Et si tu redistribuais les cartes de ta vie ?


Et si tu redistribuais les cartes de ta vie ?
de Carole-Anne Eschenazi

220 pages, éditions Eyrolles, à 14€


Résumé : Tara Bouviers vient de fêter ses 40 ans quand elle voit sa vie s effondrer : Victor, son mari producteur, lui annonce qu il la quitte pour une femme plus jeune, Sherry. Celle-ci animera désormais l’émission MyBeauty à la place de Tara. Sous le choc, Tara se réfugie chez sa marraine Louisiane qui lui laisse les clés de sa maison sur l’île bretonne d’Arvana.

Dans la maison de Louisiane, Tara découvre le cadeau singulier qu’a laissé sa marraine pour elle : un jeu divinatoire doté d’étranges pouvoirs dont le but serait d’aider celui qui l’utilise à retrouver le bonheur. Une fois les cartes tirées, elles font apparaître un message : une action à mener dans un temps imparti. Lorsque l’action a été proprement menée, une croix bleue se dessine au bas de la carte. On peut alors tirer la carte suivante et continuer la partie jusqu’à son terme. Tara choisit de relever le défi et de se servir du jeu…


Extraits  « Chacun se sert des armes qu’il peut pour encaisser les coups sournois que la vie se plaît à infliger. »

« D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours voyagé. Je suis d’un tempérament qui n’aime pas rester en place. Du moins pas trop longtemps. Traverser les pays, rencontrer de nouveaux êtres, découvrir des cultures à chaque fois différentes, des modes de pensée contrastés, parcourir le monde ; c’est cela qui m’anime. J’en ai presque fait ma mission ici-bas, ma raison d’exister. »


Mon avis : Tara Bouviers, quarante ans, est marié avec Victor, qui est aussi son patron et producteur. Tout se passe pour le mieux dans la vie de Tara, jusqu’au jour où Victor rentre dans leur maison et lui annonce qu’il souhaite divorcer et la licencier, pour donner sa place à Sherry, de vingt ans sa cadette. Sous le choc de cette double claque, Tara décide de se couper du monde pour prendre le temps de se recentrer et de réfléchir à sa situation, et part s’installer chez sa marraine Louisiane, sur une île bretonne. Loin du tumulte de sa vie parisienne, Tara va réapprendre à vivre, elle va faire la rencontre d’Adam, un voisin de Louisiane, puis de Mindy, la factrice de l’île, avant de faire une rencontre qui va changer sa vie… celle d’un jeu de tarot magique, appelé Odissea. D’abord étonnée et suspicieuse en découvrant les règles farfelues de ce jeu, Tara va rapidement céder à la curiosité en commençant la partie. Elle ne savait pas que celle-ci allait changer sa vie à tout jamais.

Et si tu redistribuais les cartes de ta vie ? est un roman frais et léger, qui se dévore en un rien de temps. Les chapitres sont courts, l’histoire est dynamique et addictive, si bien que les chapitres s’enchaînent à un rythme soutenu.

J’ai beaucoup apprécié découvrir cette histoire. Tara fait le choix de quitter son quotidien, de partir loin de ses habitudes, de ses amis, de tous ses repères, pour se recentrer sur elle. C’est un choix complexe à prendre, mais qui s’avère bénéfique dans son cas. Nombreuses sont les personnes qui ont déjà imaginé un jour prendre leurs valises et quitter leur vie quotidienne pour repartir de zéro… mais peu ont osé le faire. C’est pour cela que j’admire particulièrement Tara et sa force de caractère. N’oublions pas qu’elle vient de se faire larguer par son futur ex-mari, qui plus est est son patron. Loin de se laisser abattre, elle va de l’avant et prend les choses en mains : elle va enfin pouvoir penser à elle et rien qu’à elle ! Il est clair que le personnage de Tara ne laisse pas indifférent, et que beaucoup pourront trouver un écho de son histoire dans leur vie personnelle. Elle instille un je-ne-sais-quoi d’espoir qui redonne immédiatement confiance en la vie et en l’avenir.

En plus du personnage de Tara que j’ai beaucoup aimé, j’ai adoré le concept du jeu Odissea. C’est un tarot un peu magique, qui permet à la personne qui y joue de se questionner sur sa vie afin de se remettre en question, et de réaliser différentes actions concrètes pour aller de l’avant. Un soupçon d’imaginaire est nécessaire pour y jouer, ainsi qu’une bonne dose de courage. C’est peu cher payé pour ce que le jeu offre en retour… Amour, amitié, clairvoyance, bonheur… sont autant de choses que va (re)découvrir notre chère protagoniste grâce à ce jeu.


