Léonard & Léonard


Léonard & Léonard de Christine Féret-Fleury
334 pages, éditions Le Livre de Poche jeunesse, à 6,90€


Résumé : Milan, Renaissance : Cécilia Gallerani, maîtresse du duc de Milan, est menacée de mort par la femme de ce dernier qui réclame le portrait exécuté par Léonard de Vinci, La dame à l’hermine. De nos jours : Léonard, un adolescent, reçoit un mail lui enjoignant de rechercher ce tableau. Or ce message provient de son grand-père… enterré le jour-même. Léonard décide de partir à Cravovie, où est exposé le tableau.
Une enquête passionnante mais périlleuse…


Extraits« Avant d’être une oeuvre d’art, mon garçon, un portrait est d’abord une histoire.« 

« Un homme excessivement généreux est un homme qui se sent coupable, voilà ce que chuchotent les dames quand elles me voient paraître avec un nouveau bijou. »


Mon avis : L’histoire se déroule en deux temps : le passé très lointain se mêle au présent pour représenter un assemblage global d’une enquête complexe. Nous suivons  d’abord Léonard de Vinci à la Renaissance. Peintre, ingénieur et inventeur de renom, il est missionné par le duc de Milan pour réaliser le portrait de sa maîtresse : la jeune et belle Cécilia Gallerani. Très vite, Léonard s’éprend d’amitié pour cette femme, si belle, si gracile, mais qui manque cruellement de liberté et d’avenir. Emprisonnée dans les carcans de sa condition, elle est uniquement destinée à donner naissance à un potentiel héritier du duc.

Enfin, de nos jours, nous suivons Léonard, un jeune garçon bercé par l’art, qui suivra de mystérieuses énigmes laissés par son grand-père défunt à son intention. Ces énigmes le mèneront tout droit dans un musée de Cracovie, en Pologne, là où est exposé ledit portrait de Cécilia. Un portrait intense, sulfureux, qui lui fera ressentir des choses qu’il n’avait alors jamais ressenti. Aidé par le conservateur du musée et par une jeune demoiselle prénommée Janka, ils vont tenter de percer le mystères de la Dame à l’hermine.

Car c’est bien de ce tableau dont il est question dans Léonard & Léonard. Une oeuvre qui rend hommage à la belle Cécilia et à son artiste peintre : Léonard de Vinci. Les oeuvres du peintre recèlent encore bien des mystères ; La dame à l’hermine en est une. Ce tableau, disparu pendant près de trois siècles, retrouvé dans des circonstances floues, place Cécilia, le modèle, dans un rôle d’héroïne de roman : quelle est son histoire ? Pourquoi ce tableau a-t-il été retouché ? Dans ce livre, Christine Féret-Fleury a écrit un scénario possible qui viendrait répondre à toutes les questions que les historiens de l’art se posent depuis de nombreuses années : mais cela reste de la fiction, rien ne vient confirmer ces théories.

J’ai beaucoup aimé découvrir cette histoire et en particulier cette oeuvre de Léonard de Vinci et sa signification. Il est vrai que nous connaissons ce peintre pour sa célèbre Joconde, mais ces autres oeuvres, pourtant nombreuses (près d’une trentaine de connues), restent encore abritées de la culture grand public. J’ai également apprécié me plonger dans cette partie de la Renaissance que je ne connaissais pas : aller à la rencontre de personnages illustres, dont le nom n’est pas forcément demeuré pérenne dans l’esprit des hommes – je pense à Ludovic Sforza, alors duc de Milan, ainsi qu’à sa femme, Béatrice d’Este. Ce qui est agréable, c’est que l’auteure donne accès aux jeunes à la culture, à l’art, à un pan de l’histoire peu connue, à travers un récit dynamique, rythmé, ludique, mélange bien pensé de fiction et de réalité. J’ai préféré découvrir le passé plutôt que le présent : j’ai trouvé que les épisodes où apparaissait le jeune Léonard étaient un peu trop superficiels, manquait de consistance, d’attrait particulier. Ils n’étaient pas inintéressants, mais sans doute un peu creux comparé à la densité narrative des épisodes passés.


Un roman jeunesse savoureux sur le célèbre Léonard de Vinci, ses oeuvres, son histoire et son époque. Savant mélange de fiction et de réalité, du passé et du présent, de l’art et de l’histoire.

Ma note : 7/10

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ISBN : 978-2-01-713430-5

Rosa Parks : La femme qui osa dire non !


