Le soir du chien


Le soir du chien de Marie-Hélène Lafon
140 pages, éditions Points, à 5,90€


Résumé : Dans un petit village du Cantal, Laurent, la trentaine, vit encore chez sa mère. Il rencontre Marlène, qui vient de Normandie, et dont il tombe amoureux. Ensemble, ils s’installent en haut du village, dans une maison isolée, pour des mois de bonheur lumineux. Mais bientôt leur amour se heurte au conformisme des villageois d’en bas. Un soir, leur chien se fait renverser par une voiture, Marlène rencontre le vétérinaire, et tout est changé…

Dans ce premier roman à l’écriture concise, Marie-Hélène Lafon multiplie les points de vue et confronte les voix de ses personnages pour mieux faire affleurer leur part d’intimité.


Extraits« Aujourd’hui, 18 juin 1967, j’ai eu dix ans. Mamie m’a offert ce carnet et je commence ce journal pour me souvenir de tout. Mamie dit qu’il faut se souvenir. Elle me parle souvent de mon oncle Georges que je n’ai pas connu parce qu’il est mort avant ma naissance. Il est mort très jeune, à seize ans. Il avait six ans de plus que moi. Elle dit qu’il faut se souvenir pour que les morts soient moins morts. Moi je crois qu’on n’est pas plus ou moins mort ; on est mort et c’est tout.« 

« Les hommes sont comme ça ; le plaisir, et après, les femmes se débrouillent ; bien bêtes aussi. Moi je l’ai coincé le Georges ; je l’ai tenu ; la dragée haute ; ça c’est beau. On se marie, on se fixe, on s’installe ; avec une bonne mise de fonds, on s’établit, on travaille, on a rien sans rien. »


Mon avis : Le soir du chien est le premier roman écrit par Marie-Hélène Lafon, qui reçoit immédiatement un accueil enthousiaste vis-à-vis du public et notamment des jeunes, qui lui octroient le Prix Renaudot des lycéens en 2001. Curieuse de découvrir cette auteure, je me suis lancée dans la lecture de cette histoire, sans me douter un seul instant que j’allais être déçue.

Car oui, je n’ai pas aimé ce livre. Le récit est simple : Laurent et Marlène vivent une jolie histoire d’amour, jusqu’à ce que leur chien se fasse renverser par une voiture. Marlène se rend chez le vétérinaire pour le faire ausculter et tombera sous le charme du soignant. Vous l’aurez compris, ce n’est pas une histoire remplie d’actions, mais bien un récit psychologique, qui s’appuie sur des sensations profondes, sur une psychologie des personnages, sur une définition personnelle des sentiments amoureux.

Je n’ai absolument pas ressenti d’émotions et me suis ennuyée durant l’ensemble de ma lecture. Heureusement que celle-ci ne faisait que 140 pages, sinon, j’aurais abandonné depuis longtemps. La trame narrative était en elle-même assez complexe à suivre, avec une alternance des personnages et des points de vue qui n’était pas marqué ; si bien qu’on se perdait facilement entre chacun. Impossible de comprendre qui prenait la parole à quel moment, impossible de s’y retrouver entre les personnages, de comprendre leurs sentiments, leurs déboires, leurs objectifs… Aucun cheminement logique, c’est bien dommage !


Un roman qui a sans doute mal vieilli : malgré un prix Renaudot des lycéens en 2001, je l’ai trouvé sans saveur, ennuyant, je suis passé à côté de toute trace d’émotions.

Ma note : 2/10

Pour lire plus d’avis

 

ISBN : 978-2-02-061203-6

Bonjour tristesse


Bonjour tristesse de Françoise Sagan
153 pages, éditions Pocket


Résumé : La villa est magnifique, l’été brûlant, la Méditerranée toute proche. Cécile a dix-sept ans. Elle ne connaît de l’amour que des baisers, des rendez-vous, des lassitudes. Pas pour longtemps. Son père, veuf, est un adepte joyeux des liaisons passagères et sans importance. Ils s’amusent, ils n’ont besoin de personne, ils sont heureux. La visite d’une femme de cœur, intelligente et calme, vient troubler ce délicieux désordre. Comment écarter la menace ? Dans la pinède embrasée, un jeu cruel se prépare.
C’était l’été 1954. On entendait pour la première fois la voix sèche et rapide d’un  » charmant petit monstre  » qui allait faire scandale. La deuxième moitié du XXe siècle commençait. Elle serait à l’image de cette adolescente déchirée entre le remords et le culte du plaisir.


