L’immeuble de la rue Cavendish, tome 3 : Lucie se rebiffe


L’immeuble de la rue Cavendish, tome 3 : Lucie se rebiffe de Caroline Kant
290 pages, éditions Les Escales, à 15€


Résumé : Lucie est verte de rage : spoliée et abandonnée par ses enfants à la mort de son mari, elle se retrouve dans un appartement minuscule ! Finie la grande vie… Jusqu’à ce qu’elle rencontre le bel Henri.
Quand son cher époux est mort, Lucie ne s’attendait certainement pas à hériter de… ses dettes. Ses enfants ne lui parlent plus (il faut dire qu’elle n’a jamais pu retenir le prénom de ses petits-enfants) et, ruinée, elle est obligée de déménager ! En plus, ses nouveaux voisins sont insupportables – surtout le petit Hyppolite, un vrai pot de colle.
Heureusement que Lucie peut se changer les idées avec ses meilleures amies et le charmant Henri qu’elle vient de rencontrer. Mais les apparences sont trompeuses et, alors que Lucie découvre des qualités insoupçonnées chez ses hurluberlus de voisins, son nouveau et mystérieux prétendant n’est peut-être pas celui qu’elle croit…


Extraits : « L’amour, c’est tellement mieux et plus hygiénique sur le papier. »

« – Madame Leblanc, c’est une blague ? On va jamais faire rentrer tout ça dans l’appartement !
Le déménageur, qui vient de découvrir l’étroitesse de mon nouveau logement, est rouge de colère. Ce qu’il ne sait pas, c’est que je suis dix fois plus énervée que lui de me retrouver ici.
– Je vous paye, non ? Alors débrouillez-vous, faites votre travail. »


Mon avis : C’est avec toujours autant de plaisir que je retrouve les habitants si accueillants de l’immeuble de la rue Cavendish. Pour cette troisième entrevue, nous rencontrons Lucie, une vieille dame, qui vient d’emménager dans l’immeuble suite au décès de son mari et à la vente de leur grand appartement dans un quartier chic de Paris. Dépossédée de tout héritage en raison des dettes accumulées par son mari, Lucie se retrouve dans le sou, obligé de vivre dans un modeste appartement, elle qui n’a jamais manqué de rien et est habituée au luxe et au faste. C’est une telle honte pour elle, que Lucie évite de parler de ses problèmes financiers à ses deux meilleures copines, Martha et Évelyne, qu’elle connaît pourtant depuis l’enfance. Elle va devoir réapprendre à vivre seule, sans son Émile, sans ses enfants, devenus distants au fil des ans, et revoir drastiquement ses dépenses à la baisse.

Heureusement, Lucie va faire la rencontre de ses charmants voisins. D’abord réticente à l’idée de se lier d’amitié avec des personnes de l’immeuble, elle va finalement s’attacher progressivement à Aimée, la gardienne, qui deviendra sa confidente, à Guy, le vieil homme avec son chien Gordon, à Hippolyte, son très jeune voisin d’en face, délaissé par son père et sa soeur. Lucie va également faire la connaissance de Kylie, sa nouvelle coiffeuse au look déjanté, bien loin des conventions.

Au fil de notre lecture, on va s’apercevoir de la transformation de Lucie, qui passe de vieille femme aigrie, renfermée et colérique, à une personne charmante, ouverte, solaire, sociable et toujours prête à aider. Le changement se fait progressivement, grâce aux nouvelles rencontres qui vont se produire, qui vont lui apporter énormément de bénéfices personnels.

Comme dans les précédents tomes de la saga, Caroline Kant s’attelle à créer plusieurs petites intrigues autour du protagoniste du roman. Ici, nous avons plusieurs personnages qui ont besoin d’être aidés, épaulés, conseillés, soutenus. Évelyne présente des troubles de mémoires, qui font craindre un début d’Alzheimer ; Martha se retrouve aux prises d’un escroc qui, sous couvert d’amour, en veut à son argent ; Kylie enfin, est tombée enceinte de son ex-petit copain, Eddie, totalement immature. Bien que seule, la jeune fille souhaite garder l’enfant. Ce que j’aime particulièrement dans cette saga, c’est toute la chaîne de solidarité qui se met en place autour des personnes en difficulté, toute la bienveillance et l’amour qui s’en dégage.


