Élite : Au fond de la classe


Élite : Au fond de la classe d’Abril Zamora

295 pages, éditions Hachette romans, à 15,90€


Résumé : Paula souffre parce qu’elle ne peut parler à personne de son amour impossible. Janine garde un lourd secret qui la mettrait en danger si elle le révélait. Gorka, son ami obsédé par le sexe, tombe amoureux de la personne qu’il ne faut pas et Mario, le redoublant habitué à harceler les autres, se retrouve pour la première fois victime de chantage. María Elena que tout le monde à Las Encinas surnomme Melena, la Mèche, parce qu’elle a perdu ses cheveux suite à des problèmes émotionnels, porte une triste histoire de famille, derrière sa façade glamour et pleine de fric. Tous ont de sérieux problèmes à affronter, mais à la fin de l’année scolaire, lors de la fête du lycée, un drame survient… Marina est trouvée morte au bord de la piscine et l’inspectrice en charge de l’enquête reçoit un mystérieux journal intime, bourré de phrases haineuses à propos de l’adolescente assassinée. Quelqu’un la détestait et tout indique que l’auteur de ce journal était dans la même classe que la victime. Les cinq protagonistes, Melena, Janine, Mario, Paula et Gorka, se verront mêlés d’une manière ou d’une autre à l’affaire. L’auteur du journal a-t-il quelque chose à voir avec le crime ? Qui a anonymement apporté ce cahier rose à la police ? Pourquoi l’auteur détestait-il tant Marina ? Comment les choses en sont-elles arrivées là ? Pour assembler les pièces du puzzle, il va falloir remonter au tout début de l’année scolaire.


Extraits : « Comment je sais que je suis amoureuse ? C’est très simple. C’est une réaction… chimique, animale. Mon corps réagit. Même si j’essaie de me contrôler, quand il s’approche, ma bouche se dessèche, mes genoux tremblent et je suis incapable de soutenir son regard.« 

« Gorka, par exemple, a des oreilles décollées et on s’est moqué de lui pour ça, mais, il l’ignore encore, dans quelques années, ses oreilles vont rendre dingues plein de filles, parce que ce sont nos particularités qui nous rendent uniques, attirants, voire sexy. »


Mon avis : Élite, c’est la série espagnole phare du moment, celle que tous les adolescents regardent – ou en déjà regardé – sur Netflix. De cette série est née ce livre, écrit par Abril Zamora, un des scénaristes de la série. Élite : Au fond de la classe est un dérivé de la série, qui condense en presque 300 pages toutes les histoires qui se déroulent durant les 2 saisons télévisuelles.

À Las Encinas, un lycée composé essentiellement d’élèves fortunés, les histoires vont bon train. Chaque lycéen cache au reste des élèves des problèmes plus ou moins graves. Les histoires d’amour, évidemment, sont nombreuses : Paula est amoureuse d’un garçon qu’elle n’a jamais approché, alors qu’un autre lycéen, Gorka aime sa meilleure amie. Il y a aussi des problèmes familiaux plus graves, comme Melena, qui se dispute constamment avec sa mère et en est même venue jusqu’à se droguer pour oublier ses soucis. Janine, elle, souffre d’intimidations de la part de Mario, un garçon arrogant et imbu de lui-même, qui ne cesse de rabaisser la jeune fille. Mais l’ensemble de ces problèmes semblent superflus lorsque Marina, une jeune femme que tous désigneraient comme parfaite, se retrouve assassinée lors d’une fête de fin d’année. S’ensuit une enquête pour déterminer le coupable et les raisons qui l’ont poussées à la tuer.

 

Photos des protagonistes extraites de la série Netflix

Sans jamais avoir vu la série Netflix, je pense que ce livre est un condensé très rapide de toutes les aventures qui surviennent aux jeunes lycéens à l’écran. Ce qui fait que le rythme du roman est vraiment très soutenu : les histoires s’enchaînent les unes derrière les autres et il faut s’accrocher pour retenir le prénom et problèmes de chacun. Mais c’est totalement faisable !Finalement, on s’attache quand même rapidement à ses personnages. De plus, je trouve l’approche de cette série moderne et intelligente, puisqu’elle est destinée aux jeunes adolescents et de ce fait, les scénaristes ont adaptés leurs personnages et surtout leurs problèmes à leur cible initiale. Ainsi, il est question d’intimidation et de violences scolaires, de problèmes familiaux, de VIH, de problèmes de coeurs… Des thématiques qui vont forcément parler aux jeunes adolescents.