Extraits« On s’habitue aux défauts des autres quand on ne croit pas de son devoir de les corriger.« 

« La difficulté que j’eus à me séparer de lui m’étonna. S’il avait cherché des liens pour me retenir, il les avait trouvés. Mon corps le reconnaissait, se retrouvait lui-même, s’épanouissait contre le sien. Je l’embrassais passionnément, je voulais lui faire mal, le marquer pour qu’il ne m’oublie pas un instant de la soirée, qu’il rêve de moi, la nuit. Car la nuit serait interminable sans lui, sans lui contre moi, sans son habileté, sans sa fureur subite et ses longues caresses. »


Mon avis : Bonjour tristesse est le premier roman écrit par François Sagan, publié en 1954, alors qu’elle n’avait que dix-huit ans. Son livre connaît un succès foudroyant dès sa sortie et ne cessera de se vendre à travers le monde, avant d’être adapté à la télévision française et américaine. Bonjour tristesse sera suivi de plusieurs centaines d’autres histoires écrites par l’auteure, qui ne connaîtront jamais le même succès que son premier récit. C’est avec une grande curiosité et beaucoup d’envie que je me suis plongé tête la première dans ce monument de la littérature française.

Nous faisons la connaissance de Cécile, une jeune adolescente parisienne, en vacances avec son père Raymond et Elsa, la compagne de ce dernier, dans une belle villa de la Côte d’Azur. Au programme de ces vacances d’été : soleil, baignade et rigolade. C’était sans compter sur l’arrivée inopinée d’Anne, une amie de la mère de Cécile, décédée lorsqu’elle était plus jeune. L’ambiance devient rapidement électrique à la villa : Anne et Elsa se regardent en chien de faïence, l’une et l’autre tentant vainement de courtiser le beau et riche Raymond. Quant à Cécile, elle tente de maintenir tant bien que mal sa relation avec son père, qu’elle voit se distendre sous ses yeux. De nature égoïste, elle mettra tout en oeuvre pour obtenir sa vengeance et séparer les prétendantes de son père de ce dernier.

C’est un texte très court que nous offre François Sagan – 150 pages seulement -, à l’écriture aérienne et légère, puisque l’histoire se déroule pendant une période de vacances, sous le doux soleil méditerranéen.  Néanmoins, la thématique abordée est bien plus développée et nuancée qu’il n’y paraît de prime abord. En effet, l’auteure a travaillée avec finesse l’ensemble de ses personnages, pour en faire des êtres aux sentiments bien réels, se rapprochant le plus possible de la réalité des choses. C’est-à-dire qu’elle brosse un portrait savamment détaillé de la nature humaine dans tout ce qu’elle a de plus complexe. Cécile, notre héroïne, se noie dans des sentiments parfaitement contradictoires, qui viennent bouleverser son quotidien : amour/haine, jalousie/générosité, solitude/compagnie… C’est une jeune femme immature, capricieuse, égoïste, qui ne sait pas franchement ce qu’elle veut, qui est habituée à l’opulence, au luxe, à l’argent facile et qui refuse catégoriquement qu’une situation lui échappe. Ainsi, il est difficile de saisir complètement l’ensemble de ses traits de caractère : tantôt désinvolte, parfois cruelle, Cécile est en proie à un combat intérieur qui la déstabilise elle-même.

Elle met sur pied des plans machiavéliques pour séparer son père de son amante. Aidée par Cyril, un beau jeune homme dont elle s’est éprise et d’Elsa, une belle femme séduisante, elle va user de malice pour déjouer les sentiments de son père. C’est alors qu’on se rend compte réellement de la complexité du personnage de Cécile, perdue entre la culpabilité d’infliger de telles épreuves à son père et l’envie profonde de contrôler la situation, grisante, perfide. 

Enfin, l’auteure aborde l’amour comme un sentiment frivole, débridé, dans une France du milieu du XXème siècle, encore quelque peu frigide face à tant de décadence. Il plane un soupçon de scandale autour de Bonjour tristesse dans le sens où Françoise Sagan parle de la sexualité de façon progressiste, ouverte, avec cet homme, le père de Cécile, qui courtise ouvertement deux femmes à la fois. Il souffle un vent d’insouciance, de candeur et de liberté autour de ce roman, bien éloigné des moeurs de l’époque. Le personnage de Cécile est également contraire aux idées que l’on pourrait se faire d’une jeune fille convenable de 1950 : elle est libre de ses actions, arrogante, égoïste, séductrice, manipulatrice, loin de tous les jugements moraux appropriés pour une jeune demoiselle de son âge – soumission, inactivité, oisiveté. Je comprends que ce livre ait pu faire parler de lui à l’époque (d’autant qu’il a été publié par Françoise Sagan alors qu’elle n’avait que 18 ans), fort heureusement, les normes ont évoluées depuis et cette histoire ne paraît plus du tout scandaleuse.


