Black bone, tome 1 : Coltan Song


Black Bone, tome 1 : Coltan Song
de Manu Causse,  Emmanuelle Urien,
Marie Mazas et Maylis Jean-Préau

299 pages, éditions Nathan, à 14,95€


Résumé : Marie, 18 ans, vient de perdre sa mère journaliste dans un accident de la route. En triant ses affaires, elle comprend qu’Irène s’intéressait aux conditions de fabrication d’un smartphone dernière génération et à un mystérieux individu lié à cette entreprise. Et si la mort de sa mère n’était pas accidentelle ?
Avec l’aide de Léo, un jeune hackeur, et de sa marraine, reporter italienne, Marie reprend l’enquête et remonte la piste d’un trafic de minerais rares en Afrique. Elle apprend que son père a été assassiné avant sa naissance en Sierra Leone. Marie veut révéler au grand jour ce trafic et le nom des meurtriers de ses parents. Mais les voix de deux adolescents et d’une journaliste peuvent-elles faire le poids contre une entreprise internationale ?


Extraits : « Il y a une guerre, oui. Il faut quelqu’un pour en parler parce que, sinon, la guerre continuera longtemps.« 

« La vérité est toujours plus simple que le mensonge, même si elle exige plus de courage. »


Mon avis : Coltan Song est le premier tome de la toute nouvelle saga jeunesse Black Bone, écrite à huit mains par un collectif de quatre auteur.e.s toulousains. Rien que cette prouesse d’écriture à plusieurs est à saluer : il n’est jamais aisé de se synchroniser, les idées doivent fuser dans tous les sens et pourtant, il faut tout synthétiser pour en sortir une histoire homogène, avec la plus-value de chacun.e. Bravo pour ce travail !

Nous faisons la connaissance de Marie, 18 ans, c’est une jeune fille métisse comme tant d’autres. Marie n’a jamais connue son père, décédé avant sa naissance, et sa mère, Irene Forget, vient elle aussi de mourir, dans un stupide accident de la route, la laissant seule, orpheline, livrée à elle-même. En faisant du rangement dans les affaires de sa mère, Marie va être mise en relation avec Léo, alias Hell-O, un jeune hacktiviste, professionnel de l’informatique, qui dit détenir des informations précieuses sur sa mère et sur les causes de sa mort. Car selon lui, l’accident de la route dont a été victime Irene n’en était pas un. Sa mort serait liée à son passé de grand reporter en Afrique et principalement à un homme blanc, victime de l’assassinat de Peter, le père que Marie n’a jamais connue.

Black Bone est un mélange de récits historiques et d’enquête policière plus traditionnelle. À intervalles réguliers, nous sommes projetés en Afrique, en Sierra Leone ou en République Démocratique du Congo, où nous assistons, impuissants, à la destruction, aux meurtres, à l’esclavagisme, à la domination des certains hommes blancs sur d’autres pauvres hommes noirs. Quoique difficile à appréhender, de part la violence des scènes qui se jouent sous nos yeux, j’ai beaucoup aimé ces immersions dans les conflits africains, qui malheureusement, perdurent encore aujourd’hui. Les mettre en avant de telle manière est une véritable plus-value, puisque cela permet aux plus jeunes, lecteurs cibles premiers, de prendre conscience des inégalités qui régissent notre monde.

Et d’autre part, nous sommes en France, à Bouillac, petite commune de l’Aveyron, dans une ferme isolée, où Marie, notre protagoniste, tente de mettre au clair le décès de sa mère. Accompagné de Hell-O, ils fouillent, fouinent et déterrent de lourds secrets, qui risquent de mettre leur vie en danger. En effet, ils découvrent une entreprise peu scrupuleuse nommée SmartGreen, qui n’est autre qu’une escroquerie planétaire, une machination mise au point par ces dirigeants pour duper un maximum de personnes et se remplir les poches. Tout en continuant de creuser, ils vont également découvrir que cette entreprise a de nombreux liens avec l’Afrique, et cache notamment un véritable trafic d’êtres humains. Conflits historiques, environnementaux, sociaux, culturels… Marie, Hell-O et Andrea, la marraine de la jeune fille, ont mis à jour une escroquerie d’envergure. Mais il n’est pas aisé de se faire entendre, de chercher des preuves assez incriminantes pour que l’ensemble de l’opinion publique puisse abonder dans leur sens.

Il faut bien s’accrocher au récit pour ne pas en perdre le fil. L’enquête de fond, à savoir le trafic planétaire de l’entreprise SmartGreen, est assez difficile à appréhender. En effet, il regroupe plusieurs problématiques assez vastes, comme les problèmes écologiques, les nouvelles technologies… le tout additionné aux problèmes sociaux qui se déroulent en Afrique, il y a de quoi se perdre. Je conseillerais ce livre à des adolescents de 14-15 ans, pas moins, puisque même moi, qui suis pourtant plus âgée, j’ai décroché à certains moments du récit, tant les problématiques partaient dans tous les sens.

Globalement, j’ai beaucoup aimé le rythme de l’histoire. On retrouve une alternance de temps dans les chapitres, avec certaines parties de l’histoire qui se passent dans les années 2000, aux côtés d’Irene, alors reporter en Sierra Leone, puis des retours dans le présent, avec Marie. Les chapitres s’enchaînent avec fluidité et sans temps mort. C’est un premier tome promettent que nous livrent ces quatre auteur.e.s toulousains. Je serai curieuse de découvrir la suite de cette histoire.


Un premier tome bien construit et rythmé, oscillant entre conflit historique et enquête policière. J’ai hâte de pouvoir découvrir la suite !

Ma note : 7,5/10

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