The Rain, tome 1


The Rain, tome 1 de Virginia Bergin

381 pages, éditions Le Livre de Poche jeunesse, à 6,90€


Résumé : Ruby passe la soirée avec ses amis quand le monde bascule. La radio diffuse en boucle un message d’alerte : « Protégez-vous de la pluie, c’est une question de vie ou de mort ». La petite bande court se mettre à l’abri, mais l’un d’entre eux décide d’affronter les gouttes. Aussitôt, les parties de son corps exposées à l’eau sont en sang. Ruby réussit à rentrer chez elle et retrouve Rebecca, sa mère, Simon, son beau-père et Henri, son petit frère. Malgré toutes leurs précautions, Rebecca et Henri meurent. Simon décrète une interdiction totale d’utiliser l’eau.La pluie ne cesse de tomber. Il n’y a plus de téléphone ni d’internet. Selon les informations, un nuage de poussière porteur d’un virus se serait abattu sur la terre. Une pluie acide brule la peau et fait exploser les cellules. Un matin, le ciel est bleu. Ruby et Simon s’aventurent dans la ville et découvrent des scènes de pillages, cadavres, voitures entassées. Le temps de revenir à la maison, Simon crache le sang… Désormais, Ruby est seule et décide de rejoindre son père à Londres. Un long périple commence. Quand elle arrive enfin, la maison est vide mais Ruby découvre un mot de son père daté du 23 juin disant qu’il reviendra le 26. Sept semaines plus tard, Ruby a organisé sa survie et elle attend toujours..


Extraits « Ce n’est pas le téléphone, c’est la vie qu’il contient dont on ne peut pas se passer… »
« Est-ce que ça vous est déjà arrivé de voir en rêve des personnes disparues ? Elles sont encore en vie, tout va bien, et c’est merveilleux. Mais, au réveil, l’atterrissage est brutal. Vous vous demandez comment vous avez pu les voir, les entendre, les toucher… Elles étaient là, et elles sont reparties. La douleur que vous ressentez alors est pire qu’un coup de poignard.« 

Mon avis : Quelle merveilleuse surprise que ce premier tome de The Rain !

Une pluie meurtrière s’abat subitement sur le monde, sans aucune explication et sans avertissement préalable. Une mystérieuse bactérie contenue dans les gouttes d’eau tue toutes les personnes qui entrent en contact avec elle. Plus des trois quart de la population succombe aussitôt à cette averse. Ruby, une jeune lycéenne, voit sa mère et son demi-frère Henry mourir sous ses yeux. D’abord seule avec son beau-père Simon, elle le voit à son tour dépérir et mourir. Totalement livrée à elle-même, sans plus d’eau ni de nourriture, Ruby va devoir chercher des alliés pour survivre à cette fin du monde apocalyptique.

Cela faisait très longtemps que je n’avais pas lu de dystopie jeunesse, mais c’est à chaque fois un réel plaisir que de replonger mon nez dans ce genre littéraire que j’adore (surtout lorsque celui-ci est bien écrit).

Dans The Rain, j’ai été servie : l’action est omniprésente, il n’y a aucune temps mort ni essoufflement. Tout s’enchaîne avec fluidité et rapidité, si bien que l’on se laisse très facilement entraîner dans l’histoire. D’autant que la protagoniste Ruby est une jeune fille très agréable, a qui l’on peut facilement s’identifier. Courageuse et combattante, malgré la perte de l’ensemble de sa famille, elle reste déterminée à survivre et à retrouver son père vivant à Londres. La seule chose que je regrette, c’est sans doute le manque d’émotions de Ruby. Après la perte brutale de sa mère, de son beau-père et de son demi-frère, la jeune fille ne montre pas tant que ça choc ou tristesse, mais continue à tenter de survivre à cette pluie assassine. Un peu plus de compassion et de sentiments auraient apporté plus de réalisme et d’humanisme au récit.

