D’une vie à l’autre


D’une vie à l’autre de Martine Delomme

378 pages, éditions l’Archipel, à 20€


Résumé : Diane, tout juste 50 ans, s’est construit un quotidien agréable auprès de son mari Rémy et de leur petite Aude, née miraculeusement il y a cinq ans. Mais tout s’écroule le jour où Rémy s’effondre, foudroyé par une rupture d’anévrisme sous les yeux de leur fille. Seule, Diane se retrouve confrontée à de nombreux obstacles. Prendre soin d’Aude et assurer comme styliste dans le prêt-à-porter de luxe semble difficilement conciliable… Après avoir passé les fêtes auprès de ses beaux-parents dans le Béarn, Diane décide de prendre une année sabbatique pour s’y installer. Elle s’implique dans la filature de tissus en crise de son beau-père. De défis en désillusions, c’est une nouvelle vie pleine de surprises qui attend Diane et Aude…


Extraits  « Et pourtant, pensa-t-elle, quand il est sincère, un bonheur devrait toujours être simple. »

« Rémy évoquait souvent ce qu’il ferait à la retraite et elle se prêtait à son jeu, débordant d’idées romantiques ou complètements folles. Plus tard, se disaient-ils. Ils n’avaient pas compris que, plus tard, ce peut être trop tard. »


Mon avis : Imaginez que votre vie, aussi paisible, heureuse et belle soit-elle, se retrouve détruite du jour au lendemain. C’est le cas du quotidien de Diane, qui se retrouve bouleversé par la mort brutal de son mari. A 50 ans, Diane se retrouve sans famille, avec une petite fille de cinq ans sur les bras et un travail dans la haute couture du luxe à Paris qui lui demande beaucoup de temps et d’énergie. Elle n’arrive plus à tenir, autant physiquement que psychologiquement. Un beau jour, sur un coup de tête, elle décide de quitter sa vie mouvementée et de rejoindre ses beaux-parents dans le Béarn. Là-bas, Diane va occuper ses journées au côté de Guy, son beau-père, également chef d’une entreprise de tissus. La vie de Diane a peut-être été détruite, mais elle doit continuer de survivre pour sa vie.

Quelle histoire dramatique que celle-ci. Rien ne laisser présager que le monde de Diane allait s’écrouler du jour au lendemain, et pourtant, c’est ce qu’il s’est passé. Une fois de plus, cette histoire nous invite à profiter de chaque instant que la vie nous donne, puisque personne ne peut savoir ce qui va se dérouler demain.

J’admire le courage et la force mentale de Diane. C’est une maman formidable, et une très grande professionnelle de la couture et du prêt-à-porter. Elle a d’énormes responsabilités qui pèsent sur ses épaules, mais elle arrive à tout gérer de front, et elle le fait admirablement bien.

D’une vie à l’autre, c’est un roman tragique, qui raconte la perte d’un être cher. Mais c’est aussi une histoire pleine d’espoir, qui prouve qu’avec assez de force et de détermination, nous pouvons nous relever et aller de l’avant. Diane, fraîchement installée dans le Béarn avec sa fille et ses beaux-parents, va aider Guy, son beau-père et dirigeant de Bearn Tissus, à remettre à flot l’entreprise familiale. Elle va apporter sa touche féminine, son originalité et son talent de créatrice, tout en manageant avec brio le personnel de la société.

J’ai beaucoup aimé la plume de Martine Delomme, les caractères des personnages qu’elle met en scène, mais également cette touche de mystère, qui arrive vers le milieu du roman. Il y a du rythme dans l’histoire, des rebondissements inattendus et aucun temps mort.


Une histoire émouvante aux multiples facettes, qui traite du deuil et de la reconstruction. J’ai beaucoup aimé cette lecture, que je vous recommande !

Ma note : 8/10

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Sauvez le Kursk !