La particularité de ce récit, c’est que l’auteur alterne les phases de narration pures avec des paragraphes en italiques, sorte de journal intime de chacun des lycéens. Ainsi, nous pouvons avoir accès aux pensées et points de vue de chacun des personnages à tour de rôle. Je trouve ça ingénieux, puisque ça nous permet de nous rapprocher davantage des protagonistes et de s’identifier plus facilement à eux.

En revanche, je trouvais dommage que l’intrigue principale, qui est le meurtre de Marina, qui est le fil rouge de toute la série (et du roman, aussi), ne soit pas plus exploité. Ici, on l’évoque qu’en fin de chapitre, avec deux pages d’interrogatoires menés par une inspectrice, qui questionne à tour de rôle chacun des élèves pour prendre leur témoignage dans cette affaire. Même lors du dénouement, le coupable arrive comme un cheveu sur la soupe, sans préambule, et l’auteur passe directement au problème suivant, comme si ce n’était qu’une futilité. J’ai trouvé ça vraiment dommage, et j’espère que cet aspect de l’histoire est mieux développé dans la série. Peut-être qu’il aurait été plus judicieux de faire une saga comportant plusieurs tomes de la série, plutôt qu’un one shot précipité, où l’on a l’impression de courir après l’histoire et les personnages…


Un roman adapté de la série Netflix Élite, où l’on retrouve l’ensemble des célèbres adolescents de l’école de fortunés, Las Encinas. Un récit rythmé et bien écrit, qui peut se lire sans avoir vu la série d’origine !

Ma note : 6,5/10

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Les filles du Docteur March


Les filles du Docteur March de Louisa May Alcott

213 pages, éditions Hachette romans, à 14,90€


Résumé : Une année, avec ses joies et ses peines, de la vie de Meg, Jo, Beth et Amy March, quatre sœurs âgées de onze à seize ans. Leur père absent – la guerre de Sécession fait rage et il est aumônier dans l’armée nordiste -, elles aident leur mère à assumer les tâches quotidiennes. Ce qu’elles font avec leur caractère bien différent: Meg, la romantique, qui va éprouver les émois d’un premier amour; Jo, qui ne se départit jamais d’un humour à toute épreuve; la généreuse Beth; la blonde Amy, enfin, qui se laisse aller parfois à une certaine vanité…


Extraits : « L’amour fait fuir la crainte et la gratitude peut prendre le pas sur la fierté.« 

«  »Un Noël sans cadeaux, ce ne sera pas un Noël, grommela Jo étendue sur le tapis.
– C’est terrible d’être pauvre ! soupira Meg en regardant sa vieille robe.
– Je trouve qu’il n’est pas juste que des filles reçoivent tout plein de jolies choses et d’autres rien du tout, ajouta la petite Amy avec un reniflement offensé.
– Nous avons nos parents et nous sommes toutes les quatre », dit gaiement Beth dans son coin.
À ces paroles, la figure des soeurs s’éclaira mais elle s’assombrit de nouveau quand Jo remarqua tristement :
« Papa est bien loin et il ne sera pas de retour avant longtemps. »
Elle n’osa pas dire « peut-être jamais », mais toutes l’avaient pensé. Elles se représentaient leur père au milieu des combats qui mettaient alors aux prises le Nord et le Sud de l’Amérique. »


Mon avis : À l’occasion de la nouvelle adaptation cinématographique de Greta Gerwig, qui sortira début 2020, les éditions Hachette romans ont également réédité ce classique de la littérature, en y incorporant des photographies tirées du film.

 
Nous sommes au XIXème siècle, la guerre fait rage et le Docteur March est envoyé en renfort pour soigner les blessés. Il laisse derrière lui sa femme et ses quatre filles, Jo, Amy, Beth et Meg. Nous suivrons leurs quotidiens, à travers des aventures tantôt joyeuses, amoureuses, tristes ou angoissantes.