La vie n’est pas toujours un long fleuve tranquille et nous réserve souvent bien des surprises…  Tara Bouviers, l’héroïne de cette histoire, en a fait l’expérience. Un livre à savourer, qui saura illuminer vos journées.  

Ma note : 8,5/10

Pour lire plus d’avis

 

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Sans sang


Sans sang de Alessandro Baricco

121 pages, éditions Folio


Résumé : «Dans la campagne, la vieille ferme de Mato Rujo demeurait aveugle, sculptée en noir contre la lumière du crépuscule. Seule tache dans le profil évidé de la plaine.
Les quatre hommes arrivèrent dans une vieille Mercedes. La route était sèche et creusée – pauvre route de campagne. De la ferme, Manuel Roca les vit.
Il s’approcha de la fenêtre. D’abord il vit la colonne de poussière s’élever au-dessus de la ligne des maïs. Puis il entendit le bruit du moteur. Plus personne n’avait de voiture, dans le coin. Manuel Roca le savait. Il vit la Mercedes apparaître au loin puis se perdre derrière une rangée de chênes. Ensuite, il ne regarda plus.
Il revint vers la table et mit la main sur la tête de sa fille. Lève-toi, lui dit-il. Il prit une clé dans sa poche, la posa sur la table et fit un signe de tête à son fils. Tout de suite, dit son fils. C’étaient des enfants, deux enfants.»


Extraits « Mais rien n’arriva, parce qu’il manque toujours quelque chose à la vie pour être parfaite. »

« – Qu’est-ce que ça veut dire un monde meilleur ?
– Un monde juste, où les faibles ne doivent pas souffrir à cause de la méchanceté des autres, où n’importe qui peut avoir droit au bonheur. »


Mon avisLa couverture et le titre de Sans sang offrent une image assez claire de ce qui se trouve à l’intérieur du livre : des scènes de guerres, beaucoup de violences, des meurtres et des litres de sangs. Une petite fille voit son père mourir devant ses yeux. Son meurtrier, qui pourtant a tué de mains nues, se laisse émouvoir par les yeux innocents de cette petite fille. Bien des années plus tard, ils se retrouvent, et discutent de ce temps passé et de cet acte meurtrier. Arriveront-ils à oublier ?

Sans sang est un roman empli de dualités : la vie et la mort, la tristesse et la joie, le pardon et la vengeance, viennent rythmer le fil de l’histoire. De nombreux questionnements sur la guerre viennent se superposer au récit : comment se repentir après avoir commis des actes cruels, comment oublier ou continuer à vivre après avoir commis le pire ?

J’ai été assez horrifié par certaines scènes sanglantes de l’histoire, que j’ai trouvé crues, comme posé au milieu du livre sans finalité précise. C’est un peu le ressenti global que j’aie de cette histoire : une narration cruelle, sans filtre, mais qui ne laisse pas percevoir avec limpidité les tenants et aboutissants de cette narration dramatique.

Je suis donc déçue de cette histoire. Il faut dire que Alessandro Barrico m’a habitué à mieux, notamment à travers Novecento : pianiste, qui raconte l’histoire d’un jeune garçon, qui est né et a vécu toute sa vie sur un bateau. C’est un roman très émouvant, dont je me souviens encore des années après. Je vous recommande donc fortement de lire Novecento : pianiste ou même Soie, qui racontent des histoires aussi surprenantes, mais bien plus fines et travaillées que celle narrée dans Sans sang.


Alessandro Baricco est un auteur italien à la plume acérée, qui divise souvent les foules : soit on adhère, soit on déteste. Je n’ai pas aimé ce livre, que je juge trop cru et ambigu, mais je vous encourage à découvrir les autres oeuvres de l’auteur. 

Ma note : 3,5/10

 

J’ai perdu Albert


J’ai perdu Albert de Didier van Cauwelaert

216 pages, éditions Albin Michel, à 19€


Résumé : « Je suis la voyante la plus en vue du pays et, depuis hier midi, je ne vois plus rien. »

Pourquoi, après vingt-cinq ans de cohabitation, l’esprit qui hante Chloé l’a-t-il soudain quittée pour sauter dans la tête d’un garçon de café, Zac, apiculteur à la dérive qui ne croit en rien ? La situation est totalement invivable, pour elle comme pour lui, d’autant que cet esprit qui s’est mis à le bombarder d’informations capitales et pressantes n’est autre qu’Albert Einstein…

Dans une comédie romantique haletante où la spiritualité s’attaque aux enjeux planétaires, Didier van Cauwelaert invente avec bonheur une nouvelle forme de triangle amoureux.


