polars de Harlan Coben, celui-ci ne fait pas exception à la règle : il se lit avec fluidité, les pages défilant à une allure folle entre mes doigts. Il faut dire que l’auteur excelle dans le maniement du suspense et du cliffhanger, ce qui nous pousse à toucher continuer notre lecture, jusqu’à arriver au dénouement final. Sans laisser d’adresse n’est pas son histoire la plus réussie : j’ai bien aimé la première moitié du récit, avec l’intrigue qui se met doucement en place, les questions qui se bousculent et le suspense qui s’accroît. Malheureusement, j’ai trouvé la seconde moitié et principalement le dénouement assez décevant. Déjà, il était trop prévisible, ensuite un peu trop tiré par les cheveux pour que l’on y croit sincèrement et enfin, trop brouillon et pas assez organisé. La fin part clairement dans tous les sens et j’ai eu la vague impression que l’auteur lui-même n’arrivait pas à maîtriser tous ces éléments, leurs tenants et aboutissants.

Bien évidemment, cet avis en demi-teinte ne m’empêchera pas de replonger prochainement dans un Coben. Même s’ils ne sont pas extraordinaires, on sait pertinemment que l’on passera un agréable moment et que l’on prendra plaisir à retrouver notre incontournable héros.


Un polar rythmé et haletant, où nous retrouvons avec plaisir le célèbre Myron Bolitar, héros intrépide des récits d’Harlan Coben. Un roman un peu brouillon qui s’oubliera vite, mais qui remplit avec efficacité sa mission : distraire !

Ma note : 6,5/10

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La chambre écarlate


La chambre écarlate de Nicci French

568 pages, éditions Pocket, à 7,41€


Résumé : Psychiatre à Londres, Kit est appelée à participer à l’enquête de police sur l’assassinat d’une jeune fugueuse sur les bords du canal. Tous les soupçons se portent sur un certain Michael Doll et la police n’attend d’elle qu’une confirmation scientifique de sa culpabilité. Au moment de dresser son profil psychologique, Kit hésite. Dol est-il vraiment le coupable ? Seule contre tous, en butte à l’hostilité des policiers, Kit refuse de se fier aux apparences. Pour élucider cette affaire, elle devra aller plus loin, dépasser ses préjugés, au risque de réveiller ses propres démons.

Un thriller psychologique porté par une remarquable tension dramatique.


Extraits : « Méfiez-vous des beaux jours. Le mal frappe aussi par les plus beaux jours. Peut-être est-ce le bien-être qui nous rend imprudents. »

« Alors je lui ai dit : « Oui, oui, je crois en Dieu », mais Dieu, ça peut aussi bien être le vent dans les arbres ou les éclairs dans le ciel.« 


Mon avis : Nicci French est le pseudonyme d’un couple de journalistes anglais, prénommés Nicci Gerrard et Sean French, qui ont écrit à quatre mains de nombreux polars.

Dans La chambre écarlate, Lianne, une très jeune SDF, est retrouvée morte au bord d’un canal, poignardée à de nombreuses reprises. Les policiers soupçonnent Mickey Doll, un témoin farfelu et excentrique, qui souffre certainement d’une maladie mentale. Mais la docteure en psychologie Kit Quinn rejette cette idée : sans preuve tangible, ils ne peuvent pas accuser un innocent. Alors qu’elle aide la police dans son enquête, elle va faire le rapprochement avec un second meurtre : celui de Philippa Burton, une maman, tuée en pleine journée alors qu’elle sortait s’amuser avec sa fille dans un parc. Elle va devoir être perspicace pour résoudre cette affaire.

C’est un bon thriller psychologique, dans le sens où il permet de nous détendre et de passer un agréable moment de lecture. Hormis son aspect divertissant, je n’ai pas trouvé d’intérêt particulier à ce polar. Il n’est pas original, ne se démarque pas des milliers d’autres polars produits par d’autres auteurs, les personnages ne sont pas spécialement charismatiques, ni attachants, de sorte qu’on les oublie facilement une fois la dernière page tournée.

Aussi, le livre fait près de 600 pages (dans sa version poche), je m’attendais à beaucoup de rebondissements, à un suspense intenable, qui m’aurait tenue en haleine jusqu’à la toute fin du livre. Mais finalement, en finissant ma lecture, je me suis mise à penser : tout ça pour çà ?! J’ai eu l’impression de tourner beaucoup de pages pour très peu de choses.