Sauvez le Kursk ! de Robert Moore

327 pages, éditions L’Archipel, à 21€


Résumé : A bord du sous-marin nucléaire russe K-141 Kursk en difficulté :23 marins à sauver… Samedi 12 août 2000, 11h28. Dans les hauteurs du Cercle Arctique, sous la surface déchaînée de l’impitoyable mer des Barents, le sous-marin « Kursk », fierté de la flotte d’élite russe, effectue des exercices de lancers de missiles. À son bord, le capitaine Gennady Lyachin et ses hommes.Mais ce qui apparaissait comme un simple entraînement tourne au cauchemar quand l’un des missiles, semblablement victime d’une fuite, explose dans le compartiment avant du sous-marin.Sept marins sont tués sur le coup de l’onde de choc. Mais ce n’est que le début de l’horreur…Pour la première fois traduit en France, Kursk fait le récit heure par heure du drame qui s’est joué à l’intérieur du sous-marin, et des efforts désespérés des sauveteurs. Une enquête sous tension, pour laquelle l’auteur a eu accès à des documents gardés secrets, qui se lit comme un thriller et que Thomas Vinterberg (Loin de la foule déchaînée) adapte au cinéma en novembre 2018.


Extraits  « Les meilleurs mensonges se dissimulent derrière un vernis de vérité. »

« Tant que je n’aurai pas obtenu la preuve que les marins sont morts, déclare-t-il, je partirai du point de vue qu’ils sont vivants. »


Mon avis : J’étais trop jeune lorsque le drame du Kursk a eut lieu en mer de Barents. Tout naturellement, je n’en garde aucun souvenir. Mais l’histoire de ce sous-marin russe qui a coulé avec plus de 118 marins à son bord trouve encore échos dans l’esprit de nombreuses personnes.

Photo du Koursk, long de 154m

12 août 2000, en mer de Barents, en Arctique. Le submersible nucléaire russe « Kursk » abrite 118 marins à son bord. Alors qu’il s’entraîne à des exerces de lancers de missiles, la défaillance d’un des missiles pulvérise une partie du sous-marin et cause la perte des nombreux hommes à son bord. Seul 24 hommes, reclus dans le dernier compartiment du submersible, arrivent à s’en sortir. Dotés d’une quantité d’air limité, ils attendent avec impatience les secours. Mais depuis plusieurs années, la marine russe connaît de sérieux problèmes financiers, et le matériel utilisé n’est plus forcément adapté pour réaliser des missions à haut risque de cette envergue. D’autant plus que les politiques russes semblent bloquer l’avancée du sauvetage, et n’acceptent pas la main tendue des pays voisins, craignants un espionnage rapproché… au détriment de la vie de leurs propres marins.

Ce livre de Robert Moore est celui qui a inspiré le film de Thomas Vinterberg, sorti dernièrement au cinéma.  Il y décrit, avec d’infinies précisions, les détails du naufrage du Kursk et du secours apporté par les autorités.

Grâce à cette lecture, on se rend compte du laxisme du président Vladimir Poutine, alors nouvellement élu à la tête du pouvoir en Russie. Malgré la tragédie qui se jouait en mer de Barents, il n’a pas interrompu ses vacances ni ses divers rendez-vous, et ne s’est présenté sur les lieux, devant les familles des victimes, près de dix jours après le naufrage du Kursk. Plus globalement, on prend conscience de la politique russe scandaleuse, qui ont préféré refuser l’aide des occidentaux au détriment de la vie de leurs marins. C’est seulement plusieurs jours après l’annonce publique du naufrage du sous-marin que les russes ont accepté leur aide. Hélas, ayant peur d’éventuels tactiques d’espionnages, ils ont mentis sur certaines de leurs données et n’ont pas voulu en dévoiler d’autres, pourtant précieuses pour commencer les opérations de sauvetage (comme un plan détaillé du sous-marin russe).

La politique médiatique est également mise en cause, puisque comme l’explique si bien Robert Moore dans son livre, il n’y avait à cette époque que très peu de médias libres, ce qui fait que les informations étaient entièrement contrôlées par l’état, qui pouvait se permettre de divulguer des mensonges pour satisfaire leur prestance autoritaire et garder une certaine contenance. Une vingtaine d’années plus tard, les pratiques n’ont pas évoluées, l’instrumentalisation des médias  reste d’actualité.

Ce fût un pur bonheur de lire ce livre, hautement documenté, avec de nombreux témoignages et d’infinies précisions. Construit comme une fiction, il est quand même assez douloureux de se dire que l’histoire s’est réellement déroulée comme elle est narrée.