J’avais lu ce classique de la littérature dans ma tendre jeunesse. Malheureusement, je n’en gardais aucun souvenir, c’est pourquoi j’ai sauté sur l’occasion de combler cette lacune en relisant une nouvelle fois cette histoire. Je me suis immédiatement replongée dans mon enfance.

Ces héroïnes, toutes féminines, aux aspirations et caractères différents, est une grande richesse de la littérature, surtout quand on pense aux conditions de la femme en cette période-là. J’ai particulièrement apprécié le personnage de Jo, jeune fille rebelle, loin de l’image de la fille sage que l’on pourrait se faire, elle se coupe les cheveux sans en parler à sa mère, elle se comporte comme un garçon manqué, traîne avec Laurie, le fils du voisin… par son comportement, elle remet en cause le système trop strict de l’époque : c’est un personnage avant-gardiste, qui n’a pas peur d’assumer la personne qu’elle est et les choix qu’elle fait.

C’est un roman pour les enfants, mais sans être enfantin, puisque le style reste simple tout en étant moralisateur. Je pense que le but de l’auteure était de montrer des modèles de filles bien éduquées, pour que les jeunes lectrices puissent s’identifier aux protagonistes et par mimétisme leur ressembler. Solidarité, bienveillance, entraide, amour… sont autant de thématiques qui y sont abordées. 

Il est vrai qu’en le relisant avec un regard d’adulte, je me rends compte qu’il ne se passe pas grand chose en définitive dans ce livre. Les quatre jeunes filles et leur mère vivent des aventures quelques peu banales pour leur époque – elles travaillent, jouent ensemble et avec leur voisin, Laurie, mais rien de bien palpitant. Je me suis parfois ennuyée, le rythme est lent, il n’y a quasiment pas d’avancement dans l’histoire, mais j’ai quand même apprécie relire ce classique, qui a tant comptée dans mon enfance !

En bonus  à la fin du livre, vous pouvez trouver des photographies exclusives tirées du film. De quoi vous faire patienter quelques semaines avant sa sortie officielle au cinéma !


Un classique de la littérature jeunesse, qui m’a fait redevenir la petite fille que j’étais lorsque je l’ai lu la première fois. Le rythme de l’histoire est lent, mais l’écriture est moralisatrice, à la portée de tous les enfants.

Ma note : 6/10

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Si seulement, Lucie


Si seulement, Lucie de Vincent Engel

197 pages, éditions Hachette romans, à 13,90€


Résumé : Depuis l’enfance, Lucie porte un secret. Sa tête est pleine de si qui l’empêchent parfois de faire des choix. Lorsqu’elle rencontre Jim, elle voit en lui une sorte d’extraterrestre. Elle le déteste tout de suite car elle sait qu’elle pourrait tomber amoureuse de lui. Jim vit dans ses rêveries. Il s’intéresse à des sujets qui n’intéressent personne et vice-versa. Lorsqu’il croise le regard de Lucie, il sait qu’elle est différente des autres filles. Il sait aussi, à ce moment-là, que sa vie va changer.


Extraits « Chaque jour qui passe, elle me semble incroyablement jolie. Chaque jour qui passe, elle me semble plus belle. Ça aussi, c’est idiot. Ce n’est pas possible. C’est le regard qui évolue. »
« L’espoir, c’est une habitude qui vous colle aux chaussures. Et même aux pieds, lorsque vous enlevez vos chaussures. À votre peau. C’est une forme d’acné. Sauf que ça vous rend beau, l’espoir. Mais ça vous rend aussi triste que l’acné. Désespéré. »

Mon avis : L’histoire se scinde en deux : le point de vue de Lucie, une jeune fille qui a fraîchement déménagé avec ses parents dans une nouvelle maison. Introvertie et mystérieuse, Lucie ne laisse rien paraître de ses sentiments et de sa personnalité. Puis nous avons Jim, le nouveau voisin de Lucie, qui se trouve avoir le même âge que la jeune fille et être dans sa classe. Jim, souriant et très avenant, va tenter de percer à jour le mystère de Lucie. Qui est-elle vraiment ?

