La goûteuse d’Hitler

La goûteuse d'Hitler Rosella Postorino


La goûteuse d’Hitler de Rosella Postorino

382 pages, éditions Albin Michel


Résumé : 1943 : Rosa Sauer, jeune Berlinoise antinazie de 26 ans, a perdu ses parents et se voit contrainte d’aller vivre seule chez ses beaux- parents à Gross-Partsch car son mari s’est engagé dans l’armée. Le village se trouve à proximité de la Wolfsschanze, la « Tanière du Loup », le principal quartier général d’Hitler pendant la Seconde Guerre mondiale. Convaincu qu’on cherche à l’empoisonner, le Führer met en place un important système de contrôle de sa nourriture, dont font partie une dizaine de goûteuses. Lorsque les SS viennent chercher Rosa, elle ne peut qu’accepter de participer à l’expérience et se rend deux fois par jour au bunker pour tester les repas du dictateur…


Extraits  « Nous étions des femmes sans hommes. Les hommes se battaient pour la patrie – D’abord mon peuple, puis tous les autres ! D’abord ma patrie, puis le monde ! – et parfois ils revenaient en permission, parfois ils mouraient. Ou étaient portés disparus. »

« Les choses ne sont presque jamais comme elles semblent, déclara-t-elle. Ça vaut aussi pour les gens. »


Mon avis : La Seconde guerre mondiale a éclatée, Rosa perd ses parents, dit au revoir à son mari partit à la guerre et se voit contrainte de quitter Berlin pour Gross-Partsch, le village où vit ses beaux-parents. Ce village est situé non loin de la « Tannière du loup », le camp principal où est retranché le Führer. C’est donc sans surprise qu’un beau matin, des SS viennent chercher Rosa pour lui proposer de force un travail : celui de goûteuse, aux côtés de neuf autres jeunes femmes. Ensemble, elles devront goûter les plats préparés par les cuisiniers pour le Führer, matin, midi et soir, pour s’assurer qu’Hitler ne meurt pas empoisonné. Une tâche qui va s’avérer très éprouvante psychologiquement.

Je me suis laissé emporter dans cette histoire. Nous suivons avec avidité et horreur le destin de dix jeunes femmes, dix goûteuses, qui sont forcées de mettre quotidiennement leur vie en péril, au nom d’un Führer auquel elles ne croient pas.

J’ai apprécié l’originalité du récit et l’angle abordé par l’auteure. En effet, les histoires sur la Seconde guerre mondiale sont nombreuses, et souvent elles contiennent de multiples points de convergences, qui les rendent presque toutes identiques. Ici, sans dénaturer l’Histoire, l’angle par lequel Rosella Postorino aborde le sujet est complètement novateur et tout aussi captivant que les autres récits sur la Seconde guerre mondiale. Bien que nous soyons en temps de guerre, l’auteure fait le choix de ne pas montrer directement les horreurs de celle-ci. Évidemment, nous ressentons une tension constante et croissante, nous voyons des vies se fait emporter, des personnes disparaître, mais point de traces de sangs ni de coups de feu directs.

Chaque jour, matin, midi et soir, les dix goûteuse d’Hitler se retrouvent dans la cantine, où elles mangent les plats et aliments que le Führer mangera par la suite. Une fois leur repas terminé, elles devaient encore patienter une heure, temps jugé nécessaire pour savoir si un plat ou un aliment avait été empoisonné. Elles repartent ensuite chez elles, en se demandant toujours si la prochaine fois sera la dernière. Un travail éreintant psychologiquement, qui fait peser sur l’ensemble du récit une tension constante.

Loin de son mari parti au front, Rosa va chercher du réconfort auprès de sa belle-famille, auprès des autres goûteuses, auprès d’une baronne assez extravagante, et surtout, auprès d’un homme qu’elle n’aurait jamais du approcher. Sous nos yeux, dans ce contexte de guerre, naît une histoire d’amour entre deux personnes. Je ne souhaite pas vous gâcher la surprise de la découvrir, mais sachez que c’est une histoire d’amour sans commune mesure, qu’il est difficile de se représenter comme étant réelle, mais les sentiments ne se contrôlent pas, comme on dit.

Quant au dénouement, il est surprenant, je l’ai trouvé vraiment trop utopique. Vous jugerez par vous-même si vous lisez ce récit, mais il m’a semblé tellement surréaliste et incohérent que je n’y ai pas adhéré. Je finis donc cette lecture sur une note un peu négative, mais heureusement l’ensemble du livre m’a quand même bien plu.

Je remercie les éditions Albin Michel et la Masse critique de Babelio de m’avoir permis de découvrir cette histoire, que je n’aurais certainement jamais acheté seule.


Un récit historique sur les goûteuses d’Hitler, mijoté avec beaucoup d’amour. J’ai aimé l’originalité de l’histoire,  et ne doute pas que vous puissiez l’adorer aussi. 

Ma note : 7,5/10

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4 réflexions sur “La goûteuse d’Hitler

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