Un récit progressiste pour l’époque, tantôt triste ou joyeux, un tantinet monotone toutefois, il nous met face aux complexités de la nature humaine quand il s’agit de laisser parler son coeur et ses sentiments. J’ai apprécié découvrir ce monument de la littérature française.

Ma note : 7/10

Pour lire plus d’avis

 

ISBN : 2-266-12774-8

Cette nuit-là


Cette nuit-là de Victoria Hislop
291 pages, éditions Les Escales, à 20€


Résumé : Le 25 août 1957, la colonie de lépreux de l’île de Spinalonga ferme ses portes. Maria retourne à Plaka, en Crète, avec son mari, le docteur Kyritsis. Mais alors que la soirée de célébration pour fêter leur retour bat son plein, sa sœur Anna est assassinée par Andreas, son mari, lorsqu’il découvre qu’elle a pour amant son cousin Manolis.
Ce drame aura des effets dévastateurs pour toute la communauté de Plaka. Manolis quitte la Crète pour la Grèce ; loin de son île, il s’efforce de se reconstruire. Andreas tente d’expier son crime en prison. Maria, quant à elle, choisit le chemin du pardon en rendant visite à Andreas.
C’est ce drame qui révélera finalement Manolis, Maria et Andreas à eux-mêmes.

Près de dix ans après la publication de L’Île des oubliés, Victoria Hislop redonne vie aux personnages qui ont ému plus d’un demi-million de lecteurs français.


Extraits« Les coeurs étaient pareils à de jolis bibelots. Et elle en savait quelque chose, elle qui collectionnait des centaines de figurines en porcelaine. Lorsque celles-ci se retrouvaient en miettes, on pouvait toujours les recoller, toutefois, même si l’on était d’une grande adresse, les fines lignes de fonction entre les morceaux restaient à jamais visibles.« 

« Les décisions qui transforment une existence se prennent souvent plus facilement que celles qui sont plus triviales. »


Mon avis : Dix ans après sa dernière parution livresque, L’île des oubliés, qui a connue une renommée mondiale, Victoria Hislop revient avec un nouveau roman : elle a imaginée la suite de ce livre plébiscité dans le monde entier. J’ai été surprise par cette nouvelle, mais particulièrement heureuse de pouvoir me replonger en Crète, aux abords de l’île de Spinalonga, longtemps utilisée pour parquer les personnes atteintes de la lèpre, devenue aujourd’hui une attraction touristique. Dans ce second volume, l’auteure redonne vie aux personnages qui ont marqué L’île des oubliés, et met sur le devant de la scène certains héros secondaires du premier tome.

Dans Cette nuit-là, nous apprenons qu’Anna, mariée à Andreas, entretient une liaison avec le cousin de ce dernier, Manolis. Lorsque son mari l’apprend, fou de rage et de jalousie, il assassine froidement sa femme et se devient la honte et le déshonneur de la famille Vandoulakis. Manolis, conscient qu’il est indirectement la cause de ce terrible drame, décide de quitter la Crète pour recommencer une nouvelle vie à Athènes. Maria, la soeur de feu Anna, enfin guérie de la lèpre, quitte Spinalonga pour rejoindre la côte, aux côtés de son nouveau mari, également son sauveur : le docteur Kyristsis. Devenue stérile en raison de sa maladie, Maria décide d’adopter la petite fille de sa défunte soeur, de l’élever avec son mari comme si elle était la leur, en lui cachant la triste vérité sur ses parents. En parallèle, Maria rend visite une fois par mois à son beau-frère prisonnier, pour lui donner des nouvelles de sa fille, pour tenter de comprendre son geste et essayer de lui pardonner.

