1984

1984 de George Orwell.
408 pages, éditions Folio Poche

 

Résumé : Le monde, depuis les grandes guerres nucléaires des années 1950, est divisé en trois grands « blocs » : l’ Océania, l’Eurasia et l’Estasia qui sont en guerre perpétuelle les uns contre les autres. A Londres, en 1984, dans un état totalitaire, le parti organise sa société en réprimant le peuple, et en leur lavant le cerveau avec les principes de l’Angsoc (Socialisme anglais).
Winston Smith, travaillant au ministère de la Vérité, participe à propager l’idéologie du Parti en modifiant les articles du « Times » suivant la volonté des dirigeants du parti. Pourtant, Winston cache sa haine de Big Brother et de la répression, jusqu’à ce qu’il rencontre Julia, une jeune femme enthousiaste et opposante du parti également…

Extraits : « On dit que le temps apaise toute douleur, on dit que tout peut s’oublier, mais les sourires et les pleurs, par-delà les années, tordent encore les fibres de mon coeur. »
« Il y avait la vérité, il y avait le mensonge, et si l’on s’accrochait à la vérité, même contre le monde entier, on n’était pas fou. »
« Pour la première fois de sa vie, il comprit que lorsque l’on désirait garder un secret on devait aussi se le cacher à soi-même. »
« S’accrocher jour après jour, semaine après semaine, pour prolonger un présent qui n’avait pas de futur, était un instinct qu’on ne pouvait vaincre, comme on ne peut empêcher les poumons d’aspirer l’air tant qu’il y a de l’air à respirer.« 

Mon avis :  1984, de George Orwell est une contre-utopie effrayante, qui ne donne pas envie d’exister dans ce monde, d’y vivre, tout simplement. Nous ne connaissons pas réellement la mesure du temps dans ce livre, les personnages sont assez mystérieux, discrets, nous n’avons pas vraiment de détails sur leurs vies, leurs activités ou autre. Par contre, les conditions de la vie en Océania sont bel et bien décrits très précisément, ça renforce d’autant plus le côté affreux du lieu. L’histoire accroche, à chaque fin de chapitre, je n’avais qu’une envie : commencer le suivant. Nous sommes transportés dans un monde imaginaire, nous vivons les mésaventures en accompagnant Winston dans toutes ses aventures, nous sommes vraiment plongés au coeur du livre et de la vie dystopique d’Océania. J’ai lu ce livre vraiment rapidement, impossible de m’en décrocher ! Certes, certains passages étaient assez complexes à lire, mais j’ai tout de même adoré ce livre, c’est un réel coup de coeur, et un très grand honneur de l’avoir lu.

 

Ma note : 10/10
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Devil city, tome 1

Devil City, tome 1 de Jana Oliver.
441 pages, éditions Castelmore, à 15,20 €

 

Résumé : Piégeur de démons : Un métier dangereux et exclusivement masculin.
Pourtant, c’est la carrière qu’a choisi Riley Blackthorne. Dans un monde en ruine, démoli par des démons apparus à la surface de la terre, elle devra prouver à tous qu’elle est de la trempe des meilleurs. Ça tombe plutôt bien, les démons n’attendaient que ça.

Extraits : « Chaque fois qu’il perdait quelqu’un qui comptait pour lui, une petite part de lui-même s’en allait avec le défunt. Un jour, il ne resterait plus grand-chose de lui. »
« Elle se força à penser à des temps heureux pour échapper à la difficile réalité.« 

Mon avis : D’ordinaire, je ne lis pas beaucoup d’histoires surnaturelles, de science-fiction, qui plus est traite de démons, de vampires et tout le toutim. Néanmoins, je me suis laissé embarquer dans Devil City, un monde dystopique, sombre et glauque…

Le couverture de cet ouvrage est superbe, les couleurs donnent un certain mystère au livre, il y a un côté terrifiant, et un autre qui donne envie de découvrir l’histoire. Et quelle histoire, wahou !

Constitué essentiellement de dialogue, Devil City n’est pas du tout compliqué ni lourd à lire. Bien au contraire, les pages défilaient sous mes doigts, au grès des aventures de l’héroïne principale. Embarqué dans un monde original, j’ai été captivé par ce livre, allant même jusqu’à ne plus arriver à le lâcher. Marqué par toutes les scènes d’action qui s’enchaînaient, toutes plus terrifiantes les unes que les autres, et par le côté touchant des personnages, j’ai beaucoup aimé l’univers dans lequel m’a entraîné Jana Oliver.

