Littérature jeunesse

La mafia du chocolat

La mafia du chocolat de Gabrielle Zevin
390 pages, éditions Le Livre de Poche jeunesse, à 6,90€

 

Résumé : La fille chérie du défunt parrain du chocolat n’a que faire de son héritage. Pour elle, la vie doit être une routine absolue. Aller au lycée, prendre soin de son frère adoré et de sa grand-mère mourante. Et surtout, éviter Gable, parfait loser et ex-petit ami. Oui, tout allait bien jusqu’à ce que cet imbécile de Gable soit empoisonné par le chocolat issu de la fabrique illégale des Balanchine. Que la police la croie coupable, passe encore. Qu’elle se retrouve à la une des journaux télévisés, inévitable. Qu’on la harcèle au lycée en la traitant de criminelle, d’accord. Mais voir revenir dans sa vie sa famille mafieuse au complet est le pire des châtiments. Anya se demande si elle ne va pas devoir renoncer aux cours et sortir son revolver, histoire de mettre de l’ordre dans les affaires…

Extraits : « Mon père disait toujours de ne pas gaspiller sa salive avec ceux qui n’en valent pas la peine. »
« Chaque génération éprouve le besoin de définir ce qui est bien, Anya. Mais ceux qui s’en chargent ne savent pas qu’ils ne font que répéter les mêmes erreurs. »

Mon avis : On peut dire que Gabrielle Zevin joue dans l’originalité : alors que la plupart des dystopies connues se focalisent sur une histoire d’apocalypse future, elle préfère au contraire planter son décor en 2083 et faire passer en toile de fond la datation de l’histoire.

Bien qu’il soit vrai que le futurisme du livre soit omniprésent – c’est de lui que découle l’enquête principale du roman -, je ne l’ai pas vraiment trouvé dérangeant ni destabilisant. 70 années après notre ère, les êtres humains restent les mêmes, mais les règles de vie en société ont été modifiées : pénurie d’eau, il faut restreindre notre consommation ; interdiction de manger du chocolat, ce qui devient une denrée rare, tout comme les oranges, que le personnage Win présente religieusement à la protagoniste, Anya… Des restrictions qui soulèvent des questions de la part du lecteur, curieux de savoir pourquoi les hommes en sont arrivés à ce point-là. Hormis ces quelques règles, rien n’aurait pu faire penser au lecteur que l’histoire se déroulait en 2083.

En effet, l’histoire peut paraître banale. On y suit Anya, la fille d’un célèbre chef de gang, assassiné, qui prend soin de sa petite soeur, de son grand frère qui souffre de problèmes mentaux, et de sa grand-mère alitée. Beaucoup de responsabilités pèsent sur cette jeune fille, d’autant plus qu’elle doit gérer le regard que les autres portent sur son histoire familiale, les préjugés et remarques assassinent qui la poursuivent. Le fait que son père ait été un mafieux tueur d’hommes rend les choses compliquées pour Anya : lorsque son ex-petit ami, Gable, tombe malade après avoir illégalement mangé du chocolat chez elle, c’est directement Anya qu’on accuse et qu’on enferme dans un centre de réeducation pour empoisonnement. Mais pour elle, rien n’est plus important que le fait de protéger les trois membres de sa famille. Elle craint même les autres Balanchine, qu’elle croit perfides, cruels, salissant d’autant plus leur nom de famille. Un jour, alors que son frère Léo obtient un emploi au sein de la famille, grâce au cousin Jacks, Anya s’inquiète des conséquences qui vont en découler.

Alors que la situation aurait pu paraître pesante ou confinée, les personnages ont le don d’apporter une touche de légèreté au récit. Gabrielle Zevin fait la part des choses dans son intrigue, en mettant en scène une histoire sombre d’empoisonnement, qui cohabite avec des situations d’adolescents plus légères (comme les bals auxquels participent les jeunes personnages). Rien n’est alors dramatisé : on ne ressent ni peur, ni joie… nos émotions sont comme figées ou catalysées.

Il est vrai que l’auteure fait l’apologie des liens familiaux, en plaçant Anya comme chef de file de sa petite famille, mais elle explicite aussi le déchirement au sein de cette même famille. En effet, les différends et les divergences d’opinions sont monnaie courante dans les ruptures familiales. Anya ne cautionnait pas les manigances de son père, elle n’est pas d’accord pour que son frère accepte l’emploi proposé par son cousin, qui lui-même, semble forcer la main à Léo.

Mais il est néanmoins assez compliqué de vous dire ce que j’ai ressenti en lisant ce roman, parce que je n’ai pas vraiment descellé d’actions spectaculaires, de scènes étonnantes, de situations particulièrement frappantes. Les personnages étaient attachants, certes, mais le noeud principal de l’histoire manquait de précision et de régularité. C’est comme s’il n’y avait quasiment pas d’histoire.

Le dénouement, quant à lui, était assez étrange. Ce n’est pas comme ça que j’aurais aimé que l’histoire se termine. Le lecteur reste en suspens, destabilisé par cette fin, à la fois surprenante, mais décevante.
J’ai aussi appris qu’un second tome, La famille du parrain était sortie, qui faisait suite à ce premier opus. S’il s’avérait que je devais le lire, j’espère de tout mon coeur que ce livre-ci serait bien plus étoffé que La mafia du chocolat.

Comme vous l’aurez compris, mon avis sur ce livre est très mitigé. J’ai beaucoup aimé les personnages mis en scène, mais l’histoire en elle-même ne tient pas debout, elle est comme vide, elle ne reflète rien. Je ne peux pas dire que j’aie été déçue, mais pas loin…

Ma note : 5,5/10
Publicités

Une réflexion au sujet de « La mafia du chocolat »

  1. Ping: Z

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s