La chambre des murmures


La chambre des murmures de Dean Koontz

471 pages, éditions L’Archipel, collection Archipoche, à 8,95€


Résumé : Qu’a-t-il bien pu se passer dans l’esprit de Cora Gundersun, une enseignante appréciée de tous, pour qu’elle commette un attentat-suicide aussi effroyable ? Le contenu du journal intime de Cora corrobore l’hypothèse de la démence. Lorsque de nouveaux cas surviennent, Jane Hawk, ancienne du FBI devenue la fugitive la plus recherchée des États-Unis, y voit un lien avec la mort de son mari, un marine qui s’est suicidé sans raison apparente. Voici la jeune femme sur la piste d’une confrérie secrète dont les membres se croient au-dessus des lois. Une quête de justice à la mesure de sa soif de vengeance…


Extraits : « La vérité, une fois acquise, ne peut sombrer dans l’oubli et s’imprime à jamais dans le coeur des initiés qu’elle plonge dans un monde d’obscurité.« 

« Il n’y a plus de place pour le moindre sentimentalisme dans le journalisme actuel, sauf lorsqu’il est question de politique. »


Mon avis : La chambre des murmures fait suite à Dark Web, également paru aux éditions Archipoche. Les deux tomes ne peuvent pas se lire séparément, vous risqueriez de perdre le fil de l’histoire et ne pas comprendre de nombreuses allusions faites au tome précédent.

Nous retrouvons Jane Hawk, l’intrépide et courageuse ancienne enquêtrice du FBI, qui s’est lancée, seule, dans la résolution d’une affaire qui dépasse l’entendement. Des hommes puissants souhaitent dominer le monde entier et plus spécifiquement contrôler les humains. Pour se faire, ils ont injectés des puces dans leur tête, qui les prive de toute émotion et leur permette de maîtriser leurs faits et gestes à distance. Une technologie redoutable, qui a fait se suicider à distance des centaines de citoyens, pourtant exempte de tout problème. C’est cette domination malsaine que Jane va tenter de vaincre, au péril de sa vie.

Lorsque j’ai lu le premier tome de cette saga, Dark Web, je pensais découvrir une histoire sur l’Internet illégal, que l’on nomme « Dark Web ». Malheureusement déçue que cette thématique ne soit finalement pas abordée, je gardais un espoir de la voir surgir dans la suite de l’histoire… mais non. Dean Koontz continue de nous glacer les sangs avec ses nanomachines intégrées dans les cerveaux humains à des fins de contrôle. Un scénario futuriste, brûlant de réalisme, qui transforme l’être humain en robot dénué de sentiment et de contrôle.

Dans ce tome-ci, Jane Hawk découvre que l’ensemble d’un village a été réduit en esclavage à cause de ces puces électroniques. Les adultes, les enfants, tous sont embrigadés par ces technologiques, qui leur prélèvent leur raison et leur dictent ce qu’ils doivent faire. On peut aisément assimiler cette histoire surnaturelle à un roman d’anticipation, dans lequel on peut déceler les déviances qui pourraient advenir dans notre société future. Ça donne quand même à réfléchir sur le pouvoir  de certains puissants de notre monde et sur l’asservissement de l’être humain.

En outre, j’avoue avoir eu un petit pincement au coeur à l’idée de quitter notre protagoniste. J’ai vraiment beaucoup aimé suivre la cavale de Jane Hawk, qui n’hésite pas à risquer sa vie pour sauver l’humanité. J’ai également appréciée le personnage du shérif Tillman, bien qu’au début, j’aie eu du mal à trouver l’utilité de son personnage. Finalement, derrière cet homme en apparence bourru, se trouve un agent perspicace, qui va se révéler intuitif et avisé. Il sera l’ombre de Jane Hawk, l’épaulant au possible pour arriver à arrêter ce massacre humain.

Les plus téméraires pourront prochainement retrouver Jane Hawk dans L’escalier du diable, le troisième tome de cette saga haletante. J’ai déjà hâte !


Un deuxième tome à la hauteur du premier, qui nous laisse présager une suite mouvementée et trépidante. J’ai déjà hâte de retrouver notre courageuse détective pour de nouvelles intrigues !  