Pour ma part, j’ai totalement adhéré à cette lecture, puisque j’ai réussi à me faire glisser dans l’histoire, à voir, ressentir, penser même, comme notre protagoniste Ruby. C’est assez exceptionnel, puisque j’ai ressenti vraiment toutes les émotions qui l’ont parcourues, et j’ai pu suivre l’histoire de l’intérieur, les actions et émotions étant alors décuplées. Ce sentiment était totalement délectable, j’ai adoré vivre cette expérience de lecture, tant et si bien que j’en redemande encore. C’est pourquoi je n’ai qu’une hâte : pouvoir connaître la suite de cette saga !

La fin de ce premier tome nous met d’ailleurs l’eau à la bouche, puisqu’une grande annonce y est faite, qui devrait peut-être changer le cours de l’histoire. Affaire à suivre…

Pour votre information, ce livre est à l’origine d’une série diffusée sur Netflix, dont la bande-annonce (disponible en bas de cet article) est totalement géniale ! Je pense que l’adaptation filmique a pris quelques libertés quant au film, mais que l’essence même de l’histoire reste la même. Si j’en ai l’occasion, je regarderai cette série !


Une dystopie jeunesse éprouvante mais exaltante, que j’ai dévoré en quelques heures. La jeune Ruby pourra-t-elle sauver le monde ? Je n’ai qu’une hâte : lire la suite !

Ma note : 8/10

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Nos âmes jumelles


Nos âmes jumelles de Samantha Bailly

310 pages, éditions Le Livre de Poche jeunesse, à 6,90€


Résumé : Sonia est la plume, Lou le crayon.
Ensemble, elles inventent, osent, racontent, décrivent…
Y seraient-elles parvenue l’une sans l’autre ?
De virtuel sur un forum, leur duo peut-il leur faire vivre une amitié réelle ?


Extraits « J’ai lu ce que vous avez écrit sur la feuille de présentation du début de l’année, explique-t-il. Je me garderai bien de dire qui deviendra quoi dans cette classe, mais j’ai une certitude : vous avez la flamme. Et avoir la flamme signifie que l’on peut briller un jour. »
« Mon problème, Lou, c’est que j’aime aimer. Que je tombe amoureuse de l’idée de l’amour plutôt que du garçon.« 

Mon avis : Depuis le temps que j’entends parler de Nos âmes jumelles sur la blogosphère et surtout de sa talentueuse auteure, Samantha Bailly, je peux ENFIN dire que j’aie moi aussi découvert sa plume et son premier récit.

Lou et Sonia sont deux jeunes filles un peu perdues, qui vont se rencontrer grâce à leur passion sur Internet. L’une écrit, l’autre dessine. Elles vont discuter longuement, apprendre à se connaître, se lier d’amitié, pour finalement ensemble décider d’écrire et de dessiner un livre sur leur amitié si spéciale.

Ce livre, dédié aux jeunes adultes, aborde pas mal de thèmes très différents : les dangers qui peuvent survenir sur internet, la solitude, l’isolement, l’homosexualité, les rêves qu’il faut vivre et plus seulement rêver, le choix de son orientation professionnelle, la confrontation avec les parents… des thématiques variées qui pourtant s’accordent à merveille dans ce récit. Tout est bien imbriqué pour donner une histoire cohérente et légère, qui se déroule avec fluidité.

C’est une véritable ode à l’amitié que nous décrit Samantha Bailly. C’est simple : je pense que chacun des lecteurs de ce roman auraient souhaité vivre une amitié aussi forte, fusionnelle et  sincère que celle qui unit nos deux protagonistes.

Malgré tout l’intérêt que j’aie porté à ce livre, et tout le respect que j’aie pour l’écriture de l’auteure, je pense malheureusement oublier très prochainement cette histoire. L’histoire était agréable à lire, mais je n’y ai pas trouvé d’élément différenciant des autres romans pour jeunes adultes, ou du moins il n’y a pas eu d’éléments forts ou de rebondissements inattendus qui m’auraient rappelé l’histoire dans deux mois. Ça n’en reste pas moins un récit sympathique, dans lequel les jeunes adolescents pourront facilement s’immerger.


