Sadie


Sadie de Courtney Summers

332 pages, éditions La Martinière fiction, à 16,90€


Résumé : Sadie, 19 ans, s’est volatilisée. Pour West McCray, journaliste à New York, il s’agit d’une banale disparition. Mais quand il découvre que sa petite soeur, Mattie, a été tuée un an auparavant et que sa mère a elle aussi disparu, sa curiosité est éveillée. West se lance alors à la recherche de Sadie et les témoignages qu’il recueille vont alimenter sa série de podcasts…

Sadie, elle, n’a jamais pensé que son histoire deviendrait le sujet d’une chronique à succès. Elle ne désire qu’une chose : trouver l’homme qui a tué sa soeur.

Qui est réellement cet homme ? Comment est-il entré dans la vie de Mattie ? Tandis que Sadie remonte la piste du tueur, West remonte celle de Sadie. Et se dessine, progressivement, la figure d’un homme – d’un monstre ! – qui pourrait bien frapper à nouveau…

West retrouvera-t-il Sadie à temps ?


Extraits « La fatigue est pire que l’ivresse. On dit des trucs qu’on n’a jamais voulu dire et quand on s’aperçoit qu’on n’aurait pas dû il est trop tard.. »
« Comme beaucoup d’histoires, celle-ci commence par une mort.« 

Mon avis : Un grand merci aux éditions La Martinière ainsi qu’à Babelio pour l’envoi de ce livre.

Sadie est une jeune femme de 19 ans, qui s’est mystérieusement volatilisée sans laisser de trace, ni prévenir quiconque de son entourage. En réalité, Sadie est partie à la recherche de l’homme qui a tué sa jeune soeur. En parallèle, West McCray, un journaliste, se passionne pour cette disparition et en fait une chronique à succès à la radio. Il entre dans l’intimité de la jeune fille, interroge ses proches, suit les indices qu’elle a semée pour tenter de la retrouver.

J’ai beaucoup aimé la construction du récit que je trouve originale : d’un côté nous vivons les aventures de Sadie en temps réel à ses côtés, tandis que de l’autre, dans une temporalité décalée, nous sommes aux côtés du journaliste West McCray, qui interview des personnes qui ont côtoyé ou vu Sadie, et suit du mieux qu’il le peut les traces de la jeune fille. Les deux récits s’entremêlent et s’imbriquent, l’un complétant parfaitement l’autre pour nous donner une vision globale et détaillée de l’histoire.

L’histoire est addictive au possible. Les chapitres s’enchaînent avec rythme et fluidité, sans temps mort, à tel point que je n’ai pas pu le lâcher, et l’ai lu d’une seule traite, en quelques heures à peine.

Ce qui m’a le plus touché, c’est la misère humaine que l’on ressent à chacune des pages. Avant son départ, Sadie vivait seule dans une caravane. Sa mère, Claire, alcoolique, étant partie depuis longtemps, les laissant seules, elle et sa jeune soeur, survivre comme elles le pouvaient. Une fois sa soeur décédée, Sadie se retrouve véritablement seule, et son geste irréfléchi de partir nous laisse percevoir tout le désespoir de la jeune fille. Même le prénom éponyme de la jeune fille, Sadie, qui me fait curieusement penser à « Sadness » (tristesse en anglais) nous laisse percevoir cette douleur quotidienne.

Sans vouloir vous en dire trop sur le récit, et pour vous laisser un peu de suspense, je m’arrêterais là de mon ressenti global sur l’histoire. Je tenais seulement à souligner l’audace dont a fait preuve l’auteure au moment d’écrire son dénouement : beaucoup vont être frustrés, ne vont pas comprendre ou vont au contraire vouloir comprendre sans toutefois y parvenir. C’est une fin en dent-de-scie que nous livre Courtney Summers, qui ne devrait pas faire l’unanimité. Ça passe ou ça casse, comme on dit. Pour ma part, c’est passé : j’ai laissé place à l’imaginaire !


Un polar original et dynamique, que j’ai dévoré en quelques heures à peine. Le rythme est effréné et l’histoire obsédante. je vous recommande vivement cette lecture !

