Littérature française·Roman

Le cas zéro


Le cas zéro de Sarah Barukh

534 pages, éditions Albin Michel


Résumé : Tout commence par un cas. Incompréhensible et inquiétant. Une série de symptômes incohérents et d’une gravité extrême. Laurent Valensi, médecin à l’hôpital Saint-Louis, ne sait comment soigner son patient, un certain Ali Benyoussef.
Déchiré entre sa famille qui veut le protéger d’une éventuelle contamination et un chef de service sans scrupule, il se lance dans une course contre la montre. En dépit de ses doutes, et face aux menaces qui pèsent chaque jour un peu plus sur lui, il va se battre pour sauver cet homme et faire éclater la vérité : si ce patient était le cas zéro de la terrible épidémie qui fait rage aux Etats-Unis et que l’on appelle « le cancer homosexuel » ?
Un thriller angoissant où Sarah Barukh, l’auteur de Elle voulait juste marcher tout droit, nous tient en haleine de la première à la dernière page.


Extraits « – Tu es un meilleur médecin que je ne pensais.
– Pourquoi ? s’étonna Laurent.
– Parce que tu soignes enfin avec ta tête, ton coeur et tes tripes. »

« Les cahiers ne parlaient pas, mais ils savaient écouter. »


Mon avisJusqu’à quel point un médecin est-il prêt à aller pour sauver son patient ? Jusqu’à mettre sa propre vie ou celles des êtres qui comptent le plus pour lui en danger ? Jusqu’à sacrifier sa femme et à sa fille au détriment d’un homme mourant qu’il ne connaît pas ?

Laurent Valensi, médecin interne à l’hôpital de Saint-Louis, est confronté à un patient dont les symptômes sont incohérents et inquiétants. Et si ce patient était atteint de l’épidémie nommée « cancer homosexuel » qui se propage aux États-Unis ? Malgré les menaces de ses supérieurs qui pèsent sur lui, Laurent Valensi va tout mettre en oeuvre pour soigner Ali Benyoussef.

Une course contre la montre est lancée pour Laurent Valensi : son patient est dans un état critique, il doit faire au plus vite pour le soulager. Aidé par Camille, sa stagiaire interne, Simone, une vieille infirmière au caractère bien trempé, et David, un ancien médecin Tunisien reconverti en épicier parisien, l’équipe va s’entraider pour sauver la vie du patient. Un récit haletant, prenant et additif, qui ne laisse pas indifférent.

Bien évidemment, pour ajouter du piment au récit, l’auteure a incorporé un soupçon de magouilles et d’escroqueries internes. Le directeur de l’hôpital de Saint-Louis serait accusé d’empêcher la guérison d’Ali Benyoussef et de financer clandestinement la recherche médicale. Les couloirs de l’hôpital ne sont pas aussi blancs et purs que son aspect semble faire penser.

A travers ce récit, Sarah Barukh met en avant le courage des médecins, qui n’hésitent pas à sacrifier leur vie pour sauver celle des autres. Pour écrire ce roman, l’auteure s’est inspirée de faits réels et de récits de médecins, qui lui ont racontés ce qu’ils avaient vécus à l’hôpital. Les plus perspicaces pourront percevoir une ressemblance entre ce cancer homosexuel nommé « LAV » dans le livre, et le SIDA, apparu dans les années 1980. La réalité et la fiction se mélangent pour donner un roman dynamique, haletant et plein d’émotions.


Un très bel hommage à ces hommes, qui se sacrifient tous les jours pour soigner de parfaits inconnus. Un récit dynamique et bien écrit, que j’ai vraiment apprécié découvrir ! 