Une ode à l’amitié, sincère et forte, comme l’écriture de Samantha Bailly. Une lecture agréable, qui aurait quand même méritée plus de puissance.

Ma note : 7/10

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Casse-Noisette et le Roi des Rats


Casse-Noisette et le Roi des Rats de Jacques Cassabois

187 pages, éditions Le Livre de Poche jeunesse, à 5,50€


Résumé : Le petit Casse-Noisette n’est pas un jouet comme les autres. Marie Stahlbaum le sait bien. La nuit de Noël, il a combattu l’infâme Roi des Rats, épée à la main. Un véritable exploit ! La petite fille est fière des prouesses de son jouet préféré. Mais attention ! Le Roi des Rats n’a pas dit son dernier mot.


Extraits  « Le sapin est le gardien de la joie émerveillée, le maître du rire et des yeux écarquillés. Le patriarche de Noël ! »

« L’enfance n’est pas seulement un âge de la vie, c’est un état, une manière d’être. Chacun en reçoit le don à la naissance et il nous appartient d’en nourrir nos coeurs, pour qu’il continue de brûler comme un bon feu de candeur. »


Mon avisCasse-Noisette et le Roi des Rats de Jacques Cassabois est une réécriture du conte de Noël du célèbre conteur allemand Hoffmann nommé initialement Casse-Noisette et le Roi des Souris.

Le jour de Noël, la petite Marie se voit offrir une poupée en bois prénommée Casse-Noisette. Très vite, la jeune fille se prend d’amitié pour cette poupée, la cajole et lui parle comme à une personne normale. C’est alors qu’une nuit, Casse-Noisette et l’ensemble des poupées de Marie et des soldats de son frère Fritz, s’animent. Marie n’en croit pas ses yeux. Entre rêve et réalité, il n’y a qu’un pas.

J’ai beaucoup aimé l’univers onirique que retranscrit avec brio Jacques Cassabois. On ressent l’ambiance festive et féerique des fêtes de fin d’année, mais aussi celle des contes merveilleux, qui nous embarquent dans des univers fantastiques et font tant rêver petits et grands.

Les lecteurs les plus perspicaces pourront découvrir des similitudes entre ce conte-ci et celui d’Alice au Pays des Merveilles de Lewis Carroll. Deux petites filles, qui basculent dans un monde imaginaire et féerique, aux côtés de personnages fantastiques, qui n’existent pas dans la réalité. Les ressemblances sont nombreuses, mais pourtant les deux histoires sont distinctes et abordés différemment.


Un conte féerique et enchanteresse, qui fera rêver petits et grands.

Ma note : 7/10

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Flocons d’amour


Flocons d’amour de John Green, Maureen Johnson et Lauren Myracle

345 pages, éditions Le Livre de Poche jeunesse, à 6,90€


Résumé : 24 décembre. Nuit des miracles ? Ou des catastrophes ? Une terrible tempête, un train bloqué dans la neige. Gracetown : tous les voyageurs descendent ! Gracetown… Bourgade perdue au milieux de nulle part qui vous ferait presque oublier le repas de Noël. Pourtant Jed, Jubilé, et les autres vont partager le réveillon le plus insolite de leur vie. Dans un café bondé de pom-pom girls ou au détour d’une route enneigée, les rencontres inattendues se multiplient. Les couples se font, se défont et se refondent Louvoyant entre les flocons, les flèches de Cupidon qui pleuvent sur la ville ne laisseront personne de glace. John Grenn, Maureen Johnson, Lauren Myracle : les plumes de trois grands auteurs s’allient pour vous faire rire et rêver d’amour, créant un univers où les anges de Noël ne chôment pas !


