La nuit passera quand même


La nuit passera quand même de Émilie Houssa

265 pages, éditions Denoël, à 18€


Résumé : « La famille prit la direction de la mer le premier matin d’août. Ce fut un grand déménagement. Chacun muni d’une valise, d’un chapeau ou d’une casquette se vit également doté d’un attirail spécial à porter : un parasol, confectionné par Martha pour éviter d’en acheter un  » les yeux de la tête  » près de la plage, une canne à pêche, deux épuisettes et une bouée qu’on avait déjà gonflée pour être sûr qu’elle n’était pas percée mais qu’on n’osait plus dégonfler de peur d’endommager le système. La famille au complet sortit de l’appartement en short et en sandales. On n’avait d’ailleurs pas pris le temps de tester ces dernières et elles firent mal aux pieds avant même d’atteindre la bouche de métro. Tout le monde savait ce qu’il devait faire mais chacun criait à l’autre de faire quelque chose. Le casse-croûte fut donc scrupuleusement oublié sur la toile cirée élégante du salon. »
Dans la famille Bernstein, Squatsh est le deuxième des trois enfants : avant lui il y a Ludovic, après lui Marie. Ses parents se nomment Simon et Martha. Ils tiennent une boutique, La Vie moderne, située au 393, rue des Pyrénées à Paris. Outre une famille, Squatsh Bernstein a des principes, comme de s’enfermer aux toilettes pour réfléchir ou de ne jamais porter d’imprimé fleuri. Il fait de la boxe et aime la danse. Pour le reste, il possède peu de choses : un scarabée dans une boîte en carton, des livres, une solide réputation et, quelque part, nichée dans un creux, la mélancolie des gens qui se cognent au monde.


Extraits  « On ne lutte pas encore l’espoir. »

« Squatsh se persuada assez vite que ce qui devait susciter le plus grand danger était principalement les lieux où l’on pouvait trébucher. Il est bien connu qu’on « tombe » enceinte, comme sur un os. Il faisait donc très attention aux escaliers et à toute action qui impliquait de monter sur un support.« 


Mon avis : Un grand merci à Babelio, ainsi qu’aux éditions Denoël de m’avoir permis de découvrir cette histoire originale.

Squatsh est un jeune homme qui vit à Paris avec ses parents, Simon et Martha, gérants d’une boutique, ainsi qu’avec son grand frère Ludovic et sa petite soeur Marie. Squatsh est un enfant tout à fait normal,  si ce n’est qu’il a des comportements parfois étranges. Squatsh n’a pas beaucoup d’amis et de toute façon, il préfère rester seul, notamment pour se plonger dans des réflexions poussées dans des endroits totalement improbables – comme les toilettes de son immeuble. En somme, Squatsh renvoie l’image d’un garçon assez fragile, triste, mélancolique et solitaire, qui n’a pas et n’est toujours pas gâté par la vie. Les malheurs s’enchaînent les uns après les autres, à croire que le bonheur ne pointera jamais son nez.

Vous l’aurez compris, le personnage de Squatsh est attendrissant, touchant et attachant. Aux premiers rapports, il renvoie l’image d’un garçon renfermé, qui cache ses émotions derrière une carapace épaisse. Mais en grattant un peu plus, vous rencontrerez un personnage complexe, qui va se chercher tout au long de sa vie.

Nous suivons avec intérêt les aventures plus ou moins joyeuses de la famille Bernstein. Sans vouloir trop vous en dire, mais dans l’initiative de vous raconter un minimum ce que vous allez trouver dans ce livre, sachez que la première partie est joyeuse et gaie. La famille part au complet en vacances en bord de mer, Squatsh et sa petite soeur Marie sont plus complices que jamais, Squatsh protégeant du mieux qu’il peut sa soeur du monde extérieur. Malheureusement, la guerre d’Algérie éclate, laissant ces moments de bonheur et de paix au passé. La seconde partie du livre aborde un aspect bien plus profond et grave, qui vous fera sans doute monter les larmes aux yeux.

L’histoire est donc ambivalente, liant joie et bonheur familial au drame, à la tristesse et à la perte. Le panel des émotions est immense ; je suis passé de la gaieté de voir une famille unie et heureuse, aux larmes, en un temps record. Néanmoins, je reste sur ma faim quant au personnage de Squatsh, trop énigmatique et renfermé, j’aurais souhaité le découvrir encore plus en profondeur.


Malgré les drames de la vie, La nuit passera quand même. Squatsh, notre protagoniste, traverse sa vie comme un funambule : balancé entre joie et tristesse, ce jeune homme, fragile et solitaire, cherche à ne pas tomber. Une histoire intéressante et originale. 

Ma note : 7/10

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