Une lecture passionnante et hautement enrichissante, qui m’a permis d’en apprendre plus sur le naufrage du sous-marin russe Kursk en mer de Barents. Je vous recommande fortement cette lecture !

Ma note : 9/10

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Crime glacé


Crime glacé de Mary Jane Clark

270 pages, éditions l’Archipel, à 21€


Résumé : Niché sur les collines de Hollywood, un spa ultrachic accueille en toute discrétion des célébrités en quête de bien-être et de jeunesse éternelle.
Jillian Abernathy, la fille du propriétaire de l’Elysium, fait appel aux talents de créatrice de pièces montées de Piper Donovan afin qu’elle réalise son gâteau de mariage – une pièce unique.
Seule condition : passer quelques jours sur place – ce que Piper accepte volontiers. Qui refuserait un séjour gratuit dans cet écrin de rêve ?
Mais le spa n’est pas le paradis sur terre que se figurait la jeune femme. Peu après son arrivée, un premier crime glaçant est commis.
Quelqu’un souhaite-t-il empêcher l’union de Jillian ? Nombreux sont les suspects. Et, en s’approchant trop près de la vérité, Piper risque à son tour de devenir la cible du tueur…


Extrait  « Souvent Esperanza errait d’une pièce à l’autre en jouant à la maîtresse de maison. Un rêve qui l’aidait à voir filer plus vite les heures passées à épousseter, récurer, passer l’aspirateur. Esperanza s’efforçait d’imaginer ce qu’elle aurait ressenti si elle avait été propriétaire d’une aussi belle demeure, au lieu d’être une simple femme de ménage. »


Mon avisUn meurtre est sauvagement commis à l’Elysium, le paradis des célébrités, qui y viennent se prélasser dans un spa luxueux et profiter des soins de chirurgie esthétique mis à leur disposition. La victime ? Une femme de ménage, qui travaillait ce jour-là dans la luxueuse propriété de Jillian, la fille du propriétaire de l’établissement. Aucun doute n’est permis : ce n’était pas cette pauvre femme de ménage qui était visée, mais bien Jillian. Malgré les événements tragiques survenus à l’Elysium, la vie continue, les clients sont toujours là, et Jillian continue les préparatifs son mariage avec Ben, qui aura lieu dans quelques jours seulement. Piper, jeune actrice en devenir et préparatrice de gâteaux de mariage, est notamment conviée à l’Elysium pour préparer le gâteau de mariage de Jillian et Ben. Mais les mystérieux événements qui se produisent dans l’établissement vont vite la détourner de son objectif initial…

J’ai trouvé ce roman intéressant. En effet, l’intrigue est bien ficelée et l’enquête policière rondement menée. Mary Jane Clark essaie de nous présenter un panel de profils suspects, pour mener le lecteur vers de fausses pistes. Néanmoins, les habitués de romans policiers (dont je fais partie), découvriront bien avant la fin le véritable suspect. Cela ne m’a pas empêché d’apprécier suivre l’histoire jusqu’à son dénouement.

Les personnages sont intéressants, particulièrement Piper Donovan, notre protagoniste, qui m’ait apparue sympathique, souriante et bienveillante envers l’ensemble des autres personnages du roman.

Crime glacé est un roman policier, avec une intrigue principale, mais c’est également un genre de pamphlet contre les pratiques de la chirurgie esthétique. L’auteure invective ces pratiques, et met en avant des cas de chirurgies esthétiques dévastatrices, comme par exemple Wendy, une jeune femme complexée par son apparence physique et particulièrement par son nez, qui va se faire opérer une première fois, puis une seconde, une troisième fois… avant de s’apercevoir que son nez n’en est plus un. Défigurée et honteuse par sa nouvelle apparence physique, elle s’isole et se cache, regrettant chaque instant son apparence passée. C’est un très bel exemple de mise en garde contre ces pratiques, qui peuvent comporter des complications, mais surtout c’est un message « coup de gueule » contre les personnes devenues obsédées par leur apparence physique.


Un roman policier glaçant, qui met en exergue les pratiques de la chirurgie esthétique. Rondement mené, il saura vous faire frissonner ! 