Extraits  « Prendre la fuite est pathétique, être rattrapé est encore pire. »

« Tu viens de lui raconter que tu étais tombée dans un ruisseau gelé et que tu étais coincée dans une ville inconnue, et il a raccroché ? Moi, je ne serais pas resté les bras croisés. J’aurais rappliqué ici, neige ou pas. Ça te paraît peut-être débile, mais c’est comme ça que j’aurais réagi. Et tu veux que je te dise ? S’il n’est pas en train de te plaques, c’est toi qui devrais prendre les devants et quitter ce gros nul. »


Mon avisLa nuit de Noël est celle que tout le monde attend avec impatience chaque fin d’année. Elle est synonyme de repas de famille, de cadeaux, de magie et de féerie. Mais voilà : les anges de Noël sont parfois très occupés et ne peuvent pas satisfaire tout le monde. À Gracetown, le 24 décembre, un train se retrouve bloqué dans la neige. Tous les passagers sont obligés de patienter ou de descendre en attendant de la main-d’oeuvre pour déblayer le passage. Jubilé décide de sortir du train et de se réfugier dans une Waffle House à proximité. C’est de là que va partir notre formidable conte de Noël.

Dans ma jeune carrière de lectrice, j’ai déjà eu l’opportunité de découvrir bon nombre de recueil de nouvelles. Certains recueils proposaient des nouvelles avec des univers et thématiques différents, d’autres essayaient de garder une thématique centrale, mais racontée différemment en fonction des auteurs. Dans Flocons d’amour, le concept de nouvelle est novateur (en tout cas, je n’ai jamais rien lu de tel), puisque John Green, Lauren Myracle et Maureen Johnson ont écrit trois nouvelles qui se déroulent dans une même temporalité, dans un même espace spatio-temporel, avec des personnages identiques. L’originalité tient du fait que chacun se place dans la peau d’un des personnages, et raconte les mésaventures de ce dernier. J’ai trouvé cette idée géniale, puisque nous sommes bien loin des nouvelles un peu banales sans queue ni tête, que l’on oublie rapidement après lecture. Ici, nous avons un réel fil conducteur, avec les trois nouvelles reliées simultanément entre elles. Et je pense que c’est réellement là que ce trouve le point fort de ce livre.

J’ai beaucoup aimé la façon dont les trois auteurs ont abordé cette thématique de Noël. Nous sommes bien loin des clichés populaires et des histoires un peu banales sur les romances de Noël ou les histoires de cadeaux et papa Noël. Ici, les trois auteurs nous font pénétrer dans leur univers, où la magie de Noël est bien présente, mais en touches plus subtiles.

La première nouvelle, nommée « Le jubilé express » est écrit par Maureen Johnson et raconte les mésaventures d’une jeune demoiselle, nommée Jubilé, partie rejoindre ses grands-parents pour Noël, qui se retrouve bloquée dans un train en pleine voie, à cause d’une quantité de neige non négligeable. Elle se décide à quitter son siège et à traverser la route pour rejoindre la Waffle House, où elle va faire la rencontre de personnages hauts en couleurs.

La seconde nommée Un miracle de Noël à pompons a été écrite par le célèbre John Green, et raconte les aventures de trois copains, qui décident de pimenter leur soirée de Noël en rejoignant la Waffle House, où les attendent, leur a-t-on dit, plusieurs dizaine de pom-pom girls déchaînées. Mais les obstacles pour arriver à destination sont nombreux.

La troisième et dernière nouvelle est celle de Lauren Myracle, intitulée Le Saint Patron des Cochons. Addie, une jeune fille, est attristée par sa récente dispute, voire séparation avec son petit ami. Heureusement, ses deux amies sont là pour la réconforter. Comme des anges le soir de Noël, elles vont essayer de consoler leur amie et de lui redonner le sourire.

Trois courtes histoires différentes, où les personnages se croisent et s’entrecroisent. J’ai pris plaisir à découvrir chacune de ses nouvelles et à suivre l’évolution des différents personnages.


Laissez-vous embarquer dans l’univers féerique de trois auteurs contemporains, qui décrivent avec originalité leur définition de l’esprit de Noël. 