Pour la troisième fois, j’ai été conquise par la saga familiale de Caroline Kant. Beaucoup d’amour et de bienveillance se dégagent de ses pages. C’est une lecture légère, qui se dévore rapidement, avec un goût de reviens-y. Vivement le prochain tome !

Ma note : 8/10

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ISBN : 978-2-36569-733-0

L’amie prodigieuse, tome 1 : Enfance, adolescence


L’amie prodigieuse, tome 1 : Enfance, adolescence
de Elena Ferrante
429 pages, éditions Folio


Résumé : « Je ne suis pas nostalgique de notre enfance: elle était pleine de violence. C’était la vie, un point c’est tout: et nous grandissions avec l’obligation de la rendre difficile aux autres avant que les autres ne nous la rendent difficile.»
Elena et Lila vivent dans un quartier pauvre de Naples à la fin des années cinquante. Bien qu’elles soient douées pour les études, ce n’est pas la voie qui leur est promise. Lila abandonne l’école pour travailler dans l’échoppe de cordonnier de son père. Elena, soutenue par son institutrice, ira au collège puis au lycée. Les chemins des deux amies se croisent et s’éloignent, avec pour toile de fond une Naples sombre, en ébullition.
Formidable voyage dans l’Italie du boom économique, L’amie prodigieuse est le portrait de deux héroïnes inoubliables qu’Elena Ferrante traque avec passion et tendresse.


Extraits : « Notre monde était ainsi, plein de mots qui tuaient : le croup, le tétanos, le typhus pétéchial, le gaz, la guerre, la toupie, les décombres, le travail, le bombardement, la bombe, la tuberculose, la suppuration. »

« Sans amour, non seulement la vie des personnes est plus pauvre, mais aussi celle des villes. »


Mon avis : Après avoir entendu parler de cette saga familiale pendant de très nombreuses années – en des termes plus que positifs -, je me suis enfin décidé à sortir le premier tome de ma pile à lire.

L’amie prodigieuse, c’est l’histoire de l’amitié assez spéciale qui unie Elena, notre protagoniste, à Lila. Toutes deux très jeunes, elles vivent dans un quartier pauvre de Naples, en plein milieu des années 50 et se montrent particulièrement douées pour les études. Une compétition insidieuse se met en place entre elles deux : c’est à celle qui rapportera les meilleures notes dans leur maison respective. Hélas, Lila est rapidement rattrapée par son milieu social : elle doit abandonner l’école pour aider son père, cordonnier, à réfectionner et vendre ses chaussures. Un coup dur pour Elena, qui se retrouve abandonnée et cherche à trouver un nouveau sens à sa vie. Car sans Lila, son moteur, sa meilleure amie, sa confidente, sa meilleure compétitrice… Elena n’est plus rien : la vie va les éloigner.

Souvent, les opposés s’attirent. C’est le cas pour Lila et Elena, deux jeunes femmes en devenir au caractère très différent. Lila est impulsive, c’est une jeune fille rebelle, qui n’a pas peur de déroger aux règles, d’affronter de face les conflits. Elle est incroyablement intelligente, mais ne se vante pas, au contraire, elle garde une part de mystère conséquente, qui fait qu’on n’arrivera presque jamais à la cerner entièrement. Quant à Elena, plus réservée et calme, elle se laisse facilement emporter par la fougue de son amie et rêve secrètement de lui ressembler. Une amitié passionnelle les unie, bien qu’un peu bancale ; Elena semble ressentir bien plus de sentiments envers Lila que cette dernière, qui ne montre que trop peu ce qu’elle ressent pour Elena. J’ai été émue de cette amitié hors du commun, mais j’ai parfois ressenti de la douleur pour Elena, puisqu’elle semblait entretenir un lien d’amitié à sens unique. Entre fidélité, amour, jalousie, haine… toutes les émotions transparaissent entre ces deux jeunes filles que tout oppose.

