La belle-mère


La belle-mère de Sally Hepworth

358 pages, éditions L’Archipel, à 21€


Résumé : Avocate appréciée pour son dévouement, Diana se bat pour améliorer le sort des réfugiés, mais elle se montre froide et distante, sinon blessante, envers les siens. Ce dont souffre Lucy, sa belle-fille, qui rêvait de trouver en elle une mère de substitution.

Dix années ont passé, et Diana vient de mourir. Elle se serait suicidée. Mais, à l’autopsie, nulle trace d’un cancer… Qu’est-il donc arrivé à Diana, dont le testament a été modifié peu de temps avant sa mort ?

Avec ce suspense psychologique, dans la lignée des succès de Liane Moriarty, Phoebe Morgan ou B.A. Paris, Sally Hepworth livre le portrait glaçant d’une famille en apparence harmonieuse. En apparence seulement…


Extraits : « S’il y a une leçon que j’ai apprise, dans la vie, c’est que les batailles se remportent avec la force de l’esprit, pas avec les muscles. »

« Un jour, quelqu’un m’a dit qu’on avait deux familles dans la vie : celle où l’on naît, et celle que l’on se choisit. Il me semble pourtant que ce n’est pas tout à fait vrai. Certes, on choisit généralement son partenaire, mais on ne choisit pas ses enfants, par exemple. On ne choisit pas ses beaux-frères ou belles-soeurs, pas plus que la vieille tante aigrie et alcoolique de son conjoint, ou le cousin avec son défilé de petites copines qui ne parlent pas anglais. Mais avant tout, on ne choisit pas sa belle-mère. Seules les armées de mercenaires du destin décident de cela. »


Mon avis : La belle-mère est un thriller original et attrayant, que j’ai dévoré en quelques heures à peine. Le pitch est simple : Diana, la belle-mère de Lucy, est retrouvée morte chez elle. Tout porte à croire qu’elle s’est suicidée – la mise en scène, la lettre d’adieu… -, sauf que cela ne correspondait absolument pas à l’état d’esprit de Diana, courageuse et combattante. Les inspecteurs Ahmed et Jones vont interroger l’ensemble des membres de la famille pour pouvoir tirer cette affaire au clair.

Nous naviguons entre deux temporalités : passé et présent ; ainsi qu’entre deux narratrices : Diana, la belle-mère et Lucy, la belle-fille. On en apprend plus sur la vie extravagante de Diana, une femme riche, qui s’est construite seule, à force de ténacité. Bien que femme au foyer, elle donne de son temps à une association de réfugiés et vient notamment en aide aux femmes, enceintes, seules, qui fuient leur pays et arrivent dans un lieu qui leur est totalement étranger. Diana a toujours été soutenue par Tom, son mari. Ils forment un couple atypique, qui semble aux antipodes l’un de l’autre : Diana est froide, fermée, introvertie, intransigeante, elle refuse par exemple de donner de l’argent à ses propres enfants, car elle considère qu’ils doivent se construire seuls, se confronter aux difficultés de la vie, comme elle-même l’a fait dans sa jeunesse. Alors que Tom est un homme cordial, enjoué, souriant, très ouvert, affectueux…

Diana et Tom ont deux enfants : Ollie et Nettie. Ollie est marié à Lucy, avec qui il a 3 enfants en bas âge. Nettie est quant à elle mariée à Patrick depuis des années. Le couple désire avoir un enfant, mais Nettie rencontre des problèmes de fertilité. Malgré de nombreuses tentatives infructueuses, elle ne perd pas espoir de concevoir un jour la vie. Ce sujet est d’ailleurs un point de tension dans la famille : Diana refuse de subvenir financièrement aux tentatives d’enfanter de Nettie, qui vit ces rejets comme une véritable trahison de la part de sa mère.

La famille semble en apparence banale, elle recèle, comme toutes les familles, des divergences, des points de tension, de multiples secrets… mais rien qui ne soit assez conséquent pour choisir de commettre un meurtre. Face à cette perte, tout la famille est chamboulée.

Sous nos yeux ébahis, nous voyons évoluer la relation belle-mère/belle-fille. D’abord très en froid, se comportant presque comme des inconnues l’une envers l’autre, leur relation va s’étioler et se transformer au fil des pages et des événements de la vie. Il est vrai que dans l’imaginaire collectif, une belle-mère n’a pas le meilleur profil qu’il soit. On dit souvent qu’une mère est la femme la plus importante de la vie d’un fils… jusqu’à ce qu’il rencontre sa future épouse. Peuvent alors naître différentes tensions, jalousies, tentatives de contrôle ou d’intrusion dans l’intimité du couple. Le rapport entre Lucy et Diana est assez complexe, ambivalent et changeant au gré du récit. J’ai beaucoup aimé regarder le fil de leur relation, assez complexe, se dérouler, se démêler, pour tendre vers une harmonie mutuelle.


La belle-mère est morte, ce qui provoque des retombées conséquentes sur l’ensemble de la famille. Un thriller très original, qui décortique les liens familiaux les plus complexes. Doté d’un suspense haletant, d’une construction dynamique, c’est un roman que j’ai eu du mal à lâcher !

Ma note : 8,5/10

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ISBN : 978-2-8098-2886-3
Traduction : Maryline Beury

6 réflexions sur “La belle-mère

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