Délivre-nous du mal


Délivre-nous du mal de Chrystel Duchamp
297 pages, éditions L’Archipel, à 19€


Résumé : Février 2018. Anaïs sollicite l’aide de son ami Thomas Missot, commandant à la PJ de Lyon. Pour elle, pas de doute, sa sœur Esther a été enlevée. Pourquoi aurait-elle, sinon, laissé derrière elle ses clés de voiture, ses papiers et son téléphone portable ?
Les mois passent et, tandis que l’enquête s’enlise, d’autres jeunes femmes se volatilisent. Jusqu’à ce qu’un corps soit retrouvé pendu dans une usine désaffectée, le crâne rasé, la langue sectionnée. Puis un deuxième…
Thomas sait désormais qu’un tueur en série sévit dans la région. Mais il ignore encore que ces cadavres ne sont que la partie immergée du plan machiavélique d’un individu avide de vengeance…


Extraits : « Non. On ne connaît jamais les gens qui nous entourent. Aussi proches soient-ils. Ils peuvent avoir des réactions surprenantes ou prendre des décisions déconcertantes. »

« La culpabilisation des victimes de viol était une réalité. Ces femmes à qui l’on reproche leurs jupes trop courtes, leurs talons trop hauts, leur poitrine trop généreuse, leurs hanches girondes… Des excuses étaient régulièrement brandies pour excuser un viol et, dans cette démarche de décrédibilisation fumeuse, nombreux étaient les complices : proches suspicieux, flics pourris, système juridique bancal… »


Mon avis : Chrystel Duchamp est une auteure de polars machiavéliques, que j’ai notamment eu la chance de rencontrer en mai dernier, lors d’un prix littéraire organisé à Marseille. Après L’art du meurtre et Le sang des Belasko, qui ont été deux coups de cœur, je me suis lancé les yeux fermés dans Délivre-nous du mal, son dernier roman, paru en début d’année 2022.

Une jeune femme disparaît subitement, sans aucune affaire personnelle, en laissant seulement un mot indiquant qu’elle ne souhaite pas être retrouvée. Rien n’est plus inquiétant pour sa sœur, Anaïs, qui interpelle son ami Thomas, commandant à la PJ de Lyon, pour mener l’enquête. Le temps passe, l’enquête piétine, d’autres femmes disparaissent de la même manière. Jusqu’au jour où un premier corps est retrouvé pendu dans une usine désaffectée, la langue sectionnée… puis un deuxième, quelque temps plus tard. Le compte à rebours est lancé avant que d’autres corps ne soient découverts.

Sans surprise, la tension est à son paroxysme. Ajoutez à cela des chapitres assez courts, qui donnent une rythmique saccadée, qui nous empêche littéralement de lâcher le livre : les fins de chapitres sont écrites de manière à ce que l’on ait envie d’en savoir toujours davantage.

L’enquête est bien ficelée, assez originale, elle mêle intrigue classique de roman policier et thématiques sociétales actuelles. On y parle de divorce, d’anorexie, de féminisme, de violences conjugales, de viol… Autant de sujets dits de « faits divers », qui sont minutieusement intégrés à l’intrigue, sans pour autant enlever les émotions inhérentes à un polar : la peur, l’angoisse, le mystère, la surprise… Le cocktail est détonnant, mais il fonctionne !

Bien que cette lecture fût agréable, ce n’est pas un coup de cœur comme les deux polars précédents de l’auteure. Peut-être avais-je trop d’attentes vis-à-vis de Chrystel Duchamp ? J’ai trouvé ses deux premiers romans plus originaux, avec deux histoires particulières qui restaient dans la mémoire pendant un certain moment après la fin de notre lecture. Ici, l’intrigue est un peu plus classique. Délivre-nous du mal n’en reste pas moins très bien, le talent de l’auteure est sans conteste, vous pouvez le lire les yeux fermés.


Un très bon polar, angoissant, haletant, à l’intrigue complexe mais parfaitement maîtrisée, que je place quand même en-dessous des précédents livres de l’auteure. 