Riley, qui est la protagoniste de l’histoire, est une jeune femme, encore adolescente, peu ordinaire, mais très mature. Elle fait preuve d’un grand courage, d’une confiance en soi exceptionnelle, mais est tiraillée par ses sentiments vis-à-vis des autres.

Le petit point faible que j’aimerais soulevé, est le fait que certaines scènes, notamment quand il était question des démons, n’étaient pas du tout réaliste. Je n’ai pas réussi à me représenter ces-dits démons, ils ont gardaient une forme complètement abstraite dans mon esprit…
Quelques longueurs étaient présentes dans certains passages, mais ça n’était souvent pas très long ni très grave.

C’était le premier livre que je lisais de la collection Castelmore, et j’ai adoré, je pense vraiment en lire d’autre dorénavant. Sans oublié le second tome de Devil City, que je pense m’empresser d’acheter, pour découvrir la suite, qui me laissent bien des interrogations…

 

Ma note : 8/10

L’enfant papillon

L’enfant Papillon de Gabrielle Massat
397 pages, éditions Hachette, à 16€

 

Résumé : C’est au XXIIe siècle que la Cité a été frappée par un virus mortel. Depuis lors, les habitants vivent emmurés pour endiguer le fléau. Des messages de l’Extérieur, relayés par le gouvernement militaire, promettent une libération qui ne vient pas. Maïa, sous-lieutenant de 17 ans, rêve de quitter sa ville natale et cherche une faille dans les murs de la Cité. Mais un jour, son mentor Dimitri est condamné pour trahison par sa faute. La nécessité de s’échapper devient alors beaucoup plus urgente. Elle n’a qu’une seule piste : retrouver la trace du mystérieux « Enfant Papillon », seul habitant de la Cité à avoir jamais franchi le mur. Elle va pouvoir compter sur l’aide de Zéphyr, un tueur à gages atrocement défiguré, et Nathanael, un individu contaminé par le virus.

Extraits : « Son procès, le matin même, avait fait à Maïa l’effet d’un électrochoc. Le désespoir dans lequel l’avait plongée l’arrestation de son mentor s’était atténué pour laisser place à une énergie nouvelle. Elle sauverait Dimitri. Elle l’emmènerait avec elle hors des Murs avant qu’il subisse le Châtiment. Le compte à rebours avait commencé. »
« Elle voulait abandonner sa ville sans un regard en derrière mais, en cet instant, elle souhaitait aussi que quelqu’un reste et la bouleverse de l’intérieur. »

Mon avis : Enfin une dystopie moderne fruit d’une auteure française. Et il faut dire que nous n’avons rien à envier aux Américains, car L’enfant Papillon est un pur régal.

Ce roman dépeint une société futuriste noire, où le monde entier a été terrassé par une épidémie dévastatrice, qui a fait succomber de nombreux êtres humains. Pour pouvoir survivre, un Mur à été érigé autour d’une parcelle d’habitants. Seule marque encore visible de ce virus ; les Lazulis, sorte de créatures humaines bleues, touchées d’une dégénérescence qui les empêcheront de dépasser une trentaine d’années. Mais notre héroïne, Maïa, ne conçoit pas d’être recluse à l’intérieure d’un périmètre délimité, sans pouvoir aller explorer la grande surface de la terre. Son père, avant sa mort, complotait avec Dimitri, qui deviendra le nouveau mentor de Maïa, sur des plans pour s’échapper. Mais Dimitri a été surpris en pleine trahison, et a été retenu en prison dans la Cité, avec une trentaine de jours devant lui avant le châtiment suprême. Maïa doit tout faire pour délivrer son mentor ; pour cela, elle va se tourner vers les plus démunis, dans le ghetto, pour tenter de trouver des êtres bienveillants poursuivant les mêmes objectifs qu’elle, prêts à l’aider.

Avant toute chose, je tiens à souligner la magnifique mise en page de ce roman, composée de décors noirs qui illustrent chaque entrée de chapitre. Une attention originale, qui plonge le lecteur dans la noirceur du récit. Vient ensuite le cadre spatio-temporel, avec les camps et les pratiques militaires mentionnés dès le début, le tout implanté en plein désert, dans une sphère hermétiquement cloisonnée. Gabrielle Massat nous plonge d’autant plus dans l’angoisse en mettant en place dès la première page un décompte suspect, qui ne trouvera réponse que bien plus tard. Le décor est donc un espace suffoquant, où tous les personnages semblent emprisonnés par une muraille qui délimite l’entièreté du territoire.