Outre ces deux héroïnes, on découvre tout un florilèges de personnages, qui vont venir enrichir le quotidien d’Elena et Lila. Les garçons seront nombreux à courtiser les jeunes filles : Pasquale, le maçon, Nino, l’intello, Antonio, le mécano, les frères Solara, les riches mafieux… elles n’ont que l’embarras du choix ! On découvre surtout que les familles napolitaines sont souvent en rivalité les unes avec les autres : chacun se bat pour acquérir la meilleure place dans cette société napolitaine en plein essor.

L’auteure nous immerge dans l’Italie du milieu du XXème siècle. On en apprend plus sur l’histoire sociale et politique du pays. Nos deux héroïnes grandissent dans un monde étriqué, où la violence, les injustices sociales et le machisme sont monnaie courante. Obligées de se construire sur des bases branlantes, elles ne peuvent que perpétrer ce que le passé leur offre. Un avenir tout tracé et limité. Mais Elena rêve de plus grand et tente de contrer son destin, malgré les récriminations de ses parents, qui ne comprennent pas l’intérêt de poursuivre des études onéreuses.

La saga d’Elena Ferrante a été adaptée au cinéma ; je n’ai pour le moment pas eu le temps de voir la première saison, mais je pense que j’essayerai de la visionner dans les mois qui viennent : l’émotion devrait y être encore plus puissante !


Elena Ferrante nous offre le portrait sensible et humain de deux jeunes filles qui se sont prises d’amitié, mais que tout oppose.  L’occasion de s’immerger dans les années 50 au coeur d’un quartier pauvre de Naples, avec son lot de restrictions sociales et politiques, de violences, d’inégalités et d’injustices. Je lirai le deuxième tome avec plaisir !

Ma note : 7,5/10

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ISBN : 978-2-07-046612-2
Traduction : Elsa Damien

L’immeuble de la rue Cavendish, tome 2 : Charlotte se cherche


L’immeuble de la rue Cavendish, tome 2 : Charlotte se cherche de Caroline Kant
283 pages, éditions Les Escales, à 15€


Résumé : Charlotte est aux anges : elle a trouvé un travail ! Mais très vite, la situation au bureau se dégrade tandis que sa vie personnelle se détraque…
C’est signé ! Charlotte a décroché un job dans une agence d’organisation de mariages : elle pourra soutenir sa famille pendant que son mari Alexandre lance sa boîte. Elle a même réussi à négocier ses mercredis après-midi pour passer du temps avec Lou et Gabriel, ses enfants.
Adieu, la vie imprévisible de free-lance et bonjour, les revenus réguliers, les congés payés et les pauses café ! Sauf que… Sa collègue Laetitia ne semble pas du tout ravie de son arrivée chez « Tous en cœur » et son comportement devient très, très inquiétant…
Pour ne rien arranger, Charlotte se dispute de plus en plus avec Alexandre et se rapproche peu à peu de Thomas, un bel homme très séduisant qui vient d’emménager dans l’immeuble avec ses enfants. Jusqu’où ira-t-elle ? Et jusqu’où ira Laetitia ?


Extrait : « Parfois, dans la vie, on a l’impression qu’on est arrivé tout en haut, sur l’échelle du bonheur. Que tout est réuni pour qu’on soit le plus heureux du monde. Alors j’adresse une petite prière : « S’il vous plaît, faites que je reste là le plus longtemps possible avant de redescendre, et si vous le pouvez, pas trop bas… »


Mon avis : C’est avec un immense plaisir que je retrouve les personnages qui m’avaient tant plût dans le premier tome de L’immeuble de la rue Cavendish. Alors que nous suivions principalement Margaux et ses déboires amoureux dans le premier opus, ici, Caroline Kant met la lumière sur un autre résident de l’immeuble : Charlotte.