Ma note : 7/10

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La conjuration primitive


La conjuration primitive de Maxime Chattam

540 pages, éditions Pocket


Résumé : Et si seul le Mal pouvait combattre le Mal ? Une véritable épidémie de meurtres ravage la France. Plus que des rituels, les scènes de crimes sont un langage. Et les morts semblent se répondre d’un endroit à l’autre. Plusieurs tueurs sont-ils à l’œuvre ? Se connaissent-ils ? Et si c’était un jeu ? Mais très vite, l’hexagone ne leur suffit plus : l’Europe entière devient l’enjeu de leur monstrueuse compétition. Pour essayer de mettre fin à cette escalade dans l’horreur, une brigade de gendarmerie pas tout à fait comme les autres et un célèbre profiler, appelé en renfort pour tenter de comprendre. De Paris à Québec en passant par la Pologne et l’Écosse, Maxime Chattam nous plonge dans cette terrifiante Conjuration primitive, qui explore les pires déviances de la nature humaine.


Extraits : « Alexis l’avait découvert avec un peu d’expérience : les fantômes existent. Ils se nichent dans l’interstice entre veille et sommeil. Cet entre-deux-mondes o le conscient bascule vers l’inconscient, cette fine lisière sans contrôle où l’homme peut encore entrapercevoir des choses quand il ne maîtrise plus sa pensée. Et les fantômes se nourrissent de la solitude des vivants, elle leur rappelle leur propre condition.« 

« La violence est contagieuse, dit-il. D’une manière ou d’une autre. »


Mon avis : Grande première dans ma vie de lectrice : j’ai enfin ouvert un Maxime Chattam (il était temps, me diriez-vous !). Retour en quelques mots sur mon grand saut dans l’univers noirâtre de cet auteur français aux milliers de lecteurs.

Je débute ma découverte de l’auteur par La conjuration primitive, un polar qui traînait dans ma Pile À Lire depuis quelques années maintenant. Les inspecteurs Alexis, Ludivine et Segnon sont mobilisés sur une nouvelle enquête, d’une grande envergure. Ils poursuivent plusieurs tueurs : le premier est surnommé « La Bête » à cause des morsures qu’il inflige à ses victimes, le second, « Le Fantôme », se rend chez ses victimes pour les tuer à leurs domiciles. Ce qui les lie ? Un symbole suspect, « *e », présent sur le corps de leurs victimes. Les crimes se multiplient, de plus en plus nombreux, de plus en plus rapprochés, sans pour autant que les inspecteurs arrivent à trouver un début d’indice au massacre qui se joue sur le territoire français. Ils font alors appelle à Mikelis, un brillant criminologue retraité, pour les aider dans leur quête. Ils vont alors mettre la main sur une espèce de secte du Mal, qui influence les esprits différents et affaiblis pour les pousser à commettre des atrocités.

Apparemment, le Mal est une thématique qui revient constamment dans les livres de Maxime Chattam. Ici, le Mal est au centre de tout : la conjuration primitive, c’est la violence bestiale, c’est ce que l’ont peut trouver de pire dans la nature humaine. La violence est omniprésente entre ces pages, mais certains personnages essaient d’analyser cette violence, de mettre des termes précis sur celle-ci, de dresser des portraits psychologiques des tueurs : j’ai beaucoup aimé cet aspect psychique de l’enquête, qui est différent des enquêtes traditionnelles se centrant uniquement sur les indices matériels.

J’ai vraiment adoré ce polar. Le suspense est présent du début à la fin, avec des pics d’adrénaline durant certaines scènes d’actions, qui m’ont données des sueurs froides. Les retournements de situation sont nombreux, parfois totalement inattendus, surprenants et effrayants.

Pour ceux qui, comme moi, auraient beaucoup aimé ce polar, sachez que vous pouvez retrouver certains de ses personnages dans d’autres romans de l’auteur, notamment dans La patience du diable, où l’inspectrice Ludivine Vancker sera l’une des protagonistes.


Un très bon polar, angoissant et bien rythmé, qui vous plongera au coeur des pires déviances humaines. Ce fût mon premier Maxime Chattam, mais certainement pas le dernier !