En ce qui concerne les personnages, on peut être frappé par le lien fort qui unie Maïa et Dimitri ; lien hautement supérieur à celui qu’entretient Maïa avec sa mère ou son frère, qui semblent délaissés au profit d’un homme nullement membre de la famille. Mais il faut dire que Maïa apprécient davantage les personnes qui partagent son point de vue. En effet, sa mère est totalement opposée à l’idée première de la jeune fille ; celle de sortir de la Cité. C’est en allant chercher de l’aide dans le ghetto, terre aride, où la pauvreté sied en masse, qu’elle fait la rencontre incroyable de deux hommes. L’un s’appelle Zéphyr, c’est un tueur à gage redoutable et expérimenté, qui cohabite avec l’autre homme, Nathanaël, un jeune Lazuli bleu sympathique mais rejeté par la population.

La première rencontre entre la protagoniste et le Lazuli est glaciale. Le manque de considération de la jeune fille, ses propos insultants, son manque de discernement et le mépris qu’elle dévole envers Nathanaël peut choquer. La différence de cet être est vu comme un handicap important. On peut rapprocher cette idée du stéréotype, où l’apparence devient reine, sans qu’aucun jugement ne soit effectué sur la personnalité cachée. L’auteure montre également explicitement la différence de classe de population, avec un ghetto à l’apogée de la pauvreté, et une Cité plus riche. Deux mondes qui se cotoient, sans pourtant jamais se rejoindre – comme le montre la peur des militaires d’intervenir dans le ghetto.
Finalement, la population subi un terrassement de cerveau ; on leur apprend dès leur plus jeune âge à se méfier des Lazuli, à ne pas s’approcher des murailles, à obéir aux ordres dictés par la Cité, à ne pas chercher à découvrir l’extérieur du camp… Une propagande époustouflante qui rappelle immanquablement le roman 1984 de George Orwell.

Mais à travers ce schéma plutôt noir dressé par le contexte, la volonté de Maïa fait naître un espoir lumineux. AIdée de ses amis Nathanaël et Zéphyr, elle montre à la face de tous que des liens d’amitié et d’amour sont encore possibles, malgré les réprimandes et les directives presque robotiques des dirigeants de la Cité.

J’ai vraiment passé un excellent moment aux côtés de Maïa, dans une course-poursuite contre la montre semée d’obstacles. Vous ne vous ennuierez pas une seule seconde, soyez-en sûrs ! Néanmoins (les personnes susceptibles d’être intéressées par cette lecture ne devraient pas lire les quelques lignes qui vont suivre), le but tant recherché du début du roman étant atteint à la fin, j’aurais voulu en découvrir un peu plus sur ce monde soit-disant dévasté, qui fait tant frémir et qui a presque coûté la vie à notre protagoniste. Une suite n’aurait pas été de tout refus. Je reste sur une touche d’inachevé…

Ma note : 8/10

Apocalypse, tome 1

Apocalypse, tome 1 de John Marsden
373 pages, éditions Le Livre de Poche jeunesse, à 6,90€

 

Résumé : Sept amis partent à l’aventure dans le bush australien. Direction : un lieu-dit nommé Hell, l’«enfer». Mais c’est à leur retour qu’ils découvrent le véritable enfer. Chaos, dévastation – leur ville a été prise en otage par des militaires, leurs familles ont disparu. Ils n’ont plus le choix. Pour survivre, tous doivent se mettre en guerre contre un ennemi inconnu, invisible, insaisissable.

Extraits : « Il y a ceux qui se réveillent vite et ceux qui se réveillent lentement. Moi, j’appartiens à la catégorie de ceux qui se réveillent morts. »
« Décidément, l’enfer ne dépend pas du lieu où l’on se trouve, mais des gens qui nous entourent. L’enfer, c’est les autres. Je commençais peut-être à comprendre le sens de cette phrase. »

Mon avis : Dans une lubie folle de lire et relire des romans à visée dystopique, je me suis engagé dans Apocalypse, au titre amplement révélateur. Malheureusement pour moi, ce n’est pas un one-shot, mais un premier tome d’une saga déjà parue sous le titre de Tomorrow, quand la guerre a commencé. Le mystère des changements de titres demeure, aussi inextinguibles qu’incompréhensibles.