Ma note : 8,5/10

Littérature française·Roman

Paris est tout petit


Paris est tout petit de Maïté Bernard

370 pages, éditions Syros, à 17,95€


Résumé : L’histoire d’amour que vous n’oublierez jamais, un roman qui répare et un hymne à Paris
Inès a 17 ans et un objectif : être admise à Sciences Po après le bac. Elle vient de trouver un job de femme de ménage chez les Brissac, dans le 7e arrondissement de Paris, mais elle n’avait pas prévu le coup de foudre intense entre elle et Gabin, le fils aîné de ses employeurs.
 » Paris est tout petit pour ceux qui s’aiment, comme nous, d’un aussi grand amour.  »
Cette phrase de Prévert devient leur credo. Inès et Gabin sont ensemble le soir de l’attentat du Bataclan, quand le pire se produit. Dès lors, leur histoire et la ville qui les entoure prennent d’autres couleurs, celles de l’après.


Extraits « Je sais que j’ai été aimé. Même quand ça s’arrête trop tôt, l’amour des parents est une force pour la vie. Et je peux envisager à nouveau que j’en ai une, de vie. »

« Lisez tous les jours un petit peu. C’est-à-dire : pratiquez, pratiquez, pratiquez. Comme un concertiste. Le jour du concert, le morceau est tellement inscrit dans son corps que ses émotions parasites ne peuvent pas l’empêcher de l’exécuter. De cette manière vous rayonnerez malgré vous. »


Mon avis : Un grand merci à l’opération Masse Critique Babelio, ainsi qu’aux éditions Syros, de m’avoir offert l’opportunité de découvrir ce livre. Paris est tout petit, c’est l’histoire d’amour entre Gabin, un jeune garçon aisé, et Inès, une jeune femme ambitieuse mais qui provient d’un milieu moins favorisé. Malgré leurs différences de classe, les deux ados vont se rencontrer et s’aimer…. jusqu’au 13 novembre 2015, où leur vie va basculer !

Le roman avait mal commencé pour moi. Cette relation qui s’est liée trop rapidement entre la jeune femme de ménage et ce fils de riche, c’était trop simple, trop bâclé, trop évident. J’étais déçue de ce début d’histoire, que je pensais voir perdurer tout au lieu du récit. Mais il n’en est rien, puisque Maïté Bernard a réservée de nombreuses surprises à ses lecteurs. Tout bascule, la petite histoire trop prévisible et un peu gnangnan entre Inès et Gabin se transforme en une véritable tragédie des temps modernes. La vie entière des deux adolescents se voit transformée : alors qu’ils étaient insouciants, amoureux et pleins de vie, l’horreur du Bataclan va les transformer.

C’est une histoire tragique et émouvante que nous raconte l’auteure. La façon dont des vies entières peuvent être brisées en un rien de temps. Famille, amis, collègues… quand l’horreur s’abat sur quelqu’un, la tristesse touche tout le monde. Nous nous glissons dans la peau des victimes, et découvrons comment leur vie a changée, seulement quelques mois après le drame du Bataclan.

Malgré l’horreur des événements décrits, l’histoire n’en reste pas moins gaie et lumineuse. L’amour et Paris restent plus forts que tout ce qu’on peut leur faire subir. Jacques Prévert le disait très bien : « Paris est tout petit pour ceux qui s’aiment comme nous d’un si grand amour« .


Un récit plein d’émotions, qui raconte l’histoire d’une famille brisée par les attentats du Bataclan. Leur quotidien se voit transformé à jamais, mais la vie continue, malgré tout. Un roman rempli d’espoir, qui vous fera passer du rire aux larmes !

Ma note : 8/10

Littérature belge·Roman

La meilleure façon de marcher est celle du flamant rose


La meilleure façon de marcher est celle du flamant rose de Diane Ducret

271 pages, éditions Flammarion, à 19,90€


Résumé : La loi de Murphy n’est rien comparée à la loi d’Enaid : tout ce qui est susceptible de mal tourner tournera plus mal encore qu’on aurait humainement pu le prévoir. Après avoir été quittée à Gdansk par téléphone, Enaid se rend à l’évidence : les fées qui se sont penchées sur son berceau ont dû s’emmêler les pinceaux. Comment expliquer, sinon, la sensation qu’elle a depuis l’enfance qu’il lui a toujours manqué quelqu’un ? Il y a de quoi se poser des questions quand les parents adoptifs sont en fait les grands-parents, que la mère est danseuse de nuit, que le père change de religion comme de famille, que les bunkers de l’ETA servent d’école buissonnière. Et que l’accident d’un instant devient la fracture de toute une vie ? On peut se laisser choir ou faire le saut de l’ange. Être boiteux ou devenir un flamant rose. Sur ses jambes fragiles, tenir en équilibre avec grâce par le pouvoir de l’esprit, un humour décapant et le courage de rester soi.