Quant au dénouement, à l’image du polar, je l’ai trouvé décevant, trop facile. Il n’est pas assez travaillé, il est bâclé, écrit à la va-vite. Il ne tient absolument pas la route, ne répond pas à toutes les questions que le lecteur a pu se poser durant sa lecture. Bref, en clair, j’ai lu le livre en entier, j’ai passé un moment divertissant, mais je n’en garderai aucun souvenir. 


Un polar trop commun, qui tire en longueur et manque terriblement de souffle.

Ma note : 3/10

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Un peu plus loin sur la droite


Un peu plus loin sur la droite de Fred Vargas

253 pages, éditions J’ai Lu, à 5,80€


Résumé : En planque sous les fenêtres de l’appartement du neveu d’un député, place de la Contrescarpe, Kehlweiler avise soudain une drôle de chose sur la grille d’un arbre. Un petit déchet blanchâtre au milieu d’excréments canins. Pas de doute, c’est un os. Et même un os humain… Naturellement, lorsque Kehlweiler apporte sa trouvaille au commissariat du 5e arrondissement, les flics lui rient au nez. Mais ce petit bout d’os l’obsède tellement qu’il abandonne ses filatures parisiennes et suit une piste jusqu’à Port-Nicolas, un village perdu au bout de la Bretagne. Là vit un pit-bull. Une sale bête, qui avalerait n’importe quoi. Y compris un bout de cadavre. Reste à trouver le cadavre. Et l’assassin…


Extraits : « – C’est pas facile d’écrire une lettre chic quand on se tire.
– Pourquoi pas ? Il n’y a qu’à parler au lieu d’écrire. »

« Quand un minable est amoureux, cela se repère, et quand un assassin est satisfait, cela se lit sur tout son corps. Le lendemain, la police est dessus, et c’est terminé. Pour tuer, il faut être autre chose qu’un minable, c’est le secret des choses. »


Mon avis : C’est la première fois que je m’aventure à lire un Fred Vargas. Pour celles et ceux qui ne le savent pas, c’est une auteure française de polars au succès mondiaux, qui a reçu de très nombreux prix littéraires pour ses écrits. Je me suis lancé dans Un peu plus loin sur la droite, sans vraiment savoir à quoi m’attendre. Et bien je dois dire que c’est un polar bien construit, doté d’une logique imparable et d’un suspense à tout épreuve qui nous retourne la tête et nous tient en haleine jusqu’à la fin.

Louis Kehlweiler, ancien du Ministère de l’Intérieur, découvre un os accroché sur une grille d’arbre en plein Paris. Il en est certain, cet os est un humain. Accompagné de Marc Vandoosler, un jeune historien un peu paumé, ils vont lancer leur propre enquête, qui les mèneront à Port-Nicholas, un petit village de Bretagne. De rencontres en rencontres, ils vont remonter la piste de cet os et tenter de mettre à jour ce mystère.

Louis Kehlweiler, notre protagoniste, est un homme très mystérieux, qui semble être à la fois excentrique, mais aussi posé et réfléchi. Ainsi, vous pourrez le croiser accompagné de Bufo, son fidèle crapaud de compagnie, mais prenez-le au sérieux, puisque son pedigree et son sens du discernement pourraient vous surprendre. Il ne se dévoile pas facilement, nous laissant imaginer, fouiller et décortiquer ses actes pour pouvoir bâtir notre propre avis sur sa personnalité. Bien qu’il soit assez déstabilisant au début, j’ai bien aimé l’excentricité de son personnage et serais curieuse de le retrouver dans d’autres enquêtes de l’auteure.

En outre, il semblerait que ce roman fasse échos à des histoires antérieures écrites par l’auteure. Ainsi, certaines petites anecdotes m’ont déstabilisées, puisque n’ayant pas lu les précédents ouvrages, je n’ai pas pu prendre la mesure de celles-ci. Je vous rassure, ça n’a pas gêné outre mesure ma l’avancée de ma lecture, mais j’avoue que j’aurais été curieuse de comprendre pleinement toutes les allusions faites par Fred Vargas.


Un bon polar, au suspense bien mené, plein de rebondissements et d’effets de surprises, mais qui s’oublie malheureusement trop rapidement.