L’histoire a un soupçon de ressemblance avec la saga Seuls au monde écrite par Emmy Laybourne. Isolés pour quelques jours lors d’une sortie entre amis, sept adolescents se retrouvent coupés du monde dans le célèbre mais redouté bush de Hell, où, selon certaines légendes, un ermite aurait par le passé trouvait refuge. Pleine de gaieté et d’innocence, leur aventure va néanmoins prendre fin, pour retourner dans la dure réalité de la société. Quelle n’est pas leur surprise lorsque à leur retour, les rues sont désertes, plus âme qui vive dans les chaumières, animaux morts, maisons à l’abandons, radios, téléphones et télévisions coupés… Ils découvrent rapidement que des soldats ont investis la ville, et tiennent en otage l’intégralité de leurs proches. Dès lors, les jeunes adolescents se mobilisent et font preuve d’un étonnant sang-froid pour rester lucides et reconquérir leur espace vital.

Des personnalités très différentes se succèdent au grès de notre lecture. Les sept adolescents du début se révèlent avec le temps et l’avancement des actions. On découvre Homer, un jeune homme vaillant, courageux, qui prend les directives des opérations et guident ses amis sur le meilleur chemin à emprunter. Sûr de lui, il ne montre pas ses faiblesses, excepté son amour pour Fiona, qui transparaît de plus en plus. Fiona, la superbe, la gentille et douce Fiona, l’amie de notre narratrice, qui en fond également pour Homer. Nous pouvons faire la connaissance de Lee, intelligent jeune homme, maître de ses émotions et sous le charme de la narratrice, ainsi que les autres protagonistes, un peu plus effacés, Corrie, Robyn ou Kévin.

L’aventur va permettre aux adolescents de prendre des responsabilités et une autonomie personnelle. Ils vont s’aventurer dans des sentiers de leur être jusque là jamais exploités et découvrir des aspects de leur personnalité, se surpasser, et démultiplier leur courage. Outre l’acte de bravoure que chacun fait, c’est un combat pour la survie qui s’engage.

Concernant l’action qui s’égrène, le suspens est à son comble, et place le lecteur dans une position inconfortable, respiration retenue, souffle coupé. Le mystère, très présent, reste complet : qui sont ses soldats ? des humains ? d’autres créatures ? Que veulent-ils réellement ? Tant de questions dont l’auteur préfère garder le secret, certainement résolu dans le second volume.

Néanmoins, malgré les nombreuses actions que John Marsden met en place, j’ai trouvé que l’histoire patinait par moments. Des moments de folles aventures qui se structurent par des courses effrénées, mais qui au final, n’offre que très peu de mouvement au récit. Tout stagne, les actions se soldent par des actes vains, comme un yo-yo qui avance, pour finalement reculer et revenir au point de départ. Personnellement, je pense que l’auteur a voulu accès son premier tome sur la découverte des personnages et la mise en place du décor et du climat. Il délaisse donc la partie mobile de l’action, qui traînasse en surplace.

Ce début d’histoire a au moins le cran de resserrer l’amitié qui unie les sept adolescents. Une solidarité hors du commun s’organise, chacun ajoutant sa pièce à l’édifice, l’un aidant l’autre, pour créer une harmonie parfaite, une entente cordiale et structurée dans ce climat de fin du monde et de peur.

Baigné de mystère, le climat apocalyptique de ce premier tome enrôle entièrement le lecteur dans son sillage. Pris d’engouement pour les déboires des personnages, attisé par la curiosité des événements, on ne peut qu’être aspirer dans la folle aventure de ses adolescents, survivants d’une fin du monde bien particulière.

Ma note : 6,5/10

Faut pas noyer le poisson dans le cidre

Faut pas noyer le poisson dans le cidre d’Amélie Jamin.
273 pages, éditions Persées à 20,79 €

 

Résumé : Bretagne, juillet 2105. Les ressources énergétiques ont disparu. Le régime totalitaire en place a fait naître des groupes dissidents et indépendantistes. Pas de faux héros, ni de héros, simplement des hommes qui tentent de jouer dans la cour des grands. Parmi eux, Marchioly, Jules et Matthieu, tous trois tourmentés par leur passé…

Extraits : « Toute personne vivante a ses peines, tout personne morte a ses regrets. »
« Quoi que tu puisses dire, c’est ça qui tue un homme. Pas seulement de ne pas être confident, mais aussi de ne pas confier. Tu ne peux pas emmener ta vie entière dans la tombe.« 

Mon avis : Je suis profondément désolée de dire cela, mais j’ai été déçue par ma lecture…

J’ai d’abord choisi de lire ce livre pour son titre, fort original, il faut l’avouer, et pour le résumé présent sur la quatrième de couverture, qui m’avait intrigué au plus haut point.
Amélie Jamin, malgré son jeune âge, sait parfaitement manier l’écriture, et nous livre, dans un style simple et agréable à lire, un roman inimaginable, imaginaire, et dystopique.