Ma note : 7,5/10

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Alerte rouge


Alerte rouge de James Patterson & Marshall Karp

346 pages, éditions L’Archipel, à 20€


Résumé : Une nouvelle enquête du NYPD Red, unité d’élite chargée de protéger les rich and famous, confronté à un génie du mal caché à Manhattan. Par James Patterson, n°1 mondial du suspense. A New York, le crime ne connaît pas de trêve. Le NYPD Red non plus… La haute société new-yorkaise est réunie au Pierre, l’un des plus prestigieux hôtels de la ville, pour un gala de charité. Soudain, une explosion souffle la salle.
Plusieurs blessés, une victime. Acte terroriste ou vengeance personnelle ? A quelques kilomètres de là, dans les entrailles d’un hôpital désaffecté de Roosevelt Island, est retrouvé le corps d’une célèbre réalisatrice de documentaires. Etranglée. Une séance SM qui aurait mal tourné ? Deux enquêtes cousues main pour Zach Jordan et sa partenaire Kylie MacDonald, du NYPD Red, l’unité d’élite chargée de la protection des célébrités.


Extraits : « Il ne faut jamais sous-estimer la folie de ceux qui ont du fric. »

« L’une des qualités qu’on attend de vous quand vous travaillez pour les très riches est de supporter leurs insultes alors que vous vous crevez le cul pour les aider. »


Mon avis : Habituée des romans de James Patterson (vanté comme le numéro un mondial eu suspense), je l’ai découvert dans Le sang de mon ennemi, un polar sur fond de trafic de drogue, puis j’ai enchaîné sur Un si beau soleil pour mourir, dans lequel un tueur en série assassinait sauvagement des personnes ayant le nom. Ces deux précédents récits ne m’ont pas laissé un souvenir impérissable, mais les ouvrages de cet auteur ont le mérite de receler une dose dose de suspense et de se lire relativement vite.

Alerte rouge fait partie de la saga NYPD RED, qui compte à ce jour quatre tomes – Alerte rouge étant le quatrième. Mais rassurez-vous, ils peuvent se lire indépendamment les uns des autres : la constance de cette saga sont les protagonistes, Kylie McDonald et son coéquipier Zach Jordan, qui font partie d’une unité d’élite du Red de New York, chargée de protéger les personnes immensément riches.

Lors d’un gala de charité en présence de personnalités célèbres de la ville de New York, dont la maire en personne, l’architecte et donateur d’une oeuvre de bienfaisance en faveur des plus démunis se fait exploser par une bombe alors qu’il allait entamer un discours sur scène. Kylie et Zach sécurisent les lieux et surtout madame la Maire et sont sur le pied de guerre pour comprendre ce qu’il s’est passé et pourquoi.

En parallèle, les deux coéquipiers se retrouvent sur une autre enquête de meurtre, celle d’une personnalité du cinéma, Aubrey Davenport. La jeune femme est retrouvée dans un hôpital désaffecté, nue, une corde autour du cou. Après quelques investigations, il semblerait que la jeune femme soit une accro au sexe accompagnée de pulsions violentes et destructrices.

J’avoue que ces deux enquêtes mises en parallèle, qui n’ont strictement rien à voir l’une avec l’autre, m’ont dérangées. On s’embrouille facilement dans l’alternance des témoins, des indices, dans l’avancement de l’une ou l’autre enquête. J’aurais préférée que l’auteur se focalise uniquement sur une seule enquête, en y ajoutant plus de suspense ou de rebondissements, qui aurait rendus l’histoire plus unique et moins passe-partout. Car, après tout, j’ai trouvé que les deux enquêtes n’étaient pas très recherchées, elles sont sympathiques à découvrir, mais vites oubliées une fois la lecture terminée. Elles manquent de plomb, de solidité, d’originalité.

En revanche, j’ai bien aimé le duo d’inspecteurs Kylie/Zach, qui m’ont semblé sympathiques. Si j’avais l’occasion de lire les précédents tomes de NYPD RED ou les tomes suivants s’il y en a, je pense que ce serait en premier lieu pour retrouver ce couple de collègues, qui m’ont bien plût.


Un polar intéressant, qui mêle deux enquêtes disjointes. Sympathique à découvrir, mais l’auteur a joué la simplicité : le manque de consistance de l’histoire fait qu’elle sera vite oubliée.