Ma note : 8,5/10

 

Cette nuit-là

Cette nuit-là de Chevy Stevens
397 pages, éditions l’Archipel, à 22€

Résumé : Adolescente, Toni Murphy a une vie compliquée entre un petit ami, Ryan, qu’elle adore, des parents avec qui la relation est conflictuelle et des camarades de classe qui lui mènent une vie d’enfer.
Sa vie tourne au cauchemar quand sa sœur cadette est assassinée une nuit d’été. Toni et Ryan sont reconnus coupables de meurtre et envoyés en prison.
Aujourd’hui âgée de 34 ans, Toni se retrouve en liberté conditionnelle. De retour dans sa ville natale, elle essaie de reprendre une vie normale.
Mais rien n’est facile. Elle a interdiction de revoir Ryan, sa mère doute de son innocence et le groupe de filles qui lui a mené la vie dure au lycée la harcèle de nouveau.
Surtout, Toni prend conscience qu’elle ne pourra tourner la page tant qu’elle n’aura pas découvert la vérité. Que s’est-il réellement passé cette nuit-là ?
Mais la vérité a un prix…

Extraits : « Tonie, ma chérie, tu n’as rien compris. Ce n’est pas la mort qui est pénible. C’est la vie. »
« Un jour, j’ai pris conscience que toute cette haine que je trimbalais ne faisait pas avancer le schmilblick. On fait tous des conneries, et plus tu t’en veux au fond de toi, plus tu fais du mal aux autres. »

Mon avis : Enfin un bon thriller, digne de ce nom ! Ça faisait bien longtemps que je n’avais pas goûté à une enquête psychologique éreintante comme celle de Cette nuit-là.

L’histoire débute dans les années 1990, où notre protagoniste, encore au lycée, flirte avec un jeune homme nommé Ryan, est en conflit avec sa soeur Nicole, et détestée par une bande de filles. Un quotidien qui aurait pu paraître banal, si ce n’est qu’un beau jour, lors d’une virée en forêt entre Toni, son copain Ryan et Nicole, cette dernière est retrouvée morte par sa soeur aînée. Tonie et Ryan vont être accusés de meurtre, à cause des témoignages factices de la bande de filles dirigée par Shauna. Mais le couple a toujours nié leur innocence. Personne ne les a cru, même pas leurs propres parents. Trente ans après, lors de leur sortie de prison, ils sont déterminés à prouver leur innocence en découvrant le réel coupable du meurtre.

Je vous garantis que ce thriller comporte tous les bons ingrédients qui font d’un thriller un bon thriller. Une atmosphère sombre, pesante et oppressante. Une étrange affaire de meurtre. Une enquête comportant bien des zones d’ombres. Un milieu carcéral décrit d’une manière cruelle et fortement réaliste. Autant dire que vous allez sans conteste passer un superbe moment de lecture.

Concernant notre héroïne, on peut clairement voir une métamorphose flagrante vis-à-vis de sa personnalité. D’une jeune fille traumatisée, incrédule, naïve, assez timide, qui ne cherche pas les problèmes, elle se transforme radicalement en cotoyant les aprêtés de la vie en prison. Dans un monde cupide, où la violence est reine, Tonie va devoir se montrer forte et solide, s’imposer, se faire sa place et survivre aux dures lois de la vie carcérale. Sa force de caractère va lui attirer des ennuis, qu’elle écartera de manière intelligente. Elle va se faire des amies et des ennemies, tantôt respectée, tantôt bafouée. La prison va changer sa vie, sa vision de la vie et sa personnalité. Une héroïne au grand coeur que j’ai beaucoup aimé, même si parfois, elle faisait preuve d’un sérieux manque de confiance en elle, d’une perte d’autorité, et se faisait passer pour une figure trop passive.

Comme vous l’aurez compris, ce livre aborde le thème de l’harcèlement moral. Tonie est martyrisée par Shauna – personnage détestable, égocentrique, jalouse et possessive, que je n’ai pas pu encadrer de tout le roman – et sa bande dès les années lycées et l’auteure Chevy Stevens va montrer les limites de l’harcèlement scolaire et les pires conséquences qui puissent en découler. Un sujet noircit et caricaturé, mais qui reste très réaliste dans son ensemble, avec des propos cohérents, quoiqu’assez choquants.

En bref, je vous conseille ce thriller, qui m’a donné quelques sueurs froides. Il n’est pas spécialement original, mais l’histoire est plaisante à lire.