Charlotte est mariée à Alexandre, avec qui elle a deux enfants, Lou et Gabriel. D’abord free-lance à son compte, donc libre d’organiser ses journées comme elle le souhaite, Charlotte décroche un nouveau travail dans une petite boîte de trois personnes, qui organise des mariages. Seulement, Laetitia, sa nouvelle collègue, ne semble pas aussi euphorique que Charlotte à l’idée de son arrivée. Hautaine, dédaigneuse, mais surtout jalouse de l’attention que lui porte la patronne, Laetitia instaure un climat de guerre au sein de l’agence… les journées deviennent alors très vite invivables aux yeux de Charlotte, qui se plaint quotidiennement auprès de son mari… sans trouver le support nécessaire.

J’ai eu beaucoup de peine pour Charlotte, qui semble être une personne joviale, chaleureuse et simple, mais qui ne récolte que mépris de la part de sa nouvelle collègue et indifférente auprès de son mari. Elle se trouve dans une situation totalement compliquée, mais elle ne baisse pas les bras pour autant et tente de trouver des solutions qui puissent être adaptées à tous.

Quant à Laetitia, c’est un personnage parfaitement détestable, qui n’a pas une once d’état d’âme. Le seul point positif que je peux tirer de son caractère, c’est le mystère qui entoure son histoire. On ne sait pas vraiment qui est Laetitia ; plusieurs indices parsèment le texte, sans pour autant qu’ils soient approfondis. J’aurais adoré en apprendre davantage sur son histoire… alors, peut-être que son caractère si froid aurait été en partie excusé, du moins expliqué rationnellement.

Les interactions avec les autres habitants de l’immeuble sont toujours présentes et plaisantes à suivre. On fait également la connaissance d’un nouveau locataire, Thomas, remplaçant d’Alphonse, le vieil homme sénile, décédé dans le premier tome. Et croyez-moi, Thomas est loin de rester simple remplaçant et figurant. Il va jouer un rôle déterminant dans ce tome-ci… et sans doute dans les prochains aussi. Maintenant, ne reste plus qu’à guetter la parution du troisième opus, pour découvrir l’histoire secrète d’un nouvel habitant !


ce deuxième tome est à l’image du premier : les personnages sont attachants,  l’histoire est agréable, légère, idéale pour l’été. j’ai déjà hâte de lire la suite !

Ma note : 8/10

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ISBN : 978-2-36569-692-0

Scarlett et Browne, livre 1 : Récits de leurs incroyables exploits et crimes


Scarlett et Browne, livre 1 : Récits de leurs incroyables exploits et crimes de Jonathan Stroud
371 pages, éditions Gallimard jeunesse


Résumé : Dans une Angleterre post-apocalyptique, la nature a repris ses droits et est désormais hostile aux humains. Soumis à des lois répressives, les survivants vivent dans des villes fortifiées. Scarlett, une rebelle recherchée dans toutes les cités, s’apprête à braquer une banque. Elle fait alors une rencontre qui bouleverse sa vie.


Extraits : « Ce matin-là, tandis que l’aube humide et blanchâtre s’étendait sur les marais, Scarlett McCain se réveilla auprès de quatre morts. Quatre ! Elle n’avait pas conscience d’avoir tué autant d’hommes. Pas étonnant qu’elle ait des courbatures. »

« Le secret d’un hors-la-loi, c’est sa rapidité. Voyager léger, n’avoir ni attache ni allégeance. Il pille une ville, passe à la suivante. Entre deux, il disparaît dans les terres inhabitées. Sans regrets. C’est ce qui le différencie de ces crétins qui tremblent derrière les murs de leur petite maison. La forêt est trop dangereuse pour qu’ils s’y aventurent à votre recherche. »