Rosa Parks : La femme qui osa dire non !
de Sophie de Mullenheim
160 pages, éditions Le Livre de Poche jeunesse, à 5,90€


Résumé : – Maman, demande Rosa. Est-ce que l’eau des Blancs est meilleure que la nôtre ? – Non, ma chérie, bien sûr que non. – Mais alors, pourquoi il y a deux fontaines ? Leona ne répond pas et regarde sa fille intensément. Elle sait très bien que Rosa connaît la réponse à sa question, qu’elle n’ignore pas que les Blancs ne veulent pas risquer de se contaminer au contact des Noirs. Un récit qui retrace la vie de Rosa Parks, figure emblématique de la lutte contre la ségrégation raciale ; une biographie à lire comme un roman pour découvrir cette héroïne militante.


Extraits« Le respect ! ricane-t-il. Qui parle de respecter les Noirs ? Tu as bien vu à quoi nous sommes réduits. Nos enfants n’ont pas le droit d’aller dans les mêmes écoles que les Blancs, nous ne pouvons même pas nous asseoir devant dans les bus. Professeur ou charpentier, c’est la même chose pour les Blancs. C’est ça que tu appelles le respect ?« 

« Aux yeux de la loi, Blancs et Noirs sont égaux. Dans la vie réelle, ils vivent séparés et s’évitent. »


Mon avis : Sophie de Mullenheim rend accessible au jeune public l’histoire de Rosa Parks. Dans un récit biographique légèrement romancé, elle racontes les grands épisodes de la vie de cette héroïne noire, qui a marquée l’Histoire. Vous connaissez certainement Rosa Parks, une jeune femme noire née en Alabama, aux États-Unis, qui subit de plein fouet, avec sa famille, les conséquences du racisme. Dans une Amérique divisée, où les Blancs et les Noirs, bien qu’étant égaux aux yeux de la loi, ne le sont pas du tout dans la vie quotidienne. Des fontaines sont réservés aux Blancs, strictement interdites d’accès aux Noirs, tout comme les hôpitaux et bien d’autres lieux publics. La ségrégation est perceptible dans les moindres faits et gestes, les moindres regards, elle est omniprésente, elle pèse sur l’ensemble de la population Noire. C’est avec effroi que l’on se rend compte des nombreuses injustices du monde d’hier, des bêtises de certaines personnes, tellement énormes qu’elles nous paraissent fausses.

L’auteure développe les grands lignes de la vie de Rosa Parks, depuis sa plus tendre enfance, de ses rêves d’institutrice, jusqu’à son engagement pour la lutte contre le racisme. En parallèle, elle incorpore à l’histoire un personnage fictif, celui d’Iris, une jeune fille blanche, née le même jour que Rosa Parks, qui évolue dans un tout autre univers que cette dernière. Iris est la fille d’un homme appartenant au Ku Klux Klan, une société secrète terroriste blanche, qui prône la suprématie de leur race et s’oppose par tous les moyens violents possibles aux afro-américains. Mais Iris, en colère contre les agissements de son père et consciente des inégalités qui sévissent au quotidien, souhaitent dédier sa vie à la lutte contre les injustices. Elle devient l’une des premières femmes avocate, de surcroît spécialisée dans les affaires qui concernant les Noirs. J’ai beaucoup aimé suivre l’évolution de ces deux filles devenues femmes, qui, bien qu’issues de milieux différents, sont finalement dotées de caractères similaires et d’un but commun : combatives et déterminées, elles souhaitent réduire les inégalités du quotidien. Les deux femmes vont se croiser au gré du récit, l’une et l’autre poursuivant leur combat à leur façon.

Je connaissais l’histoire de Rosa Parks lorsqu’elle a refusée de céder sa place dans le bus, or, je ne savais quasiment rien d’autre de sa vie passée. C’est avec bonheur que j’ai découvert une jeune fille ambitieuse, déterminée, courageuse, soutenue par ses proches, en particulier par son grand-père, un homme bon, convaincu de l’injustice de la situation des afro-américains. C’est lui, sans doute, qui a instillé dans l’esprit de Rosa ce sentiment de combativité et qui lui a transmis la force de se battre pour changer les choses.

Enfin, l’ensemble du récit est agrémenté de magnifiques illustrations en noir et blanc, qui viennent dynamiser l’histoire et lui apporter plus de vivacité.