Ma note : 8/10

Paris chaos

Paris Chaos de Noël Simsolo
340 pages, éditions L’Archipel, à 20€

 

Résumé : Dans la nuit du débarquement des alliés en Normandie (5 à 6 juin 1944), Jean Leblanc, illusionniste et pickpocket, guette l’officier allemand Friedrich Wolf à la sortie d’un cabaret de Pigalle pour lui dérober une enveloppe. Mais celui-ci est abattu sous ses yeux par un homme qui s’enfuit en vélo. Sortant alors d’une porte cochère, le jeune résistant, Paul Saltion, fait les poches de la victime et emporte l’enveloppe que Leblanc convoitait.
Quel est ce butin ? De l’argent, la photo d’un tableau de Velasquez, des documents stratégiques et la liste des conspirateurs préparant un attentat contre Adolf Hitler. Le voleur est alors traqué par la Gestapo, la police française, la pègre et la Résistance. Leblanc travaille pour le compte d’un collectionneur allemand au service de Goering. Il reconnaît enfin son voleur parmi les figurants des Visiteurs du soir de Carné…

Extraits : « Quelles que soient les difficultés, tout vaut mieux que d’être mis hors de combat sans combattre. »
« Nous avons tous une face obscure qui nous salit et nous dévore. C’est le paradoxe de l’être humain depuis le début des temps. »

Mon avis : Le thème de la Seconde Guerre Mondiale est souvent manipulé, pris, repris, écrit puis réécrit dans les romans. Ils n’en demeurent pas moins chacun unique dans leur genre, traitant différemment du sujet posé. Après avoir lu des romans traitant de la condition des déportés juifs, comme Elle s’appelait Sarah de Tatiana de Rosnay, ou même Pardonne-lui de Jodi Picoult, et après avoir lu une BD sur la Résistance, celle d’Alain Grand et Marc Lévy, Les enfants de la liberté, Paris chaos reste dans le thème, mais l’approche d’une tout autre manière.

L’auteur décide de nous parler des mouvements de Résistance des français, mais également de la Gestapo allemande, de la police française, du régime de Vichy… vous l’aurez compris, il faut un minimum de connaissance sur cette partie de l’histoire pour pouvoir comprendre un tant soit peu le récit.

La première chose qui peut surprendre, quand on débute la lecture de ce roman, c’est le peu de pages que contiennent les chapitres. Je n’ai pas été outre-mesure surprise, ni gênée par ce peu de pages, bien au contraire, il a donné du rythme et de la vitesse au récit, comme si toute l’histoire se déroulait à vive allure.
A chaque fin de chapitre, c’est à un nouveau narrateur auquel nous avons à faire. L’auteur a choisi d’alterner la prise de parole et l’histoire des personnages, en les mélangeant assez simultanément, en faisant se suivre un chapitre concernant la Résistance par un nouveau sur les nazis. Ces changements brutaux rajoutent de la dynamique à l’ouvrage. Ne soyez pas surpris de ne pas retenir dès le départ le nom et le rôle de chaque personnage… au fil de votre lecture, vous arriverez plus aisément à apprivoiser chacun.

Noël Simolo ajoute, au début de chaque chapitre, le jour et l’heure à laquelle se déroule la scène qui va suivre. Connaissant les grands événements de cette seconde Guerre Mondiale, c’est avec une sorte d’anxiété que nous suivons ce chronomètre qui s’égrène lentement, et inexorablement…

Paris chaos représente bien la guerre telle quelle ; violente, cruelle et effroyable. Les scènes macabres sont nombreuses, plus sanguinolentes et cinglantes les unes que les autres. C’est avant tout un roman noir et sombre, telles les années de guerre qui se sont écoulées.
Mais à travers ses abondantes séquences bestiales, des scènes plus touchantes ont prouvées qu’il restait un semblant d’humanité et de sentimentalité dans cette guerre noire et sans merci.

Même si parfois certaines scènes ont pu être un peu brouillonnes, et qu’il était facile de se perdre dans le rôle que tenait chaque personnage, l’intrigue en elle-même est très bien menée, et nous apprends énormément de choses.