Extraits « Il m’a toujours manqué quelqu’un, au plus profond de moi, jusqu’au jour où j’ai décidé de ne plus attendre personne. »

« Pourquoi les hommes se mettent avec des femmes qu’ils n’aiment pas vraiment, et en désirent d’autres qu’ils rejettent par peur d’en tomber amoureux et, ô malheur, de s’engager ? »


Mon avis : Je remercie l’opération Masse Critique de Babelio, ainsi que les éditions Flammarion, qui m’ont permis de découvrir ce livre.

Enaid est une jeune femme d’apparence gaie et joyeuse, qui cache en fait un mal-être et des secrets qui la rongent. Elle nous raconte sa vie, jalonnée d’obstacles douloureux : des parents absents, un avortement dès l’adolescence, la violence physique et la drogue…

J’avoue avoir été décontenancée par ce roman. La couverture est colorée et gaie, le titre joyeux, les premières pages du livre totalement hilarantes, soit autant d’éléments qui me faisaient penser à un roman « chick-lit », léger et rigolo. Mais il n’en est rien, puisque rapidement l’histoire devient triste, presque tragique. La Enaid du début se dévoile, et l’on découvre une femme bouleversante, qui raconte avec gravité l’histoire de sa vie.

A l’intérieur de ce livre, il n’y a que très peu d’actions, tout est dans l’affect, le sentiment, l’émotion. Je vous avoue que le début du livre (la partie la plus marrante de l’histoire) était excellent, je me suis bien marré aux côtés d’Enaid, cette femme au courage et à l’humour décapant. Mais lorsque l’histoire annonce son tournant tragique, j’ai été tellement déboussolée et déçue de ne plus percevoir d’humour dans le personnage de Enaid, que je ne me suis pas impliqué dans le récit et, de ce fait, n’ait pas adhéré à l’histoire contée. C’est bien dommage, puisque l’auteure a du potentiel et une écriture sympathique.


Un roman sympathique, mais pas exceptionnel. C’est une histoire pleine d’émotions, qui repose uniquement sur l’affect du lecteur. J’ai passé un bon moment, mais je n’en garde pas un souvenir mémorable.

Ma note : 5/10

Littérature finlandaise·Roman

L’Armoire des robes oubliées


L’Armoire des robes oubliées de Riika Pulkkinen

422 pages, éditions Le Livre de Poche, à 7,60€


Résumé : Alors que sa grand-mère Elsa se meurt d’un cancer foudroyant et que tous ses proches se rassemblent pour adoucir ses derniers jours, Anna découvre que, derrière le mariage apparemment heureux de ses grands-parents, se cache un drame qui a marqué à jamais tous les membres de sa famille.
Une vieille robe trouvée par hasard, et dont elle apprend qu’elle aurait appartenu à une certaine Eeva, va réveiller le passé. Cette Eeva, dont on ne lui a jamais parlé, aurait été, dans les années 60, la nourrice de sa mère. Mais Anna ne tarde pas à comprendre qu’elle a été beaucoup plus qu’une employée et que son grand-père, peintre célèbre, l’a profondément aimée…


Extraits « L’enfant naît, sa mère apprend à le connaître, petit à petit, année après année. Et puis viennent d’autres gens sous l’influence desquels il devient un étranger. »

« Les relations entre les gens sont comme des bois touffus. Ou bien les gens eux-mêmes sont des forêts, les sentiers s’ouvrent en eux l’un après l’autre, chemins se demeurant mutuellement inconnus, ne débouchant que par hasard sur les voies qui conduisent au bon endroit. »


Mon avis : J’avais acheté ce livre il y a plusieurs années maintenant, suite à de nombreux avis positifs que j’avais lu sur la Toile. Une envie subite m’a fait le ressortir de ma Pile à Lire. J’étais enthousiaste à l’idée de pouvoir enfin découvrir ce récit, mais malheureusement, je ressors déçue de cette lecture.