Ma note : 7,5/10

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ISBN : 978-2-8098-4348-4

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Coule la Seine


Coule la Seine de Fred Vargas
123 pages, éditions J’ai Lu


Résumé : « Ton collègue blond est assez emmerdant mais je l’aime bien, et puis il est généreux. Il se pose des questions sans fond, il s’inquiète et ça fait le bruit des vagues. Toi en revanche, tu fais le bruit du vent. Ça se voit à ta manière de marcher, tu suis ton souffle. Ton ami blond voit une flaque. Il s’arrête, examine la chose et il la contourne, il prépare bien son affaire.
Toi, tu ne vois même pas cette flaque mais tu passes à côté sans le savoir, au flair. Tu piges ? T’es comme un magicien… »
Il a raison ce clochard, le commissaire Adamsberg est un véritable magicien. Trois nouvelles pour le prouver, trois enquêtes du commissaire, à Paris, là où coule la Seine.


Extraits : « Aussi, si les gens ne faisaient pas toute une histoire de Noël, il y aurait moins de tragédies. Ils sont déçus, les gens, forcément. Et ça fait des drames. »

« Impossible d’aller se réfugier dans le métro, il aurait fallu abandonner le chariot en surface. C’est comme ça, quand on a un animal, cela demande des sacrifices. »


Mon avis : Deuxième essai avec un Fred Vargas. Le premier polar que j’avais découvert de l’auteure, Un peu plus loin sur la droite, m’avait plût, sans pour autant être exceptionnel et inoubliable. Je ressens exactement la même chose en refermant Coule la Seine, avec en plus, un sentiment de trop peu et d’inabouti.

Le livre se découpe en trois nouvelles, dont les principaux protagonistes restent identiques. Il s’agit de l’inspecteur Adamsberg, un commissaire chevronné et son second, le lieutenant de police Danglard. A deux, ils vont tenter d’élucider trois enquêtes bien étranges. La première se trouve face au commissariat : un homme a élu domicile sur un banc et il se contente de venir s’asseoir quotidiennement avec son lampadaire et son porte-manteau en regardant les portes du commissariat. Une attitude intrigante, qui doit forcément cacher quelques sombres secrets.

La deuxième nouvelle se passe le jour de Noël. Adamsberg et Danglard sont de permanence et attendent avec impatience le crime de ce jour de fête. Car Adamsberg en est persuadé : « si les gens ne faisaient pas toute une histoire de Noël, il y aurait moins de tragédies. Ils sont déçus, les gens, forcément. Et ça fait des drames. »

Enfin, la dernière nouvelle met en scène un sans-abri, vendeur d’éponges, témoin d’une grave agression. Le commissaire Adamsberg devra user de stratagèmes pour faire desserrer les mâchoires à cet homme, qui n’a plus rien à attendre de la vie.

De prime abord, les trois nouvelles sont plutôt noires, avec des personnages désespérés, rebuts de la société, qui n’ont plus rien à perdre, sinon leur vie. D’abord totalement transparent, ils se retrouvent parachutés sur le devant de la scène et deviennent des personnages essentiels pour élucider ces affaires. On les considère, on les écoute, ils ne sont plus que simples spectateurs, mais bien acteurs de leur destinée.

J’ai apprécié l’ambiance générale des nouvelles, leur originalité, mais aussi le caractère et la bonhomie des deux enquêteurs. Malgré la gravité de certains crimes, ils restent maîtres de leurs émotions, rationnels, patients et font preuve de beaucoup d’humour, notamment via leurs interactions avec les témoins des affaires. J’ai également apprécié les illustrations en noir et blanc qui égrènent l’ouvrage. Certes, elles sont d’un autre temps, mais elles viennent donner un peu plus de vie et de réalisme aux nouvelles.

Les seules ombres au tableau – et pas des moindres –, c’est l’écriture passée et vieillissante des nouvelles et le caractère trop peu développé de ces dernières. On prend du plaisir à les découvrir, mais une fois terminées, elles s’effacent instantanément de notre mémoire. Ce qui conduit parfois à des frustrations de ne pas avoir découvert assez de tels personnages, ou de ne pas avoir compris les raisons de tels actes.


Trois nouvelles policières sympathiques à découvrir, mais trop peu développées et donc vite oubliées. Certainement pas le meilleur livre de Fred Vargas, mais ça reste agréable à lire.