Mon avis : J’aime beaucoup les éditions Gallimard, qui ont la particularité dans leurs histoires, de nous embarquer dans des univers imaginaires fascinants, pour vivre mille et une aventures tout à fait étonnantes. La saga Scarlett et Browne n’échappe pas à la règle, puisque Jonathan Stroud a crée un monde dévasté, envahi par de vils créatures nommées les Infâmes. Dans ce monde apocalyptique, une jeune hors-la-loi, Scarlett McCain, tente de survivre en braquant notamment des banques pour récolter un butin considérable. Elle n’en est pas à son coup d’essai, puisque recherchée dans tout le pays. En prenant la fuite suite à un énième braquage, Scarlett va venir en aide à Andrew Browne, un jeune homme apeuré, maigrelet, qu’elle découvre coincé dans un bus renversé, où la totalité des passagers, hormis lui, a visiblement succombé à une attaque d’Infâmes. Sans s’expliquer pourquoi, Scarlett va prendre Albert sous son aile et va l’aider à réaliser son rêve : atteindre les Îles Libres – l’Angleterre -, où une vie meilleure l’attend soit-disant.

Le duo Scarlett/Albert est parfaitement étonnant, dans le sens où les deux jeunes gens sont totalement aux antipodes l’un de l’autre. On a d’un côté Scarlett, l’intrépide et vivace rebelle au caractère bien trempé, que rien ne semble effrayer. De l’autre, nous avons Albert, garçon chétif et mystérieux, réservé et facilement impressionnable, très curieux, mais naïf et insouciant. Toutes les qualités de l’une font défaut à l’autre et inversement. En somme, c’est un duo qui se complète parfaitement, mais qui demande quand même un certain temps d’adaptation.

Le personnage d’Albert est dès le départ très attachant. Il nous renvoie l’image d’un garçon perdu et apeuré, qui nous donne tout de suite envie de prendre soin de lui… contrairement à Scarlett, qui renvoie un visage froid et totalement fermé d’une jeune fille sans coeur ni sentiment. Mais il ne faut jamais se fier aux apparences, puisque le gentil Albert cache bien des mystères sur sa personnalité. C’est là même le message principal que veut délivrer Jonathan Stroud : il ne faut jamais juger quelqu’un de premier abord, mais plutôt prendre le temps de le connaître avant de tirer des conclusions souvent trop hâtives.  

Nous voilà donc brinquebalé dans un road-trip détonnant, direction les terres dévastées de la Grande-Bretagne. Le paysage est changeant au fil du récit, puisque notre duo d’intrépides semble s’enfoncer toujours plus profondément dans les affres sombres d’un pays incertain, où règne terreur et créatures monstrueuses. Un milieu hostile, abîmé par les ans et les destructions successives, qui fait véritablement froid dans le dos. Ajoutez à cela des assaillants imprévus, venus récupérer de force ou de gré notre si gentil Albert, et vous aurez le cocktail parfait de ce roman d’aventures imaginaires.


Un roman post-apocalyptique intéressant, dynamique, à l’univers sombre et mystérieux. Nos deux protagonistes sont véritablement les piliers de ce récit, aux antipodes l’un de l’autre mais réellement attachants. j’ai hâte de découvrir la suite de leurs aventures mouvementées.

Ma note : 7/10

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ISBN : 978-2-07-515899-2
Traduction : Laetitia Devaux

Blackwater, tome 2 : La digue


Blackwater, tome 2 : La digue de Michael McDowell
257 pages, éditions Monsieur Toussaint Louverture, à 8,40€


Résumé : A Perdido, en Alabama, la suite des aventures d’Elinor et de la riche famille Caskey.
Tandis que la ville se remet à peine d’une crue dévastatrice, le chantier d’une digue censée la protéger charrie son lot de conséquences : main d’œuvre incontrôlable, courants capricieux, disparitions inquiétantes. Pendant ce temps, dans le clan Caskey, Mary-Love, la matriarche, voit ses machinations se heurter à celles d’Elinor, son étrange belle-fille, mais la lutte ne fait que commencer. Manigances, alliances contre-nature, sacrifices, tout est permis. À Perdido, les mutations seront profondes, et les conséquences, irréversibles.
Découvrez le deuxième épisode de Blackwater, une saga matriarcale avec une touche de surnaturel et un soupçon d’horreur.