Le roman commence donc par la présentation de tous les personnages présents dans le livre, avec quelques informations sur leur personnalité, leur caractère, et tout ce que le lecteur doit savoir pour bien comprendre l’histoire. Déjà, nous sommes dès le début noyés dans un trop-plein d’informations et d’individus en tout genre… on s’en sort plus, on essaie de se souvenir de la particularité de chacun, mais en vain.

Puis vient une histoire un peu brouillon, dont je n’ai pas bien compris le sens, ou mal interprété la signification…

Ce roman, placé dans la catégorie fantastique, est censé se passer en 2105, bien des années après notre ère. Malheureusement, il n’y a eut à mon goût que trop peu d’allusions à ce futur si mystérieux.

Ce livre est peut-être trop en avance pour son temps (juillet 2105, tu m’en diras tant…) car je n’ai pas accroché à l’histoire, et les personnages ne m’ont pas touchés.

 

Ma note : 4/10

Le meilleur des mondes

Le meilleur des mondes d’Aldous Huxley.
284 pages, éditions Folio Poche

 

Résumé : Défi, réquisitoire, utopie, ce livre mondialement célèbre, chef-d’œuvre de la littérature d’anticipation, a fait d’Aldous Huxley l’un des témoins les plus lucides de notre temps. Aujourd’hui, devait écrire l’auteur près de vingt ans après la parution de son livre, il semble pratiquement possible que cette horreur s’abatte sur nous dans le délai d’un siècle. Du moins, si nous nous abstenons d’ici là de nous faire sauter en miettes… Nous n’avons le choix qu’entre deux solutions : ou bien un certain nombre de totalitarismes nationaux, militarisés, ayant comme racine la terreur de la bombe atomique, et comme conséquence la destruction de la civilisation (ou, si la guerre est limitée, la perpétuation du militarisme) ; ou bien un seul totalitarisme supranational, suscité par le chaos social résultant du progrès technologique.

Extraits : « Il définissait la philosophie comme l’art de trouver une mauvaise raison à ce que l’on croit d’instinct. »
« Les mots peuvent ressembler aux rayons X : si l’on s’en sert convenablement, ils transpercent n’importe quoi. »
« Un homme peut prodiguer les sourires et n’être qu’un scélérat.« 

Mon avis :  Le Meilleur des mondes ou, devrais-je dire, le pire des mondes ! Après avoir fini ma lecture de 1984, j’attaquai avec empressement celle d’Aldous Huxley. Deux dystopies complètement différentes, mais avec certains points communs. J’ai lu très rapidement ce livre, il est absorbant, captivant, mais certains passages restent un peu flous pour moi… J’ai adoré le côté odieux, répugnant, le côté robot des hommes et leur servitude volontaire aux tâches demandées, ça change et donne du piment au livre : je me croyais réellement dans une usine à fabriquer des enfants, par des machines.
Certains personnages sont laissés à l’abandon au milieu du livre : on en parle, puis, ils disparaissent, on ne sait pas très bien où ils sont passés, néanmoins, ils ne réapparaissent pas… c’est bien dommage, j’aurais voulue m’immiscer dans leur vie, connaître le chemin qu’ils allaient parcourir… Après avoir lu ce livre, on voit notre société d’un autre oeil, on se pose différentes questions, on imagine aussi certaines inventions citées dans le livre qui seront, sans doute, dans notre monde réel d’ici quelques centaines d’années… Très bon livre, j’ai bien aimé les citations de William Shakespeare disséminées un peu partout dans le livre. J’ai été un peu déçue par la fin, je m’attendais à quelque chose qui choque réellement le lecteur, un dénouement qui aurait pu encré dans la tête de celui-ci la réelle utilité du livre et de la dystopie en général.