La grand-mère de Anna, Elsa, est atteinte d’un cancer foudroyant tant et si bien que ses jours sont comptés. Alors que la jeune fille tente de profiter un maximum de la présence de sa grand-mère, elle va faire une découverte qui va changer la perception de sa famille. En effet, elle découvre que ses grands-parents n’ont pas toujours été aussi heureux qu’ils le laissent percevoir. Alors que sa mère n’était encore qu’une enfant, Elsa et son mari ont embauchés Eeva, une nourrice, pour s’occuper de leur fille. Mais au fil des jours, des semaines, des mois puis des années, Eeva deviendra bien plus qu’une simple nourrice.

Pour mon plus grand malheur, je n’ai pas réussi à entrer dans l’histoire. Les personnages ne m’ont pas émus, ils ne m’ont pas particulièrement touchés, je suis resté un peu étrangère à eux. Leurs traits de caractères n’étaient pas assez prononcés, ils n’avaient pas l’originalité et la singularité qui fait qu’on se souvient parfaitement d’eux. C’est surtout qu’avec la densité des personnages, il est dur de se repérer, d’autant plus que le récit alterne entre les points de vues et les époques. Il faut s’accrocher et bien se concentrer pour replacer chaque personne dans son époque avec le bon statut !

J’ai trouvé que la tonalité générale du récit manquait d’émotions. Peut-être est-ce un choix de l’auteure de laisser de la pudeur autour des personnages et de leur histoire, de ne pas trop s’épancher pour ne pas virer au pathos et aux larmes, dans ce cas, c’est raté pour moi, je n’ai pas accroché.

De plus, j’ai trouvé l’histoire un peu banale, elle manquait d’originalité, d’un je-ne-sais-quoi qui aurait donné plus de dynamisme au récit et l’aurait rendue unique. En somme, je suis un peu déçue de cette lecture que j’avais espéré apprécier.

Cela n’enlève rien au fait que l’écriture de Riika Pulkkinen est irréprochable, tout en tendresse et en douceur. Même si ce roman n’a pas été à la hauteur de mes espérances et ne m’a pas emporté, peut-être que vous saurez l’apprécier autrement que moi.


Un récit tendre et beau, mais qui ne m’a pas touché. L’histoire est banale et manque de dynamisme. Dommage…

Ma note : 3/10

Littérature anglaise·Roman·Roman psychologique

L’ombre de l’autre femme


L’ombre de l’autre femme de Dorothy Koomson

569 pages, éditions Charleston Noir, à 8,90€


Résumé : Libby vit une belle histoire avec Jack, jusqu’au jour où un terrible accident de voiture jette un voile de soupçon sur son mariage. Eve, la première femme de Jack, est morte dans d’étranges circonstances. Libby doit-elle également se croire en danger ?
En mettant la main sur le journal intime d’Eve, elle comprend que ses craintes sont plus que fondées. Dans sa grande demeure de Brighton, Libby sent la menace se rapprocher…


Extraits « Si vous n’aviez pas le choix, si vous deviez décider entre votre vie et la sienne, vous choisiriez la vôtre. Moi, je choisirais la sienne. Toujours. »

« Quand il s’est effondré sur le lit, il s’est mis en tête de me faire promettre que je ne mourrais pas en premier. Si je devais mourir, je devais le prévenir pour qu’il puisse se suicider et ne pas avoir à vivre sans moi. »


Mon avis : Les éditions Charleston, spécialisées dans les histoires de femmes, sortent une nouvelle collection de roman : Charleston Noir. Dans cette collection, les lecteurs pourront découvrir des thrillers ou romans policiers qui mettent en scène des protagonistes féminines. Intriguée par cette nouveauté, je me suis laissé tenter par L’ombre de l’autre femme de Dorothy Koomson, le premier thriller publié aux éditions Charleston Noir.