Ma note : 6/10

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ISBN : 2-290-33797-8

Le scoop


Le scoop de Michelle Frances
377 pages, éditions l’Archipel, à 22€


Résumé : Quand une jeune journaliste lanceuse d’alerte s’apprête à sortir un scoop, elle dérange… Au point qu’on l’élimine. Décidée à faire la lumière sur sa mort, Kate, sa mère, s’expose à son tour au danger. Encore faut-il savoir d’où il vient… Le nouveau suspense psychologique de Michelle Frances, autrice de La Petite Amie et de La Remplaçante.
Une mort suspecte. Un secret.
Une mère déterminée à trouver des réponses à ses questions.
Kate a élevé seule sa fille Beth, son unique amour, sa fierté. D’autant que celle-ci vole depuis peu de ses propres ailes. Devenue journaliste d’investigation, elle s’apprête même à sortir prochainement le scoop qui lancera sa carrière !
Mais Beth meurt subitement. D’abord anéantie, Kate cherche à comprendre les circonstances de l’accident. Peu à peu, elle en arrive à douter. Beth a-t-elle été éliminée ? Son enquête dérangeait-elle à ce point qu’on ait voulu la faire taire ?


Extrait : « La moitié d’entre nous a dû passer devant au moins un sans-abri pour venir ici, sans lui accorder un seul regard, pensa-t-elle. Il était tellement facile d’ignorer les malheureux quand on n’était pas directement concerné. Tellement facile d’oublier et de poursuivre son chemin. »


Mon avis : Beth est une jeune journaliste en devenir, actuellement stagiaire dans un quotidien national anglais, mais bien décidée à devenir reporter. Une place qu’elle convoite avec Piers, également journaliste. Pour se démarquer de son concurrent, Beth va tenter de mener une enquête dangereuse, qui sera un scandale national : dénoncer l’usage abusif de produits phytosanitaires et leurs dangers sur l’humain. Mais avant qu’elle ne puisse arriver à la conclusion de son enquête, Beth trouve la mort dans un accident à vélo. Sa mère, Kate, souhaite poursuivre les investigations, comme une forme d’hommage à sa fille décédée et un besoin d’aider les familles touchées par le malheur.

Kate est une femme pleine de courage et d’humanité. Délaissée par ses parents alors qu’elle était encore très jeune, obligée d’élever Beth seule, elle a toujours fait passer le bonheur de sa vie avant le sien. Elle s’est battue chaque jour de sa vie pour lui offrir le meilleur, travaillant jusqu’à l’épuisement, même sans diplôme et formation. La perte de sa fille unique est une tragédie inconcevable. Elle cherche d’abord à comprendre les conséquences de sa mort, avant d’accepter l’inacceptable et de tenter d’améliorer les choses, seule consolation à sa perte. Se mettre au service des autres devient son exutoire, son seul but, sa vengeance sur la vie. Elle veut aider les familles victimes de sévices et faire éclater au grand jour la vérité, comme l’aurait voulue sa fille. Rendre justice aux opprimés, c’est l’une des raisons principales qui a poussée Beth à devenir journaliste. Finis les faux-semblants, la malhonnêteté et l’injustice, Kate veut se battre pour la vérité. Un bel hommage rendu à sa fille décédée.

Hélas, le sujet est sensible et extrêmement polémique. Il a été rendu publique via l’affaire Monsanto, une entreprise américaine spécialisée dans la chimie et la biotechnologie pour le secteur agricole, accusée d’avoir rémunérée de faux scientifiques pour discréditer les lanceurs d’alerte et garder une image positive des produits vendus. Dans Le scoop, Michelle Frances met en avant une entreprise fictive similaire, qui se cache derrière de fausses expériences scientifiques pour réconforter la population sur les effets des produits qu’elle vend. Mais bizarrement, dans un petit village d’Angleterre, Beth découvre qu’énormément de familles sont victimes de cancer, leucémie ou autres maladies graves. Leur seul point commun : elles vivent à la campagne et sont donc en contact permanent avec les terres agricoles et les produits phytosanitaires qui y sont déversés quotidiennement.

Tenter de percer à jour les magouilles de ces multi-millionnaires est une entreprise risquée. Kate va l’apprendre à ses dépens lorsqu’elle recevra ses premières menaces anonymes – des courriers qui l’incitent à arrêter ses recherches ou elle devra en payer de sa vie. Ses messages d’horreur la font alors réfléchir sur les conditions de décès de sa fille : et si Beth ne s’était pas fait renverser accidentellement ? Les personnes qui se cachent derrière ces sociétés placées dans des paradis fiscales, seraient-elles prêtes à tout pour préserver leurs intérêts ? La tension est palpable et s’accentue au fur et à mesure de la lecture, ce qui donne un récit rythmé, qui nous tient suffisamment en haleine jusqu’au bout.


Un thriller prenant, qui dénonce les miasmes de certaines multinationales, prêtes à tout pour leurs profits. Bien qu’étant un récit assez noir, l’humanité prime sur la cruauté et contribue à la réflexion.