 

Ma note : 8/10

Fire sermon

Fire Sermon de Francesca Haig
490 pages, éditions Hachette, à 18€

 

Résumé : Quatre cents ans après notre ère, la Terre a été ravagée par un terrible feu nucléaire. Sur une terre appauvrie qui se repeuple à grande peine, un phénomène mystérieux et inexplicable débute : chaque personne naît désormais avec un jumeau. De chaque paire, l’un naît Alpha, physiquement parfait en tous points, et l’autre Oméga, affublé d’une difformité physique plus ou moins marquée. Dans cette société, les Omégas sont discriminés et ostracisés tandis que leurs frères Alphas vivent dans l’opulence en s’accaparant les maigres richesses de la Terre. Or un lien invisible et indéfectible unit les jumeaux, sans qu’on puisse en percer le mystère : où qu’ils se trouvent, et qu’importe la distance qui les sépare, quand l’un des deux meurt… l’autre meurt aussi. Cass est l’une des rares Omégas à être dotée d’un pouvoir de clairvoyance. Alors que son jumeau, Zach, accède aux hautes sphères du Conseil des Alphas, Cass ose faire le pire des rêves possibles : celui d’un monde où Alphas et Omégas sont traités à égalité. Prise au cœur du combat entre le Conseil et la Résistance, Cass va devoir lutter pour survivre et permettre à son rêve de devenir réalité.

Extraits :  « La maladie n’est jamais juste pour personne. Elle s’empare des gens et puis c’est tout. »
« Tu es plus proche de lui que quiconque. Mais être proche de quelqu’un et connaître quelqu’un, ce sont deux choses différentes.« 

Mon avis :  Il y a tout d’abord un résumé attractif : une histoire apocalyptique qui se situe dans l’Après, où naissent uniquement des jumeaux. Les jumeaux sont séparés à la naissance et se retrouvent dans deux camps distincts : les Alphas et les Omégas. Les Alphas dominent, tandis que les Omégas vivent dans la misère la plus totale. Mais une rebéllion est quasiment impossible : car si un jumeau meurt, il entraîne l’autre au tombeau.

Le synopsis fait envie, je ne dirais pas le contraire. C’est donc aveuglément que je me suis lancée à corps perdue dans ce récit. Un récit hautement original, qui ne ressemble à aucun autre.

Fire Sermon va prendre comme protagonistes Cass, une devin Oméga, et son jumeau Zach, l’un des hommes les plus puissants du parti Alpha. Séparé très tardivement à la naissance, ils ont pu vivre ensemble jusqu’à onze ans, chose très rare dans cette société dystopique. Bien que relié par les liens du sang et de la fraternité, tout oppose ces deux êtres. L’un est réformateur et directeur, avec des idées radicales et bien tranchées. L’autre est optimiste et rêveuse, croyant à une possible réunification Alphas/Omégas.

Et c’est justement ce dernier aspect de Cass, cette croyance presque aveugle à la bonne entente entre les deux camps, qui me sidère. Cette jeune fille, qui montre son courage à multiples reprises, renvoie une image d’elle assez passive et naïve. Elle ne paraît pas vivre dans le monde qui nous est décrit : fait de chaos, de meurtres et de dictature, elle espère encore un retournement miraculeux de la situation. De plus, malgré les monstruosités que son frère Zach lui a fait subir – il l’a rejetée, il l’a faite enfermée dans une prison, il a envoyé quelqu’un lui sonder son esprit, l’a poursuivi… -, elle n’a pas arrêté de définir son frère comme quelqu’un de bien. Un tel aveuglement est vraiment horripilant ! Je peux concevoir un certain amour fraternel, mais un amour fraternel à sens unique, aussi fort que ça, malgré toutes les contraintes… ça me sidère !

Le point fort de ce livre, c’est invariablement sa panoblie d’actions. Tout le récit s’enchaîne, sans pause. Bon, Fire Sermon a quand même un gros point faible aussi, mais quel récit n’en aurait pas ?! En effet, il n’est pas rare que l’esprit du lecteur s’égare au détour d’une page. A trop vouloir ancrer les personnages dans un décor imaginaire, Francesca Haig décrit avec bien trop de longueur le paysage dans lequel ils évoluent. Et je l’avoue, ça peut devenir lassant, à la longue.

Bon, après, ce livre soulève tout un tas de sujets souvent redondants dans les romans dystopiques modernes. Il y a tout d’abord la peur de la technologie moderne de l’Avant. Puis le questionnement sur les dictatures, la façon de gouverner, les mauvais chefs d’autorité.

Malgré quelques points positifs, je n’ai pas été plus emballée que cela par ma lecture. Des livres dystopiques, j’en ai lu un paquet. Même si celui-ci démarrait avec un sujet original sur la dualité (des jumeaux dans deux camps différents), les trop nombreuses longueurs m’ont empêchées d’avoir un réel plaisir durant ma lecture. Dommage ! Je lirai peut-être le second tome si l’occasion se présente. Car l’intrigue est quand même sympathique et la fin a grandement égayé ma curiosité !

 

Ma note : 5,5/10