Extraits  « On se désolidarise assez vite du genre humain, lorsqu’on est serveur. Tous ces gens qui voyagent en classe ego, les touristes râleurs, les besogneux à heures fixes, les faiseurs de selfies m’isolent chaque jour davantage dans une détresse qu’ils n’auraient pas l’idée de soupçonner. »

« Je me plante devant elle et, dès qu’elle a raccroché, je lui lance :
– Vous désirez ?
– La paix.
Son cri du coeur me déstabilise une seconde, puis je réponds malgré moi d’un air sympathique :
– C’est pas sur la carte. Mais je peux demander au chef. »


Mon avisAvec ses romans Jules, puis Le retour de Jules, Didier van Cauwelaert m’avait habitué à des histoires réalistes, emplies d’émotions. Quelle surprise j’ai eu en ouvrant son nouveau roman J’ai perdu Albert… Après la surprise est venu le rire lorsque je me suis rendue compte que l’auteur adorait mettre en avant des protagonistes surprenant : après le labrador Jules, voici l’esprit d’Albert Einstein. Accrochez-vous bien et bonne lecture !

Chloé est une des voyantes les plus connues au monde. Elle aide les plus grands chefs d’état et hommes politiques dans leurs plans d’actions, en prédisant l’avenir. Mais depuis peu, l’esprit nommé Albert qui habitait sa tête l’a déserté. Sans Albert, les pouvoirs de Chloé sont réduits à néant. Albert a quitté Chloé pour rejoindre la tête de Zac, un barman totalement déboussolé par l’arrivée intempestive de cet esprit incongru. C’est à lui maintenant de gérer cet esprit envahissant.

Vous l’aurez sans doute compris, J’ai perdu Albert est un récit étonnant, qui sort de l’ordinaire. Le protagoniste n’est autre qu’un esprit, prétendument celui du célèbre Albert Einstein, qui est revenu s’incarner dans le corps d’un autre humain pour « sauver la planète ». Il a d’abord pénétré Chloé, avant de s’introduire dans Zac. Comme dans Jules, un triangle amoureux improbable va se mettre en place entre ces trois personnages. Chloé est jalouse que Albert l’ait quitté pour Zac et commence à ressentir des choses pour Zac. Mais comme Albert s’est réincarné dans Zac, est-elle en train de tomber amoureuse de l’enveloppe charnelle de Zac ou du brillant esprit d’Albert ? A vous de juger !

Il faut sans conteste faire appel à une bonne dose d’imaginaire et avoir l’esprit ouvert. Mais J’ai perdu Albert, ce n’est pas qu’une fiction loufoque, c’est aussi un récit sérieux, qui aborde des thématiques importantes, dont l’une me touche particulièrement : la disparition des abeilles. Il est vrai que ce sujet est amené comme un cheveu sur la soupe dans le récit, mais il n’en reste pas moins important. Après tout, Albert Einstein est bien revenu sur Terre pour faire entendre sa voix et guérir les maux de la planète, non ?


Un roman surprenant, à la fois drôle et romantique, tendre et acerbe. Je suis ravie d’avoir pu découvrir cette incroyable histoire, qui restera dans mon esprit.

Ma note : 6,5/10

Le jour où Maman m’a présenté Shakespeare


Le jour où Maman m’a présenté Shakespeare de Julien Aranda

191 pages, éditions Eyrolles, à 14€


Résumé : Quand on a 10 ans, une mère amoureuse de Shakespeare mais pas de papa, et que l’on s’attend à voir débarquer les huissiers d’un jour à l’autre, la vie n’est pas simple. Elle, comédienne de théâtre passionnée, fascine son fils qui découvre le monde et ses paradoxes avec toute la poésie de l’enfance. Avec leur voisine Sabrina, caissière de son état, et les comédiens Max, Lulu et Rita, ils forment une famille de cœur, aussi prompte à se fâcher qu’à se réconcilier. Mais, un jour, la réalité des choses rattrape la joyeuse équipe. Et le petit garçon est séparé de sa mère. Comment, dès lors, avancer vers ses rêves ? En comprenant que, peut-être, l’essentiel n’est pas l’objectif, mais le chemin parcouru … Sur fond de crise des subprimes, Julien Aranda nous raconte la trajectoire enchantée d’une troupe de théâtre inoubliable.