Ma note : 7,5/10

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13 reasons why


13 reasons why de Jay Asher

315 pages, éditions Le Livre de Poche jeunesse, à 6,90€


Résumé : Clay reçoit treize cassettes enregistrées par Hannah Baker avant qu’elle ne se suicide. Elle y parle de treize personnes impliquées dans sa vie : amies ou ennemies, chacune de ces personnes a compté dans sa décision. D’abord choqué, Clay écoute les cassettes en cheminant dans la ville. Puis, il se laisse porter par la voix d Hannah. Hannah en colère, Hannah heureuse, Hannah blessée et peut-être amoureuse de lui. C’est une jeune fille plus vivante que jamais que découvre Clay. Une fille qui lui dit à l’oreille que la vie est dans les détails. Une phrase, un sourire, une méchanceté ou un baiser et tout peut basculer…


Extraits  « Nul ne peut savoir avec certitude l’impact qu’il a sur la vie d’autrui. La plupart du temps, nous n’en avons même pas la moindre idée. Ce qui ne nous empêche pas de continuer comme si de rien n’était. »

« Quand une chanson vous fait pleurer, mais que vous n’avez plus envie de pleurer, vous cessez de l’écouter. Mais échapper à soi-même, c’est impossible. On ne peut pas décider de ne plus se voir. De couper le son à l’intérieur de sa tête.« 


Mon avis : Après le gigantesque tapage médiatique qu’il y a eu autour de cette histoire, j’étais impatiente de découvrir à mon tour ce puissant récit de Jay Asher.

Hannah Baker, jeune lycéenne en apparence sans histoire, vient de mettre fin à ses jours. Quelques temps plus tard, Clay reçoit treize cassettes audios, enregistrées par Hannah. Dans ces cassettes, elle y parle de treize personnes qui ont contribué, de prêt ou de loin, à son suicide. Chacune des personnes mentionnées dans les cassettes vont recevoir à tour de rôle les audios d’Hannah. Ils vont se rendre compte du mal qu’ils lui ont fait et des conséquences qui en découlent.

Ce roman parle d’un sujet fort et particulièrement sensible dans notre monde actuel : le harcèlement, scolaire et/ou personnel, qui mène à des conséquences tragiques. Hannah était une jeune fille hypersensible et très fragile, qui n’avait pas particulièrement beaucoup d’amis, et qui se raccrochait au peu d’attention dont elle était le sujet. Clay, quant à lui, est un garçon sans histoire, qui a toujours été attiré par Hannah, sans jamais le lui révéler. La découverte, post-mortem, de son mal-être, le dévore de l’intérieur. Malgré cela, il reste lucide, à distance avec la vérité, et réagit avec maturité à ces découvertes, comprenant facilement la leçon qu’Hannah cherche à transmettre à tous : ne pas faire du mal aux autres, qu’il soit mérité ou non.

C’est un livre très émouvant, qui fait beaucoup réfléchir. Faites attention à vos paroles et à vos actes. Ils peuvent être minimes et sans conséquences pour vous, mais peuvent affecter la personne en face de vous. C’est une vraie leçon de vie, de savoir-vivre et de savoir-être. A mettre entre les mains de tous.

Malgré la prise de conscience que peuvent ressentir certains lecteurs, j’ai trouvé, pour ma part, que l’histoire était un peu trop légère contrairement au sujet traité. En effet, même si les raisons du suicide d’Hannah sont légitimes, j’ai mon côté rationnel qui me pousse à dire que ces raisons étaient quand même un peu superficielles. Hannah aurait pu exprimer son mal-être avant son geste ultime, elle aurait pu chercher plus de réconfort, parler à sa famille, à des personnes vraiment compétentes (pas comme monsieur Porter). En partie à cause de cela, j’ai eu beaucoup de mal à ressentir une quelconque once d’émotion envers les personnages. J’ai lu ce livre avec raideur et impassibilité.

Précédemment, j’ai parlé de cette histoire comme quelque chose de positif dans le sens où les lecteurs peuvent prendre conscience que la portée de leurs paroles ou de leurs actes ont une résonance plus profondes chez certaines personnes. Mais cette histoire peut aussi être négative, notamment pour les personnes qui se retrouvent dans le même cas d’Hannah, harcelées, humiliées, seules et perdues, qui peuvent voir dans ce récit l’échos de leur propre vie. Dans ce cas-là, ces personnes prennent l’exemple du suicide d’Hannah comme agent comptant et ne voient plus de solution salvatrice pour les sortir du trou noir dans lequel elles sont.