Si seulement, Lucie est une histoire plein de douceur, tant dans les mots qu’utilise l’auteur que dans l’histoire en elle-même. C’est un texte calme et apaisant, qui toutefois cache une histoire forte.

Les personnages sont touchants et terriblement attachants : Jim, sympathique petit garçon, serviable et loyal, va tout faire pour mettre en confiance Lucie. J’ai été touchée par les nombreuses marques d’attention qu’il accordait à la jeune fille – l’attendre tous les matins devant la porte de l’immeuble pour qu’ils puissent faire le trajet menant à l’école ensemble… Malgré le silence et le manque d’émotions de la jeune fille, Jim ne se laisse pas démolir, il use de patience et continue à faire ce que lui dicte son coeur. Peu à peu, en grande partie grâce à Jim, nous allons voir éclore ce petit bout de femme qu’est Lucie. Son sourire s’élargie, son coeur s’ouvre, son histoire s’écoule. Le duo Jim et Lucie fonctionne très bien, leur relation, toute en pudeur et en retenue, m’a apaisée.

Bien évidemment, on ressent de nombreux non-dits, de lourds secrets que cache notamment Lucie. Ceux-ci ne sont révélés qu’au dénouement du récit, et nous permettent de comprendre un peu plus le comportement et la personnalité de cette dernière.


Un récit calme, une histoire d’amour douce, qui met en scène deux jeunes protagonistes attachants et touchants. 

Ma note : 7/10

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Agence 42, tome 2 : Predict


Agence 42, tome 2 : Predict de François Rochet

276 pages, éditions Hachette romans, à 15,90€


Résumé : Paris, Décembre 2028.
L’attaque d’un fourgon blindé ébranle une Europe désormais non-violente, qui ne sait plus gérer ce genre de situation.
Quelques heures plus tard, Julia et Noah sont confrontés à la mort subite d’un de leurs anciens collègues.
Un lien existe-il entre les deux événements ?
Et que cache Netnovae, cette mystérieuse société qui s’est hissée en quelques années parmi les entreprises les plus riches de la planète ?
Embarqués malgré eux dans cette affaire obscure, Julia et Noah devront une fois de plus faire appel à de vieilles connaissances pour s’en sortir.


Extrait « Elle frissonna et but une gorgée de thé pour se réchauffer. Comment imaginer que tout ce qu’elle ressentait, vivait, touchait n’était qu’un programme informatique et n’avait aucune réalité physique ? Même ce liquide chaud qu’elle avalait n’existait pas. »

Mon avis : Il y a quelques mois déjà, je découvrais la saga Agence 42 de François Rochet à travers le premier tome,  Terrans. Ce dernier m’avait particulièrement intrigué, notamment grâce à l’histoire originale dépeinte et à l’expérience de lecture novatrice offerte par l’auteur. C’est donc tout naturellement que je me suis dirigée vers le second tome, Predict.

Dans celui-ci, nous retrouvons l’ensemble des personnages présents dans le premier volume. Julia, à la tête de l’Agence 42 et son compagnon, ainsi que les membres de l’Agence, Franck, Mary et Ben. Julia va mandater ces derniers sur une nouvelle affaire : celle de Netnovae. Une société secrète et mystérieuse, qui a prospéré très rapidement, mais dont les contours ne sont très nets. Un nouveau défi attend les membres de l’Agence 42, la course contre la montre est lancée !

Comme dans le premier tome, nous retrouvons ces deux mondes parallèles : le monde réel de Julia et le monde virtuel des Terrans (autrement dit les membres de l’Agence 42, qui ne sont autre que des personnages de jeux vidéos qui ont pris conscience de leur existence). Et pour compliquer davantage les choses, François Rochet incorpore une nouvelle dimension à l’histoire : un troisième monde dans lequel vont être téléporté les terrans, pour combattre la société Netnovae et arrêter les massacres qu’ils perpétuent dans le monde réel. Car ce troisième monde virtuel est intréséqument relié au monde réel, il se nourrit de toutes les données du monde pour coller au plus près de l’existant. Glaçant.

L’auteur nous a habitué à de l’action dans Terrans, et Predict ne fait pas exception à la règle, puisque les chapitres s’enchaînent avec fluidité et rapidité, tant et si bien que j’ai eu beaucoup de mal à lâcher le cours de ma lecture. Impossible de reposer ce livre, tant j’étais prise dans l’action : je voulais à tout prix connaître la fin du récit !