Ma note : 8,5/10

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Crime glacé


Crime glacé de Mary Jane Clark

270 pages, éditions l’Archipel, à 21€


Résumé : Niché sur les collines de Hollywood, un spa ultrachic accueille en toute discrétion des célébrités en quête de bien-être et de jeunesse éternelle.
Jillian Abernathy, la fille du propriétaire de l’Elysium, fait appel aux talents de créatrice de pièces montées de Piper Donovan afin qu’elle réalise son gâteau de mariage – une pièce unique.
Seule condition : passer quelques jours sur place – ce que Piper accepte volontiers. Qui refuserait un séjour gratuit dans cet écrin de rêve ?
Mais le spa n’est pas le paradis sur terre que se figurait la jeune femme. Peu après son arrivée, un premier crime glaçant est commis.
Quelqu’un souhaite-t-il empêcher l’union de Jillian ? Nombreux sont les suspects. Et, en s’approchant trop près de la vérité, Piper risque à son tour de devenir la cible du tueur…


Extrait  « Souvent Esperanza errait d’une pièce à l’autre en jouant à la maîtresse de maison. Un rêve qui l’aidait à voir filer plus vite les heures passées à épousseter, récurer, passer l’aspirateur. Esperanza s’efforçait d’imaginer ce qu’elle aurait ressenti si elle avait été propriétaire d’une aussi belle demeure, au lieu d’être une simple femme de ménage. »


Mon avisUn meurtre est sauvagement commis à l’Elysium, le paradis des célébrités, qui y viennent se prélasser dans un spa luxueux et profiter des soins de chirurgie esthétique mis à leur disposition. La victime ? Une femme de ménage, qui travaillait ce jour-là dans la luxueuse propriété de Jillian, la fille du propriétaire de l’établissement. Aucun doute n’est permis : ce n’était pas cette pauvre femme de ménage qui était visée, mais bien Jillian. Malgré les événements tragiques survenus à l’Elysium, la vie continue, les clients sont toujours là, et Jillian continue les préparatifs son mariage avec Ben, qui aura lieu dans quelques jours seulement. Piper, jeune actrice en devenir et préparatrice de gâteaux de mariage, est notamment conviée à l’Elysium pour préparer le gâteau de mariage de Jillian et Ben. Mais les mystérieux événements qui se produisent dans l’établissement vont vite la détourner de son objectif initial…

J’ai trouvé ce roman intéressant. En effet, l’intrigue est bien ficelée et l’enquête policière rondement menée. Mary Jane Clark essaie de nous présenter un panel de profils suspects, pour mener le lecteur vers de fausses pistes. Néanmoins, les habitués de romans policiers (dont je fais partie), découvriront bien avant la fin le véritable suspect. Cela ne m’a pas empêché d’apprécier suivre l’histoire jusqu’à son dénouement.

Les personnages sont intéressants, particulièrement Piper Donovan, notre protagoniste, qui m’ait apparue sympathique, souriante et bienveillante envers l’ensemble des autres personnages du roman.

Crime glacé est un roman policier, avec une intrigue principale, mais c’est également un genre de pamphlet contre les pratiques de la chirurgie esthétique. L’auteure invective ces pratiques, et met en avant des cas de chirurgies esthétiques dévastatrices, comme par exemple Wendy, une jeune femme complexée par son apparence physique et particulièrement par son nez, qui va se faire opérer une première fois, puis une seconde, une troisième fois… avant de s’apercevoir que son nez n’en est plus un. Défigurée et honteuse par sa nouvelle apparence physique, elle s’isole et se cache, regrettant chaque instant son apparence passée. C’est un très bel exemple de mise en garde contre ces pratiques, qui peuvent comporter des complications, mais surtout c’est un message « coup de gueule » contre les personnes devenues obsédées par leur apparence physique.


Un roman policier glaçant, qui met en exergue les pratiques de la chirurgie esthétique. Rondement mené, il saura vous faire frissonner ! 

Ma note : 8,5/10

 

Ne lâche pas ma main


Ne lâche pas ma main de Michel Bussi

440 pages, éditions Pocket


Résumé : Soleil, palmiers, eaux turquoise de l’île de La Réunion et un couple amoureux. Cocktail parfait. Pourtant le rêve tourne au cauchemar. La femme disparaît de sa chambre d’hôtel. Son mari, soupçonné du meurtre, s’enfuit en embarquant leur gamine de six ans. Le plan Papangue, équivalent insulaire du plan Epervier, enclenche une course-poursuite vite ponctuée de cadavres, dans un décor prodigieux et au cœur de la population la plus métissée de la planète.

Un polar qui cogne comme un verre de punch. A déguster vite, fort et frais.