Extraits « Des fois, quand on est vraiment mal, on a besoin d’avoir la tête dans les nuages pour mieux retomber sur le plancher des vaches, et que si on essaie de redescendre trop vite un parachute, le seul résultat qu’on obtient, c’est de le faire s’écraser. »

« Après, elle m’a serré fort dans ses bras et m’a murmuré à l’oreille que la vie est trop courte pour être triste et qu’il faut toujours aller de l’avant. »


Mon avis :  Lui, c’est un petit garçon de 5 ans, qui vit seul avec sa maman. Sa maman, c’est une comédienne de théâtre, secrètement amoureuse de Shakespeare, qui se produit chaque jour avec sa troupe devant un public inexistant. Mais tous les comédiens, Lulu, Max et Rita forment une famille de coeur, et c’est bien plus important que le succès. En dehors du théâtre, sa maman passe beaucoup de temps avec Sabrina, leur voisine, une caissière un peu dépressive, qu’ils considèrent aussi comme faisant partie de leur famille. Mais la vie, ce n’est pas aussi simple que ça, puisque la réalité finit toujours par rattraper les rêves.

Le roman en entier est à l’image du titre : très poétique. L’histoire se raconte à la première personne du singulier, de la voix enfantine, cristalline et pure du petit garçon. Dans des mots simples, un peu naïfs, souvent rêveurs, il nous raconte son quotidien et celui de sa maman. Il détourne volontairement certains termes du quotidien pour les arranger selon son propre dialecte, mis en italique dans le texte : les réseaux asociaux, les huissiers d’injustice, la télédébilité… autant de mots tournés en dérision pour décrire avec plus de réalisme certaines choses de notre société.

Le jour où Maman m’a présenté Shakespeare est un roman riche et complet, qui aborde de multiples thématiques : l’amitié, l’amour, la recherche du profit au dépens de la recherche du bonheur… C’est surtout ce dernier point qui est longuement sous-entendu. Tata Myriam est banquière, et comme toutes les personnes travaillant au contact de l’argent, dans un secteur comme la banque, elle est très terre-à-terre, lucide et bridée dans sa tête. De ce fait, elle ne conçoit pas que sa soeur soit « comédienne de théâtre » et lui conseille constamment de rechercher un vrai métier. Deux soeurs aux métiers et à la personnalité très différents. Mais un très célèbre proverbe dit clairement que l’argent ne fait pas le bonheur, et c’est justement ce que va découvrir, malgré elle, Tata Myriam.


Un roman tendre et attendrissant, qui saura aisément vous charmer et vous faire réfléchir.  A découvrir en écoutant les chansons de « Ce bon vieux Georges », comme dirait le narrateur !

Ma note : 7,5/10

Le cas zéro


Le cas zéro de Sarah Barukh

534 pages, éditions Albin Michel


Résumé : Tout commence par un cas. Incompréhensible et inquiétant. Une série de symptômes incohérents et d’une gravité extrême. Laurent Valensi, médecin à l’hôpital Saint-Louis, ne sait comment soigner son patient, un certain Ali Benyoussef.
Déchiré entre sa famille qui veut le protéger d’une éventuelle contamination et un chef de service sans scrupule, il se lance dans une course contre la montre. En dépit de ses doutes, et face aux menaces qui pèsent chaque jour un peu plus sur lui, il va se battre pour sauver cet homme et faire éclater la vérité : si ce patient était le cas zéro de la terrible épidémie qui fait rage aux Etats-Unis et que l’on appelle « le cancer homosexuel » ?
Un thriller angoissant où Sarah Barukh, l’auteur de Elle voulait juste marcher tout droit, nous tient en haleine de la première à la dernière page.


Extraits « – Tu es un meilleur médecin que je ne pensais.
– Pourquoi ? s’étonna Laurent.
– Parce que tu soignes enfin avec ta tête, ton coeur et tes tripes. »

« Les cahiers ne parlaient pas, mais ils savaient écouter. »


Mon avisJusqu’à quel point un médecin est-il prêt à aller pour sauver son patient ? Jusqu’à mettre sa propre vie ou celles des êtres qui comptent le plus pour lui en danger ? Jusqu’à sacrifier sa femme et à sa fille au détriment d’un homme mourant qu’il ne connaît pas ?