Ma note : 5,5/10

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L’art du meurtre


L’art du meurtre de Chrystel Duchamp

261 pages, éditions L’Archipel, à 19€


Résumé : Quatre victimes. Et aucun coupable.
Des relations amoureuses sans lendemain. Une mère possessive et intrusive. Des nuits entières à errer. La vie d’Audrey, 34 ans, pourrait se résumer à une succession d’échecs. Seul son métier de lieutenant à la PJ lui permet de garder la tête hors de l’eau.
En ce jour caniculaire de juillet, Audrey et son équipe sont appelés sur une scène de crime. Le corps de Franck Tardy, avocat à la retraite, est retrouvé dans son luxueux appartement du XVIe arrondissement. Son corps a été torturé, mutilé, partiellement écorché, puis mis en scène sur une table dressée pour un banquet. Pour compléter cette vanité, un crâne humain lui fait face : celui de sa défunte épouse, dont la tombe a été profanée quelques jours auparavant.
Audrey et son équipe découvrent rapidement que l’homme est un habitué des clubs sadomasochistes parisiens et que, richissime, il a dépensé sa fortune en achetant des œuvres d’art. Au point de finir ruiné.
Quand un deuxième meurtre est commis dans des conditions similaires, Audrey sait qu’elle fait face à un psychopathe. À elle de plonger dans les milieux interlopes parisiens, des maisons de vente aux clubs SM, pour débusquer ce tueur, dont les méthodes extrêmes n’ont d’égale que son appétit meurtrier.
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Extraits : «  »Le sommeil est la clé de la réussite », répétait sans cesse mon père. »

« L’art nous est vital depuis la nuit des temps. Laisser une trace est un besoin ancré au plus profond de nous. Une quête d’éternité. »


Mon avis : Quel récit ! Captivant, rythmé, bien ficelé, en bref : grandiose !

Tardy, un célèbre avocat retraité, est sauvagement assassiné chez lui, dans une mise en scène macabre. S’ensuit le meurtre de Mourond, un richissime dentiste, lui aussi retrouvé mort chez lui, dans une posture pour le moins étrange. Leur point commun ? Les deux hommes étaient collectionneurs d’art. Le lieutenant Audrey Durand, aux côtés de sa capitaine Patricia, sont en charge de cette affaire. Elles vont se rapprocher de Joël, un revendeur d’art, pour appuyer leur expertises. Mais les deux femmes ne sont pas au bout de leurs surprises : une troisième scène de crime est mis à jour, avec non pas une, mais deux victimes, là encore, placées de façon totalement calculées. Qui est ce mystérieux tueur ? Quel message souhaite-il faire passer aux enquêteurs ? Audrey en est persuadée : tout a rapport à l’art !

Chrystel Duchamp porte le nom d’un célèbre peintre et plasticien français, Marcel Duchamp, qui s’est notamment illustré dans l’art conceptuel, le body art et le ready-made au siècle passé. Et c’est justement d’art dont il est longuement question dans L’art du meurtre. L’ensemble des victimes étaient des passionnées d’art, contemporains ou classiques, elles collectionnées toutes de nombreuses toiles, qu’elles achetaient à prix d’or.

J’ai beaucoup aimé les quelques digressions de la protagoniste Audrey sur de célèbres artistes français et étrangers, qui ont mis en place des oeuvres qui ont attisés la polémique. Je pense notamment à Paul McCarthy, plasticien américain et sa sculpture gonflable géante Tree, installée sur la place Vendôme à Paris, censée représenter un arbre de Noël, elle faisait plutôt penser à un plug anal. Cet homme, considéré comme artiste, réalisera de nombreuses performances surréalistes, comme se filmer en train de s’enfoncer une poupée Barbie dans le derrière… plutôt inattendu et intriguant ! Chrystel Duchamp cite également Orlan, une artiste féministe française, connue pour ses installations choquantes et ses transformations physiques qu’elle filmait comme de véritables performances artistiques. Par manque de temps et certainement par manque de connaissances aussi, je ne m’intéresse que de très loin à l’art. Mais je remercie grandement l’auteure, qui a enrichie ma pauvre culture artistique avec ces quelques artistes et leurs réalisations originales, qui m’ont beaucoup intrigués. J’en garderai une trace dans ma mémoire, c’en est certain.

 

   À À gauche : la sculpture gonflable géante de Paul McCarthy, Tree, érigée place Vendôme à Paris.
À droite : l’artiste ORLAN et ses implants du visage.