Extraits « Quand on est malheureux, on survit en en voulant à la terre entière, oui bien juste à quelqu’un, à quelqu’un sur qui cogner pour aller un peu mieux. Vous n’êtes pas d’accord ? »

« Sa religion personnelle, c’est qu’il n’existe qu’un seul lieu sur l’île où toutes les races se mélangent : la plage ! Tous à poil, tous égaux. Curieusement, plus les couleurs de peau s’exhibent et plus on les oublie. »


Mon avis : Michel Bussi est un auteur de romans policiers formidable. Après avoir lu et dévoré Nymphéas noirs l’année dernière, j’étais impatience de découvrir une autre de ses histoires. Je me suis donc plongé dans Ne lâche pas ma main, et j’ai retrouvé le suspense et le dynamisme qui m’avaient tant plût dans Nymphéas noirs.

Un couple d’amoureux viennent passer leurs vacances sur l’île de La Réunion avec leur petite fille. Tout se passe pour le mieux, jusqu’à ce que la femme disparaisse soudainement. Le mari donne l’alerte et la police commence son enquête. Mais il semblerait que des doutes pèsent sur la culpabilité du mari. Alors que la police se rend à l’hôtel où le couple séjourne pour questionner le mari, celui-ci disparaît, emmenant avec lui sa petite fille. Commence alors une course-poursuite hors du commun sur l’île de La Réunion.

Michel Bussi place son histoire dans un cadre idyllique : palmiers, soleil, eaux turquoises, montagnes… l’auteur vante les beautés de la belle et sauvage île de La Réunion. Pour ceux qui n’arrivent pas à situer cette île française, vous trouverez ci-dessous une carte du monde, avec un point rouge indiquant l’emplacement de l’île.

Vous trouverez ci-dessous une photographie vue du ciel de l’île, pour vous donner un aperçu de la beauté exceptionnelle des paysages de La Réunion. Avouez-le, ça vous donne envie d’y aller ?

Pour en revenir à l’intrigue, je l’ai trouvé rondement menée, comme d’habitude. Le récit est dynamique, sans temps mort, avec du suspense à chaque fin de chapitre, tant et si bien qu’il m’était difficile de lâcher ce livre. Vous y trouverez des rebondissements à foison, des personnages exceptionnels, qui vous donnent un aperçu du métissage que vous pouvez voir à La Réunion. J’ai particulièrement apprécié cette immersion sur l’île : Michel Bussi a réussi à me faire voyager, tout en me plongeant au coeur d’une enquête policière haletante. Chapeau l’artiste !


A travers une enquête passionnante, plongez au coeur de la sauvage île de La Réunion. Un roman policier réussi, que je vous recommande chaudement !

Ma note : 9/10

 

Une mer si froide


Une mer si froide de Linda Huber

409 pages, éditions Charleston Noir, à 8,50€


Résumé : Qui est cette femme ? Pourquoi m’appelle-t-elle Hailey ? Je m’appelle Livvy, j’ai 3 ans…
Un jour d’été, sur une plage des Cornouailles, Livvy, 3 ans, disparaît. Très vite la police conclut à une noyade. Pourtant, sa mère refuse de se résigner. Jour après jour, Maggie fixe l’océan, elle attend, convaincue que la mer n’a pas emporté son enfant.
Non loin de là, c’est une autre mère qui regarde sa fille, prête pour la rentrée des classes. Mais, depuis quelque temps, Jennifer ne reconnaît plus sa petite Hailey. Sa fille est distante, craintive et Jennifer se laisse submerger par la nervosité. Alors que Maggie traverse la pire épreuve de sa vie, Jennifer veut redonner l’apparence du bonheur à sa famille fracassée.
Construite comme un thriller, rythmée par l’implacable mécanique du suspense, une poignante histoire de deuil, de maternité, et de résilience.


Mon avis : Les éditions Charleston ont bien fait d’agrandir leur collection à la catégorie des polars. En effet, après avoir grandement apprécié L’ombre de l’autre femme écrit par Dorothy Koomson et paru dans cette même collection, ils tapent encore fort avec Une mer si froide, un thriller psychologique glaçant.

