Dystopie·Science-fiction

La servante écarlate

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La servante écarlate
de Margaret Atwood.
511 pages, éditions Robert Laffont, à 9,90 €

 

Résumé : La servante écarlate, c’est Defred, une entreprise de salubrité publique à elle seule. En ces temps de dénatalité galopante, elle doit mettre au service de la république de Gilead, récemment fondée par des fanatiques religieux, son attribut le plus précieux : sa matrice. Vêtue d’écarlate, à l’exception des voiles blancs de sa cornette, elle accomplit sa tâche comme une somnambule. Doit-elle céder à la révolte, tenter de tromper le système ? Le soir, Defred regagne sa chambre à l’austérité monacale. Elle songe au temps où les femmes avaient le droit de lire, d’échanger des confidences, de dépenser de l’argent, d’avoir un travail, un nom, des amants… C’était le temps où l’amour était au centre de tout. L’amour, cette chose si douce aujourd’hui punie de mort… Œuvre majeure, La Servante écarlate n’est pas sans rappeler 1984 d’Orwell. Mais, au-delà de cette magistrale création d’un monde, c’est la question du rôle et de l’avenir des femmes que pose, avec force, ce roman inoubliable.
Extraits :  « Un homme, c’est juste une stratégie de femme pour fabriquer d’autres femmes. »
« Quand nous pensons au passé, ce sont les choses belles que nous choisissons. Nous voulons penser que tout était bien ainsi.« 

Mon avis : La servante écarlate (The Handmail’s Tale de son titre d’origine, en anglais) est un roman écrit par la canadienne Margaret Atwood, publié en 1985 en anglais, puis traduit en 1987 en français. C’est un roman dystopique, qui a reçu l’année de sa sortie, le Prix Arthur C. Clarke (prix qui récompense le meilleur roman de science-fiction britannique). Il a également été adapté au cinéma en 1990 par Volker Schlöndorff.

Nous sommes dans un espace non identifié, où aucun pays n’est cité, plongé dans un futur plus ou moins proche mais dévasté. La pollution, les usines atomiques et toutes les toxines lâchés dans l’air ont eut raison de la fertilité des femmes. Maintenant, peu de femmes peuvent tomber enceinte, c’est pourquoi les seules encore fertiles sont remises aux mains de commandants, pour qu’elles les enfante. Habillée de rouge des pieds à la tête, elles ont comme devoir de se soumettre et de procréer, sous peine de terrible punition.
Defred va nous raconter son histoire. C’est une servante parmi tant d’autres dans la république théocratie de Gilead, gouvernée par des fanatiques religieux. Arrachée à sa famille, elle va être privée de liberté et de sentiments, obligée d’évoluer dans un monde clos et lugubre… Dans ce roman dystopique, Margaret Atwood dépeint une société devenue totalitaire, où les femmes sont réduites au rang de servantes, obligées, de surcroît, de procréer pour ne pas mourir ; elles sont donc devenues des esclaves.

Le style de ce livre fait penser au monde totalitaire de 1984 de George Orwell, deux sociétés différentes dans leurs pratiques, mais similaires dans leur mode de vie et leur fonctionnement. Toutes deux sont effrayantes, elles glacent le lecteur sur place grâce aux nombreux détails et à toutes les descriptions qui peuvent faire penser que ces deux mondes sont réels…

Grâce aux confessions de la narratrice Defred, nous partageons sa dure vie, plutôt son rôle dans cette cruelle société totalitaire. Contrairement à la vie qu’elle menait avant, elle est désormais privée de liberté, elle n’a plus de réelle identité, de famille… on l’a dépossédé de tous ses droits. Le touchant récit qu’elle nous dépeint nous permet de nous immerger dans sa vie, de s’attacher à elle, et même de s’y identifier.

Durant toute la lecture de ce roman, un certain malaise était présent à chaque page. Outre le fait qu’il soit angoissant et terriblement étouffant, plusieurs réflexions peuvent remonter à la surface, notamment concernant le féminisme et le statut de la femme dans la société, mais également sur la liberté de sa propre personne.

Margaret Atwood a donc crée un monde unique, avec ses propres codes et règles : une très bonne idée de roman, qualifié aujourd’hui de roman d’anticipation.
C’est un livre incroyablement original et très touchant, une histoire que je n’oublierais pas de sitôt.

 

Ma note : 7,5/10
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