C’est justement ce mélange entre artistes contemporains et fiction meurtrière qui m’a conquise. J’ai été happée du début à la fin. L’enquête en elle-même est trépidante, rythmée comme il se doit, bien ficelée, avec des rebondissements qui arrivent à nous tenir en haleine tout au long du récit. J’ai également bien accroché avec le lieutenant Audrey, notre protagoniste, bien que sa relation soudaine avec l’un des autres personnages du récit (dont je tairais le nom, pour vous laisser le plaisir de le découvrir par vous-même), m’a semblé assez précipitée, inconsidérée, presque dangereuse. Hormis ceci, le dénouement est quant à lui totalement inattendu et bluffant : j’avais imaginé toutes les théories les plus farfelues, mais sûrement pas celle-là ! L’art du meurtre est le premier roman de Chrystel Duchamp et j’espère sincèrement que ce ne sera pas le dernier.


Un premier polar réussi, haletant et rythmé, combinant fiction et artistes contemporains, qui m’a totalement conquise. C’est du grand art !  

Ma note : 9/10

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L’assassin à la pomme verte


L’assassin à la pomme verte de Christophe Carlier

156 pages, éditions Pocket


Résumé : Lumières tamisées, pas feutrés, piano en sourdine. Chaque palace est un monde en soi, qui semble situé hors du temps. Le Paradise n’échappe pas à la règle, jusqu’au jour où l’on trouve un cadavre dans une de ses suites.
Qui a tué ce mari volage et volubile ? Tout le monde s’observe, entre méfiance et attirance. Sous l’oil impitoyable du petit personnel, on assassine comme on tombe amoureux – en passant.


Extraits : « – Ceux qui résistent aux modes sont des conservateurs.
– Ceux qui la suivent, ai-je répliqué, ne sont pas des révolutionnaires.
« 

« Ce qu’on enfouit refait toujours surface, tandis que s’évanouit sans dommage ce qu’on abandonne aux eaux tièdes de l’évidence. »


Mon avis : Paris. Au Paradis Hotel, séjournent trois personnes : Elena, une Italienne, qui travaille dans la mode, actuellement en voyage d’affaire, Craig, un conférencier anglais vivant aux États-Unis et un homme d’affaire italien. Ils évoluent sous les yeux de Sébastien, le réceptionniste. Jusqu’au jour où l’homme d’affaire est retrouvé mort dans sa chambre. Frappé à la tête, égorgé, avant que son assassin ne lui enfonce une cravate dans la gorge. Qui est l’auteur du crime ? Quel était son motif ?

 

C’est un roman à plusieurs voix que nous propose Christophe Carlier. Quelques paragraphes sont dédiées au point de vue de chacun des personnages, qui s’expriment à tour de rôle sur leur vision du meurtre. C’est très intéressant, on peut ainsi avoir la vision de chacun sur les événements, leurs ressentis face à un tel drame.

Mais attention, L’assassin à la pomme verte n’est pas un roman policier classique, puisque nous n’avons pas affaire à une enquête policière en bonne et due forme, uniquement à un meurtre suspect. Peu de temps après cette découverte macabre, nous prenons connaissance de l’identité du tueur et de ses motifs. C’est lui-même qui nous explique ses gestes et le déroulement des faits : vous l’aurez compris, le meurtrier est l’un des protagonistes ! Je n’en dirais pas plus, pour vous laisser le loisir de le découvrir par vous-même en lisant ce livre.

J’ai eu l’impression que Christophe Carlier écrivait une sorte de parodie des polars traditionnels. Son roman est légèrement moqueur, avec des personnages qui vivent des situations décalées, saugrenues, sans qu’ils s’en offusquent outre mesure. À cette pseudo-enquête criminelle vient se greffer une histoire d’amour, inattendue, mais qui tiendra un rôle clé au sein du récit.

L’histoire est sympathique, elle se lit vite, facilement, mais elle va également se retrouver tout aussi rapidement reléguée au fond de ma mémoire. Elle est assez atypique, mais pas aussi extraordinaire pour qu’elle devienne pérenne. D’autant que le roman est très court – il n’excède pas les 160 pages -, ce qui fait qu’en une soirée, on peut à la fois débuter et finir le livre.


Derrière ce titre accrocheur et intriguant se cache un meurtre atypique. Un récit agréable à lire, mais vite oublié.

Ma note : 6/10

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Trois jours avant Noël et Le Voleur de Noël


Trois jours avant Noël & Le Voleur de Noël
de Mary & Carol Higgins Clark

443 pages, éditions Le Livre de Poche


Résumé de Trois jours avant Noël : Nora Reilly, célèbre auteur de romans policiers, n’a vraiment pas de chance. Passe encore d’être hospitalisée trois jours avant Noël pour une jambe stupidement cassée, mais quand son mari Luke et son chauffeur Rosita Gonzalez se font kidnapper par deux affreux méchants, Nora commence vraiment à se faire du souci.