Laurent Valensi, médecin interne à l’hôpital de Saint-Louis, est confronté à un patient dont les symptômes sont incohérents et inquiétants. Et si ce patient était atteint de l’épidémie nommée « cancer homosexuel » qui se propage aux États-Unis ? Malgré les menaces de ses supérieurs qui pèsent sur lui, Laurent Valensi va tout mettre en oeuvre pour soigner Ali Benyoussef.

Une course contre la montre est lancée pour Laurent Valensi : son patient est dans un état critique, il doit faire au plus vite pour le soulager. Aidé par Camille, sa stagiaire interne, Simone, une vieille infirmière au caractère bien trempé, et David, un ancien médecin Tunisien reconverti en épicier parisien, l’équipe va s’entraider pour sauver la vie du patient. Un récit haletant, prenant et additif, qui ne laisse pas indifférent.

Bien évidemment, pour ajouter du piment au récit, l’auteure a incorporé un soupçon de magouilles et d’escroqueries internes. Le directeur de l’hôpital de Saint-Louis serait accusé d’empêcher la guérison d’Ali Benyoussef et de financer clandestinement la recherche médicale. Les couloirs de l’hôpital ne sont pas aussi blancs et purs que son aspect semble faire penser.

A travers ce récit, Sarah Barukh met en avant le courage des médecins, qui n’hésitent pas à sacrifier leur vie pour sauver celle des autres. Pour écrire ce roman, l’auteure s’est inspirée de faits réels et de récits de médecins, qui lui ont racontés ce qu’ils avaient vécus à l’hôpital. Les plus perspicaces pourront percevoir une ressemblance entre ce cancer homosexuel nommé « LAV » dans le livre, et le SIDA, apparu dans les années 1980. La réalité et la fiction se mélangent pour donner un roman dynamique, haletant et plein d’émotions.


Un très bel hommage à ces hommes, qui se sacrifient tous les jours pour soigner de parfaits inconnus. Un récit dynamique et bien écrit, que j’ai vraiment apprécié découvrir ! 

Ma note : 8,5/10

Paris est tout petit


Paris est tout petit de Maïté Bernard

370 pages, éditions Syros, à 17,95€


Résumé : L’histoire d’amour que vous n’oublierez jamais, un roman qui répare et un hymne à Paris
Inès a 17 ans et un objectif : être admise à Sciences Po après le bac. Elle vient de trouver un job de femme de ménage chez les Brissac, dans le 7e arrondissement de Paris, mais elle n’avait pas prévu le coup de foudre intense entre elle et Gabin, le fils aîné de ses employeurs.
 » Paris est tout petit pour ceux qui s’aiment, comme nous, d’un aussi grand amour.  »
Cette phrase de Prévert devient leur credo. Inès et Gabin sont ensemble le soir de l’attentat du Bataclan, quand le pire se produit. Dès lors, leur histoire et la ville qui les entoure prennent d’autres couleurs, celles de l’après.


Extraits « Je sais que j’ai été aimé. Même quand ça s’arrête trop tôt, l’amour des parents est une force pour la vie. Et je peux envisager à nouveau que j’en ai une, de vie. »

« Lisez tous les jours un petit peu. C’est-à-dire : pratiquez, pratiquez, pratiquez. Comme un concertiste. Le jour du concert, le morceau est tellement inscrit dans son corps que ses émotions parasites ne peuvent pas l’empêcher de l’exécuter. De cette manière vous rayonnerez malgré vous. »


Mon avis : Un grand merci à l’opération Masse Critique Babelio, ainsi qu’aux éditions Syros, de m’avoir offert l’opportunité de découvrir ce livre. Paris est tout petit, c’est l’histoire d’amour entre Gabin, un jeune garçon aisé, et Inès, une jeune femme ambitieuse mais qui provient d’un milieu moins favorisé. Malgré leurs différences de classe, les deux ados vont se rencontrer et s’aimer…. jusqu’au 13 novembre 2015, où leur vie va basculer !

Le roman avait mal commencé pour moi. Cette relation qui s’est liée trop rapidement entre la jeune femme de ménage et ce fils de riche, c’était trop simple, trop bâclé, trop évident. J’étais déçue de ce début d’histoire, que je pensais voir perdurer tout au lieu du récit. Mais il n’en est rien, puisque Maïté Bernard a réservée de nombreuses surprises à ses lecteurs. Tout bascule, la petite histoire trop prévisible et un peu gnangnan entre Inès et Gabin se transforme en une véritable tragédie des temps modernes. La vie entière des deux adolescents se voit transformée : alors qu’ils étaient insouciants, amoureux et pleins de vie, l’horreur du Bataclan va les transformer.