J’ai beaucoup aimé cette suite de L’île des oubliés, même si l’histoire est très différente. Alors que le contexte historique était au coeur du récit du premier tome, l’auteure développe dans Cette nuit-là une histoire familiale et dramatique, bien éloignée de l’expérience vécue sur l’île de Spinalonga. C’est un angle nouveau, très intéressant, qui s’intéresse plus aux personnages, à leurs états d’âme, à leurs actions, plutôt qu’au contexte global. Les conflits familiaux sont légion : tromperies, mensonges, secrets… les rebondissements n’en finissent pas de parsemer le récit. Les temps morts sont rares, le rythme est soutenu, intense, les chapitres sont courts et défilent à une vitesse surprenante.

À la fin de son livre, Victoria Hislop raconte avec émotions le contexte qui lui a donné l’idée d’écrire cette histoire sur Spinalonga et la léproserie du XXème siècle. C’est une thématique peu commune, qui peut rebuter – qui a d’ailleurs fait peur à bon nombre d’éditeurs, comme elle nous l’explique -, mais qui a le pouvoir de mettre en lumière l’atrocité inhumaine dont étaient capables nos ancêtres face à cette maladie qu’ils ne contrôlaient pas. C’est une très bonne idée d’expliquer la genèse de la création de son histoire, ce qui a fait naître l’idée originelle, ce qui a poussé l’auteur à développer ses personnages, à créer une atmosphère singulière et à s’étendre sur des thématiques particulières. Je pense que chaque auteur devrait songer à dérouler le fil de leur histoire de cette manière, afin d’être encore plus intime vis-à-vis de leur lectorat.


Dix ans après L’île des oubliés, Victoria Hislop nous offre une suite inattendue mais intéressante, qui place les protagonistes du premier tome au coeur d’une saga familiale trépidante. Peut-être l’auteure nous fera-t-elle l’honneur d’un troisième tome ?

Ma note : 8/10

Pour lire plus d’avis

 

ISBN : 978-2-36569-583-1
Traduction : Alice Delarbre

La vie qu’on m’a choisie


La vie qu’on m’a choisie de Ellen Marie Wiseman
527 pages, éditions Faubourg Marigny, à 21€


Résumé : Un soir d’été de 1931, Lilly Blackwood remarque les lumières d’un cirque depuis la fenêtre de sa mansarde. La petite fille a interdiction d’explorer les alentours de Blackwood Manor… Elle n’est même jamais sortie de sa petite chambre. C’est pour sa sécurité, lui répète sa mère, car Lilly fait peur. Mais cette nuit-là, elle est emmenée en dehors de la propriété, pour la première fois. Et elle est vendue au cirque.
Deux décennies plus tard, Julia Blackwood hérite du manoir de ses parents et de leur élevage de chevaux. Elle espère que revenir sur le lieu de son enfance pourra effacer de douloureux souvenirs. Mais elle va découvrir une mansarde jamais ouverte, et les photos d’un cirque mettant en avant une étonnante jeune femme… Au début, le cirque des Frères Barlow n’est qu’une nouvelle prison pour Lilly. Mais au sein de ce monde violent et hétéroclite, Lilly va découvrir la force, l’amitié, et un lien incroyable avec les animaux.
Rapidement, grâce aux éléphants Pepper et JoJo, et à leur dresseur, Cole, Lilly n’est plus seulement une petite attraction, mais le clou du spectacle… jusqu’à la tragédie.


Extraits« Non, il n’est pas fou. Simplement, certaines personnes pensent que si quelqu’un est différent à l’extérieur, alors il l’est aussi à l’intérieur.« 

« Beaucoup de gens méprisent les forains. On ne nous fait pas confiance. Mais un cirque, c’est un endroit où une personne peut gagner sa vie même en ayant perdu les possessions que la société traditionnelle lui dicte d’avoir. »


Mon avis : Attention, coup de coeur en vue ! L’histoire se passe en 1931. La petite Lilly est différente des autres enfants ; pour la protéger, ses parents l’ont donc enfermée dans sa chambre, seule pièce qu’elle a connue de toute sa vie. Aussi, lorsqu’elle voit de sa fenêtre un cirque s’installer dans le lointain, la petite fille est aux anges et rêve de voir et toucher les animaux. Lorsque sa mère pénètre dans sa chambre en lui disant de mettre sa plus belle robe, Lilly pense qu’elle va pouvoir enfin découvrir le monde extérieur et voir le cirque de plus près. Sauf qu’au lieu d’assister à une représentation, la mère de Lilly la vend aux forains. La petite fille, désorientée, paniquée, apeurée, s’effondre de tristesse et d’effroi. Est-elle si différente des autres ? Quelle particularité physique effrayait tant ses parents pour qu’ils décident de se débarrasser d’elle ? Bien malgré elle, Lilly va devoir s’intégrer à cette grande famille de forains.