Alors qu’ils sont en vacances en famille au bord de l’océan, Olivia, la petite fille de Maggie et Colin, disparaît mystérieusement. Noyade ? Enlèvement ? Les questions se bousculent, mais aucune réponse ne vient remplir la tristesse qu’a laissé le départ d’Olivia. Cette famille, pourtant si aimante, est détruite par cette curieuse disparition, alors qu’une autre, celle des Marshall, est plus comblé que jamais. Un couple amoureux comme au premier jour, deux jumeaux qui ne devraient pas tarder à pointer le bout de leur nez, et en prime, la réapparition de Hailey, leur petite fille défunte…

Cette histoire fait vraiment froid dans le dos. C’est principalement le personnage de Madame Marshall qui m’a glacé les sangs. Cette femme, enceinte de jumeaux, a un caractère qu’il est difficile de cerner. Suite à la noyade de sa fille, des années auparavant, elle a sombré dans une dépression sévère, dont elle n’est jamais réellement sortie. Pour combler ce manque, elle s’est résolue à remplacer sa fille défunte… en kidnappant une autre petite fille. Mais elle n’a pas réellement conscience de son acte, et c’est justement ça qui fait très peur.

De son côté, la petite Olivia, rebaptisée Hailey, a pleinement conscience de la situation dont elle est la protagoniste. Malheureusement, comme tout enfant très jeune, Olivia/Hailey se laisse facilement manipuler, tant et si bien que Mme Marshall n’a pas hésité à lui faire du chantage pour qu’elle garde leur secret sous couvert.

J’ai vraiment beaucoup aimé découvrir cette histoire. Le suspense est intenable, si bien que plongé dans ma lecture, je n’ai, à plusieurs reprises, pas pu me séparer de ce livre…


Ce roman contient tous les ingrédients d’un très bon thriller psychologique : angoissant, addictif, glaçant… Je le recommande vivement !

Ma note : 8/10

 

Féroce


Féroce de Danielle Thiéry

539 pages, éditions Flamarion, à 20€


Résumé : Une enquête du commissaire Edwige Marion.
Un inconnu suit une petite fille. Il l’observe comme un animal. Il la veut, il l’aura.
Des ossements sans têtes sont découverts au zoo de Vincennes dans l’enclos des lions. Des enfants. Alix de Clavery, la criminologue de l’OCRVP, fait immédiatement le lien avec la jeune Swan, dont la disparition au zoo de Thoiry six ans auparavant continue à l’obséder. S’agit-il du même prédateur ? Alors que les forces de l’Office sont mobilisées pour démanteler une filière pédophile, les voilà atteintes en plein coeur : l’adjoint de la commissaire Marion est retrouvé inconscient, les mains en sang, et une brigadière a disparu. Mais le pire est encore à venir. Une alerte enlèvement est déclenchée : il s’agit d’une petite fille…
De l’homme ou l’animal, on ne sait qui est le plus féroce.


Extraits  « Il en est des instants comme des rencontres : certains doivent se passer de formules de politesse. »

« La colère, professait Sénèque, est un acide qui peut faire plus de mal au récipient que ce sur quoi on le verse. »


Mon avisJ’ai été agréablement surprise et totalement conquise par ce polar français.

Des ossements humains ont été retrouvés enterré sous terre, dans une ancienne zone du zoo de Vincennes. Après analyse, les spécialistes se rendent compte qu’il s’agit d’os d’enfant, enterré dans l’ancien enclos des lion. Ni une ni deux, Alix de Clavery, criminologue, la commissaire et toute sa brigade, se plongent dans l’enquête. Ils font très rapidement le lien entre de mystérieuses disparitions d’enfants survenues plusieurs années auparavant. Mais un événement va chambouler toute leur enquête : une petite fille vient de disparaître. Le compte a rebours est lancé !

Un roman haletant, additif et prenant. Nous faisons face à une véritable course poursuite contre le temps. Les actions s’enchaînent les unes après les autres, sans temps mort, ce qui donne un rythme effréné à toute l’histoire. C’est simple : vous serez littéralement plongé au coeur de l’enquête et  n’arriverez plus à vous en défaire… avant d’avoir découvert le fin mot de l’histoire !

Car ce sont en fait plusieurs enquêtes qui sont menées simultanément. L’enquête centrale sur les ossements découverts au zoo, à laquelle Alix, la psychologue criminologue se dédie entièrement,  mais aussi des enquêtes parallèles, comme le démantèlement d’un réseau pédopornographique qui exhibe des photos suggestives de jeunes filles, ou encore la disparition inquiétante d’un de leur collègue. Autant dire que vous ne vous ennuierez pas une seconde !