 

Ma note : 6,5/10

Un si beau soleil pour mourir

Un si beau soleil pour mourir
de James Patterson et Howard Roughan
360 pages, éditions l’Archipel, à 22€

 

Résumé : Ethan et Abby, mariés depuis peu, passent leur lune de miel sur une île enchanteresse des Caraïbes. Eaux turquoises le matin, champagne le soir… Mais le rêve prend fin, brutalement. Le couple est tué dans le sauna de leur suite de luxe.
Peu de temps après, deux amoureux convolant à Rome sont assassinés. Qui peut bien s’en prendre à des couples mariés depuis peu ?
L’ex-agent du FBI John O’Hara se voit confier l’enquête tandis que l’agent spécial Sarah Brubaker traque de son côté un autre serial killer, dont les victimes ont un étonnant point commun : elles portent toutes le même nom : John O’Hara !
Des lors, les routes de John et de Sarah vont se croiser. Il leur faudra, pour arrêter les deux criminels, unir leurs efforts. Et plus si affinités…

Extraits :  « Définition de la confiance dans une relation amoureuse naissante ? Quand il vous dit où il cache sa clé de secours. »
« Ce soir-là, les rires fusèrent autour de la table du dîner. Et me prouvèrent que, si la famille est bien la seule monnaie qui procure le bonheur, je suis un homme immensément riche. »

Mon avis :  Une si jolie couverture ne pouvait que donner envie de découvrir Un si beau soleil pour mourir. Beaucoup d’attentes nourries, pour finalement de nombreuses déceptions.

James Patterson choisit de mener deux intrigues de front : l’une aux côtés de John O’Hara, chargé de résoudre le meurtre d’un couple lors de sa lune de miel. L’autre intrigue se passe avec Sarah Brubaker, qui tente d’attrapaer un tueur en série redoutable, aux cibles bien distinctes : il ne tue que les Jon O’Hara. Deux enquêtes qui vont finir par se rejoindre, deux enquêteurs qui vont former un binôme, pour le meilleur comme pour le pire.

Durant toute la durée de ma lecture, j’ai eu le sentiment d’un manque significatif, d’un vide. Manque de détails, manque de descriptions, de profondeur, de chaleur humaine, de réalisme et d’originalité. En effet, l’histoire n’était pas assez recherchée. L’intrigue était loin d’être originale et pas spécialement captivante. Le fait d’intégrer deux enquêtes parallèles dans le récit créait des cassures de l’histoire, qui empêchait le lecteur de se plonger entièrement dans l’intrigue. De plus, les deux protagonistes, au caractère fade, sans réelle personnalité, n’étaient pas des plus accueillants. Un binôme bien trop commun à mon goût – les deux agents du FBI qui se retrouvent à collaborer ensemble sur une enquête, qui se découvrent et s’apprécient de plus en plus… on connaît, et on a déjà donné ! Pour couronner le tout, James Patterson ôte tout suspense à son histoire, en nous dévoilant dès le début le portrait du serial killer. La suite coule de source, sans mystère aucun.

La lecture en elle-même est agréable, bien que sans grand intérêt littéraire. Pour dire le talent de conteur de l’auteur : malgré mon aversion pour son livre, il a réussi à me porter jusqu’à la dernière page. Est-ce par curiosité, par espoir d’un retournement de situation ou par magie stylistique ? Un peu de chaque, certainement…

Ma note dénote ma déception pour ce roman à la couverture trompeuse. Le suspense annoncé n’était pas au rendez-vous, les enquêtes s’éternisaient, les personnages étaient inintéressant, tout comme l’intrigue proposée.

 

Ma note : 4/10

Le sang de mon ennemi

Le sang de mon ennemi
de James Patterson & Michael Ledwidge
347 pages, éditions l’Archipel, à 22€

 

Résumé : Manuel Perrine n’a peur de rien ni de personne. Puissant, charismatique et impitoyable, il abat ses rivaux avec l’aisance qu’il met à arborer des costumes de lin blanc griffés.
L’inspecteur Michael Bennett est le seul flic à avoir réussi à mettre Perrine derrière les barreaux. Mais, à présent qu’il est sorti de prison, celui-ci s’est juré de l’éliminer, lui et tous ceux qui lui sont chers.
Justement, Bennett et ses dix enfants adoptés vivent dans une ferme reculée en Californie, protégés par le FBI.
Bientôt Perrine lance une campagne de diffamation, visant les personnalités les plus connues du pays. Ne disposant d’aucun indice quant à l’endroit où pourrait se cacher Perrine, le FBI décide à faire appel à Bennett…