Pas tant pour le million de dollars que réclament les preneurs d’otages, mais bien pour la vie de ceux-ci. Heureusement, Nora a sous la main sa fille Regan, détective privée de son état. Celle-ci sera bientôt rejointe par Alvirah Meehan, une collègue bien précieuse…

Résumé de Le Voleur de Noël : New York. Au pied du Rockefeller Center, sur la 5eme Avenue, on fête tous les ans Noël en musique, autour d’un immense sapin. Mais cette année, une mystérieuse disparition dans les forêts du Vermont risque de gâcher la tradition.

A moins qu’avant les douze coups de minuit, Regan Reilley et Alvirah Meehan ne démasquent le coupable qui a ravi un butin beaucoup plus précieux qu’on ne le croit.


Extraits : « La culpabilité est un cadeau qu’on ne finit jamais de recevoir.. »

« Lorsqu’un danger menace un être qui vous est proche, l’esprit se transforme en un kaléidoscope de souvenirs. »


Mon avis : Ce livre contient deux histoires policières, qui sont écrites à deux mains, par la très célèbre Mary Higgins Clark et sa fille, Carol Higgins Clark. Toutes deux se passent durant les fêtes de fin d’année.

La première, Trois jours avant Noël, est l’histoire du kidnapping de Luke, directeur de plusieurs funérariums et de sa chauffeuse, Rosita. La fille de Luke, Regan, est une détective reconnue dans sa profession et se lance à la recherche de son père. Aidée par Alvirah, une voisine et détective à ses heures perdues et Jack, un policier très compétent, ils espèrent retrouver Luke et Rosita avant le grand soir de Noël.

Dans la seconde histoire, Le voleur de Noël, nous retrouvons l’ensemble des personnages de la première enquête : Luke, Nora, Regan, Jack, Alvirah et Willy. Ils se retrouvent tous ensemble dans le Vermont et vont être les témoins de disparitions inquiétantes : celle de leur amie Opal d’abord, puis de l’épicéa qui aurait dû être abattu et trôner au centre du Rockfeller Center. Nos enquêteurs font tout de suite le rapprochement entre ces disparitions et la libération de Packy, un escroc condamné pour une douzaine d’années de prison, qui s’est échappé alors qu’il était en libération conditionnelle.

Les deux histoires se déroulent quelques jours seulement avant Noël. Mais hélas, je n’ai pas ressenti tant que ça la féerie de cette période de l’année. J’avoue qu’il est plus compliqué de placer un contexte de fêtes de Noël dans des romans policiers, mais quand même, au vu des deux titres des ouvrages, je pensais me projeter un peu plus que ça dans cette période. Il y a quand même quelques références à Noël : le déguisement du père Noël dans la première histoire, l’arbre de Noël du Rockfeller Center dans la seconde histoire… mais c’est tout. Assez léger quand même et pas suffisant pour être immerger dans l’esprit de Noël, vous ne trouvez pas ?

À part ça, j’ai quand même trouvé les deux histoires bien construites, remplie de suspense, avec suffisamment d’actions pour nous tenir en haleine jusqu’à la fin. D’autant, il faut le rappeler, que ces deux histoires ont été écrites à quatre mains : ce ne devait pas être évident de combiner les idées et d’écrire à tour de rôle, de façon à ce que chacune des deux auteurs puisse retrouver un peu de sa pâte dans les histoires. J’ai apprécié découvrir Carol Higgins Clark, la fille de la très grande écrivaine Mary Higgins Clark et lirai avec plaisir l’un de ses polars si l’occasion se présente.


Un livre regroupant deux histoires policières écrites à quatre mains, qui vous divertira en attendant Noël.