Libby rencontre Jack, un homme avec qui elle entretient une relation amoureuse, puis se marie. Tout se passe au mieux dans leur couple, jusqu’au jour où Libby et Jack sont impliqués dans un accident de voiture. Jack est indemne, mais Libby salement amochée. Au-délà des dégâts matériels et physiques, cet accident va mettre en lumière le passé de Jack. En effet, avant de connaître Libby, Jack a été marié à Eve, une jeune femme qui s’est tuée dans les escaliers de leur maison. Sans le vouloir, Libby va mettre la main sur le journal intime d’Eve et va découvrir des choses qu’elle n’aurait jamais dû découvrir.

C’est une enquête passionnante et prenante que nous livre l’auteure. Dès le début du récit, j’ai été littéralement embarquée dans cette histoire. Les actions sont récurrentes, les révélations permanentes, donc le récit est dynamique et vivant.

Ma lecture s’est découpée en plusieurs temps, avec d’abord le début du roman, qui était très prenant, puisqu’on apprend à connaître les personnages et à s’y attacher. Ensuite le milieu du récit, qui s’étirait un peu en longueur, avec quelques répétitions et des passages pas forcément pertinent. Puis le dénouement final, qui a remonté mon intérêt pour l’histoire, puisqu’il offre suspenses et surprises. Des moments de lectures un peu inégalitaires, mais l’histoire reste dans l’ensemble très bien.

Le personnage de Eve m’a plus touché que celui de Libby ou de Jack. En effet, à travers les journaux intimes d’Eve, nous plongeons dans son intimité et découvrons tous ses secrets. L’auteure s’est plus attardé à développer le personnage d’Eve au détriment de ceux de Libby ou de Jack, qui ont été effacés et relégués au second plan. D’où le manque d’empathie et le peu d’attachement que j’ai ressenti à leurs encontre.

Un roman qui se déroule avec souplesse et fluidité. Sans vouloir vous dévoiler l’intrigue principale, sachez que ce livre s’adresse à un public adulte et averti, puisqu’il aborde longuement la thématique de la prostitution.


Plongez au coeur des secrets d’une vie bien difficile. Un premier Charleston Noir convaincant qui me donne envie d’en découvrir d’autres. 

Ma note : 7/10

Littérature française·Roman

L’amour propre


L’amour propre de Olivier Auroy

263 pages, éditions Intervalles, à 19€


Résumé : Au salon de massage de luxe de M. Victor, rue de Courcelles, entre les mains habiles de Waan, les hommes s’abandonnent. Depuis qu’elle est devenue orpheline, Waan est reconnaissante envers M. Victor, un ancien associé de son père, de lui avoir évité la fin tragique de la plupart des filles de sa condition en Thaïlande. Mais toute protection a un prix, que M. Victor n’oublie pas de réclamer entre deux symphonies.
Et si l’écrin somptueux dans lequel elle pratique aujourd’hui n’a rien à voir avec les arrière-cours miséreuses de Chiang Rai, depuis quelques semaines Waan ressent une inquiétude diffuse. Waan rêve alors de tout changer. Ne plus masser le corps des hommes. Mais a-t-on toujours le choix ? L’Amour propre est un thriller osé, palpitant et implacable dans l’univers clos et énigmatique des salons de massage.
C’est aussi une réflexion sans concession sur le rouage cruel et douloureux que peut constituer le désir des hommes et un plaidoyer radical pour le respect de celui des femmes.