Ma note : 7/10

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ISBN : 978-2-8098-4191-6
Traduction : Maryline Beury

Qui a tué Rose ?


Qui a tué Rose ? de Claire Allan
377 pages, éditions l’Archipel, à 22€


Résumé : Quand Emily sort du centre commercial ce jour-là, elle assiste, impuissante, à un accident : une femme est renversée par un automobiliste qui prend la fuite.
Très vite, la presse locale relaie les détails du drame : la victime s’appelait Rose. Mère d’un petit garçon et épouse du célèbre écrivain Cian Grahame, elle travaillait comme assistante dans un cabinet dentaire.
En effectuant des recherches sur les réseaux sociaux, Emily se met à envier la vie si parfaite de Rose, elle qui enchaîne les échecs, tant professionnels que sentimentaux.
Mais, à présent, « la place est libre ». Emily réussit à obtenir le poste qu’occupait Rose et à se rapprocher de son ex-époux. Mais, sous le vernis des apparences, la réalité est parfois moins reluisante… voire dangereuse.


Extraits : « Comment faisons-nous pour surmonter tout ça ? ai-je pensé. Toutes ces tragédies que la vie nous inflige. Toutes ces embûches semées sur notre route. »

« On partage trop, vous savez. Tous autant que nous sommes. Même ceux d’entre nous qui affirment le contraire. Notre comportement nous trahit. Ce qu’on « like » – ou pas. Les comptes que nous suivons. Les vêtements que nous portons sur nos photos. Les citations que l’on poste – ou pas. La musique que l’on partage. Ce qu’on écrit quand on est fatigué. Quand on est sous le coup d’une émotion. Ou quand on est pompette.
Toute une vie que l’on expose à la vue des autres. Toute une vie que l’on s’invente. On en arrive bizarrement, en désespoir de cause, à prendre notre existence virtuelle sur Facebook pour notre vie réelle. »


Mon avis : Après Ne la quitte pas du regard, un polar psychologique qui m’avait beaucoup plût, Claire Allan sort son nouveau roman : Qui a tué Rose ?, un thriller glaçant, avec une dose de suspense tout à fait délectable.

Emily, notre protagoniste, assiste impuissante au meurtre de Rose, une passante, sauvagement renversée par un automobiliste qui prend la fuite. Dès lors, curieusement, la jeune femme ressent une irrésistible envie d’en apprendre plus sur la victime. Elle la cherche sur les réseaux sociaux, lit tous les articles qui la concernent et va même jusqu’à s’imaginer dans sa vie, aux côtés de son mari et de son petit garçon. Le point de bascule survient lorsqu’elle décide de postuler au poste laissé vacant par la défunte… et se retrouve embauchée comme assistante dentaire. Elle apprend à connaître les anciennes collègues de Rose, rêve de bâtir de solides amitiés avec elles… et découvre le mari de Rose, qui vient en consultation au cabinet pour son petit garçon. Le coup de foudre est immédiat, brutal, sans équivoque.

Comme dans Ne la quitte pas du regard, le suspense est à son comble et monte crescendo. Le profil psychologique d’Emily est particulièrement bien construit, puisque c’est un personnage auquel on s’attache facilement, tout en gardant quand même une certaine distance, rendue indispensable par ses agissements, qui parfois, dépassent l’entendement. Une certaine gêne s’installe, qui s’accentue au grès des événements malsains qui se déroulent sous nos yeux impuissants. Enfin, le mari, Cian, est un personnage également très intéressant, à la psyché complexe, que l’on apprend à connaître au fil des pages. Le mari idéal, attentionné et bienveillant que peut décrire Rose dans ses publications sur les réseaux sociaux, ne serait-il que façade ? Les apparences sont parfois trompeuses, il faut se méfier de ce que certaines personnes sont capables de faire.

Néanmoins, comme dans Ne la quitte pas du regard, j’ai trouvé le scénario un peu simpliste. Il faut dire que j’ai déjà eu l’occasion de lire un paquet de polars, aux intrigues qui vont de la plus basique à la plus emberlificotée. Ici, l’histoire plaira forcément aux novices du genre, qui apprécieront l’intrigue et le retournement de situation final.


Un polar à suspense, aux personnages psychologiquement bien construits, mais au scénario un peu trop simpliste pour les amateurs du genre, qui y trouveront forcément un goût de déjà lu.

