Tout ce que nous n’avons pas fait


Tout ce que nous n’avons pas fait de Bruno Veyrès

344 pages, éditions du Toucan, à 17,90€


Résumé : Jour après jour, Clive renaissait pour moi. Les paroles de Mme Barns agissaient, elles lui donnaient vie. J’avais l’impression de le connaître. Je l’imaginais dévalant Minton drive à vélo, les mains dans le dos, les lèvres ourlées de mousse blonde, partageant une bière avec Simon, ses doigts perdus dans les cheveux de Rose lui murmurant à l’oreille les prénoms de leurs enfants à venir. Je voyais aussi son corps suant dans la jungle, ses pieds déformés hurlant de douleur. Je sentais la tendresse dont James l’entourait et les doigts de Tim qui voulaient retenir la vie qui s’en allait. Je lisais ses lettres, étalais des photos mangées par le temps sur le couvre-lit à motif fleuri que Mme Barns tenait soigneusement bordé. Le regard que Clive portait sur Rose, la tenant par la main, appuyé sur le capot d’une voiture, me bouleversait, son visage tondu me touchait plus qu’il n’aurait dû. J’usais mes yeux sur l’écriture appliquée du lieutenant Lasalle et buttais à chaque reprise sur les mêmes mots «  une vie indépassable  ».

Gallina, Etats-Unis, dans les années 1970. Parti passer quelques mois dans une petite ville du centre des Etats-Unis, un jeune étudiant français est hébergé par une femme qui lui prête la chambre de son fils. Clive était étudiant. Appelé sous les drapeaux pour aller se battre au Vietnam, il est mort au combat. Tous les objets de son quotidien sont là, intacts et sa courte vie envahit lentement l’esprit du narrateur. Si longtemps après, l’étudiant est devenu un homme et il ne lui est plus possible de repousser encore son rendez-vous avec Clive.


Extraits : « Le malheur vient de ce que nous n’avons pas fait.« 

« L’amitié n’a pas besoin de mots, elle est une présence. »


Mon avis : Alors qu’il séjournait aux États-Unis dans les 1970, Bruno Veyrès fait la rencontre de la mère d’un jeune appelé à combattre au Vietnam. Il découvre la chambre désertée de ce jeune, son uniforme pendu dans une vitrine et dès cet instant, se fascine pour la guerre qui se joue en Asie. Près de 40 ans plus tard, le terrible destin de ce jeune homme envoyé se battre le hante encore. S’inspirant des propos recueillis auprès des proches qu’il avait rencontré dans les années 70, il créait le personnage de Clive Barns, un adolescent de 18 ans, vivant dans un coin reculé de l’Idaho.

Clive vit seul avec sa mère, depuis le décès brutal de son père, survenu dans l’incendie d’une usine. Dès lors, monsieur Cork, le propriétaire de l’usine, également papa de Simon, un garçon du même âge que Clive, détruit par cette nouvelle, se présentera comme le père de substitution du jeune homme. Simon et Clive grandissent comme des frères et ce dernier ira même jusqu’à courtiser Rose, la soeur de Simon. Mais très vite, la réalité reprend ses droits : la guerre du Vietnam n’attend pas, l’Amérique doit envoyer de nombreux jeunes combattre l’avancée du communisme. Et Clive, mal né, issu d’une famille rurale, gaillard robuste et sportif, sera dépêché d’office pour servir son pays. Il partira dix-huit mois dans un bataillon d’infanterie combattre sur la ligne de front.

 

Quelques photos du quotidien des soldats Américains envoyés au Vietnam

C’est une histoire poignante. Poignante parce que réaliste, poignante parce que vécue par des milliers de familles, des milliers de mères qui ont dû se séparer de leurs fils, des milliers de petites amies qui ont dû dire au revoir à l’être aimé, des milliers de frères, de proches, séparés par un continent et peu sûrs de pouvoir se revoir un jour. J’ai été très touchée par cette histoire, au point d’en verser quelques larmes. On se rend compte de l’atrocité de cette guerre, autant pour les soldats envoyés au front, qui doivent vivre dans la peur quotidienne de se faire tuer par un ennemi, que pour les familles et les proches restés au pays, qui, sans nouvelle, s’inquiètent constamment de recevoir une mauvaise nouvelle du front.

Mais derrière l’horreur décrites de ces scènes, se terrent quand même de beaux moments d’amour, d’amitié et d’entraide. La camaraderie qui relie Clive et Simon m’a touchée, tout autant que celle que Clive liera avec ses frères d’armes sur les lignes de front. Les émotions sont exacerbées, peur, colère, tristesse, amour… sont venus tour à tour me chercher, me toucher et bouleverser mon petit coeur tout mou.


Un roman historique qui nous rappelle les horreurs occasionnés par la guerre du Vietnam. Un récit déchirant qui met en scène le destin brisé d’un jeune homme envoyé en ligne de front. Bouleversant !

Ma note : 9/10

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2 réflexions sur “Tout ce que nous n’avons pas fait

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