En parallèle de cette histoire, nous plongeons quelques années plus tard, en 1956, aux côtés de Julia Blackwood. Suite au décès de sa mère, Julia hérite de la propriété familiale, un grand manoir isolé, où sont élevés des chevaux d’exception. En retournant sur les lieux de son enfance, elle va découvrir d’un oeil neuf certaines pièces de la maison et sera surprise de constater que les murs du manoir renferment bien des secrets précieusement enfouis. L’alternance des points de vue entre le passé et le moment dit « présent », rend le récit dynamique et d’autant plus intriguant. On se demande quel lien peuvent bien avoir ces deux protagonistes, tout en ayant tout de même une petite idée derrière la tête.

D’emblée, j’ai été happée par l’univers fantastique du cirque, par l’itinérance et le vagabondage des artistes, toujours en mouvement, se couchant dans une ville pour se réveiller dans l’autre. J’ai été époustouflée par les numéros spectaculaires, étonnants, les talents des uns et l’audace des autres. Il n’y a pas à dire, le cirque, dans le référentiel commun, est rattaché à l’enfance dans ce qu’il a de magique, d’extraordinaire, d’époustouflant. Chacun redevient enfant en voyant des éléphants reproduire des performances insensées, des clowns hilarants, des tours de magies inexplicables. Malheureusement, Lilly se retrouve dans le musée des curiosités, où des personnes handicapées, différentes, souvent étiquetées comme des monstres, sont exposées au vu de tous les curieux. Chacun y va de son commentaire, critiquant ouvertement les particularités physiques de chacun des êtres du spectacle. C’est une attraction assez spécifique, qui peut être choquante d’un point de vue éthique, mais qui pourtant, a bel et bien existé jadis.

Plus que jamais au coeur de l’actualité, on peut également se questionner sur la présence des animaux sauvages dans les cirques, leur représentation et leur traitement par les forains. Dans un passé pas si lointain, nous pouvions encore admirer les lions sauvages, élevés en captivité, se produire sur la piste du cirque, avant de retourner tourner en rond dans sa petite cage étriquée. Aujourd’hui, près d’une trentaine de pays interdisent totalement la présence d’animaux sauvages dans les cirques, tandis que la France entend bien interdire progressivement leur apparition dans ces spectacles itinérants.

Pour en revenir à La vie qu’on m’a choisie, j’ai été totalement séduite par l’univers présenté, mais aussi par le personnage de Lilly, une petite fille singulière, mais très courageuse, qui a su combattre les préjugés et les nombreuses difficultés qui se dressaient sur son passage, pour aller de l’avant et continuer à vivre sa vie comme elle l’entendait. Au cirque des Frères Barlow, elle fera la rencontre de très bonnes personnes, devenus de véritables amis, qui l’épauleront, la soutiendront et l’aideront à accepter sa différence tout en apprenant à vivre pleinement. Nous suivons avec avidité les aventures extraordinaires de Lilly, que j’ai trouvées bien plus intéressantes que celles de Julia. Tout n’est qu’une succession de rebondissements, de situations exceptionnelles, qui sortent de l’ordinaire et nous permettent de voyager dans des contrées lointaines, dans un univers singulier et atypique. 


Une lecture singulière, totalement dépaysante, qui nous transporte au coeur d’un cirque itinérant des années 1931. Un voyage tragique mais bouleversant, durant lequel est abordé une thématique lourde : l’acceptation de la différence qui passe par le combat des préjugés. J’espère de tout coeur voir un jour ce livre en haut d’une affiche de cinéma !

Ma note : 9,5/10

Pour lire plus d’avis

 

ISBN : 978-2-4907-4620-2
Traduction : Typhaine Ducellier

Le pèlerin de Compostelle


Le pèlerin de Compostelle de Paulo Coelho
243 pages, éditions J’ai Lu, à 5,60€


Résumé : « A cette époque, ma quête spirituelle était liée à l’idée qu’il existait des secrets, des chemins mystérieux… Je croyais que ce qui est difficile et compliqué mène toujours à la compréhension du mystère et de la vie… »
Lorsque, en 1986, Paulo Coelho entreprend le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, il ne sait pas encore que de ce voyage il reviendra transformé.
A son image, le héros de ce récit a péché par orgueil. Au terme d’un parcours jalonné d’épreuves, il comprendra enfin que l’extraordinaire se trouve sur le chemin des gens ordinaires, que la vérité est pour tous les hommes.
Creuset de ses livres ultérieurs, en particulier L’Alchimiste, qui lui a valu des lecteurs dans le monde entier, ce voyage inspiré, poétique, nous fait partager la recherche humaine et spirituelle de Paulo Coelho.