Ma note : 6,5/10

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Jusqu’à ce que la mort nous unisse


Jusqu’à ce que la mort nous unisse de Karine Giebel

604 pages, éditions Pocket


Résumé : L’Ancolie est une fleur aussi belle que toxique. Belle, à l’image de certains souvenirs. Toxique, à l’image de certains regrets. L’Ancolie, c’est aussi le nom d’un chalet perdu en pleine montagne. C’est là que vit Vincent, un homme seul et meurtri. Rejetant son passé et redoutant son avenir, il préfère vivre dans le présent. Une existence éprise de liberté qu’il consacre entièrement à sa passion pour la montagne et à son métier de guide. Jusqu’au jour où la mort frappe tout près de lui, l’obligeant à sortir de sa tanière. Aux yeux de tous, un tragique accident, une chute mortelle. Seul Vincent est persuadé qu’il s’agit d’un meurtre, que ce n’est pas la montagne qui a tué, et que les vrais coupables doivent payer. Alors, aidé par Servane, une jeune recrue de la gendarmerie avec laquelle il a noué une étrange relation, il se lance dans une quête de vérité.
Une quête qui va le conduire sur d’effroyables sentiers, le confronter à ses propres démons.
Une quête qui va déterrer un à un des secrets profondément enfouis au coeur de cette paisible vallée, et qui auraient dû le rester à jamais.
Car si le mensonge blesse, la vérité peut être fatale…


Extraits : « On est tellement impatient de vieillir à cet âge-là. On appuie sur l’accélérateur, en vain. Jusqu’au jour où on se surprend à chercher la pédale de frein… En vain. »

« On endosse l’habit de garde comme celui de moine : par vocation, par passion. »


Mon avis : Il y a quelques années maintenant, j’ai découvert la plume de Karine Giebel à travers Les morsures de l’ombre, que j’avais adoré. Plusieurs années ont passées et j’avais envie de me replonger à la découverte de cette auteure de polars française, hautement plébiscité par tous.

L’Ancolie est un lieu paisible, chalet où vit Vincent, guide en haute montagne. Il y vit seul avec son chien, son fidèle compagnon, depuis le départ de Laure, son amour de toujours. Cette dernière l’a quittée un beau jour pour partir avec un parisien, sans plus jamais lui donner de nouvelles. Depuis, Vincent survit comme il peut, enchaînant les conquêtes sans pour autant s’attacher. Il va faire la rencontre de Servane, une jeune gendarme nouvellement mutée dans la vallée. De fil en aiguille, ils vont nouer une belle relation d’amitié, solide et très complice. Ensemble, ils vont devoir faire face à une tragique nouvelle : Pierre, le meilleur ami de Vincent, est retrouvé mort dans son terrain de jeu favori : la montagne. Pour ce dernier, aucun doute n’est permis : Pierre connaissait la montagne comme sa poche et n’aurait jamais pu trébucher, comme le soupçonnent les gendarmes. Aidé de Servane, ils vont mener l’enquête pour tirer au clair cette affaire.

Je me suis totalement imprégnée de l’ambiance de ce roman, et pour cause : à l’heure où je lisais ce livre, j’habitais en Haute-Maurienne, dans un chalet encerclé par les montagnes. Autant dire que le cadre dans lequel je me trouvais coïncidait totalement avec les descriptions faites par l’auteure d’Allos, Colmars et de tous les magnifiques paysages environnants. J’ai donc pu me représenter davantage les différentes scènes qui se jouaient sous mes yeux.


Allos, Colmars, Thorame-Haute… des villages cités dans le roman,
présents dans les Alpes-de-Haute-Provence, en région PACA.

L’auteure m’a donné très envie de découvrir Allos, Colmars et ses alentours. Les Alpes-de-Haute-Provence sont pourtant situées dans ma région, mais je ne suis jamais allé visiter ces coins-là. Je pense y consacrer plusieurs week-end au printemps ou en été… peut-être que je tomberais sur un guide de montagne aussi passionné que Vincent ? En tout cas, j’ai adoré l’ambiance de ce polar, dépaysant à souhait !

Lac d’Allos en plein été

J’ai vraiment beaucoup aimé ce livre. Malgré sa taille assez conséquente (plus de 600 pages), je l’ai dévoré en quelques jours à peine. Il faut dire que Karine Giebel sait instaurer une dose de suspense suffisante pour tenir le lecteur en haleine jusqu’au bout. Les rebondissements sont légions et apparaissent lorsqu’on s’y attend le moins.

J’ai également beaucoup aimé la relation entre Vincent et Servane, qui se révélera originale et beaucoup plus surprenante que ce que vous pourriez penser au départ. Ce sont deux personnes qui ont un vécu, qui ont été d’une façon ou d’une autre blessée par la vie, deux âmes en peine, solitaires et recluses, qui vont s’apprivoiser avec bonhomie, respect et pudeur.

De ce polar a découlé un téléfilm réalisé par France 3. Diffusé en novembre 2018, il a même remporté le Grand Prix 2018 du Film francophone de télévision au Festival Polar de Cognac. Pour la petite info supplémentaire : toutes les scènes ont été tournées dans les lieux citées par l’auteure : de quoi nous donner davantage envie de découvrir ces somptueux paysages français !