C’est une histoire tragique et émouvante que nous raconte l’auteure. La façon dont des vies entières peuvent être brisées en un rien de temps. Famille, amis, collègues… quand l’horreur s’abat sur quelqu’un, la tristesse touche tout le monde. Nous nous glissons dans la peau des victimes, et découvrons comment leur vie a changée, seulement quelques mois après le drame du Bataclan.

Malgré l’horreur des événements décrits, l’histoire n’en reste pas moins gaie et lumineuse. L’amour et Paris restent plus forts que tout ce qu’on peut leur faire subir. Jacques Prévert le disait très bien : « Paris est tout petit pour ceux qui s’aiment comme nous d’un si grand amour« .


Un récit plein d’émotions, qui raconte l’histoire d’une famille brisée par les attentats du Bataclan. Leur quotidien se voit transformé à jamais, mais la vie continue, malgré tout. Un roman rempli d’espoir, qui vous fera passer du rire aux larmes !

Ma note : 8/10

La meilleure façon de marcher est celle du flamant rose


La meilleure façon de marcher est celle du flamant rose de Diane Ducret

271 pages, éditions Flammarion, à 19,90€


Résumé : La loi de Murphy n’est rien comparée à la loi d’Enaid : tout ce qui est susceptible de mal tourner tournera plus mal encore qu’on aurait humainement pu le prévoir. Après avoir été quittée à Gdansk par téléphone, Enaid se rend à l’évidence : les fées qui se sont penchées sur son berceau ont dû s’emmêler les pinceaux. Comment expliquer, sinon, la sensation qu’elle a depuis l’enfance qu’il lui a toujours manqué quelqu’un ? Il y a de quoi se poser des questions quand les parents adoptifs sont en fait les grands-parents, que la mère est danseuse de nuit, que le père change de religion comme de famille, que les bunkers de l’ETA servent d’école buissonnière. Et que l’accident d’un instant devient la fracture de toute une vie ? On peut se laisser choir ou faire le saut de l’ange. Être boiteux ou devenir un flamant rose. Sur ses jambes fragiles, tenir en équilibre avec grâce par le pouvoir de l’esprit, un humour décapant et le courage de rester soi.


Extraits « Il m’a toujours manqué quelqu’un, au plus profond de moi, jusqu’au jour où j’ai décidé de ne plus attendre personne. »

« Pourquoi les hommes se mettent avec des femmes qu’ils n’aiment pas vraiment, et en désirent d’autres qu’ils rejettent par peur d’en tomber amoureux et, ô malheur, de s’engager ? »


Mon avis : Je remercie l’opération Masse Critique de Babelio, ainsi que les éditions Flammarion, qui m’ont permis de découvrir ce livre.

Enaid est une jeune femme d’apparence gaie et joyeuse, qui cache en fait un mal-être et des secrets qui la rongent. Elle nous raconte sa vie, jalonnée d’obstacles douloureux : des parents absents, un avortement dès l’adolescence, la violence physique et la drogue…

J’avoue avoir été décontenancée par ce roman. La couverture est colorée et gaie, le titre joyeux, les premières pages du livre totalement hilarantes, soit autant d’éléments qui me faisaient penser à un roman « chick-lit », léger et rigolo. Mais il n’en est rien, puisque rapidement l’histoire devient triste, presque tragique. La Enaid du début se dévoile, et l’on découvre une femme bouleversante, qui raconte avec gravité l’histoire de sa vie.

A l’intérieur de ce livre, il n’y a que très peu d’actions, tout est dans l’affect, le sentiment, l’émotion. Je vous avoue que le début du livre (la partie la plus marrante de l’histoire) était excellent, je me suis bien marré aux côtés d’Enaid, cette femme au courage et à l’humour décapant. Mais lorsque l’histoire annonce son tournant tragique, j’ai été tellement déboussolée et déçue de ne plus percevoir d’humour dans le personnage de Enaid, que je ne me suis pas impliqué dans le récit et, de ce fait, n’ait pas adhéré à l’histoire contée. C’est bien dommage, puisque l’auteure a du potentiel et une écriture sympathique.


Un roman sympathique, mais pas exceptionnel. C’est une histoire pleine d’émotions, qui repose uniquement sur l’affect du lecteur. J’ai passé un bon moment, mais je n’en garde pas un souvenir mémorable.

Ma note : 5/10