Extrait : « J’ai secoué la tête. On aurait pu croire qu’ils s’adressaient à un toxico. Restait à savoir quelle était ma drogue. Mon boulot de flic ? A bien y réfléchir, peut-être n’avaient-ils pas entièrement tort. »

Mon avis : Le sang de mon ennemi, titre effroyable à en faire frémir plus d’un se classe néanmoins, si l’on en croit la couverture « numéro un mondial du suspense« . Et pour cause…

Entre le Mexique et les Etats-Unis, rien ne va plus. L’histoire se déroule dans un contexte de trafics illégaux de produits illicites, de production de champs de drogue, de réglements de comptes entre traficants. Perrine, le chef mafieux le plus redouté de tous les temps, crainte ultime de tous les traficants, policiers et autres civils, extermine un à un les personnes qui l’ont un jour ou l’autre contredits. Michael Bennett, policier des Etats-Unis, avait réussi à capturer Manuel avant que celui-ci ne s’échappe. Depuis ce temps-là, il doit vivre reclu dans un endroit isolé, déserté, dans une profonde campagne sans âme qui vive, avec ses sept jeunes enfants. Mais Michael, mis à la touche pour plus de sureté, va tenter de stopper les folies meurtrières du criminel, dans l’espoir de revenir un jour à une vie quotidienne banale.

Ce roman porte bien l’ornementation de numéro un du suspense : dès les premières lignes, des morts et du sang. Le gang mystérieux qui opère semble sans limite, cruel, prêt à tout pour parvenir à leurs fins, n’ayant peur de rien ni de personne, seulement de leur chef, Manuel Perrine. Cet homme dégage une monstruosité bestiale effroyable, une aura sombre qui démontre l’absence d’humanisme et de sentiments de cet être sans coeur. Bien au contraire, contrastant nettement avec le monstre décrit ci-dessus, Michael Bennett, père responsable de sept adorables enfants, empli de tendresse envers les siens et d’attentions touchantes, incarne pleinement l’humanisme paternaliste. Courageux, aguerris, il n’hésite pas à donner sa vie aux siens, risquant à tout instant la mort pour permettre l’épanouissement de ses enfants, atristés de vivre reculés.

Le suspense est insupportable. Les meutres de Manuel Perrine se multiplient toujours plus, sans quiconque à l’horizon qui semble en mesure de pouvoir stopper le carnage. Michael Bennett semble un bien maigre personnage, déterminé, mais pas à la hauteur des sbires du mafieux. Les scènes de crimes deviennent de plus en plus morbides, tout en s’accélérant.

Ceux qui ont l’intention de lire ce livre ne devraient pas continuer à lire cette partie de ma chronique, sous peine de vous révéler quelques épisodes essentiels du roman, qui ne vous laisserez plus de surprise.
Le point dramatique ultime, le summum du suspense, qui accentue toujours plus l’effroi du lecteur, c’est lorsque les mafieux découvrent la cachette de la famille Bennett. L’intrigue, semblant avancer à toute vitesse, se ralentit en une fraction de secondes, laissant le lecteur dans l’angoisse la plus totale. Que sont devenus les enfants ? Et Mary Catherine, la pseudo gouvernante de la famille ? Michael, loin de sa famille, se fait un sang d’encre, prêt à en découdre, remonter à bloc pour tuer de ses propres mains son ennemi numéro un.

James Patterson pointe du doigt dans son roman les traficants de produits illicites, et la guerre qui persiste depuis des années aux frontières du Mexique et des Etats-Unis. Dans un rythme soutenu, alternant les courses-poursuites et les moments paisibles qui se déroulent à Susanville, dans le paysage agricole où sont réfugiés les enfants, l’auteur donne une énergie puissante à son roman, jouant malléablement avec les émotions du lecteur.

Un très bon thriller, au suspense omniprésent, et à l’atmosphère passablement moderne. Un bon moment de lecture, traitant de l’amour familial, du pouvoir d’un père, des narcotraficants, des mafieux… des thèmes éclectiques, mais qui se marient parfaitement dans ce cadre étouffant.

Ma note : 6,5/10