Un bel ouvrage biographique sur Rosa Parks, qui permet aux plus jeunes d’avoir accès facilement à l’histoire de cette grande dame, dont la force et le courage ont à tout jamais marqués monde. 

Ma note : 7,5/10

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ISBN : 978-2-01-713431-2
Illustrations : Johan Papin

Arsène Lupin – L’aiguille creuse


Arsène Lupin – L’aiguille creuse de Maurice Leblanc
314 pages, éditions Le Livre de Poche jeunesse, à 5,90€


Résumé : Arsène Lupin serait-il mort ? Isidore Beautrelet, jeune étudiant en rhétorique et détective amateur génial, n’en croit pas un traître mot. Il se lance à la recherche du célèbre gentleman cambrioleur. » Raymonde prêta l’oreille. De nouveau et par deux fois le bruit se fit entendre, assez net pour qu’on pût le détacher de tous les bruits confus qui formaient le grand silence nocturne, mais si faible qu’elle n’aurait su dire s’il était proche ou lointain, s’il se produisait entre les murs du vaste château, ou dehors, parmi les retraites ténébreuses du parc


Extraits« Il ne pleure plus, il ne veut plus pleurer, ni se tordre sur son lit, ni se désespérer, comme il le fait depuis deux heures. Il veut réfléchir, réfléchir et comprendre.
Et ses yeux ne quittent pas ses yeux dans le miroir, comme s’il espérait doubler la force de sa pensée en contemplant son image pensive, et trouver au fond de cet être-là l’insoluble solution qu’il ne trouve pas en lui. »

« Ah ! vois-tu, Bautrelet, de toutes les joies effrénées que j’ai goûtées dans ma vie d’aventures, il n’en est pas une qui vaille la joie que me donne son regard quand elle est contente de moi… Je me sens tout faible alors… et j’ai envie de pleurer… »


Mon avis : Après avoir découvert Arsène Lupin, Gentleman – cambrioleur en janvier dernier, je me replonge avec grand plaisir dans une nouvelle aventure du célèbre cambrioleur français. Malheureusement, cette deuxième rencontre n’a pas été à la hauteur de mes attentes.

Un cambriolage a lieu au château d’Ambrumésy. Mademoiselle de Saint-Véran, paniquée, tire sur le cambrioleur en fuite et le touche fatalement. Seulement, son corps, qui devrait être étendu quelque part dans le jardin de la propriété, n’est jamais retrouvé. Tout le monde se met à penser qu’il s’agirait du célèbre Arsène Lupin, le plus astucieux des cambrioleurs que la France peut connaître. Isidore Bautrelet, un jeune étudiant, mène alors l’enquête.

J’ai beaucoup aimé suivre les élucubrations d’Isidore dans la première partie du récit. Il chemine au travers des falaises d’Étretat, passe par de petits villages typiques de France, à la poursuite des réponses tant attendues à ses questions. À l’instar d’Arsène Lupin, ce jeune étudiant se veut ingénieux, doté d’un flegme sans pareil et d’un précieux courage, il affirme ses propos sans ombrages, revendiquant haut et fort qu’il connaît les rouages du plan développé par le célèbre cambrioleur.

En revanche, j’ai trouvé que la seconde partie était totalement détachée du reste du roman, mal dégrossie, écrit avec un style vieillissant. J’ai parfois été perdue dans l’énoncé de l’histoire et son déroulement, comme si les deux parties du roman étaient totalement distinctes l’une de l’autre. Dans cette deuxième partie, point de référence au comte de Greves et à son château cambriolé, puisqu’il y fait mention des rois de France et de cachettes secrètes, qui auraient abrités de précieux trésors de leurs propriétaires successifs. Cette cache serait devenue alors l’abri d’Arsène Lupin, son lieu de villégiature, son antre précieux, où nul ne peut le retrouver.

Pour ce qui est de notre héros principal, Arsène Lupin, son flegme, son ingéniosité et ses multiples talents créatifs continuent de me bluffer. C’est un gentleman, à la fois humain mais malicieux, qui nous donne à vivre des aventures pleins de panaches. Malgré cette déception, je pense quand même continuer de découvrir les romans de Maurice Leblanc, dont le héros, fascinant personnage, fait tant parler de lui.