Extraits« Il y a dix ans, j’entrai dans une petite maison à Saint-Jean-Pied-de-Port, convaincu que je perdais mon temps. À cette époque, ma quête spirituelle était liée à l’idée qu’il existait des secrets, des chemins mystérieux, des gens capables de comprendre et de contrôler des choses défendues à la majorité des mortels. Ainsi, parcourir « le chemin des gens ordinaires » me semblait un projet sans intérêt.« 

« Lorsque tu voyages, tu fais une expérience très pratique de l’acte de renaissance. Tu te trouves devant des situations complètement nouvelles, le jour passe plus lentement et, la plupart du temps, tu ne comprends pas la langue que parlent les gens. Exactement comme un enfant qui vient de sortir du ventre de sa mère. »


Mon avis : Paulo Coelho est un romancier brésilien mondialement connu à travers le monde, que j’ai l’occasion de lire fréquemment au grès de mes humeurs. C’est un auteur que j’aime beaucoup, au style narratif particulier, qui aborde chacun de ses livres comme un conte, incorporant des éléments philosophiques, spirituels et ésotériques à ses histoires.

Le pèlerin de Compostelle est son premier roman, sorti en 1987. Il se place comme narrateur du récit, qui semble avoir été vécu réellement par l’auteur. Mais nulle affirmation ne vient confirmer cette hypothèse. C’est donc avec de nombreux questionnements que nous lisons cet ouvrage, qui apportent une dose de mystère et une aura particulièrement magique aux événements qui se déroulent sous nos yeux.

Accompagné de Petrus, son guide, Paulo va entreprendre à pied le chemin de Saint-Jacques de Compostelle depuis le village de Saint-Jean-Pied-de-Port. Un pèlerinage bénéfique à l’auteur, rythmé par des expériences spirituelles qui lui feront prendre conscience du pouvoir du psychisme. Au grès de ses pérégrinations sur le chemin de Saint-Jacques, Petrus, le guide de Paulo Coelho, lui enseigne des pratiques spirituelles à appliquer immédiatement puis plus fréquemment au quotidien, pour ressentir le moment présent et rester en harmonie avec soi-même. L’auteur nous les partage volontiers, afin que les lecteurs les plus curieux puissent mettre en pratique ces conseils avisés.

J’ai beaucoup aimé faire ce pèlerinage au travers du personnage de Paulo. C’est quelque chose d’intense, que je ne vivrais sans doute jamais dans ma vie, mais que j’ai apprécié découvrir dans ce récit. Autrement, malgré tout le respect que j’ai pour Paulo Coelho, j’ai quand même trouvé l’ensemble de son récit assez plat. À plusieurs reprises, je me suis surprise à soupirer, à me presser dans ma lecture, souhaitant qu’elle se termine rapidement.

De même, c’est un récit assez spécifique auquel nous sommes amenés à faire face, peuplé d’événements mystiques, surnaturels, de pouvoirs supérieurs et de magie. Au-delà des croyances individuelles, on peut être surpris par la tournure de certaines scènes, sorte d’éléments déroutants qui viennent contrebalancer le réel et nous laisse en proie à une perplexité aigüe. C’est un texte qui sorte des sentiers battus, donc, qui, fatalement, désoriente, qui effraie, qui interroge beaucoup aussi. Je ressors donc de ma lecture assez mitigée, partagée entre l’expérience intéressante du pèlerinage spirituel mais désorientée face aux pratiques mystiques qui manquaient de reliefs et m’ont souvent ennuyées. Certainement pas le meilleur titre de l’auteur !


Un récit initiatique intéressant sur le pèlerinage de l’auteur vers Saint-Jacques-de-Compostelle et les révélations spirituelles qu’il fait en chemin. Malgré tout, je me suis passablement ennuyée et j’ai été déroutée à de nombreuses reprises par l’aspect surnaturel des événements.

Ma note : 5/10

Pour lire plus d’avis

 

ISBN : 978-2-290-01659-6
Traduction : Françoise Marchand-Sauvagnargues