13 reasons why est donc une histoire à double tranchant, qui peut être autant positive que négative, selon les publics. Malgré que j’aie apprécié lire ce récit, je ne l’ai pas trouvé si extraordinaire que cela. Après tout ce que j’en avais entendu, mes exigences étaient peut-être trop hautes… 

Ma note : 6,5/10

Everything everything


Everything everything de Nicola Yoon

362 pages, éditions Le Livre de Poche jeunesse, à 6,90€


Résumé : Ma maladie est aussi rare que célèbre, mais vous la connaissez sans doute sous le nom de « maladie de l’enfant-bulle ». En gros, je suis allergique au monde. Je viens d’avoir dix-huit ans, et je n’ai jamais mis un pied dehors. Un jour, un camion de déménagement arrive. Je regarde par la fenêtre et je le vois. Le fils des nouveaux voisins est grand, mince et habillé tout en noir. Il remarque que je l’observe, et nos yeux se croisent pour la première fois. Dans la vie, on ne peut pas tout prévoir, mais on peut prévoir certaines choses. Par exemple, je vais certainement tomber amoureuse de lui. Et ce sera certainement un désastre.


Extraits  « La différence entre le savoir et le voir, c’est un peu la même qu’entre rêver qu’on vole et voler. »

« La vie est dure, trésor. Chacun fait ce qu’il peut. »


Mon avis : Après en avoir entendu parler pendant des mois et des mois, je l’ai enfin fait : j’ai lu Everything everything ! Les nombreux avis élogieux que j’avais lu sur ce livre me laissaient présager une histoire belle, émouvante et intense. Elle le fût, certes, mais pas autant que ce que j’avais espéré.

Madeline, 18 ans, souffre d’une maladie très rare qui la contraint à rester enfermé chez elle, sans jamais avoir de contact avec quoique ce soit qui vienne de l’extérieur. Quand des nouveaux voisins emménagent en face de chez elle, Madeline fait la rencontre de Olly, un garçon de son âge, avec qui elle communique par emails. Mais la tentation de se voir « en vrai » et de se toucher et plus fort que tout. Au dépend de sa vie, Madeline invite Olly chez elle.

L’arrivée de Olly dans sa vie va illuminer ses journées et lui faire voir le monde différemment. Leur histoire d’amour, bien que prévisible, est adorable à regarder naître, croître et s’intensifier. Ils vont passer outre la maladie et vont vivre leur histoire comme si demain n’existait pas.

Dans cette histoire, tout n’est que fragilité et douceur. Les personnages, leurs sentiments, leurs histoires, tout et tous nous émeut. Ce roman est d’autant plus intense que Nicola Yoon se sert de ses talents d’auteure pour nous faire ressentir pléthore d’émotions. En effet, elle arrive par exemple à nous introduire facilement dans la bulle protectrice de Madeline, à tel point que l’on ressent la fragilité de sa vie, l’inertie de ses journées et la solitude dont elle souffre quotidiennement. Puis la bulle éclate pour laisser de la place à Olly, qui vient rythmer ses jours et redonner des couleurs à sa vie.

Bien que l’ensemble de l’histoire m’ait plût, je m’attendais quand même à quelque chose de plus fort et de plus dense. Selon moi, les personnages manquaient un peu de consistance et d’épaisseur, un développement plus approfondi de leur psychologie aurait fait d’eux des héros encore plus attachants. L’histoire aussi manquait un peu de densité, avec des fragments d’intrigue ouverts, sans suite derrière – je pense notamment à la mort du père et du frère de Madeline, à la violence conjugale subie par la mère de Olly…, qui sont abordés brièvement ici et là sans jamais être prolongé.