Un roman policier pleins de panache, dont les aventures m’ont moins passionnées que dans LE GENTLEMAN – CAMBRIOLEUR

Ma note : 4/10

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ISBN : 978-2-01-220242-9

PS : Tu me manques


PS : Tu me manques de Brigid Kemmerer
440 pages, éditions Le Livre de Poche jeunesse, à 7,90€


Résumé : Juliet a toujours écrit à sa mère. Depuis sa mort soudaine, cette habitude est pour elle comme une bouée de sauvetage. Même si les courriers de Juliet restent sans réponse, elle continue de les déposer sur sa tombe chaque semaine.
Declan n’aurait jamais cru qu’une lettre pourrait changer sa vie. Pourtant, celle qu’il trouve au cimetière, où il fait des travaux d’intérêt général après le lycée, le touche profondément… Et il ne peut s’empêcher d’y ajouter deux mots.
Commence alors une correspondance inattendue entre Le Crépuscule et La Fille du Cimetière, deux étrangers que tout oppose. Ce qu’ils ignorent, c’est que leurs routes se sont déjà croisées…


Extraits« Tu as perdu ta mère. J’ai encore la mienne. Tu ne trouves pas ça étrange qu’on dise « perdu », comme si ces personnes étaient seulement égarées ? Ou alors il faut comprendre le terme différemment, on perd des gens parce qu’on ne sait pas où ils sont allés. »

« Il existe une définition de la folie qui dit que ça revient à refaire toujours la même chose en espérant un résultat différent. »


Mon avis : Juliet est une jeune lycéenne, qui a tragiquement perdue sa mère dans un accident de voiture. Depuis, elle vient la voir fréquemment sur sa tombe et lui écrit des lettres pour garder le lien et lui raconter ses journées. Mais un beau jour, elle a la surprise de découvrir une réponse à l’une de ses missives. En colère, la jeune femme invective cet inconnu, qui s’est perdu de s’immiscer dans son intimité. En découle une belle et longue correspondance anonyme, entre deux êtres écorchés par la vie.

Son correspondant n’est autre que Declan Murphy, un garçon sombre, mystérieux, asocial, qui attise la peur et les regards en coin. Suite à un accident de la route et un passage de quelques nuits au poste de police, il est forcé de faire des travaux d’intérêt généraux au cimetière pour se racheter – entretien des espaces, aide à la restauration des monuments… C’est là qu’il fera la connaissance de La Fille du Cimetière. Et les deux jeunes gens, d’apparence très différents, auront, au fond, bien plus de points commun qu’il n’y paraît.

Une correspondance pudique, intime, s’établie entre les deux jeunes gens. Ils ne connaissent pas leurs identités respectives, mais se livrent sans pudeur, avec honnêteté et sincérité. Cachés derrière des pseudonymes, leur relation épistolaire va évoluer, prendre de plus en plus de place dans leur vie, avant de devenir indispensable à leur existence. J’ai néanmoins été assez déçue de la préméditation de l’histoire, qui prend un tournant un peu trop simple à mon goût ; dès le début, insidieusement, on connaît déjà la fin du récit. Point de rebondissements ni d’actions surprises, puisque tout semble découler comme une histoire déjà vue et lue des dizaines de fois. Nos deux héros portent également sur eux les stigmates des amoureux types de romance jeunesse : le beau gosse ténébreux, mystérieux mais rebelle ; et la jeune fille éperdue, gentille et sociale. Ce sont les deux seuls aspects du livre qui m’ont considérablement ennuyés.

En revanche, ce que j’ai apprécié, c’est que PS : Tu me manques n’est pas qu’une tendre romance. À travers cette touchante histoire, Brigid Kemmerer nous met face au deuil, à la perte d’un être cher, à la façon de faire face, de se reconstruire, de continuer à avancer, malgré l’absence. Elle nous fait réfléchir sur le sens de la vie, sur ce qui est essentiel, sur les liens, tant amoureux qu’amicaux. Une histoire moralisatrice, qui n’en reste pas moins subtile et bien menée.


Une romance épistolaire jeunesse addictive, qui nous fait réfléchir sur le deuil, le sens de la vie, les relations sociales. C’est beau, touchant, émouvant bien qu’un peu trop prévisible.

Ma note : 6,5/10

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ISBN : 978-2-01-713400-8
Traduction : Alice Delarbre

Tyler Johnson était là


Tyler Johnson était là de Jay Coles
252 pages, éditions Le Livre de Poche jeunesse, à 5,90€


Résumé : Au début, on était quatre. Mes meilleurs potes, mon jumeau et moi. Nés dans un quartier où tout est moche, sale et criblé de balles, on s’en est plutôt bien tirés. Tyler est un gars cool et populaire. Je bosse dur pour sortir du ghetto. On peut être noir et réussir dans ce monde de blancs. En tout cas, c’est ce que je croyais. Jusqu’au jour où Tyler a disparu.