Extraits  « Le destin nous embarque parfois dans des aventures auxquelles nous ne sommes pas préparées. »

« Je voulais être libre, sans attache, sans responsabilité, sans maître. Je me suis fait des illusions. On a toujours un maître, il prend toutes les formes, celle d’un patron, celle d’une famille, celle de l’argent et dans mon cas, celle de l’actualité qui conditionne mon existence. Le secret, c’est d’avoir plusieurs maîtres et de ne jamais laisser l’un d’eux prendre le dessus. »


Mon avis : Wann est orpheline et travaille dans un salon de massage à Paris pour subvenir à ses besoins. Elle est sous les ordres de M. Victor, l’homme qui l’a sortie de Thaïlande en lui promettant une vie meilleure. Elle se sent redevable envers lui et n’hésite pas à assouvir ses désirs, même les plus pervers. Mais cette vie n’est pas celle à laquelle aspire Wann, qui espère de tout coeur pouvoir partir de ce salon, retrouver son fils et mener une vie digne de ce nom. Sa rencontre avec Matthieu semble sonner le glas d’une nouvelle ère.

Olivier Auroy aborde une thématique peu commune et compliquée à traiter : la prostitution. Vous l’aurez compris, dans ce salon de massage, les filles vont souvent plus loin que les simples massages. M. Victor est une sorte de proxénète, qui dirige un réseau de filles « masseuses ».

Certaines personnes peuvent être révoltées de lire un ouvrage tel que celui-ci, dans lequel l’image même de la femme est avilie et salie, réduite à un simple objet sexuel. A mon sens, mettre en lumière une telle chose, avec autant de froideur et de crudité, permet de démontrer la perfidie et la perversité des hommes. On pourrait croire que le portrait que dresse l’auteur de certains des hommes est caricaturé et un peu exagéré, mais pourtant, il ne faut pas aller bien loin pour découvrir le manque de respect que peuvent avoir certains hommes envers les femmes. Forcer le trait, montrer des choses révoltantes, des violences physiques et psychologiques, peut faire prendre conscience, autant aux hommes qu’aux femmes de ce qu’il faut faire (ou ne pas faire) pour aller vers une intégrité et une égalité des sexes.

De plus, une enquête est menée en arrière-fond du récit pour découvrir ce qui a bien pu arriver à notre jeune protagoniste. Après le décès de ses parents, elle s’est retrouvée à la rue, à la merci de tous, obligée d’obéir aux hommes pour pouvoir survivre. Mais à bien y réfléchir, le décès de son père, était-il vraiment un accident comme l’affirme M. Victor ? Cette intrigue nous donne envie d’en apprendre plus et nous force donc à poursuivre avec frénésie notre lecture.

J’ai apprécié le trait stylistique de l’auteur, qui manie avec sensualité et précision les mots. Il a réussi à instaurer une ambiance particulière à son récit, qui perturbe notre esprit, tant l’histoire est peu commune, mais qui, en même temps, attire et intrigue.


L’amour propre est un roman déroutant mais percutant, qui interpelle et aiguise la curiosité. C’est un récit sous fond d’enquête, qui représente un véritable plaidoyer en faveur des femmes. 

Ma note : 7/10

Littérature américaine·Roman

Bon retour à la maison


Bon retour à la maison de Debbie Macomber

333 pages, éditions Charleston, à 19,90€


Résumé : En grandissant, Cassie Carter et ses soeurs, Karen et Nichole, étaient extrêmement proches. Jusqu’à ce qu’un événement les sépare… Après l’université, Cassie a fui sa maison pour épouser un homme mauvais, jetant aux orties ses études et brisant le coeur de ses parents.
À maintenant 31 ans, Cassie est de retour à Washington avec sa fille, espérant laisser son passé derrière elle. Après avoir mis fin à un mariage compliqué, elle tente de reconstruire le puzzle de sa vie. Malgré ses tentatives, elle n’a jamais réussi à faire la paix avec ses soeurs. Karen, la plus âgée, est une femme occupée, entre sa carrière et l’éducation de ses deux enfants. Et Nichole, la plus jeune, est une mère au foyer dont le mari passe tous les caprices.
Mais un jour, Cassie reçoit une lettre de Karen, qui laisse espérer une réconciliation. Et alors que Cassie se permet de croire à l’avenir, en s’excusant auprès de ses soeurs et en trouvant l’amour, elle réalise le pouvoir de la compassion, et la possibilité d’un nouveau départ…
Un merveilleux roman sur la persévérance et la confiance, un voyage excitant à travers les challenges et les joies de la vie.