Un second tome à la hauteur du premier : adrénaline, mystères et actions jalonnent l’ensemble des chapitres. J’en redemande !

Ma note : 7,5/10

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Au bout de trois


Au bout de trois de Maureen Johnson

368 pages, éditions Hachette romans


Résumé : Mel, Nina et Avery ont toujours formé un inséparable trio de copines, mais l’été de leurs dix-sept ans va tout changer.
Cet été-là, alors que Nina profite des vacances pour participer à un stage scolaire, Mel et Avery commencent une relation qu’elles cachent à tous, même à leur meilleure amie. Cette trêve estivale ne pouvait cependant pas durer et, peu de temps après la rentrée, Nina découvre leur secret.
Mel et Avery doivent alors faire face au regard des autres, à l’intolérance et au rejet, mais aussi au regard qu’elles portent sur elles-mêmes. D’autant que même si Nina essaye de les soutenir, elle se pose des questions. Et peu à peu, le trio explose.


Extrait « – Bermudez, annonça-t-elle. Un goûter d’anniversaire, à 14 heures.
Il la détailla de la tête aux pieds, avec son chapeau de pêcheur et son T-shirt Grattez-moi le ventre, ça porte bonheur, avant de s’intéresser aux deux filles postées derrière elle. Tout d’abord la petite rousse au teint pâle, en jupe denim et débardeur rose. Puis la grande à la peau couleur chocolat, en robe d’été rouge et claquettes assorties, laquelle contemplait les lieux avec perplexité.
Nulle trace des fillettes de cinq ans qu’il attendait.
– Il n’y a que vous ? demanda-t-il, dans l’expectative.
Peut-être espérait-il qu’un petit enfant soit caché dans les poches du short baggy d’Avery.
– Rien que nous. »

Mon avis : Mel, Nina et Avery sont trois amies, inséparables depuis leur plus tendre enfance. Elles se connaissent sur le bout des doigts et ont fait – et continuent à faire -, les quatre cent coups ensemble. Sauf qu’un été, Nina part en stage scolaire, laissant seule Mél et Nina. Les deux jeunes filles vont alors se découvrir mutuellement et réaliser qu’elles s’aiment probablement plus que comme des simples amies. L’évidence est flagrante pour elles : elles sont amoureuses. Mais le regard des autres sur ce changement dans leur vie est difficile à accepter.

Au bout de trois est un roman jeunesse qui traite d’une thématique très souvent abordé en ce moment dans la littérature jeunesse : l’homosexualité. À travers deux jeunes filles, anciennement meilleures amies, l’auteure va montrer le glissement qui s’opère entre les sentiments amicaux et les sentiments amoureux, et l’ensemble des difficultés qui attendent les deux demoiselles dans la revendication de leur homosexualité. Car le plus dur dans un premier temps, c’est d’accepter cette petite particularité qui fait que l’on n’est pas comme tout le monde : on aime une personne d’un même sexe. Si pour Mél l’évidence est présente, Avery se cherche encore, et à bien du mal à déterminer si elle préfère les filles ou les garçons.

Vient ensuite le deuxième moment le plus compliqué à passer : le coming-out, ou autrement dit l’annonce publique à son entourage de son homosexualité. Là encore, les réactions peuvent être différentes : choc, colère, tristesse, abattement, ou compréhension et respect. Il faut faire preuve de courage pour affronter le regard et le jugement d’autrui sur une situation immuable,  qui ne changera pas, peu importe les retours de ses proches. Alors que Mél m’a impressionné par sa détermination et sa bravoure, Avery m’a passablement déçue, par sa lâcheté et son manque de respect envers celle qu’elle considérait il y a peu comme l’une de ses meilleures amies et petit amie.

Dans le cas de notre trio d’amies, une difficulté supplémentaire vient s’ajouter aux deux premières : elles forment une bande à part de meilleures amies, et pour Nina, savoir deux de ses meilleures amies en couple est compliqué. Les sorties qui se faisaient alors à trois ne se font plus qu’en duo, Nina préférant laisser le nouveau couple tranquille. Coup dur pour cette dernière, qui a du mal à accepter cette situation.