Extraits : « Seuls les enfants aiment véritablement l’été, car bien sûr il n’y a pas école. Les journées sont longues, et jamais interrompues par les heures, les devoirs ou les sonneries. »

« En Alabama, les vraies affaires ne se concluaient pas dans des bureaux, des cours d’usine ou derrière le comptoir d’une boutique. Elles se faisaient sous des porches, assis sur un siège à bascule à la lueur de la lune ; chez le barbier tandis que le commis vous cirait les chaussures ; sur un coin d’herbe derrière l’église méthodiste entre le catéchisme et l’office du matin ; ou dans le quart d’heure qui précédait les parties de domino du mercredi soir chez Oscar. »


Mon avis : Clairement, je l’avoue ouvertement : je suis fan de toutes les parutions des éditions Monsieur Toussaint. C’est donc sans surprise que je peux dire que j’ai adoré ce deuxième tome de la saga Blackwater. Le premier tome, La crue, avait été une magnifique découverte, tant fictionnelle que visuelle (puisque l’objet-livre était juste splendide), la deuxième tome, La digue, l’est tout autant.

Dans ce second tome, nous retournons dans le petit village de Perdido, Alabama, aux côtés de la famille Caskey, Mary-Love, Sister, Oscar, James, de leurs domestiques, mais surtout de la mystérieuse Elinor, épouse de Oscar et mère de Miriam. Après l’inondation spectaculaire de Perdido qui a causé la perte matérielle et financière de nombreuses familles, les habitants souhaitent faire construire une digue, capable d’arrêter la rivière si une telle catastrophe venait à se reproduire. Mais Elinor ne voit pas d’un bon oeil cette installation, qu’elle juge totalement superflue et nuisible au paysage visuel.

J’ai adoré retrouver l’ensemble des personnages qui ont tant marqués le premier tome : une Elinor toujours plus mystérieuse, bien qu’un peu plus effacée ; une Mary-Love toujours autant stratège et dominatrice ; un Oscar soumis ; une Sister qui commence tout doucement à prendre sa vie en main, en se détachant de sa mère… et de nouveaux personnages intègrent l’histoire, notamment Early, point central de ce second tome, puisqu’il est en charge de la construction de la digue. Un personnage, vous l’aurez sans doute deviné, tout de suite haï par Elinor, puisqu’étant à l’origine de ce qu’elle exècre le plus.

Le récit est toujours aussi dynamique et prenant. Il plane au-dessus de ces pages une aura mystérieuse et intrigante, qui nous maintient en haleine jusqu’aux dernières pages : qui est vraiment Elinor ? De quoi est-elle capable ? Quelques scènes paranormales viennent s’ajouter au récit initial, ce qui vient grossir l’ambiance mystérieuse qui plane autour de la personnalité d’Elinor, de ses pouvoirs et de ceux, pourquoi pas, de ses deux filles. Ces passages angoissants vous amèneront quelques frayeurs et beaucoup de sueurs froides !

Ce second tome confirme mon amour pour cette série : je n’ai qu’une hâte, me précipiter sur le troisième ! La saga, rééditée la Monsieur Toussaint Louverture, en compte six en tout. De quoi nous tenir en haleine encore un moment…


Un second tome à la hauteur du premier : addictif, surprenant, original, toujours aussi mystérieux, avec des personnages emblématiques qu’on prend plaisir à retrouver et à voir évoluer. J’ai déjà hâte de lire la suite !

Ma note : 9/10

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ISBN : 9782381960463
Traduction : Yoko Lacour