A travers cette histoire, Danielle Thiéry compare l’homme et le lion, deux êtres différents, qui comportent pourtant de nombreux points communs, dont l’un – et pas des moindres – est la férocité. Mais dans ce livre, on en vient réellement à se questionner : qui est le plus féroce des deux ? Si l’on se fie aux actes de l’homme présent dans cette histoire, mon choix est vite fait. En effet, si les lions sont dangereux pour l’homme, l’homme est quant à lui dangereux pour l’homme.


Un polar dense et captivant, qui vous fera rugir de plaisir ! 

Ma note : 8,5/10

 

Dans les brumes du mal


Dans les brumes du mal de René Manzor

443 pages, éditions Pocket


Résumé : La mère de Tom est morte, et Tom a disparu.

Tom, mais aussi John, Michael et Lily. À chaque fois, une mère est assassinée et son enfant enlevé, comme évanoui dans les brumes inquiétantes qui submergent si souvent la Caroline du Sud. Dahlia Rhymes, agent du FBI spécialisée dans les crimes rituels, s’impose dans l’enquête. Tom est son neveu, et même si elle ne l’a jamais vu car elle a rompu toute relation avec sa famille, elle ne peut pas l’abandonner. En retrouvant les marais et les chênes séculaires de son enfance, Dahlia retrouve aussi Nathan Miller, un ancien gamin des rues devenu un des meilleurs flics de Charleston. Ensemble, ils se lancent à la recherche des enfants, sans autre indice que le témoignage d’un voisin, qui prétend avoir vu rôder autour d’une des Maisons une shadduh, une ombre vaudoue.
Et si, pour une fois, le mobile n’était ni l’argent, ni le sexe, ni la vengeance, ni même l’amour ?


Extraits  « Être adulte, c’est ce qui peut nous arriver de pire. »

« La confiance ne se décrète pas. Elle se construit lentement et se détruit très vite. »


Mon avisUn grand merci à Babelio et aux éditions Pocket de m’avoir permis de frissonner avec ce thriller psychologique.

L’histoire se déroule en Caroline du Sud, où Tom, un petit garçon est kidnappé, et sa mère sauvagement assassinée. Un enlèvement et un meurtre qui seront les premiers d’une longue série. Au plus mal suite à cet enlèvement, le papa de Tom fait appel à sa soeur, Dahlia Rhymes, célèbre agent du FBI spécialisée dans les crimes rituels.  Après plusieurs jours de recherches, elle découvre que Tom, ainsi que les autres enfants kidnappés, ont un point commun : ils ont été victimes de maltraitance de la part de leur mère. L’agent du FBI va tout mettre en oeuvre pour retrouver les enfants et découvrir l’identité du mystérieux kidnappeur.

Dans les brumes du mal est un thriller psychologique bien ficelé, rempli de suspens et d’actions diverses. Dahlia court tellement partout que vous ne vous ennuierez pas une seule seconde à ses côtés !

Malheureusement, je me suis perdue dans toutes les références aux rites vaudous qui sont fait sur les scènes de crime. Je me suis passablement ennuyée, puisque je n’ai pas compris où l’auteur voulait en venir en ajoutant ce type de choses dans son histoire. A mon sens, cela n’a pas été exploité suffisamment et n’apportait donc pas grand chose au récit.

En revanche, j’ai apprécié que la thématique de la maltraitance enfantine soit mise en avant. C’est un sujet dont on parle peu dans la société française, mais qui est pourtant toujours présent dans certains foyers. En effet, chaque année en France, près de 600 enfants décèdent suite à de mauvais traitements infligés par des proches. Un chiffre affolant, qui me faire prendre conscience de l’importance de dénoncer ce genre de pratique.

En lisant cette histoire, je me suis beaucoup questionné sur la légitimité de l’assassinat de ces mères indignes : est-ce Mal de tuer ces mères et de kidnapper ces enfants innocents, ou est-ce Bien dans le sens où justice est rendu et où les enfants vont pouvoir vivre plus sereinement, sans recevoir de coups, entouré d’amour ? Chacun a sa propre idée sur la question, mais à mon sens, le meurtre est quand même un acte barbare et primaire, qui n’est en rien légitime. La maltraitance faite aux enfants est condamnable par la loi : lorsqu’on se rend compte qu’un enfant est victime de violence, le signaler auprès d’autorités compétentes lui rendra plus service que de chercher à résoudre le problème seul, en tuant le responsable par exemple. Il est donc vrai que cette manière de procéder m’a parue sadique, barbare et peu réaliste.