Un très bon polar, rythmé et surprenant, qui m’a en plus donné envie de découvrir les Alpes-de-Haute-Provence et principalement les villages d’Allos et de Colmars. J’ai déjà hâte de me plonger dans mon prochain Giebel !

Ma note : 9/10

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La chambre des murmures


La chambre des murmures de Dean Koontz

471 pages, éditions L’Archipel, collection Archipoche, à 8,95€


Résumé : Qu’a-t-il bien pu se passer dans l’esprit de Cora Gundersun, une enseignante appréciée de tous, pour qu’elle commette un attentat-suicide aussi effroyable ? Le contenu du journal intime de Cora corrobore l’hypothèse de la démence. Lorsque de nouveaux cas surviennent, Jane Hawk, ancienne du FBI devenue la fugitive la plus recherchée des États-Unis, y voit un lien avec la mort de son mari, un marine qui s’est suicidé sans raison apparente. Voici la jeune femme sur la piste d’une confrérie secrète dont les membres se croient au-dessus des lois. Une quête de justice à la mesure de sa soif de vengeance…


Extraits : « La vérité, une fois acquise, ne peut sombrer dans l’oubli et s’imprime à jamais dans le coeur des initiés qu’elle plonge dans un monde d’obscurité.« 

« Il n’y a plus de place pour le moindre sentimentalisme dans le journalisme actuel, sauf lorsqu’il est question de politique. »


Mon avis : La chambre des murmures fait suite à Dark Web, également paru aux éditions Archipoche. Les deux tomes ne peuvent pas se lire séparément, vous risqueriez de perdre le fil de l’histoire et ne pas comprendre de nombreuses allusions faites au tome précédent.

Nous retrouvons Jane Hawk, l’intrépide et courageuse ancienne enquêtrice du FBI, qui s’est lancée, seule, dans la résolution d’une affaire qui dépasse l’entendement. Des hommes puissants souhaitent dominer le monde entier et plus spécifiquement contrôler les humains. Pour se faire, ils ont injectés des puces dans leur tête, qui les prive de toute émotion et leur permette de maîtriser leurs faits et gestes à distance. Une technologie redoutable, qui a fait se suicider à distance des centaines de citoyens, pourtant exempte de tout problème. C’est cette domination malsaine que Jane va tenter de vaincre, au péril de sa vie.

Lorsque j’ai lu le premier tome de cette saga, Dark Web, je pensais découvrir une histoire sur l’Internet illégal, que l’on nomme « Dark Web ». Malheureusement déçue que cette thématique ne soit finalement pas abordée, je gardais un espoir de la voir surgir dans la suite de l’histoire… mais non. Dean Koontz continue de nous glacer les sangs avec ses nanomachines intégrées dans les cerveaux humains à des fins de contrôle. Un scénario futuriste, brûlant de réalisme, qui transforme l’être humain en robot dénué de sentiment et de contrôle.

Dans ce tome-ci, Jane Hawk découvre que l’ensemble d’un village a été réduit en esclavage à cause de ces puces électroniques. Les adultes, les enfants, tous sont embrigadés par ces technologiques, qui leur prélèvent leur raison et leur dictent ce qu’ils doivent faire. On peut aisément assimiler cette histoire surnaturelle à un roman d’anticipation, dans lequel on peut déceler les déviances qui pourraient advenir dans notre société future. Ça donne quand même à réfléchir sur le pouvoir  de certains puissants de notre monde et sur l’asservissement de l’être humain.

En outre, j’avoue avoir eu un petit pincement au coeur à l’idée de quitter notre protagoniste. J’ai vraiment beaucoup aimé suivre la cavale de Jane Hawk, qui n’hésite pas à risquer sa vie pour sauver l’humanité. J’ai également appréciée le personnage du shérif Tillman, bien qu’au début, j’aie eu du mal à trouver l’utilité de son personnage. Finalement, derrière cet homme en apparence bourru, se trouve un agent perspicace, qui va se révéler intuitif et avisé. Il sera l’ombre de Jane Hawk, l’épaulant au possible pour arriver à arrêter ce massacre humain.

Les plus téméraires pourront prochainement retrouver Jane Hawk dans L’escalier du diable, le troisième tome de cette saga haletante. J’ai déjà hâte !


Un deuxième tome à la hauteur du premier, qui nous laisse présager une suite mouvementée et trépidante. J’ai déjà hâte de retrouver notre courageuse détective pour de nouvelles intrigues !  

Ma note : 7/10

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