Ma note : 7/10

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Le tribunal des âmes


Le tribunal des âmes de Donato Carrisi

546 pages, éditions Le Livre de Poche, à 7,60€


Résumé : Les crimes commencent par des aveux.
Rome. Sa dolce vita, son Capitole, ses foules de pèlerins, ses hordes de touristes. Sa pluie battante, ses sombres ruelles, ses labyrinthes souterrains et ses meurtriers insaisissables.
Marcus est un homme sans passé. Sa spécialité : analyser les scènes de crime pour déceler le mal partout où il se terre. Il y a un an, il a été grièvement blessé et a perdu la mémoire. Aujourd’hui, il est le seul à pouvoir élucider la disparition d’une jeune étudiante kidnappée
Sandra est enquêtrice photo pour la police scientifi que. Elle aussi recueille les indices sur les lieux où la vie a dérapé. Il y a un an, son mari est tombé du haut d’un immeuble désaffecté. Elle n’a jamais tout à fait cru à un accident. Leurs routes se croisent pour les conduire chacun au carrefour où il faut choisir entre la vengeance et le pardon.


Extraits : « Ils ne sont pas muets, pensa-t-elle. Les objets nous parlent en silence, il suffit de savoir les écouter. »

« Quand ils parlent d’eux-mêmes, les gens s’entourent de superstructures auxquelles ils finissent par croire. Mais le lieu où ils ont choisi de vivre, inévitablement, dit tout d’eux. »


Mon avis : C’est la première fois que je m’aventure à lire du Donato Carrisi, et je m’attendais à quelque chose de grandiose. Il faut savoir que cet auteur italien, célèbre et reconnu mondialement, s’est principalement fait connaître pour son roman Le Chuchoteur, qui a connu un succès planétaire. Je me suis donc lancé tête baissée dans la lecture du Tribunal des âmes, convaincue du talent de l’auteur.

L’histoire se passe à Rome. Une jeune fille nommée Lara est portée disparue. Marcus et Clemente, deux mystérieux hommes, des pénitenciers dont personne ne doit connaître l’identité, se lancent, en parallèle de la police, dans une enquête effrénée pour retrouver la trace de Lara. D’autant plus que Jeremiath Smith, l’auteur présumé de l’enlèvement de Lara et de bien d’autres jeunes filles, se trouve être entre la vie et la mort, et donc incapable de dévoiler un indice du lieu où il la tient capture. À côté de ça, nous découvrons Sandra Vega, une policière photographe, qui s’est lancée à la recherche des causes de la mort, soit-disant accidentelle, de son défunt mari. Elle va faire la rencontre de Shaber, un agent d’Interpol, qui se dit prêt à l’aider dans ses recherches. Toutes les  enquêtes vont se croiser, les histoires vont se mêler, les personnages s’entraider les uns les autres pour arriver à percer leurs énigmes respectives.

On se retrouve face à un imbroglio assez extraordinaire. En essayant de résumer cette histoire, je me rends encore plus compte de la difficulté que c’est d’écrire en quelques lignes la trame de près de 600 pages. D’autant que l’histoire n’est pas simple à comprendre, il faut s’accrocher et bien rester concentré pour éviter de se perdre dans les différentes enquêtes. Donato Carrisi lance des idées comme s’il en pleuvait, et justement, ça en devient très compliqué d’appréhender correctement l’histoire et de comprendre les personnages. Tout se mélange et on s’y perd. D’autant plus que je m’attendais à retrouver un suspens intenable, de ceux dont seuls les maîtres des polars ont le secret, qui vous tient en haleine toute la soirée et vous empêche d’aller vous coucher. Mais non. Je ne me suis pas ennuyée, mais je n’ai pas été spécialement happée par cette histoire.

J’ai quand même grandement apprécié découvrir une autre facette de Rome et un univers singulier et caché de l’église : les pénitenciers. Ce sont des prêtres, surnommés « chasseurs des ténèbres », qui se sont octroyés le droit d’absoudre les pêchés les plus graves, mais surtout, d’enquêter, en parallèle de la police, sur des affaires importantes. Marcus et Clemente sont de ceux-là, et ils vont aider, dans l’ombre, la police a mener son enquête.

Je tiens à féliciter l’auteur pour les nombreuses informations qu’il nous fournit sur les pénitenciers, sur les monuments et éléments religieux divers. Il le dit lui-même dans ses notes de fin, ce travail de recherche lui a pris énormément de temps – plus de deux mois à dialoguer avec le Père Jonathan, un prêtre singulier vivant à Rome, avec qui il perdra totalement par la suite.


Une enquête complexe à suivre, mais bien documentée, qui vous entraînera au coeur des plus grands mystères religieux de Rome. Ce fût une bonne lecture, mais je m’attendais à mieux.

Ma note : 5,5/10

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