J’ai bien aimé la façon dont l’auteure a abordé cette thématique. Au vu du nombre croissant de romans jeunesse qui traitent de ce même sujet,  je doute que l’histoire sorte spécifiquement du lot. Elle est peut-être un poil trop commune, sans élément frappant assez original qui viendrait s’imprimer dans la mémoire du lecteur. Mais cela ne m’a pas empêché de passer un agréable moment de lecture aux côtés de ces trois jeunes filles, à la fois si différente dans leur choix d’orientation sexuelle et leur vision de la vie mais si semblable dans la manière de vivre et d’aimer son prochain. Les adolescents devraient également s’y retrouver, s’attacher aux personnages, et pourquoi pas trouver le courage nécessaire pour s’affirmer et réaliser pleinement les personnes qu’ils sont réellement.


Un roman agréable à découvrir, qui aurait mérité plus d’originalité dans sa manière d’aborder la thématique de l’homosexualité. 

Ma note : 6/10

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Perfect illusion


Perfect illusion de Claudia Tan

319 pages, éditions Hachette romans, à 17€


Résumé : La société des parents d’Alex est au bord de la faillite. Heureusement, un célèbre milliardaire propose de la sauver. Mais il a une condition : pendant trois ans, Alex devra se faire passer pour la fiancée de son fils, Daniel. M. Kerrington espère ainsi changer l’image sulfureuse de Daniel, coureur de jupon invétéré. Or, Alex a toutes les raisons de refuser. Elle connaît déjà Daniel, et ils se détestent.
Elle a des sentiments pour le beau Nate. Et puis… comment ses parents peuvent-ils oser lui demander ça ? Réticente, Alex finit pourtant par accepter. Et, contre toute attente, elle commence à éprouver un amour sincère pour Daniel, malgré les paparazzis, les insultes, et les infidélités. Mais la mort du père d’Alex va tout bouleverser…


Extrait « – Et tu sais quoi, Daniel ? La vie sans toi, ça craint.
– Sérieux ?
– Archi-sérieux. »

Mon avis : Alex est une jeune femme célibataire, qui va se retrouvé fiancé de force par son père à Daniel, fil d’un riche homme d’affaires, mais également coureur de jupons dont la réputation est au plus bas. L’entreprise des parents d’Alex connaissant des difficultés financières, un pacte tacite a été mis en place entre les parents d’Alex et ceux de Daniel : le père de Daniel redressera leur entreprise à condition qu’Alex redresse la réputation de Daniel. Les deux jeunes gens se voient dans l’obligation de signer un contrat de fiançailles qui les lie pour trois ans et les convie à emménager ensemble et à jouer le rôle du parfait petit couple.

Tout aurait été plus simple si Alex ne s’était pas éprise de Nate, un beau jeune homme, également ami de Daniel. Un triangle amoureux comme on en voit dans nombre de romances va naître entre Alex, Daniel et Nate. Alex est tiraillée entre son désir pour Nate et ses sentiments amoureux pour Daniel. Le choix est difficile, d’autant que les deux hommes ne manquent pas de charme. Très différents dans leurs personnalités, Nate est quelqu’un d’un peu timide et introverti, alors que Daniel est le Don Juan par excellence, collectionnant les femmes quotidiennement.

Pour ma part, j’avais ma préférence entre les deux garçons, et je pense qu’au vu des descriptions qu’il en est faites, vous aurez la même préférence que moi. Malheureusement, en amour, le coeur a ses raisons que la raison ignore comme on dit. Alex fera son choix, sans doute pas mûrement réfléchi, mais qui a le don d’être dicté par son coeur et ses émotions du moment. La romance qui naîtra entre les deux amoureux sera brutale, dans le sens où tout s’accélère très rapidement, peut-être même trop rapidement. J’aurais souhaité voir naître l’amour, le voir grandir au fil des jours et voir nos deux tourtereaux s’épanouir et se découvrir en prenant plus le temps.