Cette histoire nous rappelle de faire attention aux gens que l’on aime, de les couvrir d’amour, avant qu’il ne soit trop tard. Personne ne sait de quoi demain sera fait ! Une belle perception de vie, que j’applique dorénavant au quotidien.

Sans vous révéler le fin mot de l’histoire, je peux vous assurer que l’identité du tueur est facilement repérable (je soupçonnais que ce soit lui avant la moitié du livre), néanmoins aucun indice ne filtre jusqu’aux toutes dernières pages. J’ai oscillé entre deux réflexions contradictoires : me dire que j’avais raison en pensant à lui, ou me dire que j’avais tord : rien n’est jamais venu affirmer ou contester mes doutes, jusqu’aux toutes dernières pages. Chapeau l’article, vous avez réussi à me triturer les méninges dans tous les sens  !


Un thriller psychologique bien mené, qui traite d’une thématique importante : la maltraitance infantile. Malgré quelques points négatifs, j’ai dans l’ensemble apprécié découvrir cette histoire !

Ma note : 6,5/10

 

Une autre histoire

 


Une autre histoire de Sarah J. Naughton

409 pages, éditions Sonatine, à 21€


Résumé : La vérité n’est jamais là où on l’attend. Élevée par un père violent et une mère soumise, Mags a fui l’Angleterre dès qu’elle a pu pour devenir une brillante avocate à Las Vegas. Lorsqu’elle apprend que son jeune frère, Abe, a été victime d’un accident et se trouve dans le coma, elle revient pour la première fois depuis longtemps à Londres. Là, elle a la surprise de rencontrer sa petite amie, Jody, dont il ne lui avait jamais parlé. Elle est plus surprise encore quand Jody, inconsolable, lui révèle qu’il ne s’agit pas d’un accident mais d’un suicide. Dépressif, Abe s’est jeté par la fenêtre.
Peu à peu, la version officielle semble néanmoins présenter d’étranges incohérences. Jody dit-elle toute la vérité ? Était-elle vraiment la petite amie d’Abe ou une experte en manipulation ?
À ce stade du résumé, votre opinion est sans doute déjà faite. Jody est coupable, elle a d’une façon ou d’une autre participé à la chute d’Abe, Mags va découvrir la vérité. C’est du tout cuit : un thriller de plus parmi tant d’autres. Eh bien, détrompez-vous. Si les apparences sont en effet trompeuses, vous n’imaginez pas à quel point.
Vous êtes surtout loin de vous douter avec quelle maestria Sarah Naughton vous manipule. Vous croyez lire une histoire et c’en est une autre, bien plus captivante, qui va se dévoiler.


Extraits  « La vérité, ça n’existe pas ; la seule chose qui compte, c’est ce qu’on arrive à faire croire aux gens. »

« Toutes les tragédies ne sont pas des crimes. »


Mon avis : Abe, le frère de Mags vient de mourir. Il a été retrouvé au pied de la cage d’escalier de son immeuble. Pour tout le monde, Abe s’est suicidé, mais Mags n’y crois pas. La jeune femme va mener l’enquête pour découvrir ce qu’il s’est passé.

L’auteure s’amuse à nous faire tourner en rond. Vous aurez beau tenter de percer par vous-mêmes le mystère de cette mort, vous n’arriverez jamais à trouver par vous-même le fin mot de cette histoire. La vérité n’est jamais là où on l’attend, et c’est justement ce qui m’a plût dans cette histoire. Suspense et surprise étaient au rendez-vous pour mon plus grand bonheur !

Les personnages sont bien construits et dégagent une aura mystérieuse qui donne envie de creuser pour découvrir qui ils sont réellement. Jody en particulier m’a énormément intriguée. C’est une jeune femme à la fois extravagante et introvertie, qui cache de multiples secrets. De copine éplorée, elle va perdre son statut de victime pour devenir la coupable suspectée du meurtre. Avec elle, c’est sûr, vous ne saurez plus sur quel pied danser !

Malheureusement, l’ensemble de l’histoire ne m’a pas entièrement convaincue. Il manquait d’actions dans le récit et de rebondissement. Sans parler de certaines scènes qui me paraissaient totalement invraisemblables, comme le dénouement final, que j’ai trouvé trop tiré par les cheveux et trop peu crédible. Somme toute, ce thriller psychologique est finalement banal et ressemble à bien d’autres histoires. Manque d’originalité et d’éléments impactants, dommage !


Un thriller psychologique intéressant, mais qui ne laisse pas un souvenir impérissable. 

Ma note : 6,5/10