Ma note : 6,5/10

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ISBN : 978-2-8098-4372-9
Traduction : Nicolas Porret-Blanc

La caste des ténèbres


La caste des ténèbres de Ludovic Lancien
453 pages, éditions Hugo Thriller, à 19,95€


Résumé : 1995 : Faubourg de Kombakkam, sud-est de l’Inde.
Viresh est un Dalit, un Intouchable. À huit ans à peine, il comprend que son existence ne sera qu’un enfer pavé d’humiliations. Révolté par cette condition qu’il n’a pas choisie, désireux de s’affranchir d’une société régie par un système de caste archaïque et profondément inégalitaire, le jeune garçon apprendra bientôt ce qu’il en coûte de défier la volonté des dieux.
Janvier 2020 : Paris. Un hiver poisseux et humide.
Le lieutenant Lucas Dorinel quitte sa Bretagne adoptive et prend le premier train pour Paris, deux ans après son départ forcé de la capitale. Réintégré au sein de la prestigieuse Brigade criminelle, il n’est pas encore parvenu au Bastion qu’une femme se suicide sous ses yeux en se jetant tête la première sous les roues d’un bus.
Quelques heures plus tard, le lieutenant est envoyé sur une scène de crime atroce dans un HLM de Bondy : un homme retrouvé mort chez lui, les membres disloqués, mutilés, son corps nu écrasé au fond d’une malle. Le plus étrange survient lorsque le légiste retrousse les lèvres du mort pour dévoiler des canines anormalement longues, tout droit sorties d’un film d’horreur.
Pour Lucas Dorinel et ses équipiers, le cauchemar ne fait que commencer.


Extraits : « Leur intouchabilité les condamnait de toute manière à une existence vide de sens.
Que pouvaient-ils craindre de plus ?
Même la mort s’envisageait comme une bénédiction. Une délivrance. »

« Il est des trajets qui ne s’oubliaient pas.
Qui, par leur puissance évocatrice, rameutaient les souvenirs pour les plaquer de force sur les rétines. Accéléraient le pouls jusqu’à en avoir mal au coeur et provoquaient une explosion au creux de l’estomac, une cascade d’émotions qui dégringolaient, fourmillaient sous la peau. »


Mon avis : J’ai reçu ce livre dans le cadre d’une masse critique organisée par Babelio, que je remercie, ainsi que les éditions Hugo thriller pour l’envoi. Dabord enthousiasmée par cette lecture qui sortait de mes genres de prédilections habituels, j’ai rapidement déchanté en commençant ma lecture pour finir par être totalement déçue et dépitée en fermant ce livre.

L’histoire s’ouvre sur la découverte d’un cadavre, celui de Julien Baron, un quinquagénaire retrouvé mort mutilé dans son appartement. En faisant leurs recherches, les enquêteurs vont découvrir que cet homme appartenait à une sorte de secte, une bande d’illuminés qui se voient comme des vampires humains. Ils s’abreuvent de sang et reproduisent des rites païens dénués de sens pour le commun des mortels.

Une sinistre affaire de meurtres que j’ai trouvé totalement décousue. L’histoire part dans tous les sens : on pense tomber sur une enquête policière, mais c’est une histoire presque surnaturelle avec des vampires que l’on découvre, agrémentés de propos néo-nazis et de simagrées sur la fin du monde totalement absurdes. On ne comprend pas grand chose à l’histoire ni aux intentions des personnages ; en revanche, Ludovic Lancien nous en met pleins la vue avec des descriptions bien gores et dégoulinantes de sangs et de viscères, qui auraient pu nous être épargnées, d’autant qu’elles n’apportent clairement rien au récit, déjà plat et dénué de sens. Terriblement glauque et sans intérêt.

Les personnages sont à l’image de l’ensemble du livre : sans profondeur, sans charisme, sans personnalité qui leur soit propre. Ils restent fades, quelconques, trop peu travaillés, ils ne sont que des enquêteurs parmi des millions d’autres. Pour preuve, j’ai peiné à écrire cette chronique, tant j’avais oublié presque l’ensemble de l’histoire. Quant aux personnages, je n’aurais su dire qui ils sont et comment ils s’appellent.


Très déçue de cette lecture, que j’ai trouvé illuminée, décousue, grotesque et vide de sens. dix jours après l’avoir finie, je l’ai déjà oubliée. passez votre chemin.

Ma note : 2/10

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ISBN : 978-2755693-87-4