La particularité de cette romance, c’est que le dénouement n’est pas celui que nous attendions. Claudia Tan va en contre-courant des romances traditionnelles pour tenter de surprendre les amateurs de ce genre littéraire, déjà tant habitués à des histoires comme celle-là. De peur de vous dévoiler des détails qui vous empêcherez d’être surpris, je ne vais pas m’étaler plus sur cet aspect-là de l’histoire, préférant vous laisser découvrir par vous-même.


Une romance agréable à lire, idéale pour les lecteurs qui ont besoin de se détendre en passant un bon moment.

Ma note : 6,5/10

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Yann


Yann de Pascal Ruter et Yannick Agnel

374 pages, éditions Hachette romans, à 15,90€


Résumé : Sur la terre ferme, Yann ne sait pas vraiment quoi faire de son corps. À quinze ans, il mesure un mètre quatre-vingt-dix, et ses pieds sont tellement immenses qu’on le surnomme « Big Feet ».
Mais, dans le bassin du prestigieux centre aquatique de Nice, il est comme un poisson dans l’eau. Sous l’œil exigeant de son entraîneur, il court après chaque dixième de seconde dans l’espoir de battre tous les records.
Yann est le récit romancé de l’adolescence de Yannick Agnel, champion de natation.


Extraits « – J’ai juste envie de faire mieux, dis-je.
– Que les autres ?
– Que moi-même, surtout. L’adversaire, c’est toi-même. Et le temps. »
« C’est ça, être heureux. Savoir qu’on est à la bonne place. »

Mon avis : Yannick Agnel, célèbre nageur français, double médaillé d’or aux Jeux Olympiques de Londres en 2012, s’est joint à Pascal Ruter, un auteur jeunesse qui excelle dans son domaine, pour faire naître une biographie romancée à quatre mains : Yann.

Le protagoniste n’est autre que Yannick Agnel dans sa prime jeunesse. Alors qu’il n’a que quinze ans, il quitte ses parents et ses repères Nîmois pour emménager à Nice, et poursuivre ses entraînements de natation en parallèle de ses études. Dans sa nouvelle vie, il va faire des rencontres étonnantes, qui le marqueront à jamais : Monsieur Rubinstein, son voisin juif, sa petite-fille Rachel, Nola, sa nouvelle coach québécoise, ses compagnons de bassin, Axel, Antoine, Camille…

Ce roman traite de divers sujets d’actualité, qui feront échos notamment aux plus jeunes : l’émancipation, les premières relations amoureuses, les rencontres amicales, les découvertes intergénérationnelles… Mais les adultes pourront également se retrouver à travers ces mêmes thématiques, et d’autres peut-être plus adaptées, comme notamment la réflexion sur le flux migratoire arrivant d’Italie jusque vers Nice. Car ce sujet, abordé surtout à la fin du livre, est plus que jamais d’actualité : là encore, la fiction et la réalité se mélangent pour nous servir une histoire dont il est difficile de dire ce qui a été inventé et ce qu’a réellement vécu Yannick Agnel.

Bien évidemment, la natation est au coeur de l’histoire. Les nombreuses heures d’entraînements, les sacrifices, la compétition, le dépassement de soi, les échecs et les victoires sont l’essence même de ce sport pratiqué depuis longtemps par Yannick Agnel. Nous sommes donc plongés au centre de sa vie quotidienne de nageur/étudiant, qui n’est pas de tout repos.

Vous l’aurez compris, Yann est un roman complet, aux sujets diversifiés, qui est écrit d’une plume dynamique et vive, qui ne permet pas l’ennui. Toutes les actions s’enchaînent avec aisance, il n’y a aucun temps mort, tant et si bien que l’histoire défile sous nos yeux avec une allure folle. J’applaudis les deux auteurs pour cette histoire et principalement pour toute l’humanité qu’ils ont mis dans la création de leurs personnages : je me suis tant attaché à eux qu’ils m’ont parus presque être réels. Je pense notamment à Monsieur Rubinstein et ses souvenirs de la guerre, son talent incommensurable pour la cuisine et sa gentillesse à toute épreuve, qui est et restera mon protagoniste préféré du livre.


Entre fiction et réalité, découvrez Yannick Agnel comme vous ne l’avez jamais vu. Un roman intelligent aux multiples sujets de réflexion.

Ma note : 7,5/10

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