Extraits : « Pleurer libère. Pleurer t’aidera à dépasser la peine qui meurtrit ton coeur.
Le meilleur moment pour pleurer, c’est à la nuit tombée, aussi bizarre que ce soit. Quand toutes les lumières sont éteintes, quand il fait sombre, quand personne ne te voit. »

« Mama dit toujours qu’un homme fort n’est pas pareil qu’un homme bon : l’homme bon est difficile à trouver parce que les forts tournent mal. Les hommes bons forgent leur propre chemin, ils ne suivent jamais les autres. »


Mon avis : Marvin et Tyler sont jumeaux. Ils vivent dans un quartier malfamés du ghetto, sale, où pullulent la racaille, les dealers, les fusillades et les guerres de clans. Malgré tout, ils vivent heureux, entourés de leur Mama, de Ivy et G-Mo, leurs meilleurs amis, qui les soutiennent et les épaulent quotidiennement. Mais leur vie bascule le jour où Tyler disparaît, abattu injustement par un policier blanc. Dès lors, Marvin, inconsolable, souhaite médiatiser la mort de son frère pour se révolter contre le racisme, qui sévit trop souvent dans son quartier. Car la couleur de peau d’une personne ne définie pas sa personnalité, il souhaite prouver au monde entier que son frère était un bon garçon, bien loin des clichés préconçus.

Il est donc question de racisme. Une personne noire, doit-elle être traitée différemment d’une personne personne blanche, eut égard à sa couleur de peau ? Bien que la réponse soit évidente, la réalité en est tout autre. Les noirs sont stéréotypés, constamment jugés injustement. Lorsqu’ils pénètrent dans des boutiques, c’est forcément pour voler, lorsqu’ils se promènent en bande dans la rue, c’est un gang avec de mauvaises intentions… on les considère comme mal éduqués, avec peu d’instruction et peu d’ambition. Des images détériorées et négatives que les personnes de couleur souhaitent voir disparaître. Mais le chemin est encore long.

L’actualité mondiale le prouve aisément : en 2020 encore, la mort de George Floyd, un homme noir décédé des suites d’une interpellation policière violente, a soulevé un tollé dans le monde entier. Manifestations, émeutes… les noirs se rassemblent et réclament justice, allant jusqu’à lancer le mouvement #BlackLivesMatter, un hastagh abondamment repris sur les réseaux sociaux du monde entier. Avec Tyler Johnson était là, Jay Coles s’inscrit dans la dynamique des protestations et pointe plus que jamais les violences policières injustifiées envers les personnes de couleur noire. Marvin organise des manifestations massives pour informer des dérives et de l’abus de pouvoir de certains hommes de lois. Une démarche pleine de bon sens… qui malheureusement, à vite tournée à la décrépitude.

L’histoire est engagée et engageante, le combat mené par Marvin, sa mère et ses meilleurs amis est juste et justifié, honorable et criant de vérité. Néanmoins, bien que je respecte et conçoit totalement les conséquences de ces révoltes, je n’ai pas été spécialement touchée par les personnages, ni par l’histoire en générale. Il m’a manqué un semblant d’empathie de la part des protagonistes, des émotions moins contenues, le grand frisson, l’adrénaline, l’intensité des récits engagés.

De même, certains aspects de l’histoire étaient bien trop stéréotypés à mon goût, notamment les policiers, souvent pointés du doigt et tous plongés dans un même sac. Si l’on en croit Jay Coles, ils sont tous violents, impulsifs, racistes, manquant de discernement et d’intelligence. Des caractéristiques bien trop radicales, qui ne reflètent que peu la réalité quotidienne. Finalement, sans nuances suffisantes, j’ai terminé ma lecture en ayant la vision de deux clans disjoints qui s’affrontaient : les blancs versus les noirs, les uns haïssant tout autant les autres. Bien que l’auteur se voulait pacifique et informatif, j’ai quand même eu le sentiment d’une guerre raciale prégnante et durable.


Un roman jeunesse engagé contre le racisme et les violences policières, qui tente de changer notre regard sur ces pratiques, encore bien trop actuelles. Bien écrit, mais certainement pas le meilleur livre traitant de ce sujet.

Ma note : 6,5/10

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ISBN : 978-2-01-713420-6
Traduction : Brigitte Hébert