Extraits  « Qui n’a pas subi de violences conjugales ne peut pas comprendre qu’une victime hésite à témoigner, à mener l’agresseur derrière les barreaux. Il faut être passé par là pour mesurer tout le courage, toute la volonté, toute la ténacité nécessaires pour se tenir face au jury et admettre ce qu’on a enduré. »

« Vous êtes une des femmes les plus fortes que je connaisse. Vous avez échappé à un mariage violent. Vous avez eu le courage de poursuivre votre mari en justice et de l’affronter au tribunal. Ensuite, vous êtes repartie de zéro afin de bâtir une nouvelle vie pour votre fille et vous. À mes yeux, il faut du courage pour faire ça ; il faut être une femme forte. »


Mon avis : C’est toujours un plaisir de lire une romance signée par Debbie Macomber. Je sais que l’histoire sera légère, agréable à lire et toujours remplie de positivité et d’amour,

Bon retour à la maison est une histoire émouvante, qui raconte le dur combat de Cassie pour vaincre les violences conjugales et se reconstruire. A 18 ans, alors qu’elle apprend qu’elle est enceinte, Cassie désobéit et s’enfuit de chez ses parents avec l’homme qui deviendra son mari. Durant de longues années, Cassie ne reverra plus ni ses parents ni ses soeurs. Jusqu’au jour où, libéré de l’homme avec qui elle pensait faire sa vie, la jeune femme entrevoit une possibilité de réconciliation avec ses deux soeurs qu’elle aimait tant.

J’ai particulièrement apprécié le personnage de Cassie. C’est une femme forte, courageuse et déterminée, qui a la capacité très rare à faire passer les autres avant elle. Cassie a vécue des épreuves terribles dans sa vie, qui la marqueront à jamais. Malgré cela, la jeune femme a su garder la tête hors de l’eau pour remonter la pente et reprendre goût à la vie. Une reconstruction qui s’est avérée difficile, mais vitale. C’est surtout grâce à sa fille qu’elle a réussie à s’en sortir, puisqu’elle constitue un moteur pour Cassie, la poussant à se dépasser sans cesse et à s’en sortir. Leur complicité est touchante à voir, surtout la manière dont sa fille tente par tous les moyens d’aider sa mère à atteindre le bonheur.

C’est un roman émouvant, qui met en scène des personnages touchants, qui nous livrent leur histoire familiale. Projeté dans leur intimité, nous ressentons avec force les émotions qu’ils traversent. J’aurais quand même souhaité percevoir plus d’intensité dans le récit, notamment dans des moments clés comme leurs retrouvailles, qui ont été, à mon sens, un peu minimisés.

Ce récit met en avant des valeurs qui sont, à mes yeux, très importantes, comme la solidarité ou l’entraide. Cassie, en tant qu’ancienne femme battue, donne de son temps à une association pour aider les femmes qui sont actuellement dans cette situation. Autre exemple probant : Cassie a rejoint une association dont le concept est innovant et amène à réfléchir : donner de son temps pour aider d’autres personnes à construire leur maison, puis construire soi-même sa maison avec l’aide d’autres personnes. Même si ce concept de donner de son temps pour bâtir sa maison est un peu surréaliste dans notre époque moderne, j’ai pris cela comme une allégorie : il faut travailler dur pour mériter toute chose et aider les autres pour espérer qu’on nous aide aussi.

Une histoire familiale agréable à suivre, qui montre que les liens du sang sont plus forts que tout et ne peuvent jamais se rompre. Cette famille en est l’exemple même : après des années d’absences, les retrouvailles sont fortes et émouvantes.


Une belle et douce romance, qui redonne espoir en la vie et en l’avenir.

Ma note : 6,5/10