Le dénouement, loin d’être tragique, change complètement des histoires dans le même style. Je m’attendais à une fin dramatique comme Nos étoiles contraires (dont la thématique est presque similaire à celle de Everything everything), alors qu’il n’en ait rien. Je vous laisse savourer l’ampleur de la surprise que vous a réservé l’auteure. Seule objection à cette jolie fin : sa longueur. La coupure finale s’est faite trop brutalement, me laissant seule, frustrée de ne pas en voir plus.


Ce fût une lecture légère et douce, avec des personnages attendrissants. Néanmoins le tapage médiatique qu’il y a eut autour de cette romance n’est, selon moi, pas justifié, puisque l’histoire est bien, mais ne comporte rien d’exceptionnel. Sympathique à lire, mais pas fou non plus !

Ma note : 6/10


Jules César


Jules César de Rachel Firth

62 pages, éditions Le Livre de Poche jeunesse, à 5,50€


Résumé : Il mène les troupes romaines au-delà des frontières de son pays. Plus loin qu’elles n’ont jamais été. De Rome à Alexandrie, il voyage et triomphe. De ses mains, naît l’empire le plus puissant au monde. L’empire romain. Son nom ? Jules César.


Extrait :  « César observait la rue depuis son balcon, heureux d’être dans cette grande cité, le coeur de la puissante République romaine. Quiconque voulait devenir quelqu’un venait à Rome, et lui y habitait. Bien qu’il n’ait que quatorze ans, il était convaincu qu’il aurait un jour un rôle important à y jouer.« 


Mon avis : Le Livre de Poche jeunesse a sorti quatre petites biographiques illustrées sur des personnages illustres, qui ont marqué, d’une façon ou d’une autre, le monde entier. Ce qu’il y a de bien avec ces petites lectures, c’est qu’elles donnent aux jeunes lecteurs des clés pour mieux comprendre  certains grands faits de l’histoire. Il y a deux mois, j’avais découvert la courte biographie de Marie-Antoinette écrite par Katie Daynes, que j’avais pris beaucoup de plaisir à lire ; aujourd’hui, j’ai lu en une demi-heure la biographie de Jules César réalisée par Rachel Firth.

Vous allez découvrir les plus grandes lignes de la vie de Jules César. De sa jeunesse à Rome, rêveur et passif à son ascension fulgurante. Aux guerres qu’il a mené, parfois perdues, d’autres gagnées. Vous découvrirez ses amours et ses alliés, mais aussi ses ennemis, ceux-là même qui lui vaudront sa perte.

Toutes les informations y sont condensées, toute la vie de Jules César est diminuée pour ne tenir qu’en quelques pages. C’est un bon moyen d’attirer les enfants à découvrir sa majestueuse vie, sans pour autant les ennuyer. Mais, pour moi adulte, j’ai trouvé que cet amas d’informations était trop dense. Toutes les informations étaient données à la chaîne, les unes après les autres, sans laisser le temps au lecteur de tout emmagasiner. Ce qui fait qu’une fois ma lecture terminée, je ne me souviens que d’un infime pan de la vie de cet homme.

Outre cela, cette biographie est accompagnée de magnifiques illustrations. Elles prennent l’entièreté des doubles pages, et donnent un effet de profondeur très appréciable, qui permet aux lecteurs de s’introduire plus facilement dans l’histoire. Ajoutez à ces jolies mises en pages, une originalité au niveau textuel, puisque l’auteure alterne entre récit narratif traditionnel et insertion de bulles narratives, comme vous pouvez le voir sur la photo ci-dessous.

J’ai (re)découvert Jules César comme je ne l’avais jamais vu. Jeune, vaillant, téméraire, amoureux parfois… Les nombreuses péripéties de son existence, lui ont prodiguées une vie bien remplie. César est, et restera, l’une des figure antique les plus célèbres de l’histoire du monde, c’est pour cela qu’il est important d’apprendre à connaître sa vie, ses motivations et ses agissements.


Une biographie illustrée de la digne vie de Jules César, qui devrait plaire aux plus jeunes. Enfourchez vos montures et partez à l’assaut de ce court récit.

Ma note : 6/10